EVI
sons géographique sont toutes d’une époque relativement récente. Une des plus anciennes est un bas-relief de la villa Albani représentant Héraklès au repos après ses épreuves; Italos et Europa le contemplent4*. J. A. Hild.
EURAKLEIA. Fêtes très souvent mentionnées dans les inscriptions de Sparte, dans celles-là surtout qui perpétuent le souvenir de quelque agonothète1. Elles sont ordinairement associées à des caesarea et citées avec l’épithète de « grandes » 2. Ce qui prouve qu’elles avaient une certaine importance, ce n’est pas seulement la fréquence des mentions dont elles sont l’objet, mais encore ce détail qu’elles donnaient lieu à une notable dépense, et qu elles valaient aux vainqueurs des images publiques et des statues aux frais du Trésor3. On suppose qu elles furent établies à Sparte, en l’honneur de l’empereur Auguste, par un certain Euryklès qui fut son ami après avoir été son allié et avait combattu vaillamment à la bataille d’Actium*. Il possédait en toute propriété l’île de Cythère tout entière, et dut autant à sa richesse qu’aux services rendus d’exercer à Lacédémone une grande influence sous le règne d’Auguste 8. Un témoignage de Strabon établit qu’il abusa de cette influence, et Plutarque nous apprend qu’il eut à se défendre auprès de l’empereur contre une accusation publique6. La fête qu il avait instituée en l’honneur de son protecteur fut des plus populaires; elle subsistait encore aux temps de l’empereur Commode7. J. -A. Hild.
EUSEBEIA [uadrianeia],
EUTAXIA [EQUITES, PaNATRENAEa].
EUTHYNOI (Eüôuvot). — Fonctionnaires athéniens qui avaient mission, avec les A&yctrrat, d’examiner la gestion des magistrats sortant de charge [logistai].
EUTHYTOXA [tormenta]. v
EVECT10. — On entendait primitivement par evectio (de vehere ) le droit de se faire transporter gratuitement aux dépens des alliés ou sujets de l’État romain, et, plus tard, ce diplôme autorisait le cursus publicus1.
Ce droit fut usurpé pour la première fois par un magistrat romain se rendant en province, en 173 av. J.-C. ou 581 de Rome 2, le consul L. Postumius. Avant cette époque, les envoyés qui partaient pour une mission subite avaient seuls l’habitude de commander des relais dans les villes alliées qu’ils devaient traverser. Mais le transport des magistrats restait à la charge du trésor public, et ils logeaient chez leurs amis, privata hospitia habebant. L’usage contraire ne fit que s’étendre et dégénérer en abus; les socii durent fournir transports et logements3, et la loi Julia de provinciis dut intervenir
pour réglementer ces evecliones *. En outre, des sénateurs ou des hommes importants se faisaient donner par le Sénat des missions, officielles en apparence [legatio libéra], pour voyager ainsi aux dépens des provinciaux et pour leurs affaires particulières8. Cicéron et César essayèrent aussi de mettre un terme à cet abus ou, du moins, de le restreindre dans une certaine mesure6.
Sous l’empire, Auguste 7 institua les postes publiques avec relais ( mutationes ) et stations ( mansiones ), destinés aux courriers qui portaient les dépêches du gouvernement aux gouverneurs et aux armées. L'empereur, à Rome, et les présidents de province avaient le droit de délivrer l’autorisation 8 d’employer tant de fois ce mode de transport (jus evectionis ), en concédant un diploma ou synlhema [diploma]. L’entretien et le soin des postes était à la charge des localités 9. Plus tard, l’administration les dirigea, mais sans en supporter les frais16. Voy. pour les détails cursus publicus.
Ensuite, en principe, l’empereur se réserva le jus evectionis, qui fut, d’ailleurs, soumis à des règles particulières “, et les gouverneurs en règle générale n’eurent plus la faculté de délivrer des diplomata 12. C’est le praefectus praetorio qui émet les evectiones 13 et fait rédiger la patente par un employé de son officium ou bureau, appelé regendarius, en se conformant aux lois qui régissaient, d’après la qualité du concessionnaire, la nature de ce mode de transport, le bagage, etc. Après la chute du préfet Rufin, le droit d 'evectio fut attribué au magister OFFiciORUM 14, et même la mission de contresigner1'' les diplômes délivrés par le praefectus praetorio.
A ce contrôle servait le curiosus cursus publici, appartenant à l 'officium du maître des offices ; en province, il employait des agents de police, organisés militairement, à la surveillance rigoureuse de ce service16.
En général, les fonctionnaires publics étaient admis à se servir du cursus publicus ; mais le nombre des evectiones annuelles qu’ils avaient le droit de demander, était fixé pour chacun d’eux, comme l’indiquent des chiffres placés dans la Notitia dignitatum , et dont le savant Boecking a déterminé le sens17. Il ne faut pas confondre les evectiones avec les mandats appelés tractoriae, dont l’étendue était plus considérable18. G. Humbert.
EVICTIO. — Dans son sens étymologique, seul suivi en matière d’action ex stipulatu duplae, à raison de la stipulation qui s’interprétait strictement1, Yevictio était la privation de la chose vendue par suite d’une sentence judiciaire, ablatio rei auctoritate judicis. Dans un sens plus large, appliqué dans le cas où l’acheteur
^ a G. Kaibel, Inscr. gr. Sicil. et liai. 1293. Cf. Winckelmann, Kunstgesch. I -, 43. Voy. les personnifications de l'Europe et de l'Asie, de l'Asie et d'Hellas art. asia. Cf. Monuments grecs, 1889-90, p. 15.
liURYKLEIA. 1 Boeckh, Corp. inscr. gr. I, 1239, 1240. — 2 Ibid. 1423, 142 cf. I -*27 et 1389 avec les observations de ReiDesius. — 3 Ibid. 1378. — 4 Pli AnL 07 1 cf- J°s. Ant. Jud. XV, 16 et Bel. jud. 17. —8 Strab. VIII, éd. Didc I 31 r, la et 312, 5, ou Euryklès est appelé : é *a0’ ipia; twv AaxE&uipovCuv VjYtful — r‘ A p op h. Iiom. 14. — 7 Gruter, Inscr. Rom. p. 314; Boeckh, Op. I.. 1] p. ' 85, n° 5913, ligne 34. V. la même inscript, chez Kaibel, Inscr. gr. Sic. et i P- 295, n° 1 102 ; Bull, de corr. hell. I, p. 385 et Mittheilungen des deutsch. Inst. Al lien, VI, 12.
^ l.VEcno. 1 C. Tlieod. 8, 5, 19, De cursu publico. — 2 Cf. Tit. Liv. XLIII, :
'c. Verr. V, 18, 45; voy. un fragment d'un discours de Catou l’Ancien, a rrontm. Epist. ad Anton. I, 2, éd. Rom. 1823, p. 150. — 3 App. Bell. civ. P ~ 4 Cic- Ad. Attic. V, 10, 2; V, 16, 3; V, 21, 5; In Bison. 34, 90. Cf. Walte d. rom. Rcchts, 3° éd. Bonn, 1880, I, n° 146; Becker-Marquardt, Bandbuc, - h p. 286. 6 Cic. Ad. fam. XII, 21 ; Ad. Attic. II, 18 ; P. Plane. 4; Ad *’ 3i ui 17 i Sueton. Tiber. 31. — 6 Suet. Octav. 49. — 7 Cic. De legi G 8; Ad Attic. XV, 11. — 8 Sidon. Apol. Epist. I, 5; Plin. Epist. X, 31, 12i