‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 3)Chapitre 47 sur 111 · DUO · texte numérisé non relu

DUO

jamais abdiqué rien de ses droits. Mais une révolution s'accomplit avec le christianisme : le rôle que lui prêtent les li\ i es saints dans la Genèse, la prophétie qui le mon tre sous le pied de la femme et vaincu comme le symbole du mal, en font à tout jamais un être répugnant et vil. Le serpent familier d Esculape, le doux compagnon des dieux Lares a disparu à jamais. Des traditions éparses que lui transmet 1 antiquité le christianisme ne retient qu’une chose : la puissance malfaisante et perfide du reptile. Une classe d’hérétiques, les Basilidiens ou Ophites au h siècle de notre ère, tentent en vain de ressusciter son culte en le prenant pour l’incarnation du Christ luiinême m. Les Pères de l’Église foudroient de leurs anathèmes les gnostiques, et l’un des fils de Constantin, Constance II, se fait représenter sur ses monnaies foulant

le serpent sous les pieds de son cheval avec la devise debellator hostium m, préparant ainsi les images de saint Georges et de 1 archange saint Michel chères aux artistes de la Renaissance. La figure du serpent est pour toujours inséparable de l’ennemi du genre humain, le diable, qui, suivant la forte expression de saint Augustin, leo et draco est : leo pr opter impetum, draco propter insidias 11:\

E. PoTTIER.

DRACONARIUS. — Celui qui porte l’enseigne appelée draco [signa militaria].

DRACONTARIUM. — Bandeau enroulé autour de la tête comme un serpent1 ou comme un double serpent. Certains colliers [torques] offrent le modèle d’une semblable disposition2. E. S.

DROMAS, DROMEDA, DROMEDARIUS [camelus], DROMO (Apogtov). — Vaisseau de forme très allongée et a marche rapide h qui était, comme 1 indique son nom, destiné à la course. Ce nom n’apparaît pas chez les auteurs ou dans les constitutions impériales avant le vi° siècle ap. J.-C., mais dès la première moitié du v° il est fait mention d’un praeposilus dromonariorum 2, c’està-dire d'un chef des rameurs qui montaient sur les dromones. C’est sans doute sur un navire semblable que Sidoine Apollinaire s’embarqua pour descendre le Tessin, et que Ion appelait, dit-il, cur&oria3. Des dromones étaient, en effet, employés4 aux transports publics sur les fleuves et sur les côtes. On les fit servir sur mer poulies croisières6 et ils devinrent des vaisseaux de guerre D'après la description de Procôpe7, ils n’avaient qu’un rang de rameurs protégés par une couverte ; mais ailleurs

03 Cf. .le Gubernatis, Zoological Mytholog. p. 471, nute, August. Contra Manicfi. II. 20. Voy. le I)ict. t. I, p. 10. — 174 Cohen, Monnaies impériales , VI, pl. 9, u" 7. — 17b August. Homel. 37. Cf. Apocahjps. XII, 719: « Et projcctus est draco ille magnus, sevpens autiquus, qui vocatur diabolus et satanas, qui seducit universum orbem. » — Bidliosmfhii. Schwartz, Die altgriechischen SchlangengoUheiten, Berlin, 1838 (dissertation fondée sur l'assimilation du dragon avec les phénomènes orageux, avec la foudre et l’éclair; nous n'avons pas cru devoir discuter ce genre d’interprétation en exposant notre théorie, qui est toute différente) ; Slephani, Die Schlangenfütteruny ( 1er orphischen Myslerien ; Maehly, Die Sc/tlange im Mythus und Cultus der classisehen Vàlker, Rasel, 1807 (nous n’avons pas pu consulter ces deux travaux qui n’existent pas dans les bibliothèques de Paris); G. Boetticher, Der Ba.umku.ltus der Hellencn , Berlin, 1836, ch. xiv; A. de Gubernatis, Zoological Mijthology or the legends of animais, t. II, part. III, eh. v, Londres, 18/2; voy. en notes les articles cités des Denktnâler des /classisehen Altertums de Baumeister et du Lexikon der Mythologie de Roschcr.

DRACONTAHIUM. I Tertull. De cor. mil. 10 : » Quid caput strophiolo aut dracontario damnas, diademati destinatum. — 2 Cf. Don., /user. cl. I. n" 91.

DROMO. 1 Isidor. Orig. XIX, i, 14; Procop. Bell. Vand. I, 11, p. 300, éd. de Bonn, 1833; Thesaur. nov. latin, ap. Mai, Aticlor. VIII, p. 174; Theop. Simocatta,

Hist. p. 178 A. — 2 Ap. Marin, in Pnp. diplom. n” 114, cité par Du Cange, Gloss, med. latin», s. v. dbomones. — 3 sid. Ap. Ep. 1, 3. 4 Cassiod. Var. V 17;

Du Cange, l. I. - 0 Cod. Just. I, 27, 2, § 2. — 0 Maurit. imp. A. milit. passim!

— 7 L. I. — » Cassiod. Var. V, 17; Leo, Tact. XIX, 41; cf. Jal, Archéologie

il est question de dromones à plusieurs rangs de rames8.

E. Saguo.

DROMONARIUS. — Homme de l’équipage d’un dromo '. DRYADES [nympiiae].

DUCENARIUS. Ce mot, qui signifie proprement « relatif à deux cents, préposé à deux cents, etc. », était, au temps des empereurs, le nom de divers magistrats et fonctionnaires. 11 désignait :

1° Une certaine classe de juges établis par Auguste \ qui prononçaient sur des affaires de peu d’importance [judex]. Ils étaient choisis parmi ceux dont l’avoir était évalué, dans le recensement, à 200 sesterces, et c’est de là que leur venait leur nom.

2 Les procurateurs impériaux [procurator], qui recevaient pour leurs appointements 200,000 sesterces2. Claude leur accorda les ornements consulaires3.

d1 11 est encore question de ducenarii dans lu maison militaire des empereurs, qui étaient sous les ordres du maitre des olfices [magister officiorum]; ils sont mentionnés particulièrement avec les agentes in rébus 4.

i° On trouve également des employés de ce nom dans l'office de certains grands fonctionnaires soit de la capitale, soit des provinces6, et parmi les percepteurs des taxes6.

ô" Enfin, et peut-être est-ce là l’acception primitive du mot, on appelait ducenarii des officiers qui commandaient deux centuries1, de même qu'on trouve le nom correspondant de centenarii dans le sens de cenlurioncs 8. R. DIJCIIO DEBIl'ORls [debitoris ductio].

DULCIA, DULCIARIUS. — On appelait dulcia, chez les Romains, toules sortes de confiseries ou de pâtisseries laites de farine et de miel, et celui qui les faisail dulciurius ou pistor dulciarius 1 [pistorj. E. S.

DUODECIM SCRIPT' A (Ludus duodecim scriptorum)' .

Jeu pour lequel on se servait d’une table ou casier (alueus 2, tabula 3), sur laquelle étaient tracées douze lignes (scripla), coupées elles-mêmes par une ligne médiane de manière à dessiner vingt-quatre cases 4. On jouait avec des dés qu on lançait ( mittere , jacere) au moyen d’un cornet (pyrgus-, fritillus), et de pions ou de dames ( calculi ) de deux couleurs différentes G, que chaque joueur plaçait et faisait avancer (dure, promovere calculas ) 1 dans les cases, suivant le nombre des points amenés. Le coup de dés appai tenait au hasard; 1 adresse et les combinaisons intervenaient dans le placement des dames \ Ce jeu avait donc de 1 analogie avec le jeu moderne du tric-

navale, 1, Mém. IV ; Glossaire nautique, p. 604; /.a flotte de César, Paris, 1861, p. 120. DROMOXAR1US. 1 Cassiod. Var . IV, 15. Voy. tiromo, note 2.

DUCENARIUS 1 Suet. A ug. 32. — 2 Üio Cass. LUI, 13. 3 Suet. Claud. 24..— 4L. 1, 3, 4, C. De agent, in reb. (XIII, 20); 1. 8, 20, 21, Co . Tlieod.

(VI, 27). — s L. 7, 8, 9, C. Th. De palatin. (VI, 30); L. Lyd. De mag. III, 15, p. 208, 210, 215, Dindorl. — fi L. I, 9. C. Th. De exact. (XI, 7). — 7 Vegot. Mil,

11, 8; Orelli, Inscr. u° 3444. — a Veget. Mit. Il, 13.

DULCIA , DULCIARIUS. 1 Apul. Met. X, 13 : « Pistor dulciarus qui panes et molli ta concinnabat edulia... hic panes, crustula, lucimentos, liamos, lacertulos et pluru scitamenta mellita. » Cf. Martial. XIV, 222; Lampr. Heliog.il-, Isid. Or. XX, 2, 18.

DUODECIM SCR1P1A. 1 Cic. De or. 1, 50 , 247 ; « Duodecim scriptis ludere », et ap. Non. s. v. scriptat, p. 170; Quintil. XI, 2, 28. — 2 Auth. lat. Boehrcns, IV,’ u“ 373 = Ricse, 193. — 3 Mart. XIV, 17, Tabula lusoria; cf. De laml. Pisonis, in Wernsdorf, Poetae lat. min. IV, i, p. 277, v. 180. Ces noms de tabula et alrnus, s'appliquent au tablier en usage pour tous les jeux du même geure. — 4 Ovid.

Ars am. III, 363; Agathias, Anthol. gr. Jacobs, XI, p. 99. Le dessin d'une table reproduit par plusieurs auteurs et eu dernier lieu par Becq de Fouquières, Les Jeux des anciens, 2« éd. Paris, 1873, p. 264, d’après Gruter, Monum. Christianorum, p. 1049, I, est apocryphe, comme l'avait déjà recouuu Ficoroni, / /ali de ont. Bornant, Rome, 1734, p. 102. — B Anth. lat. IV, 373 et s. Boehrens = 193 Riese. Voy. ™itii,lus. — 6 Anth. lat. L l. — 7 Quint. I. I. ; Ovid. Trist. II, 476 ;

Ars am. Il, 204. — # Cf. Plat. Bep. X, p. 604 c; Plut. De trang. an. 5; Terent. Adelph. IV, 7, 21; Aristacuet. I, 23; Ovid. Ars am. I. I.

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