‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 37 sur 275 · PEREGRINUS, LEX CALPURNIA REPETUNDARUM · texte numérisé non relu

PEREGRINUS, LEX CALPURNIA REPETUNDARUM

[ Sur l’emploi de la legis actio en matière gracieuse, voir l’article jurisdictio, p. 7i28.

La procédure des actions de la loi présentait de nombreux inconvénients, les uns d’un caractère général, les autres propres à chacun des cinq modes de procéder11. Elle lut supprimée, dit Gaius, par la loi Aebutia et par les legesJuliae [lex aebutia, lex julia judiciorum privatorum ei publicorum]. Elle fit place à la procédure formulaire, armi les causes de défaveur de la procédure antique, aius signale l’extrême rigueur avec laquelle on s’attac ait à 1 emploi des termes consacrés : Istae omnes legis actiones paulatim in odium vénérant : namque... eo res pei diu ta est ut ve! qui minimum errasset litern perderet. a 1 gis actio a continué cependant à être appliquée en

matière gracieuse, et même en matière contentieuse dans deux cas signalés par Gaius, notamment dans les procès soumis au tribunal des centumvirs. Ën. Cuq.

LEITOURGIA. — Le mot liturgie *, pris dans son sens général, désigne toute prestation, tout service qu’on acquitte envers l’État ou qui est imposé par la loi. Ainsi l’hoplite qui s’arme à ses frais et va combattre pour la patrie acquitte une liturgie 2 ; il en est de même du citoyen qui exerce une magistrature3, de l’éphèbe qui remplit les devoirs de son état4.

Mais ce mot avait encore un sens plus restreint ; il servait à désigner un certain nombre de prestations ou de contributions bien déterminées, qui avaient une organisation propre et à l’aide desquelles fonctionnait une partie des services publics.

Le système des liturgies est un des traits les plus curieux de l’organisation financière des États helléniques. Il répugnait au sentiment des Grecs de demander à l’impôt tout l’argent nécessaire pour les besoins publics. Il existait bien un système fiscal : des droits de douane, des droits de mutation, une taxe personnelle sur les esclaves et les métèques; mais tous ces impôts, avec les revenus que l’État retirait des domaines publics, comme les mines, etc., avec l’appoint important que donnaient les amendes et les confiscations, ne suffisaient pas à couvrir toutes les dépenses. L’État rejetait donc sur les citoyens riches une partie des charges publiques. C’étaient eux qui étaient chargés non seulement de faire les frais de tel service, mais d’en assurer, par leur soin et leur activité, le bon fonctionnement.

Les anciens, distinguaient deux sortes de liturgies.

1. Les liturgies extraordinaires ont pour objet la défense de 'État ; elles ne sont exigées qu’en temps de guerre. La plus importante est la triérarchia. Son organisation se rattache à l’institution des naucraries et des trittyes 5. Elle était primitivement réservée aux citoyens de la première classe, les pentacosiomédimnes, qui devaient équiper une flotte de 48 vaisseaux, tandis que les citoyens de la deuxième classe devaient fournir un corps de 96 cavaliers ; le corps des hoplites était formé par les citoyens des trois premières classes. Ces trois façons de servir, comme triérarque, comme cavalier, comme hoplite, étaient autant de liturgies. La division des citoyens de l’Attique en quatre classes, instituée par Solon, n’a eu d’autre objet que l’organisation de la défense militaire du pays au moyen des liturgies G. Nous n’avons pas

■tignificat uM /’ '’ 9 ’ ^,0uat' *Q Phorm. I, 4, 31 : Semper ilicet finem re amer» w ‘ ?-Hm c®1"' ^Judice» de eonsilio dimittebantur suprema dicta eu»

94; Tacit Ann j - ’ ,P m' Hut' naL X’ iS’ 31- — 3 Cic. in Verr. II, 38

en imperia e< , - r°' ~ ' ^‘v' XXXL ^99 : Praetor romanus conventm agit

stipntum licto a'1 ‘ C°*lven*unt ’ excelso in suggestu superba jura reddentem V en . iv 4Q J[S lUint’ virgae tergo, secures cervicibus imminent ; Cic. il #rrum jùrUd-cr ' De l0C° suPeriore >' Tu- Liv- XXIII, 32, 4: Praetores Deling, iai y tr‘t>unalia adpiscinam publicam posuerunt. — 3 Vari

iitium causa ’ j' ab eo, quod coibant ex comitiis curiatis e

— Gai. iv log Caliiei el Martin, Mélanges dt archéologie, t. I, p. I fit lions juridiaup * ^'c' ^ e amic- — 9 Cf. Édouard Cuq, Institu

«*«■ ^ T jf- -, 10 lbid-j- L P- - 11 «. Wlassal Civilpro ~ess ’ P* ^3 suiv. — Bibliographie. Keller, De

Prozess des lat'' Capmas, Paris, 1870; Belhniann-Hollweg, Per Civil

fcuiowa, per ' r^meZ Rechts in geschiclitl. Entwickelung, t; I, 1864 Aktioncn der jlRP,0~ess zur Zeit der Legisactionen, 1872; Bekke: Rro~ess, 1 88a ; Bar ^uva^rechl. 1871-1873; Schullze, Privatrecht un

della Procedura èhei /,ÎSW‘ Und CivilPro=ess, 1884; Buonamici, La S ton *ra<E franc. pi r°rnana, 1886 ; R. von Iheriug, Geist des rôm. Recht 'fyslein des Civil ] ^01'lz Voigt, Pie XII Tafcln. Geschichte un

"'o Criminal-rechtes, wie-Processes der XII Tafeln neb.

deren Fragmentent 1883-1884; Wlassak, Rôm. Processgesetze , 1888-1891 ; Hugo Krüger, Geschichte der capitis deminatio zugleich eine neue Bearbeitung des Legisactionsrechtes , t. I, 1887 ; Edouard Cuq, Institutions juridiques des Romains, 1891, t. I, p. 400; Jobbé-Duval, Etudes sur l'histoire de la procédure civile , t. I, 1896.

LEITOURGIA. 1 L'orthographe de ce mot, à la bonne époque, est X^-ou^ta ; P. Foucart, Rev. de Philol. I, p. 37. A partir de l’an 300, on ne trouve plus que la forme XeiToupY‘« ï Meisterhans, Grammatik der attischen Tnsch. p. 28-30; Kühuer- Blass, Ausführl. Gramm. der gr. Spr. I, p. 185; le mot serait composé de XVjïTo; = Sy)(aô<tioç (Xq'tToç viendrait de 7»yjoç = Xaôç, Xeoiç ; cf. Herod. VII, 197 : X^itov Sè xaXIouiri xb icçuTotv^tov ol ’Ayatot) et de tçvov. — 2 Lys. XXXI, 15; XIX, 58 ; [Demj. IX, 28 ; Scliol. à Dcm. XXI, 95 : XeiToupyia Si icIvyjtpç q 3t àtoî uwp.a-roç elrrooçâ.. — 3 Andoc. DeMyst. 132; Corp. inscr. att. II, 331 (Ch. Michel, Recueil d'inscr. gr. 129, 60) ; 454, 20; Michel, 24, 35; 694 (Insc. des myst. d’Andanie), 48, 74, 97; dans Corp. inscr. ail. IV, 2, 623 b (Dittenb. 2e éd. 731 ; Michel, 971), il est question d’un T*{uaç et d’un yça|A[xaT£Ûç d’un Ihiase. — 4 Corp. inscr. att. II, 467, 28; 48 i , 22 et 54; 482, 4b; cf. olb (Michel, 107), 10 : SteTtXscav tov Ivcoiutov tcxç te ou Xaxà-î XeiTouoyoijvTE; "at aitavxa Tà Tcaça^yeXXô^eva uirb tou a-çiaTrjo-j. — 5 Poil. VIII, 108. — 6 Aristote ( A.th . vesp. 4) le dit pour Dracon ; iitaScSoTo jxlv iroXtTeta toï^ otcXoc itao£xo[i.évotç. Cette appréciation s applique aussi à l’œuvre de Solon. C’est là aussi un des points essentiels que nous nous sommes efforcé de montrer dans les C avait. Ath p. 105 eu particulier.

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à nous occuper ici de montrer comment fonctionnait ce service ; rappelons seulement que, lorsque Athènes fut devenue la première puissance maritime de la Grèce la

nerarchie resta toujours un impôt qui ne frappait que es riches; 1 expression « fortune triérarchique » était synonyme de « grande fortune ». 11 n’y avait d’abord qu un seul triérarque pour un vaisseau ; à partir de 411, on rouvedes <n>vTPn,'p«pXoi, deux ou trois citoyens s’unis- S0n pour se Partager la dépense; en 357, la loi de Périandre applique à la triérarchie le système des symmones [eisphora]; enfin ce dernier système est modifié en • d par Demosthène. La durée de cette liturgie était d’un an ; la dépense pouvait varier entre 40 mines et un talent 2

L impôt sur le revenu, lYexçopà, n’était pas une liturgie ! H irappait sans aucune exception tous les citoyens qui axaient le revenu imposable. Mais une liturgie nouvelle fut creée, quand fut institué le système des symmories en .G / ; cette nouvelle liturgie était la wpociroopà [eispuoraJ. Dans chacune des vingt symmories, les quinze plus riches citoyens faisaient l’avance de la prestation < n nie , ils se faisaient ensuite rembourser par les autres membres de la symmorie3. C’est cette avance qui consi ua a liturgie; mais jusqu'à la réforme opérée par Démosthene en 340, cette charge n’était pas bien lourde ; car es 300 citoyens riches, qui avançaient la 7rpoeiffœopa, s entendaient pour répartir ensuite l'impôt de façon à en rejeter la plus lourde part sur les autres symmorites ; c est cet abus que voulut corriger Démosthène.

Lutin la cavalerie, c’est-à-dire le service dans le corps militaire des cavaliers, peut être comptée parmi les liturgies militaires ; mais cette liturgie avait un caractère particulier a cause de la nature même du service qu’avait a remplir le cavalier L

II. Les liturgies ordinaires ont pour objet les fêtes religieuses; elles reviennent régulièrement tous les ans; c est pour cela qu'on les désigne sous le nom de éyxéxXiot.

La chorégie [choregia] était la plus importante des liturgies ordinaires ; aussi ce mot est-il souvent employé comme terme général pour désigner toutes les liturgies5.

Il y avait, dans Athènes, des chorégies pour un grand nombre de fêtes; nous en connaissons pour les Grandes Dionysies, les Lénécnnes, les Thargélies, les Grandes et les Petites Panathénées, les fêtes d’Athéna Skiras, de Prométhée, d Héphaistos. Pour chacune de ces fêtes il y avait plusieurs chorégies ; ainsi aux fêtes de Dionysos, il y avait des chœurs tragiques, comiques et cycliques, des concours de joueurs de flûte, de danseurs de pyrrhique, etc. La dépense pour un chœur cyclique pouvait n’être que de 300 drachmes ; pour un chœur tragique, elle pouvait s’élever à 3 000 «.

Les autres liturgies étaient généralement moins coûteuses ; nous indiquerons les principales.

La gymnasiarchie [gymnasiarchia, lampadedromia] avait surtout pour objet la préparation des courses aux flam-

ipour la triérarchie, cf. Boeckh, Staalsh. der Ath. I, p. 628; Schoemann,

t ' Tlmmser- D* eiv. Ath. num. p. 38. - 2 Schoemann, Op.

UUd'' tn «*’ -~ B°eCkh‘ Staats'1- h P* 535i Thumser, Op. laud. 35.

7 * Mar "’’ Ca"- Ath- P- 205. - 5 Tlmmser, Op. laud. 53; Dcm. C.

tept 19, avec la note de H. WeU; Lys. XIX, 57 ; Isae. V, 4; VU, 35 Sur la

chorégie, cf. Boeckh, Op. laud, I, 539. - c Lys. XX1, 1 et 2 - Un

Ibid. 3; Boeckh, Op. laud. I, 548. — 8 Boeckh Staatsh I „ Qi

„ ~AJ m ’ oucLKiij btaatsh, J, p. bo 4; Schoemann,

so. J Tt!'’ P‘ ~ 9,!0CCkh’ Staatsh- P- 271 ; Schumann, Grieck. Alt.

I 5°1 ; II, 53 ; Thumser p. 95 ; Lys, XXI, 5. - lo Tlmmser, p. 99 ; Aug. Mommsen,

ûie J uste de, St. Ath. p. 107,509; Jane Ilarrisou, Mythology and Monuments of Ancient Athens, p. 33.— H Equités giiaeci. — 12 Canephobae; cf. Corp.

beaux ; nous connaissons de ces courses aux p ln. , , . aux fêtes de Prométhée, d’Héphaistos, de Pan g '0n(iesi aux Bendidies, aux Lénéennes. La dépense " lampadédromie est évaluée à 1 200 drachmes 1 P°1"' "ne L’hestiasis [hestiasis] consistait en banquet liturge offrait aux membres de son dème ou de ^ k à 1 occasion de certaines solennités8. ' Sd ll'^u

L’archithéorie consistait à faire les frais d’une il envoyée pour représenter l’Etat aux grands jeux 7? Grèce, pour consulter les oracles, etc. 9. 0 la

L’arrhéphorie [arrhephoria] constituait une lihlr, était a la charge des parents des quatre jeunes Iil7 i" signées pour être arrhéphores 10? dt!'

L’hippotrophie est aussi une liturgie ; elle a pour oh. jet d elever des chevaux pour concourir aux 'Jfinds ' d’Olympie, de Delphes, de l’Isthme et deNéméVouT* Athènes, aux Panathénées et aux Théséia, par exemnl? mais seulement pour les courses désignées sous la ru’ brique Ix Ttivxtov ou lx tûv icoXitwv. Cette liturgie pèsel sur tous les citoyens qui ont de la fortune. Quant aux cavaliers, s’ils sont riches, ils ont un devoir d’honneur de prendre part à ces courses; mais en réalité il semble qu ils n onl été astreints qu’aux concours réservés exclusivement à la cavalerie, c’est-à-dire les concours b xùv j

C7T7C£COV et SX TWV ÇtuXâp^CüV 1 1 .

t E*lfin on Peut encore citer les liturgies xav/joWaç » I sûavSpiaç, sûoTcXtaç, eùxa^aç13*, àpuXXaç Twvtvsûv u.

telles étaient les liturgies ordinaires qui avaient été I instituées pour relever l’éclat des fêtes religieuses et qui, comme ces fêtes, revenaient régulièrement chaque année. Ce n était pas seulement la capitale qui honorait I ses dieux par des cérémonies et des sacrifices ; les dèmes I avaient aussi des cultes particuliers qu’ils célébraient I par des fêtes lj. Ces solennités étaient assurément moins nombreuses et moins brillantes que celles de la ville; I mais elles faisaient aussi l’objet de liturgies qui impo- I saient de nouvelles dépenses aux citoyens riches. Les I dèmes avaient deux sortes de fêtes; les unes étaient corn- I munes a tous les dèmes, par exemple les Dionysies champêtres, les Thalysia, les Epicleidia, les Haloa, fêtes qui marquaient le retour des saisons et des occupations qui s’ensuivaient; d’autres fêtes étaient particulières à tel ou tel dème, comme les Kybernesia pour Phalère ,s.

Le divertissement le plus goûté paraît avoir été les représentations dramatiques, qui fonctionnaient la aussi par des chorégies ; nous connaissons des théâtres à Collytos, Eleusis, Aixoné, Thoricos, Phlya, Myrrhinonte; il y en avait deux au Pirée I7. Dans certains dèmes, nous voyons célébrer des lampadédromies i8, quelquefois même des lampadédromies à cheval 19.

Les citoyens athéniens n’étaient pas seuls soumis aux liturgies ; les métèques aussi avaient à en acquitter un certain nombre. Il y avait d’abord des liturgies qu> étaient uniquement réservées aux métèques, par exempt

iriser, ait. II, 1G2 c, 10; Thumser, p. 99. — 13 Alb. Martin, Car. Alh. I’- ' ^ riiumser, p. 97; en particulier l’insc. Corp. inscr. ait. II, 172. 11

XI, 87; Lys. XXI, 5; Corp. inscr. att. II, 905; [Plularch.] Vit. -X oi ■

A. Mommsen, Die Feste der St. Ath. p. 145. — U Sur la disliucliou Ç1 ^ les O*; froTcAff Uo «, sacrifices qui se faisaient aux frais de l’Etat, et les Sv0"1"' qui se faisaient aux frais des dèmes, cf. Thuc. II, 15; Harpocr. s. v. xa! î»ipoxtx& Up«; Boeckh, Op. laud. I, 269 ; Schumann, Gr. Alt. IL tout ce qui touche aux dèmes, voir surtout Haussoullier, La vie en Altique , p. 145, 162. — 16 Plut. Tlies, 17 fin. — 17 Ilaussoullier, Op ■ • J

Thumser, 105; Alb. Muller, Die griech. Bühnenalt. 317. — *8 Isac’ ' m Notamment à la fête des Bendidies au Pirée, Plat. Rep. au début.

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laskaphéphorie et

a skiadéphorie *. Les skaphéphores - ^tpmips qui, à la procession des Panathénées,

sont des nieitquLn i > .

.|,,nt des bassins de bronze ou d argent qui conte- P'iiViil pr0bablement du miel ou des gâteaux ; les skiadé- KaiCn. sont des femmes ou des filles de métèques qui ï '[aient des ombrelles à cette même procession. On a I prouvé aujourd’hui qu’il n’y avait dans ces deux prestations rien d’humiliant pour les métèques ; que c’était là, lau contraire, un moyen de les faire participer au culte t iblie. Les métèques étaient aussi soumis à quelques-unes Ides liturgies qui frappaient les citoyens, mais le fardeau Iqu’ils avaient à supporter de cè fait était beaucoup moins lourd. Ils étaient exempts de la triérarchie, et il semble bien que, pour les liturgies ordinaires, ils n, 'avaient à prendre part qu’aux concours d’sùavopia et d’sôoicXfa et à la chorégie, et encore pour la chorégie seulement aux Lénéennes; nous savons qu’ils ne présentaient pas de chœur aux Grandes Dionysies ; et rien ne prouve qu’ils aient dû préparer des lampadédromies 2.

Si l’on compare les liturgies extraordinaires avec les liturgies ordinaires, on voit que, pour les premières, la prestation porte à la fois sur les biens et sur les personnes; le triérarque équipe un vaisseau et il est tenu de le commander et de le conduire lui-même devant l’ennemi : ï'^ioDoyeX ypvjp.a'jt xat ceo ixax i . Les liturgies ordinaires ne portent que sur les biens : le chorège est tenu de faire instruire un chœur, de l’entretenir et de l’habiller richement le jour du concours; c’est sa fortune seule qui est atteinte par la liturgie : XyjToupysî ^ p.oc<j' .

L’impôt sur le revenu, lYtffœocà, n’est pas une liturgie ; il frappe, sans aucune exception, tous les citoyens qui ont le revenu imposable. Les liturgies, au contraire, admettent des immunités 3. Sont exempts des liturgies tant ordinaires qu’extraordinaires : les neuf archontes \ les orphelines non mariées, les orphelins mineurs3, les Iclerouques c ; si l’on assimile, comme c’est naturel, le senii c militaire à une liturgie, il y avait des exemptions pour les invalides7, pour les sénateurs8, les fermiers publics9, les choreutes10 et les marchands11. Nul n’était enu ,i deux liturgies a la fois 12, ou à la même liturgie eux an, s de suite Y II s’ensuit que ceux qui acquittaient ■me durgie soit ordinaire, soit extraordinaire, étaient uupls du service militaire11'. Il y avait enfin, mais i j.en!1 nl p0LU ' ^es liturgies ordinaires, des exemptions namdueHes qu’on avait accordées comme des témoi-

Dipun n 10U°rifiqueS' Ces exemptions étaient assez rares ; c0nn„; ,t b uto^ens qui ont joui de cette faveur, nous ne d’ApLf^'-!^ <’Uère t-lue ^es descendants d’Harmodius et de Zoibr^'p Conon> Chabrias* Aristophon, Miltiade fils lituro-ip'î - bnhn étaient exempts de plein droit de toute

santé pour ^ - n’avaierit Pas une fortune suffi-

dans Afehèr ! * ace . a de telles dépenses. Y a-t-il eu,

Pouvait être^mr116,101 flXant Cens à parlir ducIuel on nulle nari m , "iS comme üturge? Nous ne trouvons ‘un ion de cette loi. Il est probable que le

1 Al. Cleri

''•'tiriaphoria atkC'niens> P- 154, 162 ;

rie comme litu» • . y. 102; on trouve aussi mentionnée

P- +-4 g Clerc, Ç)p iouc ? métècIuesi Her m an n-T h u mser , Staatsalterth.

v,^ Staat8alterth. p ’ ^5 ITl dMrépenle8 dans K-F- Hermann-

Vva-. lUttlSei’i p. 108 / , 111 *y0u^e cette question des cas d’exemption,

n ; *i XXIX, sÆ'vvv81"- XX’ 28- - 5 Uem' XIV, 16 ; XXVII, 7;

‘ ’ 1,8> 131. __ e’jj"'’' ' XH’ 24 ; Boeckh, Staatsh. I, 534, 539; Tliumser, C ,Lïc- C. Lcocr 37 ' j 1Gl ~ 1 Byc. C. Leocr. 40; Lys. XXXI, 15.

| °C’' Tllum J; 7 Dem- L'X, 27. - 10 Don, XXI, 15. - H Lyc.

tlue l10111' ces derniers cas l’exemption n’était

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capital fixé devait varier selon la liturgie 10 ; ce capital devait être au moins de deux talents n.

D’après Démosthène 18, le nombre des liturgies ordinaires était chaque année de soixante; il est très probable, comme le dit Boeckh 19, qu’il y en avait davantage et que l’orateur a diminué ce chiffre pour les besoins de sa cause. Nous avons d’autre part une indication qui porte à 1 200 le nombre des citoyens athéniens en état de participer aux dépenses publiques 20. Pour nous rendre compte du fardeau qu’un tel système imposait aux classes riches, il suffit de citer quelques exemples. Le personnage pour lequel Lysias a écrit le discours XXI fait le compte de l’argent qu’il a dépensé pour l’État dans l’intervalle de neuf ans, de l’ol. 92,2 à fol. 94-2, de 411 à 403.

En 411, Chorégie d’un chœur tragique . 3000 drachmes.

Chœur d’hommes, aux Thargélies, victoire. 2000 —

En 410, Concours de pyrrhique aux Grandes Panathénées . 800 —

Chœur d’hommes aux Dionysies, victoire. 5000 En 409, Petites Panathénées, chœur cyclique.... 300

En 405, Prométhéia, gymnasiarchie, victoire . 1200 —

? Chœur d’enfants . 1500 —

En 403, Chorège, comédie, victoire . 1000 —

Petites Panathénées, pyrrhique de jeunes

gens . 700 —

Victoire aux régates de Sunium . 1500 —

Archithéorie, arrhéphorie, etc . 3000 —

20600 drachmes.

Dans cet espace de neuf années, il a été triérarque pendant sept ans et a dépensé six talents ; il a pris part deux fois à une eisphora et a dépensé 7 000 drachmes. Le total des dépenses est 63 600 drachmes ou 10 talents 3 600 drachmes21 ; cela fait une moyenne de 7 000 drachmes par an.

Cet Aristophane pour lequel Lysias a écrit un discours a dans quatre ou cinq années dépensé pour lui ou pour son père, dans deux chorégies, la somme de 5 000 drachmes; il a de plus été trois ans triérarque 22 .

Ou peut dire assurément que ces deux Athéniens ont bien fait les choses ; ils n’ont pas voulu profiter des immunités dont nous avons parlé ; ils ont acquitté plus d’une liturgie à la fois ; ils n’ont pas usé du droit qu’ils avaient de ne contribuer aux liturgies que de deux ans l’un. Un des deux citoyens, dont nous venons d’indiquer les libéralités envers l’État, dit que s’il s’en était tenu à ce que la loi exigeait il n’aurait pas eu à faire le quart des dépenses qu’il énumère23. Pour expliquer de telles dépenses et un tel entraînement, il faut tenir compte du caractère agonistique de l’institution. La liturgie est une prestation publique imposée aux citoyens riches en vue d un concours. Il y a des prix pour les triérarques qui ont le mieux équipé leur galère, comme pour le chorège qui a présenté le plus beau chœur : la couronne triérarchique pour les premiers, un trépied pour le second. Les fêtes religieuses sont autant de concours et ce sont les citoyens les plus riches qui se disputent les prix. Une

pas de droit, qu’il fallait do plus l’assentiment du stratège ; cf. p. 133, — 12 Aristol. Rép. des Ath. 50, 3; Dcm. XX, 19, 20; XXI, 155; L, 9; [Plut.] Vit Hyper. 6. — 13 Aristot. Ibid. ; Dem. XX, 8. — H Dem. XXI, 165. - lü Voir Tliumser, p. 137-1 43 avec les textes cités. — 16 Isocr. XV, 154; Isée, III, 80. — 17 Dem. XXVIII, 64; Isae. III, 80; Boeckh, Staatsh. I, 537, 672, et II, la note 756 de Frankel; K. -F. Hermann-Thumser, Staatsalterth. p. 697; Tliumser, p. 54. — 18 Dem? XX, 21.-19 Boeckh, Staatsh. 1, 538. —20 Philochoros, fr. 126, éd. Millier; d'après Lécrivain, eisphoba, p. 506, ce chiffre devrait être plus grand. — 21 Boeckh) Staatsh. I, p. 543. — 22 Lys. XIX; 29, 42; cf. encore 57. —23 Lys. XXI, 5,

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vive émulation les anime tous; c’est à qui éclipsera ses concurrents par son luxe et par l’étalage de ses richesses. Les dépenses que lit Alcibiade quand il concourut aux jeux équestres d’Olympie paraissent incroyables ; les gens raisonnables criaient à la folie; lui, prétendait avoir ainsi rendu un grand service à la patrie 1 , en montrant aux étrangers que les ressources d’Athènes, qu’on croyait ruinée par la guerre, étaient inépuisables. Aussi arrivait-il très souvent que ces prodigalités entraînaient des désastres et des ruines2 ; le comique Antiphane nous montre un chorège qui avait couvert d’or les vêtements de ses choreutes, le jour du concours, et qui ensuite n avait plus que des haillons pour se couvrir lui-même 3. A côté du citoyen zélé et prodigue, fier de dépenser et d’éblouir par son opulence, il n’e^t pas étonnant de trouver l’honnne froid, qui calcule, qui voit où peuvent mener ces folles dépenses et qui, sans souci de ses devoirs civiques, essaie d’y échapper. Il y avait un mot dans la langue pour désigner ceux qui cherchaient à se dérober à cette charge des liturgies : le otaSpaanroX-'TYii; 4 nous est connu par les comiques. D’ailleurs, les citoyens qui veulent éblouir le peuple et gagner ses faveurs se préoccupent de plus en plus des liturgies ordinaires qui ont pour objet l’amusement et le plaisir de la foule ; ils négligent les liturgies de la guerre qui ont pour objet le salut de la patrie. L’orateur Lycurgue s’indigne contre ces abus" ; mais est-il bien sûr que le peuple fût de son avis? La loi de Démade sur le thëoricon suffirait pour attester le contraire.

En somme, les liturgies ont été instituées sous l'influence de cette idée que la patrie est tout pour le citoyen, qu’elle seule lui assure la liberté et la vie, et qu’en retour elle peut tout exiger de lui. Cette idée est juste et en somme pratique, quand la concorde règne dans la cité, ou quand les citoyens, qui ont à supporter les charges, ont la direction de l’État. C’est ce que Solon avait fait dans Athènes6; les premières classes avaient à acquitter les liturgies, mais elles avaient des privilèges en compensation de ces charges. Le progrès de la démocratie a consisté, dans Athènes, à enlever aux classes riches leurs privilèges en leur laissant ces charges qui étaient devenues exorbitantes ; la triérarchie, au temps de Solon, n’avait à équiper que 48 vaisseaux ; au vc et au ivc siècle, Athènes aune flotte de 300 et même de 400 galères ; les liturgies ordinaires sont devenues très coûteuses par le développement de la richesse et la rivalité des citoyens entre eux. Le fardeau finit par devenir trop lourd. Les classes riches voyaient parfaitement que le peuple ne regardait les liturgies que comme un moyen pour les ruiner 7 ; la situation devint encore plus difficile, quand, à l’époque de Démosthène, le peuple athénien, pris de lassitude et devenu indifférent pour la chose publique, répugna de plus en plus au service militaire ; alors les aristocrates pouvaient lui adresser ces paroles

1 Tliuc. VI, 16. — 2 Boeckli, Staatsh. 1, 53G, 544, 6G9 ; IC. -F. Herniaun- Thumser, Staatsalterth. p. G88 ; Dcm. XXI, G1 ; Xen. Econ. II, G; cf. les expressions xata^T.-oujYéTv, Isac. fr. 29 de Scheibe; xaTajropïiyeYv, Lys. XIX, -42; Plut. De glor. Ath. 6. — 3 Fr. 204 de Kock. — 4 Bekkcr, Anecd. 34, 20 ; Arislopli. Dan. 1014; cf. I0G5; Acharn. 601 ; Lys. XXI, 12 : toT^ StaSuopiÉvots xàç /./jTojpy’a?. Eschine (I, 101) reproche à T i marque d’avoir vendu ses biens pour échapper aux liturgies. Il était naturellement plus difficile d’atteindre la propriété mobilière. — » C. Leocr. 139. — 6 Les liturgies sont au moins aussi anciennes que Solon et Hippias, Aristot. Econ. Il, 2,42= 1347 a, H ; Dem. XLII, 1 ; cf. Boeckh, Staatsh. I, p. 534; Thumser, p. 52. — 7 [Xen.], Desp. Atli. I, 13; Xen. Oecon. Il, G. — 8 Dcm. C. Mid. 203; cf. encore 153. — 9 Boeckh, Staatsh. I, p. 343, dit que le taux élevé

que Démosthène met dans la bouche de Midhs

Voiij

comme vous êtes, Athéniens ; vous ne marchez • mêmes, et vous ne voyez pas la nécessité de conh'K°US' Après cela, vous êtes surpris si vos affaires vo ’"er' Croyez-vous que les choses puissent durer ainsi' ^ de contribuer, à vous de recevoir ? à moi d’êt™ t,/' ' a a vous de ne pas vous embarquer 8 ?

a Ulfli

'De,

A Rome, sous la République, l’aristocratie avait • faire face à de grandes dépenses ; elle avait après les Gracques, à acheter le peuple aux élet-t ' t0Ut mais le patricien, qui s’était ruiné pour se faire nom consul ou préteur, avait la ressource d’aller gouvi''^ une province où il refaisait sa fortune. Athènes a''!o ses défaites en Sicile, doit ménager ses alliés • après? guerre du Péloponnèse, elle n’en a plus ; le riche, qui. ruine en liturgies, n’a plus de chances de refaire sa for* tune. Mais à l’époque de Périclès, Athènes est la „andj cité industrielle et commerciale de la Grèce ; elle esta la tète d’un grand empire; les vieilles familles riches ont encore une place importante dans l’État ; il leur est possible de suffire aux dépenses que le sentiment publie leur impose 9. C’est le grand moment de la puissance d’Athènes et le système des liturgies a été l’élément organisateur de cette puissance. C est par des liturgies que les Athéniens ont armé ces flottes qui ont été si longtemps les maîtresses de la mer ; c’est par des liturgies qu’ont été formés ces chœurs qui, sur le théâtre- de Dionysos, venaient exécuter les danses, réciter les chants que leur avait appris l’art d’un Eschyle, d’un Sophocle, d un Euripide, d’un Aristophane. Peu d’institutions ont exercé une influence aussi décisive sur le développement de la grandeur militaire et artistique d’Athènes.

La pratique des liturgies se trouve naturellement dans les colonies athéniennes, ainsi à Potidée 10, à Amphipo-

, à Siphnos l2, à Céos 13, à Délosu, à Byzance16 dont

la population était en partie athénienne. Ce serait d’ailleurs une erreur de croire que l’institution des liturgies est propre à Athènes; c’est une institution hellénique; on en constate l’existence à Ëgine 16 avant les guerres Médiques ; à Mytilène 17 à l’époque de la guerre du Péloponnèse; cà Corinthe18, h Delphes 19, à Orchomène 20 ; à Rhodes 21 fonctionnait la triérarchie avec une ehorégie ordinaire dans le genre de la Trposisœopà. Une inscription importante, qui contient la décision du roi Antigone relative au synoikismos de Téos et de Lébédos, renferme une clause qui règle la question des liturgies entre les deux cités22. On peut dire, d’une façon générale, qne partout où se célèbrent des jeux, ces jeux fonctionnent' l’aide des liturgies; or chaque cité a des jeux ph|S 01 moins importants pour des causes qui ne tiennent p toujours à l’importance de la ville. Il n’entre pas dans * nature de notre sujet de faire une enquête complet s les cités pour lesquelles l’existence des liturgies constatée par des textes positifs 23. Albert Martin.

t j|S sll|,issaiel11

de l’intérêt permettait aux riches de réparer facilement les portes flu as cel®<lui par le fait des liturgies. A Rome, le taux était encore plus élevé et ce n ^ ceiu a sauvé de la ruine l’aristocratie romaine. — 10 Boeckh, Staatsh. 1, ‘^s/tn. Il, question, cf. Boeckh, Ibid. p. 368 ; G. Gilbert, Handbuch der griec >■ * ^ ,350 ea p. 372. - — H Lampadedkomia. — 12 Isocr. XIX, 36. — 13 Corp. ,MS j 203* 2363 = Michel, 834. — U Bull. corr. hell. IX, 147. — 13 Corp. "'s ^ '^sü.

— 16 Hcrod. V, 83. — 17 Antiph. V, 77. — 1» Schol. ad P^„ '

— m Ditlenb. S y II. 313. — 20 Larfeld, Insc. Boeot. 24, 25. " Michel. ^ ^

1579, 1580 ; Aristot. Polit. 1304 6,27.-22 Dittenb. Syll. 126, 668tI'1’^ jU-lHi

— 23 H nous suffira de renvoyer à A. Krebs, choregia; voir Thumser, p- jjij.jtÜ' E. Reisch, art. jro^yfa, dans la Real-Encyclopaedie de Pauly-W*S30'

LEM

I 11?K4 NÉ ( AexàvYj). - Le type particulier de vase que il désigne est souvent mentionné par les auteurs C<3 n°!".', ((iii ne veut pas dire que nous sachions exacte- I ’(r (jn’il était*. Des rares définitions qui en sont a^'néeSj comme des allusions à ses usages qui en sont r,R n’ous pouvons cependant conclure que la lékané 'tiiUne sorte de grand bassin, très évasé, plus ou moins 6 ofond probablement muni d’anses; un texte compare f lékané à la kélébé ; un autre au cratère [crater] 2. En e la vie domestique, la lékané servait à des Lages très divers, suivant qu’elle était plus ou moins grande. Ainsi, nous voyons qu’elle servait, comme le podanipter, de bassin pour se laver les pieds3 ; comme le psvivTER, on l’employait pour rafraîchir le vin ou le lait ; on pouvait aussi y laver le linge et les vêtements4, y rincer les verres et les coupes après les repas5, y faire boire les bêtes6. Nous voyons, dans Aristophane, que les

oiseaux, bâtissant leur cité aérienne, se servent de lexiv ou comme de récipients à mortier1. Comme le louter et le podanipter, la lékané servait de but aux joueurs de cottabe [kottabos]. Enfin on peut supposer que, comme le icoôctviTiTijp, au dire d’Hérodote, la lékané servait accidentellement à des usages tout à fait intimes 8.

Les textes mentionnentdes Àexdvai de bois, de terre cuite, de bronze, d’argent et d’or9. On y trouve aussi les diminutifs Xexocvia, Aexavîaxat, Xexaviosç *°. Le mot Xexavi'Seç parait quelquefois désigner des espèces d’assiettes profondes (ratÊXXai, XoTcotSeç), qui figuraient dans les cérémonies nuptiales, comme cadeaux de noces aux jeunes mariés11.

Il serait vain de prétendre retrouver, dans la masse des vases grecs conservés, en bronze ou en terre cuite, le type exact de la lékané ; car aucun indice ne nous permet de dis¬

tinguer ce vase des autres vases analogues, comme le

xoSavt7TT7]p, le CHEIRONIPTRON, le CRATER, le LOUTER, etc.

Iles hypothèses de quelques archéologues à ce sujet n’offrent aucun caractère de certitude12. On peut, par B commodité, appeler lékané tel type particulier de vase, Benfomiede bassin, avec deux anses et un couvercle13, Imais à la condition de n’attacher à cette désignation aucune valeur scientifique. L. Couve.

I LEMBULüs 1 et LEIVUiMCULUS, par corruption du I diminutif lembuncul us . ^-Lembus de petite taille; barque ■ a ant sui mer et servant à la pêche2. César 3 emploie le I ^ Pnuncutt c°mme synonyme de scaphae , pour désif.1' ! 6S chaloupes chargées d’amener les troupes de la I an dux vaisseaux ; celles-ci n’étaient peut-être d’ailleurs, tinm ,MUs, , n f'O'tie, que des barques de pèche réquisi- I s a a hâte. De même, Prudence 4 donne au mot

'oyons aux arlii-io n indiquons guère que des ouvrages généraux ; uo Fr. Aug Wolf n A'TID0SIS’ CHOnEGIAi gvmnasiarchia, hestiasis, lampadi

Alterth. t.I u . . 11 ' l)ai Frankel, 1880; G. -F. Scilômann,

tert. G» éd. par V Tl 'PS1US’ K-‘F-Hermann, Lehrb. der gr.Ant. I, St ’’2’ éd. p. 401, 4|'g . I]l|"lsel'’ 1892 ; a. Gilbert, Handbuch der griech. Staat

e«rumi]ue immimiféf,. ' ' ^llUmscP’ "°e civ‘um Atheniensium mu

1885 ; du même artirl' ™ ^eiscB’ musicis graecorum certain

LÉKa^É. l Lctmnnt dans Ia Real-Encyclopacdie de Pauly-W

h'j< P- 285; Ugsino. n’ Sei?‘ sur les noms de vases, p. 38; Krause, .

" 3Fliot. et Suid °s „* Vasorum’ P ■ 118.-2 Phot. s. v. ; Sui

BoecWb Corn ins: ; • 0n°m ■ X’ 70- - 4 Schol. Aristoph. Plut

’ 45> P- 583 b. 3071 ’ 8 ; cf. C. i. att. II, 855. — G

‘bcf- Aristoph. AV, 907* p?1'/’ fV' 1144-1146 i cf- VesP- 60°- — 8 He ; 10; Athen. v 07 jn7 ! °ral p- 801 b> r°u- X, 70. - 9 Polyl H1’ Vl’86: Athèn V, „ ’ X’ 78’ - 19 Phot. Hesyl

„ l0'~11Cf. poll P hot H C! Xen’ Cyrop ■ ‘>3>4; Schol. Aristoph. J

,.j C1' ■ 12 Panofka, necheJ^ 'in ° Jalln’ ^asens- zu München,

0.j’aSC J 42 ; K*'ause’ P1- «v, 9; Gerhard, Pl’ *'*• vase po ù n°a,” P- 1 üssi»g. Op. ait. p. 119. Cf. Ga:. arc , P 6 Pai ,m b.hèhe nu, type possible de - 1

lembulus le sensde petitbateaudetransport. P. Gauckler.

LEMBCJS (AÉptêoç). — Petit navire à rames, léger et rapide, rentrant dans la catégorie de ces bâtiments que les Romains appelaient naves actuariat ?, généralement réservés à la navigation maritime : seuls, les lembi de faibles dimensions étaient utilisés pour la navigation fluviale1. Pline 2 attribue aux Cyrénéens l’invention du lembus, qui semble avoir été perfectionné par les pirates d’Illyrie, et être devenu, dès le ni0 siècle avant notre ère, leur type préféré d’embarcation 3. Les lembi servaient de croiseurs et d’éclaireurs dans les flottes de guerre ; leur présence est signalée par Diodore4 au siège de Rhodes, en 304 av. J.-C. ; par Polybe 5 et Tite Live 0 dans la flotte macédonienne, à diverses reprises, entre les années 234 et 168; et, à la même époque, par Tite Live7 dans les flottes Spartiate et syrienne, par Polybe 8 dans la flotte romaine. Les lembi servirent également de bonne heure à la navigation privée. Plaute 9, traduisant dans le Mercator l”E|A7topo; de Philémon, qui vivait au temps d’Aristote, emploie déjà ce mot pour désigner des chaloupes allant et venant, pour le service des voyageurs, entre la côte et les gros vaisseaux mouillés au large. Ils étaient aussi employés pour la pêche 10 au filet.

Nous ne connaissons pas la forme exacte du lembus , dont nous ne possédons encore aucu-ne représentation figurée bien certaine11. Nous en sommes réduits, sur ce point, aux renseignements assez vagues que fournissent les textes. D’une façon générale, le lembus s’oppose toujours, dans une flotte, aux vaisseaux de haut bord12: c’est un bâtiment léger, peut-être non ponté, toujours sans éperon 13. Il pouvait avoir jusqu’à cinquante hommes d’équipage*4, et atteignait parfois une taille suffisante pour pouvoir transporter, en outre, à l’occasion, vingt prisonniers et deux chevaux *5. Dans le traité conclu en 195 av. J.-C. entre Rome et Sparte, il est encore question de lembi qui étaient munis de seize rames 1S. Les lembi fluviaux, beaucoup plus petits, se maniaient ordinairement avec une simple paire d’avirons *7. Sidoine Apollinaire en mentionne un à plusieurs rameurs, qui contenait un lit18. P. Gauckler.

LEMNISCUS (A-qptffxoç). — Bandelette qui s’enroule autour d’une couronne de fleurs et de feuillage et en maintient les tiges, et dont les extrémités flottent sur le cou et les épaules de celui qui la porte [corona, p. 1523, fig. 1978], Le mot ne se rencontre que chez les auteurs latins1 et chez des auteurs grecs qui ont écrit au temps des Romains 2. Tatvia, fr-iépaa sont en grec les noms du bandeau à la fois emblème d’une supériorité ou d’une

gnon, Vases de la Soc. arch. d’Athènes, fig. 79, n“ 497-499 ; Furlwaengler, Vasens. im Antiq. fig. 218, nos 2571-2579.

LEMBULUS et LENUNCULUS. 1 Prudent. Peristeph. 5, 455. — 2 Sallust.

ap. Non. 13, 8; Amm. Marc. XIV, 2, 10, et XVI, 10, 3; Tac. Ann. XIV, 5.

3 Caes. De bel. civ. II, 43. — 4 L. I.

LEMBUS. 1 Tit. Liv. XXIV, 40 : « lembis hiremibus ceutum viginti flumine adverso subvectum » ; Virg. Georg. I, 201, 202 : « qui adverso vix flumine lembum remigiis subigit ». — 2 Plin. VII, 57. — 3 Polyb. II, 3, G, 8-12 ; IV, 16, 19 29 • V 4, 95, 101 ; Tit. Liv. XXXI, 45 ; XXXII, 21 ; XXXVIII, 7 ; XLII, 48; XLIV, 30 ; XLV, 43 ; Appian. De reb. lllyr. 7.-4 Diodor. XX, 85. — o XVI, 2 4-7 • XVII 1

— 0 XXXII, 32; XLIV, 28 ; XLV, 10, 31.- 7 TU. Liv. XXXIII, ’l9, XXXIV 35 • XXXV, 20. - s Polyb. I, 20, 53. - 9 Merc. I, 2, 81-82 et II, 1, 35. - 10 Tlicocr’ XXI, 12 ; Accius, ap. Non. 13, 5. — H Peut-être était-il représenté dans lune des parties aujourd'hui détruites de la mosaïque découverte en 1895 àMedeïnaeu Tunisie. — 12 Polyb. I, 20; XVI, 2 ; Tit. Liv. XXXII, 21 ; XXXIII, 19; XXXV, 26.

— 13 Tit. Liv. XXXII, 32. — 14 Polyb. II, 3; Strab. II, 3,4. —15 Tit. Liv. XLIV, 28. le Id. XXXIV, 35. — 17 Id. XXIV, 40 ; Virg. Georg. 1, 201, 202.

— 18 Ep. II, 12.

LEMNISCUS. l Pour la première fois chez Plaute, Pseud.V, 1. 21. — 2 Polyb. XVIII, 29, 12; Plut. Sylla, 27. De même pour les inscriptions, Corp. inscr. gr. III, 5361 ; Corp. inscr. att. III, /4. D après Hesychius, s. v. le mot serait syracusain.

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victoire quelconque et signe de consécration [taenia, vitta, diadema, coNSECRATio], Chez les Grecs comme chez les Romains, le bandeau ajouté àla couronne lui donnait Plus prix1. Pour la même raison, on l’attachait aussi à la palme décernée au vainqueur ; dans ce cas encore les latins l’appellent lemnisque2. Le lemnisque et la couronne sont ordinairement nommés ensemble ; quelquefois ils sont mentionnés comme séparés \ Dans une

peinture de tombeau *, une Victoire tient, d’une main la couronne, de l’autre le lemnisque (fig.

D’après le témoignage de Pline 3, les lemnisques auraient été faits de l’écorce inté - Fig. 4436. — Lemnisque. 1 ieure du til¬

leul, appelée

philyra, avant de l’être de laine teinte en pourpre ou en d’autres couleurs brillantes ; puis on y employa de minces feuilles d’or ( bracteae ) uni ou estampé6.

Les lemnisques comme les couronnes ont passé dans l’usage des banquets {corona, p. 1527], Ici encore les lem¬

nisques sont nommés comme liés aux couronnes ou indé¬

pendants 7.

Dans le langage de la médecine, le lemnisque est un bandage et une compresse 8. E. Saglio.

LEMURES. — Esprits des morts dans la religion romaine, apparentés aux mânes et aux larvae, moins proches de la nature divine que les premiers, de caractère moins terrifiant que les secondes, mais partageant avec celles-ci le pouvoir de revenir sur la terre à certains jours et de tourmenter les vivants *. Leur nom même n’a jamais été expliqué d’une manière satisfaisante ; les lettrés en avaient pris occasion pour les rattacher à la légende de Remus tué par son frère Romulus et pour interpréter Lemures par Remures , parce que l’ombre de Remus serait venue tourmenter Acca Larentia et Faustulus après le meurtre Romulus, pour l’apaiser, aurait institué les Lemuria, fête analogue à celle des Parentaha [feralia], avec cette différence que celle-là n’avait aucun caractère public et qu’elle se célébrait au sein de chaque famille, en l’honneur des morts qui lui appartenaient en propre 3. Elle était fixée aux 9, 11 et 13 mai; pieds nus et vêtements flottants \ le père se levait à

1 Varr. ap. Serv. Ad Aen. V, «69; Pliu. Hist. nat. XVI, 25 (14); XXI, 4; Tertull. De anima, 1. — 2 Cic. Dose. Am. 35, 100; Auson. Ep. V, 20*. ~ 3 T. Liv. XXXIII; 33, 2; Suet. Ner. 25; cf. ceutamina, p. 1084. — 4 Pyramide

de Cestius à Rome; S. Bartoli, Anticlli sepolcri, pl. j.xix. 5 L. I. 6 //A ct

Fest. p. 115, Muller; Serv. I. I. — 7 Plaute, dans .e passage cité note 1, p. 1099 ; Capitol. Ve»-. 5, 3. — 8 Cels. VII, 28; Aelius, XIV, 7; Paul. Aeg. VI, 24; Publ. Veget. Art. veter. III, 14, 2; III, 48, 6, et 11.

LEMURES, l Varr. ap. Non. p. 135; S. August. Civ. D. IX, il ; cf. Ilor. Ep. II. 2, 208; Ov. Fast. V, 483 ; Pers. V, 185 avec le Schol. ; cf. i.arvae, p. 950. — 2 Ov. Loc. cit. 445 sq. ; cf. Porph. Hor. Ep. II, 2, 209; Serv. Ad Aen. I, 276, 792. 3 Ov. Loc. cit. V, 419-492. Mommsen, Corp. inscr. lat. I, p. 393,

suppose que les Lemuria sont la plus ancienne fête des morts à Rome et que les Feralia de février \ ont été ajoutés en même temps que ce mois fut ajouté au calendrier. — 4 Ov. Loc. cit. 432; cf. pour ce détail du costume, Met. I. 382; VII,

minuit, faisait claquer le pouce contre les t]0'u. d’empêcher les fantômes de lui apparaître ; pu'pS’ af'n s être purifié, jetait derrière lui des fèves noires'^ ^ tant neuf fois : Je jette ces fèves et par ell,T^ 1 rachète, moi et les miens ; on supposait que les nf, % suivaient sans être vues et ramassaient ]es p, 8 père se purifiait à nouveau, faisait résonner ^ d’airain5 et prononçait, neuf fois encore, la forinV'T conjuration : Mânes de la famille, sortes ! 6 de

La signification funèbre du nombre neuf se rein dans le sacrifice appelé novemdiale qui terminâuT période des neuf jours suivant chaque décès, pjj durant laquelle la maison restait souillée par la hioh' Quant aux fèves, elles figurent également dans les liistn fions mortuaires des Grecs 1 ; chez les Romains dk sont employées encore dans les Feralia et les vivants en jetaient sur les sépultures pour se garantir contre l’action funeste des ombres 8 ; la vieille femme qui chez Ovide conjure Tacita, personnification du silence de la tombe, roule dans sa bouche sept fèves noires8, Les fèves étaient employées à titre de remède contre les striges ou vampires, dans les cérémonies que l’on accomplissait aux Calendes de juin en l’honneur de la déesse Corna ; l’importance de cette pratique a même fait donner à ces Calendes le qualificatif populaire de fabariae10. On peut remarquer d’autre part que le flamine de Jupiter ne devait ni toucher des fèves ni même en prononcer le nom11; c’est qu’on les disait ou issues du sang humain, ou incarnant l’âme des hommes, et la philosophie pythagoricienne donnait à ce sujet la réplique aux superstitions du vulgaire12 [faba]. Le rachat parles fèves aux Lemuria des vivants auprès des morts, dans chaquefamille, s’explique à la lumière de ces croyances et de ces pratiques. Ajoutons que les trois jours durant lesquels on les célèbre sont néfastes comme ceux des Feralia en février; les temples sont fermés et les mariages inter- J dits13. Ovide cite un proverbe caractéristique : H il y a que des malheureuses (malas) qui se marient en mai ; ce qui prouve que l’action funeste des ombres s’étendait dans l’opinion au mois tout entier14. Faut-il expliquer par une tradition du paganisme romain la vive répugnance des populations rurales, en Poitou notamment, pour les mariages contractés en mai? La coïncidence en tout cas mérite d’être notée.

Un latiniste contemporain a essayé de démontrer, en se fondant sur la transformation de l’écriture cursive I des Romains en capitales lapidaires15, que le Chant des I Frères Arvales, généralement considéré comme une invocation aux divinités champêtres des Lares, ll|S I Semones et de Mars, n’est pas autre chose que le vieux chant Lémural reproduit par Ovide dans le tableau q11 I trace des Lemuria ; ce chant débutant par une forniuh I

182 ; Hor. Sat. I, 8, 24, etc. et Serv. ad Aen. IV, 518. — « Sur la voix do 1 on ^ sa signification religieuse, voir Porph. Vit. Pyth. 41 ; son utilité contre le- 1 1"^ Juv. VI, 442; T. Liv. XXVI, 5; Tac. Ann. I, 28; cf. Klausen, Aencns im< Penaten, p. 1005 sq. — 6 Porph. ad Hor. Ep. 17, 48. — 7 Lobeck, p. 252. Sur les superstitions relatives aux fèves chez les Grecs et lo- ‘ ^ . voir Crusius, Dhein. Mus. XXXIX (1884), p. 164 sq. — 8 Calp. Ed. 1 ^ ^ lupini feralcs ; Plin. Hist. nat. XVIII, 12, 117 sq. ; Joan. Lyd. De we"s^j[ 3(i

— 9 Ov. Fast. II, 571 sq. — 10 Ov. Fast. VI, 169 sq. ; Fest. p. 314; Mai ■ • ■ ^

— n Fest. p. 187. — 12 Hor. Sat. II, 6, 63 avec les commentateurs, 619 ^ SchiiLz, ii ce passage; Juv. XV, 173 sq. elle Schol. Porplt. Vit. Pytlo

Fast. V, 485 sq. ; cf. II, 563. — 14 Ov. Loc. cit. ; Plut. Quacst. Dont. ^ Ovide, celles qui se marient ainsi ne le sont pas pour longtemps. — ,gggt' Écriture et prononciation du latin savant et du latin populaire, I a p. 293-321 : cf. lares, p. 938.

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