‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 50 sur 275 · IV. Affiche. — 1° Affiche de vente que l’on apposait · texte numérisé non relu

IV. Affiche. — 1° Affiche de vente que l’on apposait

1 Dig. XLVI, 8, 21 ; XLIX, 5, 4; Cod. Just. I, 20 ; Plin. Epist. VI,

31 ; Tac. Ann. III, 44 ; Cod. Theod. I, 2, 8. — 2 plin. Epist. X, 06, 3.

— 3 Tac. Ann. II, 42. — 4 Dig. L, 15, 4, 10. — 5 Dig. L, 15, 3. — 0 Plin. Epist. X, 56. — 4 Corp. inscr. lat. III, n» 1421, 1. 45, p. 278. — 8 Mosaïc. leg. vet. collât. III, 3, 5; Capitol. Macrin. XIII. — 9 Mispoulet, Les institutions , II, p. 443; P. Krueger, Gescliichte der Quellen und Litter. des roein. Rechts , p. 04 et s. ; trad. M. Brissaud, p. 127. — 10 Voir le décret de Skatoparcn, dans Zeitschrift der Savigny-Stiftung für Rechtsgeschichte, t. XII, 1892, roman. Abthcil. p.,245.

— n Paul. Sent. V, 4, 1 et 15; Gai. Inst. III, 220 ; Arnob. Adv. Gent. IV', 34.

— 12 Cic. De rcp. IV, 12 ; Tuscul. IV, 2; S. August. De civ. Dei, II, 9 ; Bruns, Fontes jur. roman. (4e édit.), p. 26, t 6. — 13 Cic. Ad. fam. III, 11. — 14 Tac. Ann. I, 72. — 13 Suet. Aug. LV. — 16 Id. Ibid. ; cf. Horat. Sat. II, 1, 81-83; Epist.

II, 1 , 152. — 17 Dio, LVII, 27. — 18 Tac. Ann. I, 72 ; cf. Suet. Tib. LXVI. — 19 Paul. Sent. V, 4, 15-17. — 20 Dig. XLVII, 10, 5, 9. — 21 Cod. Theod. IX, 34, 5.

— 22 Cod. Theod. IX, 34, 1. — 23 Cod. Just. IX, 36, 2. - 24 Cod. Theod. IX, 34,

sur les biens des proscrits ou des débiteurs ,

2° Placards séditieux27. ‘ S01vabM

3° Annonces et programmes, destinés à êtr ou distribués, d’une séance de lecture28 d,!' 'fllC^s combats de gladiateurs, libellus munerarius 29 de gladiatorum 30. Ces programmes donnaient le’df?* jeu et les noms des gladiateurs qui devaient èi™ ° du dans le combat31. ' en8a8j

4° Celui qui trouvait un objet de valeur était COni- • sous peine d’encourir l’accusation de vol, à annonn! une affiche ou libellus qu’il tenait cet objet à PM sition du propriétaire. Ulpien, qui nous a transmis '<3 loi, ajoute que le détenteur peut demander une ré J pense (eüpsxpa) sans commettre un vol, mais non manquer à la délicatesse 32.

De leur côté, ceux qui avaient perdu un objet précieux faisaient placarder des affiches promettant récompense à qui rapporterait l’objet à l’adresse indiquée 3:|. Quoj. qu’aucun texte ne l’indique, il est certain que, comme les précédentes, ces affiches s’appelaient libelli.

Souvent, afin d’attirer l’attention, on écrivait ces affiches en gros caractères34.

V. Nous énumérerons rapidement quelques autres sens du mot libellus.

1° Communication écrite du prince au sénat ou même à des particuliers 3S. •

2° Ordres écrits d’un commandant d’armée, en campagne38.

3° Assignation pour comparaître en justice 37.

-4° Dénonciation écrite. César négligea de lire celle qui lui dévoilait le complot tramé contre lui 38. Caligula, après avoir dit qu’il avait brûlé toutes les dénonciations, en usa cependant pour faire des poursuites39.

5° Mémoire, exposé de situation, état, rapport40.

6° Carnet de notes où l’on inscrit les choses à retenir

ou à faire41.

7° Dossier d’avocat, papiers d’affaires 42.

8° Livret. Les frères Arvales recevaient, au moment utile, un libellus sur lequel était écrit leur chant traditionnel43.

9° Attestation 44. En temps de persécution, des chrétiens qui ne se sentaient pas le courage d’affronter le martyre, obtenaient quelquefois d’un magistrat la fausse attestation qu’ils avaient sacrifié. De là le nom de libellatici Qp leur fut donné45.

40° Livres de compte du trésor40.

11° Lettre privée47.

42° Petit volume, opuscule48.

43° Traité scientifique ou autre49. ,

4 4° Livre frivole, léger *°,jocularis libellus”' e ineptiarum, jocorum 52.

7, 9. — 23 Ibid. IX, 34, 2 cl 3. — 20 cic. Pro Quint. XV, XIX ;

IV, 12 ; cf. Rein, Rom. Privatrecht, p. 499. — 2, Suet. Caes. IV • j| 3g.

— 28 Tac. Dial, de orat. IX. — 29 Trcbell. Poil. Claud. V. - 30 ('c- j' '

— 31 Trebcll. Poil. L. I. — 32 Dig. XLII, 2, 43. — 33 Propcrt. -

— 34 plant. Rudens, V, 2, 7. — 35 Suet. Caes. LVI ; August. GX\ pai. Il,

Tib. XVIII. — 37 piaut. Curcul. I, 5-6. — 38 Suet. Caes. LXXXI ; y ^

2. - 39 Suet. Calig. XXX. - 40 Cic. Ad Alt. VI, t, 2 et 5 ; S. Aogu»"»-

VIII, 20.- 41 Cic. Phil.l, 8 ; Ad fam. XI, 11 ; Suet. Calig-XM-- Mart. V.Sl.j LXIX; Horat. Satir. I, 4, 66 ; Quintil. Inst. Or. VI, 2, 5 ; Juv. VII, ^ __ 4» S.

1. — 43 Corp. inscr. lut. VI, p. 509, n° 2104, 1.32. — /f' Bl(.h ^ ‘ ’ jyf 1 i , 44

Cyprian. Epist. ad Anton. X, 3, 13, 14, p. 764, 780, 781. — \rt.o’n '

— 47 Piaut. Pseudol. II, 4, 16 ; Ovid. Heroïd. XI. 2 : XVII, 143. - " j3. | ;

III, 206 ; Mai l. X, 1, 2. — 49 Cic. De Orat. I, 21 ; Plin- Hist. »« • y ^ 9; III, Quinlil, II. 13. 5; Suet. Domit. XVIII. — 50 Uv. XXIX, 19 , X nl XÛ-

86, I ; XI, 15, 3. — 51 Quinlil. Inst. Or. VIII, 6, 73. j-. uiI

LIB

LIB

l3o Partie d’un

ouvrage, ce que nous appelons un

livre1. extension, on a donné à une librairie

16» Enfin, par

le nom de libellus 2. Henry Thédenat.

p«6Xfov, livre.

L1B ■ in nrrhaïaue. - Les Egyptiens ont connu, des [°Pl'ZL plus reculée, l’art de fabriquer des feuillets ra qU us et de les rassembler pour en former des livres ;

certainement parmi eux d’une pratique courante V de trois mille ans av. J.-CA Pourtant les Grecs n ont P fité mi’assez tard de cette invention étrangère. Comme beaucoup d’autres peuples, ils ont commencé par écrire sur des matériaux '

lourds et épais; dans les premiers

siècles de leur histoire

ils ne se servaient guère de l’écri-

lureque pour assurer la conservation des documents necessaires à la vie publique ou privée ; les ouvrages littéraires se transmettaient surtout par la tradition orale : les poèmes d’Hésiode, par exemple, ont été d’abord gravés sur des tables de plomb, qui ne pouvaient circuler de

main en main 1

Les Doriens, il est vrai, employèrent de ■ très bonne heure des peaux de chèvre et de mouton4; ’mab en général, on dut surtout faire usage de tablettes de bois enduites de cire (7tfvaxsç, caviSs;, oéAtoi), que l’on réunissait en nombre variable par une ficelle ou par une courroie [pugillares, tabula]. Parmi les matériaux primitifs de l’écriture, on cite encore les feuilles de palmier et les écorces de certains arbres8; ce témoignage s’applique également bien aux premiers siècles de Rome, puisque le mot même qui désigne le livre (liber) a d’aborcl eu le sens d’écorce0. On fit, pour recueillir les actes publics, des rouleaux de feuilles de plomb1. Enfin, on écrivit sur des bandes de toile8; c’est ainsi que furent formés ces libvi lintei de l’ancienne Rome, que l’on conservait au Capitole dans le temple de Moneta, et où on avait tracé, année par année, la liste des magistrats9; tels étaient «coreleslivres sibyllins [libri] 10. LesSamnites, et d’autres peuples d’Italie, pratiquèrent ce procédé pour conserver le souvenir de leurs antiquités civiles et religieuses11. I 2° Le livre de papyrus. — Ce fut, à ce qu’il semble, 1 apparition de la littérature en prose qui rendit nécessaire, au commencement du vie siècle av. J.-C., l’emploi I dune autre matière. Les ouvrages des premiers logograjhes et des premiers philosophes n’étaient pas faits pour ■tre u-cités, mais pour être lus ; à supposer que des rou- I eaux de peau ou des tablettes de bois aient suffi encore jpen anl quelque temps à ces écrivains, il est clair qu’on U "1,n 1 ot sent*r quels avantages présentait le papyrus.

En tout

Cds, ce^e marchandise importée d’Égypte était

tdhn ment, répandue dans les pays grecs, au moins au mencement du ve siècle. La fibre (p(6Xoç) du papyrus

(lïdfotupoi;), transformée en papier (yâpTVjç, charta), devint à partir de ce moment, la matière la plus généralement usitée pour les besoins de la littérature12, quoique jusqu’au bout les Romains, aussi bien que les Grecs, aient continué à la tirer de l’Égypte. Après la fondation d’Alexandrie, la fabrication du papyrus, centralisée dans cette ville, fut pour l’Égypte une source de richesse 13. On trouvera à l’article papyrus tout ce qui concerne la préparation et la vente de cette sorte de papier.

La forme ordinaire du livre de papyrus était le rouleau (Togo?, xuXivopo; u, volumen ). Les papetiers vendaient des feuilles séparées (o-eXtoeç, paginae, plagulae , schedae ), dont les dimensions variaient suivant les prix [papyrus]. Une fois qu’on les avait recouvertes d’écriture, on les mettait bout à bout, en collant légèrement la marge gauche de chaque nouvelle feuille à la marge droite de la précédente; faire cette opération se disait xoXXîv, SiaxoXXav, glutinare, adglulinare , conglut inare 1!l ; la feuille collée s’appelait xôXX7)g.a i6, la première du rouleau ttooitôxoXXov11, la dernière layaTÔxoXXov 18. Naturellement, la grosseur du volumen dépendait du total des feuilles qu'on avait ainsi juxtaposées, et par conséquent du bon plaisir de l’auteur ou du copiste. La fantaisie des particuliers, en cette matière, s’exercait sans limites. Mais on conçoit qu’on dut éprouver de bonne heure la nécessité de fixer de justes proportions aux exemplaires des ouvrages classiques entrés dans le commerce; sinon, ils auraient pesé d’un poids trop lourd sur les bras du lecteur. A l’époque où les grammairiens d’Alexandrie et de Pergame entreprirent de reviser et de cataloguer les chefs-d’œuvre de la littérature grecque, ils cherchèrent à introduire dans l’usage un type courant de volumen. Ce type, adopté pai les libraires, aurait comporté par rouleau ( scapus ) 19 vingt feuillets seulement, s’il faut en croire Pline l'Ancien : « Nunquam plures scapo quarn vicenae (plagulae)10 ». Ce chiffre a paru à M. Birt tout à fait invraisemblable, parce que nous connaissons des exemplaires d'auteurs anciens beaucoup plus volumineux, qui cependant n’ont pas pu être exceptionnels; le même savant a proposé de lire ducenae , deux cents feuillets; mais on ne saurait admettre un chiffre aussi élevé. Les fabricants dont parle Pline établissaient des rouleaux de papier blanc tout faits (fhêXta aypaipa) 21 , non seulement pour les libraires, mais encore pour les auteurs et pour quiconque en avait besoin ; même un auteur célèbre n’avait pas toujours de la copie toute prête pour remplir entièrement un seul de ces rouleaux22. Il est donc probable que le maximum de vingt feuillets était suffisant pour la moyenne des demandes; ce serait là, sauf erreur, le modus voluminis 23. On était toujours libre d’ajouter ensuite au rouleau maximum du

; elle s'est n • A'''10 esI plus ancienne que Torthographi

Lutie se rencontrent ' cuue longlernps dans les îles et en Asie Mineure cPcs alternent dans I ai'-' °S manuscrits d'un même teste et qn

p. 12, n. 3 ll'lc niîu|uscrit. De là byhliotheca ( inscriptions

p- 40c> Ct Bybùs, „ Yma™8 Paub Wissowa, Real Encxjcl. articles Bibl ell'e x BUton of F,,,, 7'°*' 2 Ermann, Gesch. Aegyptens.

1!ul <Wo«S, ti jA' ', ’ 8i; Keny°n, Palaeogr. p. 14; Wilkinson, 'Vl, p. 3 8 C 1878)' l,t’ PL. «.X, Lxvm, p. 150; Maspéro - 1 Herodot, y *i ^ *** b >- PL 1 i Birt, p 48. - 3 PL. I É • . J 7». n,*t. nat. XIII, G9. - 0 Serv. ad A en. ÏV". «, ttXll,Y Ho ü ap- 13°;Cassiod. Yar. XI, 38, 3 ; ] v,;,' 8 P1< Symm M 7 T' U excess‘ div- Marti, 1, 17. 7 Plin. Xl"’ L XXI, |, î"™”*»1' W- L «. - 9 TU. Liv. IV, 7, 12 et 20, 8 ;

and. De Ml. Gel. 232 ; Symm. c. - U Til

38 ; Fronto, Ep. ad. Caes. IV, 4, p. 67, Naber. — t2 Ilerodot. I, 123, 4; V, 58, 3 ; Corp. laser, att. I, 324 (an 407); Dzialzko, Bucli, col. 942-943 ; Thompson, p. 28; Kenydn, p. 14. — 13 Pliu. ffist. nat. XIII, 69 ; « (Charlam) Alexandri Magui Victoria repertam auclor est M. Varro, condita in Aegypto Alexaudria, antea non fuisse chartarum usum. » D'après ce témoignage, l'invention du papyrus serait postérieure à la fondation d‘ Alexandrie; mais, même en supposant que Varrou n'a entendu parler que des pays grecs, ce qui précède suffit à démontrer son erreur. — 14 Aristot. noire. 'A0ï]v., to|c. y; Diog. Laert. X, 26 ; Birt, p. 24-23. — 1» Cic .Ad. Attic. XVI, 0, 4; Lucian. Adv. indoct. 16 ; Pliot. Bibl. p. 61 a, 8; Ulp. Dig. XXXII, 52, 3. — 16 Scott, Fragm. ffcrculan., Oxford, 1885, il» 1414. — 17 Justinian. Nov. 44, 2.

18 Mart. II, 6, 3. — 16 Sur ce sens du mot, voir Birt, p. 238. — 20 Plin. Hist.

nat. XIII, 77 ; Birt, p. 341. — 21 poil. VII, 211 ; Etym. Magn. p. 260, 41 ; libri nondum perscripti, Ulp. Dig. XXXII, 52, a; Birt, p. 33, 2 et 241. — 22 M art. 1,16 ; VU, 81 et 85. — 23 Quiutil. V et IX sub fin. ; Augusl. Civ. Dei. Il, IV et V, sub fin. On possède des rouleaux égyptiens où le nombre 20 est inscrit à la fin de chaque vingtième feuillet, Keuyon, p. 18.

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commerce autant de feuillets qu’on voulait1, sauf à ne pas imposer au lecteur un trop lourd fardeau 2.

Les Égyptiens ont eu des rouleaux d’une étendue considérable ; ils nous ont laissé un papyrus qui ne mesure pas moins de 43 mètres et demi; M. Birt a calculé qu'il suffirait très bien pour contenir l 'Odyssée tout entière3. Cependant il est douteux que les Grecs, même avant l’époque alexandrine, aient jamais imité cet exemple et enfermé autant de matière dans un seul volume4. On incline plutôt à croire que les copistes, dès les premiers temps, répartissaient en deux ou plusieurs volumes tout ouvrage qui dépassait une juste mesure, mais sans faire correspondre la division par volumes aux grandes divisions du sujet, de telle sorte qu un même ouvrage chevauchait sur deux ou plusieurs volumes et pouvait même y être précédé ou suivi par des ouvrages différents; c étaient des livres mélangés, ffuguiYet; (h'êAoi ( volumina commixta). La critique alexandrine mit fin à cette coutume, au moins pour les ouvrages de bibliothèque ; dans sa révision de la littérature antérieure, elle fit correspondre une fois pour toutes la division des volumes à la division des matières : un chant d’Homère ou un livre de l’histoire de Thucydide, par exemple, forma désormais un rouleau5. Il semble bien, du reste, qu’Aristote avait déjà entrepris cette réforme ; car nous savons que chaque livre de ses traités exotériques était précédé d’une préface particulière6. La réforme s’imposa à la littérature nouvelle; ces rouleaux simples et sans mélange (àgtysïç jh'Qot, volumina simplicia) 1 furent adoptés communément pour tousles écrits destinés à une grande publicité, et non à l’usage privé. 11 arriva même quelquefois, dans les ouvrages de vaste étendue, qu’une seule division occupât deux rouleaux; c’était le cas, par exemple, pour le premier livre de Diodore 8. D’autre part, on en vint naturellement à mettre le format du volume en rapport avec le genre de l’ouvrage : à la poésie, à la littérature légère, on affecta des rouleaux de dimensions modestes ; un livre d’un ouvrage d’histoire formait en moyenne, suivant M. Birt, un rouleau quatre ou cinq fois plus gros qu’un livre d’une épopée9.

Généralement, on n’écrivait que sur la partie interne du papyrus, c’est-à-dire sur celle où les libres de la plante étaient disposées horizontalement [papyrus] 10. Ce n’était jamais que par exception que l’on écrivait aussi sur le verso [inversa charta)11. Ainsi, on abandonnait aux enfants les vieux papiers de rebut déjà noircis au recto; sur l’autre côté, resté vierge, ils faisaient leurs exercices d’écriture et leurs brouillons 12. Mais il était contraire aux convenances, autant qu’aux habitudes, d’envoyer à un ami, ou de mettre en circulation, un manuscrit opisthographe (o7u<7ÔÔYpa«o<;) )3. Il est vrai qu’un de nos papyrus les plus précieux, contenant la Politique des Athéniens d’Aristote, est opisthographe ; l’ouvrage du grand philosophe est écrit sur le verso; quelques années aupa-

i Hor. Sat. I, 10, 92 ; Dig. XXXII, 52, 5. — 2 C'est tout ce que veulent dire Corn. Ncp .praef. 8 ; Hhet. ad Herenn. I, 17, II, 31 ; Mart. II, 1, 3; IV, 89 ; August. Civ. Dei , I, II, sub fin. — 3 Le papyrus Harris; Chabas, Pap. mag . Harris , p. 2; Partliey, Abhandl. d. Berlin. Alcad. 1865, p. 110 ; Birt, p. 131. — 4 L’opinion de Birt sur ce point, p. 443, estdifficilemcntacceplable.Rohde, Gôtting.Gel. Anzeigen, 1882, p. 1554; Landwelir, dans le Philologue, philolog. Anzeiger (1884), XIV, 338 ; Blass, p. 338.

— 5 Tzetz. Prolegom. in Aristoph. ; Schol. ad Plaut. ap. Keil, Rhein. Mus. VI, 117 ; Rilschl, Op. I, 206 ; Susemihl. Alexandrin. Litt. I, 335, 33. — G Cic. Ad. Att. IV, 1 6,2.

— 7 Tzclz., Schol ad. Plaut. l.c. — 8 Diod. I, 41-42 ; Rhet. ad Herenn. I, 17, 27 ; Cic. 7Wc.HI, 3, 6 ; Plin. Epist. III, 5,5; autres enemples dans Birt, p. 316. — 9Isid. Or. VI, 12, 1 ; Rulil.Nam. II, 1 ; Birt. p. 286-301. —10 C’est du moins la règle pour

ravant (78-79 ap. J.-C.), un fermier s’était dô recto pour écrire ses comptes; mais on s’ac r' T'' du mettre que cet exemplaire du traité d’Aristote'6 ^ fait pour la vente14. Les lignes d’écriture étai"'1^ sées par colonnes («reAfSsç, paginae ), de telle" "l d'Spo' chaque feuillet collé (xdXX-^a) à l’ensemble (li’°I'te q,le recevait une colonne, et toutes ces colonnes placées à la droite les unes des autres, défilaient ' ' ^ sivement sous les yeux du lecteur à partir de la Seuls les documents officiels de la République furent écrits sans colonnes [transversa charte, toute la largeur du rouleau15. Nous avons des d’époque byzantine dans lesquels les lignes, toutesm! pendiculaires aux longs côtés du rouleau, ne forment" du haut en bas, qu’une seule et même colonne' raai’ cette disposition n’apparaît jamais dans les nànv,',r littéraires 16. P Pyius

Les colonnes étaient parfois numérotées; on inscrivait les numéros dans la marge du haut ou dans celle du bas Le total était inscrit soit sur le premier, soit sur le dernier feuillet18. En pareil cas, le total des colonnes était aussi celui des feuillets ; les bords latéraux des feuillets, par lesquels ils étaient collés les uns aux autres, formaient les entre-colonnemenls. Mais il pouvait arriver que l’on écrivit même sur les bords rapprochés par la colle, ou que l’on fit tenir deux colonnes sur un même feuillet ; dans ce cas, le total des feuillets n’étant plus celui des colonnes, on avait soin de les indiquer tous les deux au commencement ou à la fin du volume l9. Le nombre et la disposition des colonnes restaient identiques dans tous les exemplaires d’une même édition 20, afin que le contrôle du travail des copistes pût toujours se faire d’une manière rapide et sûre. Lorsqu’un certain nombre de lignes (<myoç, versas) avait été arrêté pour une colonne, le copiste s’y tenait dans toutes les colonnes du même manuscrit, mais non point cependant d’une manière absolue; nous voyons dans nos papyrus que le nombre des lignes oscille légèrement d’une colonne à l’autre.

Enfin, pour faciliter les comptes des éditeurs, on en vint à instituer une ligne-type, composée d’un nombre invariable de lettres ou de syllabes. Les savants modernes ont cherché à déterminer la stiehométrie des manuscrits grecs et latins ; cette question, qui est du plus haut intérêt pour la critique verbale, parait aujourd’hui reso-j ! lue d’une manière satisfaisante. Il était facile davoirl une commune mesure pour évaluer rapidement le h’a]a du copiste quand il avait à reproduire des vers d uni mètre uniforme, tels par exemple que des liexaim1h'esl dactyliques. On convint donc une fois pour t°utes qu ■ la longueur de la ligne de prose serait ramenée à a I gueur de l’hexamètre dactylique, en le consl U^.j. comme composé en moyenne de 35 lettres, ou 'b labes 21. Sur ce principe, le nombre des 14’"'^

les papyrus littéraires, Kenyon, p. 20,

U Mart. IV, 8Ü, 11.

12 Hor. Vf'*1' '' 'rirtf'ql i

20, 17. Voles d'écolier au revers d’un discours d’Hypéride ; ^

Àôjoç citiTÔLaeiç (1848) ; Thompson, p. 60 ; cf. Reuvcns, Lettres. 1, P- J ucja„. lit — 13 Mart.' VIII, 02; Plin. Ep. III, 5, 17; Ulp. Dig. XXXVII, H, ^

auct. 9 ; Mai, Auet. class. V (1833), p. 356-30 1 . — Arist. AOyo j^enyO»,

London (1891), préface et pl. xxii ; Kenyon, p. 20. — Suct. Ca.es. . ^ y, 33, U | p. 21. — H Hercul. volum. XI, 1855; Anthol. Pal. VII, ; ■ ' BercA

Mart. VIII, 44; Juv. VII, 100. — 18 Birt, p. 159.- — 19 Scot1, CraUX. * n. 1414. — 20 Mart. X, 1, 3. — 21 Plin, Ep. IV, 11 ; Birt, p. 161 i L , jtfl, |lil phil. n. s. II (1878), 97-143; Diels, Hernies, XVII, 377 ; Momniscn, gj(S8i p. 31®’ j XXV, 636 ; Schocne, Rhein. Mus. LU, 133. Bibliographie complète

LIB

LIB

icent) ou de cinquante en cinquante, puis

’Cen)At,l noté encore, quelquefois par l'auteur lui- ]enOff>t>re 1 , n:»«i«ion fï y a le nrix de la coDie à

lotédecenten ^

^T’ÉclH de Dioclétien fixe le prix de la copie mê®e • L j. neS) manière de régler les comptes qui lant •'têirT usuelle et suppose nécessairement une ligne-

lîîne autre division, qui a sans aucun doute une ori- • C ienne se rencontre aussi dans quelques manusg'ne ^^est celle où chaque phrase, ou membre de crlls ’ forme un alinéa distinct ; la colométrie,

«bablmenl issue de 1» poésie lyrique a dù être de Knne heure appliquée, pour la commodité de lensoienement, aux ouvrages destinés à être lus et expliques J haute voix, notamment aux ouvrages des orateurs ; nous savons que les textes de Démosthène et de Cicéron furent souvent publiés sous cette forme ; de là la tradition passa plus tard dans les exemplaires des

livres saints 3.

Au bas de la dernière colonne on inscrivait le titre de F ouvrage, le nombre des feuillets, des colonnes et des lignes, etc. ; ces indications finales (xoXo<p<Av) n’étaient pas utiles seulement pour les copistes et les libraires ; elles servaient aussi à renseigner l’acheteur et à déterminer la valeur marchande de l’exemplaire4.

A l’aide d’une règle (xavwv, régula) et d’un petit disque de plomb (pioltêôoç, plumbus ), on traçait les lignes pour l’écriture et les limites des colonnes5. Le titre et lestâtes de chapitres étaient écrits à l’encre rouge (minium), d’où le nom de rubrica, par lequel on les désignait0. Quand on voulait effacer l’écriture sur des tablettes de cire [tabula], on n’avait qu’à gratter (<j/5cv) la surface avec un canif et on récrivait par-dessus ; la tablette était alors zâXtv ^TjCT-q ; c’était un palimpseste (palimpsestus). Ce procédé était impossible, ou au moins très difficile, avec le papyrus, matière beaucoup trop fragile et trop mince ; pour effacer l’écriture, à condition qu’elle ne fût pas trop ancienne, on se servait d’une éponge mouillée 1. Cependant, par une extension du mot usuel, on continua à appeler palimpsestes les papyrus lavés et corrigés, quoi-

•fuà proprement parler on n’eût pas eu recours au grattage 8.

Pour donner plus de consistance à l’extrémité du roueau, on fixait le bord de la dernière feuille sur un petit jymdie.de bois ou d’os (ojAtpotXôç, umbilicus )9 ; dérouùsr un livre jusqu’à l’ombilic (devolvere, adducere ad * lnun)'i c était donc le lire jusqu’au bout10. Cepen- , on ne conBidérait pas cet appendice comme indis- ; sa e . les papyrus d’Herculanum en sont dépourvus

■ ■ ’ 40 Bekker; mslinian. De confirm. Dig. 1; Polyl fljimej, XV[ nggi, e’ nz • *882, p. 1557 ; BÛT. p. 103, 175 ; Sclian:

[Birt, p. 17g . Qij.'içj ? ~~ 1 C°rP' inscr.'lat, III, p. 831. — 3 Graux, p. 124

Mommsen, fferm/ ''Palé°9r' des classiques lat. pl. 44. —4 Mart. II, 8, 3 ~ 8 Anthol. pa[S' y, lkî ’ XXV> 636 ^ Dzialzko, Bach. col. 950, 51 ; 959, 5:

" G Oviil. Trist I , 0-(>8 ; Gardlhausen, p. 67; Wattenbach, p. 211

ty-cdfam. VII. is' 'p~ ' Mapt- IV' *0 ; Suet. Aug. 85. — 8 Cat. 22,5 Pincip. 4, ^ 951'n ’ , B e 9nrnd- S. P- 010 D ; philosophandum esse eu,

T^nch. p. j20 'n l *’m- MarccU- XV, 5, 12 ; Thompson, p. 53 et 75 ; Dziatzk, P J1'!0 ad Hor. Bu ml \ C' ° UQ palimpseste du musée de Levde. — 9 Po

. con<l- 41. « IJor ' J j ^art. ■*. 0. 10 ; Lucian. Aclo. indoct. 7 et 16 ; Mer ' °r- IV, p. 29(j ’ Mart- IV> 89, 1-2 ; Sidon. Apoll. Ep. 8, 16 ; An

J’‘Wrai^do qud ’as'J- ’ï’en- ^-0,27,p. 38, 23, Bursian. — 11 On a trouvé 31,1 lieu d'umbilicus m * L ''°S llaP5TUS un roseau ou un agglomérat de papyru ? °IC°Plions; K n ;nMarC1r''dUMal'’ »'8IC’ "• L mais ce sont là de tr, fc°: Ut », 7; ,V 8oPv3; - 12 Bini Stat. Sile. IV, 0, 7; Mar

,0v,ïv»*I. I. 1 a ’ 6 : 15î vi", 61. — 13 Tibull. III, 1, 13. Mart.

1, 8, U[ v,,n 01. — 13 Tibull. III, 1, 13. Mart.

ocian. Ado. indoct. 7 ; Merc. cond. 41 ; Tibull, l.

et il n’apparaît pas davantage sur les monuments figurés qui représentent des manuscrits ; il est vraisemblable qu’on le réservait pour les exemplaires les plus soignés11. Sous l’Empire, on en vint même à fixer le premier feuillet sur un autre ombilic; mais à plus forte raison ces rouleaux ornés de deux ombilics, l’un au commencement, l’autre à la fin, durent toujours être une exception 12. Les deux extrémités de Y umbilicus , en haut et en bas du rouleau, se terminaient quelquefois par deux « cornes (cornua) », c’est-à-dire vraisemblablement par deux boutons ou deux pointes dépassant les bases du rouleau 13. Ces « cornes » étaient parfois peintes ou dorées u. On rognait (circumcidere) et on polissait à la pierre ponce ( pumicare ) 15 le haut et le bas (front es, fastigia) 10 du volume enroulé et on y passait une couleur, du noir par exemple17. C’était aussi, à ce qu’il semble, une pratique assez ordinaire d’enduire les papyrus avec de l’huile de cèdre qui leur donnait une couleur jaune 18 ; cette opération avait pour but d’en éloigner les mites, les vers et autres insectes nuisibles. Le titre était inscrit sur une étiquette de parchemin (<nXXuêoç, index, titulus ), qu’on suspendait à une des bases du rouleau 19 ; de cette manière, quand une quantité de rouleaux fermés étaient empilés sur défrayons, ou serrés dans une boite, on pouvait d’un coup d’œil s’assurer du contenu de chacun d’eux avant de les tirer de leur place. La figure 4449 représente d’après une peinture de Pompéi un manuscrit muni d’une étiquette ovale, qui parait bien n’ètre autre chose que le titulus 20. Du reste, cette étiquette pendue extérieurement ne faisait sans doute que répéter le titre tracé sur le premier ou sur le dernier feuillet21. On a retrouvé récemment en Égypte un petit fragment de papyrus, mesurant O1”, 028 sur 0m,125, qui a peut-être servi à cet usage; il provient d’un rouleau ayant contenu les Mimes féminins de Sophron, comme l’atteste l’inscription SQ<ï>PONOS MI MOI P YNAIKEIOI 22. Les volumes auxquels on atta- Fig. 4450. - — Boîte à manuscrits, chait du prix étaient enroulés dans une couverture en peau (oupSéoa, çaivoX-qç, membrana , paenula) coloriée en jaune ou en rouge23; une simple feuille de papyrus, restée vierge d’écriture, devait souvent en tenir lieu 24. Ceux à qui «es précau-

Mart. III, 2, 9 ; V, 6, 15. — 13 Isid. Orig. VI, 12, 3 ; Lucian. Adv. indoct. 16 ; Mart. 1, 66, 10 ; 117, 16; VIII, 72; Cat. I, 22 et 22, 8 ; Ov. Trist. I, 1, H.

— 10 Tibull. III, 1, 13 ; Ov. Trist. I. I, 8 ; Mart. I, 66, 10. — 17 Ov. Trist. I. 1, 8.

— 18 Vitruv. II, 9, 13 ; Ov. Trist. I, 1, 7 ; III, t, 13; Mart. III, 2, 7 ; V, 6, 14 ; Luciau. Arfr. indoct. IG ; Plin. Hist. nat. XIII, 86 ; Pers. I, 42 et Schol. ad h. I. ; Hor. Ars poet. 331 ; Auson. Epigr. 34, 13; Mart. Cap. H, 136. — 19 Cic. ad Alt. IV, 46. 1 et 8 a, 2 ; Hesych. s. V. ; Mart. III, 2, 11 ; Ov. Trist. I, 1,7; Sen. De tranqu. an. 9, 6 ; Ov. Pont. IV, 13, 7 ; Tibull. III, 1, 12. — 20 Pi t tare di Ercolano, V, p. 375 ; Winckelmann, W erlce, taf. 3; Museo Borbonico , I, 12, 2 ; de Jorio, Guide pour la galerie des peintures, p. 85, u. 1391 = Hclbig, Wandgem. Campaniens , u. 172G. — 21 Exemples de l'un el de l'autre d’après nos papyrus dans Dzialzko, Bucll, col. 959, 7.- 22 Grenfell et lîunt, Oxyrrhynchus papyri, t. II, n. ceci. On en a peut-être un second exemple dans le n° ccclxxxi.

— 23 Mart. I, 66, 1 1 ; III, 2, 10 ; X, 93, 4 ; Ov'. Trist. I, 1,5, 9 ; Lucian. Adv. indoct. 7; Merc. cond. 41; Tibull. III, 1, 9; Cat. 22, 7 (?), discuté dans Birt, p. G7 ; Poslgate, Journ. of plrilol. 1888, p. 230, et Dziatzko, Untersuch. p. 120

— 24 Comme on le voit dans les rouleaux d’Herculanum, de Jorio. Offîcina dei pafiri, p. 20.

étiquette.

LTB

LIB

tions ne suffisaient pas avaient encore le monnaie (àv aXoyeïov), c’est-à-dire un étui en bois'. 11 est douteux que des courroies ou des cordons fussent passés autour du rouleau pour le tenir fermé. Il est bien question dans Catulle de courroies rouges qui faisaient partie des accessoires d’un volumen; ceux qui n’admettent pas qu’elles servissent à le fermer supposent qu’elles portaient l’étiquette du titre2. Il importe en tout cas de remarquer les petits appendices qu’on voit représentés

au bout de chaque rouleau sur la figure 4450 3.

Certains ouvrages comportaient un grand nombre de rouleaux; il pouvait y en avoir quarante-huit dans un Homère complet. Pour les empêcher de se disperser, on les liàit ensemble en faisceaux (Sécrgat, fasces ) 4 ; ils ne formaient désormais qu’un seul et même recueil

^<ruvTa;iç, ffuvTocyga, crtotxa, ffooptotTlOV, COrpUS , COrpuSCUlum) 5, qu’on ne divisait plus dans la bibliothèque ou dans la capsa. Tels sont ceux qui figurent parmi les attri buts des magistri scriniorum dans la Notitia dignitatum (fig. 4451 °).

Beaucoup d’écrivains et de magistrats ont été représentés par l’art antique tenant un rouleau de papyrus à la main ; c’est un des attributs les plus ordinaires des personnages en toge, avocats, patrons de municipes et autres, auxquels on a élevé des statues à l’époque romaine7. Souvent aussi on le voit dans la main de Mnémosyne et des Muses, notamment de Clio, de Melpomène et de Calliope8.

Pour lire un volumen , le lecteur le prenait dans la main droite, puis avec la main gauche il tirait l’extrémité gauche de la bande de papyrus et il continuait ainsi en le déroulant (àveXâxt retv, àvaXsïv, evolvere, explicare) au fur et à mesure de droite à gauche9. La figure 4452, empruntée à une peinture de Pompéi, montre de la manière la plus nette quelle était l’attitude ordinaire d’une personne occupée à lire10. On en pourrait rapprocher un très grand nombre de monuments, dont plusieurs sont reproduits dans d’autres articles de cet ouvrage11. Quand on avait fini de lire, il fallait enrouler de nouveau

l Mari. XIV, 84 ; Boucherie, Notices et extraits des mss. XX11I. 2, P- 447. — 2 Lova rubra, Cat. 22, 7 ; Birt, Poslgate et Dziatzko, l. c. ad h. 1. — 3 Peinture de Pompéi, Mv.s. Borbon. I, 12, 3 = Helbig, 1725. Voir aussi la figure de Clio, Ib. 859. — 4 Aristot. Fragm. 134 Rose = Dion. liai. De Isocr. 18 ; Aul. Gell. IX, 4 ; Pctron. 102. — 3 Cic. ad Att. XVI, 3, 1 ; ad Qu. II, 13 ; Suid.

s. V. Aiuv 5 Kâffffio; ; Polyb. I, 3, 2; Diod. I, 3 ; XIV, 117 ; XV, 95 ; Dig. XXXII, 52; Birt, p. 34 et suiv. — 9 Mèm. de la Soc. des Antiquaires de France, 1890 ( L I ) , p. 231 ; cf. Not. dign. Seeck, p. 34, 42, 43, 147, 160, 161. — 7 Nombreux exemples Salom. Reinach, Bépert. de la statuaire gr: et r. t. I, p. 509 à 515, 546 à 558 ;

t. II, p. 609 à 622 ; mais dans ces statues les mains et leurs attributs sont très souvent des restaurations modernes. Voir aussi Visconti (C. L.), Il sepolcro di Q. Sulpizio Massimo (1871) la pl. ; Bull, de la Soc. des Antiquaires de France, 1899, p. 407, etc. — 8 S. Reinach, l. c. t. I, p. 256 à 283 ; l. H, p. 301 à 308 ; Nécropole de Myrina ,

Fig. 4451. — Rouleaux de manuscrits réunis en faisceaux.

le volume de telle sorte que le commencement toujours au-dessus, prêt à être déroulé ver . L pour une autre lecture. Cette nécessité avait geste qui avait fini par devenir familier à beaucoup de personnes ; on emprisonnait le commencement de la bande entre son menton et sa poitrine, et on enroulait à deux mains à partir de la fin en serrant fortement jusqu’à ce qu’on arrivât au bout; il paraîtquelesvieux

tr°uvât gauche un

livres, qui avaient beaucoup servi, se reconnaissaient à la trace qu y avait laissée le menton des lecteurs12.

Si la feuille de papyrus a été pliée, c’était surtout quand on s’en servait pour écrire des lettres [epistola, ; nous avons des papyrus qui ont été pliés dans l’an ti

quité. Mais en réalité la fibre du verso se prêtait mal à, recevoir 1 écriture; aussi n’y avait-il pas grand avantage, avec cette matière, à abandonner la forme du rouleau pour celle du cahier [codex), autrement dit pour celle de nos livres actuels. Il n’est pas probable que l’on ait commencé à former des codices chartacei avant le temps de Dioclétien; les fragments de livres de ce genre qui sont parvenus jusqu’à nous datent d’une période comprise entre le ive et le vmc siècle13.

La collection de papyrus la plus importante par la quantité est celle des rouleaux carbonisés qui ont été retrouvés en 1752 sous la lave d’Herculanum; d’après

1 inventaire le plus récent, elle comprend 1805 numéros, dont un très grand nombre réduits à l’état de fragments; on en a déchiffré à peine 350; la bibliothèque devait contenir à peu près 800 rouleaux entiers. Ce sont pour la plupart des ouvrages de philosophie épicurienne d un intérêt médiocre copiés au temps d’Auguste1’'. Dans ce siècle les tombeaux de l’Égypte nous ont rendu des textes beaucoup plus précieux : les Odes de Bacchyli'-Iç, la Politique des Athéniens d’Aristote, les Mimes dllé rondas, pour ne citer que les principaux, comptent pari*11 les dernières acquisitions de la science. Nos papy grecs les plus anciens remontent à peu près au comme0 cernent du m0 siècle av. J.-C.16. Nous donnons c>'c01^ deux spécimens de rouleaux développés, l’un du tpl format, l’autre du petit. La figure 4453 reproduit

p. 420. — 9 Birt, p. 18. — 10 Pitt. d'Ercolano, V, 55. p. 24o = Hem o 1828. — U Voy. B1BUOTHF.CA, fig. 852 ; cathedra fig. 1255 ; ceres, fig. j- ’ , ” jjg. Î97î. fig. 2295 à 2297 ; educatio, fig. 2599, 2600, 2605, 2608, 2609, 261 i, 2«la : IM“ ^°p|, 17, Voir en outre Panofka, Bilder Ant. Lebens , IV, 2 ; Gerhard, 7’1" ^ j 867,1

18; Helbig, Wandgem. 858, 859, 861, 1099, 1 157, 1158, 1721, I JX, 34> 1868; Ann. dell. Ist. 1855, tav. 15, 16 et 1856, tav. 20 ; Mus. Bar ‘‘ ’afeiÆ 24 ; XI, 47 ; Soc. archéol. de Bordeaux, t. XI, p. 89, et t. XIII, pL 1 ' ^ ^ . ,)« tm I 1898, 1, pl. V et p. 164, 1900, 1, p. 169, etc. — 12 Mart. I, 06, 7 ; ■ p»r

gr. III, p. 79, n. 50; Reuvens, Lettres, p. 4. — 13 La lisle 011 ^ ErC<è,l,tl>

Dziatzko, Untersuch. p. 143 ; cf. Kenyon, p. 24. — 14 CompaicUu s(0rics, *• '’ dei Pisoni, p. G3 (A tti dell’ Accademia dei Lincei, Mem. dell ■ b ^ |V, siècle. 1880, p. 145). — 15 L’Imprécation d’Artemisia est peut-être de a pl. I®1, j

Palaeographical society, II, pl. 141 ; fragment du Phédon de

, la Politique des Athéniens ; le papyrus date ifPrceau ' ' ^ siècic de notre ère ; dans son ensemble, il de la fm “ de 37 colonnes, ayant en moyenne de 45 à ! se compas ieg en quatre rouleaux de longueur

50llgneSl pius long mesure 2”, 20 et comprend 11 co-

iaega i’PnluscourtmesureOm,9l4etcomprend6colonnes.

,l0nüCS’,hc rouleaux ont tous également 0»,275 de haut; Les quant

on y a reconnu quatre mains différentes !. Dans la figure 4454, on voit une partie du papyrus d’IIcrondas ; il date à peu près de la même époque que le précédent. A l’origine ilformaitun rouleau unique de 4m,42 delong; sa hauteur est de 0M,125 ; il comprend 41 colonnes ; mais il n’est pas complet; il faut y ajouter quelques fragments en mauvais état. La colonne se compose en moyenne de

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Fig. 4453. — Manuscrit d'Aristote sur papyrus.

vers • Les papyrus latins jusqu'ici sont infiniment J?: us raies que les grecs ; tout ce que nous pouvons citer °ine à quelques pages mutilées : un fragment de

papyrus CXXV ^Tlst°Ue on the constitution of Athens, facsimile of — 2 Herodas ir' MHseum, Londres, 1891, f°, pl, X, col, 13 à la.

Kunyon, pl VIII ,nlî?m^’ ^ac"s‘m*'c °f aie papyrus in Llie Britisli Muséum, by wnnfe par Cou ' '* ^es listes des papyrus grecs littéraires ont été

ffo Bikliothebnr'ï 111 ' ;^eV' P^ilol. 1896, p. 105, et par Haebcrlin, Centralblatt

^Hplite est celle de* F ^ ’ *’ ^ ldus r<^ceule *a plus

i1' 119, une billion T‘y0n' ^a^aeoUraP^V °f greek papyri, p. 129 ; il donne aussi, l,al>yvus gi'CC • ji, " .1 110 latérale des papyrus grecs non littéraires. Le plus beau CellÜ d'fl«mère, Od. III, 267-278, etc. (Brit. Mus. ^ le ? aPyruakund f soc'et'J’ U, 182. Voir aussi Gradcnwitz, Einfülirung in l10111' 1 élude ilo ces i ^'1ZCL ^®U0. On vient de fonder une revue spéciale

^ l'ei'uxindte Gebiçi ! Ulrich Wilckcn, Archio für Papyrusforschung

diuin, Vo ton. fferculai ! ' i(l" '' Leipzig, Tcubner. — 3 Fragments du poème sur ’1' (PaP- N. 8171 • , V P' vn'XXVI ! Zangemeister-Wattenbach, Palaeogr. lat., j’r°'p (Herculanunp il ludt'^auSh Schvifttafeln , II, laf. 31 l. Fragments do | " °“ (18^1), 1, p. ’19l U”P Uy’ PlUlosoph. transactions of the royal society , y ’ P • XUI, xvi, xvii, XVIII a; Zangemeister-Waltenbacb, taf. 1

poème du temps d’Auguste sur la guerre d’Actium, des lambeaux de discours en prose, des bribes de Virgile, des papiers d’affaires, etc.3.

(pap. N. 1475, fr. 5); taf. II, 1 (pap. N. 1067, fr. Il) et 2 (pap. N. 457, fr. 1). Il y a encore dans le fonds des papyrus d'Herculanum une cinquantaine de fragments latins indéchiffrés et peut-être indéchiffrables : Comparelti, Villa Ercolanese dei Pisont, p. 77. 11 faut y ajouter un fragment trouvé à Herculanum en 1870 : Ibid. Catalogue de Martini, n° 1806. Vente d'esclave au British Muséum, n° 229 (au 166 ap. J.-C .) ; Arndt-Taugl, II, taf. 32. Lettre mettant lin au commandement d’Abinnius (344 ap. J.-C.), Nicole dans la Rev. de philol. 1896, p. 46 ; Nicole et Morel, Archives militaires du 1" siècle, Genève (1900). De nouveaux fragments latins viennent d'ètrc trouvés récemment en Égypte, parmi lesquels des vers de Virgile, et d’autres que l'on croit d'Enuius : Grcnfell et Hunt, Oxyrrhynchus papyri ( London office of the Egypt exploration fond), 1899, t. I, n“s xxx-xxxn ; Diels, Site. Ber. der Berlin. Akad. 7 juillet ,1898. La plus grande partie de nos papyrus latins est cataloguée dans Wessely, Schrifttafeln zur aelteren lat. Palaeographie, n” 1, 2, 6, 7, 8, 9, 10, 1 1, 12, 14, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 20, 27, 28, 29, 30, 31, 44, 49, 50. Voir encore Wilcken, Krebsel Viereck, Aegypt. Urkttndtsn au/ den Kôiugl. Museen zu Berlin, Gr. Urkunden, II, nos 610, 611,

LIB

LIB

Le livre de parchemin. — Tandis qu'Eumène II régnait à Pergame (197-159 av. J. -G.), on trouva dans cette ville un nouveau moyen de préparer les peaux d’animaux pour l’écriture; la rivalité entre les savants d Alexandrie, protégés par les Ptolémées, et ceux de Pergame, protégés par les Attales, aurait été, suivant ^ arron, la principale cause de ce perfectionnement; les Ptolémées auraient interdit d’expédier du papyrus à Pergame et les savants de la cour d’Eumène auraient été mis dans la nécessité d’y suppléer par une matière nou- \elle , ce serait un épisode de la querelle qui s’éleva notamment entre Aristarque et Cratès de Malles1. Cette

tradition n'est acceptable qu’en partie. On i ,]■ l’usage des peaux (SicpQlpat) pour l’écriture rem! ' f|lle Asie Mineure, à une bien plus liante antiquiip^"’ e& possible cependant qu’on ait trouvé en effet à ]>,’ " °sl sous Eumène II, un moyen de perfectionner la L?^’ et l’emploi de cette matière; autrement on s’cx'1)!1 1CaUon mal que l’antiquité l’ait appelée d’un nom parti! ;upUeiaiî lui est resté, la peau de Pergame, membrana Pen '^ ^ le parchemin 3. On suppose qu’auparavant . comme le papyrus, ne recevait d’écriture que Sur u/?] le coté du poil, qui en était la partie externe

inemployé; on devait aussi coudre les peaux 6!>ai1

1 ieï) unes au

bout des autres et en former des rouleaux. Le progrès aurait consisté à les préparer de telle sorte que l’on pût écrire sur les deux faces, et en former ensuite des cahiers. On y gagnait d’avoir des livres beaucoup plus faciles à manier, où la surface à couvrir d’écriture était, à volume égal, augmentée du double. Il y avait encore un autre avantage: c’est que le parchemin était infiniment plus solide et plus durable que le papyrus ; les anciens citent comme une rareté des rouleaux de papyrus vieux de deux ou trois cents ans4 : nous avons encore des livres de parchemin qui remontent au iv° siècle. Enfin on ne pouvait qu’à grand’peine gratter l’écriture sur le papyrus ; le parchemin souffre beaucoup moins d’un travail de correction. '

Quand on commença à se servir de la peau de Pergame pour les besoins de la littérature, ce fut évidemment la forme des tablettes enduites de cire (tabula, diptychon] que l’on prit pour modèle ; les polyptyques de bois couramment employés dans les affaires en guise de calepins ou de registres durent donner la première idée des cahiers de parchemin ; de là vient que ceux-ci furent quelquefois appelés j oug illares membranci quand ils

étaient de petit format^ les uns et les autres étaient également des coclices (xsuyot). S’il faut en croire la tradition, le parchemin aurait été importé à Rome dès l’époque de l’invention par les soins de Cratès de Malles8; on ne peut

guère douter en tout cas qu’il y fût en usage au temps de Cicéron 6. C’est cependant un fait digne de remarque que, malgré sa supériorité sur lepapyrus, il noie remplaça que très lentement dans le commerce de la librairie, n'a point de témoignages positifs sur des manuscrits parchemin, contenant des ouvrages classiques, aun temps de Martial; cet auteur mentionne un Homère,1 Virgile, un Cicéron, un Tite Live, un Ovide , enj:0^ semble-t-il qu’à cette époque le parchemin lui unPj.j surtout pour les exemplaires de fatigue et pour 1 Ions. Le papyrus gardait toujours les préférences ^ qui voulaient avoir les œuvres des grands écrivain des exemplaires soignés. Il en fut ainsi encan P( ^ J assez longtemps. A quelle date le parchemin l111^^ dessus? D’après les recherches les plus récent ^ ^ plus approfondies, il paraît probable que ce 1 *l,u’t’aVOllj se produisit à peu près sous Dioclétien. 5 1111 ^

encore il est vrai des papyrus '1" rrmvpn

du moyen

1 Varr. ap. Plin. Uist. nat. XIII, 70 ; Isid. Orig. VI, il, 1 ; Lydus, p. Il, Bonn; Hicron. Ep.oud Chromât. Jovin. et Euseb. (7, 2, Vallars); Boissonade, Anecd. I, p. 4-20; Tzetz. Chiliad . XII, 347. — 2 HerodoL V, 58; Ctes. ap. Diod. II, 32, 4.-3 Cepcndant pergamena dans cette acception ne se trouve pas avaul YEdict » Dioclet, (304 p. Clir.), VII, 38; Hieron. Epist. Vil, 2. — 4 Plin. Hist. nat . XIII, 83; Galon,

oublié D0S

cf. Dziatzko, Buch , col. 944, 38. Il ne f;lll( ^un ensevebs5elBCjjj es n’ont été préservés de la destruction que Pal^ ^ ^ XI M nzc siècles. — b Boissonade, Anecd. I, cf. XB» h

, nat. VII, 85. — 7 Mart. XIV, 184, 186, 188, U »

H ; Hor. Sat. II, 3.

IJ B

mvant qui a spécialement étudié cette caté- (j’aprèsun ^ ^ Kenyon, il n’y a point de papyrus Fi(’ de (mi soit postérieur au m° siècle ; tous les Fec llUera-JiCg t-,crits depuis le ive siècle seraient uni- PrrllS gdes papiers d’affaires, des actes adminis- Buemen , 1 Ce qui est certain, c’est que nous avons des tralllS’ ! parchemin écrits entre le ni0 et le ive siècle et F68 n‘en avons pas de plus anciens. L’enquête que f6 11 ait faire sur les monuments figurés ne contredit FOn!es' conclusions; au iv° siècle, le codex y apparaît à Pr lu rouleau et quelquefois sur le même monument, ■L i„ mnntrfi la figure 4455 2 ; à partir du v° siècle, il

devient plus commun que son rival. En résumé , le succès définitif du parchemin coïncide à peu près avec le triomphe de l’Église ; comme on l’a remarqué, il y a peut-être là plus qu’une simple coïncidence 3 ; Fig. 4455. — Volumen et Codex. Cette matière

étant plus durable et se prêtant mieux à la formation des recueils de vaste étendue, il est possible que les écrivains ecclésiastiques lui aient volontiers donné la préférence pour la multiplication des livres saints et en général de tous les livres nécessaires à l’enseignement chrétien. Constantin lit exécuter cinquante copies des Écritures sur parchemin pour les églises de Constantinople4. Une fois 1 exemple donné et l 'épreuve faite, on se hâta de transcrire sur parchemin les ouvrages des siècles passés auxquels on voulait assurer une plus longue durée ; ainsi, 'ers la fin du ive siècle, deux prêtres de Césarée, Acacius U P‘uzo*us’ ayant entrepris de renouveler la belle bibliothèque qu y avait formée saint Pamphile, remplacèrent par copies sur parchemin tous les livrés de papyrus îuils trouvèrent en mauvais état3. C’est à des restau- P 10nS(Éce genre, poursuivies surtout du iveau \T siècle,

litér I10US deVOns ce cIue Pe moyen âge a sauvé de la plu6' ! 11 ' an^ue‘ N°us en aurions conservé une bien llée- p^1 F)ait S* °n ava*p eu PPus tôt cette heureuse pajw rouleau de papyrus est une des princi-

oxercé^m S P'0Ur Pescluelles les injures du temps se sont œuvrent p*16 manp®re S1 capricieuse sur les plus belles fut pend- * classique ; c’est que chacune d’elles

<lnl "rtStemPs transmise par morceaux détachés

connu»? ic . .

■ 1 Kenyon, pa[

es^ contesté. Si V ^ ^le transition to vélum , et p. lli. Ce p

I *ficulev beaucoup | a(^mc^ théorie de Kenyon, il faut, naturellem °‘p liste de r ^ ^ Pass<^ date de certains papyrus grecs littérai ,W- Sur ces ^e:2V,'0UI\ * PhUol. I. e.n«l, 2,0,28, 42, 57,

■ , s’ '°ir surtout. Dziatziio, Untersuch. Kap. V, Buchr ' lo>'1" iell’ arte erilr l0,l*men c,es ^'irgament codex, p. 115-149. — 2 Gam "“‘«uments, princ:.. 1 'W’ bjav- 105 A. Birt, p. 122, n. 1, donne une liste di

K IV, 3G LTir1 daprèS Garrucci- — 3 Thompson, p. 37. — 4 Eu

■mon. Ep. CXL1. — 6 Kenyon, Pal. p. 122. — 7 Dzial

sur une matière très fragile6. Les grandes compilations législatives de Théodose et de Justinien ont pris tout de suite la forme de codires ; il est douteux que ces codes eussent été seulement possibles avec l’ancienne forme du livre7.

Par un abus naturel du langage, le nom de jîtêAo;, liber, qui avait servi pendant des siècles à désigner le livre en fibre de papyrus, fut appliqué au livre de parchemin et perdit ainsi tout à fait son sens étymologique.

Ce serait sortir de notre sujet que de descendre trop bas dans l’histoire du livre de parchemin; mais sans toucher à la paléographie du moyen âge, nous résumerons les notions générales auxquelles conduit l’étude des manuscrits qui remontent aux derniers temps de l’antiquité classique8. Quand le parchemin avait reçu du fabricant l’apprêt nécessaire [membrana] etqu’il avait été coupé en feuilles (^apxia, <j>ûXXa, folia. ), on les réglait, mais non pas avec le disque de plomb comme le papyrus; pour cette opération exécutée sur le côté poil, on se servait d’une pointe mousse qui marquait la peau assez profondément pour que sa trace fût aussi visible au revers ; le réglage était donc identique des deux côtés; on traçait par le même procédé les limites des marges à droite et à gauche. Ensuite on prenait quatre feuilles et on les pliait en deux; chacune d’elles devenait alors un diploma (oiTtXüqaa) 9 ; les quatre feuilles pliées et assemblées formaient un cahier, qualernio (xexpâç, Ts-rpaotov), qui comptait par conséquent huit feuillets plus petits appelés paginae , comme les feuillets de papyrus dans le rouleau 10. C’était là le nombre ordinaire ; cependant on a fait aussi des cahiers de cinq feuilles. En assemblant les feuilles d’un même cahier, on les disposait de telle sorte que le côté chair fit toujours face au côté chair et le côté poil au côté poil, soit pour assortir les couleurs, l’une étant plus claire que l’autre, soit pour permettre de vérifier plus facilement que les feuilles se suivaient bien dans l’ordre voulu11. Le format le plus usité pour les textes littéraires, si nous en jugeons par les exemplaires conservés, était un grand in-quarto, dans lequel la largeur égalait à peu près la hauteur ; plus un manuscrit se rapproche de la forme carrée, et plus il est voisin des temps antiques. Les colonnes formées par l’écriture étaient souvent, comme dans les papyrus, groupées au nombre de deux12, de trois et même de quatre par page (fig. 4156), de telle sorte qu’un codex ouvert ressemblait beaucoup à une section de volumen déroulé. Tous les cahiers étaient numérotés ; on inscrivait le numéro d’ordre dans la marge en tète du premier feuillet, ou plus souvent à la fin du dernier. On a même dû d’assez bonne heure numéroter les feuillets 13, bien qu’il n’y ait pas d’exemple de cet usage dans les manuscrits les plus anciens. Enfin les cahiers étaient cousus ensemble pour former le livre. On fit des exemplaires de luxe avec des parchemins teints en pourpre, sur lesquels le texte était écrit en lettres d’or ou d’argent ; Maximin le Jeune en eut un en sa possession qui contenait les poèmes d'Homère 14 ;

Ilitch, col. 9 48, 23. — 8 Pour ce qui suit, voir les traités de paléographie qui résument les observations faites sur nos mss., par exemple celui de Thompson, p. GO et suiv. — 9 De SutXoSv, doubler. — 10 Par conséquent la pagina, à l'origine, comprend à la fois le recto et le verso. — U Thompson, p. 62; Dziatzko, Centralblatt f. Bibliothekwesen, IX (1892), p. 342. — 12 Châtelain, Paléogr. des class. lat. Sallust. pl. u. — 13 C'est ce qui semble résulter de Corp. inscr. lat. XI, 3614, 1. 9, 15, 18. — 14 Capitol. Maximin. Jun. 30, 4; cf. Joseph. Antiqu. Jud. XII, 7, 10; Isid. Orig. VI, 11, 5; Hieron. praef. ad Joh ; Ep. XVIII; Optatian. Porphyr. Panegyr. ad Constantin, praef.

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quelques copies des livres saints exécutées dans le haut moyen âge peuvent nous donner une idée de ces livres somptueux1. Quant aux codices plus modestes usuellement répandus dans le public, nous n’en avons qu’un petit nombre qui remontent au ive et au ve siècle; nous citerons parmi les grecs un Homère (Ambrosiatius, à Milan) et trois exemplaires de la Bible ( Vaticanus , Smaïticus et Alexandrinus), parmi les latins plusieurs Virgile (. Sangallensis , Romanus, Palatinus, Mediceus, Vaticanusetschedae Vaticanae), unTérence (. Bembinus ), des fragments de Salluste et deux Tite Live2.

Il faut y ajouter quelques palimpsestes I , avons-nous dit, avait sur le papyrus un ava qu’on pouvait plus facilement le gratter ay 881 Cest [scalprum], pour en faire disparaître rï,1"1 Canif mitive et pour récrire à sa surface un *<!!, pri' Malheureusement, on a’busa beaucoup de en teXte’ après la chute de l’Empire; le parchemin étucT^ plus rare et plus coûteux, on gratta les exemnlv ■ auteurs profanes pour y copier surtout les livre PeS ■ et les ouvrages des Pères de l’Église. Un inC ?‘ntS nombre de textes classiques ont dû être ainsi perdl,.^11

Fig. 4450. — Manuscrit sur parchemin.

le viie et le ixc siècle. Mais parfois ces parchemins grattés et couverts d'une seconde écriture portent encore des traces de la première : grâce à des réactifs chimiques, on peut les faire reparaître et déchiffrer plus ou moins complètement l’ancien texte3. C’est ainsi qu’on a retrouvé un exemplaire du de Republica de Cicéron, qui date du ive siècle, sous un ouvrage de saint Augustin copié pardessus au vne 4 (fig. 4457), et que dans un manuscrit de Milan des morceaux de la Bible cachaient un précieux texte de Plaute remontant à la fin des temps antiques 5.

De même que l’on fit par exception des codices de papyrus, on fitaussi des rouleaux de parchemin qu’on ne couvrit d’écriture que sur le recto ; cette forme du livre de parchemin, qui semble bien même en avoir été la

1 Voir les codices purpitrei du vi° siècle énumérés par Thompson, p. 40 ; ils sont tous copiés en lettres d argent. Toul récemment on vient de découvrir un Évangile selon saint Mathieu (ms. pourpré du vie siècle) copié en lettres d’ôr. Omont, Journ. des savants , mai 1900. — 2 Pour les mss. grecs de cette époque, voir Thompson, p. 149-152; pour les latins, Ibid., p. 183-193, et surtout Dziatzko, Untersuch. p. 189-198, qui en donne une liste très copieuse. V oir aussi Fragm. de formula Fabiana , Papyrus Rainer , IV, 1, taf. I. — 3 Thompson, p. 75-77.

forme primitive, ne disparut jamais complètement. Elle était en usage au temps de Cicéron et dura pendant tout l’Empire 6. Dans les exemplaires de luxe, le verso était teint en jaune 7.

4° Autres matériaux. — Pareillement on ne renonça jamais tout à fait, même quand le papyrus fut 'fflfore par grandes masses, aux matériaux dont on s était su ’ faute de mieux, dans la période archaïque: telle eludp^ exemple l’enveloppe fibreuse qui se trouve dan- I' [' (cptXdea, tilia) entre l’écorce et le bois; on en fai a‘^ ^ feuilles de papier qui, collées en rouleaux ' papyrus, perpétuèrent assez longtemps la Preni" ''(in(,ore du liber ; même avec le bois du tilleul on Pa‘Nlll.jjpn g des tablettes à écrire [tabula] 8. Jusque sous A"1

— 4 Châtelain, Pal. des class. lat. pi. xxxix, 2. — ■’ Châtelain, ^ û Oie. aP'.

dos palimpsestes de cette période dans Dziatzko, Untersuch, p. [ ^

Plin. Hist. nat. VIII, 85 -ad Attic. XIII, 24; Ulp. Dig. XXXI1, " ' , , - * f,|in’ col. 947, 13, et Untersuch. p. 129. — 7PcrsF III, I0;lsid. Oing „ .’Tegtani. I,aS"n'' Hist. nat. XVI, 14, G5; Mart. Cap. II, 136; Ulp. Dig. XXX11' ’ M, Bon" i 1,10 Corp. inscr. lat. VI, 1349, n. 10229, 1. 39; Symm. I\, 34, 3, . \|\, U'

TYVII •) . mil 1 l ■ llnrodian I. 17. 1 ; Aoliaii. “i ■

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