Corp. inscr. att. II, 645, 6do, o
77, n« 331 e ; II, 642, 652, 660, 677 ; Foucart, Bull. corr. hell XII,
16 On y retrouve tous les types cités dans les lll'ulla'1( g. pontenay, par exemple le superbe collier de Milo \C«b.des lcs’bij0UX’ étrusques,
faux anc. et mod. 150 ; le collier du Louvre, lbu . p. > acb Antiq¬
ues. ts Voir Furtwaengler, A né. Gemm. H, 10 ; K-dakof-Remac.;, ^
laBussie mérid. p. 233; Athen. Mitlh. 1883, P • xv- h Carlsruhe, Ibid.
Meidias, Furtwaengler-Reichhold, L. c. 8-9; autie sem ’ ® , n __ is Hydric
; vase de Talos, Ibid. 35; pinax d’Eleusis, ’E?. 4fX; 1JU ’ ’ ,. |iydric
reliefs de Cumes, à Pétcrsbourg, Compte rendu de c. p-^ ^ ^ ^ co|ljer
lychrome d’Alexandrie, Furtwaengler-Reichhold, Z. c. ,e ’ Les bijoux,
chaînettes du Cabinet des Médailles, provenant d Atll«"esJ ^ d-p:iaia, du
1), ou les colliers crétois, Coll. Gotuchôw , pl. xi, - • , vil, 8-I--
-i„» siècle, à tètes d’Athéna, d’Hélios et de Méduse, Arch et • ^ éphèbe
î beau collier à chaînettes et pendants estampés (têtes 1 . ’ décoré, dans la
enouillé), au Louvre (n» 179).-*' Très bel exemplaire, r ll Tyskiewicz,
M. Gotuchôw, p\. vu, 36.-22 Arch.An.eig. 190!, ' P- »»• . xi. A remarquer les petits crocodiles du colliei pu > 11 P
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Mais c'est la Crimée surtout qui nous a légué d’admirables et riches parures, plus conformes, dans leur abondance, aux goûts barbares des princes scythes qu’à ]a fine mesure hellénique. Nous ne pouvons qu’indiquer ici ces trésors de l’Ermitage, où les colliers à rangs multiples, à chaînettes entre-croisées, à pendeloques gracieuses et variées, tiennent une place importante (lig. 5133) ‘. Les hommes semblent avoir porté des torques richement décorés. C’est en Crimée que la tresse de fils d’or(fig. 1245) apparaît pour la première fois, dans la sphère d'influence de l’orfèvrerie grecque, en un exemple daté du commencement du ve siècle 2. On en trouve aussi de beaux exemples dans les types les plus récents (ve-ivc siècle) du trésor de Curium à Chypre (lig. 5134) 3. Plus tard, au ive siècle, on introduira lar¬
gement l’usage des pierres fines, cornalines, émeraudes, calcédoines, améthystes, etc. Ces colliers se rapprochent d’un côté des œuvres étrusques du ve-ive siècle, inspirées comme eux de l’art ionien 4, de l’autre côté des bijoux hellénistiques d’Asie et d’Égypte 3.
111. L’Étrurie. — Pendant que les bijoux devenaient de plus en plus modestes dans la Grèce archaïque, les Étrusques au contraire y portaient le luxe à un degré inconnu depuis l’époque « mycénienne ». C’est la tradition, sinon de cette civilisation, du moins d’une autre congénère qui refleurit en Étrurie. 11 sera permis, dans cette esquisse rapide, de négliger les pauvres bijoux des tombes plus primitives à puits, ombriennes plutôt qu’étrusques 6. Les grands tombeaux à chambre ou à coupole, du vne siècle, contenaient des trésors somptueux d’une finesse incomparable , sous lesquels les morts disparaissaient, comme les princes de Mycènes. Il suffit de nommer la célèbre Tomba Regulini Galassi de Cervetri 7, le Tumulo délia Pietrera à Vetulonia \ les tombeaux de Vulci et de Canino, qui ont fourni les admirables bijoux du Musée du Louvre et de l’Antiquarium de Munich 9. Cependant, les femmes seules étaient richement parées 10, elles se couvraient d’une masse éclatante de diadèmes, de bracelets, de boucles et de colliers. Ces derniers se composent le plus souvent de simples perles à facettes ou cannelées, rondes, allongées,
profdées à double tronc de cône. Assez fréquentes son les pendeloques à tête ou à figure humaine (fig. 5135) ", les bulles estampées et granulées, semblables aux bijoux chypriotes t2, les médaillons incrustés d’ambre, suspendus parfois à des chaînes tressées de fils d'or 1 '. On trouve souvent, à Vetulonia surtout, de petits flacons à par¬
fums, suspendus aux colliers ", ou même d’énormes alabastra d’argent, qui couvraient la poitrine comme un pectoral
OuLre ces colliers précieux, on mettait avec les morts une quantité extraordinaire de perles et de pendeloques en ambre et en verre, des formes les plus variées ; les fosses de quelques tombeaux « a circolo » de Vetulonia en étaient comme tapissées. On ne se bornait pas aux types simples : un collier d’ambre de Vetulonia 1G, énorme, reproduit des poissons, des singes et des femmes nues ; on imitait, en ambre ou en cornaline (fig. 313), les scarabées égyptiens ou égyptisants, dont un grand nombre est sorti des mêmes tombeaux. Une dame de Tarquinii portait au cou une centaine de petites figurines égyptiennes en faïence verte ". Un collier de l’Antiquarium de Munich est composé de petites idoles et de scarabées taillés en figurines, et montés en argent. Il est inutile de multiplier les exemples. Un buste de Vulci, très archaïque (fig. 2820) 18, et les statues funéraires de Vetulonia 1U, confirment ce luxe de bijoux, qui semblent de facture indigène, et dénotent l’apogée d’un art longuement et patiemment développé.
Au vie siècle, cet art est encore très florissant; il produit de beaux colliers à chaînettes et breloques multi-
* Voir surtout les Comptes rendus de V Acad, imper, de St.-Pétersbourg, 1865, pf » (d'où est prise notre figure); 1880, 1; 1881, 2; 1882, 2, 5; Antigu du Bosphore cimm. pl. îx-xn ; Kondakof-Tolstoï-Reinach, Antiq. de la Russie tnérid. p. 03. — 2 C. rendu, 1800, pl. iv, 0 (p. 88), datée par la pierre gravée (Furtwaengler, Ant. Gemm. VIII, 52). — 3 Collier à tresse de Curium (Cesnola, l-Vprus, pl. xxv) semblable à celui de Milo, Fontenay, L. c. p. 130. — 1 Par exemple, Bosphore cimm. pl. xii, 3; xu a, 4; Compte rendu , 1869, pl. i, 14, 15; cl. les colliers Hétois, Coll. Gotuchôw, pl. x, 72; xi, 82, 91, et, à l'autre bout du monde antique, des bijoux sardes comme Coll. Tyskiewicz, pl. xxxvm. — 8 Cf. par exemple Bosphore cimm. IX, 3 ; X, 1, 12; XI, 1, 2, 7; C. rendu, 1880, pl. i, 5-0; 1881, 11, 2-3; IS82-3, II, 5; Kondakof-Reinach, L. c. p. 58, avec des colliers égyptiens tels que Anh.Anzeig. 1901, 210 ; Burlington Club catalogue, 1895, pl. xxvi, 29 ; Schreiber, Alexandrin. Toreutik, p. 304. Les bijoux hellénistiques d'Asie sont encore assez • ares; S. E. M. Néüdow, ambassadeur de Russie à Rome, en a réuni une collection admirable : catalogue Richement illustré par Pollak, Klassisch-Antike Gold- ^hmiede- Arbeiten, etc. Leipzig, 1903; les colliers, pl. xm-xvi, n0' 311-398. Au Musée du Caire, de très beaux colliers; cf. Arch. Anzeig. 1901, 210. — 6 Parmi •'as assemblages les plus disparates de perles et de pendeloques eu verre, en ambre,
en os, on trouve quelques rares pendants ou bulles d'or. Voir, pour ces colliers barbares, Ghirardini, Not. d. scavi, 1882, 196; Karo, Studi e materiali, 11, 125, 140. — 7 Helbig-Reisch, Führer, 112, 344 sq. ; Mus. etr. Gregor. I, 1 sq.
— 8 Karo, Studi e materiali, I, 272; II, 107, 126 sq. ; Amelung, Florent. Führer, 17G sq.; Milani, Museo copogr. d. Etrur. — 9 Christ, Führer d. d. Antiqu. 1901, p. 36-38; Karo, O. I. II, 109 sq. 130 sq. — 10 Les bulles que portent des hommes et surtout des enfants (Martha, Art étrusq. 314-547; Jlicali, Mon. in. 50, 3; E truste. Spieg. 83, etc.) sont des amulettes plutôt que des colliers; cf. p. 1988, note 7. — H Musée du Louvre, Roger Milès, La bijouterie, p. 81, fig. 84. — 12 Cf. notes 2, 9, 10, p. 1987, et les exemples rhodiens, note 10, ibid. — 13 Le plus bel exemplaire, de la tombe Regulini-Galassi, Mus. Gregor. 1, 64, 67 ; Karo, L. c. II, 139 ; cf. le beau collier du Cabinet des Médailles, dans la coll. de Luynes (Gazette archéol. 1879, pl. u, plus récent). — 14 Karo, L. c. Il, 132 (cf. 130-1); cf. le collier de Curium, Cesnola, Cyprus, pl. xxiv.
— 15 Karo, L. c. H, 133. Ces derniers n’ont pu servir que de parure funéraire.
— 16 Falclii, Vetulonia, pl. vu. — n Not. d. scavi, 1896, 18, — 18 Journ. hell. stud. 1894, 222, pl. .vin; Micali, Mon. in. G, 2. — 19 Karo, Studi e Materiali, I, 274-5 ; 11, 126, pl. lu.
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pliées1, dont le style et les types accusent déjà une forte influence ionienne 2, qui ne fera désormais que s'accentuer. Mais la prédominance ionienne était plutôt défavorable à l’orfèvrerie étrusque, qui, depuis l’époque archaïque (viie-vi° siècle), n’a pas progressé. On perd peu à peu la finesse merveilleuse du grènetis et du filigrane, c’est une décadence lente, mais continue, qui commence au Ve siècle, et aboutit aux produits grossiers de l'orfèvrerie étrusco-romaine.
Cependant, le Ve et le ive siècle ont encore donné quelques beaux colliers, souvent enrichis de scarabées (flg. 5136) 3 ou de grosses bulles à reliefs repoussés.
Fig. 5136. — Collier de scarabées.
(flg. 2778, 4234; cf. 192 et 3772); c’est, serhbl souvenir de la mode grecque archaïque et en partie Y
ionienne des colliers d’amulettes ,0. U Uer
dont les sujets sont presque tous empruntés à la mythologie grecque L Aux anciens types ioniens, Tritons et Sirènes, tètes de Méduse ou de lion, on substitue des coquilles, des amphores, des glands, des masques de style libre, etc. On introduit les pierres fines, inconnues jusqu’alors, surtout les émeraudes. De nombreux monuments figurés (flg. 300, 302) nous enseignent la façon dont on portait ces colliers : les femmes couchées sur les sarcophages et les urnes funéraires, du ive au ne siècle, ont très rarement le cou nu (fig. 1246) ; à remarquer le collier d’or de la belle dame assise sur un sarcophage de Città délia Pieve3, qui remonte encore au Ve siècle.
Les figures des urnes de Volterra c, la belle Larthia Seianti de Clusium 7, nous montrent la même combinaison de colliers serrant le cou , et de
chaînettes à bulles pendant entre les seins [catena], que nous avons remarquée sur les monuments gréco-phéniciens de Chypre. D’autre part, le collier de Proserpine, sur une ‘fresque d’Orvieto 8, rappelle de près celui du célèbre buste d’Elché \ exemple, lui aussi, de l’art grec greffé sur des traditions orientales. Ces bijoux nous permettent de démêler les fds délicats qui relient, à travers les siècles, l’Orient et ses colonies d’Occident.
Il est curieux de remarquer que les Étrusques donnent parfois des colliers même aux personnages masculins;
1 Exemplaire inédil de l’Antiquarium de Munich, orné d une défense de sanglier montée en or. Pour la défense de sanglier montée en breloque, cf. Kondakof-Reinach, L. c. 277, et de Morgan, Fouilles à Dahchour , pl. xxn, 20 (griffes <le lion). — 2 Cf. par exemple la belle tète d’Achélous, Marlha, Art étr. pl. i, H (supra, fig. 960, p. 793), avec des bronzes ioniens, ou le collier, Ibid. 573, avec des bijoux de Chypre et de Crimée. Voir aussi Fontenay, Bijoux anc. et mod. 158 (Louvre); Mon. d. Inst. 1854, 24; Coll. Gotuchôw, VII, pl. vu, 35. — 3 Cf. Martha, Art étr. pl. i, 4, et p. 575. — 4 Par exemple, Martha, L. c. 572 ; Micali, Mon. in. 26,3 ; 51 , 4. Un exemplaire superbe au Cabinet des Médailles (2783). — 6 Martha, Art étr. 339 ; Milani,
Fig. 5138. — Collier romain avec médaillons
Fig. 5137. — Collier de Pompéi.
IV. Rome. — Il n’y a guère, en orfèvrerie, de style romain proprement dit : la Grande-Grèce et l’Étrurie y ont contribué à parts 'égales. Il n’est point surprenant que les colliers de Pompéi (fig. 5137) 11 reproduisent exactement des types connus en Crimée comme en Égypte : c’est là une xo-.v-i) grecque, comme celle du langage, dont l’uniformité est favorisée par la domination romaine. D’autre part, les rares bijoux de l’époque romaine trouvés
dans le Latium et dans l’Italie du Nord ne se distinguent guère des modèles étrusques du me-iie siècle av. J.-C. 12.
On y remarque souvent la bulla, ornement distinctif des jeunes Romains (fig. 2075, 2607, 2835), ou une série d'amulettes et de crepundia (fig. 310, 311, 313). Quant au type du torques , il forme une catégorie à part [torques]. Ce n’est qu’au temps du Bas-Empire qu’on rencontre un nouveau type de collier, formé de médailles d or montées en médaillons. La plus importante trouvaille de ce genre a été faite en Transylvanie ; elle se compose de médailles de Constantin et de sa famille 13 et d’un long collier a chaînettes chargées d’une foule d’emblèmes des arts e
métiers14, exemple caractéristique du mauvais e011 ’
cette époque. Ces colliers peu gracieux se maintienne jusqu’à la fin du monde ancien. On substitue souve
Mus. topoç/r. d. Etr. 63. — 6 Martha, L. c. 40, 199 ; Urne éti usche , , Yonestabile, d. Inst, xi, 1 ; Milani, L. c. 8, iii-ii* siècle. - » Tomba dei Sette Oamrn^ ^ baut Pitt. Mur. XI = Martha, L. c. 443. — 9 Mon. Piot . IV, pl. x"‘'x‘v- 2g . UIi Arti
la note 7, p. 1*«S. — « Par exemple, Niccolini, Case e mon. > ■ o/h/j. ^ e Mestieri, 7; I, Casa Poêla , Frag. 3. D’autre part, les bulles, p^peji^
gener. 42, sont absolument semblables aux bulles étrusques , c . (environsde
023, fig. 319. — 12 Par ex., Arnelh, Gold-u. Silbermon. ». U ’ ’ien Constantin,
Vérone); Bull, comun. 1889, pl. vm (Rome, m* siècle). - • u AnieU)i l.e.G, U Valeils, Valentinien I et II, Gratien : Arnelh, L. c. G, XV-X
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t|es camées 1 et des pierres gravées aux médailles ^lig. r>138) 2; de telles parures furent encore portées par des princesses tant byzantines que carolingiennes 3.
Mais l’art franc et lombard n'a point enrichi cette classe bijoux. C’est pour les hommes, pour les guerriers, que travaillaient ces orfèvres ; on négligea dès lors les colliers pour les fibules, les broches et les boucles, serties de gemmes et d'émaux. Les colliers, rassemblés d’éléments et de matériaux disparates 4, rappellent les parures barbares des tombes ombriennes à puits. La tradition classique se brise et disparait s. G. Karo.
MONOBOLON. — Un des cinq jeux qui restèrent autorisés par Justinien lors de la réglementation qui eut pour but de prévenir l’abus des paris’. Celui-ci, à ce qu’il semble, é'ait une course 2 terminée par un saut, mais on ne saurait dire ce qui le distinguait, sinon qu’on ne s’aidait pas d’une perche comme dans le contomonobolon. E. S.
MONOMACHIA. — Le combat singulier fleurit surtout aux époques héroïques. Les batailles qu’IIomère décrit devant Troie ne sont, en réalité, qu’une série de combats singuliers. Les princes, les avaxte;, attirent seuls l’attention du poète. Les héros ne se mesurent qu’avec des héros : leurs coups n’atteignent que des guerriers distingués aussi par leur naissance, et dont presque toujours la généalogie est indiquée avec soin ; la foule anonyme est à peine mentionnée Les batailles de Y Iliade ne sont conçues que comme une suite de p-ovogaytai, et c’est à cette idée que correspond la formule fréquente au début des descriptions de mêlées : ’ÉvOa o’àvTjp eXev avopx 2.
Cesmonomachies sont nombreuses. On peut les classer d’après certains caractères particuliers. D’abord les monomachies livrées au milieu des mêlées : il y en a deux que le poète raconte avec de grands détails à cause de l’importance des héros qui sont en présence. Dans ces deux combats, Patrocle est aux prises tour à tour avec Sarpédon et avec Hector. Sarpédon3, à la vue du massacre que Patrocle fait des Troyens, s’avance pour arrêter le vainqueur. Les deux guerriers se sont reconnus ; ils s’élancent de leurs chars et marchent l’un vers l’autre. Patrocle lance le premier son javelot et tue Thrasymèle, l’écuyer de Sarpédon ; ce dernier n’atteint de son trait qu’un des chevaux d’Achille, Pédaseples combattants lancent un second trait, Sarpédon manque son adversaire qui le frappe d’un coup mortel au bas de la poitrine. Le combat entre Hector et Patrocle 1 présente quelques différences dont la plus importante est l’intervention d’une divinité en faveur d’un des deux guerriers. Cette intervention, qui se produit presque constamment dans les combats homériques, ne peut, à nos yeux, que diminuer la gloire du vainqueur. Le poète n’en jugeait pas ainsi ; pour lui, la
1 Un (ici exemple à Vienne, Arnetli, Ant. Cameen v. Wien. XXI, 8.-2 AuCabinet (lcs antiques ; Roger Miles, La bijouterie , p. 121, fig. 123.. — 3 La plus belle parure de ce genre, déterrée près de Mayence, appartient à la collection Ileyl à Worms. Elle a été exposée à Dusseldorf en 1902. Voir Cat. off. de l' Expos, n"5 806-7 ; cf. Babclon, Grai\ en pierres fines , 172, 210 sq. ; Schneider, Album d. Antik. Wien, pl. xux-i.. ~~ ’ Voir Vcnturi, Storia d. Arte liai. 11, 42-3 (Cividale), 50, 61, G2, 65, 67 Aocera Umlira), 63 (Castel Trosino) ; bibliographie complète, Ibid. p. 65; Mon. °’d. d. Line. XII, pl. vi, vu, xi, xiu, xiv (Castel Trosino). — 5 Cf. tes articles caewtuiu, coLLAnE, amuletum et aussi ar mile a, bulla, catena, inaures, ce dernier aUicle surtout, parce que les boucles d'oreille ont une histoire analogue aux collit>rs ; richesse extraordinaire, formes variées, souvent surchargées d'ornements, en l 'rient, goût simple et sévère dans la Grèce continentale, avant le iv* siècle. En fait
bibliographie générale on ne peut guère citer que les livres de Fontenay, Les N0!<® anciens et modernes, Farjs, 1887, et de Roger Milès, La bijouterie, Paris, lvlb Pour le détail, voir encore Arnelh, Gold-und Silbcrmonumente des kais.
grandeur du héros éclatait d’autant plus qu'il était l’objet de telles faveurs de la part de la divinité. Cependant, dans le combat entre Hector et Patrocle, il est difficile de croire que le poète n’a pas voulu rabaisser le vainqueur. Il ne lui prête pas le beau dévouement de Sarpédon, s’élançant le premier contre un adversaire redoutable, pour défendre ses compagnons. Il faut qu’Apollon, sous les traits d’un vieillard troyen, gourmande Hector, l’accuse même de lâcheté et le pousse ainsi au combat. Le rôle du dieu ne s’arrête pas là. Quand les deux héros sont aux prises, Apollon livre à Hector son adversaire non seulement désarmé, dépouillé de son casque, de son bouclier, de sa cuirasse, mais encore tout étourdi et tombé en défaillance par un grand coup dont le dieu le frappe, au milieu du dos, de sa robuste main. Rien de moins glorieux que cet exploit d’Hector.
Dans le duel entre Achille et Hector3, se produit encore l'intervention de la divinité; mais, cette fois, le poète n’a pas l’intention de diminuer Achille ; il veut, au contraire, le grandir en montrant combien il est favorisé par les dieux. Apollon abandonne Hector ; Athéné va auprès d’Achille, l’encourage; elle va ensuite auprès d’Hector, en se déguisant sous la figure de Déiphobe, et elle lui tend un vrai guet-apens. Enfin les deux adversaires sont en présence: ils lancent tour à tour leur trait l’un contre l’autre et se manquent; ils se trouvent donc désarmés tous les deux ; mais Athéné court ramasser la lance d’Achille et la lui rapporte; le héros la lance une seconde fois contre Hector, il le touche et le tue.
Dans le récit des deux combats, le poète met les combattants aux prises dès qu’ils s'aperçoivent ; ils ne perdent pas le temps à ces provocations, ces insultes et ces menaces qui sont un des traits ordinaires du combat homérique. Le plus souvent, en effet, chacun des deux adversaires rabaisse le courage de son ennemi ; ils exaltent leur propre valeur, ils vantent les héros dont ils descendent6. Si, par hasard, ils se trouvent en présence d’un guerrier qui leur est inconnu, ils s’arrêtent, ils veulent savoir qui il est. Ainsi Diomède en présence de Glaucos1 : il veut connaître l’adversaire qui est devant lui et, quand les deux héros reconnaissent qu’ils sont liés par les liens d’une ancienne hospitalité, ils renoncent à combattre; par un nouvel échange de présents, ' ils renouvellent le pacte d’amitié conclu par leurs aïeux.
C'est ainsi que, dans nos épopées du moyen âge, les deux champions, eux aussi, se menacent et s'insultent avant de combattre ; presque toujours ils se provoquent ; le défi par cartel, lancé par un guerrier et accepté par un adversaire, fait de bonne heure partie de ce qu’on appelle le code du duel. Le plus important de ces combats dans Y Iliade est celui d’Hector contre Ajax3. Hector a su par
Antiken-Cabinets, les Comptes rendus de L'Académie de Pétersbourg, et, outre les livres cités plus haut, quelques catalogues de collections privées, surtout les somptueux catalogues de la Collection Gotuchow, par Froehner (1897) et de la Collection JYélidow, par Pollak (1903). La loreutique est le plus négligé des domaines archéologiques, et celui où le manque d'un bon manuel est le plus sensible.
MONOltOLON. 1 Cod. Just. III, 43, 3. — 2 Apô;xo;, dit lialsamon ad Phot. Nomocanon, Bâle, 1561.
MONOMAC1IIA. 1 II. II, 4G0 ; IV, 275-282, 297; XI, G i-Go ; XIII, 131-133; XVI, 213-217. M. Paul Girard le considère comme l'élément primordial et fondamental
de l’Epopée (Revue des Etudes grecq. XV, 1902, p. 229-287). 2 XV, 326; XVI
306 ; V, 37. — 3 XVI, 419-507. — 4 XVI, 712-867. - 6 XXII, 1-304; cf. sur ce combat de Cnes remarques de M. G. Boissicr, Nouv. promenades archéol. p. 368. — G Combat de Pandaros et d'Enée contre Slhénélos et Diomède, V, 277 ; de Sarpédon contre Tlé polémos, V, 627 ; de Déipbobc et d’Enée contre ldoménéc, X 111, 466; d’Achille et d’Enée, XX, 177. — 7 VI, 119-236. — 8 VU, 44-312,
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son frère, le devin Hélënos, que l’heure de son trépas n’est pas encore arrivée; rassure par cette prédiction, il défie les Grecs, il provoque les plus braves ; une seule condition est indiquée dans le cartel : le vainqueur remettra le cadavre du vaincu à ses amis, pour qu’ils lui rendent les derniers honneurs. Longtemps les Grecs hésitent à affronter un adversaire tel qu’Hector ; enfin, sur les pressantes objurgations de Ménélas et de Nestor, neuf guerriers s’offrent pour combattre ; le sort désigne Ajax : la lutte commence, et, après plusieurs engagements dans lesquels les deux adversaires montrent la plus grande force et la plus grande bravoure, les hérauts s’avancent des deux côtés et les séparent : ils sont tous les deux également chers à Zeus, également braves; d’ailleurs la nuit arrive, les deux adversaires se séparent après s’ètre fait mutuellement de riches présents.
Toutes les monomachies que nous avons décrites jusqu’ici n'ont, en réalité, d’autre objet, dans l’esprit du poète, que de faire éclater la gloire du héros. De pareils combats peuvent avoir assurément un résultât pratique : si les deux chefs de chaque armée, si les deux plus braves guerriers qui', des deux côtés, sont le centre de la résistance, en viennent aux mains, Ja mort de l’un des deux peut amener la défaite de son parti. Mais il peut ne pas en être ainsi: ce résultat n’est acquis que si les deux adversaires sont eux-mêmes la cause du conflit qui arme les deux peuples l’un contre l’autre. Dans un pareil cas, l’idée de faire décider la querelle par un combat singulier était la plus naturelle : elle a dû s’imposer tout d’abord à l’esprit des hommes. C’était là une des premières manifestations d’un droit des gens, le désir de réduire les maux de la guerre et d’éviter une effusion de sang inutile. Tel est dans Y Iliade le duel entre Paris et Ménélas *. Le poète le décrit dans les plus grands détails. Rien n’y manque : d’abord la provocation ; elle est faite par Hector au nom de Paris. Ce dernier fait proposer à Ménélas un combat singulier pour vider leur querelle : le vainqueur obtiendra Hélène et ses trésors; les deux peuples feront la paix et deviendront amis. Ménélas accepte. Le cartel ainsi lancé et relevé, il y a à faire une convention par laquelle les deux peuples s’engageront à se soumettre à l’arrêt du destin, tel que l’issue du combat le révélera. Cette convention donne lieu à une cérémonie religieuse, à un sacrifice et à un serment solennel prêté par Agamemnon et par Priam. Les deux peuples sont rangés en face l’un de l’autre, séparés seulement par l’espace qui doit servir de lice aux combattants. On tire au sort pour décider qui des deux guerriers aura l’avantage de lancer le premier son javelot. Le sort favorise Paris ; le combat s’engage et se termine par la défaite de l’amant d’Hélène, qui est sauvé par Aphrodite. Cette défaite est suivie, d’un acte de déloyauté commis par les Troyens : la guerre continue à sévir entre les deux peuples.
Si de l’épopée nous passons à la légende, nous trouvons la monomachie surtout sous cette dernière forme. Elle a presque toujours un résultat pratique, un but politique ; une guerre entre deux peuples est ordinairement terminée par un duel entre les deux chefs, et le sort de ce combat décide du sort des deux peuples. C’est ainsi que sont figurées et racontées les invasions, les changements de dynastie. On sait que la légende avait trans-
i 111 38-372. — 2 Ephor. lï. 13 de Muller, Frag. hist. gr. t. 1 : latt&ri
«VTtW°‘ ?j<rav ai Suvàpeiç, e!« povop«xtav itçoeMeïv *ax à É'9o? 4-ti naXatbv Tolv
formé l’invasion dorienne en un événement mrf 1 atténuant ainsi son caractère brutal : elle attribuait ■ ’ envahisseurs un droit sur le sol qu’ils avaient pris" de ' force. C’était à la fois et justifier le vainqueur et consolé le vaincu. La monomachie était un moyen tout ind; pour ce double objet. On racontait que les Iléraclides con- I doits par Hyllos, fils d’Héraclès, se présentèrent une première fois à l’isthme pour prendre possession du Péloponnèse ; ils trouvèrent, rangée en bataille pour lesrepousser l’armée des Achéens et des Ioniens; mais le conflit put être décidé par un combat singulier. Hyllos provoque le plus brave soldat de l’armée ennemie. Échémos roi des Tégéates, accepte le défi. On convient, sous la foi de serments solennels, que si Hyllos est vainqueur, les Iléraclides seront rétablis çlans le Péloponnèse; s’il est vaincu, ils s’engagent à renoncer à leurs prétentions pendant cent ans. Hyllos est tué, les Héraclides se retirent. Les cent ans écoulés, ils reviennent, cette fois en traversant la mer de Corinthe, conduits par l’Étolien Oxylos. Pendant que les Héraclides s’emparaient d’Argos, de Sparte et de Messène, les Étoliens marchaient contre l’Élide : les Épéiens allèrent à leur rencontre. Les deux armées étaient d’égale force : on décida de s’en remettre à deux champions qui combattraient pour les deux partis, car c’était là un ancien usage des Grecs2. L’Épéien Deg- ■ ménos se fiait dans la longue portée de son arc; mais l’Ètolien Pyrechmès avait une fronde, arme jusqu’alors inconnue en Grèce et qui portait plus loin que l’arc; il tua son adversaire et assura ainsi la victoire à Oxylos et aux Étoliens.
Les légendes relatives à Athènes nous présentent des faits analogues : c’est ainsi que l’établissement de la dynastie des Nélides de Pylos était dû, à ce qu’on racontait, à la victoire que Mélanthos remporta sur le roi béotien Xanthos. Ce dernier avait provoqué le roi athénien Thymétès, qui déclina le cartel. Xanthos releva le défi et vainquit le Béotien par un adroit stratagème 3.
Ces combats légendaires étaient considérés, par les Grecs du vc siècle et des siècles suivants, comme des faits historiques parfaitement certains. Ces souvenirs sont rappelés à chaque instant par les peuples dont ils ] constituent le patrimoine moral; ils sont pour eux de vrais titres de noblesse ; dans les relations internationales, on les invoque pour justifier des prétentions ; 1 s constituent des droits qu’on n’oublie jamais de rappeler. Sur le champ de bataille de Platées*, les Tégéates I demandent à occuper un poste d’honneur de pu h ien(je
aux Athéniens; et, pour justifier leurs prétentions, Us
allèguent la victoire remportée jadis par Hyllos, le eu j
des Héraclides. , ■ jp
A l’époque héroïque etlégendaire succède une pt
où la certitude des faits et la réalité des mt m 1 dégagent déjà et s’accusent ; l’histoire commence, encore mêlée, il est vrai, àla légende. La préoccupation , d adoM les rigueurs de la guerre, l’existence d’un droit d 8 s’affirment plus nettement. Dans ce monde < P peuples de même race, de petites cités v01®in®®\icipant la même langue, ayant les mêmes mœurb, ^
aux mêmes fêtes, unies par des liens o ou t jeS
a cherché de bonne heure à résoudre Pacl sanglants différends qui peuvent faire naître des co
‘ •EUV.vn.v. - 3 Ibid. fr. 25; Slrab. IX, p. 002; Polyb. I, 19’ - 4 Hc,°d' ‘X’ '6’ Paus. I, 44, 11; VIH, 5, 3; 53, 10.
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(,| quelquefois des haines inexpiables. La monomachie, considérée comme une sorte de jugement de Dieu, delent un article du droit des gens. En même temps une mire pratique, à qui étaient réservées de longues destinées et qui devait avoir une importance considérable sur le développement politique et moral du monde grec, l'arbitrage, apparaît à côté de la monomachie, parfois se combine avec elle pour amener la fin des querelles.
L'exemple le plus ancien que nous ayons d'une monomachie présentant un caractère sérieux de réalité, est le combat singulier par lequel, Athènes et Mytilène décidèrent dérégler le litige relatif à la possession de Sigée*. Les deux champions étaientl’Athénien Phrynon, illustre par une victoire olympique, et Pittacos, tyran de Mytilène. Le récit de ce combat présente quelques particularités un peu étranges qui ontparu suspectes à quelques critiques 2. On racontait que Pittacos avait mis un filet sous son bouclier, qu’il l’avait lancé sur son adversaire, l’enveloppant et pouvant ainsi le tuer facilement ’. Cette monomachie n’eut pas le résultat qu’on avait espéré. La lutte continua entre Athènes et Mytilène; enfin les deux villes résolurent de soumettre leur différend à un arbitre qui fut Périandre, tyran de Samos. Périandre trancha le débat en prononçant Yuti possidetis'* .
11 serait encore plus difficile de contester la réalité de la monomachie par laquelle les Spartiates et les Argiens résolurent, <en 546, de régler le litige relatif à la possession de la Thyréatide, partie septentrionale de la Cynurie. Mais cette fois la monomachie se présente à nous sous une forme nouvelle8: on résolut de choisir, dans les deux armées prêtes à combattre, un nombre égal de guerriers, qui en viendraient aux mains pour décider la querelle : le peuple dont les champions seraient vainqueurs aurait cause gagnée et entrerait en possession de l'objet du litige. Ainsi, ce n’est plus la querelle de deux hommes, chefs ou rois, qui est considérée comme la cause de la guerre entre deux peuples; ce sont des raisons d’ordre politique, d’ordre économique qui les arment l’un contre l’autre. Comme on veut éviter 1 effusion du sang, on en appelle à un jugement par les armes, et il suffit de mettre de part et d’autre en présence un nombre égal de combattants ; mais, comme personne n'est personnellement responsable du conflit, chaque cité choisit librement ceux à qui elle confie la défense de ses droits.
C’est en vertu d’un arrangement de ce genre que les Argiens et les Spartiates choisirent, chacun de son côté, 300 guerriers ; ensuite les deux armées se retirèrent pour laisser le champ libre aux combattants. Ces deux troupes délite déployèrent tant de bravoure que trois hommes seulement survécurent, deux du côté des Argiens, un du côté des Spartiates. La nuit étant venue, les deux Argiens, se supposant vainqueurs, coururent à Argos annoncer leur victoire ; pendant ce temps, le Spartiate dépouilla les cadavres ennemis, porta leurs armes dans le camp Spartiate, puis il se mit à son poste sur le lieu
1 Slrab. p. 5119-600; Diog. Laert. I, 7, 4 ; Polyacn. I, 25; Suid. s. v. ^irtaxiç. Hérodote, V, 95, mentionne la guerre entre Athènes et Mytilène, et 1 arbitrage de I ''riaudre ; il ne dit rien de la monomachie. Nous renvoyons à J. Tdpller ; dans les Qmestioncs Pisistrateae, II, De Sigeo (p. 45, des Beitr. zur Griech. Altert. 1886), I auteur se montrait assez sceptique sur la réalité de la monomachie : il la défend, au contraire, par de très sérieux arguments, en 1894, dans un article du Rhein. A/«s. (t. XL1X, p. 225) intitulé Zur Chronologie der aelteren grieclu Geschichte, N> Die Kacmpfe der Athener in der Aeolis (p. 234 des Beitràge). — 2 Bcloch,
du combat. Le lendemain, chacune des deux armées réclama la victoire; on ne put s’entendre; on en vint a une bataille générale et les Argiens lurent battus.
,Ce combat, raconté en détail par Hérodote 6, a été rappelé par Thucydide 7, mais dans des circonstances qui font bien voir le changement d’opinion qui s était opéré dans l’esprit public à propos des combats singuliers. En 420, les deux mêmes villes d’Argos et de Sparte étaient sur le point d’en venir aux mains encore une fois à propos de la Cynurie ; les Argiens demandèrent à soumettre l’affaire à un arbitrage; sur le refus des Lacédémoniens, ils firent la proposition suivante : « On conclurait une trêve de cinquante ans, pendant la durée de laquelle chacun des deux peuples aurait le droit, sauf le cas de peste ou de guerre à Lacédémone et à Argos, de provoquer l’autre peuple à un combat tel qu il avait eu lieu autrefois quand les deux partis s’étaient attribué la victoire. » Les Lacédémoniens regardèrent cette proposition comme une pure démence; mais comme ils avaient alors grand intérêt à ménager les Argiens, ils acceptèrent et le traité fut conclu à ces conditions.
Ce témoignage de Thucydide, en même temps qu il • confirme l’existence de la monomachie en 1 an 546, nous révèle aussi, comme nous l’avons dit, combien le sentiment public avait changé sur cette question. Certaiaement, dans l’époque légendaire et dans l’époque homérique, la monomachie a pu être considérée comme un moyen très simple de régler les différends ; elle pouvait même présenter une certaine apparence de justice, quand les deux adversaires qui étaient la cause d’un conflit entre deux peuples proposaient de vider leur querelle en champ clos, comme par exemple Paris et Ménélas devant Troie. Il est infiniment probable, il est même certain que la monomachie, conçue comme moyen d’éviter une trop grande effusion de sang, a été pratiquée 8. Cependant, déjà dans le combat entre les deux rivaux qui se disputent Hélène, des actes de déloyauté sont commis, et la guerre recommence avec plus de fureur entre les deux peuples. Nous avons vu que le duel entre Phrynon et Pittacos, que le combat entre les 300 Spartiates et les 300 Argiens n’avaient pas abouti à la paix. Bien souvent le vaincu pour pallier sa défaite n’a pas craint de recourir à la mauvaise foi. On peut croire que c’est là une des raisons qui, de bonne heure, ont dù discréditer 'ce jugement par les armes. Il y a eu aussi une autre raison plus sérieuse et plus profonde. A mesure que les États se constituent, que l’esprit public se forme, on sent que le hasard d’une rencontre, où sont engagés seulement quelques hommes, ne peut décider du sort des- États. Un pareil procédé ne tarde pas à paraître comme un reste de barbarie. Quand du sort d'une guerre dépend l’existence même de la cité, il est nécessaire que la cité mette dans cet enjeu tout ce qu’elle possède de force et de ressources. Pendant les guerres Médiques, Mardonius,au moment d’engager la bataille de Platées, proposa aux Spartiates de régler le conflit par une monomachie
Griech. Gesch. p. 472, Busolt. — 3 Sur une pierre gravée représentant Phrynon, voir Winckelmann, Mon. In. Il, p. 223 ; Visconli, Iconog. gr. 1, c. 2, § 6 ; Ci abouillet, Rev. arch. VIII, p. 412; Welcker, Ant. Dcnkm. II, p. 333; J. TôpfTcr, Beitr. zur Griech. Altert. p. 73. — 4 Curt. Hist. gr. I, p. 446. — 5 Nous ne voulons pas dire qu’il n'y ait pas eu des exemples de ce genre de monomachie dans la période antérieure: ainsi le combat des Horaces et des Curiaccs. — 6 I, 82 ; Paus.
11, 38, 5; Grote, Hist. gr. IV, lt; Curt. Hist.gr. I, 470; II, 291. Cf. Glotz, Rev. des Etud. grecq. XV, 1902, p. 463. — 7 V, 4t. — 8 Voir à ce sujet Grote, IV, 12. •
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dans laquelle seraient engagés le même nombre de Perses et de Lacédémoniens; cette proposition ne fut pas jugée digne d'une réponse1. En 440 les Lacédémoniens, ne pouvant refuser, en principe, une proposition de ce genre, la taxaient de folie. La tactique dorienne, qui prévaut à partir du vnc siècle au plus tard, est démocratique en ce sens que la victoire est l’œuvre de tous ; la monomachie, au contraire, a toujours un caractère aristocratique. Conçue comme jugement par les armes, elle appartient à l’époque légendaire, héroïque, féodale; elle décline et meurt dès que commence l’histoire ; au ve siècle, elle n’est plus guère qu’un souvenir. L’institution des concours a pu contribuer à conserver quelques restes de vie à ce procédé des anciens âges; l’origine mythique de certains de ces jeux remontait à une monomachie ayant pour objet la possession d’une femme, par exemple la course de Pélops et d’Oenomaos. Il est intéressant d'observer que, à part le combat fratricide entre Étéocle et Polvnice 2, la poésie a cessé, au vc siècle, de s’intéresser à ce genre de combat. Le grand écrivain militaire de cette époque, Xénophon, n’a pas décrit un • seul combat singulier.
La légende romaine connaît la monomachie décidant du sort des empires. Le combat des Iloraces et des Coriaces 3 est un modèle achevé du genre. L’histoire romaine n'en connaît plus d’exemple. L’esprit pratique des Romains était aussi éloigné que possible de cette façon de concevoir la guerre. Est-il nécessaire de rappeler l'extravagance d’Antoine envoyant un cartel de défi à Octave après Àctium4?
Les monomachies, engagées dans le hasard des batailles, sont un fait trop naturel, étantdonnéelamanière de combattre des anciens, pour qu’elles n’aient pas été fréquentes dans l’époque historique. Les grands capitaines comme Alexandre, Hannibal, devaient payer de leur personne, en même temps qu'ils dirigeaient le combat. Quelques-unes de ces monomachies doivent être signalées. Le frère du poète Alcée, Antiménidas, un de ces mercenaires grecs qui s'enrôlaient au service des monarchies orientales, avait tué en duel un adversaire d’une grandeur démesurée et avait reçu en récompense du prince babylonien une épée dont la poignée était ornée d’or et d’ivoire5. Cléon, le démagogue athénien, fut tué à Amphipolis en combattant contre un peltaste myrcinien 6. Lamachos, le stratège, dans un combat devant Syracuse, se trouva isolé de ses hoplites et entouré par la cavalerie syracusaine; un de ces cavaliers, renommé par sa bravoure, Callicratès, le provoqua au combat. Lamachos fut blessé le premier ; mais en tombant, il frappa son ennemi, et tous les deux moururent de leurs blessures 7.
L'époque macédonienne et hellénistique voits’opérer une grande transformation dans l’art de la guerre : les soldats de métier, les mercenaires constituent désormais la force des armées ; ils sont commandés par des condottieri qui, pour arriver à cette situation, ont dû se distinguer par
des actions d’éclat. Le plus renommé est Pyrrhus cependant fut regardé comme le meilleur tacticien^! l’époque et qu’Hannibal admirait. Plutarque a raconté avec détail son combat singulier avec le général de Démétrius, Pantauchos8.
L’histoire militaire des Romains rapporte aussi un grand nombre de monomachies au milieu d’une bataille 11 faut rappeler ici l’institution des dépouilles opimes ; ces spolia opima 9 sont les armes enlevées par le général romain au général ennemi qu’il a tué lui -même ; elles étaient consacrées dans let temple de Jupiter Férétrien. On sait que trois chefs romains seuls obtinrent cet honneur : Romulus 10, Cornélius 11 Cossus et C. Claudius Mar cftllus. Si le premier de ces personnages est légendaire les deux autres sont historiques ; le combat de Marcellus contre Viridomar, roi des Insubres, était célèbre; c’est après un défi du chef barbare et en présence des deux armées immobiles que le combat s’engagea; Viridomar fut tué 12. Il y avait des spolia secunda et des spolia tertia, selon que c’était un officier ou un simple soldat qui avait tué le général ennemi [spolia]. Albert Martin,
MONOPODIUM. — Table à un seul pied [mensa, p. 1741].
MONSTRUM. — Au sens étymologique, le mot monstrum , qui, par monstrare, dérive de monere1 , signifie « avertissement ». Dans l’application usuelle, il désigne un phénomène étrange, contre nature, dont la singularité même constitue un avertissement surnaturel, susceptible d’être interprété par la divination.
Comme instruments de divination, les monstra rentrent dans la catégorie indéfiniment extensible des phénomènes insolites, qui excitent l’étonnement ( mira cula), et que l'on suppose destinés à faire pressentir ( portenta ), à montrer ( ostenta ), ou, d’une façon générale, à révéler ( prodigia ) l’intention des dieux. Entre ces divers termes, tantôt spécifiés, tantôt interchangeables et substitués les uns aux autres, les érudits anciens et modernes n’ont pu établir que des distinctions arbitraires. Elles seront examinées sous la rubrique prodigium, ce terme étant le plus général et le plus communément employé. A. Bouché-Leclerq.
MONTANI. — L’histoire des montani se confond avec celle des origines de Rome. La Rome la plus ancienne, la Borna quadrala , située sur le Palatin, se divisait en trois districts appelés montes , le Palatium, la Velia, le Cermalus. Plus tard la seconde Rome, plus étendue que la première, comprit sept hauteurs, montes, c’est-à-dire, outre les trois précédentes, les trois hauteurs qui constituaient l’Esquilin, le Cispius, 1 Oppius, le Fagutal et le district de la Subura, le pagus Sucusanus *. Cette nouvelle ville célébrait le 11 décembre a fête des Sept Monts, le septimontium 2. Les habitants de chaque nions, les montani, formaient une s°3r^e .* communauté qui avait sa fête annuelle distincte fin de la République, les montes et les pagi compre naient toute la population de Rome, c est-à-dire, ou
I Uerod. IX, 48. — 2 Voir surtout le Beau récit des Phéniciennes d'Eur.pide, 1219 sq. — 9 Tit. I.iv. I, 24 sq. On racontait de deux villes d'Arcadie, Tégéc et Pliénéos, un coml at livré dans des conditions tout à fait sem- Idaljlcs. SUjbae, Anth. VXXXIX, 32. — 4 riut. Ant. 75. — “ Voir mercenarii, p. 4801. — G lime. V, 10, 9. — 7 Thuc. VI, 101; Plut. Nieias, 18. — 8 Plut. Pyrrhus , 7. — 9 Marquardt, De l'organisation militaire chez les Romains, p. 330 de la trad. franc. ; Bouclié-Leclerq, Manuel des inst. romuines. p. 291. — 19 Tit. Liv. I, 10; Plut. Romul. 16; Corp. inscr. lat. I, p.