‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 3)Chapitre 33 sur 111 · DI O · texte numérisé non relu

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nysos Lysios, bien que ces noms ne figurent pas dans les témoignages des auteurs. Aux fêtes d’Icaria, un rite symbolique de purification consistait à suspendre aux branches des arbres, en souvenir du genre de mort des jeunes filles, des poupées qui se balançaient. C’est ce qu’on appelait aiora. Les oscilla chez les Latins étaient la reproduction de cette coutume. C était de même une image mythique ou un symbole de la vigne suspendue aux arbres. Peutêtre chantait-on dans ces cérémonies ÏAlêtis, le chant de l errante, c’est-à-dire le chant sur Érigone errant à la recherche de son père.

Il semble probable cependant que dans les fêtes d’Icaria, 1 expression de la joie fut dominante. Entre autres divertissements, les vignerons dansaient sur des outres gonflées d’air et enduites d’huile. C’était Yascoliasmos, dont 1 oi igine était attribuée alcarios [askolia] 60. L importance des Dionysies d’Icaria s’accrut encore lorsque Susarion y eut apporté, vers la 50e olympiade, la farce mégarienne. Quelques années après, l’icarien Thespis tirait du dithyrambe les premiers essais du drame tragique. Ainsi ce dème, qui réunissait les deux aspects des fêtes de Dionysos, eut le double honneur d’attacher son nom à l’apparition I de la comédie en Altique et à la naissance de la tragédie.

Ces joyeuses fêtes de la campagne s’appelaient titéûinia (<=>Eoma), fêtes du dieu du vin67. Elles prirent le nom de petites Dionysies , lorsque les grandes Dionysies eurent été instituées a Athènes. On en attribue l introduction au roi Amphictyon, contemporain d’Érechthée88. Elles existaient dans beaucoup de dèmes, même dans ceux où la culture de la vigne ne paraît pas avoir été bien florissante. Ainsi l’on se figure difficilement des vignobles dans le dème de Collyte, qui n’était qu’un faubourg d’Athènes. Il faut bien cependant qu’il ait eu ses Dionysies, puisque c’est là que l’orateur Eschine jouait dans sa jeunesse les pièces de Sophocle et fournissait à Démosthène l’occasion de 1 appeler Œnomaüs de campagne. On ne donnait dans les dèrnes que des pièces qui avaient été représentées à la ville. Il est question aussi de représentations à Plilyes69, à Salamine60, à Eleusis8', à Aixoné83 et ailleurs, où leur existence est attestée par des inscriptions ou par des restes de théâtres. Celles du Pirée 63, grâce à son importance et à sa proximité, en vinrent à rivaliser avec celles d’Athènes.

On dit qu’Euripide y donna des pièces64. Les Dionysies du Pirée devinrent des fêtes officielles soutenues par l’État.

Des actes publics les mentionnent dans leur ordre, avant les Lénéennes Co. Les éphèbes, comme des inscriptions d’époque postérieure en font foi, portèrent des offrandes et sacrifièrent au Dionysos du Pirée comme au dieu de la ville. L’omission des Lénéennes dans la suite- de fêtes donnée par une inscription 66 a fait supposer67 que la fête athénienne avait pu alors être éclipsée par la fête du Pirée.

Les Dionysies de la campagne et les Dionysies du Pirée avaient lieu en Posidéon68. Le démarque dans chaque dème présida toujours aux premières. C’étaient des fêtes d’hiver, où l’on goûtait, sur le lieu de production, le vin nouveau déjà fermenté.

Parmi les fêtes locales, une place particulière doit être

66 Pollux, IX, 12l ; Hygin. Aslr. II, 4. — 67 Hesych. s. v. On les appela aussi Dionysies rurales, Aiovûoia tà aax’ àypoû;. — 68 Athen. II, p. 38, c et u ;

Paus. I, 2, 5, — 69 Isae. 8, 15. — 00 Corp. inscr. ait. II, 4C9, 470, 594. — 61 Corp. inscr. ait. II, 574, 1. 6. — 02 Corp. viser, att. Il, 579-585. — G3 Corp. inscr. att. Il, 741. — 64 Aelian. Var. hist. II. 13. — Go Corp. inscr. att. I, n° 157; Demosth. 21, 10. Voy. Foucart, Authenticité de la loi d'Evéyoros , p. 174.

— 06 Ephem. arch. 1860, n° 4101, 16. — 67 A. Mommsen, Heort. p. 332.

réservée aux Brauronies. La divinité principale de Brauron était Artémis; mais après que la statue d’Artémis Brauronienue eut été enlevée par les Perses et son sanctuaire transporté dans l’acropole d’Athènes, le culte d’Artémis déclina à Brauron, et celui de Dionysos, qui était alors dans toute sa force d’expansion, s’y substitua, au. moins en grande partie09. La fête se célébrait, à une date que nous ignorons, tous les cinq ans. Athènes y envoyait une dépulalion sacrée et la faisait rentrer dans l’administration des lliéropes [hiuropes] 70. Elle se distinguait par son caractère licencieux. Des hommes ivres y enlevaient des courtisanes' souvenir très dénaturé sans doute d’un rite du culte d’Artémis et du fait, raconté par Hérodote72, qui y avait donné lieu. On y célébrait des jeux, parmi lesquels il y avait un concours de rapsodes [brauronia]73.

Oschophories ( Ocyo^opta)74. C’était une fête brillante qui se célébrait dans les premiers jours de Pyanepsion et par laquelle on préludait aux vendanges. Son nom venail de ce qu on y portait en procession des pampres garnis de grappes (os/aç ou oa/ouç). Thésée, disait-on, l’avait instituée à son retour de Crète, et Ariane était associée à Dionysos dans cet hommage d’un genre particulier. Cependant c’était Athéna Skiras, protectrice des oliviers, qui occupait avec le dieu la place principale dans la fête. Son temple était à Phalère ; c’est au port de Phalère, le plus rapproché d Athènes, que Thésée avait abordé. Nous avons sur les Oschophories un certain nombre de renseignements qu’on a pu rapprocher et interpréter de manière à essayer de rétablir 1 ensemble des cérémonies76. Chacune des dix tribus de Clisthènes choisissait deux éphèbes appartenant aux meilleures familles et ayant leurs pères et leurs mères, dignes, par conséquent, d’après les idées grecques, de représenter la cité. C’étaient les oschophores, au nombre de vingt. Ils représentaient les enfants que Thésée avait emmenés en Crète et qu’il avait rendus, contre toute espérance, à leurs parents. D’après la légende, l’envoi destiné au Minotaure devait se composer de sept garçons et de sept filles, mais Thésée avait augmenté de deux le nombre des premiers, en les habillant en femmes. C’est en souvenir de cette ruse, que deux éphèbes portaient des costumes féminins. D’après le texte de Plutarque, il semble que seuls ils étaient, à proprement parler, les oschophores. Seuls ils portaient les ceps garnis de grappes; ils s avançaient les premiers et étaient suivis par sept compagnons, les sept garçons traditionnels. Si l’on suppose qu’un huitième faisait le rôle du héraut que Thésée avait envoyé à la ville porter la nouvelle du retour et qui était revenu vers lui sans couronne sur la tête, à cause de la mort d’Égée, mais son sceptre tout orné de feuillage, à cause de l’heureux retour des enfants, on complète le nom- | bre de dix, ce qui fait la moitié des oschophores. On arrivera au chiffre total, si l’on admet qu’ils se divisaient en deux troupes, dont chacune remplissait’ les dix rôles qui viennent d être indiqués. Dans la procession figuraient encore les deipnopkores, nom donné aux mères des vingt éphères. Elles portaient des vivres qui leur étaient destinés, en souvenir des mères qui avaient accompagné jusqu’au ri-

08 Schol. Plat. Rt’publ. p. 475 D; Hesych. s. v. Aiovû<na; Bekker, Anecdota, I,

235. — 09 A. Mommsen, Heort. p. 409. — 70 Pollux, VIII, 107. — 71 Aristopli. Pax, 873 sqq. et Schol. ad h. I. , s. v. Bfaupûv; Suidas, I, 1, p. 1039. — 72 VI,

137 sq. — 73 Hesych. s. v. Bpau^vloi;. — 74 Plut. Thés. 22, 23; Proclus, Chrcst. apud Pliot. 239, p. 322 ; Aristodem. ap. Athen. XI, 92; Preller, Dionysia dans Real EncyclA. II, p. 2064; A. Mommsen, Heort. p. 273 et s. — 73 Voy. surtout A. Mommsen, Heort. p. 271 et s.

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vage les enfants emmenés par Thésée el leur avaient porté des provisions.

La procession s'avançait en chantant les chants oschophoriques et se rendait du temple de Dionysos à Athènes, probablement le vieux temple de Limnae, au temple d'Athéna Skiras à Phalère. Pendant ce long trajet, il y avait des courses; les éplièbcs luttaient deux à deux, et chacun des dix vainqueurs obtenait pour prix le droit de goûter d’une boisson composée de vin, d'huile, de miel, de farine et de fromage76, les cinq produits principaux. Les ceps de vigne étaient déposés dans l’Oschophorion, et des cérémonies que nous ne connaissons pas se célébraient dans l’intérieur du temple. Elles s’appelaient Slcira. Ce nom s’étendait peut-être à toute la fête. Il y avait sans doute un banquet fait avec les vivres fournis par les deipnophores, et peut-être le retour s’accomplissait-il sous la forme libre du eômos. A. Mommsen suppose71 avec vraisemblance, d’après quelques indications, que, de même qu’on portait à Athéna le cep garni de grappes, attribut de Dionysos, de même on rapportait à Apollon, dieu des Pvanepsies, le rameau d’olivier entrelacé de laine (sîpscttovï]), attribut d’Athéna Skiras. Le retour des oschophores de Phalère à Athènes figurait celui de Thésée accompagné des enfants. Arrivé dans la ville, le héros avait rendu les derniers devoirs à son père Egée : il y avait des rites funèbres et un banquet, le banquet de Thésée, qu’organisaient les Phytalides et auquel les oschophores prenaient part ainsi que les deipnophores. Soit dans les cérémonies de la ville, soit plutôt dans celles qui avaient eu lieu dans le temple d’Athéna, la libation était accompagnée de cris de douleur et de joie (èXsAsü, îoù, îou), en souvenir de la mort d’Égée et de l’heureux retour des enfants78. Dans un calendrier liturgique, dont les figures sont disposées en frise, découvert à Athènes19, le mois Pyanepsion

est caractérisé par unhommequitient une branche de vigne avec ses grappes et qui foule le raisin ; il est placé entre un jeune garçon qui porte Yeircsioné et une femme chargée d’une corbeille, sans doute une deipnophore

Les trois grandes fêtes de Dio-

Le mois Pyaoepsioo.

nysos a Athènes étaient les Anthestéries , les Lénéennes et les Grandes Dionysies. Les deux premières, plus anciennes, avaient le caractère le plus religieux.

Antiiestéries. — Thucydide 80 dit que les Anthestéries sont les plus anciennes Dionysies; par rapport, sans doute, aux deux autres grandes fêtes urbaines. Le culte de Dionysos s’est introduit en Atlique par les dèmes, et la tra-

Fig. 2423.

dition suivant laquelle Pégasos apporta la statue du dieu d'Éleuthères dans le temple de Limnae et Apollon imposa aux Athéniens le culte de la nouvelle divinité, éveille l’idée de fêtes antérieures à l’organisation des Anthestéries, où le Bacchus Éleuthérien joue un rôle important. 11 n en est pas moins vrai qu’un caractère d'antiquité est fortement marqué dans les Anthestéries par la double nature de la fête, gaie et brillante comme il convient à la fête des fleurs, mais aussi mystérieuse et triste. Les jours pendant lesquels elle se célébrait étaient néfastes (^tapai, à-nocppaScî) 81 ; on fermait les temples et certains rites s’adressaient aux morts. Sous ces formes s’exprimait un sentiment profond, une émotion, une crainte en présence du double mystère de la nature renaissante et de la fermentation du vin accomplie. Il fallait conjurer la colère des puissantes divinités qui présidaient à ces grands faits. Il fallait aussi s’associer aux épreuves de certaines d’entre elles et à leur étrange destinée. Cette religion complexe comprenait beaucoup d'idées qu’il est difficile d’analyser avec précision. Les plus anciennes avaient pu s’effacer dans l'esprit des Athéniens eux-mèmes. D’autres étaient venues les remplacer ou les modifier, par le mouvement des croyances, par l’action du temps et des changements politiques.

Les Anthestéries duraient trois jours, du il au 13 du mois Anthestérion, qui leur devait son nom. Chacun de ces jours avait un nom particulier : la pithoigia (Ib.éotyia), les choes (Xds;), les chytres (Xûrpo i).

La pithoigia, c’est-à-dire l’ouverture des vases où se conserve le vin 82. — Le travail de la fermentation est assez avancé pour que l’on commence à boire. C’est une fête pour toute la famille. Tous sont admis au sacrifice; les enfants, à partir de l àge de trois ans, y assistent, couronnés de (leurs83 : tous, ce jour-là, et sans doute aussi les deux jours suivants, ont leur part des présents nouveaux du dieu, de l’abondance, de la joie, de la liberté qu'il dispense. Les esclaves eux-mêmes n’en sont pas exclus; de là le proverbe : « Dehors, Cariens (c’est-à-dire esclaves)! les Anthestéries sont finies84. » Il semble, en effet, que le lendemain des Anthestéries soit la date où recommencent les travaux des champs, et aussi des travaux d’un autre genre, puisque c’était le moment où se payaient les honoraires des sophistes85. Eux-mèmes ils avaient l'habitude d'inviter leurs amis pendant ce temps de vacances, sans doute le second jour.

La Pithoigia était par nature une fête domestique, primitivement célébrée à la campagne près des lieux de production de la vigne 80. Elle était devenue aussi une fête urbaine et une fête publique. L’archonte-roi y présidait, comme au reste des Anthestéries81, dont elle était, en quelque sorte, la préparation. Il se tenait à la ville un marché, où se vendaient le vin nouveau apporté de la campagne, les vases en terre qui devaient servir pour les Choës et pour les Chytres, et d’autres ustensiles88. D’où la présence d’agoranomes, attestée par une inscription de l'époque impériale89. C’était des chariots qui avaient transporté ces différentes marchandises que partaient les

16 Procl. Chrestom. 426, éd. Gaisford. — 17 Heort. p. 275. — 78 Plut. Thés. 22. Sur les rapports de date et de culte des Oschophories avec les Pvanepsies [rvANEPsis], il faut consulter Mommsen, O. I. p. 270 et suiv. — 79 f,e jjlls Voyage arch ., Mou. figurés, pl. xxi ; mieux expliqué par Bolticher, Plùlolog. XXII, p. 391 et s. — 80 H, )5. 8| Hesych. II, p. 600; Pollux, VIII, 141. - 82 Plut- Sympos. qu. 111, I. — 83 Philostr. Ber. XIII, 4. — 84 Schol. ad llesiod. Op. 366; Zcuob. IV, 33. Une autre forme du proverbe, 6Û5ocÇe K^oe;

au lieu de Oépa^E KJje;, sc rapporterait, d'après Photius (I, p. 286, éd. Naber), à la croyance que les âmes des morts erraient pendant les Anthestéries. Il s'agirait, en ce cas, du jour des Chytres, et non pas du jour de la Pithoigia. Voir Crusius dans l’Encyclopédie d’Ersch et Gruber, art. Keren, et Voigt dans le Lexikon do Roschcr, art. Dionysos , p. 107 3-107 4. — 83 Athen. X, 49. — 87 Schol. Hesiod. Op. 370, — 87 Pollux, VIII, 90. — 88 Scylax , p. 250, Klauson! — 83 Mommsen, p. 3o2.

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plaisanteries libres et les quolibets grossiers dont il est souvent question (t& lx twv àuodjwv <7xoWfj.atTa 911 J ,

Il est difficile de dire à quel jour des fêtes il faut rapporter les représentations que I on rencontre sur un assez grand nombre de vases peints. Dans quelques-uns on voit des femmes occupées à puiser dans des cratères ou des amphores du vin qu’elles versent dans des vases à boire.

Ces vases servant de cratères sont placés sur une table devant une image grossière de Bacchus, consistant en un pilier ou un pieu enveloppé d’une draperie, avec un masque et une barbe; d’autres femmes, prêtresses ou ménades, apportent des offrandes ou dansenitat en agnt des thyrses, des flambeaux et des instruments de musique (fig. 2424) 01. Dans ces peintures on retrouve sans doute

même forme primitive et rustique; il est flguré comme un beau jeune homme imberbe, ordinairement nu; devant lui est placé un cratère dans lequel une prêtresse verse le vin avec une patère, au lieu de puiser et de remplir d’autres vases, comme dans les peintures précédemment citées. C’est sans doute le mélange du vin avec l’eau,

qui se faisait pour la première fois le jour de laPithoigia91. Une de ces peintures ici reproduite (üg. 2423) 53 montre, avec le mélange du vin en présence de Dionysos et des ménades dansant au son des cymbales et des tambourins, le sacrifice d’un bouc sur un autel devant l’image archaïque de Dionysos barbu, et sur une table adossée à l’autel sont apportées les offrandes non sanglantes. Enfin une ménade tient un flambeau au-dessus de la tète d'un personnage assis

un souvenir des rites des Dionysies agraires, qui s’accomplissaient soit au jour de la Pithoigia, soit dans celui des Choës 9*. Dans d’autres peintures93 le dieu n’a plus la

90 Suidas, s. v. — 91 Museo Borbon. XII, pl. xxi-xxm (= Jnghirami, Vasi fittili, pl. cccxvu); voy. encore Panofka, Dionysos und die Ttiyiaden, dans les Abhandl. d. Berlin. Alcademie , 1853; Monum. de l’Instit. de corresp. archéol. VII, pl. lxv (reproduit à l’art, arbores bacrae, p. 361, fig. 449); cf. Annal. 1862, pl. d. — 92 Voyez, outre le mémoire cité de Paoofka, Jalin, Annal, de l'Inst. 1857, p. 123; 1860, p. 1; 1862, p. 67; Rapp, Rheinisch. Muséum fur

dans une attitude qui, dans l’art ancien, caractérise ordinairement la douleur : c’est la lustration par le feu, et le masque ( oscillum ) suspendu auprès du même groupe

Philologie , 1872, p. 581 et s. — 93 Monuments inéd. de VInstit. archéol. VI, pl.. v et xxxvn) ; Vases d' Hamillon , 1767, II, pl. cxxi (= Inghirami, Vasi fitt. pl. cclxxxi) ; Mitlingen, Peinture de vases, II (= Zoega, Abhandlung. pl. n). — 94 Phanodem. ap. Athen. XI, p. 465 a. — 93 Monuments de VInstit. archéol. VI, pl. xxxvn ; voy. 0. Jalin, Annal. 1860, p. 1 et s. ; cf. ib. 1857, p. 123 j Rapp, l. I.

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rappelle la lustration par l’air également usitée dans les rites bachiques [lustratio, aiora, oscilla]96. Les rites expiatoires sont mis ici en connexité avec les fêtes du vin, comme ils l’étaient réellement aux Anthestéries. Les Choës et les Chytres étaient des jours néfastes97 en même temps que des jours de réjouissance.

Les choes. — C’était le jour le plus important. Le nom s’employait pour désigner toute la fête. Si les Chytres prêtent peut-être à la même observation, le fait est certain pour les Choës; et cette confusion ajoute à la difficulté que l’on éprouve à répartir exactement dans les trois jours les détails transmis par les témoignages anciens.

11 y avait sur l’origine de la fête des Choës une antique légende conservée par Phanodème98. Le roi Démophon, voulant donner l’hospitalité au parricide Oreste, sans cependant l’admettre aux cérémonies sacrées ni aux libations avant le jugement de l’aréopage, institua à cet effet un banquet d’une espèce particulière. Il fit fermer les temples, ordonna de placer près de chaque convive un grand pot de vin (yo a) et proposa pour prix un gâteau, destiné à celui qui aurait bu tout son vin le premier. Après le banquet, les buveurs, ayant été sous le même toit qu'Oreste, ne pouvaient pas pénétrer dans le temple pour y déposer les couronnes qui avaient ceint leurs tètes ; mais chacun devait mettre la sienne autour de son pot et la porter dans l’enceinte sacrée du temple de Limnae pour la remettre à la prêtresse. Ensuite il offrait au dieu en libation ce qui était resté au fond du vase. C’est ce retour des buveurs qui est représenté sur un petit chous athénien (fig. 2426) : on les voit portant leurs pots couronnés de lierre; le personnage principal est désigné par le nom de kumos ; celui qui le soutient porte le nom de neanias; devant eux est

iiaian, qui les éclaire avec un flambeau ". Euripide n’a pas manqué d’introduire ces souvenirs dans son Iphigénie en Tauride 100 et de décrire les rites de ce banquet d’Oreste. Si l’on tient sa description pour exacte, les convives buvaient en silence et isolés, chacun à sa table.

Cette lutte de buveurs était présidée par l’archonte-roi lui-même 11)1 . Chacun apportait ses provisions et son pot de vin. Ce n’en était pas moins une fête publique, à laquelle 1 État subvenait par une distribution d’argent ,02, et que dirigeait le prêtre de Dionysos. Le héraut proclamait le commencement, la trompette donnait le signal, et la lutte

96 Serv. Ad Aen. VI, 740 ; ad Georg. II , 389 ; cf. Plato, Leg. p. 815 c. — 97 Phot. s. v. p. 423, Naber. — 93 Atlien. X, p. 437. — 99 Archàol. Zeitung, 1852, pl. xxxvii ; cf. Gaz. archéol. 1878, p. 155; 1879, p. 6 ; et Benndorf, Griech. und Sicil. Vasenb P- 64. — 100 V. 947 et s,; cf. Athen. VII, 2, p. 276 c. — 101 Aristoph. Ach. 1224. — 102 Demad. ap Plut, fleip. gcr. praec. 25. Voir pour les divers détails, Aristoph. Acharn. v. 1000 et s., 1085 et s., 1202, 1230 et les scholies. — 103 Ap. Atheu. X,

avait lieu. « Écoutez, peuple, dit le héraut d’Aristophane : selon la coutume des ancêtres, buvez les pots au son de la trompette... <> Les juges décidaient et le vainqueur recevait de l’archonte-roi une outre de vin. Phanodème 103 indique pour prix un gâteau. L’outre de vin a-t-elle été, à une époque quelconque, réputée par une sorte d ascoliasmos? C’est ce qu’affirme Suidas101. Bien qu’un pareil divertissement ne s’accorde guère avec le caractère du rite primitif, il semble que le banquet ait été l’occasion d’amusements et de fantaisies joyeuses inspirées par le vin. Ce banquet public des Choës avait lieu dans le Lénaeon. A. Mommsen s'efforce de prouver que c’était dans le théâtre même de Bacchus.

Il y avait en outre des banquets particuliers, que préféra sans doute, avec le temps, la partie la plus distinguée de la société athénienne. On invitait ses amis pour fêter avec eux le retour du printemps103. Les enfants jouaient un rôle important dans cette partie des Anthestéries. Tous ceux qui avaient plus de trois ans étaient couronnés de fleurs et recevaient des cadeaux de leurs proches, nlaag-xvx TcyjXoîî, des terres cuites en forme de petits chariots et de poupées, des gâteaux, etc. 1,6 On trouve des allusions à cette fête sur un grand nombre de petits vases attiques dont la forme est précisément celle du cuous. Les enfants

s’y livrent à toutes sortes de jeux et portent de petites œnochoés, qui sont elles-mêmes ornées d’une couronne, peutêtre par allusion au rite institué par Démophon, d’après la légende que nous rapportions plus haut101. La peinture d’un de ces petits vases a été reproduite plus haut (fig. 2 426) ; un autre, au musée du Louvre, paraît offrir (üg. 2127) sous une forme enfantine la reproduction de l’entrée triomphale du char de Dionysos encadré dans des pampres et des feuillages, qui constituait un des actes principaux de la fête des Choës108.

Quel était le sens de ce banquet des Choës? Welcker 109 remarque ingénieusement que, dans la légende de la fondation, le rôle du fils d’Agamemnon est un élément postiche. Oreste, Orestès, c’est le montagnard, le berger, le vigneron qui habite les parties hautes du pays et que les nobles n’admettent qu’avec peine à la communauté du culte dans la cité ; c est Dionysos lui-même, le dieu des vignerons et des bergers. Le banquet des coupes marque donc un premier degré dans l’admission de Dionysos aux honneurs rendus officiellement par l’État. Il est à remarquer que le souvenir de l’admission de Dionysos dans la cité avait

p. 437 c. — 104 I, p. 795. - 103 Plut. Anton. 70. — 106 A. Mommsen, Beortologic • p. 352, note 1 ; 355, note 2. — 107 Benndorf, Gr. und Sicil. Vasenbilder, p. 64 : cf. Dumont, Céram. de la Grèce propre, p. 3 8 3-384. — 108 Cf. Stephani, Comptes rendus de la commiss. archéol. de Saint-Pétersbourg, pour 1863, pl. n, 4 et s.

109 Nachtr. su Aesch. Tril. 211, 186. Cf. Ribbeck, Anfânge u. Entwickelung des Dionysoscultus in Attika, p. 18 sq.

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