‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 3)Chapitre 41 sur 111 · DOI · texte numérisé non relu

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sacrificateur, victimarius). On trouve le même culte, en Italie, à Bologne62, à Florence63, à Padoue64, à Este66, à Lucérie66, à Aecae67, à Histonium68, à Naples 69, à Terracine7", à Turris Libisonis71, à Ostie 72 ; dans la Cisalpine, à Concordia73, à Atria14, à Brixia75; en Rhétie, à Iteginum1' ; en Dacie, à Apulum77, où des négociants syriens élèvent un monument à Jupiter Dolichenus ; à Ampelum78, à Napoca79, à Tibiscum80, à Carnuntum81 ; en Pannonie, à Sirminum8*, à Acumincum83, à Lussonium84; à Attala85, à Aquincum86, à Latobici87, à Daruvar 88, à Brigetio 89 ; dans le Norique, à Yirunum90 et peut-être à Celeia91 ; en Dalmatie, à Salone92, où le prêtre de Jupiter Dolichenus est un syrien nommé Barlaha , c’est-à-dire fils de dieu; en Germanie, à Rigomagi93 près de Bonn, à Straubing94, à Pforzheim95, à Xanten96, à Aschaffenbourg 91, à Heddernheim98, au camp romain de la Saalbourg près de Ilombourg90 ; en Gaule, à Marseille 10°, à Antibes i0‘, peutêtre à llalingen, près de Boulogne-sur-Mer102; en différents points de la Bretagne103, et enfin dans le camp de Lambèse en Afrique104.

On a remarqué105 que plusieurs prêtres de Jupiter Dolichenus portent le nom de Marinus106, qui est peut-être une latinisation du syrien marina « notre Seigneur107. » Nous ne possédons que peu de renseignements sur le culte de ce dieu108, en dehors de ceux que nous font connaître les inscriptions de l’Aventin citées plus haut.

La mention d’un pontifex Dulceni, dans une inscription de Szlankament109, est très douteuse; quelques textes laissent supposer que des banquets publics étaient quelquefois célébrés en son honneur110. La durée de ce culte ne paraît pas avoir été longue ; ses débuts, ou du moins le commencement de sa diffusion, se placent au second siècle, et il disparaît complètement, cent cinquante ans plus tard, devant les progrès du christianisme.

Les monuments figurés relatifs à Jupiter Dolichenus ne sont pas nombreux, et tous sont extrêmement médiocres au point de vue de l’art111. Les plus remarquables sont un groupe en marbre trouvé à Szlankament, en Hongrie, et conservé au cabinet de Vienne112; un groupe trouvé à Marseille, conservé au musée de Stuttgart113; deux plaques d’une pyramide en bronze argenté, ornée de reliefs, découverte à Kômlod, en Hongrie, aujourd’hui au musée de Pesth'14, et une plaque de bronze provenant d’une pyramide semblable trouvée à Heddernheim, en Nassau, aujourd’hui au musée de Wiesbaden 11S. Le type du dieu

62 Orelli, Inscr. lat. n» 249 3. — 63 Ibid, u» 2304. — 6'. Ib. n° 3627. — 65 SeidI, Op. cil. p. 65. — 66 Corp. inscr. lat. t. IX, n" 784 (?) — 07 Ib. t. IX, n» 948. —08 lb. t. IX, u0 2836. — 69 Ib. t. X, n» 1577 . — 70 /6. t. X, n» 6304. — 74 Ib. t. X, n" 7949.

— 72 Ib. t. XIV, n° 22. — 73 Ib. t. V, n" 1870. — 74 Ib. t. V, n" 2313. — 7» Ib. t. V, u» 4242. — 76 Ib. t. III, n» 3 9 7 3. — 77 Ephcm. epigr. t. Il, n" 401 ; cf. le u" 400.

— 78 Corp. inscr. lat. t. III, n" 1301 a, b; Eph. epigr. t. 11, n" 422. — 79 Eph. epigr. t. II, u»» 373, 374. — 80 Ib. t. II, n» 443 (?) — 81 Arch. epigr. Milth. ans Oeslerreich, t. X, p. 19, 23. — 82 Corp. inscr. lat. t. III, n” 3233. — 83 /6. t. III, n» 3252. -- 84 Ib. t. III, n» 33 1 6 , 33 1 7. — 83 Ib. t. III, n” 3343. — 86 Ib. t. III, II» 3462.-87/6. t. III, n» 3908. — 88 /6. t. III, a" 3998. — 89 Ephem. epigr. t. IV, n» 499. 90 Corp. inscr. lat. t. III, n» 4789. — 91 Ib. t. III, n» 3103. — 92 Ephem. epigr. t. II, n» 529.- 93 Orelli-Henzen, Inscr. lat. n» 5628; Seidl, Supplém. p. 7.

— 94 Seidl, Op. cit. p. 43.-96 Ibid. p. 40. — 36 Ibid. p. 67. La lecture est douteuse.

— 97 Orelli-Henzen, Inscr. lat. n» 6681. — 98 Annalen f. nussausche Alterthumskunde, t. IV, 2, p. 350 ; Sonner lahrb. t. XXI, 'p. 93 ; Seidl, Op. cil. p. 38.-39 Seidl, Supplém. p. 13. — 190 Corp. inscr. lat. t. XII, n° 403. — 101 Ibid. t. XII, n» 5721.

— 102 Seidl, Op. cit. p. 78 ; Milliu, Manum. ant. p. 259, n" 22. C’est une dédicace au Jupiter de l’Ida, où est mentiouné le viens Dolucensis , dont le nom a été rapproché de celui du Jupiter Dolichenus. — 103 Corp. inscr. lat. t. VII, n»s 98, 419 (?), 422, 506, 725 (?), 753 (?), 956 (?), 991. — 104 Ibid. t. VIII, n"« 2622-5 ; Ephem. epigr. t. V, n» 7 5 3. — 106 Hettner, Se Jove Dolicheno , p. 9; Bull. Comm. Munie. 1875, p. 213. — l°6 Corp. inscr. lat. t. III, n» 1301 6; Orelli-Henzen, Inscr. lat. n» 5628; cf. Bull. comm. munie. 1875, p. 213; Murianus, Corp. inscr. lat. t. 111, n» 1301 a.

debout sur le taureau est probablement celui de 1 idole qui était placée dans le temple de Doliché, mais la fantaisie et l’esprit de syncrétisme ont introduit de nom¬

breuses variantes dans les différentes représentations qui nous restent116. Le dieu, vêtu d’une armure romaine, qui marque son caractère guerrier, est tantôt barbu117, conformément au type traditionnel de Jupiter, tantôt imberbe118, comme Apollon; il est coiffé d’un casque119 ou d’un bonnet phrygien120; quelquefois sa tête est entourée de rayons121, qui rappellent son caractère primitif de dieu solaire. Il tient le foudre122, comme le Jupiter gréco-romain, ou la hache bipenne123, comme le Zeus Stratios de Labranda. L’animal qui ligure le plus souvent à côté de lui est l’aigle, tantôt tenant une couronne dans son bec124, tantôt sur la cuirasse du dieu125, sur la tète ou aux pieds du taureau120 ; enfin, dans un monument, surmontant une tète de cerf (emblème de la Junon syrienne), entre les cornes duquel on voit un croissant lunaire127. 11 a déjà été question de la divinité féminine parèdre de Jupiter Dolichenus, figurée debout sur un bouquetin, sur une chèvre

Un Marinas fut évêque de la civitas Dolicha, Cassiod. Hist. trip. 3. — 107 Meyer, dans le Lexikon der Myth. de Roscher, p. 1192. — 108 Une liste des prêtres de Jupiter Dolichenus, connus par les monuments épigraphiques, a été dressée par Seidl, Supplém. p. 8. — 109 Seidl, Op. cit. n» 30, p. 57.— H0 Ibid, n” 23,45, 62; cf. p. 26, 27. Daus l’inscription publiée par Mommsen, Inscr . regni Neapol. n° 4077 ; Corp. inscr. lat. t. X, u° 6073, il est très douteux qu'il soit question de Jupiter Dolichenus; on trouve les sigles obscurs I. O. M. P. D. M., que M. Mommsen renonce à expliquer. — m Cf. Overbeck, Griechische Kunstmythol. t. I, p. 271. — H2 Seidl, Op. cit. pl. i; Sackeu et Renner, Die Sammlungen des k. k. Münz-und Anti/ccn Cabinet Is , n° 101 d, p. 34. — *13 Seidl, Op. cit. pl. n; Corp. inscr. lat. t. XII, u° 403. — 114 Seidl, Op. cit. pl. vin ; Desjardins, Musée de Pest/i , p. 10, pl. v et vi ; Roscher, Lexikon der Mythol. p. 1194. — HS Seidl, Op. cit. pl. m, n° 3. — 116 Dans un fragment de groupe découvert à Rome et rapporté à Jupiter Dolicbeous, le taureau est accompagné d’un veau, Matz-Duhu, Anti/ce Bildw, in Rom, t. 1, n° 19. Quelquefois une tête de bélier parait aux pieds du taureau; Seidl. Op. cit. pl. i; cf. ibid. pl. vi, 3, 4. —117 Seidl, Op. cit. pl. i, m ‘Bull. Comm. Munie. 1875, pl. xxi, 2.

— 118 Seidl, Op. cit. pl. n; iv, 1; Frœhner, Mus. de France, p.'33. — HO Seidl, Op. cit. pl. u ; v, 4. — H0 SeidV* Op. cit. pl. i; Bull. comm. munie. 1875, pl. xxi, 2.

— 121 Frœhner, Musées de France, p. 33. — 122 Seidl, Op. cit. pl. ni, 1,2. — 123 Seidl, Op. cit. pl. iii, 3; Supplém. pl. i ; Frœhuer, Mus. de France , p. 33. — 12V Seidl, Supplément, pl, i ; Frœhner, Mus. de France, p. 33. — 125 Seidl, Op. cit. pl. i.

— 126 Ibid. pl. i, n. — H7 Bull. comm. munie. 1875, pl. xxi, 3, p. 210; cf. ibid. p. 212 ; Seidl, Op. cit. pl. ni.

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ou sur un cerf128. Nous ne pouvons pas affirmer que cette association fût un trait du culte original, mais il y a lieu

Fig. 2490. — Divinité féminine associée au Deus Dolichenus.

de croire qu’il en était ainsi à Doliché, puisque Lucien129 nous montre une association semblable à Hiérapolis.

S. Reinach.

UOLICIIOS [cursus, stadium].

DOLIUM (Ili0oç). - — Le tonneau, dans l'antiquité, a existé sous deux formes : 1° une grande jarre de terre cuite, parfois de pierre ou de métal ; 2° une futaille de bois, de forme cylindrique et munie de cercles destinés à maintenir les douves. Nous ne nous occuperons pas du second type, qui a été étudié à l’article cura. Nous n’avons à considérer ici que le premier genre, qui est de beaucoup le plus fréquent et le plus ancien. Ilomère et Hésiode en font déjà mention comme du récipient usité pour conserver le vin1. Nous pouvons même, par les monuments, remonter à une époque plus reculée que la littérature homérique et constater l’emploi du 7tt%ç sous une forme déjà très perfectionnée dans les premiers âges de la civilisation hellé¬

nique. M. Schliemann, dans ses fouilles de Troie, a trouvé encore en place dans la terre neuf énormes récipients de

128 Heltner,Z)e Jove Dolicheno , p. 28 ; Seidl , Op. cil. pi. m, 2; Frœhner, Mas.de France, p. 33. — 129 Lucian. De dea Syr. 31. — Bihliographie. Braun, Jupiter Dolichenus, Bonn, 1852; G. Wolff, De novissima oraculorum aetate, Berlin, 1854, p. 25 et suiv. ; Seidl, Ueber den Dolichenus Kult, dans les Berichte de l’Académie de Vienne, Phil. Hist. Cl. , t. XII, p. 4-90, t. XIII, p. 233- I’60 ( Svp plèment ), 1854, avec 6 planches (nous citons la pagination des tirages à part) ; Hettner, De Jove Dolicheno, Bonn, 1877 ; Marini, Alti dei fratelli Arvali, p. 539-542 ; C.-L. Visconti, Bull, délia Comm. di Arch. Municip. di Borna, 1875, p. 204-228 ; Overbcck, Grieschische Kunslmythologie , t. I, p. 271 ; Preller, Bômische Mythologie, p. 751 ; Frœhner, Musées de France, p. 27-37; E. Meyer, art. Dolichenus, dans le Leæikon der Mythologie de Roscher. Le premier en date des auteurs modernes qui se soit occupé de Jupiter Dolichenus est G. Gyraldi, Hist. deor. syntagma, II, Lugd. Batav. 1696, p. 111.

DOLIUM. 1 Hom. Odyss. II, 340; XXI1L 305; II. IX, 469; cf. XXIV, 527; Hesiod. Op. et d., 368; cf. Ibid. 82. — 2 Schliemann, Ilios, traduct. Egger, p. 33, 35, fig. 8. — 3 Ibid. p. 489-494; cf. p. 756 et fig. 1467. — 4 Geoponic. VI, 3, § 14; cf. Pollux, VII, 164. La fabrication de ces grands vaisseaux devait offrir de sérieuses

terre cuite (haut. lm,72) qu’il suppose avoir renfermé du blé ou du vin, et qui servaient de magasin d’approvisionnements (fig. 2491 ) 2 ; il évalue à plus de six cents le nombre de ces gigantesques vaisseaux qu’il a rencontrés dans la seconde cité préhistorique, identifiée avec la Troie antique3. Elles étaient, pour la plupart, recouvertes d’une plaque de schiste ou de calcaire formant couvercle. Il est difficile de croire que des vases de cette taille aient pu être façonnés au tour, bien qu’ils soient très régulièrement exécutés et cuits. Un texte donne à penser, en effet, qu’on les construisait de toutes pièces dans un four spécial ‘. Ces TitSoi ont une base pointue qui force à les enfoncer en terre pour leur donner une assiette solide. Nous savons que les anciens, dans la fabrication du vin, attachaient une grande importance à éviter le contact de l’air autour des tonneaux, et c’est pour cette raison qu’ils les enfouissaient dans la terre ou dans le sable5, le plus souvent jusqu’à l’orifice même. Celte disposition se retrouve la même sur d’anciennes peintures de vases qui représentent le n£0o; du centaure Pholeus recevant son hôte Hercule6, le TtîOoç où se cache Eurysthée épouvanté à la vue du sanglier d’Érymanthe7, et dans les celliers de Rome avec leurs rangées d’amphores alignées8.

Les dimensions colossales sont caractéristiques pour le izidoç; c’est en cela qu’il diffère du cadus, vase de forme analogue, mais de moindre taille. Un homme pouvait facilement s’y cacher, et c’est ainsi que s’explique, outre T aventure d’Eurysthée, celle de Piasos, précipité par sa fille Larissa dans un tonneau de vin où il se noie9. L’anecdote la plus connue en ce genre est celle de Diogène vivant dans un tonneau en guise de maison10; les monuments qui le représentent donnent toujours à son dolium la forme d’une grande jarre, et non pas d’une futaille de bois (fig. 2492) 11 . 11 semble d’ailleurs, d’après un texte d’Aristophane, que ce choix d’habitation ne fut pas une invention bizarre du philosophe, mais que les pauvres étaient parfois réduits à user de ces refuges économiques12. Le fameux tonneau des Danaïdes se présente aussi à nous sous un aspect analogue13. C’est le type classique du m'Ooç archaïque, tel qu’on le rencontre dans les céramiques des payslesplusdivers, à Rhodes1'*, en Crète 15, enEtrurie16, etc.

Les quatre -iOoi envoyés comme offrandes par Crésus à

difficultés : de là le proverbe lv utOw tr,v xEoajAEtav |*avOivsiv, pour critiquer la présomption des novices qui, au lieu de débuter par un ouvrage facile, s’attaquent tout d’abord aux besognes les plus délicates ; cf. Hesych. s. v. ; Pollux, VII, 163; Bliimner, Technolog. und Terminal, der Gewerbe, II, p. 43, note 1. — 3 Plutarch. Sympos. VII, 3, 2; Plin. Hist. nat. XIV, 21, 133. — 6 Journal of hell. studies, I, pl. i ; O. Jahn, Vasensaniml. su München, n08 435, 622, 746. — 7 Wiener Vorlegebltitter t V, pl. vii ; Monumenti dell' Inst., 1859, pl. x.vxvi ; Jahn, Op. I. n08 394, 1219, 1325 ; Furtwaengler, Antiquarium, n08 1849, 1850, 1855; Heydemann, Vasensaniml. su Neapel, n° 2475; S. A. n° 186, etc. — 8 Voy. le Dict. t. I, p. 989, fig. 1282.

— 9 Strab. XIII, 4, 621. — 10 Lucian. Quom. hist. conscr. 3 ; Juvenal. XIV, 311.

— il Zoega, Bassi rilievi, I, pl. xxx ; cf. Spon, Miscell. antiq., p. 125 ; de la Chaussée, Gemme antiche (Rome, 1700), pl. oxxvn; Caylus, Becueil d' antiq., VI, p. 43, 2.

— 12 Aristoph. Equit. 792 et Schol. L’explication de ce passage par Suidas, s. v. luOaxvï) semble erronée. Cf. Krause, Angeiologie, p. 240. — 13 Voy. plus haut, p. 23, fig. 2290, 2291. — lr» Salzmann, Camirus, pl. xxv-xxvii. — 1® Mittheilungen des deut. Inst, in Athen, 1886, pl. iv; cf. Haussoullier, Bull, de corr. hell., IV, p. 127.

— 16 Museo Etrusco Vaticano, édit. 1842, I, pl. ii, et pl. xx.xiv, n° 6.

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Delphes étaient sans doute aussi de dimensions notables et, de plus, en argent17. On mentionne également des pithoi de pierre : un riche citoyen d’Agrigente possédait dans sa cave trois cents tonneaux taillés à même dans le roc, dont chacun pouvait contenir cent amphores de vin18.

On distinguait le doliare vinum du vinum amphorarium [vinum] ; le premier était le vin nouveau, encore sûr et en fermentation ; l’autre était le vin fait et vieilli19. Les tonneaux étaient enduits de poix intérieurement20. Sur la fête des TuOotyta à Athènes, voy. dionysia, p. 235 et suiv.

Le iu0oç, comme nous l’avons indiqué déjà, ne servait pas seulement à conserver le vin. On y mettait d’autres liquides, comme l’huile, et des matières sèches, comme le blé, les raisins, les figues, etc. ( dolia frumentaria. acinaria, amurcavia 21). Dans ce cas, il n’était pas nécessaire de l’enfoncer en terre, et la forme en est un peu modifiée : il repose sur une large base plate qui lui donne une assiette solide et permet de le poser debout sur le sol (fîg. 24 93) 22. C’est pour cette raison qu’un auteur mentionné par le

Digeste refuse de ranger le dolium parmi les vasa vinaria. Aujourd’hui encore, en Grèce et en Orient, la grande jarre de terre cuite sert à ces usages divers23. Les anciens lui donnaient aussi la destination de nos pots de fleurs modernes, en y plantant des fleurs et des arbustes24. Enfin Yitruve dit que certains architectes, dans la construction des théâtres, liraient parti de la résonance de dolia de terre cuite placés dans la salle pour améliorer l’acoustique25.

Il est probable que le nom de m'Soç n’a pas toujours été réservé uniquemenlàdes vaisseaux de très grandes dimensions : ces dénominations restent générales et s’appliquent souvent à des objets de forme et de taille différente. Cependant il existe des diminutifs comme TciOototov, m 0(axoç, qui indiquent l’intention de distinguer du mûoç les vases du même genre quand ils sont petits26. Ils correspondent au doliolum des Romains27.

Les inscriptions latines mentionnent quelquefois le doliarius ou dolearius 28. Mais il ne faut pas confondre le doliarius ( servus ) qui est un sommelier ayant la garde et le soin de la cave dans les maisons des riches particuliers [cellarius], avec le doliarius (faber) qui est le fabricant de

17 Herodot. I, 51. — 18 Diod. Sicul. XIII, 83. Sur les dimensions et la capacité des dolia , voy. Becker, Gallus , édit. Gôll, III, p. 418-419. Dans le Dig. 33, 7, 27, on mentionne des dolia de plomb. — 19 UIp. Dig. 18, 6, 1, § 4; cf. 33, 6, 15; Senec. Epist. 36 , 4. — 20 Plin. Bist. nat. XIV, 21, 134; Geoponic. VI, 38; Plutarcb. Sympos. V, 3 , 10; Orelli, Inscript. II, p. 381 (= Momraseu. Inscr. regn. Napolit. n° G746). — 21 Varro, De re rust. I, 22; Cato, Res. rust 10; Bubrius, Fragm. 23, 1, p. 167, édit. Knoche. — 22 Pornpei a la regione. Memorie publ. dall' Uf/izid degli scavi, 1879, pl. m, 3; cf. Co>p. Inscr. lat. X, 2, n° 8047, 1-21. — 23 Krause, Angeiologie , p. 235 ; cf. Mittheilungen in Athen , 1886, p. 146. — 24 Athen. V, 41, 207. — 25 Vitruv. V, 5, 8. Sur l’emploi de vases de terre cuite pour faciliter la construction des voûtes, cf. Hergau, Annali delV Inst , 1867, p. 405. — 2G Hcsych. s. v. ot-W.vrç (riOàxvq); Plutarch. Camill. 20. Quant au mot môàxvv], on l’explique tantôt comme un très grand vase, analogue au iciôo;, tantôt comme un récipient de faible capacité. Cf. Krause, Angeiologie, p. 238-240. — 27 Tit. Liv. V, 40; Colum. XII, 43. — 28 Gruter, Thésaurus inscript. II, p, 583, n° 1; Muratori, Thés.

tonneaux en terre cuite et, en général, de toutes sortes de matières céramiques [voy. doliare opus]. E. Pottif.r.

DOLO (Ao'Xwv). — I. Poignard dont la lame était dissimulée dans un bâton, une canne, le manche d’un fouet1. Selon Yarron, cité par Servius2, on appelait dolo un épieu garni d’un fer très court.

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