DIG
qualité spéciale du dieu? Cette dernière opinion paraît avoir été celle des anciens. D’après Yarron, Diespiter aurait à l’origine fait partie des du certi : c’était le dieu qui conduisait à la lumière l’enfant au sortir du ventre de sa mère3; plus tard la fonction propre à Diespiter serait échue à Jupiter, et ce mot désignerait le souverain des dieux, en tant que « père du jour et de la lumière », diei et lucis patrem 4. Comme, d’autre part, la lumière, la clarté du jour est l’attribut fondamental, l’essence de Jupiter, on comprendrait que Diespiter, l’épithète, ait pu être employée aussi couramment que Jupiter, le nom. Telle était, semble-t-il, la théorie des anciens. Est-elle fondée? Beaucoup l’admettent aujourd’hui et croient que Diespiter représente Jupiter, comme dieu ou père du jour ; Pretler a même émis et accepté l’hypothèse que le collège des Féciaux [fetiales]5 à Rome adorait et invoquait habituellement Jupiter sous le nom de Diespiter, c’est-à-dire « en qualité de dieu de la clarté du jour. » Mais d’autres au contraire admettent l’identité, comme sens, des noms de Diespiter et de Jupiter6, et quelques-uns même regardent les deux mots comme provenant des mêmes radicaux, comme ayant une étymologie commune. Dans ce cas, Diespiter serait une forme très ancienne, qui, remise en honneur par les écrivains et les mythologues du temps d’Auguste, n’aura jamais été très populaire à l'époque classique. C. Jullian.
D I F F ARE ATI O [divortium].
DIGESTA [pandecta].
DIGITALE, DIGITABULUM (Accx-ruY/epa). —I. Doigtier, dé à coudre. — On est embarrassé pour trouver dans la langue classique un nom qui s’applique au dé à coudre, dont l’existence chez les anciens n’est pourtant pas douteuse, puisqu’on possède encore un certain nombre d’objets de cette espèce, trouvés avec d’autres antiquités romaines dans les ruines et dans les tombeaux.
Digitale , chez Yarron *, désigne un instrument de bois, à fourchons imitant des doigts, dont on se servait pour la cueillette des olives. Aax-nArjOpa est employé ailleurs comme un synonyme de y eipTSsç ou de manicae signifiant des gants en usage dans quelques rares circonstances [manicae]. On pourrait donc douter que ces noms aient été appliqués au dé, si on ne les trouvait employés dans la basse latinité 2 avec ce sens précis : il est permis de croire que cet emploi remonte jusqu’au temps auquel appartiennent les objets conservés dans les collections.
Ceux que l’on voit ici figurés sont en bronze et ont été trouvés ^ au Vieil-Evreux (fig. 2107) 3 et au fj| Châtelet (fig. 2108) h On en peut voir d’autres soit de bronze, soit
Fig. 2407. Fig. 2408. <Fos ou d’ivoire, dans les musées Des en bronze. jg Ly0rii Narbonne, Nîmes, Arles,
Rouen, dans ceux de Naples et de Florence, etc.