‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 3)Chapitre 55 sur 111 · ECU · texte numérisé non relu

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remplacer celle qu’avait mangée Gérés m. A Rome, la lmée et les gouttes d’eau dont parfois se couvraient les statues d’ivoire dans les temples étaient regardées comme des larmes; c’était là un prodige dont on tirait de funestes pronostics131. C’était aussi une opinion assez répandue que l’air de Tibur empêchait l’ivoire de jaunir138. Enfin, pour guérir le mal de tête, on préconisait, entre autres remèdes, un petit os de limace trouvée entre deux ornières, traversé par une tige d’or et d’ivoire et enfermé dans un sachet de peau de chien130. Alfred Jacob.

EC.HEION (’H/sïov). — Ce mot, que l’on traduit communément par « cymbale », ne paraît pas être cependant un synonyme de cymbalum et Étymologiquement on

peut entendre par r,/eïov tout ce qui est sonore, tout ce qui rend un bruit (^o;) ; mais S1 Éon examine les textes où le mot se rencontre, on voit qu’il n'est question nulle part de disques concaves réunis par paire, comme sont les cymbales [cymbalum], et que l’on frappe l’un sur l'autre, mais d’instruments simples, ayant un creux destiné à répercuter le son : par exemple la caisse tendue de peau d'une timbale1 ou la table d'harmonie d’une lyre3. On ne peut dire précisément quelle était la forme de l’instrument du même nom dont on se servait dans les représentations du drame sacré des Éleusinies et au retour de la procession des mysles à Athènes 3 [eleusinia]. 11 est probable que par sa forme il ressemblait à la timbale et à la cymbale, ou plutôt à ces timbres ou vases hémisphériques que l’on voit figurés dans des monumentsde la fin de l'antiquité, quelquefois disposés en série harmonique, et que l'on faisait résonner en les frappant à l'aide d'une baguette et d’un marteau (fi g. 2594) 4 .

136 Plin. XVIII, 6, 4; cf. Pind. 01. I, 27; Virg. Georg. 111, 8 ; Ov. Met. VI, 404- 411.— 137 Virg. Georg. I, 480; Ovid. Met. XV, 702; Val. Place. Argon. II, 406. -138 Sil. ital. XII, 229; Prop. V, 7, 82;Mart. IV, 62; VU, 12; VIII, 28.— 139 Plia. XXIX, 36, 2. Le texte d'ailleurs est altéré. - — Dmn0GUAPF.il:. C. G. Ileyne. Super voter, ebore eburneisque signis, in Novi Commentarii Soci. Gotlingens ., I, 2 (1769), p. 96 et s. ; Id. Antiquar Aufsiltze, 1779, II, 149 ; Quatremère de Qniney, Le Jupiter Olympien , Paris, 1815; de Clarac, Musée de sculpture, I, partie technique, p. S8 et s. ; Ottf. Muller, Hcmdbuch cl. Archâologie, Breslau, 1848, § 312; Schubert, llheinisches Muséum , Neue Folge, XV, p. 115: H. Bliimner, Technologie und Terminologie der Gewerbe und Künste bei Griechen und Rômer, U, p. 361. Loipz. 1879 ; Marquardt, Rom. Prioatalterthilmer , 2° éd. Leipz. 1886, II, p.672, 741.

ECIILION. 1 Plut. Crass. 23. — 2 Hesych. S. V. ‘H^elov, xàlajAox, xiUiJAo;. — 3 Le scholiaste d'Aristophane, Acharn. 708, parle de cymbales et de tambourins; Apollodore (ap. Scliol. Tlleocr. Il, 36) d'un instrument spécial : TôLtyôpevov /i/.eïov. Cf. F. Lenormant, Monographie de la voie sacrée ëleusinienne , I, p. 278ets. — 4 Miuiature d’un ms. de la Genèse, de Nessel, Cataloy. codicum ms. graecor. Vindob. 1690 ; Garucci, Storia dell' arte crist. t. III, pi. 120. On voit assez fréquemment dans des bas-reliefs et des miniatures du moyen âge, des personnages frappant de la même manière sur des cloches suspendues. Voy. Viollet-le-Duc, Diction, durr.obilier, au mot Clochettes ; Gav, Gloss, archéolog . au mot Cymbale. — 5 Scbol. Aristoph. A ub. 292 et 294 ; cf. Pollux, IV, 130 ; Suid. s. v. pçovti). — 6 1, I et V, o. — 7 Outre les aneieus commentateurs de Vitruve, voy. sur cette question Stieglitz, Archàol. der Ba.ukv.nst der Griechen und Rômer , Weimar, 1801, II, 1, p. 154; Wieseler, GriecJi. Theater , dans V Encyclopédie d'Ersch et Gruber, t. LXXX1II, p. 234, et, plus particulièrement au point de vue musical, Willmanus, in Commentationes philol. in honorent Th.

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On appelait aussi vq/Elov ou pfovtEtov des vases remplis de pierres, au moyen desquels on imitait, au théâtre, le bruit du tonnerre, en les agitant derrière ou sous la scène s.

Vitruve6 recommande de placer dans les théâtres des vases d’airain (ou au besoin d’argile), qu il appelle de leur nom grec vj/eToi, destinés à donner aux sons venant de la scène, en les répercutant, plus d’ampleur, de douceur et d’éclat. Il n'indique pas la forme des vases, qui devaient avoir quelque ressemblance avec ceux dont il vient d être parlé. Ce qu’on peut comprendre d’après son explication 7, c’est que ces vases, accordés entre eux à la quarte, à la quinte, à l’octave, étaient disposés en série graduée, à des distances mathématiquement calculées, de manière à vibrer sous l’influence des sons auxquels ils correspondaient. Ils devaient être placés dans des niches ( cellae ) pratiquées sous les gradins des auditeurs, sur un seul rang si le théâtre était petit, sur trois s il était d’assez vastes dimensions, et suspendus au moyen de supports terminés en pointe, sans contact avec la muraille, et leur ouverture tournée vers la scène.

L’efficacité de ce procédé acoustique et même la possibilité d'y recourir a été tour à tour admise ou contestée8. Vitruve dit qu’une disposition pareille à celle qu’il décrit ne se rencontrait pas de son temps dans les théâtres de Rome, mais qu’on en pouvait montrer des exemples en Grèce et en Italie. On a cru, en effet, reconnaître des restes de niches disposées d’une manière plus ou moins conforme aux prescriptions de Vitruve parmi les raines de plusieurs théâtres grecs9 et des observations semblables faites dans des édifices construits au moyen âge tendraient à prouver que la tradition antique ne s’était pas perdue 10. E. Saglio.

ECIllDiNA, 'E/iovk, la Vipère. — Echidna est de la famille des monstres divins originaires d Asie que la mythologie grecque a adoptés'. Elle habite en effet « le pays des Arimiens1 », dont les géographes anciens ne donnent pas la situation exacte, mais qu'ils placent toujours dans des contrées de l'Asie Mineure baignées par la Méditerranée, en Cilicie, en Lydie2, en Mysie3.

D’après la théogonie hésiodique, Echidna appartient aux générations des premières périodes du monde : elle est fille de l’horkys et de Kéto4, qui ont été enfantés par Gaia unie à Pontos. Une autre généalogie la fait naître de

Mommsenii , Borl. 1877, p. 259 ; A. Muller, in Philologue , XXIII, p. 510 ; Ici. Griech. Bühnenalterthilmer, p. 43. — 8 Chladni, dans la Caecilia , XXII, cité par Ottf. Muller, Handbuch der Archàol. 289, 7; Biot, Traité de physique expérim. et mathém. , Paris, 1816, II, p. 187 ; A. Millier, et Wieseler, 1. 1. On lit déjà dans Aristote, Probl. XI, 8 :

eàv xi; xx 10 ov VEÇojiia xevâ xaxopûix] xod îîwpâff r,, |xà).7.ox r x </. oîxrqittxa ; cf. 1 lin.

H. nat. XI, 270. — 3 Voy. lesexemplcs réunis et cités d'après plusieurs voyageurs par Wieseler, dans Y Encyclopédie d’Ersch. et Gruber, t. LXXX1II, p. 234. — 10 Ballet, archéol, du comité hist. des arts et monuments, II, 1842, et IS43, p. 440; Magas. pittoresque, (864, p. 23; Dklrou, Annales archéolog., t. XXI, p. 274; Viollet-le-Duc, Dict. de l’archit. française, au mot Pot; Bullet. de l'Instit. de corr. arch. 1848, p. 57 ; Jahrb. d. Alterthumsfreunde im Rheinlande, XXXVI, p. 35; XXXVII, p. 57, 64; XXXVIII, p. 158; Vachez, Des ecltea ou vases acoustiques, Caen, 1886.

EC1UUNA. 1 Theog. 304, e!v Quelques-uns (C&llim. ap. Slrab. XIII,

p. 627; Scbol. ad lliad. II, 783; Scbol. ad Theog. 304) croyaient que le poète avait voulu désigner par ces mots non un peuple, n>ais une chaîne de montagnes, "Aoip-a. — - Schol. ad Theog. et lliad. I. c. C’est en Cilicie que Pindare, Pyth.

I, 32, place l'autre de Typhou, le monstre avec lequel Echidna s'est accouplée. — 3 Démctrius de Skepsis ap. Strab. XIII, p. 626 d. Il est vrai que Déraétrius était Mysien. -• 4 Theog. 295. CL II. Flach, Hesiod. Kosmogonie, p. 84. Cette généalogie a paru incertaine, le texte de la Théogonie, en cet endroit, ne désignant pas clairement Kèto comme la mère d’Echidna. Mais si l'on se reporte au v. 333, où le serpent des Hespérides est représenté comme le dernier-né de Kèto etde Phorkys, on voit que les monstres dont il est précédemment question ont la même origine. Cependant G utscllmiclt [R hein. Mus. XIX, p. 399) et Th. Bergk [Jahrb. f . Philol. 81 , p. 407) ont soutenu que, chez Hésiode, Echidna est fille de Chrysaor et de Callirrhoè.

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