ARMÉE DE SARDAIGNE
[Deux cohortes.]
Cohors
II Gemina Sardorum et Cursorum.
II Gemina Ligurum et Cursorum.
8S6 Dipl. mil. XLII, XLIII, XLVI. Cf. Eph. epigr. II, p. 453. - 857 Dipl. mil. XXXIX ; Corp. inscr. lat. VI, 3402. - 858 Dipl. mil. XXIV. - 859 Dipl. mil. XVIII, cf. LXIII (Eph. epigr. IV, p. 183). — 860 wilmanns, Exempta , 636, 1202, etc. — 861 Tacit. Eist. II, 100. — 862 Wilmanns, 1201. —863 Ibid. 1203. — 864 Arch.
Ces différents corps d’armée constituaient l’armée permanente de chaque province. Mais il pouvait arriver que, pour faire face à un danger subit ou à une guerre importante, on eût besoin de renforcer un corps d’armée, temporairement. Alors on mobilisait des troupes d’une autre partie de l’empire et on les envoyait sur le lieu du combat. Ces armées mobilisées portaient également le nom à'exercitus 860. Ainsi, l’on sait par Tacite861 que Cécina emmena contre Vespasien une armée composée de détachements empruntés aux légions de Germanie (i°, iv% xvc, xvie), bientôt rejoints par d’autres que fournirent les légions du Rhin, les v° et xn°, la xxie Rapax et la Ie Italica, ainsi que les légions de Bretagne, les 11e Augusta, ixe et xxe Yictrix ; sans compter les auxiliaires attachés à chacune de ces légions. Septime Sévère, en marchant contre Pescennius Niger, avait des vexillations de légions d’Illyricum862, de Mésie 863, de Germanie864; les noms de ces légions sont cités sur les monnaies que l’empereur fit frapper pour leur solde 865. Naturellement, la composition et l’importance de ces armées mobilisées variait avec les circonstances. Il suffît d’en avoir indiqué le principe [vexillatio].
4° Période postérieure à Dioclétien. — Nous avons déjà indiqué, au commencement de cet article, le caractère de la révolution qui se produisit dans la constitution de l’armée, après Dioclétien. Les troupes de Rome comprennent encore à cette époque des légions [legio]; mais celles-ci ne sont plus que l’ombre des légions de l’époque précédente ; elles sont fractionnées en nombreux détachements, et ont un effectif beaucoup moins considérable (mille hommes) ; en dehors des légions, on rencontre des auxilia de cinq cents hommes [auxilia] et des cohortes de cinq cents hommes aussi, [cohors] qui sont des corps à pied, des cunei, des alae, des vexillationes qui se composaient de cavaliers et comptaient chacun cinq cents hommes. Toutes ces troupes portaient le nom de numerus indistinctement; elles étaient réparties en grande partie dans l’intérieur des provinces, quelques-unes pourtant sur les frontières; mais celles-ci étaient surtout défendues par des corps sédentaires, mi-soldats, mi-agriculteurs, les limitanei, les castriciani ou castellani, les burgarii, sans compter les fédérés, unis à Rome par un pacte en vertu duquel ils avaient à pourvoir à la défense du limes [foedus]. Les numeri n’étaient pas tous égaux entre eux; il y avait une hiérarchie nettement marquée : les plus élevés (troupes de première classe) étaient les palatini, les comitatenses et les pseudocomitatenses , successeurs des cohortes prétoriennes, et destinés à accompagner partout l’empereur, enfin les scolae [scola], sorte de gardes du corps du souverain, auxquelles il faut joindre encore les protecteurs et les domestiques [protectores]. Néanmoins, en cas de danger, les palatini, les comitatenses et les pseudocomitatenses se portaient à la frontière pour soutenir les troupes sédentaires; elles en formaient, en réalité, la réserve 866.
Enfin certains États indépendants et royaumes clients fournissaient des corps irréguliers dont les effectifs venaient grossir ceux de l’armée régulière [gentiles].
epigr. Mittheilungen, 1891, p. 70, n»> 53 et s. — 865 Cohen, Monnaies mpériales, IV, p, 31. — 866 Le mécanisme de l’armée romaine après Dioclétien a été plusieurs fois étudié; le dernier article paru à ce sujet, qui est de beaucoup le plus complet est dû à M. Mommsen ( Hermès XXIV, p. 195 et s ).
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Les soldats entretenus par les particuliers pour leur défense propre, se nommaient bucellarii.
La Notice des Dignités permet de se rendre compte approximativement du nombre de corps de troupes dont 1 empire romain disposait, au moins sur le papier, à cette époque et de la façon dont ces différentes troupes étaient réparties dans les provinces. On peut en dresser, toutes réserves étant faites d ailleurs sur la créance qu’il convient d'accorder aux renseignements de la Notice, le tableau suivant :