‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 8 sur 275 · LÀ R · texte numérisé non relu

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, ,.mie eût coexisté en ce lieu avec les temples de Mars . t p Live nous a conservé l’inscription placée à la fois au frontispice du sanctuaire et dans celui de Jupiter Capiî elle parait avoir été rédigée en vers saturniens.

Le fête annuelle, fixée au 22 décembre, commémorait 1 événement; cette date a ceci de remarquable qu’elle roïncide avec la fête d’ACCA larentia, mère des Lares, que l’on vénérait le lendemain. Enfin, s’il n’y a pas confusion chez les auteurs, toutes les deux se compliquaient de la célébration des Lares Praestites , dont on faisait remonter le culte au roi Titus Tatius le Sabin et qu’Ovide assimile, clans la description qu’il en a faite, aux MilitaresK Le vocable de Praestites donné aux Lares est cité pour la première fois par Varron qui a dû le prendre dans les livres des Pontifes; il rappelle celui de Jupiter Praestes, vénéré à Préneste, d’une déesse Praestota qui figure sur les tables d’Iguvium, et d’une divinité archaïque de Rome, Praestitia ou Praestana , honorée dans les parages ou la cité du Palatin confinait au Caelius et à l’Aventin4. Nous connaissons ces Lares Praestites par un denier delà Gens Caesia, des dernières années de la République8; ils y sont représentés (fig. -4347) sous les traits de deux jeunes tenant la lance, vêtus d’un manteau qui laisse le haut du corps nu, avec un chien entre les deux ; en exergue le mot lare ; le vocable manque, mais 1 identification avec les Praestites n’est pas douteuse. Les Sabins de Cures leur dressèrent pour la première fois un autel à Rome et leur instituèrent une fête que les calendriers fixent au 1er mai. Ovide, qui nous fournit la plupart de ces détails, leur donne pour compagnon le chien, symbole de vigilance ; il commente en ces termes leur action tutélaire :

Fig. 4347. — Los Lares praestites.

guerriers assis,

... Pracslànt oculis omnia tuta suis.

Slant quoque pro nobis, et praesunt moenibus Urbis Et sunt praesentes, auxiliumque ferunt 6.

Plutarque, qui les connaît également, leur prête pour vêtement la peau d’un chien 7 ; un petit bronze du Louvre, d’ancien style, offre l’image (fig. 4348) d’un Lare ainsi vêtu et tenant de la main droite un rhyton qui se termine en corps de chien 8. Le chien, en tant que victime, a une place dans les cultes les plus anciens de Rome, et particulièrement de la cité du Palatin ; nous le rencontrons dans celui d’Hercules sur le Forum Boarium et dans celui de Genita Mana ou Mania que certains tenaient pour la mère des Lares”. Le denier de la [/ens Caesia fait les Praestites semblables aux Dioscures

que des fables récentes ont mêlés au culte de Juturna et aux souvenirs de la bataille du lac Régille; des modernes ont cru les retrouver dans les Praires Depidii ou Digitii que les commentateurs de Virgile placent dans 1 entourage de Vesta et associent au culte du foyer10; il est probable que les uns et les autres ne sont que des altérations des Lares Praestites, divinités protectrices des vici habités à l’origine par les Rhamnes : l’unification de ces vici fut consacrée par la légende de la mort de Remus et de la domination de Romulus; puis, du temps où l'héroïsation suivant les procédés des Grecs s’implanta dans l’opinion romaine, on identifia les Praestites avec les premiers fondateurs de Rome, devenus ses protecteurs divins. C’est là moins une croyance accréditée chez les anciens qu’une interprétation erronée de la personnalité des Lares chez les historiens récents de la religion romaine11. Outre les honneurs rendus le 1er mai aux Lares praestites , la religion publique des Lares est consacrée dans les calendriers par une fête qui tombait au 1er août 12 et surtout par la fête appelée Larentalia ou Larentinalia , que l’on célébrait le 23 décembre13. Celleci s’adressait à acca larentia considérée comme la mère des Lares ; nous avons- dit déjà les raisons pour lesquelles l’idée des Lares nous paraît avoir été à l’origine étrangère à ce culte. Il suffirait de remarquer que toutes les cérémonies et pratiques à l’intention manifeste des Lares ont un caractère de gaieté et de vie satisfaite14, alors que les Larentalia sont une fête funèbre, célébrée auprès d’un tombeau et en l’honneur des dieux Mânes, surnommés seroilibus [mânes] ; Varron ne s’y est pas trompé quand il lesaassimilésaux parentalia.

Il peut paraître surprenant que la religion des Lares, si importante dans la vie privée et publique des Romains sous la République, n’ait alors parlé aux yeux dans les rues et sur les places que par un nombre insignifiant de monuments sacrés. A part le temple voué par Aemilius Lepidus et le vieil autel qu’on faisait remonter au roi Tatius13, il n’est question chez les auteurs que d’un sacellum qui lui-même n’eut un certain éclat, d’ailleurs bien modeste, qu après la réforme du culte des Lares publics par Auguste. Ce sacellum est cité pour la première fois par un auteur à propos d’événements qui sont de l’an 406 av. J.-C., et Ovide en fixe la dédicace au 27 juin 16. L’emplacement a pu en être déterminé avec

1 Gilbert, Op. cit. III, 149 suiv. — 2 Une inscription ( Corp . inscr. lat. VI, 440), ttouvée sur 1 emplacement présumé du temple des Lares Permarini et qui parle de la restauration d'un sanctuaire et d'un Lare (aedem et larem renovavit ex voto), ne peut avoir avec le culte fondé par Aemilius Regillus qu’un rapport Jtpparent. 3 Ov. Fast. V, 129 suiv. ; voir Marquardt, Staatsverwalt. III, p. 206, 573 et 589 ; Premier, Hestia-Vesta, p. 389. — 4 Varr. Ling. lat. V, 74; cf. pour 1 interprétation du vocable, Ov. Loc. cit. ; Mart. Cap. Il, 152, et Festus, p. 122;

orp. inscr. lat. XIV, 3555; Buecheler, Umbrica, p. 98; pour les rapports avec ; ™es^*a> voir Gilbert, Op. cit. 1,52; l'autel dont il est question chez Ovide serait a p acei à 1 angle sud-ouest du Palatin, près de la porta Calularia qui aurait -’m ' n0m <*U c*‘‘en symbolique. — B Babelon, Monnaies de la Jiép. rom. I, Y ’ ° len’ Médailles consulaires, tab. vin, Caesia ; cf. Ecklicl, Doctr. num.

le Lai ° SU1V' ke même cite une terre cuite trouvée à Pérouse et représentant

w orriquc, assis, vêtu d’une peau de chien ; voir sur les représentations de ce

— 6/ °l '^an' ^arum iniagin. dans les Ann. d. Instit. 1862, p. 329 suiv.

c. 13.1 suiv. 7 Plu(, Honit 21; Quacst. Rom. 51 ; Sol. I, 13. Plutarque a

hellénisé le vocable en écrivant ; -paiTTLTn;. — 8 Longpérier, Bronzes antiq. du Louvre, 1868, n. 464. — 9 Voir juturna (p. 781) et Serv. Aen. XII, 139. — lOSchol. Veron. Aen. VII, 681, p. 99, 6 (Keil), et Preuner, Hestia-Vesta, p. 400 suiv.; Gilbert, Op. cit. 1, p. 64, n. — 11 Hertzberg, De diis Roman, patriis, p. 36 ; Schwegler, Op. cit. p. 715 et s. — 12 Suet. Aug. 31 ; Ov. L'ast. V, 147. Ce jour-là entraient eu fonctions les vico-magistri, chargés du culte des Lares Compitales -, voir Marquardt, Op. cit. p. 206, n. 3. — 13 Varr. Ling. lat. VI, 23; Macrob. I, 10, 10, où est cité Caton qui appelait la l'éle ; annua parentatio. Sur la question très controversée de la nature de celte fête et de sa confusion avec le culte des Lares, voir Mommsen, Roent. Forschung. II, 1 suiv., et Gilbert, Op. cit. I, p. 57, n. 5; 153 ; 105 et 106. Le texte de Varron n'est d'ailleurs pas sur ; voir Mommsen, Corp. inscr. lat. p. 409, et Thilo, De Varrone Plutarchi Quaest. rom. auclore, etc. p. 19.

14 Preller, Roem. Myth. p. 494, assimile ces fêtes aux Sementivae, Terminalia,

Parilia, qui sont les plus gaies du cycle agricole. — IB Tit. Liv. XL, 52, 4 ; Ov. Fast. V, 130. — 16 Jul. Obs. 41 ; Ov. Fast. VI, 791 ; cf. Varr. R. rust. I, 2 ; Prop. II, 24, Il ; Ov. .1rs. am. II, 263; Amor. I, 8, 99 ; Anthol. lat. (Burm.), 1636.

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précision au carrefour formé par la voie sacrée, la Via Nova et la rue qui montait au Palatin 1 ; comme l’endroit se confond avec celui de la demeure du roi Ancus Martius, c’est-à-dire avec la maison même du Rex sacrorum, et que d’autre part le sacellum figure dans le tracé de l’antique pomoerium, il n’est pas téméraire d’affirmer qu’il faut mettre en ce lieu le plus ancien sanctuaire des Lares Praestites. En le restaurant d’abord, puis en plaçant la mention de cetacte parmi les plus notables de son règne2, Auguste témoigne qu'il y voyait le monument vénérable entre tous du culte des Lares, le plus digne de relier le passé au présent par les liens de la vieille piété romaine.

Citons enfin un sanctuaire que Varron nomme Querquetulanum, et qui était situé auprès du Facutalis, des bois sacrés de Mefitis et de Juno Lucina 3 ; tous ces monuments étaient sur l’Esquilin. Il paraît probable que les Lares Querquetulani n’étaient primitivement que des Compitales auprès desquels les habitants de l’Esquilin et du Caelius se rencontraient dans une religion commune ; Gilbert croit pouvoir placer leur sanctuaire devant la Porta Querquetulana , non loin de l’église de Santo-Clemente 4. 11 n’est d’ailleurs pas téméraire de supposer que si les Lares, divinités d’un caractère modeste et issues du culte domestique, n’ont possédé à Rome que peu de temples proprement dits, ils ont dù être honorés dans tous les quartiers, et cela dès les débuts de la République, par des chapelles analogues aux antiques compita des pagi-, il en fut de ces chapelles comme de celles des argei avec lesquelles la piété a dû’les mettre en rapport 6 ; un grand nombre disparut dans l’envahissement progressif des emplacements jadis consacrés, par le besoin de monuments plus luxueux ou de carrefours mieux appropriés à une circulation active6

Nous n’avons pas à revenir ici sur l’historique du culte des Lares compitales associés à la vénération du Genius de la maison impériale et qui fut l’œuvre religieuse la plus considérable réalisée par Auguste7. Refusant de son vivant toute espèce d’apothéose, il sut ainsi, par une voie détournée, amener l’opinion à la consécration de sa dynastie, sous le couvert d’une religion rétablie dans ses anciens droits8. Au sanctuaire principal, celui de la montée du Palatin, ces Lares ne s’appelèrent d’abord que Lares publici ; plus tard seulement ils furent dénommés Augusti 9; la réorganisation de ce culte, mis en harmonie avec la nouvelle division de la ville en quatorze régions, est complète en l'an 7 av. J.-C. ; des inscriptions datées prouvent qu’elle était en voie d’exécution dès l’an 14; à la mort d’Auguste, non seulement le temple des

1 Monum. Ancyr. IV, 7; Solin. I, 23. Il était voisin d’une chapelle d’Orbona ; cf. Cic. Nat. deor. III, 63 et Plin. Hist. nat. II, 16. C’est Tacite, Ann. XII, 24, qui a permis d’en fixer remplacement par le tracé qu’il nous donne du pomoerium ; le Larum sacellum était situé sur le flanc nordest du Palatin; Jordan, Topogr. I, 1, 163, et Gilbert, Op. cit. I, 126 et 225. L’inscription laribus publicis sacrum ( Corp . inscr. lat. VI, 1, 456) a été trouvée à la descente même du Palatin sur le forum ; et Solinus nous dit que la chapelle était in summa sacra via. — 2 Sur cette restauration, cf. Ephem. epigr. I, p. 237, et Richter, dans /fermes, XX, 408 s., Pliilol. XLV, 499 s. 11 est probable que l’autel, de fondation Sabine, cilé par Ovide (Fast. V, 129), a été absorbé plus tard par ce sanctuaire ; cf. Wissowa, chez Roscher, loc. cit. p. 1871. — 3 Varr. Ling. lat. V, 49; c’est le lucus Larum dont il est question chez Cicéron, Leg. II, 8.

— 4 Op. cit. Il, p. 63, n. 1. — 5 Ibid. II, 378; 362 suiv. — 6 Varr. Ling. lat.

V, 49 ; Plin. Hist. nat. XVI, 37 ; cf. Gilbert, Ibid. III, p. 49 suiv. — 7 Compitalia, p. 1428; Genius, p. 1493. — 8 Gilbert, Op. cit. III, p. 120. — 9 Cf. Hor. Od.,

IV, 5, 35 ; Ov. Fast. V, 145 et s. et II, 145 ; Corp. inscr. lat. VI, 443-455 ; V, 3259, 4865; III, 1950; II, 2013, 2233, 3113; Epli. epigr. IV, 746; VII, 1277; Bull.arch. com. XVII, 69 suiv. — 10 Plin. Hist. nat. III, 66 ; Suet. Aug. 30 et 31; Dio Cass.

LV, 8 ; le texte d’Horace (Od. IV, 5, 35) se rapporte vraisemblablement à l’an 13 |

Lares au point culminant delà Voie sacrée était restauré mais dans les 265 carrefours de la ville se dressaient images des deux Lares publics, encadrant celle du géni,, de l’empereur10. Dans ce groupe, les Lares ont en réalité pris la place des Pénates primitifs, tandis que le Lare unique de l’ancien culte y était remplacé par le Génie A s’en tenir aux apparences, il n’y avait rien de changé depuis les temps où un personnage de Plaute invoquait les dieux Pénates de ses parents et le Lare père de la famille 11 ; les figures sont les mêmes et en même nombre’ cependant, pour être exact, aux yeux d’Auguste et de ses contemporains, les Pénates ont disparu en s’identifiant avec les Lares des carrefours, et le Lare lui-même est devenu la représentation religieuse du fondateur de l’Empire : genio augusti et laribus, diront les inscriptions à partir de cette époque12.

Et l’empereur ne se borna pas à orner ainsi les carrefours d’autels surmontés par ces trois figures; il groupait autour d’elles, du moins sur les places les plus importantes, aux frais de sa cassette et en y destinant d’une façon spéciale les sommes qui lui étaient versées sous forme d’étrennes 1:!,les plus beaux chefs-d’œuvre delà sculpture hellénique; Suétone cite l’Apollon Sandaliarius et un Jupiter Tragoedus. La fête spéciale des Compitalia ainsi réorganisée tombait le 27 juin14; elle comportait une procession et un sacrifice dont de nombreux bas-reliefs nousontconservé, tout au moinsen partie, l'ordonnance13: les images des Lares y sont portées par des personnages en toge. Sur un autel, aujourd’hui au Vatican, voué par le sénat et le peuple en l'an 12 av. J.-C., elles le sont par Auguste et Livie en personne ; un autre bas-relief, daté de l’an 7 , année où le culte est devenu régulier, représente les figures d’Auguste, de Livie et de L. Caesar, procédant avec les vico-magistri au sacrifice en l'honneur des Lares devant 1 image du Génie impérial. En ce qui concerne les chapelles mêmes, avec les édicules et les autels élevés ainsi sur tous les points de la ville au croisement des rues, sur les confins des régions et des quartiers, on a retrouvé les ruines d’un certain nombre 16 ; les inscriptions prouvent d’ailleurs que les successeurs d’Auguste continuèrent de s’intéresser à ce culte devenu populaire et que même sous Trajan les monuments qui le consacraient furent l’objet d’une restauration générale n. A Pompéi, dans un édifice attenant au forum, longtemps désigné sous le nom de Curia et de Senaculum, on a depuis reconnu avec toute vraisemblance un temple des Lares publics et du Génie d’Auguste 18.

Il était naturel que la faveur officielle accordée à ce

et même 14 ; voir encore Corp. inscr. lat. VI, 449 suiv. ; 452 est de l’an 10. Voir Mommsen, Hernies , XV, 109, et Wissowa, chez Roscher, Loc. cit. p. 1880; Marini, chez Visconti, Mus. Pio Clem. IV, p. 298. — il Plaul. Merc. 834, — 12 Corp inscr. lat. III, 5158, et souvent ailleurs; encore Genius caesaris et plus tard cenii caesarum : Ibid. \ I, 445 , 449 , 55t. — t 3 Suet . A lu/ . 57. Voir les inscriptions, Corpinscr. lat. VI, 456-458; Bull. arch. com. XVI, 221 s. — 14 Ov. Fast. VI, 791; Tac. Ann. XII, 24; Monum. Ancyr. 4, 7. — 13 Autel du Vatican, Raoul-Rochelle, Monum. inéd. 69, voué en Tan 12; bas-relief du Latran, Benndorf-Schoene, Bd antike Bildwerke , etc., n» 486, tab. 13, 1 [compitalia, fig. 1886]; bas-relief de la Villa Medici, provenant de l'Ara Pacis Augustae, voué en 13 et dédié én Tan 9 reproduit Monum. dell' lnstit. XI, tab. 34, 85, n« 5, et commenté Annali , 1881. p. 302. Le bas-relief chez Visconti, Op. var. IV, p. 244, et Annali , 1882, p. 70 suiv., sont des manifestations du culte privé. A partir d’Auguste, il est souvent difficile de distinguer, sur les monuments de la religion des Lares, si Ton a affaire à un acte public ou privé. — 16 Bull. d. comm. arch. com. XVI, 221 suiv. — 17 Voir l’inscription, Ibid. XV, 33 : aediculas Larum restitueront magistri vicorum urbis Beg. XIV. — 18 Fiorelli, Descrizione di Pompei , p. 202 : Ovcrbcck -Mau, Pompej L p. 130; Mau, Mittlieilung. d. arch. instit. Sezione romana, 1896, p. 285 et Voir forum, p. 1317, fig. 3277, lettre C.

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ulte eût son effet sur la vénération des Lares dans les maisons particulières, d’autant plus qu’un sénatus-consulte rendit obligatoire l’hommage à la divinité impériale et aux Lares publics. Nous savons par Horace que dès l’an 14 il était d’usage de les invoquer dans les repas; sous Néron, chez Trimalcion, les convives préludent au festin par l’exclamation : Augusto , patri patriae , féliciter , et le maître fait apporter sur la table les statuettes de ses Lares, affublés des noms mercantiles ou prétentieux de Cerdo , de Felicio et d eLucio1. Si la dévotion à l’empereur acclimate de nouveau ces pratiques en l’honneur des Lares, elle ne tarde pas à céder devant une piété plus personnelle; le génie du souverain est remplacé par celui du maître de la maison2; ailleurs, ce oénie reste anonyme û dessein, ne représentant que le tjenius generis , traduction teintée de philosophie qui contribue pour sa part à achever l’identification du vieux Lare Familier avec le Saqjuüv ou le héros Éçxioùyo; des Grecs3. Outre que la ligne de démarcation qui séparait jusque-là le culte privé des Lares de leur religion officielle tend ainsi à s’effacer de plus en plus, chacun y trouvait le moyen d’y loger la piété de ses préférences ou même un philosophisme pieux qui était, au fond, la négation même des croyances anciennes. Ici, les hommages aux Lares ne sont que des flatteries à l’adresse des Césars et la forme la plus vulgaire de l’apothéose ; ailleurs, par une extension trop facile pour qu’elle ne se fût pas présentée dès l’abord au désir de faire la cour, ils s’adressent à quelque éminente personnalité dès son vivant; pour les âmes plus nobles, ils deviennent un moyen de témoigner de l’admiration à des morts illustres 4. Le père de Vitellius plaça parmi ses Lares les images en or de Narcisse et de Pallas, les affranchis fameux ; l’empereur lladrien reçut de Suétone, son secrétaire, une statuette en bronze d’Auguste enfant, dont il fit un de ses Lares familiers ; Marc-Aurèle s’entourait des Lares de ses maîtres vénérés ; Alexandre Sévère, avec une largeur de vues qui marque bien le caractère de la piété romaine à cette époque de syncrétisme, honorait de concert les Lares d’Orphée, d’Abraham,d’Apolloniusde Tyane, de Jésus-Christ, tous également jugés dignes d’un culte pour leur sainteté. Il avait un deuxième laraire plus petit où étaient réunies les images de Virgile, de Cicéron, d Achille et d’autres grands hommes. L’humble sanctuaire des Lares ( Lararium ) devient une sorte de musée où les chefs-d’œuvre de l’art sont enveloppés d’une atmosphère de vénération religieuse 8 . Devant ces images, on continuait de faire ses dévotions le matin, ainsi qu’au bon vieux temps, d’apporter des fleurs aux dates consacrées et d’offrir des sacrifices. Et toujours dans 1 esprit de l’antiquité, le îpaître se faisait assister

par ses esclaves ou ses affranchis, lesquels d’ailleurs, ainsi que le prouvent un grand nombre d’inscriptions recueillies sur les divers points de l’empire, sont restés avec une prédilection particulière les fidèles des dieux Lares6. Des collèges et des associations, ne rappelant plus que par le nom les collegia compitalicia, foyers d’agitation révolutionnaire au déclin de la République, se fondèrent un peu partout, pour propager, avec le culte des Lares, celui de la divinité impériale

La force de cette religion, qui survitmême au triomphe officiel du christianisme, nous est attestée par les railleries des Apologètes d'abord, parleurs doléances ensuite; saint Jérôme déplore que de son temps encore il n’existe pour ainsi dire aucun lieu qui ne soit souillé des hontes de l’idolâtrie; il en donne comme preuves les idoles placées derrière la porte des maisons, idoles décorées du nom de Lares, à qui l’on continue d’offrir des sacrifices publics et privés ; les provinces, dit-il, sont infestées de cette vieille erreur, et à Rome même, dans chaque quartier, dans chaque demeure, on allume, devant une tutela quelconque, des cierges et des lampes: ainsi ceux qui entrent et ceux qui sortent sont sans cesse confirmés dans leur superstition. Tutela dans cette plainte est synonyme du Genius loci qui lui-même se confond avec le Lare Familier 8. Nous avons cité plus haut le rescrit de Théodose qui, en l’an 392, défend- les pratiques en l’honneur des Lares, des Pénates et des Génies9; les uns et les autres ne disparaissent que pour faire place aux saints et aux anges de la religion nouvelle.

III. Représentations figurées. — Si l’on met à part le denier de la gens Caesia (tlg. 4347), qui nous donne l’image officielle des Lares Praestites avec le chien 10, on peut dire que nous savons fort peu de chose sur la représentation plastique des Lares sous la République. Tibulle nous apprend que pour la maison rustique ils étaient grossièrement taillés dans une souche de bois 11 , ce qui est le cas de toutes les divinités champêtres, comme Silvanus, Faunus, Priape, lesquels ont d'ailleurs avec les Lares plus d’un trait de ressemblance. Cependant, nous savons d’autre part que, dès les temps de la deuxième guerre punique, l’art s’attachait à représenter les Lares d’une façon moins primitive. Un fragment d’une comédie de Naevius12 nous montre un peintre du nom de Théodole qui, assis dans la cella d’une chapelle et mis à l’abri sous des planches, peint pour les Compitalia des Lares dansants : « Lares ludentes ». Il n’est pas douteux que dès lors s’élabore le type que nous allons trouver réalisé à partir d’Auguste par de nombreuses statuettes de bronze destinées au culte des Lares domestiques.

Il en est toutefois un autre qui semble antérieur et paraît correspondre à la notion du Lare unique, tel

Fist 10 /-aSS ^ ! Hor. Od. IV, 5, 32, avec les commentateurs; (

. * ' V‘ ',f;' ’ Peb-- Sat. CO, et les notes de Friedlaender, p. 248 suiv. à P, °C’ 2 bc ba,e au singulier, comme dans l'ancien temps, devient

Pour Te P,US raie’ V°‘r cependant c- »’• l- VI, 440; IX, 808; X, 7555; XI, 20

r géni« du nia'lre de la maison expressément substitué à celui de l’e — 3 Z'0'' f l 891 et paasim ; cf. Wissowa, chez Rosclier, loc. cit. p. 18 Ilisl \ 1 .*!’ 1980 1 1238 et ailleurs. — 4 Suet. Vit. 2; Aug. 7 ; Scri

n ■ . | ; g . ’ Anton, phil. III, 5; Al. Sever. 29, 2; cf. pour les actes Hisl A uT'"/) 1S. dcva,lt CCS *maf>es : Suet. Oth. 0; Ner. 40 ; Dom. 17; Scri

avec 1 r . f > 3 > Anton. P. 12; Sever. 23. On frottait ces imai

de mtî î a 7° P°Ur les faire bril|er; Hor. Epod. II, Gfi ; Juv. XII, 87. Il y en î.-T.-m Tcrlul1- AP°l- J>'V. VIII, 110; Pelr. 29; C. , I X,

Sévère • (• auil'um est employé pour la première fois par l’historien d'Alexam Bellev lsmap'l01’ ^^eæ- $ev. 29, 3i; cf. Grappo, Sur les laraires d'Al. Se'vè ’ 4; Cavedoni’ S“ II- d. Instit. arc/,. 1855. p. 10 s. - « C. i. I. II, 19i

III, 1950; V, 7739; IX, 3900, 4053; XI, 3018 ; Ephem. epigr. IV, 744 ; cf. Preller, Roem. Myth. p. 493. — C. i. I. III, 4038, 4792 ; VI, 455 ; I, 1305 ; IV, 00 (Pompéi) ; X, 3789 (Capoue) ; V, 4087 (Betriacum), etc. ; Bull. d. Instit. 1855, p. xxvi; cf. Wissowa, chez Roseher, Loc. cit. p. 1881 suiv.; et Mommsen, De colle yiis et sodatit. p. 74 suiv. — 8 S. Hieron. In Esai. 57 ; voir un sacrifice à une Tutela de ce genre, Annali, 1800, tav. d'agg. K; pour l’identité de Genius — Tutela = Lar, voir genius, p. 1491. — 9 Cad. Tlieod. XVI, 10, 12; cf. Marquardt, Staatsverwult. III, p. 125 suiv. — 10 Ovide, East. V, 129, déclare avoir cherché vainement l'image de ces Lares Praestites avec le chien. — u I, 10, 17. Ce sont ces mêmes images des Lares que Tibulle appelle antiqui , Ibid. 3, 34; 7, 58, et qu’il associe à celle de Priape, muni de sa faucille; I, 1, 17 suiv. Pour l’identification de ce dernier dieu avec le Lar aqrestis, assimilé d'autre part à Faunus, voir C. i. I. VI, 040, et Premier, Hestia-Vesta, p. 338, 408, 411. — 12 Naev. Fragm. 99, et Ribbeck, Comic. lat. reliq. p. 20 suiv. Pour le commentaire, voir Panofka, dans Rhein. Muséum, IV, 137, et Jordan, Annali, 1802, p. 337 suiv.

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Fig. 4349. — Le Lare familial .

qu’on Fhonorait dans les maisons aux premiers temps delà littérature romaine. Il nous est fourni par une statuette du musée de Dresde (fig.

43-49) *, qui représente une figure juvénile, à l’expression satisfaite, debout et au repos ; le corps est drapé dans une ample tunique dont un des pans retombe de l’épaule gauche, formant sinus audessus de la ceinture qui le retient et retombant plus bas que les genoux ; les pieds sont chaussés de bottes légères ; la tête est couronnée de fleurs ; la main droite tient une patère et la gauche une corne d’abondance ; si l’on remarque que la tunique s’arrête à mi-jambe, nous relevons dans cette figure tous les caractères que la littérature, ou contemporaine des guerres puniques ou s’inspirant des anciens usages, attribue au Lar Fa mil taris. Dans le

même ordre d’idées, on peut citer une statuette de Lare unique trouvée à Mandeure (Doubs) et actuellement au Musée de Montbéliard (fig. 4350).

Seul sur sa base, avec l’attitude qui caractérise les Lares dan sants en général, il est entouré d’animaux domestiques, d’un porc, d’un coq et d’un serpent barbu enroulé sur lui-même ; derrière le porc est un petit autel 2. Ovide et Perse caractérisent ces dieux parla tunique retroussée ( incincti , succincti) 3 ; et ce qui domine dans la peinture morale de leur être par Caton et Plaute, c’est qu’ils répandent la prospérité ; la corne en est l’emblème, comme elle l’est ailleurs du Génie. Le rhyton a la même signification 4.

Les diverses représentations des Lares sous l’Empire ont été étudiées en détail par Zannoni et plus récemment

Fig. 4350. — Le Lare familial.

par Jordan et Reifferscheid, qui ont rectifié et surtout complété le premier “. Jordan en particulier a énuméré ou décrit les bas-reliefs, statuettes de bronze, peintures de fresque et lampes d’argile qui nous ont conservé ces divinités6, le plus souvent dans leurs fonctions de gardiens domestiques ou préposées à la religion des coin pita ; depuis, des découvertes nouvelles ont encore grossi ce trésor7. Les bas-reliefs, ainsi que nous l’avons constaté déjà, se rattachent pour la plupart à la restauration de cette religion par Auguste ; il en est sur lesquels les Lares sont de simples poupées portées parles assistants8, d’autres qui nous les montrent, suivant le type précédemment décrit, au nombre de deux, flanquant le Génie de l’empereur. Le bas-relief reproduit à l’article geniis (fig. 3542) donne à celui-ci la patère et la corne d’abondance. Les Lares sont en tunique courte et bottes légères; ils élèvent, l’un de la main gauche, l’autre de la droite (cette différence est uniquement pour la symétrie et se rencontre ailleurs) le rhyton àla hauteur de leur fronl ; on peut considérer ce groupe comme la représentation officielle du culte des Compitalia 9. Celui du Lar Familiaris est à chercher de préférence dans les statuettes de bronze dont un nombre assez considérable provient dus fouilles de Pompéi et d’Herculanum. Leur attitude les a fait appeler par les premiers interprètes des échansons 10. Ce sont des figures juvéniles, à la chevelure bouclée, lu plus souvent couronnées de fleurs ; ils sont vêtus de la tunique dorienne, parfois avec la chlamyde, une ceinture autour des reins; ils rappellent le type de Bacchus jeune, et même celui de l’Artémis chasseresse11. Leur attitude est celle de la danse gracieuse, tout au moins d’un mouvement souple et harmonieux ; de la main droite ils élèvent au-dessus de la tête le rhyton d’où le vin jaillit dans une patère ou situla que tient la gauche. La figurine du Louvre citée plus haut (fig. 4348) fait la transition entre celle du Musée de Dresde et les Lares échansons qui, trouvés d’abord en Campanie, se rencontrent aujourd’hui dans un grand nombre de musées. En réalité, c’est la comparaison de ces statuettes avec les fresques du Pompéi qui met leur signification hors de doute. Et si l’on se demande pourquoi le type du Lare dansant s’est substitué peu à peu à celui du Lare guerrier qui figure sur le denier de la gens Caesia et dont Ovide déjà ne peut plus trouver de monuments, c’est à l’identification dus Lares, tant avec le Genius qu’avec les Pénates, qu’il en faut demander la raison 12. La légende d’Énée a eu beau anoblir les Pénates, elle ne réussit pas à faire oublier leur fonction primitive qui est de pourvoir le gardemanger13. Au siècle de Constantin encore, un polémiste chrétien leur reproche de n’exprimer que les instincts les plus bas de la nature humaine, l’appétit de la boisson et

1 Roscher, Lexikon. p. 1892. — 2 Mémoires lus à la Sorbonne, 18G7, pi. 11.

3 Incincti ap. Ov. Fast. Il, G34 ; succincti, Pers. V, 31 et Scliol. [cinculum,

p. 1177] ; la note du commentateur ancien qui parle à ce propos de toge et de cinctus Gabinus est erronée. — 4 Voir cornucopia, I, 2, p. 1514, avec le passage d' Athénée, XI, p. 497 c. — 8 Zannoni, Galleria di Firenze, IV, 3, 142 siiiv. ; Jordan. De Larum imag. dans Annali, 1862, p. 300 suiv. et la pl. R 4 ; Reifferscheid, De Larum picturis Pomp. Annali, 1863; cf. Jordan, Vesta und die Laren. — 6 Pour les lampes, voir Bartoli, Veter. lucernae sepulchr. I, 13, 14, et Arcli. Zeit. 1852, p. 425, pl. xxxix, 3. — 7 Surtout à Pompéi; Helhig, Wandgem. 35 à 95, avec les -ouvrages cités; Sogliano, Pitture murali Campana, IG et s. ; Archaeologia, 1897, p. 306. 8 Benn-

dorf et Schoene, Ant. Bildwerke, etc. n" 486 ; cf. Jordan. Annali, 1872, p. 38, la reproduction à l'art, compitalia, p. 1429, le bas-relief de la Villa Medici provenant de l'Ara Pacis, Mon. d. Inst. lab. 34, 35, n" 5 ; Annali,

1881, p. 302; l’autel du Vatican, chez Raoul-Rochette, Monum. inéd. n. G9 et Corp. inscr. lut. VI, 876. — 9 Cf. un bas-relief de la Villa Medici, Annali, 1862, tav. R, fig. 4. — 10 Caylus, Recueil, V, 74, 218 ; Mazois, Ruines de Pompéi, III, 22; Visconli, Mus. Pio Clem. IV, tab. 45; Gerhard et Panofka. Ncapels ant. Bildw. p. 167," 171 et passim-, cf. Jordan, De Lar. imaijp. 311 suiv.; de l.ongpérier, Bronzes ant. du Louvre, n. 404 et s.; Bahelou et Blanchet, Bronz. de la Biblioth. nat. n. 740 et s. (voir à l’art, clavcs, fig. 1629, la reproduction du n. 464) ; S. Reinach. Ant. du Musée de Saint- Germain, Bronzes, n. 142 cl s. ; Friedrichs, Berlins ant. Bildwerke , Klein- Kunst. n. 2011 et s. ;Wissowa, Annali, 1883, p. 156 s., et dans Roscher, Lexik. d- Myth. p. 1891. — U Campana, Opéré in plast. 31 , — 12 Cf. sur le bas-relief d1’ l'autel d'Auguste (Raoul-Rochette, Monum. inéd., 69, 3), les Lares couronnés de lauriers rappelant le laurigeros domini Pénates de Martial, Mart. VIII, 1, C — 13 Voir Klausen, Aeneas und die Penat. p. 647 suiv. et Preuner, Op. cil. p. **•

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de la nourriture1. Les Lares héritèrent de ces attributions et leur confusion avec le Génie fit le reste. L’expression joyeuse, la danse, les fonctions d’échanson, la tunique légère, la couronne en tête, tous ces détails sont pris dans la littérature autant que dans l’opinion populaire et suffiraient, en dehors de la discussion sur le sens des plus anciens témoignages, pour assurer l’être des Lares contre toute interprétation funèbre, fût-elle corrigée par des intentions d apothéose.

La même impression se dégage des fresques de Pompéi, où les figures de ces divinités tiennent une place considérable2. On les y rencontre soit dans leurs attributions domestiques, peints à l’intérieur des maisons, sur les parois des fours et des cuisines [culina, fig. 2096], soit au dehors, sur les murs qui avoisinent les carrefours [com-

PITUM, fig.

1888], où ils remplisse n t leur rôle de Compitales 3.

Les fresques de Campanie ne sont pas seulement

une confirmation de Lares en général par les réformes d’Auguste ; elles le ramènent par certains détails à ses lointaines origines en les groupant avec les divinités du foyer, en particulier avec Yesta et avec le genius. Dans une des plus remarquables1 et des mieux conservées (fig. 4351), Yesta, faisant une libation, est assise au centre; elle est suffisamment déterminée par un âne dont la tète et une partie du corps apparaissent à la droite de l’autel ; les deux Lares ont le costume et l’attitude que nous avons précédemment décrits. D’autres fresques nous donnent les Lares groupés avec le genius generis , qui peut être aussi celui de l’empereur6. Enfin il faut distinguer celles qui représentent le sacrifice fait aux Lares compitales par les vicomagistri °. Ces représentations démontrent pour leur part que la réforme apportée par Auguste au culte des Lares a eu pour effet d’effacer la ligne de démarca-

1 Firmic. Mat. De errore profess. relig. c. 14, 1 ; cf. Marquardt, Roem. Staatsverwa.lt. III, p. 125, noie, avec la rectification de Wissowa. L'erreur de Marquardt provient de la difficulté qu’on éprouve à concilier entre eux le type des Lares Praestites tel que nous le donne le denier de la gens Caesia et celui des .ares dansants ; le premier a péri de bonne heure et il est douteux qu’il ait jamais eu giande popularité ; voir un autel portatif en terre cuite, aujourd’hui à Berlin, sur equel figurent les deux Lares dansants avec la situla ; Gerhard, Antike Bildwerke , ■ [ara, fig. 416], — 2 Voir les ouvrages cités de Jordan, de Reifferscheid et

d Helbig, avec la synthèse de Wissowa, chez Roscher, Op. cit. p. 1893 suiv. > cf. Premier, Op. cit. p. 236, note 3.-3 Pour ces derniers, Helbig, Op. cit. n il 43. 4 Jordan, Vesta u. die Laren , Berl. 1865 ; Helbig, n. 61 ; autres pcin-

uics des Lares avec Vesta, Helbig, 62, 63, 65, 66 6, 68 ; pour le no 65, voir aussi , °num ■ d- Instit. 111, 6 a. Voir les Laves groupés autour d’un autel, avec Jupiter a 10bc et Minerve à gauche, Helbig, no 60 b et Allas, taf. I. — 5 Voir Helbig, n°’ 46 a 0. La classification de Helbig, distinguant entre les Lares et les Pénates, n'a rien a cigoui eux ; la confusion des uns et des autres sur les fresques de Pompéi est. on rouelle. Pour les représentations où se rencontrent à la fois les Lares et les enales, voir pénates. G Mus. Dorbon. XIII, p. 2; Helbig, 41 ; Jordan, Vesta

l’importance donnée au culte des

tion qui séparait autrefois, dans la littérature comme dans les cérémonies et les arts, les Lares publics et privés, les Lares et les Pénates. En résumé, seuls les Lares Compitales , Familiares et Praestites , ceux-ci bientôt absorbés par les premiers qui se distinguent à peine des Familiares , ont reçu une expression artistique7. J. -A. Hild.

LARGITIO. — 1° Largesses officielles faites au peuple [congiariumJou à l’armée [donativum].

2° Largitio frumentaria. — Institutions assurant au peuple de Rome le blé et quelquefois le pain à bas prix ou même gratuitement [annona, frlmextariae leges,

FRUMENTUM EMPTUM, HORREUM, PANIS GRADILIS].

3° Le mot largitio désignait aussi des libéralités faites

p ar les part iculiers dans un but souvent intéressé :

recherche de la popularité, achat des conscien ces électorales, récompense donnée au peuple après une él ecti on

heureuse, remerciement en sortant de charge. Parfois aussi le peuple recevait des largesses après les funérailles des citoyens riches, et pendant les jeux qui les terminaient; souvent ces largesses avaient été ordonnées par disposition testamentaire. Elles se faisaient sous les formes les plus variées : distribution d’argent, de blé, de pain, de vin, d’huile, de denrées alimentaires, d’objets de toute nature; repas, spectacles, jeux, combats d’hommes et d’animaux [ambitus, circus (p. 1201), coena (à la fin), epula (à la fin), funus (p. 1401), gladiator (p. 1565 et

1567, S.), LIBERALITAS, LUDI, MAGISTRATUS, MISSILIA, MUNUS, SPORTULA, TESTAMENTUM, VENATIO].

4° Largitiones sacrae et privatae. — Administration financière de l’Empire. Au ni3 siècle, la centralisation se faisant de plus en plus dans tous les services, Vaerarium et le fisc sont réunis sous l’administration d’un procurator a rationibus qui, sous Dioclétien, est remplacé par

und die Laren, p. 14 ; Ann. d. Instit. 1862, p. 313, et 1863, p. 121 . — 7 Cf. la conclusion de l'étude de Reifferscheid, Op.cit. p. 132 suiv. — Bibliographie. Harlung, Die Religion der Roemer, Erlangen, 1836, t. I, 56 suiv. el passim: Hempel, De diis Laribus, Zwickau, 1797 ; Hertzberg, De diis Romanorum patriis, etc. Halle, 1846 ; Jordan, De Larum imaginibus et eorum cultu, dans les Annali dell' Instituto , 1862, p. 320 suiv. ; Vesta und die Laren, Berlin, 1865 ; cf. Annali, 1872, p. 19 suiv. ; 1882, p. 70 suiv. ; Klausen, Aeneas und die Penaten, Hamburg, 1839, II, p. 620 suiv. ; Krahucr, art. Lares dans l' Encyclopaedie d’Ersch et Grubcr, sect. III, t. XV, p. 409 suiv. ; Marquardt-Mommsen, Roem. Staatsverwaltung, t. 111, p. 124 suiv. ; 254 suiv. 2' éd. ; J. Millier, De diis Romanorum ; Laribus et Penatibus, Hanau, 1811; Preller, art. Lares, dans la Realcncyclopaedie de Pauly, t. IV, p. 772 et s.; Preller-Jordan, Roem. Mythologie, t. II, p. 101 s. : Preuner, Hestia-Vesta , Tubing. 1864, p. 232 et s. et passim ; Reifferscheid, De Larum picturis Pompeianis, dans les Annali, 1863, p. 121 suiv.; R. Scharbe, De Geniis Manibus et Laribus, Casan, 1854, p. 81 suiv.; Schoemann, De diis Manibus et Laribus, Geniis, Grcifswald, 1840, el Opusc. Academica, Berlin, 1856, t. I, 325 suiv.; Schwegler, Roem. Geschichte i>u Ze.italter der Koenige, Tubing. 1867, I, 317 ots. ; II, p. 703 et s. ; Wissowa, chez Roscher, Lexikon der Griech. und roem. Mythologie , t. Il, p. 1868 suiv.

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