MORIO
On en a déjà cité où sont représentés des animaux favoris [bestiae mansuetae]. Les morts ont été souvent figurés sur les tombeaux grecs et romains jouant avec les animaux qu ils aimaient, tenant un oiseau dans la main 3 ou ayant un chien auprès d eux4. Trimalchion, dans le Satijricon ", recommande de placer sur sa tombe l’image de sa petite chienne aux pieds de sa statue, et à sa droite la statue de sa femme tenant une colombe et menant en laisse
une petite chienne. Ûn voit ici (fig. 2302) le couvercle d’un sarcophage du musée du Capitole 6 où, à côté de l’effigie d’un jeune homme
couché ayant son chien à ses pieds, a aussi été sculptée 1 image d’un enfant associé pendant sa vie à ses jeux et qui lui-même tient un oiseau. La figure 2303 reproduit un bas-relief1 qui fait partie de la décoration d’un tombeau romain où une famille est représentée, composée du mari, de sa femme, d’une autre femme dont la parenté n’est pas indiquée et d’une petite fille nommée dans l’inscription Chloé et qualifiée de delicium. On rencontre souvent dans les inscriptions funéraires les mots
Fig. 2303.
U8 AïjXta lr.\ ArÀiu, Schol. Pindar, Olymp. VII, 133 (85). — -Biulioghaphie. Castellanus, De Festis Graecor. dans le Thésaurus de Oronovius, VII, p. 631 et s.; Meursius, Graecia feriata , même recueil, VU, p. 754 et s. ; E. Spanheim, Observât, ad Callimach. hymn. éd. Ernesti, t. II, p. 552-6; Taylor, Marmor Sandvicense, p. 11-20; Corsini, De notis Graecor., p. 115-23; Fréret, Mémoires de l’Acad. des Inscriptions, XXVI, p. 209 ; Larcher, Mém. de l’Acad. des inscr. \ L VIII, p. 297-308; Barthélemy, Voyage du jeune Anacharsis , lettre LXXVI ; Boeckh, Corpus inscr. graec., I, p. 255 s.; Abhandlungen der Berlin. Akademie, 1834, p. 1-22 (= Illeine Schrift.V , p. 63 s., Staatsh. h. der Athener, II, p, 71, 3e édit.); Hermann, De Theoria Deliaca (qui cite Hoeck, Fréta, II, p. 123-140 ; Brüudstedt, Reisen tout Untersuch. in Griechenland, 1, p. 59-61 ; Ri vola, De situ et antiq. insulae Andri , p. 18-28) ; Muury, Religions de la Grèce ancienne, II, p. 81 s. ; Gilbert, Deliaca , p. 25 et s. ; Lebègue, Rech. sur Délos , p. 232 et s. ; Attinger, Beitriige z. Geschichte von Delos, p. 22.
DELICATUS, DELICATA. 1 Fabretti, Inscr. c. 5, p. 362. — 2 Dig. XXXIII, 7, 12, g 32; Plin. H. nat. XXXIII, 40 ; Julian. Misopog. p. 350 Sp tuili. ; Senec. De const.
sap. XI, 3 ; Ep. XCV, 23 ; Stat. Silo. 11, 146 ; Orelli, 2801, 2805 ; Inscr. Ncap. 2526; Corp. inscr. lat.V, 3825 ; VI, 14559, 17416; Gruter, 311, 6; Marquardt, Privatleben der Rômer, 2« éd. 1886, p. 145, 158 et s. — 3 Cic. Pro Rose. Am. XLL 120; Dig. I. U 4 Senec. Ep. XLVI1, i ; CXXIII, 7 ; GXIX, 13 ; De vita beata, XVII 2 ; De tranq. an. I, 8 ; Plin. H. nat. XXXIII, 40; Mart. III, 58, 30 ; Ammiau. XXVl) 6, 15; Philo, De vita conlempl. 6 ; Marquardt, Op. c. p. 147, note 7.-5 Cassini, Pittnre antiche ritrov. nel scavo aperto 17S0, Rome, 1783, pl. iv.
DELICIAE, DELICIUM. 1 Aug. 83; cf. Quint. Inst. or. I, 2, 7; Plutarch, Anton 59; Stat. Si.v. V, o, 66; cf. Senec. De const. sap. 1,3; Dio Cass. 38, 44; Herodian. 1, 17, 3; voy. saubon ad Suet. I. I. — 2 Quintil. Decl. 298; Plin. Hist. nat. VII, 3 (34) et VII, 16, 3 (75); Plut. De curios. 10; Sence. Epist. L, 2; Mart. VIII, 13. — 3 Voy. destiae, p. 700, notes 260, 261. — 4 Ib. note 212. — 6 Sat. 71. — 6 Foggini, Mus. Capitol. IV, p. 129; Annal, de l’inst. arch. 1847, p. 321, p). n. Voy. aussi Visconti, Mus. Pio. Clan. IV, pl. xv — 7 Annal, de T Inst. 1872, pl. r,
DEL
DEL
delictum, déliera et même délicats 8. Ils sont employés comme une expression de tendresse tantôt des parents pour un fils ou une fille particulièrement chéris, tantôt d’un maître pour un de ces jeunes serviteurs dont il vient d élie question, et il n est pas toujours facile de distinguer s il s’agit des uns ou des autres. E. Saglio.
DELICTUM. — Comme acception générale, ce mot est synonyme de méfait ( maleficium ) ‘, et désigne un fait nuisible et illicite 2, d’où résulte pour son auteur l’obligation de le réparer et d’en payer des dommages-intérêts. C’était ce qu’on appelait l’obligation naissant d’un délit, et on ajoutait quelle était contractée par la chose (re), c’est-àdire par le fait même. Mais la jurisprudence romaine ne considérait un acte nuisible comme un délit proprement dit, qu autant qu il avait été prévu et caractérisé comme tel par 1 ancien droit civil, et qu’une action particulière y avait été attachée. Il s agit ici de la poursuite privée appartenant à la partie lésée, et non de l’action publique; pour cette dernière (voy. crimen).
La loi civile reconnaissait quatre espèces de délits : le vol ( furtum ); l’enlèvement par violence ( bona vi rapta) [rapina] ; le dommage injuste, suivant la loi Aquilia (damnum injuria ex lege Aquilia) [damnum injuria datum], et l’injure [injuria] 3.
Quant aux faits nuisibles et illicites qui n’avaient pas été caractérisés par la législation comme des délits, à l’origine ils avaient peut-être été impunis, mais à l’époque classique ils donnaient lieu à une action commune et générale, dont la formule était fondée sur le fait innommé qui servait de base à la poursuite, et que pour cette raison on appelait aclio in factum [actio]. L’obligation de réparer ne naissait pas alors d’un délit proprement dit, mais elle existait comme si elle était née d’un délit, quasi ex deliclo ; delà est venue, dans la langue des jurisconsultes modernes, l’expression abrégée et inexacte de quasi-délit. Les principaux faits de ce genre étaient : l'acte du juge « qui avait fait le procès sien » (. si judex litem suant fecerit), c’est-à-dire qui avait mal jugé par dol, ou qui par imprudence n’avait pas tenu la condamnation dans les limites fixées par la formule4; l’action prétorienne accordée en cas de choses répandues ou jetées [dejecti effusive actio] ou simplement suspendues ou périlleusement placées au-dessus d’un lieu public; la responsabilité du capitaine de navire et de 1 aubergiste en cas de vols et autres dommages frauduleux commis dans le navire ou dans l’auberge par les gens qui y sont employés °. F. Baudry.
DELPHICA [mensa].
DELPHINIA (AïAœmx). — Fêtes célébrées en l'honneur d'Apollon Delphinios, protecteur des marins, des navigateurs et des colonies dont ceux-ci sont les fondateurs, adoré dans les baies et les ports, sur les promontoires et sur tous les rivages de la mer1. C’est de Crète que son culte paraît être venu dans les lies de l’Archipel, avant
8 Gori, Columb. Livide, p. 73, n° 4 ; Demi, CL t, n° 132. Voy. encore Gruter, 661,
U; 1014, 5 ; Lise. Neap. 1658 ; Orelli, 680, 1724, 2679, 2680, 4934, 4958 ; Corp. viser, lat. VI, 12096, 12156, 14959; X, 5921 ; Willmanns, Exempla , 371, 2567, 2703.
DELICTUM. 1 IV, Inst. Just., 1, Pr. — 2 Malgré l’opinion do quelques auteurs, l’intention de nuire n’était pas exigée, Instit. § 7; Ad leg . Aq. IV, 3; au contraire, dans d’autres cas ou il y avait eu dol, le droit romain ne voyait qu’un quasi-délit, Institut. IV, 5 pr., et du Caurroy, Instit. expliq . 8° éd. Paris, 1848, n°» 1165 et 1166. — 3 Dig. XLVII, 1. — * Gaius, IV, 52. — o Voy. aux Institutes de Justinien le titre de obligationibus qucie quasi ex delicto nascuntur, IV, 5; Ortolan, Explication historique des Institutes , 6e éd. Paris, 1858 ; Du Caurroy, Institutes expliquées , 5° éd. Paris, 1851.
DELPHINIA, i Hom. Hymn. in Apoll, DeL 22 et s. ; Preller, Berichte d. Sachs •
d’aborder le continent et de se répandre sur tous les rivages de la Méditerranée. Dans l’hymne homérique, des Crélois, partis de Cnosse 2, sont choisis par Apollon pour devenir les prêtres de son sanctuaire déjà élevé à Delphes. Lui-même sous la forme du dauphin, son emblème, il dirige leur navire et les fait accoster d’abord à Crissa au pied du Parnasse, où ils dressent par son ordre sur le rivage un autel visible au loin, où on l'invoquera toujours sous le nom de AeX^îvioc3. Ils portent ensuite son ; culte à Delphes. D’après l’hymne, il ne semblerait pas 1 douteux que les Delphinia, en l’honneur d’Apollon, aient été les premières fêtes célébrées à Delphes; mais la fête des hommes de mer devait faire partie de l’héritage que ce dieu ravit à Poséidon, premier possesseur de la montagne et des rivages voisins. C est à ce dernier que ceux qui s embarquaient offraient primitivement des sacrifices au printemps, quand la mer se rouvre à la navigation 4. A Delphes, les Delphinia se placent au mois Endyspoitropios, comme à Athènes au mois Munychion, c’est-àdire en avril [calendarium, t. I, p. 825] 5.
Le 6 de Munychion, sept jeunes Athéniennes se rendaient^ suppliantes au temple consacré par Égée à Apollon Delphinios et Artémis Delphinia ou Dictynna 6, tenant des rameaux d’olivier entourés d’une bandelette de laine blanche. La légende racontait que Thésée étant sur le point de partir pour 1 ile de Crète, où il allait conduire le tribut des jeunes gens désignés par le sort, avait supplié Apollon dans le Delphinion, en accomplissant lemême rite; tel aurait été, selon Plutarque 7, le commencement des Delphinia à Athènes. M. Aug. Mommsen fait remarquer que les supplications des jeunes filles paraissent s être adressées dans l’origine à une divinité féminine dont il n’est pas question dans le récit de Plutarque et qui ne peut être qu’ Artémis, plus anciennement qu’Apollon en possession de la fête du 6 Munychion et qui est nommée d’ailleurs dans une version antérieure 8. Apollon Delphinios, conducteur des navigateurs, fut peut-être associé, puis substitué plus tard à la déesse dont les marins quittant le port invoquaient la protection et redoutaient la colère \ Le même jour, le triérarque sortant de fonctions qui était jugé les avoir remplies à son honneur, sacrifiait sur l’autel d’Artémis Munychia situé sur la presqu’île du même nom, et celui à qui, au contraire, le jugement avait été défavorable s’y réfugiait 10 pour se mettre sous la protection de la déesse.
Une fête des Delphinia est aussi mentionnée à Égine, dont le calendrier, comme celui de Théra, avait un mois Delphinios, correspondant au Munychion des Athémiens; on la célébrait par des jeux 11 appelés UYüRoriiORiA et par des luttes gymniques. Il est permis de croire que des fêtes semblables avaient lieu dans les autres villes grecques où Apollon Delphinios avait des sanctuaires, comme à Chaleis, Érëtrie, Milet, Chios, Massilia 12. E. Saglio.
Gesellsch. der Wissenschaft. VI, 1854, p. 140 ( Ausgewàhlle Aufsàtze, Berl. 1864, p. 244). — 2 la Apoll. Pyth.ZlS et s. ; cl'. C. inscr. gr. u“ 2554, 99; O. Millier, Dorier, II, c. ii; Pi-eller, l. t. ; Foucart, AI cm. sur Vhist. de Delphes, 1865, p. 127.’
— '•! In Apoll. Pyth. — <■ A. Mommsen, Dclphika, p. 93, 102, 312. — B Cf. 10. p 8, note 1. - G Cf. Plut. De sol. anlm. 36. 7 Thés. 18. - 8 D'après Phérécyde! Tlu-see invoqua à son départ Apollon Oftw;, c'est-à-dire sauveur, et Artémis OCUu: Macrob. Sut. I, 17, 2 1 ; cf. C . insc. gr. I, n» 442, p. 460 ; Keil, Schedae epigr. p. 17 ;
A. Mommsen, Heortnlogie, p. 400 et s. - 9 Cf. Welcker, Gr. Gôtterlehre, 1, p. 500.
— M Lys. 13, 24 et 25 ; Dem. De Cor. 107; Mommsen, O. I. p. 399. — 1! Schol.
I iud. Pyth. VIII, 113; Nem. V, 81; O. Millier, Aeginel. p. 150 et s. — 12 Voy.
1 relier, l. I. p. 143 et s. ; Strabon, parlant du sanctuaire d'Apollon Delphinios et d'Artémis Epbésieune à Massilia, IV, 4, p. 179, dit : T.rà xmvov 'U,u,v