‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 6 sur 275 · LA P · texte numérisé non relu

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Lu lapidation symbolique, vestige de la lapidation reelle, se retrouve dans la vie privée, judiciaire et religieuse de la Grèce. C’est d’abord la lapidation posthume Euripide représente Egisthc attaquant à coups de pierres la tombe d’Agamemnon *. Il n’est pas sans exemple que des Grecs aient ainsi exprimé leur mépris ou leur haine a des morts2. Un meurtrier, en particulier, espérait, par cette façon de gaa/aXtap.Gç, rendre inefficaces les malédictions de sa victime 3. Mais cette idée se complète ici d une autre : Agamemnon, victime d’Egisthe, est aussi le meurtrier d’Iphigénie. Or, voici, d’après les Lois de Platon , 9uel traitement doit être infligé à l’homme convaincu d avoir tué son père ou sa mère, son frère ou sa sœur, son fils ou sa fille : « Les serviteurs des juges et es n^gistrats le mettront à mort et jetteront son cadavre nu dans un carrefour spécialement désigné hors de la ville. Tous les magistrats, agissant au nom de la cité entière, apporteront chacun sa pierre et la lanceront sur la tète du supplicié, afin que la cité entière soit quitte envers les dieux. Puis on le jettera sur les frontières du pays, conformément à la loi, sans sépulture. » Platon ne fait là que transcrire de vieux préceptes probablement empruntés au droit traditionnel des exégètes athéniens.

Mais la lapidation du mort ne sert d’aggravation de peine que dans un cas exceptionnel. La privation de sépulture est bien plus fréquente et peut passer pour une ^ague réminiscence de la lapidation. Il avait toujours été interdit de rendre les derniers honneurs au criminel exécuté par le peuple en masse 8. C’est une des raisons pour lesquelles on l’entraîne ou on va l’attendre quelque part hors de la ville G. Tout au plus accumule-t-on sur le corps, quelquefois encore vivant, assez de pierres pour le recouvrir'; mais, pour qu’il soit enseveli selon le rite, il faut l’ordre formel d’un oracle8. Lorsque la juridiction ordinaire s’étendit aux actes de trahison et de sacrilège, c est-à-direauxcas réglés jusqu’alors par les moyens sommaires, partout elle continua, pour ces deux cas seulement, d aggraver la peine capitale du refus de sépulture9.

Peut-être aussi est-on fondé à croire que les Grecs procédaient parfois à la lapidation fictive du meurtrier inconnu sur la tombe de la victime. En Phocide, à l’endroit où, disait-on, Laïos avait été tué et enterré, on montrait un grand amas de pierres10. N’est-ce pas la même superstition qu’on a observée chez tous les peuples et qui chez les Grecs faisait planter une lance

1A7. 328. — 2 Marc. Argent, ap. Anlkol. Pal. VU, 403, 5. —3 C’est bien l’idée d Euripide (329-331). — 4 ix, p. 873 B-C ; cf. B. Schmidt, l.c. 382-383; de Pastoret Hist. de la législ. IV, 143-144. - » Philostr. fferoie. XI, 11, p. 714 ; Pans. IV, 22,

7 ; cf. Tzetz. ad Lycophr. 1176. — C Quint. Smyrn. X, 155: lier. V, 38; Time. V,

60; Diod. XVI, 31, 1 ; cf. Plat. Legg. I. c. ; Strab. III, 4, 7. — 7 Quint. Smyrn!

X, 158-161 ; Schol. Eurip. Hcc. 1261; Tzetz. I. c. ; Philostr. Vit. Apollon. IV, 10,

3, p. 147. —8 Paus. VIII, 23, 7. —9 Pour la Grèce en général, voir Diod. XVI, 25, cl la légende de Polynicc ; pour Athènes, Xcn. Hell. I, 7, 22; Plut. De ser. mm. vmd. 2, p. 549 A ; Vit. dec. oral. Antipli. 28, p. 834 A ; Dio Chrys. XXXI, p 612 Beiske; Corp. inscr. ait. U, 17,1. 61-63 ; Thuc. I, 138; Eyc. C. Leocr. 89, p. 159 ; cf. Vischer, Rh. Mas. XX (1865), p. 445 s. ; Le Blant, Comptes rendus de VAc. des mser. 1872, p. 377-380 ; Mahaffy, Soc. life in Gr. 266 ; Hager, How were the bodies of crtm. at Ath. disposed of after deatli, dans le Journ. of philol. VIII (ls"), p. 1-13; Lipsius, Jahresber. de Bursian, XV (1878), p. 343; L. Sclimid» hlh. d. ail. Gr. Il, 104. - 10 Paus. X, 5, 4 ; cf. B. Schmidt, l. c. 392 - U a Liebrccht, Zur Volkskunde, Ileilbr. 1879, p. 271-276. - 12 Lex. Segucr. ap. Bekker Anecd.gr. p. 237 30; Etym. Magn. p. 354, 33 ; Harp. s. ; Hellanic. ap. Schol.

;• T ^ ’ V,II> 65 ! (Dcm ) C’ Ever«- <*’ P- "«0 ; Eurip. Troad. .137 .

, °V,d’ Ibls' ■*69-’t/0 et Schol. ; cf. Schneider, Callim. Il, 544. - H lstros, Ti

-7 'Té!5 h “P- HarP- s- ; Cf. Mommsen, Heort. 419;

fnu La ' ;,T\AU'r, "3 ! TÔpfîer’ Th*rgeliengebranchc, dans le RI, Mus.

XLIII (1888), p. 142-145 (Beitr. z. gr. Altertumswiss. 130-133) - 1S Aelian De

nat. anim. XII, 34. - 16 Paus. 32, 2 ; cf. Lenormant, Monogr. de la voie sacrée

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(ÈTreveyxerv Sôpu) 12 sur la tombe des hommes assassinés?

Les cérémonies du culte étaient souvent des occasions de lapidations symboliques. Pendant une fêle d’Abdère 13 pendant les Thargélies de quelque ville asiatique u, on faisait le simulacre ‘d’accabler de pierres le dévoué au nom de tous les citoyens. A Ténédos, le sacrificateur, après avoir immolé la victime, se sauvait comme un meurtrier sacrilège, poursuivi jusqu’au bord de la mer par une volée de pierres inoffensive15. Pour rappeler la lapidation de Damia et d’Auxèsia, on célébrait àTrézène des AtÔoêôXia16. Les Athéniens avaient laBaXXïjtuç l7[BALLÉTYs]oules TÛ7tt«i 18. C’était un combat fictif que se livraient les initiés pendant les Eleusinies 19, probablement sous la présidence du XtOotpôpoç, ce prêtre qui, d’après une inscription 20, servait le culte de Démèter et Corô.

Moins clair, mais bien reconnaissable encore, est le symbole de la lapidation dans certains monceaux de pierres consacrés en guise d’autels. Telle est l’interprétation que les anciens ont déjà donnée des Hermaia et qu’on a rendu très vraisemblable par un ingénieux rapprochement avec les àv«0ép.«Ta de la Grèce contemporaine 21 . Les dieux, disait-on, chargés déjuger Hermès après le meurtre d’Argus, jetèrent à ses pieds leurs tablettes en guise de pierres22, si bien que, par une contradiction fréquente dans l’évolution des légendes, les honneurs rendus au héros rappelaient son ignominie. La même explication est valable pour ces talus de pierres qu’on voyait à Ephèse23, à Troie24, àTlos 25 et à Pharai 2fi, amoncelés en l’honneur d’Héraclès àTrorpoTrocîoç ou àXe?G xaxoç, de Skylakeus et des Dioscures. Gustave Glotz.

Home. — A Rome, il n’y a pas de terme technique pour la lapidation 27 . Le peuple jette des pierres pour exprimer sa haine ou son mépris28, par exemple sur des tombeaux29 et en matière politique, dans des émeutes30 La tradition, représentée surtout par les poètes, considère encore la lapidation comme une peine populaire 31 .

A l’époque historique, ce n’est pas un supplice de droit commun. Cependant, il a été quelquefois infligé à des soldats sous la République32, et même sous l’Empire à des officiers33. On sait que la lapidation fut souvent employée contre les chrétiens. Une loi de Constantin de 315 defend aux Juifs de lapider les Juifs convertis au christianisme34. Ch. Lécrivain.

LAPIDES. AcOot, les pierres. — Ces termes servent à designer toutes sortes de substances minérales dures et

d 406 D H ’ ^ Gfernamen, Bonn, 1896, p. 130. - 17 AU, en. IX, 71, p. 06 D, Hesych. s. ! cf. Ilymn. Ccr. 265-267. - 18 |Icsych. S- Voir

outre les ouvrages mentionnés à l’art, ballztvs, O. Crusius, Beitr. z. gr Religions'

dtTpaulv Wisso ^ Tr * ° 5 ^ Wt- dans .a ReaUEncycl.

de lauly-Wissowa. - 20 Corp. inscr. ait. III, 702, cf. 296 ; voir Vischer Neues

chwexz Mus. III 0863), p. 58; Keil, Philol. XXIII (1866), p. 242 ; Mommsen, //.

I c~m 377 28 P, jC‘( 369'395’ -^Anticlid. et Xanlh. U. ce. ; cf. B. Schmidt,

L c. 376-377. 28 Philostr. Vit. Apollon. V, 10, 2-3, p. 147. — 24 Uellauic an

Tzetz. ad Lycophr. 469 (Millier, Fragm. hist. gr. fr. 138); Apollod. Il, 6 4 cf!

379 "V' C'vul%- r23QUint’ Smyn1’ X’ ,61-16« = cf’ B Schmidt, L e 378- Paus’ V1I« 22’ S- — 27 Lapidat io signifie jet de pierres en général Cic. De domo, 5, 12; C. Th 9 16 31 oS p,„ , 0 , 1 en general

29 Pronorl i H A ilnl 3)’~28flauL loenul- ^ ‘,26; Petron. Sat. 90.

Tria lue «I ’ il ’ 34’ ~ 3° GlC’ J)c domo, 5, 12; Treb. Poil.

6 07- Anu A^/ t lT’ 2 4: Quinti1’ DeClam‘ l-' l2’ ««rat . Epod.

5, 97 , Apul. Metam. I, p. 41 ; 10, p. 690. - 32Poiylj. 6, 7> 35 Liy y 3Q 2

mi cas légendaire, Liv. I, 51. - 33Spart. Pèse. Nig. 3.- 34 Cod. Theod 16 8 I

sanclTe^lT ^ ^ ^ ^opaeas adolescentes

p 120 79 79 B r' ;P- s™1™' Alterthw^de, 2c éd. Halle, 1846,

P 478 480 M ’ R^m0’UniersuchunfJen ab- rôm- Verfass. undGesch. Cassel, 1839,

I» Ci Thoni’s ‘ 7 /’ °T al°,SSa9e Und das Sardon ■ Lack*L Saint-Pctersb. 1851,

p. 64, Thomsscn, Le droit pén. de laRêp. athén. Bruxelles-Paris, 1875, p 33-34 92-93-

GrilchetZf alsrFh«hmale- Bermesheiligtümer und Grabhügel in

Griechenland, dans les NeueJahrb. f. class, Philol. CXLVII (1893), p 309-395

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dénuées d’éclat métallique, mais de densité, de couleur et de nature souvent très différentes, que l’on distingue les unes des autres en joignant aux mots XtÔoç, /apis, des adjectifs qui indiquent l’origine, le caractère apparent ou l'usage ; ces termes s’appliquent alors aussi bien aux matériaux de construction les plus communs qu’aux plus beaux marbres [marmor] et aux pierres précieuses [gemmae]1. Mais, en faisant ces applications, les anciens ont commis dans ce domaine, plus encore peut-être que dans les autres, des erreurs et des confusions qui rendent les identifications souvent très difficiles.

De tout temps, les pierres furent utilisées comme armes de jet; nous voyons les héros d’Homère les lancer avec les mains2; au moyen des plus grosses, ils brisent des portes3. On s’en servit encore à l’époque historique4, mais on les lançait alors avec des frondes5 | fonda] ou au moyen de machines [tormenta]. Le disque des jeux était en pierre chez les Phéaciens6 rmscus].

Les belles pierres susceptibles de recevoir le poli servent de sièges aux grands et aux juges de l’épopée antique7. Les appartements des enfants de Priam sont construits en pierres de ce genre 8.0n ne saurait dire de quelle espèce de pierre il s’agit dans ces passages ; mais il esL intéressant de noter dès cette époque l’emploi de la pierre comme matériel de construction; on en fait déjà des murs de maisons ou de clôture en Punissant au bois9.

Partout, dès que les hommes ont éprouvé le besoin de faire des constructions solides et durables, ils ont eu recours à la pierre et ont utilisé celle qui se trouvait à leur portée10. Les constructions dites cyclopéennes de Mycènes en sont la preuve; ces murailles sont constituées d’une belle brèche dure qui abonde dans les montagnes voisines11. En Attique, on a reconnu l’existence de sept différentes sortes de pierres ou roches propres à la construction, et on les a trouvées toutes dans les édifices d Athènes et de sa banlieue12. De même à Pompéi, on a constaté 1 emploi des pierres qui se trouvaient dans le voisinage ou a peu de distance 13. Les matériaux employés dans les constructions varient donc selon les lieux.

Les anciens nous donnent peu de renseignements précis sur les pierres dont ils se servaient, car ils n’en connaissaient pas la véritable nature. Pour eux, lorsqu’ils es considèrent au point de vue de l’usage qu’on en peut nue, les pierres sont dures ou tendres, faciles ou diffi¬

ciles a travailler, lourdes ou légères, résistantes ou facilement altérables ; elles se prêtent ou non au sciage, à la gravure, à la sculpture ou au travail du tour14. En ce qui concerne la bâtisse, nous voyons dans l’antiquité deux grandes classes : les pierres dures, capables de supporter les intempéries, mais ne résistant pas au feu, et les pierres tendres qui s altèrent aux intempéries, mais résistent au feu 1 Les premières sont des pierres calcaires, les autres des pierres volcaniques 1G.

Tuf calcaire. — L une des pierres les plus répandues dans la nature est le tuf calcaire ( tofus albus ”, parus 18 -Trwpoç 19, Ai 9o; moptvoç 20) ; ce fut une des plus employées en architecture. « C est à peu près la seule matière dont le Grec use dans la Grèce propre et dans ses colonies jusqu’au temps des guerres médiques 21 . » Elle servit à édifier le temple de Zeus à Olympie 22, celui d’Apollon à Delphes dont le 7rpôvaoç seul était en marbre23. On l’assimilait pour la dureté et la blancheur au marbre de Paros, mais le tuf était plus léger24. Un calcaire très estimé était celui que l’on tirait des carrières de Tibur, aujourd’hui Tivoli ( tiburtinus lapis )25, situées non loin du cours de 1 Anio, position favorable à leur exploitation, car elle facilitait le transport des matériaux26, qui furent très employés dans les constructions de Rome. Ce calcaire appartenait au genre modérément dur [temperatum)*1 . On en extrayait un semblable des carrières d’Amiternum, dans le pays des Sabins, et de celles du ‘mont Soracte, en Ëtrurie 28 . Il peut être identifié à la pierre qu’on nomme aujourd’hui travertin 29. Les pierres de cette nature étaient très appréciées pour leur résistance à l’écrasement et pour la manière dont elles supportaient les intempéries, mais elles se désagrégeaient au feu 30. Le tuf blanc ( tofus albus)31, que l’on trouvait en Ombrie, en Picenum et en Vénétie, et qui se coupait avec la scie à dents comme du bois, était vraisemblablement un calcaire tendre 3. La pierre de Tibur a été reconnue dans les matériaux du Colisée et dans ceux du théâtre de Marcellus , on en a aussi constaté l’emploi à Pompéi comme équivalent du marbre 34. Elle a servi souvent pour les parties artistiques des édifices, pour des bases de colonnes, des chapiteaux35, etc. En Grèce, au contraire, le calcaire fut rarement employé pour la sculpture ; on citait à Athènes une statue de Silène en 7rwpoç et les fouilles en ont révélé d’autres spécimens36. En Italie, à Pérouse et à Clusium, on a trouvé des urnes funéraires en travertin, et d’autres

Apides. i AtOoç signifiant pierre précieuse est féminin à l’époque classiqui

— 2 i/'v ,]nSCr' att' ’*> 670’ 9 i 7 1 3, 21, et Riemann, Rev. de Philol. IX, p. 7

V « , ; 270 ; V’ 308 ; XV1’ 740 ; VIII> 327- etc. -3 11. XII, 459. 4 Thucv

3)’17: 4* I',^4’c1 et 2 ; 32’ 4 i *. 2- -s Thucyd. VI, 69, 2; Xen. Anab. il

19°- Dans la môme île, une pierre percée d’un trou se » II VIH63 .“T68’ °d ' XI11’ 77 ' ~ 7 11 XV1II> 504 i 0d- *04 ; VIII, 6. ■

nisch M ’8' 9 X' *’ 212 > Gd. V 185. — 10 Cf. Schubarl dans Rht

12 Perrot et rr °’ P 85’ ~~ ** Sc,lliemann, Mycènes (trad. franc.), p. 81. dieu, Loin, * VArt' l' V11- P- 3‘9- - 13 Nissen, Pompeian. St

HTheophr f i l ’°VerbeCk’ PomPeji (*• éd.), p. 498; cf. Pans. 5, 10, 3. and Kn ns te a/5' ’ et4l; cfH- Blümner, Technologieu. Terminologie dey- Gewen O. I , t m „ T ; -18 VUl'llv- H, 7; Min. XXXVI. 100-167. - 16 H. Blümne vont pour ctésio . ! ' ' • ** 7^’ 7’ e terme totus est employé assez soi

difficile de savo”*^ 'o”6’ Plerre a 4>àtlr > mais cIuand il se trouve sans adjectif, il e aquis U. R i-ii. agit du tuf calcaire ou du tuf volcanique (cf. Frontin. Z texte. Tantôt les / *'"V 7’ 3) > 011 esl réduit à le conjecturer d’après le coi

214; stat. Silv. IV Tw” comme d’une pierre grossière (Virg. Georg. I

Metam VIII soi ’ m " ’ laulôt comme d’une matière polie ou légère; cf. Ovi< substance que Fli,L «J T- ~ 18 Pli“' XXXV1- 13- lsid' 0ri9- VI, 4, 24. L marbre, ne peut et • ^ 6 °ncore Porus’ Jbid. 53, et qui sert au polissage d

Griech. u. Rôm /iT' dl' tuf volcanitlue i cf. Lenz, Minéralogie der alte

— 20 Horod V ^ ’9 Pausan- V, 10, 3; Pbotius, s. v. Mo» *n;ltu.

• -• Anstoph. Fragrn. 429; Poil. VII, 123; Scliol. Arislopb.' a

JVub. 200. On lit aussi ap. Strab, XVII, p. 808, K6ou et dans les Script.

Geoponic. VII, 12, 10, xiOov xoçivov ; cf. Blümner, Op. cit. p. 57, et Letronne, Lettres d’un Antiquaire , p. 438 et suiv. -- 21 Perrot et Chipiez, Op. cit. VII,' p. 319. — 22 Pausan. V, 10, 3. — 23 Herod. V, 02. — 24 pu„. XXXVI, 132. On a supposé que la pierre appelée itoçoç par Théophraste ( Lap . 7) et qui, selon cet auteur, axait la couleur et la dureté du marbre de Paros, mais la légèreté du tuf calcaire (lire ici ïnlpou, mss itoçou), était du marbre; cf. Lenz, Op. cit. p. 17g.

- 23 Vitruv. II, 7, 1. — 26 Strab. V, p. 238. — 27 Vitruv. II, 7, 2. — 28 Id. II, 7, i.

- 29 Lenz, Op. cit. p. 42, 138 et 154; cf. Blümner, Op. cit. III, p. 59, et, 'pour l’étymologie du mot travertin, Nissen, Pompejan. Studien, p. 10. 11 est très vraisemblable, comme ledit Blümner, qu’on a désigné par ce terme non seulement la pierre de Tibur, mais encore le calcaire blanc tendre; cf. Jordan, Topographie der Stadt Rom, I, p. 5, cité par Blümner. — 30 Vitruv. II, 7, 5; cf. Plin. XXXVI 107. - 31 Vitruv. II, 7, 1 ; Plin. XXXVI, 107. Pline (Ibid. 159) signale dans la province de Belgique une espèce de pierre blanche excessivement tendre qui se sciait avec la scie à bois plus facilement que le bois et que l'on débitait en tuiles ou en faîtières pour faire l’espèce de toiture appelée pavonaceum.

- 32 Blümner, III, p. 58, n. 2. - 33 Barbier de Montault, Tableau raisonné des pierres et marbres antiq. employés à la construction et à la décoration des monum. de Rome, p. 5. — 34 Overbeck, Pompeji, p. 499 ; cf. Nissen, Op. cit. p. 20. - 33 Cf. Jordan, Op. cit. et Blümner, p. 59’ -36 Plut. VitaX orator. p. 805 B; cf. Sybel, Katalog, der Skulpt. zu Athen, n° 322 ; bêchât, Les sculptures en tuf de l’Acropole ( Revue arch., 1891).

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laites d'un calcaire jaunâtre en Étrurie *. On extrayait du côté de Mëgare un calcaire conchylien Xi0oç) l 2 ou lumachelle 3 d'une blancheur remarquable et lorl en usage dans cette ville et aux environs 4 *. Selon Pausanias, il n’y en avait nulle part ailleurs en Grèce. Mai* la Sicile en possédait, puisque les temples d’Agrigcnte sont s en csilcciirG cl g cg genre

Tu/ volcanique. — Aux alentours de Rome, près d Albe, a Rubres, à Fidènes chez les Sabins, se trouvaient des carrières d où l’on tirait un genre de pierres tendres, faciles à travailler et qui se comportaient bien dans les • onstr actions, à la condition d'être abritées ; car elles ne résistaient pas aux intempéries et s’effritaient sous l’influence des gelées; elles ne convenaient pas non plus pom les constructions au bord de la mer, le sel exerçant sur elles une action destructrice6. Mais elles avaient’sur la pierre de Tibur 1 avantage de n’ètre pas attaquées par le feu7. Cette pierre d’Albe {lapis albanus )8 * n’est autre que le tuf volcanique appelé pépérin (peperinus °) ; elle •avait servi à édifier le portique de la maison d’Auguste sur le mont Palatin10 * *. En Campanie, on rencontrait un autre tuf de même nature, mais de couleur rouge ou noire ( ruber et niger tofus) 11 . Le pépérin le plus estimé était celui des carrières d’Anicius ( lapicidinae anicianae), situées sur les confins du territoire de Tarquinies, dont les chantiers étaient près du lac de Volsinies et dans ia préfecture de Statonia1-. Cette pierre, qui pour la couleur ressemblait à celle d’Albe 13 * *, résistait admirablement aux intempéries comme au feu ; elle se prêtait bien aux ouvrages de sculpture et ne se dégradait pas à la longue. Au temps de Vitruve, on pouvait voir, dans un municipe qu il appelle Ferentum, d’antiques monuments construits avec cette pierre, qui offraient des sculptures délicates, statues, fleurs, feuilles d’acanthe, parfaitement conservées. Comme elle pouvait supporter une haute température, on en fit encore des moules pour la fonte du cuivre u. Une variété verte, qui était aussi très résistante au feu, ne se rencontrait nulle part en grande quantité, et jamais en masse rocheuse.

Les carrières étaient trop éloignées de Rome pour fournir les matériaux de ses constructions ls. Celles de Rubres et de Fidènes, et surtout celles de Gabies, situées près du cours de l’Anio en aval de Tibur, qui fournissaient une pierre rouge estimée16, ont été le plus mises à contribution.

On savait bien qu’une partie de ces pierres volcaniques

extraites dans le voisinage de Rome ne résistaient pas à l’action du temps, mais on ne pouvait les reconnaître à première vue ; aussi, avant de les mettre en œuvre, fallait-il les éprouver. Pour cela, après les avoir extraites de la carrière pendant l’été, on les laissait durant deux années dans des lieux découverts à l’injure du temps; on en faisait ensuite le triage. Les pierres lésées étaient réservées aux fondations, les autres servaient pour les parties des bâtiments qui s’élevaient au-dessus du sol. Cette épreuve s’appliquait aussi bien aux moellons ( caementa ) qu’aux pierres de taille ( lapides quadrati )17.

Ces divers tufs volcaniques ont été reconnus dans les constructions de Rome et de Pompéi. On a tiré du tombeau des Scipions, sur la voie Appienne, un sarcophage en pépérin aujourd’hui au Musée du Vatican 18.

Les pierres dont nous venons de parler sont relativement tendres et en tout cas assez faciles à travailler ; mais les anciens, notamment en Italie, avaient à leur portée, en quantité considérable, une matière dure, difficile à tailler, et, par cela même, très résistante, la lave (pua?) 19. Ils l’ont rarement employée sous forme de pierres de taille, mais ils l’ont débitée en moellons et en fragments irréguliers qui ont trouvé place dans la construction des murs; ils en ont tiré des cippes, des bornes, plus rarement des pieds-droits et des piliers, beaucoup de dalles de seuils et de trottoirs, et Font utilisée surtout au pavage des rues 20 .

C est la lave basaltique qui, avec certains tufs volcaniques et une espèce de ponce [pumex], constitue la pierre à meules [mola] des anciens (guMaç MO oç, [auAity^ AtOoç, guAoç, lapis mola ris) - 1 . La lave de 1 Etna est expressément indiquée par Strabon comme pierre à meules22. D’après Varron, cité par Pline l’Ancien23, les meules tournantes auraient été inventées à Volsinies en Étrurie; or le territoire de cette région est volcanique 24. La meulière italienne, d’après Pline, qui a soin de nous avertir que ce n’est pas une roche, était la meilleure de toutes23; il ajoute un peu plus loin que parfois cette pierre ne supportait pas les intempéries, ce qui fait songer à un tuf volcanique. Quelques-uns avaient donné à la meulière dure le nom de pyrite 26 [igniaria]. En dehors de l’Italie, on trouvait de la pierre àmeules à N isyros, le sol de celte île, qui est volcanique, en était formé 21. Strabon fait mention d’une carrière de ces pierres (gûAcov) au promontoire de Mélaene (M'éXatvoc) en Asie Mineure28. Ces pierres servaient encore dans la métallurgie

l O. Müilcr, Etrusker (2« édit,), l. 1, p. 229 ; cf. Blünmcr, Op. cit. p. G I ausan. I, 44, G. Ce genre de calcaire est appelé xoyjjuMaç MO

par Hesychius, s. v., qui le déclare dur, tandis que, selon Pausanias, ccl

do Mégare était tondre ; par Poilu*, Vil, 100, qui cite Aristophane (cf. f 240L •/oy/uMiTïi; MOo; par Xénophon, Anab. III, 4, 10, qui rapporte que

base des murs de Mcspila, en Médie, était laite de ce calcaire poli, et par Philostrat

l il. Apoll., Il, 20. — 3 0. Müllcr, Handbuch der Archàol. p. 208. 4 0

scst demandé si les signa mcgarica dont parle Cicéron, Ad. AU. 1, 8, u étaient pc sculptés dans cette matière; cf. Blümner, III, p. 59, note 7.-5 Blümnci

p. 59. — G Vitruv. 11, 7, 2; Plin. XXXVI, 160-167; Colum. De re rust. II 11,7. Lorsque, faute d’autres matériau*, on était obligé de recourir à ceux-ci, o protégeait les murailles en les enduisant de poix, comme à Carthage; cf. Plin. loi cit- 1 Tacit. Annal. XV, 43, -- 8 Plin. Ibid. 1G7. — 9 lsid. Orig. XIX, H

8 ; cf. Blümner, 111, p. 63. — 10 Suelon. Octav. 72. — 11 Vitruv. II, 7, 1. D’aprè

Barbier de Montault (Tableau rais., p. 5), le tuf rouge a été employé à la cons

truction des fondements du temple de Vesta, à celle des murs et de plusieur

colonnes du temple de la Fortune virile; les colonnes du temple d’ilcrculc ,

Saint- Nicolas di Cesarini, seraient aussi faites de cette pierre. — 12 Vitruv. II, 7, 3

— 13 Vitruve, qui fait ce rapprochement (II, 7, 3), ne dit pas quelle était la co’uléui

de la pierre d’Albe, qui, d’après Barbier de Montault, p. 4, est une piern

volcanique de couleur verdâtre, formée de cendres agglutinées et de caillou* noirs.

Blümner suppose (III, p. 64; qu’il s’agit ici du tuf volcanique dur cl de couleur

gris foncé appelé aujourd’hui nenfro. Quant à Pline (XXXVI, 168), en parlant de ces pierres qu il appelle silices , il dit nonnusquani vero et albi sicut in Tarquiniensi Anicianis lapicidinis. — 14 Vitr. II, 7, 4. — 13 Id. II, 7, 5. 10 Strabo V, p. 238 ; Tacit. Annal. XV, 43. Strabon dit que cette pierre est rouge (if utfoff TuyoïxÉvou) ; les autres auteurs sont muets sur ce point. Selon Barbier de Montault (Op. cil. p. 4). la pierre de Gabies est de couleur cendrée avec quelques taches noires ; il y en a aussi de couleur jaune foncé et jaune clair. La voûte de la cloaca maxima, le tabularium du Capitole et les murs du forum de Nerva seraient, d’après lui, en pierre de Gabies. — 17 Vitr. II, 7, 5; Plin. XXXVI, 170. — 18 Barbier de Montault, Op. cit. p. 4; Jordan, Op. cit. I, 5; Ovcrbcck, Pompeji, p. 498; Nissen, Op. cit. p. 14 et suiv. ; Lenz, Op. cit. p. 43, n. 138; cf. Blümner, III, p. 64. — 19 Strab. VI, 269. — 20 Overbeck, Op. cit. p. 498 ; Nissen, Op. cit. p. 5 ; cf. Blümner, 111, p. 65. — 21 Tbeopbr. Lap. 9 ; Slrab. VI, p. 269 ; X, p. 488 ; XIV, P' 645 ; Galen. Gloss. Hippocr. XIX, 118; Procop. Debell. Golh. I, 14 ; Plin. XXXVI, 37; Quintil. Inst. or. II, 19, 3; cf. Blümner, Op. cit. I, p. 29. - 22 Strab. VI, p. 269; cf. Lenz, Minerai, p. 150, n. 545. — 23 Plin. XXXVI, 135. — 24 Mongcz, Mém. de l’Instit. III, p. 464. — 25 Plin. Ibid. I3G. — 26 IJ, Ibid. 137. 27 Strab. X, p. 488; cf. Ross, Insel Iteise, II, 69. — 28 Strab. XIV, p. 645. O11 a supposé, d’après le nom du promontoire, qu'il y avait là des carrières de basalte noir ; cf. Mongez, M é ni. de llnst. III, p. 458. Les meules de couleur noire, dont parle Ovide (Medicam. faciei, v. 58), fout aussi songer à la même espèce de pierro.

LAP

Où on les adjoignait aux minerais comme fondants .

On a constaté à Pompéi l’emploi de la ponce [pumex] comme pierre à bâtir; elle entra notamment dans la construction des voûtes; elle trouva place aussi dans celle des murailles avec les scories volcaniques2.

D’après ce qui précède, on voit que la lave basaltique et le basalte lapis acthiopicus ) ont été connus

des anciens. Du reste, on a conservé de nombreux ouvrages de sculpture en basalte noir et vert représentant surtout des types égyptiens ou des sujets égyptiens 3. Pline ne parle que du basalte noir, qu’il décrit comme une pierre extrêmement dure et couleur de fer trouvée par les Égyptiens en Éthiopie4. A ce propos, il fait mention d’un bloc énorme de cette substance d’où l’on avait tiré un groupe sculpté représentant le Nil et ses enfants, qui fut consacré par Yespasien dans le temple de la Paix8. C’est bien au basalte que paraît s’appliquer la description de Strabon6, d’après qui cette matière entra dans la construction de la troisième pyramide jusqu’à mi-hauteur environ7. On tira du basalte des mortiers pour usage pharmaceutique 8, des moules de fondeurs [forma, p. 1245] 9 ; peut-être aussi s’en servit-on comme

de pierre de touche [coticula].

On a utilisé dans le bâtiment et dans les arts d’autres pierres, dont quelques-unes, très dures, se rencontrent en blocs assez considérables pour fournir des obélisques, des colonnes, etc. Nous les énumérons dans l’ordre alphabétique.

Lapis Claudianus. — Cette pierre était tirée d une carrière ouverte au commencement du règne de Claude, danslaThébaïde, en un endroit qui fut appelé aussi mons Claudianus 10. C’était un granit gris dont on fit des colonnes et des pilastres. Des blocs de ce granit ont été trouvés sur les lieux mêmes et à Rome11.

Lapis Lacedaemonius . — Cette pierre dure, verte et de l’aspect le plus riant, que Pline range parmi les marbres12, était, selon toute vraisemblance, un porphyre mêlé

i Theoplir. Lap. 9 ; Lenz, Op. cit. p. 18, pense Lien qu'il faut entendre ici les pierres volcaniques qui abondent dans un certain nombre d îles grecques. 11 ajoute que Mélos et Cimolos fournissent encore de nos jours de bonnes pierres à meules. La pierre à meules des anciens ne doit donc pas être confondue avec notre pierre meulière, qui est un calcaire siliceux. — 2 Overbcck, Op. cit. p. 49b» ; cf. Blümner, 111, p. G5. Pline en a signalé l’emploi dans la construction de grottes artificielles (XXXVI, 154); cependant Lenz (p. 151) pense qu il est question, ici, du tuf calcaire poreux. — 3 Blümner, t. III, p. 25. Figure de Satyre au Aatican, Clarac, Mus. de sculpt. pl. dccxv, n. 170G ; Ilclbig, Führer , 398 a ; vases, cuves, etc. Clarac, I, 170. — 4 Plin. XXXVI, 58. — 5 Pausanias (VIII, 24, 12) rapporte que l’on avait l’habitude de faire les statues du Nil on pierre noire (p.é)tavoç MOou). Chez Cosmas Indicoplcustes (Montfaucon, /Y ov. Patr. coll.), II, p. 140 D, il est question d’une statue ([xà^a^ov) PacraviTou )aôou. — G Strab. XVII, p. 818; cf. Lenz, Op. cit. p. 67. — 7 Id. XVII, p. 808. — 8 Plin. XXXVI, 157; Strab. XVII, p. 808. Cependant Pline, ici, fait une différence entre la pierre basanite et la pierre d’Éthiopie. Sidoine Apollinaire (XI, 17) paraît la considérer comme une sorte de marbre. Il est vraisemblable, comme le pense Blümner (III, p. 24), que ce terme pa<ravcTYi; a pu être appliqué à d’autres pierres noires et dures.

9 Deux de ces moules ont été trouvés à Mycènes ; Schliemann, Mycènes (trad. franc, p. 177, 178); cf. Blümner, t. IV, p. 237. — 10 Jul. Capitol. Gord. 32 ; Orelli , Inscr. lat. 3508; Lctronne, Rec. des inscr. d'Égypte, I, 158; Bruzza, Annal, del Institut archeol. 1870, p. 121. D’autres carrières furent ouvertes non loin de Philac sous le règne de Scptime Sévère; cf. Orelli, 1243. — H Bruzza, Ann. P- 200, cité par Blümner, Op. cit. p. 13. Les pierres tirées d’Égypte sont quelquefois désignées dans les textes par l’adjectif ouyûistios, aîyyircta, joint au mot XîOoç ; cf. Paus. I, 18, G; Poil. VII, 100; Thémistius {Or. XIII, p. 179 a) fait mention de vtôveç ctlpic-ctcu ; Sénèque {Epist. CXV, 8) de columnae ex aegyptiis arenis adveclae. L’Égypte ayant fourni au monde ancien du basalte, du granit et du porphyre, il est impossible de tenter une identification sur des données aussi vagues; cf. Blümner, Op. cit. III, p. 12. —12 Plin. XXXVI, 55; Isid. Orig. XVI, 5, 2. — 13 Cl. Zirkcl, Pétrographie , II, 54, cité par Blümner, III, 19 ; Hermann, Privatalterth. (3e éd.), p. lo. — H Stat. Silv. \, 2, 148; 5, 40; II, 2, 90; Mart. IX’ 75, 9; Prudent. C. Symmacli. II, 247; Sid. Apoll. Carm. 5, 38 ; 22, 139; 11, Epist. II, 2; II, 10; Paul. Silent. II, 212 ; Procop. De aedific. I, 10. l’opinion de Blümner, qui pense même que la simple mention de marbre

— 16 C'est l'<

LAP

de cristaux de labrador13. Les écrivains font souvent allusion à la couleur et à la dureté des pierres de Laconie ou de Sparte14, et il est probable que dans la plupart des passages il s’agitde ce porphyre18. C’est la pierre des carrières de Crocées (Kpoxéat), pierre difficile à travailler dont Pausanias vante la valeur décorative16; elle entrait avec d’autres dans l’ornementation d'un superbe établissement de bains construit à Corinthe par un certain Euryclès de Sparte11; elle avait encore servi à exécuter une statue de ZeùçKpoxsatTV); érigée à Centrée de la ville de Crocées. Sous Iléliogabal, on l’employa au pavage des cours du palais impérial18. Les carrières ont été retrouvées de nos jours, ce qui a permis d’identifier la pierre de Pausanias avec le lapis lacedaemonius de Pline, et d’affirmer que cette pierre était un porphyre. C’est celui qui est connu sous le nom de porphyre vert antique 1J.

Un autre porphyre vert, celui d’Atrax, en Thessalie (Xtôoç OeTtaX-/])20, ne paraît pas avoir été connu des Romains. C’est surtout à l’époque byzantine qu’il fut employé ; trois variétés de ce porphyre entraient dans la décoration de l’église de Sainte-Sophie 21 ; on en fit aussi des sarcophages pour les empereurs de Byzance22.

Optâtes 23 (ôtpt'TY)?24), serpentin ou granit. Cette pierre devait son nom à ses taches qui rappelaient celles de la peau des serpents. Les anciens en connaissaient trois variétés, une lourde, noirâtre et dure20, que 1 on croit être un granit26; une autre couleur de cendre, appelée aussi tephrias, ou encore Memphites, du lieu où on la trouvait-1 ; celle-ci paraît être un porphyre gris28 ; enfin une blanche dont on faisait des vases divers ( vasa et cados )29-.

Les poètes ont fait mention de l’ophite dans les descriptions d’édifices somptueux33; mais, au dire de Pline, on n’en pouvait faire que de petites colonnes31; on possède des vases de cette pierre qui a été aussi employée pour des pavages de luxe 32.

Phengites 33 — Ceci est un minéral que l’on

n’a pas pu identifier avec certitude38 [alabaster].

ou de pierre de Lacédémone ou de Sparte doit être ainsi interprétée ; ce qui est aller un peu loin, puisque les carrières du Péloponnèse fournissaient des marbres noirs et des rouges ; cf. Blümner, p. 21. Il suppose encore que les carrières du Taygète dont Strabon (VIII, p. 3G7) rappelle la récente ouverture par les Romains, sont précisément celles de Crocées, et il étaye cette supposition du vers de Martial (VI, 42, 1 1), Illic Taygcti virent metalla , où il s'agit de la décoration d’un bain. - 16 Pausan. III, 21, 4. — H Id. II, 2, 5. — 18 Lamprid. Hel. X, 12.

— 19 Fiedlcr, Iteise durch Griechcnland , I, 320; Curtius, Peloponn. 1,34; 11, 260; Bursian, Geogr. II, 100; cf. Blümner, III, p. 20; Corsi, Op. cit. p. 206; Dclesse, Ann. des mines, XII (1848), p. 195 et s. — 20 p0U. VII, 100; Gregor. Nyss. (Migne), t. XLIV, p. G56 c; Paul. Silent. I, 255; Salmas. Exercit. plinian. p. 495 B. On n'en a pas retrouvé les carrières ; cf. Blümner, III, p. 22. — 2! Paul. Silent. II, 225. — 22 Tafel, De marmore viridi veterum, cité par Blümner, III, p. 22, note 4. — 23 Plin. XXXVI, 55. — 24 Dioscor. V, 161 ; Galen. XII, p. 206.

- 25 C'est Dioscoride qui en décrit trois sortes, une lourde et noire, une de couleur cendrée et mouchetée, une troisième piquetée de blanc ; Pline (g 56) n'en connaît que deux, une qui est blanche cl tendre, une autre qui est noirâtre et dure ; on peut identifier celle-ci avec la première de Dioscoride. — 20 Lenz, Op. cit. p. 39.

— 21 Blümner (III, p. 20) fait observer que, dans le voisinage de Memphis, il n’y a pas de carrières de serpentin. Lucain qualifie l’ophite de Tliebanus, Phars. IX,

714. 28 F. Corsi, De pietre antiche, p. 209. — 29 Plin. XXXVI, 158; Blümner

(p. 25, n. 2) suppose que cette dernière était une variété de syéuite ou peut-être de stéalite, dont la couleur est d’un vert clair et blanchâtre. — 30 Stat. Silv. I, 5, 35; Mart. VI, 42, 15. — 31 Ceci peut servir à confirmer l’opinion que l'ophite est une espèce de serpentin, attendu que cette pierre ne peut s’exploiter en gros blocs; cf. Blümner, III, p. 26, n. 1. — 32 Corsi, Op. cit. p. 158; Clarac, Mus. de sculpt. I, 184; cf. Barbier de Montault, Op. cil. p. 32. On a retrouvé dans l'île de Ténos des carrières antiques de serpentin vert ; cf. Blümner, III, p. 20, et Fiedler, Deise in Gr. II, p. 250. — 33 Plin, XXXVI, 163. 34 Pscudo-Chrysost. VIII, 664. — 35 Blümner, III, p. 68; Lenz (Op. cit. p. 153) la regarde comme un spath calcaire incolore, ce qui ne s’accorde pas tout à fait avec la description de Pline; Hase ( Thesanr . t. VIII, p. 690 B) croit que c'est l’espèce de mica appelée verre de Moscovie ; ce serait alors une pierre spéculaire (voir plus loin). On a aussi pensé à un albâtre gypseux [ai.abaster].

LAP

LAP

Porphyrites 1 (Tuopyuprnriç XtOoç2). — Cette substance* appelée aussi purpuritis 3 * *, Av/m’ purpureus\ marmor porphyreticum6 *, est le porphyre rouge6. Pline le décrit comme un marbre d’Égypte dont une variété tachetée de points blancs était appelée leptopsephos.

C’est seulement, à ce qu’il semble, sous le règne de Claude que le porphyre fut connu des Romains, lorsque Vitrasius Pollion, procurateur d’Égypte ', envoya à Rome des statues de cette matière, qui, d’ailleurs, ne furent pas goûtées. On ne sait s’il entra, dès cette époque, dans les constructions romaines; mais Lucain le fait figurer dans la description du palais de Cléopâtre8. Au u° siècle, le porphyre fut très recherché9, et sous Antonin le Pieux on en exploita en Arabie des carrières où travaillaient des forçats10. Cette matière se taillait surtout en colonnes quelquefois monolithes, les carrières pouvant fournir des blocs de toutes grosseurs ; Héliogabal Punissait au porphyre vert pour le pavage des cours du palais impérial ; on le sculpta et l’on en fit des bustes, des ligures entières [acrolithus, fig. 69 ; lingulum, fig. 1503], des baignoires, des sarcophages [sepulcrum], des vasques [labrumj et toutes sortes d’objets de luxe11.

Silex. — Ce mot ne désigne pas chez les Latins une pierre spéciale, ipais en général touLe pierre dure12, sous quelque forme qu’elle se rencontre : le caillou à l’aide duquel on pouvait faire jaillir des étincelles13, le roc qu’il faut briser dans une mine, le calcaire 14 *, le tuf volcanique 1 6 appelé pépérin16, le marbre17, la pierre dont on faisait des meules l8, la lave qui servait à paver19, et telle matière minérale qui, en se décomposant, pouvait servir à l’amendement d’un terrain20.

On appelait lapides silices les pierres conservées dans le temple de Jupiter Feretrius , qui servaient aux cérémonies du sacrifice, lors de la conclusion des traités21.

Lapis specularis 22 (-rboia^avsi;23), mica24. — Les plaques, qui peuvent se diviser en lames très minces, ont été longtemps, mais non exclusivement, employées en guise de vitres [fenestra, p. 1039]. On a cru longtemps que les anciens n’en connaissaient pas d’autres; maison a découvert à Pompéi et à Ilerculanum des fenêtres garnies de

1 Plin. XXXVI, 57. — 2 Euscb. De Mart. in Palaest. 8, el ropsuçïTt;,

Arislid. Or. XL VIII, p. 319. — 3 Isid. Orig. XVI, 5, 5.-4 Luc. Phars. X, 116;

Stat. Silv. I, 2, 150. — 5 Suet. Ner. 50; Ael. Lamprid. Alex. Sev. 25.

— 6 Bliimner, Op. cit. III, p. 15. — 7 Plin. XXXVI, 51. Les carrières de

porphyre étaient en Égypte au lieu dit Mons Claudianus, entre Myos,

Ilormos et Coptos; cf. Corp. inscr. gr. III, 4713; Lelronne, Inscript. d'Égypte,

1, 136, 153 et 170, Bruzza, Annal, del Instit. archeol. 1870, p. 170. Il est question

dans Ptolémée, IV, 5, 27, d un xofïuçîti r,ç ôjoç en Égypte. Ces carrières ont été retrouvées en 1832; cf. Joum. of the royal geograph. Society of London, 1832, el G. Schweinfurth dans Naturwissenschaftl. Beitr. zur Geogr. u. Kulturgesch. p.95. On peut voir des allusions au porphyre rouge d'Égypte chez Prudence, C. Sxjmm. Il, 248 ; Sid. Apoll. 5, 34; 11, 18; 22, 141; Paul. Silent. I, 214. — 8 Luc. I. I.

9 Visconti, Mus. Pio-Cteni. VI, p. 228 et s. Mongez, Iconographie , II, p . 240, fait remarquer que les Égyptiens ont travaillé cette matière de tout temps. Un fragment de porphyre sculpté a été trouvé à Mycènes, Scldiemann, Mycènes, p. 10G.

10 Aristid. Or. XLVIII, p. 349 ; cf. Blümner, Op. cit. III, p. 16. Sous Dioclétien,

des chrétiens furent occupés à celles de la Thébaïde; cf. Euseb. I. I., et plus tard

encore dans celles de la Pannonie; cf. Passio Sanctor. IV coronator. c. 2, in

Büdingers, Vntersuchung. z. rôm. Kaiserzeit, III, 323 et s. — U Jul. Capit. Anton.

11; Corp. inscr. gr. II, 3148; Vopisc. Prob. c. 2; Claudian. In Ruf. Il, 135;

Lamprid. Hel. c. 24. — 12 plin. XXXVI, 171. — 13 Virg. Georg. I, 135; Plin. VII,

1+ Plin. XXXIII, 71. — 15 Vitruv. II, 5, 1 (il parait s’agir d'un calcaire

coloré); Plin. XXXVI, 174. — 16 Plin, XXXVI, 1G8. — 17 Ibid. 135. — 18 Virg.

Moret. 22 et 27. — 19 JUv. Sat. VI, 350. - 20 Colum. De re rust. Il, 11, 7. Voir

encore à ce sujet Lenz, Op. cit. p. 48 et 154; 0. Muller, Etruslcer, I, 228; Bliimner,

Op. I. III, p. G2, n. 4. - 21 Tit. Liv. XXX, 43. Plus tard on dit au singulier lapis

silex (Fest. Epit. p. 92). C’est cette pierre que saint Augustin appelle Lapis Capi-

tolinus (De civ. D. II, 29); cf. J. Marquardt, Le culte chez les Rom. (trad. fr.),

t. II, p. 153 ; Bouché-Leclerq, Man. des Inst. rom. p. 543 [petiai.es, p. 2000].

— 22 Pün. IX, 113; XXXVI, 160. — 23 Galen. (éd. Kiilm), t. XIII, p. G63.

vitres en verre; aussi ne peut-on plus considérer maintenant specularia que comme une expression générale qui sert à désigner les vitres, qu’elles soient de mica ou de verre. Les vitres de mica ont été les premières connues et les plus longtemps employées probablement; car, il y a lieu au moins de le supposer, le prix en devait être moins élevé25. Les pierres qui les fournissaient se tiraient de l’Espagne citérieure, de Cappadoce, de Sicile, de Chypre ; il y en avait aussi en Afrique26. Celles d’Espagne, qui ne se rencontraient que dans un rayon de cent milles autour de la ville de Segobriga, étaient préférées comme plus transparentes27. On les obtenait en fragments de cinq pieds de long au plus. Leur extraction était difficile; il fallait creuser des puits très profonds, etsouvent la pierre était enfermée dans la roche28. En Cappadoce, on les extrayait en masses assez grandes et, bien que cellesci fussent peu transparentes, elles étaient l’objet d’un commerce d’exportation important29. Celles qu’on trouvait en Italie sur le territoire de Bologne étaient petites et tachetées30. Quant à la pierre spéculaire avec laquelle on fabriquait du plâtre [gypsum], ce n’était pas du mica, mais du gypse cristallisé, ou du spath gypseux31.

Les déchets et les rognures de cette substance furent aussi utilisés : on les répandait sur le grand cirque à l’époque des jeux pour lui donner un éclat agréable32.

Syenites 33, Thebaicus lapisu, granitrouge de Syène 3 \

— Cette pierre, exploitée en Thébaïde aux environs de' Syène 36 et que l’on avait d’abord appelée pyrropoecilos, puis psaranos 37 (dénominations qui, vraisemblablement, s’appliquent à deux variétés), ne doit pas être confondue avec la syénite des modernes38.

Pline rapporte que les Égyptiens taillèrent dans la pre.mière sorte un grand nombre d’obélisques 39 et que la syénite entra en gros blocs dans la construction du labyrinthe d’Égypte40; en dehors de ces ouvrages, il ne fait mention de son emploi que pour les mortiers destinés à piler les préparations médicinales et les couleurs41. On peut cependant penser, d’après Stace 42, qu’elle eut une place dans les constructions romaines, et cette opinion est confirmée par les restes du forum de

— 24 Lonz, Op. cit. p. 152-153; Blümner, Op. cit. I. III, p. GG. — 23 J. Marquardt,

Vie privée des Romains (trad. fr.), t. II, p. 421. — 26 Plin. XXXVI, 160 ; cf. Isid. Orig. XVI, 4, 37. — 27 Plin. III, 30; XXXVI, 160 ; XXXVII, 203. - 28 Pljn. XXXVI, 161. 29 Plin. I. I . ; Strab. XII, p. 540. — 30 Plin. /. I. Il savait qu’on trouvait

aussi du mica noir; cf. § 1G2. — 31 Plin. XXXVI, 182; cf. Lenz, Op. cit. p. 155. Ceci montre que, le cas échéant, on a confondu le mica avec le gypse cristallisé et le spath gypseux ; celte confusion est encore confirmée par l’observation du § 16f que la moelle des os des animaux tombés dans les puits se transformait en pierre spéculaire; ceci, comme le fait remarquer Lenz (p. 153), ne s’applique qu’au gypse. D’autre part, la remarque du § 162, que la pierre spéculaire blanche, quoiqu’elle soit très tendre, résiste bien aux intempéries et ne se dégrade pas, ne convient qu’au mica. — 32 Plin. Ibid. 162. — 33 Plin. XXXVI, 03. — 34 Ibid. 157.

— 35 Lenz, Op. cit. p. 143, 145 et 152 ; cf. Bliimner, III, p. 1 1 et 14; Lelronne, Inscr. de l'Égypte, I, 446; Bruzza, Ann. del Instit. Archeol. 1870, p. 168.

— 36 Aujourd'hui Assouan; cf. Blümner, III, p. 2, n. 1. En dehors de l’Égypte, ou a trouvé dans les îles d’Elbe et de Giglio, l'ancienne Igilium, les restes de carrières de granit exploitées par les Romains; cf. Blümner, III, p. 13; Corsi, Dell.pictre antiche, p. 220; O. Müller, Etrusker, p. 230 ; Bruzza, p. 169 ; Platner, Beschreibung Roms, I, 349. — 37 Blümner fait observer que cos deux termes pyrropoecilos et psaranos sont en désaccord, le dernier ne pouvant signifier qu'une sorte de gris pommelé. On doit donc entendre par pyrropoecilos un granit rouge moucheté de blanc et par psaranos un granit blanc et noir (quartz blanc semé de mica noir ; cf. Barbier de Monlault, Tableau rais. p. 35), comme celui des colonnes du forum de Trajan; cf. Corsi, Op. cit. p. 213. — 38 Cf. Blümner, Op. cit. III, p. 12, n. I. Cette pierre, qui est un mélange de feldspath el d’amphibole, ne paraît pas avoir été distinguée du granit. Cependant les Romains l’ont exploitée, puisqu’on a trouvé dés carrières de syénite à Felsberg (Hesse); cf. A. von Cohausen et E. Wôrner, Rômische Steinbrüche auf dem Felsberg, et Blümner, p. 15. — 39 Plin. XXXVI, G4 sqq. — 40 Ibid. 86. — 41 Ibid. 157. — 42 Stat. Silv.

Il, 2, 86 ; IV, 2, 27.

LAP

Traian On en fit encore des pavages, des baignoires, etc.1.

I es Grecs ne paraissent pas avoir exploité le granit2.

Thebaicus /apis. - La pierre thébaïque semee de gouttes d’or (inter stinctus aureis guttis) que l’on trouvait, selon Pline, dans une partie de l’Afrique dépendante de l'Égypte, et qui servait à faire des mortiers pour préparations ophtalmiques 3, est, pour les uns, un serpentin tacheté de mica*, pour les autres un granit avec

des cristaux de pyrite jaune '.

Il y a beaucoup d’autres pierres qui ne paraissent pas avoir figuré dans les constructions ; quelques-unes ont été employées par des artistes et un certain nombre sont intéressantes à divers titres; nous ne mentionnons que les plus connues.

Arniantus [asbestus].

Aetites 6 (àextVrjç)1, Aétite, pierre d aigle, géode Les anciens croyaient que l’on trouvait ces pierres par deux, l’une mâle, l’autre femelle, dans le nid des aigles9, où elles exerçaient une action fécondante sur les œufs. Ils en reconnaissaient quatre espèces : l’aétite d Afrique, regardée comme femelle, petite et tendre, à l’intérieur de laquelle on trouvait une argile blanche et suave ; l’aétite d’Arabie, considérée comme mâle, dure, semblable à une noix de galle ou un peu rousse, qui renfermait une pierre dure10; ces deux étaient globulaires. L’aétitc de Chypre11, semblable à celle d’Afrique mais plus grosse, était tendre et s’écrasait facilement entre les doigts ; on trouvait à l’intérieur du sable et de petits cailloux. La quatrième sorte, blanche et ronde, appelée taphiusius , du nom du lieu où elle se rencontrait, entre Ithaque et Leucade, renfermait une pierre allongée appelée callimus. On attribuait aux aétites une influence sur la grossesse et la parturition 12.

Arabus lapis13 (àpaêocoç Xîôo;1*). — Elle est donnée comme une pierre semblable à l’ivoire qui, calcinée, fournissait un bon dentifrice. On a soupçonné que c’était un silicate de magnésie15.

A ss ius lapis, lapis sarcophagus 16. — On ne peut se prononcer au sujet de cette pierre qui se tirait d’Assos, en Asie Mineure. D’après la description de Pline, elle était déstructuré schisteuse et elle aurait eu la singulière propriété de consumer en quarante jours les cadavres dont elle formait le cercueil17 ; les dents seules échappaient à son action. De plus, elle passait pour pétrifier tous les objets enfermés avec le corps. Enfin, elle entrait dans une composition contre la goutte18.

Cadmea , cadmia 10 (xaop.sîa Xtôoç20). — Oxyde de zinc

1 Blümner, p. 14, mentionne d’après Winckclmannune baignoire sculptée en granit vert sombre tacheté de blanc. — 2 Blümner, p. 13, n. 6, fait remarquer, d’après Fiedler ( Iteise durch Griechenland), que les colonnes de granit de Délos, toutes de 1 époque romaine, ne sont pas en granit indigène. — 3 Plin. XXXVI, 63. — 4 Lenz, Op. c'd. p. 1 43. — 5 Blümner, Op. cit. 111, p. 12, n. 3. — 6 Plin. XXXVI, 149.

— 1 Bioscor. V, 1G0 ; Aelian. Nat. anirn. I, 35. — 8 Lenz, Op. cit. p. 151.

— 9 Plin. X, 12; XXX, 130. — 10 La description de celle-ci se rapproche de celle

de 1 aétite proprement dite des minéralogistes modernes, qui est une variété de ümonite (sesquioxyde de fer hydraté); cf. Ch. d’Orbigny, Dictionn. d’I/ist. nat. s. e. Aétite et s. v. Géode ; Pelouzc et Frémy, Traité de chimie , t. III, p. 221.

— 11 l'Un. Ibid. 150. — 12 Pli„. a . cc.; Aelian. I. I. ; Diosc. I. I. — 13 Plin.

XXXVI, 153. — 14 Dioscor. V, 148. — 15 Lenz, Op. cit. p. 78. Pline (§ 62) cite une autre pierre d’Arabie d’une blancheur remarquable qui servait à conserver les parfums. Lenz (p. 142) la regarde comme un marbre. - 10 Plin. II, 211 ; XXXVI, 131; Tlieophr. De igné, 46, où iv xùxko, a paru devoir être corrigé en 1» “Aam? ; cf. Blümner, Op. cit. lu, p, oo — n Lenz, Op. cit. 148, croit qu'il s'agit d’un calcaire récemment calciné que l’on mettait dans le cercueil ; mais ceci ne s'accorde pas avec les données des anciens. Hermann, Privaltalterthüm. p. 377 (3» éd.l, pense a un schiste alumineux. On ne peut faire que des suppositions au sujet de cette pierre et d’autres du même genre, trouvées en Lycie, qui, attachées à des per-

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sublimé dans le traitement des minerais zincifères employés pour la fabrication du laiton ( aes )-'. Le mot cadmea signifie encore, chez Pline, le minerai zincifère lui-même, c’est-à-dire la cadmie naturelle qui était vraisemblablement la calamine (carbonate de zinc natif) oula blende (sulfure de zinc naturel22).

La cadmie artificielle était un sous-produit de la fabrication du cuivre {aes) ou plutôt du laiton ; elle provenait de la cadmie naturelle 23 , « pierre nécessaire aux fondeurs », dit Pline2*; il se formait ainsi dans les fourneaux pendant l’opération une nouvelle cadmie, qui devait son nom à son origine.

Cadmie artificielle. — On distinguait plusieurs genres de cadmies artificielles, qui avaient des qualités différentes selon la place où elles se déposaient dans les fourneaux. La plus légère, appelée capnitis , se recueillait à l’orifice supérieur; elle semble n’avoir pas été prisée. La meilleure était celle qui s’amassait à la voûte du four et y était comme suspendue ( dependens ); sa position et la forme qu’elle affectait (jüoxpiKÔÔTj;) lui avaient fait donner le nom de botruitis ((3oxpuïxtç). Une troisième, dénommée placitis (irXaxîxiç)25, s’attachait aux parois des fourneaux, où elle avait l’aspect d’une croûte diversement colorée à l’intérieur. La cadmie botruitis est décrite comme dense, modérément lourde et plutôt légère . Dans la placitis , on distinguait deux espèces, 1 une, appelée onychitis , extérieurement bleuâtre, intérieuiement d’une teinte un peu plus claire, offrait à la vue des couches disposées comme celles de 1 onyx ; 1 autre, désignée par le nom d 'ostracitis (ôiixpaxmç), était noire et sale27. Pour recueillir plus facilement les cadmies, on disposait dans les fourneaux des espèces de treillis en fer sur lesquels elles s’amassaient28.

La sorte la plus prisée était la botruitis de Chypre29, très employée pour les médicaments ophtalmiques , les deux espèces de placitis étaient utilisées pour cicatriser les plaies. Après les avoir calcinées, on les éteignait dans du vin ou du vinaigre et on en faisait des emplâtres. Les cadmies de Macédoine, de Thrace et d Espagne, étaient déclarées inutilisables30.

On a encore préparé la cadmie artificielle, notamment à Soles dan si’ île de Chypre, en soumettant au grillage des pierres appelées pyrites, sur la nature desquelles on ne peut se prononcer avec certitude31.

Enfin, il se produisait dans la métallurgie de 1 argent une cadmie qui était plus blanche et moins lourde que celle qui provenait de la fabrication du cuivre,

sounçs vivantes, consumaient leurs chairs (Plin. Ibid.). 18 Plin. XXVIII, ll0 19 Plin. XXXIV, 2 et 4. — 20 Diosc. V, 84. — 21 Plin. I. I. ; Diosc l l -, Galen. XII, p. 219 (éd. Kühn); Oribase, Collect. 13; Lenz, Op cit. p. 68; Blümner, Op. cit. t. IV, p. 92 et 171. - 22 Lenz, Ibid.

'54. Cf Blümner, t. IV, p. 94. - 23 Au sujet do la cadmie naturelle, cf. Blümner, IV, p. 93, et Plin. XXXIV, 2, 4, 100 et 117. - 24 Ibid. 100. 26 Galen. I l- — 25 Plin. Ibid. 100-103. Il semble distinguer deux qualités de botruitis, mais le texte, ici, manque de clarté; Dioscoride (V, 84) n'en connaît qu'une. — 27 Plin. Ibid. 103. Dioscoride décrit, après Yonychitis, une sorte qu’il dénomme iïXaxu.8ïiç et ÇwvTtk; ; celle-ci parait être une variété de la précédente. Galien (/. I.) ne connaît que la botruitis et la placitis. — 28 Diosc. I. I. Pline ne parle pas de cette disposition qui pouvait n’être pas usitée partout. 29 Plin. Ibid. 103. Slrabon (III, p. 163) dit même que le cuivre de Chypre est le seul qui donne la cadmie. — 30 Diosc. I. I. — 31 Diosc. I. I. et 142 ; Galen. XII, p 219. Selon Dioscoride (§ 142), ou choisissait la pierre qui avait une couleur de laiton (/«XxoeiSnO cl donnait facilement des étincelles; or la pyrite de cuivre nen peut donner (cf. Lenz, Op. cit. p. 77). Hoffmann (Zur Geschichte der Zinkes beiden Alten. p. 491) croyait à une pyrite de fer contenant de la blende, comme on en trouve encore à Chypre; cf. Blümner, IV, p. 94. Voir, plus loin, Pyrites, p. 937.

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mais qui lui était inférieure au point de vue médical *.

Cadmie naturelle. — Il est certain que les anciens ont connu au moins un minerai zincifère auquel ils donnaient le nom de cadmie ; quatre passages de Pline ne peuvent laisser aucun doute à cet égard. Mais l’emploi de ce minerai dans la fabrication du laiton 1 2 le lui faisait regarder comme une pierre cuivreuse (aerosus lapis)3 4 ; il savait néanmoins qu on le mêlait au cuivre pour faire 1 aurichalque 1 [orichalcumI. Cette pierre, qui se trouvait dans les couches profondes de la terre, avait abondé autrefois en Campanie ; à l’époque de Pline, elle s'exploitait sur le territoire de Bergame; il y en avait aussi en Gei manie5. On ne saurait dire avec assurance quel était ce minerai, ou s’il s’agit toujours du même dans tous les passages, puisque nous n’en avons pas même une description sommaire. On peut supposer que c’est la calamine aussi bien que la blende6, qui, jusque vers le milieu de ce siècle, ont été employées, surtout la première, presque exclusivement à la fabrication du laiton 7.

Chalcitis (y aAx?-nç Xt'Ooç8). — Ceci est une substance sur la nature de laquelle on n’a pas pu se mettre d’accord, les données antiques étant trop vagues pour permettre une conclusion positive 9. Pline en parle plusieurs fois comme d une pierre dont on tire du cuivre ou du laiton [ex quo fit aes). Dans un des passages10, il semble bien que le mot chalcitis désigne un minerai de cuivre; mais dans un autre, où il essaie de la distinguer de la calamine ( cadmea ), les caractères décrits conviennent en partie à celle-ci, et le fait que laissée quarante jours dans du \ inaigre elle prend une couleur de safran 11 ne saurait indiquer un minerai de cuivre ; enfin, dans un troisième, il s’agit d’une pierre alumineuse12 * * *.

Chernites Cettepierre, delablancheur de 1 ivoire, passait non seulement pour ne pas consumer les cadavres, mais encore pour les conserver. Une tradition voulait qu’on en eût fait le cercueil de Darius. Ces renseignements sont insuffisants pour juger de sa nature n.

Coralliticus lapis. — C’était aussi une pierre d’une blancheur approchant de celle de l’ivoire et qui avait quelque ressemblance avec cette substance; elle se trouvait en Asie en blocs de deux coudées au plus ls. Cette pierre se Prêtait à la sculpture. On possède la description d’une statuette de Jupiter en pierre corallitique avec des vête¬

1 Dioscor. V, 84; Plin. Ibid. 100 ; Isid. Orig. XVI, 20, 12; Galen. t. XII, p. 219.

Celte assertion s accorde avec le fait que dans les mines du Laurium on a trouvé

de la calamine (cf. Landerer, dans Berg-und Hüttenmünn. Zeitung, 1870, p. 190 et 309, et Blümner, IV, p. 160) ; on y a rencontré aussi de la blende et de la galène argentifère; cf. Blümner, IV, p. 94. — 2 Plin. XXXIV, 100. — 3 Ibid. § 2.

4 Ibid. § 4 ; au § 130, la cadmie (naturelle) est encore nettement distinguée du

minerai de cuivre ( aerarius lapis). — B Ibid. §§ 2 et 117. — 6 Cf. ci-dessus,

note I. — 7 Pelouze et Frémy, Traité de chimie, l. III, p. G31. — 8 pnn.

XXXIV, 117 ; Arist. Uist. Anim. V, 19 ; Galen. XII, p. 228. — 9 Blümner, Op. cil.

1. 1\ , p. 95 ; Frantz, Zink und Messing im Alterthum dans Berg-und Hüttenmünn.

Zeitung, 1881, p. 378. — 10 Plin. XXXIV, 2; cf. Lenz, Op. cit. p. 109. Ilôfcr, Hist.

de la chimie, croit que la chalcitis est une pyrite de cuivre; cf. Oribase

(éd. Bussemaker et Daremberg), II, p. 229, 10 ; 431, 3; 433, 8. — U Plin. Ibid. 117

cl 119. I.enz, p. itO, fait remarquer qu’un minerai de cuivre donnerait du vert-de-

gris. 12 pi;,,. XXXV, 186 ; cf. Lenz, p. 133; c’est, selon lui, la couleur de laiton

de cette pierre et les cristaux de marcassite (pyrite de fer) qu’elle contient qui ont

causé la confusion. — 13 Theopbr. Lap. 6; Plin. XXXVI, 132. — 14 Cf. Blümner,

III, p. G 8 . Lenz, Op. cit. p. 149, suppose qu’il s’agit d’une espèce de marbre dont

011 faisait dos cercueils. Un certain nombre de pierres sont ainsi caractérisées

« blanches comme l’ivoire, semblables à l’ivoire .. ; cf. ci-dessus Arabus lapis, et

une pierre de Cappadoce dont Strabon (XII, 'p. 540);dit qu’elle se rencontrait en petits

morceaux de la grosseur de petites pierres à aiguiser dont on faisait des manches

de couteaux. - 13 Plin. XXXVI, 62. - IG Passion de S. Savin, dans Baluze,

Miscell. I, p. 12; cf. Le Blant, Supplém. aux Actes des martyrs, p. 198.

— 17 Orclli, Inscr. lat. coll. 1758 (inscr. de Préneste). — 18 Lenz. Op. cit. p. 142,

croit que c’était du silicate de magnésie (écume de mer) ; cf. Blümner, III, p. 08* I

ments dorés16. Une inscription latine17 fait mention de deux statues de cette matière dont on ignore la nature18

Gagates (yayaTr|Ç AtOoç 1 9) . — Cette substance, qui, disaiton, devait son nom au fleuve Gagés en Lycie, était une sorte de pierre noire, unie, légère, poreuse, ne différant guère du bois; broyée, elle avait une senteur désagréable et exhalait une odeur sulfureuse ou une odeur d’asphalte en brûlant; on prétendait que l’eau l’enflammait, tandis que l’huile l’éteignait. La meilleure était celle qui prenait leu avec facilité. Elle avait la vertu d’éloigner les serpents; déplus, c’était un remède contre l’épilepsie. On a cru que ce gagat était le jais 20, d’autant plus qu’on avait trouvé des ornements d’époque romaine taillés dans cette matière21.

Gangetis ç Xt'Ocç22). — On a voulu identifier

aussi avec le jais23 * cette pierre qui se rencontrait dans le pays des Gordyéens et qui avait, comme la précédente, la propriété de mettre en fuite les serpents.

Magnes lapis21 (payvTiTtç XîOo;25), magnétite, aimant. — Ce corps, auquel on donne encore les noms de sideritis (tnSTqptTiç)26 et de pierre d’Héraclée (-îjpàxXetoç XtOoç) 27, est identique avec la magnétite des modernes28 (oxyde de fer

naturel). Une tradition voulait qu’ildûtson nom àun berger

du mont Ida, à qui 1 attraction exercée sur les clous de ses chaussures et le fer de sa houlette en avait révélé la présence. Les anciens en connaissaient cinq espèces : l’aimant d Éthiopie, qui était le meilleur de tous et se payait son • pesant d’or; on le trouvait dans une région sablonneuse appelée Zmiri ; celui de la Magnésie près de la Macédoine, d’un roux tirant sur le noir ; l’aimant d’Hyettos, en Béolie, d un roux plus clair que le précédent; celui des environs d’Alexandrie, en Troade, noir et sans valeur; enfin,

1 aimant de Lydie, le plus mauvais de tous, il était de couleur claire et semblable à la ponce 29 . On en avait trouvé aussi dans le pays des Cantabres, mais, quoiqu’il attirât le fer, il n’était pas regardé comme un véritable aimant30.

On s attendrait à voir ce minéral utilisé dans la production du fer; cependant, les anciens ne nous donnent à ce sujet aucun renseignement31. Ce qui paraît avoir surtout attiré leur attention, c’est sa force attractive d’ailleurs très exagérée dans certains récits, comme ceux relatifs à ces montagnes d’aimant, situées près de l’Indus, dont on ne pouvait détacher les pieds32. Un architecte, Timocharès, avait songé à utiliser cette propriété dans la cons-

qui ne veut rien affirmer. — 13 Plin. XXXVI, 141; Diosc. V, 145; Orpli. De lap. 408, 486 ; Alex. Aphrod. Problem. 2 ; Gcopon. XV, i, 32. — 20 Lenz, Op. cit. p. 77.

— 21 Lenz, p. 151 ; cf. Blümner, p. 68, où est citée l’opinion de Nôggcralh, qui veut voir dans le gagat des anciens un asphalte ou un bitume. — 22 Strab. XVI,

р. 747. C’est probablement la môme que celle qui est appelée iy-fuyli par

Nicandre, Ther. 37 ; cf. Schneider, Ad Nicandr. — 23 Cf. Nôggerath cité par Blümner, III, p. 68, n. 4. — 24 Plin. XXXVI, 126-127; XXXIV, 147. — 23 Theopbr. Lap. 41 ; Eubul. apud Athcn. III, 112 F ; cf. Suidas, s. r. On lit ^vvït.s dans Galien,

XII, p. 20 r, nayvljTi); chez Dioscorido, V, 147, ;x7.-vr ; chez Alexandre Aphrodisias, Problem. 2 et Porphyre, De Abstin. 4, 20, gayvriat'a Xiîoç dans Achill. Tat. Erotic 1, 17.-26 Plin. XXXVI, 127 ; Strab. XV, p. 703.-27 Plat. Tim. 80 G ; Lucian. Imag.

с. 1. Voir coticula, noie 3. On trouvo encore dans Hesychius (s. v.).

— 28 Lenz, Op. cit. p. 21 ; Blümner, Op. cit. IV, p. 208. —29 piin. / l. — 30pün.

Ibid. 128. — 31 Plin. XXXIV, 148. Blümner (t. IV, p. 208) suppose, malgré cela, que la magnétite a dû être employée de tout temps à la production du fer et que le défaut de renseignements à ce sujet est un effet du hasard. D’ailleurs, Galien (XI, p. 612) dit que la nature de la magnétite se rapproche de celle du fer et qu’on la trouve dans les mines do ce métal. — 32 Plin. II, 211. Sur l’existence de pareilles montagnes, voir Lenz, Op. cit. p. 84 et 147, où il fait remarquer que 1 attraction n’a lieu que dans le voisinage do la partie magnétique et qu il n est pas difficile de se détacher. Pline signale dans une autre montagne, voisine de la première, une force répulsive à l’égard du fer. Cette répulsion a été constatée dans certains minéraux (XX, 2), et notamment dans une pierre d’Éthiopie qu’il nomme theamedes (XXXVI, 130). L’action différente des doux pôles de l’aimant avait donc été observée sans qu’on s’en rendît compte ; cf Lenz n 89 et 148. ‘ ’ 1 ’

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