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Statère phénicien.
Statère attique.
Statère babylonien.
Double statère phénicien.
Double statère attique.
Double statère babylonien.
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1' . Leuormant, Monn. des Lagides, p. i 77-1 86 ; Vasquez Queipo, 1. 1, p. 429-442. — 43 P. Leuormant, 0,1. p. 176 cl suiv. — 44 Récompense promise (Journ. des sav. 1833, p. U). 4l> T. I, p. 171 ; t. II, p. 336. — Bibliographie. Letronae, Considéra¬
tions génér. sur l'évaluation des monnaies grecques et romaines, Paris, 1817; Wurni, De ponderibus numorum apud Romanos et Graecos, Stuttgard, 1821 ; Leitzmann', Abriss einer Geschic/ite des gesammten Münzkundes, Erlurt, 1828; Hussey ,Essay on the ancient weights and money, Londres, 1835; Boeekh, Metrologische Untersuchungen iiber Gewic/ite, Mümfüsse und Masse des Allcrtliums, Berlin, 1838; Mionnet, Poids des médailles d' or et d'argent du cabinet de France. Paris, 1839 *
4 demi-statères attiques valaient 5 demi-statéres phéniciens.
5 demi-statères attiques.
3 demi-statéres phéniciens.
5 demi-statéres babyloniens.
5 statères babyloniens.
8 demi-statéres attiques = 4 statères.
5 demi-statères phéniciens.
5 statères phéniciens.
8 demi-statères babyloniens = 4 statères.
5 statères attiques.
5 statères phéniciens.
Do cette manière, en compteant les demi-statères attiques 4 par 4, on obtenait facilement des comptes en correspondance avec les demi-statères phéniciens ; on obtenait un résultat aussi exact si on comptait les demi-statères babyloniens 4 par 4 pour les rapporter aux demi-statères attiques, 2 par 2 pour les rapporter aux demi-statères phéniciens. Il en était de même des statères babyloniens comparés aux statères attiques et phéniciens. Si l’on supputait les statères phéniciens 4 par 4 ou 8 par 8, on se retrouvait exactement avec le système babylonien ; si on les additionnait S par 5, avec le système attique. Quant aux statères attiques, en les comptant 4 par 4 ou 8 par 8, on obtenait une somme exacte en statères babyloniens. Le rapport était le même pour les multiples ou les divisions.
Si 1 on veut passer à la valeur de ces diverses monnaies en argent, en prenant pour base le rapport de 1 à 12 que Letronne44 et M. Vasquez Queipo45 ont démontré de la manière la plus convaincante avoir été celui qui régnait en Egypte au temps des Ptolémées, on trouve que les comptes se faisaient aussi d’une manière régulière et sans trop de difficulté, d autant plus que pour l’argent il n’y avait qu une seule monnaie en circulation et frappée dans les ateliers de l’empire des Lagides, la drachme phénicienne de 3Br,500.
1 demi-statère phénicien
valait 12 '/a
1 demi-statère attique
1 demi-statère babylonien
1 statère phénicien
1 statère attique
1 statère babylonien
1 double statère phénicien
1 quadruple statère phénicien
Il est à remarquer que toutes les fractions de ce tableau peuvent se payer exactement avec des divisions normales de la drachme, telles que nous en avons établi l’échelle au commencement du présent article.
On voit que là où l’on avait eu soin, comme dans 1 Egypte des Lagides, d’établir le taux des diverses unités monétaires, simultanément employées de manière à produire l’échelle d’un système harmonique régulier, la multiplicité des tailles, loin de produire la confusion et de porter obstacle à la facilité des transactions, rendait celte facilité encore plus grande en augmentant le nombre des divisions de la monnaie et en permettant de payer avec une seule pièce des sommes qui, autrement, auraient de-
K LenOTmant, Essai sur le classement des monnaies d'argent des Lagides l Blois, 1855), appendice; Th. Mommsen, Geschiclde des roem. Müncwesens (Berlin, 1860), part. I , Vasquez Queipo, Essai sur les systèmes métriques et monétaires des anciens peuples, t. I et tab. ; F. Hultsch, Griech. und roem. Métrologie, Berlin, ° ’ . enorniant, Essai sur l'organisation politique et économique de la
monnaie dans l'antiquité, Paris, 1863 ; Th. Mommsen, Histoire de la monnaie romaine, trad. fr. par le duc de Blacas, t. I, Paris, 1866; Brandis, Das Münz-, Mass-, und Geunchtswesen in Vorderasien bis auf Alexandei den Grossen, Berlin, 1860; Muller, Numismatique de l’ancienne Afriauc, t. I, p. 110-125; t. 11. p. 133-140.
4 demi-statères babyloniens 2 —
4 statères phéniciens 8
4 statères attiques
4 statères babyloniens 2 —
DRA
DRA
mandé plusieurs monnaies de différentes valeurs. L’effet était celui qui aurait été produit si, depuis la réforme de notre système métrique et monétaire, à côté des pièces de 20 et 50 centimes, de 1, 2, 5, 10 et 20 francs, on avait continué à frapper comme avant la Révolution des louis de 24 livres, des demi-louis, des écus de 6 et 3 livres, des pièces de 30, 15 et 5 sols, monnaies basées sur un autre système monétaire, mais ayant des valeurs exactes de 25 et 75 centimes, l',50, 3, 6, 12 et 24 francs dans le système qui a détrôné l’ancienne coupe duodécimale. Si les choses s’étaient passées ainsi, entre ces pièces de valeurs diverses frappées en même temps, auxquelles tous auraient été habitués, la confusion ne se serait pas établie, quoi qu’on en dise. 11 aurait été seulement possible de payer avec une seule pièce la somme pour laquelle nous sommes obligés d’en donner quatre ou même plus; un double louis par exemple aurait servi seul dans le cas où nous devons donner une pièce de 40 francs, une de 5, une de 2 et une de 1 franc. En outre, la multiplicité des coupes inférieures au franc aurait permis de faire un moins fréquent usage de la monnaie d'appoint en cuivre ; et c’était là ce que cherchaient avant tout les Grecs, chez lesquels, antérieurement à l’ère de l'influence romaine, l’habitude de la monnaie de bronze n’était que très imparfaitement entrée dans les mœurs. Au reste, les voyageurs qui ont quelque temps habité l’Orient savent avec quelle facilité, dans ces contrées où les espèces de toutes les parties du monde circulent à la fois comme monnaie courante, les gens même les plus ignorants du peuple se retrouvent dans une confusion monétaire bien plus grande que celle qui devait résulter de la simultanéité d’emploi des six ou sept tailles usitées chez les anciens Grecs, confusion à laquelle ils sont habitués dès leur enfance.
P. Lenormant.
DRACHMA AEREA. — Monnaie de compte grecque ’ dont la valeur était celle du dixième de l’obole d’argent. On donnait aussi à Byzance le nom de drachme de cuivre à une pièce ayant exactement le poids de la drachme d’argent et représentant le soixantième de sa valeur [cualcüs]. P. L.
DRACHMA ALEXANDREIA (ApayjjG) ’AXs^avJpsia). — Nom de l’unité monétaire de 4er,250 ou drachme attique dans quelques inscriptions grecques du temps des monarchies macédoniennes’. Elle était ainsi appelée parce que c’était sur ce pied qu’étaient taillées les monnaies d’Alexandre le Grand [alexandrei, draciimamii.esia]. F. L.
DRACIIMA ATTICA (Apa^-l; àTTixvj). — Nom le plus habituel1 de l’unité monétaire de 4gr,250 chez les Grecs [dracuma]. P. L.
DRACHMA AURI (ApayfG; ypuatou). — Nom donné cIue1' quefois1 à la moitié du statère qui répondait en effet, en or, au poids de la drachme d’argent [stater].
Il semble résulter du témoignage de plusieurs inscriptions2 qu’à Athènes on employait pour désigner les divisions du statère une double nomenclature, celle spéciale à l'or et celle des divisions correspondantes en poids de la drachme d’argent :
1 statère ou chrysous.
*/2 hémistatère ou hémichrysous = Drachme d’or. ’/3 trité
’/ j tétarté */6 hecté ’/8 hémitétarté ’/12 hémihecté Vf» myshémitétarton ’/2 .. myshémihecton ’/l8 nom inconnu */ o. nom inconnu
Fig. 2568. — Drachme Milésieune.
= Tétrobole d’or.
= Triobole d’or.
= Diobole d’or.
= Trihémiobole d’or.
= Obole d’or.
= Tritémorion d’or.
= Ilémiobole d’or.
= Tartémorion d’or.
= Hémitartémorion d’or.
P. Lenormant.
DRACHMA MILESIA. — Le nom de MG^st'a (sous-entendu opay|Gj), est employé dans deux inscriptions de Milet 1 pour indiquer le poids et la valeur de certains objets consacrés aux dieux, par opposition à la drachme d’Alexandre, AXsÇavSpsia (sous-entendu Spxypi.-}]), ou de poids attique, d’après laquelle sont évalués dans les mêmes inscriptions le poids et la valeur d’autres objets.
Les monnaies d’argent de Milet, contemporaines des monuments épigraphiques où nous trouvons ces mentions, lesquels datent de la suprématie des rois de Pergame, sont bien connues et très multipliées dans les collections numismatiques. Elles ont (ûg. 2508) au droit, la tête d’Apollon laurée, au revers un lion retournant la tête vers un astre, avec les lettres MI en monogramme, et le plus souvent un nom de magistrat2. Il y en a de différents modules et elles offrent la série de poids suivante : 1er, 70, 3sr,33, 5gr,29, 7gr,00, 8t!r,'82, 10Br,593, entre les éléments de laquelle il me semble que l’on doit reconnaître le rapport : ’/2, 1, 1 */2, 2, 2 ’/2, 3.
L’unité, la drachme, est bien évidemment la pièce de 3Br,53, puisque ce taux est précisément celui de la drachme phénicienne [dracuma], usitée depuis une époque très reculée dans une portion de l’Asie Mineure. On conçoit que celte drachme put être appelée milésieune; car, au temps où en paraissent les mentions, Milet était la seule ville d'Asie Mineure ayant un monnayage important qui taillât ses espèces sur ce pied. Ailleurs on se servait du système attique, appelé « drachme d’Alexandre » ou de la drachme asiatique de 3^,20, qui était l'unité des cistophores [cistorhori] et des monnaies de Rhodes [dracuma RnoDiA] .
Les coupes de 1 */s drachme, 2 1/2 et 3 ne sont pas habituelles dans la monnaie grecque, mais elles paraissent avoir été employées à Milet pour fournir au commerce des pièces qui, en même temps qu’elles avaient une valeur exacte dans le système local, correspondaient à l’extérieur à 1 drachme du système babylonien, 1 didrachme attique et 4 didrachme babylonien [dracuma]. F. Lenormant.
DRACHMA RIIODIA (ApatyjG| 'PoSta). — Au temps des conquêtes de la république romaine en Orient, la supériorité maritime et commerciale dans les mers de la Grèce appartenait, sans contestation, à Rhodes, alliée des nouveaux maîtres du monde. Le monnayage de Rhodes prit, un énorme développement et eut pendant deux siècles environ la circulation la plus étendue et la plus générale.
Les pièces rhodiennes de cet âge sont très communes.
DRACHMA AEREA. — 1 Plin. ffist. nat. XXI, ;w; voy. Eclronne, Mcompensc promise, p. 12 et s.
DRACHMA ALEXANDREIA. 1 Corp. inscr. gr. n09 2855 et 2858.
DRACHMA ATTICA. 1 Pollux, IX, 70.
DRACIIMA AURI. 1 Hesycli. et Suid. s. v. Apa^ xçuolo'j. — 2 Corp. inscr.
j gr. n° 150; voy. F. Lenormant, Rev. num. 1868, p. 422.
DRACHMA MILESIA. l Corp. inscr. gr. nos 2855 et 2858. — 2 Mionnet, Descr. de méd. ant. t. III, p. 168 et s., n°* 723-751. — 3 Mommsen, Geschichte des roemischen Münswesens , p. 16. — Bibliographie. F. Lenormant, Revue numismatique » 1868, p. 12-15.
DRA
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Elles onl pour type (fig. 2509), d’un côté la tête, vue de face et radiée, du Soleil, dieu protecteur de l’île et auteur mythique de ses premiers habitants, de l’autre, le symbole parlant de la rose , pdoov . Leur poids est taillé sur le pied de la drachme Fig. 2569. — Didrachme de Rhodes. asiatique de 3sr,250
[dracuma]; la série des multiples et des subdivisions comprend des tétradrachmes de 13 grammes en moyenne, des didrachmes de GB,\ 500, des drachmes, des dioboles, trihémioboles et oboles *.
On comprend facilement que la grande circulation des monnaies de Rhodes à l’époque que nous avons indiquée, circulation qui avait commencé déjà antérieurement, ait fait donner alors le nom de drachme rhodienne à l’unité de 3Br,250 à 3Rr,200. Festus dit : Talcntmn... rhodium et cistophorum quator millium et quingentorum denariorum. Ici denarius désigne certainement le denier le plus ordinaire de la république, égal à la drachme attique [denarius]. Or, 4,500 drachmes attiques, au taux normal de 4Br,260 [dracuma], font un poids de 19kB,170, tandis qu’un talent ordinaire, ou de 6,000 drachmes, ayant pour base une unité de 3Br,200, se trouve être de 19kB,200. Il n’y a qu’un écart de 30 grammes sur plus de 19 kilogrammes, bien souvent les auteurs anciens, dans leurs comparaisons de talents les uns avec les autres, sont loin de fournir des approximations aussi exactes [talentum].
Une inscription de Gibyra, datant de l’an 49 de l’ère de cette ville (71 ap. J.-C.) et relative à la donation qu’un certain Q. Yeratius Philagrus avait faite de 400,000 drachmes rhodiennespourla fondation d’un gymnase2, nous apprend en termes formels que cette monnaie circulait encore en Asie Mineure dans le premier siècle de notre ère, et que sa valeur de change, par rapport à la monnaie romaine, était alors de 10 as par drachme. Les Romains, du reste, frappaient encore à ce moment, pour l'usage de la province d’Asie Mineure, des tétradrachmes taillés sur l’unité de 3Bt,250 [cisïornoRi].
Un siècle et demi auparavant, au temps de la plus grande circulation des monnaies de Rhodes, l’exactitude de leur poids et le litre excellent de leur métal avaient établi en leur faveur un agio considérable. C’est ce qui résulte d’une inscription de Ténos3. L’assemblée des habitants des îles (tô xoivôv xwv vr)ato)To>v), siégeant à Ténos, y rend un décret pour élever une statue à un Syracusain habitant Délos, parce que, tandis que les banquiers ou trapézites [trapezitae] demandaient 105 drachmes de Ténos pour 100 drachmes de Rhodes, il procura la somme sans nul agio et sans demander de prime, économisant ainsi à la caisse commune une dépense considérable. Les monnaies d’argent de Ténos étaient frappées sur le pied des monnaies de Rhodes et pesaient même un peu plus 4.
Les deux tailles le plus abondamment monnayées à Rhodes, au temps de son commerce, étaient la drachme et le didrachme [didracumum]. On les désignait dans le langage vulgaire l’une et l’autre par le nom de drachme rhodienne, en appelant petite drachme la drachme simple et grosse drachme le didrachme3. C’est ce qui ressort clairement du nom de dpyupou XeirToîi 'PoSîou 9f a/p] que les inscriptions de la Carie 0 donnent à l’unité de 3Br,250, nom qui suppose nécessairement l’existence d’une àpyupîou na/zoj; 'Pooîou àpaypj double comme poids7. En outre, un métrologue anonyme d’Alexandrie8 évalue la drachme rhodienne à 5 drachmes de billon alexandrines, c’est-à-dire à 1 denier 1 / 4, évaluation qui ne peut s’appliquer qu’aux didrachmes pesant 6Br,50°. F. Lenormant.
DRACIIMAE STEPI1ANEPIIORI (àp'r/jxdi tou Ixetpot vr,cpopou). — Cette expression est employée dans quelques inscriptions attiques pour désigner la monnaie courante d’Athènes1. Boeckh2 l’a expliquée par les passages des lexicographes 3 disant que le Stéphanéphore était un héros dont le sanctuaire (Ÿjpioov) était attenant à l'hôtel des monnaies (àpYupoxoTteïov). Dans ce sanctuaire étaient déposés les poids monétaires, les étalons des monnaies et de leurs poids; il correspondait donc exactement dans Athènes à ce qu’était à Rome le temple de Junon Moneta [moneta].
La statue du Stéphanéphore est tigurée comme type secondaire dans le champ de quelques tétradrachmes athéniens de la seconde série 4 (tig. 2570). M. Beulé 3 a très
bien établi que le héros désigné par ce surnom populaire, d’après le type de représentation de la statue, était Thésée. F. Lenormant.
DRACUMA TYRIA (Apa^jAï) Tupta). — Josèphe 1 mentionne cette unité monétaire dans un passage où il fait bien évidemment allusion aux tétradrachmes [tetradracumum] d’argent frappés sous les Séleucides dans les villes de la Phénicie, Tyr, Sidon, Aradus, etc. Ces monnaies sont taillées sur la drachme phénicienne de 3Br,540 [dracuma] assez forte, que le Talmud appelle aussi drachme de Tyr 2 ; cependant Josèphe dit que le tétradrachme tyrien correspondait au tétradrachme attique, et il répète la même chose à propos du sicle juif3 [siclus], qui est aussi un tétradrachme à l’unité de 3gr,540. Mais M. Mommsen4 a donné la clef de cette anomalie et de cette difficulté en montrant que, lorsque Pompée, après la conquête de la Phénicie et de la Palestine, ferma les ateliers monétaires de Tyr, Sidon et Aradus3, il ordonna que les tétradrachmes circulant dans le pays, quelle que fût leur unité, passeraient pour une valeur égale de 4 deniers romains [denarius]. F. Lenormant.
DRACO (Apaxwv). — Le nom de dragon n’est pas réservé dans l’antiquité gréco-romaine à l’animal fabuleux, au corps couvert d’écailles, lançant le feu par la bouche,
2570. — Tétradrachme au Stéphanéphore .
DRACUMA RIIODIA. 1 Vusquez Queipo, Systèmes métriques et monétaires , tab. XXXIX. — 2 Corp. inscr. gr. n° 4380 a, add. — 3 Corp. inscr. gr. n° 2334.
— 4Mionnet, Poids de médailles antiques , p. 127; Vasquez Queipo, Systèmes mé¬
triques et monétaires, tab. XXXVIII, nos 38-41. — 5 Mommsen, Geschichte des roemischen Münzwesens, p. 39. — 6 Corp. inscr. gr. uos 2693, 2693 c, 2693 2693 e, 2693 f.
— 7 Cf. Hesych. s. v. âpayjjuj. — 8 Letronne, Recherches sur Héron d’ Alexandrie , p. 50. — 9 Mommsen, Geschichte des roemischen Münzwesens, p. 30 et 39.
— Bibliographie. F. Lenormant, Revue numismatique, 1868, p. 14 et s.
DRACIIMAE STEPHANEPHORI. 1 Corp. inscr. gr. n° 123. — 2 Staatshaushalt . der Athen. 2°éd. t. II, p. 361. — 3 Suid. Harpocrat. et Phot. s. v. et ’AçyuçoxoKt'Cov ; Pollux, VII, 103; cf. Sturz, Fragm. Hellan. 2° éd. p. 60.
— 4 Beulé, Les monnaies d Athènes, p. 348. — 5 Ibid. p. 349-353.
DRACIIMA TYRIA. l Bell. Jud. II, 21, 2. — 2 Voy. Boeckh, Metrologische Un-
tersuchungen, p. 67. — 3 Ant. Jud. III, 8, 2. — 4 Gesch. des roem. Münzw. p. 36.
— 5 Eckhel, Doctr. num. vet. t. III, p. 395. — Bibliographie. F. Lcnormaut, Revue numismatique , 1868, p. 17,
DR A
DRA
que se sont complu à décrire les légendes chrétiennes, et qui a pris dans l'art une forme spéciale. 11 a une acception plus étendue et s’applique à toute espèce de serpents L’ien que Servies désigne en particulier soiis le nom de draco les serpents qui résidaient dans les temples et qu on honorait d’un culte, sous le nom de serpent les reptiles qui vivent sur terre, et sous celui d’an guis les betes venimeuses vivant dans l’eau', nous avons lieu de croire, d après les textes des auteurs, que ces différents mots étaient pris souvent pour synonymes. De même chez les Grecs, les mots Sprfxuv et ftp,, ne sont pas attribués a des espèces distinctes. On peut seulement dire qu’en général les termes Spdxwv et draco désignent des reptiles ( e forte taille, tandis que ostç et serpens s’appliquent aux espèces plus petites qu’on peut classer par races sous les noms de s/.k, aîm'ç, TuÿXivoç,x*p®ro|î, vipera, aspis, coluber bjjdr,, enhÿdris, cerasti , sphondyle', etc. En traitant du
draco dansl antiquité, nous serons donc amené à étudier le
rôle qu a eu le serpent en général dans les rites religieux et dans les mœurs domestiques des Grecs et des Romains.
Origines orientales du culte du serpent. — Il est nécessaire d’abord, sans entrer trop avant dans un sujet qui est exclu du cadre de notre recueil, de jeter un coup d œil sur les religions orientales qui ont précédé les cultes grecs. La comparaison permettra de mieux comprendre le double caractère qu’on entrevoit dans les croyances de l’àge classique : caractère nuisible et dangeieux, caractère bienfaisant et protecteur.
Chez les Égyptiens le dragon ou grand serpent de 1 hémisphère inférieur, nommé Apophis ou Iiâ-her ou Set, représente le principe du mal vaincu par Osiris ou par Ilorus; il est amené, expirant et percé de glaives, près de la barque solaire, montée par les dieux triomphants . Les méchants sont condamnés à ses morsures4 ; c est le « grand seigneur de crainte et de terreur », le plus terrible après les dieux de l’Occident8. Les incantations contre Set, l’aspic malfaisant, au venin dangereux, sont fréquentes6. Mais en même temps le serpent symbolise, sous un aspect plus inoffensif, des phénomènes naturels, comme le cours des astres7, ou des parties de l’espace, comme l’orient et l’occident8, ou l’éternité sous l’image classique et très ancienne du reptile qui se mord la queue (ô S?àxcov oùooêopo «)». L’uraeus figure, comme on sait, parmi les attributs essentiels de la royauté et il est souvent l’emblème de la divinité10; a ce titre on peut croire qu’il a parfois auprès du mort un rôle de protection bienfaisante".
En Chaldée, l’épopée cosmogonique, dont on a retrouvé les débris dans les tablettes de terre cuite du Musée Britannique, présente sur l’origine du mal dans le monde un récit fort analogue à celui de la Bible. La déesse lianat, d où est né le chaos, devient la source de la mort et du péché; elle revêt la forme d’un dragon
DRACO. 1 Servius ad Virg. Aeneid. II, 204. Les anciens font venir le mot StA™, de fe’pxopai, voir, à cause de la vue perçante du reptile ou de son regard qui fascine. Voy. Saalfeld, Tensaurns italo-graecus, s. ». — 2 Pour les différentes races de serpents, voy. Aristot. Anim. hist., liv. 111 et IV; Aelian, Nat. anim. passim; Plin. Hist. nat. édit., Teubncr, Index II, s. ». serpentium. — 3 De Rougé, Notice des monuments exposés au Couvre, T édition, p. 180; Devéria, Catalogué des manuscrits égyptiens du Louvre , p. 3 ; Ledrain, Gazette archéol,. 1S80, p. 200 ■ cf. id. 1878, p. 36, 37. — 4 Devéria, Op. I, p. 34. — 6 Ibid., p. 5 et 6, p. 25 et 26.’
— 6 Ibid., p. 173. Cf. la légende sur l’hémorhoïs, foulée nux pieds par Hélène dans les Theriaka de Nicandre; Gazette archéol., 1876, p. 34, pl. 11. 7 De Rougé, Op. L, Op. 180; Devéria, p. 1, p. 20, 33, 36. — « De Rougé, Op l., p. 178.
9 Devéria, Op. L, p. 10 et note 1. — 10 Lenormant, Gazette archéol., 1877, p. 149; Baumeister, Denkmûler des klassischen Altertums, Cg. 816; Dütschke,
monstrueux, a jambes de quadrupède, au corps couvert d écaillés et ailé. Elle est vaincue et précipitée dans les enfers par Bel-Mardouk, le serviteur d’Éa, personnification de l’intelligence suprême. C’est elle qui induit homme en tentation et le fait désobéir aux règles établies par Ea. On trouve aussi en Chaldée une seconde version dans laquelle l’Arbre de vie et le serpent jouent un rôle encore plus conforme au récit de la Genèse 12
Sur dautres tablettes d’incantation les dieux mauvais et pervers apparaissent sous la forme de panthère, de chien et de serpent13. 11 n’est pas rare de voir les dieux Assyriens tenant dans leurs mains des serpents qu’ils étouffent, symbole de la victoire sur les animaux malfaisants ". Mais en même temps on rend aux reptiles un culte religieux, comme à des puissances terribles qu’il faut ménager, ainsi qu’on le voit (fig. 2571) sur un basrelief de Sennachérib I3.
Fig. 2571 . — Culte du serpent en Assyrie.
Bar 1 Assyrie et l’Égypte le culte du serpent avait pénétré chez les Hébreux et le fameux serpent d’airain, eleve dans le désert par Moïse comme talisman préservatif contre la morsure des reptiles, était devenu une véritable image d’idolâtrie que le roi Ezéchias fut obligé de faire détruire avec les autres idoles païennes16. En Phénicie, l’influence des mythes assyriens est sensible dans le récit conservé par Phérécyde de Syros sur la théogonie syrienne, où le serpent occupe une place considérable. Parmi les premières races de dieux il compte les Ophionides, nés du dieu serpent Ophion, où l’on n’a pas de peine à reconnaître la Tianat des Chaldéens. Ophion, après une lutte contre Cronos, maître du ciel, est précipité dans l’Océan, fait qui symbolise le triomphe du bien sur le mal, de la lumière sur les ténèbres17. Là est l’origine de la gigantomachie des Grecs et de la nature anguipède des adversaires de Jupiter. Remarquons, en outre, que les légendes de Cadmos et de Jason, où le dragon joue un rôle important, sont d’origine phénicienne. On constate, d’autre part, une ressemblance frappante entre l’Esculape hellénique et l’un des Cabires phéniciens, Eschmoun 18 : le serpent leur est commun comme attribut, mais il est probable que pour les Phéniciens, de même que pour les Égyptiens, les Chaldéens et tous les peuples orientaux, le serpent figurait ici à türe de principe malfaisant, détruit par lé Cabire guérisseur et bienfaisant 19. 11 arrivait souvent aux Grecs de copier les images orientales sans les bien comprendre ;
Antike Bildwerke, IV, n« 102, 103 ; Gazette archéol, 1877, p. 214, 215
- O Ledrain, Gazette archéol, 1878, p. 191. Sur les espèces de serpents inoffensifs en Egypte, cf. Herodot. II, 74. - 12 Gazette archéol, 1876, p. 62 et s.
- 13 Id., 1878, p. 23 et s. — H Id., 1879, p. 235, 236; cf. Id., 1876, p. 13]
- 16 Gazette archéol., 1878, p. 39; Layard, Nineveh and its remains, t. Il p. 469. - 16 Gazette archéol, l.c.-ll Maurÿ, Religions de la Grèce antique, III p. 248 et s. — 18 Ib. III, p. 247 et s. ; cf. dans le Dict. 1, p. 772, l’art, do E Lenormant, s. ». cambi et la figure 917. 19 Je ne partage pas l’avis de M. Lenormant l c , qui voit dans le serpent le symbole de la marche sinueuse et orbiculaire des astres. Tous les monuments orientaux que j’ai cités s'accordent à donner pins d importance au rôle pernicieux du reptile et il est tout naturel que les religions primitives en aient fait le principe du mal combattu par les divinités bienfaisantés.
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ils ont prêté à leur Esculape le même attribut en lui donnant un caractère inoffensif et en faisant du reptile le compagnon favori du dieu20. De la même façon s’explique la représentation des Dioscures par le serpent enroulé autour de deux vases jumeaux21; car les Cabires phéniciens passaient pour avoir inventé l’art de la navigation22 et, comme le dieu Bès, comme les Patèques grotesques que les matelots syriens mettaient à l’avant de leur proue, ils devaient agiter parfois des serpents dans leurs mains23. Nous verrons plus loin que le culte du Baal-Milik, adoré sous forme de serpent, a été transporté au Pirée par les matelots phéniciens et qu’il y est devenu le Zeus Milichios, assis sur un trône sous lequel se dresse un serpent 24. Le Zeus Sabazios, introduit d’Asie Mineure en Grèce, est également caractérisé par le serpent à grosses joues, TOxpeiaç ocpt; 23.
Eu Perse, la religion de Zoroastre, tidèle aux traditions de la Chaldée, voit dans les reptiles des êtres d’essence impure et malfaisante, tandis que le magisme médique parait emprunter aux sources égyptiennes la conception plus haute du serpent comme symbole solaire et lunaire26. Dans l'Inde, la lutte du dieu principe du bien, Indra ou Vishnou, contre le serpent, principe du mal, rappelle le mythe grec de Zeus et de Typhon. Pareille légende existe dans la religion Scandinave ; mais le dieu Odin se change lui-même en serpent, comme Zeus, quand il veut créer Zagreus, et comme Thétis ou Protée, quand ils veulent échapper à leurs ennemis21. Il est intéressant aussi de constater que dans l'Inde l’idée du serpent passant pour un génie domestique et bienfaisant a persisté jusqu’à nos jours et date sans doute d’une époque fort reculée 28 ; nous retrouverons cette dualité de nature dans l’étude du serpent grec, de même que son caractère d’être omniscient, possesseur des secrets cachés au sein de la terre23.
En somme, par ce bref résumé des croyances orientales et indo-européennes, on voit que si le serpent a passé dès la plus haute antiquité au rang des êtres divins, il le doit surtout à la puissance pernicieuse de son venin : le culte qu’on lui rend a sa source dans des sentiments de crainte. Mais on entrevoit déjà la formation d'une idée qui lui prêtera une essence plus complexe, une sorte de caractère double, lui permettant de passer aussi pour un être inoffensif et même bienfaisant. C’est ce côté que les légendes grecques vont principalement mettre en lumière et c’est en quoi elles se séparent des mythes orientaux. Si Ton veut s’expliquer cette différence, n’est-il pas suffisant de rappeler que les espèces
20 On pourrait citer d’autres exemples de cette transformation. Ainsi daus la légende chrétienne de saint Antoine, le porc, qui représente particulièrement les iustiucls grossiers et pervers vaincus par l’ascétisme, devient ensuite un compagnon divertissant et amical. — 21 Cf. dioscobi, t. Il, p. 255, lîg. 2437. — 22 Lenormant, l. c., p. 773. — 23 Le dieu Bès se montre déjà en Egypte avec des serpents dans les mains ou daus la bouche; Benndorf et Niemann, Dits fferoon von Gjôlbascfti , 1889, p. 83, fig. 70, 71, 74, 78. La déesse phénicienne Astarté, debout sur le lion, est représentée aussi avec la vipère dans une main, par imitation des types égyptiens; cf. Roscher, Lexikon der Mythologie , p. 653. — 24 Bulletin de correspondance hellénique, 1883, p. 513. — 25 Cf. Foucart, Associations religieuses chez les Grecs, p. 77 et s. ; Bull, de corr. hell. 1877, p. 369 ; 1878, p. 55. — 2G Gazette archéol., 1878, p. 139 et note 3. — 27 De Gubernatis, Zoological Mythology , p. 3 92, 407 , 408. — 28 Ibid., p. 408. — 29 Ibid. p. 406. On trouvera de curieux détails sur le culte des serpents en Allemagne et chez les populatious sauvages de l’Afrique dans la dissertation de Schwartz, Die altgriechischen Schlangengotthciten, Berlin, 1858. — 30 Aeschyl. Choeph. 258; Sophocl. Antig. 531 ; Euripid. Ion, 1262; Aie. 311 ; Theognis, Fragm. 602. — 31 Aeschyl. Suppl. 268. — 32 Cf. Gazette archéol. 1875, p. 69-72 et la curieuse miniature de basse époque qui représente cet épisode. Nicandre avait écrit un livre sur les serpents 'Ooiaxà. — 33 Voy. dans le Dict. t. I, p. 95, fig. 145; p. 748, fig. 878; Millier- Wieseler, Den/cmàler der alten
dangereuses, au venin rapidement mortel, les races gigantesques de reptiles, étaient nombreuses en Afrique et en Asie, tandis que les espèces inoffènsives ou de petite taille étaient, au contraire, plus fréquentes en Grèce?
Gkèce. Le serpent envisagé comme symbole malfaisant.
— Les effets pernicieux de la morsure des serpents ont amené les Grecs, comme tous les autres peuples, à faire du reptile un animal impur et dangereux. Le mot même est pris fréquemment avec une acception injurieuse30. Dragons et serpents sont comptés au nombre des fléaux dont les héros sont appelés à purger la terre **. D'après une légende rapportée par Hésiode, au dire du poète Nicandre de Colophon, ils sont nés du sang des Titans révoltés contre Jupiter et foudroyés par lui32. Nous n'avons pas de peine à reconnaître ici l’influence des mythes originaires de l’Asie centrale que nous avons rappelés précédemment. Aussi les reptiles servent-ils à caractériser la nature malfaisante des monstres que les Grecs avaient copiés plus ou moins fidèlement d’après les types orientaux : il suffira de rappeler les serpents noués autour du cou de Méduse ou entrelacés dans ses cheveux 33, ceux que ses sœurs les Gorgones brandissent dans leurs mains 3t, ceux qui s'enroulent autour du corps de Cerbère dans les représentations les plus anciennes35, et la queue en forme d’aspic sifflant qui est donnée à la Chimère36. Des combinaisons analogues prêtent un aspect terrible aux monstres tels qu’EClIIDNA, IIYDDA, SCYLLA, etc.
Les divinités des enfers sont naturellement pourvues de cet attribut, qui sert, comme dans la religion égyptienne, à torturer ou à épouvanter les méchants. Ixion sur sa roue est en proie à leurs morsures37; la déesse Némésis s’en arme 38, comme les Furies qui poursuivent Oreste ou qui régnent dans le sombre séjour des morts33 (fig. 2572). Les Olympiens eux-mêmes en font volontiers les instruments de leur vengeance ou les exécuteurs de leurs décrets souverains : c’est ainsi que Junon, par jalousie contre Latone, déchaîne contre elle le serpent Python, tué par le jeune Apollon, et que, par jalousie contre Alcmène,' amante involontaire de Jupiter, elle envoie deux serpents pour étouffer Hercule enfant 40. Minerve terrifie les
Kunst, II, pl. 72 ; Baumeister, Den/cmàler des klassischen Alterlhums , fig. 983, 985, etc. — 34 Annali delV Inst. 1866, pl. R. — 35 R. Rochette, Monuments inédits, pl. 49; Arch. Zeitung, 1859, pl. 125; Monumenti delV Inst., VI, pl. 36. — 36 Voy. dans le Dict. t. I, p. 1103, fig. 1365; Monumenti dell' Inst., II, pl. 50; IX, pl. 52.
— 37 Annali dell' Inst. 1873, pl. IK ; Baumeister, op. I., fig. 821. — 38 Gazette arch. 1878, p. 105 (vignette). — 39 Arch. Zeit. 1867, pl. 222; Bullettino arch. Napolitano , N. S. I, pl. 6; Baumeister, op. I., fig. 1312, 1313, 1315; Roscher, Lexikon der Mythol., p. 1330, 1331, 1335, 1809 ; Müller-Wiescler, Den/cm., II, pl. 74, n° 955. Euripide les appelle SçaxovxwSu; xôço» (Or. 249) ; cf. Aeschyl. Choeph. 1049, 1050.
— 40 üuruy, Histoire des Grecs , I, p. 739; Decharme, Mythologie de la Grèce antique , 2° édit. p. 510. Rapprochez l’histoire d'Admète coupable d’avoir oublié un sacrifice à Artémis le jour de ses noces avec Alceste; en entrant dans la chambre nuptiale, il la trouva remplie de serpeuts (ibid., p. 614). Nous parlerons plus loin, à propos d’Apollon, du serpent Python. Pour l’épisode d’Uercule, cf. Pind. Nem. I, 43; Plin. Hist. nat. XXXV, 63 (tableau de Zeuxis); Arch. Zeitung, 1868, p. 33, pl. 4; Annali delV Inst., 1863, pl. Q; 1882, p. 290-300; Monumenti dell' Inst., XI, pl. 62; Conestabilc, Pitture murait, pl. 15, p. 141 ; Gazette arch., 1875, pl. 14-15, p. 63; Baumeister, op. L, fig. 721 ; Clarac, Musée de sculpture, pl. 782 (1958). Voy. le Dict. t. I, p. 803, fig. 974; Roscher, Lexikon der Mytholog. p. 2222, 2242.
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Troyens et punit Laocoon d’avoir voulu déjouer la ruse des Grecs en faisant périr le père avec ses fils sous les morsures de deux dragons4*. Elle frappe de démence les Mlles de Cécrops qui ont ouvert par curiosité la ciste contenant Erichthonios et qui sont poursuivies par les serpents du jeune dieu ». Déméter agit de même avec les filles du roi d Eleusis, Kéléos43. Neptune, pour venger les Néréides de l'insolence de Cassiopée, suscite sur les rivages de l'Ethiopie un dragon marin auquel un oracle dévoue Andromède, sauvée plus tard par Persée 44 La deesse Chrysé, gardienne de l’île de Lemnos, cause
la maladie de Philoctète, mordu par
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le serpent qui vit au pied de son autel43. La lég ende du fils de Lycurgue, Archémoros ou Opheltès, offre des détails analogues : pendant que sa gardienne Hypsipylé montre aux Grecs une source où ils veulent puiser l’eau, l'enfant est assailli et étouffé par un dragon 4n (flg. 2573).
Le serpent devient même une arme redoutable entre les mains des dieux,
qui s’en servent pou, repousser leurs ennemis : telles sont les représentations de Bacchus combattant les Géants4’, du même dieu punissant les pirates», de Thétis repoussant Pélée qui cherche à l'enlever», et de la figure énigmatique q n voit dans la frise de Pergame sous les traits d'une lemme lançant un vase rempli de serpents60. La même idee a donné naissance à une décoration particulière des bouchers sur lesquels apparaissent des serpents enroules ou dressés, la gueule ouverte, faisant mine de se jeter sur l’ennemi5*. Le même symbole guerrier figure parfois sur des trophées, des monuments de victoire comme le trépied de Platées63. Au nombre des mêmes symboles il faut placer l'image si fréquente du serpent enlevé par un aigle ou par un autre oiseau, qui a le caractère de présage63. Le serpent fascinant l’oiseau à un sens analogue : on sait que Calchas prédit aux Grecs es neuf années du siège de Troie en voyant huit passe-
l'ig. 2573. — Mort d’ Archémoros.
“ Aeneid ■ 203 et S-; «aller- Wieseler, Denkmaler, I, ni. 47 n.
Xekule von Sicilien, p. 39, fig. 81; Annuli, 1873, p|. 0; Gazette
a, ch 1878, pl. 2 et p. H ; Arch. Zett. 1863, pl. 178; cf. Robert, DM und Lied p. 197, 198. — 42 Annalt, 1879, pl. F, plus loiü la note 84. — *3 Uno coupe de Bry’ gos représente peut-être cette aventure; Gerhard, Trinkschalen, pl. AB- Ann ai
Z; t ' VT DUd und Ued' "■ **■ - 41 Cf-
Mytholog. p. 346 -, Monument,, X, pl. 52 ; IX, pl. 38; Annal,, ,878, pl. S- Clarac -Vus. de sculpt., pl. ICI C (203 A). - 45 Sophocl. Philoct. 1327; cf Gerhard’ Anhke Bildwerke, pl. 309, n» 7; Monumenti delV Inet. VI, pl. 8.-46 Cf R0s’ cher, Lexikon dey Mytholog. p. 472473; Baumeister, op. L, fig. no - Winckel manu, Monumenti inedili, pl. 83. 47 Gerhard, Auserlesene Vasenbilde,-, pl 50 *’■ - » V°y- le Dict- *■ I- P- «**, flg. 688. - 49 Baumeister, op. I., fi^. ,881 ’ Monument,, I, pl. 37. — 50 „ Die Schlaugentopfwerferin » ; cf. Arch. Zeitung I884’ p. 214. - ol Voy. clipeds, fig. 1635, 1640 ; Furtwaengler, Collect. Sabouro/f, pl 49 • Monumenti, i, pl. 51 ; II, pl. 22; V1-V1I, pl. 34, 78 ; Annal,, 1844, pl. C ; 1802, pl. B
peaux et leur mère dévorés successivement par un rep- L e enroulé autour du platane auprès duquel l’armée offrait un sacrifice64. Ainsi s’explique aussi la présence * u serpent auprès des personnages que menace une mort prochaine ou qui sont l’objet de la colère céleste, comme 1 olyphème, Amphiaraos, Hector, Polyxène, Promethee, etc.66.
Le serpent envisagé comme dieu autochthone, gardien des lieux sacres. - Les mythes grecs, que nous venons de rappeler, sont tout entiers imbus de l’idée orientale qui lait du serpent un être malfaisant entre tous. On remarquera d’ailleurs que la plupart ont pour théâtre des régions éloignées de la Grèce et voisines du sol asiatique, .fais nous allons voir dans les croyances purement helemques s introduire une conception différente qui, déveoppee peu à peu par les légendes locales, modifiera sensiblement le caractère pernicieux attribué au reptile et qui, poussée à ses dernières limites, aboutira à une transformation complète du serpent en divinité protecnceet bienfaisante. J’ai déjà indiqué, au début, que ce changement a pour cause, à mon sens, un fait très smiple et de nature en quelque sorte zoologique ; c’est a différence des races de serpents qui a créé la différence des croyances en Asie, en Afrique et en Europe. LesGrecs ont ete plus frappés de la nature mystérieuse et fuyante < u reptile que de son caractère pernicieux et militant. Son allure rampante, son goût pour la solitude, son habitude d ehre domicile dans des creux de rochers, dans des crevasses profondes, l’ont fait passer à leurs yeux pour un être symbolisant les puissances secrètes que recèle le sein de la terre. Avant d’être un attribut aux mams des Olympiens, un accessoire enroulé autour du bâton d Esculape ou du palmier d’Apollon, il a été un dieu fie la religion naturaliste, il a fait partie du Panleon terrestre que s 'était créé l’imagination de l’Hellène primitif, il aparticipé de la nature mythique qu’on prêtait
aux arbres, aux sources, aux fleuves et à la mer, il a eu sa place parmi ces premières divinités qu’est venue détrôner ensuite la souveraineté puissante des Olympiens, créée par le second âge de la religion grecque, l’anthropomorphisme. Ce qui le prouve, c’est qu’on trouve le culte du serpent intimement mêlé au culte des arbres, des sources des emplacements consacrés dont les dragons se constituent les gardiens redoutables66. S’ils entrent en lutte avec les mortels ou même avec les dieux, c’est qu’on les attaque, c’est qu’ils ont à défendre leur empire Rien nest plus instructif, à cet égard, que l'histoire du serpent Python et du combat qu’il soutient contre Apollon. L’installation du fils de Latone dans son nouveau sanctuaire de Delphes n’est pas autre chose que la dépossession de l’ancien dieu du naturalisme par le jeune
IS07, pl. F; 1375, pl. FG; Arch. Zeit. 1851, pl. 30, n" 1, etc. Les Diemnl»» . !« fTr Cf//'a dTCriPti°n JU b°UCliel' d'HerCule daus Hi'si°de. Sent. Vc
r„ zT'/hT rVz ,j- 87- Vuy- ie Dict- "■ ,is- 2hj ; «*■ Mioiogus,
1867, p. 8o, Jahrbuch de; deut. Inst. 1886, p. 176. - 53 Baumeister on t flg. .036, 1037, ,053 ; Bull, de con: . hell., 1884, p. 17, ,53; Le Bas e Re nach’
l°’JZ [ , ^ C'rCCe' Pl’ ,3‘ ; DÜ1SChkc' Antike Bildwerke, III, n» 28 • Arch
fZ Z i ' 8V f.Stephaui’ Con‘Ple rmdu * Saint-Pétersbourg, 1803, p go 132, 1*8 Le combat des griffons contre les serpents a un caractère générale^ decmatif, mais il denve de la même idée; cf. Ib. 1863, p. 278- 1864 p 72
p" V' Bfi“iCher’ ^ d” Venen,
p. -0, -08, .10 , btephani, Compte rendu de Saint-Pétersbourg, 1869 n in sur une série de pierres gravées avec le serpent fascinant un oiseau. -1 56 inimui i , p i . 7, tig. 1 , X, pl. 4-5; Inghirami, Galleria omerica, pl. 211- Arch
W tZ T' "iSt- deS GreSC' P- *» = voy. le Dict. , ’p 5 £ 618‘ ~ '’1' V°5r- ouvl’age déjà cité de Bütlicher, Daumkultus, Berlin, 1856.