‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 3)Chapitre 13 sur 111 · DE K · texte numérisé non relu

DE K

tod£çj. Plusieurs d'entre eux avaient non-seulement donné leur adhésion à la politique des Trente, mais encore fait partie de cette magistrature ; on peut citer notamment Phidon et Ératosthène3. C’étaient donc des oligarques, mais des oligarques qui répudiaient les excès de Critias et de Chariclès, et qui étaient disposés à gouverner avec plus de modération*.

Les AexaSou^t représentaient les dix tribus d’Athènes, chacune de ces tribus ayant fourni l’un des membres de la nouvelle magistrature8.

Avec moins de violence et de tyrannie dans les procédés, les Asxovîoü/ot restèrent fidèles à la politique des Trente : hostilité manifeste contre la démocratie, volonté très apparente de maintenir le pouvoir entre les mains de l’aristocratie et de s appuyer sur Sparte6. Ils ne tardèrent pas à être presque aussi odieux que Critias à la bourgeoisie athénienne. Après quelques mois d’exercice du pouvoir contrairement à 1 opinion de la majorité de leurs concitoyens, ils disparurent naturellement le jour où Thrasybule et les exilés rentrèrent dans Athènes et y restaurèrent le gouvernement démocratique.

Au temps pendant lequel ils dirigèrent les affaires de la République, comme au temps de la tyrannie des Trente, les Athéniens appliquèrent la qualification blessante d Avap^i'a. E. Caiclemer.

DEKARCI1IA, Acxap^la. — Nom sous lequel les historiens grees désignent une forme oligarchique de gouvernement que, à la suite de la victoire d’Ægos-Potamos, Lysandre établit dans beaucoup de villes soumises à hégémonie de Sparte1. Dans.chacune de ces villes, dix citoyens, choisis naturellement parmi les adhérents de Lysandre et de la politique lacédémonienne, étaient investis de la direction des affaires publiques, et Sparte, pour es protéger et pour faciliter l’accomplissement de leur tache, mettait à côté d’eux un harmoste et une garnison spartiale. Cette forme de gouvernement ayant, paraît-il, complètement répondu aux espérances de son auteur, ysandre ne se borna pas à l’imposer aux cités hostiles et à ce les qui témoignaient des préférences pour le gouvernement démocratique; il l’institua même dans des villes alliées,

ou depuis longtemps la forme oligarchique avait prévalu 2.

Lt cependant les décarchies ne nous paraissent pas avoir justifié cette faveur. Composées, en général, de cioyens hardis et entreprenants, sans plus de scrupules que eur fondateur, elles furent un véritable instrument de tyrannie. Pour en donner une idée, on peut avec M. Grote3 rappeler ce que fut à Athènes, précisément à la même époque le gouvernement des Trente, établi également par ysandre, sous 1 influence des mêmes préoccupations. Il est probable que les décarques furent même souvent pires que les tyrans d’Athènes, retenus sur la pente du mal par le souvenir des enseignements qu’ils avaient reçus L un des plus mal famés, Critias, était un ancien disciple de bocrate. Que devait-on attendre de petits tyrans n ayant pas reçu la même culture intellectuelle ou morale?

Aussi les contemporains nous disent que les décamues se rendirent coupables des plus grands excès: mettre à

2 XIV, 33. — 3 Lysias, C. Eratosthen. SS 54 et « D n Ui < r , de la Grèce, t. XII, p 74 et, 8 Y , ’ U' p' l4*’ ~ 4 Grote. Hist

grecgue, t. IV, p. li js ~ ^ ^ 4’ 23‘ ~ 6 S,st.

52, § 4; IX, 32° § 9 T'’ Didot, p. 65 ; Pausan. VIII

B .,u l \ r, h- Lysand- c- l3- - 3 Hist. de la Grèce t XIII P- «4. - V Xenoph. H,s, gr. 3, §§ 13, U et 21. - 5 Thucyd IV, e. 85 '

mort leurs adversaires, sous ce prétexte que les ennemis de leur politique devaient être des méchants (w,v-/]po(), persécuter les citoyens riches, dont la fortune excitait leurs convoitises, et leur faire largement payer une tranquillité relative; maltraiter tous ceux qui protestaient contre les abus, ou ceux mêmes qui, sans protester ouvertement, se refusaient à approuver des actes répréhensibles, c’était là le droit commun des décarchies*. Isocrate ajoute que les décarques n’avaient nul souci de la pudeur des femmes ou des enfants.

Grâce aux décarchies, les années qui suivirent la bataille d’Ægos-Potamos furent, pour les cités grecques, bien que la paix régnât en apparence, des années de tyrannie, des années de souffrances plus intolérables encore que celles qu’elles avaient endurées pendant la guerre. Brasidas, parlant au nom de Sparte, avait affirmé aux villes grecques de laThrace que la chute d’Athènes n’aurait pas pour conséquence l’établissement de gouvernements oligarchiques, plus à craindre encore que l’occupation étrangère: les Lacédémoniens, disait-il, se présentent en libérateurs, en défenseurs de l’autonomie générale incompatible avec l’hégémonie d’Athènes8. Sur la foi de ces promesses, les villes s'insurgèrent contre la domination athénienne et facilitèrent la victoire des Spartiates. Mais les Grecs durent plus d’une fois regretter de s’ètre montrés si confiants, lorsqu’ils eurent constaté que Lysandre usait de sa victoire pour leur imposer l’oligarchie la plus tyrannique et les obliger à supporter des garnisons lacédémoniennes6. Théopompe eut le droit de dire que, pendant la guerre, Sparte avait servi aux Grecs une boisson délicieuse, les promesses de liberté et d’indépendance, mais que, la guerre finie, ce doux breuvage fut remplacé par de mauvais vin, du vin tourné, du vinaigre, le gouvernement des décarques et des harmostes7.

Les décarchies furent rapidement discréditées8; elles ne durèrent même pas aussi longtemps que l’hégémonie de Sparte. On peut constater, en effet, que là même où les harmostes, représentants de Sparte, demeuraient en fonctions, les décarques indigènes avaient quelquefois disparu Amis personnels de Lysandre, ces décarques eurent à souffrir de la réaction dont l’ambitieux général fut la première victime9. LesEphores ne les soutinrent pas; ils permirent aux villes de les renverser et de reprendre leur ancienne forme de gouvernement. Moins de dix ans après leur institution, en 396, beaucoup de décarchies avaient déjà disparu16. En 394, la bataille de Cnide, qui mit fin à l’hégemonie maritime, en 371, la bataille de Leuctres, qui mit fin à l’hégémonie continentale, eurent pour conséquence forcée 1 entière destruction de ce régime11. E. Caillf.mer DEKAS.HOU GRAPHE, isxaapoü ypxcpyj. La corruption, par dons ou par promesses, des Athéniens investis de fonctions publiques, ou même simplement appelés à jouer un rôle dans l’organisation politique ou judiciaire d’Athènes, donnait lieu à deux actions publiques. L’une, la SExotagov ypasvj, était intentée contre le corrupteur,’ l’autre, la Siàpcov ou StopoSoxfaç ypctwj, était donnée contre ctlui qui a\ ait accepté les dons ou les promesses1.

1 rtius. i A,

■ - * ~ i ueopomp. ti'agm. ed. Didot, 344. — 8 lS0Cr.

Phd'PPjro, D. p. 65. - 9 Pans. 1X, 32, §9.-10 Xenoph. Hist. gr. III, * § » - n Cf. Grote, Hist. de la Grèce, Xlli, p. 218 et s. ; E. Curtius, Hist. gr V p. 4 et s. * ' .*

DEKASMOU GRAPHE. 1 Pollux, VIII, 42 UarDOCr s „ Xr .

’ ’ > nurpocr. s. v. àwptüv Yoao>i. L au¬

teur de 1 un des lexiques publiés par Bekker, Anecdota, l, p. 237, admet la *û.0Wv aussi bien contre le corrupteur que contre le corrompu.

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