‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 259 sur 275 · Plut Romul · texte numérisé non relu

Plut Romul

. li Plut-

3; Proçcrt. V, 10, 7. • — H Tit. Liv. IV, arcell. 7.

MONSTRUM. 1 Cf. M. Bréal, Dict. étym. latin, s. v. Moneo. |cs

MONTANI. 1 Festus. p. 348; Varr. De ling. lat. 5, 41. ?" “ ^ L Monto.mS 119 ''auteurs de l'Esquilm formaient aussi dans ^.° , , ber t féîesc ^ A ^ uni nt il est question ap. Corp. inscr. lat. 6, 1, 38-d ( • plut.

, Po0raphie der Stadt Rom, I, p. 169-170). - 2 Varr. De Ung. U*. 6, 1

uiest. rom. 69. — 3 Fcstus, p. 348.

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les collines déjà mentionnées, le Quirinal, l’Avenlin, le Capitole et peut-être le Janicule et d’autres petites localités voisines des murailles Quelle était l’organisation Je chaque groupe de montani ? Il se peut qu’elle ait été analogue à celle des pagi ruraux. Malheureusement nous avons fort peu de renseignements. On sait seulement que les montani se réunissaient en assemblée, qu’ils obéissaient dans les luttes politiques à des chefs2, qu’ils avaient une caisse pour les besoins du culte, un magister et un flamen comme magistrats religieux, un sanctuaire en plein air, un sacellum 3. C’étaient probablement les montani qui répartissaient l’eau dans leur quartier entre les maisons des citoyens4. Les montes et les pagi disparurent au moment de la division de Rome en quatorze régions par Auguste; mais la fête du Septimontium était encore célébrée à l’époque de Tertullien. Cu. Lécrivain.

MONTES DIVINE — Une des premières conceptions religieuses des peuples primitifs, qui se retrouve chez les races les plus diverses, consista à regarder les sommets des hautes montagnes comme le siège habituel de la divinité. De là, dans le naturalisme inconscient des premiers âges, on fut conduit rapidement à considérer la montagne où réside le dieu comme son image sensible et bientôt à l’adorer comme le dieu lui-même. Telle est l’origine du culte de certaines montagnes remarquables par leur dimension et par leur forme, qu’on retrouve au début de l’existence de presque tous les peuples, et dont il se maintint des vestiges jusqu’au milieu de la civilisation la plus avancée dans l’antiquité païenne.

C'est chez les peuples sémitiques que l’adoration des montagnes conserve le plus de développement et le plus d’importance aux temps de la grande civilisation1. Là nous voyons en Palestine, en Phénicie et en Syrie, rendre un culte à toutes les montagnes considérables par leur masse : le Casius voisin de l’Oronte2 et celui de la frontière d’Égypte3, le Liban4, l’Anti-Liban 5, l’Hermon6, à cpii son caractère divin valait le nom de Baal-Hermon ', le Thabor 8, le Carmel 9, le biblique Phenuel de la Pérée 10 et son homonyme le ©eoti Trpdaomov de la côte de Phénicie11. Toutes sont autant de dieux. Les Sarrasins du \T siècle de notre ère adoraient encore le mont Horeb12, auquel les Hébreux de l’époque des rois attribuaient un caractère sacré13 et dans lequel ils voyaient un des trônes de Jéhovah. Le dieu arabe et nabatéen dusares s’identifiait lui-même avec le mont Schera14,

1 Conjecture de Mommsen, Le droit public romain, VI, 1, p. 128. — 2 Cic. De domo, 28, 74; Quint. Cic. De pet. Cons. 8, 30. — 3 « AJag- ( ùtrei ) et flamin(es) montan{orum) montis Oppi de pequnia mont(anorum) montis Oppi sacellum claudend(um) et arbores sernndas coeraverunt « (Bull. d. commiss. arck. munie. 1887, p. 156). Mommsen (L. c. p. 128) croit que ce sacellum du mons Oppius était le sacellum Jovis fagutalis cité par Varron (De Hng. lat. 5, 152). Y avait-il un ou plusieurs magistri et /lamines ? Il est probable (lue l'inscription sc réfère aux fonctionnaires de plusieurs années successives et f|u il n‘y avait chaque année qu’un magister et qu’un flamen. — 4 Festus. s. v. Si/us, !>■ 340. Mommsen (L. c. p. 129, n. 1) voit un groupe de montani dans cc conlegium aquae dont on a les statuts de la fin du dernier siècle av. J.-C. (Corp. 'user. lat. 6, 10298); Waltzing ( Corpor . professionnelles, 1, p. 371) y voit plutôt i;i collège de foulons. — Bibliographie. Gilbert, Geschichte und Topograpltie der Stadt Rom, Leipzig, 1883, I, p. 161-244; Mommsen, Le droit public romain, trad. Girard, Paris, 1889, VI, 1, p. 126-130 ; Waltzing, Étude historique sur les corporations professionnelles chez les Domains, Louvain, 1895, I, W, 100.

MONTES DIVINI. 1 Movers, Die Phoenizier, t. 1, p. 667-671 ; F. Lenormaut, Lettres assyriologiques, t. II, p. 300. — 2 Sanclioniatli. p. 10, éd. Orclli ; Ammian. Marcel!. XXII, 13; Sparlian. Hadr. 14; Julian. Misopog. p. 301; voir Movers, ®P- dt. p. 668 sq. ; De Vogué, Syrie centrale, Inscript, sémitiques, p. 104. ~~ 3 strab. XVI, p. 700 ; Plin. Hist. nat. V, 12, 14 ; Acliill. Tat. III, fi. - 4 San-

d’où il tirait son nom, et devenait ainsi un dieu-montagne 13. Le mont Arafah, auprès de La Mecque, est une ancienne montagne divine 10. Il est à remarquer que toutes ces montagnes divinisées des pays syro-palestiniens sont des pics isolés qui affectent plus ou moins régulièrement la forme du cône. C’est qu’en effet dans la religion de ces contrées le culte du dieu-montagne se liait d’une manière étroite à celui de la pierre conique, aérolithe ou façonnée demain d’homme \ baetylia], qui était comme le diminutif de la montagne17. Le nom d’ELAGABALUs, le dieu adoré dans la pierre noire d’Émèse, signifie « le dieu-montagne » 'S-. Casils ou Qaçiou , en même temps qu’un dieu-montagne, est par excellence le dieu-pierre, le dieu-aérolithe ; à Séleucie, au pied du mont Casius, on l’adorait sous la figure d’une pierre conique, d'origine céleste, et on l’assimilait à Zeus Keraunios.

Nous trouvons la même association d’idées dans le culte principal de la Cappadoce, pays où l’élément sémitique entrait pour une part considérable dans la population19. Le grand dieu des Cappadociens, celui par lequel ils juraient dans leurs serments solennels, était le mont Argée 20, dominant la capitale du pays, la ville de Mazaca, plus tard Césarée. C’était une montagne d’une très grande élévation, au sommet couvert de neiges éternelles ; sur ses flancs inférieurs, dans une étendue de plusieurs stades, on voyait fréquemment des flammes s’échapper du sol21. Le mont Argée est le type presque exclusif des monnaies frappées à Césarée de Cappadoce22. Quelquefois un aigle est posé sur son sommet(fig. 5139)23, ou bien une24, trois23 ou six étoiles28, ou bien encore le soleil et la lune se voient au-dessus 27 . Plus souvent on distingue debout sur le sommet un personnage nu, appuyé sur un sceptre et tenant de la main gauche une patère ou un globe 28 ; c’est le dieu de la montagne, un dieu solaire, qui dans ce cas ressemble surtout à un Jupiter, mais qui dans d’autres est remplacé par Apollon, assis sur l’Argée 29. L’existence d’un Zeus Argaeus, parallèle au Zeus Casius, est formellement attestée par les monnaies où il est figuré debout, portant sur sa main le mont Argée30 (fig. 5140). Mais ce dieu ne se distingue pas personnellement de la montagne, qui n’est point seulement le siège de sa gloire, mais lui-même. C’est pour cela que sur son sommet on place fréquemment une couronne, comme sur la tête des dieux31 .

ebonialh. p. 10; Etym. Alagn. s. v. Ai’Sctvoq. — 3 Sanction. /.. c. — *> Eusob. Onom. s. v. ; S. Hilar. Comment, in Psalm. 133 ; Lib. Henocli, VU. — 7 Jud. 11!, 3; I Chron. X, 23. — 8 Sanchon. p. 10; voir Ewald, Abhandl. über die phoeni/c. Ansichten von der Weltschoepfung, p. 43; Bunsen, Aegyptens Stelle, t. V, p. 287 sq. ; Renan, Atém. de V Acad, des inscr. nouv. sér. t. XXIII, 2* pari, p. 202. C’est d’après le Thabor que les navigateurs phéniciens avaient donné le nom d’ Atabyrion ou Tabyrion au plus haut sommet de File de Rhodes, sur lequel on adorait Zeus Atabyrios : Appian. XII, 27. — 9 Tacit. Histor. 11,78; Suet. Vesp. 5; Zamblich. Vit. Pythag. 3; voir Movers, Phoeniz. t. 1, p. 070. — 10 Genes. XXXII, 32; Jud. VIII, 8. — fl Strab. XVI, p. 754. — 12 Antonin. Mart. J tin. 38.

— 13 I Deg. XIX, 8. — 14 Steph Byz. s v. Aojaa jVj. — 13 De Vogiié, O. I. p. 120 sq.

— 10 F. Lenormant. Lettres assyr. t. II, p. 305 sq. — 17 De Vogué, L. c.

— 18 Movers, O. I. t. I, p. 669 sq.; De Vogué, L. c. — 1<J Hecat. ap. Sleph. Byz. s. V. TtifU et XaSari* ; Strab. XII, p. 542 ; Scymn. v. 917 ; Q. Curt. Alex. VI, 4, 17; Ptolem. V, 0, 2 et 9 ; Procop. Bell. pers. I, 17; Scliol. ad Apoil. Rliod. U, v. 940. — 20 Max. Tyr. Dissert. VIII, 8. — 21 Strab. XII. p. 538. — 22 Eckliel, Doctr. num. 1. 111, p. 189 ; Mionnet, Descr. de mêd. ant. t. IV, p. 408-437. — 23 Ibid. n°! 6 et 7. — 24 Ibid. n»> 72, 74, 91, 92, 107, 117, 119, 120, 129, 130, 141, 146, 147, 153, 155, 156. — 23 Ibid, n»» 47 et 50. — 26 lbui. n° 184. — 27 Ibid, n" 189

— 28 Ibid, n»» 9, 10, 17, 22, 30, 33, 37, 38, 54, 57, 59, 60, 61, 04, 73, 75, 81, 84

— 29 Ibid. nos 148-150. — 30 Ibid. n“ 178 ; Suppl, t. VII, pl. xill, n» 4. — 31 Ibid.

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« Le mont Argée était certainement, aux yeux des habitants de Césarée, comme une immense pierre conique; des idées superstitieuses devaient en conséquence s’attacher à la forme générale de cette montagne divinisée et ù ses détails principaux 1 . » C’est pour cela que dans les types monétaires on exagère intentionnellement la forme de cône de la montagne, et qu en même temps on symbolise la région ignée dont parle Strabon, par une grotte ouverte dans ses tlancs et d’où jaillissent presque toujours des flammes. Sur l’image de la montagne conique de la Cappadoce, cet antre occupe la même place que l’empreinte à laquelle on attachait une signification emblématique sur la pierre d’Émèse [baetylia, elagabalus]. En voyant la forme si caractérisée que les graveurs monétaires ont quelquefois donnée à l’entrée de la grotte 2, il est difficile de ne pas admettre qu’on y attachait la même idée de symbolisme1. Au reste, il est évident que la représentation du mont Argée sur les monnaies de Césarée est avant tout conventionnelle et symbolique. Cette représentation est quelquefois posée sur une trapeza 4 ou sur un autel 5,

comme une image divine, ou bien placée dans un temple6.

On doit en conclure’' que Césarée possédait un temple dédié au mont Argée, dont la situation au pied même de la montagne est déterminée par plusieurs médailles8; que dans ce temple l’idole était une image Fig. 5iio. — Zcus Argacus. de l’Argée même, réduite et

rapprochée autant que possible des pierres coniques ; enfin que c’est cette image qui a été copiée par les graveurs monétaires. Nous comprenons ainsi comment Maxime de Tyr9 dit que l’ Argée était non seulement une montagne et un dieu, mais aussi une statue, ayaXga.

On adorait encore en Cappadoce le mont Omanus10, identifié au dieu Omanus, parèdre de la déesse 11 Anaitis, personnage apporté de la Perse ou de la Médie et dans lequel il faut reconnaître le Vohûmanô des livres zends12. Les montagnes sont invoquées à plusieurs reprises dans ces livres n, mais non dans les parties les plus anciennes u. C’est le magisme qui exerça son action sur la religion de la Cappadoce 1 5, dans les derniers temps de l’Empire perse10. En Médie, le mont Bagistan recevait un culte d’adoration comme un dieu 17.

« Les dieux identifiés aux montagnes sur la cime desquelles on leur rendait un culte » ont été signalés par M. Maury18 comme un des traits caractéristiques de la

i Ch. Lenormant, Rev. numism. 1843, p. 274. — 2 Mionnel, n°! 61 et 71.

— 3 Ch. Lenormant, L. c. — 4 Mionnet, n"* 70, 96, 138, 166. — 5 Ibid. n°« 80, 93, 98-102, 110, 114, 131, 135, 130, 140, 143, 154, 158, 167, 108, 171, 172, 174, 181, 204, 205, 209, 213. — S Ibid, n»' 103, 105, 116, 164, 185, 188, 201.

- — 7 Ch. Lenormant, L. C. p. 277. — 8 Mionnet, n01 160-163, 165, 169, 170.

— 9 Dissert. VIII. 8. — 10 Strab. XI, p. 521.— U Ibid. XI, p. 511; XV, p. 733. — 12 E. Burnouf, Sur les mois cappadociens, dans le Journ. des savants, 1837, p. 330. — 13 Yaçna, I, 41 ; III, 55; LXX, 50; Vispered, III, 22.

— 14 Trad. Langlois, t. III, p. 84. — '5 II. Rawlinson, Journ. of the royal A siat ic Society, t. XV, p. 247 sq. ; George Rawlinson, p. 426-431 du t. 1" de sa traduction auglaise d'Hérodote; The fine great monarchies of ancient eastern World, 2® édit. t. III, p. 322-355; F. Lenormant, La magie chez leb Chaldéens, p. 193-213. — 10 Maury, Hisl. des religions de la Grèce, t. III, p. 185. — 17 Diod. Sic. Il, 13. — 18 L. c. — 19 strab. X, p. 469; cf. XII, p. 567. - 20 Maury, L. C. p, 81. — 21 Strab. X, p. 469 ; Paus. V, 13, 4; Aristid. De Smyrn. polit, p. 2237, éd Dindor ; Sacr. Serm. III, p. 499, Ibid.-, Ulpian. De regul. lit. 3, De herecl. — 22 Paus.

religion phrygienne, si étroitement apparentée ", la Syrie et de la Phénicie. Si, conformément à R

à celle de

que de Strabon19, Cybèle est la plusVi-,^'^ nommée d’après des montagnes, Dindymine S/Z Ideenne [cybele], ce n’est pas seulement parce uuV , : rend un culte sur les sommets, c’est parce que l ’" tagne couverte de forêts est regardée comme son ima?' parce qu’elle est elle-même la montagne29 com™ n est la pierre [baetylia, cybele], car nous retrouvons'; !

1 assimilation de la divinité-montagne et de h Pierre. Aussi, sur le Sipyle, où est Lun des sièl w plus antiques de son culte21, est-ce un des rochers mêmes de la montagne qui a été grossièrement sculpté en son image22; et cette sculpture, œuvre des indigènes à ■ une époque extrêmement reculée, subsiste encore de nos jours23. Mais la conception de la divinité-montagne est surtout marquée dans les versions du mythe d’ATYS, étrangères à toute empreinte hellénique, que donnent Arnobe 24 et Pausanias23. Jupiter féconde le rocher du mont Agdos, d’où naît l’androgyne Agdestis. Mais cette montagne n’est autre que Cybèle elle-même le récit d’Arnobe l’indique clairement, et c’est pour cela qu’elle reçoit, elle aussi, quelquefois le nom d 'Agdestis™. L’androgyne Agdestis, né du rocher du mont Agdos et qui semble une nouvelle forme de Cybèle 21, munie cette fois des attributs des deux sexes, est lui-même un dieumontagne28, qui produit le dieu solaire Atys. C’est ainsi que dans les mystères mithriaques, Mithra naissait de la pierre ou de la montagne [mithra’. Le célèbre proverbe cboivsv opoç, £ixa p.üv à7tÉT£X£v, « la montagne était en travail, elle accoucha d’un rat29 », est né d’une moquerie des Grecs sur le mythe des indigènes de l’Asie Mineure30, où la divinité-montagne, qu’elle fût Cybèle ou Agdestis, donnait la naissance au dieu solaire, dont le rat était dans plusieurs endroits de celte contrée le symbole, à l’Apollon Sminlhien31.

En dehors de ces données générales, les exemples déterminés de monts adorés comme des dieux abondent dans la religion de l’Asie Mineure encore à 1 époque romaine. En Lydie on rend un culte au mont Carios, dont la légende mythique fait un fils de Zeus Carios H en est de même du Tmolus, que le mythe qualifie de iiis d’Arès33, époux de Ploutoou d’Omphale, père de Tantale, j juge de la dispute musicale entre Apollon et Marsyas u.l La tête du dieu Tmolus, accompagnée de son nom, se montre sur les monnaies des villes lydiennes de Tmolus3 ' et de Sardes 36 ; sur ces dernières il est en tout semblable à un Bacchus barbu (fig. 5141), couronné de pampres, à : cause de la richesse de la montagne en vignes, ce t re dans l’antiquité31. Les monnaies d Éphèse û la b n'0ll^e rreiflN e4>eClflN 18 font voir, assissur le mont P'-ion ,

III, 22, 4. — 23 Stewart, Descript. of some ancient monuments still exist'n9 ™ Lydia and Phryyia, Londres, 1842; Texier, Asie Mineure ' • * j3' ’ archéol. nouv. sér. t. XIII, p. 435 sq ; Perrot-Chipiez, Bist. de lArt, , 1 fig. 365. - 24 Ad», gent. V, 5. - 26 VII, 17, 5. - 26 Strab. X p. Mj .J

Ilesych. s. ». "A TS.,rï.î. - 27 F. Lenormant, Monographie de la \oie ■ sinienne, t. I, p. 500 sq. ; Maury, O. I. t. 111, p. 98. — 2S Pans. I, 4, , '°‘ ^ .

t. III, p. 90. — 29 Gregor. Cypr. IV, 5; Diog. VIII, 75; Mieh. P®3^ • ) (]n01..

Arscn. Yiolar. 485; Athen. XIV, p. 616; Horat. Ars.poct. v. 13L ^ ^ ^ d;eu niant et De Wiltc, Élite des monurn. céramogr. t. II, P- 3a7- " excerpt.

voir De Wiltc, Rev. numism. 1858, p. 1-51. — 32 Nicol. Daroasc. ^ ^ j.

p. 116, éd. Orelli. — 33 Pseudo-Plutarch. De flumin. VU, 5. — ^ 3P3°Eckhe|] t. III, Schol. ad Euripid. Orest. v. 5; Ovid. Metam. XI, v. 'j7- ,13. Mionnet,

p. 123 Mionnel, t. IV, 177, n»* 1019 et 1020. - 3« Eckhel, [• ’ P. ’v[ v. (5.

t. IV, p. 118', 110 65 9. — 37 Plin. Bist. nat. V, 29, 30; Ovid. e , kgl 38 Mionnet, Suppl, t. VI, p. 141, n- 4.3 ; Ch. Lenormant Nouv. gai. pl. vin, no 12. - 39 Pans. VII, 5, 5; Plin. Bist. nat. V, 29, 31.

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Fig. 5141.

Le Tmolus.

aU pied duquel est couché le fleuve Caystre, un Zeus peion1, représenté en véritable Jupiter Pluvius, versant ]a pluie d’une main et tenant le foudre de l'autre (fjg. 5142). C’est le dieu de la montagne, identifié à Jupiter, comme ceux du Casius et de 1 Argée ; la montagne dont le sommet attire et groupe les nuages, qui retombent ensuite en pltiie, est elle-même Zeus « assembleur des nuées »,

v£cp£Xy]Y£p£V7jç

L’étroite parenté de la religion de la Thrace avec celles de l’Asie Mineure est attestée par Strabon 3 et prouvée par une multitude de faits [sabaziusJ. Nous ne devons donc pas être surpris de retrouver dans cette contrée l’adoration des montagnes. Que les monts Haemus et Khodope aient été primitivement adorés comme les deux divinités principales des populations qui vivaient

dans leur voisinage, c’est ce qu’atteste le mythe hellénique où Haemus et fthodope sont changés en montagnes pour s’être dits Jupiter et Junon \ Le dieu de l’Haemus, assis sur sa montagne, est représenté sur les monnaies de Nicopolis de Mœsie 6 (fig. 5143) et la nymphe

Fig, 5)42. Zeus sur le mont Peion. Rhodope, dont OU fait aussi

une des compagnes de Proserpine lors de son enlèvement, sur celles de Philippopolis deThrace6, également assise sur sa montagne (fig. 5144).

Le culte des montagnes était très répandu dans les temps primitifs des Pélasges de la Grèce; on a même déjà

Fig. 5143. — Le dieu de l’Haemus.

Fig. 5144. — La nymphe Rhodope.

remarqué que c’était une des particularités les plus original*» de leur religion par rapport à celle des Aryas vé- "ques\ Les montagnes ont leur place dans la Théomu d’Hésiode8 comme dans la cosmogonie de anchoniathon 9, non seulement à titre de créations

HlvCtSLTm8n‘’ °n 1 P- 59- ~2 Homer- Jliad- A< 511 ; 4. V. 30 J 4 n) ’ etPasslm< Oornut. De nat. deo. 9; Tim. 1.-3 Strab. X, p. 470 s

Vi v 7 7° J UtT' ,De flum' XI’ 3; Serv' ad Aen ■ L v> 321 : 0vid- Meta

n« | Sq,’ lepl>' Byz' s ’ v' ATe0^ — 6 Rev- numism. i§43, pl.

- ’ M ion net, t. 1, p. 4IG, n° 342; Rev. numism. 1843, pl m no

sq ■ SH yV D>sse,t ■ V,U’ *• — 11 Creuzer, Symbolik, 3« édit. t. Il, p. 5 Prellep 7*“^’ MythoL Andeutungen, p. 49; Ch. Lenormant, L. I. „ 9 'H A ’l «“*?■ Real-Enc^lopaedie de Pauly, t. IV, p. 588; Griech. Mythe nu'ut ' t , , ' l,- ’ P‘ 92 ; °erhard, Griech. Mythol. § 202. - 12 Ch. Leno

-151 ’j t,el'liar,l> L- l- — 13 Hesych. s. v. K apouo,-. — <4 paus. IX, 1 Pans. la° , ; 1 ; Di0nys' Halic' Ant ■ rom- L 13- ~ 16 Apollod. III, 10,’

III v «’ ’ ‘À lN 7 ; 20’ 2 : Scho1- EuriPid- Orest. v. 015 ; Schol. Pind. Olym ,! 'P0"0d- L *• 10 1 ct ■ Paaa- X, 12, 4. -18 Apollod. III, 10, et 300Thes°Cr- /dyL v- I” = Eaus. V, 5, 6 ; IX, 3, 5 ; Virg. A en. I, v. V 3, 5. - 2lT‘ ,, à L ’ HeSyCh- et -OpoSefivàS^. - 20 paus 1

p. 17 M ,P° ■ ,0d- Ary- '• 55°- - 22 Vire- Met. VI, V. 50. - 23 Pto,. Hep

oulez. — 24 Steph. Byz. a. v. — 24 Alcim et Demetr. Calet. aj

physiques, mais comme personnifications religieuses des premiers âges. Les sommets de l’Olympe et de l’Ida ont été d’abord adorés comme des images de Zeus'0 ; ainsi le dieu dont la résidence la plus habituelle est toujours placée sur la cime des monts" [ jtjpiter] a été confondu primitivement par les Pélasges avec ces monts12, comme nous venons de le voir également en Asie Mineure. Comme Kapoudç, en Béolie, il reste encore le sommet lui-même, xxpa 13. L’anthropomorphisme des Grecs a fait ensuite de toutes les anciennes montagnes adorées d abord comme divines des personnages mythologiques à physionomie humaine. Cithéron se présente dans la légende béotienne comme un roi de Platées, environné d’honneurs héroïques et presque divins 1;. Cyllène '% Taygète10, Ida'7 sont des Nymphes, et Taygète dans d autres récits une des Pléiades18. Une classe spéciale de Nymphes, les Oreades ou Orestides 19, président aux montagnes et les personnifient [nymphae]. On leur donne quelquefois des noms divers suivant telle ou telle montagne déterminée ; c’est ainsi que nous trouvons les Cithaeronides 20, les Peliades 21 , les Dictaeae 22, d après le Cithéron, le Pélion et le Dicté. D’autres fois la legende mythologique fait de l’ancien dieu de la montagne un personnage de la famille des Géants, foudroyé par Jupiter et enseveli sous la masse montueuse, comme Olympus 3, Athos-* et Ætna2% le même qu’Encélade 20 ; mais il est à remarquer que toujours on voit correspondre à ces mêmes montagnes un surnom de Zeus, Olympius, Athoüs 21 , Ætnaeus28, qui l’y fait résider et qui peut être aussi considéré comme un souvenir de sa victoire sur le Géant23. Quelquefois la personnification de la montagne a un autre rôle mythologique que celui des Géants ; ainsi Olympus est donné plus souvent comme le nourricier de Zeus30; mais ilest aussi Zeus en personne dans les traditions créâmes, puisque le même tombeau dix in, conservé dans la Crète, pouvait être montré indif féremmentpour celui de Zeus ou pour celui d’Olympus 31 .

Parmi les personnifications grecques des montagnes, descendues à un ordre inférieur dans la mythologie des temps classiques, il faut encore citer Atlas, la montagne qui unit le ciel à la terre, que le progrès des connaissances géographiques des Grecs fit toujours reculer davantage vers l’Occident 32 [atlas]. F. Lenormant.

MONUMENT (JM , Mr,p.a, p.vv]p.s?ov. — En général, tout ce qui est destiné à perpétuer la mémoire d’une personne ou d’une chose1. Ce nom s’applique à un édifice quelconque : temple, portique, stèle, particulièrement à un monument funéraire [sepulcrum] ; et aussi aux images et autres dons commémoratifs qui pouvaient y être

t» . ... , ’ ’ “T&***- * — *°AppolIod. I, 6, 2 •

Ho.al. Orf. Il, 4, v. 50; Paus VIII, 47, I ; voir Panofka, Cabinet Pourtalès. p. 65^

L h l \trl ’ I * ’ T”1' " ’ 285’ “ 28Pind‘ °L V». v. 102 ; Schol.

:. p -,7 Ch. Lenormant, Nom. gai. myth. p. 59. - 30 Diod. Sic. III 73

- Ptol. Heph. L e. — 32 Preller, Gr. Mythol. B, 3, 2. édit. t. I, p ’44l' [Les personnifications des accidents topographiques dans la mythologie gréco romaine on, été objet durant ces dernières années, de quelques travL a^LCls q“t ou ajoute aux faits consacrés par Lenormant dans cet article ou remis on r les résulta, s de ses recherches. Comme la conclusion en est’ plutôt négative en ce qui concerne les Montagnes divinisées, nous nous bornons à y renvoyer • V A C ,• ber, Naturpersonnification in der Poesie und Kami der Allen (Leinzi'e YS7 jurait du XIII- vol Suppl, des Jahrbücher fur Klassische Philologie, p. 30’l sq ) ■ Wieseler Enuge Bemerkungen über die Darslellung der Berggottheiten in der

Th : H""8 'CS Nachrichten A'. GeselUC,

aer wissetischfattti) , et 1 article très documenté de Steudino- /

tionen, dans Ausführliches Lexikon der gr. undroem. Mythol t II p ^oTla^"

nT™™1 ' c"' ,p "«"■ -■ ». p. m «t é L.

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