‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 71 sur 275 · VI, 2107, J · texte numérisé non relu

VI, 2107, J

'en (lahrbh / vi"1,' ’ Pless'JUrg. 1882 ; J. Weisweiler, Zur ErkUirung '■ Flnlol. CXVYTY r„«, ^

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04-975; Das Arvallied (Arcb. f. lat. Lex lagnients connus jusqu’en 1870 dans Corp. inscr. I comm. arch. comm.di Roma (n

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(- carmen Saliare 17, carmina Saliaria 18, Saliorum carmina 19). Nous devons réserver pour un article spécial [salii] tout ce qui concerne la composition de cettelitanie, dans laquelle furent insérés de temps à autre, par sénatus-consulte, des noms de princes divinisés20.

■4° Livres sibyllins. — L’histoire compliquée de ces libri sibyllini a été et sera suffisamment élucidée dans les articles consacrés à leurs interprètes [duumviri, decemviri, quindecimviri s. F.] et à leurs légendaires auteurs [sibyllae]. Remarquons seulement que, si les prophéties sibyllines en général sont désignées par des vocables divers ( car mina , responsa, fata , OÉtr^ava, ^pr^g-ot), les livres officiels confiés à la garde des XVviriS. F. se distinguent de tous autres précisément par ce titre de libri sibyllini. C’est le terme qu’emploie Tite Live toutes les fois qu’il est question de consultations officielles, sauf dans les périphrases oratoires21, et souvent même il l’abrège en libri tout court, ces documents étant les « livres » par excellence. Denys d'Halicarnasse appelle aussi pûêAouç les originaux vendus àTarquin 22, et Tacite lui-même, si appliqué à rajeunir le vocabulaire, n’ose pas employer d’autre synonyme que libri Sibullae pour désigner les livres restitués avec des carmina cosmopolites23.

Ce scrupule de l’usage ne nous aide guère à dégager les livres sibyllins de la combinaison qui les incorpore aux libri fatales, ceux-ci, en dépit d’une dénomination aussi vague, paraissant appartenir aux traditions des haruspices. Il est certain que les livres sibyllins passaient pour contenir les destinées [fata) de Rome24; que Tite Live les appelle libri fatales2*, et que, là où il fait consulter les libri26, l’épithète absente peut être aussi bien fatales que Sibyllini. On nous dit, d’autre part, qu’un haruspice véïen enseigna aux Romains la manière de prendre Véïes, secret puisé dans « les livres fatals et la science étrusque27 », et Varron disait avoir trouvé Etruscis libris fatalibus des spéculations sur la durée de la vie humaine en général 28. On a conclu de là que les haruspices avaient des livres sacerdotaux ainsi appelés, où étaient consignées des vues générales sur les

1886) ; Not. degli Scavi (1888 et 1898) ; C. R. de V Acad, des Inscr. 18 mars 1892, etc. ;

C. Lovatelli, I fratelli Arvalie il loro santuario e bosco sacro sulla via Campana (JY. Antologia, déc. 1890); Chr. Huelsen, Additamenta ad Acta Fratrurn Arvalium (Eph. Epigr. VIII, 1892, p. 316-350); E. Hula, Z. Gesch. des Colleg. der Arvalbrilder (Arcb. -Epigr. Miltbeil. XV, 1892, p. 23-28) ; E. Hula et E. Bormann, Reitr. z. d. Arvalacten (ibid. XVII [1894], p. 67-80) ; G. Wissowa, art. Arvales ia Real, Encyclop. Il (1894), p. 1463-1486. — 16 Varr. L. lat. VI, 14 (in libris Saliorum quorum cognomen Agonensixim, chaque confrérie ayant son rituel distinct). — U Mou. Ancyr. II, 21 ; Hor. Ep. II, 1, 85; Tac. Ann. II, 83 ; Capitot. AI. Ant. Phil. 21. — 18 Varr. L. lat. VII, 3 ; IX, 61 ; Fest. Epit. p. 3, s. v. Axamenta ; Macr. Sat.

I 9 14 ■ Serv. Ad Aen. VIII, 285. — 49 Quintil. I, 6, 40; cf. Cic. De orat. III, 51 (Saliorum versus). — 20 Voir la collection de fragments par E. Egger, Lat in i sermonis vetustioris reliquiae selectae, Paris, 1843 ; Th. Bergk, De carminum Saliorum reliquiis, lnd. lect. Marburg, 1847 ; B. Maurenbrecher, Carminum Saliorum reliquiae (Jabrbb. f. Philol. Supplbd. XXI [1894], p. 315-352). — 21 Liv. XXXVIII, 45 {ne carminibus Sibyllae praedictam superantibus terminos fatales [se. Taui-um] cladem experiri vellet). — 22 Dion. IV, 62. — 23 R dit d'abord libri Sibullini (Tac. Ann. I, 76), puis libri Sibullae (Tac. Ann. XV, 44). A propos d’un liber Sibullae qu’il s'agit d’ajouter à la collection, il rappelle que celle-ci avait été reconstituée quaesitis Samo, Ilio... carminibus Sibullae (Tac. Ann. VI, 12 ; cf. Laclaut. De ira Del, 22, 6). De même Lactance ( Dist . Div. 1, C, 13) : omnium Sibyllarum carmina et feruntur et habentur , praeterquam Cumaeae, cujus libri a Romanis occuluntur. Servius (Aen. VI, 36, 72, 73, 321) emploie carmina, responsa, fata au sens générique, libros pour les livres ofliciels. — 2 '‘■{Sibylla Erythraea ) quae Romana fata conscripsit (Serv. Aen. VI, 321). — 23 Liv. V, 14; XXII, 9 ( Decemviri libros S ibyllinos adiré jubentur. Qui, inspectis libris fatalibus, etc.) ; XXII, 57 ; cf. Gran. Liciu. p. 23, 2 Bonn ( placuit ... pro collegio quid in libris fatalibus scriptum esset palam recitare). — 20 Liv. 111, 10 ;

62. 27 Sic libris fatalibus, sic disciplina Etrusca traditum (Liv. V, 15) ;

ex fatis quae Veientes scripta liabent (Cic. Divin. I, 44). Ihne veut que les sortes de Faléries (Liv. XXII, t) et de Caere (Liv. XXI, 62) aient été des libri fatales de celle espèce. — 28 Varr. ap. Censorin. De die natali, 14, 6.

LIB

échéances à venir [saeculum], et que chaque ville toscane avait aussi ses libri fatales. En outrant ce raisonnement déjà aventureux, on en vient à soutenir que Rome s’était en cela conformée à la mode étrusque et que les livres sibyllins venus de Cumes avaient dû s’incorporer h des libri fatales préexistants, composés de prophéties indigènes, desortequeles libri Sibyllini n’auraient été qu’une partie des libri fatales romains, partie prise abusivement pour le tout 1 . Toutes ces conjectures aboutissent à grossir encore le legs mal connu des traditions toscanes 2.

4 0 Livres des haruspices. — Les multiples aspects de la compétence des devins toscans [haruspices] et la prétention qu ils avaient de conserver une science révélée par Tagès supposent toute une « littérature » sacerdotale. On rencontre en effet de nombreuses allusions à des écrits désignés par des titres divers, les uns génériques, comme Etrusci ou Etruscorum ou T a y et ici libri. libelli, scripta, litterae , carmina, ou de sens indéterminé, comme rituales, fatales, reconditi, Aclieruntici , et d’autres plus précis, comme haruspicini ou artis haruspicinae libri , fulgurales libri , ostentaria. Le triage et le contenu probable de ces documents, avec les références aux mentions qui nous les font connaître, ont été suffisamment indiqués dans l'article haruspices, et il n’y a pas lieu de revenir ici sur un sujet qui ne s’est pas renouvelé 3. A. Bouché-Leclercq.

LIBUM. — Le mot libum ou liba servait à désigner les gâteaux sacrés que l’on offrait aux dieux. Dans son sens le plus général, il parait avoir été synonyme de placenta1. L'étymologie du mot était obscure pour les anciens eux-mêmes. S’il convient d’écarter l’opinion d'Isidore de Séville 2, nous trouvons du moins deux explications différentes chez Ovide3, pour qui les mots liba et libamina viennent du mot liber, parce que ce dieu fut l’inventeur des libations et des sacrifices, et chez Varron qui rapporte que les liba étaient ainsi nommés parce qu’ils étaient destinés aux libations : « Liba, quod libandi causa fiant »L II est vraisemblable que le mot libum, comme les mots libare et Liber pater, se rattache à la racine indo-européenne lib, qui signifie verser, répandre l’abondance, la richesse.

Les liba étaient fabriqués, sous la surveillance des pontifes, par des fictores spécialement chargés de ce soin6. On y employait la farine la plus fine et la meilleure, fcir6, ador1, farina siliginea 8, similago 9 : on y mêlait d’après Servies 10 de l’huile et du miel, d’après Ovide11 du miel, d'après Caton l’Ancien 12 du fromage et un œuf. Les liba étaient, soit simplement déposés sur l’autel pendant la cérémonie religieuse, soit brûlés par le feu.

Il yen avait plusieurs espèces, qui différaient sans doute

Ier siècle avant notr< ■sale 3 ; César s’en sert Horace mentionne leur présence dans en 31 6. Après la victoire d’Actium

l’une de l’autre par la forme (alobuc ri scriblita, etc.)13. J. Toutain. ' J mm' SI%

LIBURNA ou LIBURNICA (NAVIS) guerre léger et rapide, dont l’invention est d„ . a‘SSeau Liburniens d’Illyrie 1 . C’était, à l’origine forme allongée qui s’effilait en pointe à’k ‘l(' 10lSeur ^ proue, et présentait deux rangs de rames *P°Ulle 6tàla Les liburnes apparaissent dans la llottp • le milieu du icr siècle avant notre ère i"" diis signale à Pharsale 3 ; César s’en sert en W, J?? les

* J“— la flotte d’OctaJ

jouèrent un rôle décisif, en détruisant les lmu-îls seaux grecs de la flotte d’Antoine et de Cléopâtre 'T' emploi se généralise au point que le mot liburna i" contrant à Rome une faveur égale à celle du mot trièreà Grèce, perd peu à peu sa signification spéciale etprécisT et désigne, d’une façon générale, tout navire de guerre*’ A la fin du ive siècle, Végèce oppose les liburnae aux lusoriae , la flotte de guerre qui protège les côtes maritimes à celle qui sillonne les fleuves frontières Ml y a désormais des liburnes de toutes les tailles, depuis unrang jusqu’à cinq rangs de rames8. Pourtant le type delà liburne primitive, à deux rangs de rames, semble s’être conservé, car Zosime, contemporain de Végèce*, oppose encore les TtAoïa Aiêsovoc aux pentécontères et aux trières’.

Nous ne possédons aucune représentation figurée certaine de la liburne. On a supposé que le bas-relief découvert dans le temple de la Fortune à Préneste, et aujourd’hui conservé au musée du Vatican, représente une liburne, mais ce n’est là qu’une simple hypothèse10.

Une mosaïque, trouvée en 1896 à Medeina, en Tunisie, dans le triclinium d’une villa romaine u, montre, au centre d’une grande composition marine où des Tritonset des Néréides évoluent autour de l’Océan et d'Amphitrile, un grand navire à deux rangs de rames, gréé d’une large voile, au mât incliné, sur laquelle se lisent les mots suivants : apafona (ou apaeona) liburni 13. Le vaisseau a une forme assez lourde, et il est chargé d’amphores. Malheureusement, la mosaïque est aujourd’hui très mutilée, e

plus, elle avait déjà subi des restaurations assez maladroites dans l’antiquité : le milieu du navire a été iefaitj et l’on peut se demander si l’ouvrier chargé de la réfection du pavement a bien fidèlement restitué les pm Les manquantes du dessin primitif. Donc, à supposai mosaïque représente bien la liburne de guerre, h 0CUJ

ment n’aurait qu’une faible valeur; mais l’artiste n’ait voulu figurer voisines de la même villa13, qu’un commerce servant au transport de 1 huile ou

3 il semble que

ici, comme dans les F'1^3 simple bateau e i

du blé, e|

l Voir W. lime, R. G. 12, p. 69, 3. Iline se fonde sur des arguments a priori , à savoir qu’une sibylle grecque n’a pu ordonner ni l’enterrement de couples humains vivants (Liv. XXII, 57), ni des cérémonies « italiques » comme le ver sacrum (Liv. XXII, 9), les lectisternes [lectistkrnilm] et le novemcliale sacrum (Liv. XXXVI, 37); autant d’affirmations gratuites. — 2 J’ajoute que, comme i! n’y avait pas de libri reconditi romains (ci-dessus, p. 1236, note 23), il n’y avait pas non plus d’archives secrètes chez les haruspices. Les libri reconditi cités par Servius sont des livres fulguraux (Serv. Aen. II, 649) ou auguraux (Aen. I, 398) ornés d’un titre littéraire. Au surplus, Servius ne dit pas qu’ils fussent toscans, ni de rédaction officielle ; ce pouvait être quelque compilation d’érudit, éditeur de curiosités. — 3 E. Bormann {Denkmüler etrushischer Schriftsteller , in Jahresb. d. Arch. Tnstit. Wicn, 1899, p. 129-136) revient sur l’inscription de Corneto, concernant Tarquilius Priscus (cf. haruspices, p. 18,7).

LIBUM. 1 Isidor. Etymol. XX, §§ 2, 17 : placentae sunt quae fiunt de farre , quas alii liba dicunt, eo quod libeant et placeant. — 2 Id. Ibid. — 3 Fast. III, 733 et suiv. — ^ De ling. lat. VIL 44; et ailleurs, Ibid. V, 106 : « Libum quid ut

12 Cal. üe dans

1 ’iaretur , priusquam essetur erat coctum ». 0 ^au; rust.

C Serv. Ad Aen. VII. 109. — 1 Virg. Aen. VII, 109. — Sa- ^

9 Id. Ibid. - 10 Serv. Ad Aen. VII, 109. - H Ovid. Fast. ", ^ rust. LXXV. — 13 On trouvera l’énumération complète < e 01 ^ sUiv, 1

ibeck, Aylaophamus, p. I0G0 et suiv. ; cf. Cal. De re , est. — 2 /Aid-I

I.IBEUNA ou LI11URNICA (NA VIS). 1 Appian. De reO. J • ^ ican. III, v. 53 i ; cf. aussi Corp. inscr. lut. X , ^ .. |joral. j

3 Lucan. Ibid. v. 529-530. — 4 Cacs. Bel. civ. Ub a> j Ari6tjd ../l/iodW' 1. — 0 Emploi du mot tricre ap. Appian. praef. 10 ; c • ^ J7 . Sud-

341. Pour la liburne, cf. Tac. Gémi. 9 ; l'lin. IX, ■> . - y cq __ u1 Cf 6 I ; Calig. 37. - 7 Vegct. H, i. - » Id. IV, 37. - 9 rr, A noient ships, p. 138, pl. v, lîg. 25. - H U W«,1C ,è . t esl

Alaoui, p. 32, A, „• 108. - 12 La lecture du qU-fl .rjj

mmcnccment du premier mot est mutilé cl °n nc|,ôre et OftueWIer*

3 une autre lettre avant le premier A. 1 ^ musée Alaoui , A, n° 166.

UC

dont

le véritable nom „ mot d’ailleurs

“f" ’,'. V||0 [UICTio].

S. - Use, cordon qui sert

sêjurer les «Us de la irame [TELA]-

serait peut-être apafona ou inconnu. P- Gauckler.

dans le tissage,

■don, ruban, bandelette’.

lictores ’, une des d'appariteurs qui étaient à la disposition des

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