TOTAUX
Xénias d’Arcadie. . .
Proxénos de Béotie.
gymnètes. . .
Sophénète d’Arcadie.
Socrate d’Achaïe...
Pasionde Mégare...
peltastes.. . .
Ménon deThessalie.
Cléarque de Lacédémone .
archers Cretois..
Sosis de Syracuse..
Agias d’Arcadie....
Chirisophos de La-
cédémone .
On le voit, cette armée de mercenaires était composée surtout d’hoplites. Xénophon nous décrit leur armement : comme la grosse infanterie d’Athènes ou de Sparte, ils portaient des tuniques rouges (^tTàWaç (poivtxoû;), de grands boucliers (ào-Trioaç), de lourdes cnémides (xv7)fj.T8aç), des casques d’airain (xpâvvi yaXxâ), des cuirasses ou des casaques de cuir 6,°. 11 n’y avait pas de cavalerie : seulement quarante Thraces à cheval amenés par Cléarque611. Après les hoplites, les corps les plus nombreux étaient ceux des peltastes de Thrace, équipés à la manière de leur pays. Comme tireurs, on ne trouve à mentionner que 200 archers crétois : encore doit-on remarquer qu’ils portaient des boucliers de
6, i. — 496 Xen. Anab. I, 3, 1 ; Plut. Dio , 23 ; Arat. 6. — *96 Xen. Anab. V, 2, 13. — 497 Ib. Ilf, 4, 21. — 498 Ib. III, 4, 21; IV, 3, 26. — 499 Ib. VII, 4, 8. — 500 Ib. I, 1, 11 ; 2, 1-5; 3, 16. — 501 Xen. Bell. IV, 2, 5. — 502 Xen. Anab. I, 1, 9-11 ; 2, 5; 10, 1 ; II, 3, 25 ; V, 4, 34; VII, 1, 29. —503 Thuc. VII, 27; Xen. Anab. I, 3, 21 ; V, 6, 23 ; VII, 2, 30 ; 3,10; 6, 1 ; 6, 7 ; Demosth. Philipp. I, 28. — 504 Xen. Anab. VII, 2, 36 ; 6, 1 ; 6. 7. — 505 Diod. XVII, 111. — 506 Aeschin. Timocr. 113; De fais, légat. 177 et Schol. Ctesiph. 146; Bekker, Anecd. 252; Etxjm. Magn. 3 86, 10. — 507 Xen. Anab.\ I, 2, 10 : uitèp zoü <TTpaTeû|AaTo; ’Açxà'ît; xa\ 'Ayatol.
Cf. VI, 2, 16. — 508 Xen. Anab. I, 2, 9 ; 2, 25; 4, 3; 7, 10; III, 2, 20; IV, 8, 15; V, 3, 2; VI, 2, 16; VII, 7, 23 ; Diod. XIV, 31, — 509 Xen. Anab. I, 2, 3 sqq.; 5, 13; VI, 1, 7. — 510 Ibid. I, 2, 16 et Schol. : elyov Si râv teç xpâvij ya/.xà xa\ yixùjvaç çoivixoü; xal xvri|jû£aç xa\ àaitt&a;. Cf. III, 3, 20; IV, 1, 18 ; 7, 15. — 511 Ibid. 1, 5, 13; II, 2, 7; 4, 6; III, 1, 2; 2, 18.
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peltastes °12. Ces troupes légères, sur les champs de bataille, étaient placées soit en avant, soit en arrière des hoplites, quelquefois dans les intervalles des compagnies, ou en colonnes dispersées; dans les marches e es étaient employées pour le service d’éclaireurs513 ïoutes les décisions importantes, dans l’armée des Uix-Mille, étaient prises en commun par les dix stratèges-1-, ou par le conseil de guerre (xb xotvov), où siégeaient un certain nombre d’officiers élus par les troupes '1-. Mais chaque stratège, secondé par son lieutenant général (tWpo^yoç) 516, dirigeait comme il 1 entendait son corps particulier. Chacune des divisions d hoplites, suivant son effectif, comprenait plus ou moins de compagnies (Xb/ot, x^«c) 6n. Chaque compagnie, composée en moyenne de 100 hommes518, avait à sa tête un Tc#apXoÇ 519 ou un àoXarbç52°, assisté d’un lieutenant (Û7roXoZaTbç) 521 , de pentécontères (tcvtt,xovxvipsç) --2 et d enomortaques (évto|xoxdp^ai) 523, qui commandaient les pelotons (irevxYixouxiîsç, éviopumai) 62\ Les peltastes, les archers et les cavaliers formaient des corps distincts, avec des officiers spéciaux dont nous ne connaissons pas les titres 526. L’armée était suivie d’un
certain nombre de chars qui portaient les vivres et les bagages 526.
Dans le cours du ive siècle, l’organisation générale et les cadres des troupes mercenaires sont toujours restés à peu près ce que nous venons de les voir dans l’armée des Dix-Mille. Mais on constate un changement assez considérable dans l’importance relative des divers corps. Les troupes légères ont de plus en plus remplacé les hoplites. Pour s’expliquer cette différence, il ne faut pas oublier que l’expédition des Dix-Mille est antérieure de plusieurs années aux réformes d’Iphicrate et à l’organisation définitive des compagnies de peltastes. Cinquante
ans plus tard, la proportion entre les différents corps était absolument renversée dans la plupart des armées de mercenaires [mercenarii].
Vn- — Une armée grecque en campagne au iv° siècle. — On peut dire que, jusqu’à la fin du v° siècle, il n’y a pas eu, à proprement parler, d’art militaire. Ce qui décidait les batailles, c était presque uniquement le nombre et la solidité des corps d hoplites, enrôlés pour une circonstance déterminée, le plus souvent pour une seule campagne, organisés et naïvement alignés suivant les traditions plus que simples de la vieille phalange dorienne : toute l’habileté stratégique des chefs consistait à réunir en face de l’ennemi les plus gros contingents de vaillants soldats. 11 en est tout autrement au ive siècle.
La longue guerre du Péloponèse, qui avait mis aux prises presque toutes les cités, avait beaucoup contribué à unifier et à développer dans tout le monde grec le système d’organisation militaire. L’expédition des Dix- Mille, les campagnes d’Agésilas, la guerre de Corinthe, la lutte entre Thèbes et Sparte, l’affaiblissement de l’esprit civique dans la plupart des États et le rôle de
°12 Xen. V, 2, 29 : ai niXtai aùtîlv tiv.oti *a1 Raots Sttoaivovio /«;.* aï oûaai.
— 613 Jb. IV, 6, 17; V, 2, 20. Cf. Aman. Tact. 15. — 61* Xen. Anab. I, 2 15- 11, 5, 25; III, 4, 21 ; IV, 8, 16; VI, 3, 9-10. — 616 Ibid. I, 3, 2; 3, 18 ; V, 6 1 •
0, 27; 7, 17 ; VI, 1, 18 ; 2, 12. — 616 lb. III, 1, 32; V, 6, 36. — 617 Jb. H[ \ ’
32; IV, 5, 10-11. — 618 lb. III, 4, 21; JV, 8, 15; VI, 3, 11. —819 Jb. III, 1 ,37 j
IV, 1, 28; VI, 5, H. — 620 Jb. II, 5, 30 ; III, 1, 33 ; 4, 21 ; IV, 3, 26 ; 7, 8-9. — 521 Jb.
V, 2, 13. — 532 Jb. III, 4, 21. — 623 Jb. ni, 4, 21; IV, 3, 26. 62* Jb. IV,
3, 26. — 626 Jb. I, 10, 7; IV, 1. 26-28 ; 2, 28; 3, 22; 8, 15-18. — 626 Jb. I, 10, 8 ■'
IV, 3, 26. - 627 Jb. I, 3, 7; III, 2, 27-28; V, 5, 1-4; Time. VI 97. -628 Xen. |
plus en plus considérable des mercenaires : voilà autant de causes qui modifièrent presque complètement les conditions de la guerre, la composition des armées et importance relative de leurs divers éléments. Les milices nationales furent comme reléguées au second plan; on vit naître un nouveau métier, le métier de soldat. Les campagnes furent plus longues, plus binâmes , 1 organisation devint plus complexe et plus savante ; on dut se préoccuper davantage de préparer es expéditions, d’exercer et d’approvisionner les troupes : désormais il y eut un art de la guerre, et une tactique.
Nous renvoyons aux chapitres précédents ou aux articles spéciaux qui y sont indiqués, pour tout ce qui concerne dans cette période l’enrôlement, l’organisation es divers corps, la solde, la composition des cadres, et 1 armement: sur tous ces points nous n’aurions à signaler rien de nouveau. Les armées du iv° siècle comprenaient, soit uniquement des mercenaires, soit un mélange de mercenaires et de milices nationales.
- aïs, entre ces deux catégories de troupes, la différence 1 ssentielle était dans les conditions mêmes du recrutement. Une fois formées, on peut dire que toutes les armées se ressemblaient. Dans les contingents de mercenaires, les titres des officiers comme les noms des corps, les services auxiliaires comme la tactique, tout trahit l’imitation des armées de citoyens. En campagne nous n avons donc plus à distinguer la provenance ou la nationalité des soldats.
Les armées du iv° siècle traînaient ordinairement à leur suite un bagage très considérable (xi sxeût]) 627. Le Drec emportait avec lui ses ustensiles de cuisine et de table, une provision de couvertures et de vêtements, sans compter les tentes (<7x-r|Vij) 52S, les vivres (xà ÈTtixij- 8t,a) S29’ et les armes (xà SitXa) 53°. Tout cet attirail encombrant était entassé sur des chars (àgodja, Çeùyoç)531 ou des bêtes de somme (ÛTroÇüyta) S32, que conduisaient les soldats du train (axeuoipopot) 533. Le service des équipages avait d ailleurs ses officiers spéciaux (àpyovxEç .rxpaxou TXEuocpopixoîi) "b Chaque division emmenait avec elle son bagage'"15. Ordinairement il était placé au centre de la colonne, avec deux détachements de troupes sur les côtés : c’est à l’arrière-garde principalement qu’il appartenait de veiller sur le convoi 536. Quand on s’avancait en ordre de bataille, le bagage était en queue ou sur l’un des flancs, avec bonne escorte 537. Pendant le combat, il restait dans le camp, sous la surveillance et la protection de gardes particuliers 538. Mais, de toute façon, il était toujours un embarras pour l’armée, la retardait dans sa marche et forçait souvent le stratège d’allonger la route pour éviter les chemins de montagne 539 [impedimenta].
Autour du bagage se serrait une nuée de noncombattants (àndgayot) 540 : soldats du train (uxeuo- <popot) 5 ordonnances des officiers (Û7r/]pexai), écuyers ou valets d’hoplites (ÛTtamnaxal) 5*2, hérauts (xijpuxs;) 5U,
Anab. III, 2, 27. — 622 Jb. III, 2, 27; IV, 1, 13. — 630 Jb. I, 10, 3; VI, 5, I.
— 631 lb. I, 5, 7; III, 2, 27; Lac. polit. XI, 2. — 632 Xen. Anab. I, 3, l’; 5, S;
7, 20; II, 2, 4; IV, 1, 12-13; Lac. polit. XI, 2. — 633 Tliuc. V, 72; Xen .Lac. polit. XI, 2; Anab. III, 2, 28 ; IV, 1, 13; VI, 5, 4. 531 Xen. Lac. polit. XIII, 4;
Bell. III, 4, 22. — 635 Xen. Anab. I, 3, 1 ; 5, 11. — 636 Jb. IV, 2, 1-13 ; 3, 15- 3, 26.
— 637 lb. II, 2, 4. — 538 Jb. VI, 4, 21 ; 5, 3. — 639 Jb. III, 2, 27; IV, 1, 13 -1, 24;
2, 29; 3, 30. - 610 /*. IV, 1, 13. - 2*1 Thue. V, 72; Xen. ' Lac. polit’. XI, 2’; Anab.
III, 2, 28. — 542 Xen. Anab. IV, 2, 20. — 643 Jb. II, 2, 20 ; III, 1, 46 • 4 36 • V 2,
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trompettes («*ir.r»rctf) 544, devins (|ufvx«tÇ) 54\ médecins (laxpoi) 545, marchands (’k^opin) 54\ prisonniers («iXix«'W, avopaTtooa) . C était encore une cause sérieuse d’embarras pour les chefs, de retards dans les marches, de difficultés pour les approvisionnements 549.
Toute armée avait sa caisse particulière, son trésor (rb xoivo'v). Il contenait de l’or et de l’argent, monnayes ou en lingots, et des objets précieux ; outre les fonds que fournissait plus ou moins régulièrement la cite, il s enrichissait des contributions de guerre, surtout de la vente du butin. Il servait à payer la solde (aicOo'ç), les fiais de subsistance (a-cT-qpea-tov), à indemniser les guides et les bateliers, à acheter des chevaux et des armes 65°.
Le service des approvisionnements (âjrrrijSeiot, qfxoç) 661 laissait beaucoup à désirer. Quelquefois, mais seulement lors des expéditions lointaines, on emportait du blé et des vivres pour plusieurs mois682. Ordinairement les généraux ne s'occupaient guère d’y pourvoir : chaque soldat touchait une somme fixe pour sa nourriture (citïjpéctov), le plus souvent deux obolespar jour B63, et se tirait d’affaire comme il l’entendait 554. En beaucoup de circonstances on ordonnait à toutes les troupes d’emporter une réserve de vivres pour un nombre de jours déterminé 555. Dans le voisinage des villes amies on ouvrait pour l’armée un véritable marché (àyopa) B66. D’ailleurs, de nombreux marchands (kp/rcopoe, àyopaïoç oyXoç) suivaient les troupes, vendaient aux soldats du blé, du vin, des provisions de toute sorte, leur achetaient leur part de butin, et s'enrichissaient à leurs dépens 557, malgré la surveillance des officiers agoranomes (ayopavopoi) e53. Quand l’argent manquait, ce qui arrivait souvent, les soldats allaient à la maraude (ên\ Aeîav, xa0’ àpTrayVjv) : la nuit, des bandes affamées ou rapaces couraient la campagne, munies de perches, d’outres et de sacs 559.
Naturellement la discipline souffrait beaucoup de cette organisation des subsistances. On ne ménageait pas d ailleurs les châtiments corporels, coups de poing (irafetv 7tu;) et C0UPS de bâton (itA^yà? itafsiv), surtout dans les armées de Sparte ; mais un officier n’avait le droit de frapper que ses subordonnés 600 [poenae militares]. Quand un soldat citoyen avait commis une faute grave, on lui intentait, à la fin de la campagne, une action publique devant les tribunaux de la cité : il était traduit devant un jury composéde ses pairs et présidé par un officier561. Mais les mercenaires n’avaient à redouter rien de semblable. Aussi étaient-ils souvent fort indisciplinés. A tout moment ils menaçaient d’abandonner leur chef pour offrir leurs services à un autre 562. En réalité, ils formaient comme une république ambulante, très houleuse, qui avait la prétention de s’administrer elle-même, qui décidait les questions importantes dans des assemblées
communes, et qui toujours risquait de se dissoudre : on ne les gardait que par l’espoir du butin 5G3.
Pourtant les Grecs étaient en général de bons soldats. On les tenait en haleine par de fréquents exercices. Un certain nombre d’officiers et de sous-officiers étaient spécialement chargés des fonctions d’instructeurs (ônXop-ayoe)66*. On dressait les troupes au maniement des armes, aux marches, aux mouvements et conversions (xll- <7£tç, fXETccëcAat, êmerpoyod), aux manœuvres de peloton (icsvTTjxoïrriiç, êvcop.orfa), de compagnie (XdXoç), de division (xaçtç), de phalange (çdcXayÇ) 66\
On apprenait tout d’abord à manier les armes. Le soldat, au port d’arme, laissait reposer à terre le bouclier et la lance : il maintenait le bouclier avec les genoux, et la lance avec la main droite près du pied droit (feXa xaT<m0£<T0ai)°6G. Pendant les marches, on portait le boucher sur le dos et la lance sur l’épaule droite 567. Pour combattre, on levait ou l’on abaissait les armes, suivant le cas. Ces divers changements s’exécutaient aux commandements de : « Levez armes! »(vAvo> toc SoWa)
« Armes sur 1 épaule ! » ( ’Ett ' côpou xi oo'paxa) — « Abaissez armes ! « (KdOeç Tà odpaxa) 568. Les soldats des troupes légères, suivant le corps auquel ils appartenaient, s’exerçaient à lancer le javelot, ou à tirer de l’arc, ou à faire tourner la fronde.
Les marches, les mouvements à droite (éni So'po) ou à gauche (lu Wt'Sa), les conversions (xXtueiç), les demitours ((xexaëoXai), les changements de direction (imexpoepou), étaient indiqués par les commandements (uapayyeXpaxa) de : « En avant, marche I » (upoays) — « Par le liane droit! « (xXïvov lue 8o'pu) — « Par le flanc gauche! » (eu <x(T7ci8(x) — « Demi-tour à droitç ! » (pcsxaêxXXou h ü Sôpu)* ” à gauche ! » (fat’Wa)- « Changement de direction à droite! » (lutxxpscpe èui Sôpu) ; « à gauche! » (eu '«m'SoG — « Halte ! » (’éyou oüxcoç) 569.
Dans les manœuvres de peloton, on étendait le front (|A£x(üuov) en se déployant à droite ou à gauche (uapàys.v uapcc oopU, uapà àxut'Sa), par énomotie ou par pentécostie de façon à former une, deux ou quatre files (<m'yo Dans les manœuvres de compagnie ou de division, le XoW pouvait avoir 1U0 hommes de profondeur sur un de front (e=P evdç), ou inversement ; mais d’ordinaire il était ran-é par pelotons, avec un front de douze hommes sur huit e profondeur (eïç oxxol, êu'dxxü i), ou un front de vingtquatre hommes sur quatre de profondeur 87‘. Le premier homme de chaque file, s’appelait le chef de file (^yoépevoç l'jyefxdiv, Ttpcoxcxxdxviç) ; la réunion des chefs de file constituait le front (pexioTrov) de la compagnie 572. Le dernier homme de chaque file se nommait le serre-file Upavdr) • la reunion des serre-file formait la queue (0ùpd)573 L’aile droite (xépaç oeÇcôv) et l’aile gauche (xépaç eèdSvuuov) du Xoyoç étaient représentées par les chefs de file des deux
644 Time, y, 10; VI, 69; Xen. Hipparch. III, 12; Anab. 11,2, 4; IV, 3, 29- 22, 4 ; Diod. XVI, 29. —645 Xen. Lac. polit. XIII, 7; Anab. VI, 5, 2. — 646 Xen' Lac. polit. XIII, 7 ; Hell. V, 4, 48; Anab. III, 4, 30; cf. Gaupp, Bas Sanîtutswesen in den Heeren der Alten. — 647 Thuc. VI, 44; Xen. Anab. I, 5 c- Hell. I, 6, 37; VI, 2, 2. — 648 Xen. Anab. IV, 1, 12-13; VI, 5 , 3. — 549 Ibid III, 2, 27; 3, 1 ; IV, 1, 12-14; 3 , 30. - 660 /*. UI, 3, 18; IV, 7, 27; V, 1, 12; Thuc. VI, 97. — 661 Xen. Anab. I, ô, 10; III, 2, 27; IV, 1, 13. — 662 Thuc. VI, 22, 44- Xen. Hell. III, 4 , 2. — 663 Demosth. Philipp. I, 28. — 654 Xen. Anab. I, 3, 14; s’ 10; 10, 18; II, 1, 6. — 665 Thuc. VII, 75; Xen. Hell. VII, 1, 41. — 666 Thuc. VI ■44 ; VIII, 90; Xen. Hell. III, 4, 1 ; V, 4, 48. — 667 Xen. Anab. I, 5, 6 ; Hell. I,’ 0, 3. ; VI, 2, 23 ; Ages. I, 32 ; Diod. XIV, 79. — 668 Xen. Anab. I, 5, 6 ; 5, 12 ; V 7, 2; 7, 23-29.-669 Ibid. V, 1,6; 1, 17; 2, 1 ; 5, 13-17; VI, 4,23; 5 , 21. — 660 Lys! XIV, 7; Xen. Anab. I, 3, 7; 5, 11 ; II, 3, 11 ; 5, 28; 8, 1-26 ; Aeschin. Ctesiph. 175; Anstot. Athen. polit. 60. — 601 Andoc. Myst. 74 ; Lys. XIV, 7, 15, 21 ; Demosth.
AAAIA, 7. —
652 Xen. Anab. I, 3, 1 ; 3, 14; 4, 12.
-I" xXXVa ;hAv,ep- X’ 2' “ 5“ X“' »• »; Sun 3* ,6’
p. tco z o-io Rs°0; i™* ÿ
VI « 48. P„1„4. Y O, , , °P‘ vu, D, 6; Anab. IV, 3,29-
VI, 5, 18, Polyb. X, 21 ; Asclep. X, 2; XII, 11; Aelian. XXV 4- XLII ( .
cf. Rustow et Kochly O. I. p 105 sno ■ p,.. i ’ ’ XL *> * S1<M
n ,, . 10 sqq. , Pascal, L armée grecque, p 35- H-,ns
Droysen, Or. Kncgsalterth. p. 38. — 670 Thuc V ra y , P ! " s 4-6; Hell. VI, 4, 52; Cyr. II 3 21 - 571 ^ “j Xcn' Lac' ».
211 4, 2; III 3 1, AsV. , ’l 5 1, n57l'T, ’v’ ' T “’ 3’
»»». «• *»= iv. v ; u: xi, i 2, ;.xr a^Tr"-
P. 106 sqq. J'3 Xen‘ A'Mb' W’ 3’ ASClep- 4’ 6- Cf- Mstow’et’iuichly, oZ'.
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flancs (wXsupou). Les chefs de file, comme les serre-file, étaient toujours de vieux soldats expérimentés374. Les manœuvres les plus compliquées étaient naturellement les manœuvres de phalange (èm tpâXa.Yyoç), qui mettaient en mouvement 1 armée entière. Au commandement de « A vos armes ! » (aye eiç va ottXoc) 57s, les divisions se rangeaient en file 1 une à côté de l’autre et formaient la phalange proprement dite, ordinairement profonde de quatre à huit rangs (Çuyâ), parfois de douze ou seize, même de vingt-cinq ou cinquante 376. Dans la position de marche (iropsurixà 8ta<rv-«j(xava), chaque soldat était à six pieds de ses voisins; dans la position de combat (wîxvwmç, ffuva<m<rp,oç), à un pied et demi ou trois pieds B77.
Chaque journée de marche était ordinairement précédée et suivie d une journée de repos, consacrée à des revues (e^Evavtv xa't àpt0|xbv itoisïv) 678, à des sacrifices, parfois h une fête et à des jeux, surtout aux exercices et aux manœuvres6'3. Les jours de route, on faisait halte vers cinq heures du soir. Si l'on se trouvait dans le voisinage d une ville amie ou d’un bourg important, toute l’armée s y logeait 80. Sinon, 1 on traçait un camp (arpavoTreSeij- Evûai, xaOîjsQau) 681. Chaque bataillon, chaque compagnie y alignait à part ses tenles (ffxïjvvj) couvertes de peaux (oc<p0spa) °82. Au centre se dressait la tente du stratège, entourée d’une place où aboutissaient toutes les rues (xb p.£(jùv tou CTTpavo7réocii)) : c’est là que se faisaient généralement les proclamations et que se tenaient les assemblées 083 . Le camp était circulaire ou carré, rarement fortifié à main d’homme, à moins qu’on ne s’y établît pour quelque temps; on choisissait, pour s’y installer, soit les hauteurs, soit le bord des fleuves, tous les endroits détendus par leur situation naturelle 68'\ Devant le camp s étendait une place d’armes (và ÔTtXa) oîi l’on déposait les boucliers et les lances 586 ; près de là on réservait aussi un emplacement pour le marché (àyopd), qui par cette disposition était accessible aux soldats et aux marchands du dehors 680 [castra]. Dès que le camp était tracé, une partie des hommes allaient chercher du bois et du fourrage, pendant que les camarades préparaient le souper (vb 8sï7tvov )687. Le stratège donnait le mot d’ordre (<7uv0-/jp.a) : par mesure de précaution, on employa même souvent, depuis Iphicrate, un double mot d’ordre, différent pour les sentinelles et pour les patrouilles 388. Tout autour du camp on plaçait des postes (ipûXaxEç) et des avant-postes (irpotpûXaxEç) 389 . La nuit, des sentinelles veillaient dans l’intérieur et au dehors (vuxvo^éXaxe;) 69°. Souvent même on envoyait des patrouilles assez loin et dans plusieurs directions39'. Ces précautions prises, le stratège faisait donner le signal du repos (àvowcautrr^-
674 Xen. Anab. IV, 3, 29; VII, 4, 6; Bell. IV, 4, 16; Hipp. II, 3, 5 ; Mem. III, 1,
8; Cyr. II, 3,22; IV, 2,24; VII, 5, 5. — 575 Xen. A«ai. I, 5, 13 ; Hell. II, 3, 20.
— 576 Thuc. IV, 91, 94 ; V, 68 ; VI, 67 ; Xen. Lac. polit. XI, 4 ; Anab. I, 2, 15 ; VII
I, 23; Hell. II, 4, 34; III, 2, 16; IV, 2, 18 ; VI, 2, 21 ; 4, 12; 5, 19. — 677 Polyb. XII, ’
19; XVIII, 30; Aman. Tact. XI, 4; Asclep. 4; Aolian. 11. Cf. Rüstow et Kôchly,
O. c. p. 105 sqq. ; Pascal, L'ai'mëe grecque , p. 31 sqq. — 578 Xen. Anab. I, 2, 9 ; 2,
14; V, 3, 3. — 579 lb. I, 2, 10; VI, 1, 9; 5, 2; Lac. pol. XII, 5 sqq. Cf. Rüstow et Kôchly, O. c. p. 194 sqq. — 580 Xen. Anab. I, 5, 10; II, 4, 14; IV, 4, 14. — 58i Ibid.
II, 2, 16-18; III, 1, 3; 1, 336, 4; sqq.; IV, 4, 8 sqq. — 582 Xen. Lac. polit. XII, 1-7;
Cyr. II, 1, 25; VIII, 5, 3-14; Anab. I, 5, 10-12; III, 2, 27; IV, 4, 8 sqq. ; V, 5, 21.
— 583 Xen. Cyr. II, 1, 25; Anab. II, 2, 20; III, 1, 46; 2, 1 ; V, 7, 3. — 584 Xen.
Lac. polit. XII, 1 sqq.; Hell. VI, 2, 13; Cyr. VIII, 5, 3-14; Anab. VI, 5, 1 sqq.; Polyb. VI, 42; XVI11, 18. — 585 Xen. Anab. V, 2, 19. — 586 Ibid. I, 5, 6 ; 5, 12.
— 587 Xen . Lac. polit. XII, 7; Anab. II, 4, 11 ; Vi, 3, 21 ; 4, 26. — 588 Xen. Anab.
VII, 2, 39. — 589 Xen. Lac. polit. XII, 2 sqq.; Anab. II, 3, 1-2; 4, 15. — 590 Xen. Anab. VII, 3, 34. — 591 Ib. II, 4, 23 ; V, 1, 9. — 592 Jb. II, 4, 23. — 533 lb. IV, 4,
12. — 594 Xen. Hipparch. IV, 11 ; Cyr. III, 3, 25 ; Hell. VI, 2, 25 ; VII, 1,16; Anab.
ptov) 653 : les soldats ôtaient leur manteau et se couchaient593. La nuit comprenait trois veilles, dont la longueur variait avec les saisons : la première veille durait jusqu’à minuit; la seconde, de minuit au crépuscule; la troisième, de l’aube au départ. On renouvelait donc deux fois les postes; et des feux restaient allumés jusqu’au matin 694.
Beaucoup de commandements étaient transmis par la trompette (raXirty?, xspaç) 693, ou par quelque signe convenu (inr)|Astov) 69C, ou de bouche en bouche suivant la hiérarchie militaire (ài:b TtapayyÉXiûscoi;] 697. Mais régulièrement c étaient les hérauts (xvjpuxsç) qui étaient chargés de communiquer les ordres du général, surtout de convoquer les assemblées, et de faire connaître le moment du départ 698.
Les marches militaires étaient toujours précédées de sacrifices (îepà xac ccpâyta) 3". Dès l’aube on se préparait a lever le camp (xtvsïv xb (jxpaxo'irsoov). Au premier signal, on démontait les tentes et l’on disposait les bagages (<juaxsuâÇetv) C(J0. Au second signal, on chargeait les bêtes de somme et les fourgons (àvaxt0évat eVc xà Û7to?0yta) °01. Au troisième signal et au commandement de « A vos armes ! » (ays Etç xà 07tXa), chacun prenait sa place dans le rang 602. Le stratège passait la revue de ses troupes 003. Puis il fixait l’ordre de marche et prenait la tête de la colonne (xo 7] you|X£vov xoü (jxpaxsup.axûç) 6;i4. Au milieu du jour on faisait une halte pour le repas (xaxaXûdat xb <sr paxsupta 7rpb? àptaxov) C06. Puis l’on se remettait en route, et l’on allait jusqu au soir 600. Les étapes (arotO^ol) étaient, en moyenne, de 150 à 200 stades001. L’armée était toujours accompagnée de guides (^ystAovsç) 008 et précédée d’éclaireurs
(<7X07101, 7Tpd8pOfJLOt , XXpOoSot) 609.
Ordinairement, dans les marches de jour, la cavalerie et les troupes légères étaient placées en tête et en queue de la colonne. Mais, la nuit, pour éviter une dislocation de 1 armée, la grosse infanterie des hoplites précédait tous les autres corps °10. Les stratèges étaient presque toujours à 1 avant-garde, quelquefois à l’arrière-garde °". Chaque officier précédait sa division, sa compagnie ou son peloton; et, dans chaque colonne, chacun d’eux, à tour de rôle, ouvrait la marche (riyspovi'a) 6I2.
On adoptait, suivant les circonstances, divers ordres de marche dans le détail desquels nous n’avons pas à entrer ici.
Les armées en campagne disposaient ordinairement d'une compagnie d’ouvriers. Les Athéniens, dans leur expédition de Sicile, avaient avec eux des maçons (Xt0o- Xoyoi] et des charpentiers (xexxovs;) 613. Dans sa description de l’armée de Sparte, Xénophon mentionne des
VII, 3, 18-24; Diod. XIX, 38; Arrian. Anab. V, 24, 2; Poil. I, 70; Aen. Tact XVIII, 22; cf. Rüstow et Kiichly, Griech. Kriegswesen, p. 195 sqtf. — K95 Xen. Hipp. III, 12; Anab. II, 2, 4; Eustath. ad. Iliad. 1139. — 690 Thuc. I, 63 ; Polyaen..
IV, 3, 26. — 597 Xen. Hipparch. I, 3, 9 ; Anab. III, 5, 18; IV, 1, ô ; 8, 16; Thuc.
V, 66. — 598 Xea. Anab. II, 2, 20; III, 1, 46; 4, 36; V, 2, 18. — 599 Ibid. I, 8, 15;
III, 5, 18; VI, 5, 1-2. — 500 lb. III, 5, 18 ; VI, 3 , 24. — 601 II, 2, 4. 002 lb.
— 603 lb. II, 3, 2. — 601 lb. II, 4, 20; IV, 7, 8. — 605 /*. I. io, 19; IV, 1, 14; V,
4, 22; 4, 30; VI, 3, 24; 5, 3. — 600 lb. VI, 3, 14. — 607 Herodot. VI, 120; Thuc.
IV, 78; Xen. Anab. I, 2, 5-7; 2, 10-14; 2, 19-23; 8, 1 ; IU, 3, 11 ; Polyb. II, 53-54,
70; IV, 70-73; V, 18, 97; IX, 8; cl. Hans Droysen, Griech. Kriegsalterth. p. 83.
— 608 Xen Anab. VI, 3, 11; 3, 22; VII, 3, 39. — 609 Xen. Hipp. I, 25; Anab. VI,
3, 11. — ■ 610 Xen. Anab. VII, 3, 37-41 : oï pèv ouXUcu fjyoüvTo, oî Si mliRotal oïnovro,
oî Si îititcTç lÙTtloOoTuXâxouv. Enct Si 8V» S Et69o]ç Ttaç/.Xauvîv elç tÔ upôff9(v xat
lapvtfft tûv 'EXXijvtxàv vopov. — 611 Herodot. VI, 110; Thuc. IV, 91 ; Xen. Anab. Il,
4, 26; IV, 7, 8. — 612 Xen. Lac. polit. XI, 9; Anab. IV, 7, 8 : IicoçtûovTo... xod
KaXXljia^o; Ilaj-fà-Tio; Xo^ayo — toutou y&j ^yt|xovia Twv oTtoOoTuXàxtov Xo^aywv t xo Î9 V
TiJ tjjxtça, oî St ôîXXoi Xogayot ë(ievo> Iv àusaXeï; cf. VI, 5, 22. — 613 Thuc. VII, 43.
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ouvriers du génie (Xs.poxe'Xvai) •«. Enfin, dans les derniers temps de la Grèce indépendante, on voit apparaître une véritable artillerie de campagne x0' xaxa-
rraXTixov, PeXyj). Denys de Syracuse avait emplové déjà de nombreuses machines dans ses guerres contre les Carthaginois 015. Dans la Grèce proprement dite, il n’est pas fait mention d’engins de ce genre avant le milieu du
iv* siècle 1 - Mais, à partir des guerres de Philippe, surtout
depuis 1 expédition d’Alexandre en Asie, l’artillerie de campagne prit partout un rapide développement017. On distinguait deux classes de machines : 1° celles qui lançaient seulement des traits (x«WXx« àÇogsXsf;, séOé- Tova) , celles qui, en outre, pouvaient lancer des pierres ou d autres lourds projectiles (xava^X™ X.OoêoXoi, TtsxpoëoXot)613. On trouvera la description de ces divers engins dans l’article où il sera traité de la balistique [tormenta]. ^
Souvent une armée en campagne avait à défendre ou a attaquer une place. Nous n’avons point à parler ici de la fortification grecque [acrofolis, munitio, obsidio], ni de 1 attaque ou de la défense des places.
A la guerre de sièges, les Grecs préféraient de beaucoup la guerre en rase campagne. Le commandant en chet, apres avoir consulté son conseil 620, fixait l’ordre de bataille (siç fufov Tot^at) 62i. Les hoplites tiraient leur bouclier du fourreau; s’ils étaient Spartiates, ils se couronnaient de fleurs0-. Dès que l’ordre de bataille était constitué, on procédait aux sacrifices 623. Le général haranguait ses troupes626. Puis il donnait le mot d ordre (rivera), qui circulait de groupe en groupe 623 • celait le plus souvent un nom de divinité ou une maxime 62G. Enfin le général entonnait le péan que tous les soldats répétaient en chœur (maavi'Çeiv) 627. On invoquait Arès, les trompettes sonnaient (wXirfÇiiv xà ttoXegtxov) G-s, et 1 on s’avançait, d’abord lentement (Vîywç) puis au pas de course (Spo'H 623, en poussant le cri de guerre : « Alala! Eleleu! » (’AXaXoi, ’EXeXeO) 630. Souvent les troupes légères engageaient la bataille, que soutenaient les hoplites et qu’achevait la cavalerie631. Selon le sort du combat, on poursuivait les vaincus 632, ou la trompette donnait le signal de la retraite (xo àvaxLxixdv xvxxaXstaôatxvi^X^yc) 633. En cas de victoire, on élevait sur le champ de bataille un trophée [tropaeum]. Puis on enterrait les morts, en élevant un cénotaphe (xevoxmcov) pour les soldats dont les corps s’étaient perdus 63\ On transportait les blessés et les malades dans les maisons des habitants, en ayant soin de les faire protéger par des postes 633. Enfin l’on partageait solennellement le butin [spolia],
VIII. Armées macédoniennes et hellénistiques. — Les progrès accomplis par les Grecs au ivc siècle ont profité surtout aux Macédoniens. Philippe, puis Alexandre,
*6Q- LaC- pol,t ■ 2 ■ - 0,3 DioJ- XIV, 42-43 ; Aelian. Var. ffist. VI 12
616 Qoyp. ,nscr. ait. II, 61 ; Aen. Tact. 32 (édit. Hug. 1374); Diod XVI 74 - X Vif" 24; Pim. Alex. 70. - 617 Aman. Anab. I, 5, 8 ; 20. 8 ; 22, 2; il 18 6 1 Vj 3 4’
U M7 808 7; rVV’n ' ~ G,\Di0,L XVI’ 74: XV11' 851 XVIII, 70; Corp. iàsc'r. 'ati. H, 807-808; cf. H. Droysen, Gnech. Kriegsalterth. p. 194 sqq. - 019 p0|yb V
IX, *i ; Philon. De belop. p. 85 et 95 (édit. Thévenot); cf. H. Droysen O l P- 199 sqq. — 620 Xen. Anab. VI, 5, 13 sqq. 621 Ibid. I, 2, 15; 3, 14- 7 1 • IV ^ 1 6f„Xe“' LaC' P°lit- Si Anab. IV, 3, 17. 623 Xen. Anab. l’t 8,’ 15 ■ ,’ *’ 3; 1V' 3’19; 6' 23i 8» <«; VI, 4, 9; 4, 13; 5,2; 6, 36; VII, 2,17 — 621 /*’ >1, 5, 23-25. — 625 /b. I, 8, 10; VI, 5, 25; VII, 3, 39. — 626 yj. VI, 5,, 25; VII 3 39 ; cf. Roscher, Jahrb. fur Philol. und Püdag. 1879. — 627 Xen. Anab. IV 8 10 - I, 5, 27-29. — 628 Thuc. VI, 69; Xen. Ana6. IV, 3, 29; VI, 5, 25-27. — 629 Xen’ Anab. I, 8, 18 ; IV, 8, Il ; V, 4, 24; VI, 5, 11, 17. — 630 Jb. VI, 5, 26. - 631 y b.
nont guère fait qu’appliquer en grand et combiner, en les développant grâce aux ressources d’un vaste royaume unifié, puis d’un immense empire, les institutions militaires d’Athènes et de Sparte, de la Béotie et de la Thessalie, comme les inventions d’Iphicrate et la tactique d Lpaminondas. En ce sens, les armées macédoniennes sont la conséquence logique de l’évolution que nous avons observée dans l’art militaire des Hellènes.
Nous connaissons mal la composition des armées de la Macédoine avant l’avènement de Philippe II. Au temps des guerres Médiques, Alexandre Ie-', malgré ses 1 dations amicales avec Athènes, fut contraint de mettre ses troupes au service des Perses636. Son fils, Perdiccas II, qui osa entrer en lutte à la fois contre les Athéniens et contre le roi thrace Sitalcès 637, disposait déjà de forces impoi tan tes, surtout des contingents d’hoplites grecs tournis par les villes de la côte, et d’une nombreuse
I avalerie recrutée soit dans la Macédoine proprement dite, soit chez les populations tributaires 638 : à cette époque, 1 équipement réglementaire des cavaliers macédoniens comportait la chlamyde (chlamys), un bouclier rond, une épée, une lance, et le casque appelé xaucta, qui avait la forme d’un large chapeau et ressemblait beaucoup à la coiffure nationale des Thessaliens ou des Ëtoliens [causia] 639. A la fin duv siècle, Archélaos, fils de P erdiccas, donna tous ses soins à la réorganisation de 1 armée6*0 : mais nous ne pouvons dire avec précision en quoi consistèrent ces réformes. II n’en resta pas d ailleurs grand chose au milieu des guerres civiles qui affaiblirent la Macédoine pendant toute la première moitié du iv° siècle. Nous savons seulement qu’en 382, Amyntas II, à moitié dépossédé de ses États, et devenu
1 allié des Spartiates contre la confédération d’Olynthe, mit à leur service sa cavalerie et ses mercenaires661.' Mais on peut dire que, pour l’organisation militaire comme pour le reste, tout était à créer quand Philippe II prit le pouvoir.
Philippe, dans sa jeunesse, avait connu personnellement les deux hommes de guerre qui avaient le plus contribué à renouveler en Grèce l’art militaire. Tout entant, sa mère l’avait présenté à Iphicrate, qui commandait l’armée d’Athènes, et dont elle sollicitait la protection . Plus tard, il avait été emmené comme otage par Pélopidas et avait vécu plusieurs années à Thèbes dans la société d’Ëpaminondas 643. Devenu roi, il mit hardiment en pratique les idées de ces habiles généraux sur l’organisation de l’armée et la tactique.
II commença par déterminer les lois de recrutement Tous les Macédoniens sans exception, nobles ou non,’ furent astreints au service militaire664. Pour la conscription le pays fut partagé en districts, probablement au nombre de six; les hommes de chaque district étaient
*■ “ ! 4’ Y : I\\25'26- - 632 "■ V> 4* 24 1 VI. ». *5 I S, 29-31. - 633 Thuc V 10; Xen. Anab. I, 2, 9 ; 8, 10; IV, 4,22; V, 2, 6 ; 2, 32 ; 4 24 ■ V 7 16 • VI 5 17
^xT'ftlV 7'?V’
ü 3, „ “ 637 TH ' 2’ 10*- 636H«odot. VI, 44; VII, 173 Vlil, 139 sqq'
~ ThUC* n- 9S-101; 1V. 82-83, 124 sqq. 638 Id I 61- II so 100 ; IV, 124 - 639 Anth.paiai. VI, 335; Sallet, Numism. Zeüschr. III, 52 • HeuJey Dauraet, M,sswn de Macédoine, p. 292, pl. 640 Thuc. II, 100 : ^
ffelî H 38V4f r°h T ct'î TS 4XX» *«*««“» .».<««.. — 6M Xen. Pe L X èr* 5 ^ le°al ■ ,3-141 Corn. Nep. Iphier. 3. 043 P,ut.
Thcf Anaximc-n. ap. Harpon-, s. (cr. MaUer Fr , ..
Theopomp. Iragm. 249 (Muller); Plut. Pelop. 27; AeUan. Va,-, mît. XUI 4
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enrôlés dans un même corps de cavaliers ou de fantassins045. Au roi seul appartenait le droit d’appeler ou de licencier l’ensemble ou une partie des contingents, d accorder les dispenses ou les congés pour raisons d’âge ou de maladie 646. Même en temps de paix, les hommes étaient souvent convoqués pour des périodes plus ou moins longues d’exercices et de manœuvres °47. Pendant tout le temps qu ils restaient sous les drapeaux, ils recevaient une solde régulière 648 et étaient dispensés de toute autre prestation 649.
La cavalerie se recrutait dans la classe noble ; c’est pour cela qu on la désignait ordinairement sous le nom caractéristique de ot éxaipot, « les compagnons du roi ». Les contingents de chacun des cercles de conscription lormaient un escadron (’tXïi), commandé par un tAapZ7);. Il y avait donc sans doute six TXat. Il faut y joindre 1 iXï) royale ou ayTjga, corps d’élite où se rencontraient des nobles de tous les districts 650. Quanta l’équipement de cette grosse cavalerie, il semble que Philippe renonça â la chlamyde et à la causia nationales, et qu’il imposa simplement à ses hétaires la tenue ordinaire des cavaliers grecs651.
La plupart des hommes libres de Macédoine, tous ceux qui n appartenaient point à la noblesse, servaient dans 1 infanterie. Philippe, et ce fut là une de ses plus fécondes innovations, organisa régulièrement une double infanterie de citoyens :
1° Les pézétaires (TreÇéTaipot) °53. Ils étaient équipés à peu près comme les hoplites grecs : ils s’en distinguaient pourtant par la chlamyde, la causia, et l’énorme lance, longue de dix-huit pieds, qu’on appelait la sarisse (<r<xptssoc) 663. Les pézétaires de chaque district formaient un régiment (rxfrç, cpoîXayc;), dirigé par un Tcdjcapyoç, et plusieurs compagnies ou bataillons (Xôyoi), dont chacun était commandé par un Xoyaydç et comprenait plusieurs pelotons ((7X7)vat, SexâSsç) 654.
2° Les hypaspistes (uTtao-TuoTai) 6B5. Ils étaient plus légèrement équipés et ressemblaient beaucoup aux peltastes des armées grecques ; ils portaient la causia, un bouclier, une épée et une lance moins longue que celle des pézétaires 656. Ils formaient plusieurs bataillons de mille hommes chacun, qu’on appelait chiliarchies (ytXiapytac) et qui étaient commandés par des ycXiapyot 65T. Parmi les hypaspistes se recrutait aussi un corps d’élite (ayïiga) qui, avec l’agêma de cavalerie, constituait la garde royale 668.
Pour se ménager une pépinière d’officiers, Philippe imagina de créer une sorte de compagnie des cadets : c’était la troupe dite des Enfants royaux (BouuXtxol iracâsç), qui comprenait des jeunes gens de familles nobles. Ils servaient à pied et étaient équipés en hypaspistes 669.
Diod. XVII, 57 ; Arrian. Anab. I, 2, 5 ; 12, 7; II, 2, 3. — 646 Arrian. Anab.
III, 29, 5; VII, 12, 1. — 647 Diod. XVI, 3 : auve^eïç içonXifflaç xai fUjjivoc<rla; Èvaywvtouç ; cf. Polyaen. IV, 2, 10; Frontin. IV, 1, 6. — 648 Diod. XVII, 64; Arrian. Anab. VII, 23, 3. — 649 Arrian. Anab. I, 16, 5; VII, 10, 4. — 660 lb.
1, 2, 5; 12, 7; 14, 1; II, 2, 3; III, 9, 6; V, 13, 4; Eustath. p. 1399, 62. — 661 Cf. Hans Droysen, Griech. Kriegsalt. p. 109. — 662 Demosth. Olynîh. II, 17 et schol . ; Anaximen. in Etym. magn. p. 699, 47; ap. Harpocr. s. v. iceÇexatçot; Lexic. Orat. p. 289. — 653 Theophr. Planta r. histor. 111, 17, 2; Polyb. XVIII, 12; Diod. XVI, 3; VII, 100; Arrian. Anab. VII, 9, 2; Polyaen. IV. 2, 10; Anthol. palat. VI, 335; Eust. p. 1399, 4; cf. Sallet, Numism. Zeitschr. III, 52; Heuzey et Daumet, Mission de Macéd. p. 292, pl. xxii ; H. Droysen, Untersuch. über Alexander des Grossen Beerwesen, p. 40. — 654 Anaximen. ap. Harpocr, s. v. lîe^ETaipot; Arrian. Anab. 111, 9, 6; IV, 2, 1. — 685 Arrian. Anab. I, 5, 2; 14, 1 ;
2 III, 9, 7 ; IV, 30, 5; V, 13,4. — 656 Cf. Imhofï'-Blümer, Monnaies grecques , pl. C, 9-10; H. Droysen Griech. Kriegsalt. p. 110; Untersuch. über Alexander des
Les « Enfants royaux », les deux agêma, la grosse cavalerie des hétaires, la grosse infanterie des pézétaires et lesbataillons moinspesammentéquipés des hypaspistes: tels furent désormais, en Macédoine, les éléments essentiels de l’armée nationale. Mais, dans les guerres de Philippe, on voit figurer bien d’autres troupes. D’abord, il engagea beaucoup de mercenaires (jjuc-0o<pôpot ?évoi) 660. Puis il disposait de nombreux corps auxiliaires, contingents grecs de la côte, contingents des populations tributaires d’Illyrie et de Thrace661. Enfin, depuis 344, son armée se grossit encore de l’excellente cavalerie thessalienne 662. Philippe sut tirer bon parti de tous ces auxiliaires. Aux troupes thessaliennes et grecques, il laissa leur organisation traditionnelle; il se contenta de leur donner pour chefs des Macédoniens 663. Mais, avec ses mercenaires, ses Illyriens et ses Thraces, il créa divers corps d infanterie légère : des chiliarchies d’archers (To^oTat) ('6*, de frondeurs ((rcpevoovïjTat) 665, d’acontistes (àxovTtCTTCü) 60°, d’Agrianes (’Aypiavsî) 667. 11 constitua même une cavalerie légère (7rpd8po[Aoi)668, qui comprenait les contingents des Péoniens (riafoveç) 669, et les escadrons des Sarissophores (SapnnT&tpôpoi), armés de la sarisse et équipés à la façon des cosaques 670.
Avec tous ces éléments d’origine différente, Philippe se fit une armée d’environ trente mille hommes, la plus fortement organisée qu’on eût vue jusqu’alorsen Grèce071. Il la tenait en haleine par de fréquents exercices 672. Il doublait ses moyens d’action en créant une artillerie de campagne et un corps d’ingénieurs 673. Il imposait à tous une sévère discipline, fondée sur une savante gradation des punitions et des récompenses 674. Enfin il donnait plus de mobilité à ses troupes en simplifiant le bagage, qui avait souvent paralysé tant d’armées grecques, en interdisant même aux officiers l’usage des chars, en n’accordant qu’un valet par cavalier, et un seul par un groupe de dix fantassins °75.
Toute cette organisation militaire trahit l’infiuence des idées d’Iphicrate et d’Épaminondas ; et les apparentes innovations ne sont ici le plus souvent que des ressouvenirs ou d’habiles perfectionnements. Comme Iphicrate, Philippe, en dehors de l’armée nationale, voulut avoir toujours sous la main une armée permanente composée de mercenaires. Comme Iphicrate encore, il s’attacha à augmenter la rapidité des marches et des manœuvres, en constituant de nombreux corps de troupes légères, infanterie et cavalerie. Quant aux deux agêma et à la compagnie des paatXtxoi iraïôsç, la première idée en a été fournie sans doute par le souvenir du bataillon Sacré de Thèbes. Enfin, pour l’importance donnée à la cavalerie, pour l’organisation de la phalange et pour ia tactique, Philippe
Grossen Beerwesen , p. 41. — 657 Arrian. Anab. III, 29, 7; IV, 30, 5; V, 23, 7.
— 658 Ibid. I, 8, 3; V, 13, 4; Eustath. p. 1399, 62; cf. H. Droysen, Griech. Kriegsalt. p. 110. — 659 Arrian. Anab. IV, 13, 1; cf. H. Droysen, Untersuch. p. 17. 660 Demosth. II, 17; IX, 58, 69; Arrian. Anab. II, 9, 3. — 661 polyb. VIII, 79, 6; Arrian. Anab. I, 14, 1-3; 29, 3; 111, 5, 6. — 662 Arrian. Anab. I, 14,
3; III, 11, 10. — 663 Ibid. I, 14, 3; 25, 2; III, 11, 10. — 664 Demosth. IX, 69: Arrian. I, 2, 4; 8, 3-4; III, 12, 2; V, 23, 7. — 665 Arrian. I, 2, 4. — 266 Ib. I, 14,
1 ; 27, 8; 111, 12, 3; 13, 5; IV, 25, 6. — 667 Polyb. VIII, 79, 6; Arrian. I, 14, 1.
— 668 Arrian. I, 14, 6; II, 9, 2. — 669 lb. 1, 14, 1. — 670 lb. Cf. H. Droysen, Griech. Kriegsalt. p. 111. —671 Diod. XVI, 4, 35 , 85. — 672 lb. XVI, 3; Polyaen. IV, 2, 10; Frontin. IV, 1, 6. — 673 Demosth. IX, 49 ; Diod. XVI, 74; XVII, 24-26 ; Plut. Alex. 70 ; Arrian. I, 5, 8; 20^ 8; 22, 2. — 674 Polyaen. IV, 2, 1-3 ; Aelian. Var.hist. XIV, 48; Plut. Eumen. 8. — 676 Front. IV, 1,6: Philippus cum primum exercitum constituerez vehiculorum usum omnibus intcrdixit, equitibus non amplius quam singulos calones habere permisit, peditibus autcm dénis singulos qui molas et funes ferrent
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s’est évidemment inspiré des traditions d’Épaminondas.
La phalange proprement dite des Macédoniens (tj MaxeoovixT) ?âXari) a été créée par Philippe 676. Elle se distinguait surtout de la phalange thébaine en ce qu’elle était mieux armée, et souvent encore plus profonde. Elle était ioimée par la grosse infanterie des pézétaires. L effectif variait de dix mille à vingt mille hommes ; il était généralement de seize mille. En ce cas, les soldats étaient ordinairement rangés sur un front de mille hommes et une profondeur de seize; mais fréquemment l’on diminuait le front pour augmenter le nombre des rangs. Tous les hommes qui composaient la phalange étaient armés de la sarisse. Ils constituaient le centre de la ligne de bataille. A droite et à gauche se déployaient les compagnies d’hypaspistes. A l’extrémité des deux ailes étaient placées la cavalerie et les troupes légères proprement dites, acontistes, archers et frondeurs 677
[PHALANX].
I hilippe réussit à augmenter la force d’impulsion et la solidité de l’armée, en développant beaucoup l’inlanterie légère, en créant une véritable cavalerie légère et une artillerie de campagne, en réduisant le bagage et le service du train, surtout en assurant à l’offensive le plus solide des points d’appui par l’institution de la phalange6'8; cette phalange macédonienne, soutenue à droite et à gauche par de nombreux bataillons plus mobiles, servit, pendant deux siècles, de modèle à toutes les armées d Orient : c’est le plus puissant organisme militaire qu ait connu le monde antique avant la constitution définitive de la légion romaine.
Pour 1 étude des armées d’Alexandre, il faut distinguer nettement deux périodes. La première, qui va de l’avènement de ce prince à la mort de Darius (336-330), ne nous présentera presque rien de nouveau : pendant ces années si bien remplies, le jeune conquérant n’a fait que se servir, avec une incomparable énergie, de l’instrument préparé par son père. Au contraire, la seconde partie du règne (330-323) sera féconde en innovations: nous verrons les troupes macédoniennes se transformer par l’importance croissante des contingents asiatiques et par de nombreux emprunts à l’Orient.
L’armée qu’Alexandre conduisit à la conquête de l’Asie n était autre que l’armée de Philippe, à peine accrue et complétée en quelques détails. Nous n’avons donc pas à en décrire ici l’organisation. Il nous suffira d’en indiquer, autant que nous les pouvons connaître, l’effectif et les cadres.
Pour assurer la tranquillité de ses États et tenir la Grèce en échec, le roi laissa en Macédoine, sous les ordres d’Antipater, une troupe d’environ douze mille fantassins et quinze cents cavaliers 679. L’armée conquérante qui, au printemps de 334, franchit l’Hellespont et qui, en trois ans, renversa l’empire perse, paraît s’être composée de trente mille fantassins, et de quatre mille à cinq mille cavaliers680. Au cours de la campagne, elle
se grossit de divers contingents envoyés d’Europe ou levés en Asie681. Bien qu’elle eût laissédes détachements et des garnisons en Carie, en Lydie, en Égypte, et sans doute dans la plupart des provinces conquises682, elle put mettre en ligne, sur le champ de bataille d’Arbèle, quarante mille hommes d’infanterie et sept mille cavaliers683.
Voici le relevé des divers corps qui, jusque vers Tannée 330, formèrent l’armée d’Alexandre.
L état-major et la maison du roi comprenaient :
1° Les "Exatpot, au sens restreint du mot. C’étaient une trentaine d officiers hors cadre, la plupart macédoniens, quelques-uns originaires de Thessalie ou de Grèce, à qui le roi confiait differentes missions spéciales, militaires ou diplomatiques, le commandement d’une troupe auxiliaire ou d’une place forte, une ambassade, le gouvernement d’une province 68'\
2° Les SugaToipuXaxeç ou gardes du corps. Us étaient au nombre de sept ou huit, tous choisis parmi les "Exatpot. C’étaient, en réalité, les commandants de corps d’armée. Mais, de plus, chacun d eux, à tour de rôle et pendant un jour, était de service auprès du roi. S’ils venaient à être chargés de quelque commandement lointain, ils étaient immédiatement remplacés, dans le groupe des SiügaxoœûXaxeç, par un autre officier général 685. t 3° Les deux ’Ay%ara, corps d’élite, l’un de cavalerie, l’autre d’infanterie, qui constituaient la garde royale686.
4° Le bataillon des BaertXtxot naïSsç ou Enfants royaux, garde particulière du roi et pépinière d’officiers, qui sé recrutait surtout parmi les jeunes gens des familles nobles 687.
Voici maintenant la composition de l’infanterie :
1° Les mçé-ratpot, ou la grosse infanterie nationale. Elle formait six tkÇsiç, commandées par des xai;îapy ot. Chaque xaçtç, d un effectif moyen de mille hommes, renfermait plusieurs Xôyoi, dirigés par des Xo^ayot. Le Xo'/oç se subdivisait en pelotons de dix hommes, qu’on appelait
axy|vai OU SsxâSe;688.
2° Les 'Yira<7TO<7Tat', la seconde infanterie créée par Philippe, entièrement composée de Macédoniens, mais plus légèrement armée que celle des pézétaires. Le corps des hypaspistes comprenait, outre 1 ’^yy lux ou compagnie d élite, plusieurs bataillons de mille hommes XtXtapjcioct, que commandaient des ^iXtap^ot 689.
3° Des Sdggaym wsÇot, ou alliés grecs, enrôlés en vertu des décrets panhelléniques qui avaient nommé Philippe et Alexandre généralissimes pour la guerre contre les Perses. Dans cette troupe sont nommés particulièrement les Péloponésiens et les Argiens. Les contingents de chaque cité avaient pour chefs des officiers spéciaux, leurs compatriotes (v)ysgdvsç xùiv au^^iov). Tous ensemble constituaient une seule division (xâijtç), commandée par un Macédonien 690.
4° Les MtaQocpdpot ?Évot, appelés aussi "EXXyjveç »«. ôocpdpoi. Ces mercenaires, au nombre de cinq mille à six
«6 Demosth. IX, 69; Arriun. VII, 9, 2; Diod. XVI, 3 : I Si xrt ^ tî,;
çftXaYyoç Ttuxv'.TTjTa xat xaTa-ixtu^v... va\ lïpStoï juveanioato tt,v Maxtÿovixijv œàt.ajya.
— 677 Demosth. IX, 49; Polyb. XVIII, 12-15; Diod. XVI, 3-4; 86; Arrian. I, 2, 5 sqq. ; Polyaen. IV, 2, 2; Aelian. Tact. 16, 34; cf. Hardy, Origines de la tactique, p. 46-49; H. Droyseu, Griech. Kriegsalt. p. 113 sqq. — 678 Demosth. IX, 49; Diod. XVI, 3. — 679 Diod. XVII, 17, 5. — 680 Ptolem. Aristobul. et Anaximen. (ap. Plut. De fort Alex. I, 3); Callisthen. (ap. Polyb. XII, 19, 1 sqq.); Diod. XVII, 17; Plut. Vit. Alex. 15; Arriau. I, 11, 3; 14, 1 sqq.; Justin. XI, 6, 2; Tit. Liv. IX, 19, 5; Prontiu. IV, 2, 4. — 681 Arriau. I, 24, 1-2; 29,
4; II, 20, o; III, 5, 1; 16, 10-11. - 682 Jbid. I, 17 7.8; « g. *9 3. m 5 ,
- 683 a. m, 11, 5 - sot n. ,, 12, 7; «, 6; 17, 7; 25, i:u, 6, 1 ; 12, 5’; is.’s 25
2, 27, 6; III, 5, 3 ; 6, 8 ; 9, 3; 16, 9 ; 22, 1 ; 25, 2 ; 26, 3 ; 28 2- ’9 5 • IV 1 1-6 “ ■
12, 5; 22, 5; 28, 6; V, 13, 1; 23, 4; VI, 2, 1-2; VII, 11, 2 ; 18, ’l ;V 14 ■ 26’ *■
Q. Curt. VI, 7, 17. - 685 Arriau. IV, 13, 7; V, 13, 1 ; VI, 28 , 4. - 686 /6.1 g’ 3 •
V, 13, 4; Eustath. p. 1399, 62. — 687 Arriun. IV, 13, 1-2; 16, 6. 688 /6. D 5 «
III, 9, 6; 18, 4-5; 25, 6; IV, 2, 1 ; 21, 10 ; 22, 1 ; Frontin. IV, 1, 6 ; Harpocrat. s. „!
1"! - m Arrian- I. 5. 2; 8, 3; 14 1 sqq. ; III, 29, 7; IV, 30, 5 ; V 13 4 23 , 7. - 690 U. I. 17, 8; 29, 3; III, 5, 6 ; 9, 3.
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mille étaient, pour la plupart, des Péloponésiens, surtout des Achéens. Ils étaient équipés sans doute en peltastes et avaient leurs chefs particuliers (^yep've; xùv
p[<7ÔG(pdp(OV ijéviüV691).
o° Les ®paxe; ou ’AxovTioTat, compagnie de lanceurs de javelots, que commandait leur compatriote Sitalcès. On ne peut dire s ils servaient en qualité de mercenaires ou de sujets 692.
6“ Les To'dxat ou archers, les uns macédoniens, les autres crétois. Ils formaient plusieurs bataillons de mille hommes faiXtap^fet), sous la direction d’un sTparïivdî et de xdljap^ai 693.
7° Les ’Ayptaveç, armés de l’arc ou du javelot, mentionnés le plus souvent avec les xoljdxat694.
8° Les ScpevSovTjTai ou frondeurs 698.
La cavalerie d’Alexandre comprenait les corps suivants :
1° Les "Exotipot, ou la grosse cavalerie macédonienne, composée de Pay^a et de sept IXat, que commandaient des ÏXap/ai. L’effectif de chaque l'Xvj était sans doute de cent cinquante hommes, ce qui donne un total de douze cents hétaires. L ensemble des escadrons était placé sous les ordres d’un hipparque 696.
2° Les esaraXo! EitTtstç, qu’ Alexandre avait enrôlés en sa qualité de stratège de la confédération thessalienne. Chaque cité ou territoire de la région avait fourni une IXt); le contingent le plus considérable était l’escadron de Pharsale. loute la cavalerie thessalienne avait pour commandant un Macédonien 697.
3° Les 'hnteïç (TÔp.g.axot, cavaliers grecs qui avaient suivi Alexandre en vertu du traité d’alliance. La plupart des cités de la Grèce propre avaient fourni leurs contingents . nous connaissons ceux des Péloponésiens, des Phthiotes, des Maliens, des Locriens, des Phocidiens, de 1 Achaïe et d Elis, de Thespies et d’Orchomène en Béotie. Les cavaliers de chaque ville étaient commandés par un de leurs compatriotes (’EXap^oç). Mais un Macédonien dirigeait l’ensemble des contingents alliés 698.
4° Les Mi<70o<po'pot innetç, mercenaires à cheval, recrutés surtout en Thrace 6".
5° Les Saper irocpdpot, cavalerie légère, armée de la sarisse. Ils formaient plusieurs IXoct, et étaient surtout employés, comme les Péoniens, pour le service d’éclaireurs (7TpOOpO(JLOt) 70°.
6° Les llacoveç, cavaliers péoniens légèrement équipés.
Ils sont le plus souvent mentionnés avec les sarissophores 701 .
Aux troupes de combattants s’ajoutaient différents services auxiliaires :
1° Le train (axsuooopa); chaque division emmenait avec elle son bagage, limité d’après les règlements mis en vigueur par Philippe. Le service du train comprenait des chars (àp.a?at), des bêtes de somme (urroÇuyta), des valets d’armée (Ô7t-iqpéT«t), et sans doute une compagnie
Gai Arrian. I, 24, 2; 11,9, 3-4; 1», 2 ; 20, 5 ; 111,5,1; 6, 8; 9, 3 ; 12, 2 ; Diod. XVII,
57, 3. — 692 Arrian. I, 27, 8; II, 9, 3; III, 12, 3; 13, 5. — 693 Jb. I, 8, 4; 22, 1 28,4; 28, 8; II, 9, 3-5; III, 5, 6; 12, 2; IV, 24, 10; V, 14, 1; 23,7; Diod’. XVII,’
57. — 694 Arrian. I, 14,1; II, 9, 2; IV, 24. 10; 25, 6; 30, 6; V, 23, 7; Polyb.’ VIII, 79, 6; Q. Curt. V, 3, 6. — 605 Arrian. IV, 4, 5 ; 12, 2; 30, 1 ; Q. Curt. III, 3,
9. — 606 Arrian. I, 2, 5 ; 12, 7 ; 24, 3 ; II, 2, 3 ; 9, 3-4 ; III, 9, 3-0 ; Diod. XVII, 57.’
— 697 Arrian. I, 11, 3 ; 17, 7; 24, 3 ; 25, 2 ; II, 8, 9 ; 9, 1 ; III, 11, 10; H, 20; 19, 5.
— 698 Jb. I, 15, 3; 22, 4; II, 8, 9 ; 9, 1 ; III, 6, 6 ; H, 10; 19, 6 ; Diod. XVII, 57;
Q. Curt. IV, 13, 29-30; Anth . palat. VI, 384; Bull, de corr. hell. III, p. 454.
— 609 Arrian. III, 5, 1 ; 12, 3-5; 20, 1 ; 25, 4; IV, 3, 7; 4, 6. — 700 /b. I, 12, 7;
14, 6; II, 9, 2; III, 7, 7; 8,1; 12, 3; IV, 4, 6. — 701 Jb. II, 9, 2; III, 12, 3 ; Q. Curt.
spéciale de <rx£uo<po'pot. L’ensemble est désigné par ces mots : ag.a?at xat axeuoipopa xat o aXXoç ôjxtXoç 702.
2° Le génie militaire, composé surtout de Thraces, sans doute appelé ^etpoxÉ^vat comme dans l’armée Spartiate. Les pionniers thraces d’Alexandre construisaient des routes, des ponts de bateaux, etc. 703
3° L’artillerie de campagne et de siège (^avat), sous la direction de (xiqyavTiTtoiot ou officiers-ingénieurs701.
4° Le service des approvisionnements, pour les hommes
(£7iix/josta) et pour les bêtes (xtXbç xotç nnrotç). Autant que possible, 1 armée s’approvisionnait dans le pays oü elle se trouvait, par des achats ou des réquisitions ; dans certains cas, l’on devait faire des réserves, quelquefois pour plusieurs mois. Ordinairement, un officier général était chargé de ce service ; il se faisait aider par les gouverneurs macédoniens ou les satrapes; et toujours des détachements de troupes escortaient les convois 708.
o L administration du trésor (xo xotvdv). Nous n’en connaissons pas l’organisation. Mais le trésor de l’armée était certainement très riche. Il était alimenté surtout par les contributions de guerre ; et Alexandre y fit verser une partie des trésors trouvés dans les capitales de l’empire perse. Il servait surtout au payement de la solde (fztaSoç) et des frais de subsistances (atxTjpeatov). Suivant 1 arme, et suivant les époques, chaque soldat recevait de cinq à seize statères par mois. Nous savons qu’en 330, avant de licencier les contingents grecs et thessaliens, le roi leur fit verser régulièrement le montant de la solde promise et y joignit même une gratification 706.
6o Les ambulances (paatXtxài ôepaTrst'a), dirigées par des officiers spéciaux qu assistaient des médecins. Diodore mentionne 1 envoi de tpâpp.axa iaxptxâ707.
1° Le service des dépêches. Alexandre utilisa et réorganisa ce service, qui existait déjà dans l’empire perse. Pour transmettre ses ordres en Macédoine, pour rester en communication avec les gouverneurs de provinces ou les commandants de colonnes détachées, il employait une chaîne de signaux optiques (7tup<rot), ou des courriers ((hëXiatpopoi). Les nouvelles et les ordres traversaient l’empire avec une grande rapidité 708.
Pendant cette longue campagne d’Asie, l’armée macédonienne eût fondu peu à peu, si l’on n’avait pris soin d’en renouveler les cadres et d’entretenir les effectifs au complet. D abord, elle perdait nécessairement beaucoup d’hommes dans les marches et les batailles709. Puis, tout le long de la route, en Asie Mineure, en Syrie, en Égypte, il avait fallu laisser de nombreuses garnisons et divers détachements, pour assurer les communications avec la Macédoine'10. Enfin le roi avait dû accorder beaucoup de congés : des congés temporaires, dans l’hiver de 334 à 333, aux nouveaux mariés711 ; des congés illimités aux hommes hors de service, blessés, malades ou trop âgés (à7rôXs(j.oi) ,12 ; même, à Ecbatane, un congé définitif aux contingents grecs et thessaliens qui, sous bonne escorte,
IV, 12 , 22. — 702 Arrian. I, 24, 3 ; III, 9, i ; 23, 2; IV, 19, I. — 703 lb. I, 26, I :
IV, 30, 7; V, 7, I. — 704 Jb. I, 6, 8 ; 19, 2 ; 20, 6 ; 22, 2 ; 23, 6; II, 18, 6; 26, 3 ;
27, 4 ; IV, 2, 3 ; 3, I ; 4, 2 ; 25, 6 ; 29, 7 ; V, 24 ; Indic. 24. — 706 Arrian. III.
7, 3; 20, 4; 28, 4; V. 9, 1 sqq. ; 21, I; 21, 4; VI, 20, 5; 23, 4 sqq. ; 27, 1.
- 706 lb. III, 19, 5; VII, 23, 3; Diod. XVII, 64 et 74; y. Curt. V, 1, 45 ; cf. H.
Droysen, Untersuch. ilber Alexander des grossen Ueerwes. p. 44 sqq 707 Arrian.
jV, 16,6; Diod. XVII, 95. — 703 Aristot. De mundo, p. 195; Diod. XIX, 57, 5; Arrian. III, 6, 3; 16, 10; Q. Curt. VII, 4, 32; Justin. XII, 1, 4. — 709 Arrian.
I, 20. 10; VI, 24, 5 ; cf. II. Droysen, Untersuch. p. 77. — 710 Arrian. 1, 17, 7; 23, 6 ;
III, 5, 3 sqq. ; 16, 9; 19, 7; 25, 2; 29, 1 ; IV, 22, 3. — 711 Jb. I, 24, 1. — 712 lb.
II, 29, 5 ; VI, 17, 3 ; VII, 12, 1 ; Diod. XVII, 111.
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furent reconduits jusqu’à la côte713. Pourtant en 330, 1 armée était plus forte que jamais. Antipater présidait en Macédoine au recrutement régulier (xarocXov-/)) de la population; de plus, Alexandre faisait lever des mercenaires dans le Péloponèse, en Illyrie et en Thrace, et il usait de ses droits de généralissime pour exiger des fhessaliens et des Grecs de nouveaux contingents ; en Asie même, on fit plusieurs fois des levées de troupes114. Nous connaissons quelques-uns des renforts qui vinrent grossir l’armée conquérante. En Phrygie, elle fut rejointe par des Macédoniens, des Thessaliens, des Ëléens, et sans doute d autres Hellènes, puis par des mercenaires peloponésiens, des Cariens, des Lydiens716. En Egypte, Alexandre reçut d Antipater quatre cents mercenaires grecs et cinq cents cavaliers thraces 716. A Suse, après la bataille d Arbèle, Amyntas arriva avec des mercenaires et de nouveaux contingents macédoniens717.
Nous connaissons mal le service en campagne. D’ailleurs, dans la conduite de l’armée, Alexandre paraît n’avoir rien changé aux traditions helléniques adoptées par Philippe. Le camp (<rrpaTÔ7ieoov), très rarement défendu par un fossé (xaq>poç) et une palissade (^otpod;)718, était tracé à la mode grecque ; et la sécurité des troupes était assurée par le même système de veilles (<puXaxij), de postes et d avant-postes (7rpo^uXaxsç)719 : le seul fait nouveau est l’institution de quartiers-maîtres (axa 6fxoootyiO, chargés sans doute de régler la disposition du camp et la place de chaque division120.
Après la bataille d’Arbèle et la prise des capitales perses, surtout après la mort de Darius, Alexandre, devenu maître de 1 Asie, sentit la nécessité de modifier la composition et l’organisation de son armée. Désormais, les contingents de Macédoine et de Grèce ne pouvaient suffire. D’ailleurs l’on considérait comme terminée la guerre contre les Perses; et dès l’année 330, à Ecbatane, Alexandre avait dû licencier les troupes helléniques et thessaliennes721. Le recrutement devenait donc difficile, surtout à distance. Or, pour conserver et poursuivre ses conquêtes, pour soumettre l’Asie centrale, Alexandre avait plus que jamais besoin de soldats. Il s’en procura en appelant à lui tous les aventuriers et en enrôlant une partie de ses nouveaux sujets722. Par la force des choses, la présence de tous ces Asiatiques, même de ceux qu’on équipait à la grecque, changea quelque peu la physionomie de l’armée macédonienne. Elle devint à demiorientale, comme le roi lui-même 723.
Depuis l’année 330, Alexandre reçut, à plusieurs reprises, des renforts de toute provenance : conscrits envoyés de Macédoine, contingents helléniques, illyriens ou thraces 724, mercenaires grecs723 ; Thessaliens et Hellènes congédiés à Ecbatane qui, pour rester à l’armée, s’engagèrent individuellement126; troupes de Cariens, de Lydiens, de Ciliciens, cavaliers barbares de l’Asie Centrale 727. Pour sa campagne de l’Inde,
H3 Arrian. III, 19, 5-6 ; VI, 17, 3 ; Diod. XVII, 74; Q. Curt. VI, 2. — 714 Aman, i, 24. 2. —713 Ib. I, 24, 1-2; 29, 4; II, 20, S; Q. Curt. III, 1, 24; 7, 8; 9,
8; IV, i, 35. —716 Arrian. III, 5, 1. —7» Ib. III, 16, 10-11; Diod. XVII, 65; Q.’ Curt. V, 1, 40. — 718 Arrian. III, D, 1. — 710 Ib. H, 8, 2; III, 9 , 2. — 720 Plut. Demetr. 23. — 721 Arrian. III, 19, 5; Diod. XVII, 74; Q. Curt. VI, 2. — 722 Arrian. IV, 7, 2; 17, 3-4; 24, 1; Diod. XVII, 95; Q. Curt. V, 7, 12.— 723 Arrian. VII, ô, 2 sqq. ; 11, 2 sqq. — 721 HI, 16, 11; IV, 7, 2. — 725 /6. III, 20, 1; IV, 7, 2 . 16, 6; V, 12, 1 ; Diod. XVII, 95. — 726 Arrian. III, 19, 6; 25, 4; 29, 5; Diod! XVII, 74. — 727 Arrian. IV, 7, 2; 17, 3-4; 24, 1 ; Q. Curt. V, 7, 12. — 728 Arrian. Indic. 19; Plutarch. Alex. 66. — 729 Arrian. Anab. III, 18, 5; 25, 6; IV, 22,
1; VI, 6, 1; cf. H. Droysen, Untersuch. p. 12-14. — 730 Arrian. III, 16, 11.
le roi put réunir jusqu’à cent vingt mille hommes 728.
L’incorporation de tant de contingents hétéroclites eut pour conséquence de modifier profondément l’organisation militaire. A partir de cette époque, la grosse infanterie nationale des Macédoniens est presque méconnaissable : les six xdijetç de pézétaires disparaissent l’une après l’autre, tandis que sont mentionnées d’autres rcdjeiç en beaucoup plus grand nombre 729. La grosse cavalerie des hétaires se transforma complètement. Déjà, après la bataille d’Arbèles, chaque ïXyj avait été divisée en deux \ojo i commandés par des Xoyayot. 730 Dans les années suivantes, le corps des hétaires, placé sous les ordres de deux hipparques, fut partagé en huit tTtTiap^îai, dont chacune comprenait plusieurs ïXat; I'ïXt] lut subdivisée elle-même en escadrons de cent cavaliers (éxaxoCTTÛeç) 731 . Il est probable que, vers le même temps, fut augmenté aussi le nombre des IXat de sarissophores732, et des hipparchies de mercenaires (t7nrapycat xùiv çévuiv) 733. Mais l’innovation principale fut la création d’une cavalerie légère indigène, recrutée surtout dans l’Asie centrale ou orientale, en Bactriane, en Sogdiane, en Arachosie, en Paropamise, en Scythie, jusque dans l’Inde734. Désormais figurèrent dans les armées macédoniennes des corps nouveaux d’nnraxovTKrTaî (lanceurs de javelot à cheval) 736 et d'inTtoToloTCLi (archers à cheval) 736. Le bagage devint plus considérable : aux chars et aux bêtes de somme ordinaires vinrent s’ajouter des chameaux (xdfx'qXot)73 ‘ et des éléphants (ÉXécpavxe;) 738 ; la proportion des non combattants s’accrut beaucoup dans les colonnes expéditionnaires, où Ton vit de longues bandes de marchands phéniciens, même beaucoup de femmes et d’enfants739.
Même la guerre changea de caractère. On n’avait plus à combattre en rase campagne ; il s’agissait de poursuivre les dernières bandes ennemies, de dompter des peuplades à demi barbares, de garderies provinces lointaines. Aussi les troupes d’Alexandre, depuis la mort de Darius, ne furent plus concentrées en une seule armée, sous la main du roi. Elles formèrent plusieurs colonnes indépendantes, souvent fort éloignées les unes des autres, composées surtout de cavalerie et d’infanterie légère740. Même réunies pour une campagne commune, elles marchaient en colonnes distinctes, quelquefois à plusieurs journées l une de l’autre : c’est ce que l’on observe dans l’expédition de l’Inde, à laquelle prirent part tous les contingents disponibles, tous ceux du moins que le roi put retirer des provinces sans compromettre leur sécurité741. Pour ces guerres de sièges et de surprises, on abandonna les anciennes dispositions tactiques. Même sur le champ de bataille, la phalange ne joua plus qu’un rôle secondaire : les troupes légères à pied et à cheval engageaient l’action, et la grosse cavalerie décidait la fortune 742.
Dans les deux dernières années de sa vie, Alexandre
— 731 Ib. III, 27, 4; IV, 4, 7; 23, 1 ; 24, 1 ; 27, 5; V, 11, 13; 12, 2; 16, 3; 21, 5-
22, 6 ; VI, 4, 4; 6, 4; 8, 2; 21, 3; 27, 6; VII, 24, 4. — 732 Ib. IV, 4, B. — 733 /6 Hl’ 20, 1 ; IV, 4,6; 5, 7 ; V, 12, 1.- 734 Ib. IV, 17, 3-4; 24, 1 ; V, 3, 6; 8, 5; 11,3- 12, 2. —738 /6. III, 24. 1 ; 25, 2; IV, 4, 7 ; 23, 1 ; 25, 6. — 736 Ib. IV, 17,4; 24, 1 J
V, 11, 3; 12, 2 ; VI, 6, 1 ; 21, 3 ; Q. Curt. V, 4, 14. — 737 Arrian. VI, 27,’ 6.’—’ 738 /6)
VI, 5, 5. — 733 Ib. III, 23, 2; VI, 22, 4; 25, 5; 27, 6; VII, 12, 2; Diod. XIX, 20; Justin. XII, 4, 4. —740 Arrian. III, 25, 6 ; 30, 7; IV 3, 7 ; 6, 3 ; 17, 3 ; 22, 1 ; 22, 7 ;
23, 1 ; 24, 1 ; 25, 6; VI, 6, 1-4; 7, 1. 741 /6. VI, 2. 2-3; 5, 5-7;Vl )qq! 7.2 Ib. IV, 4, 1 sqq. ; V, 9-18 ; 22, 5-7. Cf. Rüstow et Kochly. Griech. Kriegswes.
p. 296 sqq. ; J. -G. Droysen, Gesch. Alexanders, I, p. 127 sqq.; Hans Droysen. Griech. Kriegsalt. p. 124-127.
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prépara et accomplit en partie une nouvelle transformation, plus profonde encore, de son armée. En revenant de l’Inde, à travers les montagnes et les déserts de Gédrosie, il avait perdu ou usé presque toutes ses troupes. Arrivé à Suse, en 324, il entreprit, d’après de nouveaux principes, l’œuvre de réorganisation. Il fit venir des renforts de Macédoine 743 et engagea encore des mercenaires744. Mais, pour le recrutement de l’armée, il voulut tirer de l’Asie même les plus gros contingents : il enrôla ainsi vingt mille Perses748 et trente mille barbares des satrapies de l’Est746 sans compter les nombreuses recrues des satrapies de l’Ouest741. Dans la grosse cavalerie des hétaïres, maintenant divisée en cinq Î7U7capj£fet et commandée par un ^iXiap^oç, il mêla les Asiatiques aux Macédoniens; des barbares furent promus aux grades d’officiers, furent admis même dansl’agêma748. Le corps des hypaspistes fut remplacé par la troupe des ’Apyupâtmosç, qui comprenait des bataillons de mille hommes (^iXiap^iou) et des compagnies de cinq cents hommes (•7ievTa<o(7tap^iai)149. Des Perses furent enrôlés dans les Tâijsiç de pézétaires760. Alexandre imagina même d’introduire des troupes légères dans la phalange. Les hommes y furent disposés sur seize rangs ; mais, seuls, les trois premiers rangs et le dernier étaient formés de Macédoniens armés de la sarisse ; les douze rangs intermédiaires comprenaient des archers ou des acontistes, presque tous des barbares.
Si Alexandre ne put mener jusqu’au bout toutes les réformes qu’il méditait, il en traça du moins les grandes lignes. Et cette nouvelle organisation militaire, où se mêlaient les traditions de la Macédoine et celles des pays d’Orient, a servi de modèle, au moins en Asie, pour la plupart des armées de l’époque hellénistique.
A la mort d’Alexandre commence une période de confusion extrême, dans l’histoire militaire comme dans l’histoire politique. Les prétendants et les ambitieux se préoccupèrent de constituer chacun une armée sur laquelle il pût compter751. Nous n’avons point à étudier en détail toutes ces troupes qui, d’ailleurs, se ressemblent fort. Il nous suffira de dégager rapidement les principaux traits de l’organisation militaire à cette époque.
Ce qui frappe tout d’abord, c’est l’importance numérique des armées en présence : Antigone, en Cilicie, met en ligne soixante-dix mille hommes ; pour sa campagne contre l’Égypte, quatre-vingt-dix mille; Démétrios commande à cent dix mille hommes; sur le champ de bataille d’Ipsos, on voit en face l’une de l’autre deux troupes de quatre-vingt mille hommes et de soixantequatorze mille; enfin le second Ptolémée en réunit jusqu’à deux cent quarante mille182. Si l’on étudie la composition de ces armées, on constate partout les mêmes faits. D’abord elles renferment peu de Macédoniens153, elles sont formées surtout de mercenaires grecs ou asiatiques qui, parfois à eux seuls, constituent les deux tiers de l’effectif total 784 ; et elles s’ouvrent de plus en plus aux contingents orientaux, équipés les uns à la mode macédonienne, les autres suivant la coutume de leurs
74 3 Arrian. VII, 12, 4; 23, 1 ; 24, 1. — 741 Ib. VII, 23, 1 sqq. — 746 Ib.
746 Ib. VII, 6, 1-9. — 747 Ib. VII, 23, 1 — 748 Ib. VII, 6, 3-5; 11, 1-3; 14, 10.
29, 4-5; — 740 Ib. VII, H, 3; 25, 6; lliod. XVII, 57; Q. Curt. IV, 13, 27.’
— 760 Arrian. VII, H, 3. — 761 Diod. XVIII, 14; 29-30 ; XIX, 40, 60, 80.
— 762 Ib. XVIII, 50; XX. 73, 82; Plut. Demetr. 28 , 43. — 763 Diod. XVIII, 12,
14, 30, 68. — 754 Diod. XVIII, 40, 51, 61; XIX, 27-29, 69, 82, 100; XX, 110-113.
— TMIb. XVIII. 14, 29-30, 51 ; XIX, 27 sqq. ; 40, 60 , 69 , 80. — 756 Cf. H. Droysen, I
pays respectifs758. On tenait d’ailleurs peu de compte de la nationalité; le plus souvent, c’étaient simplement la tenue et l’armement qui décidaient de l’enrôlement dans tel ou tel corps186. Quant aux éléments mêmes de l’armée, la plupart nous sont déjà connus : ce sont des hétaires, des hypaspistes, des pézétaires, des argyraspides, des bataillons de 7ratSeç, des frondeurs, des archers et des acontistes à pied ou à cheval761. Nous avons à signaler seulement quelques nouveaux corps de cavalerie légère : les ’Eitt'XexTot, escadrons d’élite ; les SuoTO— cpopot, ainsi appelés du nom de leur lance (?uïtoç) de forme spéciale ; les TapevTÏvot, une variété des acontistes à cheval, et les "AgcputTroi, qui menaient en bride un cheval de réserve 788 [équités]. Le changement le plus important est peut-être dans l’emploi de plus en plus fréquent des éléphants de guerre [elephas].
Après la bataille d’Ipsos, le monde macédonien commence à sortir du chaos. Outre quelques États secondaires, on voit se dessiner trois grands royaumes, ceux d’Égypte, de Syrie et de Macédoine. En ce qui concerne l’organisation militaire, les différents États qui sont nés du morcellement de l’empire d’Alexandre, forment deux groupes assez distincts: le groupe oriental ou asiatique, auquel il faut rattacher l’Égypte, et le groupe occidental ou européen, représenté surtout par la Macédoine.
Les armées du groupe oriental se développent dans le sens des transformations inaugurées pendant les dernières années du règne d’Alexandre; c’est ce que l’on constate surtout dans l’organisation militaire de l’Égypte et de la Syrie.
Les troupes égyptiennes, constituées par Ptolémée Ier, appartenaient à trois catégories différentes. Il y avait d’abord une armée permanente : elle comprenait la garde royale, dite des « macédoniens », qui tenait garnison dans Alexandrie169, et des corps de mercenaires, péloponésiens, crétois, étoliens, thraces, galates, cantonnés soit à Alexandrie, soit dans les villes de l’intérieur160. En cas de besoin, on enrôlait les contingents indigènes, égyptiens et libyens qui, pour la plupart, étaient équipés en macédoniens161. Enfin, il existait une sorte de réserve, formée par les membres des colonies militaires (xa-rotxiat). Alexandre et les Ptolémées avaient établi, dans la vallée du Nil, des groupes d’anciens soldats, Grecs, Macédoniens, Thraces, Galates, Juifs. Eux et leurs fils restaient toujours à la disposition du roi qui, en cas d’appel, faisait les frais de l’équipement et qui, même en temps de paix, semble leur avoir payé une solde. Dans chaque nome égyptien, ils formaient une ou plusieurs compagnies (cr-qpuetat), que commandait un Tjyêpuov un n nrapyoç, assisté d’un Û7i7jp£T7iç pour la tenue des rôles 762. L’Égypte entière était divisée en trois grandes circonscriptions militaires : laThébaïde, l’Heptanomide et le Delta. Dans chacun de ces districts résidait un intendant général (ypapijAaTsùç tÆv Buvagetov). Les troupes et les contingents disponibles de chaque nome étaient placés sous l’autorité ou la surveillance d’un (jTpatYjyo;, dont les bureaux étaient dirigés par un
Griech. Kriegsalt. p. 133. — 767 Diod. XVIII, 16, 28, 45 ; XIX, 27 sqq.; 80-82. 4; XX, 110. — 768 Ib. XIX, 27 sqq. — 759 Arrian. III, 5, 1 sqq.; Polyb. XV, 28, 29, 2; Justin. XII, 4-— 760 Polyb. V, 13, 36, 62, 65; XV, 22, 7; 25, 16-17; Diod. XVIII, 14; XIX, 62, 80 ; Paus. I, 7; Phot. BM. 445 B. — 761 Polyb. V, 65, 107. — 762 Ib. V, 64, 68; XIII, 2; Appian. Prooem. 10 ; Athen. p. 206 ; Bœckh, Corp. iriser, gr. 4698; Peyron, Papyrus grec, p. 27; Mai, Auct. class. V, 352; Lum. broso, l’Égypte sous les Lagides, p. 203, 225 sqq.
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apy u7t7jp£T7jç et un Yp*(A|'t#Tsuç 763. L’armée- égyptienne atteignit souvent un effectif considérable, jusqu’à deux cent quarante mille hommes sous le second Ptolémée. Elle comprenait des corps très divers : deux agêma., l’un d infanterie, l’autre de cavalerie; une phalange dite des « Macédoniens », et une autre d’Égyptiens; des Libyens armés de la sarisse, des colons militaires, des hypaspistes et des peltastes, des mercenaires et de nombreux éléphants764.
La Syrie, comme l'Égypte, était partagée en circonscriptions militaires, que commandaient des stratèges766. L’armée des Séleucides renfermait aussi des contingents d origine et de physionomie très différentes : corps de troupes équipés à la façon des Macédoniens, mais recrutés un peupartout766; indigènes en tenue nationale767 ; colons militaires (xcf-rotxot) 7 68 ; hoplites et cavaliers fournis par les cités grecques 769. Le roi ordonnait des levées d’hommes; pendant la. durée du service, il faisait payer à chaque soldat une solde et des frais de subsistances170. L’administration centrale de la guerre paraît avoir été installée dans la ville d’Apamée ; mais la plus forte garnison était à Antioche171. Rien de plus bigarré que les armées syriennes. En dehors de la phalange, des hypaspistes et des argyraspides, l’infanterie comptait des Agrianes, des mercenaires grecs, des Crétois, des I archers et des frondeurs perses, des acontistes lydiens, des Mysiens, des Cariens, des Cappadociens, des Mèdes, des Thraces, des Caramaniens, des Ciliciens, des Galates, des Scythes, des Arabes ; la cavalerie se composait de l’agêma, des hétaires, des xystophores, des escadrons de kataphractes tout bardés de fer, des Tarentins, des archers à cheval originaires de Galatie ou de Scythie, des Arabes montés sur leurs dromadaires 772. Les contingents de barbares, presque tous légèrement équipés, formaient plus de la moitié de l’armée totale. En avant de la ligne de bataille, les Séleucides rangeaient non seulement des troupes d’éléphants, mais encore des chars à faux, renouvelés de ceux de Darius 773.
Cette organisation militaire de la Syrie et de l’Égypte a été imitée, dans la mesure de leurs ressources, par les divers royaumes qui se sont succédé dans l’Asie Antérieure, depuis l’Arabie et l’Euphrate jusqu’à l’Euxin et au Bosphore. La plus puissante et la plus intéressante de toutes ces armées est celle que créa presque de toutes pièces Mithridate Eupator, roi de Pont. Il enrôla d’abord une foule de mercenaires, Grecs ou barbares, Crétois, Galates, Thraces, Celtes, Bastarnes, Scythes, Sarmates774. Puis il astreignit au service militaire tous ses sujets, anciens ou nouveaux, c’est-à-dire les populations du Pont, de la Paphlagonie, de la Tauride et du Bosphore cimmérien, de la Cappadoce, de l’Arménie et, à certains moments, de l’Asie Mineure presque entière 776. Dans les derniers temps, il eut même
7G3 Polyb. V, 64; XV, 63, 80; Bœckh, Corp. inscr. gr. 288, 4698, 4836; Peyron,
O. I. p. 29 et 90; Lumbroso, O. I. p. 203 et 237. — 764 Polyb. V, 64-65; XV, 25-28 ; Diod. XIX, 80; Appian. Prooem. 10 ; Hieron. Daniel. 11; cf. Lumbroso, O. c. p. 224 sqq. ; Ders, Egitto al tempo dei Greci e dei Romani , 1881, cap. XI; H. Droysen, Griech. Kriegsalt. p. 161 sqq. — 765 Polyb. V, 54, 69; Joseph. Antiq.
Jud. XII, 7, 1 ; XIII, 5 , 4. — 766 Polyb. V, 79; Tit. Liv. XXXVII, 40. —767 p0lyb.
V, 79-82 ; Joseph. Antiq. Jud. XII, 9, 4; Tit. Liv. XXXVII, 40 ; Bœckh, Corp. inscr. gr. 3 1 37. — 768 Corp. inscr. gr. 3137. — 769 Polyb. XXXI, 3; Corp. inscr. gr.
3137. — 770 Joseph. Antiq. Jud. XIII, 4, 9- — 771 Polyb. XXXI, 3; Strab. p. 752.
— 772 Polyb. V, 52-53, 79-82; VII, 16 ; X, 49 ; XVI, 19 ; XXXI, 3 ; Appian. Syr. 17,
32 ; Tit. Liv. XXXV, 46 ; XXXVII, 37-40. — 773 Arrian. Anab. III, 8, 6; Polyb.
V, 53; XI, 34; Diod. XX, 113; Plut. Demetr. 28 ; Appian. Syr. 32; Tit. Liv. XXXVII,
des compagnies nombreuses de transfuges italiens776. L’armée permanente, maintenue dans des garnisons ou exercée dans des camps retranchés, avait à elle seule un effectif considérable, qui se doublait encore ou se triplait en cas de guerre 777. En 88, Mithridate put entrer en campagne avec deux cent soixante mille fantassins, cinquante mille cavaliers et cent trente chars 778. L’infanterie comprenait des corps d’hoplites, d’abord armés de la sarisse et constitués sur le modèle de la phalange macédonienne, plus tard, de la légion romaine; des compagnies de Paphlagoniens, de Cappadociens, de Thraces, de Colques, de Mèdes, de Scythes, tous avec leurs costumes et leur armement indigène; des acontistes, des archers, des frondeurs779. La cavalerie, qui constitua souvent la force principale des armées de Mithridate, se composait surtout d’Arméniens, de Sarmates et de Scythes, équipés à la macédonienne ou en tenue nationale, les uns avec la longue lance et l’épée, les autres avec l’arc780. Ajoutons à cela les chars à faux, l’artillerie de campagne et de siège, un énorme bagage, les files de mulets et de chameaux, et tous les non-combattants, pionniers, soldats du train, ordonnances des officiers, infirmiers, médecins, marchands781, et nous aurons une idée assez complète des armées de Mithridate. Comme on le voit, elles présentent les mêmes traits généraux que toutes les autres armées de l’Asie hellénistique182.
Dans la péninsule des Balkans, c’est-à-dire en Macédoine, en Thrace, en Épire et en Grèce, on était resté beaucoup plus fidèle à l’organisation primitive de l’armée macédonienne, telle que l’avait constituée Philippe et que l’avait laissée Alexandre jusqu’à la mort de Darius.
Le faitest frappant, surtout au me et au ne siècle, dans la Macédoine proprement dite. On y avait conservé les anciennes circonscriptions et les mêmes lois de recrutement. Les milices nationales, qui formaient toujours le gros de l’armée, et les populations tributaires de Thrace ou d’Illyrie, n'étaient appelées qu’en cas de guerre 783. Mais le roi disposait de quelques troupes permanentes : les deux agêma d’infanterie et de cavalerie, et les mercenaires grecs, thraces, celtes et galates 784. Pendant la durée de leur service, tous les hommes recevaient une solde régulière et des frais de subsistances 785. La dernière armée macédonienne, celle qui fut vaincue avec Persée, avait environ trente-neuf mille fantassins et quatre mille cavaliers, les Macédoniens constituant à peu près les deux tiers de l’effectif total. L’infanterie comprenait la phalange des pézétaires, des corps de peltastes ou d hypaspistes, de chaîcaspides, des compagnies légères d’Illyriens, d’Agrianes, de Péoniens, de Thraces, d’Odryses, de Galates, de frondeurs achéens ou crétois; dans la cavalerie figuraient les hétaires, les escadrons thessaliens, des contingents grecs et des merce-
39-40, 47. Cf. H. Droysen, Griech. Kriegsalt. p. 165-167. — 174 Appian. Mithrid.
15, 69; Strab. X, 4, 10; Apollon, ap. Millier, Fragm. hist. graec. IV, 312; Dion. XXXVI, 11; Enseb. 1, 251, 23. — 778 Appian. Mithrid. 87; Justin. XXXVIII, 1.
— 776 Appian. Mithrid. 98. — 777 Strab. XII, 3, 31, 37-40; Justin. XXXVIII, 4.
778 Appian. Mithrid. 17; cf. ibid. 49, 78,97; Plut.SyH.15et 20; Lucull. 7 ; Pomp.
32; Justin. XXXVIII, 1. — 779 Appian. Mithrid. 17, 49, 78, 108; Strab. XIV, 1, 23; Plut. Syll. 15-16; Lucull. 7. — 780 Appian. Mithrid. 17, 97; Strab. VII, 3, 17; Pomp. 32. — 781 Appian. Mithrid. 17, 49, 69, 72 ; Bell. alex. 75; Sallust. Fr. III,
12 ; Justin. XXX VIII, 1. — 782 Cf, T b. Reinach, Mithridate Eupator , 1890, p. 624-273.
— 783 Polyb. Il, 65; IV, 29, 1 ; 66, 7; V, 97, 3; Diod. XIX, 52; Tit. Liv. XXXIII,
3-4, 19; XLII, 42, 51. — 784 Polyb. II, 65; V, 7, 11 ; XXIX, 15; Tit. Liv. XXXIII,
4; XLII, 51. — 785 IV, 63, 10; V, 2, 11 ; Plut. Aemil. 8; Tit. Liv. XXXI, 23; XLII, 12.
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naires786. En somme, l’armée macédonienne, telle que nous pouvons l’étudier à la fin du 111e siècle ou au commencement du second, ne différait que par quelques détails secondaires de celle de Philippe II.
Les voisins ou les ennemis de la Macédoine, qui avaient souvent éprouvé à leurs dépens la force de son organisation militaire, furent naturellement amenés à Limiter. Cléomène à Sparte187, puis Philopoemen on Achaïe188, pour l’armement et la disposition de leurs troupes, prirent modèle sur la phalange macédonienne. Athènes même suivit cet exemple, si l’on juge de l’ensemble de ses troupes par les cadres de sa cavalerie au 11e siècle avant notre ère 789.
L’armée de Pyrrhus, roi d’Épire, présente un intérêt tout particulier, à cause de l’influence qu’elle a exercée sur l’art militaire des Romains. En ses éléments, elle était conforme aux traditions d’Alexandre et de ses successeurs. Elle renfermait des contingents épirotes et macédoniens190, des alliés grecs et thessaliens191, des mercenaires étoliens, acarnaniens, athamanes192, sans doute aussi des Galates793. Elle se grossit, en Italie, d'auxiliaires tarentins,lucaniens,messapiens, samniles791. L’état-major du roi comprenait des gardes du corps (ctojj.aTocfuXay.eç)796, et un agêma de cavalerie (fiatnXixv| ’tXvj)196. L’infanterie se composait d’hypaspistes797, d’archers et de frondeurs 798, surtout de la phalange, où combattaient côte à côte des Macédoniens et des Épirotes armés de la sarisse199. Dans la cavalerie on ne mentionne guère que les hétaïres 800, et les contingents thessaliens801. Avant de s’embarquer pour l’Italie, Pyrrhus avait envoyé à Tarenle trois mille hommes. Lui-même arriva bientôt avec vingt mille fantassins, deux mille archers, cinq cents frondeurs, trois mille cavaliers, vingt éléphants802. Plus tard, il reçut de Ptolémée Kéraunos un renfort de cinq mille fantassins, quatre mille cavaliers et cinquante éléphants 803. Et il enrôla, de gré ou de force, tant d’Italiens, qu’à la bataille d’Asculum il mit en ligne soixante-dix mille hommes801.
Placé en face d’un ennemi nouveau qui, par son armement et sa méthode de combat, différait beaucoup des Grecs comme des barbares d’Orient, Pyrrhus fut amené par les nécessités de la lutte à rompre sur quelques points avec les traditions hellénistiques 805. D’abord, au lieu d’engager l’action avec les éléphants, il en forma une réserve qui, au fort de la bataille, devait intervenir pour jeter l’épouvante dans les rangs de l’ennemi. Puis, au lieu d’attaquer avec une des ailes, comme c’était la coutume en Grèce depuis Épaminondas et Alexandre, il se servit, pour l’offensive, de la phalange. Pour cela, il arma du pilum une partie de ses troupes, sans doute les Italiotes ; et dans la phalange il disposa alternativement un manipule d’Italiens (<n)p.<m) et une division de la phalange épirote (sTtecpa tpaXa^yiTixT]) 80G. Cette phalange hétérogène de Pyrrhus rappelle la phalange mixte imaginée par Alexandre à Suse en 324; et elle
786 Polyb. II, 65; IV, 37,7; 61, 2; 64; 67; V, 2, 3-4; 4, 9; 7,11; 25-27; 65; VIII, 16, 5; X, 42, 3; XVIII, 22; XXVIII, 8; Plut. Aemil. 18, 21; Arat. 43; Tit. Liv. XXXI, 33-42; XXXIII, 4, 14; XL, 6; XLII, 51, 57-58, 66; XLIII, 18-19; XLIV, 11, 42; XLV, 1 ; cf. H. Droysen, Griech. Kriegsalt. p. 157-161. — 787 Polyb. II, 65, 69 sqq. ; Plut. Cleomen. 4-6, 11, 23, 28. — 788 Polyb. X, 22-24; XI, 9, 6; Plut. Philop. 9 sqq.; Paus. VIII, 50. — 789 Arrian. Tactic. 18; Suit!, s. v.
£ o (ictcüjv ovo'jJiaTa. Cf. A. Martin, les Cavaliers athéniens, p. 418 sqq. — 790 Plut. Pyrrh. 21, 28-30; Dionys. Hal. XX, J. — 791 Plut. Pyrrh. 16-17. — 792 Dion. Hal. XX, 1. — 793 Plut. Pyrrh. 28. — 794 Ibid. 13 sqq. — 79(5 Dion. Hal. XIX, 12.
annonce l’organisation complexe de la légion romaine.
En effet, si Pyrrhus, pour lutter avec avantage contre les Romains, avait dû modifier quelque peu la stratégie hellénistique, il est probable que les Romains lui empruntèrent bien plus encore. Cette armée de Pyrrhus a dû jouer un rôle considérable dans l’histoire de l’art militaire. Quand les Romains entreprirent leurs campagnes d’Orient, contre Antiochus, contre Persée ou contre la ligue achéenne, leur légion était solidement constituée au moins dans ses traits essentiels : ils n’ont donc alors presque rien emprunté à leurs adversaires. Au contraire, à l’époque de la guerre contre Pyrrhus, Rome ne s’était point encore montrée hors de l’Italie : elle n’était point organisée pour la conquête. Vaincue par le roi d’Ëpire, elle profita de la leçon et s’inspira de son exemple pour la constitution définitive de la légion. C’est donc par Pyrrhus que l’art militaire des Grecs et des Macédoniens a été révélé aux Romains, les vrais héri tiers de Sparte, d’Épaminondas et d’Alexandre801.
P. Monceaux.
IL Rome. — Les Romains ne concevaient pas, à l’origine, une armée distincte de la société civile ; pour eux, tout citoyen était soldat et nul ne pouvait être soldat qui n’était pas citoyen : le service militaire n’était point une profession, mais un devoir. Aussi la constitution de l'armée primitive de Rome ne différait-elle en aucune façon de celle de la société civile; et comme l’organisation de celle-ci était modelée sur celle du patriciat qui y dominait, le patriciat avait aussi servi de type pour l’organisation de celle-là. La conséquence d’un tel état de choses est que le jour où une révolution fut dirigée contre les patriciens, elle eut nécessairement un contre-coup sur l’organisation militaire de la cité. C’est ce qui se produisit avec le roi Servius Tullius, à qui les historiens s’accordent pour attribuer des réformes importantes; il créa une armée où les rangs ne furent plus marqués par la naissance mais par la richesse, en même temps que l’aristocratie de fortune prenait place à côté de l’aristocratie de caste ; la révolution de 510, qui fut une revanche du patricien dans l’ordre politique, ne modifia en rien l’organisation de l’armée, telle que l’avait conçue le roi Servius; celle-ci subsista sans modifications essentielles jusqu’à Marius. Avec ce général, les prolétaires pénètrent dans l’armée, dont ils avaient été écartés jusqu’alors; toutes les distinctions antérieures, qu’elles fussent fondées sur la naissance ou sur la fortune, disparaissent d’un seul coup : tous reçoivent le droit de servir l’Etat les armes à la main ; l’armée devient un corps entièrement démocratique. En même temps, Marius introduisait une autre innovation : il créait l’engagement volontaire. Dès lors on fut soldat, non plus parce qu’on devait l’être et qu’il n’était pas possible qu’on ne le fût point, mais parce qu’on le souhaitait et qu’on espérait trouver, dans le métier des armes, un profit matériel. On a qualifié depuis longtemps cette
— 796 md. — 797 Plut. Pyrrh. 24. — 798 Ib. 15 ; Dion. Haï. XX, 1. 799 Plut.
Pyrrh. 15 et 21; Dion. Hal. XX, 1. — 800 Plut. Pyrrh. 15, 17, 30; Dion. Hal. I. I. — 801 Plut. Pyrrh. 16-17. — 802 Ibid. 15. — 803 Justin. XVII, 2. — 804 Dion. Hal. XX, 1. — 805 Plut. Pyrrh. 16. — 806 Polyb. XVIII, 28 : où yiôvov 8u7.oiç aMa
xai Suvà[xeriv IraXnia'Cç a uyxï/pYiTat ti0e1ç lyaX^aç <nj;jia{av xa\ cittYoav sa’XayyiTixîjv ev
toï; itçbç 'Pü)|xa(ouç àyio <ri. Cf. Cliauvelaye, V Art militaire chez les Romains , 1884, p. 310. — 807 Cf. von Skala, Der Pyrrische Krieg, 1884; Malden, Journal of Philology , 1882, p. 174; Cliauvelaye, l’Art militaire chez les Romains, 1884; H. Droysen, Griech. Krieg salterthümer , p. 146 sqq.
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période de l’armée romaine par les mots de « période des armées mercenaires ». C est la fin du régime militaire républicain, le début de celui que l'empire trouva tout organisé et qu il conserva. La reconnaissance seule lui en aurait fait un devoir; car c’est lui qui l’avait créé. Ln effet, par cela meme qu’elles n’étaient plus composées que de mercenaires, les armées de la fin de la république étaient à la disposition absolue de celui qui les payait soit en argent, soit en butin; il y avait là pour les ambitieux une tentation à laquelle il n’était que trop aisé de succomber; et, de fait, le jour où il se trouva un général assez puissant et assez habile pour imposer sa volonté par les armes, d’une façon durable, l’empire fut fondé sur les ruines de l’oligarchie.
Avec 1 empereur Auguste commence pour l’armée romaine une nouvelle période. Pendant toute la durée de la république, le service des soldats n’était pas permanent; une fois la campagne achevée, chaque homme redevenait simple citoyen jusqu’à la campagne suivante. Mais un pareil régime ne pouvait guère être appliqué quand les expéditions entraînaient les soldats par delà les mers et duraient plusieurs années de suite; aussi iut-on amené, tout en sauvegardant en théorie le principe, à le violer dans la réalité. Quand la composition de 1 armée eut été modifiée et que les citoyens firent place aux mercenaires, il devint très facile de les maintenir sous les drapeaux, tant que l’on avait besoin d’eux; on les faisait passer d’une contrée dans l’autre, suivant les nécessités de la guerre, mais c’étaient toujours, somme toute, les mêmes soldats, et le service pour eux était à peu près permanent; ils se prêtaient volontiers à une combinaison qui augmentait leurs profits en leur offrant de nouvelles occasions de butin. On concevrait, au reste, difficilement l’occupation de provinces éloignées avec le renouvellement perpétuel des effectifs chargés de les garder. Aussi, quand Auguste organisa l’empire, son premier soin fut-il de décider la permanence de l’armée. En même temps, il la divisa en un certain nombre de corps répartis dans les différentes provinces du monde romain. Cette seconde mesure, indispensable pour la bonne organisation de la défense, était grosse de dangers, comme on le vit dans la suite. En effet, tout alla bien tant que les Italiens continuèrent à peupler les légions et à maintenir dans les diverses armées une certaine unité d'origine et de tendances. Mais lorsque, après Vespasien et surtout après Hadrien, l’un des grands réformateurs des choses militaires, il fut établi que chaque corps d’armée suffirait à son propre recrutement, il ne tarda pas à se former autant d’armées que de provinces, ayant chacune des aspirations et des prétentions égales et qui n’hésitaient pas à se détacher du pouvoir central pour y donner satisfaction; elles étaient d’ailleurs réparties en deux grands groupes, celui d’Orient et d’Occident. La fusion de tous les pays du monde en un seul tout, qui avait été l’œuvre de l’armée républicaine, fut donc assez vite compromise par l’armée de l’empire.
Les changements que Septime Sévère apporta dans les
808 Tit. Liv. I, 13, 8. Dionys. II, 13; Varro, De ling. lat. V, 81. — 809 Toutes ces questions de détail sont insolubles, les textes des auteurs étant contradictoires. Voir à ce sujet Mommsen, Droit public (traduction française), VI, 1, p. 119, note 2 et Marquardt, Organisation militaire (trad. franç.), p. 6. — 810 Cf. Sur cette organisation de l’armée par Servius, tous les manuels d’institutions romaines, particulièrement Mommsen, Droit public, VI, 1, p. 271 et s.; Bouché- Leclercq, p. 267 et s. — 811 Aulu-Gelle (X, 28) indique l’âge minimum des juniores
institutions militaires, ne furent pas non plus pour consolider 1 État romain. Grâce aux facilités qu’il accorda aux légionnaires, ccux-ci se déshabituèrent peu à peu du service aux frontières et le laissèrent aux auxiliaires, c est-à-dire aux populations moins civilisées; bientôt même on imagina de donner des terres aux barbares le long du limes imperii afin de se décharger sur eux de la protection des provinces. De là le régime en vigueur après Constantin : à cette époque la vraie armée est, piesque partout, répartie dans l’intérieur des provinces et l on ne fait appel à elle que dans les cas graves ; la défense journalière de l’empire est, sauf sur quelques points, entre les mains de barbares-colons installés à la liontière, et de leurs voisins, les fédérés. Ce n’est point à des troupes de cette sorte que l’on pouvait demander de résister aux invasions chaque jour plus menaçantes de populations guerrières, avec lesquelles elles avaient plutôt intérêt à pactiser.
L histoire de 1 armée romaine et l’étude de son organisation peuvent donc se diviser en plusieurs grandes périodes, qui devraient se subdiviser elles-mêmes en plusieurs autres, si 1 on avait à sa disposition un nombre suffisant de documents pour le faire avec quelque succès : la période antérieure à Servius Tullius; la période républicaine jusqu’à Marius ; la période postérieure à Marius j usqu à Auguste ; la période impériale jusqu’à Dioclétien ; et la période post-dioclétienne. Nous étudierons successivement la constitution de l’armée romaine à chacune de ces époques; puis nous examinerons son organisation et son administration, en signalant les différentes réformes apportées à l’une et à l’autre aux différents âges de l’État romain.
I. Constitution de l armée romaine. — i° Epoque primitive. On dit que 1 armée de Romulus était composée de trois cents cavaliers et de trois mille fantassins, chacune des tribus entre lesquelles se partageaient la cité formant le tiers de cet effectif et les trente curies constituant trente compagnies 808. Cette armée aurait été portée ensuite à un chiffre supérieur de cavaliers d’abord, puis de fantassins 809.
2° De Servius 1 ullius à Marius. — L’armée créée par Servius Tullius comprenait tous les citoyens jouissant des droits politiques [locupletes] jusqu’à soixante ans810, à 1 exception de ceux qui sont dispensés pour des raisons spéciales [vacatio militiae]. Ils se divisaient d’après leur âge en deux catégories : les juniores 8,1 et les seniores 81 ; ceux-là formant l’armée active et astreints au service en campagne, ceux-ci constituant l’armée de réserve ( legiones urbanae )813. Les plus fortunés seuls faisaient partie de la cavalerie [équités]; les autres de 1 infanterie. Dans celle-ci meme on distinguait plusieurs catégories qui se différenciaient par leur armement comme par la place qu ils occupaient dans le combat. L’ordre de bataille de l’armée servienne rappelait celui de la phalange macédonienne, dont il a été question plus haut, avec quelque développement 814 [pualanx]. En dehors des troupes destinées au combat, des centquatre-
(dix-sept ans) et l’âge maximum (quarante-six ans). Cf. Liv. XXII, 57, XXV, 5;
1 olyb. VI, 19, etc. 812 Les seniores étaient ceux qui avaient plus de quarante-six ans et moins de soixante ans (Varr. ap. Nonium, p. 523). Voir à ce sujet Marquardt, loc. cit. p. tO et notes. 813 Liv. VI, 9. Cf. à ce sujet une note dans le Manuel des institutions rom. de M. Bnuché-Leclercq, p. 2CS, note 2, et un article deM. Steinwender, Die legiones urbanae ( Philologus , XXXIX, p. 527 et s.).
— 81* Dionys. IV, 16, 17;Liv. I, 43.
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vingt-huit centuries d’hommes armés [cent dru], l’infanterie comprenait cinq autres centuries d’hommes non armés réservés à des services spéciaux : deux centuries d’ouvriers [fabri], une de musiciens [cornu], une de recrues non armés [accensi velati].
L’époque de Camille vit se produire une réforme militaire importante; elle se traduisit par l’établissement d’une solde pour la cavalerie comme pour l’inianterie [stipendium], par des modifications dans l’armement, nécessitées par les guerres contre les Gaulois — emploi du casque en métal [galea], blindage du bouclier [clipeus] — et par l’introduction de la disposition manipulaire dans la légion [legio] ; le manipule devint dès lors, et resta jusqu’à Marius, l’unité tactique 8U.
À côté des légions qui formaient sinon le seul élément du moins l’élément le plus solide de l’armée romaine, il faut citer, pour cette période, les contingents fournis par les socii. Un traité conclu par Sp. Cassius, en 261 de Rome, obligeait les Romains et les Latins à réunir leurs troupes pour former l’armée alliée; le commandement devait être exercé alternativement par un représentant de chacun des contractants816, mais les Latins perdirent ce privilège en 416, à la suite delà guerre Latine, et dès lors ceux d’entre eux qui n’appartenaient pas à un municipe indépendant, servirent dans les légions romaines; les autres, qu’ils fussent citoyens de cités fédérées ou de colonies latines, constituaient des corps particuliers dont l’importance était fixée chaque année [socii]818. On choisissait un tiers de la cavalerie et un cinquième de l’infanterie pour en former un corps d’élite [extraordinarii] . Ces contingents alliés ne constituaient en aucune façon des corps indépendants, mais étaient partie intégrante de l’armée romaine dont ils formaient les ailes [ala].
De plus, le jour où la guerre fut transportée hors de l’Italie, on n’hésita pas, pour grossir l’armée romaine, à faire appel à des troupes locales fournies par les pays mêmes où se passait 1 action [auxilia].
Enfin, le général avait soin de s’entourer d’une troupe d’élite formée de fantassins et de cavaliers, et recrutée, soit parmi les citoyens romains, soit parmi les alliés, soit des deux côtés à la fois ; on la nommait cohors praetoria 8,3
PRAETORIANl].
Tous ces éléments mélangés constituaient en temps ordinaire un total de troupes assez élevé et pouvaient, à un moment donné, fournir à l’État des armées considérables. Du temps de Polybe, on levait chaque année quatre légions nouvelles820 (entre dix-huit et vingt-quatre mille hommes) 821 qui constituaient deux corps d’armée consulaires; si l’effectif de ces nouvelles légions suffisait, on licenciait celles qui avaient été formées l’année précédente; si, au contraire, les besoins militaires étaient plus grands, on les maintenait sous les drapeaux. C’est ainsi que pendant la deuxième guerre Punique, on conserva dix-huit822, vingt 823, vingt et une824 et jusqu’à vin-t-trois légions 823. Le nombre des socii était supe-
816 Liv. VIII, 8. - 816 Festus, Epit. p. 241. - 817 Liv. Epit. 12. - 818 Polyh. vj 21 819 Fest. Epit. p. 223, M ; Cic. ad fam. X, 30. - 82(1 Polyb. 1,10; VI, 19. 821 L'effectif de la légioa a varié suivaut les époques. Le chiffre normal est 4500 ; quelquefois il s'éleva à 5000 ou 5200; il atteint 6000 à l'époque de ^ guerre de Per.ée. Voir sur cette question, Marquardt, ^garnfionmüUarrep 2 et notes. Elle sera traitée 5 l’article lbco. -822 Liv. XXIV, H. - 823 Ibid. XXX, 2.- 8 16. y Y v , 48- XXVII 22. — 826 lb. XXVI, 1, 3 ; XXVII, 36.- 826 Cf. Sur la question, V. Marquardt, Organisation militaire , p. 93 et s. - 827 Loc dt. p. ^ cr- » l’appui de cette manière de voir différents tentes : Velleius II, 15, Liv. XXI, ,
rieur à celui des troupes de Rome 826. Polybe dit que l’infanterie des alliés était à peu près égale à celle des légions, mais que leur cavalerie était trois fois plus forte. 11 en résulterait que pour une armée de quatre légions, et y compris les extraordinarii , il faudrait compter seize mille huit cents fantassins alliés et trois mille six cents cavaliers. Mais Marquardt a prouvé que les assertions de Polybe ne sont qu’approximatives et il a admis, à bon droit, ce semble, qu’en fait l’effectif des troupes fournies par les alliés, était au moins deux fois plus élevé que celui des troupes de Rome 827. Il arappelé, à ce sujet, un renseignement important qui nous est parvenu par l’annaliste Fabius, d’après des documents officiels : c’est le relevé des forces dont les Romains disposaient en
l’an S29 de Rome 828. On peut
en dresser
le tableau
suivant :
Fantassins.
Cavaliers.
4 légions en campagne .
Alliés attachés à ces légious .
En tout .
Fantassins.
Cavaliers.
2 légions à Tarente et en Sicile. . .
Alliés attachés aces légions .
(manquent)
Eu tout au tnoin?...
Fantassins.
Cavaliers
Légions de réserve à Rome .
Alliés attachés à la réserve .
En tout .
Fantassins.
Cavaliers.
Alliés non rattachés aux légions. .
Légions disponibles mais non levées
En tout .
Ce qui donne un total de soixante et onze mille six cents hommes d’armée active, -j- cinquante-trois mille cinq cents hommes de réserve, + quatre-vingt-quatorze mille alliés supplémentaires + cinq cent cinquante-huit mille disponibles = 777 100 hommes. On comprend qu’avec de telles ressources les Romains aient pu faire face à toutes les entreprises guerrières de l’époque républicaine.
L’ordre de marche ( agmen ) et l’ordre de bataille ( acies ) de l’armée romaine, à cette époque et postérieurement, ont été étudiés dans des articles spéciaux [agmen, acies,.
3° De Marius à Auguste. — L’abaissement du chitln minimum du cens, qui s’était déjà produit avant 1 époque de Polybe [censvs], avait préparé les voies à la réforme de Marius. Sous celui-ci, il fut établi que la fortune ne serait plus la base du recrutement et que les capite censi pouvaient être admis dans les légions830 ; ils les remplirent bientôt complètement, attirés par l’appât de la solde et du butin831. En même temps, la lex Julia de l’an 661 de Rome ayant conféré à tous les alliés italiens le dioit de cité romaine, les socii cessèrent de servir à part et furent incorporés dans les légions où les citoyens avaient
XXXVI 2; Appian. De bell. Annib. 8. - 828 Ce passage de Fabius est rapporte par Polvbe '(II, 24) qui arrive à un total de plus de777 000 hommes; Diodore (XV, U J qui parle’ de 770 000 hommes; Tite Live (Epit. 20) qui donne le chiffre e 800 000 hommes, Eutrope (III, 5), Orose (IV, 23), et enfin Pline (But. nat. III A J où on trouve le nombre 780 000. Cf. sur ce tente Beloch, Der ItaUsche JJui , Leipzig, 1880, p. 93 et s. et Mommsen. Rôm. Forschungen, II, p- 383 e
829 Nombre trop faible: il manque les effectifs de plusieurs peuples *ta‘‘u
— 330 Sali .Jug. 86; Plut. Marius, 9; Val. Max. II, 3, 1 ; Aul.-Gell., XVI 20. — 83 ; PI Bell. cio. X , 17.
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accès832. On alla même plus loin; pendant les troubles des guerres civiles, pour compléter les effectifs dans des cas pressants, on composa certaines légions de provinciaux ( legiones vernaculae ) à qui on accordait en masse, pour la circonstance, le droit de cité 833, et même d’esclaves83 . Il devint aussi habituel, au lieu de renvoyer les soldats dans leurs foyers à l’expiration de leur temps de service, de les garder sous les drapeaux, comme vétérans [veterani], ou de les rappeler au bout de quelque temps comme évocats [evocati]. Ces changements en entraînèrent d autres : homogénéité plus complète de la légion, abandon do la formation manipulaire qui fit place à la formation par cohortes, perfectionnement dans 1 armement, substitution de l’aigle aux enseignes comme insigne de la légion, introduction d’une numérotation donnée aux légions; disparition de la cavalerie légionnaire qui est, désormais et pour quelque temps, composée d’auxiliaires seuls. Il sera question de tout cela avec plus de détails aux articles spéciaux [équités,
LEGIO, SIGNA MILITARIA].
La lex Julia , dont il a été question plus haut, ayant fait disparaître la catégorie militaire des socii , il ne resta plus pour compléter l’armée que les auxiliaires. Ceux-ci étaient fournis comme impôt par les rois et peuples soumis ou levés, moyennant solde dans les régions encore indépendantes [auxilia] ; une partie de la cavalerie auxiliaire était attachée à la légion; le reste, avec l’infanterie, iormait des corps à part, que l’on employait suivant les circonstances. Toutes ces troupes n’étaient pas armées à la romaine ; on vit apparaître, dès cette époque, ces corps d’auxiliaires si fréquents au temps de l’empire qui gardaient, au service de Rome, le costume et la manière de combattre des peuples auxquels ils appartenaient.
Il est impossible de dire à quel total s’élevait l’effectif de l’armée romaine pendant cette période; il variait avec le nombre des généraux qui se disputaient le pouvoir et avec les besoins de chacun d’eux; il est bien évident, à priori, que la suppression des entraves légales apportées jusqu’à Marius à la composition de la légion, et l’extension de la puissance romaine dans toutes les parties du monde, mettaient à la disposition des chefs d’armée un nombre de soldats considérable.
L’armée de terre pouvait être soutenue, à cette époque, par une armée de mer importante [classis].
4° D’Auguste à Dioclétien. — A l’époque impériale, l’armée romaine était constituée par cinq éléments différents, les légions, les troupes auxiliaires, les flottes, les troupes cantonnées à Rome même, et les milices provinciales et municipales qui prennent part, à leur façon, à la défense de l’empire. Le nombre des légions dont Auguste après Actium, avait ramené le total de cinquante et plus à dix-huit d’abord, d’après M. Mommsen, et postérieurement à vingt-trois, fut porté par le même empereur à vingt-cinq, en l’an 5 avant Jésus-Christ 835. C’est le chiffre qui nous est donné pour l’an 23 après Jésus- Christ836. Claude ajouta une nouvelle légion à celles qui existaient lors de son avènement et Néron trois autres; Galba en créa une trentième; Vespasien en licencia
quatre qu’il remplaça par trois; Trajan en augmenta encore le nombre d’une unité, si bien que, dès lors, le total des légions s’éleva à trente; depuis Septime-Sévère .jusqu’à Dioclétien, il est de trente-trois. Toutes ces transformations qui ne sont rappelées ici que pour mémoire seront étudiées à l’article legio.
Ces légions étaient cantonnées aux différentes frontières de 1 empire, presque toutes dans les provinces dites impériales, à l’exception de l’une d’entre elles, la deuxième Parthique qui fut établie en Italie, à Albe 837. Leur organisation différait peu de celle que Marius avait introduite; pourtant Auguste y avait apporté quelques changements : il y introduisit à nouveau un certain nombre de cavaliers [équités] et donna désormais à chacune d’elles, un chef permanent [legatus legionis].
Les auxiliaires se composaient d'éléments réguliers et I d éléments irréguliers. Les éléments réguliers comprenaient: l°les cohortes, qui pouvaient renfermer cinq cents ou mille hommes, dont les uns étaient formés exclusivement de fantassins, les autres d’un effectif mixte d’infanterie et de cavalerie [cohors] ; 2° les ailes de cavalerie, qui comptaient également cinq cents ou mille soldats [ala] ; ces troupes différaient essentiellement des légions en ce qu elles ne renfermaient, sauf dans des cas exceptionnels, que des pérégrins, du moins jusqu’au jour où la distinction entre ceux-ci et les citoyens romains perdit toute valeur juridique ; 3° des troupes d’infanterie et de cavalerie composées de vétérans, que l’on retenait au service après le temps légal, soit pour utiliser encore leurs services, soit pour échapper quelques années à la nécessite de leur payer une retraite : ces troupes se nommaient v exil la veteranorum [vexillatio]. Les irréguliers appartenaient à des contingents levés dans les parties de l’empire les moins civilisées ou fournis par les rois alliés : ils conservaient leur costume et leur armement national et étaient répartis, pour la plupart, à partir du me siècle en numeri , cunei, vexillationes (voir ces mots).
La flotte fut réorganisée par Auguste, comme l’armée de terre; il en régla les cadres et la constitution, il lui assigna des ports d’attaches fixes, en Italie, dans les différentes provinces et même sur certains fleuves. Il a été parlé avec détail de cette question au mot classis.
Pour remplacer les légions de réserve qui veillaient à la sécurité de Rome, l’empire créa deux sortes de troupes, les cohortes urbaines et les vigiles.
Les cohortes urbaines, établies par Auguste et définitivement organisées par Tibère, furent d’abord au nombre de trois, puis peut-être de sept, et enfin de quatre. Deux autres tenaient garnison à Lyon et à Carthage [urbanae cohortes]. Les vigiles avaient pour mission de veiller aux incendies et de faire la police de la ville; ils étaient répartis en sept cohortes dont chacune avait la surveillance de deux régions de Rome avec un corps de garde [excubitorium] dans chacune [vigiles]. Ils envoyaient aussi un détachement à Ostie.
A ces troupes s’en joignaient d’autres, dont le rôle principal était de former la garde du palais ou la garde personnelle de l’empereur. Ce sont surtout les cohortes prétoriennes, qui n étaient qu’un développement de la
832 Sur ces réformes voir Lange, Historia rei mililaris , p. 3 et s. et Votsch, Caius Marius als reformator des Beerwesens. — 833 Caes. Bell. Hisp. 7; Bell. ci\). II, 20; Bell. Alex. 53. Cf. sur ces légions, Mommsen, Hermès, XIX, p. 13 et s. — 83'* piut. ÿyiia , 9 et Marius , 41 ; Appien. Bell. civ. 111,49; V, 30 ; Caes. Bell, civ •
I, 24 ; Bell, afr, 19 , etc. — 835 Voir an «mot /iao i ■ ■ , , .
r . n. . * . voir, au sujet des légions d Auguste, Mommsen, Res
Gestae Divi Augusti, p. 73 et s et P Th RAhft ^ .
836 Ton a TV \ ' Lh- Robert> Sur les légions d'Auguste.
— 83b l’ac. Ann. IV, 5. — 837 Dion T.V u a J
lün- L,v> cf. Henzcn, Annali , 1867, p. 73
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cohors praeioria des généraux républicains; elles campèrent à Rome parce que le praetorium de l’empereur y était fixé ou bien dans certaines résidences impériales italiennes où il était établi temporairement. Le nombre de ces cohortes varia entre neuf et seize ; il était de dix pendant le n° et le me siècle- Réorganisé par Septime- Sévère, ce corps ne fut supprimé que par Constantin [praetoriani]. Les stator es étaient aussi attachés au service de l’empereur, comme gardes [statores], à côté des Germant [germani] auxquels succédèrent les équités singulares [équités singulares] et des frumentarii , dont les fonctions sont assez difficiles à déterminer [frumentarii].
Enfin certaines provinces ou certaines cités entretenaient à leurs frais et avec l’autorisation du pouvoir suprême des milices locales destinées à assurer la police dans les différentes parties de l’empire, comme les diogmites d’Asie 838, la cohorte orae maritimae 830 de Bétique, les hastiferi civitatis MattiacorumM et quantité d’autres corps analogues84’.
Après avoir indiqué brièvement la constitution de l’armée romaine en général, sous le haut empire, il convient d’examiner chacun des corps d’armée provinciaux qui la composaient. La plupart d’entre eux étaient formés d’une ou de plusieurs légions complétées par des auxiliaires; on peut admettre, d’après certains témoignages842, que le nombre des soldats auxiliaires était égal en moyenne à celui des légionnaires. Les autres ne se composaient que d’auxiliaires ; c’était la minorité. Ces différentes armées se distinguaient l’une de l’autre par une épithète tirée du nom du pays qu’elles occupaient; elles sont mentionnées non seulement par les auteurs, mais par les inscriptions 843 et même les monnaies; c’est ainsi que toute une suite de pièces frappées au temps de l’empereur Hadrien, et à l’occasion de ses voyages, portent au revers, avec le nom d’un corps d’armée, l’image de l’empereur en train de haranguer
les troupes qui y tenaient garnison 844 (fig. 2857 et 2858).
Grâce aux nombreuses inscriptions que l’on possède sur les légions, d’une part, et, de l’autre, aux diplômes militaires qui nous font connaître la composition approximative de chaque corps d’armée, en auxiliaires, à certaines époques, on peut se faire une idée des effectifs réunis dans les différentes provinces militaires; le tableau suivant suffira à fixer les idées à cet égard 846.
armée de Bretagne (an 124) 84°.
[Trois légions, six ailes, vingt et une cohortes]
Legio II Augusta.
Legio VI Victrix.
— XX Valeria Victrix.
Ala 1 Hispanorum Asturum.
— 1 Qu... ru...
— .... alis.
— Picentiana.
— Petriana.
(Manque une aile.)
Cohors I Hispanorum.
— I Frisiavorum.
— I Ilamiorum sagittariorum.
— I Sunucorum.
— I Vangionum miliaria.
— / Baetasiorum.
I Delmatarum.
— I Tungrorum miliaria.
— III Bracaraugustanorum.
— II Lingonum.
— I Aquitanorum.
— / Menapiorum.
— I Ulpia Trajana Cugernorum Civium Roma-
norum.
I Fida Vardulorum Civium Romanorum.
— I Batavorum.
— II Asturum.
— II Dongonum.
— II Nerviorum.
— III Nerviorum.
— VI Nerviorum.
— ... Civium Romanorum.
armée de cappadoce (an 134) 847.
[Deux légions, cinq ailes, six cohortes, trois numeri.]
Legio II Fulminata.
— XV Apollinaris.
Ala Isauriana.
— Colonorum,
— / Raetorum.
— Allacticaï
— Getarum.
Cohors //// Raetorum equilata.
— Cyrenaica equitata.
— Italica equitata.
— Bosporanorum.
— Numidarum.
— Ituraeorum equitata.
Numerus Petraeorum sagittariorum.
— Celtarum equitum.
— Acaeorum.
838 Vit a Marti , 21; Act. S. Nestorii, 3; Ammi. Marcellin. XXVII, 9.
— 839 Cor p, inscr . lat. II, 4138, 4217, 4225, 4226, 4239, 4264, 4266. — 840 Corp. inscr. Rh. 1336; Correspondenzbl. der Westd. Zeitchr. 1887, p. 180. — 841 Sur ces milices voir Jung, Zeitschrift für die oesterreichischen Gijmn. 1874, p. 668 et s. ; R. Cagnat, De municipalibus et provincialibus militiis in imp. rom. Paris, 1880 ; Mommsen, Hermes, XXII, p. 546 et s.; 0. Hirschfeld, Sitzungsberichte der AJcad. der Wissenschafien, 1891, p. 845 et s. — 842 Dion. LV, 24; Suet. Tib. 6. On arrive à peu près au même résul tat en faisant la somme des forces légionnaires et auxiliaires qui sont signalées dans le camp d'Hygin ( Liber de manitionibus castrorum).
— 843 Exercitus Arabicus [Corp. inscr. lat. III, 93), Pannoniae inférions (III, 3749),
Raeticus[\, 7117, 8660), Dafmatiae (X, 3870), Germaniae superioris (XII, 113,3181), G ermaniae in ferions (1354), etc. — 84V Cohen, Monnaies impériales , II, p. 153 et s. — 846 On peut arriver dès maintenant à un résultat suffisant, même à propos des provinces pour lesquelles nous sommes encore privées de diplômes militaires; mais une semblable étude nécessiterait des discussions de détail, qui sortiraient des limites de cet article. Je me bornerai donc aux corps d’armée connus par des diplômes militaires ou par des documents tout à fait précis; encore De choisirai-je qu’un seul exemple par corps d’armée. Pour dresser le tableau de répartition des légions, je me suis servi de Y Histoire des légions de M. Pfitzner. — 846 Hiibner, Hermès, XVI, p. 530 et s. ; Dipl. mil. XXX. — 847 Arrian. 'Errerai; xax’ ’AT-àvoiv.
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ARMÉE DE DACIE INFÉRIEURE (an 157) 8'*8.
[Une légion, trois ailes, dix cohortes.]
Legio XIII Gemina.
A la I Hispanorum Campaqonum.
Ala I ?
(Manque une aile.)
Cohors I Vindelicorum.
— I Flavia Commagenorum miliaria.
— I Ubiorum.
— I Thracum sagittariorum.
I Gallorum Dacica.
— I Augusta.
(Manquent trois cohortes.)
Pedites singulares Britannici.
ARMÉE DE DA LM A TI E (an 93) 843
[Deux cohortes.]
Cohors III Alpinorum.
Cohors VIII Civium Romanorum.
armée d’égypte (an 88)860.
[Une légion, trois ailes, sept cohortes.]
Legio III Cyrenaica.
Ala Augusta.
— Apriana.
— Commagenorum.
Cohors I Pannoniorum.
— I Hispanorum.
— I Flavia Cilicum.
— I Thebaeorum.
— II Thebaeorum.
— II Ituraeorum.
— III Ituraeorum.
ARMÉE DE GERMANIE SUPÉRIEURE (an 116)851.
[Deux légions, deux ailes, dix-sept cohortes.]
Legio VIII Augusta.
— XXII Primigenia.
Ala I Flavia Gemina.
— I Scubulorum.
Cohors I Germanorum Civium Romanorum.
— / Flavia Damascenorum.
— / Ligurum et Hispanorum Civium Romano¬
rum.
— 1 Civium Romanorum.
— 1 Aquitanorum veterana.
— / ? Thracum Civium Romanorum.
— II Hispanorum pia fidelis.
— II Raetorum Civium Romanorum
— III Delmatarum pia fidelis..
— IIII Aquitanorum.
— V Delmatarum.
8’*8 Dipl. mil . XL. — 810 Dipl. milit. XVI. Cf. Corp. inscr. lat. III, p. 280. — 860 Eph. epigr. V, p. 613. — 861 Dipl. milit. XXVII, XXVIII. - 862 Dipl. milit. XIV. — 853 Dipl. mil. de Cherchel (Bull. arch. du Comité des travaux historiques, 1891, p. 501 et suit.; R. Cagnat, l 'Armée romains d'Afrique,
— VII Raetorum.
(Manquent quatre cohortes.)
ARMÉE DE JUDÉE (an 86) 852.
[Deux légions, deux ailes, quatre cohortes.]
Legio VI Ferrata.
— X Fretensis.
Ala II Veterana Gaetulorum.
— I Thracum Mauretana.
Cohors I Augusta Lusitanorum.
— I Thracum.
— Il Thracum.
— II Cantabrorum.
ARMÉE DE MAURÉTANIE (an 107) 8S3.
[Trois ailes et dix cohortes.]
/ Nerviana Augusta fidelis miliaria.
II Thracum Augusta pia fidelis.
Parthorum.
I Augusta Nerviana velox.
I Corsorum civium romanorum.
I Pannoniorum.
I Nurritanorum.
I Flavia Musulamiorum.
I Flavia Hispanorum.
I Brittonum.
Il Breucorum.
II Gallorum.
— IIII Sugambrorum.
ARMÉE DE MÉSIE INFÉRIEURE (an 99) 8sl.
[Deux légions, six ailes, treize cohortes.]
Ala Gallorum Flaviana.
— 1 Pannoniorum.
II Hispanorum et Aravacorum.
— I Asturum.
— I Fl. Gaetulorum.
— 1 Vespasiana Dardanorum.
Cohors I Sugambrorum veterana.
— I Bracaraugustanorum.
— / Hispanorum veterana.
— II Mattiacorum.
— II Gallorum.
— III Gallorum.
— VII Gallorum.
— Ubiorum.
I Lepidiana Civium Romanorum.
— I Tyriorum.
— I Lusitanorum Cyrenaica.
Il Flavia Brittonum.
— II Chalcidenorum.
ARMÉE DE NORICUM (an 153) 855.
4 ailes dont Y ala II Flavia miliaria.
14 cohortes.
p. 266 et suiv.). - 86S Dipl. milit. XX; Arch. epigr. Uitth. 1887, p. 24. On ne sait pas comment étaient réparties entre les deux provinces de Mésie, à cette époque, les cinq légions qui gardaient le pays. — 855 Eph. epior IV p. 502. * *
Ala
Cohors
EXE
armée de pannonie inférieure (entre lia et 101) 85e. [Une légion, cinq ailes, treize cohortes.]
Legio II Adjutrix.
Ala I Thracum.
— I Velerana Civiurn Romanorum.
— Britannica miliaria Civium Romanorum.
(Manquent deux ailes.)
Cohors I ? Lusitanorum.
— II Asturum et Callaecorum.
— I Alpinorum peditata.
— VII Lusitanorum.
— II Augusta.
— ... voluntariorum Civium Romanorum.
— I Thracum Germanica Civiurn Romanorum.
— ... Batavorum.
— I Thracum equitata.
(Manquent quatre cohortes.)
ARMÉE DE PANNONIE SUPÉRIEURE (an 154)857. [Trois légions, cinq ailes, cinq cohortes.]
Legio
/ Adjutrix.
X Gemina.
XIV Gemina.
Ala
I Ulpia Contariorum miliaria.
I Thracum Civium Romanorum victrix.
I Canninefatium Civium Romanorum.
I Hispanorum Aravacorum.
III Augusta Thracum sagittariorum.
Cohors
I Ulpia Pannoniorum miliaria.
I Thracum Civium Romanorum.
Il Alpinorum.
V Callaecorum Lucensium.
XVIII Voluntariorum.
armée de rétie (an 108) 858.
[Quatre ailes, onze cohortes.]
Ala
I Hispanorum Auriana.
1 Augusta Thracum.
I Singularium Civium Romanorum.
Il Flavia miliaria.
Cohors
I Breucorum.
I Raetorum.
Il Raetorum.
III Bracaraugustanorum.
III Thracum.
III Thracum Civium Romanorum.
III Britannorum.
111 Batavorum miliaria.
1111 Callaecorum.
V Bracaraugustanorum.
VII Lusitanorum.