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Fig. 5173.
par endroits un sises réglées (fl g part proprement
taillées de 45 centimètres de long sur 25 de haut, liées au mortier de boue ; ces pierres forment deux parements à lits presque horizontaux enfermant un blocage de petits moel¬
lons ; la lace externe est talutée en pente douce avec une inclinaison d'environ 45° ; la face interne est verticale. On observe appareil en pierres taillées et à as- 5173)1. Au-dessus de ce socle, le rem-
dit, moins épais (2 mètres), se composait de carreaux de pisé (argile mêlée à de la paille ou du foin hachés et séchée au soleil) reliés par un mortier de boue. Un crépi d’argile fine protégeait contre les pluies les parements égalisés. Un chaînage de bois encastré dans la masse répartissait les pesées et régularisait les lits de briques. Par endroits ce mur s’épaissit en redan de 4 mètres d’épaisseur; ailleurs, il est contrebuté intérieurement par des contreforts de
1 m. 60 de large sur 1 m. 60 de saillie, à des distances de ,") mètres. Peut-être ce dernier dispositif servait-il non seulement à soutenir le mur, mais aussi à supporter un tablier de bois mobile, destiné à élargir le terre-plein supérieur des courtines, expédient signalé à la lin de l’article munitio fi propos des murs d’Aoste. En effet, à Troie, la crête ne se terminait probablement pas par des créneaux, mais par une galerie de bois. Le mur était aussi flanqué de tours de 3 mètres de large sur 2 mètres de saillie, placées à des distances variant de 6 m. 50 à 10 et 20 mètres.
Les mêmes procédés de construction se retrouvent, toutes proportions gardées, dans les habitations de la même ville. Les murs des palais reposent sur une ligne de fondations de 1 mètre à 1 m. 30 de profondeur, supportant un socle apparent de pierres plates de 1 m. 50 de hauteur moyenne, disposées en assises horizontales; le corps même du mur, de 1 mètre à 1 m. 50 d’épaisseur, se compose de carreaux d’argile mêlée de paille hachée (65 centimètres de long, 15 centimètres de large, 10 à to centimètres de haut), assemblés par un mortier d’argile plus fine coupée de paille plus menue, avec des joints de 3 à 4 centimètres d’épaisseur (tig. 51 7-4) 2 : un chaînage en forme de grillage, composé de pièces longitudinales affleurant au parement et de longrines transversales 15 centimètres de large sur 45 de haut) traversant la masse et distantes de 4 mètres en 4 mètres, était encastré suivant la disposition que montre la figure 5175 empruntée à une restauration de Durm3. Un crépi d’argile blanche recouvrait les surfaces. La tranche des antes, dont les saillies étaient particulièrement exposées à s’épaufrer, était protégée par un revêtement en madriers
1 Uorpfeld, Bcricht, fig. 9. — 2 Pcrrot-Chipiez, Ibid. VI, p. 181, fig. 41. Croquis de Durm. — ;< Baukunst d. Griechen ,2, p. 28, fig. 19. — '* Annual of British
de 25 centimètres de côté, dressés sur un socle de pierre.
C’est la même technique, qu’on pourrait appeler celle de la brique crue armée , que suivirent les constructeurs des palais de Tiryntbe et de Mycènes. Le seul procédé de liaison usité est le mortier de terre délayée, pure ou
Fig. 51/
mêlée de paille hachée; la chaux pure n’entre que dans la composition des crépis ou des badigeons, largement employés à Mycènes dans les intérieurs et sur les aires de terre battue. Le mortier de chaux et de sable, ainsi que labrique cuite au four, sont inconnus. Les revêtements de bois et de grandes dalles de pierre, dans les intérieurs, à
Fig. 5175.
la naissance des murs, et sur les tranches des antes, sont d’un usage courant.
Concurremment avec cette technique, originaire d’Orient (Chaldée), et dont les procédés expéditifs et économiques ne se perdirent jamais, se développa en Crète et en Argolide celle de la maçonnerie de pierres de carrière. A Cnossos et à l’haestos, les murs des palais récemment déblayés par MM. Evans et Halberr \ se composent, sur une hauteur parfois de deux étages, de moellons noyés dans du mortier de terre, sans intervention d’une armature de madriers. Ils reposent sur un socle de carreaux de tuf et sont revêtus à leur base de grandes dalles de calcaire blanc de 1 mètre de haut sur 2 mètres de large (fig. 5176) ’. Les tètes des antes sont protégées, non plus
School at Athens, VI, VII, VIII, 1899-1902 ; — Mon. Antichid. Lincei,XU, 1902, p. 8 cl s., pl. o à 7 ; XIII, 1903, p. 1 3, fig. 2. — 5 J. Evans, The palace ofKnossos, fig. 69.
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MUR
MUR
par des madriers, mais par de longuesdalles appliquées. La Crète, grâce aux ressources de son sol en pierres de construction, gràceà l’outillage perfectionné etaux leçons qu’elle avait pu recevoir de l’Égypte, paraît avoir été 1 initiatrice de la Grèce dans cette technique de la maçonnerie en pierre, que les Hellènes, par une série de progrès,
portèrent à la perfection. L’application la plus ancienne et aussi la plus libre, dans la Grèce propre, des procédés crélois, apparaît dans le mur nord du grand mégaron de Mycènes. La brique crue est exclue ; le corps du mur se compose d’éclats et de quartiers de roche noyés dans l’argile. Mais, d’une part, le constructeur est resté fidèle
aux traditions delà maçonnerie en brique crue armée, en conservant ici l’emploi du boisage encastré : application maladroite, car les matériaux nouveaux n'ayant plus l’élasticité plastique del’argile, si quelque longrine venait àpourrir, il en résultait un vide, des tassements brusques et des chutes de la partie supérieure (fig.
5177) 1 . D’autre part, il a encore innové sans plus de logique, en insérant dans cette maçonnerie en menus matériaux, d’énormes échantillons de pierre parée, tels que ceux qu’employait de son temps l’architecture militaire.
Ce qu’il y a, en effet, de plus original dans les ruines de Mycènes et de Tirynthe, et, par rapport aux monument de Troie et de Crète, de plus moderne, ce sont ces remparts énormes, avec les escaliers, les couloirs, les casemates, qu’ils renferment dans leurs épaisseurs de plus de 10 mètres. La tradition mythologique qui plaçait à Tirynthe le berceau d’Hercule2, l’épithète homérique Tety.ôeacra appliquée à cette ville3, semblent attester l'étonnement du monde achéen devant une œuvre colossale dont la nouveauté fit sensation. La légende ultérieure
recueillie par Strabon* et par Pausanias8 attribuait travail à des ouvriers étrangers, les Cyélopes. On ne sait dans quelle mesure les maîtres d’œuvre au service des anactes achéens étaient ou non originaires du pays En tout cas, les moindres détails de leur travail attestent une adaptation très logique et très pratique des ressources locales en matériaux et en main-d’œuvre avec la destina lion de la construction. Les maîtres du pays voulaient une forteresse d’une solidité à toute épreuve. Les roches calcaires de l’Argolide, qui fournissaient à volonté soit des blocs éboulés susceptibles d’ètre employés presque sans façon a 1 état quasi brut, soit des pierres naturellement stratifiées en plans de-lit réguliers, déterminèrent les divers appareils qui coexistent dans ces murailles.
Le plus simple est désigné sous le nom de cyclopéen. Il se compose de blocs bruts ou très sommairement dégrossis au marteau sur leur face externe; les façons plus soignées sont réservées aux pierres d’angle. Plusieurs de ces blocs mesurent 2 mètres et 3 mètres de long sur 1 m. 10 à 1 m. 50 de haut et 1 mètre à 1 m. 50 d’épaisseur6. Mais ce mégalithisme, qu’on a longtemps . con sidéré, d’après Pausanias, comme le caractère essentiel de ces construc¬
tions, est moins général que localisé dans certaines parties exposées à de formidables pesées, telles que linteaux, seuils, montants de portes. Même dans l’appareil cyclopéen, on reconnaît aujourd’hui l’usage d’un mortier de terre', qui garnissait les joints irréguliers; de plus, les interstices entre les gros blocs étaient bouchés par de petites pierres de remplissage également noyées dans le mortier. Tel est l’appareil qui se présente avec toute sa rusticité primitive dans le mur de l'Acropole de Mideia en Argolide \ à Mycènes (fig. 5178) 8, et avec un dressage de la pierre déjà plus soigné et une tendance à l’horizontalité des assises, dans une portion du rempart occidental de Tirynthe. Les avantages de cet appareil étaient la résistance et aussi la rapidité et l’économie résultant de la façon sommaire de la pierre; à une époque où l’outillage de bronze ne pouvait attaquer la pierre dure qu’à condition d’être renouvelé ou affûté constamment, les tailles soignées devaient être réservées aux parties délicates ou aux constructions d’apparat. Le charroi à de faibles distances des carrières ainsi que le montage de ces blocs énormes avec une machinerie rudimentaire et avec les ressources d’une main-d’œuvre abondante, représentaient, à cette époque, moins de difficulté et de dépense que leur équarrissage ou leur
débit en petits matériaux.
L’appareil dit pélasgique, souvent confondu avec le précédent ou avec tous les appareils irréguliers, n est qu’un cyclopéen atténué et moins fruste. Les matériaux
! D'après un croquis de Dorpfeld, reproduit dans Perrot-Cliipiez, Hist. de l'art , VI, fig. 177, p. 480. — 2 Apollod. Mb. II, 2, 1. — 3 II. H, 559. — 4 Strab. VIII, 6, il. — 5 Paus. II, 6, 4; 25, 8; IX, 26, 5. — 6 Sur Tirynthe, voir Schliemann et Dürpfeld, Tirynthe. Sur Mycènes, Sclilieinann, Mycènes , et Tsountas,
Muxrjvcu. En général, Perrot-Chipiez, Hist. de l’art , VI, p. 482 sq. — ’ 1 errot- Cliipiez, O. I. p. 475, fig. 176. — 8 Portion du mur N.-E. de l'acropole, d apres SlcCTeii, Karten von Mykenai, Tcxl. p. 23; Perrot-Cliipiez, O. I. M, P- 491, fig. 183.
MUR
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y sont de moindre échantillon, avec déjà plus de façon sur le parement et aux angles, et avec une tendance à la régularité horizontale des assises (lig. 5179) *.
Fig. 5179.
Le sol de l'Argolide fournissait aussi des bancs de roches strati liées, d’où la pierre sortait naturellement délitée : il suffisaitde dresser à la scie au sable. les plans de joints et les parements. De l’emploi de ces pierres résulte l 'appareil réglé , dit trapézoïdal , lorsque les joints sont biais, et rectangulaire „ s’ils sont verticaux. L’appareil trapézoïdal n’est pas systématiquement employé à Tirynthe et à Mycènes ; il le fut beaucoup plus aux époques suivantes. La figure 5180 le représente, combiné
avec l’appareil à décrochement, dans un mur de soutènement près du Dipylon à Athènes2. L’appareil rectangulaire, déjà constaté àTroie(fig. 5173), est employé à Mycènes, sous le cyclopéen, dans les parties basses du mur où d rendait 1 escalade moins aisée, dans le voisinage des Portes, et surtout dans les avenues et les voûtes des plus luxueuses tombes à coupole, à Mycènes et à Orchomène. O est figuré sur un fragment de vase d’argent trouvé à Mycènes, qui représente le siège d’une ville dont les maisons sont enfermées derrière un rempart sans créneaux (lig. 5181) 3. Les carreaux vsont assemblés àjoints bruts, sans interposition de mortier, mais sans qu’on se soucie encore de faire exactement tomber les lignes de joint sur le milieu des lignes de lit, comme dans les appareils hellén iques de l’époque classique. — Les progrès 'le 1 outillage et de la taille expliquent la vogue de deux appareils plus récents que les précédents, dont ils déri¬
vent : 1° l'appareil à décrochement , compromis entre l’appareil réglé et l’appareil pélasgique : il a l’avantage d’atténuer les déchets, mais l’inconvénienl de rompre la régularité des lignes de lit et des lignes de joint. La
Fig. 5181.
ligure 5180 le représente combiné avec le trapézoïdal1; 2° 1 appareil polygonal , probablement le plus récent : c’est un perfectionnement de l’appareil pélasgique par les procédés de taille des pierres d’assises réglées. Économique et expéditif comme le pélasgique, il a en plus la cohésion des assises réglées grâce à la précision de ses joints. On emploie pour le polygonal des pierres dont on se conLente de ravaler el d’aviver les arêtes naturelles; on les assemble a joints vifs (parfois cernés d’un refend ciselé), sans mortier ni pierres de remplissage et suivant leurs angles correspondants. La netteté des joints suppose 1 emploi d outils de fer, et de la fausse équerre qui sert au maçon a reporter 1 angle d une pierre sur une autre (lig. 5182) Ce polygonal apparaît dans les parties les plus récentes de l’enceinte de Mycènes, celles qui on tété l’objet, longtemps après la péri ode achéenne, de remaniements Fig. sirs.
ou de réparations. Il fut très en vogue pendant la période archaïque, du vne au Ve siècle, et même plus tard, pour les ouvrages militaires, les soutènements de tei lasses et de gradins de théâtre (àvàXegga), pour les périboles , plus rarement pour les murs de cellas. Sa ditlusion est due à son économie. C’est à tort qu’on l’a considéré longtemps comme un mode de construction très ancien. La figure 5183 représente un fragment de l’enceinte d’Érétrie, d’après une photographie 6. On trouve, en Phocide, une variante curieuse de cet appareil : les contours des pierres, au lieu d’être à angles vifs, sont à angles mousses, arrondis et sinueux. Nous citerons le
1 Portion du mur occidental i 1 'ryn the, fig. 135; Perrot-Chipiez, O.
>mch der griech. Architect. fig. 45;
àç/'OuoX. 1891, pl. h, 2.
e l’Acropole de Tirynthe, Scliliemann, l. VI, p. 270, fig. 172. - 2 Durai. Hand- Perrot-Chipiez, O. I. VII, p. 328, fig. 149. 4 De beaux exemples se trouvent aussi
dans le mur qui encadre la porte du Nord, pl. i.xv) et dans le puissant soutènement de la Probestücke, pl. xxx). — B D'après Durm — » Perrot-Chipiez, O. I. VU, p. 329, fig. |5(
à Mycènes (Expéd. de Marée, II terrasse de la Pnyx à Athènes (Gell.
, fiaukunst der Griech. fig. 16.
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