I . , . „„„ 07 a 32 Tit I iv V 55 — 33 Tac. Ann. XV
ap. Lachmann, Agrimens , p. 370. — ** ut. lrv. v, oo. ’
3V L 14 De servit, praed. urb. VIII, D. 2.-33 Froatin. De aquaeiuct. 126, 12- ;
1. 0, De aedif. prie. VIII, 10, Cod. Just. - 36 V, 3, 7 ; Suet. Oct. 89. - 37 Tue.
Ann. XV, 43. — 38 Aurel. Vict. Epit. 13.— 39 juven. Sat. III, V. 199 ss. — 40 L. !),
24 De sc’rv. praed. urb. — « L. 12, De aedif. priv. VIII, 10, Cod. Just. — 42 Rein,
Privatrecht der Roemer, p. 15, 209. Ces textes ont été publiés dans les IJonumenta
lenalia d’Haubold, p. 196. — *3 L. 2, De aedif. priv. Cod. Just. VIII, 10. — 4’* Cic.
De Leg. 11,23. - 4S Serv. Ad Aen. XI, 206. - 46 Capitolin, c. 12. - B.DuoGa»-
rHiE. Sur la propriété selon le droit romain, consultez surtout Pellat, Principes
généraux du droit de propriété et de ses principaux démembrements, Paris, 1837,
et^éd Paris 1853 ; Blondeau, Chrestomathie, Paris, 1832; Giraud, Recherches sur
le “droit de .propriété chez les Romains , Paris, 1838 ; Ballhornrosen, Lehre von do-
minium Lemgo. 1822; K. Sell, Lehre der disigl. Rechte, Bonn, 18d2; Pagenstecher,
Die rom. Lehre von Eigenthum , Heidelberg, 1857 ; Walter, Geschichte des rom
Rechts 3e édit. Bonn, 1860, II, n» 559 et s. p„ 176 et s. ; Puchfa, Cursus Instit. 4- ed.
Leipsig 1857 ; Lange, R. AUerth. 3- éd.I, 144-166, Berlin, 1876; Rein, Privatrecht
der Roemer, p. 175 et s., Leipz. 1844; Mispoulet, Les institut, polit, des Romains,
II p 37 69, 82, 83, Paris, 1883; P. Willems, Le droit public romain, 5' éd. Pans,
à construire une maison ( tignum junctum) [furtum].
La défense faite par la loi des Douze Tables d’enterrer les morts dans la ville ( hominem mortmm in urbe ne sepelito neve uritou, renouvelée par la loi Duilia43 et par Antonin le Pieux46. F. Baudry.
DOMINUS. — Le droit romain reconnaissait le titre de dominus rei à celui qui était investi de la propriété romaine sur- une chose1 [dominium]. Ce titre lui demeurait même au cas où il ne conservait que la nue propriété, un tiers ayant acquis l’usufruit. On appliquait encore cette règle au cas d’ager vectigalis. Le nom de dominus était encore donné en droit romain à celui dont les affaires étaient gérées volontairement par autrui à 1 insu du premier [negotiorum gestorum actio]. En matière litigieuse, on appelait dominus 2 la partie qui était représentée dans un procès par un cognitor, et dont le nom figurait dans Vintentio de la formule d’action. Dans ce cas l’autorité de la chose jugée existait à l’égard du dominus litis3. Au contraire, le représentant simple, procurator, devenait par la litis contestatio, dominus litis, et Vactio judicati compétait à lui et contre lui4, rigueur formaliste qui fut adoucie plus tard.
Le titre de dominus se donnait aussi dans l’usage comme une appellation honorifique, par exemple à un jurisconsulte que Ton consultait8, ou à un époux6, ou à l’empereur depuis S. Sévère et au bas-empire1. G. Humbert.
DOMO INTER DIC ERE. — Le lien d’hospitalité privée (hospitium privatum ; voy. jus hospitii) établi entre deux particuliers de nations différentes ne pouvait être brisé que par une renonciation solennelle, renuntiare hospitium ei, ou amicitiam ei more majorum renuntiare' . Une des parties renvoyait le signe ou fessera hospitalis qu on avait reçu de l’hôte ingrat. On disait de celui qui avait violé le serment prêté en invoquant Jupiter hospitalis, qu il avait brisé la tessère, confregisse tesseram 2. Ordinairement, on avertissait aussi, par un message, l’ami coupable d’ingratitude, qu’on lui interdisait l’entrée de sa maison, domo interdicere. C’est ainsi qu’Auguste interdit sa demeure cà Cornélius Gallus, ancien gouverneur de l’Egypte3, mais en même temps il le frappa d’une peine véritable [poena] en lui fermant l’accès des provinces de l’empereur [provincia]. L’interdiction de la maison du prince était alors une sorte d’exil de la cour, accompagné parfois d’une espèce de relégation. Ainsi l’empereur, en vertu de son imperium proconsulare [principatus], pouvait exercer seul la juridiction répressive, quand il ne daignait pas laisser au sénat le soin de venger les injures du prince [majestas]. G. Humbert.
1884, 88 et s.; Madvig, Verfassung rôm. Staats, Leipz. 1881-1882, II, p. 179-185.
DOMINUS. 1 Gaius, Comm. II. 30; fr. I, g I, Dig. De sen. Silian. XXIX, 5. — 2 Gaius, IV, 86. — 3 Vat. Frag. 317 ; Paul. Sent. rec. I, 2, 4; c. 7, C. Theod. II, 12. — I- Gaius, IV, 97; fr. Il, Dig. XLIV, 4. — 6 Fr. 22 pr. Dig. Ad leg. Paie.
XXXV, 2. 6 Fr. 41, Dig. De légat. 30; fr. 19, g 1, Dig. De Ann . XXXIII, I ; fr.
40, § l', Dig. De aur. et arg. XXXIV, 2. —7 Voy. Willmanns, Exempta inscr. 1091 ; Mispoulet, Inst. polit., I. p. 306; Corp. inscr. lat., index, t. III.— Bibliographie. Pellat, Exposé des principes généraux du droit romain sur la propriété et ses principaux démembrements, 2* éd. Paris, 1853, p. 2, 3,102, 105 ; Walter, Geschichte desrômischen Rechts, 3” éd. Bonu, 1860, g 760 et 782; RudorEf, Rom. Rechtsgescliichte, Leipzig, 1859, t. II, § 72, p. 235 et 230; Ortolan, Explic. histanq. des Instit.de Justinien, O" éd. Paris 1858, III, n" 2230, 223 1 ; Mispoulet, Les institutions politiques des Romains, I, p. 306, Paris, 1882 ; Friedlander, Sittengeschiehte Roms, I, 356 et s. 3" éd.
DOMO INTERDICEIU3. 1 Cic. Ver r. II, 36, 89 ; Dionys. V, 33; T. Lir. XXV, 18; Sucton. Calig. 3; Tacit. Annal. 11,70. —2 Plaut. Cist. II, i, 27.— 3 Suet. Octav. 66* Tacit. Ann. VI, 29. — Bibliographie. Adam, Ant. rom. trad. lranç. 1828, IL p. 269 ; Walter, Geschichte des rôm. Rechts, 3" éd. Bonn, 1860, 1, § 82 ; T. Mommsen, Rôm. Forschungen, I, 320 et s.; P. Willems. le Droit public rom., 5' éd. Paris, 1884, p. 127, note 4.
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DOMUS (OUo;, otxta, Swaa, o^uo;1). — L’habitation antique, celle des Grecs comme celle des Romains, diffère de nos maisons modernes non-seulement par d’innombrables détails de structure, d’aménagementou de décoration, mais encore par les principes mêmes qui guidaient les architectes. Tous nos logis, depuis la chaumière de nos montagnes jusqu’aux palais de nos grandes villes, s’étendent en façades sur la rue, se percent de larges fenêtres et vivent dans une communication constante avec l’extérieur. Au contraire, la maison antique s'enfermait en elle-même, concentrait toute la vie de famille dans une cour intérieure. Cette disposition générale de l’habitation s’explique par des nécessités diverses, qui tenaient au climat et aux mœurs, mais aussi aux moyens matériels dont disposait l’architecte. Dans les pays du Midi on clôt volontiers l’habitation et Ton réduit le nombre des ouvertures pour arrêter la lumière trop vive et le rayonnement de la chaleur. De plus, la réclusion des femmes en pays grecs entraînait comme conséquence l’isolement du logis. Enfin l’on n’a eu que très tard, sous l’empire romain, l'idée d’employer le verre pour la fermeture des fenêtres, et l’usage des vitres fut toujours un véritable luxe. On perçait bien aux étages supérieurs quelques lucarnes que protégeaient des volets du côté de la rue; mais les pièces du rez-de-chaussée, les plus importantes de l’habitation, ne pouvaient s’éclairer que sur des cours ou des galeries intérieures. Ce petit détail d’économie domestique, plus encore que le climat ou les mœurs, explique que pendant tant de siècles, malgré la transformation des sociétés, les mêmes méthodes de construction et d’aménagement se soient maintenues chez les deux peuples classiques pour les demeures particulières.
Pour éclairer l’intérieur de la maison, ce qui était le point essentiel dans l’organisation du logis, les anciens ont imaginé deux moyens. Ou bien l’on disposait les pièces autour d’une cour : c’est le système hellénique; ou bien l’on perçait un large trou au toit de la salle principale : c’est le système qui prévalut en Italie. Sur ces deux principes, appliqués isolément d'abord, et plus tard combinés, repose toute l'histoire de l’habitation chez les Grecs et les Romains.
Les descriptions de Vitruve, comme les ruines dePompéi ou d’IIerculanum, comme les débris des villas ou des palais, nous font surtout connaître les logis antiques sous leur dernière forme. Mais on peut aujourd’hui y distinguer nettement les éléments grecs et les éléments romains, éliminer successivement tout ce qui a été ajouté aux types primitifs. Si de part et d’autre on remonte ainsi le cours des âges, on arrive, en Italie comme en Grèce, à une maison d’un modèle très simple, la chaumière du paysan. Pendant longtemps les populations anciennes n’ont connu que la vie rurale. Plus tard, dans les villes, on ne fit que développer, aménager pour des besoins nouveaux la cabane du cultivateur, qui aux champs est toujours restée pareille à elle-même, immobile dans sa simplicité naïve, jusqu’à la fin du monde classique.
Chez les populations de la Grèce et de l'Italie, la maison du paysan cultivateur fut de bonne heure de forme rectangulaire2, couverte d’un toit de chaume; l’usage des terrasses, moins répandu que de nos jours autour de la
DOMUS. * Sur l’emploi de ces mots désignant l’habitation, et celui de ofxïjna réservé aux édifices publics et religieux, voy. Bôtticher, Tektonik der Heüenen , p. 300, et Schubart, Philologus, XV, 1860, p. 385. — 2 Nous no parlerons pas ici de la cabane des populations pastorales de l’antiquité [tuguriuiu]. Ce fut d'abord une hutte conique, inventée, disait-on, par Pélasgos, à moitié enfoncée dans le sol, couverte de madriers, de roseaux, de branches et dn terre. On constate l’existence
ni
Méditerranée, n’a jamais complètement, même sous l’empire, remplacé l'ancien toit national. Vues du dehors, les chaumières de Grèce et d’Italie avaient même apparence; mais l'aménagement intérieur différait beaucoup, comme l’éclairage. Aussi l’habitation riche des siècles suivants s'estelle développée très diversement dans les deux pays. Dans les régions helléniques, les chambres se sont rangées autour d’une cour; plus tard, autour de deux cours à colonnes. En Italie, le centre de la maison a été de bonne heure une grande salle au plafond percé d’une ouverture rectangulaire. Sous l’empire romain, dansles palais et les hôtels particuliers de Rome et de Pompéi, se sont combinés les éléments de l’habitation grecque et de l’habitation romaine.
L’habitation grecque. — I. L’habitation primitive et la maison de paysan. — La grande maison hellénistique que décrit Vitruve est un développement de la maison hellénique du temps de Périclès. Celle-ci à son tour reproduit tous les traits essentiels du palais homérique, qui se présente lui-même comme une grande ferme. Et de ces fermes princières on trouve les éléments constitutifs dans la chaumière du paysan.
Cette chaumière du paysan grec, nous la connaissons en détail par une très curieuse relation du médecin Galien. Un jour il eut l’idée de raconter comment son père, un cultivateur des environs de Pergame, s’y prenait pour améliorer son vin. Et à ce propos il décrit avec complaisance les maisons de son village natal, qui ressemblaient à celles de tous les villages helléniques. « Si vous voulez, dit-il, avoir pour le vin un emplacement chaud, je vais vous dire comment procédait mon père. Dans toutes les campagnes de mon pays les maisons sont grandes. Au milieu est le foyer, où l’on allume le feu. Non loin du foyer sont disposées les étables pour les bestiaux, de chaque côté, à droite et à gauche, ou tout au moins d’un côté. Attenant au foyer, par devant, dans la direction de la,porte d’entrée, est un four. Telle est la disposition de toutes les maisons de paysans, du moins des pauvres. Les habitations plus riches ont, près du mur du fond, en face de la porte, une pièce de réunion, et, de chaque côté de cette pièce, une chambre à coucher. Au-dessus sont des greniers, comme dans la plupart des auberges. Ils sont disposés en cercle, le long des trois murs, souvent des quatre murs de la salle. De ces compartiments des greniers, celui qu’on voit le mieux des deux côtés est celui qui domine la pièce de réunion. C’est dans celui-là que mon père plaçait son vin après l’avoir fait chauffer dans les jarres 3. »
D’après cette description, il n’est pas difficile de reconstituer le plan de la chaumière hellénique. Elle est toute en longueur et partagée en trois sections parallèles. Les deux sections de droite et de gauche, plus étroites, sont occupées par les étables ou écuries et communiquent avec la section centrale, l’aire, la salle (ô gsY’î oixo;). L’aire, dans les maisons les plus pauvres, sert à la fois de cuisine, de chambre à coucher, de logement pour toute la famille. Dàns les maisons moins misérables on dispose trois pièces le long du mur qui fait face à la porte d’entrée : c’est une salle de travail et de réunion (èçéSpa), flanquée de deux chambres à coucher (xoitwv).
de ces sor!es de cabanes en Phrygie, en Arménie, en Thraee et en Macédoine, dans les villages des terramares de la vallée du Pô, enfin, comme on le verra plus loin, dans le Latium et dans la Rome primitive (cabane de Romulus). La forme de ces huttes parait s’ètre conservée dans celle de certains temples ronds, notamment ceux de Vesta, et dans le tholos des palais helléniques [tholus]. — 3 Galen. De antidotis, I, 3, t. XIV, p. 17 Kuhn.
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Le foyer (lima) est placé clans l’axe longitudinal de la salle, près de 1 ’exedra; devant le foyer, le four. Au-dessus des chambres du fond et des stalles latérales courent des greniers; le compartiment qui fait face à la porte d’entrée sert de cellier (à7to0iji«]). La lumière n’arrive que par la porte; la fumée remplit la maison, améliore le vin, et s’en va comme elle peut. Toutes les parties de l’habitation sont comprises sous le même toit, un toit de chaume à deux pans, qui repose sur des poutres transversales (fXEoôSuT)) ; mais la pente en est si douce qu’en été on y place des cruches de vin pour les faire chauffer au soleil4.
Voilà le point de départ de l’habitation grecque. Il n’est pas douteux que tous les logis primitifs aient été entièrement construits en bois. On peut s’en représenter nettement l’aspect extérieur d’après les vieux tombeaux des îles de l’Archipel, de Cyrène, et surtout de la Phrygie, ( de la Paphlagonie, de la Lycie 6. Sur les façades de pierre des sépultures, on lit tous les détails des anciennes maisons de bois (fig. 2494); le plafond , parfois soutenu par des piliers,
se compose de troncs d’arbres non équarris qui s’accusent en fortes saillies au-delà des murs et dessinent devant le logis une sorte de vestibule. L’entrée est d'ordinaire divisée en plusieurs compartiments par des poutres verticales et horizontales. Au-dessus de l’entrée, le toit se termine souvent en fronton. Des façades analogues se voient même aujourd’hui dans les habitations en bois des villes turques.
Telle a toujours été dans les régions grecques la disposition des maisons de paysans. Il en existe encore de semblables; nous en avons visité, en Asie Mineure, dans les montagnes de Thessalie et ailleurs. Or l’on y trouve toutes les parties constitutives de la maison de ville à l’époque classique : la disposition symétrique en longueur, les pièces latérales d’où il suffit d’expulser les bestiaux, le premier étage, enfin la salle de réunion et les deux chambres à coucher, qui correspondent à la prostas de Vitruve flanquée du thalamos et de Yamphilhalamos. La grande salle du milieu joue dans cette distribution de la chaumière absolument le rôle de la cour homérique ou du péristyle classique. Supposez qu’on veuille agrandir cette habitation rudimentaire, il devient impossible de couvrir cette grande
salle; l’aire intérieure se change en une aire ouverte; la lumière y pénètre à flots et se répand de là dans tout le logis. Pour un hôtel particulier ou un palais princier, on ne modifiera pas le plan de la cabane primitive ; on développera seulement le logis proprement dit, représenté ici par les trois chambres du fond. Pour cela, il suffira d’ouvrir une porte (la pÉTauXoç) dans le mur de derrière et de disposer à la suite d’autres appartements. C’est ce qu’on observe dans le palais homérique, la maison athénienne du ve siècle et l’habitation hellénistique de Vitruve. Au cours de cette étude nous serons plusieurs fois obligé de nous référer surtout aux palais. Mais cela importe peu : dans la Grèce ancienne les demeures princières n’ont jamais différé des logis particuliers que par les dimensions et le luxe.
II. Le palais homérique. — Les poèmes homériques renferment la description de nombreuses résidences princières. Les plus connues sont le palais d’Ulysse à Ithaque, de Priam à Troie, de Ménélas à Sparte, de Circé et d’Alcinoos dans des îles plus ou moins fantastiques, enfin la tente d’Achille aménagée sur le modèle d’une maison. Il est inutile de passer en revue ces habitations l’une après l’autre. Elles étaient toutes construites sur un plan analogue et décorées très simplement, à l’exception de la demeure idéale d’Alcinoos où le poète entasse à plaisir tout le luxe entrevu ou rêvé dans les palais asiatiques.
Ces résidences royales, où s’arrête volontiers l’imagination du poète, ne se distinguent de la métairie hellénique que par de plus vastes proportions.
Dans la grande cour du palais on reconnaît vite une cour de ferme ; chez Ulysse "et chez Priam on voit régner en maîtres les porcs et les chèvres, s’arrondir les tas de fumier0; dans la salle à manger d’Ulysse le sol est jonché de débris d’animaux7; Circé loge dans les stalles de sa cour ses amants changés en bêtes 8. Le palais homérique est encore une grande métairie; c’est pourtant déjà une véritable maison hellénique, et les critiques anciens identifiaient l’aùXij héroïque avec le péristyle des habitations postérieures 9 .
Les grandes maisons royales de Y Iliade et de Y Odyssée comprennent trois parties principales 10 (fig. 2493) :
4 Galen. Dr articulis, III, 23 ; IV, 41. — 6 CI.Texier, Descript. de l'Asie Mineure , Paris, 1839-1849, t. IV. Id., Univers pittoresque , Asie Mineure, pi. x, xi ; Fello-ws, An account of discoveries in Lycia, Lond. 1841 ; Spratt et I- orbes, Traiels in r. 'yna, 1847; 0. Benndorf et Niemanu, Reisen in Lykien und Karien , Vienne, 1884 ; Pe’tersen’et Luschan, Reisen in Lykien, Milyos und Kibyratis, Vienne, 1889 .
Hirschfeld, Paphlagonische Felsr/râber, dans les Abhandl. der Berlin. Akadcmie, (885.— bOd. XVII, 291 ; XX, 299; XXII, 302-364; XXIII, 362;/I.XXIV, 640.— 7 Od. XX, 299 ; XVIII, 362.-8 Od. X, 210. — 9 Pollux, 1, 77 : a Un V «Î0«tmav "0|«ipo;
vaUT- entot; 5'av -cbv itEçtffTUXcv toeeov -/al itEflxiova, zaTV. Si toùî Attixoùs TCîgtintuov.
10 /liad. VI, 316 : EïtoiTi-rav xal 5,o[xa -xa'taùVô'E.
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1° La cour (aùL>j) (2), entourée de portiques (aïQouaa aùXvjç) 11 . Elle s’ouvre sur la rue ou sur une esplanade par une porte (1) à deux battants (tol irpo'Oupa )2, 0upat otV.Xtosç) 13.
A droite et à gauche de l’entrée, sous les grands portiques (4) qui longent les deux ailes sont disposées des pièces nombreuses (5). Là sont les écuries, les magasins u, les moulins à bras 15, des logements pour les esclaves ou les étrangers qui demandent asile )6, les communs. On y installe souvent aussi les appartements des fils de la maison. Chez Ulysse, c’est dans cette partie de l’habitation, à droite de la porte d’entrée, que demeurait Télémaque11. Ces portiques s’allongeaient parfois à l’infini : chez Priam, c’est là que couchaient les cinquante fils du roi avec leurs femmes, ses douze filles et leurs maris 1S. Ces appartements avaient d’ailleurs un étage supérieur, où Ton voit souvent monter Pénélope et ses femmes 19 . Au milieu de la cour se dressait toujours l’autel (3) de Zeus Herkeios, gardien et protecteur de la propriété20. Dans un coin se voyait le 0oXoçsl, chapelle circulaire consacrée aux divinités domestiques 22.
2° L’habitation des hommes (SSiga ou So'jjloç). On traverse d’abord le double portique qui borde la cour en face de la porte d’entrée (atSouo-a SoWoctoç, TtpoSofioç) (6) ; on y dresse des lits pour les hôtes23. Derrière le prodomos s’étend la salle des hommes (tô gsyapov), la principale pièce du palais (7). Des colonnes 24 soutiennent les poutres transversales (fZEcdSpiat 25) du plafond noirci par la fumée (puXa- Opov) 20 ; les murs sont souvent couverts d’un revêtement de bois et décorés de plaques métalliques21. Aucun pavé ni dallage ne couvre le sol, au moins dans la demeure d’Ulysse28, où il est formé par la terre battue; mais ailleurs, il pouvait consister en un mortier durci, comme dans le palais de Tirynthe, dont on parlera plus loin, où l’entrecroisement des lignes et l’alternance des couleurs dessinent à la surface un ornement régulier29. La grande salle est toujours sombre (cxto'siç) ; son obscurité, qui contraste avec le jour éclatant de l’entrée (àiOouna), a fait étendre à la salle tout entière le nom de aÉXaOpov 30, ce qui I n’empêche pas le maître de la maison et ses compagnons d’y manger, boire, causer, délibérer et dormir. Elle recevait la lumière par la porte d’entrée et aussi sans doute par les intervalles (oirai, otvomxia)31, laissés entre les têtes des poutres transversales du toit; mais omj ou <kala peut j s’entendre aussi d’une ouverture au sommet du toit donnant passage au jour et à la fumée : c’est dans ce sens qu’on a employé ces mots plus tard, peut-être quand la forme du toit se fut modifiée32. Au fond du mégaron on voit (8) le foyer (lu^apr,), sur lequel les cuisiniers ou les héros euxmêmes préparent le festin 33.
Qu’est-ce que le Xaïvoç oùSoç plusieurs fois mentionné dans le (jtéyapQv ? On entend généralement par ces mots un seuil de pierre placé à la porte qui mettait en communication
n Od. XXII, 449 ; II. IX, 472; Eust. Ad II. IX, 468; Ad Od. III, 390. — 12 Od.
I, 103, H9; IV, 26; XV, 146; II. XXIV, 238. — 13 Od. XVII, 267. — 14 Od. XXI, 390. — 16 Od. XX, 105. — 16 Od. III, 399; IV, 296; VII, 345; XX, 1 ; II. XXIV, 644.
— n Od. I, 425 ; cf. XIX, 48 et II. IX, 471 et s. — 18 II. VI, 243. — 19 Voy. plus loin, note 51. — 20 II. XI, 773; Od. XXII, 334. — 21 Od. XXII, 459, 406. — 22 Pour le scholiaste d’Homère, Od. XXII, 442, c’est l'endroit où l'on déposait des vases et des ustensiles de ménage. Sur la signification de ce nom, voy. tholur. — 23 Od. IV, 297, 302; II. XXIV, 673. — 2V Od. VI, 307; VIII, 66, 473; XXIII, 90. — 25 Od. XIX, 37; XX, 354. C’est la signification la plus généralement acceptée. Voy. cependant Rumpf, De acdibus homer. II, 39, et Lange, Haus und Dalle , p. il et 44, note 2.
— 26 Od. XXII, 239, et Adnot, ad Etym, Mag. éd. Kulenkamp, p. 960 : MéXaOçov vj opoïï) b tou (xeXalvEffOai uiîb toù’ Karvoff 'Otxr.ço;. — ^7 Od. IV, 71 ; VII, 80 ; comme à Orchomène, à Mycènes, à Tirynthe. Voy. Blouet, Expédit. de Morée, t. II, pl. 70,
71 ; Schliemann, Orchomenos , p. 25-31 ; Ici. Mycènes , p. 100 de la trad. franc. ; ld. Jirynihe , p. 198; TVIiddletou, Journal of hellen. studies , VII, 1886. p. 162; Helbig,
cette pièce avec l’autre. Nous croyons plutôt qu il s agit d’un soubassement sur lequel s’appuient les colonnes, élevé comme un degré tout autour de la salle31 ; il estappelé aussi fAsyotç oùod; . C’est sur ce large degré, et non sur un seuil étroit, qu’Ulysse se tient debout au moment où il va tendre son arc35, et un peu plus tard (mais cette fois à l’autre extrémité de la salle, près de la porte d entrée) lorsqu’il va diriger ses coups sur les prétendants 3G. Ailleurs il est question de véritables seuils à l’entrée du néyapov 31 et à la porte de la chambre où est déposé l’arc d’Ulysse38, mais ce seuil est de bois (psWvou oùSoü, Spuïvov ouobv) ; il est d’airain dans le palais d’Alcinoos 30. Une allée (Xaup-/)), longeant de chaque côté le piyapov et le ôaXauoç ou habitation des femmes, dont nous allons parler, sert de passage entre le mur de la maison et l’enceinte extérieure. Comme on le voit sur le plan (10), cette allée part de Yaulè et conduit par le dehors à l’extrémité de la maison. La salle des hommes a une issue (9) sur ce passage 40. Faut-il distinguer 4 ou confondre cette issue et celle qui est désignée dans le même endroit de l’Odyssée sous le nom de ôpcroôupyj , et ce nom, sur lequel on a beaucoup discuté, s’applique-t-il à une ouverture placée à uue certaine hauteur dans le mur, comme semblent l'indiquer les termes dont se sert le poète (o\)k‘ av Svjxiç àv’ ôpco9uer)v àvaëjuï]) 41 ? Cette conséquence n’est pas nécessaire : les termes qui impliquent l’idée de montée se comprennent dans la description de la maison d’Ulysse, si l’on admet que le fjtÉya; oùSoç, la grande marche qui sert de base aux colonnes, estélevée au-dessus du sol. Il y faut monter pour gagner la porte de l’allée, comme il en faut descendre pour aller au thalamos en traversant Top(7o0upyi et les passages (jhoyîç puyâpoio42) qui font communiquer, en contournant la maison, le thalamos avec l’extérieur.
3° L’habitation des femmes (eâ/iaptoi). Une porte percée dans le mur du fond ou l’un des murs latéraux du mégaron 43 y donne accès. Elle comprend : une salle principale, aussi appelée quelquefois piÉyapov, au plafond porté par des colonnes (11)44, où la maîtresse de maison se tient dans la journée et fait travailler ses esclaves 45 ; puis par derrière ou à côté (12), au fond de la maison (!v uu/w Sôptou46), la chambre conjugale, le GoiXafzo; par excellence; enfin plusieurs pièces servant de réserve. Dans le palais d’Ulysse, l’or, l’argent, des armes, des vêtements, des denrées de toutes sortes 41 sont déposés dans la chambre nuptiale, que le poète désigne par son vrai nom (ÔcîXapo;) 48. Elle sert de magasin depuis que Pénélope, en l’absence d’Ulysse, habite l’étage supérieur49; mais on doit admettre qu’un pareil trésor ne manquait dans aucune riche demeure et qu’il était situé dans cette partie la plus reculée et la moins accessible de la maison. Il est toujours désigné par le même nom (OâXajxoç) 60. De T appartement des femmes un escalier (xXïuocç), placé près de la porte51,
Bas homerische Epos , p. 78, 184, 330 et l'art. caelatuiu, t. I, p. 786. — 28 Vov.
Od. IV, 627 ; XVII, 169. — 29 Schliemann, Tirynthe , p. 220. — 30 Voy. la note 26.
— 31 Od. 1, 320 ; voy. Woerner, ap. G. Gurtius, Studien zur Grammati/c, 1873, p. 349 ; Lange, Haus und Halle, p. 45 ; Reimers, Entwiclcelung des dorisch. Tempels.
Berl. 1884, p. 38. — 32 Eust. Ad Od. p. 1320; Etym. M. s. v. ivo-aai» ; Pollur, II,
4, 54 ; cf. Herodot. VIII, 137 ; Xenarch. ap. Athen. XIII, p. 569 b. 33 Od. VI, 52 ;
VII, 133 ; XIV, 420 et s. ; cf. II. IX. 206. - 3V Voy. Lange, Haus und Halle, p. 37’ ‘
dont nous adoptons les idées. — 36 Od. XXI, 124. 30 Od. XXII 2. 37 Od.
XVII, 339. — 38 Od. XXI, 43. — 39 Od. VII, 83, 89. — 40 Od. XXII, 128.
41 XXII, 132; cf. Poil. I, 76 . 42 XXII, 143; cf. Journ. of hellenic. sludies,
VII, P- 182. — 43 Od. XIX, 30. — 44 luad. III. 125; XXII, 400; Od. X VIII,
316; XIX, 60; XXII, 176. — 45 Od. IV, 718 et s. — 40 Od. III, 402; IV, 304;
VU, 346 ; XVI, 285. — 47 Od. II, 337. — 48 /J. et R, 280. — 49 Od. 1, 362;
II, 358; IV, 750, 760, 787; cf. XXIII, 190. — 60 Uiad. VI, 288 ; XXIV, 191- Od. XV, 99; XXI, 8. - 61 Od. I, 330; XXI, 5.
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conduit au premier étage (Entsptoov), où sont les chambres des femmes esclaves et des filles du roi non mariées 52.
Les poèmes homériques mentionnent encore un jardin attenant à la maison, du moins chez Alcinoos53 : c’était un vaste enclos carré, où poussaient à l’envi oliviers et figuiers, grenadiers, poiriers et pommiers ; un ruisseau baignait le pied des vignes et les parterres. Chez Ulysse, le jardin devait être placé tout à fait derrière la maison et communiquait peut-être avec l’appartement des femmes. On se rappelle en effet l’olivier taillé par le héros, de façon à former le support du lit autour duquel il avait bâti la chambre nuptiale 54 ; dans le palais d'Ulysse, comme dans les grandes maisons de l’époque historique, le jardin devait longer l’appartement des femmes.
Toute l’habitation, y compris l’arrière-cour ou jardin, était entourée d’un mur (spxo;, É'pxtov, io~r/o;, xei yJovBS) ou tout au moins une haie capable de servir de défense 80.
Sur la forme des toits les données semblent d’abord contradictoires : le poète paraît se figurer tantôt un double rampant (àpisîëovTE;), tantôt une terrasse où l’on pouvait se tenir debout et prendre le frais. Le premier témoignage 57 se trouve dans une comparaison de l’avant-dernier chant de l’Iliade ; la deuxième, dans l’Odyssée 58, se rapporte au palais de Circé. 11 peut y avoir entre la composition des deux poèmes un intervalle de temps assez considérable pour expliquer dans la disposition du toit un changement, sans doute venu de l’Orient, où les toits en terrasse furent toujours préférés [tectum].
Quant aux matériaux employés, nous croyons que les fondations seules, le plus souvent, étaient construites en pierre, et tout le reste en bois ou en brique crue. Dans le palais de Priam, plus riche que celui d’Ulysse, toutes les chambres placées sous les portiques de l’aïûouoa sont bâties en pierre bien travaillée (IîestoÏo WOoto) 89, et c’est en pierre aussi qu’Ulysse construit la chambre qui enferme son lit nuptial80. Mais on peut remarquer que le système de construction dont nous venons de parler resta généralement adopté pour les habitations helléniques des époques suivantes. Nous en possédons d’ailleurs, pour l’époque héroïque, un exemple curieux, décisif à notre avis. C’est la maison d’OEnomaos à Olympie61. Jusqu’au temps de Pausanias les Éléens en conservaient pieusement les fondations de pierre. Au milieu de l’emplacement de la cour, comme dans les maisons homériques, s’élevait encore l’autel de Zeus Herkeios. Près de là, un autre autel, consacré à Zeus Keraunios, rappelait que la maison du héros avait été détruite par la foudre. Seule se tenait encore debout, fendue par le temps, mais étayée et soutenue par des cordes, une colonne de bois du vieux palais héroïque, que par piété nationale on abritait sous un toit. On ne peut douter que la maison du héros OEnomaos, contemporain de Pélops, n’ait été bâtie en bois sur des fondements de pierre. C’est d’après ce même mode de construction que nous pensons avoir été élevés les palais homériques.
D’ailleurs, des fouilles récentes ont mis au jour les substructions de deux palais du style homérique. Nous ne parlons pas de la maison d’Ulysse à Ithaque, dont plusieurs archéologues avaient cru reconnaître les traces
52 Od. 1,362; IV, 760, 787; XVI, 449; Iliad. Il, 512; XVI, 184. Voy. aussi Od. II, 358 et Eust. Ad. Od. I, 328. - 63 Od. VII, 112; y. aussi XXIV, 226 et s 54 Od. XXIII, 190 et s. — 65 Od. XVI, 341, 343; XVII, 266; XVIII, 102; II. IX, 476. — 56 Od. XIV, 10; XXIV, 224. - 57 II. XXIII, 712 et Schol. 58 J 554 59 II. VI, 244. — Voy. noie 51. — 61 Pausan. V, 14, 7 ; V,
sur une crête de l’isthme montagneux d’Aïto : les derniers explorateurs ont fait justice de ces rêveries et signalé dans les prétendues ruines d’Ithaque de vulgaires assises cyclopéennes. Au contraire, les fouilles de Troie et surtout celles de Tirynthe ont merveilleusement éclairci le problème des habitations homériques.
A Troie, dans la deuxième couche d’Hissarlik, on a trouvé les fondations d’un palais, baptisé aussitôt du nom de palais de Priam 6Î. En y apportant un peu de bonne volonté, on y distingue une salle des hommes avec foyer et vestibule ; puis une chambre plus petite, précédée d’un vestibule et communiquant avec d’autres pièces, peut-être le gynécée ; enfin un débris de portique. Mais les ruines troyennes, fort délabrées, nous apprennent peu de chose par elles-mêmes ; elles sont intéressantes surtout parce qu’elles permettent de contrôler les données des fouilles de Tirynthe.
Sur l’acropole de Tirynthe, en effet, on peut admirer aujourd’hui le vieux palais homérique dans presque tout son développement. On l’a découvert, au nord des célèbres galeries, sur un large plateau qui domine la route d’Argos à Nauplie 63. Au sud et à l’ouest, la résidence princière par ses dépendances s’étendait jusqu’au mur de la forteresse ; du côté du nord, elle commandait deux terrasses de niveaux inférieurs, qui ont été encore peu explorées, mais qui paraissent avoir servi au logement de la garnison. A l’est, une longue rampe, dont les angles et les courbes rendaient facile la défense, contourne le mur d’enceinte et aboutit à la porte principale du château, flanquée d’une tour. On chemine quelque temps du nord au sud entre les fortifications et les terrasses du palais. Une seconde porte intérieure, comme dans nos forteresses féodales, protégeait encore cet étroit défilé. Enfin, vers l’angle sud-est du mur d’enceinte, on se trouve devant une entrée monumentale, qu’on désigne sous le nom de grands propylées. Par ces grands propylées on pénètre sur une vaste esplanade presque rectangulaire et ornée de portiques. A l’ouest de l’esplanade, une porte monumentale, qu’on a appelée les petits propylées, conduit au palais proprement dit (fig. 2496).
On y reconnaît aisément les parties essentielles de la maison homérique. Voici d’abord la cour, entourée de portiques, avec l’autel traditionnel de Zeus Herkeios. En face des propylées sont disposés les grands appartements, le centre de l’habitation. C’est d’abord la colonnade ouverte sur la cour (aî0ou<ja Sûij.xtoç') d’où trois portes mènent au vestibule (-TcpdSopLoç) . Du vestibule on entre dans la pièce d’apparat, la salle des hommes (ptEYap&v), la plus vaste du palais; elle renferme le foyer (éu^oipri), peutêtre entouré de quatre colonnes. La salle des hommes, tournée vers le sud comme toutes les grandes chambres de l’habitation, occupe le point culminant du plateau. A droite de l’appartement des hommes, du côté de l’est, un corps de logis contient l’appartement des femmes. On y distingue la salle des femmes, plus petite que le mégaron, précédée aussi d’une cour intérieure et d’un portique. La région nord-est du gynécée est partagée en un assez grand nombre de pièces, sans doute la chambre conjugale,
20, 6-7. — 52 Scliliemann, Ilios , Leipz. 1881; Id. Troja, neuest. Ausgrabungen, Ueipz. 1884; id. Ilios trad. fr. Paris, 1883. — 63 Scliliemann, Tirynthe, Paris, 1883 (les fig. 2491, 2492 sont tirées de cet ouvrage, pl. II et XIII); Id. Tiryns, mit Vorrede von Adler und Beitrüge, von Dôrpfeld u. von Rohden; Tiryns ap. Baumeister, Denkmâler class. Alterthums , p. 809 et s.
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d’autres chambres à coucher, l’arsenal, le trésor. L’appartement des femmes, entièrement séparé de celui des hommes n est pas isolé cependant. Il communique : l°avec les grands propylées, par une petite cour intérieure, non
pavée, adjacente à la cour des femmes, et par un corridor qui longe le mur oriental du mégaron; 2° avec l'aile gauche du logis, par un autre corridor qui contourne au nord et à l’ouest la salle des hommes. Dans cette aile
gauche on reconnaît une salle de bains et d’autres pièces, peut-être une chambre des hôtes ; mais dans toute cette région occidentale du palais les éboulements du terrain ont emporté une partie des substructions.
L’examen des ruines de Tirynthe confirme nos conclusions précédentes sur les matériaux employés dans les habitations homériques. Presque partout subsistent les fondations bâties en pierres. Les murs étaient en brique crue encastrée de pièces de bois et reposaient sur des soubassements de moellons reliés avec de l’argile. Le seuil des portes était quelquefois en bois, mais ordinairement en pierre. On remarqqe le soin avec lequel étaient aménagés les pavements et les conduits d’eau; il faut signaler surtout le dallage monolithe de la chambre des bains, un bloc d’un poids énorme. Les salles, petites ou grandes suivant la destination, étaient tantôt pourvues, tantôt dépourvues de colonnes ; la salle des femmes était partagée en trois nefs. On façonnait en bois les plafonds, les piliers, les montants et les antes des portes, les colonnes, sans doute assez minces, qui s’appuyaient sur des bases de pierre. Les pièces s’éclairaient par la porte, peut-être aussi par des ouvertures latérales haut placées ; dans la salle des hommes il est probable que des ouvertures étaient ménagées entre les poutres, sous le toit, comme on l’a dit plus haut. On employait déjà la peinture dans la décoration des murs. On a trouvé dans les fouilles une jolie
irise d’albâtre où sont encastrées des pâtes de verre bleu. L ornementation consistait surtout en dessins géométriques, comme sur les vases grecs d’ancien style. Mais on connaissait déjà la figure, et parmi les peintures mu-
Fig. 2497. — Peinture murale du palais de Tiryuthe.
raies de Tirynthe la première place appartient à une curieuse fresque, l’Homme au taureau (fig. 2497).
On voit l'importance considérable des nouvelles fouilles de Tirynthe pour l’étude de l’habitation grecque. Elles ont prouvé l’exactitude des descriptions homériques et mis sous les yeux du voyageur la maison des héros légen-
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daires. On peut aujourd’hui s’aventurer sans crainte à la suite du poète sous les voûtes du palais d'Ulysse ou de Ménélas. Toutes les parties essentielles de l’habitation héroïque se reconnaissent sur l’acropole de Tirynthe, et l’examen des ruines permet de se figurer nettement la nature des matériaux employés, la décoration du sol et des murailles. Dans les études de ce genre on ne doit s’arrêter qu’aux grandes lignes et aux caractères communs : les détails d’aménagement variaient naturellement d’une maison à l’autre. Avec cette restriction on peut dire que le palais de Tirynthe est le modèle en pierre et en bois des palais homériques.
III. L’habitation à l'époque hellénique. — Les maisons riches et les palais de l’époque historique ont reproduit dans ses lignes générales le plan de l’habitation homérique. Le péristyle a pris la place de la cour, et la disposition du logis n’a guère changé. Mais il ne faut pas s’attendre à trouver dans une ville grecque du temps de Périclès, à Athènes par exemple, une agglomération de maisons complètes à péristyle ; c’était un luxe de privilégiés. Sur les collines du Pnyx et de l’Aréopage, l’examen des soubassements taillés dans le roc prouve que la majorité des citoyens demeuraient dans des cases d’une simplicité rudimentaire. La modeste métairie du paysan devait exciter l’envie des pauvres gens de la ville ou du bourg.
Pendant longtemps les cités grecques n’ont connu le luxe que pour les monuments publics. Les demeures des particuliers, d’une mesquinerie qui nous surprend, manquaient du confortable le plus élémentaire. Évidemment ces gens-là ne vivaient guère chez eux et le plus souvent dormaient dehors sous les portiques. Les rues des villes, étroites et tortueuses, rétrécies encore par les saillies et les balcons du premier étage, laissaient à peine arriver la lumière. Athènes surtout garda longtemps la physionomie la plus piteuse. La ville avait pourtant été presque entièrement brûlée pendant la guerre Médique ; mais on la reconstruisit avec la même négligence; les rues continuèrent de serpenter au hasard, les maisons des quartiers populeux restèrent très petites, incommodes, d’un aspect minable. Les étrangers en parlaient avec dédain °4. Démosthène luimême examinait avec une sorte d’étonnement les pauvres logis de Miltiade, d’Aristide, de Thémistocle 6B. C’est que peu à peu le luxe avait gagné les habitations privées. On avait rejeté plus loin le mur d’enceinte et percé de nouveaux quartiers 00. L’architecte Hippodamos de Milet accomplit une véritable révolution dans la construction des villes 07. Pour ses travaux du Pirée, de Thurium, de Rhodes, il se préoccupe de disposer les rues sur un plan régulier, d’aligner les maisons. Platon fait allusion aux nouveaux règlements de police dirigés contre les propriétaires °8. A Athènes, les astynomes et le sénat de l’Aréopage furent chargés de veiller a la bonne tenue des maisons, d’imposer des réparations, de déclarer des contraventions09. Presque toutes les villes, Athènes et Mégare, Skione et Potidée, Samos et Sardes, s’entourèrent de grands faubourgs où le luxe se déploya plus à laise70. Pour comprendre cette révolution économique, il suffit de
comparer dans Athènes les vieux quartiers du Pnyx et de l'Aréopage aux quartiers neufs du Céramique et du Dipylon 11 : aux taudis étriqués ont succédé de véritables habitations. Mais il est bien difficile de transformer les rues commerçantes des villes et d’y agrandir la maison. Aussi l’habitude de vivre à la campagne se répand-elle dans la classe riche. Thucydide et Isocrate constatent que de leur temps il faut chercher hors des murs les belles habitations, et les heureux qui y demeurent ne se dérangent même plus pour assister en ville aux fêtes nationales72. Au ive siècle, Démosthène s’effraye à regarder le luxe croissant des maisons particulières73. Pourtant, c’est surtout dans les pays d’outre-mer, aux colonies, qu’apparaît ce goût nouveau ; et c’est là que l’habitation hellénique, aux ve et ive siècles, atteint son apogée, dans les palais des tyrans et des rois.
Pendant toute cette période de l’hégémonie athénienne, nous distinguerons trois sortes d’habitation :
1° Le logis pauvre et la boutique, le type le plus fréquent dans les quartiers populeux; 2° la maison riche à péristyle, qu’on rencontrait surtout dans les faubourgs ; 3° le palais princier ou royal.
Les ruines et les textes anciens permettent de reconstituer assez nettement ces trois types d’habitation aux temps de Périclès et de Démosthène.
Ze logis pauvre, la boutique. — La plus grande partie de la population demeurait dans de misérables appartements, ouverts directement sur la rue, composés d’ordinaire de deux pièces très petites et parfois d’une chambre au premier étage avec escalier intérieur. Le rocher aplani ou coupé formait le sol, souvent aussi les parois inférieures de l’habitation, les parties plus élevées du mur étaient construites en bois, en brique crue, en cailloux reliés par un mortier de terre délayée. Le rez-de-chaussée servait fréquemment de boutique. Les mansardes du premier étage, où conduisait alors un escalier extérieur en pierre ou en bois, étaient louées d’ordinaire à de pauvres gens du pays ou à des étrangers qui voulaient se ménager un pied-à-terre à la ville74. Quelquefois ces modestes logis masquaient une grande maison, comme à Pompéi. Ce devait être là en effet l’origine de ces boutiques ou ateliers : au lieu de tourner vers l’intérieur de la maison les stalles de la cour, on les avait tournées vers 1 la rue; puis les habitations riches avaient disparu des quartiers commerçants, et l’on prit l’habitude de construire isolément ces petits logis.
Les boutiques, les demeures des pauvres gens nous sont connues par quelques allusions des auteurs et par les traces quelles ont laissées sur le roc. C’est ainsi qu’à Athènes, au Pirée, à Munychie, à Corinthe, à Stymphale, à Syracuse, on peut lire encore sur le sol le plan de quelques quartiers populeux. Celui qu’on retrouve à Athènes est le quartier de Mélité, le plus ancien et le plus vivant de la cité (fig. 2498). On distingue les soubassements des maisons sur les quatre collines de l’Aréopage, des Nymphes, du Pnyx et de Philopappos 7B. Les logements sont très petits, souvent précédés d’une terrasse, souvent munis d’esca-
Gt üicaearcb. ap. Millier, Fragm. hist. gr. II, p. 234 : h Si *««*, »"*
M o.î, ,«3î le^oTWf*, S, 4. r,v 4K„fap«. AI ai» «»«i tS» »!-^» ütU.U, d;i », si yorffqjLci. - 08 Demosth. III, 25 ; XXI, 158; XXIII, 207. - 06 Thucyd. I,
93, 2 ; («irU ï&j ô «fISa.; Un 0» «««««• - 67 Cf- Erdmann’ PhiloL
1882; Aristot. Polit. VII, H : ,bv v.cir.jov rtv TraroSàps.ov rçoKov. - 68 Plato,
Leg. VI, p. 7G3 C : inivopo:... èîupsl.oiptvoi... mi T S» ohtoioptû* ï»o. yaiü. vopo»;
-a™,. Cf. Aristot. Polit. Vf, 8. - 69 Schneidewin atl Hcracl. Pont. p. 42 ;
Curtius, Zur Geschichle des Wegebaus, Eorl. 1835, p. 83. — 70 Herodot. I, 78; V, 12 et VIII, 129; Thucyd. Il, 34; IV, 69, 130. — U Cf. Bull. coït. hell. III, p. 520-527; V. p. 35. — 72 Thucyd. II, 65; Isocrat. Are op. 52. — 73 Dem. I. I. et avant lui Xenoph., Oecnn. III, 1. — 7'* Antiph., I, 14 : Ûtujüo» t. ?» rîjî ^prrija; oîxia; S i7yt dn/.ôvew; qtîote 1» clff-.i SiarpiSoi; cf. Lucian. Tragod. 221. 7» Cf. K
Burnouf, Archives des missions scientifiques, V, p. 71 et s.; Curtius und kaupert, Atlas von Athcn, 1881, p. 18 et s., d'où est prise la fig. 2493.
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liers, de bancs, de niches; tout autour se creusent des canaux qui conduisaient l’eau des pluies aux citernes rondes et aux réservoirs. A l’ouest de la colline des Nymphes on suit encore deux rues à profondes ornières. Entre le Pnyx et la colline de Philopappos passe une grande voie antique (xotXvj ôSo';), pourvue de stries transversales, d’ornières et de rigoles pour l’écoulement des eaux. A examiner le sol, on s’aperçoit que tout ce quartier , voisin de l’acropole, de l’Agora et du Pnyx, devait être très peuplé et très animé. Pourtant on n’a pu y découvrir les traces
d’une maison de quelque apparence. Évidemment ce n’est pas là que demeuraient les élégants du temps de Démosthène.
Ainsi durent se présenter longtemps toutes les vieilles cités, où, seuls, les dieux et les magistrats étaient bien logés. C’est là sans doute l’aspect que gardèrent toujours les bourgades de l’intérieur du pays. Pour en donner une idée, nous devons décrire rapidement les habitations d’une petite ville voisine de Corinthe et des jeux isthmiques, l’ancienne Éphyra. Nous avons eu l’occasion de 1 étudier en détail, et c’est, pour ce genre de logis, l’ensemble le plus complet et le plus varié que nous connaissions :
« Toute la partie orientale du plateau est, sur une longueur d’un kilomètre et sur une largeur de 300 mètres, couverte d’empreintes de maisons, de rues, d’escaliers. C’est l’emplacement d’une ville fort ancienne, aussi curieuse et plus variée à certains égards que les rochers taillés de l’Aréopage et du Pnyx ou de la colline de Munychie... Deux rues principales donnaient accès au plateau (au nord-ouest)... Du côté du sud-est, par les sentiers ouverts dans le roc, on s’élevait péniblement d’une terrasse à l’autre, entre deux rangées de chambres coupées dans le. roc. La plus longue de ces rampes est en face de l’extrémité du vallon où l’on avait établi le stade.
On en suit les détours pendant plus de 200 mètres. Cette rampe donnait accès à une foule d’habitations. Les parois sont formées par des pans de rochers habilement coupés et polis, parfois à une hauteur de plus de deux mètres. Une de ces chambres, dont les quatre côtés sont bien conservés, a 3m,10 sur 4m, 10 ; on voit encore le seuil de la porte, des moulures empreintes sur le roc, et, à hauteur de main d’homme, une petite cavité pour la lampe.
<> Si à l’endroit où ce chemin débouche sur le plateau on se tourne vers le nord-est, c’est-à-dire dans la direc-
76 P. Monceaux, Fouilles et recherches archéologiques au sanctuaire des jeux ishmiques, p. 39-44 [Gaz. archéol. 1884-1885) 77Xen.il/eni. III, 6, 14; Oecon. VIII, >
tion du sanctuaire de Poséidon, on aperçoit une série d’escaliers qui ont d’ordinaire quatre ou cinq marches, parfois jusqu’à vingt ou trente. Ces escaliers mettaient
soit les maisons, soit les ruelles en communication directe avec la rue principale de la ville.
« Cette grande rue, qui est entièrement taillée sur le roc au sommet du plateau, longe et domine les terrasses du côté sud-est.... Elle passe entre des maisons, des citernes circulaires ou ovales. L’une de ces maisons se compose de quatre petites chambres et a la forme d’une croix (6 mètres sur 7m,20).... Citons, à côté d’un escalier à dix marches, une chambre où a été taillé une sorte d’évier. Plus loin, deux escaliers à dix marches alternent avec deux citernes ovales. Puis c’est une habitation à deux chambres, l’une n’ayant d’issue que sur celle de devant. Voici un petit escalier de quatre marches entre deux pièces; un escalier tournant à plus de vingt-cinq marches ; une citerne ronde ; une habitation à double issue, d’une part sur la grande rue, d’autre part sur une rampe qui contourne le rocher... Les rues, les | fondations, les parois des rochers, le mobilier, tout est taillé dans le rocher. On rencontre çà et là des moulures. Mais tout a un caractère nettement archaïque76. »
Pour l’étude du logis pauvre et de la boutique grecque, ces ruines d’Éphyra complètent heureusement les trop rares indications des auteurs et des collines d’Athènes. Le roc joue un grand rôle dans ce genre de construction. Quant à 1 installation, elle paraît encore plus primitive et plus modeste que dans les boutiques de Pompéi.
La maison riche à péristyle. — Xénophon nous dit que de son temps Athènes comptait plus de dix mille maisons17. La plupart devaient ressembler aux pauvres logis que nous venons de décrire. Les maisons riches, naturellement en petit nombre, reproduisaient en raccourci le palais homérique : le péristyle remplaçait l’ancienne auXij, dont on avait seulement chassé les pourceaux. Pour nous figurer l’habitation complète des ve et ive siècles, nous avons les fondations de deux maisons du Pirée 78 et le témoignage des auteurs athéniens , surtout la description de la demeure de Callias dans Platon, d’Ischomachos dans Xénophon, et d’un bourgeois athénien dans Lysias79 (fig. 2499).
L habitation était ordinairement précédée d’une barrière (xpoŸpâvgata80), qui empiétait sur la rue. L’espace libre entre cette barrière et 1a, porte formait un vestibule
22.- 78 Curtius, Karten von Atlika, 1881, p. S6. - 79 Plat. Protag. 6-7 ; Xenoph. Oec. IX; Lysias, De caede Eratosth. I, 9. - 80 Aristot. Oecon. II, S, p. 1317 a.
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(irpôOupov, 7rpo7tuÂatov), souvent décoré de peintures81, d'une inscription destinée à détourner les voleurs et le mauvais sort83, de la primitive image d’Hécate, d’Hermès ou d’un
autel d’Apollon Agylieus83. C’est là que Socrate va attendre Protagoras et les autres sophistes logés chez Callias. A droite et à gauche de l’entrée 84 étaient disposées des écuries ou des boutiques (J, H).
Au bout du prothyron on se heurte à la porte (ocijAeia Oupa)85.
Pour avertir les gens, on frappe (xpoustv tvjv ôupotv) avec un marteau de métal (poVrpov) 86; ou bien, comme à Sparte on crie à tuetête : « Ohé! wV)87. »
Car c’est la nuit seulement qu’on fermait la porte intérieurement, avec un verrou, plus tard avec une clef88 [janua]. En entrant brusquement, nous dit un ancien, le visiteur risquait de surprendre la femme ou la fille au milieu de la cour, ou un esclave qu’on rouait de coups, ou des servantes qui pleuraient ; et cette arrivée intempestive eût paru de la dernière inconvenance85. Une fois avertis par un coup de marteau ou un cri, tous les gens de la maison se mettaient sur leurs gardes. Le chien, qu’on tenait à la chaîne, commençait d’aboyer [bestiae], et le portier (Oupwpoç, mAwp oc) sortait de sa loge (nAtopiov). Depuis l’époque où l’on construisit de grandes habitations privées, chaque citoyen qui se respectait eut son concierge30 [janitor].
La porte ouverte, on entre dans la cour (B) (aù)oj)91, entourée de trois, quelquefois des quatre côtés par des portiques (itepitm >Xov) 92. C est le centre de 1 habitation. C est là que se tiennent souvent dans la journée les maîtres de Ja maison, qu’on reçoit les visiteurs, et même qu’on mange par les beaux temps93. Au milieu, comme dans le palais homérique, se dresse l’autel de Zeus Herkeios 9* ; vers le fond, à droite et à gauche, dans les coins de la cour ou dans des pièces latérales, les autels des dieux de la propriété (0eot et des dieux de la famille (Seoi
irxTfwot)96. Des deux côtés, sous les portiques, s’ouvrent
différentes pièces (oTxoi, oîxr'axTx, Su^a-rix 96), chambres à coucher (xoitwveç 97), magasins (àTroOîixat, tptAaxrqp'.a, Or,aaupot), offices (raaisTa) 98. Là se trouvent aussi les chambres des hôtes (Çevwvîç), que mentionne Euripide, que Xénophon et Aristote recommandent d’aménager avec soin quand on construit une maison99; chez les gens très riches, chez les représentants de villes étrangères, ces appartements destinés aux voyageurs pouvaient prendre un développement extraordinaire, et l’on cite Gellias d’Agrigente qui reçut un jour cinq cents cavaliers de Géla et leur donna des manteaux tirés de ses magasins100.
Par le portique qui fait face à l’entrée (icpotxtwov) 10), ou si le portique ne se prolonge pas de ce côté, par une large porte ornée de deux antes (irapotuTaSs;) et d’un entablement, on pénètre dans la salle des hommes (C) (àvSpwv, ■rrpoaTdç, plus tard aussi l;É5px et iraîraç) 102. Gomme dans la chaumière hellénique et le palais homérique, c’est la principale pièce du logis, celle où se réunit la famille; elle contient le foyer (s<r^âpa, i<m'a) ou l’autel d’Hestia, parfois enfermé dans une petite chapelle ronde (SoXo;)103.
Toute celte partie de la maison que nous venons de décrire formait l’âvSphmttc ou appartement des hommes. Au fond de la salle du foyer s’ouvrait une porte, la porte de derrière la cour (Oûpa uÉtocAo;) 104, par où l’on entrait dans l’appartement des femmes (-fuvaixom-rn;) 10L On y rencontrait d’ordinaire la chambre conjugale (OaXofu-oç) 105 et la chambre des filles (àu-iiQotXaaoç) 107 (E, D), placées à droite et à gauche de la salle des hommes, puis d’autres pièces (G) où travaillaient les femmes esclaves (xxXaîioupYsïot, tortove?) 108. Le thalamos renfermait la niche des dieux du mariage (0eol yaprçAtot) et de la naissance (0sot YEvéOAtot)109 ; les salles de travail, la niche d’Athéna Ergané110. Derrière le gynécée s’étendait souvent un petit jardin (K), mentionné dans les comédies de Térence et reconnaissable encore près des soubassements d’une maison du Pirée; on y arrivait par une porte dite « porte du jardin » (0upoc xyyKy.(ct') m.
La cour et les pièces du rez-de-chaussée couvraient des sous-sols, des citernes [cisterna], des caves [cella]. Gellias d’Agrigente avait dans ses énormes celliers trois cents réservoirs de vin, taillés dans le roc, dont chacun contenait cent amphores112 [dolium]. Les maisons des riches étaient aussi munies d’une salle de bains113 [balneumJ, d’une boulangerie, d’une pâtisserie [pistrina]. Quand on cessa de préparer le repas sur l’autel d’Hestia, on construisit une cuisine (oTrxâvta, |xay£tp£~ov) [culina] dans le voisinage de la salle des hommes, où l’on mangeait d’ordinaire114. La fumée des fourneaux s’échappait par des tuyaux de cheminée tout droits (xontvoStfyat), les seuls de la maison 115 [caminus]; car les appartements ne se
Fig-. 2499. — Plan d'une maison grecque à un péristyle.
81 Gratin. ap. Poil. VII, 122; Dicæarch. ap. Muller, Fr. hist. gr. 11, p. 254; Letronne, Lettres d'un antiquaire , p. 343. — 82 Diog. Laert. VI, 2, 39 et 50; Plut, ap. Julian. Orat. VIII, p. 200. — 83Aristoph. Plut. 1154; Vesp. 836, 006; cf. 834 et s. et Lysistr. 64 [agyieos, hecate, mebcdbids]. — 8V Vitr. VI, 10, 1. — 8a I’ind. Nem. I, 19; Plat. Symp. p. 212; Menand. ap. Stob. S crm. XXIV, 11 et Harpocr. s. v. ; Eust. Ad 11. XXII, 66. — 86 Plutarch, De curios. 3. — 87 Euripid. Phocnic. 1067; Jphig. Taur. 1304; ffelen. 435; Plut. Instit. lac. 31. — 88 Aristoph. Thes-
mophor. 421 et schol. ; cl. Suidas, s. v. Aaxwvixat xXirSi;. — 89 Plut. De curios. 3.
— 00 Aristot. Oecon. 1, C; cf. Plat. Protag. p. 314; Xenoph. Symp. I, 11 ; Poil. I, 77; X, 24; Apollod. ap. Athen. I, p. 3 ; Plaut. Cur. I, 1, 76. — 81 Plat. Protag. p. 311 a; Symp. p. 212; Plut. De genio Socr. 32. — 92 Attique iejuttSov, Poli. I 77 et s. Le xçqittIüov est le portique situé du côté de l’entrée; Plat. Protag. p.' 314 e et 315 c; cf. Vitr. VI, 7. — 93 Plat. Dep. I, p. 328 c. - 94 Plat. I. I.
et Schol. p. 98 Rulmken; Harpocr. s. v. ; cf. Virg. A en. II, 125 et s. — 85 Ca-
saubo ad Athen. XI, p. 473; Petersen, Hausgottesdienst der alten Griechen, p. 18 et 52 ; voy. ms, t. I, p. 347 et s. — 98 Plat. Protag. p. 315 d; Lysias In Tisid. fr. 4; Id. Z>e caede Erat. 24; Aristoph. Eccl. 8; Casaub. ad Theophr. Char
13, p. 183, Lyon, 1593. — 97 Poil. I, 79. — 98 p0U. I, 80; Demosth. XLV1I, 55.
09 Eurip. Ale. 559; Aristot. Ad Nicom. IV, 2; Oecon. I, 6; Xenoph. Oecon. II,
5; cf. Hesych. s. v. Çtvwvt;; Vitr. VI, 10. — 100 Diod. XIII, 83; Athen. I, 5.
101 Voy. note 92. — *02 Poil. I, 79 : ïva eruvlaatv oi av£ptç, clva l;e£pa
Lva ffUîxxâO-qvTai ; Xenoph. Symp. I, 13 : £1î\ tÇ àvâpo.vi evGa tb Jtïitvov îjv ; Id. Mem. III, 8, 9, où Tîacrràç est déjà employé dans ce sens; cf. Poil. VII, 123 et Vitr. VI, 10, 1 où son emploi répond à la transformation postérieure de cette pièce en exedba et oecus; cf. Corp. inscr. gr. 2554. — *03 Preuner, Hestia Vesta, Tubing. 180 4, p. 43, 77 et s. ; Id. in Philol. XXIV, 1867,p. 243; K. F. Hermann, Lehrbuch, § 19,3céd. 1881, p. 151, 3. Voy. focus, vesta. — *04 Lys. De caede Erat. 17; Ael. Dionys. ap. Eustath. Ad Iliad. XI, 547, p. 862; Moeris s. v. |aé<t<xuXoç. Voy. Bekker, Cliariklcs , éd. Gôll , 1877, p. 125 ; Lange, Iiaus und Halle , p. 135-139. — *05 Xen. I. I. ; Lys. I. I. 9; Vitr. I. I. — *06 Xen. Oec. IX, 3; Plut. Alcib. 38 ; Vitr. I. I. — 107 Vitr. 16; cf. Ach. Tat. II, 19. — 108 Vitr. I. I. ; Poil. I, 80. — 109 Petersen, Hausgottesdienst,
p. 36. 110 Ib. p. 40. — H1 Poil. I, 76; Dem. In Euerg. 53. — U2 Diod. XIII,
83. 113 Xen. Rep. Ath. Il, 10; Plut. Demetr. 24. — H* Xen. Symp. I, 13. — 115 Herodot. VIII, 177; Arist. Vesp. 143; Athen. IX, p. 336 B.
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chauffaient jamais qu’avec des foyers portatifs, analogues au brasero d’Italie et d’Orient.
Contrairement à ce qu’on a pu dire, les maisons des villes grecques, d’Athènes en particulier, avaient presque toujours un premier étage (&7rsfôjov, 8t5jp7|ç,
Ttupyot ) 118. Dans les très grandes maisons, où les chambres du rezde-chaussée suffisaient, on louait souvent à des étrangers les pièces supérieures111, auxquelles des escaliers (<xva- 6a0goî118) conduisaient, dans ce cas, directement de la rue. Dans les habitations plus modestes, le premier étage était relié au rez-dechaussée et renfermait des magasins, des greniers, très souvent aussi l’appartement des femmes. Dans un curieux plaidoyer de Lysias, un bourgeois d’Athènes explique nettement que chez lui les deux étages ont exac- 'ement la même distribution et que sa femme habite d’ordinaire au-dessus; il lui a abandonné pour quelque temps le rez-de-chaussée, parce qu’elle prétendait s’y trouver plus à l’aise pour nourrir et laver son enfant; elle a profité de la bonhomie du mari pour recevoir la nuit son amant119. C’est aussi au premier étage que couchaient les servantes; la nuit, on verrouillait la porte qui mettait en communication l’appartement des hommes et celui des femmes. Xénophon en donne pour raison qu’il faut empêcher que rien ne sorte et que les mauvais esclaves ne fassent des enfants sans la permission du maître120.
Sur la cour et sur la rue, le premier étage formait saillie [maenianum]. Déjà Hippias, fils de Pisistrate, avait frappé d’un impôt spécial les balcons, les escaliers extérieurs et les fenêtres grillées du premier étage 1S1. Au ivc siècle, Iphicrate fit voter par les Athéniens un impôt
116 Dcm. XLVII, 56; Poil. T, 81. — 1*7 Antiphon. De venef. 14; Lueian. Toxar. 61. — H8 Aristot. Oec. 5, p. 1347 a; Poil. 1, 81. — U» Lys. I. I. — 120 Demosth. XLVII, 56; Xen. Oec. ,5 — 412 Aristot. Oecon. II, 5; cf. Poilu*, I, 81; VII, 120. — 422 Polyaens. III, 9, 30. — 123 Clarac, Mus. de sculpt. II, pl. 133. — 124 Monum. de l’inst. VIII, pl. x. — 125 Aristoph. Thesm. 797 ; cf. Plut, Eui\ 13 ; Dion. 56;
ni.
analogue sur ces balcons de bois m. Dans les habitations riches, ces terrasses de l’étage supérieur étaient décorées de balustrades et de colonnes, comme on le voit à l’arrière-plan des beaux bas-reliefs connus sous le nom
de « Dionysos chez Icarios 123 »
(fig. 2300). La figure 2501, tirée d’un vase peint du iv° siècle , montre la disposition d’une galerie intérieure au premier étage , ayant vue sur le péristyle m.
Dans la paroi extérieure étaient percées des fenêtres (Qupiosç) , où se tenaient volontiers les femmes [fenestra]. « Si nous nous mettons à la fenêtre, disent-elles dans Aristophane, chacun de vous veut voir cette peste que nous sommes; si nous nous retirons par pudeur, chacun désire bien plus encore que cette peste se penche de nouveau128. » Quelques peintures de vases représentent des femmes (fig. 2502) dont la tête apparaît à la fenêtre126.
A Syracuse, Tite Live montre les curieux regardant du haut des toits et des fenêtres127.
A Athènes, après la guerre du Péloponnèse, l’on commença à construire des maisons plus élevées. On ajouta souvent un deuxième étage, parfois un troisième. Aristophane , dans le Plutus, raille la hauteur de la maison de Timothée 123 ; suivant Démosthène, celle de Midias, à Éleusis, était si démesurée qu’elle couvrait d’ombre ses voisines 129. Toutes ces liabi-
Vitr. VI, 6, 9. — 120 La fig. 2302 est tirée d’un vase peint du Louvre, cf. Milhngen, Fuses, XXX : Passer!, Pict. Etr. I, 37 ; II, 123 ; Tischbein, Vases de la coll. d’Hamilton, IV, 36; Lenormantet de Witte, Elite céramogr. IV, pl. i.xvi. — 121 Tit. Liv. XXIV, 28 : « pars ex tectis fenestrisque prospect lut. » — 128 Aristoph. Plut. 80 et schol. : i aéfjo; TinoOiou; cf. Suidas, au mot TijmSso;. — 129 Dent. Mid. 158.
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tâtions étaient couvertes de toits en tuile {tectum], auxquels faisaient suite parfois des terrasses en saillie.
Pour ces constructions on employait des matériaux divers, des pierres de taille ou des moellons pour les fondations, de la brique crue et du bois pour les murs, des tuiles pour le toit 13°. De pareils murs se perçaient aisément; à Athènes c’était la spécialité d'une classe de voleurs, les xot/ojpu^ot m . Presque toutes les maisons s’appuyaient sur des murs mitoyens (Sjxotoi^oi oîx(ai) ; c'est ainsi qu’à la prise de Platées les habitants passèrent d’une maison à l’autre à l’insu de l’ennemi. A Thèbes les toits se touchaient; lors de l’occupation de la ville par Pélopidas, les vaincus s’enfuirent d’une toiture à l’autre132.
Longtemps la décoration fut des plus simples. On étendait sur les murs une couche de chaux (xoviaga), voilà tout. Au ive siècle se répandent les habitudes de luxe. Dans l’habitation de Phocion, pourtant très simple, les murs étaient ornés de plaques de bronze 133. Dans l’ornementation on commence à employer même l’or et l’ivoire m.
Alcibiade eut l’idée de faire décorer sa maison de peintures murales, et il en confia l’exécution au peintre Agatharchos 135 [pictura]. Le goût s’en répandit vite. Quand on se promenait dans les rues de la petite ville de Tanagre, on admirait des peintures dans tous les vestibules 135.
Pour la décoration du péristyle, o.n se servait surtout de tapisseries [tapete], de broderies, de riches pavements (XtOouTpwTa) [PAVimentum]. La plupart des pièces étaient fermées par des portières 137 [vélum]. Les plafonds meme étaient paifois, dès e temps d’Eschyle, couverts d’arabesques ; les Corinthiens donnèrent l’exemple des lambris sculptés et, depuis le
peintre Pausias, on y vit souvent de vrais tableaux133.
Si l’on considère la décoration, l’aménagement, les proportions de la grande maison hellénique au iv° siècle, on ne peut s’empêcher de lui trouver déjà belle apparence. Mais on ne doit pas oublier que ces riches habitations étaient fort peu nombreuses, et nous ne pouvons en tracer qu’une sorte de plan idéal. Si une ville grecque du temps de Démosthène nous était rendue, on y distinguerait une inûnie variété de logis intermédiaires entre la pauvre boutique taillée dans le roc et la grande maison à péristyle d’allure princière 139.
Le palais hellénique. — C’est naturellement dans les palais des tyrans et des rois que l’habitation hellénique atteignit les plus vastes proportions. Les auteurs anciens font souvent allusion aux magnifiques demeures de Polycrate à Samos, de Pisistrate, des tyrans de Sicyone ou de Corinthe, des Scopades de Thessalie dont Simonide, Pindare et Théocrite ont vanté le luxe. L’ambition naissante des rois de Macédoine s’affirmait dans la splendeur de
leurs résidences, àÆgées, à Pella, à Mieza où fut élevé Alexandre au château de la Lentille, où Persée devait renfermer ses richesses11’. Des fouilles heureuses ont fait connaître des parties considérables d’une de ces habitations royales, au sud-ouest de la Macédoine, au village actuel de Palatitza 1,1 .
C’est un vaste édifice hellénique, dontles murs enfermaient un rectangle long de 110 mètres, large de 78 , orienté de l’est à l’ouest.
La façade orientale a été mise à nu entièrement (flg. 2503) ; on y a dégagé les soubassements d’un grand corps de bâtiment qui occupe toute la largeur de l’édiüce et s’étend sur une profondeur de 35 mètres.
Fi". 2503. — Plan restauré du palais grec de Palatitza.
.130 Xen Memor. 111, 1. 7; Blümner, Technologie u. Terminal der Gewcrbe uni Kùnste II P 10. — 131 Plut. Demosth. 11. — l32 Thuc. II, 3; Isae. VI, 30 ; Demosth. XXXII V; Plut. Gen. Socr. 32; Pelop. 11 ; Plant. Miles glor. II, 2. 133 pl“j-
Pnoc. 18. - 13* Calliru. ap. Atheu. II, p. 39 f. - «S Andocid. IV, 17 ; Demosth. XXI 147 • Plut. Alcib. 16. — 136 Voy. note 81 ; Lucian. Quomodo Inst, sit cotiser. 2ti ■ Xen .’ Memor. III, 8, 10. - 137 « Arist. Je*p.
1315; Enrip. Ion. 1158; Atheu. V, p. 179 B.; de Ronchaud Le Peplosc l Athéné, Élude sur les tapisseries , etc. Paris, 1872 (= Rev. archeol. N. S. XXI U XXIV, 1 832). — «S Aeschyl. fragm. 140; Arist. Vesp. 1215; Plat. Rep. VH, 10, Pl.n. XXXV, 124; Plut. Lycurg. 13; Apophth. laeon. p. 227 C. — . ous ' P“S3C. °I1S
quelques indications sur la valeur des immeubles à cette epoque. A Athènes, où elles étaient à un taux plus élevé que partout ailleurs, nous connaissons des
maisons qui se donnaient pour trois mines; une autre, une maison à locataires, qu’on estimait cent mines. On en mentionne deux dont le loyer rapportait huit pour cent. Par les inventaires de Délos, on connaît les conditions imposées par les administrateurs du temple aux particuliers qui louaient les maisons du dieu. La durée du bail est de dix ans au Ve siècle, de cinq ans au u*. Les contrats sont dressés d'après un modèle consacré (<j isfi contresignés
par des témoins. Le prix de location n’a cessé de croître d’un siècle il l'autre. Cf. Homolle, Bull. corr. heü. VI, p. G4-05 ; Isae. 11,35; XI, 42; Demosth. XLV, 28 ; Biichsenschiitz, Desitz und Erwerb. im griech. Alterthume , Halle, 1869, p. 83. — 140 Plin. Hist. nal. XXXV, 36; Aelian. Hist. var. XIV, 17 ; Trocop. De aedific. IV, 4; Plut. Alex. 7 ; Tit. Liv. XLhV, 46 ; Polyb. XXXI, 25, 2; Diod. XXX, 11. —141 Cf. Heuzey et Daumet, Unpalais grec en Macédoine, 1872; Mission de Macédoine , 1875.
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Au milieu de la façade s’ouvre un passage, large de
10 mètres, qui mène de l’esplanade extérieure au péristyle.
11 se partage en trois vestibules successifs. Le premier vestibule (A), profond de 7 mètres, était sans doute orné d’une colonnade. Le deuxième (B) est construit avec des blocs de tuf calcaire très bien appareillés. Il était peut-être à ciel ouvert et donnait accès à deux portes latérales. Le sol est dallé de marbre blanc à moulures; près des murs et des deux piliers du milieu on reconnaît encore les trous de scellement de la triple porte. Le troisième vestibule (C) est un carré de 10 mètres de côté, d’un niveau un peu plus élevé; il ne communiquait pas avec les pièces latérales, mais s’ouvrait sur la cour par trois entrecolonnements.
Les deux corps de logis que séparaient ces vestibules étaient divisés de même en trois bandes transversales. Les deux premières sections (D, E) sont très ruinées; elles contenaient sans doute une série de chambres précédées d’un portique. Dans la troisième section, qui correspondait an troisième vestibule ou vestibule d’honneur, les appartements forment façade sur le péristyle.
On y rencontre d’abord à droite, du côté nord, une vaste salle (II) ; puis une petite cour carrée (I), au sol enduit de ciment, aux pentes inclinées vers un orifice central où s’écoulaient les eaux, avec un seuil menant au péristyle; enfin deux pièces (J) appuyées au mur de soutènement, l’une rectangulaire, l’autre arrondie en quart de cercle.
Dans le corps de logis méridional, à gauche du grand vestibule, on voit d’abord une salle ronde (F) (11 mètres 25 de diamètre). Elle communique avec le péristyle par un seuil de marbre fort élégant; elle est pavée d’éclats de marbre empâtés de ciment ; les murs étaient couverts d’une riche décoration soutenue de dés de pierre; à la muraille s’adosse encore une sorte de tribune, disposée irrégulièrement dans la direction du sud et formée de deux marches superposées qui supportaient des piliers. A côté de la salle ronde, un emplacement carré (G) est partagé en trois chambres; les deux petites ouvrent sur la grande, d’où un seuil de marbre mène au péristyle. Une porte percée dans le mur méridional de cette antichambre conduit dans une vaste salle (10 mètres sur 7), qui communique ellemême directement avec le péristyle et d’autres appartements disposés plus à l’est dans les sections ruinées du logis.
Derrière ces deux corps de bâtiments s’étendait l’immense -cour entourée de portiques, où aboutissaient les vestibules. Elle était bordée à droite et à gauche de chambres ou de cellules. Tout au fond, du côté de l’ouest, les explorateurs n’ont pu opérer que quelques sondages; de nouvelles fouilles y feraient sûrement découvrir les appartements particuliers de la famille royale. Car les corps de logis disposés sur le devant du palais ne contenaient que les salles d’apparat.
Celte résidence princière était construite sur le plan de la maison hellénique. Dans les trois vestibules successifs on reconnaît aisément le prothyron, le thyroreion et le prodomos de l’habitation privée. La salle circulaire, où l’on a découvert des fragments de stèles votives, a toutes les apparences d’une chapelle ; c’est le tho/os, consacré aux divinités domestiques. Il est difficile de préciser la destination des autres salles; mais on croit y distinguer un hestiatorion ou salle des festins publics, une cuisine, des logements de fonctionnaires, des magasins.
Les fragments d’architecture dégagés dans les fouilles ont mis hors de doute la beauté de l'édifice et l’élégance
des proportions. On y remarque deux groupes de colonnes doriques de dimensions diverses, plusieurs ordres de piliers et colonnes ioniques, et un ordre corinthien, le tout en calcaire poreux du pays et orné de superbes moulures. Il est probable que le grand ordre dorique formait le portique de la façade orientale, tandis que les pilastres et les colonnes ioniques ornaient les vestibules. La plupart des salles étaient pavées en mosaïque de marbre. On observe sur les murs les preuves d une riche décoration, et nous savons que le roi Archélaos avait fait couvrir de fresques par le peintre Zeuxis les murailles d une de ses résidences. Ici toute l’architecture porte l’empreinte du plus bel art grec; ces ruines de Palatitza nous offrent un magnifique spécimen du palais hellénique vers la fin du siècle de Périclès. L’habitation princière ne se distinguait de la riche demeure privée que par de plus vastes proportions et un plus grand déploiement de luxe.
IV. L'habitation à l'époque hellénistique. — Maintenant que nous connaissons les maisons helléniques des v° et iv° siècles, nous pouvons résumer en deux mots l’histoire de l’habitation grecque aux siècles suivants :
1° D’une part, on voit persister les divers types des logis de l’époque précédente, la chaumière du paysan, la boutique et l’appartement pauvre d-e ville, la maison aune cour ;
2° D’autre part, les demeures riches et les palais s’agrandissent souvent par l’addition d’un second péristyle.
On a retrouvé (fig. 2504) dans les ruines de Délos les sou-
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tassements de maisons du second siècle avant notre ère 142, à peu près conformes au type des maisons bourgeoises du temps de Démosthène. Du côté de la rue, une façade de marbre, avec une niche garnie de stuc, annonce l’habitation. Sur le vestibule, pavé de mosaïque blanche, s’ouvrent à gauche une porte, à droite deux portes qui donnent accès à des pièces latérales. Nous voici dans la cour, presque carrée. Entre les douze colonnes de marbre du péristyle, .le sol est revêtu d’une mosaïque, façonnée avec des cubes de marbre blancs, noirs, rouges, jaunes et bleus ; elle représente un cercle de fleurs et de fruits, enveloppé de bandes concentriques qu’encadre une grecque quadrangulaire bleue et blanche; aux quatre coins, des dauphins, dessinés en bleu sur un fond blanc. Sops la cour, une citerne, une cave et un puits. A gauche, la galerie du péristyle est fermée par la muraille de la maison. A droite s’ouvrent les portes de trois chambres, dont les parois sont creusées de niches, ornées de plinthes ou décaissons rectangulaires et couvertes d’un stuc teinté de bleu et de rose. Au fond du péristyle, trois autres portes conduisent h un espace rectangulaire, dont les cloisons ont presque entièrement disparu. Là se trouvaient évidemment la salle des hommes (àvSpwv) précédée d’une prostas, et les deux chambres à coucher traditionnelles (thalamos et amphithalamos), sans doute aussi l’escalier du premier étage. La maison est de dimension moyenne (28 mètres sur 17). Il faut y signaler l’absence de symétrie; la porte d’entrée ne se présente pas au milieu de la façade; les pièces voisines du vestibule sont de profondeur très inégale; le péristyle, comme tout le reste du logis, incline vers la gauche. Les murs, épais de 70 centimètres, sont bâtis de moellons et de mortier, mais rev.êtus de deux couches de stuc et peints en bleu, en rose, en jaune. D’après ces
ruines de Délos, on peut se représenter assez nettement l’habitation ordinaire des villes grecques sous les Macédoniens et les Romains.
Si le logis bourgeois de l’époque hellénistique rappelle tout à fait celui de l’âge précédent, l’habitation riche prend alors un accroissement considérable. Au lieu de loger les femmes au premier étage ou dans les petites pièces sombres qui entourent la salle des hommes, on imagina de construire en arrière un second péristyle, autour duquel se disposent d’ellesmèmes les chambres du gynécée (fig. 2305). C’est la maison grecque connue de
Fig. 2505. — Maison grecque à deux
péristyles. Vitruve, la seule dont se
préoccupent les architectes romains 143. Rien n’est changé au premier péristyle, qui reste l'appartement des hommes (àvSpwvmç), la partie
H2 Cf. Paris, Bull. corr. hell. 1884, p. 473 et s.; Duruy, Histoire des Grecs , 1888, H, p. 206. — 143 Vitruv. VI, 10, 1 ; cf. Lange. Haus und Halle , p. 137 et s. __ 144 Voy. Lange, l. I. — 148 Aristid. XVI, p. 390; Arteraid. IV, 46; Pollux,
I 81 ; IV, 130. — 146 Rufin. Continuation de Vhist. eccl. d’Euscbe, II, 29. __ 147 Ilieron. Epist. 109, 63 : « In Palaestina enira et Aegypto non habent in tectis culmina; sed domata, quae Romae vel solaria vel maeniana vocant, id est
ouverte aux étrangers. Mais la vie de famille se concentre autour du second péristyle (ytnmxomTi;). La porte de derrière la cour (u.ÉxauXoç) devient la porte d’entre les deux cours (piaocuXo;) 144 .
Naturellement, dans la maison ainsi agrandie se développent les habitudes de luxe. Autour du premier péristyle, que n’encombre plus la ménagère, on dispose des pièces d’apparat. Vitruve y mentionne avec complaisance des salons, bibliothèques, galeries de tableaux. On donne aussi plus d’importance aux appartements des hôtes, qui ont souvent une entrée directe sur une rue latérale et sont même séparés de l’habitation proprement dite par de petites cours spéciales. Suivant tel ou tel détail d’aménagement,, on distinguait divers types de logis. La mode de Cyzique voulait qu’on perçât des fenêtres près des portes et que l’on entassât étages sur étages145. Dans Alexandrie, on appliquait des médaillons de Sérapis sur les murs, aux fenêtres, aux portes, partout enfin146. En Palestine et en Égypte, on remplaçait toujours les toits par des terrasses147. Nous ne pouvons nous arrêter ici à tous ces détails, que fixait le caprice du propriétaire ou de l’architecte et qu’enregistrent les critiques anciens.
Dans tous les royaumes issus de l’empire d’Alexandre, les princes élèvent à l’envi des palais. Plusieurs de ces habitations définitives ou temporaires ont été décrites avec soin par les auteurs: par exemple, la tente où Alexandre célèbre son mariage après la défaite de Darius148, la tente de Ptolémée Philadelphie 149, les appartements construits dans les vaisseaux d’apparat de Ptolémée IV en Égypte 15°, de Hiéron II à Syracuse151, enfin le palais d’Hyrkan dont on visite quelques ruines en Syrie 152. Parmi ces demeures princières, les unes reproduisent à peu près le plan du palais hellénique décrit plus haut ; les autres se développent par l’addition d’un ou plusieurs péristyles; le palais s’allonge comme la maison.
L’agrandissement de l’habitation à l’époque hellénistique a surtout pour conséquence d’élargir les appartements de réception et d’augmenter le luxe de la décoration. Dans toutes les pièces on accumule à plaisir les divers genres d’ornements. On couvre de peintures toutes les murailles, même dans les chambres fermées au public, dans l’appartement des femmes. « Bientôt, disait un philosophe de mauvaise humeur, bientôt nous couvrirons de peintures jusqu’aux tas de fumier153». En même temps se répandent l’usage et le goût de la mosaïque artistique [musivum opus]. Dans la salle à manger des rois de Pergame, Sosos, avec des cubes de diverses couleurs, représente par terre les débris d’un repas, et, sur le mur, des colombes au bord d’un bassin; c’étaient des morceaux célèbres, souvent imités par les Romains164. Ptolémée Philopator fit exécuter en mosaïque, pour les salles de son vaisseau, de véritables tableaux; Hiéron II de Syracuse, toute X Iliade d’Homère 15S.
Dans les maisons et les palais des époques antérieures, rien sans doute ne pouvait faire prévoir un tel luxe dedécoration. Mais, pour le plan, il est curieux d’observer que la grande habitation hellénistique rappelle beaucoup la demeure homérique. La cour des femmes se reconnaît
plana tecta quae transversis trabibus sustentantur. » Voy. tectum, solarium, maenianum. — 148 Athen. XII, 538, 54. — 149 Id. V, 25, p. 196. — ISO Id. V, 38, p. 205. — ist Id. V, 40, p. 206 et s. — i82 Joseph. Antiq. XII, 4, 1 1 ; de Vogué, Le temple de Jérusalem , p. 39; Lange, Op. I. p. 150, pl. vi, 5, 6. — 133 Plut. De repugn. stoicor. 21; Conjug. praec. 48. — 164 PUn. Histoire natur ., XXXVI, 25. — lBb Athèn., V, p. 204 C, 207 C.
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déjà sur 1 acropole de Tirynthe ; elle reparaît aux derniers siècles de 1 histoire grecque sous la forme du second péristyle. Pour Vilruve, construire une habitation à deux cours, c est « bâtir à la mode ionienne. » Dans l’architecture privée, comme dans bien d’autres domaines, la vieille Ionie aurait donc précédé la Grèce propre ou conservé la tradition héroïque.
Nous avons vu l’habitation grecque, née de la chaumière, se déployer largement dans le palais homérique, puis se resserrer dans les logis des v° et ive siècles, pour s’agrandir de nouveau sous les successeurs d’Alexandre. Maintenant la politique met la Grèce en présence des Romains. Dans l’architecture privée, comme en tout, l’hellénisme vaincu va imposer ses modes à ses vainqueurs. Le logis grec va se combiner avec le logis national des Italiens pour produire sous les empereurs la grande habitation de Rome et de Pompéi.
L habitation romaine. — Dans les ruines de Pompéi et d’Herculanum, dans la Rome des derniers siècles telle que nous la connaissons par les textes anciens ou les débris des constructions, on rencontre naturellement, comme en Grèce, une assez grande variété de logis qui répond aux diverses classes de la société. Mais, de plus, il ne faut point chercher en Italie, pour l’histoire de l’habitation, comme pour celle des lettres et des arts, le développement logique et l’harmonie que présentent les pays grecs. De bonne heure s’est fait sentir l’influence étrangère. Pour bien comprendre les habitations de l’époque impériale, il faut commencer par dégager nettement les éléments nationaux des éléments helléniques.
§ 1. La chaumière italienne et le logis national des Romains. — En Italie, comme en Grèce, l’habitation de l’époque classique a pour point de départ la cabane du paysan cultivateur. Sa forme la plus ancienne, dans l’un et l’autre pays, fut la hutte ronde à toit conique couvert de chaume ( culmen *66), façonnée avec des branchages et
de l’argile, souvent bâtie sur pilotis, entourée de palis sades et de remblais comme dans les terramare de la vallée du Pô. Des traces d’habitations semblables ont été retrouvées autour de Bologne, dans l’Emilie et dans d’autres parties de l’Italie167. Les dispositions essentielles de ces constructions primitives se conservèrent à Rome, jusqu’à une époque avancée, dans un certain nombre d’édifices vénérés comme des antiquités nationales ou des sanctuaires des plus anciens cultes : par exemple, Yaedes Vestae, toujours représentée comme un petit temple circulaire [vesta] ; on conservait le souvenir du temps où son toit était de chaume et ses murs faits de branchages entrelacés168. Telle était encore la cabane de Romulus ou de Faustulus sur le Palatin169, les chapelles (xocXtsSc?) des Lares compitales 16°, celle que l’on considérait comme le plus ancien sanctuaire de Mars161, d’autres encore mentionnées par les historiens sous ce même nom de xxXla; 162, qui signifie proprement une hutte. Il est aussi donné à l’édifice qui abritait les pénates de Lavinium163, dont deux mé¬
daillons d'Antonin le Pieux nous offrent l’image (fîg. 2500, 2507) avec celle des autres sacra de cette ville164.
Des urnes cinéraires, trouvées dans les cimetières du Latium et de l’Etrurie, ont la forme de cabanes rondes ou allongées en ovale, qui deviendront bientôt carrées166
Fig. 2308.
Fig. 2509.
Urnes cinéraires en forme de cabane.
Fig. 2510.
(fig. 2508, 2509). Le toit, fait de paille et de roseaux et que supporte une charpente de bois, n’est pas encore percé, à son sommet, de l’ouverture carrée qui caractérise par la suite toutes les maisons en Italie. La porte ou une
156 Isid. Orig. XV, 8 : « culmina dicta sunt quia apud antiquos tecta tegebantur culmo ut nunc rustica » ; cf. XV, 12 ; Vitruv. II, 1,5; Senec. Ep. XG, 9 ; Ovid. Fast. III, 183; VI, 261. — 157 Ilelbig, Die Italiker in der Poebene, Leipz. 1879, p. 11 et s., 47 et s. — 158 Ovid. Fast. VI, 261. — 159 lb. III, 183; Dion. Hal. I, 79; Vitr. II, 1,5;’ Conon. Narr. 48; cf, Schwegler, Rom. Geschichte , I, p. 394; Rubino, Deitrüge zur Vorgeschichte Italiens, p. 231; Helbig, O c. p. 51; Zannoni, Scavi délia Certosa, p.44; C liierici, Antich. preromane délia provincia di Reggio, Reggio, 1871, p. 16. — 160 Dion. Hal. IV, 14. — 161 Id. Exe. XIV, 5, p. 488 ; Plut. Camill. 32. — 162 Id. Huma, 8 ; Dion. Hal. III, 70. — 163 lb. 1,57. — 16» Exemplaires du Cabinet de France; cf. Mionnet, Rareté des médailles , vignette ; Lenormant, Trésor de numism. Iconogr.
lucarne placée au-dessus, quelquefois aussi à l’extrémité opposée du toit, donnent seules passage à la lumière aussi bien qu’à la fumée qui s’amasse à l’intérieur. Devant l’entrée d’une de ces cabanes 168 (fig. 2510), on remarque
des empereurs, pl. mu, p. 60; Cohen, Méd. impériales, t. II, p. 340, 341, n«» 44 447; Frôhner,. Médaillons de V empire, p. 39. - 165 A. Visconti, Lette'ra sopra ale. vasi rimenuti nelle vicinanzi di Al Ba longa , Rome, 1817; Bonstetten Recueil d'antiq. suisses, Berne, 1833, pl. xvi, xv„ ; de Blacas, Découv. de vases funéraires près d'Albano (. Mém . des antiq. de France, t. XXVIII); de Rossi, Annal, de VInst. arch. 1867, p. 36 ; 1871, p. Un ; Pigorini et Lubock, Notes on the hist. urnes, dans 1 Archaeologia, t. XLII, Lond. 1869, p. 99; Ghirardini, Noüzie dei Scavi 1881 p. 35 et 247; 1882, p. 171; Ib. 1885, p. 107, 412; 1886, p. 129, 130; 1887, p.51!;! Virchow, Sitzungberichte der Berlin. Altad. 1883, p. 983 et s.- Martha l'Ari étrusque, Paris, 1888, p. 33, 286. — 16» Annal, de VInst. 1871, pl.
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des roseaux soutenant un auvent, disposition qui rappelle celle des maisons de la Lycie 167 et l’aïQoutja de l’habitation homérique. Le type du toit à deux rampants {pectinatum) ou à quatre ( testudinatum )108 sans ouverture au centre, a dû précéder tout autre en Italie160. Une autre forme prévalut, que l’on rencontre d abord en Étrurie. Le toit est percé alors d’une ouverture rectangulaire par où sortait la fumée, par où pénétraient aussi la lumière et la pluie [cavaedium]. Les monuments funéraires reproduisent les dispositions des demeures des vivants. On peut se faire une idée de la construction intérieure et extérieure de pareilles habitations par la vue des ligures 2511 et 2512 qui représentent, la première110 une urne
Fig. 2511. — Urne cinéraire en l'orme de maison.
cinéraire trouvée près de Chiusi, la seconde 171 un tombeau de Corneto. Dans ces exemples, on peut remarquer que les pentes du toit déversent l’eau en dehors. Cette forme
paraît avoir longtemps persisté, mais elle ne convenait qu’à des maisons isolées ou séparées les unes des autres par un intervalle suffisant. Cet intervalle ( ambitus , circuitus) devait être à Rome de deux pieds et demi [sestertius
167 Fellows, Journal wrilten durmg an excursion in Asia Minor. pl. îx; Benndorf et Niemann, Reisen in Lylcien , p. 34, fig. 26. - 168 Festus, s. v. pectenatum.
169 A Pompéi, les plus anciennes maisons étaient, avant les remaniements de temps
plus récents couvertes d'un toit sans ouverture à son centre, Fiorelli, G h Scam de Pomnei del 1SG1 à 1872, Introd. p. 12. Voy. pour l'Étrurie, Martha, O. I. p. 286 et s no Abeken, Mittilitalien, pl. il, 6 (= Braun, Labcrinto di Porsenna, 1 V ■ Martha, p. 290). — 111 Micali, l 'Italie avant la domin. des Romains, pl. li île l'édit franc. Pans, 1824 (= Canina, Etruria Maritima, I, pl. rn.ii ; Martha, c 137) 172 Varro, Lmg. lat. V, 22; Paul Diac. p. 5 et 14 Lindemaun ; Isid. Or. XV 16 12 ; cf. Nissen, Pompeian. Studien , p. 668 ; Lange, Haus imd Halle, p. 53. 173 Tit.Liv. XXXIX, 44. — 174 Atrium sutorium ; atria Tiberina ; atrium Libertatis; atrium Vestae, atria auctionaria, etc. [vtbium], - U» Horat. Sal. II, 6, 65 ; Serv.
pes) 172 ; mais dans des villes formées, comme elles l’étaient en Italie, par l’agglomération de beaucoup de maisons dans un étroit circuit et à Rome en particulier, il devint difficile de les laisser ainsi espacées. Elles durent être de très bonne heure juxtaposées et avoir des murs mitoyens (parieles communes). L’eau qui était rejetée autour de la maison était d’ailleurs pour elles une cause de dégât et d’insalubrité. Ces motifs firent préférer une nouvelle forme de toit, dont la pente tournée vers l’intérieur recueillait l’eau dans l’ impluvium pour les besoins des habitants.
C’est aux Étrusques qu’on attribuait la construction des premières maisons de ce modèle. De la chaumière rustique ils firent un atrium. Les Romains les imitèrent et, pendant bien des siècles, ne connurent pas d’autre forme d’habitation [atrium, cavaedium]. L 'atrium, à l’époque impériale, représente seulement la partie antérieure du logis; pendant les premiers siècles de 1 État romain, c était le logis tout entier. Par exemple, Tite Live nous dit que Caton acheta deux atria et quatre boutiques pour construire sur leur emplacement une basilique173. Le mot conserva longtemps ce sens, surtout clans la langue religieuse, et plusieurs vieux monuments de Rome ne portèrent jamais d’autre nom17’.
L 'atrium ou logis primitif des Étrusques et des Romains comprend une grande salle éclairée par une ouverture rectangulaire du toit et entourée de cases que séparent des cloisons perpendiculaires au mur. C’est là que se tient la famille, là qu’on dort et qu’on mange : bien des gens y soupaient encore au temps d Horace110. C est là aussi que travaille la maîtresse de la maison; elle y commande et y parle haut, car en Italie elle n a jamais été séquestrée comme en Grèce; elle reçoit les amis de son mari, l’accompagne en ville, et l’habitation romaine n’a jamais compris d’appartements spéciaux pour les femmes176.
La porte de l’habitation [janua], généralement en bois, quelquefois en bronze, comme chez le dictateur Camille1 restait ordinairement ouverte pendant le jour, si bien qu’on pouvait apercevoir en passant la table de tamille . On y lisait des inscriptions, soit le nom du propriétaire 1 °, soit une parole d’heureux augure180, une formule con're l’incendie181, ou quelque signe symbolique.
Chez les pauvres, la porte s’ouvrait immédiatement sur la grande salle. Chez les riches, on traversait d’abord un vestibule [vestibulum], d’où l’on pénétrait à droite et à gauche dans l’écurie et la remise18". Chez les magistiats, c’est dans ce vestibule que les licteurs déposaient leurs faisceaux183. En cas de mort, c’est là qu’on dressait le cyprès funèbre, pour avertir les visiteurs181. Ce vestibule pouvait d’ailleurs être commun à deux maisons183.
Au milieu de Y atrium (voy . plus loin le plan à la fig. 2522 et comparez les figures 627, page 531 et 1216, p. 984 du tome Ior) est creusé le bassin (i impluvium ) correspondant
Ad Aen. I, 726; Varr. R. rust. et ap. Non. p. 83; Colum. 1, 6. — 176 Tit. Liv. I, 57 • Ascon. In Milon. p. 43 ; Arnob. II, 67 : « matresfamiUas vestrae in atriis opérante domorum » ; Corn. Nep. Praef. 6. - 177 Plin. Hist. nat. XXXIV, 13. 178 Plant. Most. 444 ; Stichus, 308 ; Tit. Liv. X, 12, 15 : « vulgo apertis jauuis m propatulis epulati sunt. » Cf. Plut. De curios. 3 ; Senec. Ep. XLIJI, 3 ; Suet . Calig. 41. __ 179 On peut sans doute appliquer même à ce temps les témoignages d'Augustin. Enarr in Psalm. LV, 1; Enotl. Carm. II, 17. - ISO Corp. inscr. lat. IV, 733 ; Arneth Arch. AnalcMen , pl. v. D; O. Jahn, Ber. d. Sachs GesellSch. d. Wissenschaft. 1875, p. 75. — m Plin. flist. nat. XXVIII, 20; Orelli, Inscript. 1384. i82Vitr. VI, 8, 2 : «In eorura vestibulis stabula possunt esse. »— '83 Aur. Victor, De vir. ill. 2o’, l’; Claudian. De IV cons. Honor. 416. — 18V Serv. Ad Aen. IV, 507. 185 Varr. De ling. lat. VII, 81 ; Digest. 10, 3, 10, § 1.
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à 1 ouverture du toit, et destiné à recueillir les eaux de pluie qu il déverse dans un puits ou une citerne [cisterna, puteus], En été, au-dessus de Y impluvium on tend un voile [vélum]180. En arrière du bassin est fixée une table carrée en pierre [cartibulum], où l’on pose les vases et ustensiles de cuisine187. Un peu plus loin, dans le grand axe de l 'atrium, est disposé le foyer et l’autel des dieux domestiques [ara, focus]. Pendant longtemps on y prépara les repas, et 1 habitude ne s’en perdit jamais chez les pauvres gens. Chez les riches on songea de bonne heure à aménager, dans un coin de l 'atrium, une petite pièce particulière, consacrée aux dieux pénates, qui servit de cuisine [culina]; dès lors le foyer de la grande salle ne fut plus destiné qu’au culte188.
Au fond de 1 atrium , juste en face de l’entrée, on voyait anciennement le lit conjugal (lectus genialis)1**. Quand se repandit 1 usage de chambres à coucher spéciales, on disposa, à l’aide de planches, sur l’emplacement primitif du lit conjugal, une pièce qui devait prendre une grande importance dans 1 habitation romaine : c’est le tablinum qui servit d’abord de salle à manger, plus tard de salon et de dépôt pour les archives domestiques ,9°. A droite du tablinum, on appliqua au mur le coffre-fort [arca] contenant, avec 1 argent de la famille, les livres de comptes191. L’habitation se compliqua peu à peu. A droite et à gauche du tablinum on s’accoutuma à disposer deux pièces symétriques (alae), qui renfermaient les trophées, les dépouilles des ennemis, les masques en cire ou portraits
d’ancêtres, accompagnés d’inscriptions explicatives
elogium ) et reliés par des lignes qui dessinaient une sorte d’arbre généalogique [imagines]. Les chambres latérales de X atrium servaient de magasins {cella penaria), de salle à manger ( cenaculum ) ou de chambre à coucher (cubiculum) ; car les fils mariés continuaient souvent de loger chez leurs parents, comme dans la famille de Caton; et l’on nous dit que seize personnes de la gens Aelia demeuraient ainsi dans une toute petite maison199. Naturellement le nombre des pièces rangées autour de la grande salle variait d’un logis à l'autre ; nous connaissons des habitations entièrement dépourvues de cases sur un ou même deux cotés, et il ne faut pas s attendre à trouver souvent dans la réalité lasymétrie ni la régularité de l’habitationmodèle.
Dans un coin de 1 atrium ou d une des pièces latérales, on voit l’escalier de l’étage supérieur; car une autre conséquence du resserremeut des maisons dans un étroit espace fut leur élévation. A une certaine époque l’on mangea au premier : d’où le nom de cenacula, qui désigna par la suite toutes les chambres non situées au rez-dechaussée [cenaculum]193. Le premier étage avait des fenêtres sur la rue194. Souvent on y louait à des étrangers quelques pièces, ou l’étage entier : en ce cas, l’on y arrivait directement de la rue par un escalier particulier. La maison pouvait d’ailleurs être munie également d’escaliers intérieurs et d’escaliers extérieurs ; et le propriétaire pouvait à son gré louer son étage ou le garder pour son usage, pour installer ses esclaves ou ses marchandises195.
D ordinaire Y impluvium et la grande salle du rez-de-chaussée recouvrent une cave et des sous-sols [cella, crypta].
186 Ovid. Metam. X , S03 ; Plin. B. nat.XlX,2i-,Dig. XXXIII, 7, 12, § 20. — 187 Varr. Ling. lat. V, 125.— 188 Serv. Ad Am. I, 276 et II, 460; Varr. ap. Non. p. 55; Ovid. J<ust. VI, 304. — 189 Ascon. Ad Milan. 13; Laberius, ap. Aul. Gell. XVI , 9. — 190 Varr. ap. Non. p. 83 ; Plin. H. nat. XXXV, 7 ; Festus, p. 356. — 191 Serv. Ad Aen. I, 726 ;
IX, 648; Appian. Bell. cio. IV, 44. — 192 Plut. Cato maj. 24; Crass. 1 ; Val. Max.
XII, 7, 5; IV, 4, 8. — 193 Varr. Ling. lat. V, 162. — 191 Tit. Liv. I, 41, 4; Vitr.
Ces vieux logis romains étaient construits en bois et furent longtemps revêtus d’un toit de chaume190, puis de bois ( scandu/ae ) jusqu’au temps de Pyrrhus197, et enfin de tuiles [tectum]. Le sol de Yatrium était anciennement formé de terre glaise mêlée de tessons et polie au maillet (pavimentum testaceum ). Plus tard, on y fixa des carreaux de marbre monochromes, puis des plaques de diverses couleurs avec dessins géométriques, {pavimentum sectile), enfin des mosaïques de marbre en forme d’échiquier {pavimentum tessellatum) [pavimentum, musivum opus]. Jusqu’à l’arrivée des artistes grecs, la décoration des murs resta rudimentaire ; on ne concevait rien au delà des enduits de chaux. On commença à les couvrir de stuc au 11e siècle avant Jésus-Christ198 [tector, tectorium].
Telle fut la vieille habitation des Romains. Elle était simple de plan, peu luxueuse, mais en somme assez commode, conforme aux exigences d’un climat souvent humide, aux besoins d’un peuple de laboureurs et de soldats. Les Romains s’en contentèrent jusqu’à l’époque des guerres puniques et des expéditions en Orient. A la vue des lumineuses habitations helléniques, les officiers romains rougirent de se trouver si barbares. Dès lors, dans la construction et l’aménagement de leurs demeures, ils copièrent à l’envi les Grecs. Mais le vieux logis national conserva la place d’honneur. Après avoir été toute la maison, Yatrium resta dans la nouvelle habitation la partie la plus richement décorée, la première qu’on traversait en entrant.
§ 2. La maison gréco-romaine à la fin de la république et sous l'empire. — C’est à l’époque des guerres puniques que commence à se transformer l’habitation romaine. Les auteurs du temps y font souvent allusion. Écoutez parler cet esclave dans une comédie de Plaute : « Le vieillard veut construire dans sa maison un gynécée, des bains, un promenoir, un portique... Il veut à tout prix marier son fils. Pour cela il fera un nouveau gynécée. Il raconte qu’un architecte, je ne sais lequel, lui a vanté tout cela et que son projet a bonne mine199. » Dans les logis nouveaux, on copie l’une après l’autre toutes les parties de la maison grecque. Yarron s’est moqué de cette mode : « Maintenant, dit-il, on ne croit pas posséder une vraie maison de campagne, si l’on ne donne pas à toutes les pièces des noms grecs, si Ion n y distingue pas un xpoxorrwva une TtaXafarpav, un *M&iTi?p«ov, un uepcWAov, un ôpvtôïïva, un
TCÊpnjTEpEtôva, une û7rwpoGr]zy|v200. » Cette révolution s’achève à 1 époque de César et d’Auguste. Horace se souvient encore du temps où l’on ne connaissait pas le péristyle901; mais désormais chacun veut avoir sa cour à colonnes! L’incendie de Néron, qui détruisit une bonne partie de la capitale, vint encore servir la mode hellénique : toutes es grandes maisons de Rome furent rebâties suivant les idées nouvelles.
V 7 ° vu ci au ni ire en Orient, ce
n e ait pas 1 habitation hellénique à un seul péristyle deda.gnee alors comme trop simple et laissée aux petites gens, mais l’habitation hellénistique à deux péristyles Ils agrandirent leurs propres logis d’après le même procédé que les Grecs de 1 époque alexandrine, par l’addition d’une
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cour à colonnes. Seulement, l’innovation a été normale en Orient, où elle ne détruisait pas l’harmonie de l’ensemble. Au contraire, elle produisit en Italie une habitation hybride, où le vieil atrium toscan s’étonna fort d’ètre accouplé au péristyle grec. Les Romains ne cherchèrent pas d’ailleurs à se faire illusion, et aux parties nouvelles de leurs maisons ils conservèrent les noms helléniques ( peristylium , oecus, xystus, diaeta, zotheca, exedra , etc.)
Pour se figurer la grande habitation gréco-romaine, il suffit donc d'imaginer, derrière le vieux logis romain, un péristyle grec. Mais cette union de deux éléments disparates et le développement du luxe entraînèrent quelques modifications dans le plan général, la disposition et la destination des pièces. Nous les indiquerons à grands traits, en renvoyant, pour les détails, à des articles spéciaux.
La maison est dès lors élevée de quelques marches audessus de la rue ; parfois même elle est annoncée par un portique extérieur 202. Dans les maisons un peu importantes, sous la République et jusqu’au v6 siècle de l’empire, on devait traverser un vestibule [vestibulum] ; un corridor assez large ( ostium ) 203 précède laporte, qui s’ouvre en dedans et est souvent richement ornée [janua]. Les serrures se compliquent. On frappe avec un anneau ou un marteau. Le portier [janitor], personnage maintenant indispensable, ouvre en tirant les verrous ( pesstili ) ou la barre (sera) ; une case latérale lui sert de loge (cella ostiarii, tugurium janitoris) 201 . Sur la mosaïque du sol se dessine souvent une inscription, soit un salut au visiteur, soit le nom du propriétaire 208. Dans Pétrone, sur le pavé du vestibule de Trimalchion, on voit aboyer un chien de mosaïque, avec la légende « prends garde au chien » 206 (voy. t. Ier, p. 888, fig. 1122). Chez les grands personnages, ies clients qui attendent le maître peuvent admirer près de la porte des armes, des statues, même des quadriges 207.
Nous entrons dans Y atrium; il conserve la disposition générale du vieux logis romain, mais la famille n y habite plus. Le foyer ne subsiste là que pour la forme. Ce ne sont pas seulement les pénates qui ont été transportés dans la cuisine ; comme on l’a dit plus haut, une chapelle particulière est consacrée aux dieux Lares [lararium, sacrarium]. Dans beaucoup de maisons cependant, près de 1 entrée, subsiste une édicule ou une niche [aedicula, ara], munie de statue ttes, de cierges et de lampes, où l’on prie le matin, où l’on offre souvent des sacrifices au dieu domestique [LAR, tutela, oENius] 208. Lespièces latéral es renferment des magasins ou communiquent avec des boutiques extérieures où les esclaves vendent les produits des fermes (voy. plus loin, fig. 2323). Le tablinum, à l’origine, placé au fond de Y atrium et pouvant s’ouvrir pendant la belle saison sur un jardin, communique désormais avec le péristyle. Il est clos en hiver par des portes mobiles qu’on remplace en été par des portières 209 et joue le rôle d un salon. On y garde les archives de la maison; on y expose orgueilleu-
202 Spnec En. 84, 12 : « Praeteri istos gradus divitum et magno adgestu suspensa vestibula » ; Suet. Nero, 8; Vitell. 15; Tacit .Ann. XV, 43. -203 Plaut. Fers. V, . g. Vite ap.Serv. Ad. Aen. VI, 43 ; P. Diac. p. 16 Lindemann : « Antae quae nunc iàtera ostiorum » ; laid. XV, 7, 8; Protyrum, Vite. VI, 10, 1. Ailleurs (VI, 4, 5), Vitruve dit fances. - 204 Varr. De re rust. I, 13, 2; Petron. 29; Suet. Vitae, 16; Aur Vint Caesar, 8, 6. - 206 Voy. note 179. - 200 Petron. 29; Plaut, Most. 854. Mosaïque* de la maison du poète tragique à Pompéi. Un chien enchaîné a pu etre moulé d’après l'empreinte laissée dans la cendre, OsUum de la maison de Laocoon ; vov Presuhn, Neueste Ausgrabungen Pompéi, 1874-1878, Leipz. 1878, 111, 3. y207 Plin U nat. XXXV, 7; Tit. Liv. X, 7, 9; Cic. Philipp. Il, 28, 68; Virg. Aen. II 504- Sil Ital. VI, 434; Juv. VII, 120 et s. - 208 Lamprid. Al. Se». 20, 2; 3,' T’cœ-p. ins, ai. VI, 178-179,2.6, 774; V, 3304; III, 4445; II, 3021, 4092; Petron. 57; Hieron, In Esai. VI, 57; Mazois, Ruines de Pompe t, pl. x„, II,
sentent les tables de bronze où sont gravés les contrats d’hospitalité ou de patronat votés par les corporations d’ouvriers 210. Le maître s’y tient souvent, et de là peut surveiller à la fois X atrium et le péristyle. A droite et à gauche, dans les alae, les familles des magistrats conservent dans des armoires [armarium] les bustes ou médaillons des ancêtres, quelquefois encore en cire, mais d’ordinaire en bronze ou en argent [imagines]. Les jours de fête on découvre les peintures commémoratives des triomphes, on ouvre les armoires et l’on offre des sacrifices aux ancêtres211. On le voit, Y atrium où logeait autrefois toute la famille ne sert plus aujourd’hui qu’aux affaires, au culte et à la parade.
A droite du tablinum, un étroit couloir (/ùwces) 212 conduit au, péristyle, où s’est transportée la vie intime et d’où l’on peut d’ailleurs gagner directement une rue latérale par une petite allée [peristylium]. Le péristyle de la maison gréco-romaine reproduit à peu près la physionomie de la cour hellénique à colonnes. Seulement, au milieu, on y a disposé, comme dans Yatrium, un bassin, souvent muni d’un jet d’eau et entouré d’un parterre de fleurs, d’arbustes et de plantes vertes [viridarium]. Des stores donnent de l’ombre sous les galeries. Au fond du péristyle, I’oecus,' salle de réunion, correspond à Yandron et à la prostas des Grecs ; le maître y est souvent, et, quand des visiteurs se présentent dans l’atrium, il est averti par l’esclave préposé aux rideaux (vel rius). A gauche de Yoecus est d’ordinaire placée la cuisine [culina], tout auprès d’une latrina. A droite et à gauche du péristyle sont disposées de nombreuses pièces : les salles à manger, il y en avait quelquefois plusieurs, destinées aux différentes saisons213, garnies de lits, de tables, de portières, parfois éclairées par un vitrage 2U [triclinium] ; des chambres à coucher de jour et de nuit218 [cubiculüm], parfois munies d’alcôves (zotheca)-16, fermées par des portes ou des tentures ( vélum cubiculare) 2n, précédées d’antichambres (itpoxorrwv 21S) où se tient le cubicularius ou valet de chambre219, des salles de conversation [exedra], des salles de bains [balneum], des bibliothèques [bibliotiieca] ou galeries de tableaux [pinacotheca].
Un second péristyle, pareillement entouré de chambres, s’ajoute quelquefois au premier devenu insuffisant (maison du Faune, des Chapiteaux colorés, etc., à Pompéi).
Par' un couloir latéral ou par une porte percée au fond de Yoecus on entre dans le jardin [hortus]. Devant Yoecus s’allonge souvent un portique; près des autres murs, on dispose des vérandas ou des exèdres ornées de fresques et garnies de bancs [oecus, exedra]. Quand l’espace est trop restreint, on se donne l’illusion d’un jardin en peignant des arbres verts et des perspectives sur le mur du fond220.
Sous le péristyle sont creusés les sous-sols et les caves, souvent fort grandes [crypta, cella]. Un escalier mène aux chambres d’esclaves (cellae familiae , cellae familia-
Overbeck, Pompéi, 4° éd. p. 268. — 209 Dig. 50, 16, 232, § 4. — 210 Dion. Hal. I, 74; Orelli 4133. — 211 Senec. Contran. VII, 21, 10; Juv. VIII, 1 et s. ; Fest. p. 209 a; Plin. H. nat. XXXV, 4 et 6 ; Macrob. Sat. II, 3, 4; Stat. Theb. II, 214; Vopisc. Florian. VI, 6; Polyb. VI, 53,4; Vite. VI, 3, 6, et s. — 212 Vitr. VI, 3, 6.-213 Vite. VI 7 : » Triclinia aestiva, hiberna ou hiemalia, verna, autnmnalia »; Varr. De re rust. 1, 13, 7 ; De ling. lat. VIII, 29; Plut. Lucull. 41 ; Sid. Apoll. Ep. II, 2. — 214 Senec. Quaest. nat. IV, 13, 7 ; « Quamvis cenationem velis ac specularibus muniant. » — 216 « Cubicula diurna, nocturna ou dormitoria, noctis et somni » . (Plin. Ep. I, 3, 1 ; V, 6, 21 ; Sid. Apoll. Ep. II, 2 et s.). — 216 Plin, Ep. II, 17, 2i;
V 6, 39; Sid. Ap. Ep. VIII, 16 et IX, 11 ; Avelino, Descriz. di una Casa Pompé, p, 13. 217 Lampr. Heliog. XIV, 6. — 218 Varr. R. rust. II, pr. 2; Plin. Ep. II, 17, 10. — 219 Varr. De re rust. Il, 2; Plin. Epist. II, 17. — 220 Pitture d'Ercolano, 1; 20 et 49; Zahn, Die schônsten Ornam. II, 6; 44, 94, 95; III, 96, etc.
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ricae 221), aux magasins et aux greniers du premier étage, i Sur la cour et sur la rue donnent des fenêtres, fermées par des grilles ou des volets, plus tard par des vitres [fenestra]. Les balcons [maenianum] avaient été interdits anciennement et le furent de nouveau au iv° siècle de notre ère; mais pendant les siècles intermédiaires beaucoup de mai¬
sons en furent munies 222 (voy. fig. 2313). Souvent le premier étage est loué en partie à des personnes étrangères, qui montent chez elles par des escaliers extérieurs 223. D’autres fois il ne couvre pas toute la longueur du rezde-chaussée; en ce cas le péristyle est dominé par des terrasses [solarium] couvertes d’un toit, ou chargées de fleurs et d’arbustes, de vrais jardins suspendus224.
En résumé, la grande habitation gréco-romaine ne présente pas d’éléments étrangers à l'atrium étrusque et au péristyle grec. Ce qui la caractérise, c’est l’accouplement bizarre de deux maisons d’origine différente. La famille romaine s’est logée dans la partie hellénique de l’habitation et a transformé son vieil atrium en appartements de réception.
§ 3. Les habitations de Rome et de Pompéi. — Nous venons de décrire les deux formes successives de l’habitation romaine, le logis national, puis le logis gréco-romain. Mais dans l’Italie ancienne, comme de nos jours, c’était un véritable luxe pour une famille, au moins dans les plus grandes villes, que d’occuper à elle seule une maison entière. Les descriptions des auteurs et les ruines nous permettent de nous représenter nettement, dans la capitale et en province, à Rome et à Pompéi, les marchands dans leurs boutiques, la grande masse de la population dans ses appartements de location, les bourgeois dans leurs mai-
221 Voy. le plan (fig. 2517) et Avellino, Descriz. di una casa, p. 30. — 222 Overbeck, Pompéi, p. 267 ; Hieronym. Ep. CVI, 63; Fest. p. 134 Muller et 168 Lindemann; Amm. XXVII, 9; Dig. L., 16, 242, § 1 et s. et XLIII, 8, 2, § 6; Val. Max. IX. 12, 7. — 223 Voy. note 195 et Dig. XLIII, 17, 3, 7. - 224 Isîd. Or. XV, 3, 12 ; Plaut. Mil. glor. 340, 378; Macrob. Sat. II, 4, 14; Suet. Claud. 10; Nero , 16; Corp. inscr. lat. VI, 2417, 10234; Senec. Controv. 5, 5; Epist. 122, 8; cf. Mazois, Palais de Scaurus, p. 156. — 225 Isid. XV, 2. — 226 Cic. Ad Attic. XIV, 9, 1 ; cf. XV, 17. — 227 Overbeck, Pompéi , p. 377 et s. — 228 Cic. Philipp. II, 92 ;
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sonnettes, les riches dans leurs hôtels ou dans leurs villas, les empereurs dans leurs palais.
Primitivement les boutiques [taberna] étaient construites en bois, le long des rues ou dans les carrefours. C’est même l’origine du nom qu’on leur donnait en latin : « On appelait tabernae, dit un ancien, les petites et modestes maisons des plébéiens dans les carrefours. Elles étaient fermées par des poutres et des planches. De là ce nom de tabernarii donné aux gens qui y logeaient. On appelait ces maisonnettes tabernae, parce qu’elles étaient faites de planches de bois. Aujourd’hui elles ne se présentent plus de même, et cependant elles gardent le nom ancien225. » Ce que disait Isidore de Séville à la fin de l’antiquité était vrai depuis bien des siècles. Ces boutiques, on avait fini par les construire en pierre. Souvent, comme à Pompéi, elles étaient adossées aux grandes habitations (voy. plus loin, fig. 2323). Cicéron, dans une lettre à Atticus, se plaint que deux de ses boutiques se sont écroulées, que les autres se fendent, et qu’il a vu émigrer tous ses locataires, hommes et rats 226. Les boutiques se composent souvent de deux pièces au rez-de-chaussée ; l’une sert de logement, i’autre sert de magasin, s’ouvre sur la rue dans toute la largeur et se clôt la nuit avec des volets de bois qu’on fait glisser l’un sur l’autre 227. D’autres fois le marchand louait en même temps une chambre au premier étage, où menait un escalier intérieur228. Presque toujours sur le devant de la boutique s’étale une enseigne [signum]. Presque toutes les rues du monde romain étaient ainsi bordées de petites boutiques [taberna] 223.
Les pauvres et, à Rome, tous les gens de fortune médiocre louaient une chambre, un appartement, soit à l’un des étages supérieurs d’une maison bourgeoise, soit, le plus souvent, dans une des innombrables maisons de rapport spécialement aménagées à cet effet [insula]. D'après un curieux contrat de location qui nous a été conservé230,
V insula ou maison à locataires comprend trois catégories de logis : 1° les boutiques (■ tabernae ); 2° les ateliers (. pergulae ); 3° les appartements ( cenacula ).
Les boutiques occupent au rez-de-chaussée tout le pourtour de Y insula. Quelquefois, comme on le voit par le fragment du plan antique de Rome que reproduit la figure 2514 23i, toute l 'insula se compose de boutiques rangées autour de cours étroites et profondes. Elles sont souvent utilisées comme magasins de dépôt ou comme logements de pauvres gens 232.
Les ateliers sont aménagés avec plus de soin. Souvent
Dig. XXXII1,7, 7; Orelli, 4223, 4331. — 223 Voy. pour Rome, Jordan, Forma Urbis Romae, passim ; cf. Mart. VII, 61.- 230 C. i. lat. IV, 1136. Voy. sur les insulae, Dureau de la Malle, Mém. de l’Acad. des Inscr. N. S. t. XII, 2, p. 272;Preller, Die Regionen der Stadt Rom, Iéna, 1846, p. 86 et s.; Friedlauder, Sittengeschichte Roms. 4" éd. I, p. 6 et s. ; Becker-Gôll, Gallus, II, p. 219; Lange, Haut und Halle, p. 265 ; Richter, Hermès, t. XX. 231 Jordan. O. I. fr. 170; Lange, O. I. p. 265, pl. ix, II; cf. Ballet, d. commise, arch. communale, IV, pi. xvi, 2, — 232 Horat. Od. I, 4, 13.
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ils empiètent sur la rue et sont installés sous de véritables vérandas, protégés par un toit et ouverts au vent de trois côtés [pergula]. Les artisans et les artistes, en particulier les peintres 238; y travaillaient et y exposaient leurs ouvrages. C’est là aussi que les maîtres d'école tenaient leurs assises, et Suétone nous dit que le grammairien Crassicius faisait son cours, sous une véranda de ce genre (prrgulae magistrales)™'*. Naturellement le maître parlait pour les passants autant que pour ses élèves. Cette organisation ne laissait pas que de présenter des inconvénients, et l’empereur Théodose le Jeune dut, par une ordonnance spéciale, prescrire aux maîtres de protéger mieux leurs écoles contre les regards indiscrets 235. L’on trouvait aussi des pergulae aux étages supérieurs ; c’est ainsi que l’empereur Auguste alla voir l’astronome Théagène dans une mansarde où il avait établi son observatoire 236. Sous le nom de cenaculum on comprenait tous les logements des étages supérieurs. Ils se composaient en général d'une ou deux chambres, d’une cuisine et d’une lalrina. En principe, chaque appartement devait avoir son escalier spécial ; dans la pratique, le même escalier desservait souvent plusieurs logis. Comme les maisons étaient hautes, elles étaient traversées dans tous les sens par des escaliers 237.
Dans les insulae de Rome on a toujours entassé étages sur étages. Tite-Live nous dit que en l’année 218, au temps d’Hannibal, un bœuf monta à un troisième 238. Dans les derniers temps de la république, les maisons avaient communément trois ou quatre étages. « La capitale s’est si bien développée, ditVitruve, et les citoyens sont si nombreux, qu'il faut construire partout des habitations. Comme on ne pouvait loger près du sol toute cette population urbaine, on a exhaussé de plus en plus les constructions230. » Auguste s’en inquiéta et défendit par une ordonnance d’élever les façades au-dessus de 70 pieds21". Mais une génération plus tard, Sénèque trouve encore les maisons si hautes qu’en cas d’incendie ou d’éboulement on était certain de ne pas échapper 211 . Néron, après que Rome presque entière eut été dévastée parle grand incendie, interdit aux constructions nouvelles de dépasser 60 pieds 2l2. C’est d’ailleurs une date mémorable dans l'histoire de l’habitation romaine. On réédifîa la capitale sur un plan régulier; on élargit les rues ; devant les hôtels particuliers et les maisons de locataires, on bâtit des portiques dont l’empereur fit les frais. Dans les logis on réserva des cours intérieures à la mode hellénique ; on renonça aux constructions en bois, on refit les murs avec de la pierre de Gabies ou d’Albe. Enfin l’empereur interdit les murs mitoyens : chaque hôtel ou chaque insula dut occuper tout l’espace compris entre quatre rues. Naturellement tout le monde n’approuva pas ces mesures d’embellissement et d’hygiène ; les mécontents, nous dit-on, regrettaient les maisons de hauteur démesurée et les ruelles étroites, où du moins l’on cheminait à l'ombre213. Plus tard, Trajan réglementa encore la construction des maisons244, d’ailleurs sans arrêter la force des choses. Le poète Martial habitait au troisième étage 246, quelques-uns de ses confrères demeuraient plus haut encore, « sous les toits246 ».
233 Dig. 9, 3, § 12; Pün. //. nat. XXXV, 84; Cod. Theod. 13, 4, 4 : « (pieturac professores) pergulas et officinas in locis publicis sine pensione obtineant. »
23V Suet. De gramm. 18; Vopisc. Saturnin. 10 ; Tit. Liv. III, 45 , 6. — 235 Cod.
Theod. 14, 9, 3. — 236 Suet. Oct. 94. — 237 Tertull. Adv. Valentin. 7 : « Ccnacula in aedicularum disposita sunt forma, aliis atque aliis pergulis superstructis et per totidem scalas distributis, etc. » — 238 Tit. Liv. XXI, 62, 3. — 233 Vitr. II, 8, 17; Cic. Leg. agr. II, 37. — 240 Strab. V, p. 235 c. — 24-1 Senec. Controv. II, 9, II. i
Les loyers coûtaient cher à Rome. Au temps de Cicéron, Caelius payait par an 10,000 sesterces, environ 2,500 francs 247. Juvénal se plaint de donner bien de l’argent pour demeurer dans un taudis 248. De là une industrie particulière, dont fait mention le Digeste ( cenaculariam exercera 240 : on louait au propriétaire toute Y insula, puis on la sous-louait en détail. On nous parle d’un habile homme qui réalisait ainsi un bénéfice d’un quart 25°. C’étaient les locataires qui en souffraient, c’est-à-dire 1 immense majorité de la population.
Les maisons particulières et les hôtels étaient infiniment moins nombreux à Rome que les maisons à locataires251. On en a retrouvé des débris en diverses parties de la ville. Les plus importants sont ceux du Palatin 2S2. On y a dégagé des habitations de l’époque républicaine. Elles étaient situées dans la dépression de terrain qui, de l’arc de Titus au grand cirque, sépare les deux crêtes du Palatin; pour construire leurs palais, les empereurs ont exproprié les bourgeois et comblé le vallon : c’est ce qui a sauvé les anciennes fondations. A l’ouest, dans la maison de Livie, sont assez bien conservées plusieurs chambres aux plafonds richement décorés, aux murs couverts d’arabesques et de fresques (fig. 2516). On en voit ici le plan (fig. 2515)253. On remarquera qu’il diffère en quelques
points du plan habituel des maisons romaines. L 'atrium n’est pas entouré de chambres; il a moins de profondeur que le tablinurn qu’il précède et que les deux alae. Toute
— 242 Tacit. Ami. XV, 43. — 243 Ibid, et Aur. Vict. Epit. 13. — 2W Mart. 1, 118, 7 : et scalis habito tribus, sed altis. — 245 Habitare sub tegulis (Suet. De ill. gramm. 9). — 246 Cic. Pro Caelio , VII, 17. — 247 Juv. III, 166. — 240 Dig. IX, 3, 5; cf. X 3, 1. — 250 Dig. XIX, 2, 30. — 251 Jordan, Topogr. der Stadt Rom, I, p.536 etç.
— 252 Becker, Handbuch , I, p. 423 ; Lanciani, Guida del Palatino, c. 5. — 253 Dei\ archéol. N. S. XXI, 1870, pl. xix ; Jordan, pl. xxxvi, 7; Monum. dell' inst . arch. t. XI, pl. xxii ; Annal. 1880, p. 136.
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celle parlie de la maison est entièrement séparée du pé- j ristyle et des autres pièces de l’habitation intérieure, peu développée par rapport à l’appartement de réception. Les deux parties communiquent entre elles par un long j
corridor, sur lequel s’ouvrent, à droite, plusieurs chambres et des salles de bain.
Les témoignages des auteurs permettent de reconstituer les habitations bourgeoises et les hôtels de Rome.
Fig. 2510. — Peintures murales dans la maison de Livie.
Déjà au dernier siècle de la République, il y avait à Rome des maisons que l’on comparait à des villes25’*. Le luxe des demeures privées fit des progrès rapides. Tacite et bien d’autres auteurs le constatent, et nous en avons cent preuves 25S. Par exemple, en 78 avant noire ère, la maison de Lépidus passait pour la plus belle de la capitale : trente-cinq ans après, c’était un logis des plus ordinaires250. Tout le long des grandes rues, devant la façade des habitations particulières et des insulae, on construisit des portiques, et sur ces portiques on disposa des terrasses251. Dans une fresque de la maison de Livie qui représente une rue de Rome, on voit en effet des curieux, hommes et femmes, au premier étage, sur des terrasses de ce genre (fig. 23 1 7) 258. Nous avons vu aussi que l’incendie de Néron eut pour conséquence de métamorphoser la ville.
Naturellement tous les propriétaires ne suivaient pas avec une promptitude égale ce mouvement du luxe. Il en résulte que la Rome impériale présentait tous les types
25V Sallust. Dell . Catil. 12, 167 ; Dureau Je la Malle, Mèrn. cité, p 246 et s. — 2S5 Tac. Ann. Il, 33; Friedlander, O. I. III, 58 et s.; Lange, ffaus unct Halle, p. 24ii. — 250 Pli„. H. nat. XXXVI, ton. - 257 Tac. Ann. XV, 43 : « Additisque porticibus quae frontem insularum protégèrent ■> ; Suet. Nero , 16: « Formam
d habitation, depuis les plus primitifs jusqu’aux plus complets et aux plus somptueux. Chacun devait compter avec ses ressources. « Les gens de fortune moyenne, dit Vitruve, n ont pas besoin de magnifiques vestibules, ni de tablinum, ni d 'atrium™. » Dans les habitations des faubourgs, les vestibules étaient encore munis d’étables'200. Mats d’une façon générale on peut ramener à deux types principaux les logis particuliers de l’époque impériale : les uns ne renferment, à proprement parler, que le vieil atrium et restent fidèles à la tradition ; les autres y joignent le péristyle et présentent à des degrés divers la magnificence de la nouvelle habitation gréco-romaine Les plus grands avaient une haute valeur vénale, qui correspondait au prix élevé des loyers dans les insulae. En l’année G2, Cicéron achète une maison pour 3 millions et demi de sesterces, environ 900,000 francs 261. En 57, lors de son exil, les consuls estiment son hôtel 2 millions’ de sesterces, sa villa de Tusculum 1 million et demi, sa villa de
aedificiorum urbis novam exagitavil et ut ante insulas ac domos porticus esseut de quarum solarus incendia arcereutur. » - 258 Rev archêol. 1871, pl. xx. Vov. la copie de cette peiuture à l'École des Beaux-Arts. — 259 Vitr. VI 8 t — 200 1,1 VI 8, 2. — 261 Cic. Ad fum. V, 0, 2.
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Formies 230,000 sesterces; et il se plaint amèrement que l’on cote ses immeubles au-dessous de leur valeur
réelle-62. Vers le même temps, Crassus prétendait (pie sa maison valait G millions de sesterces; Q. Calulus et le chevalier Aquilius en possédaient de plus belles encore 203. Le luxe des constructions grandit si bien que l’empereur Auguste crut devoir le restreindre par des règlements 204, qui restèrent naturellement inefficaces.
Il est intéressant de marquer pour la capitale le rapport numérique des maisons particulières et des maisons à locataires. Cette comparaison est fournie par le tableau suivant, où sont distingués les quatorze arrondissements de Rome :
Kegio T (Porta Capena) .
insulae,
120 domus.
— Il (Caelimontium) .
— lit (Isis et Serapis) .
— IV (Templuin Paris) .
V (Esquiliae) .
VI (Atta semita) .
— VII (Via Lata) .
— VIII (Forum Romanunl)...
— IX (Circus Flaminius) .
— X (Palatium) .
XI (Circus Maximusj .
— XII (Piscina publica) .
— XIII (Aventinus) .
— XIV (Trans Tiberim) .
Ce tableau comparatif, tiré de la description des
régions
de Rome au temps de Constantin 205, donne un total de
dG,G02 insulae et de 1,790 maisons particulières. La proportion des hôtels et des logis complets aux maisons à locataires était d’environ un à trente.
Si de Rome nous passons en province, nous trouvons, pour 1 étude des habitations, des renseignements d’une précision unique dans les ruines de Pompéi et d’Herculanum. C’étaient de petites villes, mais des villes commerçantes, voisines de Naples et des plages à la mode, par suite nullement étrangères aux élégances de la capitale. On y voit se mêler, dans un tableau frappant de réalité, le luxe, l’économie et la misère. Les boutiques et les maisons a locataires, telles que nous les avons décrites, s’y rencontrent par centaines. Çà et là des habitations particulières nous arrêtent par leur saisissante variété.
Ces ruines ont surtout le grand avantage de faire vivre sous nos yeux les descriptions des auteurs, de remire sensibles tous les détails de l’habitation. Le choix des matériaux, leur emploi successif est un des signes les plus certains pour reconnaître à quel âge appartiennent les constructions 20°. On y touche les murs, bâtis en moellon ou en tuf régulièrement taillé ou en blocage, rarement en briques, et soutenus par des chaînes de pierres de taille aux piliers d'angle. Le premier étage, pour lequel le bois était surtout employé, est le plus souvent détruit, mais il en reste bien des amorces; en plusieurs endroits il s’avance encore en balcon sur la rue et montre ses fenêtres que fermaient des croisées de bois (voy. flg. 25 1 3)207. Presque par-
Fig. 2518. — Maison du Questeur à Pompéi.
tout se tiennent encore debout les colonnes(flg. 2318) en tuf ou en brique, recou¬
vertes d’une couche de stuc, peintes en rouge ou en jaune, quelquefois couronnées encore de chapiteaux bariolés. La façade des habitations est très simple; d’ailleurs elles sont pour la plupart entourées de boutiques et elles ne montrent sur la rue que leur couloir d’entrée. La porte est ornée de pilastres (fig. 2319).
les murs d’un stuc
Fig. 2519. — Entrée d’une maison de Pompéi, restaurée.
carrelé 208 ; ce sont, en bas, de
262 Cic. Ad Alt. IV, 2, 5. — 263 Val. Max. IX, 1, 4; Plin. H. nat. XVII, 2
— 264 Suet. Aug. 72. - — 266 Ci'. Jordan, Topogr. der Stadt Rom , I, p. 543.
— 266 Voy. principalement Nissen, Powp . Stitd.; Mau, Pomp. Beïtrüge , Berl.
1879; Fiorelli, Gli Scaoi di Pompéi del 1861 à 1872, Introduction. — 207 Overbeck, Pompéi , 4» édition, 1884, p. 233. — 268 Mazois, Ruines de Pompéi, t. II. p. 48.
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grandes dalles; plus haut, des pierres plus, petites; audessus du rez-de-chaussée court une large bande sans ornement, que couvre la saillie du premier étage percée de trois fenêtres et parfois muni d’un balcon. Une bonne parole vous accueille souvent à l’entrée, sur le pavé de mosaïque 269. On voit encore la trace des battants de la porte, au nombre de deux ordinairement, de trois dans la maison du Faune, de quatre dans la maison de Lucrèce 27n. Derrière le bassin de Yatrium, la table de pierre des vieux Romains est encore en place (maisons de Cérès(fig. 2320), de Salluste271, du Centaure 272, du Labyrinthe 273). On peut
Fig. 2520. — Maison de Cérès à Pompéi.
s’arrêter devant la chapelle des dieux Lares; c’est une niche placée à droite de l’entrée (maisons del Torello di bronzo 274, de Lucrèce816), ou dans 1 ’ala de gauche ou dans un angle de Yatrium (maisons d’Épidius Rufus 276 et d’Épidius Sabinus 277). On visite les sous-sols (maison de Championnet 278). On s’asseoit sur les lits de pierre du triclinium (voy. t. Ior, p. 1 278) 279 ; on voit comment les portières étaient suspendues à des crochets ou glissaient sur des tringles à anneaux 2,°. On se repose au jardin (maisons de Méléagre 28t, de Sallusle 282, de Diomède 283, du Centaure281). On pénètre ainsi peu à peu dans la vie antique, et l’on comprend mieux l’habitation.
On ne peut visiter Pompéi sans être frappé de l’irrégularité des maisons et du caprice qui a présidé à leur construction. Les lignes générales se reconnaissent toujours, mais dans le détail s'observent mille divergences.. Tel atrium ne présente qu’une ala (maison de la Caccia antica286, du Poète tragique 286, du Labyrinthe287); tel autre n’en a pas du tout (maison de Méléagre288, de Siricus289). On rencontre des habitations à plusieurs atria™ : faute d'espace, on a remplacé la cour par un atrium. Ces irrégularités se remarquent surtout dans les logis d’importance secondaire, et elles nous révèlent un fait intéressant : c’est, chez ces Romains fidèles aux traditions, la prédominance de Yatrium sur le péristyle. La salle au toit percé reste pour eux la partie essentielle du logis : ce n’est jamais celle-là qu’ils sacrifient. Au contraire, le péristyle hellénique peut être ou supprimé, ou mutilé. Ainsi l’on rencontre à Pompéi des cours sans colonnes ou avec une colonnade sur deux côtés seulement (maison de l’Hermaphrodite291), ou sur trois côtés (maison de Salluste 292). En ce cas même, les murs qui limitent la cour ne se coupent
2G9 Niccolini, Case di Pomp. Descr. generale, pl. v; Casa del Fauno , pl. ix . Overbeck, p. 326, 349. — 270 Overbeck, Pomp. p. 315, 347 ; IwanolF, Annal -, delV Inst. 1859, p. 82 et s. [janua]. — 271 Overbeck, p. 304. — 272 [b. p. 330.
— 273 Ib. p. 312. — 274 Fiorelli, Descr. de Pompéi , p. 421. — 275 Overbeck, p. 315.
— 276 Jb. p. 209. — 277 Ib, p. 296. Voy. aussi fig. 2517, le plau de la maison des Chapiteaux figurés où la chapelle est dans une des alae. — 278 Mazois,
Fig. 2521. — Flan d’une maison.
pas toujours suivant un angle droit (maison de la Caccia antica293). Le péristyle hellénique devient alors presque méconnaissable; évidemment, dans l’esprit des bourgeois de Pompéi, c’était une partie accessoire du logis.
Malgré la variété du plan, les habitations de Pompéi et d’Herculanum peuvent se ramener à trois types principaux :
1° La maison romaine primitive. — Plusieurs logis comprennent seulement un atrium.
Si nous entrons dans l’un d’eux (fig. 2321), nous voyons294 , à gauche de l’entrée 1, une boutique 2, puis une chambre o, enfin une cuisine 7 et un escalier 6 qui conduit à l’étage supérieur. Au milieu, une grande salle 3 qui enferme le compluvium , entouré de colonnes et de demi-colonnes appuyées au mur. Ni péristyle, ni tablinum, ni alae. C’est presque la cabane primitive dans son antique simplicité.
2° La petite maison gréco-romaine. — Prenons pour exemple la maison des Chapiteaux figurés 295 (fig. 2322). Des marches et des pilastres annoncent la porte. Un corridor A, pavé en mosaïque conduit à Yatrium B. On voit, au milieu, Y impluvium C, et la table de pierre D. A droite de l’entrée, la loge du portier G, avec lucarne sur la rue , et trois chambres H, I, J ; à gauche , une grande pièce Ii, puis une salle L, qui contient un puits et un escalier , enfin deux chambres M, N.
Au fond, le tablinum P, le coffre fort F, les deux alae O, qui ici, ne sont pas contiguës au tablinum et le corridor Q qui mène au péristyle T. Deux grandes pièces R, S, l’une à droite du corridor, l’autre à gauche du tablinum, s’ouvrent sur la partie antérieure du péristyle. La colonnade enferme un parterre ( viridarium ) et s’appuie à droite contre le mur de la maison. Tout au fond, à gauche, trois chambres très petites U, sans doute destinées aux esclaves. On voit le peu d’importance du péristyle, malgré ses proportions, dans le plan de la maison : il
Haines de Pompai, II, 22. — 379 Mazois, I, pl. xx. — 280 Overbeck, p. 310, 352, 355.
— 281 Ib. p. 302. 282 Ib. p. 304. — 283 Ib. p. 370. 28V Ib. p. 330. — 235 Ib. p. 277. — 286 Ib. p. 285. — 287 Ib. p. 342. 288 Ib. p. 308. — 289 Ib. p. 320.
— 290 Ib. p. 342, 347 , 353. - 291 Ib. p. 275. — 292 Ib. p. 304. — 293 Jb. p. 277.
— 29V Mazois, Ruines de Pompéi, II, pl. ,x. 293 Avellino, Descr. di una casa Pomp. con capit. fiyur. Napl. 1837 ; Marquardt, Privatteben der Rômer, I, p. 224.
2522. — Maison des Chapiteaux figurés à Pompéi.
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tient lieu de jardin; la famille vit surtout dans Y atrium. 3° La grande maison gréco-romaine dont on trouve le
Fig. 2523. — Plan de la maison de Pansa, ù Pompéi.
spécimen complet dans la maison de Pansa 99(! (üg. 2523, 2524). C’est un long rectangle compris entre quatre rues.
Presque partout l’habitation du maître est flanquée de boutiques louées, de magasins de vente pour les esclaves, d’une boulangerie (toutes ces parties détachées sont légèrement ombrées sur le plan). Du vestibule 1, pavé en mosaïque, on pénètre dans un vaste atrium 2. De chaque côté, trois chambres 3 et une ala. En face, le tablinum 4, au sol de mosaïque. A gauche du tablinum, une grande pièce richement décorée 5, peut-être une bibliothèque; à droite, le couloir ( fau ces) 6 et une petite salle à manger 7 tournée vers l’intérieur de la maison. Le péristyle 8, formé de six colonnes dans un sens, de quatre dans l’autre, a vingt mètres sur treize mètres. La piscine est profonde de deux mètres et ornées de peintures qui représentent des plantes et des poissons. A droite, un petit corridor 9, qui mène à une rue latérale; et, plus loin 12, une vaste salle à manger avec office. A gauche, quatre pièces 11, sans doute des chambres à coucher. Au fond du péristyle, l’oecws 13 et la cuisine 15; à côté, une écurie 16 et une remise 17. Par un couloir 18 on arrive au jardin, précédé d’un portique, garni de parterres réguliers, de tuyaux de plomb pour les eaux et d’exèdres appuyées aux murs. Les planchers du premier étage sont en partie conservés; ils s’avancaient en saillie sur Y atrium et les galeries du péristyle, mais en laissant largement pénétrer la lumière. La maison de Pansa résume bien la grande habitation gréco-romaine dans son développement le plus complet et le plus harmonieux.
Boutiques et ateliers, maisons à locataires coupées en un nombre infini de compartiments, petits logis à simple atrium ou à péristyle tronqué, habitations riches où les vieilles traditions nationales se maintiennent à côté de toutes les modes helléniques : voilà les aspects multiples que nous présentent également les demeures privées de Rome et de Pompéi, la province et la capitale. Dans la décoration intérieure 397 se reconnaissent aisément tous les procédés que nous avons étudiés dans les logis grecs de l’époque alexandrine. Et le fait s’explique de lui-mème. Nous avons signalé dans les airia des premiers siècles de la République une ornementation si rudimentaire, que silice point les Romains n’avaient guère de traditions propres. Quand s’introduisit le goût du luxe, ils transportèrent simplement dans leurs habitations nouvelles la riche décoration hellénistique. L’influence de la Grèce est encore plus marquée dans l’ornementation que dans l’agrandissement et l’aménagement des logis de Rome et de la Campanie. Quand on se promène dans la maison du Faune, la
plus élégante peut-être de Pompéi, et qu’on observe ces | colonnes et ces chapiteaux bariolés de couleurs éclatantes, ces fines moulures, ces jolis caissons sculptés, ces revêtements de stuc imitant le marbre, ces chatoyantes mo-
29G JMazois, Ruines de Pompéi , II, pl. xia, xlii ; Overbeck, Pompéi, p. 325.
297 Outre les ouvrages généraux sur Pompéi, voy. particulièrement Mau,
saïques, on peut vraiment se croire à Délps ou à Athènes.
Il va sans dire que la décoration variait suivant la richesse du propriétaire, et aussi suivant la destination des pièces. Les boutiques et les logements des insulae, les
Geschichte der décor ativ. Wandmalerei in Pompéi , Berlin, 1882 ; Helbig-, Untersuch. über die Campanische Wandmalerei, Leipz, 1873.
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magasins, les chambres d’esclaves et les salles de travail, même les chambres à coucher, sont d’ordinaire d’apparence très grossière. On réservait le luxe pour les pièces d’apparat ou les salles communes à tous les membres de
la famille, le tablinum, les alac, les bibliothèques et pinacothèques, les exedrae, ïoecus eL la cuisine, les triclinia ou salles à manger. Les plafonds sont ordinairement couverts d’un stuc où se dessinent des caissons et d’autres or-
Fig. 2525. — Peinture dans une maison de Pompéi.
nemenls en relief [lacunar]. En argile se modelaient les antéûxes, les divers motifs d’architecture, les statuettes des divinités. On employait le bronze pour les accessoires des portes; le marbre pour les seuils, les linteaux, les montants, les carrelages. Longtemps les fenêtres se fer¬
mèrent avec des volets de bois ou de pierre transparente. Au premier siècle de notre ère s’introduisit l’usage du verre, qui devait amener une véritable révolution dans 1 histoire de 1 habitation [fenestra, vitrum]. Dès le temps de Cicéron, Scaurus imaginait d’appliquer le verre à la
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décoration de son théâtre. Au temps de Sénèque, on ferme avec des vitres les fenêtres des salles à manger riches, des salles de bains 208. Pline le Jeune en met dans les cham¬
bres à coucher de ses villas200. A Pompéi on a trouvé des vitres dans la villa de Diomède, dans les anciens bains et la maison du Faune. Mais le verre était toujours
Fig. 2526. — Peinture dans une maison de Pompéi.
considéré comme un objet de grand luxe et par suite il ne joua qu'un rôle secondaire dans l’aménagement des logis. Au contraire, l’on décorait souvent en mosaïque le sol,
238 Plin. H. nat. XXXVI.H4; cf. Cic. Pro Rabir. XXV, 40; Senec. Ep. XC, 23 ; « quaedam speculariorum usum, perlucenle testa, clarum transmittentium lumen » ;
les colonnes (voyez tome Ier, page 1351, figure 1785), les fontaines et quelquefois les murs [musivum opus]. Dans l’ornementation, ce qui prédomine de beaucoup,
Ib. Quaest. nat. IV. 13, 7 : « quamvis cenationem velis ac specularibus muniant»; cf. Epist. 86, 11; Lactant. De opif. Dei , VIII, 11. — 299 Plia. Ep. II, 17, 21.
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c est la peinture appliquée directement ou rapportée sur les murs [pictura]. En divers quartiers de Rome on a découvert des peintures antiques, dans trois salles de la maison de Livie au Palatin (voy. plus haut, fig. 2516, 2517), dans une habitation voisine du Tibre au milieu des jardins de la Farnésine, dans un logis de l’Esquilin et dans des tombeaux, près de la capitale, dans la villa de Livie Ad Gatlinas. Les peintures murales de Pompéi remplissent plusieurs salles du musée de Naples, et celles qui restent dans les ruines étonnent encore le voyageur par leur infinie variété. Exécutées avec une grande sûreté de main, brillantes de couleur, nettement dessinées, elles trahissent bien clairement l'influence hellénique. On voit souvent reparaître les mêmes motifs de décoration, plus rarement les mêmes sujets. Tableaux mythologiques ou héroïques, natures mortes, paysages maritimes, perspectives d’architecture souvent disposées en forme de cadres (fig. 2525), scènes de comédie, scènes champêtres, intérieurs d’artisans : toute la société antique, dans sa variété pittoresque et dans ses rêves, se déroule sur les murs de Pompéi300.
Évidemment toutes les peintures murales des maisons romaines ne sont pas à proprement parler des œuvres d’art, et les anciens avaient raison d’y signaler déjà bien des fautes contre le goût. « A présent, dit Vitruve, on ne peint sur les murailles que des objets extravagants, au lieu de représenter des choses réelles. On met pour colonnes des roseaux qui soutiennent un entortillement de tiges de plantes cannelées, avec leurs feuillages refendus et tournés en manière de volutes. On fait des candélabres qui portent de petits châteaux ; et, comme si c’étaient des racines, il en sort quantité de branches délicates sur lesquelles des figures sont assises; en d’autres endroits ces branches aboutissent à des fleurs d’où l’on fait sortir des demi-figures, les unes avec des visages d'homme, les autres avec des têtes d’animaux : toutes choses qui ne sont point, qui ne peuvent être et qui n’ont jamais été301. » En effet toutes ces bizarreries dont se plaint Vitruve s’observent à Pompéi ; et l’on pourrait aussi partir en guerre contre les grottes en rocaille des mêmes habitations, leurs baroques fontaines en coquillage, leurs fausses élégances et tout leur rococo. Malgré tout, l’ensemble de la décoration plaît à l’œil par la richesse des tons, le jeu varié des lignes et des couleurs, et c’est là l’essentiel.
A la campagne comme à la ville se transformait peu à peu l’habitation. Il est vrai que les paysans restaient fidèles à leur ancienne chaumière, que dans les bourgs on s’en tenait à l 'atrium national et que l’on continuait de manger devant le foyer et la niche du dieu Lare 302. Mais les riches habitants des villes, qui chaque été fuyaient les
300 Voy. principalement sur les peintures : Helbig, Wandgemülde der von Vesuv verschütetten Stüdte Campaniens , Leipz. 1878, avec une introduction de Donner sur la partie technique ; Id. Untersuchung . über die Campanische Wandmalerei-, Mau Geschichte d. décor. Wandmalerei. — 301 Vitr. VII, 5. — 302 Horat. Sat. Il 6, 65 • Colum. XI, 1, 19: « Consuescat rusticus circa Larem domini focumque familiarem semper epulari. » — 303 Cat. De re rust. 3, 4, 10, 13, 14, 15 et s.; cl. Varr. De re rust. I, 12, 13, 14; Colum. De re rust. I, 4, 5, 0 ; Pallad. De re rust. I, 8-34. — 304 Varr. De re rust. I, 13. — 305 cic. Ad Quint. III, 1,2.— 306 piin. Ep. II, 17, 4. — 307 Id. V, 6, 16. — Bibliographie. Ouvrages généraux. Krause, Deinokrates oder Hûtte , Haus , Palast , Dorf , etc. der alten Welt, lena, 1863 ; Viollet- Le-Duc, Histoire de l’habitation humaine, Paris, 1875 ; Ménard et Sauvageot, La vie privée des anciens, Paris, 1881 et s.; Konrad Lange, Haus uni Halle, Leipz. 1885; Nissen, Pompejanische Studien, Leipzig, 1877; Gulil et Koner, La vie antique, trad. franc, de Trawiuski et lliemann, Paris, 1885; Baumeister, Denkmüler des klassischen Alterthums, articles Haus, Pompeji, Tiryns, Troja, Leipz. 1888. L’habitation grecque. Becker, Chariklès, édit, revue par Grill, Berl. 1877, t. II, p. 105; Rumpf, De aedibus hojnericis, Giessen, Gymnas. Programm. 1844, 1857, 1858 ; Da.s homerische Haus, in Jahr bûcher fur class. Philol. 1874 • Hercher
[ chaleurs et les fièvres de Rome ou de la côte, transportaient dans leurs domaines ruraux leur goût du luxe et du confortable. Caton avait très nettement tracé le plan de la métairie ; il indiquait la manière de disposer les celliers pour l’huile et le vin, les futailles, les pressoirs, les étables et les écuries; il recommandait de veiller à ce que tous les murs fussent construits en moellons et en chaux avec des pierres de taille aux angles; il prescrivait d’aménager dix toits de porcs, trois garde-mangers, une porte cochère et une plus petite réservée au maître, des fenêtres munies de longs barreaux, des lucarnes, des bancs, des mortiers, des aires à blé, des fours à chaux 303. Les conseils du vieux Caton étaient bons, paraît-il; car aux siècles suivants Varron, Golumelle, Palladius, n’ont guère fait que les répéter. Mais les riches propriétaires n’en tenaient pas grand compte. Ils se préoccupaient beaucoup moins de la ferme (villa rustica) que de l’habitation (villa urbana). « Autrefois, dit Varron, le propriétaire avait de grands bâtiments de ferme et se logeait à l’étroit. C’est généralement le contraire aujourd’hui... On ne vise plus qu’à rendre l’habitation du maître aussi vaste et aussi élégante que possible. On rivalise de luxe avec ces villas que les Métellus et les Lucullus ont élevées pour le malheur de la république. De nos jours, le point essentiel est d'exposer au vent frais de l’orient les salles à manger d’été, et au couchant celles d’hiver. Nul ne songe, comme autrefois, à donner une exposition convenable aux fenêtres des celliers à vin et à huile ; ce qui est fort important, car le vin enfermé dans les tonneaux a besoin de fraîcheur, tandis que l’huile demande un air plus chaud301. » Nous n’étudierons pas ici la disposition et l’aménagement de ces maisons de campagne [villa]. Elles reproduisent d’une façon générale les habitations de ville, mais avec beaucoup plus d’ampleur et de liberté. Par exemple, Cicéron déclare à son frère que dans sa villa, le Manilianum, il est impossible de loger un atrium 30S. Ordinairement, au contraire, on construisait deux alria, un grand et un petit, comme dans la villa de Pline à Laurentum 306. Le jardin prenait naturellement des proportions bien plus considérables, comme dans la propriété du même Pline en Étrurie301. La villa de Diomède, située près d’une porte de Pompéi, offre un curieux spécimen d’un domaine des faubourgs. Quant à la villa d’Hadrien à Tivoli, où s’entassent des constructions de tous les pays et de tous les styles, c’est, au point de vue qui nous occupe, une monstrueuse déformation du logis.
Dans les demeures impériales du Palatin, comme dans les maisons privées de la ville et de la campagne à la même époque, prédomine de plus en plus l’influence hellé-
Homer und das Ithaka der Wirklichkeit, in Hermes, I ; Protodikos, De aedibus homericis, Leipzig, 1877; Buchholz, Die homerisch. Realien, 1883, p. 86 et s.; Helbig, Das homer. Epos aies den Denlcmülern erlautert, 1884, p. 69 et s. ; P. Gardner, The palaces of Homer, in Journal of hellenic. Studies, III, 1882, p. 264 et s. ; Schliemann, Tirynthe, Paris, 1885 ; C. Bôtticher, Andeutungen über das Heilig’e und Profane in der Baukunst der Hellenen, Berlin, 1846; Winckler, Die Wohnhàuser der Hellenen. Berlin, 1868; Heuzey et Daumet, Un palais grec en Macédoine, Paris, 1872 (= Mission de Macédoine, Paris, 1875); Petersen, Der Hausgottesdienst der alten Griechen, Cassel, 1851 et Zeitschrift fur Alterthumswissenschaft, 1881 ; P. Paris, article du .BuH. de corr.hell. 1884, p. 473 et s. L’habitation romaine. Marquez, Delle case di citta degli Romani, Rome’, 1795 ; Becker, Gallus, éd. rev. par Gôll, Berl. 1881, II, p. 213 ; Canina, L’architettvra romana descritta edimostratacoi monumenti, Roma, 1830-1840 ;Zumpt, über diebauliche Einrichtung des romischen Wohnhauses, 2» éd. Berlin, 1852; Mazois, Les ruines de Pompéi, Paris, 1812-1838; Le palais de Scaurus, 3' éd. 1861 ; Jordan, Forma urbis Romae, Berlin, 1874; Saalfeld, Haus und Hof in Rom, 18S4; Marquardt, Das Privatleben der Rômer, 28 éd. Leipzig, 1886, 1, p. 213 ; Avellino, Descris, di una casa Pompéi. con capitelli figurati, Napl. 1837 ; Id. Dcscr. di una casa dissotterr. 1832, 33, 34,
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nique. La plus simple de ces habitations princières paraît avoir été la maison de Tibère ; il s’était contenté d’agrandir au nord, du côté du Yélabre, une propriété de sa famille qui datait des derniers temps de la république. Quant au palais d’Auguste, c’était simplement une immense maison grecque à une cour. Le palais de Domitien, avec son péristyle et ses appartements de réception dans l’avant-corps du logis, présente une frappante ressemblance avec le palais hellénique, tel que nous l'avons étudié à Palatitza. Tandis que les particuliers, dans leurs maisons hybrides, conservaient du moins l’atrium national, ces deux empereurs construisent des logis exclusivement grecs par le plan. Au contraire, Caligula au Palatin, Néron dans sa maison dorée, Hadrien dans sa villa de Tivoli, recherchent surtout le colossal, entassent au hasard les corps de logis. Le palais de Dioclétien à Salone, entouré d’une enceinte fortifiée, traversé par deux routes, muni de temples, annonce déjà le château du moyen âge [palatium].
En résumé, l’habitation hellénique et l’habitation romaine ont également pour point de départ les chaumières de paysans, différentes dans les deux contrées. En Grèce toutes les parties du logis se groupent autour d’une cour, puis de deux cours intérieures. En Italie on ne connaît longtemps que Y atrium, la grande salle éclairée par une ouverture du toit et entourée de cases; depuis l’époque des guerres puniques, on agrandit le logis national en disposant par derrière un péristyle à la façon de l’Orient; l’action de la Grèce devient de plus en plus prépondérante dans l’aménagement et la décoration des demeures, si bien que plusieurs empereurs construisent entièrement leurs palais à la mode hellénique. L'habitation se développe normalement en Grèce; à Rome, c’est par une série d’emprunts faits aux usages d'Orient.
D’une façon générale on peut dire que l’habitation des deux peuples classiques, tournée vers l’intérieur, présente d’étonnants rapports avec les logis actuels du Levant ou de l’Afrique. Déjà le palais homérique fait songer au konack des pachas d’Asie Mineure : la pierre et le bois s’y mêlentégalementdans la construction desmurs, le selamlik correspond au mégaron, le harem au lhalamos; dans les grandes cours malpropres, bordées de magasins et de cases pour les esclaves, on observe les mêmes contrastes de luxe et de négligence. Les rues anciennes, comme celles des villes musulmanes, s’allongeaient entre deux haies d’échoppes minuscules, fermées de planches la nuit, et le jour ouvertes dans toute leur largeur; ou bien l’on chemine entre deux hauts murs blancs où les maisons se trahissent seulement par la porte du rez-de-chaussée et les fenêtres des étages en saillie. Si l’on pénètre dans l’habitation, on y trouve la même conception de la vie, la prédominance du rez-de-chaussée, la grande salle éclairée d’en haut ou la cour intérieure autour de laquelle se rangent toutes les parties du logis. Au milieu jaillit une fontaine. Les lignes générales de l’habitation ne varient pas, mais le détail se modifie au gré de chacun. On distingue toujours dans la maison deux parties, l’une facile-
Napl. 1840; Id. Descr. di una casa dissott. 1833, Napl. 1843; Niccotini, Le case edi monumentidi Pompei, Napl. 1854-1884; Breton, Pompeia décrite et dessinée, Paris, 1869; Fiorelli, Gliscavi di Pompei, Napl. 1873 , Descrizione di Pompei, Napl. 1875; Boissier, Promenades archéologiques, Paris, 1880 ; Mau, GcschiclUe der dekora- !wen Wandmalerei in Pompei, Berl. 1884; Overbeck, Pompeji, h’ éd. Leipz. 1884.
DOMUS DIVINA. 1 Cicéron, Ad Attic. IV, 12, emploie le mot dans le sens le plus général. — 2 Suet. Aug. 58; cf. Phaedr. V, 7; Tacit. Ann. XIV, 7 ; Philo, Leg. ad Caium, 5.-3 Corp. inscr. lat. VII, 11 ; Henzen, Bull, de l’inst. 1872,
ment accessible au visiteur, l’autre réservée strictement à la vie de famille. De part et d’autre, le mobilier est très simple, portatif, indépendant des pièces mêmes : le lit, la table, le foyer même, se déplacent à volonté, les murs richement décorés mettent l’œil en gaieté : seulement, de nos jours, la faïence remplace la mosaïque des anciens. Bien des détails des habitations grecques et romaines, même le plan et l’aménagement, s’expliquent à Constantinople ou à Tunis. P. Monceaux.
DOMUS DIVINA ou AUGUSTA. — Le mot domus ne s’entendait pas seulement, chez les Romains, de l’habitation, mais aussi des personnes unies par les liens de la parenté’, et, à ce qu’il semble, plus rigoureusement, par ceux de l’agnation. C’est, du moins, ce qui paraît résulter de l’acception donnée à ce mot sous les Césars2, lorsque la famille impériale commença à être désignée par le nom de Domus Augusta, ou par celui de Domus Divina. Ces désignations se rencontrent pour la première fois dans des inscriptions du temps de Claude et de Néron :| ; elles deviennent communes dans la deuxième moitié du ue siècle. Beaucoup d'inscriptions contiennent alors une invocation pro salute, ou in konorem, ou numini Domus Auguslae ou Divinae 4.
Les membres de la famille impériale jouissaient d’une partie des honneurs et des privilèges conférés à l’empereur lui-mème8.
Il n’a pas paru possible jusqu’à présent de déterminer avec précision l’extension du mot domus aux différents degrés de parenté et de spécifier les avantages qui y étaient attachés; cette extension, d’ailleurs, a pu varier.
La fortune privée de l’empereur est quelquefois désignée, au temps du Bas-Empire, sous le nom de domus divina ou domus nostra. On trouvera aijleurs ce qui concerne l’administration de ce domaine privé [patrimonium, res trivata].
Pour l’emploi du mot domi opposé à militiae, en ce qui concerne l’exercice de T imperium, voy. imperium. E. Saglio.
DONA MILITARI A. — Sous ce nom sont désignées dans les auteurs et dans les inscriptions les récompenses honorifiques accordées aux militaires chez les Romains. Ces récompenses doivent être distinguées des largesses qui leur étaient faites en certaines circonstances, soit aux dépens du trésor [donativum], soit en prélevant leur part sur le butin à la fin d’une campagne ou à la suite d’un fait de guerre [praeda, manubiae, spolia].
Elles consistaient en armes d’honneur : lances sans fer [iiasta pura], étendards [vexillum], ou en décorations: couronnes [corona], bracelets [armilla], colliers [torques], phalères [piialerae], chaînes1 et agrafes [fibula], aigrettes [corniculum], qui étaient distribués en présence des troupes assemblées2 et dont ceux qui les avaient obtenues pouvaient se parer dans les revues, les jeux et les cérémonies publiques3. On voit par des passages de deux auteurs4 que l’on donnait aussi des patères de sacrifice.
Nous renvoyons pour ces diverses sortes de récom-
p. 105; Bull, de corresp. helléniq. 1880, p. 512. - ‘Mommsen, Slaatsrecht, 2* éd, II, p. 792; Mowat, Bullet. épigraph. 1884, p. 151 et s. ; t. V, p. 221 et s. 6 Voy.' l’énumération qui en est faite par Mommsen, l. I. et les textes cités
à l’appui. , ,
DONA MILITARI A. 1 T. Liv. XXXIX, 31 : ce Praetor équités catellis ac fibulis
douavit. .. - 2 Polyb. VI, 30; Cic. In Verr. III, 80, 185; T. Liv. I. I. et passim.
— 3 Polyb. I. l.\ T. Liv. X, 46; XLV, 38; Appian. Milhr. 117 ; Velleius, II, 40, 4.
— 4 Polyb. I. l-i Vopisc. Prob. 5.
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recevoir en outre une couronne
penses aux noms qui viennent d’être indiqués, en ajoutant seulement ici, comme observation générale, qu’elles différaient suivant les grades de ceux à qui elles étaient accordées. Cette distinction ne paraît pas encore bien établie sous la République. Ainsi l’on voit que, au temps des décemvirs, Siccius Dentatus, cité comme le plus fameux exemple de ce qu’un seul homme peut réunir de pareilles récompenses par sa valeur personnelle5, avait, dans cent vingt combats, gagné vingt-deux hastes, vingtcinqplialères, quatre-vingt-trois colliers, cent-soixantebracelets, vingt-six couronnes; et que le préteur Q. Arrius, un des vainqueurs de la guerre servile, avait, en même temps qu’une couronne et une haste, reçu des phalères 6, c’està-dire une décoration qui, plus tard, ne fut plus donnée qu’à des soldats ou à des officiers de grade inférieur.
Sous l’Empire, les récompenses militaires peuvent être divisées en deux classes1 : les unes, auxquelles peuvent prétendre les soldats légionnaires8 ou prétoriens9 et les centurions10: ce sont les bracelets, les colliers et les phalères, donnés tout à la fois11. Les centurions peuvent
2. L’effigie du centurion Manius Caelius , centurion de la xvine légion, dans l’armée que commandait Varus, offre l’exemple (fig. 2527) de tous ces insignes réunis 13. Les officiers de rang équestre, c’est-à-dire les tribuns et les préfets, obtiennent une couronne, une haste et un vexillum 14 ; les légats légionnaires, trois couronnes, trois hastes et trois vexilla 18; enfin, les légats commandant en chef et les légats consulaires, quatre couronnes, quatre hastes et quatre
vexilla 16. C’était là le minimum des récompenses réservées
5 Plin. H. nat. VIII, 10-2. - 6 Voy. Borghesi, Œuvres, II, p. 339. — I Henzen’
Annali dell’ Inst. 1860, p. 203 et s. — 8 Corp. inscr. lat. V, 4363. 8 Gruter,
1102, 4; Muratori, 1073, 4. — 10 Corp. insc. lat. I, 624; Grut. 391, 4; 416, 1; 1096, 4; Muratori, 799, 6; 805, 8; Henzen, l. I. p. 207. — il Aussi dès le règne d’Hadrien, ne sont-elles plus mentionnées séparément dans les inscriptions; on se contente de les indiquer par la formule donis donatus ab imperatore, Gruter p. 387, 8. — 12 Gruter, 391, 4; 410, 1 ; 1090, 4; Mur. 799, 6 ; 805, 8. — 13 Annal, de l' Inst. 1860, pl. e, 1, p. 164; Lindenschmit, Denkmàlei- uns. heidn. Vorzeit
IV, pl. vi. — U Grut. 61, 4; 387, 8; 428, 1. — 16 Mur. 881, 2; Henzen, 6912.’ Voy. une exception expliquée par L. Renier, Journ. des Savants, 1867, p. 101. — 16 Henzen, 5449, 5478, 5479; ld. Annal. 1860, p. 210. — 17 Gruter, 33, 5- Orelli, 3569; Mommsen, Insc. Neap. 383. — Bibliographie. Naudet, Des récompenses d'honneur chez les Romains, dans les Mém. de l’Acad. des Sc. morales,
V, 1847 (= De la noblesse et des récompenses d’honneur chez les Romains, Paris, 1865); Henzen, 1 doni militari de Romani, dans les Annal, de l'Inst. arch. 1860, p. 205 et suiv.
DONARIUM. 1 Le sens primitif est celui de dépôt d’offrandes, conformément à 1 acception générale des substantifs dérivés en arium, qui indiquent toujours le lieu où sont contenues et réunies les choses exprimées par le substantif simple, par exemple : granarium, seminarium, armamentarium, vivarium, lieux où l’on couserve le granum , le semen, les arma, les animaux vivants, viva. Servius, Ad Aen. II, 269 : donaria, loca in templis in quibus dona ponuntur; cf. XII, 199 ; Ad Georg. 111, 533 : donaria proprie loca sunt, in quibus dona reponuntur deorum, abusive templa. Ainsi interprètent ce mot Isidor. Orig . XV, 5 ; Acron ad Horat. etc. •’ ainsi 1 emploient Lucan. IX, 516 : « Non illic libycae posuerunt ditia gentes templa, Nee eois splendent donaria gemmis » ; Apul. Metam. I, p. 221, etc. Comme les offrandes sont d’ordiuaire placées dans les temples eux-mêmes, on comprend que donarium ait pu être employé, au sens large, comme synonyme de templum, aedis;
à chaque grade. On pouvait en mériter de plus élevées: ainsi, on trouve des tribuns et des préfets qui ont reçu deux couronnes, deux hastes, deux vexilla'1. E. Saglio.
DONARIUM (’Avd0-/)p.a). — Les Latins désignaient par le mot donarium et les offrandes faites aux dieux — il répond alors au mot grec àvâÔ7)p.a — et les édifices, magasins, trésors ou temple, dans lesquels ces offrandes étaient conservées1 — il est alors synonyme de Or,<jaupoç. — Ce mot sera considéré dans ces deux acceptions et l’on étudiera :
1° L’offrande en général et les diverses espèces d’objets qui pouvaient être consacrés aux dieux;
2° Les dépôts d’offrande, en recherchant la nature des lieux, la forme des monuments affectés à cet usage, et la manière dont les offrandes y étaient disposées, utilisées, gardées et entretenues.
On avait coutume dans l’antiquité de faire des présents aux morts, de même qu’aux dieux, à qui ils étaient assimilés; mais les remarques particulières que peut suggérer cette catégorie d’offrandes seront mieux placées à l’article funus.
De l’offrande et des offrandes. § 1. Noms par lesquels on désigne l'offrande en grec et en latin. — Le mot le plus communément employé par les Grecs est àvâôïipa2 (de t 1 6 -q [a i , placer, poser, et de àvd, sur, en haut), qui exprime à la fois l’attribution faite aux dieux d'un objet par la volonté d’un donateur, et l’acte matériel de le placer dans un lieu approprié, de le dresser devant le dieu. De la même manière les mots 15 pvM, dcpiSpuw, qui signifient primitivement établir, dresser, ont pris le sens de consacrer et les mots ÏSjjujAot, dtptopu|Aa3, celui d’objets consacrés, d’édifices, d’autels ou de statues élevés en l’honneur des dieux, d’offrandes en général. L’acte religieux par lequel les dons faits aux dieux leur sont dévolus et attribués, la consécration, s’exprime parles verbes tspoto, àcpispoou; de là est venu aux offrandes, ou choses consacrées, un autre nom, celui de Upioptoc, dîcptspiopta4. Les choses que l’on offre étant choisies parmi les plus belles, les plus capables de plaire aux dieux, les plus propres à orner leurs images, leurs sanctuaires, on les appelle aussi àyaXp a 5 (de âyaXXw), ce qui plaît, flatte et fait honneur, ce qui pare et embellit. Gomme la plus parfaite des offrandes, l’œuvre d'art accomplie, c’est l’image même du dieu, le motayaXpia perdit
Virg. Georg. III, 533 : « ... uris Iraparibus ductos alta ad donaria currus » ; Ovid. Fast. III, 535. Donarium , dans le sens de donum , offrande, Liv. XLU, 28 : « donariaque dari quanta ex pecunia decresset senatus » ; Macrob. Sat. III, 11, 6 : « ornamenta vero (in fanis) sunt clipei, coronae et hujuscemodi donaria » ; A. Gell. Noct . Att.> 10, 3; Aur. Victor, Caes. 35. — 2 Suidas, s. v. « àvdOv||Aa itàv -cb àçieçw[j.evov Oeùî..., 8è xa\ àvâOep-a. Les deux orthographes se rencontrent dans les inscriptions, la seconde est la plus récente ; Bull, de corr. hell. 1886, p. 462, 1. 29 : /opEto, 'Ioivoàxou; àvâOqp.a (en 364 av. J.-C.); Dittenberger, Syll. 367 :**)£uiïox{; jrpuaîj *Exev{xy|ç <W0E|i.a (en 180 av. J.-C.). On écrit quelquefois avOEjxa, en poésie, pour la commodité de la mesure. ’AvaOviiAata àvaxiôivai, Herod.-ll, 135, 182; Corp. inscr. att. II 584, 585, ou xiSévat, en particulier chez les poètes et dans les inscriptions métriques, Homer. Od. XII, 347; II. VI, 92. ‘Avd, dans les verbes composés, qui signifie en montant, exprime aussi souvent l’action en retour, et répond au re des Latins. Si on peut l'interpréter ainsi dans le mot àvaxiOévou, l’offrande devrait être considérée comme une sorte de paiement ou de restitution envers les dieux (voir § 2). — * 3 'iSçûu, élever, dédier des temples ou des autels, Herodot. I, 69, VII, 44; des trophées, Eurip. Heracl. 786, des statues, Aristoph. Plut. 1153 -, Pax, 1091. "l$çu|Aa, temple, Herodot. VIII, 144; Aesch. Agam. 339; autel, Dion. Hal. Antiq. Boni. I, 55 ; statue, Aesch. Pers. 811. ‘Atpiàçuna, temple ou statue copiés sur un modèle antérieur, àçiSçûw, acte de faire et de consacrer de semblables objets, Diod. Sic. XV, 49, IV, 79. — 4 MÉçwjia, àçtÉço»[jLa ne sont ni très anciennement, ni très souvent employés (le premier dans les Septante, le second dans Euseb. Praep. Eu. 134 D), à la différence des verbes qui sont très classiques. — 5 "Aya 7.[x« tzqLv 1?’ S xi; àyàXïexal, Suidas, S. U. ; àyaX[j.aTa xa xiuv ÔeùIv |AijvqjAaxa xa\ iîà.vxa xà xoajAOU xtvb; {AExéyovxa, ibid. Dans le sens général d’offrande, Anth. Pal. VI, 96; Corp. inscr. ait. IV, 373 W2V; Inscr. gr. antiq. 483, 488; dans le sens de statue des dieux, Herodot. I, 131 ; Plat. Phaedr. 251 A, s’opposant à àvSçtàç; synonyme de àvfyiàç, Plut. Meno, 97 D. Pour les textes et la bibliographie, cf. agalma.
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peu à peu, jamais complètement néanmoins, le sens d’offrande, pour prendre celui de statue et de statue divine [agalma] . On dit aussi souvent 8 w ? o v 6, qui indique l’abandon gratuit d’un objet à une autre personne, la donation (S i'Sm u.t).
L’offrande reçoit encore divers autres noms, empruntés aux circonstances dans lesquelles elle est faite : par exemple, eù/yq, EÜ/toX-q7, à l’occasion d’un vœu; ixécta8, pour demander une faveur; ^apio-xriptov, sù/apict-qptov9, pour remercier d’une grâce; trwxvjpta10, en souvenir d’un salut miraculeux. On emploie enfin des termes qui indiquent la nature de l’offrande, comme : à tt a p-/ ij, ircocp'/ V), Ssxâ TT) ", prémices ou dîme; apte teïgv 12, prix de la valeur; àxpoQt'vtov 13, première part du butin; v c x k) t vj p c a 1 ’,i , trophée de la victoire, prix remporté dans les concours; yopEÏa, offrande faite par un chœur, etc. 15.
Le vocabulaire latin n’est guère moins varié : le terme propre est donurn 10 ( donare ), qui répond au grec Scôpov, ou mieux encore donarium 17 . Ce mot ne désigne, en effet, que les présents faits aux dieux dans leurs temples, tandis que donum s'applique à un don quelconque. Le sens de donarium est même plus restreint que celui de àvctôqp.a. ’AvaHï] txa , c'est tout objet dédié, quelquefois même à d’autres qu’à un dieu; donarium ne doit s’entendre que des objets consacrés aux dieux et même de certains d’entre eux, ceux qui sont destinés à la décoration du sanctuaire ou qui composent le matériel du culte, et qui sont généralement d’une matière précieuse. Munus 18 est quelquefois synonyme de ces deux mots, mais en poésie seulement. La transcription du terme grec, analhema 19, est rare et n’apparait que tardivement.
L’adjectif sacrum 20 répond au grec acpupioga, votum 21 à e u y vj , primitiae à à-nagy/f, decuma à SExdx-q22 [votum, primittae, dekatè] ; supplicium, la supplication et l'offrande qui l’accompagne, peut être rapproché de îxécia 23.
§ 2. Principe de l'offrande. — Le culte comporte trois actes principaux : la prière, le sacrifice et 1 offrande; encore pourrait-on dire que tout se ramène à l’offrande, l’hommage de la pensée et du cœur, l’oblation de la victime, 1a. présentation des dons. On s attachera exclusive ment à cette dernière forme de l’offrande.
On ne peut guère douter que la pensée des hommes en faisant aux dieux des présents n’ait été à l’origine un calcul, et que l'offrande n’ait été conçue d’abord comme un marché. Les dieux, faits à l’image de l’homme, se décident comme lui par l’intérêt; ils donnent à qui leur donne, et si l’on a reçu d’eux quelque chose, il faut, par un juste retour, leur en payer le prix. L’offrande peut avoir un triple caractère; elle est propitiatoire, expiatoire ou gratulatoire. C’est, suivant les cas, une avance faite en vue d’un avantage ultérieur, la compensation d un dommage ou l’acquittement d’une dette. Ce caractère contractuel est particulièrement remarquable dans la religion romaine,
0 ASçov, Anth. Pal. VI, 212; Corp. inscr. ait. II, 1298, 1455, 1526; IV, 3736, dans des inscriptions métriques. — 7 E-jy/é, Dittenberger , Syll. 367, 1. 1 *8; Corp. inscr. att. II, 1426, 1433; eû^v àvaviOevai, Corp. insc. att. II, 1503. La même idée est plus fréquemment exprimée par 1 adjectif es^àpEvo; joint au nom du donateur, Corp. insc. ait. I, 349, 352, 403; IV, 373, -69, 216. EuywL^, Corp. insc. ait. I, 397 ; IV, 373, 86. 8 Corp. insc. ait. IV, 373 a. — 9 X«fivt^gv, Corp. insc. att. II, 467, 468, 593, 1620; Dittenberger, Syll. 367, 1. 148, 183, 173, 174, 282, etc. Eiixapurr^iov, Corp. inscr. gr. 517, 1606, 2429. — 10 Anth. Pal. VI, 215. — U Voir plus bas, notes 26-55. — 12 Demostli. De fais, légat. 272 ; C. Timocr. 129; Corp. inscr. att. II, 472, 632, 660, 814 A, 1. 32. 13 Herodot.
I, 86, et au pluriel. - — U N txr(Tÿ,pi« tou xidapwSou , Corp. inscr. att. Il, 652. 1 16 Dittenberger, Syll. 367, 1. 43, 90, 128, 139, 183. - 1« Plaut. Rad. prol. 23 Lucret. IV, 1233 ; VI, 233; Cic. De R. p. H, 24; Virg. Aen. 111, 439; Liv. II, 23 ; V, 23; XLII, 28. Les verbes que l'on emploie pour exprimer la donation faite aux
qui n’est, son nom même l’indique, qu'un ensemble d’obligations ; mais le même esprit se révèle aussi dans bon nombre d’inscriptions grecques, où le sentiment populaire se traduit avec une naïve franchise24. Au reste, le vœu, si fréquent dans toutes les religions, même les plus élevées, n’est pas autre chose qu’une stipulation véritable, un engagement réciproque, donnant, donnant25 [votum].
N’est-il pas nécessaire d’ailleurs à ces dieux qui nous ressemblent, qui partagent nos besoins comme nos passions, de posséder tout ce qui peut contribuer à leur subsistance, à leur utilité ou à leur agrément; ne faut-il pas les loger et les pourvoir de tout et n'est-il pas juste que nous le fassions, puisque tout, dans le monde où nous vivons, est quelque chose de Dieu même?
La croyance, plus philosophique, en un Dieu tout-puissant et juste, créateur et provident, conduisait d’ailleurs comme les conceptions les plus simples, à la pratique de l’offrande, et cela, par une voie presque semblable. Comme Dieu, auteur de l’univers, en est aussi le seul véritable propriétaire, nous ne possédons rien que par sa grâce et à titre précaire; il est donc juste et avantageux de reconnaître ses droits suprêmes par un hommage, de payer le loyer de tous les biens, quels qu’ils soient, dont il nous accorde la jouissance. Comme rien n’arrive qu’en vertu de la volonté divine, que les moindres événements y sont soumis, sans cesse nous contractons de nouvelles obligations. Comme l’organisation des sociétés humaines est l’œuvre indirecte, sinon même personnelle, de celui en qui est l’idéal de toute justice et de tout ordre, les attentats contre les personnes ou les États atteignent Dieu même et réclament une expiation. Ainsi l’offrande est rigoureusement obligatoire, et l’obligation est constante, universelle; elle pèse sur tous; elle porte sur toutes choses ; elle s’impose à tout moment.
§ 3. Forme primitive de l'offrande. — Cependant nous ne saurions rendre aux dieux, sans nous dépouiller de leurs dons, tout ce que nous avons reçu d’eux, et telle n’est pas leur prétention ; ils se contentent d’un hommage qui atteste notre reconnaissance et proclame leurs droits. Sur chacune des choses dont leur faveur nous comble, ils demandent seulement qu’on réserve leur part, et que cette part soit prélevée la première, au commencement. De là vient quelle avait reçu le nom de airap^q (ànb àp/yq) ou de primitiae ( primus ). De même, en expiation des crimes, ils ne commandent pas avec toute rigueur la remise du coupable et de tout ce qu’il a souillé avec lui, seule compensation complète et suffisante, mais ils bornent leurs exigences à une satisfaction partielle.
Tout acte religieux, à la vérité, dérive de cette idée qu’une part de toutes choses, et la première, revient de droit aux dieux. La prière est comme les prémices de la pensée, au commencement du jour, avant toute entreprise ;
eux sont dare, donum ou dono dare, donare, dedicare, ponere = xiOivctt, constiere = ISpùsiv, consecrare = dsttpoùv. Plusieurs de ces termes sont souvent réunis
semble. 17 Cf. note I. — 18 Catul. 67 ; Munusculum, Ibid. 63. — 19 Prudent.
iych. 540. — 23 Corp. inscr. lat. I, 62. Sacrum dare, Wilmanns, Exempt, inscr. 57 2912. — 21 Wilmanns, Exempt, inscr. dare votum, 1471 ; votum ponere, 1411,
49 2428. 22 Cf. notes 43-54. — 23 Plaut. Rud. prol. 25 : Scelesti in animum
ducunt suum Jovem se placare posse donis, hostiis, et operam et sumptum perdunt : eo fit quia nihil ei acoeplum est a perjuris supplicii. Sali. Catil. 9, 2 : In supiciis deorum magniftci. — 21 Rien n'est plus caractéristique que ce vers d'Hé- )de ' (Los; teîOei, SAp’ atéotovç 6«vûv;a; ; Suidas S. V. ; Plat. iroLrt. III , p. 390 E. irp. inscr. att. I, 397 : aZÇi, Atb; TivSî Otpsvii; IV, 373 X : SqS
-Gt- ,i'îeov« 6u;*ov {jr«; 373, 107 : ...g!; jpiç.v 4.vt,«Sgu; 373, 231 : Sr«V *vÉ0r,*£v L y.tçoGT. Sii»;»;; SAX. 4.«trtv«t. - 25 Aussi le terny ordinaire pour dénier l'acquittement d'un vœu est-il le mot salu re.
DON
DON
le sacrifice est un prélèvement fait en l’honneur des dieux sur les divers biens dont use l’homme, sur les produits dont il se nourrit.
Telle dut être l’offrande à l’origine et, bien que le mot àrap-/^' ne se rencontre pas très fréquemment dans les textes ou dans les inscriptions, sauf les inscriptions attiques 20, des exemples encore nombreux et d’époques très différentes montrent que l’on n’oublia jamais la relation qui exislait entre l’offrande de l’homme et les dons de la divinité. L’inscription ci-dessus, qui est gravée sur une base trouvée récemment sur l’Acropole d’Athènes, en est un spécimen (fi g. 2528).
Ainsi, lorsqu’on fondait une ville (c’était d’ordinaire par l’avis et sous la garde des dieux), une fois la terre divisée en lots et avant de la distribuer, on commençait par mettre à part les lots divins (sçapsïv)27. Le partage du butin se fait de la même manière et les prémices en sont consacrées (fig. 2529) 28. Une part des revenus publics est attribuée aux dieux29; l’obligation de consacrer les prémices des récoltes était souvent sanctionnée par les lois civiles30. Voilà pour l’État.
Les particuliers en agissent de même : le citoyen élevé à une fonction publique ou religieuse31, le membre d’une association qui reçoit un honneur32, s’acquitte d’abord envers les dieux, premiers auteurs de tout bien, et son offrande est appelée Qui¬
conque obtient un avantage, fait une trouvaille, hérite33, gagne an jeu, est heureux à la chasse 3t, triomphe dans un concours gymnastique, musical ou dramatique 38, réussit dans ses entreprises30, prospère dans son commerce31, se croit tenu à une semblable offrande. Il n’importe guère que le profit soit honnête ou déshonnête, et la courtisane partage sans vergogne ses bénéfices avec Vénus. Un des
exemples les plus curieux de l’oblation des prémices n était-il pas d’ailleurs ce rite oriental, admis un temps par
les Grecs, de la prostitution sacrée, sacrifice fait aux dieux de la virginité? Pour l’homme, le sacrifice allait, dans certains cultes asiatiques, jusqu’à la destruction même de la virilité. A défaut de ces pieuses impuretés, la coutume subsista de présenter aux dieux les prémices de la puberté, sous la forme de boucles de cheveux ou du duvet naissant de la barbe38. Mais ce sont surtout les productions naturelles du sol qui étaient soumises au prélèvement sacré; là, l’obligation se maintint plus longtemps et demeura plus stricte que partout ailleurs39 : le nom même était tellement approprié à l’offrande des premiers fruits qu’il finit par y être exclusivement réservé : telle est l’acception principale du motd^ap/ vj, en Grèce, à l’époque classique, et primiliae’¥° chez les Latins n’en prenait d’autre que par métaphore.
Tout ce qui naît, tout ce qui croit, sans aucune exception, est matière à hommage, et les générations des hommes ne sont pas dispensées du tribut. Les Grecs ont connu cet usage barbare et Y àvopwv a fourni
d’abord des victimes aux sacrifices, plus tard des recrues à la hiérodulie et à la colonisation41. Chez les Italiens le ver sacrvm 42 comprenait aussi bien les enfants nouveaunés que les premiers fruits de la récolte ; tant il est vrai que l’offrande est une obligation universelle! La decimatio , punition infligée parfois à une armée, est un reste de ce rite; l’idée de supplice a effacé celle de l’offrande ; mais c’était bien à l’origine une consécration expiatoire.
§ 4. Du taux de l'offrande. — On ne s’étonnera pas, l’obligation de l’offrande étant ainsi fondée et admise.
Fig. 2528 .
26 C. i. att. I, 351, 375, 382, 397, 401, 40Î ; IV, 373 W, 373, 3, 9, 32, 77, 78, 00, 9G 165, 180, 223, 373 W , 8, 9, 11, H; Dittenberger, Syll., 367, 1. 114. Cf. les notes sui vantes, qui complètent celle-ci ; 'Eç>;g. ün. 1886, pi. v, 5 (= C. i. att. IV, 373, 90) d'on est tirée la fig. 2523. - 27 Thucyd. III, 50 : TOr; Dçoù,- KriXov
Sopli. Trachin. 245 ; Corp. insc. att. I, 32 : lepiw] ëëxipvijAéva. — 28 Plut. De Pyth or., 15. On en trouve maints exemples ; voy. dêkité, notes 43-54. Les prémices di butin portent le nom de dxpoflEviov, cf. note 13 et Bull. corr. he'll.. 1881, p. 19 ; Ilerod \ III, 121; Tliuc. I, 132, où il est parlé du trépied consacré après la bataillede Platées Sur le support (fig. 2524), qui subsiste eu partie, formé par trois serpents enroulés sout inscrits les noms des cités qui avaieut combattu. S. Reinach, Catal. du Musé d antiq.de Constantinople, n.603 ; Fabricius, Jahrb. d. deutseh. areh. lnstit., I, f 1 76 et s. — 29 Les prémices du tribut des alliés consacrées par les Athéniens à Athéna C. i. att. I, 226, 257, 260, cf. 40 ; IV, 51. — 30 Décret du peuple athénien imposant a peuple, aux clérouques et aux alliés l’offrande des prémices de l’orge et du blé, a invitant tous les Grecs à s’y associer, C. i. ait. IV, 27 b. ’Airap^, contribution payé pai des nations barbares a Syracuse et qui doit consister en une part des récolte: Thucyd. VI, 20. 31 C.i. ait. II, 085. État des sommes payées à titre d’â-ap/ai parli
archontes athéniens et par un certain nombre d’autres magistrats ou prêtres, attacha eu majorité a l administration de Délos. Dans ce sens on dit aussi Uapyé ; C. i. att. I 588 : 1-açy.ï i, V i™./,.,™ o! Tiî; 4fy9jî Uëum|; av U/n, s-; T^v „imSo;Ai<
■rôv UoSv xat tJv «IxoSopïqAà-tuv, irai vi|v l’Sçuiiv iSvUoS*.— 32 C. i. ait. II, 1329, dat un thiase. — 33 Ilerod. I, 92, Crésus consacre « x3v xp'IpuFruv à-aMv|v ,
Piémices de la fortune privée, é-'/pyd- ovvuv, Isae., De Dicaeog. hcred. 4: fciapxh XTëdvbiv, C. i. att. IV, 373, 105, 218; R, 1434. - 34 ”AT?«; ixani., Antt al. VI, 196 (cf. 105), àxpoOeivLov dans le sens de butin de la chasse. — 35 Cf. vu- -épia, note 14; àxpoOtviov, prix décerné à un athlète, Paus. V, 27.— 30 L’ouvrier c 1 artiste consacrent les prémices de leur travail, ë; yuv iitaj jr'ii C. i. att. I, 35
373, 91. Dans la dernière inscription le donateur fait suivre son nom du titre de sa profession xipaïu-j:. Cf. une dédicace par Euphronios, ibid. 362, ouest mentionnée aussi sa profession et qui était peut-être une semblable a-a pyvj, bien que le mot ne s’y trouve pas. Dittenberger, Syll. 367, 1. 53 : 5v ttfyào-avo ; cf. note 55. Dans la même catégorie rentrent sans doute une partie au moins des statues qui sont dédiées par leur auteur lui-mème, et quelques-unes des œuvres littéraires ou scientifiques qui étaient consacrées dans les temples (cf. note 178). — 37 'Ativ-./xE payées par une compagnie d’armateurs, h raison de une drachme par voyage accompli, C. i. att. I, 68. — 38 Sur le rite de la prostitution sacrée, Hermann, Lehrbueh , II, 20, 16. On appelait pour cette raison les eunuques luvi a yi* s v o :, ceux qui ont offert les prémices d’eux-mèmes, Auaxand. TWX. 1. Sur l'offrande de la chevelure et de la barbe, voir l'article coma ; ajouter l'importante série de monuments relatifs à ce rite, découverts par MM. üeschamps et Cousin dans le sanctuaire de Zeus Panamaros Bull. corr. hell. 1888, p. 479 et s. Les auteurs ont étudié à ce sujet le sens du rite dans les divers pays grecs et dressé la liste des divers pays dans lesquels il nous est connu. — 39 ’Aitapjrà; Isiyéçtiv 4*6 TSv ùpaUov, Thucyd. III, 58; xio-ou i.r. «jjrti, C. i. gr. 484; ëXatou 4-. C. i. att. IV, 27 6 ; cci:àfy[*aTa, C. i. gr. 2465; cf. Isocrat. Panegyr. 31; Strab. VI, 1, 15; Theopomp. Fragm. Inst. gr. Didot, I, p. 275 ; Bekker, Anecd. p. 385 ; Eust. Aei 11. IX, 530. La cérémonie de I'eikesiohè est la fêté des prémices. — 40 Ovid. Fast. II, 520 ; Met. VIII, 274. — 41 pjut. De Pyth. or, 16 : èxt St lAÏAkov (ëltuivS) ’Ep iXçiEÏ; x«i Màpr.va; dvBjùiviv 4in*fZ«r; Siv^eapivous •toù; Oîoù; û>ï xàpiou So-tîjoa, xal it«ip«iov *«7 ■Jtvëetov xat etXàvBpuaov. — 42 Festus, Ep. p. 379, 158, 321 ; Nonius, p. 522, 14; Serv. Ad Aen. VII, 796; Dion. Hal. I, 16; Strab. V, p. 250. Le rite primitif est l’immolation; il fut remplacé par l'exil. En 217, le ver sacrum ne porta plus que sur les animaux propres aux sacrifices, T. Liv. XXII, 10; cf. XXXIII, 44, 1; XXXIV, 44, 6. Le supplice subsiste dans la decimatio militaire, Liv. II, 59; Suet. Galb. 12; Capitol. Macrin. 12.
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que les prêtres aient essayé de la réglementer et qu’ils aient déterminé le taux de la redevance à payer aux dieux. Ce taux était d'ordinaire fixé au dixième des objets dont les prémices étaient dues43: la proportion était établie chez les Grecs et chez les Romains comme chez les Orientaux, et le nom que l’on donnait communément à ces redevances était celui de Ssxoctï) ou de decuma.
L’offrande ainsi définie, obligatoire, à taux fixe, exigible sur certaines catégories d’objets, à une époque donnée, présente tous les caractères d’un impôt véritable. Aussi a-t-on pu dire que l’organisation financière fut, chez les anciens, comme toutes les autres parties de l’organisation sociale, une œuvre religieuse44. Lorsque les États se sécularisèrent, les chefs politiques qui présidèrent à cette révolution ne firent guère qu'attribuer à l'État, en échange de certaines compensations, tout ou partie des revenus affectés jusque-là aux temples, et appliquer à son profit les règles administratives dont les prêtres étaient les inventeurs46. De là vient qu’un grand nombre d’impôts publics46 portent le nom de oexocty) [dekatè]. Dans les villes qui, à l’origine, avaient par excellence et qui ont toujours gardé plus que d’autres un caractère religieux, la dime est la forme presque générale de l’impôt; elle domine, par exemple, à Délos47.
On peut expliquer de la même manière le taux de l’intérêt auquel prêtaient les temples. Les temples furent les premiers établissements de crédit et ils auraient pu imposer des conditions beaucoup plus onéreuses, mais la dime était la forme reçue des redevances sacrées et l’on s’y tint48. De là vient et la modicité de l’intérêt et cette divergence singulière entre le taux de 1 intérêt et la division duodécimale de l’année ou de la monnaie.
La proportion du dixième n’est pas la seule que l’on observe dans les taxes sacrées; mais les chiffres qui nous sont connus sont en général des multiples de dix; comme le vingtième49, le cinquantième60, malgré les raisons qui ont été données ci-dessus en faveur du système duodécimal. Pour le soixantième61, qui était prélevé par les Athéniens sur le tribut des alliés et déposé dans la caisse d’Athènes, il peut s’expliquer également dans l’un ou l’autre système.
Je donne ci-dessous quelques exemples de l’offrande du dixième faite soit par des Étals, soit par des particuliers : dime des terres coloniales : 300 lots sur 3 000 attribués aux dieux à Lemnos62; dime du butin fait à la guerre63; dîme des amendes publiques64; dîme du gain obtenu parle travail ou grâce au hasard; dîme du travail accompli, des œuvres exécutées 66.
§a. Modification du caractère de l'offrande. — Le caractère de l'offrande subit avec le temps un changement essentiel. Elle cessa peu à peu d’être considérée comme une obligation stricte et soumise à une taxation fixe; elle se transforma de plus en plus en un hommage volontaire et libre, en un acte de piété. L’obligation subsista seulement dans certains cas déterminés, par exemple pour le butin 68, pour les gains extraordinaires, tels que ceux qui résultent des trouvailles; elle ne fut jamais levée, bien entendu, lorsqu’elle résultait d’un engagement formel, comme un vœu, ou lorsque la périodicité et la perpétuité de l’offrande étaient gagées par une rente, garanties par une fondation pieuse. L’omission devenait alors un manque de foi ou un détournement passibles de châtiments de la part des dieux ou, à leur défaut, de celle des hommes.
Les dieux eux-mêmes ne manquent pas de moyens pour rappeler au devoir les hommes ou les villes qui seraient tentés de l’oublier, pour suggérer la bonne pensée de les honorer par des présents. Les fléaux publics, les maladies, les disettes, les guerres, les prodiges effrayants et les monstres, sont des avertissements pour les oublieux ou les parjures; oracles67, songes68, apparitions"’ font connaître aux hommes les réclamations des dieux ou leurs avis, leurs ordres ou leurs désirs00. Ils spécifient, au besoin, l’objet même qui les pourra satisfaire 01 .
§ 6. Des divers modes d'offrande. ■ — Il y a plusieurs manières de faire des donations aux dieux, tout comme aux hommes. On distingue principalement deux espèces : la donation à litre gratuit, libre de toute charge ou clause limitative, l’abandon pur et simple d’une chose entre les mains d’autrui; la donation à titre onéreux, sous réserve de certaines obligations déterminées. La donation, sous l'une ou l’autre forme, peut être faite du vivant du donateur, ou ordonnée par testament ' L oflrande de la femme
« AsxaTEÙoai... 'eXs-jeto xuplo; to xaOiEpoOv, ÉOo; ïj » tUr ivixov t&; Scxàia; tûv
nEfiTivo|Uv<ov tôt,- ûeoïç xaOtspoùv, Harpocr. s. v. ; cf. Paroem. gr. I, p. 455, S»[«-
xo-jetiüjv S ExttEEjv. ‘Axap/ai 5ExaTr(ooçoi, Cullim. il i Del. 278. 4+ K. Curtius, Das
Prieslerthum bei den Hellenen, discours réimprimé dans Alterthum und Gegenwart, I, p. 38 et s. Cf. Ueber den religiôsen Charatcler der griechischen Alünzen, dans les Monatsb. der Berlin. Alcad. 1869, p. 465. — 45 Ou croit généralement, sur la foi de Diogène Laeree, I, 53, que Pisistrate percevait la dime des propriétés de l’Attique, Doeckh, Staals/i. 3* éd. I, p. 398. — 40 Boeckh, Staatsh. I, p. 395 et s. (3« éd.). — 47 eétou Sexeete,, èvoixIeüv Sexélte]., t/.Oéov Sex4«|, dans les comptes des intendants du temple d’Apollon pour les années 279 et 250 av. J.-C. 48 Corp. insc. ait.
1, 283 -.Bull. corr. hell. 1881, p. 186; Corp. iriser, gr. 3599. Le taux de 10 p. 100 futen tout temps un taux privilégié et très modique. Sur celte question, Boeckh, Staatsh. I, p. 156; Caillemer, A ni. Jurid. IX. On peut signaler encore ce fait que les fermiers des domaines sacrés, lorsqu'ils veulent obtenir une prolongation de bail, peuvent le faire à condition de payer la dime du loyer, il l’occcasion du renouvellement. OïJe Tûv !ePSv TEgEEvùîv UiScAos t & t-rSixa t« (Comptes des hiéropes déliens pour l'anuée 250). — 49 A Rome la Vicesima pars Apolonis, Corp. insc. Int. I, 187, ÏAuruni vicesimarium. — 50 Cinquantième attribué aux dieux de 1 Attique, en dehors du dixième qui revenait à Athéna, sur le produit des amendes, Demosth. C. Timocr. 120 : tA |eèy ’iEpà, tA; SexoIt»; Tij; Osoff xed tA,- ieeteyixoveA,- tSv £W.ov OeAv et Corp. insc. att. IV, 34, 1. 17, 20. — 61 Corp. insc. att. I, 260, 226 : pvï A -b toS ■EniAvTou. — 62 Thucyd. 111, 50. — 53 Corp. insc. gr. 2550 ; Inscr. gr. antiq. 100, 348, 548, 548 a, 26 a ; Corp. insc. att. 1,334 = Herodot. V, 77 ; Corp. vise. att. Il, 1154; Pausan. V, 10, 4; 22, 3; 23,7; X, 10, 3; Herodot. IX, 8; Diod. Sic. XI, 33; XIV, 84; Plut. Lysand., 1 ; Xenoph. Hellen. III, 3, 1 ; IV, 3, 21 ; Anth. Pal. VI, 214; Lysias, Pr. Polystr. 24; Plut. De Pyth. oruc, 15. En latin, Liv. XXIII, 11 ; XXVIII, 45; Tacit. Ann. XIV. 21: Strab. VIII, 0, 23; Cic. Verr. III, 4, 2; Frontin. Strateg. IV, 3, 15; Corp. insc. lat. I, 542. — 54 AexAtv; xi; OeoJ, Demosth. C. Timocr. 120; vît j Oeoü xi iiEiix'xdTox, dime des amendes, Corp. insc. att. I, 32, 37;
me des confiscations, Corp. insc. att. I, 37, 42; II, 17 ; IV, 27 a. Comparer il Rome, es multaticum, Corp. insc. lat. I, 62, 181, ou argentum multaticium, Liv. XXVII, 19 ; XXX, 39, 8. Le sacramentum, cautionnement déposé par les plaideurs eu gaufre de l’amende, avant le jugement, n’est pas autre chose, comme son nom l’iuque, qu’une consécration et une offrande, Varro, De ling. lut. V, 180 ; hestus, p. 344. Mommsen considère le sacramentum comme un des revenus de la caisse pontiule, Staatsr. 11, 65. Le mot rrpvxa.Eia en grec a le même sens, et le nom indique ssi une origine religieuse. - 65 Dime des gains extraordinaires, Herod. II, 135;
I, 55; Pausau. X. 9, 4; dime des gains professionnels: courtisaue, Corp. insc.
’ 1837 d, e; Herodot. Il, 135; foulon, Corp. insc. ait. IV, 373 f. Dime des tra: ux, SrxAt,, Ross, Inscr. ined. III, 298; Inscr. gr. antiq. 543. Dime en géné- 1 Corp. insc. gr. 1172, 2364, 2465 d, etc.; Corp. insc. att. 1, 349, 353, 359, 8, 374, etc. ; II, 1422, 1517, 1545; IV, 373 o, 1, «, <3, 2°, 37 , 71. 8‘. 12n. etcy
s’cr. gr. antiq. 191, 483, 542: Le Bas et Foucart, 156 h; Anth. Pal. VI, 214, 225, 5, 288, 290. Dime du patrimoine à Rome, Macrob. Sal. 111, 6, II : Serv. Ad Aen.
II, 363; Plut. Sulla, 35; Crass, 2; Quacst. Boni.. 18; Diod. Sic. IV, 21; Corp. SC. lat. I, 1113, 1290, 1175. — 60 Lysias, Pr. Polystr. 24. — 67 Offrandes, xaxA
Corp. insc. att. Il, 1654; IV, 276; Corp. insc. gr. 1503 ; ixavxxior» mr, Corp. insc. att. IV, 373, 9»; secundum interpretationem oraculi, Wrlm., 58. 58 ’w ovoco, Le Bas etFoucart.n” 145; somno monitus, Corp. insc. lat. 111, 1032. 69 K«0 ’ Spapa, Bull. corr. hell. 1880, p. 448; Anth. Pal. VI, 266. Ex visu, Corp. SC lat II 140 790, 1965; III, 855; ex viso, III, 987; visa momtus, III, 109 . . 00 K«x* ,'rto»TI«, «,«««««.; «5 Irt, Corp. insc. att. II, 1491. Ex jussu Corp. SC. lat. II, 129, 11)15; III, 1294, jusso; III, 1021; ex impeno, Wilm. 138, 2*14; ex aecepto, Corp. insc. lat. II, 2412; ex praescripto, Corp. insc. lat. III, 1614. . 01 Corp. insc. att. TI, 1654. - 02 Lysias, XIX, 39, offrandes testamentarres de mou à Delphes; Wood, Ephesus , App. VIII, p. 31, n° 9 : «Mpovipau bw- , Ay.orxax;,. OeS: fpxaiar ; Corp. insc. gr. 1850, 2448,1e testament d hpre-
ta, et 3071, le testament de Cratès. Ex testamento, Wilmanns, 31, 46, 2o8*.
DON
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est, suivant les règles du droit privé, soumise à une formalité particulière, l’autorisation maritale63.
Lorsque l’on dédiait dans un temple une couronne, un vase précieux, une statue, on se dessaisissait complètement de l’objet u. Mais il pouvait arriver aussi que l’on n’attribuât au dieu que la nue propriété des choses qui lui étaient, données; ainsi, des terres étaient consacrées sous réserve de la jouissance totale ou partielle de l’usufruit au profit du donateur ou de sa famille65; ainsi, des sommes étaient données avec une affectation spéciale des revenus, qui devaient être administrés selon des règles prescrites d’avance et employés à un usage déterminé06. D’autres fois le don est purement fictif, comme, par exemple, lorsque, pour affranchir un esclave, on le consacre à une divinité, en spécifiant qu’on le gardera à son service jusqu’à sa mort et qu’il sera libre après61. La consécration, qui porte encore dans ce cas le nom d 'anathema, est alors une œuvre de précaution, au moins autant qu’un hommage, et un dépôt plutôt qu’un don véritable. C’est encore la même chose lorsqu’on place dans un temple, sous la garde du dieu, les archives des États68 ou les contrats privés09, lorsqu’on érige dans les sanctuaires les statues élevées à des personnages humains79. Enfin, les exemples ne manquent pas de véritables dépôts, qui étaient aussi confiés aux dieux par le moyen de la consécration (àvaiiOvifju), mais qui restaient toujours à la disposition du déposant ou, à son défaut, des personnes par lui désignées71. Les États ou les particuliers plaçaient ainsi souvent en sûreté des objets précieux ou des capitaux. On trouvera dans les notes plusieurs preuves de cet usage 72 ; je me bornerai ici à rappeler que le temple d’Athéna était le trésor des Athéniens 73 et que le trésor public à Rome se nommait aerarium Saturni'11 *, parce qu’il se trouvait dans le temple de ce dieu.
Il faut signaler, enfin, une forme singulière de l’àva8-/)iaa, ou de la consecralio, par laquelle on offre aux dieux ce dont on n’a pas soi-même la propriété ou la libre disposition, en invitant les dieux, par une prière, à se saisir euxmêmes de ce qu’on voudrait et de ce qu’on ne peut leur donner sans leur intervention. Ainsi, les individus ou les communautés qui ont gravement à se plaindre d’autres individus ou d’autres groupes, ou qui se sentent compromis à l’égard des dieux du fait d’autrui, font remise de leurs ennemis ou des ennemis des dieux à la divinité elle-même;
63 Le Bas et Foucart, 323, 324, 415; Bail. corr. hell. 1881, p. 39. — 64 Ou pouvait cependant mettre à l'offrande certaines conditions : Salutaris, donnant des statues à Ephèse, prescrit qu’elles seront entretenues et exposées à des époques déterminées Wood, Ephesus , laser, from Theatre, 1. — 65 Corp. insc. att. II, 1654, don d’une maison et de ses dépendances à Esculape,à condition que le donateur devienne prêtre de ce dieu ; Anth. Pal. VI, 176, consécration sous réserve d’usage. — 66 Le Bas, 1754, don à Poséidon ; Corp. insc. gr. 3599, 'don à Athéna ; 1848. De celte manière sont institués et entretenus à perpétuité les sacrifices et les fêtes. — 67 ’AvéOexe ’ExesiAo; Ktaoexav "ù»t ïloôiSàvt, Inscr. gr. antiq. 83; Larfeld, Syll. insc. boeot. 27, 29, 53 c-i à 57; cf. afeledthéros, p. 302. — 68 Les décrets à Athènes sont placés dans l'enceinte de 1 Acropole ; un article spécial dans chaque décret prévoit cette mesure et les mots àvifonç. àvaOsïvai. Corp. insc. att. II, 307, 483; OeTvri, «rr/j-rat, Inscr. gr. antiq. Il, 332, 558, 559, 593 suppl., sont ceux que l'on emploie pour désigner ce dépôt, comme la consécration des offrandes. Le Métroon servait aux Athéniens d’archives publiques Corp. insc. ait. II, 476, 550 etc. Cf. Curtius, Das Metroon. Il en est de même dans toutes les villes grecques; Franz, Elem. epigr. gr. p. 315 et s.; Reinach, Traité dépigr. Tous les actes publics sont conservés de la même manière, Plat. Leg. VI, ad fin. Quand deux Etats traitent ensemble, les instruments des traités sont placés dans les temples des deux peuples, Inscr. gr. antiq. 91, 110; Corp. insc. att. II, 17, etc. Les usages des Romains sont en ce point semblables à ceux des Grecs : archives des questeurs dans Y Aerarium Saturai, Liv. XXIX, 37, 12, 13 ; archives des édiles plébéiens dans Y Aedis Cereris ; dépôt des traités internationaux au Capitole, Corp. vise. lal. I, [204, etc. — 69 Corp. insc. gr. 2264a, testament déposé dans le temple d’Aphrodite à Amorgos, etc. — 70 La formule habituelle à Athènes et ailleurs est : 6 Stf'va xov Seïva àvÉOvjxev, Corp. insc. att. II. 1383, 1385, etc. — 71 Le mot propre pour désigner le dépôt est uafaaaTaOr.xY), Corp. insc. att. II, 660, 1. 48, 50 et Inscr. gr. antiq. 68. — 72 Dépôts d’État : en Sicile, Thucyd. VI, 6, 20 et Schol.
ils les lui consacrent (àvan'Or.ut, àvâOviga, eonsecrare ) [consecratio] et, par leurs malédictions («pâ, xatapâ, sitapx, detestari, exsecrari in caput), appellent sur eux la vengeance céleste et les livrent à quiconque s’en voudra faire 1 exécuteur. La consécration porte sur les biens ( consecralio bonorurn) ou sur les biens et la personne ( consecratio ca pitis) en même temps; amende, confiscation, condamnation à mort en sont les degrés divers. Le mot anathème n’a passé dans notre langue qu’avec le sens de malédiction. On peut tourner la prière contre soi-même, s’offrir et se donner, en vue d’un avantage déterminé pour une autre personne ou pour l’État ; c’est encore une forme de l’àvc<8r)gx , les Latins lui donnaient le nom particulier de devotio.
Le supplice, qui est l’accomplissement de la consecratio, esta l’origine une offrande véritable. La victime est donnée et sacrifiée aux dieux qu’elle a offensés, pour détourner de sa famille, de son pays souillés par elle, la contagion du crime et le danger du châtiment. Le supplice tient de X anathema et du sacrifice.
§ 7. Rites de l’offrande. — Ils ont été étudiés dans les articles consecratio et dedicatio, on n’y reviendra pas ici; il suffira de rappeler que l’offrande exige le concours de deux personnes, l’individu qui offre et le prêtre qui représente la divinité, qui reçoit en son nom et lui transmet les dons; qu’elle se décomposeen deux actes, celui par lequel le donateur se dessaisit, et celui par lequel le prêtre saisit le dieu.
J’ajouterai cette remarque que les intentions du donateur et du prêtre, les formules qu’ils récitent, et elles seules, ont la vertu de communiquer aux objets le caractère sacré, et qu elles peuvent l’imprimer à tout objet absolument, quel qu’il puisse être. Cette observation a une grande importance, on le verra plus loin, pour la connaissance des objets susceptibles d’être offerts aux dieux.
§ 8. Des circonstances dans lesquelles les offrandes étaient faites. — Il n’est, pour ainsi dire, pas de circonstances où États et individus ne se trouvent appelés à invoquer l’aide des dieux, à les remercier de leur faveur ou à implorer leur pardon; par conséquent, on ne peut songer à dresser un catalogue complet de tous les cas dans lesquels clés offrandes étaient faites ; il suffira de rappeler quelques-uns de ceux qui sont mentionnés le plus souvent dans les inscriptions ou dans les textes75.
ad § 20 ; à Tégée, Poséidon, ap. Athen. VI, p. 233 F ; Corp. insc. gr. 697 ; Kirchhoff, Monatsb. Berl. Akad. 1870, p. 58; à Éphèse, Xenoph. Anab. V, 3, 6 ; Strab. XIV, p. 640; à Soli, Cie. De Leg. II, 16; à Delphes, Xenoph. Hell. VI, 4, 2 ; à Délos, Thucyd. 1,96. Dépôts individuels ; 7/iso-. gr. antiq. 68, 114; Cic. De legib. II, 16; Plant. Bacch. II. 3, 7, 8 ; Plut. Lysand. 18; Polyb. XXXIII, 12; Diod. Sic. XXXl' 4; Greek inscr. Brit. Mus. 424; Justin. XXXII, 4; Bôtticher, Tcktonik , II, 306, 318 ; Ueber den Parthenon in Zeitsch. f. Bauwesen, 1852, p.S. — 73 Thucyd. II, 13, 24. — 71 Liv. XXVIII, 9, 16; XXX, 45, 3. Un fonds de réserve particulier porte le nom d' Aerarium sanctius, Liv. XXVII, 10, 11. — 7S i« OITrandes pour demander aux dieux une faveur, Corp. insc. att. IV, 373, 192. 2° p0Ur remercier (cette espèce d'offrande est de beaucoup la plus usitée) : à l'occasion d'une victoire remportée à la guerre, Aesch. In Ctes. 115; Paus. I, 1, 3; 13, 3; 14, 5; 27, 1; Anth. Pal. VI 6 129, 130, 131, 132, 171, 197, 214, 215, 236, 332, 343, 344; Corp. insc. gr. 1837 c! Inscr. gr. antiq. 5, 510, 548, 548 a b ; Corp. insc. att. I, 333, 334, 374; II, 1154; Corp. insc. lat. I, Elog. XXII, 63, 64, 530, 531, 534, 541, 1 148 ; à l'occasion d'uuè victoire remportée dans les jeux [chorema], Anth. Pal. VI, 7, 100, 140, 149, 213, 256, 259, 308, 339; Inscr. gr. antiq. 37, 79, 98, 380, 388, 512 a, 563; Corp. insc. att. I, 336, 337, 419-422; II, 1221, 1223, 1228, 1229, 1323 ; IV, 373-379, 373,. 108, 422, '>■, à l'occasion de la chasse, Anth. Pal. VI, 57, 106, 110-112, 167, 253 ; à l'occasion d'une guérison, d'un salut miraculeux, Anth. Pal. VI, 54. 147, 164, 203, 216-220 237, 330; Plut. Per., 13 = Corp. insc. att. I, 335; Inscr. gr. antiq. 335, 401, 532; Corp. insc. att. 1427, 1474; Corp. insc. lat. I, 588 ; 11, 180, 3068, 3580; III, 987, 1109, 1396, 1561, 1918; à l'occasion de la majorité, du mariage, Anth. Pal. VI, 276, 280, de 1 accouchement, Anth. Pal. VI, 270-274; à l'occasiou d’un procès gagné, Pausan. I, 28, 5; Corp. insc. att. II, 768, 776, 776 a. Eù-u-pi «mfAtî SdxrvçctTov... çiâXv;, -rraOpôv H ; pour la liberté obtenue, soit des ennemis au moyen dune rançon, Corp. insc. lat. III, t054, soit d'un maître par l'affranchissement,
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C’est surtout à l'époque des fêtes que l’on avait l’habitude d’apporter aux dieux des présents; on les joignait souvent aux sacrifices. Il arrivait aussi que des offrandes, toujours les mêmes, fussent consacrées à époques fixes, en vertu de l’usage ou de prescriptions législatives, ou grâce à des fondations perpétuelles. On peut donc distinguer entre les offrandes ordinaires et régulières, dépendant de causes permanentes, et les offrandes extraordinaires, motivées par un événement particulier76.
§ 9. Du caractère des offrandes. — L’objet qui a été donné au dieu et reçu par lui, suivant les rites, devient hpôv, ou sacrum, et participe à la majesté et à l’inviolabilité des dieux. Le dérober, le déplacer, le détourner de son usage ou même y porter la main sont des actes sacrilèges11.
Le territoire dépendant des temples n’est pas seulement protégé contre les usurpations par des bornes qui en marquent les limites18; il est encore entouré d’une zone neutre qui le sépare des terres profanes13. Dans l’enceinte sacrée on ne peut ni extraire des pierres, ni prendre de la terre, ni couper du bois, ni construire, ni cultiver, ni habiter80. L’entrée même n’en est permise qu'à certaines personnes et dans certaines conditions; elle est rigoureusement interdite à diverses espèces d’animaux et, en particulier, aux chiens81. Tout ce qui souille en doit être écarté; c’est ainsi que l’on ne pouvait dans les lieux saints ni accoucher, ni mourir. Les terres sacrées sont généralement libres d’impôts, les revenus en étant affectés à un usage religieux, dont ils ne peuvent être détournés82.
Les temples et tout ce qu’ils contiennent jouissentde privilèges analogues; ils ne peuvent être désaffectés, ni vendus, ni donnés en gage, ni aliénés d'une façon quelconque.
L’inviolabilité porte en grec le nom d’àauXia et elle s’étend à tous les objets placés dans les enceintes consacrées; c’est le principe d’où dérive le droit d’asile. Le sacrilège est appelé LpoauXîot.
On verra plus bas que les offrandes peuvent être dépouillées de leur caractère sacré, employées à des usages profanes, détruites même; mais le peuple seul, d’accord avec l’autorité religieuse, peut procéder valablement à cette transformation ou à cette expropriation des offrandes83.
§ 10. Des diverses espèces d'offrandes. — En principe, tout doit, tout peut être offert aux dieux; cela résulte et de la nature même de l’offrande, et des effets de la dédi-
<î>tàXou l;eXeu0epi*at, Corp. insc. att. II, 720, 1. 5, 15 ; cf. Mittheil. Athen , III, p. 173; pour une magistrature ou un honneur obtenu, Inscr. gr. antiq. 397 ; Corp. insc. att. I, 338; IV, 373 e = Thucyd. VI, 54; Corp. insc. ail. II, 114, 607, 985, 1156- 59, 1172-74, 1180-81, 1191, 1208, 1325-6; Corp. insc. gr. 2076; Corp. insc. lat. II, 1939, 4618, ob honorem; en reconnaissance des bénéfices réalisés, Anth. Pal. VI, 17, 285, 290; Corp. insc . ail. IV, 418 e. 3° Pour expier : confiscations et amendes infligées aux sacrilèges, Paus. V, 21, 2; Inscr. gr. antiq. 110, 500; Corp. insc. att. II, 545, 814, 822, 823; Corp. insc. gr. 2824, 2826; Corp. insc. lat. I, 62, 181 . Sur le sujet en général, voir Newton, Essays on art, p. 136 et s.; Reinach, Traite d’épigr. introd. p. 67 et s., 145 et s.; Ziemaun, De anathematis gr. classe les offrandes d’après les motifs de la dédicace; Thomasinus fait de même, mais est de peu d’usage avec ses renvois vagues ou inexacts. — 76 Bull. corr. hell. 1882, p. 142 et s.; Ziemann, De anathematis graecis , 1885, a pris cette distinction pour base de son étude sur les offrandes, qu’il divise en deux parties : de anathematis ordinariis, p. 3 et s., de anath. extraordinariis, p. 9. Dans chaque classe il distingue les offrandes publiques et privées. On trouve dans cette dissertation une grande abondance de renvois. Je me borne à quelques exemples pour les dons périodiques : péplos offert à Athéna, à Athènes, à Héra, à Olympie; chiton d’Apollon Amycléen; Hesych. s. v. *Epya<rcTvai et Mitth. Athen., VIII, p. 57-66 ; Paus. V, 16, 2 ; \ I, 24, 10 ; III, 16, 2; xojsla, offrandes consacrées chaque anuée à époques fixes par les chœurs des Déliades aux frais des États ou des souverains étrangers (Invent, des hiéropes déliens pour l’année 180, 1. 45, 90, 128, 139, 183; Dittenberger, Syll. 367. Il entre chaque année, dans le sanctuaire, 22 phiales par suite de fondations publiques ou privées. On constate de même, dans le temple d’Athéna à Athènes, une entrée régulière de 7 phiales. Les phiales, consacrés par les ànoœvydv-ceç, sont de poids invariable et l’on peut supposer que l’offrande était obligatoire et toujours pareille.
ftace. L’obligation de consacrer aux dieux les prémices des biens, dont ils sont les auteurs, est le fondement de l’offrande; or elle est universelle. L’acte religieux de la consécration est la forme nécessaire de l’offrande; or, toutes choses peuvent recevoir de lui le caractère sacré. En fait, il n’est guère d’objets qui n’aient été donnés en offrande ; non seulement les plus simples 84 étaient reçus au même titre que les plus magnifiques, mais ceux qui répondent le moins à l’idée que nous nous faisons des dieux et des respects qui leur sont dus, les plus laids, les plus grossiers, les plus obscènes, transformés par la vertu de la dédicace, deviennent des dons permis et agréables.
Les offrandes se firent probablement d’abord en nature; comme elles n’étaient qu’un prélèvement opéré, en l’honneur des dieux, sur toutes les choses à notre usage, elles étaient une portion de ces choses mêmes. Les prémices delà terre étaient un territoire; celles du bétail, un bœuf, un mouton, une chèvre ; celles du blé ou de l’orge, une certaine quantité de ces grains; celles de l’espèce humaine, des enfants ou des hommes86. Mais les contributions en nature sont facilement un embarras et pour celui qui les acquitte et pour celui qui les reçoit : elles sont malaisées à transporter; elles encombrent, elles demandent à être négociées et réalisées86, elles comportent enfin bien des non-valeurs. Dans un grand sanctuaire, comme ceux de Comana81, de Hiérapolis, où se pressait une armée de prêtres et de hiérodules, dans un État théocralique, les. denrées pouvaient être distribuées et consommées; mais la Grèce et l’Italie ne nous offrent guère d’exemple, à l’époque historique, de tels gouvernements sacerdotaux. Un autre inconvénient encore des offrandes en nature, c’est qu’elles ne duraient qu’un temps limité et ne demeuraient point, comme un monument de la piété, comme un gage sur les bontés des dieux. On substitua donc de bonne heure à ces redevances des offrandes d’un autre genre, mais dont la forme rappelait l’origine de l’ancienne redevance, et dont la valeur était égale à celle de la redevance elle-même : ce sont les offrandes symboliques, faites à l’image de la chose dont elles représentaient les prémices. Ainsi s’expliquent cette moisson d’or que les Métaponlins envoyaient à Delphes et dont l’emblème se voit sur leurs monnaies; ces épis dorés dont font mention les in-
Les stratèges, à Ollna, Corp. inscr. gr. 2067-2076, paraissent avoir été tenus à une offrande régulière, soit au début, soit au terme de leur magistrature. — 77 Corp. insc. gr. 2448, II, Mi, tSouirUlv iav.te «toStf.lai Tb Momrtïov pi, te tq te'|aevo;
tûv t,f. iiuv prjSi tüv itfaYpiTi.v vûv iv téu Mouniui, puSt tûv iv tûi te|ae'vei tSv I»r,0sv, pf.TS x«T«0ipîV, |1V|T‘ jiaU&fcgtal, pote ÈÇaiVoEpiiitmi Tfouui pi|0svt, prjSi vgeseuçéjbi pr.SEpiat, pr,Sè tvoixoSopr.oai iv t5i TEpevSL pv.OÉv... p>)5i Xî ™ Moueteîov pr.Oivi... p>l«i UsveyxeTv tûv iv tüi MooiteIoii ô'vtuv pvjSiv. Empiètement sur le territoire sacré, Demosth. Pro Cor. 145-154; vol d’objets sacrés, Wescher, Mém. adressés par divers savants, VIII, = Mon. biling. de Delphes, p. 139; Bull. corr. hell.X II, p. 410,425; cf. Thuc. IV, 118; Paus. I, 25, 7; Demosth. C. Timocr. 11 ; Bull. corr. hell. 111, 473; Liv.XXIX, 18 et s. — 78 Mon. bilingue de Delphes, p. 36. 55. — 70 Bôtticher, Andeutungen üb'er das Heilige und Profane, 1844; Paus. IX, 22, 2 ; Amn,. Marcel. XXVII, 9.
8o C. inscr. att. II, 545; Le Bas etWaddington,36; Le Bas et Foucart, 147 b, 262 a;
Wescher et Foucart, Inscr. recueillies à Delphes, 841 ;Paus. II, 27, 6, 7. 81 Ane.
gr. inscr. in the Brit. Muséum, II, 349; Plut. Demetr. 24. - 82 Fundi excepti lege censoria, Cic., De nat. deor. III, 19, 49 ; d’Oropos, ÊEe.in. 1884, p. 97 et suiv. — ° 83 Appian. Bell. Mithr. 46; Corp. inscr. gr. 2058 pour la question de fait; Plut. Ti. Gracch. 15, pour le point de droit. — 84 Par exemple, il arrive fréquemment que l’on consacre aux dieux des objets hors d’usage, ou des ustensiles d’un métier auquel on a renoncé ; Anth. Pal., VI, 108, 228, 285, 293, 294 ; 48, 81, 83, 90, 92, 93, 101, 103, 104, 107, 192, 193, 205, 247, 264, 206, 297 . — 83 Cf. note 41 . -80 Ainsi le sanctuaire d’Eleusis avait des silos pour enfermer le blé des prémices; puis quand les prêtres avaient prélevé la quantité de grain nécessaire pour la confection du * Omo;, ils procédaient à la vente du reste, et du produit de la vente consacraient unàv«Ow«, Corp inscr. att. IV, 27 b ; cf. à Délos, Ditt. Syll. 367, p. 49, une offrande ainsi désignée I Tûv Tf Ave,, S, AvéOvxe, b SiTvtE. - 87 Strab. XII, 2, 3 ; Lucian. De Dea, Syria, 10.
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ventaires du Parthénon 88 ; ces vignes, ces arbres, ces plantes diverses89, ces animaux de toute espèce enfin que l’on rencontrait dans tous les sanctuaires, en terre, en bronze, en argent ou en or90. Ainsi, au lieu des hommes, on ne consacra plus que des simulacres; ainsi, l’on fabriqua pour les temples comme pour les tombeaux des images d’objets, impropres à l’usage, destinés seulement à rappeler le souvenir et à présenter l’aspect des objets réels91. Ainsi à la consécration de la chevelure on substitua ou l’on ajouta un monument où l’offrande est représentée en marbre.
Puis, avec le temps, on cessa de tenir compte du lien étroit qui unissait l’offrande à la cause, comme une partie au tout, sauf dans les cas où se maintint rigoureusement et sous sa forme primitive l’obligation des prémices. Les prêtres avaient coutume de vendre les grains, les animaux consacrés, dont ils n’avaient point besoin pour l’usage du temple, et de les remplacer par une offrande de la valeur du prix de vente; les donateurs opérèrent euxmêmes préalablement la substitution. Dès lors, on ne doit plus chercher de rapport fixe entre l’offrande et la raison pour laquelle elle est offerte; des statues, des vases sacrés tinrent lieu en général de toutes les offrandes primitives 92.
De même, bien que la profession du donateur ne soit pas sans influence sur la nature des objets qu’il donne de préférence93, on se tromperait en divisant les offrandes en catégories, fondées sur la qualité du donateur. En réalité, tout homme, quel qu’il soit, peut offrir et offre en effet des objets de toute espèce.
Il n’existe pas non plus de relation nécessaire entre les offrandes etles divinités à qui elles s’adressent; si chaque divinité a ses dévots particuliers, reçoit de préférence tels ou tels objets, toutes sont également aptes et disposées à les recevoir tous.
La meilleure classification que 1 on puisse adopter est celle qui se fonde sur la forme et la destination des objets eux-mêmes.
Nous voyons par le testament d’Épictèta94 comment on créait un culte et constituait un sanctuaire. Un terrain
88 XfUffoüv Oépo;, Plut. De Pyth. orne. 16; Corp. inscr. att. I, 61 ; cf. Annali , 1843, p. 46, 1850, p. 63 ; Rev. de numismat. 1846, p. 93 ; Boeckh, Staatsh. 3e éd. p. 135, 137, 143, Aqtov uEotyouirov oxà/uts AI. — g9 "Ajiite^oç yçuaîj à Dèlos, Bull. corr. hell. 1882, p. 146 et note 3. — 90 Par exemple, à Cnide, Newton, Discov. p. 383, pl. 58, et à peu près partout, mais par excellence dans le Cabirion de Thèbes. Les têtes de bétail s’y comptent par centaines ; cf. note 159. — 91 On trouve dans les temples, ainsi que dans les tombeaux, des objets qui ne peuvent être que des simulacres, car ils n’ont ni solidité, ni utilité, des modèles d’armes, par exemple, que leur petitesse ou leur fragilité réduit à l’état de jouets. Dans la catégorie des offrandes qui ne sont que des images d’objets, on peut faire rentrer aussi les cônes, pyramides, disques de terre cuite, que l’on rencontre en si grande abondance dans les sanctuaires, aussi bien que dans les nécropoles, et qui paraissent devoir être considérés, très souvent, sinon toujours, comme des gâteaux symboliques. On trouvera une bibliographie fort étendue et une discussion sur le sens ou les sens de ces offrandes dans Pottier et Reinach, La nécropole de Myrina, I, p. 246. Le même ouvrage contient aussi de curieuses remarques sur les offrandes simulées ; voir l’index, au mot Substitution. Ou a trouvé depuis à Elatée des cônes qui portent des dédicaces à Athéné, Bull, corr. hell. 1888, p. 38. — 92 Ainsi les Mapsichidai, à Délos, payaient r&ic&pgi) sous la forme d’une phiale, Bull. corr. hell., p. 145; cf.Ditt.S7/ZL 367,1. 20,97, 114; cf. 1. 53.
93 Cf. plus bas les offrandes énumérées sous la rubrique ustensiles et instruments divers, notes 167-172. Thomasinus range les offrandes d’après la profession du donateur. — 94 Corp. inscr. gr. 2448. — 9b Mommsen et Marquardt, Handb. II, 57-70, 2e éd. ; VI, p. 216 et s., 156 et s.; Macrob. Sat. III, 11, 6: namque in fanis alia vasorum suut et sacrae supellectilis, alia ornamentorum. Quae vasorum sunt instrument! instar habent, quibus semper sacrificia conficiuntur, quarum rerum principem locum obtinet mensa... ornameuta vero sunt clipei, coronae et hujuscemodi donaria. Neque enim dedicautur eo tempore, quo delubra sacrantur, at vero mensa arulaeque eodem die, quo aedes ipsae, dedicari soient. — 96 Telle est la signification
était consacré, dans lequel on élevait un temple, des autels, des chapelles, des édicules ; un domaine y était ajouté avec une dotation en argent, dont la rente était destinée à défrayer les besoins du culte. Le temple lui-mème était décoré de statues et pourvu de tout le mobilier nécessaire. D’autres textes nous prouvent que l’on procédait toujours ainsi, et il en était des cultes publics comme des cultes privés. Les Romains n’en agissaient pas autrement : ils dotaient le temple de revenus, de terres, d’esclaves, de matériel, mslrumentum, et aussi d’objets destinés a le décorer, ornamenta95 .
Ce fonds premier s’enrichissait ensuite incessamment par les offrandes. Chacun des éléments dont il se composait s’augmentait de ces libéralités, mais surtout le matériel et les ornamenla. Le mot dvct6y]ua, s’il désigne d'une façon générale tout ce qui est olfert et consacré, s’applique en particulier aux objets mobiliers dont se composent ces deux dernières catégories; le mot donarium 96 leur convient exclusivement. On n’indiquera donc que pour mémoire les autres sortes d’offrandes, se réservant d'insister sur celles-là.
Domaines. — Ils se divisent en deux parties : l’une, affectée spécialement et exclusivement à un usage religieux, tepov 97 ; l'autre sacrée, en tant seulement qu’elle appartient aux dieux, mais susceptible d’un usage profane. La première n’est propre qu’à recevoir des édifices, ou objets d’un caractère sacré; l’autre peut contenir des constructions quelconques, que l’on utilise ou qu’on loue; elle se compose de pâturages, de vignes, de champs en culture, que l’on donne à ferme 98.
Édifices. — On offre souvent aux dieux des constructions, les unes réservées au culte, les autres destinées à un usage public ou privé.
Monuments religieux : murs d’enceinte du territoire sacré99; propylées100; temples en l'honneur de la divinité même à qui le territoire est consacré, ou en l’honneur d’une autre divinité101 ; édicules102; autels103, etc.
Quand le monumentest considérable, il arrive rarement, à moins qu'il ne soit élevé par un souverain ou par une ville, qu’un individu se charge seul des frais et de la dédicace; les fidèles se réunissent alors en plus ou moins grand nombre et fournissent ou des cotisations en argent 104
que Macrobe donne à ce mot latin (note 95) ; on prenait le mot grec au sens large dans les traités Ilepl àvaOYiiAà-rwv ; les inventaires ne comprennent au contraire que les objets précieux et mobiles. — 97 Teçôv désigne à la fois le temple lui-mème et l’espace attenant qui est circonscrit par l’enceinte; on l’appelle aussi te'ijlevo;, bien que ce mot s’applique d’une façon générale à toutes les terres dépendant d’un temple ; on dit aussi lîe^eo'Xo;. — 98 Parmi les domaines d'Apollon Délien, les uns sont exploités industriellement, comme les xEpap.ETa, ^es autres mis en culture ou en pâture, Bull. corr. hell. 1882, p. 63. Voici quelques exemples de donations immobilières faites aux temples par des États ou des particuliers : Thucyd. III, 50 ; Corp. inscr. att. I, 31 ; Corp. inscr. gr. I, 1755, 1926 = Xeooph. Anab. V, 3 ; Corp. inscr. gr. 2643, 4474, 4694, 2448, 3270, 3989, 6820 ; Ross, Inscr. gr. in. 309 ; Corp. inscr. att. Il, 1336, 1650, 1654; Le Bas et Waddington, 2822; Anth. Pal. VI, 79, 267, Ils sont désignés par les mots te'iaevo;, /.•"P0?* aXaoç, YewpvCa, etc. Cf. Regiones conse-
cratae Apolliui, Wilmanns, Ex. inscr. 874; fuudi consecrati, 76. 95; agri Sylvano cedentes, 76. 95; agri Tifatinae dicati, 76 . 862. — 99 Strab. XIV, p. 641 ; Le Bas- Foucart, 331 a. — 100 Wilmanns, Ex. viser. 31. — 101 A Athènes, à Olympie, à Epidaure, à Délos et presque partout la même enceinte enferme des temples différents. Dédicaces du temple îeçôv, vaôq, Corp. inscr. att.' II, 162 (= [Plut.] X, Orat. p. 852), 168, 595; Corp. inscr. gr. 2264 c, 2904; Paus. I, 18, 6; olxo;, Bull. con\ hell., 1879, p. 49, 50; Keil, Sylloge , 86. Aedes, templum, Wilmanns, 27 a, 748, 749; domus, Corp. inscr. lat. III, 3370; cella, Wilmanns, 1697; sacrarium, 76. 91. Temple naturel dans un rocher, avxpov, Corp. inscr. att. 423-25 ; antrum, Wilmanns, 134. — 102 Anth. Pal. VI, 53, 220; Corp. inscr. att. II, 1594; Corp. inscr. lat. 1, 1110, III, 161. Signum cum absidata, III, 968. — 103 Bo>|aô?, Paus. I, 28, 5; Corp. inscr. att. II, 1205, 1282, 1443, 1650, 1659, 1663, 1664; Anth. Pal. VI, 10, 50, 145. Ara, Corp. inscr. lat. I, 574, 801, 803, 807, II, 2012, 2350, 4618. —104 Souscription en argent pour la construction d’édifices sacrés; Inscr. gr. antiq., 107; Corp. inscr. att. I, 68; II, 596, 628, 980, 981.
Monnaie de Métaponte.