‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 3)Chapitre 107 sur 111 · EXC · texte numérisé non relu

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l’interprétation que M. Cuq donne de ce texte'2, mais il n'en reste pas moins probable que cette fonction remonte en effet à Dioclétien dont Constantin ne fit que développer les institutions.

En résumé, deux faits seulement semblent établis et admis par tous les auteurs : 1° L 'examinator per Italiam existait sous Constantin et probablement dès le règne de Dioclétien. 2° Ses fonctions avaient trait au recouvrement de l’impôt. Nous n’essaierons pas de préciser davantage et de choisir entre les différentes théories analysées plus haut : dans l’état actuel de la science sur cette question, on ne peut que proposer des hypothèses plus ou moins spécieuses. H. Thédenat.

EXAUCTORATIO. — Par ce mot, les Romains désignaient l’acte par lequel le chef d’armée renvoyait un soldat dans ses foyers. Mais comme un tel renvoi pouvait affecter deux caractères différents, le mot pouvait avoir deux sens. Il signifie souvent, dans les auteurs, la cessation du service par suite de l’accomplissement du temps légal ou de la suppression d’un corps expéditionnaire, après la victoire remportée ; c’est ainsi qu’il est pris, par exemple, dans certains passages de Tite-Live1 et de Suétone2. D’autres fois il caractérise un licenciement infligé comme punition3; c’est même le sens qu’il finit par avoir dans le langage militaire de l’empire. Il faut pourtant se garder de le confondre avec le mot tnissio ; ce dernier est plus vague; le terme exauctoratio , au contraire, est tout à fait précis : il indique l’opération par laquelle on dépouillait un soldat de ses insignes militaires, par conséquent celle qui en faisait véritablement un civil 4. En pareil cas, le condamné déposait immédiatement ses armes et quittait le pays. Lampride raconte que telle fut la punition infligée par Sévère Alexandre à des légionnaires mutinés : « Quirites, leur dit-il, déposez vos armes et retirez-vous. Ils déposèrent donc leurs armes, ils déposèrent même leur manteau et chacun se rendit, non pas au camp, mais dans différentes auberges. Ceux qui accompagnaient l’empereur recueillirent les enseignes pour les rapporter au campement; le peuple ramassa les armes et les porta au palais du prince 5. » Ailleurs, nous voyons César chasser d’Afrique, le jour .même de leur condamnation, deux tribuns et un centurion 6.

Cette punition pouvait s’appliquer soit à des soldats isolés, soit à des corps entiers. Dans ce dernier cas le nom du corps était effacé des rôles de l’armée. C’est ce qui arriva pour la légion IIIa Gallica, qui s’était soulevée contre Elagabal et avait soutenu les ambitions de son légat7; pour la Illtt Augusta, qui avait suivi le parti de Capellien 8 et pour d’autres encore ; elles furent licenciées et le nom de la légion fut martelé sur les monuments

IS Voici le texte : « Juxta quae adi correctorem, virum clarissimum, amicum nostrum, et ea quae in precem contulisti adlega; qui in examinait oui bus eam seuteutiam promet, quam juris atque aequitatis ratio dictaverit. » M. Cuq traduit : « Allez trouver ie corrector, personnage clarissime, notre ami, et faites valoir les considérations contenues dans votre requête : lui, sur 1rs décisions prises par l' examinator, rendra un jugement conforme aux principes du droit et de 1 équité. »

■ — Bibliographie. Cuq, Op làud. M. Cuq, non seulement y établit son opinion d’une façon très complète avec tous les documents à 1 appui, mais expose avec nue grande clarté et critique très en détail celles des autres auteurs.

EXAUCTORATIO. 1 Liv. VIII, 34; XXXII, t; XXXVI, 40; XL!, 5, etc. — 2 Suet. Aug. 24; Tib. 30; cf. aussi Tac. Ann. I, 36. — 2 Caes. Del. Afr. 54. - Suet. Vitel. 10 ; Vesp. 8; Tac. Hist. 1, 20; Plin. Epist.M, 3t. — * Dig. III, 22, § 2. « Sed si euni exauctoraverit, id est insiguia militaria detraxent, inter infâmes eflicit, licet non addiderit iguominiae causa eum exauctoravisse. 2 Vita Alexandri, 54. — 6 fiel. Alex. 54. — 1 Cf. Corp. inscr. lat. VIII, n“ 186 et 206,

qui en faisaient mention. Mais les soldats de ces corps licenciés n’étaient pas, pour cela, renvoyés dans leurs foyers; on les versait, du moins en partie, dans d’autres troupes de fidélité éprouvée 9 ou campées dans des pays ou le service était pénible10. Il n’y avait exauctoratio que pour le corps, les soldats étaient simplement dégradés et transplantés : les empereurs conciliaient par là les nécessités de la discipline et les besoins du recrutement.

R. Cagnat.

EXCEPTIO [actioJ.

EXCEPTOR. — Parmi les commis d’état-major attachés aux corps d’armée ou aux corps de troupes, il existait une classe de secrétaires, nommés exceptores' . Il semble, d’après l’étymologie du mot, qu’ils eussent pour fonctions de recueillir sous la dictée les instructions de leur chef et de les rédiger pour les transmettre aux troupes. On rencontre des exceptores même dans les détachements, où ils étaient à la disposition du chef de poste2.

R. Cagnat.

EXCUBIAE. — Les Romains désignaient ainsi la garde montée de jour 1 par opposition à vigiliae , qui s’appliquait aux gardes de nuit [vigiliae]. Polybe a expliqué avec détail comment le service des postes était organisé pendant la journée dans le camp, pour la surveillance des tentes et des bêtes de somme2. Par extension, ce mot signifiait aussi une garde en général; la même remarque doit être faite à propos du mot excubitor. Certains auteurs ont voulu voir 3 dans ce dernier nom le terme par lequel on désignait spécialement les soldats de la cohorte qui était de service au palais impérial4 et qui, par suite, accompagnait le prince dans ses sorties3; c’est une distinction qui ne répond pas à la réalité : jamais aucune cohorte n’a porté le titre officiel de cohors excubitorum. R. Cagnat.

EXCUBITORIUM. — C’est l’endroit où se tenaient les hommes de garde, le corps de garde. Le mot se rencontre dans ce sens aussi bien dans les textes des auteurs 1 que sur les inscriptions 2. Il s’applique, en particulier, aux postes de surveillance établis pour les vigiles , dans les différentes régions de Rome 3 [vigiles]. L’un de ces corps de garde, situé près de l’église de Santo Crisogono \ a été fouillé il y a quelques années. La disposition de la construction, qui n’est pas sensiblement différente de celle d’une maison romaine 5, a fait supposer qu’en pareil cas l’État louait à long terme une maison particulière où elle installait les vigiles. L’édifice est d’une structure élégante avec pavés de mosaïque, fontaines de marbre, fresques et bancs. Les murs étaient couverts de graffites. R. Cagnat.

EXCUSATIO. — I. Une personne appelée à exercer la tutelle [tutela] pouvait, en droit romain, se soustraire

avec le commentaire de M. Mommsen. — 8 R. Cagnat, l'Armée d'Afrique , p. 166 et s. — 9 Ainsi certains soldats de la légion III8 Gallica furent versés dans la légion III0 Augusta (Ibid. p. 108). — 10 Quand la légion IIIe Augusta fut licenciée, les hommes qui la composaient furent sans doute transportés en Germanie (Corp. inscr. lat. VIII, p. 21).

EXCEPTOH. 1 Eph. Epigr. IV, p. 432 et s. — 2 Corp. inscr. lat. VIII, 17631. Le chef de détachement semble être ici un bénéficiaire du légat de Numidie.

EXCUBIAE. 1 Isid. Orig. 9, 3, 42. Cf. Cic. Pro Mil. 25, 67, — 2 Polyb. VI, 33. — 3 Smith, Dictionary of greek and roman Antiquities , s. v. — 4 Suet. Ner, 8, 9; Otho , 6.-5 Otho, 4.

EXCUB1TOB1UM. l Notitia Urbis (Jordan, II, p. 573). — 2 Corp. inscr. lat. III, 3526 : « excubitorium ad. tutelam signorum et imaginum sacrarum »; Ibid. VI, 3010 : genius escubitori. — 3 Voir les notes 1 et 4. — 4 Pellegrini, Bull. 1867, p. 18 et s.; Henzen, Annal i, 1874, p. lit et s. — B Lanciani, Ancient Rome , p. 22 et 230. A la page 230 est jointe une vue de la cour intérieure.

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à cette charge, pour une cause approuvée formellement par la loi et nommée excusatio , sauf à la présenter au magistrat compétent, dans un délai déterminé, et à en faire la preuve dans un nouveau délai, également fixé par le législateur. Toutefois, jadis, les tuteurs légitimes ne jouissaient pas de Y excusatio pour se libérer d’un fardeau regardé comme corrélatif à leur droit de succession. Mais l’empereur Claude réglementa cette matière et considéra toute tutelle comme une fonction publique, munus publicum, admettant des excuses légitimes. Le droit romain fournit à cet égard des renseignements très complets sur les diverses causes d’excuses, et pour les détails desquels nous renvoyons aux textes1. Ainsi le jus trium liberorum permettait notamment de refuser la tutelle2 [liberorum jus] ; certains emplois publics, ou des dignités comme celles de sénateur3, la qualité de prêtre'*, le titre de professeur ou de médecin6, le privilège de certaines corporations comme celles des navicularix , bateliers ou marins, des mensores frumentarii, des fabri , des portuenses,des pistores, des suarii, boarii et pecuarii6 , etc., fournissaient des causes à' excusatio .

Les tuteurs datifs, c’est-à-dire nommés par le magistrat, pouvaient jadis présenter une autre personne comme devant leur être préférée à titre de parent ou allié plus proche. Cette faculté, introduite entre le règne de Claude et celui de Marc-Aurèle, se nommait potioris nominatio 1 ; elle tomba en désuétude, et Justinien n en parle plus dans ses compilations.

II. Sous les premiers empereurs, les juges jurés [jurati ou selectx judices], dont les fonctions n’étaient plus considérées que comme une charge, obtinrent, dans certains cas, le droit de faire valoir des causes d excuses (vacatio ou excusatio ), par exemple à raison de leur âge, du nombre de leurs enfants, etc. 8, ou même d une concession impériale.

III. Enfin, il existait des exemptions pour les charges municipales [munus] soit personnelles, pécuniaires ou mixtes9, lesquelles, en général, étaient obligatoires. Les causes de vacationes que Pothier a classées10, d après les lois du Digeste, en quinze catégories différentes, se tiraient de l’âge, des infirmités, de la pauvreté, de 1 absence légitime, du nombre des enfants, de la qualité de vétéran, de professeur des arts libéraux et de certaines dignités, etc. 11 Cette exemption se nommait immunitas 12.

G. Humbert.

EXEDRA (’EÇéSpa). — Le mot est employé par les Grecs avec son sens étymologique de siège extérieur , ou plus généralement siège. C’est ainsi qu Hérodote appelle 7rpoe?ÉSp7) — ce n’est là qu’une variante du mot usuel âijÉSpa — le siège de marbre blanc que Xerxès fit installer sur le promontoire d’Abydos, afin d assister au défilé de son armée \ mais c’est là un usage du mot très rare, et pour ainsi dire exceptionnel2. Le sens le plus

EXCUSATIO. — 1 Dig. 27, 1 ; Inst. Just. I, 25, De excus. — 2 Inst. Just. I, »g Dr. — SVatic. fragm. 136, 147, 174. — 4 Vatic. fragm. 148. 179; C. 52, Cod. Justin. I, 3. -6 Inst. Just. I, 25, §15.-6 Dig. fr. 17, § 2 ; fr. 27, XXVII, 1 ; Vatic Ira™. 233-237. - 1 Paul, Sent. II, 28 et 29; Vatic. fragm. 158-166; 206- 219. 1 8 Fr. 13, § 3, Dig. L, 5; fr. 6, § 8, Dig. XXVII, 1 ; Vatic. frag. 197; Suet. ClaucL. 15- Plin. lipist. X, 66; Tacit. De orat. 5; Rudurff, R. Rechtsgesch., II, 6 10 et 11 p. 40 et s. -9 Dig. L, 4. - 10 Paud. Justin. L, 5. V. surtout Kuhn, Verfassung. I, p. 60 et s. - H C. 12, Cod. Just. De exc. minier - «.Dig. L, 6 - Buu.ioorai.hie. Augustinus, Ad Modestin. sive de excusât, liber smgular. apud emendation. et opinion. Lugdun. Bat. 1560, p. 222-293 ; ZUnmern Rechtsgeschichte , I, p. 903-914, Heidelberg, 1829; Rudorff, Das Recht de, Vor mundschaft, Berlin, 1834, II, p. 1 à 210 et Roem. Rechtsgesch. Leipzig 1859, H, p. 40 et s. ; Rein, Das Privatrecht der Rômer, Leipzig, 18o3, p. 5-1 et 866 ,

fréquent, en Grèce comme à Rome, est celui de salle de conversation munie de sièges, un parloir ou un salon. C’est le sens formel que donne Pollux3, et que précise encore une scholie à un vers de Y Anthologie '*.

De pareils salons se trouvaient dans les maisons particulières ou les palais, et dans certains monuments publics.

Il est très difficile, quand on étudie le plan d’une maison grecque ou romaine, de fixer exactement l’emplacement de l’exèdre. Il pouvait du reste y en avoir plusieurs5.

Dans l’habitation de l’époque homérique, telle qu’on a pu la reconstituer d’après Y Iliade elYOdyssée, Homère n’ayant pas employé le mot i\k opa, il est impossible de placer une exèdre0. Dans le palais de Tirynthe, plus d’une salle de la partie réservée aux hommes, autour de la cour ou du foyer, pouvait servir d’exèdre, mais il serait téméraire d’attribuer ce nom plutôt à l’une qu’à l’autre7. Dans la maison athénienne, telle que l’on a pu la reconstituer d’après les textes de Platon, de Xénophon et de Lysias, c’est-à-dire la maison riche, on a coutume de désigner comme l’exèdre la pièce principale qui s’ouvre au fond du péristyle, en face de la porte d’entrée : c’est l’àvopwv qui devient l’Èçéopa, comme le dit positivement Pollux8.

Nous reconnaîtrions volontiers une exèdre dans la vaste salle qui se trouve à droite de la grande cour intérieure du palais de Palatitza. Elle est particulièrement belle, avec son dallage et son portique de quatru colonnes donnant sur l’extérieur, et semble bien appropriée aux réceptions9.

Mais c’est surtout à Rome, dès que l’influence grecque se fit sentir dans la construction des maisons comme en toutes choses, que l’on entend parler d’exôdres, et que les riches citoyens, à la ville comme à la campagne, aiment à posséder de pareils salons. Cicéron les désigne clairement comme des salles de conversation10 ; dans sa maison de Tusculum, il nous apprend qu’il a fait construire une petite exèdre (èijÉopi&v) le long du portique, et qu’il veut la faire décorer de tableaux11. Nous savons du reste par lui-même que l’on aimait, dans les exèdres, à trouver toutes ses aises, par exemple des divans pour faire la sieste12.

Vitruve a donné quelques conseils pour la construction des exèdres; il recommande que, de même que les œci, les exèdres aient la forme carrée, soient très vastes, et deux fois plus hautes que larges13. Mais ce sont là, on le comprend, des indications purement théoriques. L’examen des maisons de Pompéi prouve que les exèdres pouvaient varier d’emplacement et de disposition. A la maison de Pansa, par exemple, on veut reconnaître l’exèdre dans la salle qui se trouve entre le péristyle et le xyste. Cette salle, plus profonde que large (17m,4ü sur 10”, 35), est surélevée de deux marches, et deux

10 Fresquet, Traité élémentaire de droit romain, Paris, 1852, I, p. 169-1 16. Walter, Gesdùchte des rômischen Redits, 3° éd. Bonn, 1860, n09 398 et 551 , >< langeât, Cours éléin. de droit romain, 3" éd. Paris, 1876, 1, p. 432 et euiv. , Ortnin, Lègislat. romaine, if éd. Paris, 1880, II, p. 203, n"‘ 280 et s. ; E. Kulm, Die tædt. und bür g. Verfassung. d. rœm. Rechts, Leipzig, 1864, p. 69 et s.

EXEDRA. 1 Herod. VII, 44. — 2 II se retrouve, par exemple, dans une scholie u vers 11 du chant V de V Iliade, où UiSpai est donné comme synonyme d cu-

3 Poil. I, 79. - ‘ Scbol. Anth. Palat. 9, 322, 7. - 6 Eurip. Or. 1449.

6 Voy. domus, p. 338 et flg. 2495. - 7 Vov. domus, p. 341 et fig. 249 . 8 Voy. note 3 et domus, p. 344, flg. 2499, lettre C. - 9 Voy. supra, fig.

,n haut du plan, à droite. - 10 Cic. De nat. deor. I, 8; De orat. , , »■

- U Cic. Ad. fam. VII, 23. — 12 Cic. De orat. III, 5. — « Vitr. liv. (

^anckouke, p. 32).

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vastes baies donnent accès l'une sur le péristyle, l’autre sur le jardin H. L’exèdre de la maison de Méléagre (fîg. 2852

n’est pas dans l’axe du péristyle (à cet endroit se trouve un œcus corinthien) mais contigu à cet œcus, à gauche (E). « La décoration, dit E. Breton, en était d’une grande richesse. Le pavé est une jolie mosaïque formant des carreaux hexagones blancs encadrés de noir. Le soubassement des murailles présente, sur fond noir, plusieurs divinités marines couchées sur des monstres ; de jeunes télamons, posés sur un genou, semblent soutenir la plinthe ; au-dessous, sur fond bleu, sont plusieurs figures isolées, un hermaphrodite, des bacchantes et des néréides sur des hippocampes. » Le sujet principal, Marsyas et Olympos, qui ornait le fond de la pièce, est presque entièrement détruit15; de l’autre côté de Yœcus est une autre pièce plus petite, mais offrant la même disposition. On peut citer encore, comme particulièrement

remarquables à Pompéi, l’exèdre de la maison du Labyrinthe 10 qui est, comme dans celle de Méléagre, contiguë

14 Voy. supr. üg. 2523, n* 13. Cf. la Maison de Salluste, Breton, Pompeia, p. 346.

- 15 Breton, Pompeia , 3» édit. Paris, 1869, p. 336 (plan) et p. 343-44 ; Museo Borbonico, VII, pl. AB; Overbeck-Muu, Pompeji, Leipz. 1884, p. 312; Fiorelli, Descriz. di Pompei, 1875, p. 132. —I6 Overbeck-Mau, p. 342 (plan 42) et p. 34o ; Fiorelli, p. 149. — )7 Overbeck-Mau. p. 290 (plan 29) et p. 296; Fiorelli, p. 335.

- « Overbeck-Mau, p. 320, plan 10; Fiorelli, p. 177. - « Breton, p. 367 (plan) et p. 371 ; Mus. Borbon. VIII, pl. AB; Overbeck-Mau, p. 347 (plan 37) et p. 315;

à un œcus corinthien, celles des maisons d’Holconius 11 et de Siricus 1S. L’exèdre de la maison du Faune (fig. 2853, E) dont le frontispice était soutenu par deux colonnes corinthiennes et deux pilastres peints en rouge, ouvrait sur le xyste par une baie si vaste qu’elle semblait occuper tout le côté postérieur de la pièce. C’est là que fut trouvée, le 24 octobre 1831, la célèbre mosaïque représentant un combat entre les Grecs et les Perses 19.

Ces exemples suffisent à montrer que ni l’emplacement, ni la disposition, ni la décoration des exèdres n’étaient soumis à des règles ; la fantaisie de l’architecte et du propriétaire de la maison gardaient ici toute leur liberté. A ce propos, il est curieux de rappeler l’emploi que Varron a fait du mot exèdre ; il appelle ainsi une voiière superbe construite dans le péristyle d’une riche villa. Le nom d’exèdre ne peut avoir, en ce passage, qu’un sens extrêmement général, celui de salle, de chambre20.

Il y avait des exèdres dans quelques monuments publics. Vitruve recommande que dans la palestre soient construites « des exèdres spacieuses où puissent s’asseoir pour discuter les philosophes, les orateurs, et tous ceux qui aiment l’étude21 ». Ce sont là certainement des salles différentes de celle qu’il voulait qu’on réservât aux éphèbes, l 'ephebeum, qu’il définit ainsi : exedra amplissima cum sedibus, quae tertia parte longior sit quam lata 22 . Mais rien ne nous indique dans quelle partie de l’édifice devaient être situées ces différentes pièces 23. Comme on le voit, d’après les deux textes de l’architecte romain, le mot exedra avait à peu près perdu pour les Latins toute signification bien précise; il signifiait simplement une chambre avec des sièges. C’est pour cela que M. Nissen, qui veut reconnaître une palestre dans l’édifice pompéien vulgairement appelé le tribunal ou Curia Isiaca, a pu hésiter à reconnaître l’exèdre, et songer à trois salles différentes24.

M. Fougères a récemment déblayé la palestre de Dé-

los, dans la partie nord-ouest de l’île. Il y a, dans le plan qu’il a dressé28, plusieurs exèdres (fig. 2854). « D'abord

Fiorelli, p. 156. — 20Varro, De re rust. III, 5. — 21 Vitruv. V, 2 (éd. Panckouko: p. 506); Cic. De fin. V, 1 ; cf. Diog. Laert. III, 25; Dio Chrys. Orat. XXVIII, 1^ 22 Vitruv. I. e. — 23 L'expression de Vitruve (V, 2, tribus in porticibus) s’explique par ce qu'il dit en cet endroit des dispositions de la palestre. Cf. Bull, de corr. hellèn. IX, p. 347 (Sébastopolis de Carie, xîjç IÇIU'Spaç xîî; èv xS TExça'rxûXw xou funvafflou). — 2'* Nissen, Pompeianische Studien , VlII(Palæstra). — 25 Bull.

I de corr. hellén. 1891, p. 246.

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vient (dans le portique nord) une chambre quadrangulaire (A) de 7m;92 de large sur 6m,20 de profondeur. A l’intérieur, elle était garnie d’une ligne de sièges en marbre blanc, dont une partie est encore en place. Elle s’ouvrait du côté de la cour sur le péristyle. Deux pilastres adossés aux antes et deux colonnes au milieu en composaient l’entrée. Nous avons retrouvé avec les sièges le seuil de marbre blanc, la base d’un des pilastres, reconnu l’empreinte des deux colonnes et celle de l’autre pilier, avec les trous de scellement des unes et des autres ; cette chambre était une exèdre où pouvaient entrer librement et s’asseoir pour converser les oisifs et les savants, ainsi que le demande Vitruve. Ensuite se présente une autre pièce oblongue, de 20m,30 de longueur sur 7m,35 de profondeur (B). Le mur du fond est en saillie sur celui de la chambre précédente. A l’intérieur, elle est également garnie d’une grande file de sièges en marbre blanc, encore en place sur leurs supports, mais qui ne portent pas d’inscription. Cette pièce s’ouvrait sur le péristyle par une colonnade, peut-être ionique comme à Olympie, comprise entre les deux antes : elle répond, pour la disposition et pour les dimensions, à Y ephebeum de Vitruve. L’assimilation me paraît très vraisemblable, aussi bien que pour Olympie. » Les pièces C, D, E, au sud, ont aussi des sièges qui en font des exèdres. A Olympie, dont il est ici question, les ruines de la palestre ont été déblayées presque complètement, et le plan de l’édifice est très facile à lire. C’est, comme on le sait, une construction de forme carrée au centre de laquelle se trouve un portique. Tout autour de cette cour, sont disposées des salles de dimensions diverses, dont l’entrée est le plus souvent ornée de colonnes (il n’y avait pas de portes) et dont quelques-unes sont munies de bancs de pierre, courant le long des murs. Ces dernières sont évidemment des exèdres; il y en avait cinq, une très vaste au nord, deux petites et une grande à l’ouest, une moyenne à l’est 26.

Il y a aussi, dans les anciens bains de ’Pompéi, une exèdre annexée au préau qui pouvait servir de palestre (voy. t. Ier, p. 660, fig. 764, n" 5).

11 est probable, bien que les textes nous fassent ici défaut, qu’il faut aussi appeler exèdre la partie munie de sièges des basiliques, qui était séparée réellement ou théoriquement de la salle hypostyle, et qui, quelquefois, formait une saillie ronde en dehors de l’édifice ; c’est cette exèdre qui serait devenue l’abside des basiliques romanes, et ensuite le chœur muni de stalles pour le chapitre [absis, basilica]. Il y avait dans les basiliques quelque chose d’analogue à cette partie du théâtre de Pompée, que Plutarque appelle IÇéSpa, et où s’assemblait quelquefois le sénat. C’est dans cette exèdre, on le sait, que fut assassiné César37.

Enfin les Grecs et les Romains appelaient exèdres de petits monuments indépendants, construits çà et là dans les villes, et qui consistaient essentiellement en un banc plus ou moins orné, demi-circulaire. C est dans ce sens que Strabon parle d'une exèdre de marbre blanc

26 Ausgrabungen zu Olympia , V (1979-80 et 1880-81) pl. *Hv,n, et p. 40, n" 5 • Laloux et Monceaux, la Restauration d'Olympie , p. 136; Bœtticher, Olympia ’p. 367 et s. — 27 Plut. Brut. 14, 17. Voy. aussi Placid. Gloss, ap. Mai, Auct class III p 439 : « Exedra absis quaedam separata modieum quid a praetorio aut a’palatio. » - 28 Strab. XIII, p. 625; cf. Hesych *. »■ A^«.i Scbol. Hom. Od. XXIII, 208. - 23 Corp. inscr. gr. UH, «M, -«0; Bull, de coït, hellén. VI, p. 346, n» 66; Mittheil. d. arch. Instituts (Ath. Abti.,

qui, sur un sommet avancé du Tmolus, servait d’observatoire28.

Les monuments de ce genre sont très souvent mentionnés par les inscriptions29 ; les citoyens riches aimaient à orner leur ville de ces sièges utiles et gracieux. Les fouilles, dans les pays helléniques et dans les pays romains, ont mis assez fréquemment à jour des ruines d’exèdres. Nous citeronsles fouilles de Délos, oùM. Hauvette a déblayé, sur la terrasse des temples des Dieux étrangers, un édifice demi-circulaire, assez riche, paré d’une belle mosaïque; une inscription de la mosaïque indique que ce sont là les restes d’une exèdre consacrée par Midas30. Une autre inscription, trouvée près de là, prouve que sur cette même terrasse se trouvait au moins une autre exèdre, dont Antiochos de Tyr avait fait les frais31. A Pergame a été retrouvée la belle exèdre consacrée par Attalos II, près du temple de Zeus, et dont M. O. Raschdorff a dessiné une restitution32.

Mais la plus belle et la plus intéressante des exèdres que nous connaissions en Grèce, est celle d’Hérode Atticus à Olympie. En voici la description, d’après MM. Laloux et Monceaux : « Hérode Atticus détourna les flots d’un affluent de l’Alphée, les amena sur la pente du Kronion par un grand aqueduc qui, de là, put alimenter, par des conduits souterrains ou aériens, tous les monuments situés dans l’enceinte ou hors l’enceinte jusqu’au Léonidaion. Sur la terrasse qui domine le temple de Héra, il creusa le bassin principal, orné d’un taureau de marbre, flanqué en avant de deux édicules ronds à colonnade corinthienne. Derrière le bassin, où l’eau se déversait par des gueules de lion, il bâtit une exèdre, une salle demi-circulaire que couvrait une demi-voûte à caissons et largement ouverte sur un diamètre de 16m,64. Des piliers extérieurs soutenaient l’exèdre que décoraient intérieurement huit pilastres corinthiens. Dans les sept niches qui se creusaient entre les pilastres, on voyait vingt et une statues de marbre dont on a retrouvé un certain nombre et presque toutes les dédicaces, portraits d’Antonin, Marc-Aurèle, Hérode Atticus et les membres de leurs familles, hommes et femmes. Quoique les formes et les dimensions de l’exêdre ne s’accordent guère avec celles des monuments helléniques qui l’entourent, c est là sans doute la plus belle construction romaine d’Olympie. » L’exèdre était construite en briques recouvertes de plaques de marbre ; on croit reconnaître les chapiteaux des pilastres dans quelques chapiteaux corinthiens retrouvés en divers endroits de 1 Altis et dans les mui> d’une petite église byzantine. Hérode Atticus avait consacré ce beau monument au nom de sa femme Régilla 33 (fig. 2855).

On peut comparer à l’exèdre d’Olympie, pour la disposition sinon pour la beauté, celle qui se trouve assez bien conservée dans la voie des Tombeaux, à Pompéi, et dont Mazois a donné plusieurs vues34. C’est un hémicycle couvert par une demi-voûte, et dont l’ouverture est décorée de pilastres qui soutiennent un fronton. « La décoration extérieure, dit E. Breton, est d’une grande

VIII p 72; VIII, p. 329, etc. — 30 Bulletin de correspondance hellénique, VI, p 305 (pl. h.). - 31 Ibid. VI, 'p. 346, n» 66. - 32 Die Ergebnisse der Ausgrab. zu Pergamon, von Conze, Humann, Bohn, etc., pl. vu. 33 ^“s grab. zu Olympia, III, (1877-78), pl. xxxvn ; Bœtticher, Olympia, p. 401.

Qg. 94; Laloux et Monceaux, la Restauration d’Olympie , p. 37. — 3> Mazois, Ruines de Pompei, I, pl. xxm, xxiv; Mus. Borb. XV, pl. xxv ; Overbeck-i au, p. 406.

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richesse; les ornements de stuc, les détails d’architecture, s’ils n’étaient du goût le plus pur, étaient du moins

Fig. 285î>. — Exèdrc dTIérode Atticus, à Olympie.

traités avec esprit et élégance. Les peintures de l’intérieur étaient d’un meilleur style, et le cul-de-four est en forme de coquille. Au centre du fronton est un cartel destiné à recevoir une inscription qu’on n'eut probablement pas le temps de tracer36. » Ajoutons que le fond de la voûte est bleu, que les ornements entre les panneaux sont or sur noir, tandis que le champ de ces panneaux est rouge et que les petits animaux qui le décorent sont peints de leurs couleurs naturelles. L’exèdre est exposée au midi, de telle façon que les rayons du soleil y pénètrent et la remplissent en hiver, et elle est assez

profonde pour que, en été, quand ils tombent d’aplomb, on puisse s’y asseoir à l’ombre (fig. 2856).

On peut croire que ce monument était l’annexe d’un tombeau, car il y a dans la même rue deux autres exèdres, dont telle est la raison d’être. Elles sont connues sous le nom d’hémicycles de Mamia30 et d’Aulus Veius37 et sont à peu près semblables. Elles consistent dans de simples bancs demi-circulaires, qui ne sont abrités par

35 Breton, Pompeia, p. 88. — 36 Mazois, Pompei , I, pi. h, m, pl. vu, fig. 1 (M) ; Mus. Borb.XV , pl. xxvi; Breton, Pompeia , p. 83, p. 112. — 37 Mazois, Pompei , l. c. (K); Breton, Pompeia , p. 114; Mus. Borb. et Overbeck-Mau, l. c. — 38 Mazois, Op. I. III. pl. ix, n° 12; Overbeck-Mau, p. 76 (plan 6); Fiorelli, p. 365.

aucune voûte. Ces bancs en pierres de taille sont terminés par des griffes de lions et surmontés d’ailes formant les bras du siège. Le diamètre de l’exèdre de Mamia est de 6 mètres, celui de l’exèdre de Veius est de 7m,80. L’inscription de la première est gravée en cercle sur le dossier; celle de la seconde sur un bloc élevé au centre de l’arc formé par le dossier. Il est dit dans l’une et l’autre que l’emplacement a été donné comme lieu de sépulture par décret des décemvirs ; les tombeaux se trouvent en arrière. Mais il ne faudrait pas croire que les exèdres, à Pompéi, n’aient eu que cette destination; il y en avait d’autres en pleine ville ; par exemple, sur le forum triangulaire38, le banc en hémicycle, que l’inscription placée au-dessus du siège désigne sous le nom de scola, est une véritable exèdre. P. Paris.

EXEGETAE (’E^y^O- — L’exégète est proprement « celui qui explique ou qui expose »; on conçoit que les fonctions et la dignité de l’exégète varient selon la nature des choses qu’il doit expliquer. Ce mot se trouve assez rarement employé dans le sens général de conseiller', de professeur2 ou de scholiaste3, ou encore comme équivalent grec du jurisconsulte et du prudent romain4. Ces exemples écartés, il faut distinguer trois catégories d’exégètes : 1° l’exégète qui remplit des fonctions religieuses et interprète le droit sacré ; 2° l’exégète libre qui interprète, sous sa responsabilité personnelle, les oracles, les présages, etc. ; 3° l’exégète ou périégète, qui est à peu près le cicerone moderne, mais qu’il est parfois difficile de distinguer de l’exégète officiel.

I. Les lois primitives, qui faisaient partie de la religion, n'étaientpas écrites; elles se transmettaient comme un patrimoine intangible dans certaines familles privilégiées5. C’est à ces familles qu’il fallait soumettre toutes lesquestionslitigieuses qui ne devaient pas être tranchées par la force. Les lois dont elles avaient la garde étaient formulées en arrêts très brefs et nécessairement obscurs : avant de les appliquer, il fallait les expliquer. De là, l’importance de l’exégèse aux époques lointaines où le droit n’avait pas encore été sécularisé. Ainsi nous savons, par Plutarque6, qui suit probablement Aristote, que les Eupatrides d’Athènes avaient le privilège de connaître les choses divines, d’enseigner la loi et d’expliquer les choses sacrées et profanes. A l’époque classique, il subsiste encore des vestiges de cet état de choses : ce sont les èçTiYiyrai. Il est assurément singulier qu’il ne soit question d’eux ni dans la Politique ni dans la partie conservée de la Constitution des Athéniens d’Aristote, et qu’on n’en trouve pas davantage mention dans les fragments d’Héraclide de Pont et de Philochore. Mais leur existence est attestée suffisamment par les inscriptions, par quelques textes d’orateurs, par le grand rôle que leur attribue Platon dans la République et dans les Lois , sans parler des lexicographes dont on ne peut affirmer, dans l’espèce, qu’ils aient eu des sources autres que celles dont nous disposons à notre tour.

Les inscriptions athéniennes du Haut Empire nous font connaître trois exégètes, l’ ÈljviY’riTïjç kl, EùiaoXtuocuv7, le 7tuGo;cp-r|i7TOs *Ç'*lY1lT1îî> dont le titre se lit sur un des

EXEGETAE. 1 Herod. V, 31. — 2 Suid. s. ». •Afànioç. — 3 V. le Thésaurus d'Estienne Didot, s. v. — 4 Suid. et Etym. magn. s. v. ; Bekker, Anecd. I, 252. — 5 Cf. Fustel de Coulanges, Cité antique , p. 218. — 6 Plut. Thés. 25. — 7 Corp. inscr . gr. n° 392; Corp. inscr. att. t. III, n° 720; cf. Vit. X orat. p. 256.

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sièges du théâtre de Dionysos 8, enfin le éÇ EùirotTpiSéiiv è^Y-rjT-rçç”, dont le titre officiel est inscrit sur un des sièges du même théâtre, âÇ-rjyrjxV^ç eî; EÙTtcaptBwv ystpoTo-

VTjTOÇ U7XO TOU 07]jJ.0U 8là fitOU 10.

On a conclu de là, en invoquant un passage du Lexique de Timée, qu’il n’y avait à Athènes que trois exégètes officiels11 ; cela n’est nullement prouvé12. Le passage de Timée 13, ponctué comme il convient, signifie qu’il y avait à Athènes trois catégories d’exégètes, à savoir les 7tu0dy pT|OTot, chargés de purifier ceux qui s’étaient souillés d’un homicide, et ceux qui expliquaient les traditions, ot è^youpLsvot xà 7taTpia, c’est-à-dire les exégètes des Eupatrides et ceux des Eumolpides. 11 paraît, d’après Platon u, que les I^YiyriTal Ttuô'fypTiarot étaient nommés à vie, choi-' sis par le dieu des Delphes sur une liste présentée par le peuple athénien, et qu’ils avaient surtout à interpréter les oracles de Delphes18 ; on ne sait s’ils appartenaient à , un yÉvo; déterminé. Les traditions et lois religieuses, xâTpia, que doivent expliquer les autres exégètes, sont celles des Eupatrides16 et des Eumolpides11. Ce droit sacré avait été fixé par l’écriture à l’époque de Cicéron, mais il était resté longtemps oral, et ceux qui avaient le privilège de l’interpréter étaient entourés d’une considération particulière18. L’exégèse des Eupatrides10, qui se rattachait à la religion apollinienne20, était principalement requise pour la purification des suppliants, c’est-à-dire des hommes qui, comme Oreste, l’ancêtre mythique des Eupatrides, avaient commis un homicide et cherchaient à se laver de cette souillure21. L’atthidographe Kleidemos avait écrit un è!-7iyt)tix(5v dont un chapitre traitait des purifications, itept Ivayuriaffiv22.

L’inscription déjà citée23 nous apprend que l’exégète tiré de la famille des Eupatrides était nommé à vie parle peuple; il est probable qu’il en était de même pour l’exégète des Eumolpides. L’existence d’un exégète des Céryces, admise par M. Petersen, doit rester douteuse24, mais elle peut s’autoriser de quelques textes dignes d’attention28. 11 faut attendre une découverte épigraphique pour se prononcer nettement à cet égard.

Sur la manière dont on désignait les éxégètes 7tu0oypvjcTToi, nous en sommes réduits à un passage de Platon26 qui, tout en s’appliquant à un État idéal, paraît correspondre à ce qui se pratiquait à Athènes. Les tribus désignent les candidats aux fonctions d’exégètes27; les neuf qui ont obtenu le plus de voix sont envoyés à Delphes, où le dieu en choisit trois, représentant chacun quatre tribus. Tous les candidats sont soumis à la docimasie; l’examen par rapport à 1 âge et aux autres qualités requises est le même que pour les prêtres. Si un exégète vient à manquer, les tribus

8 Corp. inscr. att. t. III, n" 241 ; cf. ibid. n" 684 et ’Eirm- %aioX. 1883, p. 144. 9 Corp. inscr. ait. t. III, n» 1335. — *0 Ibid, n» 267 ; cf. Schoell, IJermcs , t. VI, ., 36. — 11 Vischer, Kleinc Schriften, t. II, p. 368; Dittenberger, Hermès, t. XX, pi 13 ; Busolt, Griech. Gesch. 1. 1, p. 475, etc. - 12 Schôll, Hernies, t. XXII, p. 564; Tôpffer Attische Genealogie , p. 69. — 13 Tim. Lex. Plat. s. v. 14 Plat. Leg. VI, p 759 16 Cf. Schôll, Hermes, t. XXII, p. 563. - « Athen. IX, p. 410. - n Cic. Ad. AU. I, 9; •J3W. loX. 1887, p. 111. Cf. Tôpffcr, Attische Genealogie, p. 70. 18 Ps. Lys. InAndoc. 10 -, Corp. inscr. att. t. IV, n" 27 b \ 1887,

p m. 19 II est aujourd’hui certain que les Eupatrides formaient un ylvo; attique; Tôpffer, Attische Genealogie, p. 175. — 20 Cf. Acsch. Eum. 599; Plat. Hep. IV, 5, p. 427; Tôpiïer, Attische Genealogie, p. 177. M. Schôll, Hernies, t XXII, p. 565, a rapporté cette exégèse à la religion de Zeus, mais sans motifs probants. — 21 Athen. IX, 410. — 22 Fragm. hist. graec. t. I, p. 363. — 23 Corp. inscr. att. t. III, n» 267. — 24 Petersen, Das heilige Recht, p. 17. — 23 Andoc. De hlyst. § 115 et 116; Plut. Alcib. 22; Stepli. Byz. s. v. Bavé. — 26 Plat. Leg. VI, 7 p. 759. — 27 Le sens de ce passage est très controversé; cf. Petersen, Op. laud. pi g. — 28 Plat. Rep. IV, 5, p. 427. — 29 Plat. Leg. VI, 7, p. 759. - 30 Ibid. VIII,

auxquelles il appartenait lui donnent un successeur.

On sait que, dans la République 28 et dans les lois29, Platon subordonne toute la religion de la cité au dieu de Delphes, représenté à Athènes par les exégètes qui, de concert avec les devins, les prêtres et les magistrats, règlent tous les détails du culte omis par le législateur ou qui prêtent à quelque contestation30. Les exégètes sont requis pour la fondation de nouveaux sanctuaires31, pour la fixation du rituel et des offrandes32, pour la célébration des fêtes et cérémonies privées, telles que naissances, mariages et morts33; mais c’est surtout en cas d’homicide que l’on faisait appel à leurs lumières, tant pour régler les détails de l’expiation et des funérailles31 que pour purifier ceux qui avaient subi le contact du meurtrier38. On consultait encore les exégètes sur la conduite à tenir après des prodiges36, en particulier des signes célestes, tels qu’orages subits et éclipses31, office dévolu en d’autres circonstances aux IluQaïoTaf 38. Enfin, à l'époque classique, l’exégèse de ce qui touchait aux mystères d’Éleusis paraît avoir été le privilège des Eumolpides39; ainsi Andocide40 refuse expressément à un membre de la famille des Céryces le droit d’interpréter une prohibition traditionnelle relative au dépôt d’un rameau de suppliant dans l’Éleusinion. Il est vrai quedans une inscription du n° siècle après Jésus-Christ41, un fils de dadouque, appartenant par conséquent à la famille des Céryces, est nommé [uktttjpuov, d’où l’on a

conclu qu’à l’époque impériale les Céryces partageaient, à cet égard, les privilèges des Eumolpides42; mais on peut se contenter d’admettre qu’à cette époque une fonction honorifique spéciale, l’é^vr^t; tùSv [xusTTiptuv, fut créée au profit des Céryces43. Un céryce, Hérode Atticus, se qualifie d 'exégète sur une inscription44.

On est dans le domaine de l’hypothèse lorsque l’on attribue à l’exégète des Eumolpides un rôle d’arbitre, d’interprète du Sénat sacré ou de maître des cérémonies dans les mystères d’Éleusis48 [mystagogus]. Dans l’état actuel des textes, nous ne savons rien de positif à cet égard.

Pausanias mentionne à Olympie des sacrifices mensuels offerts par les Éléens suivant d’anciens rites46 : ces sacrifices sont confiés aux soins du théocole mensuel, des spondophores, de l’exégète, de l’aulète et du xyleus. Des listes de prêtres, découvertes à Olympie, confirment ce témoignage et montrent le rôle important joué par les exégètes47, qui s’appellent aussi périégètes48. Mais nous ne savons rien' de précis sur les relations qui existaient à Olympie entre les prêtres et les exégètes. C’est par une simple induction que Beulé les appelle « les instructeurs des jeunes prêtres et des sacrificateurs novices, les

1, p. 828. — 31 Plat. Rep. IV, 5, p. 427 ; Anticleides ap. Athen. IX, p. 473 B; Phot Lex. s. v. vO|aiïtiv. — 32 Auticl. fragm. 17 et 20 dans Fragm. Seript. rer. Alex. Magni, éd. Millier, p. 150. - 33 Plat. Leg. VI, p. 775; XII, p. 958; Suid.

s. u.vfuoi:«Tof!<; Isae. Or.8, § 39. — 34[Dcm.] C.Everg.et Mues. p. 1 1G0 ; Isae. Or.

8, § 39; Plat. Eutyphr. 4 D; Leg. VIII, p. 845; IX, p. 865, 871, 926; XII, p. 958; Athen. IX, p. 409 K. — 36 plat. Leg. XI, p. 926. — 30 Theophr. Char. 16; Poil. VIII, 124. — 37 Poil. VIII, 124; Arist. Meteor. II, 9; Plut. Nie. 23; Dion. liai. Jud. de Dinarcho, 3.-38 Strab. IX, 2, II; Hesych. s. v. âutçà «ni, cl.

Petersen, Das heilige Recht, p. 32 ; Bouclié-Leclercq, Hist. de la divin, t. I, p. 200. — 39 [Lys. J C. Andoc. 10. — 40 Andoc. De Mxjst. 116. — 41 Bail, de corr. heU.

t. VI, p. 436. — 42 Dittenberger, Hermes , t. XII, p. 13. — 43 Tôpffer, Attische

Genealogie, p. 72. — 44 tK«oX. 1885, p. 152. La liste des exégètes connus

a été dressée par M. Tôpfrer, Attische Genealogie, p. 72-73. — 46 Mommsen, Beartologie, p. 245 ; Meier et Schômann, Der attische Process, éd. Lipsius, t. I, P- 131.

46 Paus. V, 15, 10. — 47 Beul k, Péloponnèse, p. 263 et s.; Gôtlling, Rectorats-

programm, Iéna, 1853 ; Petersen, Das heilige Recht, p. 48 et suiv. — 48 Arch. Zeit. 1879, p. 58; 1880, p. 57, 58, 60.

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grands maîtres des cérémonies. » Les textes ne nous apprennent pas cela'*9.

L'ancien code de lois à Syracuse était écrit dans un dialecte difficile et obscur : Timoléon le fit reviser par le corinthien Céphale, que l'on appela l’exégète du code de Dioclès50. C’est dans le même sens qu’il faut entendre les fonctions de rè?r|yr)T7)ç xffiv Auxoupyeîwv, mentionné dans une inscription de Sparte, appartenant à l’époque impériale, qui a été copiée par Fourmont61. Les exégètes olficiels à Sparte, qui s’occupaient des rapports entre l’État et Delphes, s’appelaient IIôQtot 82. Hérodote mentionne des exégètes officiels à Telmessos, auxquels s’adressa Crésus53.

IL À côté des exégètes officiels, il y avait des interprètes libres des oracles, des prodiges, des songes5’*, tantôt comblés d’honneurs, tantôt plus ou moins déconsidérés, qui s’attachaient principalement, semble-t-il, à tirer des inductions relatives à un cas déterminé d’une foule d’oracles et de prophéties réunis par leurs soins88. « Le mot èçT employé seul a un sens peu précis, parce qu'il convient à tous les devins et même à ces « conjecteurs » de bas étage qui disent la bonne aventure86. Ainsi le Superstitieux de Théophraste s’en va irpbç tc>v £Î;T|Y'jyr/iv67. Hésiode passait pour avoir écrit des ligner ev; É7» TÉpamv 88. Pausanias parle d’« oracles des exégètes59 ». Lorsque la philosophie eut doté la divination intuitive d’une théorie rationnelle, tous les organes de la révélation ainsi obtenue purent être considérés comme des interprètes de la pensée divine. ’EItiy’ovVîç devenait par là synonyme de ïrpo<piqTTrjç ouTrpô|xavTi;. Les pythies, sibylles ou chresmologues étaient les interprètes d’Apollon, et Apollon l’interprète de Zeus. Longtemps avant que Themistius60 n’eût appelé Bakis et Amphilytos irpocpiytai et ÊÊYiyTyac toG Aol-tou, Platon61 avait dit d’Apollon luimême : ô Ôsbç... £7ti tou ôpupaXou xa07jp.£vo; l^yetTca. Exégète , dans ce système, devint si bien synonyme de prophète , qu’on peut dire inversement les « prophètes d’Aristote62 » au lieu des exégètes ou commentateurs d’Aristote. Ainsi, sans sortir de la divination proprement dite, exégète signifie : 1° devin consultant ; 2° collecteur et commentateur d’oracles; 3° prophète qui rend des oracles au nom d’autrui. Pour distinguer de l’exégète le chresmologue indépendant, il eût fallu employer des termes que l’on trouve, en effet, plus tard dans la langue, appelant le premier y p-qo-{jL07Totdç 63 , l’autre yp7)a(j.oXÛT7);6\ » En réalité, l’exégète cumulait souvent l’offre du chresmologue, et réciproquement. C’est aux exégètes que l’on doit la composition, et sans doute en partie la fabrication de ces recueils d’oracles qui circulèrent jusqu’aux derniers jours du paganisme. A l’époque de la guerre du Péloponnèse, Lampon était à la fois exégète, harus-

49 Cf. Maury, Eclig. de la Grèce , t. II, p. 404. — 60 Diod. Sic. XIII, 35; cf. 0. Miiller, Die Dorier , t. II, p. 157. — 61 Corp. inscr. gr. 1364; cf. 0 Müller, Die Dorier, t. H, p, 217. — 52 Ilerod. I, 67 ; VI, 57 ; Suid. et Phot. s. ». itOO.ot. Cf. Bouché-Leclercq, Hist. de la divin, t. II, p. 218. 63 Ilerod. I. 78.

— 56 Paus. V, 23, 6; Poil. VII, 188. — 56 Cic. Divin. I, 18; Schol. Aristoph. Pac. 1029, 1044; Zachar. Schol. De mundi opific. p. 208. Cf. Bouché-Leclercq, Hist. de la divin, t. II, p. 219. — 66 Bouché-Leclercq, Hist. de la divin., t. III, P- 219-220. — 57 Tbcophr. Char. 16. C'est peut-être uu exégète officiel, mais le doute est permis. — 68 Paus. IX, 31, 4. — 69 Paus. I, 34, 4 (tSv Ui^-Sv

Un certain Iophon de Cnosse aurait mis ces oracles en vers. — 00 Themist. Oral. Il, p. 26; III, p. 46; XX, p. 235. — 61 Plat. Rep. IV, p. 427.

— 62 Themist. ibid. Cf. le Thésaurus d'Estienne Didot, s. ». — 63 Luc.

Alex. 23. — 04 Schol. Lycophr. 494. — 65 Schol. Aristoph. Nub. 337; Bekker, Anecd. 1. 1, p. 96. — 66 Diod. XII, 10. — 67 Plut. Praec. reip. ger. 15. — 08 Alexandre, Excurs. ad. Sibyll. p. 141-147. — 69 Plut. Ages. 3; Lysand. 22; cf. Bouché-

pice, chresmologue et devin65. C’est lui qui conduisit axec Xénocrite la colonie de Thurii66, dont il fut appelé plus tard l’olxwnqç67. Dans la Paix d’Aristophane, Hiéroclès d’Oréos apparaît comme un exégète qui s’occupe à l’occasion d’extispicine. Aristophane a plusieurs fois raillé ces exégètes charlatans, qui prétendaient lire l’avenir dans des recueils d’anciens oracles68. A Sparte, nous voyons l’exégète et chresmologue Diopithès jouer un rôle important après la mort du roi Agis, oùLysandre combattit avec succès son interprétation d’un oracle d’Apollon69. Thémistocle s’était de même érigé en exégète lorsqu’il interpréta à sa manière l’oracle de Delphes, recommandant aux Athéniens de s’abriter derrière des murailles de bois70. Ainsi l’exégète est analogue, dans sa sphère, au prudent chez les Romains et ne participe pas à l’infaillibilité de l’oracle71.

C’est à la classe des exégètes libres que se rattachent les aretalogi 12, que l’on a pris autrefois à tort pour des bouffons73, mais où nous avons pu, grâce à des inscriptions découvertes à Délos74, reconnaître des interprètes de prodiges et de présages, analogues aux ovEipoxpcrat ou interprètes de songes76.

III. Dans l’acception de guide des étrangers, de cicerone, l’exégète est mentionné par Strabon en Égypte76, mais c’est surtout Pausanias qui nomme souvent les exégètes, à Andanie77, à Argos78, à Élis79, en Lydie80, à Mégare81, à Olympie82, à Patras83, à Platées84, à Sicyone88, à Trézène86. Tantôt il parle d’un seul exégète, tantôt de plusieurs; lorsqu’il est question de l’exégète tûv £7nycüpî(uv, c’est toujours au singulier87. Dans un seul cas, l’exégète est un guide effectif, qui conduit Pausanias à l’endroit appelé Rhounu. Les exégètes sont les conservateurs et les interprètes des légendes locales; ils expliquent l’origine des noms89, savent les noms de lieux tombés en désuétude90, renseignent sur la périodicité des fêtes91, sur la signification des œuvres d’art92, sur les traditions mythologiques93, souvent avec une prolixité dont se plaint Plutarque94. Pausanias, qui leur doit beaucoup, ne se fait pas faute de les contredire à l’occasion; il parle de discussions qu'il a soutenues avec eux95, des conflits d’opinion qui se produisaient entre exégètes de villes voisines96, plusieurs fois de leur peu de science, à laquelle supplée son érudition97. « Ces hommes, dit-il, n’ignorent pas que tout ce qu’ils racontent n’est pas vrai; ils le racontent cependant, car il est difficile d’aller à l’encontre des croyances populaires98. » Outre les passages où Pausanias nomme les exégètes, il y en a beaucoup d'autres où il rapporte des conversations avec les gens bien renseignés du pays ou les. connaisseurs d’antiquités, otTiàp^aîa p.v7)p.ov6ÛovTEç99. Avant Pausanias, Polémon avait écrit un grand ouvrage en compilant de

Leclercq, Hist. de la divin, t. II, p. 222. — 70 Herod. VII, 141 ; Polyaen. Strat. I, 30, 1. — 71 Cf. Bouché-Leclercq, op. laud. t. II, p. 233. — 72 Suet. Aug. 74; Juv. Sat. XV, 13; Lex. Philod. p. 13, 21 ; Pseud. Mancth. IV, 446; Aus. Epist. 13.

— 73 C’est l’opinion qui a cté exposée à l’article aretalogüs du Dictionnaire.

— 74 Bull, de corr. hell. 1882, p. 327, 339. — 75 Bull, de corr. hell. 1885, p. 257; cf. Foucart, ibid. 1889, p. 168. — 76 Strab. XVII, 1, p. 806. — 77 Paus. IV, 33, 6.

— 78 Ibid. II, 23, 6. — 79 Ib. V, 6, 6 et 21, 8, 9. — 80 ib. I, 35, 8. — 81 Ib. 1, 42, 4. — 82 Ib. V, 10, 7 et 18, 6; 20, 4. — 83 /6. VII, G, 5. — 84 Ib. IX, 3, 3.

— 85 [b. II, 9, 7. — 86 Ib. II, 31, 4; V, 10, 7. — 87 lb. I, 13, 8; I, 41, 2; VII, 6, 5; IX, 3, 3. — 88 lb. I, 41, 2. — 89 Ib. I, 35, 8; IV, 33, 6. — 90 Ib. I, 41, 2.

— 91 Ib. IX, 3, 3. — 92 Ib. V, 18, 6 ; V, 21, 8. — 93 Ib. I, 35, 8. — 94 Plut. De Pyth. orac. 2. — 95 Paus. I, 35, 6. — 96 Ibid. V, 10, 7. — 97 lb. I, 31, 5; 42, 4; II, 31, 4; IX, 3, 3. Cf. Kalkmann, Pausanias der Pericget , p. 46. — 98 Paus. Il, 23, 6. — 99 Voir la liste de ces passages dans Gurlitt, Ueber Pausanias, p. 91; cf. Kalkmanu, Pausanias , p. 45.

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même les témoignages des ciceroni locaux l0°. D’autres auteurs mentionnent des ciceroni à Syracuse101, à Athènes et à Olympie102, à Rhodes103, à Delphes101, à Ilion108, etc. Les exégètes avaient parfois mis par écrit les traditions dont ils conservaient le souvenir : ainsi Pausanias cite Lycias, o tSv âTtt^wpi'wv qui avait décrit en vers

les antiquités d’Argos106, et un certain Aristarque b tôov ’OXup.Tua<Ttv àSj-rjYTiTVj;107, dont il paraît avoir consulté le livre. Des écrits de ce genre, aujourd’hui perdus, subsistaient peut-être encore au xve siècle 108.

Le mot périégète ne se rencontre pas dans Pausanias, et l’on a supposé qu’il a préféré celui d'exégète à cause de son caractère religieux109. Mais, à l’époque impériale, la désignation de périégète tend à prendre le dessus: c’est le nom donné aux guides d’ilion dans une lettre de Julien110, à ceux de Delphes par Plutarque111, et Lucien parle même du périégète d’une statue112, alors que le prétendu Longus se sert dans la même acception du mot exégète 113.

11 est certain que le caractère de l’exégète ou du périégète, religieux à l’origine, se transforma de plus en plus lorsque la Grèce devint, comme l’Italie moderne, un lieu de prédilection pour les touristes. Cependant certains indices portent à croire que des villes avaient des périégètes ou exégètes officiels, dont il est impossible, dans Pausanias, de distinguer les ciceroni sans mandat. Une inscription athénienne 1,1 mentionne un personnage, fils d’un exégète des Eupatrides et de la fille d’un périégète à vie, toO oti [ft'ou •Trspnqyiri'rou. Un •jrepnqY'iqx'qç xac tepeûç paraît à Athènes116; un xepnrjy7]T7|ç xat apy/arpo; est mentionné sur une épitaphe d'Argos116. Plus anciennement, on trouve à Délos117 un alexandrin, parent de Ptolémée III, qui porte les titres d’exégète, d’èm tSv tarpàiv et de surveillant du Musée. La confusion de l’exégète, auteur d’ouvrages archéologiques et périégétiques, avec l’exégète chresmologue on interprète des prodiges, paraît déjà clairement dans la personne de l’Athénien Philochore, auquel on devait, outre sa grande Histoire de l’Attique (’Axôt'ç, ’AtQiSe;), des traités sur la mantique, les sacrifices, les mystères, les purifications, etc. ; Proclus l’appelle yvjtvjç tüv irarpitov lia, alors que Suidas le traite dé devin et d’haruspice. Plusieurs des exégètes locaux consultés par Pausanias réunissaient probablement ces deux caractères et occupaient, en cette qualité, une situation officielle. S. Reinach.

EXERCITATOR. — Ce terme, dont la signification générale est évidente, avait, dans le langage militaire romain, une valeur toute particulière. Tandis que le titre de campi doctor et de doctor cohortis [campidoctor]

100 Sur les ciceroni dans l’antiquité, cf. Preller, Polemonis fragm., p. 161 sqq. ; Wachsmuth, Stadt Athen, t. I, p. 33; Muller, Fragm. histor. graec. t. III, p. 108 ; Egger, Mêm. d’hist. anc. p. 15-57 ; Gurlitt, Ueber Pausanias , p. 91. — 101 Cic. Verr. IV, 59, 132. — 102 Varr. ap. Non. p. 419. — 103 Luc. Erot. 8. . loi Plut. De Pyth. orac. I, 2. — 10li Luc. Phars. IX, 979 (monstrator) ; Hermès, t. IX, p. 157. — 100 Paus. II, 22, 2; II, 23, 8. Cf. Kalkmann, Pausanias, p. 145. — 1°7 Ibid. V, 20, 4; cf. Gurlitt, Ueber Pausanias, p. 40 6. — 108 Rev. archéol. 1883, I, p. 87. — 100 Kalkmann, Pausanias, p. 48 ; contredit par Gurlitt, Ueber Pausanias, p. 91. - no Hermes, t. IX, p. 157. - m Plut. De Pyth. orac. 2 7, 13, 14. ■ — H2 Luc. De calumn. 5 ; le scholiaste explique le mot par

fpnnvtù;. 113 Long. Pastor. prooemium. — H* Corp. inscr. att. t. III, 1333|;

Greelc inscr. in. Brit. Mus. 93. — ns Corp. inscr. att. t. III, 721 a. — «6 Corp. inscr. gr. 1227. — H7 Bull, de corr. hell. 1879, p. 470; Dittenberger, Syll. 109.

118 Procl. ad Hesiod. Opp. 810. — Bibuoghaphie. Ruhnken, Timaei Lexicon

Voce. Platonicarum , p. 109; K. 0. Millier, Erlaüt. zu Aeschylos Eumeniden, p. 162; Chr. Petersen, Ursprung und Auslegung des heüigen Rechts bei den Griechen, extrait du Philologue, Supplementband I, Gôttingen, 1859 ; Tôpffer, Attische Genealogie, p. 68 sq., 177 sq.

se rencontre à propos de tous les genres de soldats, mais particulièrement des fantassins, celui d 'exercitator n’est presque jamais appliqué qu’à des instructeurs de cavalerie : on connaît un exercitator des cavaliers prétoriens1, un exercitator des speculatores 2, plusieurs exercitatores des équités singulares 3 et un exercitator des frumentarii1', qui étaient certainement une troupe montée s. On est donc autorisé à voir dans ces instructeurs des maîtres de manège. Cette conclusion est confirmée par une autre particularité : le mot manège est exprimé, dans une inscription, par la périphrase : basilica equeslris exercitatoria 6. Les exercitatores étaient généralement des centurions légionnaires détachés 7.

Dans la maison impériale, où les différents groupes d’esclaves étaient organisés presque militairement, on rencontre également des exercitatores : ils étaient chargés soit d’enseigner l’équitation- — tel serait, d'après M. Gatti, l’office d’un certain Félix, exercitator liber(orum) Augusti 8, — soit de former des coureurs 9 ; on comprend aisément que ces derniers se soient exercés dans un manège, tout comme les cavaliers. R. Cagnat.

EXERCITORIA ACTIO. — Action accordée par le droit prétorien [actio] contre le père de famille, armateur d’un navire, qui avait préposé son fils en puissance ou son esclave à la conduite de ce vaisseau, à raison des obligations contractées par ces derniers pour remplir leur mission, ejus rei gratia vel causa cui praepositus' . Cette action était dirigée par le tiers créancier contre l’armateur, exercitor 2, c’est-à-dire is ad quem cotidianus navis quaestus pertinet, qu’il faut bien distinguer du capitaine, magister navis. Peu importait, du reste, que l’armateur fût le maître du navire, dominus, comme on l’appelle quelquefois3, ou qu’il l’eût pris à bail, per aversionem. Fréquemment le capitaine était un fils de famille ou un esclave1, et plusieurs étaient préposés à un même vaisseau, avec ou sans division d’attributions. En principe, d’après le droit civil, le père de famille profitait des créances acquises par les personnes soumises à sa puissance dominicale ou paternelle 5, sans être tenu des obligations par eux contractées6. Mais le préteur, dans l’intérêt du commerce maritime, dérogea à cette règle, en autorisant le tiers qui n’avait eu qu’une action peu efficace contre le filius familias 7 et aucune contre l’esclave à agir contre l’armateur, par suite des engagements contractés par le magister navis en cette qualité. Ce lut par l’action même du contrat, de vente ou d’emprunt, par exemple, mais modifiée dans sa formule et nommée pour cela actio adjectitiae qualitalis 8, et, dans l’espèce, actio exerciloria, que le créancier poursuivait f exercitor* . En

EXERCITATOR. 1 Corp. inscr. lat. VI, 2464. — 2 Ibid. XI, 395. — 3 Ibid VI, 225, 226, 228; VIII, 2825 ; Bull, munie. 1885, p. 151 et s.; 1886, p. 98 * Corp. inscr. lat. VIII, 1322. — 6 Marquardt, Organisation militaire (trad française), p. 220, note 2. L’exercitator legionis II Adjutricis {Corp. inscr. lat III, 3470) était, sans doute, chargé du manège légionnaire. — 6 Corp. inscr lat. III, 6025. — 7 Voir les inscriptions citées plus haut. — 8 Bull, munie. 1889 p. 90 et suiv. — 9 Corp. inscr. att. VIII, 12622 : Primus, Caes. n. servus, exer chitator cursorum. Cf. Petron. Sat. 29.

EXERCITORIA ACTIO. 1 Fr. 1, pr. et § 1, 7, 8, 10, 11 et 12; fr. 7. Dig. De exercit. act. XIV, 1. - 2 Gaius, Comm. IV, 7i ; Inst. Just. IV, 7, 2; guod cum eo gui in alien. posl.; Dig. XIV, I, 1, § 15, De exercit. actione; fr. 1, Dig. XVII, 5, furti adversus nautas-, Gruter, Inscr. ccccxcn, n” 5. — 3 C. 2, C. Theod. De nao. non excus, XIII, 7. — 4 Fr. 1, § 1, Naut. caup. Stab. Dig. IV, 9 ; fr. I, § 1 et 13, Dig. De exerc. XIV, 1 ; fr. 2, pr. et § 2, et pen. Dig. Ad leg. rhod. XIV, 2. — 5 Gains, Comm. III, 163 et s. ; Instit. Just. III, 28, 1. — 8 Gaius, Comm. Il , 84; Instit. Just. III, 10, 3; Du Caurroy, Instit. expi. II, n»‘ 924, 1277. — 7 Fr. I , § 24, Dig. De exercit. XIV, 1. — 3 Démangeai, Cours êlèm. de droit rom. IL p, 723 et s. 3® éd. — 3 V. Sigonius, De judiciis, I, 21, p. 484; fr. 1, § 19 à -3’

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effet celui-ci, en préposant le capitaine, lui a donné un mandat ( jussus ), qui est général dans l’espèce, puisqu'il embrasse toutes les opérations exigées par la mission du magister navis, et les tiers, en traitant avec celui-ci, ont suivi la foi de 1 armateur. Le principe de l’action prétorienne exercitoria est donc le même que celui de l’action quod jussu établie aussi par le droit prétorien au cas de mandat spécial donné par le père de famille à son fils ou à son esclave10. Ces règles furent étendues, plus tard, au cas où le préposé à la conduite du navire était l’esclave d autrui, ou même un homme libre, extraneus, non soumis à la puissance paternelle du préposant, bien que 1 hypothèse originaire soit toujours placée en première ligne dans les textes 11 ; mais alors le tiers a le choix d’attaquer le magister navis, homme libre ou l’armateur exercitor12. Lors même que l’armateur est en puissance, l’action exercitoria peut être intentée contre le père ou le maître de cet exercilor 13 ; de plus, si le capitaine s’est substitué quelqu’un dans la conduite du navire, même sans y être autorisé, celui qui a traité avec ce substitué a l’action contre Yexercitoru ; mais, sous ces deux rapports, l’intérêt maritime a fait introduire une règle qui ne s’applique pas au cas de l’action insiitoria , accordée a raison des engagements du préposé à un commerce terrestre ( institorn ). Quand même le capitaine aurait détourné les valeurs obtenues à l’aide du contrat, l’armateur n’eu est pas moins tenu envers le créancier de bonne foi10; s’il y a plusieurs exercitores, chacun est obligé solidairement17. Quand il y avait plusieurs préposés, il suflîsait au tiers d’avoir traité avec l’un d’eux, à moins qu’il ne leur eût été prescrit d’agir en commun ; en cas de division d’attributions, il fallait avoir contracté avec chacun dans la limite de ses pouvoirs18. Par un nouveau progrès du droit, les jurisconsultes admirent que le tiers, qui avait traité avec le capitaine du navire, pouvait intenter à son choix l’action civile, appelée condictio, contre l’armateur, dont il avait suivi la foi en contractant comme s’il avait traité avec lui19. Fallait-il que ce contrat fût un de ceux qui, d’ordinaire, produisaient une condicliol C’est ce qu’admet Savigny 20 ; mais son opinion est fortement combattue 21 ; il suffit qu’il y ait res crédita pour que la condictio soit possible 22 [per condictionem actio]. G. Humbert.

EXERCITUS. — Armées grecques. I. Origines. Ternes héroïques. — On sait que la guerre était l’occupation principale des Achéens de l’âge héroïque. Autour des rois légendaires, on voit se grouper presque tous les hommes valides de chaque région : c’était comme la tribu en armes. Dès cette époque, si l’on en croit les vieux

poètes, des chefs entreprenants auraient réussi à faire agir en commun des forces militaires considérables. D’après les renseignements contenus dans Y Iliade ', et d après les indications de Thucydide2, on calcule que les troupes achéennes, réunies sous les murs de Troie, ne comprenaient pas moins de 102 000 hommes. Mais c’était là une agglomération de combattants plutôt qu’une armée ; et l’on ne peut dire qu’il y eût dès lors de véritables institutions militaires.

Pour bien comprendre cette naïve conception de la guerre aux temps héroïques, il suffit de se représenter les Achéens au siège de Troie. Pour cette grande expédition, ils n’ont rien organisé, rien prévu, presque rien changé à leurs habitudes. Leur camp a l’air d’une ville. Les vaisseaux, tirés sur le rivage et rangés sur plusieurs files, dessinent des rues et une agora3. Les tentes des chefs ressemblent à des maisons; celle d’Achille, qui renferme un vestibule (TrpôSogo;) 4 et un portique (acSouca) 6, est en effet expressément désignée par les noms de o6g.oç et d’olxoç °. Sur la poupe des vaisseaux qui marquent la limite du camp7, on a élevé une sorte de palissade ou de retranchement (tsT^oç)8 que protège un fossé (vacppo?)9. Sauf la différence des matériaux, voilà tous les éléments d’une ville fortifiée.

Chaque roi, assisté du conseil de ses pairs (pouX-ïj 10, PouX7]cpopot 11, âxaïpoi *2, yépowe;13, 7]f7jTopeç 14), commande les contingents de sa tribu. Agamemnon n’a d’autorité directe que sur quelques peuples du Péloponèse et des îles voisines16. Si les autres chefs lui obéissent, et souvent d’assez mauvaise grâce, c’est qu'ils s’y sont engagés par serment, et pour une circonstance déterminée16.

Au combat, les tribus et les phratries restent groupées et se disposent en lignes sur plusieurs rangs, chacune derrière son chef17: ce sont autant de troupes isolées. La plupart des soldats sont assez légèrement équipés. Sauf le bouclier et le casque, ils n ont guère que des armes offensives, surtout celles dont se servent rarement les héros: la hache (àÇivq, ttOu-xih;)18 [securis] ou la fronde (<ïcpevo dvT))19 [funda], ou l’arc (xdijov)20 [arcus] ou la javeline (axü>v) 21 [jaculum], ou la massue (pdTtaXov)22 [clava]. Chaque peuplade a son arme favorite : les Thessaliens excellent au maniement de l’arc23; les Abantes, au jeu de la lance24; les Locriens se servent également delà fronde et de l’arc26. Mais les chefs de toutes les tribus portent une armure compléteront voici les pièces essentielles : des jambières (xvqp.Tosç) 20 [ocreae]; une cuirasse (0u>p-qÇ) 27, composée de deux pièces d’airain qui protègent la poitrine et le dos [lorica] ; une ceinture garnie

Dig. XIV. 1. Voy. l’essai de restitution de la formule parRudorff, Rom. Rechtsgesch.

§ 49, p. 165 : Si Stichus N1, magister illius navis , liber esset , tum si par et eum A0 ejusrei nomine , in jus ibi praepositus fuit , decem millia dare oportere , judex Nm ( exercitorem ) A0 decem milia condemnato, si non paret absolvito. ~~ 10 Dig. XV, 4, l; Cod. Just. IV, 26 ; C. Th. II, 31, Quod jussu ; Gaius, Comm. IV, 70,71 ; List. Just. IV, 7, 1 et 2. — 11 Gaius, Comm. III, 71; Paul. Sent, recept. •I, 6; Burchardi, Lehrbuch, II, 251, p. 729, note 13. — 12 Fr. 1, § 17; fr. 5, § 1, Dig. XIV, 1. — 13 Fr. 1, § 19 et 20, Dig. XIV, 1. — 14 Fr. 1, § 5, Dig. XIV, 1.

— is Du Caurroy, Instit. expi. II, n° 1282; Demangeat, Cours élém. p. 723; Ortolan, n« 2218. — 16 Fr. 7, pr. Dig. XIV, 1. — 17 Fr. 1, § 25; fr. 2, 3, 4, 5, § 2, Dig. XIV, 1. — 18 Fr. 1, § 13 et 14, Dig. XIV, 1. — i» Inst. Just. IV, 7, 6: quod cum eo.; fr. 20, Dig. De reb. ered. XII, 1; fr. 17, § 50, De instit. XIV, 3.

— 20 System des roem. Redits, t. V, appcnd. XIV, n° 23. — 21 Demangeat, Cours tlém. II, p. 645; Du Caurroy, II, n° 1286. — 22 Fr. 1 et 9, Dig. De reb. cred. XII,

1 ; fr. 84, Dig. Pro socio , XVII, 2. — Bibliographie. Heineccius, Antiquitat. romanor. syntagma, édit. Mülhenbruch, Francf. adMoenum, 1841, IV, 7, 3; Burchardi, Lehrbuch des rômischen Rechis, 2e édit. Stuttgart, 1854, II, § 251, p. 727 et s. ; Rein, Das Privatrecht der Rômer, Leipzig, 1858, p. 619; Du Caurroy, Intitutes expliquées, 8® édit. Paris, 1851, II, n08 1279, 1280; Ortolan, Explication histo¬

rique des Institues de Justinien, 11« édit. Paris, 1880, III, n»' 2207 à 2210 et 2218; C. Demangeat, Cours élément, de droit rom. 3' édit. Paris, 1876, II, "p. 730 et s.; von Vaogcrow, Lehrbuch der Pandekten, 2* édit. Leipzig,’ 1803, III,’ $6o7 p. 512 et s. ; C. Anckelman. De lege, 1, § 1, De exercit. action. Berolini. 1848 • Relier, H. Cimlprocess. Leipzig, 1863, Irad. franç. par Capmas, Paris, 1870, S 33 p. 132 et s.

EXERCITUS. 1 lliad. II, 4M. — 2 Thucyd. I, 10. — 3 Lliad. XIV 30-36

- 4 Ib. XXIV, 673. - 5 lb. XXIV, 644. — 6 lb. XXIV, 471, 572, 673, 1- 7 lb.

: nttfmSi | etpuffav, uO-ifcj TcT/o; Del rtoùpvi,,,,, ?i.luiav.

- Ib. IX, 349; XIV, 32.-9 Ib. IX, 340-350; XI, 48-51. — 10 lb. II 53- Dionvs H al- II. '2, 4. - H lliad. V, 180 et 633 ; VII, 126 ; X, 414; XII, 414; XIII 219 et 463 ; XVII, 485; XX, 83. — 12 lb. IV, 266-267; XI, 01-93; XVI, 269. — 13’ lb. H 53 et 404; IX, 89 et 574; XVIII, 503; XIX, 303; XXII, H0; Odyss. VII, iso’

- 14 IUad. II, 79 ; XVI, 164 ; Odyss. VIII, 11. — 16 niad. II, 108; Thuc’ I 9

- 16 IUad. II, 286 sqq. ; 339 sqq. 17 /4. H, 362 . ^ ' ’

- » Ib. XIII, 612; XV, 711. - 19 lb. XIII, 600. — 20 lb. III, 17 et 79^80 - IV 105; VIII, 206. - 21 /6. IV, 137; XV, 646.- 22 /6. XI, 559-561.- 23 /6. „ 720’

- 24 lb. II, 543. — 25 /6. XIII, 712-722. — 26/6. XI, 17-18 ; XVIII, 613; XXI 59*

- 21 lb. XI, 19-28; XVIII, 610. .... a., os..

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de plaques de métal (ixÎTpTj)28, placée sous la cuirasse, et, pour soutenir la cuirasse, un autre ceinturon (Çtocrqp) 29 [cingulum, p. 1176]; deux lances ou javelots (8opu, ’éy^oç, Éy^siT;, a’typ.vj, [asXiyi)30 [hasta], et une épée (Çt'tpoç, tpanyavov, aop)31, avec un fourreau (xouXsriv) suspendu au baudrier (àoprijp) [gladiüs, balteusJ; un très grand bouclier (à«t tç, uâxoç, Xanr^iov) 32 [clipeus] ; un casque (xuvéyi, xôpuç, TciqXTqÇ, tpiKpâXsia) 33 [galea]. Les hommes à pied (-TrpuXéEç) 34 se tiennent généralement à distance, en faisant pleuvoir sur l’ennemi les flèches, les javelots et les pierres. Mais les chefs, montés sur un char à deux roues [currus] que traînent deux ou trois chevaux33, s’élancent dans l’espace qui sépare les deux armées36. Pendant que leur écuyer (^vt o/o;, Oepditcov) lient les rênes37, ils menacent l’ennemi, l’injurient, provoquent un héros en combat singulier, se couvrent de leur bouclier, frappent de la lance ou de l’épée38.

On le voit, c’est l’enfance de l’art militaire. Malgré toute leur bravoure, les Achéens sont malhabiles à diriger les opérations d’un siège, incapables d’approvisionner leurs troupes. Ils ne songent qu’à piller pour vivre39, à dresser des embuscades, à tenter l’escalade des murs ou à défendre leur camp contre les pierres et les torches ennemies, à pousser un char dans la mêlée, à éviter ou porter les grands coups des combats corps à corps40.

II. Epoque historique ; caractère général des institutions militaires dans les divers pays grecs. — Dès le début de l’ère historique, c'est-à-dire dès le vu” siècle, on saisit la preuve d’une révolution presque complète dans la façon de comprendre la guerre et l’organisation d'une armée. Sauf à Cyrône et en Chypre 41 , sauf quelque temps peut-être en Eubée42 et en Béotie43, on ne se sert plus de chars44. Chez les populations helléniques de l’Asie Mineure, en Thessalie, et bientôt en Béotie et en Eubée, les chars de combat sont remplacés par la cavalerie46; dans tous les autres pays, par les corps d’hoplites ou l’infanterie légère46. Même en beaucoup de régions, partout, si l’on en croit Aristote47, l’organisation militaire, depuis le vne jusqu’au Ve siècle, a servi de base à l’organisation politique. A Magnésie du Méandre, à Colophon et Cymé, à Ërétrie et Chalcis, même à Athènes et à Sparte, a existé longtemps une oligarchie des chevaliers (h nreîç) 48. Ailleurs, surtout dans les pays doriens, on trouve anciennement une oligarchie des hoplites (oir^Tat)49.

L’organisation militaire des Hellènes est allée se compliquant, s’étendant de plus en plus. Avant le ive siècle, on ne trouve guère d’armées vraiment complètes, c està-dire qui disposent de tous les moyens d’action. A cette époque, si nous laissons provisoirement de côté les services auxiliaires, nous trouvons que les éléments essentiels d’une armée en campagne sont : 1° la grosse infan-

28 Ib. IV, 137 et 187 et Schol. — 29 Ib. IV, 132-136 et 187; XI, 236. — 30 Ib. III, 18; XI, 43; XII, 298. — 31 lb. XI, 29-31. - 32 Ib. XI, 32-40; XVIII, 478-609! — 33 Ib. XI, 41-42; XVIII, 611-612. —34 lb. V, 744; XI, 49; XII, 77; XXI, 90. Les hommes à pied : c'est le sens auquel il faut se tenir. Voy. Lehrs, De Arislarchi studiis homeric. Leipz. 1865, p. 118. G. Hermann [De hyperbole Leipz. 1829, p. 5 et s. = Op. IV, 288) a donné une autre explication.

— 36 Ib. XVI, 470-471. — 36 lb. IV, 371. — 37 Ib. XI, 47; XIII, 246; XVI, 145, 244, 464, 865. — 38 lb. XI, 67-162; 284-596. — 39 lb. VII, 467 sqq. ; IX. 328 sqq.

— 40 Ib. II, 362 sqq.; IV, 297 sqq., 446 sqq.; VIII, eo sqq.; XI, 67 sqq.; XIII, 130 sqq. ; XVI, 214 sqq. Cf. Albraclit, Kampf und Kampfschilderung bei Borner, Progr. von Pforta, 1886. — 41 Herodot. V, 113; Xenoph. Cyrop. VI, 1, 27; 2,

8 ; Smith and Porcher, Discoveries at Cyrene, n° 6. — 42 Strab. p. 448.-43 Diod.

^[1 7(-| 41 Helbig, Das homerische Dpos aus den Den/cmülern erlâutert ,

p 249-250. — 45 Aristot. Polit, p. 148, 18 sqq.; 168, 23 sqq. — 46 Ib. p. 168, 18 sqq. 47 lb. p. 148, 16; 168, 18-21; 188, 10; 206 , 20. - 48 Ilerodot. V,

terie des hoplites ; 2° les corps de troupes légères; 3° la cavalerie. Mais il n’en était pas ainsi généralement au vi° et au ve siècle.

D’assez bonne heure, il est fait mention de troupes de cavalerie en Thessalie, en Béotie, en Phocide et en Locride, en Eubée, en Achaïe, en Élide50. Mais, dans les autres régions de la Grèce propre, la cavalerie a été longtemps à peu près inconnue, même des peuples qui avaient une classe politique des chevaliers (ittizeîq). A Marathon, à Platées, les Hellènes confédérés contre les Perses n’ont point de corps de cavalerie; à peine quelques hommes à cheval pour porter les ordres61. En Attique, la cavalerie ne prend quelque importance qu’au milieu du Ve siècle52; en Laconie, elle n’apparaît pas avant l’année 424 63 [équités].

Plusieurs pays organisèrent assez anciennement quelques corps de troupes légères (ijuXof, yugv-riTeç). Mais, sauf en Acarnanie et en Ëtolie, sauf peut-être aussi en Béotie et en Sicile64, ces troupes n’étaient recrutées que parmi les populations tributaires, les métèques ou les esclaves, tout au plus parmi les citoyens pauvres presque privés de tous droits politiques66. Le plus souvent même, pour ce service, on engageait des mercenaires50. Il faut donc voir là une mesure exceptionnelle ; et, jusqu'au iv” siècle, ces divers corps de troupes légères n’ont joué qu’un rôle secondaire dans l’organisation militaire des Hellènes57.

A vrai dire, dans la plupart des cités, surtout dans la Grèce propre, l’armée nationale ne comprenait guère que des hoplites. L’invasion et les victoires répétées des Doriens avaient fait abandonner les traditions héroïques. Les différents peuples grecs copièrent à l’envi les institutions militaires des conquérants. Partout l’on pritpour modèle leur grosse infanterie d’hoplites, groupée en phalanges, mais sur une longue ligne très peu épaisse qui permettait à une grande partie des soldats de participer directement à l’action68. Jusqu’à la guerre du Péloponèse, dans la plupart des régions, les hoplites firent la force presque unique des armées. Il fallut la grande lutte entre Athènes et Sparte, puis l’expédition des Dix-Mille, et enfin les innovations d’Iphicrate et d’Épaminondas, pour changer les conditions de la guerre en diminuant l’importance relative des corps d’hoplites, en précisant le rôle de la cavalerie et des troupes légères, même en créant une véritable tactique69.

Voici les principes qui, jusqu’à la fin du v° siècle, dominent et expliquent l’organisation militaire des États grecs :

1° Tout citoyen doit le service personnel sur terre ou sur mer pendant presque toute sa vie, généralement de dix-huit à soixante ans60. Les dispenses sont très rares,

77; VII, 205; VIII, 142; Thucyd. V, 72; Aristot. Polit, p. 148, 16; 168, 21; 188, 10; 206, 20; Heraclid. fr. XI et XXII (Millier, Fr. hist. gr. II, p. 217-218); Plutarch. Solon , 18. — 49 Aristot. Polit, p. 168, 18. — 50 Herod. V, 63 et 77; IX, 69; Thuc. II, 9; IV, 93; Xenoph. Bell. VII, 4, 16; Polyb. X, 23; Schol. vatic. ad Eurip. Wies. 307. — 51 Herod. VI, 103-113; IX, 29. — 52 Herod. VI, 112; Thuc. II, 13; Aristoph. Equit. 225. — 53 Thuc. IV, 55. — 54- Thuc. II, 81; III, 94; IV, 93; V, 57; VI, 67; VII, 1 et 33-37. — 56 Tyrt. fr. XI B (Bergk, Poet. lyr. gr. p. 321); Herod. IX, 29; Thuc. IV, 8; VII, 19; IV, 94 :

Si Ix rcapa<rxiuî[; p.èv wic'ÀKrjJuvoi outi -coTe i;ap^<Tav out e Iycvovto Tfi

— 56 Herod. I, 61 ; Thuc. IV, 28. — 57 Cf. Rüstow et Kôchly, Geschichte der griech. Kriegswcsens , p. 128 sqq. —58 Tyrt. fr. XI (Bergk, Poet. lyr. gr. p. 32!{. Cf. Rüstow et Kôchly, p. 30-50. — 59 Rustow et Kochly, p. 153 sqq.; 179 sqq.

— 60 Xenoph. Lac. pol. V, 7; Bell. V, 4, 13; Mem. IV, 4, 16; Lycurg. Leocr. 39-40 et 76; Demosthen. XIX, 303; Aristot. Polit, p. 47, 18; Harpocr. s. v. (TTpaxeia lv xoïç èr.uvûpoiî; cf. Laerfeld, Sylloge inscr. boeot. 676-8, 153.

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nettement fixées par la loi, et toujours justifiées par l’intérêt de l’État, comme pour les prêtres ou les officiers de finances [dilectus].

2“ Chaque citoyen, à sa majorité, est inscrit sur un registre, et pendant deux aus au moins, reçoit une éducation civique et militaire [epueboi]. Dès lors, il appartient à une certaine classe et devra répondre à tout appel. En cas de guerre, un décret du peuple ou du sénat, ou d’un magistrat compétent, ordonne une levée d’hommes et fixe le nombre des contingents appelés. Naturellement, ce sont les dernières classes qu’on enrôle les premières; car elles comprennent les plus jeunes citoyens61.

3° Chacun est enrôlé dans tel ou tel corps suivant sa fortune et la classe politique à laquelle il appartient62.

4° Tout citoyen doit l’impôt de guerre63, proportionnel à sa fortune [eisphora].

5° Les plus riches, outre le service personnel, sont astreints à certaines charges spéciales, à certaines liturgies, comme l’entretien d'un cheval de guerre64 [équités].

6° Les populations tributaires et les étrangers domiciliés dans un pays doivent le service militaire, soit dans l’armée nationale, soit dans des corps spéciaux ou auxiliaires68.

7° Au besoin, l’État enrôle des esclaves ou engage des mercenaires, surtout pour le recrutement des troupes légères66. Mais, en principe, l’armée comprend avant tout des citoyens.

Tel est le caractère général des institutions militaires, dans toutes les villes grecques. Mais ce ne sont là que les grands traits de l’organisation. Les différents États ne sont arrivés que peu à peu à constituer des armées complètes, telles que nous en trouvons à la fin du v° siècle et surtout au iv\ Partout se trahit le désir d’imiter les deux grands États qui ont joué le rôle prépondérant dans l'histoire de la race : Athènes et Sparte.

III. Armée de Sparte. — Les Spartiates furent les premiers à constituer un puissant organisme militaire, également propre à la défensive et à l’offensive. Jusqu’à la bataille de Leuctres, ils furent considérés comme les maîtres de toute la Grèce dans l’art de la guerre (xe^vïxat xat dûtpixxai xùW m>Xsfju)c(üv) °7. Les anciens déjà aimaient à comparer Sparte à un camp ; et l’on peut dire que l’armée y était la force vive, presque la raison d’être de 1 État 68. Par des considérations militaires s’expliquent certaines dispositions rigoureuses de la constitution lacédémonienne, par exemple ces lois qui, sous peine de mort, défendaient à tout Spartiate en âge de servir, c’esta-dire ayant moins de soixante ans, d’aller s’établir à 1 étranger, ou même de s’absenter sans l’autorisation des magistrats06. Nulle part l’État n’a plus absorbé 1 individu et ne l’a plus complètement sacrifié à la nécessité supérieure de la défense et de la grandeur nationales. La loi privait de tous droits politiques et vouait

; 61 Thuc. I, 105 ; II, 31 ; IV, 9.0 ; V, 64; Xen. Lac.. pol. XI, 2 ; Bell. VI, 4, 17; Is. ^ II, 27 ; Demosth. XLIV, 35 ; Pollux, II, 11 ; Harpocr. s. v. kïiliapxixbv ypappa-ïsïov.

62 Thuc. II, 31; Xen. Oeconom. II, 6; Lycurg. Leocr . 139; Harpocr. s. v. Oîîts;. — 63 Xen. Oeconom. II, 6 ; Isocrat. IX, 36 ; Demosth. XX, 18 et 28 ; [Aristot.] Oeconom. 6. — 64 Xen. Hell. VI, 4, 10-11; Oeconom. II, 6; Lycurg. Leocr. 139. — 65 Herod. IX, 10-11 et 28; Thuc. II, 31; IV, 8, 38, 90; Xen. Bell. VI, 1, 19; Diodor. XVI II, 70; XX, 84. — 06 Herod. I, 61; IX, 28; Thuc. IV, 28 et 80; V, 34; 'H, 27. — 07 Xen. Lac. pol. XIII, 5; Plut. Pelop. 23; Ages. 26. — 68 plat. Leg. Il, p. 666; Isocr. VI, 81 ; Arist. Polit. Il, 9; VII, 2, 5. — 69 Plut. Inslit. lac. 19 ; Ages. Il ; Tbv 5g àireXOôvTa -tsj; Lraprr; ; l~\ pe-coixiopçi irob; Itéçou; 4no0v»iffjciiv xckttiet; Socrat. XI, 18 : ,b jjojStva rüv paytpwv avt u if,; rùjv àpyov tuï yviû|JU]î àiïo5»i|Ai7v.

au mépris de tous quiconque n’avait pas reçu 1 éducation militaire, ou n’avait pas régulièrement participé aux repas de corps, ou n’avait pas exactement rempli ses devoirs civiques dans l’armée nationale10.

Pour façonner le futur soldat, l’État intervient dès l’enfance. Les anciens de la tribu examinent le nouveauné : s’ils n’y voient pas la promesse d’un vigoureux hoplite, ils le font jeter aux Apothètes (’ATtoÔéxat), une gorge du Taygète71. L’enfant qui a été reconnu valide est laissé jusqu'à sept ans entre les mains des femmes. Avec la huitième année commence l’éducation militaire, sous la direction du pédonome (Tronoovôgoç) 12, et plus tard des bidéens (pfoeot, (Jtouot, (Jtotaïot)73. Désormais, et jusqu’à trente ans, le jeune Spartiate fait partie d’un des bataillons ((Jouai) et d’une des compagnies (Uat) où l’on apprend le métier de soldat74. Chaque (Joîia, chaque tXa est dirigée par un pouayôp, un tXap^oç, choisis parmi les jeunes gens de plus de vingt ans78. Les membres de chaque poua, suivant l’âge, sont partagés en trois catégories : les Ttaïoeç (de sept à dix-huit ans), les gsXXtpavêç (de dix-huit à vingt), les ’tpaveç (de vingt à trente)76. Les nodbei; sont occupés en commun à des exercices de toute sorte, destinés surtout à fortifier le corps [educatio]. L’éducation militaire proprement dite est donnée aux melliranes, aux jeunes gens de dix-huit à vingt ans; elle est complétée par un service de gendarmerie [krypteia] 77, qu’ils accomplissent dans les campagnes de Laconie sous la surveillance d’un officier spécial (o êttI xôjç xpu7rxsta; xexaygÉvoç) 78. A vingt ans, tout eD restant membre de sa [Joua, on est incorporé dans l’armée active. Parmi les iranes, on distinguait encore deux catégories : les plus jeunes s appelaient les zpumpavsç ; les plus âgés, les acpatpsfç79. C’est à trente ans seulement que se terminait l’éducation et que l'on pouvait exercer ses droits de citoyen.

Dès l’âge de vingt ans, le Spartiate devait se faire admettre dans l'une des associations que l’on désignait sous les noms de auuuiTta, àvSpeïa ou tptotxta80. En apparence, la raison d’être de ces associations était de prendre en commun des repas [syssitia] ; en réalité, c’était une institution toute militaire : tous ceux qui faisaient partie du même groupe s’appelaient entre eux compagnons de tente (tjuaxvivo!) 81 , et la surveillance des repas appartenait aux principaux officiers de l’armée, les polémarques 82. Chaque groupe comprenait environ quinze membres et se recrutait lui-même ; pour y être admis, il fallait obtenir l’unanimité des suffrages83. Une fois reçu dans l’association, on ne pouvait se dispenser de prendre part aux repas communs, à moins que l’on n’eût à offrir un sacrifice à ses dieux domestiques ou que l’on ne fût à la chasse84. Chacun d’ailleurs devait apporter sa quote-part fixée par la loi85.

Tout Spartiate devait le service militaire et pouvait être enrôlé dans l’armée active depuis vingt ans jusqu’à

— 70 Xen. Lac. Pol. X, 7; Arist. Polit. II, 9; Plut. Inst. lac. 2t. — 71 plut. Lyc.

16. —72 Xen. Lac. pol. II, 2; Plut. Lyc. 17. — 73 Pausan. III, 11, 2-5; Bœckh, Corp. inscr. gr. 1241-1242, 1254-1255, 1270-1271, 1364 a. — 74 Plut. Lyc. 16; Ages. 2; Instit. lac. 6. — 76 Xen. Lac. pol. H, 11 ; Plut. Lyc. 16-17. — 76 Plut. Lyc. 17. 77 plat. Leg. I, p. 633; Heracl. Pont. II, 4 (Muller, Fragm. hist. gr.

11, 210); Plut. Lyc. 28. — 78 Plut. Cleom. 28. — 79 Pausan. 111, 14, 6; Pilot, s. v.

itfuTtij»;; Bœckh, Corp. inscr. gr. 1386 et 1432; Le Bas-Foucart, Inscr. du Péloponnèse, 164; Bull, de corresp. hellcn. I, p. 37 9. — 80 Plat. Leg. I, p. 633 ; Aristot. Polit. II, 9-10; Strab. p. 482; Plut. Lyc. 12-18; Athcn. IV, p. 143 A.

— 81 Xen. Lac. pol. VII, 4; IX, 4; XV, 5. — 82 plat. Leg. I, p. 633; Plut. Lyc.

12. — 83 Plut. Lyc. 12. — 84 Ibid, 86 /i. et Athon. IV, p. 141 C.

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soixante 8fl. Mais naturellement on ne prenait les classes que dans la mesure des besoins. Tous les hommes du même âge formaient un contingent. Pour chaque campagne, les. éphores faisaient publier la liste des contingents appelés, et ils avaient soin de désigner d’abord les plus valides87. Dès que les circonstances le permettaient, on licenciait une partie des troupes. Par exemple, en 418, les Spartiates avaient mobilisé toutes leurs troupes : au cours de la campagne, on renvoya en Laconie les derniers contingents et les premiers, c’està-dire les plus vieux soldats et les plus jeunes, environ la sixième partie de l’armée88. A l’origine, pour les expéditions dangereuses, on choisissait les hommes qui, en cas de mort, laisseraient des fils à la patrie8”. Au ive siècle, au contraire, on exemptait du service les citoyens qui avaient trois fils90. C’était là une déviation du système primitif. Tant que se maintint à Sparte l’esprit militaire, tous les hommes de vingt à soixante ans purent être appelés sous les drapeaux et enrôlés dans l’armée active.

Les périèques de Laconie étaient de même astreints au service militaire91. C’est sans doute parmi eux que l’on recrutait surtout les corps auxiliaires et, en cas de besoin , des compagnies de troupes légères. Mais l’élite (XoyâoEç) des périèques étaient équipés etarmés en hoplites92. Au temps des guerres Médiques, cette grosse infanterie des périèques formait des corps distincts93. C’est plus tard seulement, vers le milieu du vc siècle, que tous les hoplites, périèques ou Spartiates, furent confondus dans les mêmes corps94. Les Laconiens de plusieurs districts jouissaient même de certains privilèges : par exemple, on réservait au bataillon des Skirites la place d’honneur dans les combats98, et l’on autorisait toujours les Amycléens à revenir chez eux au moment de la fête des Hyacinthies". A mesure que diminua le nombre des Spartiates, on vit augmenter la proportion des périèques qui servaient comme hoplites. A Platées, 5000 Laconiens combattaient à côté de 5000 Spartiates97. A Leuctres, sur 1000 morts, on compta 600 périèques 98.

Les hilotes pouvaient aussi être employés dans l’armée. D’abord chaque hoplite était accompagné d’un hilote qui portait son bouclier et lui servait d’écuyer99. Puis l’on recrutait parmi les hilotes les compagnies du train et les troupes légères100; à Platées, chaque Spartiate était entouré de sept hilotes armés à la légère (daXoi), et l’armée lacédémonienne comprenait 35000 hilotes outre les Spartiates et les 5000 périèques101. Enfin, depuis l’époque de la guerre du Péloponèso, on enrôla souvent des hilotes dans l’infanterie des hoplites; en ce cas, on les affranchissait après la campagne, et ils entraient dans la classe sociale de ces Néodamodes qu’on voit souvent mentionnés à part dans les armées Spartiates de la fin du ve siècle et qui, peut-être, y formaient des compagnies distinctes102.

L’organisation de l’armée lacédémonienne a été presque complètement transformée à plusieurs reprises. Il

86 Xen. Lac. pol. V, 7 ; Hell. V, 4, 13 ; VI, 4, 17 ; Plut. Ages. 24. — 87 Xen. Lac. pol. XI, 2 ; Bell. II, 4, 32; III, 4, 23; IV, S, 14 et 16; IV, 6, 10; VI, 4, 17. — 88 Thuc. V, 64. — 89 Herodot. VII, 205. —90 Arist. Polit. Il, 9; Aelian. Bist. var. VI, 6.

— 91 Herod. IX, 11; Thuc. IV, 8; Xen. Lac. pol. XI, 2; Hell. I, 3, 15; III, 5, 7; V, 5, 11; V, 3, 9; VI, 1, 1; VII, 4, 20. — 92 Herod. IX, 11 et 29. - 93 Ibid. IX, 10-11 et 28.— 9* Thuc. IV, 8 et 38; Xen. Bell. IV; 5, U ; VI, 1, 1 ; VI, 4, 15; Ilarpocr. s. v. |»oP5v. — 95 Thuc. V, 67. — 96 Xen. Bell. IV, 5, 11. — 97 Herod. X, 28. — 98 Xen. Bell. VI, 4, 15. — 99 Xen. Bell. IV, 5, 14; IV, 8, 39.

— 100 Thuc. IV, 55; Xen. Bell. III, 4, 22; Lac. pol. XIII, 4. — 101 Herod. IX, 28. — 102 Thuc. IV, 80 ; V, 34 ; VII, 19 ; VIII, 5 ; Xen. Bell. I, 3, 15 ; III, 1, 4;

est donc indispensable de distinguer nettement les époques.

Pendant longtemps, Sparte n’eut que des corps d’hoplites. Suivant un renseignement assez vague d’Hérodote103, cette grosse infanterie aurait été, à l’origine, divisée en IvoigoTtat, en xptrixdtSeç et <;u<T<ji'Tia. On a vainement cherché à élucider ce texte104. On n’a pu en tirer aucune conclusion certaine sur l’organisation primitive de l’armée Spartiate. Mieux vaut nous en tenir à l’époque historique ; car ici les renseignements se multiplient et se précisent de plus en plus.

Au temps des guerres Médiques, l’armée Spartiate proprement dite (abstraction faite des bataillons spéciaux de périèques, et des hilotes légèrement armés qui accompagnaient chaque hoplite) paraît s’être composée de cinq Xdyot, dont chacun portait un nom particulier108. Ces corps étaient commandés par des Xoyayot et des TToXÉgap^OC 10°.

Vers le milieu du v6 siècle, l'armée de Lacédémone fut presque entièrement réorganisée, sans doute en raison de la diminution du nombre des citoyens. On saisit la preuve de ce changement dès les premières années de la guerre du Péloponèse. L’innovation consista à réunir, dans les mêmes unités militaires, les Spartiates et les périèques107. Par une conséquence naturelle, le nombre des divisions fut augmenté. En 418, l’armée lacédémonienne, sans compter le bataillon des Skirites, se composait de sept Xô^oc ; chaque Xôyoç, commandé par un Xoyayoç, comprenait quatre ttsvttixoittûsi;; chaque 7tEVT7|xo(iTÛç, commandée par un 7T£VT7|xovTVjp, comprenait quatre Èvcogo-nou, dont chacune était dirigée par un êvni- [AOTctp^Tiî. Au-dessus des Xo^ayot étaient des officiers généraux, les TrûXéjAotp^oi, qui formaient l’état-major du roi108. L’effectif de chaque Xôyoç variait naturellement selon le nombre des contingents appelés109.

Un peu plus tard, dans les dernières années de la guerre du Péloponèse, on voit se compléter l’organisation de l’infanterie Spartiate. Désormais, elle se composa de six pLopott , la [j.dpa de deux Xo^ot, le Xd^oç de quatre tïevtt^xoœtusç, la 7t£VT7ixocrTuç de deux IvwjAOTÎat. La grande nouveauté était cette fois dans la création des six pdpai, que commandaient les six TroXÉ^ap^ot110. Au iv“ siècle, ces polémarques paraissent avoir été assistés de lieutenants, qu’on appelait les compagnons du polémarque (o i cupupopetç tou 7toXejj.âpj^ou) ,!1. Quant à l’eftectit de la p.dpa, il est impossible de le déterminer exactement, pour la raison bien simple que cet effectif changeait sans cesse selon le nombre et l’importance des contingents enrôlés. C’est ce qui explique les contradictions qu’on observe à ce sujet dans les auteurs anciens112. Ce qui résulte de tous ces témoignages, c’est que la fxdpa, suivant les circonstances, pouvait comprendre depuis 400 jusqu’à 1000 hommes.

En tout temps, plusieurs compagnies d’hoplites tenaient garnison dans les villes laconiennes113. Chacun

III, 4, 2 et 20; V, 2, 24; VI, 5, 28 ; Plut. Ages. 6. — <03 Herod. I, 65. — 104 0. Muller, Dorier , II, 233 ; Rüstow et Kôchly, Gesch. der griech. Kriegsuiesens p. 38. Stein, Kricgswes. d. Spart, p. 6; Bielschowsky, De Spartanorum syssitiis, p. *-

— 105 Schol. ad Aristophan. Lysistr. 454; Schol. ad. Thuc. IV, 8; Hesych. s. v. MZoi; Phot. s. ». Xd/oi ; Herod. IX, 53; Thuc. I, 20. —106 Herod. IX, 53 et 55; VII, 173. - 107 Thuc. IV', 8 et 38; Xen. Bell. IV, 5, Il ; VI, I, 1 ; VI, 4, 15. - >08 Thuc. V, 66 et 68; Xen. Lac. pol. XI, 4; XIII, 4. — 109 Thuc. V, 64. — H# Xen. Lac. pol. XI, 4; Hell. VII, 4, 20; 5, 10; Harpocr. s. ». poçuv. — »! Xen. Hell. VI, 4. 14.

— 112 Xen. Bell. IV, 2, 16; 5, 12; Diodor. XV, 32; Plut. Pelop. 17; Suid. s. ». p6p«; Phot. s. ». ficïpai; Bekker, Anecd. 279, 13. — 113 Thuc. IV, 53 et 57.

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de ces détachements était commandé par un harmoste (<xp|j.o<7T7iç). Un de ces officiers est mentionné dans une inscription de Cythère, qui remonte à l’année 370 )U. On comptait en Laconie vingt harmostes118. A l’époque de l’hégémonie Spartiate en Grèce, on donna le même titre aux officiers qui commandaient les garnisons lacédémoniennes dans les divers pays helléniques116.

L’infanterie des hoplites fournissait aussi le corps d’élite des trois cents 'nt7rsïç, commandés par trois hippagrètes (t'TTTtaypsTai). Malgré leur titre de chevaliers , ces Ejwreïç servaient à pied117. Nous savons comment se recrutait ce bataillon privilégié : chaque année, les éphores choisissaient trois hoplites dans la force de l’âge et les nommaient hippagrètes; à leur tour, ces hippagrètes, parmi les citoyens qui avaient environ trente ans, choisissaient chacun cent hommes vigoureux, en alléguant les motifs du choix ou de l’exclusion118. Les trois cents £-7T7ceïç ainsi désignés formaient la garde des rois ; en temps de paix, ils étaient souvent employés pour le service de police, et jouissaient dans Sparte d’une considération toute particulière119. Au bout de l’année, les cinq chevaliers les plus âgés prenaient le titre d’àyaQoepyot et restaient à la disposition des magistrats, qui leur confiaient différentes missions diplomatiques120.

L’équipement et l’armement des hoplites lacédémoniens comprenaient: une casaque rouge (cpomxfc); une cuirasse de cuir (Ooupalj), garnie de plaques métalliques; un casque ovale (mXoç) ; une lance (Sopu) ; une épée courte et recourbée, avec un seul tranchant (ÇuYjXï), variété de la (xa^aipa); un très grand bouclier d’airain (xaXx-r| ianiç) qui couvrait le corps tout entier et était marqué d’un lambda de forme archaïque121.

Outre les hoplites proprement dits et les nnreïç, l’infanterie lacédémonienne comprenait encore un corps spécial, le bataillon des Skirites (Sxipïxcu). Il se recrutait exclusivement dans le district de la Skiritide et tenait une place importante dans l’armée Spartiate. Pendant les marches, il formait l’avant-garde. Sur les champs de bataille, il occupait le poste d’honneur à l’aile gauche et engageait l’action122. Il est vraisemblable que les Skirites se distinguaient des hoplites par quelques détails de l’équipement. A en juger par le rôle qu’on leur assignait dans les marches et les combats, ils devaient être moins pesamment armés. Leur bataillon devait avoir plus de mobilité que les lourdes phalanges. C’est pour cette raison sans doute qu’il était si apprécié et si honoré des Spartiates. Il est à remarquer, en effet, que dans l’armée lacédémonienne on ne trouve pas, à proprement parler, de troupes légères. Celles que mentionnent les historiens, dans leurs descriptions des armées de Sparte, étaient composées soit de périèques et d’hi-

114 Mittheil. d. deutsch. Instit. in Athen, V, 231-239. — Ht» Scliol. ad Pind. 01. VI, 154. — 116 Xen. Hell. I, i, 32; 2, 18; 3, 5 et 15; II, 3, 14; IV, 8, 3; Anab. VI, 4, 13; Isocr. XIV, 13; Demosth. XVIII, 96; Diod. XIV, 10; Harpocr. s. v. àç|Ao<rcal. — 117 Thuc. V, 72; Herod. VII, 205; VIII, 124; Slrab. p. 481 - 482; Hesych. s. u. îicnaYp£-taç. — H8 Xen. Lac. pol. IV, 1-4; Plut. Lyc. 25. — H9 Herod. VI, 56; VIII, 124; Thuc. V, 72; Xen. Hell. III, 3, 9; Dion. Hal. II, 13. - 120 Herod. I, 67; Suid. s. v. i.fa.Dottfol. — l21 Herod. VII, 211 et 224; Thuc. IV, 34; Xen. Lac. pol. XI, 3; De equit. XII, il; Anab. IV, 7, 66; Tyrtæi Fragm. XI, 23; Aristophau. Acharn. 320; Equit. 849; Lysistr. 106; Pac. 1173 et Schol. ; Theopomp. Fragm. 323 b (Muller, Fr. hist. gr. I, 330); Arrian. Tact. 2; Plut. Lycurg. 19; Cleomen. 11; Inst. lac. 24; Apophth. lac. Demarati, 2, p. 269; ibid. Agid. minor. 1, p. 264; Antalc. 8, p. 266; Poil. I, 193; Phot. s. v. lup-SSa et isï^ov xa).xoüv; Hesych. s. v. ^Iri; Corp. inscr. att. II, 678 et 720; Bull, de corr. hell. IV, pl. vii. — 122 Thuc. V, 67-68 ; Xen. Hell. V, 4, 53; Lac. pol. XIII, 6; Cyrop. IV, 2, 1; Diod. XV, 32; Suid. s. v. LxtuçeïTai.

lotes armés à la hâte et pour une circonstance particulière, encadrés dans les corps d’hoplites, comme pour les guerres de Messénie et à Platées123, ou groupés en compagnies spéciales, comme le corps d’archers organisé en 424 l24, soit de mercenaires, archers crétois125, cavaliers126, ou peltastes 127, soit de contingents alliés, commandés par des officiers Spartiates (?£vayoi)128. Mais, en temps ordinaire, l’armée régulière de Sparte ne comprenait pas de troupes légères constituées d’une façon durable en corps indépendants. On peut dire que, dans une certaine mesure, les Skirites en tenaient lieu.

De plus, toute armée Spartiate, qui entrait en campagne, emmenait avec elle une compagnie d’ouvriers du génie (^etpoxéyvai), recrutée parmi les périèques, et une compagnie du train (cxsuocpopoc), composée d’hilotes. Le chef de ce service portait le titre d’ap^cov xÆv <rxeuoœdpwv129. Enfin, il faut mentionner encore divers fonctionnaires qui suivaient l’armée : des trésoriers (xapuou), des laphyropoles (XaœupoTrÆXai) chargés de la vente du butin, des juges militaires (éXXavoBîxai); des devins, des médecins, des joueurs de flûte, et trois commissaires des subsistances (xpewôaîxat)130.

Jusqu’à la guerre du Péloponèse, Sparte ne paraît pas avoir eu de cavalerie. En 424, nous savons qu’elle disposait d’un corps de 400 cavaliers ; elle en eut 600 depuis l’année 394 131 . D’ailleurs cette cavalerie Spartiate passa toujours pour médiocre. On n’en sera pas surpris, si l’on songe à la façon dont elle se recrutait : les citoyens riches devaient fournir un cheval en cas d’appel, et ce cheval était monté par un soldat que désignaient les chefs et qu’ils avaient toujours soin de choisir parmi les hommes les moins propres au service des hoplites132. La cavalerie formait six piopat, dont chacune était adjointe à une [AÔpa d’infanterie. La jxôpa de cavaliers comprenait deux oùXotfAûî; elle était commandée par un hipparmoste (nt7tap|j.o<jx7iç), qui était placé lui-même sous les ordres du polémarque133.

Les rois étaient les chefs suprêmes de l'armée. Aristote définit la royauté Spartiate « une stratégie héréditaire et perpétuelle134 ». Les rois exercèrent en commun cette autorité jusqu’à l’année 510 avant notre ère : à ce moment, une loi décida que, désormais, un des rois seulement pourrait entrer en campagne138. En principe, ils conservèrent toujours le droit de déclarer la guerre à qui ils l’entendaient et de conduire l’armée où ils voulaient136. Pourtant, dans la pratique, on apporta peu à peu bien des restrictions à l’exercice de ce droit. D’abord, on nous dit expressément que le roi, en fait, était seulement chargé de commander l’armée et de la mener « partout où l’envoyait l’État137 » : l’État, c’est-à-dire les éphores [ephoroi]. Puis le roi devait rendre compte de

— 123 Tvrt. Fr. XI, B; Heiod. IX, 29; Thuc. IV, 8 ; VII, 19. — 124 Thuc. IV, gg. 125 Xen. Hell. IV, 2, 16; 7, 6. — 126 Xen. Ilipp. IX, 4. — 127 Thuc. IV, 80 et iil. Xénophon mentionne dans l’armée de Sparte des Çévwv (XTçatiaçxoi {Lac. pol. XIII, 4). — 128 Thuc. II, 75; III, 1; Xen. Hell. IV, 2, 19; V, 2, 7 ; VII, 2, 3. — 129 Xen. Lac. pol. XI, 2; XIII, 4; Hell. III, 4, 22. — 130 Xen. Lac. pol. XIII, 1-11; Hell. IV, 1, 26; Ages. I, 18; Plut. Quaest. symp. II, 10, 2; Lys. 23. — 131 Thuc. IV, 55; V, 67; Xen. Hell. IV, 2, 16; Lac. pol. XI, 4.

— 132 Xen. Hell. VI, 4, 10-11. — 133 Xen. Lac. pol. XI, 4; Hell. IV, 4, 10; 5, 11-12; VI, 4, 10-11; Plut. Lycurg. 23. — 134 Aristot. Polit. III, 14 sqq. ^p. 84, 21 Sqq.) : «TTçaniYta xatà Yevo? W$toç... ffToa-r.YÎa tic atÎTOxçàTwp xa\ &.t8ioq. Cf. Isocrat. III, 24. Pour de petites expéditions, on confiait souvent le commandement en chef à de simples Spartiates. Voyez Thuc. IV, 38. — 135 Herod. V, 75; Xen. Hell. V, 3, 10. — 136 Herod. VI, 56; Thuc. VIII, 5; Xen. Hell. V, 1, 34; II, 2, 7; IV, 7, 1. — 137 Xen. Lac. pol. XV, 2 : ffTçaTtav, oitot av f| tcôXiç

flY&ïirQai.

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ses actes et de ses opérations militaires; en cas d’insuccès, on lui faisait son procès, et il pouvait même être condamné à mort138. Peu à peu l’on prit l’habitude de lui adjoindre deux éphores, qui n’avaient point d’ordres à donner, mais qui étaient là pour tout voir de leurs yeux139; même, en certaines occasions, on lui imposait un conseil de guerre composé de dix ou trente membres (crogêouXoi) 14°. Par la création de la navarchie, on enleva aux rois la direction des flottes141. Agésilas est peut-être le seul qui ait commandé à la fois les troupes de terre et de mer142. Enfin le roi avait un véritable état-major, composé des polémarques, des trois citoyens de la classe des "Ogotot chargés du service des vivres, des devins, des médecins et des joueurs de flûte : c’étaient les compagnons de la table royale (oE irepî SagWav)143, auxquels se joignaient pour les conseils de guerre la plupart des officiers supérieurs144. Malgré toutes ces restrictions apportées à leur autorité primitive, les rois de Sparte n’en restèrent pas moins jusqu’au bout les chefs souverains de l’armée Spartiate. Une fois en campagne, ils avaient sur tous leurs hommes droit de vie et de mort; et, s'il était prudent pour eux de prendre l’avis de leur conseil, ils n’en étaient pas moins maîtres de diriger à leur gré les opérations et d’engager la bataille 146.

Au moment d’entrer en campagne, le roi offrait dans sa maison un sacrifice à Zeus Agêtor. Si les présages étaient favorables, l’armée se mettait en marche, précédée par le xup<pôpoç qui portait une torche allumée au foyer royal. Quand on arrivait à la frontière de Laconie, on procédait à un nouveau sacrifice (fntepêaTijpta) en l’honneur de Zeus et d’Athêna. De cet autel le itupçôpo; emportait le feu qui devait servir pendant toute la campagne aux cérémonies religieuses146. Après cette pieuse halte, on franchissait la frontière. Le code militaire réglait en détail l’ordre de marche, l’emploi de la journée, les heures des repas et des exercices, et la disposition du camp, ordinairement circulaire et toujours protégé par des palissades147. Quand l’ennemi était en vue, le roi immolait une chèvre à Artémis Agrotéra, les soldats se couronnaient de fleurs et exécutaient les manœuvres au son de la flûte148. Il était inutile d’exhorter les hommes : car tous étaient braves, tous au moins connaissaient la loi qui ordonnait de vaincre ou de mourir, qui vouait les lâches (TpéaavTeç) au mépris public, les privait de leurs droits politiques, et même leur enlevait la libre disposition de leur fortune149. Si l’on avait battu l’ennemi, le roi arrêtait vite la poursuite pour offrir à Arès un grand sacrifice en actions de grâces130.

IV. Armée d’Athènes. — L’exemple de Sparte entraîna les autres États à constituer régulièrement leurs forces militaires. Pour cela, ils ne crurent pas nécessaire, comme Sparte, de tout subordonner aux besoins de la défense nationale et de faire de la cité un camp. Après deux ans

138 Thuc. V, 63 ; Xen. Bell. III, S, 25 ; Plut. Lys. 30. — *39 Xen. Lac. pol. XIII, 5; Bell. II. 4, 36. — HO Thuc. V, 63; Xen. Bell. III, 4, 2; V, 3, 8; Ages. I, 7; Diod. XIV, 79; Plut. Ages. 6, 36; Lys. 23. — Ht Herod. VIII, 42; Xen. Bell. II, t, 7 ; Aristot. Polit. II, 9 (p. 49, 30); Diod. XI, 12; XIII, 100; Plut. Lys.

142 plut. Ages. 10. — 1*3 Xen. Lac. pol. XIII. 1-7; Bell. VI, 4, 14.

— 1*4 Xen. Bell. III, 5, 22; IV, 5, 7. — 1*6 Thuc. V, 66; Xen. Lac. pol. XIII, 10; Aristot. Polit. III, 14 (p. 84, 19). — H® Xen. Lac. pol. XIII, 2-5; Nicol. Ua'm. Fragm. (Muller, Fragm. hist. gr. III, 458); Hesych. s. v. itufeoyopoj. 1*7 Xen. Lac. pol. XII et XIII; Bell. III, 4, 22; VI, 2, 23; Plut. Lycurg. 22. 1*8 Xen. Lac. pol. XIII, 8; Bell. IV, 2, 20; Thuc. V, 70; Plut. Lycurg. 22; Inst. lac. 16. — 1*9 Herod. VII, 104 et 231 ; Thuc. V, 34; Xen. Lac. pol. IX, 4; Pli-t. Ages. 30. — ISO Thuc. V, 73; Plut. Lycurg. 22; Inst. lac. 25; Apophth. lac. g. 281, 30. — «1 Herod. VI, 109; 111; Aristot. Athen. polit. 3 et 22.

de service, l’éducation militaire une fois terminée, les citoyens rentraient franchement dans la vie civile, mais restaient presque toute leur vie à la disposition de l’État. Tel fut le système athénien.

A l’origine, le chef de l’administration militaire était le polémarque (TtoXÉgap^oç) 16i. Plus tard, il conserva seulement des attributions religieuses, judiciaires ou honorifiques162 : il organisait la fête des epitaphia en l’honneur des citoyens morts pour la patrie, il présidait aux cérémonies destinées à garder le souvenir d’Harmodios et d’Aristogiton, mais il n’intervenait plus dans les choses de l’armée, sauf peut-être en ce qui concernait les étrangers [polemarciios]. Depuis les guerres Médiques, les chefs de l’armée furent les dix stratèges (cTpctTTiyot). Institués sans doute par Clisthène, ils formèrent d’abord le conseil de guerre du polémarque. Peu à peu ils héritèrent de son autorité et finirent par devenir, au ive siècle, les magistrats les plus importants d’Athènes [strategos]. Ils étaient élus à main levée par l’assemblée du peuple, pour un an, mais indéfiniment rééligibles163. Anciennement on en prenait un de chaque tribu; mais au iv° siècle ils étaient choisis indistinctement sur l’ensemble des citoyens164. A chaque prytanie, le peuple procédait à un vote de confiance ou de méfiance sur leur gestion (êmxsipoTovta) ; s’ils étaient mis en minorité, ils étaient traduits devant un tribunal qui instruisait leur procès166. Les stratèges avaient la garde des fortifications, de la marine, du matériel de guerre 166. Ils levaient les taxes militaires, enrôlaient les soldats et les marins, présidaient les tribunaux pour les actions relatives aux choses militaires167. Us négociaient et signaient les traités 168. Ils pouvaient requérir les prytanes de convoquer l’assemblée169. Primitivement ils commandaient à tour de rôle pendant un jour160. Plus tard l’usage s’introduisit de n’envoyer à l’armée que deux ou trois stratèges, et souvent le peuple désignait parmi eux un généralissime (aÙToxpdcTtop). Nous savons d’ailleurs qu’au ive siècle le vote de l’assemblée assignait ordinairement à chaque stratège des attributions spéciales101. L’un devait commander les hoplites (b êitl xoùç ôtcXitoî). Un autre était chargé de la garde de l’Attique et devait repousser les invasions ennemies (o éit’t r»jv x<“?av)- Deux portaient le titre de stratèges du Pirée ; ils surveillaient la côte et les arsenaux, l’un à Munychie, l’autre à l’Acte. Un cinquième, le stratège des symmories, dirigeait le service de la triérarchie et de Vantidosis'61. Les cinq derniers stratèges, du moins au temps d Aristote 1 n’avaient point de titres particuliers, et on les employait suivant les exigences du moment : c’est seulement depuis la fin du ive siècle que l’on détermina d’avance leurs fonctions164. Malgré l’importance de leur rôle politique, les stratèges n’en étaient pas moins, avant tout, les chefs de l’armée : aidés par les dix taxiarques

162 Aristot. Athen. polit. 57; Poil. VIII, 91. — 183 Arist. Athen. polit. 61.

tb* Aristot. Athen. polit. 22 et 60 ; Aeschin. Ctesiph. 13 ; Harpocr. s. v. <nf«- 166 Aristot. Athen. polit. 60. — 166 Thuc. II, 24; Xen. Memor. III, 6, 10-1 1 ; Corp. inscr. att. II, 3 3 4. - 167 Demosth. XXXV, 48 et 72; XXXIX, 8 ; LII, 5; Sui'd. s. ». tlwuvla. — 158 Isocr. VII, 81 ; Corp. inscr. att. I, 64, 84; IV, 27 a; 5l' 61 a; 71 ; II, 55, 64, 90, 109, 112, 115; Mitth. des deutsch. Inst, in Athen, II, p. 'l39-144, 201, 211-21 2. — 169 Thuc. IV, 113 ; Corp. inscr. att. I, 40. — 16° HeroJ. IV, 109-110; Diod. XIII, 97, 106. — l01 Dinarch. Philocl. 1 ; Arist. Athen. polit. 60 ; Plut. Phoc. 32; Paus. I, 35, 2; Corp. inscr. att. II, 331. — 162 Arist. Athen. polit. 60 ; Dinarch. Philocl. 1 ; Corp. inscr. att. II, 331. — 163 Aristot. I. c. — i6* Bœckli, Seeurkunden, XIV, 214 ; Corp. inscr. gr. 178-179 ; Rangahé, Ant. hell. 1069 ; Corp. inscr. att. II, 62, 302, 331, 733; Bull, de corresp. hellén. II, 511 ; Mitth. d. deutsch. Instit. in Athen, IV, 79 sqq.; 'Eçriptfls 1890, p. 69 sqq., p. H-

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pour 1 infanterie, par les deux hipparques et les dix phylarques pour la cavalerie, ils enrôlaient et conduisaient les contingents, décidaient toutes les questions d’organisation, d’approvisionnements, de justice militaire 16s.

Les Athéniens devaient le service de dix-huit à soixante ans, depuis leur inscription sur le registre du dème (Xv^tapxtxbv ypatxjxareïov), qui leur avait conféré les droits civiques 166. Avant tout, ils prêtaient serment de fidélité et de dévouement à l’État167. Puis, de dix-huit à \ingt ans, ils étaient soumis à une éducation militaire, que surveillaient les stratèges, et que dirigeaient spécialement dix sophronistes (trhxppovnreaï), deux pédotribes (itaiSotpiëat) et divers maîtres d’armes tous désignés par le peuple 1 ’8. A la fin de la première année d’éphébie, ils étaient solennellement passés en revue au Théâtre, et recevaient le bouclier et la lance ; pendant la seconde année, ils faisaient fréquemment des marches à l’intérieur de l’Attique, apprenaient le service en campagne, au besoin maintenaient le bon ordre, ou tenaient garnison dans les places fortes169 [epheboiJ. Les jeunes gens de moins de vingt ans, comme les citoyens de plus de cinquante ans, ne servaient point ordinairement au dehors de l’Attique : ils formaient une sorte d armée territoriale (oc te 7tp£aëuxaxoc xac oc v£coxaxoc) 17°. Au-dessus de soixante ans, l’on était exempté de tout service (oc U7rsp xov xaxdXoyov) 171. L’armée active proprement dite comprenait donc les hommes de \ingt à cinquante ans. Les métèques devaient également le service militaire, mais, en général, on ne les employait pas hors de l’Attique172. On n’enrôlait d’ailleurs les contingents qu en raison des besoins de l’État [dilectus],

L organisation militaire avait pour base l’organisation politique de Solon et de Clisthène. Les soldats d’une même tribu étaient incorporés dans les mêmes compagnies173. Suivant sa fortune, on appartenait à telle ou telle arme. Les plus riches servaient dans la cavalerie ; les autres citoyens des trois premières classes censitaires, dans 1 infanterie des hoplites ; les pauvres gens de la quatrième classe, les thètes, dans les troupes légères ou la marine in. Dans chaque tribu, le taxiarque tenait registre des citoyens qui pouvaient être appelés comme hoplites; le phylarque tenait un registre semblable pour les cavaliers ; sans doute, d’autres officiers pour les thètes, et le polémarque pour les étrangers176. Sur chacun de ces catalogues (xaxdXoy oç), qu’on transcrivait sur des planches blanchies à la craie (XEXsuxcopiÉva

ypa(j.|xaT£ïa) 176, les citoyens étaient divisés en quarantehuit contingents; chaque contingent comprenait les hommes de la tribu inscrits la même année à l’état civil des dèmes, et pour cette raison était désigné par le nom de l’archonte sous qui s’était faite l’inscription177. L’ensemble des listes de recrutement formait le catalogue militaire (6 xaxâXoy oç) 178. En cas de besoin, un décret de l’assemblée du peuple ordonnait la levée en masse (ir*v- (TTpoma, 7rav8ï|g£t)179, ou simplement l’appel de quelques contingents (ex xaxaXôyou) 18°. Ces levées partielles se faisaient de deux façons : on y comprenait soit des contingents complets (arpaxEtat év xoïç ETrwvupLotç) 181 , soit des portions de contingents (<rrpax£îac lv xoïç fx-ÉpE-rc) 182. Les stratèges, assistés des taxiarques pour l’infanterie, des phylarques pour la cavalerie, du polémarque pour les étrangers, procédaient, suivant le cas, à l’enrôlement des classes désignées183, ou au choix des hommes dans chacune des classes184. Lors des levées partielles, les listes de convocation étaient affichées par le soin des éponymes correspondants186. Quiconque se considérait comme indûment appelé pouvait adresser une réclamation aux stratèges, qui examinaient la question et au besoin la faisaient trancher par un tribunal 186. Étaient exempts, de droit: les sénateurs de l’année187, les fermiers de l’impôt ,88, les choreutes des Dionysiaques 189, les triérarques 19°, et souvent les marchands de blé *91. On dressait avec soin la liste des hommes enrôlés pour la campagne 192. Avant le départ, on faisait l’appel, et 1 on passait une revue au Lykeion ou sur quelque place publique 193.

La plus grande partie des citoyens des trois premières classes censitaires et les plus riches métèques194, c’està-dire la portion la plus influente de la population, servaient dans la grosse infanterie des hoplites (ôirXtxac), organisée sur le modèle de Sparte. Chaque hoplite devait s’équiper lui-même. Son armure complète (xavo- 7rXta) 195 comprenait : un casque (xuvéy), xpxvoç)196 [galea]; par-dessus la tunique rouge (^txwv cpotvtxtoç) 197, une cuirasse (6tApa5) 198 [lorica], ou bien une casaque de cuir (axoXâç), munie de feuilles métalliques (xxspuyEç), et un ceinturon ou quelquefois une sorte de tablier (Çüxmjp, Ç“V7], Ç(ô|Aa) [lorica, cingulum] ; des jambières (xvrçpuSsç) 199 [ocreae] ; un bouclier (àuxîç, o xXov)ï0° [clipeus] ; une lance (Sdpu) 201 longue d’environ deux mètres et pointue aux deux extrémités (alypnj) [hasta]; une épée droite (çupoç) -°-, à deux tranchants (ap.<pYjxsç), suspendue au côté gauche à l'aide d’un baudrier [gladius] 203. Cette

165 Arist. Àihen. polit. 60. — 166 Demosth. XLIV, 35; LVII, 60-61; 1s. VII, 27-28; Arist. Athen. polit. 42 et 52; Harpocrat. s. v. èmivunoi, et XnEia-

çxtxbv ypa|A|i.axetov. — 167 Lycurg. Leocr. 76; Demosth. XIX, 303; Plut. Alcibiad. 15; Poli. VIII, 105; Stob. Flor. X LUI, 48. — 168 Arist. Athen. polit. 42; Dinarch. Philocl. 15; [Plat.] Axioch. p. 367; Phot. s. v. «rw^poviuxat ; Etym. magji. ibid.\ Bekker, Anecd. 301,7; Mitth. d. deutsch. Instit. in Athen , IV, 324.

— 169 Plat. Leg. VI, p. 778; Arist. Athen. polit. 42. — 170 Thuc. I, 105; Lyc. Leocr. 39-40; Aeschin. De fais, légat. 167. — 171 Demosth. XIII, 4-5; Poil. II, 11. — 172 Thuc. II, 13 et 31; Xen. Vectigal. II, 3; Corp. inscr. att. II, 176. — 173 Is. II, 42; Plat. Sympos. 219-220; Plut. Alcib. 7. — 174 Thuc. II, 31 ; Xeu. Hipparch. I, 9 sqq.; De equ.it. II, 1; Oeconom. II, 6; Vectig. II, 3; Hell. VI, 4, 10; Lyc. Leocr. 139; Harpocr. s. v. Oîjxïç. — 176 Thuc. VI, 31 et 43; Aristoph. Equit. 1369 ; Harpocr. s. v. <rxp <m(a èv xoT; Itojvûiaoiî. — 176 Harpocr. L l.; Aristot. Athen. polit. 52. — 177 Harpocr. s. v. èuwvunot et «yxpaxtla èv rot; É«wvû|Aotç; Aristot. Athen. polit. 52. — 178 Thuc. VI, 43; VIII, 24; Aristot. Polit. P- 198, 12. — 179 Thuc. II, 31 ; IV, 90 et 94. — 180 Thuc. VI, 31 et 43 ; VIII, 24; Aristot. Polit, p. 198, 12. — 181 Aeschin. De fais, légat. 133; Harpocr. s. u. •^çaxtia êv xoïç èitwvû^otç ; Aristot. Athen. polit. 52. — 182 Æsch. De fais, légat. 168. — 183 Lys. XIV, 6; Aristot. Athen. polit. 52; Harpocr. I. I. : ô'xav

i*tav Èxu£|Airw(ri, itpoYçà®ou<riv àirô xtvo; ap^ovxo; èirtüvûpiou c xlvo; <$e T «rxpaxetiîirOou.

— 184 Lys. IX, 15; XIV, 6 : o8ç av oî <rxpat»jYo\ xaxaXiÇwatv. — 185 Aristoph. Pac.

1181 et Schol. — 186 Lys. ix, 4; Xen. Hipparch. I, 9. — 187 Lycurg. Leocr 37 -188 Demosth. LIX, 27. - 189 Demosth. XXI, 15; XXXIX, 16. - 190 ld. xx" 8-19; L, 9. — 191 Aristoph. Eccles. 1027. — 192 Lys. XV, 5; Poil. VIII ils’

— 193 Aristoph. Pac. 354 et Schol. ; Audocid. Myster. 45. — 19V Thuc. Il, 13 et 31 • Vr, 43; Xen. Vect. II, 2-3; Harpocr. s. ». «îjTeç; Corp. inscr. ait. II, 170.’

— 195 Æsch. In Ctesiph. 154. —190 Aristoph. Acharn. 965, 1104-1106; A». 94 ; Pac. 1179; Xen. De equit. XII. Cf. Mitth. d. deutsch. Instit. V, 390; Muller, Denkmâler, I, 28 5; H. Droysen, Griech. Kriegsalterthümer, p. 10-11. — 197 Schol. ad Xen’ Anah. I, 2, 16. - 198 Aristoph. Pac. 1224; Xen. Memor. III, 10 9- De equit XII; Anab. III, 3,20; IV, 1,18; IV, 7, 15; Pausan. X, 26,5; Pollux, I 135- VII 70; Corp. inscr. att. II, 731. Cf. Ross, Arch. Alitt. I, 28; Gerhard, Àuserlesenè Vasenbilder, 184, 189, 269-270 ; H. Droysen, Griech. Krieg. p. 4-9. — 199 Gerhard Auserl. Vas. 269-270; Droysen, p. 3-4. - 200 Aristoph. Acharn. 574; 1008 • 1122; 1136; Equit. 849; Lysistr. 106; Xen. Hell. 11,4, 25; De equit. XII- Poil’ I, 133; Corp. inscr. att. I, 161; il, 678, 720 ; cf. Friederichs, Derlins ’antike Bildwerke , 219 et Droysen, p. 12-14. 201 Aristoph. Acharn. 1120; Xen De equit. XII, 12; Hell. 11,4, 15; IV, 6, 11; V, 5,42; Anab. III, 5, 7; IV, 2, 18 ; Diod. XIV, 27 ; cf. Droysen, p. 17. — 202 Xen. De equit. XII, H; Cyrop. I, 2’ 13- Co,p. inscr. att. I, 161 ; II, 735. CL Droysen, p. 15-16. - 203 Sur tontes ces qoestions d'equipement et d'armement, voyez Hans Droysen, Die griech. Kricgsal terthümer, p. 1-20.

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armure complète pesaitenviron trente-cinq kilogrammes. Aussi l’hoplite devait-il entretenir un valet (ôiuatmtmqç, 0£pâ7C(üv), qui pendant la marche portait ses armes et des vivres pour trois jours204. Nous savons que les éphèbes avaient un uniforme particulier, composé surtout de la chlamyde (^Xap-uç) et d’une coiffure légère (itétoktoç) ; leur armure pai'aît n’avoir compris que le bouclier et la lance 205. Les hoplites constituaient la principale force de l’armée athénienne, comme de toutes les armées nationales des cités grecques. Athènes, au commencement de la guerre du Péloponèse, put mettre en ligne 29000 hoplites; à ce moment, la première portion des contingents de grosse infanterie comprenait 13000 citoyens; la seconde portion, formant réserve, se composait de 10000 citoyens au-dessous de vingt ans ou au-dessus de cinquante, et de 6000 métèques206. Tous les hoplites d’une même tribu étaient réunis en une Tcüjiç ou <puXvj, que commandait le taxiarque de la tribu (taÇtapxoç) élu par le peuple ; il y avait donc dix Tcttjeiç et dixtaxiarques207. La taxis se divisait en compagnies (Xo^oi), d’un nombre variable, dirigées par des loch âges (Xo^ayot) que nommaient les taxiarques 208. Les lochages, à leur tour, avaient probablement sous leurs ordres des sousofficiers, qu’on appelait les décadarques (Sexàoap^ot) et les pempadarques (itegitaSap^oi), et qui commandaient à des pelotons de dix et cinq hommes 209. Naturellement, le nombre des Xo^ot et l’effectif des tocçeu; variaient à chaque campagne suivant le nombre et l’importance des contingents dont l’assemblée du peuple avait ordonné la levée 21°.

Thucydide nous dit que de son temps Athènes n’avait pas d’infanterie légère (<jnXot) régulièrement organisée 21!. Cependant, dès le v° siècle, il était bien rare qu’une armée en campagne ne comprit pas quelques-uns de ces corps spéciaux. D’abord nous savons qu’Athènes entretint de bonne heure une troupe de 4000 archers (TOfjoTai), qui étaient chargés de maintenir le bon ordre dans la ville : on les appelaitles Scythes (oî Sxû0at), parce que c’étaient des esclaves publics [demosioi] généralement originaires des régions barbares du Nord 212. Puis, des compagnies spéciales de mercenaires, les 7CEpi'iroXoi, que commandaient un ou plusieurs TtepntdXap^ot, étaient chargées du service de gendarmerie dans l’intérieur de l’Attique213. De plus, on joignait presque toujours aux bataillons d’hoplites divers corps de troupes légères 2U. Des archers figuraient déjà dans les rangs des Athéniens à Salamine215 et à Platées210. Au début de la guerre du Péloponèse, Périclès, énumérant les forces militaires d’Athènes, comptait une troupe de 1600 archers 217. Dans les différentes campagnes que raconte Thucydide, on voit paraître des détachements de 300, de 400, de 600 archers218. On ne peut dire exactement comment se recrutait cette troupe. Nous savons qu’on y enrôlait

204 Thuc. III, 17; VII, 75; Aristoph. Acharn. 1097; Pac. 312; Xen. Anab. IV, 2, 20. — Aristot. Athen. polit. 42; Poil. X, 164. — 206 Thuc. II, 13 et 31. — 207 Ilerodot. VI, 111; Thuc. VI, 98 et 101; VII, 60; Xen. Bell. IV, 2, 19; Lys. XIII, 82; XVI, 16; Dcmosth. IV, 26; XXXIX, 17; Aristot. Athen. polit. 60; Poil. VIII, 87. — 208 Is. IX, 14; Isocr. XV, 117; Aristot. Athen. polit. 60. — 209 Xen. Bipparch. II, 2 ; IV, 9. — 210 Xen. Bell. I, 2, 3 ; Mémo r. III, 4, 1; ls. IX, 14; Isocr. XV, 117. — 211 Thuc. IV, 94. - 212 Aristoph. Acharn. 54 et Schol. ; Thesmoph. 940 et 1002; Lysistr. 441; Poil. VIII, 131- 132; Suid. s. v. xoîotai ; Phot. ibid. — 213 Thuc. I, 105; IV, 67; VIII, 92; Aristoph. Av. 1177 ; Xen. Vect. IV, 17; 'Eip>]|iep\5 àp/, 1883, p. 134 ; Bull, de corr. hellén. 1889, p. 253 sqq. — 214 Thuc. I, 1 06 ; II, 13, 23, 31 ; IV, 29, 90, 94; V, 84; VI, 43; VII, 57. — 216 Aeschyl. Pers. 460; Plut. Themist. 14.

des mercenaires (gerflocpopot) 219 ; peut-être faut-il y joindre les métèques pauvres, ceux qui ne pouvaient s’équiper en hoplites. Il est certain d’ailleurs que des Athéniens ont été souvent incorporés dans ces compagnies d’archers. Les citoyens de la quatrième classe, les thètes, étaient dispensés, en principe, du service militaire 220. Il est vrai qu’en cas de besoin, on ne les enrôlait pas moins dans les hoplites221 ; mais c’était là une mesure tout à fait exceptionnelle, et généralement les thètes ne servaient que dans la marine ou les troupes légères. En tout cas, plusieurs inscriptions du v° siècle attestent la présence de citoyens dans les compagnies d’archers ; ils y sont même désignés par le nom caractéristique de toutou ci àtmxoE, et il est fait mention des tribus auxquelles ils appartenaient 222. Les officiers qui commandaient les corps d’archers, portaient le nom de toxarques (oE Toijapyoi) m. De plus, à l'époque de la Confédération athénienne, des contingents alliés venaient souvent s’ajouter à l’infanterie légère des Athéniens : tels étaient, par exemple, les peltastes d’Aenos 224. Les mercenaires qu’Athènes enrôla pendant la guerre du Péloponèse étaient en général armés à la légère : tels sont les peltastes de Thrace226, les archers crétois 226, les frondeurs rhodiens 227, les mercenaires étoliens, acarnaniens et iapygiens 228. Enfin l’on sait qu’Athènes, au commencement du ivc siècle, eut à son service des corps réguliers de peltastes229. Dès lors ses armées furent, entièrement ou en grande partie, composées de mercenaires presque toujours équipés à la légère 230.

Au temps de la guerre du Péloponèse, la cavalerie tenait une place importante dans les armées d’Athènes. On sait qu’il n’en fut pas toujours ainsi. Pour l’histoire des origines de la cavalerie athénienne, pour son organisation, son armement et son rôle nous renvoyons à l’article équités.

En temps de paix, la plus grande partie des E-7T7r^ç résidaient naturellement à Athènes. .Nous savons pourtant qu’il y avait à Lemnos un détachement de cavalerie athénienne, sans doute recruté surtout parmi les clérouques de l’île, et commandé par un troisième hipparque, l’hipparque pour Lemnos231. A la cavalerie civique s’ajoutaient aussi diverses troupes auxiliaires : d’abord, les 200 archers à cheval (E7ntoToEoxai), Scythes pour la plupart, qu’on employait principalement comme tirailleurs 232, puis, un corps d’éclaireurs (Tipoopogot)233 ; enfin, les cavaliers thessaliens, qui sont souvent mentionnés dans les armées d’Athènes au v° siècle, et qui y apparaissent dès la fin du vie siècle à la suite du traite d’alliance conclu par les Pisistratides avec laThessalie •3‘.

De tout cela se formait une puissance militaire considérable pour l’époque, étant donné surtout le petit nombre des Hellènes. Au début de la guerre du Péloponèse, Athènes met en ligne, sans compter tous les

216 Herod. IX, 22 et 60. — 217 Thuc. II, 13 ; Aristot. Athen. polit. 24. — 218 Thuc. il, 23 ; IV, 29 ; V, 84; VI, 43. — 219 Id. VI, 25 et 43 ; Vil, 57. — 220 Harpocr. s. »■ 221 Thuc. VI, 43. — 222 Corp. inscr. att. I, 54, 55, 79 , 4 33, 456. — 223 Ibid. I 79. - 224 Thuc. IV, 28, 129. — 223 Thuc. II, 79 ; IV, 129; VII, 17 et 57 ; Corp. inscr. att. I, 54-55. - 220 Thuc. VI, 25 et 43; Vil, 57. - 227 id. VI, 43.

— 228 IJ. vil, 57. - 229 Xeo. Bell. IV, 4, 9; 4, 16; 5, 13 ; 8, 34; V, 4, 14.

— 230 Demosth. Phil. I, 24; De fais. leg. 236; De corona, 237; Aescbin. De cor. 146; Dinarch. I, 34; Diod. XVII, 22; XVIII, 11. — 231 Demosth. Phil. I, 27 1 Aristot. Athen. polit. 60; Corp. inscr. att. II, 5 9 3. — 232 Thuc. II, 13; Aristoph. Equit. 225; Lys. XV, 6; Xen. Bipparch. I, 25; Memor. III, 3, 1. — 233 XcQ- Bipparch. I, 25; Aristot. Athen. polit. 49.— 234 Herodot. V, 63 ; Thuc. I, 102> 107; 11, 22; Aristot. Athen. pol. 19; Paus. I, 29, 6.

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contingents alliés, une armée active de 13000 hoplites, 1000 archers à pied, 1000 cavaliers citoyens, 200 archers à cheval ; et une armée territoriale de 16000 hommes pour le service des places fortes 235.

C est sans doute Périclès qui fi t établir pour l’armée une solde régulière ((xto-Qôç) 230 payable jusqu’au jour de la cessation du service effectif. Cette solde était généralement de deux oboles pour un fantassin, de six pour un cavalier. Chaque soldat recevait, en outre, des frais de subsistance (<nr»]pé<Tiov, aïroç) ; et, de plus, l’hoplite avait droit à une indemnité pour son valet, le cavalier pour son cheval. Au total, l’hoplite recevait, par jour, de quatre oboles à une drachme ; le cavalier touchait au moins le double de l’hoplite, souvent le triple, même le quadruple 237 [stipendium], En effet, la solde variait suivant les circonstances. Vers le commencement de la guerre du Péloponèse, on éleva la solde des citoyens envoyés en expédition lointaine : on donna jusqu’à deux drachmes par jour à l’hoplite, pour lui et son valet 238. Ce salaire était considérable, surtout si l’on tient compte de la valeur de l’argent à cette époque et du bon marché des choses nécessaires à la vie. Aussi l’on dut bientôt réduire cette solde. Mais les dépenses étaient toujours très lourdes239. Aussitôt une guerre commencée, il fallait prélever l'impôt sur le revenu [eisphora] ; dans la troisième année de la guerre du Péloponèse, on imposa de 200 talents les citoyens des trois premières classes 24°. Au ve siècle, c’étaient les bellénotames qui administraient les fonds de guerre 241. Plus tard, on créa une caisse militaire, que gérait un magistrat appelé b TGq«aç tÆv (jTpaxttüTixiuv 212 . Démoslhène fit décider qu’on y verserait en temps de paix tous les excédents de recettes243.

Nous connaissons assez bien le caractère de la discipline dans l’armée athénienne. Aux soldats qui avaient accompli une action d’éclat, on accordait quelque récompense militaire, par exemple une couronne 244 ou une armure 245. Les fautes légères étaient punies par les officiers [poenae militares]. Les stratèges avaient le droit de mettre aux fers tout soldat insubordonné, de le chasser de l’armée (èxx7ipü?at), ou de lui infliger une amende 24°. Mais il n’était pas toujours facile de conduire ces citoyens habitués à diriger l’État dans les assemblées populaires, à élire tous les magistrats, même leurs officiers supérieurs. Les manquements graves à la discipline étaient punis après la campagne. On intentait au délinquant une action criminelle, soit pour n’avoir pas répondu à l’appel [astrateias graphe], soit pour désertion (ypacpï) Xsnroxaljlou), soit pour lâcheté [deilias graphe] m. Le stratège instruisait l’affaire et en saisissait

235 Thuc. II, 13. — 236 Aristot. Athen. polit. 27; Schol. ad Deraosth. De contribut. 166, 1. — 237 Thuc. III, 17; V,47; VI, 31; VII, 27 ; Xen. Hell. III, 1,14; Hipparch. I, 19; Demosth. Phil. I, 28-29; Olyntli. I, 22; Hyperid. Il, 13; Aristot. Athen. polit. 24 et 27 ; Corp. inscr. gr. 147 ; Corp. inscr. att. I, 79 ; I, 188 ; II, 612 ; IV, 46 b ; cf. Bœckh, Staatshaush. fier Athener, I, p. 377 sqq. — 238 Thuc. III, 17; Aristoph. Acharn. 158. — 239 Thuc. I, 117; II, 70; Isocr. XV, 111; Demosth. IV, 28 sqq.; XXIV, 97 ; Nepot. Timoth. 1; Corp. inscr. ait. II, 108; ’AOv-vouov, VI, 153. — 2V0 Thuc. III, 19. — 2*1 Corp. inscr. att. I, 180, 181, 188. — 2'*2 Aristot. Athen. polit. 47 et 49 ; Corp. inscr. att. II, 335, 368, 370, 375, 380, 396, 739; Alitth. des deutsch. Instit. in Athen , V, 275-277, Bull, de corr. hellén. XV, 344. — 243 Philochor. Fr. 135 (Millier, Fragm. hist. gr. I, 406) : 8i l<I'r|®i<ravTo rcavc’

cTvat fftpotTiuTixâ, Aïip.o<rOévouç yodul/avioç. Sur ces rapports des fonds de guerre («rcpanojTixà) avec les fonds du théâtre (Oewptxà), voyez Demosth. I, 19; III, 10-11; IV, 35; XLIV, 37, LIX, 4-5; Schol. ad Demosth. I, 1 ; Aeschin. In Ctesiph. 251 ; Aristot. Polit. II, 7 (p. 89, 27); Harpocr. s. v. Oewpixà; Suid. id. ; Phot. s. v. Ocojp txôv. Cf. Bœckh, Staatshaush. der Alhener , I, p. 306 sqq. ; Fickelscherer, De

l’assemblée, qui renvoyait le prévenu devant un jury composé de ses compagnons d’armes, et présidé, suivant les cas, par un officier d’infanterie ou de cavalerie, ou par le stratège lui-même. La condamnation entraînait une amende et la perte d’une partie des droits civiques 248.

Athènes rendait de grands honneurs à ceux de ses citoyens qui avaient succombé pour la patrie. A Marathon et à Platées, on enterra les morts sur le champ de bataille, et, pendant des siècles, on offrit régulièrement des sacrifices sur leurs tombeaux 249 ; mais c’était là une mesure exceptionnelle. Généralement, après chaque campagne, on ramenait les corps à Athènes, et on leur faisait des funérailles officielles 250. Trois jours avant la cérémonie, les ossements sacrés étaient exposés sous une tente, où les parents apportaient les présents funèbres (Ttpo'ÔEdtç). Le jour des funérailles, on enfermait les restes dans dix cercueils de cyprès, un par tribu, qu’on plaçait sur des chars; on y joignait un lit vide pour les soldats dont on n’avait pas retrouvé les corps. Le cortège était conduit par le polémarque, suivi des magistrats, des officiers, des femmes qui avaient perdu un parent, puis de la foule des citoyens et des étrangers (êxtpopà) . On se dirigeait vers le Céramique extérieur, le long de la voie des Tombeaux. Un orateur désigné par l’État montait sur une estrade et prononçait l’oraison funèbre (Xoyb; âiriTolifi o;). La cérémonie se terminait par un banquet national, payé par l’État, organisé par les pères et les frères des morts. La cité prenait à sa charge l’éducation des orphelins251. On inscrivait sur des stèles spéciales les noms des citoyens qui cette année-là avaient péri pour la patrie : telles sont les stèles des soldats d’Athènes morts à Potidée, ou de ceux qui succombèrent en divers pays dans l’année 4o8 252. Nous savons qu’il existait au Céramique une sépulture commune des Athéniens morts avant les guerres Médiques dans une campagne contre les Éginètes253. Vers le temps de Cimon, on réunit dans une enceinte particulière du Céramique les divers tombeaux publics (tô oYjjji.ô<Ti<iv dTjga) 254. Le 7 du mois de pyanepsion, on célébrait à Athènes la fête funèbre des Epitaphia en l’honneur des héros de l’année et de leurs aînés. Cette fête était fort ancienne ; elle fut sans doute organisée ou réorganisée par une loi de Solon 255. A partir du milieu du ve siècle, on lui donna un éclat extraordinaire 256 : on rattacha les Epitaphia à la série des fêtes où l’on honorait le souvenir de Thésée 257, on développa l’àyùv Ê7UToupt&ç, et l’on institua régulièrement l’oraison funèbre [epitaphia].

V. Armées des divers pays grecs. — Les institutions militaires de Sparte et d’Athènes, diversement imitées ou combinées, ont servi de modèles à tous les États grecs.

theoricis Atheniensium pecuniis, Diss. Leipzig, 1877 ; Schafer, Demosthenes und seine Zeit , I, 184 sqq. — 214 Aesch. De fais, légat. 169. — 245 plat. Symp. 220; Plut. Alcib. 7. — 246 Aristot. Athen. polit. 60; Lys. III, 45; XIII, 67; Deraosth. L, 51. — 247 Audoc. Alyster. 74; Lys. XIV, 7 ; Aeschin. In Ctesiph. 175; Poil. VIII, 40. — 248 Andoc. I. I. ; Lys. XIV, 15 et 21 ; XV, 1 ; Demosth. XXXIX, 17; Aeschin. In Ctesiph. 175. — 242 Herodot. IX, 85; Thuc. II, 34, 5; Paus. I, 29,4; IX, 2, 6; Plut. Aristid. 19-21. — 250 Thuc. II, 34 sqq.; Demosth. Leptin. 141 ; Dion. Hal. V, 17; Diod. XI, 33; Plut. Pericl. 28; Aristot. Athen. polit. 57. — 251 Thuc. II, 46; Aristot. Polit. II, 8 (p. 41, 10). ■ — 252 Frôhuer, Inscr. grecques du Louvre , u°‘ 112-113. — 253 Paus. I, 29, 7. — 264 Thuc. I, 100, 3; Paus. I, 29, 4-7; Corp. inscr. att. I, 432. — 255 Thuc. II, 34, 1 ; Diog. Laert. Solon. 8. — 256 Thuc. I, 98 ; II, 34 et 47 ; Lys. Epitaph. 80 ; Plat. Menez, p. 249 B ; Isocr. IV, 74 ; Plut. Thés. 36 ; Cim. 8 ; Poli. VIII, 91 ; Corp. inscr. att. II. 467-471 ; III, 57 et 106-111. — 257 Cf. A. Mommsen, Ueortologie, p. 88, 215, 278 ; Hermann Sauppe, Die Epitaphia ( Nachr . ■von d. Ges. der Wiss. zu Gôttingen , 1864, p. 199-222) ; A. Martin, Notes sur l'üéor- | tologie athén. (Rev. de phil. 1886, p. 17-37); Les cavaliers athéniens , p. 211 sqq.

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Partout l’armée était organisée d'après les mêmes principes. Vers l’âge de dix-huit ans commençait l’éducation militaire 268 [epheboi]. Depuis vingt ans et jusqu’à soixante, on faisait partie de l’armée 269. Les citoyens en âge de porter les armes étaient divisés en un certain nombre de contingents, et inscrits sur des catalogues de recrutement qui avaient pour base les registres d’étal civil "co. Les classes étaient enrôlées dans la mesure des besoins, en vertu d’un décret de l’assemblée ou de l’autorité compétente261.

D une taçon générale, les éléments de l’armée étaient les mêmes qu’à Athènes ou à Sparte : dans la plupart des pays l’on avait été amené à créer une grosse infanterie des hoplites, des corps de troupes légères, et une cavalerie 262. Seulement ces divers éléments n’avaient pas toujours la même importance relative. Il est des contrées où la cavalerie était particulièrement nombreuse et forte : c’est le cas de la Thessalie 263, de la Béotie 264, de l’Élide 266, de l’Achaïe 26G, de la Phocide et de la Locride 267, de la Sicile 268, de l’Eubée et de quelques cités d’Asie 269. Ailleurs, au contraire, l’armée comprenait surtout de l’infanterie légère. C’est ce qu’on observe en Acarnanie 270, en Ëtolie271, en Locride 272. Même la Béotie avait de nombreux contingents de (Ja'Xot 273, des corps réguliers de frondeurs (<7<pevSovàTat) 27i, d’archers (tpapé- Tptat) 270 et de peltastes (TcsXxocpdpac) 276. Mais pour la majorité des cités grecques, au moins jusqu’au iv° siècle, la force principale de l’armée, comme à Athènes et à Sparte, était dans les bataillons d’hoplites.

Sauf dans quelques pays de la Grèce centrale 277, l’infanterie légère ne se composait guère que de périèques, parfois de citoyens pauvres, le plus souvent d’anciens esclaves ou de mercenaires 278. Mais la grosse infanterie et la cavalerie se recrutaient dans les premières classes de citoyens et parmi les riches étrangers domiciliés 279. Le service dans la cavalerie était partout une liturgie 280 : à Corinthe, les veuves et les orphelins fournissaient de l’argent pour l’achat et l’entretien des chevaux281.

L’équipement et l’armement des différents corps comprenaient à peu près les mêmes pièces qu’à Sparte ou Athènes. Mais, dans la forme de ces pièces, on observe quelques variations. Pour ces différences de détail on peut consulter les articles spéciaux relatifs à chaque arme.

258 Strab. p. 483; Hesych. s. v. iicàyeAoç; Bœckh, Corp. inscr. gr. 2214,

3219; Le Bas, II, 34 c, 301-302; Dittenberger, Sylloge inscr. gr. n° 240; Bull,

de corr. hellén. IV, p. 113; cf. Collignon, De collegiis epheborum . p. 26 sqq.

— 259 Larfeld, Syllog. inscr. boeot. nos 67-68; 133 f ixomftTte; àiïeypà^KyOo ; cf.

Collignon, O. I. p. 32 sqq. — 2G0 Larfeld, Syllog. inscr. bœot. 144-190.

— 201 Polyb. IV, 7-15; V, 91 ; XVII, 36. — 262 Aristot. Polit. VII, (6) 8, (p. 191, 23 sqq.). — 263 Herodot. V, 63; Thuc. I, 107; Ml; II, 22; Xen. Hell. VI, 1, 4; 1, 9 ; 4, 28 ; Aristot. Kocvi] OeTTaXSvitoXtxela (Müller, Fr. hist. gr. Il, p. 151) ; Diod. XIII, 72; XVIII, 15; Ilarpocr. s. v. te-cpa^la ; Corp. inscr. att. II, 88; Mittheil. d. deutsch. Instit. in Athen, II, 201. — 264 Herodot. IX, 69; Larfeld, Syllog. inscr. boeot. nos H, 50 a, 66-72, 237, 319; Bull . de corr. hell. VIII, 413.

— 265 Tliuc. IV, 93 ; Xen. Hell. IV, 2, 17; VI, 5, 30; VII, 4, 16. — 266 p0lyb. X, 23 (21). — 267 Thuc. II, 9. — 268 Thuc. VI, 67; 70-71; 98; VII, 1-2; Diod. XIII, 86; XIV, 47; Plut. Dion. 42-44; Hesych. s. v. ticitap/ou ulva;. — 269 Aristot. Polit. VI, (4) 3 (p. 148, 18). — 270 Thuc. Il, 81 ; VII, 31 ; Xen. Hell. IV, 2, 17.

— 271 Thuc. III, 94 : xô eQvo; xb xîuv A?xo>).iov axeuîj XP<*»|.uvov. — 272 Thuc. III, 94-95; Xen. Hell. IV, 2, 17. — 273 Thuc. IV, 94; V, 57. — 274 Larfeld, O. I. n° 184. — 275 Ibid. — 276 Larfeld, O. I. nos 144 sqq.; 170 sqq.; 185, 189-190; Appendice , nos 4-5. — 277 Thuc. II, 81 ; III, 94 ; IV, 94; V, 57. — 278 Herodot. VII, 158; Thuc. IV, 94; V, 57; VI, 67; VII, 1, 7, 33, 37. — 279 Strab. p. 481-482; Diod. XV, 79; Plut. Philop. 7 et 18. — 230 Ibid. — 281 Cic. De rep. II, 20.

— 282 Thuc. VI, 100; Plut. Nie. 14. — 283 Thuc. III, 90. — 284 Larfeld, O. I. ii°* 251-252. — 285 Mitth. des deutsch. Inst, in Athen , VII, 353. — 286 Thuc. V, 59 et 72. — 287 Id. IV, 91. — 288 Dittenberger, Sylloge inscr. boeot. n° 171, 1. 45.

— 289 Aristot. Polit. VII, (6) 8 (p. 191, 23). — 290 Corp. inscr. att. II, 88; Mitth. des deutsch. Instit. in Athen , II, p. 201. — 291 Aristot. Polit. VII, (6) 8, p. 191,

Dans l’infanterie et dans la cavalerie de toutes les cités grecques, les unités de combat et les cadres rappellent ce que nous avons déjà trouvé en Laconie ou en Attique; le plus souvent même les noms sont identiques. Les corps d’hoplites se divisaient en cpîiXat (Syracuse 282 Messana 283), ou en xâyp.aTa (Thespies 284, Chéronée 286), et en Xo/ot. (Argos '86, Béotie 287), ou xaxaXo^t5[A&t (Smyrne) 288. Ils étaient commandés par des xa?t'apyoi (dans la plupart des pays 289) ou des ■KèÇv.pyoi (Thessalie 290 ), et des Xc^ayoi'291 (Achaïe 292, Thèbes 293, Copae 294). Beaucoup d’armées avaient, de plus, des corps d’élite, analogues à la garde royale de Sparte et à ce bataillon athénien des Trois-Cents, qu’Hérodote mentionne dans sa description de la bataille de Platées 295, mais qui ne paraît plus dans l’organisation ultérieure de l’armée athénienne : tels étaient les Trois-Cents d’Élis (ol xptaxoaioi Xoyâôs; xcüv ’IIXsuov 296), les Trois-Cents de l’armée béotienne (tyioyyi xat Trapaëocxat 297), le bataillon sacré de Thèbes (6 isp oç Xô^oç 298), les Mille d’Argos (oi /iXtot XoyâSsç ’Apyeiwv 299),les Ëparites (oi ’E:râpixoi300)de la ligue arcadienne. La cavalerie comprenait des divisions (<puXal) et des escadrons (IXat). Elle était commandée par des tWap^ot 301 (Thèbes 302, Lébadée 303, Chéronée 304, Thespies 305, Elis 306, Tégée 307, Syracuse 308, Cyzique 309, Thessalie310, Épire311), qui avaient sous leurs ordres des cpüXap^ot312 (Cyzique313) ou des ÜXapyoi (Thèbes314, Orchomène 316, Lébadée316, Chéronée317). Nous connaissons mal les cadres de l’infanterie légère : mais il est certain pourtant que les corps d’archers, de frondeurs, d’acontistes et de peltastes avaient des officiers spéciaux318. 11 faut encore mentionner, dans l’Afrique grecque, un curieux legs des temps héroïques. Au ive siècle, Cyrène employait encore des chars de guerre (XtëuxT) Si^peia) à un ou quatre chevaux (ixovGnuov, xEGptTnuov), qui formaient des compagnies distinctes sous la direction de Xo^ayot 319.

Le commandement en chef de l’armée était confié à des (Txpaxïiyot (dans la plupart des cités grecques 320) ou à des 7roXÉp.apyot 321 (Béotie 322, Dymé 323, Phlionte 324, Mantinée 325, Phigalie 326, Andania 327, Thuria de Messénie 328, Ambracie 329, Kynaitha330, Iasos331, Thessalie332). Comme les stratèges et les polémarques remplissaient à peu près les mêmes fonctions, il est rare que les deux litres se rencontrent dans la même cité. Le casse présente pour-

(23). 292 Plut. Aral. 29. — 293 Xen. Hell. V, 2, 30. — 291 Larfeld, O. I. n“ 169.

— 295 Herodot. IX, 21 : ’AQqvaicov oi xptiqxôaioi. Cf. Diod. XI, 30. — 296 Thuc. II, 25; Xen. Hell. VII, 4, 13-16 et 31. — 297 Diod. XII, 70 : itpotiAâgovxo Si uàvxwv °î ï:ap’ Ixtivot; Vjvtojrot xal itapaSâxai xaXo6[Atvot, uvSpt; luiXixxot xpiaxô<riot. — 298 plut. Pelop. 15-18; Athen. XIII, p. 561 F. — 299 Thuc. V, 67; Diod. XII, 75-80; Plut. Alcib. 15. —300 Xen. Hell. VII, 4, 22, 33-36 ; VII, 5, 3; Diod. XV, 62, 67 ; Hesych. s. v. iuaporixoï. — 301 Aristot. Polit. VII, (6) 8 (p. 191, 23 sqq.). — 302 Herodot. IX, 69; Suid. s. v. lmtàpxou idvaS; Hermès, VII!, p. 432. — 303 Larfeld, Sylloge inscr. boeot. n°* 66-68. — 304 Ibid. 50 a. — 305 Bull, de corr. hell. VIII, 413.

— 306 Xen. Hell. VII, 4, 19 ; Plut. Philop , .7. — 307 Cauer, Delectus, n° 456 ; Dittenberger, Sylloge inscr. gr. n° 317. — 308 Suid. s. v. tiririp^ou «îvo;.

— 309 Bœckh, Corp. inscr. gr. 3658. — 310 Corp. viser, att. II, 88; Mitth. des deutsch. Instit. in Athen, II, 201. — 311 Tit. Liv. XXXII, 10. — 312 Aristot. Polit.

VII, (6) 8 (p. 191, 23). — 313 Rev. archêol. 1875, t. XXX, p. 93. — 314 Larfeld, Sylloge inscr. bœot. n° 319. — 315 Ibid. 11. — 316 Ibid. 66 et 72. — 317 Ibid. 50 a. — 318 Xen. Anab. IV, 2, 28; 3, 22 ; 8, 8; Larfeld, Sylloge , 184. — 319 Xen. Cyrop. VI, 1, 27 ; 2, 8; Smith et Porcher, History of recent discoveries at Cyrene , n° 6. — 320 Aristot. Polit. VII, (6) 8 (p. 191, 23 sqq.); cf. Gilbert, Gr. Staatsalterth. II, p. 330. — 321 Aristot. I. I. — 322 Xen. Hell. V, 2, 25-32; 4, 8; Plut. Pelop. 7; Demetr. 39; De gen. Socrat. 33; Larfeld, Sylloge inscr. bœot. nos 13-31, 144 sqq., 170-184; Mitth. d. deutsch. Instit. in Athen, VII, 355 ; Bull, de corr. hell.

VIII, 413. — 323 Bull, de corr. hell. 11, 96. — 324 Polem. Fr. 58 b (Müller, Fr. hist. gr. III, 133). — 325 Thuc. V, 47. — 326 Polyb. IV, 79. — 327 Dittenberger, Sylloge inscr. gr. n° 388, l. 164. — 328 Vischer, Kleine Schriften, II, 46. — 329 Bœckh, Corp. inscr.gr. 1797. — 330 Polyb. IV, 18. — 331 Dittenberger, Sylloge inscr. gr. n° 77, l. 44. — 332 Corp. inscr. ait. II, 88; Mitth. d. deutsch. Inst, in Athen, II, 201.

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tant, non seulement à Athènes, mais encore à Ërétrie 333, et à Paros33’. Partout les polémarques et les stratèges, en dehors de leur rôle militaire, avaient d’importantes attributions politiques 335.

Outre les armées particulières des différentes cités, les écrivains et les documents épigraphiques mentionnent souvent des armées fédérales. Ces armées fédérales se classent d elles-mêmes en deux catégories très distinctes.

tantôt il s agit simplement de contingents alliés qui viennent s ajouter aux troupes d’un État plus puissant, tout en gardant leur organisation propre et leurs cadres. C’est ainsi qu’aux temps de l’hégémonie lacédémonienne les contingents de la plupart des cités du Péloponèse étaient placés sous le commandement des rois de Sparte330. C’est ainsi encore qu’au v° et au ive siècle les armées d’Athènes comprenaient le plus souvent un assez grand nombre de troupes auxiliaires 337. Mais c’est là, malgré tout, un fait accidentel, qui s’explique par l’hégémonie passagère des deux cités et qui ne modifie guère la physionomie de leurs armées. Sauf pour ce qui concernait la haute direction des opérations militaires, c’était une simple juxtaposition d'éléments dissemblables.'

Tantôt, au contraire, il s’agit de véritables armées fédérales, aux cadres fixes et uniformes, recrutées régulièrement sur tout le territoire d’une confédération permanente. Une organisation de ce genre a existé en Thessalie 338, en Ëpire 339, en Béotie 340, en Étoffe341, en Acarnanie 343, en Phocide 343, en Arcadie 344, en Achaïe 346. Dans chacun de ces pays, l’armée fédérale se composait des contingents fournis, d’après la même loi de recrutement, par toutes les villes de 1 alliance. L’organisation militaire était d ailleurs à peu près la même que dans les cités indépendantes. La seule différence essentielle était qu ici 1 État avait une base plus large. Chaque ville nommai t les officiers de ses contingents particuliers ; mais l’ensemble des troupes était commandé par le premier magistrat de la ligue, ordinairement un <7Tpax7]ydç 34°.

Quelques-unes de ces armées fédérales méritent une attention particulière : d’abord, à cause de leur importance numérique et du rôle qu’à un moment donné elles ont joué dans l’histoire hellénique; ensuite, à cause de l’époque où elles se sont complètement organisées ou réorganisées. En effet, elles ne se sont développées qu’après le temps de l’hégémonie d’Athènes et de Sparte.

333 Hermipp. Fr. 36 (Muller, Fragm. hist. gr. III, 44); Dittenberger, Sylloge inscr. gr. 201. - 334 Boeckli, Corp. inscr. gr. 2374 e, 2373, 2378 b, 2379.

— 335 Time. VI, 41 ; Xen. Bell. V, 2, 90; Aristot. Polit. VII, (6), 8 (’p 191 27 sqq.) ; Polyb. IV, 18; Rev. arch. 1875, XXX, p. 93; Larfeld, Sylloge inscr. hœot. n°* 7, 16, 22-24, 33, 40, 46; Bœekh, Corp. inscr.gr. 3641 b ; Dittenberger, Sylloge inscr. gr. n” 348 ; Gilbert, Griech. Staatsalterthümer, II’ p. 330.

— 336 Herodot. V, 74-75; VII, 145, 148, 172, 175-177; IX, 106; Thuc i’ 18 87 102,119,125 ; II, 10, 75; III, 15-16; IV, 118; V, 17, 36, 54-57, 77-79 ; VII,’ 18 ’ Xeu. Bell. 111, 5, 7; V, 1, 33 ; 2, 20-22 ; 2, 37 ; 4, 36-37; VII, 2, 3 ; Diod. XI, 3 ;’

XV, 31; Plut. Aristid. 21; Bœekh, Corp. inscr. gr. 1511. Cf. Busolt, Die Lattedaimonier und ihre Bundesgenossen, 1878 ; Gilbert, Griech. Staatsallerth I p. 87 sqq. — 337 Thuc. II, 9; IV, 42, 53-54 ; V, 2; VI, 43 ; VII, 17, 20 ; Diod. XIV,’

M’ 94i XV, 28-30; Corp. inscr. att. IV, 27 a, 61 0; II, 17-19, 23 sqq,, 49 J ■ Mitth. d. deutsch. Instit. in Athen, II, 138 sqq. Cf. Guiraud, De la condition des alliés dans la première Confédération athénienne (Ann. de la Fac. de Bordeaux ,

5“ année) ; Busolt, Die zweite athen. Bund ( Jahrburch far class. Phil. Supplem. VII,

P- 670 sqq.) ; Gilbert, Griech. Staatsalterth. I, p. 408 sqq. — 338 Herod. V, 63 ; Thuc.I, 111; Xen. Bell. VI, 1, 4; Diod. XV, 30. — 339 p0Iyb. IV, 30; Tit. Liv! XXXII, 10; Carapanos, Dodone, 53 (n» 7), 58 (n” 13), 60 (n° 14). —310 Herod. IX 15 et 69 ; Thuc. II, 2; IV, 72 et 91; Xeu. Bell. III, 4,4; V, 2, 30; Diod. XV, 53; Blut. Pelop. 7. — 341 Polyb. 11, 2; IV, 3, 25-27 , 67 , 79. — 342 Thuc. 111, 107’ 109-111 ; Polyb. V, 6. — 343 Diod. XVI, 24, 27, 31-32, 35-38, 56 ; Paus. X, 1, 8 ;’ Mitth. d. deutsch. Instit. in Athen , III, 22 ; Wescher-Foucart, Inscr. de Delphes 35-53, 82, 122, 128, etc. — 344 Xen. Bell. VI, 5, 12 ; VII, 3, 1 ; 4, 22; 4, 33-36;’ Diod. XV, 62, 67. - 345 Polyb. II, 37; IV, 7; 14-15, 60 ; V, 91. - 346

Elles ont profité des exemples donnés par ces deux grandes cités; elles ont profité aussi des progrès réalisés dans 1 art de la guerre, et marquent un pas en avant dans 1 histoire militaire de l’antiquité. Telles sont surtout les armées fédérales de l’Étoffe, de l’Achaïe, de la Thessalie et de la Béotie.

Les Ëtoliens, qui ont pendant assez longtemps dominé toute la Grèce centrale 347, ont eu certainement une forte organisation militaire. Mais nous la connaissons mal. Jusqu au ive siècle, 1 armée étolienne paraît n’avoir compris que des corps de troupes légères, surtout des lanceurs de javelots (axovrcaTaî 348). Beaucoup de gens du pays allaient même servir à l’étranger, comme mercenaires3’9. Plus tard, quand les Ëtoliens se montrèrent en conquérants hors de leur territoire, ils avaient, de plus, comme tous les États grecs, une grosse infanterie, et meme une excellente cavalerie 350. Aux contingents de l’Étoffe proprement dite s’ajoutèrent ceux d’une foule de cités grecques incorporées dans la ligue 3S1. Les corps de cavaliers étaient placés sous la direction générale d un hipparque (iWap^oç 353). Le commandant en chef de 1 armée était le stratège (crpaT-rjydç) de la Confédération353, qui, par un édit, ordonnait les levées d’hommes 354.

Nous sommes mieux renseignés sur la composition de l’armée achéenne. Elle comprenait à la fois des mercenaires et des milices nationales 355. Dans toutes les villes qui faisaient partie de la Confédération, c’est-à-dire, à certaines époques, dans presque tout le Péloponèse 356, les citoyens étaient astreints au service personnel d’après les mêmes lois de recrutement 357 ; les hommes de plus de trente ans formaient une sorte de réserve pour la défense du territoire 368. Un décret de l’assemblée fédérale ordonnait l’appel des classes 350. Sans compter les mercenaires, les Achéens pouvaient mettre sur pied jusqu à 30000 ou 40000 hommes 360. Le premier magistrat de la ligue, le qxpaTYiydç, élu annuellement, présidait a 1 enrôlement 30t, et commandait en chef l’armée commune 3G“. Il était assisté d’un hipparque fédéral (iWap^oç), qui dirigeait toute la cavalerie 363. Les contingents' de chaque cité, fantassins (TteÇoi ) et cavaliers (t7T7teTç), étaient conduits par un ÔTr&ffTpâTYiyoç 364, assisté de Xo^ayoî365 pour l’infanterie et d’autres officiers (ol x«à irdXstq SPZovteç) 366 pour la cavalerie. Quelquefois on réunissait sous l’autorité d’un seul hypostratège les contingents de plu-

. “ ■ i •«» i-*i , ou uiuim roiyn. il .

g,’ IV’ Vh M 1 e“Af aïev(Polj’b- IV’ 7’ 14 ■' XVI1' 3«) i ea Acarnanie (Polyb. V, 6 ; en Phoc.de (Diod. XVI, 24, 31-38; Wescher-Foucart, Inscr. de Delphes , 35-52) ; en Arcad.e (Xen. Bell. VII, 3, i). - 347 Deœosth. IX, 34; Polvb II

46 ’ n3:6' 2*’ 45' 63i IX' 3*: XV> -3 ; XVIII, 3; XX, 4-5; XXII, 8-9- strab!

p. 427; Diod. XIX, 66; XX, 20, 99; Fiat. Demetr. 40 ; Aral. 16 ; Pans X «0 3-4- 21, 1; 38, 4; Bœekh, Corp. inscr. gr. 2350; Corp. inscr. att. II, 323 ; Wes’cher- Foncart, Inscr. de Delphes , n- 223 sqq., 312 sqq., 386 sqq.; Bull, de corr. hell V, 305 sqq., «0 q 421 Cf. Brandstater, Geschichte de, aitolische landes, Vol kes und Bandes , 18 .4 ; Dubois, Les ligues étolienne et achéenne, 1885; Gilbert

“t a^xxuïT:1!::^- r vi- *• *

Graecia erat. - 351 p0lyb. IV, 3, 6 ; 25, 7 ; XVIII, 3, 12; 47 9?

Paus. X, 21, 1. 352 Polyb. XXI, 32; XXII, 13 ; Tit. Liv. XXXVIII n r„„ ’ Deleclus, 239; Bull, de corr. hell. VI, p. 461. 353 PoIyb. H, \ ■ IV) 3, 6à’

69; XXI, 32; Tit. Liv. XXXV, 25; Bœekh, Corp. inscr. gr. 2350,’ 3046; Corp’ inscr. att. U , 323 ; Philoh ogus, IV, 237 sqq.; Bull, de corr. hèll. V.p.aoî 375 sqq. - 3=. Polyb. II, 2; IV, 67; Tit. Liv. XXXVIII, 4. - 355 Polyb W 37

81 D'h 7 356 POly,b’ 37; Cf' Weiaert’ Die “A- Bundesverfassung, 1581 , Dubois, Les ligues etohenne et achéenne, 1885. - 357 p0lvb II 37- IV 7

16 . 358 Id. IV, 9; XXIX, 9, 24; XL, 3; Plut. Philop. 21. - 359 Polyb.’ V ’

- “r°'yb;„X"X’7 - 3M Id’ IV- 7- «i XVU, 36; XXVIII ,0

Id. IV, 7, 1a; XVII. 36; Tit. Liv. XXXV, 25. — 363 p0Iyb V 95 • X 2«-

YYYIY^’ ^DiUeuberger, Sylloge inscr. gr. 178. 364 Polyb. IV, 59 ; V, 94.

, 9-11 ; XL, 2-5; Plut. Aral. 29.— 365 Plut. Arat. 29. — 366 Polyb. X 23

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sieurs villes secondaires 307. Les ’EtuXsxtoi, que mentionne Polybe, formaient sans doute un corps d’élite 308. L’armée fédérale des Achéens, déjà fortement constituée par Aratos, fut réorganisée par Philopoemen et joua un rôle considérable dans l’histoire du temps 309.

La lhessalie, suivant de vieilles traditions, aurait eu, dès le vne siècle, une armée fédérale. C’est au premier chef commun de la ligue de Larissa, au vayo; Aleuas le Rouge, qu’on attribuait cette organisation militaire 37°. Pour assurer le recrutement, il consacra l'antique division naturelle de la contrée en quatre provinces. Deux de ces tétrarchies (xeTpap^t'ou), la Pélasgiotide et la Thessaliotide, qui relevaient directement du xotvo'v, furent partagées en districts dont chacun fournissait 40 cavaliers et 80 hoplites371. Les deux autres tétrarchies, la Phthiotide et l'IIestiaeotide, qui étaient habitées par des populations tributaires (7i£pt'otxoi), servirent surtout à recruter l’infanterie légère372. Souvent l’armée fédérale se grossit encore de troupes auxiliaires fournies par d autres peuplades sujettes (uu^xooi) ou alliées (<rup.p.ayot) qui étaient cantonnées dans les monts de la Magnésie, dans le Pinde, dans la vallée du Sperchios ou sur les pentes de l’OEta 373. L’armée thessalienne suivit naturellement les destinées de la Confédération. Aux époques de concentration politique, elle avait toujours pour chef le rayo;, sorte de dictateur militaire élu pour un temps indéterminé 374. A la fin du vi° siècle, nous la voyons intervenir dans les affaires de la Grèce : lors de l’expédition des Spartiates contre l’Attique, les Thessaliens, en vertu du traité conclu par leur xoivdv avec les Pisistratides, envoyèrent au secours d’Athènes un corps de mille cavaliers sous le commandement de leur xayo; Cinéas37".

A partir de cette époque, on constate souvent à Athènes la présence d’un escadron thessalien 370. En effet, la Confédération de Larissa avait une cavalerie renommée 377 : à elle seule, en 454, cette cavalerie, sous les murs de Pharsale, put repousser une armée d’Alhéniens, de Béotiens et de Phocidiens qui voulaient rétablir de force l’autorité du -rayoç Orestès 378. Au iv° siècle, l’armée thessalienne fut quelques années la plus puissante de Grèce. En même temps qu’ils transformaient la rayei'a en une espèce de dictature héréditaire 379, les tyrans de Phères faisaient revivre les vieux règlements d’Alouas et enrôlaient pour leur compte les contingents de toutes les villes de la ligue comme des populations tributaires. Xénophon nous dit que le xotvo'v de Larissa pouvait aisément mettre en campagne 6000 cavaliers et plus de 10000 hoplites 380. En engageant de plus une foule de mercenaires381, Jason put réunir 8000 cavaliers, 20000 hoplites et d’innombrables corps de peltastes 382 : aucun Etat ne pouvait

367 Polyb. IV, 59 ; XL, 2. — 368 IJ. XVI, 37 , 2. — 369 ld. X, 22-24; XI, 9-12 ; Plut. Philop. 4 et 9-11; Paus. VIII, 50; T. Liv. XXXV, 28. — 370 Aristot. Koivi; etntilî. hoXiteIiz (Miiller, Fragm. hist. gr. II, p. 151); Xeu. Bell. VI, 1, 9; Strab. p. 430 ; Harpocr. s. v. tetpap^ta. — 371 Aristot. I. I. ; Scliol. Vatican, ad Eurip. Bhes. 307. — 372 Xen. Bell. VI, 1, 12 sqq. — 373 Thuc. II, 101 ; IV, 78; VIII, 3; Xen. Bell. VI, 1, 9 et 19; Plut. Pelop. 33; Mitth. d. deutsch. Inst, in Athen , II, p. 201. — 374 Cf. Monceaux, Fastes éponymiques de la ligue thessalienne, p. 6 sqq. (Rev. archéol. 1888-1889). — 375 Herod. V, 63. — 376 Thuc. I, 102, 107; II, 22; Aristot. Athen. polit. 19; Paus. I, 29 , 6. — 377 Herodot, Vil, 196; Plat. Menex. 70 A; Bipp. Maj. 284 A; Leg. I, p. 625 D. — 378 Thuc. I, 111. — 379 Xen. Bell. II, 3, 4; IV, 3, 3; VI. 1, 4 sqq.; 4, 28 sqq.; Diod. XIV, 82;

XV 30. — 380 Xen. Bell . VI, 1, 4 : ozay tayEviritai ©ETtalla, et; tl;axt<rgU{ou{ jxèv oi ïtüueOovxe; ytyvovtai, oitlttou Si iï7.eEouç rj [AÛpioi xodhvtavtai. — 381 Xen. Bell. VI, 1,

4. 4. 28. 382 Ibid. Cf. Diod. XV, 30 sqq. ; 61 sqq. — 383 Xen. Bell. VI, 4, 33-

34 ; plut. Pelop. 25-26 et 35; Diod. XV, 67-80. — 384 Corp. inscr. ait. II, 88; Mitth. d. deutsch. Inst, in Athen, II, p. 201 sqq. — 388 Xen. Bell. VI, 4, 37.

386 Demosth. VI, 22; IX, 26; XIX, 260; Diod. XVI, 14, 37-38, 52. — 387 Polyb. '

alors lui opposer des forces égales. Entre les années 364 et 360 se place un intéressant épisode dans l’histoire militaire de la Thessalie. Les Thébains, après plusieurs campagnes , avaient réussi à ruiner la puissance d’Alexandre de Phères 383. Les Thessaliens en profitèrent pour reconstituer leur xotvov et leur armée fédérale. Pour cela ils prirent comme modèle l’organisation militaire de la Béotie. Les contingents des quatre tétrarchies (TETpâç) furent commandés par quatre TtoXégap^ot, dont chacun avait sous ses ordres des officiers d’infanterie appelés TTsÇapj^ot. La cavalerie commune était conduite par des iWap/oi. Le chef suprême de l’armée était l’ap^uv, héritier des rayot et président de la confédération384. Cette nouvelle organisation ne dura guère. Dès l’année 360, Alexandre de Phères avait recouvré son autorité sur tout le pays et rétabli la dictature héréditaire 383. Ce ne fut pas non plus pour longtemps. En 353, le dernier xayo'ç, Lycophron de Phères, en se mêlant à la guerre de Phocide, fournit à Philippe de Macédoine un prétexte pour intervenir et causa la ruine de l’indépendance thessalienne 3S0. L’armée fédérale ne devait être vraiment reconstituée qu’un siècle et demi plus tard, après la victoire de Cynoscéphales qui rendit au pays une apparente autonomie 387. Les contingents thessaliens, commandés par le GTparrjyo'ç de la ligue nouvelle, sont mentionnés assez souvent dans les guerres des deux premiers siècles avant notre ère 388, mais l’armée de la confédération thessalienne n’a véritablement compté dans l’histoire qu’à l’époque des tyrans de Phères.

De toutes les armées fédérales, la plus intéressante et la mieux connue de nous est, sans contredit, l’armée béotienne. On sait qu’à plusieurs reprises, dès le vie siècle, mais surtout au Ve et au ive, Thèbes a établi solidement son hégémonie sur presque toutes les cités voisines389. Mais elle légitimait en apparence sa domination en les faisant entrer de gré ou de force dans la ligue béotienne 390. Tous les États membres de la confédération devaient laisser enrôler tous leurs contingents dans l’armée commune. Aussi l’organisation militaire étaitelle la même dans toutes les cités de Béotie, et dans les villes voisines que le hasard de la guerre avait fait annexer à la ligue391. A vingt ans (fixatif étieç)392, en sortant de l’éphébie (éü ètpV)6(ov) 393, tous les jeunes gens du pays étaient inscrits sur des registres militaires: des catalogues de ce genre ont été trouvés à Acraephia 394, Chéronée 396,Chorsia 396, Hyettos397, Kopae 398, Lébadée399, Orchomène 400,Thespies401, même dans les ruines d’Ægosthènes et de Mégare, qui ont fait partie quelque temps de la confédération béotienne 402. Ordinairement, ces jeunes soldats de vingt ans étaient d’abord armés à la

XVIII, 29, 5 ; 30, 6-7 ; Tit. Liv. XXXIII, 34. - 388 Tit. Liv. XXXV, 39 ; XXXVI, 9 ; XLII, 54 ; Caes. De bell. cio. III, 35, 2 ; 80, I ; cf. Monceaux, Fastes éponym. de la ligue thessal. p. 32 sqq. — 389 Herodot. V, 79; VI, 108 : Thuc. II, 2; III, 61, 65; Xen. Bell. IV, 8, 15; V, 4, 63; V, 1, 1 ; 3, 9; Isocr. XIV, 35; Diod. XI, 81; Plut. Ages. 28. — 390 Herodot. VI, 108; Thuc. III, 55, 61, 68; Xen. Bell. VI, 3. 19; Isocr. XIV, 8; Aescb. Ctesiph. 142; Diod. XV, 38, 50, 80 ; XVI, 85. Cf. Kopp, Bistoria reipublicae Boeotorum, Groningen, 1836; Preuss, Quaestiones boeoticae. Leipzig, 1879; Liman, Foederis boeotici insiituta, Greifswald, 1882; Gilbert, Griech. Staatsalterthümer, II, p. 45 sqq. —391 Polyb. XX, 6; Larfeld, Sylloge inscr. boeot. Appendice, 3-11 et 34. — 392 Larfeld, Sylloge, 67-68 et 153 : fixatifl-m; 4iEEYfi4av9o. — 393 Ibid. 185 : U lo/,8o,v èjj. - i-.Tott-ft; ; 251-252 : i« TÎv ÈviiSuiv Et; tAyieoi. Cf. Appendice, 3-11 et 34. Voyez aussi Mitth. d. deutsch. Inst, in Athen, IX, 10. — 384 Larfeld, Sylloge, 185; Mitth. d. deutsch. Inst, ni Athen, IX, 10. — 395 Mitth. d. deutsch. Inst, in Athen , VII, 353. -- 396 Larfeld, O. I. 189-190. — 397 Ibid. 144 sqq. ; 153. — 398 Ib 169 sqq. — 393 1b. 66-07. — 400 Ib. 13-22 : toi itpôito loTîoTEuàtq. — V01 Ib. 23-, 251-252. - 4o2 Ib. Appendice, 3-11 et 34.

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légère et enrôlés dans des corps de peltastes (*sWd- Pï!)4°J' Orques années plus tard, ils passaient dans les compagnies d’hoplites ou dans les escadrons de cavalerie404. L’armée béotienne comprenait :

l°Une grosse infanterie d’hoplites (ôirXfrai), divisée en un assez grand nombre de compagnies (Xôyoi) 406 crue dirigeaient des loXccyo(™. Tous les UXot recrutés’dans une meme ville formaient des divisions que commandaient des 407.

2° De nombreux corps de troupes légères (J,d0() où I on enrôlait les jeunes citoyens, des métèques et des mercenaires408. Cette infanterie légère, que dirigeaient des officiers particuliers400, était composée de peltastes (TcsAToipopai) *10, d archers («paperptou, routât) 411 et de fron- (.leurs ((Kpevoovarat) 412.

3 Une puissante cavalerie (mnêroa, iTntscç) recrutée dans les plus riches classes de la population4'0. Les contingents de chaque cité étaient groupés en une division commandée par un iWa?Zoç4'4. Chaque division de cavalerie se composait de plusieurs escadrons (U«) que dirigeaient des ’iXapZo(41£i.

-i Un corps d élite, qui paraît avoir toujours compris trois cents hommes. Au v siècle, cette compagnie se recrutait sans doute dans toutes les villes béotiennes ; on a désignait sous le nom très caractéristique de yjvîo/ot xai Trapaêâxat, qui rappelait la tradition héroïque des combats de char410. Au ive siècle, le corps d’élite de 1 armée béotienne était le Bataillon sacré (cW A<W), qui fut organisé en 379 après la délivrance de Thèbes et qui se composait de trois cents Thébains417.

Les commandants en chef de cette armée fédérale étaient les principaux magistrats de la ligue, les béotarques (potioTctpy ai) , dont le nombre varia suivant les époques et dont le collège se renouvelait chaque année 418. A l’origine, tous les béotarques dirigeaient ensemble les troupes et commandaient à tour de rôle410. Mais plus tard on n’envoyait à l’armée que quelques-uns d’entre eux Au ni» siècle, quoique l’on continuât de nommer des beotarques 421 , le commandement suprême des troupes appartenait à un stratège unique (<jTpaT7)ydç) 422.

L’armée béotienne, qui avait déjà figuré avec honneur dans la guerre du Péloponèse 423, prit une importance exceptionnelle dans la première moitié du iv° siècle.

A Leuctres, elle renversa pour toujours l’hégémonie Spartiate; entre les mains d’Épaminondas, qui imagina une nouvelle disposition de la phalange et un nouvel ordre de bataille, elle contribua plus que toute autre à changer les conditions de la guerre et à créer une véritable tactique 424 [phalanx].

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