‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 3)Chapitre 56 sur 111 · EG · texte numérisé non relu

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l'Océanide Styx et d’un certain Peiras\ qui se confond sans doute avec Peirasos, fils d’Argos 6 : c’est donc une généalogie créée à l’intention de donner à Echidna une origine péloponésienne. 11 ne faut pas attacher plus d’importance au texte d’Apollodore \ d’après lequel Echidna, fille du Tartare et de la Terre, aurait été tuée, pendant son sommeil, par Argos. Le mylhographe en elïet confond la généalogie d’Echidna avec celle de Typhaon, et la mort d’Echidna est en contradiction avec le texte hésiodique qui fait d’elle un être immortel et qui ne vieillit jamais8.

Comme ses sœurs, les Grées et les Gorgones9, Echidna est un être monstrueux. Ce qui la distingue, c’est le mélange, en sa personne, de la nature humaine et de la nature animale. La partie supérieure de son corps est celle d'une belle jeune fille ; par la partie inférieure, elle est un serpent énorme10. Née dans une caverne, elle vit sous la terre11. Aristophane la range au nombre des monstres placés dans les enfers, pour l’épouvante et les tortures de ceux qui y descendent 12. Dans les profondeurs du sol où elle habite, elle s'est unie à Typhaon13, dont elle a eu de monstrueux enfants : Orthos ou Orthros, le chien de Géryon; Cerbère, le chien d’Hadès; l’hydre de Lernes11; et encore, d’après des traditions postérieures à la Théogonie, le serpent des Hespérides15, l’aigle de Prométhée16, le Sphinx n, la Chimère ls, le dragon de Colchide, Scylla 1!). L'union d’Echidna et de Typhoon indique que ces deux êtres étaient considérés comme ayant une certaine affinité. Or, Typhaon étant en rapport soit avec les vents de tempête20, soit avec les tremblements de terre et les éruptions volcaniques21, il en résulte qu’Echidna, dont on peut, si l’on veut, faire remonter l'origine jusqu'au serpent védique Ahi22, devait avoir, aux yeux des Grecs, une signification analogue à celle qu'ils attribuaient à Typhaon23.

S’il faut en croire un écrivain chrétien anonyme, les Grecs d'IIiérapolis en Phrygie rendaient un culte divin à une vipère monstrueuse, qui rappelle peut-être l’Echidna du pays des Arimiens. Ce culte aurait été détruit par les apôtres Jean et Philippe21.

Echidna fut figurée d’assez bonne heure par l’art grec. Sur le trône d’Amyclées, œuvre de Bathyclès de Magnésie qui vécut vers la 00° olympiade, elle était représentée avec Typhaon, faisant pendant à des Tritons28.

D'autres traditions, moins répandues que celles que

S Pausan. VIII, 18, 2, d’après Epiménide de Crète. — G Pausan. H, 10, 1 ; 17, 5. — 7 II, 1, 2. — 8 V. 305. — 9 Theog. 270, 274. — Jû Ibid. 295 et s. — il 76. 297,300, 304. — 1- 7 ianae, 473. Les cent têtes que le poète lui attribue lie sont qu’une fantaisie destinée à la rendre plus elfrayanle. Chez Euripide, Phéniciennes, 1020, le mot véoirepo; appliqué à Echidna peut signifier seulement qu’elle réside sous la terre, et non, à proprement parler, dans les enfers. — 18 Theog. 306.

— H Ibid. v. 308 et s. — 15 Pherecydes ap. Schol. Apoll. Rhod. IV, 1390; ApOllod. Il, 5, IJ. — 10 Schol. Apoll. Rhod. II, 1248; Apollod. Il, l. c. — 17 Eurip. Pliènic. 1020 et Schol. Apollod. III, 5, 8. — 18 Apollod. II, 3, 1. — 19 Hygin. I, p. 3t, 10, Bunte et fab. 151 ; Ciris , 67. — 20 Theog. 307. — 21 Iliad. 11, 781 et s.; Pind. Pyth. I. 35 et s. — 22 Cf. \V. Cox, Mythol. of the Aryan nations, II, p. 334.

— 23 Jean Diaeonos ( Glossen u. Scholien Hesiod. Flach, p. 317), peut-être d’après des sources anciennes, expliquait Echidna par les souffles qui sont emprisonnés dans les cavités de la terre et qui produisent les tremblements de terre. Mais il donne une interprétation plus que subtile du caractère monstrueux d’Echidna.

— 21 Narralio de miraculo a Mirhaele archangelo Chonis patrato, ed. Max Bonnet, (Anal. Holland, t. VIII, p. 289). — 25 Paus. 111. 18, 10; E. Curtius, Arch. Zeitung , 1881, p. 17, suppose que ces deux groupes servaient de supports aux bras du fauteuil. Cf. L. Stephani Mélanges gréco-romains, t. I, p. 197. — 2G Herod. IV, 9, 10.-27 II, 43, 3.

ECIIINUS. 1 Aristot. H. anim. I, 6 ; III, 11 ; IX, 7, 5 ; Oppian. De pisc. II. 359; Plin. II. nat. VIII, 37, 56 ; IX, 14, 1 et ailleurs. La peau garnie de dards du hérisson était employée au cardage des laines, Plin. VIII, 37, 56 [lana]. — 2 Aristot. H. an. IV, 5; Plin. IX, 31, 51 ; Pollux, VI, 47 et s. Pour les oursins comestibles, voy.

nous venons de rappeler, parlent d’une Echidna originaire de Scythie. Les Grecs du Pont-Euxin racontaient qu’au moment où Hercule arriva dans la région scythique nommée llylæa, Echidna s’unit à lui et lui donna trois fils : Agathyrsès, Gélon, et Skythès, lequel fut l’ancêtre des rois du pays26. D’après Diodore de Sicile 2\ les Scythes prétendaient que Skythès était fils de Jupiter et d’Echidna. 11 est donc certain que la tradition d’un être divin, à moitié femme et à moitié serpent, avait pénétré en Scythie comme en Asie Mineure. P. Decharmiî.

ECIIINUS (’E/Tvo;). — Ce nom, qui est celui du hérisson1 et de l’oursin de mer2, à la coquille hérissée de piquants, étendu par analogie à la capsule épineuse des fruits du châtaignier 3 et du platane1, a aussi été appliqué à divers objets : à un mors garni de pointes5 [frenum], a un bracelet offrant la même apparence6.

Horace mentionne un echinus parmi les ustensiles très simples qui composent un ménage rustique1, sans doute une sorte de terrine ou de marmite8. A Athènes on appelait I^îvoç l’urne de terre ou de métal dans laquelle on enterrinait après l’instruction les pièces d un procès3 [dikè, p. 204],

En architecture, l’échine est le membre qui supporte l’abaque du chapiteau dorique [columna]. E. Sagi.io.

ECIIO, Tl/o). — Nymphe de la famille des Oréiades ’, et qui personnifiait chez les Grecs le phénomène dont elle porte le nom. On ne trouve aucune trace de celte personnification avant l’époque d’Euripide-, qui, dans son Andromède, jouée en 412, introduisit la nymphe Écho pour lui faire dire le prologue de la pièce3. A l'exemple d’Euripide, Ptolémée Philopator donna plus tard un rôle à Écho dans sa tragédie d 'Adonis'*, de même qu'Euboulos avait fait d’elle un personnage de comédie8. 11faut descendre jusqu'aux Alexandrins pour rencontrer sa légende, qui ne s’est formée sans doute qu'assez tard. Encore Moschus n'y fait-il allusion qu’en passant G. Pour connaître toute son histoire, on doit s’adresser surtout à Ovide, qui reproduit, en les altérant peut-être, des sources grecques, et à Longus.

Fille d’un mortel et d'une nymphe7, Echo passe son enfance dans la société des nymphes qui la nourrissent et qui l’élèvent. Les muses l’instruisent dans l’art du chant et de la musique. Au sein des solitudes et près des rochers8 où elle habite, elle rencontre le dieu Pan à qui elle inspire une vive passion. Cet amour, qui est quel-

ci baria, p. 918, et Plaut. Rud. II, 1, 8 ; Senec. Ep. 95, 27 ; Petron. Sut. 69 et s., etc.

— 3 Calpurn. Ed. Il, 83 ; Pallad. Insit. 155. - ’> Hesych. s. v. ; Xenocr. c. 43, p. 0.

— 5 Xenoph. Ei/uit. X, 6 ; cl. Poil. I, 148, 184, 207. - 6 Poil. V, 16, 99. — 7 Sat. 1, 6, 117 ; cf. Lucil. Sal. fr. inc. 137. — 8 Poil. VI, 91, 95 : y.ÙTf«; sUo; ; cl. Hesych. s. v. ; Etym. m. p. 404, 49. - » Cf. Demosth. Adv. Olympiad., p. 1180, 25, et Budae. ad h. I. ; Poil. VIII, 1, 17; Harpocr., Etym. m., Suid. et les autres lexicographes

ICC HO. 1 Anthol. Plan. IV, 233, Echo ôoé<7<xat/Xoî ; Nonnus, Dionys. VI, 306, ■SptoiJpono;, Euripide, Hecub., 1110, appelait l’écho rit;».,- iptias ituTj. Quelquefois, mais rarement, Écho est considérée comme une naïade, Anthol. Palat. IX, 825. Cf. Wioseler, Die Nymphe Echo , p. 4, note. — 2 Cher Piudare, Olymp. XIV, 18, Echo, à qui le poète demande de pénétrer jusqu’à la demeure de Perséphoné, est simplement le retentissemeni des applaudissements de la -victoire; c’esl une abstraction, animée un instant, par le poète ; ce n’est pas une personne divine.

— 3 Aristoph. Thesmoph. 1059 et Schol. Cf. Hartung, Eurip. restit. Il, 3 44, et C. Robert, Arcli. Zeit. 1878, 18. — » Schol. Aristoph. L c. 5 Meioeke, 1, p. 363.

0 Idyll. VI, 1-3. L’amour que Moschus prête à Écho, aimée de Pau, pour un

satyre qui lui-même aime une autre nymphe, semble n’etre autre chose qu un badinage. 7 Long. Past. 111, 23. Le texte d’Hvgin, Fab. 160, donne Écho comme

fille à Hermès; mais on doit lire, avec Bunte, Echion et non Echo. Les mythograplies de basse époque Script, rer. myth. latini, Bode, I, 185 et 11, 180) fout d'Écbo une fille de Junon assimilée probablement à l’air. Cf. Auson. Epigr. XL 3 : « Aeris et linguae sum (ilia (Écho) ». — 8 Echo est qualifiée de ntij-itova, Authol. Plan. IV, 154; Nonnus, VI, 278; XVI, 210 et s.

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