‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 255 sur 275 · MOX · texte numérisé non relu

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Hg. ol 10. — Coin " monétaire.

Fig. 5111. — Coin monétaire de Tibère.

1 '0lr MonScz’ Mém. de l'Acad. des Inscr. nouv. sér. t. IX, p. 202. [Babelon Traité, t. I,p. 897. - 2 Mongez , Ibid. p. 201. - 3 Ch. Lenormant, Encycl. duxn'

siècle, art. Numismatique ; Babelon et Blancliet, Catal. des bronzes de la Bibl. nat. p. 730 et s. i fil est au Musée de Sofia, Babelon /Traité, p. 903], — 5 Mongez, Mém de VAcad. des Inscr. nouv. sér. t. IX, p. 207. [E. Babelon, Traité, 1. 1, p. 905 ; Déchelette,

hile île métal solide. Pour ce dernier procédé, qui était e p us généralement usité, les anciens ne possédaient pas le moyen puissant du balancier qu’ont inventé les modernes. Ils frappaient leurs monnaies au marteau, moyen plus lent et plus imparfait qui donnait souvent teu a des accidents de fabrication, car il fallait plusieurs coups de marteau successifs pour obtenir le résultat que Ion atteint maintenant avec un seul coup de balancier. Sur le denier d’argent de T. Carisius dont nous avons déjà parlé (fig. 5107), représentant les instruments dont se servaient les monnayeurs romains, on reconnaît le coinmatrice qui portaiten creux l’empreinte destinée à être reproduite en relief sur la monnaie, Y enclume sur laquelle on plaçait les coins pour les frapper, le marteau , enfin la pince ou tenaille qui servait à placer la lentille de métal appelée flan entre les deux coins et à la retenir latéralement, afin qu’elle ne glissât pas durant les opérations de la frappe. La fabrication des monnaies frappées de l’antiquité par le moyen exclusif du marteau est encore attestée par un passage de saint Jérôme, dans la vie de saint Paul Her-mite, à propos d un atelier de faux-monnayeurs dont le saint trouva les instruments abandonnés dans le désert '.

Le tlan des monnaies antiques, moulé sous la forme la plus approchée de celle que la pièce devait avoir, était chauflé au rouge et frappé avec les coins froids 2.

La pince, représentée sur le denier de T. Carisius, servait à placer entre les deux coins le flan échauffé.

On possède un certain nombre de coins romains, du i 1 et du nr siècle de notre ère. La plupart sont d’acier

trempé, entourés d’une espèce de virole et encastrés dans un manchon de bronze ou de fer 3. Celui qu’on voit (fig.

5110), qui présente le droit

d une monnaie d Auguste, a été trouvé dans les mines d’un castrum delaMoesieL Mais il en est aussi qui sont entièrement en bronze b comme celui que reproduit la figure al 1 1 à la tète de Tibère 6 ; et la multiplicité extraordinaire et constante decoinsque tousles savants ont signaléedans la numismatique grecque, dans une seule émission de la même ville et de la même année, semble prouver que les Grecs n’employaient pas la trempe pour leurs coins monétaires et qu’ils se servaient uniquement d’un métal doux, qui s’usait avec une grande rapidité dans les opérations de la frappe. Pour l’époque hellénique, on connaît seulement un coin monétaire de Philippe de Macédoine père d’Alexandre (fig. 5112), et un autre de Bérénice II, qui soient parvenus jusqu a nous \ On a découvert à la montagne de Corent (Puy-de-Dôme) le coin d’une monnaie d’or des Arvernes, lequel est en fer doux 8. Or les Gaulois copiaient dans leur monnayage les procédés

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des Grecs. Il est facile, du reste i monnaies grecques et, sur les niée J C°nsUUor sut Constantin, que leurs coins, soit en ^

soit meme en acier, étaient général^ ! Gn br°n*e d assez mauvaise qualité, car on voit danTl ^ mélal meda.lles des inégalités et des soufflnrp° ChamP des

coins »ertainement à des imPerfections des

Ceux-ci, on ne saurait s’y méprendre elles ;nd.ces les plus caractéristiques en donnent a certitude, ont été, depuis les premi ?

emps du monnayage jusqu’au v° siècle de

ere chrétienne, gravés au louret, par lepro cede dont usent encore aujourd’hui les La veurs en pierres fines1» [Gemmae, fig. 3483]

Dans le v* siècle, et peut-être même un peu avant sous la domination des princes de la famille de Constantin, les procédés changèrent. A partir de ce moment les pièces ont ete frappées, comme le sonl les monnaies actuelles, à froid, avec des coins d’acier ainsi qu’on le reconnaît à la densité et à la dureté du métal, dont la pureté n’a point été altérée, mais que J percussion a durci en l’écrouissant. En même temps à h nature et a l’aspect du travail, on reconnaît que la gravure au burin a remplacé la gravure au touret pour la préparation des coins11. Le Cabinet des médailles de Pans possédé en original une paire de coins des débuts de cette nouvelle phase de la fabrication monétaire (fig. 5143); ce sont ceux d’un solidus de l’empereur

f*ig. o 113. — Coiu monétaire de Constant Ier.

Constant I01' 12. Ils sont en acier, gravés au burin, et réunis par deux branches en fer à cheval s’ouvrant au moyen d’une charnière.

Au reste, ce n’est que des monnaies elles-mêmes que l’on peut tirer des inductions sur les procédés de la fabrication primitive. Pour les pièces qui offrent d’un côté un type en relief, et de l’autre un carré creux plus ou moins profond, on a longtemps supposé que ce carré représente une partie saillante sur laquelle on fixait d’abord la lentille de métal pour l’empêcher de glisser sous le marteau. Un examen plus attentif a fait reconnaître que le carré creux est en réalité l’empreinte faite par le trousseau ou coin mobile, et non point par clume ou coin dormant. Le type en relief est l’empre fournie par l’enclume, et c’est pour cela que ce côté dej la pièce est toujours bombé ; le champ de la matrice elai '

l’en-

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Rev.archéol. 1903, 1, p. 235. J — G Au Cabiuet de France, Babelon et Blanchet, ''X ^ des bronzes, 2398. — 7 Babelon, p. 906-907. Le coin de Philippe est au Min Sofia. — 3 Peghoux, Monn. des Arvernes, p. 29 et 38 — 9 Mongez, M l'Acad. des Inscr. nouv. sér. t. IX, p. 204. — 10 Ibid. p. 203 sq. — 11 tbid. P’ - — 12 Millin, Magasin encycl. juin 1811. [Babelon, Op.cit. I, p. 941 j

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,iH\ave, ce qui suffisait à assurer la stabilité du fian sous ]C refoulement du trousseau chassé d’aplomb à coups de marteau et donnant une empreinte concave ou un carré

creux* •

[;l monnaie parvenue à un certain degré de perfection I sUppose deux coins'malrices> enlre lesquels on fixe le flan métallique destiné à recevoir les empreintes. Pour faciliter la gravure des matrices, y poussait-on un poinçon, comme dans les temps modernes, sauf à retoucher aU muret l’empreinte du poinçon? La multiplicité des coins dans toutes les émissions antiques rend ceci très probable, et l’on ne saurait guère expliquer autrement la rapidité avec laquelle on les exécutait. Mongez2 croit même avoir retrouvé expérimentalement le procédé précis employé par les anciens. « Deux sculpteurs, dit-il, ébauchent en même temps, séparément, et finissent en cire, l’un la tête, l’autre le type du revers : les lettres sont formées très vite avec des poinçons d’un usage habituel. On monte ensuite ces deux cires ; puis on coule de l’argent dans les deux moules réunis, ce qui produit desmédailles. Tout ce travail peut être terminé en moins de vingt-quatre heures. Quant à la frappe des monnaies,

' elle pouvait aussi être très prompte, en estampant les coins, comme je l’ai fait moi-même, c’est-à-dire en plaçant la médaille que l’on peut appeler le prototype, en la plaçant, dis-je, froide entre les coins de bronze chauffés au rouge, et en frappant sur tout l’appareil avec un fort marteau. Ainsi l’on a pu, dans l’espace de trente-six heures, et fabriquer des moules de médailles, et frapper des milliers de médailles, en estampant des coins de bronze, et en monnayant des flans chauffés au rouge. » 1 L’emploi de poinçons mobiles pour les lettres des légendes monétaires, au moins chez les Romains, est attesté par les lettres renversées, les transpositions et tous les accidents de même nature, fréquents dans la numismatique impériale, surtout aux époques où le monnayage présente un caractère particulier de hâte 3.

Dans tous les cas, la monnaie qui porte au droit un type en relief et au revers un carré creux suppose la combinaison, non de deux matrices ensemble, mais d’une matrice et d’un poinçon, surtout à partir du moment où Ion a tracé des figures, soit en creux, soit en relief, au fond du carré. A plus forte raison en a-t-il été ainsi pour la fabrication des pièces incuses, c’est-à-dire de celles 1ui’ montrant d’un côté le type en relief, comme à j ordinaire, reproduisent le même type en creux sur autre face [incusi nummi]. C’est par ce procédé qu’a été exécutée une série considérable de monnaies, qui témoignent de l’existence d’une combinaison commerciale, entre les principales villes de la Grande-Grèce, epuis une époque très reculée jusqu’aux environs u ' siècle av. J.-C. 4. Pour se rendre exactement compte de la fabrication de ces pièces, il faut admettre (’1U 011 obtenait le revers avec le poinçon même qui |Oait servi à enfoncer la matrice destinée à la frappe I n |,ut. Quelquefois, pour marquer l’alliance particu- 'm( de deux villes, ou même simplement pour rappro- ( ' 1 ^eux types mythologiques, le creux du revers, quoi- C( ' 1 “produisant en concavité les masses de la surface n'( \e, offrait le dessin d’un objet tout différent. Telle

— 3 — 2 Mêm. de V Acad, des Inscr. n. sér. t, IX, p. 208.

^ "*** ’ ®a*je'on> t)p. cit. I, 921. — 4- De Luynes, JVouv. annales de Ulch. 1. 1, p. 372-447. — 5 Traité, p. 932. — G Mionnet, Descript.

Fig. 5113. — Monnaie de Methvmna.

est une pièce de Tarente (fig. 5114) sur laquelle on voit d’un côté Apollon Ilyacinthien tenant la lyre et la (leur de son nom, de l’autre le type ordinaire du héros Taras monté sur un dauphin. Ces variantes donnent à supposer qu’après avoir enfoncé le poinçon dans la matrice, on en soumettait la superficie à un nouveau travail, destiné à remplacer le premier sujet par un autre. Il va sans dire, d’ailleurs, que des flans serrés ainsi entre

une matrice et un Fig. olli. — Monnaie incuse de Tarenle.

poinçon devaient

se réduire à une feuille plate, et que, pour arriver au poids légal de la monnaie, il fallait retrouver en étendue ce qu’on perdait en épaisseur. Lorsque le carré creux a été remplacé plus tard par un type développé, par exemple sur la monnaie d’argent de Methymna (fig. 5115) qui porte au droit un sanglier et au revers la tète d’Athéna en relief remplissant le carré creux bordé d’un grénetis, le type n’a pu être produit que par le trousseau : ici le poinçon carré ne couvrant pas toute la surface du flan a projeté à la frappe des bourrelets tout autour

Il se rencontre aussi quelquefois des monnaies incuses par accident. Ce sont des deniers de la République romaine ou de l’empire sans revers, et avec la tète se reproduisant en creux du côté opposé à la face en relief. C’est ce qui arrive encore aujourd’hui sous l’action du balancier, lorsque l’ouvrier monnayeur a oublié entre les deux coins une pièce .déjà frappée et sur cette pièce empile un nouveau flan.

Il a été parlé ailleurs des bracteates qui présentent une affinité étroite avec les incuses |bracteati1.

Une singularité qui n’est pas non plus sans rapport avec les pièces incuses est celle que présentent (fig. 511G) les monnaies d’argent frappées à Populonia, ville d’Étrurie, dans le Ve siècle avant l’ère chrétienne °. Ces pièces n’ont pas de revers, mais la

face postérieure est plane et n offre la trace d’aucune cavité. Avec le temps, on prit l’habitude d’y placer quelques caractères, ce qui les rapprocha des monnaies grecques, sans pourtant qu’une parité complète s’établit jamais entre les deux faces de la lentille métallique. On trouve aussi des pièces à revers lisse, sans type, à Salamine de Chypre et dans l’ile de Céos 7.

Il y eut encore, dans la fabrication de la monnaie frappe méd.ant. t. I, p. 101; Suppl, t. I, p. 199-202. — 7 Babelon, Les Perses Achéménides p. 83: Wrotli, Crete and Aegean islands ( Catal . du Prit. Mus.) pl. xxi, 21 ; xxii, 7.

Fig. 5 H G. — Monnaie sans revers de Populonia.

MON

pée, chez les anciens, d’autres particularités dont il est souvent assez difficile de s’expliquer complètement la cause, et qui, dans tous les cas, révèlent un grand perfectionnement de procédés. Les grosses pièces de bronze qui portent le nom de Ptolémée ont les bords régulièrement tailles en biseau. D’autres monnaies plus petites, du même métal, frappées sous la domination des Séleucides, et

un certain nombre de

l ig. 5117. — Monnaie à Lords dentelés.

deniers d’argent romains du temps de la République (fîg. 5117), se distinguent par leurs bords découpés en dents de scie. Tacite 1 semble au premier abord justifier ceux qui expliquent cet usage par l’intention d’indiquer que la pièce était complète et qu on n avait rien soustrait à son poids au moyen de la Ime- kn eflet, 1 inégalité des bords, pour les lentilles même les plus parfaites, était une tentation perpétuelle offerte aux rogneurs de monnaies, tandis qu’un coup de lime donné sur une dent de scie devait être facilement \ isible. Mais, d un autre côté, comment disposer en dents de scie les bords de la pièce, ce qui ne pouvait se faire qu’après la frappe, sans retrancher du poids de la lentille métallique, et comment s’assurer d’avance que le prélèvement serait fait avec une rigoureuse exactitude ? Bailleurs, si cette explication peut parfaitement se rapporter aux deniers d’argent serrait de la République romaine, elle est inadmissible pour les nummi serrati des Séleucides, qui sont tous des monnaies de bronze, destinées, comme nous lavons déjà dit, à servir d’appoint it poui lesquelles on n a jamais attaché une grande importance à la rigoureuse exactitude du poids. Il y a là un problème dont on ne saurait, dans l’état présent de la science, rendre une raison bien satisfaisante2.

D autres pièces de bronze, du même pays et du même âge que ces nummi serrati , et aussi des pièces de la série égyptienne des Lagides, oflrent sur leurs deux faces, au centre, une petite cavité circulaire qu’on a expliquée à peu près de la même manière que les carrés creux , c’est-à-dire comme le vestige d’un procédé employé pour fixer la monnaie entre les coins, en l’absence de la virole, au moyen d une pointe saillante dans la concavité du coinmatrice, laquelle, au premier coup de marleau, entrait assez profondément dans le flan soumis à la frappe monétaire. Mais cette explicat ion n’est guère vraisemblable, car ce fragile pivot au centre du coin se fût cassé au premier coup de marteau ; on constate souvent qu’il défigure le type monétaire ou bien qu’il ne se trouve pas dans 1 axe du coin. Cela ne peut s’expliquer techniquement que par le découpage préalable des flans monétaires à 1 aide d un tour à pivot; la monnaie a tout simplement conservé, après la frappe, les traces de ce pivot3.]

L expression de monnaies fourrées , dont nous avons eu déjà 1 occasion de nous servir plusieurs fois dans le cours de cet article, désigne des pièces qui offrent une .âme de fer ou de cuivre, quelquefois même de plomb,

l German. 5.-2 [E. Babelon, Traité, t. I, p. 619; H. Willers, Num. Zeit. de Vienne, t. XXXI, 1899, p. 329. - 3 E. Babelon, Op. cil. p. 942.]

— * Mém. de VAcad. des inscr. n. sér. I. IX, p. 212. [E. Babelon, Op. cil. p. 033.] Eekhel, ùoetr. num., l. 1, p. ,,1\ : A Lerman, Catal. of roman

coins, I. I, p. xn sq.; Bruçkner, Merkwürdigkeiten der Landschaft Basel,

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