‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 4 sur 275 · LAG · texte numérisé non relu

LAG

posé sur un globe (Commode), ou une couronne et un gouvernail (Lucille, Julia Domna, Elagabale, Julia Maesa, Carin), ou une couronne et une ancre (Gordien III, Philippe père avec la légende laet fvndata, Yalérien, Gallien, Salonine, Tetricus père et fils, Claude II, Quintille, Aurélien, Tacite, Florien, Probus, Dioclétien, Allectus, Constance Chlore et Galère Maximien). Sur d’autres pièces, la divinité pose le pied droit sur une proue de vaisseau (Philippe père), ou tient une corne d’abondance à la place du gouvernail ou de l’ancre (Claude II).

Ces attributs, épis, corne d’abondance, proue de vaisseau, gouvernail, ancre, laissent supposer que les représentations de la Laetitia sont en relation étroite avec celles de YAnnona, et que les monnaie^ rappelaient de cette manière les arrivages de blé qui étaient un événement heureux pour Rome.

On trouve aussi des types plus rares: vaisseau du cirque entouré de quadriges et d’animaux (laetitia temporvm, Septime Sévère, Caracalla, Géta;ces monnaies rappellent probablement des fêtes données au retour de l’Orient); vaisseau avec rameurs (Postume, Carausius, Allectus) ; Jupiter enfant sur la chèvre Amalthée (Gallien) ; instruments de sacrifice (Tetricus II).

Eckhel a conjecturé qu’on avait institué des cérémonies publiques en l’honneur de Laetitia. Aucun texte n’apporte de preuves en faveur de cette hypothèse. A. Blanchet.

LAGAAITM (Aiy avov). — Gâteau plat1 de farine de fromentque l’on mélangeait avec des substances diverses : suc de laitue et vin2, huile ou graisse3, miel4, lait3, et qu’on assaisonnait avec du poivre et du liquamen6. La variété de ces indications montre que le mot laganum a un sens général, s’appliquant à un genre de gâteaux plutôt qu’à un gâteau particulier7. Le caractère commun est que le laganum est une feuille de pâte allongée 8 et frite dans l’huile9.

C’était une friandise faite pour les intérieurs modestes et dédaignée par les tables fastueuses 10.

C’était aussi une espèce de pain léger et peu nourrissant11, composé sans doute d’après les mêmes procédés que le gâteau, mais dans lequel on mettait parfois du levain afin que la pâte pun is qualitatern habeat 12. Ce pain était peu consistant et se mangeait sans effort, car, dans le traitement des fractures de la mâchoire inférieure, Celse le fait succéder immédiatement aux aliments liquides jusqu’à ce que la fracture ait été consolidée par un cal 13.

Enfin, on appelait laganum une feuille de pâte dans laquelle on enveloppait d’autres substances (viandes, œufs, poissons), mets auquel Apicius a donné son nom,

(. patella Apiciana u), et qui devait ressembler à nos tourtes. H. Tiiédenat.

LAGENA, LAGYNOS (Adyuvo ;). — I. — Ces deux mots désignent un même type de vase, qui fut en usage en Ita¬

lie comme en Grèce ‘. Les Grecs disaient Xdyuvoç, mot qui était à volonté masculin ou féminin 2 ; les Latins disaient lageng , lagoena , lagona 3. On connaît aussi, par les textes, les diminutifs Xayuviov, Aayuvtç, laguncula 4.

Le lagynos est essentiellement un vase destiné à contenir du vin. Krause croit qu’il y avait des lagynoi de grandes dimensions, jouant le même rôle que les amphores à vin et les pithoi 5. Mais de l’ensemble des textes que nous possédons, il résulte que le lagynos des Grecs, comme la lagena des Latins, est avant tout un vase, analogue à nos carafes ou à nos bouteilles, en usage dans les repas, et servant à verser directement le vin dans les coupes ou les verres. Nous voyons, tant par les textes latins que par les textes grecs, qu’il s'agit d’un vase pansu, avec un long col étroit, et un petit orifice 6. Les épithètes eûXdXoç, 6ypôtp6oyy oç rappellent le murmure du liquide qui s’écoule par un étroit goulot 7. Un poète appelle le lagynos : sœur de la cylix au doux nectar, compagne du festin 8. Dans la fable du Renard et de la Cigogne, telle que Plutarque la raconte, on voit que la Cigogne sert au Renard son repas dans un lagynos , au goulot mince et long 9. Les lexicographes nous enseignent qu’on désignait parlesmots de |3utiv7i, tcutîvt], <pXa<7xtov, une variété de lagynos : Xxyuvoç tiXsxttj 10. Cette définition nous permet de nous représenter une bouteille, en verre ou en terre cuite, garnie d’osier à sa partie inférieure, c’est-à-dire quelque chose de très analogue au fiasco des Italiens d’aujourd’hui. Les voyageurs et les chasseurs emportaient leur lagynos , c’est-à-dire leur gourde de vin 11 . Un vase d’argile (fig. 4326) qui appartient au mu¬

sée de Saintes 12, et dont la forme est à peu près celle qui vient d’être décrite, quoique le goulot soit peu allongé, porte l'inscription : « Martiali soldelagonas CLVI », et l’on en a conclu, non sans vraisemblance, que ce vase est une lagona ; d’autre part, on conserve au musée Carnavalet une gourde en terre cuite (fig. 4327), trouvée à Paris, portant une inscription qui indique son nom : lagona 13.

LAGANUM. 1 Ilcsych. s. v. Uyaw. ; Pliot. s. v. W.T».vav. ; Allicn. XIV, 57, p. 647 E.

2 Al licn. I. c. — 3 Hid. ; cf. 111, p. 1 13 D. — 4 Galen. De alim. fac. I, 4, l. VI, p. 492, i'dil. Kiilm. — 5 Aclius, Tetrubiblos, I, 2, 97 (79 F), d’après Galion. — U Acro, ad Iloral. Serin. I, G, 1 15 ; Cruq. Ad. I. L — 7 Allicn. I. c. ; cl'. Casaubon cl Schweighaiiser, 1. \ II, p. 5G3, éd. Bip. — 8 Alhen., Acro, Cruq. I. c. — 9 Ilcsych . s. v. ; Allicn. I. c. ; Isidor. Orig. XX, 2, 17. — 10 Moral. Serin. I, 6, 115; Acro, Porphyr. Cruq. Ibid.

u Allicn. III, 74, p. 110 A . — 12 Cad. Aurelian. De morb. chron. II, 13. — 13 Cels. VIII, 7. — H Apic. IV, 2.

LAGENA, LAGYNOS. 1 Lelronno, Obscrv. sur les noms de vases, p. 49 ; Ussin°-, De nominibus vasorum, p. 36 ; Krause, Angeiologie, p. 236-243. — 2 Consulter à ce sujet, le Thésaurus d’Eslienne et 0. Jalm, Berichte d. Saechs. Gesellschaft der Wissenschaft. zu Leipzig, 1857, p. 203. Les principaux textes anciens relatifs au lagynos ont été recueillis par Athénée, Deipnos. XI, p. 499. 11 faut ajouter • Lucian. Lexiph. § 13; Anthol. Palat. V, 135; VI, 248, 4; Poil. X, 72 ; Plut. Moral, p. 822 E ; Suid. et Etym. Magn. s. v. — 3 Consulter le dictionnaire de

Forcellini. Principaux textes : Plaut. Cas. I, 1, 43 ; Moral. Epist. II, 2, 134; Satir. II, 8, 41 ; Juven. V, 29 ; XII, 60 ; XIV, 271 ; Martial. IV, 46 ; Vil, 61 ; IX, 88 ; XIV, 116; Petron. Salyr. 22 ; Pliu. Hist. nat. XXVIII, 48, 2; Colum. X, 385; XII, 38, 45, etc. ; cf. 0. Jalm, l. c. p. 204. — 4 Poil. X, 72 ; Etym. Magn. p. 563, 38 ; Plut. Moral, p. 614 F; Colum. XII, 38; Plin. Jun. Epist. 6. —5 Krause, Angciol. p. 205, 209, 236. 6 Anthol. Palat. V, 135; VI, 248, 4 : [xaxçox àçuyÇ, trcetvaù^riv ;

Plin. Hist. nat. XXVIII, II, 48 ; Juv. XII, 60 : « cum ventre lagonae » ; Colum. X, 383 et sq. ; Suid. s. v. ; Apul. Metam. II, 15. — 7 Atlicu. XI, p. 499 ; Suid. s.v.

3 Ibid. 9 I lut. Ou. SXJinp. I, 5, p. 614 E : èv 7ayoviSi \nz-oy lyoÿrTT. xtù [iaxjov -fàyriXov; cf. Pliaedr. Fab. I, 26, 8. — 10 Hesych. a. v. p-,mv>) ; Phot. et Suid. s. v. •ituT.'vii ; Scliol. Arisloph. Av. 798 ; Plin. Hkt. nat. XVI, 56, 2. — U Athcn. X, p. 422c ; Juv. XU, 60 ; Plin. Epist. 6. — 12 Rev. arch. t. XII (1875), p. 155 ; 0. Jalm, O. I. p. 197 ; Thédenat et de Villefosse, Gazette arch. 1885, p. 261. — 13 Rev. arch. 1868, p. 226 ; Mowat, Remarques sur les inscr. cuit, de Paris, p. 69; Gaz. arch. X, p. 262; 0. Jalm, l. I. p. 197 ; Bull, de l’Acad. d. inscr., 1899, p. 194, 210.

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