VI. Troupes mercenaires. — Les armées grecques
jusqu à la fin du v° siècle, étaient avant tout des milices nationales. Aussi est-ce un fait capital dans l’histoire militaire des Hellènes que l’importance toute nouvelle et le rôle prépondérant des mercenaires (pLt<r©o<pôpot) de^ puis les premières années du ive siècle.
Ce n est pas que depuis bien longtemps il n’y eût des mercenaires dans les armées. Dès le vie siècle, des rois, des tyrans avaient imaginé d’enrôler des aventuriers étrangers pour s’en faire une garde du corps : tels furent les Argiens de Pisistrate à Athènes 425, les mercenaires de Polycrate à Samos 42«, les Ioniens et les Cariens au service des rois d’Égypte 427. En Sicile, les troupes légères et la garde des tyrans étaient presque entièrement composées de soldats d aventure : Gélon, et plus tard Denys, avaient au moins 10000 mercenaires428. A l’exemple des tyrans et des rois, la plupart des cités avaient pris peu a peu 1 habitude d’engager à prix d’argent des étrangers pour recruter leurs corps de troupes légères. Athènes avait ses archers scvthes420, Sparte même se servait, à I occasion, de troupes mercenaires430 ; et Xénophon mentionne dans l’armée lacédémonienne des ?évwv CTp«TiapXot43'. Pendant la guerre du Péloponèse, qui décima les milices nationales de presque tous les États, on voit augmenter beaucoup la proportion des mercenaires. Dès les premières années de la lutte, les Corinthiens envoyèrent à Potidée des soldats enrôlés à prix <1 argent ,32. A Sphactérie, Cléon emmena des peltastes thraces et des archers433. Dans l’armée de Brasidas en Chalcidique, il n’y avait guère que des hilotes et des aventuriers 434. Pour leur expédition en Sicile, les Athéniens engagèrent des archers crétois, des frondeurs rhodiens, des Arcadiens, des Ëtoliens, des Acarnaniens des lapygiens435. A cette époque, la plupart des États avaient a leur service quelques corps de mercenaires430.
L expédition des Dix-Mille présenta ce spectacle nouveau : une armée entièrement composée de mercenaires la plupart arcadiens ou achéens 437. L’exemple ne fut pas perdu. Sparte recueillit les débris de l’armée de Cyrus le Jeune; et c’est surtout avec des soldats d’aventure qu’Agésilas put guerroyer en Asie Mineure pendant plusieurs années438. C’est avec des troupes du même genre que Conon rétablit la fortune d’Athènes430 Les Athéniens prirent à leur service cette armée de Conon, qui fut commandée successivement par Iphicrate et Chabrias 140. Pendant la guerre de Corinthe, il n’y avait souvent que des aventuriers en présence441. On trouve aussi beaucoup de mercenaires dans l’armée béotienne4*-, et 6000 au moins dans celle de Jason 443 Depuis le milieu du iv* siècle, les jiwOofiSpo. tiennent une place tout à fait prépondérante dans les troupes de tous
403 J-arfeld. O. L, 1 44 sqq., 170 sqq., 185-190; Appendice, 4-5. — 404 /J. 237 ■ ,oli
; 4* T 7 ixX'T' A iv T“; 169 : T0f I*
~ , lUuc- IV' 9I- - 400 X“- Bell. V, 2, 30; Larfeld, Sylloge, 169. - 407 Xen. ° ' ’ 2’ 23”32’ rlut- Pelop. 7; Demetr. 39; De gen. Socrat. 33; Larleld
■ c. 13-33, 144 sqq., 184; Appendice, 1-2,34; Millh. des deutsch. Inslit. in e>1' Vif, 355; Bull, de corresp. hell. VIII, 413. — 408 Thuc. IV, 93-94; V, o/. 409 Larfeld, Sylloge , 184. — 410 Jbid. 144 sqq., 170 sqq., 185-190-
Appe ndice, 4-5. *11 Jb. 184. - 413 U. 413 Diod. XV, 79; Larfeld, O. a. Il’
’ 7 7‘ ~ 414 H'fodot. IX, 69; Thuc. IV, 72; Polyb. XX, 5; Larfeld, O. c. Soi WHS8, 237; Bull, de corr. hell. VIII, 413; Hermès, VIII, 431 sqq. - 415 Larfeld’ C- S0’ 66' 316- -'“6 Diod. XII, 70. -417 Plut. Pelop. 18; Atheu. XIIl’ P- 0 r; cf. Kreenen, Cohortis sacrae apud Thebanos historia, Arnlieim, 1837.
18 Heroijot. IX, 15; Thuc. II, 2; IV, 91; V, 37-38; Xcn. Bell. III 4 4- Aeschm. Ctesiph. 145-151; Diod. XV, 52-53 ; Plut. Pelop. 13-14, 24-25; Ag’es. U-, ■lus. IX, 13, 6-7; 14. 5; Larfeld, Sylloge, 316-317. - 419 Thuc. IV, 91; Diod' AV. 53; Paus. IX, 13, 6-7. - 420 plut. Pelop. 29; Diod. XV, 62 ; Paus. X, 20, 3.
-421 Polyb. XVIII, 43 (26); Paus. VII, 14, 6; X, 20 3- Bœckh ■
s* sr*
III. 39. 45. - 427 Id II, 163; III, 428 Herodot VII 158 n- 7 “ Her0d0t’
- 431 Xen. Lac. polit. XIII, 4. 432 Thuc. I, 60. - 433 Id IV • i , .
'Ta/ u|r,0“ ,a'1 ÎU°9t'' THçaxoclouî.’ 434 ThuVlV M1
-43« Id. VI, 43; VII, 57. 436 Id. iv, 52, 76; VI, 43- /il 19 57 437 V Anab. I, 1, 9 sqq.; I, 2, 1 sqq. 438 Id. Hell. III, 4, 20 ■ IV l’»|‘2 5 1 Sqq. — 439 Harpocr. s. v. Çevtxàv Èv KoP(v8«u — 440 Ibid (T A ! \ ’d/
et Schol. ; Demos, h. PhiUpp. I, 24. - 4?4, Xeu. Bell ^ “ïuî fa s U
Dell'. vî,t7“l 1V’ 93 : LarreId’ Sy,t°9e i,lSa' ■ b0e0t- ^ 1 443
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les États grecs : les Phocidiens, pendant la guerre Sacrée, appelèrent à eux tous les aventuriers, qu’ils payaient avec les dépouilles du temple de Delphes ; Athènes, dans ses luttes contre Philippe, enrôla jusqu’à 1 7 000 mercenaires ; il y en eut de 6000 à 10 000 dans les troupes de secours envoyées à Olynthe, environ 17 000 au service de la confédération que brisa Philippe à Chéronée, 10000 sous les ordres d’Agis en 330, 10000 encore dans la guerre Lamiaque444. Déjà Isocrate se plaignait de ne plus voir dans les armées que des aventuriers et des vagabonds445. Enfin Démosthène, dans sa Première Philippique, demandait aux Athéniens, comme une preuve de grand patriotisme, de fournir eux-mêmes, pour la composition de l’armée, 500 hoplites sur 2000, et 50 cavaliers sur 200, c’est-à-dire que les soldats citoyens devaient représenter seulement un quart de l’effectif total446.
Les mercenaires étaient quelquefois équipés en hoplites : c’est ce que l’on constate, par exemple, dans l’armée recrutée pour le compte de Cyrus le Jeune441 et, plus tard, même dans les armées de Sparte et d’Athènes449. C’était pourtant là l’exception. Ordinairement, ils étaient équipés à la légère. Ils n’avaient pas d’armes défensives, quelquefois seulement le petit bouclier de peltaste 449. Ce qui les caractérisait et les distinguait les uns des autres, c’étaient leurs armes offensives, dont ils se servaient surtout pour combattre de loin. A cet égard, les contingents de mercenaires se classaient d’eux-mêmes en trois groupes :
1° Les archers (toutou). Ils portaient l’arc (xo'çov), le carquois (cpaperpa) en cuir ou en jonc tressé, suspendu au côté gauche par une courroie qui tombait de l’épaule. Chaque homme avait toujours avec lui une provision de 12 à 15 flèches (xo^upara) , qu’on pouvait lancer à 100 pas 450 [arcus, sagittariüs].
2° Les frondeurs (<7cpev8ovr|xai). Ils emportaient partout une poche à projectiles (oi^pa). Avec leur fronde (xtpsvôo'vT)) munie de brides, ils pouvaient lancer une pierre à 50 pas, une balle de plomb (goAufmç) à 100 pas451 [fonda, funditor].
3° Les lanceurs de javelots (àxovxisxat). Le javelot (àxovxtov), long d’un mètre et demi à deux mètres, était muni d’une courroie (àyxûXv), [aeœxyxuXov), au moyen de laquelle on imprimait un mouvement rotatoire. Le javelot portait à 40 pas462 [jaculum, amentum].
Certains pays étaient renommés pour l’habileté à manier telle ou telle arme de jet. C’est là surtout qu’on allait recruter les différents corps de troupes légères. On estimait principalement les archers de Crète 463 et de Scythie 464 ; les frondeurs de Rhodes 456, d’Achaïe 456, d’Acarnanie457, d’Ëlide 458 et de Thessalie 469 ; les acontistes d’Ëtolie 460, d’Acarnanie461, d’Arcadie463, de Thessalie463 et de Thrace 464.
444 Demosth. De fais. leg. 236; De coron. 237; Aeschin. Clesiph. 146; Dinarch. I, 34; Philochor. Fragm. 132 (Millier); Diod. XVII, 62; XVIII, H. — 415 Isocr. V, 96 ; VIII, 44. — 446 Demosth. Philipp. I, 21 sqq. — 447 Xeu. Anab. I, 2, 3 sqq. ; 2, 16; 3, 6 ; IV, 1, 27; V, 10, 16. — 448 Xen. Dell. IV, 2, 5; Demosth. Philipp. I, 21 sqq. —419 Xeu. Anab. V, 2, 29. — 4* Herodot. VII, 69, 90; Xen. Anab. III, 2, 37 ; 3, 7 ; 3, 13; 4, 16-17; IV, 2, 28-29; 3, 18; 3, 28; V, 2, 12; Athen. p. 424; Ammian. XXII, 8, 37; cf. II. Droysen, Griech. Kriegsalterth. p. 19-20. — 451 Xen. Anab. III, 3, 10; 4, 16-17; IV, 3, 18; Tit. Liv. XXXVIII, 29; cf. H. Droysen O. I. p. 20-21.
— 462 Xen. Anab. IV, 2, 28; 3, 28; V, 2, 12; Diod. XIV, 27; cf. H. Droysen, o. i. p. 17-18 et 22. — 453 Thuc. Il, 9; VII, 57; Xen. Dell. IV, 2, 16; Anab. 1, 2, 9 ; III, 3,7; 3, 15; IV, 2, 28. — 454 Aristoph. Acharn. 54 et Schol .; Phot. s. u, -roi™!. — 456 Thuc. VI, 43 ; Xen. Anab. III, 3, 16-17 ; 4, 16. — *66 Tit. Liv. XXXVIII, 29. 457 Thuc. II, 81 ; VII, 31; Xen. Dell. IV, 6, 7. — 458 Xen. Dell. IV, 2, 16.
— 459 Diod. XV, 85. — 460 Thuc. III, 94-95. — 461 Id. VII, 31. — 462 Thuc. III,
Les mercenaires, ainsi armés, ne pouvaient former que des corps auxiliaires. On ne pouvait songer à mettre en face de la grosse infanterie une armée uniquement composée d’archers, de frondeurs et d’acontistes. C’est pour cela que, dans l’armée grecque au service de Cyrus le Jeune, on avait dû équiper la plupart des mercenaires en hoplites465. Mais c’était là forcément une mesure exceptionnelle; car généralement les soldats d’aventure n’avaient pas les moyens de payer un équipement complet. Ce qui fit triompher définitivement l’institution des mercenaires, ce fut une réforme d’Iphicrate. Dans la guerre de Corinthe, ce général eut l’idée de créer, avec ses soldats de rencontre, une troupe intermédiaire entre la grosse infanterie et les compagnies légères: il imagina les corps de peltastes (irsXxaffxod) 466 .
Dès longtemps, il existait en Thrace 467, même en Thessalie 468 et en Locride469, des troupes d’acontistes armés de la iréXTT) [clipeus]. Pendant la guerre du Péloponèse, les Athéniens avaient même eu à leur solde des peltastes thraces470. On en trouve aussi dans l’armée de Cyrus le Jeune471. Mais jusqu’alors on n’avait point songé sérieusement à en tirer parti.
La grande innovation d’Iphicrate fut d’organiser, sur le modèle de la grosse infanterie des hoplites, une autre infanterie, plus légèrement armée, plus facile et moins coûteuse à équiper, capable de rendre à peu près les mêmes services, et pourtant plus souple, plus mobile. Voici la tenue et l’armure d’un peltaste au iv° siècle 472 :
1° La 7téXt7|, petit bouclier en bois ou en osier couvert de cuir, qui avait la forme d’un croissant et était beaucoup moins encombrant que celui des hoplites [clipeus] ;
2° Une cuirasse de lin (XtvoOoôpaî;) ;
3° Des jambières de cuir, plus légères que les cnémides et désignées désormais sous le nom d'iphicralides
(’tytxpariSa;) ;
4° Un javelot (àxo'v-nov) ou une lance (Sôpu); et une épée (l-époç) plus longue que celle des hoplites.
Cette création d’Iphicrate eut pour conséquence de modifier peu à peu la physionomie des armées, même leur composition et les conditions de la guerre. Désormais, aux corps d’hoplites l’on substitua souvent des peltastes. Les citoyens de beaucoup d’États en profitèrent pour se soustraire de plus en plus au service personnel473. Dès lors, il fut possible de mettre régulièrement en campagne des armées uniquement composées de mercenaires : à côté de l’infanterie légère proprement dite, acontistes, archers et frondeurs, les peltastes pouvaient à la rigueur remplir le rôle des hoplites. C’est ainsi qu’il put se former, en dehors des États, des armées complètes et indépendantes, toujours prêtes à servir plus ou moins fidèlement qui pouvait les payer, à
34; VI, 43; VII, 19; Vil, 57; Xen. Hell. VII, I, 23 ; Anab. VI, 2, 10 ; HermipPap. Athen. p. 27; Hesych. s. u. -Ap«àîa;. — 463 Xen. Hell. VI, 1, 4. — 464 Xen. Memor. III, 9, 2. — 466 Xen. Anab. I, 2, 3-6; IV, 1, 27; V, 10, 16. — 466 Xen. Dell. IV, 4, 9; 4, 16; 5, 13; 8, 34; Demosth. Philipp. I, 24; Diod. XV, 44; Ilarpocr. s. v. Etv.nèv tv Kof;v9». — 467 Thuc. II, 9, 79; IV, 28, 123; Aristoph. Acharn. 160; Lysislr. 563; Xen. Afemor. III, 9, 2. — 468 Thuc. IV, 100; Diod. XV, 85.
469 Ibid. — 470 Thuc. IV, 28 ; VII, 27 ; Corp. inscr. ait. I, 54. — 471 Xen.
Anni. I, 2, 9; 8, 5; III, 4, 43; V, 4, 24; VI, 2, 16; VII, 4, 17; Hell. III, 2, “■ 472 Diod. XV, 44 7 ffUVAtX. tftç àffiûiaç xa\ xaTEffXEÛaaE TiÉXta; ffupjAÉipnuî" htl
SôpaTO; xat TOÜ Êtoanç «R Toüvavxlov tï]V piExaûediv Inonrçaato- r.CG.et qàp Ta p£v -SopaTa «.» [aiyéOei, xà Si Ziori r/^tSov S ii^âaia xv.ztaxt(ja<Ji‘ xà.c, Si uuo£éffei; xotç çxpaxituxa-, eùTtûxouç v.a.\ xoütpaç titolt] ut, xàç pié/çt tou vùfv 'Itjuxça-cl Saç àic’ ixcivou yaXoujxévaî-
Corn. Nep. Iphicrat. 1 : ... idem gênas loricarum et pro sertis atque aeneis linteas dédit. — 473 Isocr. Epist. ad Philipp. 96; Demosth. Philipp . I, 20 sqq.
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combattre pour le compte d’une cité, à seconder les coups d’Ëtat474.
Pour recruter une troupe de mercenaires (auXXéystv crpâTsufAcc), on s’adressait ordinairement à des individus qui en faisaient métier, véritables entrepreneurs d enrôlement (IjevoXoyot, ctAXoyeTç) 476. Souvent c’était un homme de guerre renommé, comme ce Cléarque qui recruta une armée pour Cyrus le Jeune416. On remettait à cet aventurier la somme d’argent nécessaire 471, moyennant quoi il se chargeait à forfait d’organiser la troupe demandée 478. Lui -même en devenait le commandant en chef (<jTpaTriydç) 479. Il s’adjoignait un lieutenant général (Û7ro<rTpGCT7]yo;) 480, et choisissait lui-même ses futurs officiers481, taxiarques (xa^ap^ot) 482 ou lochages (Xo^ayol) 483. A chaque officier il appartenait de recruter ses hommes 484. Pour cela, il se rendait généralement dans le pays où il était personnellement connu : là, il appelait à lui tous les aventuriers disponibles, citoyens pauvres, proscrits, affranchis ou barbares 485. Mais il ne pouvait procéder à l’enrôlement qu’avec l’autorisation de l’État sur le territoire duquel il se trouvait486. Quelquefois ce privilège était l’objet d’un acte diplomatique entre deux cités, comme le prouve un curieux traité conclu entre Rhodes et Hiérapytna 487. Souvent aussi le futur officier gagnait simplement un des marchés de mercenaires, dont les plus célèbres se tenaient à Corinthe 488 et au cap Ténare 489. Si l’on désirait d’habiles tireurs, on allait les chercher dans certaines régions où l’on était sûr d’en trouver, en Arcadie 49°, en Crète401, à Rhodes492, en Thrace 493. L’officier recruteur promettait une solde fixe et des frais de subsistance, sans compter les parts de butin 494. Mais les soldats ne s’engageaient que pour un certain temps et pour combattre un ennemi déterminé 495. Chaque Xoyayôi; nommait lui-même son lieutenant (ÛTtoXo^ayoç)496, et ses sous-officiers, pentécontères (luvxTixovxTipeç) 497 et énomotarques (évojjj.oxâpyœt) 498. Au lochage ou au taxiarque de prendre ses mesures pour n’être pas abandonné de ses hommes, pour organiser sa compagnie et la tenir en bon état 499. Au jour fixé, les différentes troupes se rencontraient à un endroit déterminé d’avance pour la concentration (àQpot- Çstv xb (ixpâxeuga)600 ; et parfois l’on accordait des prix aux officiers qui présentaient les plus belles compagnies 601 . Le stratège ou les stratèges (car il y en avait souvent plusieurs) prenaient le commandement, et la campagne commençait (ôpjjcîrjôou, sxpaxetkaQac) 602.
La solde des mercenaires variait naturellement suivant la loi de l’offre et de la demande. En général, chaque homme recevait un darique par mois, ou une drachme environ par jour : soit, à peu près, quatre oboles par jour pour la solde proprement dite (pucSo'ç) et deux oboles pour les frais de subsistance (crtxiripétrtov,
474 Xen. Hell. IV, 2, 5; VII, 1, 44-46; Anab. I, 1, 10-11 ; Demosth. Philipp. I, 19-27; Plut. Timol. 4. — MS Polyb. XV, 25, 16; XXII, 7, 6; Diod. XIV, 44; XVIII,
61 ; XIX, 60 ; fj VIII, 62. — 476 Xen. Anab. 1, 1, 9; H, 6, 1-30. — 477 Ibid. I, 1,10-11; cf. Hell. IV, 2 , 5. — 478 Xen. Anab. I, î, Il ; 2, 1 sqq. — 479 Ibid. III, 1, 32-34.
- 480 Ib. et V, 6, 36. — 481 Ib. I, 1, 11 ; III, 1, 15. — 482 Xen. Hell. III, 2, 16 ; IV,
1, 26; VI, 2, 18; Anab. IV, 1, 28. — 483 Xen. Hell. III, 2, 16; IV, 1, 26; VI, 2, 18; Anab. 111, 1, 32-34; IV, 1, 20 ; 3 , 26. — 484 Xen. Anab. VII, 4, 8. — 486 Ibid. I, 1, 7-9 ; 2, 1 sqq. ; III, 1 , 4 ; 1 , 26 sqq. — 488 Diod. XIV, 44 ; XIX, 60. — 487 Cauor, Delectus , 181. — 488 Xen. Dell. VI, 5, 11 ; Harpocr. s. v. Ecvtxlv Iv KopîvOu,. — 489 Diod. XVII, 108-111; XVIII, 9; XX, 104; Vit. X Orat. Uyperid. I. — 490 Thuc. III, 34; VII, 57 ; Xen. Dell. VII, 1, 23 ; Anab. VI, 2, 10 ; Hermipp. ap. Atlien. p. 27 ; Hesych. s. v. •Açxiioi;. — 491 Xen. Anab. I, 2, 9; III, 3, 7; 3, 15. — 492 Xen. Anab. III, 3, 16-17 ; 4, 16. — 493 Thuc. IV, 28 ; VII, 27. — 491 Xen. Anab. I, 3, 21 ; VII, 3, 10 ;
fffroç, euTapxsta) 603. Les lochages louchaient le double, et les stratèges le quadruple 504. Chacun devait s'équiper soi-même ; beaucoup de soldats ne le pouvaient qu'en engageant à l’avance une partie de leur solde, car un armement complet coûtait environ 150 drachmes ; mais on touchait souvent une indemnité d’entrée en campagne605. Quand la guerre se prolongeait, l’État qui entretenait la troupe mercenaire (jjugôoSotti;) devait envoyer de nouveaux fonds pour la solde des troupes. Dans ces occasions, les stratèges ne se faisaient pas faute de chercher à tromper la ville intéressée sur le nombre de leurs hommes ; aussi les cités étaient-elles devenues méfiantes et déléguaient-elles des inspecteurs [iU Tau-rat) chargés de contrôler par eux-mêmes l’effectif réel des troupes 606.
La seule armée de mercenaires que nous connaissions assez en détail est celle qui fut recrutée en différents pays grecs, surtout en Arcadie et en Achaïe 607, pour le compte de Cyrus le Jeune. L’effectif en varia naturellement au cours de la campagne, par suite des pertes ou des renforts 608. Au commencement, cette armée comprenait plus de 13 000 hommes. En voici les éléments, suivant les indications de Xénophon 609 :