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les trépieds37, les trônes38 et les grands plats contenant des mets39. On trouve dans cette acception le verbe exx uxXeïv, mais non pas le substantif qui en dérive.
Salomon Reinach.
EKLOGEIS [eispdora],
EKMARTYRIA [testis],
ELAGARALUS ( ’EXayaèotXoç *, ’EXsyâêxXoç, ’EXexyàêaXoç 2, 'EXasayaêaXoç *, 'HXtoyaêorXoç ", Elagabalus 6, Alagahalus \ Heelagabalm \ Eliogabalus 8, Heliogabalw\ — Le grand dieu d’Ëmèse en Syrie, adoré sous la forme d’une pierre noire conique de forte dimension10, à la surface de laquelle on voyait certaines empreintes mystérieuses 11 ■ un aureus de l’empereur Uranius Antoninus nous montre qu elles étaient regardées comme la figure du xtsiç. On disait que cette pierre était tombée du ciel, simulacre divin que n avait pas façonné la main des hommes l3. Elle rentrait donc dans la catégorie des bétyles aérolithiques, qui tenaient tant de place dans la religion syrophénicienne [baetylia]. Le nom araméen sur la transcription duquel les Grecs et les Latins ont varié, était Etah-gabal , « le dieu Gabal » ; c’était l'ancien dieu Feu de la Chaldée antésémitique appelé Gibil dans la langue accadienne dont le culte et le nom avaient été ensuite adoptés par les Chaldéo-Babyloniens de race sémitique, et que le rayonnement de l’influence religieuse de Babylone avait transmis aux populations de la Syrie.
Comme la plupart des dieux adorés dans le même emblème, Elagabal était un dieu igné et solaire. De là l’assimilation qu’on en faisait le plus généralement au boleil , de là le nom officiel qui fut donné au dieu quand son culte eut été installé à Rome, Deus Sol Elagabalus 17 banc tus Deus Sol E lagabalus 18, Deus Invictus Sol Elaqabalus '\ de là enfin la forme hybride ‘HAeoyefêaXoç. Aussi la te te du soleil radiée figure-t-elle sur quelques monnaies d Emèse, soit du temps des rois locaux 20, soit de 1 époque des empereurs romains21. Les jeux célébrés en honneur du dieu dans cette ville s’appelaient délia miin . Sur les monnaies d’or et d’argent qu’il fit frapper à Rome, l’empereur Elagabale a fait quelquefois représenter son dieu sous les traits du Soleil debout la tete ceinte de rayons23, et non plus sous la forme de sa pierre sacree. Ce type de représentation est le seul qu’admit le sénat sur la monnaie de cuivre2", dont il avait a direction [moneta]. Mais, comme tous les dieux sémiiques, Elagabal était d’une nature très compréhensive et très complexe; aussi l’assimilai t-on à Jupiter aussi bien quau Soleil23. Au reste, les Grecs et les Romains ont prodigue ce nom de Jupiter aux divinités les plus
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VII n [I27n n XnIU’ 3?3’ ~ M Philostl'- Apollon. VI, 10, p. 240. 39 Athenae I' 354)- O MM1 BTTr- B°ettiSer' Deus " machina (, Opuscula , éd. Silli-
iîü l833’ p- 103 ; Lohde- Di°s^ «à
Wecklein <ifurr ’ no,d. ^ ZraÿiscAe ÆdAue im aZZen AZAen, Munich, 186S •
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Bilhnenwesem, Goètting 18 51 n T /hfer»ebiillde Oenkmaler des aliorumque scriptorum note ’ P de d,^'‘<oribus quibusdam Polluais totingue , «H 7 Z T , """ SCamkam Pr.gr. de
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T,l!ZZ: :ez Ch 1 pG:Uber’ ,84°- Sc*riA«i. t. L P 524-540L
les différents manuscrit iT'r Phot,us- — 2 Ces deux formes sont données par la plus habituelle dans de Dion Clssius' ~3 Hérodien. - 4 Forme
~ 8 Monuments officiel d S .“malns grecs’ sauf ceux îue nous mentionnons, n- 1040 et Tiet.f , n »“ *"«"*'*• ~ 6 «relli, .W. lai.
rodian V 3- cf n' r™ ''Z* i94*‘ 8 &iint Jérome. — 9 Lampride. — 10 He-
■ G 3, cf. mo Cass. LXXIX, .1 ; Lamprid. Heliogab. 1 et 3-; lui. Capitol.
diverses de l’Asie, en l’appliquant au dieu qui tenait le premier rang dans presque tous les cultes locaux 26 [JUPITER], Ce qui dut encore faciliter le rapprochement entre Elagabal et Jupiter, c’est que l’aigle était un des symboles et l’animal sacré du dieu d’Ëmèse. On voit cet oiseau au revers de la tète du Soleil sur la seule pièce royale de cette ville que nous possédions27; sur les monnaies impériales de la même cité, l’aigle est posé sur la pierre sacrée 28, p]acé devant elle 29, ou bien figure seul 30 H est à remarquer que sur ces dernières espèces monétaires l’aigle est placé devant la pierre toutes les fois qu’on la figure dans son temple, c’est-à-dire quand le graveur a voulu la représenter telle qu’on l’adorait réellement, et non la faire entrer dans un type combiné a plaisir. L’aigle se retrouve à la même place sur les monnaies romaines de l’empereur Elagabale, non seulement quand la pierre sacrée y figure seule 31,mais quand elle est posée sur unchar32(fig. 2617), pour une cérémonie que décrit Hérodien 33. Ceci parait indiquer que dans la réalité un aigle de métal, les ailes éployées, se dressait en avant de la base où l’on posait la pierre sacrée et couvrait en partie celle-ci. Mais la pierre n était pas à demeure sur cette base ornée de l’aigle. Quelquefois on l’exposait seule et dans son entier à la vénération des dévots, telle qu’on la voit dans le temple sur un bronze de l’usurpateur Sulpicius Antoninus 3\ entourée comme sur la monnaie précédemment figurée de quatre parasols, antique symbole oriental de puissance souveraine qui était déjà usité chez les Assyriens. D autres fois, sans doute pour certaines fêtes solennelles, on l’habillait comme tous les bétyles 38 [baetylia], et alors elle disparaissait presque entièrement sous les parures dont 1 aureus d Uranius Antoninus la (fig. 2618).
montre chargée
Les grands prêtres du dieu Elagabal étaient héréditaires; dans la décomposition de la monarchie des Séleucides, ils se rendirent souverains d’Ëmèse, et prirent le titre de rois, tout en gardant leurs fonctions sacerdotales30. Les princes les plus célèbres de cette dynastie de rois-prêtres furent Samsigéramus et son fils Iamblichus, contemporain de Cicéron 37, qui donne par plaisanterie à Pompée le nom de Sampsicéramus 38. Dans la guerre entre Octave et Antoine, cet Iamblichus prit le
Opü Macnn. 9. - U Herudian. L c. - 12 Rev. numism. ,843, pl. „ n. ,
- Herod.an .1. c. - n Sur ce dieu, voy. F. Leaormant, Die Magie und Wahrsagekunst der Chaldaeer , p. 191-193. - 15 Friedrich Delitzsch G. Smith s Chai daeische'Jienesis, p. 270.- 16 Herodian. I. c. - 17 Henzen, Inscr. lut a- 55,4-" Coheu, Monnaies des empereurs romains, t. III, Elagabale, n- 116-119 «»
- 18 Coheu, l. c. n- 126-129. .9 Henzen, Inscr. lot. 3313. 20 PeileHn Troisième supplément, pl. v, u" 9; F. Lenormaut, Essai sur la propagation *
I alphabet phénicien, t. II, p. 4. 21 Mionnet, Descr. de méd. ont t V n «7 u- 591 ; Suppl. I. VIII, p. 137, n° 157 et p. 158, n» ,68. - 23 Miounet', t. V’ p' «7 n»- 610 et 611 ; Suppl, t. VIII, p. 137, n» 162; p. 158, n» 164-167. 23 Coheu'
' %n°‘ 9' 81- 89-91‘ — 2i *■ *■ »- 186-189, 196.- 25 Spartian Caraeauà
I I ; Lamprid. Heüogabal. 1 et 17. - 26 Ch. Leaormant, Nouv. galerie, myth. p.
- 27 F. Lenormaut, Alphabet phénicien, t. II, p. 4. - 28 Mionnet, t V p »30
a» 592-596, 598, 608 et 609. - 29 Mionnet, t. V, p. 229, n- 607; Suppl V VIII p. 157, n» 163. - 30 Mionnet, t. V, p. 229, n* 601 et p. 230, n» 613. - 31 Cohen' Z. c. n» 15. - 32 Cohen, l. c. n» 7, 8, 126-129, 153. - 33 y, 6. -34 Haïra Thés Bntan. t. I, p. 278; Reo. numism. 1843, pl. xi, n» 4. -35 Voy. Ch. Lenormaut' Pcv. numism. 1843. p. 270 et s. - 36 Strab. XVI, p. 753. - 37 Cic Ad fam XV, 1. - 38 Ad Attic. II, 14, 16, 17 et 23 '
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parti du dernier; mais Antoine, craignant sa trahison, le fit mettre à mort39 et institua à sa place son frère Alexandie, qu Octave fit bientôt apres prisonnier et cjui orna le triomphe du vainqueur, après quoi il fut exécuté 40. En l’an 20 de notre ère, Auguste rétablit la petite souveraineté d’Émèse en faveur du fils d’Iamblichus, nommé comme son père Elle subsista certainement jusqu'au temps de Vespasien42 et même probablement jusqu a Antonin le Pieux, avec lequel commencent les monnaies impériales d’Ëmèse43; un de ses derniers rois fut le Dabel dont nous possédons une médaille 44. Mais 1 indépendance de la ville était déjà supprimée depuis un certain temps quand Septime Sévère épousa Julia Domna. Caracalla donna à Ëmèse le titre de colonie de droit latin45. Même après le changement de condition de la ville, la race des pontifes, autrefois rois, du dieu Elagabal, à laquelle appartenaient Julius Bassianus, père de Julia Domna et de ses sœurs, ainsi que C. Julius Flavius Samsigéramus, connu par une inscription 46, resta en possession du sacerdoce et d’une certaine autorité politique au moins jusqu’à l’époque des guerres de Sapor contre les Romains47; c’est de cette famille que prétendait ensuite descendre le philosophe Iamblique48.
Quand, à l’avènement de Macrin, les deux filles de Julia Mæsa furent obligées de quitter Rome et de retourner à Ëmèse, leurs fils Bassianus et Alexinus furent attachés par le droit héréditaire de leur ligne maternelle au sacerdoce d’Elagabal. Bassianus, âgé de quatorze ans, en était le grand prêtre, quand sa mère Julia Soæmias parvint à persuader aux soldats, séduits par la beauté de 1 enfant, de le proclamer empereur49. Le nom officiel sous lequel il fut appelé au trône était Marcus Aurelius Antoninus, et son nom antérieur Varius Avitus Bassianus; mais il est connu dans l’histoire sous l’appellation d'Elagabale ou Héliogabale, surnom populaire qui lui fut donné, avec beaucoup d’autres sobriquets injurieux, d’après son dieu. Il montra au monde surpris et indigné un fanatique des religions syriennes investi de la puissance impériale et adonné tout entier aux mœurs asiatiques et aux immondes débauches qui constituaient l'existence des hiérodules des religions syrophéniciennes appelés gedeschini 50.
A son titre d’empereur il joignit toujours dans les inscriptions celui de prêtre d’Elagabal51; sur les monnaies d'or et d'argent, qu’il frappait en vertu de son autorité propre, et sur celles de cuivre que fabriquait le sénat, il se fit le plus habituellement représenter en action dans son office sacerdotal52, souvent avec les qualifications de Invictus Sacerclos Augustus*3, Sumrnus Sacerdos Augustus&'\ Sacerdos Dei Solis Elagabali63.
A peine Elagabale fut-il assuré de l’empire par la défaite de Macrin, qu’il n’eut plus qu’une pensée, installer son dieu à Rome et en faire le premier de l’empire, dominant sur tous les autres. En quittant Ëmèse pour la capitale du monde, il prit avec lui la pierre sacrée, et sur la route il consacra à Elagabal dans le Taurus un temple que Marc Aurèle avait élevé à Faustine, puisque Caracalla avait dédié à sa propre divinité 5G. Passant
39 Dio Cass. L, 13. — 40 Dio Cass. LI, 2. — 41 Dio Cass. LIV, 9. — 42 Voy.
F rœlic h, Epoch. Syromacedon. p. 79.- 43 Mionuet, t. V, p. 227. La pièce donnée par Sestini ( Descr . num. vet , p. 516) comme de Domitien a été sûrement mal vue, et ne peut pas être de cet empereur. — 44 F. Lenormant, Alphabet phénicien , t. Il, p. 4. — 45 Voy. Eckhel, Doctr. num. vel. t. III, p. 31 J. — 46 Corp. inscr. gr, n° 4511. — 47 Joli. Malul. XII, p. 29C, éd. de Bonn. — 48 Damasc. ap. Phot.
1 hiver à Nicomédie, il refusa d’adopter et le costume et les usages des Grecs ou des Romains, mais s’obstina à ne paraître que dans le costume asiatique de son sacerdoce, toujours accompagné des flûtes et des tympanums comme s’il célébrait les orgies de son dieu57. A Rome il continua cette manière d’être, si blessante pour l’orgueil romain, d où lui vinrent les surnoms de l’Assyrien et le Sardanapale ; ce dernier est celui que Dion emploie le plus volontiers. C’est pendant son séjour à Nicomédie qu’il se fit peindre dans son costume de prêtre, officiant auprès de la pierre sacrée. Il envoya ce tableau à Rome, avec ordre de le placer dans la salle du sénat au-dessus de la statue de la Victoire, prescrivant de plus que chaque sénateur en entrant brûlât devant de l’encens et fît une libation de vin58; c’est sans doute cette image que reproduisent les monnaies où il figure en prêtre. En même temps il décrétait que dans tous les sacrifices publics offerts à Rome et dans l’empire le nom d’Elagabal serait invoqué avant celui des autres divinités, même de Jupiter59.
Venu enfin à Rome, il y fit son entrée solennelle vêtu de ses habits sacerdotaux syriens. Son premier soin fut d’y faire cons truire à son dieu, sur le Palatin, tout auprès du palais impérial, un temple magnifique que le Chronographe de 33F 60 appelle E liogaballium et saint Jérôme, dans sa Chronologie, Eliogabalum lemplum. La pierre sacrée d Ëmèse y fut installée en grande pompe, et l’empereur y rassembla autour d’elle la pierre de la mère des dieux, jadis apportée de Pessinunte, le feu de Vesta, les anciles, toutes les reliques sacrées les plus augustes de Rome, voulant qu’il n’y eût plus d’autre dieu qu’Elagabal et d’autre pontife que lui; on prétendit ensuite que les Vestales ne lui avaient remis 62 qu’un faux Palladium, gardant secrètement le véritable, à la conservation immuable duquel était attachée la fortune de Rome [palladium]. Il prétendait aussi forcer les Juifs, les Samaritains et les Chrétiens à concentrer leurs cultes dans le temple d’Elagabal 63, et voulant donner à ce dieu des ministres pareils à lui-même, il faisait venir les pierres sacrées de Laodicée pour les installer comme chambellans, cubicularii , auprès de la pierre d’Ëmèse64. Tout autour du temple étaient disposés de nombreux autels, où chaque jour l’empereur officiait en personne immolant des hécatombes de bœufs et de moutons, versant avec abondance en libations les vins les plus précieux, brûlant par masses les parfums les plus rares, exécutant des danses rituelles à la mode asiatique avec le tympanum et les cymbales, le tout en présence du sénat et des chevaliers rassemblés par ordre, tandis que les préfets des camps et les plus hauts personnages administratifs étaient contraints de l’assister dans ces cérémonies en costume syrien65. Il alla même jusqu’à y offrir des sacrifices humains, choisissant les victimes parmi des enfants de familles distinguées °\ car il n’était pas une des plus monstrueuses coutumes des religions syro-phéniciennes qu’il n’observât fidèlement.
Bientôt il voulut inventer des fêtes nouvelles et marier son dieu. Pour lui trouver une épouse, il pensa d’abord
Bibliotli. Cod. 181, p. 126, éd. Bekker. — 49 Herodian. V, 3. — 50 Movers, Die Phoenizier , 1. 1, p. 678-689. — 51 Ilenzen, Inscr. lat. n°» 5514 et 5515. — 52 Cohen,
/. c. nos 79,97-103, 105,200-206, 208. — 53 Ib. nos 36-38,166, 167. — 54/6. n° 131. —
55 Ib. nos 116-119, 222. — 56 Spartian. Carac. 11 ;Jul. Capitolin. M. Antonin. 26. —
57 Herodian. V, 5. — 58 Ibid. — 59/6. — 50 p. 647, éd. Morçjrpsen. — 61 Lamprid. Heliog ,
3. — 62 Ib. 6. — 63 Ib. 3. — 64 Ib. 7. — 65 Herj^jmji. V, 5. — 66 Lamprid. 8.
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au Palladium; mais l'idée d’une déesse guerrière lui déplut. Il lui parut mieux entendu de marier à Elagabal une déesse des mêmes religions, à un dieu-pierre une déesse-pierre, à une personnification solaire une personnification lunaire; en conséquence il fixa son choix sur la Dea coelestis de Carthage. Il fit venir à Rome son idole vénérée, une pierre conique que l’on disait avoir été consacrée par Didon, et il célébra les noces des deux divinités avec toute la pompe imaginable G7.
L’empereur fit aussi construire un second temple au dieu Elagabal dans ses jardins du faubourg de Spes vêtus 68. Chaque année, à l’été, la pierre divine y était conduite processionnellement. On la plaçait sur un char magnifiquement décoré de pierreries, traîné par six chevaux blancs, où aucun homme ne montait, comme si le dieu lui-même eût tenu les rênes; c’est ainsi quelle est représentée sur plusieurs pièces d’or et d’argent d’Elagabale, les unes avec la légende Sancto Deo Soit Elaqabalo (fig. 26f7), où quatre parasols se dressent sur le char, entourant la pierre , les autres a la légende C oïisai'vutov Augusli , où les parasols manquent et où le soleil rayonnant est représenté dans le champ de la monnaie, près de la pierre sacrée ,0. L empereur lui-même, en costume asiasique, menait les chevaux par la bride, marchant à pied à la tete du char, toujours à reculons pour ne pas quitter des yeux son dieu. Les gardes entouraient le char. A sa suite on portait les statues de tous les dieux de Rome, transformés en serviteurs d’Elagabal. Puis \enait le peuple, tenant des flambeaux, jonchant la route de couronnes et de guirlandes ; enfin les troupes en armes fermaient la procession. A l’arrivée au sanctuaire du faubourg, on offrait des sacrifices et on célébrait tous les rites des cérémonies syriennes. La fête se terminait par des courses de chars, des représentations théâtrales et des distributions de vêtements au peuple11.
Tout cela finit avec la vie du jeune insensé qui outrageait si profondément les Romains en subordonnant ainsi la religion nationale au culte d’un dieu étranger, à ses rites obscènes et bizarres. Quand le fils de Soæmias eut été massacré avec sa mère, quand son corps eut été traîné par les rues et jeté au Tibre, on se hâta de chasser son dieu de Rome. On renvoya la pierre d’Elagabal à Emese, où les deux usurpateurs Uranius Antoninus et Sulpicius Antoninus, qui paraissent avoir eu des liens de parente avec la famille sacerdotale, se mirent sous sa protection, en plaçant son image sur leurs monnaies, et on p us tard Aurelien vint l’adorer, après la défaite de Zenobie73. Pourtant un des temples d’Elagabal subsista
dans Rome même jusqu'au temps de Constantin, où Lampride14 le mentionne comme encore ouvert au culte. Alexinus, devenu Alexandre Sévère, ne pouvait proscrire absolument le dieu au culte duquel il avait été attaché dans son enfance. On trouve encore, dans plusieurs inscriptions latines postérieures à cette époque 73, des dédicaces au dieu Elagabal ; il a même des prêtres. Mais son culte paraît être assez restreint et exister principalement chez les légionnaires qui ont tenu garnison en Syrie, ou qui sont originaires de ce pays. F. Lenormant.
ELAKA TIA. — Fête célébrée à Lacédémone en l’honneur d’Elakatos, favori d’fléraklès1. Le nom du héros et celui de la fête dérivent de ^Xoocomj, la quenouille, emblème d Héraklès dans la légende où il est mis en rapport avec Omphale2. Nous ne savons rien de plus sur le but et la nature de cette fête ; on peut conjecturer toutefois, à cause de la ressemblance d’Elakatos avec Hylas3, qu elle était analogue à celle que l’on célébrait tous les ans au solstice d été, en Mysie, pour rappeler l’enlèvement de ce dernier par les nymphes. Ce serait alors une des nombreuses variétés de l’antique fête du Soleil, que 1 on rencontre dans toutes les religions populaires, et dont le sens exact s’est perdu peu à peu. J. -A. Hild.
ELAPFIEBOLIA ( EXïcpriêoÀta). — Fête célébrée en 1 honneur d’Artémis Elaphébolos [diana, p. 143], Elle a fourni la dénomination du mois élaphébolion (marsavril) au calendrier d’Athènes [calendarium] *. On y offrait à Artémis en sacrifice des cerfs2 et des gâteaux en forme de cerf3. Plutarque parle d’une fête appelée Elaphebolia qui réunissait à Hyampolis les habitants de toute la ' Phocide, en commémoration d’une grande victoire remportée en ce lieu sur les Thessaliens 4. On peut remarquer qu’il y avait aussi une Artémis Elaphiaia et un mois Elaphios en Elide 5. J. -A. Hild.
ELECTRUM (’HXexipov TjÀsxtpoç). — Ambre jaune, succin ( succmum ou sucinum , dans la basse grécité soOxtvo;, uoiîxtvov et (To^tvoç), et alliage d’or et d'argent1.
Les Grecs du iv° siècle avant l’ère chrétienne, donnaient le nom d 'electrum (^Xsxtpov) à l’ambre. Aristote connaissait ce corps et lui assignait une origine végétale : il lui paraissait être de la même nature que l’encens, la myrrhe ou la gomme ; c’était, à ses yeux, une sorte de résine concrétée par le refroidissement ou durcie par suite de l’évaporation de son humidité. Les différents corps enfermés quelquefois dans la masse de l’ambre, devaient naturellement faire penser à un état fluide primitii -. 1 héophraste regardait l’electrum comme un minéral, une pierre (Xi’Oo;), parce qu’on le tirait du sein de la terre3.
m 6; efcoh88' ';xxix’ i2- - 68 pre,ier’ "• Reg>onm *’•
„ ,, ,P\, • ~ 6 Cohen’ 1 «• n" 126-129. — 70 /6. n.. y, 8 et is5.
14 Helioq °i 1 ’ T5 ’r~ 72-Dl° CaSS’ LXM’ 21 • — 13 Vopisc. Aurel. 25. —
Ch lenorlLr^r°rP'mSCr- laLIÎl’im : VI. 708, 9269, - Braun»*™, dans la Revue ’ demer d'or * l’empereur Uranius Antoninus,
VU. Jordtn mmaUqUe de 1843 ’ Pre11-. Roemischc Mythologie, II, p. 399,
I, Vi (daprèS Sosibius>' Voir 0. Millier, Borier,
Apollod i,T31 ’ GneCh’ ^ “■ 163' - 3 AP°1Iod- I. 9, 19; cf. Schol.
camctèrisTp^r ' ^T’ A"ecAota graKa ' P- Le "ois élaphébulion est gique fig r U m m‘S aCC°mPaSné d'““ Cerf’ danS '* H‘ur-
-iDelui Zt 2-e o r,,a,re.’ P’ ^ ~ * ,4‘ ~ 3 Atb“' X1V> P- «6 e.
Electrum Tnans rr ' ’’ '• -5p— ■ VI» 22, 5 ; Slrab. VIH, 343.
l'on considère con ' seus 11 elalt Peu‘-être masculin au v siècle, si
r,qr le ieue d® sophoci®’ Aniig- 1038 :
1871, Phil.-hist ri JP?\ Abfianil dpr Akad. d. Wissensch.
(Mélanges Gréco-rom II qUcl,!ues Philo,ogoes et notamment A. Nauck
°m- P- '«) d'écrire vint, s<filBV Che2
Homère et Hésiode ce mot ne se rencontre qu a des cas qui ne permettent pas d'en déterminer lo genre. Dans Aristophane, Equit. 531, ou son sens est obscur, il est féminin. Vers le m- siècle de noire ère, Alexandre d'Aphrodisias ( Praefat . Problem p. 248), et après lui, Denys le Périégète (v. 320) appellent l'ambre et le
premier en fait un nom féminin (voir plus loin note 10). Pour les formes eoéxivs-, etc. voy. Artemid. Oneirocrit. II, 5; Suidas, s. Scriptor. Geoponic. 1, 15 p ’io50 - 2 Arist. Meleor. IV, 10, 10 et 17; cf. Pseudo-Arist. Mirab. ausc. c. 82- Plin. H, st. nat. XXXVII, 11, 40; Tac. De mor. Germ. 45. Des épigrammes de Martial font allusion à ce fait, VI, 15, 2 ; IV, 59, 2; IV, 32. Th. H. Martin, La foudre, l électricité et le magnétisme chez les anciens, p. 127. Pline (XXXVII, 11, 311, croit que electrum vient de elector (tu*™?), nom douné au soleil dans Homère (II. VI, 513; XIX, 39S). Pour les autres étymologies, voy. Etym. magn. 425, 10 et Th. H.’ Martin, p. 99-103. - 3 Theophr. Lap. 29. Cf. Plin. ffist. nat. XXXVII, H, 33; Hugo Blümner, Technologie und Terminologie der Geuierbe u. Kùnste d. Griech. u. Jloemem, t. II, p. 381, n. 3. Cet auteur fait erreur quaud il pn-tend, avec W. Helbig, que Théophraste parle de la rareté de l'ambre en Ligurie; ce que l'auteur grec signale comme rare, c'est sa force attractive pour le fer; cf. Helbig, Osservazioni sopra il commercio de ambra, dans Atti dell. Acad, dei ZiuceL 1876-77, p. 418. Dans Geoponic. 1, 15, p. 1050 on lit aussi; i,kt,t?.avb. XU.; ■?,„ oeuytJ;
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Avant Aristote, l’ambre était très probablement connu de Thalès4. Il n’y a pas de doute que le corps appelé ^Xsxrpov par Hérodote était de l’ambre 6, aussi bien que celui auquel Platon fait allusion dans le limée r’. Sophocle, dans une tragédie aujourd’hui perdue, probablement Méléagre7, et Euripide, dans l’Hippolyte couronné8, désignaient certainement cette môme substance. Mais qu’entendaient par v^ÀEXTpov , ^AÉxTpoiat, l’âuteur de l’Odyssée et Hésiode 9 ? C’est là une question sur laquelle les savants n ont pu se mettre d’accord et qui ne paraît pas susceptible d une solution certaine, car les testes ne permettent pas de déterminer ce qu’était l 'electrum d’Homère et d’Hésiode. C’était assurément une matière précieuse et d'un éclat assez vif puisqu’il est comparé à celui de l’or, de l’argent et de l’ivoire. La plupart des critiques et des commentateurs d’Homère inclinent à croire que le poète a désigné par ce terme une pierre précieuse11. Une tradition antique veut que ce soit l’alliage qu’admirait Télémaque sur les murailles du palais de Ménélas11; une autre, plus récente, identifie l’ electrum avec le verre (iiocXoç); des interprétations modernes en font de l’émail12. Mais, à défaut de preuves, il ne répugne en rien au bon sens d’admettre des incrustations d'ambre à côté de celles d’ivoire, dans le palais du roi de Sparte, puisque les colliers, dont il est question en deüx endroits du même poème, sont généralement considérés comme composés d’or et de perles ou grains d’ambre13. Un collier semblable figure dans l’hymne à Apollon Délien u. Pourquoi cette même matière ne pourrait-elle pas avoir été incrustée sur un bouclier à côté de l’albâtre et de l’ivoire 16? C’est une opinion communément adoptée que Sophocle, par l 'electrum de Sardes (ici vjXwTpoç), a voulu désigner l'or mêlé d’argent que l’on recueillait dans les sables
4 Diog. Laert. 1, 24; Th. H. Martin, Op. cit. p. 98. — £> Herod. III, ilo.
— G riat. Tim. 80 c. Platon comme Thalès, Théophraste (Jap. 28-29, Hist. PL IX, 18, 2j, Pline. (XXXVII, 12,48), Plutarque ( Quaest . conviv. II. 7, 1 ; Quaest. platon. VII, 7), Strabon (XV, p. 703), Galien (De facultatib. natur. c. i), Alexandre d Aphrodisias ( Quaest . phys. et mor. II, 23), l’auteur de l’ E tymolog icutn magnum (p. 425, 11 sqq), etc. connaissaient les propriétés attractives de l’ambre; seuls Pline, Plutarque et Y Etymologicum magnum font mention du frottement nécessaire pour les développer. Cf. Th. H. Martin, Op. cit. p. 143. — 7 Cf. Plin. Hist. nat. XXXVlf, 11, 40. — 8 Eur. Hipp. 741; Hüllmann, Handelsgeschichte (1er Ginechen , p. 65-67.
— 9 Hom. Od. IV, 73; XV, 459; XVIII, 295 ; Iles. Scut. 142. Voy. F. de Lasteyrie, L'électrum des anciens était-il de l'émail? p. 11; Ch. de Linas, Les origines de l'orfèvrerie cloisonnée, p. 139; H. Blümner, Op. cit. p. 383, note 1; W. Helbig, Osservazioni, p. 424; Id. Das homerische Epos, Leipz. 1884, p. 83 et 183; Millin, Minéralogie homérique, p. 26-33. Hüllmann, Op. cit. p. 66; Th. II. Martin, Op. cit. p. 103; Buttmann, Mythologus, II, 337 ; Lepsius, dans Abhandlungen d. Berlin. Akad. d. Wissensch. 1871 (Ph. hist. Cl.) p. 129; F. Waldmann, Der Bernstein im Alterthum. p. 9. — 10 Schômann, Antiq. gr. (trad. Galuski), p. 82, n. 3; Waldmann, Op. cit. p. 9, n. 10; Hüllmann, Op. cit. p. 67-70. — U Plin. Hist. nat. XXXIII, 23, 81; cf. Hom. Od. IV, 73; Eustath. p. 366, 21 et p. 1483, 27; Th.
H. Martin, Op. cit. p. 104; F. Lenormaut, La monnaie dans l'antiquité , I, p. 193.
— 12 Schol. Aristoph. Nub. 768; J. Labarte, Recherches sur la peinture en émail dans l' antiquité ; P. Giguet, Revue archéol. 1859, p. 235 et s. — 13 Cf. note 9 ; de Linas, Op. cit. p. 140 et 373; H. Blümner, Op. cit. p. 383; Helbig, Homer. Epos, p. 182. Le fait que le mot ïftex-rpov est employé au pluriel dans les deux passages d'Homère ou ce corps figure dans des colliers et que, dans l’un des deux le collier est apporté par un Phénicien, porte à croire qu’il s’agit bien de perles d’ambre. Cette opinion paraît avoir été celle de Pausanias, IX, 41, 5. Les Phéniciens firent, dès une haute antiquité, le commerce de cette matière qu’ils allaient chercher de divers côtés et qu’ils exportaient peut-être de leur propre pays, puisque M. C. Landberg a retrouvé une mine d’ambre fossile à Djeba non loin de Sidon.
Cf. de Linas, Op. cit. p. 278, n. 2; p. 368, 369 et 373. Tandis que les autres peuples de l’Asie recevaient leur ambre par l’intermédiaire des Plié .iciens, les Assyriens le tiraient peut-être directement des rég ous du Nord. Cf. J. Oppert, L'ambre jaune chez les Assyriens, dans le Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptienne et assyrienne, II, 1880, p. 331 et s.; Waldmann, Op. cit. p. 9. — Y* Hymn. ad Apoll. Del. v. 103. — l£> lies. Scut. 142; de Linas, O,», cit. p. 142: « Hésiode a décrit un véritable spécimen d'orfèvrerie cloisonnée. Les armes ou l'ambre se marie à l’ivoire ne sont pas une fiction; elles existent réellement. »
Un pectoral trouvé dans une tombe de Préneste offre un mélange semblable d'ambre et de métal, Archaeologia, Londres, 1867, pl. xm. Voy. cependant Lasteyrie, Op.cit.
j du Pactole 16. Après Aristote, il faut arriver jusqu’à Pausanias, c’est-à-dire jusqu’au n° siècle ap. J.-C. pour voir donner au mot vjXexxpov le sens d’alliage d’or et d’argent l7.
Le terme electrum ne se rencontre pas, dans la littérature latine, avant l’époque d’Auguste. Virgile paraît s’en être servi, dans l’Énéide, pour désigner une substance métallique, tandis que dans les Bucoliques et peut-être dans les Géorgiques, il lui conserve le sens d’ambre18. Pline l’Ancien reconnaît deux sortes d 'electrum, mais, pour désigner l’ambre, il emploie, de préférence, le terme succmum ou sucinum , et explique ce nom par la croyance des anciens Romains que l’ambre était le suc d’un arbre19. Après Pline, le mot electrum n’est plus guère usité que dans le sens d’alliage d’or et d’argent. Cependant il revient encore avec celui d’ambre, sous la plume des poètes, surtout dans leurs allusions à la fable des Héliades, sœurs de Phaéton20.
Ambre. — Comme cela est arrivé pour beaucoup d’autres substances, l’imagination des anciens s’est donné carrière au sujet de l’ambre et a produit nombre d’hypothèses pour expliquer sa nature et son origine. 11 paraît aussi avoir été confondu avec d’autres corps analogues, notamment avec la résine copal21. Les traditions fabuleuses, qui le rattachaient au mythe de Phaéton, montrent que l’on crut d’abord à une origine végétale22. Cette opinion, qui est celle d Aristote23, fut partagée par d’autres auteurs dont Pline a compilé les écrits24. Nous savons qu’on a attribué la production de l’ambre au peuplier noir (aiyetpoç, populus nigra ), ou au peuplier commun ( populus )26, au tamaris26, à l’aulne27, à une espèce de cèdre de Germanie, à des arbres inconnus de la Ligurie et des Indes28. Pour d’autres, c’était un corps fos-
p. 17-19, qui croit plutôt à l’électrum métallique. Labarte, Recherches , etc. cité par Lasteyrie, p. 18, admet, ici, des incrustations d’ambre. — 16 Soph. Antig. 1038; Waldmann, Op. cit. p. 10; Lasteyrie, Op. cit. p. 13 et 14; Rossignol, Les métaux dans l'antiquité, p. 359 et s. Eustathe croyait que Sophocle avait voulu parler de lor, p. 366, 21 et 1483, 27. Lepsius pense qu il faut faire ici une distinction entre à vpaxTpoç, electrum métallique, tô ^Xextçov, l’ambre, et ^ yftex-epo;, l’ornement d’ambre (Abandlungen. d. Berlin. Akad. 1871, p. 138 et s.) ; selon lui le plus ancien est le métal. Helbig s’est i allié à cette opinion, Homerisch. Epos, p. 83. Voy. cependant ci-dessus, note 1. Cf. Hermann-Blümner, Griech. LJrivatalterth. p. 436, n° 2. M. de Linas est d’avis de maintenir le sens d’ambre au texte de Sophocle, bien que ce corps ne se trouve pas en Lydie, parce que Sardes, au ve siècle, était devenu un vaste entrepôt de toutes sortes de marchandises, Op. cit. p. 143 et 369. — 17 Paus. V, 12, 7. Encore est-ce un sens subsidiaire; car il désigne d’abord l’ambre par ce mot. — 18 Virg. Aen. VIII, 402 et 624;
B ucol. VI 11, 54; Georg. III, 522; Ciris , 434. Cf. de Linas, Op. cit. p. 146 :
« On ne saurait établir de comparaison entre la limpidité de l’eau et un corps opaque tout brillant qu’il soit » et p. 372, où il rapproche Georg. III, 522 et Callim. Hymn. in Cer. 29; Lasteyrie, Op. cit. p. 31 et s.; Th. H. Martin, Op. cit. p. 106-107.
— 19 Pün. H. nat. XXXVIl, 11, 43; 78, 204. — 20 Stace, Theb. IV, 270, l’associe au jaspe dans l’ornementation d’un carquois. Claud. VII, 125; XII, 14; XL, M. Cf. de Linas, Op. cit. p. 147, 149-151. Martial et Juvénal me paraissent employer exclusivement sucinum pour désigner l’ambre. — 21 Ctesias, lndica, c. 19 (coll. Didot) ; Plin. H. nat XXXVIl, 11, 39; Tzetzès, Hist. IV, 715; de Linas, Op. cit. p. 373-374; van Bastelaer, L’ambre taillé ou véritable et l'ambre moulé ou faux dans l antiquité, a entrepris de démontrer que divers objets antiques sont non pas en ambre mais eu résine copal. Cl. H. Blümner, Op. cit. p. 381, note 3, s. fin.
— 22 Eur. Hipp. 741; Apoll. Rliod. Argon. IV', 602 et s.; Quint. Smyrn. Hom. Parai. V, 623; Polyb. II, 16, 13 et s.; Strab. V, p. 215; Dionys. Perieg. v. 292 ; Philostr. lcon. I, 5; Hesych. s. v. rjXexx-j.ov et •q'XsVcwp. Etym. Mag. p. 425, 20; Diosc. Mat. med. I, liu ; Lucian. De electro, c. 2; Nonnos, Dionys. XI, 24; XXII I, 94; Tzetzès, Hist. IV, 381, 690; Ovid. Met. Il, 340-366; Pliu. H. nat. XXXVIl, 11, 31; Mart. IV, 59, 2; Hvgin. Fab. 152; Th. H. Martin, Op. cit. p. 125; Waldmann, Op. cit. p. 12, n. 18. — 23 Arist. meteor. IV, 10, 10. — 24 pliu. H. nat. XXXVIl, 11, 30-41. — 23 Diosc. Mut. med. I, MO; Lucian. De electro , c. 2; Tzelzes, Hist. IV,
381 ; Strab. V, p. 215 ; Pseudo-Arist. I lirab. ausc. c. 82 ; Steph. Byz. s. v. fjXexipt^e; ; Diod. Sic. V, 23; Plin. H. nat. XXXVIl, 11, 31 et 38, dit simplement arbores populos. Cf. Th H. Martin, Op. cit. p. 126. — 26 Virg. Bucol. VIII, 54. — 27 Claud. XII, 14. — 23 Plin. H. nat. XXXVIl, 1 1, 39, 3 4 et 46, ou Pline rapporte, d’après Archélaus, roi de Cappadoce, qu’à l’ambre de l’Inde adhèrent des morceaux d’écorce de pin. Aelian. Nat. anim. IV, 46; Ctesias, Ind. c. 19 et cf. plus haut, note 21.
sile “9 ou encore le suc de certaines pierres de Rrctngnc nommées electrides 30. Pythéas voyait en lui une concrétion marine31. On a voulu, probablement à cause de son éclat et de sa couleur, lui donner une origine solaire on expliquait alors sa formation en disant que les derniers rayons du soleil, lancés avec force sur la terre, y laissaient une sorte de sueur grasse que les flots enlevaient et rejetaient plus tard sur le rivage sous forme d'ambre32 Enfin, on avançait que le limon d'un lac, nommé Céphisis ou Electrum, situé dans le voisinage de l'Atlantique ou celui d’un fleuve tributaire de cette mer, échauffé par les rayons solaires, lui donnait naissance 33. Il faut encore mentionner l'hypothèse qui l’identifiait avec un corps appelé lyngurium ou langurium, lequel n’était, disait-on, que 1 urine concrétée des lynx ou d animaux nommés langures ou langas 3+. Au premier siècle de notre ère, Pline considère l'ambre comme une résine, il le croit formée d’une moelle qui découle d’une sorte de pin’; liquide d'abord, elle se dessécherait à la longue ou serait condensée soit par le froid, soit par l’action de la mer, dont les marées l’arrachaient des îles où elle se produisait pour la rejeter ensuite sur le rivage35.
Les anciens connaissaient plusieurs variétés d’ambre ; mais ils n’attachaient que peu de prix à la blanche et à celle qui était couleur de cire, tandis qu’ils prisaient fort l’ambre roux ( fulvum ) appelé en Scythie sualiternicum , surtout lorsqu’il était bien transparent sans avoir un éclat trop vif. La variété jaune d’or ( chryselectrum ) passait pour avoir des vertus médicinales. Le plus recherché était celui dont la nuance tirait sur celle du célèbre vin de Falerne et qui, pour ce motif, en avait reçu le nom36. Peut-être faisait-on bouillir l’ambre dans le miel pour lui donner un éclat tout particulier, comme cela se pratiquait pour certaines pierres d’Arabie 37. Les variétés naturelles ne suffisant pas, on en créa d'autres en teignant l’ambre en toutes couleurs, notamment en rouge avec la racine d’anchuse (orcanette, anchusa tincloria) et en pourpre. Pline parle encore dJ
suif de chevreau, mais cette graisse n’a aucune action sur 1 ambre 38.
Les traditions relatives aux pays de provenance ont été
vvv3he0ph’ Lap' 29 ’ Ph!lémon chez P|ine, XXXVII, II, 33. — 30 Pün ff nat
H ‘ XXXVH 3‘ /6-, 35n - 32 1 1 - 36. - 33 74. i ,, 37 et 38. 34 p|in. ,] ^
I V r 202 Th H M V T' 1## ; Hesych' *• «• I Strah.
ridontiii’à i ’ ‘ Martm’ 0p' c,t p’ i29, se ,rompe en disant ïue Pline «oit à
rrlUmetdU SUCdn; Cf’ XXXV“’ 13'S2’ °u « ‘™ta da fables tout (l}. J , . “ " SUJf et alflrrae 1ue ce cllrPs n’e*iste pas. D'après Théophraste
r P\ .7’ , était transparent comme l'ambre et partageait avec lui la
propnete d'attirer les corps légers. Strabou, U„ qui l’appel, se oa en
e dire que quelques-uus lui donueut le nom dW.V Hel'big OsseZz deux ro reP°USSe- ! lJeUtiDcati0n' C^ant 1* supposition qui identifie ces encore “'or0 d‘TSsii,le' PuisTue u" ambre fossile assez foncé se trouve Op cil ZX “a T r a'T Cf’ Blüraner' °P- cit' p- 381, n. 3 ; Ch. de Linas, Th' H m. \ ’ “ C’ Ueber dm E‘raskischen Tausch/iandel, p. 103-100;
analogue Z 10’ P- 13J’ PeDS<! q“e le lyncurium doit étre une espèce d'hyacinthe analogue au succn par ses propriétés électriques et ses couleurs. Voy encore
Lien rSteinr''T' ' insbes0ndere Ul b- Sicil ■ Bernstein u. Lyncurium
73 no X? urw‘ssensch- Deitrâge zur Geogr. u. Kulturgeschichte, 1889
74 7 -T. ,, S' ; nat; xxxv"’ "■ 42- - 36 PIiu- a- hx™, »,
à cause d j u: C f °,U (§ l27)’ PliUe plirle de pierres apPelé- plectres dcr allen Cri J i, ^ qUi' doi‘ S’aSil’ aUSSÎ dt‘ ''ambre' Minéralogie 195 i n^ H°m: P' *72> note 638' - 37 P'-- XXXVII, », 47; 74, 194 et
• / ’ umueri P . cit. p. 386, note 1, interprète ainsi les mots « sunt et in
daus^di^miel Tta'f peU‘ ïoi,‘ ““ § 195 de Pliue <JU« >* cuisson
cieuses 38 pi ‘ T traltl!raent appliqué assez genéralcmeut aux pierres pré-
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<'las°lc/,en V* ,T TJ ^ ^ J’ Mes'°rf sous le titre : Der der
l'ambre se trou veT ““C n Hamb°m’- I867)- Tua partir de la Vistule,
associe a des monnaies grecques, dont que'ques-unes sont du vu'
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I longtemps assez confuses. Hérodote avait entendu dire | qu il venait de contrées lointaines, situées vers le Nord 39. fus a\ons \u plus haut qu il était question de pierres de Bretagne et d’arbres de la Germanie. Pythéas, souvent assez bien renseigné sur les régions du nord, prétend que les flots jetaient l’ambre au printemps sur les bords de l’île d’Abalus à une journée de navigation du pajs ces Guthons (Goths)tu. Théophraste affirmait qu’on 6 trouvait dans la terre en Ligurie «. D’autres le faisaient venir de Scythie, où la variété rousse, était appelée sualiternicum'-2. Il était encore regardé comme un produit antot de 1 Inde, tantôt de l’Égypte où il portait le nom e sacal, tantôt de l'Ethiopie ou de la Numidie13. On parlait aussi d ’iles Electrides, formées au fond du golfe Adriatique par les alluvions du Pô, et le fleuve était cense y apporter l’ambre 41 (selon d’autres ces îles se trouvaient dans la mer du Nord)45; puis d’un marais U eau chaude situé dans le voisinage du Pô46; enfin, c était l'océan qui le rejetait au pied des promontoires des Pyrénées47.
Ces incertitudes et obscurités avaient peut-être leur origine dans le colportage des Phéniciens et dans l’interet qu'ils avaient à garder le secret de leurs marchés d approvisionnement48. Au premier siècle de notre ère les informations sont plus précises. Les Romains tiraient eur ambre de la Germanie. Les habitants de ce pays 1 appelaient glaesum- à leurs yeux, c’était une matière de peu de valeur, puisqu’ils la brûlaient comme du bois49. Des pays situés vers l’embouchure de la Vistule on l’apportait dans la Pannonie, de là, il se répandait chez les Venetes et les peuples voisins de la mer Adriatique. Il en arrivait aussi des côtes de la mer du Nord, à travers la
aule et par la vallée du Rhône, jusqu'à l’embouchure de ce fleuve 50.
Parmi les, contrées auxquelles ils attribuaient la production de l’ambre, les anciens n’ont nommé ni la Sicile, m la Lucanie. Cependant diverses espèces d’ambre sé trouvent dans ces deux pays et particulièrement un ambre fossile, rouge foncé, semblable à celui qui a été découvert dans certaines sépultures italiennes et l’on a émis l’opinion que cet ambre indigène avait été utilisé
. • , — i cpmjue xuinaine, le ion? d une <*rnmlp
NoTr’eT Par a.'“ a“ Dniepi’ mène’ Par Kiev et Olbia, aux eûtes de lu mer
1877 cf O M-iî D‘e ffandelss,rassen der Griechen und Borner, Iena,
1877 ; cf. O. Muller, D,e Etrus/cer, 2- éd. Decke, 1877, 1. I, p. 265 e, s. ; W Helbiu
T' PT. 1 “ullenh0|P. Deutsche Alterthumkunde , 1, p. 215. 40 piin /4;®’
- 4. ThcT,- ZaUr°méni0n’ CUé Par Pline' § 3«. aPPelait Pile Basilie' Theophr. Lap. 16 et 29. Cf. Pliu. H. nat. XXXVII, 11, Ï3. Au s 34 on voit que d autres eu faisa.ent un produit végétal du même pays. - 42 Pli’„ Ibii et 40, ou xl dit, citant Xénocrale, que les Scythes l'appelaient sacrum, daprlst
SUCinUm e‘ lhymm ■ ~ 43 Plin' Ib‘d- V™ ™ et 40. ... ' ■ 3- et *ù, 30, 152. Il ne connnit pas ces iles. Cf. fseudo-Arisi
Mirai ausc. c. 82, et Pompon. Mêla, üe situ orbis , II, 7, 13; Steph. Byz. s v
s - Th h M°;;lexa“i“ de la rstiou de i'Éridau’ v°y- ch de L,nas- p- 370 «
la’l i V; et S’: Helbig' P- 422 = d'Al’bois d« Jubainville, Ballet de
la Soc. des anUq. de France , 1876. - 45 pUn. Ibid ]v 30 ,
Glaesiae. — 46 Pseudo-Arist. Mir. ausc. c. 82. 4, Plia. Ih. 37”^
■ oas, p. 143. Cf. plus haut, note 13. Du reste les marches ont été souvent confondus avec les pays d'origine. Cf. Waldmann, p. 11. 49 pHa XXXVII
W fii -r’.— 43’ - “ Pli“' XXXV„, 1 1 43; Diod. Sh!. V 23 Cf * fl,' Marti“’ 0P' '«• P' P-t et Chipiez, Pv’thTas t r i- ’ h U SaJem S “d8”™'"18 de Diodore *<>nt dus à P 4 7 Zu ri mée de voy. Melbig, Osseruasioni,
P- 417, Waldmanu, Ber Bernstein im Alterth. p. 37 et s.; Genthe dans A/o
nalschn/l far Bhein.Westp'al. Geschichisforsch. II, I, et Op. cit. p io«- Hmi
d’X' r /X P’ 63 Sq’ C‘ P’ 81 : Ch’ dC Unas' °P‘ cit ' P' 369; Miiller- Deçke, Etrusher, 1, p. 270; W. Helbig, Op. c,t. p. 416, n. 3, dit que l'ambre des antiques sépulcres italiens est généralement roussûtre et que cette variété abonde ;;; XaX laB;lll,qUe; VyaldmaDn. Op.cU. p. 37 et \or. aussi Ritter, dans
Miltkeilungen d. Centralcommission, Wien, 1889, XV, p. 103.
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par les anciens, au moins pour une partie des objets trouvés dans ces sépultures61.
Usages. — Dès une haute antiquité l’ambre, si toutefois c'est de lui qu’il s’agit dans Homère, fut regardé comme une matière d’une grande valeur et associé à l'or, à l’argent, à l’ivoire, dans la décoration des palais; on en faisait aussi des parures, notamment des colliers. C’est avec un bijou de ce genre qu’Eurymaque veut séduire Pénélope et que le marchand phénicien, qui emmène la nourrice d’Eumée, occupe l’attention de la reine et des femmes qui l’entourent62. On a trouvé dans des tombeaux antiques de la Grèce et de l'Italie beaucoup de grains d’ambre et de perles perforées et, en Étrurie, un assez grand nombre de colliers entiers ainsi formés, qui ne diffèrent point de ceux de la Grèce homérique, ainsi que des fibules, des pendants d’oreilles et d’autres objets ornés de morceaux d’ambre63. Mais durant la période classique de l’art grec, l’ambre quoique bien connu, ne paraît guère avoir été utilisé ; on en fait à peine mention dans la littérature si ce n’est comme terme de comparaison 8i. Un vers d’Aristophane donne à croire qu’il entrait comme matière incrustante dans l’ornementation des lyres56. C’est à l’époque des empereurs romains, au moment de la décadence de l’art grec qu'il est de nouveau question de l’ambre. En Italie, comme on l’a vu, les Étrusques l'avaient employé : on le rencontre encore assez tard dans des tombeaux de l’Étrurie et du Latium, où il se trouve mêlé à des objets d’importation phénicienne ou carthaginoise 56, il devient rare ensuite. Dans les derniers temps de la république et sous les empereurs, il fut recherché
51 Brard, Minéralogie appliquée aux arts. t. III, p. 375 et s. ; Frietilanclep, Arcliüo log. Zeitung, 1872, p. 49 ; Capellini, Congrès international d anthropol. et d'archéol. préhist. Compte rendu de la v° session, Bologne, 1871, vu0 session, Stockholm, 1874; p. 791: Franks, Ibid, vni° session, Buda Pesth, 1877, p. 438 ; A. Guardabassi, Bullctino dell' Instit. 1876, p. 97; Bail. del. r. comm. geol. d'Italia , 1877, p. 376. Gozzadini, De quelques mors de cheval italiques , etc. Bologne, 1 873, p. 16 ; Cazalis de Fondouce, Matériaux pour l'histoire primitive etnat. de l'homme , 1876, p. 445 et s. Helbig a essayé de réfuter cette opinion, Op. cit. p. 416. Cf. Blümner, Op. cit. p. 381 ; Rehoux, Sur l’origine de l'ambre, son emploi dans l'antiquité; O. Schneider, Zur Bernsteinfrage, dans Naturwissensch. Beilrâge zur Geogr. und Kulturgesch. 1889. — 52 Hom. Od. XV, 439; XVIII, 293. Cf. VV. Helbig, Op. cit. p. 424 et, ci-dessus, note 13 ; M. Rossignol, Op. cit. p. 334, regarde l'electrum d’Homère et d'Hésiode comme une substance imaginaire; Aristote, De mundo , c. 6, le mentionne avec l'or et l'ivoire dans la décoration des palais de Suse et d Bcbatane ; — 53 Schliemann, Mylcenae, p. 233, 283, 353 (= p. 282, 326, de la trad. franc.); Baccolta Cumana, n03 1565, 1651; Friedlaender, Archüol. Ze.it. 1872, p. 49; Mittheilung. d. arch. Institut , sect. rom. I, p. 138; Monum. dell’ Inst. Bullet. 1874, p. 56; Mittheil. d. Instit. sect. rom. p. 27, 33, 138; Gozzadini, Di un sepolcreto etrusco , pi. vin; Id. De quelques mors, etc. p. 13, 16, et Scuvi Avnoaldi, Bologne, 1877 ; Bullet. dell' Inst. 1875, p. 51, 177, 179, 181, 209, 211, 218; 1876, p. 59, 157, Monum. ined. X, pl. 24, 31-33; Annal. 1875, p. 223, pl. i; 1876, p. 197, 249; Zannoni, Scavi délia Certosadi Bologna, 1870, p. 37; Garrucci, Archaeologia, t. XII, 197 et 204; Atti dell' Academ. dei Lincei, 1880, pl. i, p. 101; A. Franks, l. I.; Helbig, H amer. Epos, p. 424. — 64 w. Helbig en conclut que les Grecs firent usage de l’ambre seulement dans la période primitive, quaud ils étaient encore sous l'influence de la civilisation asiatique, et de nouveau à 1 époque impériale, lorsque leur art entra en décadence, Osservaziom, p. 425; cf. Ritter, Mittheil. d. Central commise. XV, p. 240. Dans les tombes de l'époque classique, soit en Grèce, soit dans les colonies grecques, on cite à peine quelques objets d ambre, H. Blümner, Op. cit. p. 385. Voy. cependant Raoul-Rochette, Mém. de l' Acad, des Inscr. t. XIII, p. 554 ; de Jorio, Metodo per rinvenire i sepolcri d. antichi, Napl. 1826, p. 119. Xen. Anab. II, 3, 15, compare la couleur de dates de choix à celle de l'ambre. Cl. Athen. XIV, 651 B et Philostr. Vit. Apollon. Tyan. I, 21. Voy. encore Hippocr. p. 1 135. — 55 Al*. Equit. 531. Il compare le vieux poète Cratiuos à une lyre disjointe, qui aurait perdu ses incrustations d’ambre; le scholiaste veut que ce soit à un vieux lit, cela prouverait, eu tout cas, que l’incrustation des meubles avec de l’ambre se pratiquait à l'époque du scholiaste. Cf. Helbig, Op. cit. p. 425 et Blümner, Op. cit. p. 383, note 2, qui croit, avec Lepsius, que dans l’épigramme citée par Plutarque ( Timol . 31, ûré.So., jrçuffeXïoavvïiAÉxTpou;), il s agit délectrum métallique. Cf. Lepsius, Abhandl. d. Berlin. Alcad. p. 133. Mais voy. plus haut, notre note 12 et Millier; Handbuch. d. Archüol. § 312, 1. — 56 Bull, de l'Inst. 1853, p. XLV; 1870, p. 56; 1874, p. 55 et s.; 1875, p. 218 et s.; 1876, p. 57, 117 et s.; Annal. 1874,
autant que les pierres précieuses et servit surtout à la parure des femmes51. Pendant le règne de Néron, un entrepreneur des jeux dépêcha en Germanie un chevalier romain qui parcourut les marchés du pays et rapporta une telle quantité d’ambre que, pendant une journée, tout l’appareil des jeux en fut décoré. Pline, à ce sujet, mentionne, à titre de curiosité, un morceau qui pesait 13 livres68. L’ambre et sa couleur furent à ce moment très à la mode ; l’empereur ayant, dans une pièce de vers, chanté les cheveux d’ambre de sa femme Poppée, cette nuance, dit Pline, fut recherchée par les femmes60. Dans les morceaux d’une grosseur un peu considérable on sculpta des figurines; l’ambre, ainsi travaillé, atteignait alors un prix exorbitant; au point, dit Pline, qu’une toute petite effigie humaine se vendait plus cher que des hommes vivants et vigoureux60. 11 y avait à Olympie, au temps de Pausanias, une image d’Auguste en ambre, mais on n’a aucun renseignement sur sa grandeur61. On sculpta encore dans l’ambre des vases et des coupes62. Du reste, ce sont principalement de menus objets qui furent taillés dans cette matière; les femmes de Lydie en faisaient des bouts de fuseaux; les paysannes de la région transpadane portaient des colliers d’ambre63; çà et là sont mentionnés des agrafes, des bagues, des ornements de lits, des amulettes61, des cachets, mais il y a des doutes sur ce dernier point65 ; on a trouvé des poignées d’épée et de poignard en ivoire et des anneaux métalliques incrustés d’ambre66. Les délicats de Rome faisaient faire de petits couteaux d’ambre pour couper les champignons, de peur qu’ils ne prissent le goût du fer61. Les fragments qui renfermaient des in-
p. 249. 233, 259, 264; 1875, p. 223 et s.; 1876, p. 57; Grifl, Monum. di Cce, Rome, 1841, pl. ni, 3; Mus. etr. Gregoriano, 1, pl. 11, 15-20, 62-67, 75-77. 82-85; Bijoux du musée Napoléon III, n°- 86, 87, 233-236; Garucci, Archaeologia , t. XLI, pl. iv, p. 197 et s. Les fouilles exécutées dans l’Etrurie, le Latium et la Campanie font voir que l’ambre était recherché dans les temps très anciens, qu’il cessa d’être goûté lorsque l’influence de l’art grec se fit sentir et qu’il fut de nouveau ù la mode au temps des empereurs; Helbig, Op. cit. p. 427 et s. ; Genthe, Op. cit. p. 107 et s. Nous rappellerons ici que des objets d’ambre de diverses époques sont conservés dans les collections de Naples, Rome, Paris, Londres, Vienne, Buda-Pesth, Berlin, etc. Voy. Musée Napol. III , l. I. et p. 215 : Kenner et Sacken, O. c. p. 455 ; Ruggiero, O. c. p. 229 et s. ; Cbabouillet, Antiq. du cabinet de la Bibl. nationale , il0, 3 489, 3505; Frauks, l. I. et l’album lithographié des ambres de Naples, publié par Deckeu, Naples, 1866; Fiorelli, Scavi di Pompei dal 1861 al 1872, p. 157, n. 55-57; Ritter, l. I. p. 152 et suiv. Voy. encore Ficoroni, Bolla d’Oro, p. 41 et s.; Panofka, Cabinet Pourtalès, p. 24, pl. xx ; Raoul-Rochette, Mém. de l'Acad. des Inscr. t. XIII, p. 554; 0. Muller, Handbuch. § 312, 2; Bull, dell’ Inst. 1829, p. 187; 1842, p. 38 et s.; Friedlaender, Arch. Zeitung , 1872, p. 49; abbé Cochet Normandie souterraine , 2° éd. p. 137, pl. vi ; Calai, du musée de Rouen , 1875, p. 99, etc. — «7 plin. XXXVII, 11, 30; 12, 40 ; Ovid. Met. II, 364. — Plin., 11, 45-46. — 59 Plin. XXXVII, 12, 50. — 60 Plin. 12, 49. Pour le haut prix de l’ambre, cf. Paus. V, 12, 7; Lucian. De electro , c. 3. — 61 Paus. V, 12, 7. Cf. Quatremère de Quiucy, Jupiter Olympien, p. 369; Ritter, l. I. p. 154. — 62 Juven. V, 37 ; Apul. Met. II, 19; Digest. XXXIV, 2, 32, § 5; Bull, de l'Inst. 1842, p. 41. De Linas rappelle que le musée de Rouen « possède quelques débris d’un admirable vase d’ambre » dont l’anse «représente un enfant; ce fragment accuse un ensemble d’assez grandes dimensions. » Op. cit. p. 147, note 1. Peut-être alors la coupe d’electrum, dout nous parlons plus loin, consacrée par Hélène dans le temple de Minerve à Lindos, était-elle de l’ambre, malgré ce que dit Pline, qui ne l’avait pas vue. Cf. Plin. H. nat. XXXIII, 23, 81 et Ch. de Linas, Op. cit. p. 147.
— 63 plin. IL nat. XXXVII, 11, 37 et 44. Au § 37, Pline mentionne l’appellation harpax (&ç-a£) appliquée à l’ambre en Syrie. — 64 Heliod. Aethiop. H, 3; Artemid. Oneirocr. Il, 5. Il emploie le mot eroûxivoi. Schol. Aristoph. Equit. 531. Cf. plus haut, note 50 ; Suidas, s. v. vjXexTpa, Etym. Mag. p. 425, 28; Plin. XXXMI, 12, 51. Cf. W. Ileibig, Op. cit. p. 432, n. 3; Genthe, Ueb. d. Etruskischer Tauschhandel, p. 37; Waldmann, p. 48; Ruggiero, Mus. Kircher , p. 233; Ritter, Mittheil. d. Centralcomm. XV, p. 154 ; Bullet. arch. comunale di Borna. 1889, pl. viii, p. 180. — 63 Théophraste (Lap. 28) dit formellement qu’on taillait des cachets dans le mjyyoüçiov. Voy. plus haut la note 34 et Aelian. Nat. anim. IV, 1. ; Bull, dell' Inst. 1876, p. 57; mais cf. Helbig, Op. cit. p. 419, n. 3. — 66 Archacologia, XLI, pl. vi, 2, p. 199; pl. ix, 2, p. 202; Monum. del. Inst. X, pl. xxxi ; Annal. 1876, p. 249 ; Lindenschmit, Alterthiimer unser. heidn. Vorzeit , H, 1, pl. v.
— 67 Plin. H. nat. XXII, 9, 99. Cf. Helbig, Op. cit. p. 432, n. 3
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sectes paraissent aussi avoir été prisés comme curiosités68. On le recherchait encore pour l’odeur qu’il dégageait quand il était frotté et échauffé par le contact des mains et, l’été, les dames romaines aimaient à tenir des boules d’ambre pour se rafraîchir et se parfumeries doigts 9. G était peut-etre à cause de son parfum que l'empereur Héliogabale aurait voulu pouvoir faire sabler le portique de son palais avec de l’ambre pulvérisé70. Enfin, comme ce corps pouvait se teindre facilement en toutes couleurs, il servit pour imiter les pierres précieuses transparentes et particulièrement l’améthyste77
Nous n avons aucun renseignement sur les instruments employés pour travailler l’ambre; on suppose qu’on se servait du tour et du couteau à sculpter72.
Emploi en médecine , superstitions. — On faisait porter aux enfants des amulettes d’ambre73; les colliers des paysannes transpadanes, dont nous avons parlé plus haut, n’avaient pas seulement pour but de les parer, mais encoie de les préserver des affections des amygdales et de la gorge, fréquentes dans le voisinage des Alpes74. Pris en breuvage, ou porté en amulette, il passait pour un remède contre la folie et la dysurie. Surtout la variété appelée chvijselectrum , à cause de sa couleur qui rappelait celle de 1 or, était une panacée universelle; sous forme d’amulette elle guérissait les fièvres; broyée avec du miel et de l’huile rosat, elle était bonne pour les maux d oreilles, avec du miel attique, pour l’obscurcissement de la vue ; sa poudre se prenait soit seule, soit dans de 1 eau avec du mastic (résine de lentisque) contre les maux d’estomac et le flux de ventre76. Chez Oribase il est question de pastilles à l’ambre indiquées contre les ciachements de sang, la toux chronique, la phtisie, les vomissements, le flux de ventre, la dysenterie, les flatuosités et enfin les maux d’oreilles76.
Electrum métallique. — Le nom d 'electrum a encore été donné à un alliage d’or et d’argent dans lequel le premier métal entrait pour quatre cinquièmes77. A quelle époque a-t-on commencé à appeler ainsi cet alliage? c’est ce qu il est impossible de déterminer ; mais il semble que ce soit à une époque relativement récente, puisque les écrivains du ve et du iv» siècle av. J.-C. paraissent n’avoir employé le mot ^Exipriv que pour désigner l’ambre78, peut-être Sophocle79, comme on l’a vu plus haut, a-t-il voulu signifier par 1 electrum (rjXexTpoç) de Sardes ce qu 'Hérodote avait appelé or blanc huxôç) so. Cette
opinion peut se soutenir avec d’autant plus de vraisemblance que 1 alliage natif d’or et d’argent existait en assez grande abondance en Lydie81, non seulement dans les sables du Pactole, dont la richesse a été tant célébrée 82, mais aussi dans les filons quartzeux du Tmolus et du
“ Martial a composé à ce sujet plusieurs épigrnmmes, IV, 32; IV, 59- VI 15. v. **art- vi 37. H; XI, 8, «; 111,65, S. Cf.H. Blümner, Op. cil. p. 387 et Juven. vi o73. - 70 Lamprid. Heliocj. 31. Un passage de Pline ferait croire qu'on le bru- ‘ll Cn en mettant des fragments dans l'huile en guise de mèches, XXXVII, 12. 48. n peut rappeler ici, que dons les Indes il était préféré .à l'encens; Plin’ ti’ 36.
. 12> i8 el — 72 H. Blümner, Op. cit. p. 388. — 73 Plin.
Jbid. 12 Si ; W. Helbig, Op. cit. P. 428, n. 3 : Friedlaender, l. I. — V. PHn. f , '
R ’ P‘m' l2’ 31 ! Diosc- Mat- Med. I, 110. - 76 Oribas. (éd. Daremberg et Bussemaker), t. V, p. 131 et 872; cf. Galeu. (éd. Kuhn), t. XIII. p. 86. 77 piin.
»- • n ’ ~vr,80’ C- F>aUS' V’ 12, 7; Tertu11' Aclv- Praxeam, c. 27; Institut. II, 1, I f’ 7 et XXXIV’ 2, 32. Les Jurisconsultes donnent le nom d'electrum
,, ,a lage d or et d ar8eat- v°y- Ch. de Liuas, Op. cit. p. 150, n. 2. — 78 Aristote sn r°' u ,0’ 10 6t 17’ TheoPh- LaP- 2!). Hist. plant. IX, 18, 2; Plat. Tim. Das uHer°t I"’ ,t5’ ~.’3 V°y- n0te 16' - 80 Herod. 1,50. - 81 Brandis, un~, iJass und Gewichtswesen in Vorderasien, Berl. 1866, p. 164- F. Le-
ZTnt'J:arra,e da,,S l'anii(‘uité< I, p. 192 ; Ch. Leuormant, Itcv. numismat.
’ P- J3, lait remarquer que d'après les termes de Pline, XXXIII, 23, 81, l'elec-
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Sipyle, et que cet alliage a été utilisé dès une haute antiquité. Dans le voisinage de lere chrétienne, Virgile paiaît certainement avoir songé à l’électrum métallique en décrivant les armes d’Énée83. Quoi qu’il en soit, la première mention indiscutable de cet alliage et de ses proportions se lit dans Pline, qui connaissait deux sortes d électrum métallique. L’un, natif, se rencontrait, dit-il, dans toutes les mines d’or. De son temps, on le trouvait suitout en Espagne, dans l’or appelé canaliense, c’està-dire dans celui que l’on extrayait du sein de la terre au moyen de puits, par opposition à l’or qui était à fleur de terre ou charrié par les cours d’eau84. L 'electrum était aussi le premier résultat obtenu dans le traitement de certains minerais aurifères ; on le traitait à son tour pour achever d’en retirer l’or86. La seconde sorte était fabriquée artificiellement en mélangeant l’argent à l’or dans la proportion d’un cinquième. Lorsque cette proportion était dépassée, l’alliage, dit-on, ne résistait plus sur l’enclume 86. Il est probable que le titre ne fut pas constant, car au vne siècle de notre ère, l 'electrum artificiel est donné comme renfermant seulement trois quarts d’or87. D ailleurs on peut conjecturer, d’après le texte même de Pline, que le nom d 'electrum (et probablement aussi celui d’or blanc) dut s’appliquer à tout alliage d’or et d argent, quelle que fût la proportion des deux métaux. Les analyses que l’on a faites de monnaies de l’Asie Mineure, ont montré que Yetectrum monétaire de ce pays était d une composition fort irrégulière; la proportion de l’argent y est très supérieur à 20 p. 100, elle s’élève quelquefois jusqu'à 48,3 88. Dans une offrande de Crésus au temple de Delphes, il y avait cent treize demi-briques ou lingots d’or blanc qui paraissent avoir renfermé 29,84 p 100 d’argent89. L’electrum natif était le plus estimé; ce composé avait la réputation de jeter un très vif éclat, surtout aux lumières90.
(J sages. — Quel que soit le nom par lequel on ait d’abord désigné 1 électrum métallique, sa renommée et son emploi remontent à une haute antiquité. Pline, comme on l’a vu, croyait même qu’il avait été connu d’Homère91. C’est de cet alliage, selon lui, qu’était faite la coupe consacrée par Hélène à Lindos (île de Rhodes) dans le temple de Minerve et qui, dit-on, donnait la mesure de son sein92.
L envoi de cent treize lingots d’alliage, contre quatre seulement d’or pur, fait par Crésus au dieu de Delphes quand il veut se le rendre favorable, montre quel cas on faisait de ce composé au vi° siècle av. J.-C. Natif ou artificiel93, car, bien que le premier fût plus prisé que le second, je suppose qu’il n’était guère possible de les distinguer, Y electrum servit à frapper la plus ancienne monnaie de la Lydie et des cités grecques de l’Ionie
v.uu. uauiiei ému considéré comme une rareté. — 82 Pün. XXXIII, 21 66 • V 30, 110; il rappelle qu'il avail reçu l'épithète de Chrysotrhoas. Hero'i’ V loi' Soph. Phll. 393; Athen. 4, p. 203 C. Au temps de Strabon, la richesse du Pactole et des mines du Tmolus n'existait plus, cf. XIII, p. 591 et 625-626. - 83 Vira
f/"' Vn,402 Ct.624; cf' Ch' ,le Linas’ °P- ci‘-V- 146. Voy. plus haut, note •*. 4 Plin. XXXIII, 23, 80; 21, 68. — 8b Strab. IIl, p. 146; cf. Lenz On cit
p. 53. — 8G Plin. IX, 65 1 30 - \Y\Iir 91 an t i • , I - c t.
■ a: j? r ’ 1 ’ 23’ 80- “ Tous,es numismates ont reraar-
que d.t F Leuormant, que les flancs des statères d'electrum ont constamment éclaté sous le marteau et présentent des fissures irrégulières et profondes qu'on ne voit presque jamais dans ceux des pièces de véritable or. » Op cit 1 „ ,
- 87 Isid. Orig. XVI, 24 ; Lasteyrie, Op. cit. p. 15. - 88 Brandis.'^ c P 2,6
■ L,en0™a"t' 0p'C- ’’ p- 193' Cr' /ie"' n“rnism. 1856, p. 89 ; Hultsch. Métrologie
- ed. p. 589. — 88 Herod. 1, 50; F. Lenormant, l. I. p. 194. 90 Isid Orig XVI, 24. Il brillait, selon Pline (XXXIII, 23, 81), d'un éclat plus vif que celui dé 1 argent. bchHemann, Ihos (trad. française), p. 594, signale entre autres une petite coupe d electrum d'un blanc étincelant i l'intérieur comme à 'extérieur. - 91 Vov plus haut, note 11. — 02 y0y. note 62. — 93 Herod. I, 50.
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[moneta]91, il fut aussi utilisé dans les travaux de bijouterie et d’orfèvrerie, pour faire des boucles d’oreilles, des bracelets, des broches, des vases de diverses formes, coupes, patères, etc. 9% ou pour orner ces pièces de reliefs dont la couleur, plus pâle, tranchait sur celle de l’or96. Une lampe d'autel, pesant deux livres, offerte par l’empereur Justin Ier au pape Hormisdas, était en electrum*1. Des cachets et des anneaux furent aussi exécutés en cette matière98. Sous Alexandre Sévère on en frappa encore des monnaies, au vi° siècle un roi Gète en fit autant08.
Disons enfin que l 'electrum natif passait pour avoir la propriété de déceler les poisons ; une substance vénéneuse était-elle versée dans un vase de ce métal qu’il se produisait, en différents sens, des arcs irisés avec un bruissement semblable à celui du feu100. Alfred Jacob.
ELENCIIUS [MARGARITA],
ELEPIIAS, plus rarement elepuans1, ordinairement elepuantus; aux cas obliques xç. — Le nom de cet animal est venud Orient avec l’ivoire, qui s’appelle déjà èXscpaç dans Homère2, mais le premier auteur grec qui ait mentionné l’éléphant est Hérodote 3. L’étymologie du mot elephas a donné lieu à de nombreuses conjectures4 et, bien que la dérivation sémitique en soit généralement admise, on est encore loin d’être d’accord sur l’origine du prototype sémitique lui-même, qui contient peut-être un élément sanscrit5. On pense aussi que le latin barrus, par lequel on désigne quelquefois l’éléphant6, est un mot d’origine indienne1; de là vient barritus , le cri ou barrit de l’éléphant8.
Les Romains ont désigné la trompe de l'éléphant par les mots brachium ou manus 9; quelques écrivains grecs l’ont appelée yz( p, d’autres itpoêoaxtç, d’où les Romains ont fait proboscis, promoscis , promuscis10. Ses défenses
01 F. Lenormaut, Op. cit. I, p. 192-194; Barclay Head, Hist. numor. Oxford, 1887, Introd. p. xxxiv;'E. Curtius, Hist. grecq. (trad. Bouché-Leclercq), I, p. 141.
— 93 Trebell. Pollio, À'À'À' tyran. XIII, 262. Cf. Lasteyrie, Op. cit. p. 40, et de de Linas, Op. cit. p. loi ; Ch. Lenormant, Rev. numism. 1856, p. 94; Schliemann, Ilios (trad. fr.) p. 568, 586, 594, 616, 621, 626, décrit des bijoux et des vases très auciens trouvés dans les fouilles d'IIissarlik. — 96 Mart. VIII, 51. J’entends ici que les ornements en electrum sont moins éclatants que l’or de la coupe; ils étaient peut-être mats. Voy. pour d’autres interprétations, Ch. de Linas, Op. cit. p. 148. Cf. la description du bouclier de Rome par Claudien, I, 98. Ce sont des colonnes d’electrum métallique que le même poète nous montre dans le palais de Cérès. Rapt. Proserp. I, 243. — 97 Lasteyrie, Op. cit. p. 55. — 98 Lettre de saint Avit, citée par M. de Lasteyrie, O. c. p. 53. — 99 Lamprid. Al. Sev. 25; cf. Lasteyrie,
O. c. p. 17 et 53. — 100 Pliu. Hist. nat. XXXIII, 23, 81.
ELEPIIAS. l Auct. B. Afr. LXXXIV, 1; Plin. H. nat. VIII, 9 et 11; Diom. 127, 22. On trouve le cognomen Elepans , Corp. inscr. lat . t. VIII, n° 2554.
— 2 Hom. II. V, 583; Od. IX, 73. — 3 Herod. IV, 191. Pausanias remarque, I, 12,
3, qu'Alexandre est le premier roi d’Europe qui ait possédé des éléphants, mais que l'ivoire a été connu ù une époque bien antérieure; il rappelle qu’Homère mentionne souvent cette substance, mais ne parle nulle part de l’éléphant. Platon, dans le Crilias, p. 1104, dit que l'ile Atlantide était remplie d’éléphants. — 4 Voir l’exposé des anciennes étymologies dans Cuper, Pe elephantis in nummis obviis , p. 1U2.
— 5 Le plus ancien nom sanscrit de l’éléphant est ibha, mot qui, précédé de l’article sémitique, donnerait el-ibha, d’ou tAéoaç (Benary, Benfey, Gesenius). Le nom égyptien est abou. Dans toutes les langues sémitiques, l’éléphant est désigné sous le nom de ftl> dont les Grecs ont pu faire i\i<ca; (Tissot, Géogr. de la prov. rom. d’Afrique , t. I, p. 371). Bochart a aussi proposé d’identifier Deçà; à el-eleph , ce dernier mot signifiant bœuf en hébreu; Pott admet eleph-hindi , c’est-à-dire « bœuf indien », par analogie aux boves lucae (Lucr. t. V, 1301). Pictet ( Journ . asiat. 1843) a même cru pouvoir expliquer phonétiquement Deçà; par le sanscrit ài làvanta, forme primitive (hypothétique) d 'âirâvata, nom de l’éléphant qui porte le flieu Indra. — 6 Hor. Epod. XII, 1 ; Anthol. lat. 762, 53 ; Sid. Carm. XXII, 55 ; Isid. Oriy. XIX, 17, 18; Cassiod. De orthogr. 5. — 7 Isid. Orig. XII, 2. Cf. Cuper,
De elephantis in nummis obviis, p. 22. — 8 Apul. Flor. 17; Veg. Milit. III, 24.
— 9 Cassiod. Epist. Var. X, 47, l’appelle nasuta manus. — 10 Auct. B. Afr. LXXXIV, 1 ; Plin. H. nat. VIII, 18; Solin. XXIV, 14. — H Arrian. Exp. Alex. V,
17, emploie xepat'Çeiv en parlant de l’éléphant. Cf. Plin. Hist. nat. VIII, 4. — 12 Armandi, Histoire militaire des éléphants, p. 1 et s. ; Tissot, Géog. de la prov. rom. d’Afrique, t. I, p. 366. — 13 Polyb. V, 84; Diod. II, 16; II, 35; Plin. Hist. nat. VIII, 9; Liv. XXXVII, 39; Strab. XV, 1, p. 705 ; Mêla, III, 7; Aelian. Anim. XVI,
15. Les éléphants représentés sur les monuments de Carthage, les monnaies afri-
étaient dites xepoenx, cornua , et souvent assimilées aux cornes d’un taureau11.
Les anciens ont connu les deux variétés d’éléphants que l’on distingue aujourd'hui sous les noms d'asiatique (el. indicus , Cuvier) et africaine (el. capensis12). L’éléphant d’Asie est plus grand, a la tête proportionnellement plus forte, les oreilles et les défenses plus petites ; il est d’ailleurs plus intelligent, plus courageux et plus facile à dompter13. Les anciens ont parfaitement apprécié la supériorité des éléphants de l’Asie sur ceux de l'Afrique, supériorité dont l'histoire militaire de ces animaux fournit des preuves. La variété africaine vivait à l’état sauvage dans la partie septentrionale de l’Afrique, à peu de distance du littoral 14 ; elle en fut chassée peu à peu par l’homme et se retira dans l’intérieur. Au vu0 siècle après J.-C., Isidore de Séville dit qu’il n’y a plus d’éléphants dans la Tingitane et qu’on en rencontre seulement dans l'Inde 16.
Les Grecs ne se familiarisèrent avec les éléphants que depuis l’époque d’Alexandre, comme les Romains depuis les guerres de Pyrrhus16. La description que donne Aristote de cet animal est fort exacte17, et l’on a lieu de penser qu'il avait reçu des renseignements précis de quelqu’un des compagnons d'Alexandre18. Mais il est remarquable que les auteurs postérieurs à Aristote, bien qu'ayant tous eu l’occasion de voir des éléphants, débitent à leur sujet des fables absurdes et leur attribuent, entre autres qualités imaginaires, des sentiments religieux19 et moraux, l’intelligence du langage humain, etc. [bestiae, p. 691], Les anciens ont été frappés de la longévité de l’éléphant, mais ils l’ont singulièrement exagérée*1.
Les éléphants ont été rarement représentés dans les monuments de l’Ëgyte et de l’Assyrie22; l’art grec archaï-
cainos et romaines, ont les grandes oreilles en éventail de la variété d’Afrique; ceux que l’on voit sur les monnaies des Séleucides ont les caractères de la variété indienne. Cf. Berger, Gaz. archéol. 1877, p. 24, Perrot et Chipiez, Hist. de l’art , t. III, p. 459. Beau spécimen d’éléphant indien sur un tétradrachme de Séleucus Nicator, Imhoof-BIumer et Relier, Ticr-und Pflanzenbilder , pl. iv, n° 6; éléphants africains sculptés en bas-relief à Constantine, Delamarre, Exploration scientifique de l'Algérie, pl. 118 ; Tissot, Géogr. de la prov. rom. d'Afrique, t. I, p. 373, fig. 42.
— 14 Hannou, Peripl. § 3-4 [Géogr. min. éd. Didot, I, p. 3); Ilerod. IV, 191 ; Diod. III, 10, 5; Pol. XII, 35; Mêla, III, 10; Plin. H. nat. V, 4; VIII, 1 et 11 ; Aelian. Anim. Vil, 2; X, 1 ; Agatharch. Geogr. min. éd. Didot, t. I, p. 117, 9; Lucian. Quom. hist. conscr. sit, 28. Comme l’a remarqué Tissot (Géogr. de la prov. rom. d'Afrique, t. I, p. 365), l’éléphant, qui manque sur les monnaies de la Cyrénaïque et sur celles de Carthage, est au contraire un des symboles fréquents de la numismatique numide et maurétanienne. L’éléphant figure dans les scènes de chasse que représentent les dessins rupestres du sud de la province d’Oran (Tissot, Op. I. p. 372, fig. 41). — 15 Isid. Orig. XIV, 5, 12. On ne peut faire aucun cas du témoignage vague d’un auleur italien, d’après lequel il y aurait eu encore des éléphants en Tunisie au xvi® siècle (Tissot, Géogr. de la prov. rom. d'Afrique, t. I, p. 372). A l’époque moderne, l’éléphant a disparu de même des environs du Cap. — 16 Les Romains appelèrent d’abord les éléphants « bœufs de Lucanie », boves Lucae. Cf. Varr. Ling. lat. VI, 3, qui rapporte une opinion absurde d’après laquelle Lucas serait pour Libycus et sedécide pour l’opinion plus absurde encore que ce mot viendrait de lucere. Voir à ce sujet Scaliger, dans ses notes sur Varron. Pour lucas bos, cf. Plin. H. nat. VIII, 6; Lucil. ap. Non. IV, 349; Lucr. V, 1301; Sil. IX, 373.
— H Arist. Hist. anim. VI, 17. Voir l’art, elephas à l’index de l’Aristote Didot,
t. V, p. 271. 18 Armandi, Op. laud. p. 42. — 19 Religio siderum, solisque et
lunae veneratio , Plin. H. nat. VIII, 1. — 20 Voir Plin. II. nat. VIII, 1-12; Aelian. Anim. passim ; Manuel Philé, Ilept Deep, dans les Poetae bucolici, éd. Didot, p. 23.
— 21 Ici encore, Arist. Hist. anim. VIII, 9, est plus près de la vérité que ses successeurs, Onésicrite cité par Strab. XV, 1, p. 705; Philostr. Vit. Apoll. II, 12, 2; Plin. H. nat. VIII, 10, — 22 L’éléphant paraît dans les hiéroglyphes dès la v® dynastie, sur les monumeuts à l’époque de la xviii®, ou il figure parmi les tributs des vassaux syriens. « L’éléphant servait de toute antiquité à écrire le nom de nie d’Abou (Eléphantine), au débouché de la première cataracte, mais aucun texte ne nous a fait connaître jusqu’à présent qu’il eût un rôle dans les traditions religieuses de l’Égypte. » Maspero, Guide aumusée de Boulaq , p. 275). Le musée de Gizeh possède un éléphant en terre émaillée verte, d’époque sa’ite (Maspero, Catal. n° 4163), et un autre qui appartient à l’époque ptolémaïque (n° 6149). Thoutmès III chassa l’éléphant en Mésopotamie, d'où il n’a disparu qu’après le xii® siècle av. J.-C.; on voit un éléphant asiatique et un ours figurés sur le tombeau de Rekh-ma-Ra, con-
que les ignore, comme la mythologie, et ils ne s’introduisirent dans les légendes helléniques qu’à l’époque alexandrin©, lorsque la fable de l’expédition de Bacchus en Inde se forma ou se transforma sur le modèle de l’histoire d’Alexandre 23 [bacchus, p. 613], Les sarcophages romains représentent souvent des éléphants dans le cortège triomphal de Bacchus2'' ; tantôt ils traînent le
char du dieu 2\
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Fig. 2619. — Prisonnier sur un éléphant.
tantôt ils sont montés par des Eros26, ou des Ménades 27, tantôt enfin on voit (fig. 2G19) un Indien prisonnier attachésurledos d’un éléphant28.
Les, éléphant.s font aussi partie de l’armée indienne qui est attaquée et défaite par Bacchus29. Dans la
, , célèbre proces¬
sion de Ptolemee Philadelphe ", un char à quatre roues portait une représentation du retour de Bacchus : le
dieu, haut de douze coudées, chevauchait un éléphant, que conduisait un satyre assis sur le cou de l’animal. L’éléphant portait des ornements d’or. A la suite du char de Bacchus marchaient vingtquatre chars traînés chacun par quatre éléphants. La statue d’or d’Alexandre était aussi placée sur un char tiré par quatre de ces animaux 31 . On remarquait encore i?n • • . dans le cortège des
hiopmns qui portaient six cents défenses. Peut-être
1 rattacher à cet ordre de représentations diony-
Ll, t. 11, p ^ et 564 lTrUr ÜSSyrieDS’ Cf' l'err0t et Chi»- *
Diony*. des Nonnos> Huli f833 °lr2C7allUe“’;P’ ^OO.etKoehler , Die
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de Crète). as’zoeeà VOn''l 1 ' LaCr0n:’ Iks de la Grèce< P1- TI (sarcophage pl. V. 30 Athen' v ’ , ■ • pl- Tm- - 29 Bouillon, Op. I. Bas-rel. t. 111,
II, p. 79. 32 ’ P' “ f' 31 lbid ' P' 202 a; cf- Bongpérier, Œuvres,
‘alogue, pl. , n. m"U—33 CUiteS de My™, vente du 14 mars 1888, cahibliographie 3i n-’ a , P' A™andl’ H,st- militaire des éléphants ; voy. la
Stabrobrates le roi in rl , T'™ *** éIéPhants de Suerre dans l’armée de
~ 35 L'éléphant est la “T' “tre [equel Semiramis partit en guerre (Diod. II, 16) sciences et de la s,M."c j “ ,éte Symbolise Gané««> ^ divinité des
en leur racoutant nid, ils ™d,'OCOttas Persuada les ludiens de sa mission divine sente à lui et lui se 'i t ** Unt Sauvage d une grandeur extraordinaire s’était pré- Sem“ de (Jus'in. XV, 4). Le cadeau d’un éléphant était
siaques un charmant groupe en terre cuite découvert a Mynna, où figurent deux jeunes filles couchées sur le dos d’un petit éléphant (fig. 2G20)32; mais cet objet appartient plutôt à la nombreuse série des motifs de genre qui
n ont plus qu’une relation très lointaine avec la légende de Bacchus.
Les éléphants, employés comme engins de destruction, ont joué un grand rôle dans les guerres de l’antiquité; leur histoire militaire a été racontée avec détails par le colonel Armandi33. Nous nous contenterons d’en indiquer ici les principaux épisodes.
L’usage des éléphants de guerre est très ancien dans Inde 3’, pays dont la mythologie et l’art font une grande place à cet animal 35. A l’époque des guerres inédiques, d est certain que les peuples de l’Afrique n’avaient pas encore tiré parti de l 'éléphant pour la guerre, puisque les Ethiopiens n’en amenèrent pas à Xerxès36. La première apparition des éléphants de guerre à l’ouest de 1 Indus remonte à l’an 331 avant J.-C., date de la bataille d Arbèles. Les quinze éléphants que Darius avait opposes à Alexandre37 furent pris vivants par le conquérant macédonien, qui en reçut douze autres lors de son entrée a Suse. Il s’empara de nombreux éléphants sur les bords de l’Jndus et le roi Taxile lui en amena lorsqu’il fit sa soumission 38. Il est probable qu’Alexandre, qui ne taisait aucun cas des éléphants pour la guerre 39, n’employa ces quadrupèdes que pour porter les bagages de armée et inspirer de l’effroi aux populations. A la bataille de l’Hydaspe, en 327, il munit ses soldats de haches et de sabres pour couper les jarrets et les trompes des nombreux éléphants de Porus «. Alexandre consacra au Soleil, sous le nom d'Ajax, l’animal qui avait servi de monture au roi 41 . Cratère fut chargé de ramener en Perse les éléphants qui étaient tombés au pouvoir des Grecs et Alexandre, à l’exemple des rois orientaux, les fit servira rehausser 1 éclat des cérémonies où il figurait42.
A la mort d’Alexandre commence, pour durer pendant trois siècles, ce qu’Armandi appelle l’ ère militaire des éléphants. Dès lors, ces animaux font partie de presque toutes les armées, malgré les inconvénients que préseule leur usage et sur lesquels nous insisterons plus loin Perdiccas se servit des éléphants d’Alexandre pour dompter une rébellion des Macédoniens ; après sa mort, ils furent repartis entre les autres généraux. Séleucus Nicator, qui épousa la fille de Sandrocottus, reçut en dot cincr cents éléphants de guerre 43 ; Eumène en avait déjà cent vingtcinq, qui lui avaient été amenés du royaume de Porus par Ludème ”. Les éléphants jouèrent un grand rôle aux
SUah yv? Int’c?°Te Ie plus précieu* de tous <Arrian’ De reb- ‘»dic. XVII: Sttab. XV 1, p. 706). Les Miens regardaient les éléphants comme la force prin-
cpam de lenrs années (Cnrt. VIII, ,3; P, in. H. nat. VIH, 9). Ctésias, et d'après lui
iôo 006 âénh nt ’ d* Vbul* " faisail ™i*"> i la guerre de
p aats> cluffre aussi absurde que celui de 21 870 éléphants dans une armee de 200 000 hommes dont parle le Mahabharat (Armandi, Op. t. p 33) Les auteurs anciens ont cependant attribué aux princes de l’Inde des traM de plu! sieurs md .ers d éléphants (Plut. Alex. LXII ; Diod. XVII, 93; Cnrt. IX, 2; IMiu
mouoTs du i !Tdl rappelle 1 00 prup°s {0p- 1 p- Î8I Ija™! le» sultans t«nnn r h”'. ° 7“ Slède' pIusleurs passèrent pour entretenir de 6 000 à - 000 éléphants ; Tippo Saheb en possédait encore 700 en 1784. - 30 Armandi
p?eulP'n e Y" V?ièCle “P- J-C’ éthiopiens, suivant Cosmas ludieô.
38 A ’1U“t pas dresser Ies éléphants. 37 Arrian. Exp. Alex. III 8
- W» Exped Alex. III, 8; IV, 30; V, 3; Cnrt. V, 2; VIII, 12; Diod. XVII,
,CvUr‘- “> 2- PoIyea est seul ù di'’i qu'il eu lit combattre contre Porus, Stratag IV, 3, 22. - 40 Cuit. VIII. U; IX, 2. Cf. Armandi, Op. I. p. 54 - 4, Phi osr vu A u ,, Phïlarch. ap. Athen. XH; /539p strab x;;h‘
P; Sam‘e-Croix, Examen crit. des hist. d’Alex, p. 3 7 8. - 43 Séleucus
Sv“ yra,,d Ê,ephan,ar'ue' Hu*-
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batailles de la Gabiène (310) et de Gadamarta (315), où Enmène se mesura avec Antigone. Celui-ci, bien que s étant rendu maître des éléphants d’Eumène, fut vaincu par Séleucus à la bataille d lpsus (301), où cinq cents éléphants environ se trouvèrent en présence45. Ptolémée Céraunus, après avoir assassiné Séleucus en 281, s’empara d’une grande partie de ses éléphants, mais Antiochus Soter, fils et successeur de Séleucus, en garda assez pour s’en servir contre les Galates. A la bataille dont Lucien nous a laissé le récit 46, les seize éléphants de l’armée grecque décidèrent de la victoire ; le roi ordonna que sur le trophée on ne sculptât que la figure d’un éléphant 41 . Antiochus le Grand ramena un grand nombre d’éléphants de 1 Inde. En 217, à la bataille de Raphia, son armée, forte de cent deux éléphants, se heurta à celle de Ptolémée Philopator qui en comptait soixante-treize, de race africaine et, par conséquent, inférieure. La journée commença par un combat entre les éléphants opposés, qui luttaient avec leurs défenses comme des taureaux à coups de cornes, tandis que les soldats, postés dans les tours mobiles, se servaient de leurs javelots et de leurs sarisses 4S. Vaincu a Magnésie par les Romains, Antiochus dut leur abandonner tous ses éléphants49. Son fils Antiochus Épiphane en acquit de nouveaux qu’il employa dans des guerres contre l’Égypte et contre les Juifs30. Antiochus Eupator entretint aussi des éléphants de guerre31. Cependant l’établissement des Parthes sur le Tigre et sur l’Euphrate rendait plus difficile le recrutement de ces animaux dans l’Inde. Leur dépôt principal, dans le royaume des Séleucides, était près d’Apamée de Syrie ville dont quelques monnaies portent, en effet, l’image d'un éléphant53. Ptolémée Lagus avait eu sa part des éléphants d Alexandre et il l’augmenta encore par ses victoires; mais ne pouvant faire venir ses remontes de l'Inde, il commença à employer les éléphants de l'Afrique. La chasse des éléphants34, leur capture et leur transport à Alexandrie préoccupèrent vivement ses successeurs, qui fondèrent à cet effet plusieurs établissements le long de la Troglodytique 33 ; les éléphants que l’on parvenait à prendre vivants étaient embarqués sur de grands bateaux d’une construction spéciale dits eAEtpavr/iyot 3G. Suivant saint Jérôme, Ptolémée Philadelphe eut quatre cents éléphants de guerre 37 et son fils Ëvergète en opposa quatre cents à Séleucus Callinicus 38. 11 enleva à cette occasion beaucoup d’éléphants de la race indienne qu’il ramena dans Alexandrie. Ptolémée Philopator eut des éléphants à la bataille de Raphia; Ptolémée Philométor mourut d’une chute de cheval, causée par la vue d’un éléphant qui effraya sa monture 39. Le commerce de l’ivoire continua, pendant l’époque romaine, à se faire
par ces échelles du golfe Arabique que les Ptolémées avaient établies en vue de la chasse des éléphants60.
Dans la Grèce continentale, le premier convoi d’éléphants paraît avoir été amené par Antipater, quatre ans après la mort d’Alexandre61. Les éléphants de Polysperchon ne l’empêchèrent pas d’être vaincu en 318 devant Mégalopolis 62. Olympias s’étant enfermée dans Pydna avec tous les éléphants qui existaient encore en Macédoine, ces animaux succombèrent à la famine lors du siège que Cassandre mit devant Pydna 63. Nous savons cependant que les rois de Macédoine conservèrent un train d’éléphants. Antigone Gonatas en montra un aux Galates pour les intimider64. Mais quarante ans après sa mort, Philippe dut céder les siens aux Romains en s’engageant à n’en plus entretenir63.
Pyrrhus épouvanta d’abord les Romains avec les éléphants qu’il fit débarquer en Italie; à la bataille d’Héraclée, c’est à ses vingt éléphants qu’il dut la victoire66. L année suivante, à Asculum, les Romains eurent moins à en souffrir à cause de l’inégalité du terrain : montés sur des chars armés de pointes de fer, ils les poursuivaient de traits enflammés67. Enfin, à la bataille de Rénévent, Pyrrhus perdit huit éléphants; quatre d’entre eux, tombés vivants aux mains des Romains, rehaussèrent le triomphe du consul Gurius Dentatus68.
Nous ne savons à quelle époque les Carthaginois commencèrent à dresser des éléphants de guerre ni de quelle région de l’Afrique ils les tiraient °9. Toujours est-il qu’ils en avaient un grand nombre, puisque les murs de Carthage contenaient des loges ou écuries pour trois cents éléphants70. Au commencement de la première guerre punique, Hannon en débarqua soixante en Sicile71 et Xanthippe put opposer cent éléphants à l’armée de Rég-ulus72. Mais en 251, à la bataille de Palerme, les éléphants d’Annibal, assaillis par une grêle de traits, se retournèrent contre les Carthaginois et causèrent leur
déroute. Métellus, le vainqueur, en prit cent quatre, qui furent conduits à Rome et exterminés dans le cirque73,
tant les Romains étaient peu désireux d’adjoindre aux légions d’aussi dangereux auxiliaires.
Malgré les pertes énormes qu’elle avait faite, Carthage put encore trouver des éléphants pour dompter la révolte des mercenaires. Elle en donna ensuite à Asdrubal pour conquérir l’Espagne (fig. 2621)74. Annibal en prit cinquante lorsqu’il quitta ce pays pour marcher sur l’Italie à travers la Gaule ; il lui en restait trente-sept au passage du Rhône, mais la plupart périrent dans les Alpes73. Ce-
Fig. 2621. — Eléphant sur une monnaie carthaginoise.
45 Armandi, Op. I. p. 67. — W Lucian. Zeiixis , éd. Teubner, t. I, p. 398. Cf. Armandi, Op. I. p. 69. —47 H est probable que les éléphants des princes grecs furent encore opposés aux Galates dans les guerres du in° siècle av. J.-C. Peut-être faut-il y rapporter une peinture de Pythéas de Boura, que l’on voyait à Pergame, et où cet artiste avait représenté un éléphant (Steph. Byz. s. v. Boffpa; Pottier et Reinach, Néctop. de Myrina, p. 322). — 48 Polyb. V, 79, 82, 84. — 49 Liv. XXXVIII, 38 ; Polyb. XX11.26. Le consul Cn. Manlius donna les éléphants d’Antiochus au roi Eumène de Pergame, allié de Rome (Liv. XXXVIII, 39). — 50 AJacchab. 1,1,18. — 51 Ibid. I, 11,4. — 62 Polyb. XXII, 26: Strab. XVI, 2, p. 751. — 53 Eckhel, Doctrina, t. III, p. 308; Cuper, De elephantis^. 61 (grav.). Éléphants traînant des chars sur les monnaiesdes Séleucides, ap. Percy Gardner, The seleucid kings of Syria, 1878, pl. i,iv, ix, xix. Voy. plus loin, fig. 2626. — 54 R est question des chasses instituées par les Ptolémées dans l’inscription d’Adulis, C. bise. gr. 5127 A. — 55 Agatharch. Geogr. min. éd. Didot, t. I, p. 111, 145 et s. (décrit les procédés des chasseurs; cf. Plin. II. nat. VIII, 8 ; Diod. III, 26, 1) ; Strab. XVI, p. 769 ; Mêla, III, 8 ; Plin. //. nat. VI, 34. Ptolémée Philadelphe fonda la ville de Ptolémaïs dite Epitheras (Plin. II, 72; VI, 29.
que Strabon appelle Iï-to^enaïç irjèç rîj ôr,p«T»ov iXE<pàvTo>v, XVI, p. 770, et Ptolémée, üto)>. Oïipùtv, 1, 8, 1. On trouve Y Eleplias promontorium près du cap actuel de Guardafui (Bas cl Fil ), un autre cap et une rivière de même nom surlacote Troglodytique (Strab. XVI, p. 774 ; Per. mai', erytlir. 11 ; Marcian. Per. mar. ext. I, 13; Ptol. IV, 7, 10; cf. Armandi, Op. I. p. 83). — 66 Agatharch. Geogr. min. éd. Didot, t. 1, p. 171.
— 57 Hieron. In Daniel. II. — 68 Diod. 111, 18, 4L — 67 Joseph. Antiq.jud. XIII, 8.
— 60 Gosselin, Bech. sur la geogr. des anciens , t. II, p. 143; Armandi, Op. I. p. 88. — 61 Armandi, Op. I. p. 106. — 62 Diod. XVIII, 70, 71.- 63 Diod. XIX, 49-51.
— 64 Justin. Hist. philij). XXV, 1. — 65 Liv. XXXIII, 30. — 66 plut. Pyrrh. XVI, XVII; Just. XVIII, 1 ; Plin. H. nat. VI, 8. —76 Plut. Pyrrh. XXI ; Frontin. Stra* iag. II, 3, 21 ; Veg. Milxt. 111, 24. — 68 Eutrop. Brev. II, 14; Sen. De brev. vit. 13 ; Flor. I, 18; Paus. 1, 12, 4; Plin. B. nat. VIII, 6. Voir plus haut, t. I, p. 455, un quincussis à l’effigie de l’éléphant frappé en mémoire de la victoire sur Pyrrhus.
— 69 Armandi, Op. I. p. 134. — 70 Appian. B. Punie. XCV. — 71 Diod. XXIII, 8.
— 72 Polyb. I, 33. Cf. Armandi, Op. I. p. 1 39-152. — 73 Plin. H. nat. VIII, 6,
— 74 Monnaie hispano-carthaginoise du Cabinet de France. — 75 Liv. XXI, 28, 33, 35.
pendant, à la bataille de la Trébie, ils contribuèrent puissammentàla victoire u. Des huit survivants, sept succombèrent le printemps suivant dans les Apennins, et il n’en resta qu’un seul, qui servit de monture à Annibal 77 . L’armée carthaginoise ne put former un nouveau train d’éléphants qu’après la prise de Locres, mais ces animaux ne lui lurent guère utiles , à la bataille du Métaure, ils portèrent le désordre dans les rangs d’Asdrubal et ils ne rendirent pas de meilleurs services en Espagne, à la bataille d’Elinge 78, où Asdrubal fils de Giscon fut battu par Scipion l’Africain. La journée de Zama montra une fois de plus leur impuissance contre une infanterie bien armée. Par le traité qui mit fin à la guerre, Carthage livra tous ses éléphants et s’engagea à n’en plus entretenir79.
Massinissa fournit plusieurs fois des éléphants aux Romains pourcombaltre Philippe 80, Antiochus81, Persée 82 et les Numantins83. Pendant la troisième guerre punique, Gulussa, fils de Massinissa, amena des éléphants au camp romain 8l. Micipsa en envoya aussi aux Romains pour combattre Numance et Viriathe85. Jugurtha eut de nombreux éléphants80, dont Métellus tua quarante à la bataille du Muthul87. Pompée s’empara de tous les éléphants de Iliarbas et en lit transporter un grand nombre à Rome; quatre d’entre eux furent attelés de front à son char de triomphe, mais la porte de la ville s’étant trouvée trop étroite, il fallut les remplacer par sept chevaux88. Juba mit en ligne soixante-quatre éléphants, qui furent une des causes de sa défaite à Thapsus89; la cinquième légion, qui s’était distinguée dans la lutte contre les animaux, obtint le privilège de porter sur ses enseignes l’image d’un ^ ^ éléphant, distinction dont elle jouissait ■stËfêSÈfi encore du temps d’Appien 90. Les pièces d argent àl effigie de l’éléphant, frappées
'nilie ^commémora- PaF JllteS Cés™ (%• 2622)°', font Sans
tira de J. César, doute allusion à la victoire de Thapsus, et aussi, dit-on, au nom du vainqueur, qui signifierait éléphant en langue punique92.
Les Romains ne se décidèrent pas sans hésitation à employer les éléphants. Ils figurèrent dans leurs rangs, avec plus ou moins d’utilité, aux journées des Cynoscéphales98, des Thermopylcs, de Magnésie, de Pydna94; dans cette dernière bataille, Paul Émile avait des éléphants de race indienne, qui avaient été pris dans les depots d Antiochus90. 11 y eut encore des éléphants dans les armées romaines qui opérèrent en Espagne, mais la
nature du terrain ne permit pas souvent de les employer. En Gaule, les Romains durent aux éléphants leurs victoire sur les Arvernes et les Allobroges90. Mais ces succès ne leur firent pas illusion : ils reconnurent que les éléphants étaient, en général, aussi dangereux pour les amis que pour les ennemis97 et ils n’en mirent en bataille ni contre les Cimbres, ni contre Mithridate. Mithridate et Tigrane, de leur côté, paraissent avoir renoncé, pour les mêmes motifs, à l’emploi de ces dangereux animaux, et les Parthes eux-mêmes, quoique voisins de 1 Inde, semblent les avoir toujours dédaignés. César ne fait nulle mention des éléphants dans son récit de la guerre des Gaules, mais Polyen raconte qu’il se servit d un éléphant bardé de fer et chargé d’une tour pour effrayer les Bretons au passage de la Tamise98. On dit cependant qu’au moment où il fut assassiné, il avait réuni un train d éléphants pour conduire une expédition contre les Parthes 03 . L empereur Claude projeta aussi de conduire les éléphants en Bretagne 400. Didius Julianus essaya de faire dresser les éléphants que l’on tenait en réserve pour les jeux afin de les opposer à Septime Sévère 101 . Caracalla mena des éléphants à sa suite, mais seulement pour imiter Alexandre102. Dès l’époque d’Hadrien, Arrien disait que 1 usage des éléphants était presque partout aboli103. Il reparut cependant dans l’armée des Sassanides, dont Alexandre Sévère et Gordien combattirent avec succès les éléphants : le Sénat leur décerna des chars de triomphe traînés par ces animaux104 et pareil honneur paraît avoir été accordé à Dioclétien, au témoignage d’une monnaie 105. Les Perses continuèrent à employer les éléphants dans les guerres qu ils firent aux Romains au iv0 siècle ,oc. Sapor en conduisit au siège d’Amide 107 et Julien eut à lutter contre eux dans sa campagne de Médie108. Nous savons par saint Ambroise 109 que les éléphants des Perses étaient bardés de fer. Les Romains du Bas Empire et les Byzantins s’abstinrent toujours d’en adjoindre à leurs armées 110. Héraclius, vainqueur de Chosroës, qui lui avait opposé des centaines d’éléphants, fit son entrée dans Constantinople sur un char traîné par quatre de ces animaux; un grand nombre servirent aux jeux du cirque et de l’hippodrome. Les éléphants des Perses leur permirent cependant d’écraser 1 armée d’Abou Obeida à la bataille de Koufah, que les annales de l’Islamisme désignent encore sous le nom de bataille des éléphants"1 2 .
1 XXG 71 Juv- Bat. X, 158. — 18 Armandi, Op. I. p. 189.
~ L,lv' XXX’ 37’ 43' Les Romains firent la même déreuse à Philippe (Liv. XXXIIi, 30) et à Antiochus (Liv. XXXVIII, 38). — 80 Liv. XXXII 27 - 81 Liv
XXXVI, 4. - 82 Liv. XLU, 02. - 83 Appiau. D. pun. 46.- 8'. Appian!
’26' - 88 Appiau. D. hisp. 67 et 89. - 86 Sali. Jug. 20, 32, 40; Veg. 1 il\ G éléphant figure au revers des monuaies de Jugurtha, Millier
iVumism. de l'anc. Afrique, t. III, p. 37. — 87 Sali. Jug. 29, 53, 62.- 88 piin’ ' "“J VUI’ 2; Plut. Pomp. 14. - 89 Dio, XL1II, 8; App. B. cio. II, 90 ; •°ii ’ ? ’ GiC’ fam" IX’ 6‘ Éléphants au revers des monnaies de Juba I Muller, Numism. de l'anc. Afrique, t. III, p. 43; de Juba 11, Ibid. p. 103. Sur quelques monnaies de ce dernier prince {Ibid. p. 108), on voit un éléphant portant une couronne sur sa trompe. — 90 Appian. B. civil. Il, 96. — 91 Cohen, Uéd.
2‘ jd’ *■ G P' i7: Duruy. Bût. des Rom. t. III, p. 464. - 92 Serv. Ad Aen. .’ ’ Manass; P- 71 1 cr- Pcthel, Doctr. num. vet. t. VI, p. 3. On a pensé que
C mot phénicien N'p'UÎO (cesseràli) peut signifier tergum elephanli vel scutum ex cono elephanti confectum (De Vit, Onomast. t. II, p. 40). L éléphant, sur les monnaies, est représenté écrasant un serpent, avec lequel, suivant le témoignage e 1 ine, 1 éléphaut dAlrique est continuellement en guerre ( H . nat. VIII, 11). ne des inscriptions phéniciennes découvertes à Carthage par M. de Sainteano (Corp. inscr. sem. n« 336), mentionne un dédicant Hamilkat, fils de Kaicbar, lu? nom qui reparaît dans une autre inscription de îage (série Keinach-Babelon, n° 97). Comme l’a fait observer M. Clermont
Ganneau (Rev. crit. 1887, II, p. 56-58), un nom propre punique signifiant éléphant est d'autant plus admissible qu'on trouve le coguomen Elephantus sur une inscription d’Espagne (Corp. insc. lat. Il, n° 3222) et celui d 'Elephans ou Elepans dans un tente de Latnbèse (Ibid. VIII, 2554 b, 21).. Mais le mot yy'i-' étant inexplicable par le vocabulaire sémitique, il vaut peut-être mieux, avec Sparl'ien (Ad. Ver. Il), y reconnaître un nom libyen de l'éléphant que les Carthaginois auraient adopté. - 93 Liv. XXXIII, 9, 7 ; Pol. XIX, 23 et 25. - 91 Voir F. Friiîilicll Die Bedeulung des zweiten punischen Krieges far die Entwicklung des roem Hecrwesens, Leipz. 1884, p. 19 et s. - 95 Polyaen. Stratag. IV, 20. Sur le rôle dos éléphants à Pydna, Tite Livo se contredit lui-mème, XLIV, 4t. — 96 Flor. Enit 111, 2. — 97 Auct. B. Afr. 27. — 98 Polyaen. Stratag. VIII, '23, 5. CL Armandi. Ou l. p. 336. — 99 Dio, XLV, 2; Appian. B. eiv. III, U, ta. too Dio LX 4 - loi Xiphil. LXXIII, 16; Herod. II, 39. - 102 Xiphil. LXXVII 7 - 103 Arri’an' Tactic. 19, 5. - 10'. Capitol. Gord. III, 27. Le char de triomphe traîné par des éléphants. Mo, mm delV Inst. 1839, pl. xi, est emprunté à une peinture apocryphe Cf. Lacour-Gayct, Antonin le Pieux, p. i7. 105 Cnper, De elephantis, p. 255 Celte réapparition des éléphants sur les champs de bataille explique pourquoi il en est question dons l'ouvrage de Végèce. — 106 Armandi, Op. I. p. 401. - 107 Amm. Marcell. XIX, a. — 108 Ibid. XXV, 3. — 109 Ambros. Hexam. VI, 5. — 110 fl est cependant possible que Narsès ait eu quelques éléphants dans l'armée de l’empereur Maurice, qui seconda Chosrocs contre Bahram (Armandi, Op. I. p. 423). — 111 Armaudi, p. 428.
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Les procédés des anciens pour capturer les éléphants ressemblent beaucoup à ceux qu’on emploie encore aujourd’hui112. D'ailleurs, les chasseurs d’éléphants ne se proposaient pas seulement de prendre ces animaux vivants : les besoins toujours croissants du commerce de l’ivoire [ebur] en faisaient tuer un bien plus grand nombre. Quelques personnages connus de l’antiquité, comme Pompée 11S, ne cherchèrent dans la chasse à l’éléphant qu’un périlleux exercice. Quant au dressage de l’éléphant de guerre, nous connaissons mal les procédés qu’on y appliquait : on semble avoir surtout chercher à familiariser 1 animal avec le contact des projectiles, qui étaient le principal moyen de défense employé contre lui11'’.
L équipement d un éléphant de guerre comprenait Dois parties . les dispositifs en vue de l’offensive, les armes défensives et les objets de parure.
Dans une armée, il n y avait qu’un petit nombre d’éléphants qui portassent des tours115, et cela explique la îareté des monuments figurés qui les représentent ainsi. Nous donnons ici le plus remarquable : c’est un groupe en terre cuite, découvert à Myrina, où l’on voit un éléphant foulant aux pieds un Galate, reconnaissable à son grand bouclier oblong (fig. 2623) 116. Ce monument est le
Fig. 2623.— Eléphant foulant aux pieds un Galato.
documenl le plus précis que l’on possède sur les tours des éléphants, appelés Gwpcbua117, ligneae turres ,IS. Elles étaient fixées comme des selles par des courroies sur le dos des éléphants; on voit que c’étaient des cages assez
hautes, sans doute recouvertes d’une peau épaisse et garnies latéralement de boucliers métalliques contre lesquels venaient s’émousser les traits119. 11 y a dû cependant en avoir de plus grands, puisque chaque tour pouvait donner abri à plusieurs hommes180, qui lançaient des flèches et des javelots121, et défendaient ainsi les approches de leur monture.
Sur une pierre gravée du cabinet de France, un éléphant, enlevant un homme avec sa trompe, porte une espèce de bât muni d’un parapet peu élevé au-dessus duquel on aperçoit deux guerriers tournés l’un à droite, l’autre à gauche (fig. 2624) 12a. Quelquefois, on fixait des pointes en fer au poitrail ou aux défenses des éléphants pour rendre leur abord plus redoutable123.
2654. — Éléphant de guerre.
Les armes défensives, qui n’étaient pas d’un emploi général , consistaient en lamelles de fer formant cuirasse12'*, dont l’éléphant était .
plus ou moins couvert suivant qu’on attachait plus de prix à sa conservation ou à la rapidité de son allure. Notre figure 2625 reproduit une belle tête en bronze d’élé phant caparaçonné, qui a fait partie de la collection Gréau125. L’éléphant découvert àMyrina porte de longues housses de couleur rouge ; nous savons qu’Antiochus avait ainsi paré les siens pour augmenter la terreur qu’ils inspiraient128. A son cou est suspendue une clochette dont le sou devait l’exciter dans le combat 127. On mentionne aussi des éléphants portant sur la tête de grands panaches ou frontaux, cristae,
Fig. 2625. — Eléphant couvert d'une armuro défensif
Fig. 2626. — Char attelé d’éléphants.
U2 Arrian. Exped. Alex. IV, 30; Strab. XV, 1, p. 704, pour les chasses des Indiens (cf. Armandi, Op. I. p. 26); Diod. III, 26; Agatharch. Geogr. min. éd. Didot, t. I, p. 1H, pour les chasses en Afrique; cf. Plin. H. nat. VIII, 8; Strab. XVI, 4, p. 771. — 113 Plut. Pomp. 12. — H4 Auct. B. Afric. 27. — 116 Arrian. Taclic. II, 2, 4. — H6 Pottier et Reinach, Nécropole de Myrina, pl. x, p. 319. Au moment de la découverte, les traces de coloration étaient assez vives : la housse et la tour étaient peintes en rouge, les deux bossettes placées sur la tour en bleu. — H7 Aelian. Anim. XIII, 9; Suid. s. v. — H8 II est très douteux que le mot fala ait été employé dans ce sens (Plaut. Most. 357), Turritae moles ut propugnacula, Sil. Punie. IX, 239; turres armatorum , Plin. ff. nat. VIII, 9. — 119 Sur ces boucliers dorés, cf. Varro, Ling. lat. VI, 3. Une tessère de plomb athénienne (Bull, corr. hell. t. VIII, pl. i, n° 10) représente un éléphant tourrelé. Une tour imparfaitement indicée se voit sur une monnaie de Juba II (Miiller, Numism. de l'anc. Afrique , t. III, p. 108 ; Supplém. p. 63). Une autre, qui paraît crénelée, figure sur une petite monnaie italique (Imhoof Blumer, Monnaies grecques, p. 459; Imhoof Blumer et Relier, Tier-und Pflanzenbilder , pl. iv, ji° 4). Les représentations d'éléphants lourrelés publiées par Potter (ap. Gronov. Thés. t. XII, p. 439) sont de pure fantaisie. Pour les textes anciens, voir Cuper dans le Thésaurus de Salengre, t. III, p. 80-82. — 120 Les auteurs varient sur le nombre d’hommes qui trouvaient place dans chaque tour (de trois à six). Cf. Heliod. Aethiop. IX, 17; Aelian. Anim. XIII, 9; Plin. H. nat. VIII, 7; Liv. XXXVII, 40. Philostrate parle de dix à quinze hommes (Vit.
Apoll. II, 6) et l’auteur des Macchabées de trente-deux (I, 6, 37). Par exception, on a pu placer sur le dos d’éléphants des tours -très hautes servant d’observatoires comme le fit Polysperchon au siège de Mégalopolis (Üiod. XVIII, 69). — I2t pun. H. nat. VIII, 9. 122 Chabouillet, Catal. n° 1911 ; Dupuy, Histoire des Iiomains,
t. 1, p. 349. — 123 Arrian. Tactic. II, 2, 4; Sil. Punie. IX, 581. — 124 Les éléphants étaient alors dits xaTaœpaxto {, loncati (teOcupgo<i<t|j.evoç ôwpavi, Macchab. Il, 6); cf. Eckhel, Doctr. num. t. V, p. 153, t. VII, p. 19; Cuper ap. Sallengre, Nov. Thés. III, p. 206, 211; Auct. B. Afr . 72. Diodore, II, 17, 18, décrit les éléphants caparaçonnés du roi indien Strabrobatès. Les éléphants des rois sassanides étaient également bardés de fer. Il est assez difficile de distinguer ces lamelles des plis de la peau, très prononcés chez les pachydermes, qui ont souvent aussi été pris pour une sorte de filet (Pottier et Reinach, Nécrop. de Myrina , p. 319). — 125 Catalogue illustré de la collection Gréau, n° 118; Gazette des Beaux-Arts , 1866, t. XX, p. 171. Un petit bronze trouvé en Étrurie, représentant un éléphant avec les yeux incrustés d’argent, a été acquis en 1878 par le musée de Vienne (Arch. Epigr. Milth. aus Oesteri'eich, 1879, p. 140). — 126 Plut. Eum. 14. On dit aussi que la couleur rouge excitait les éléphants, Plut. Conjug. praec. 45. — 127 Plut. Eum. XIV. Cf. une monnaie dans Mionnet, Peser. I, p. 238 ; Imhoof Blumer et 0. Relier Tier-und Pflanzenbilder , pl. iv, n° 3 ; une pierre gravée décrite par Toelken, Verzeichniss , p. 402; un poids d’Antioche publié par Longpérier, avec l’effigie d'un éléphant, Monum. de l’Instit. t. IV, pl. xlv, nos 11 et il b(Œuur., t. II, p. 211, 212).
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Fig. 2627. — Le cornac dirigeant l'éléphant.
frontatia ( fig. 2626) 12S, qui n’étaient peut-être pas de purs ornements.
Quant au conducteur ou cornac de l’éléphant, qu’on appelait souvent Indus, à cause de la nationalité de la plupart d entre eux 129, il était assis sur le cou de 1 animal 130 et le dirigeait avec une sorte de harpon en fer (zutrmç, “P7"!, SpETtavov, stimulus) 131 dont il existe des représentations sur les monuments (fig. 2621 et 2627) 132.
Ce que 1 on sait sur l’emploi stratégique des éléphants peut se classer sous deux chefs : la tactique offensive et la tactique défensive. Une brigade d’éléphants, comprenant l’aile droite et 1 aile gauche d une armée, comptait soixantequatre quadrupèdes sous un phalangarque , divisés en deux céi atéchies ou marvav chies, quatre eléphcintarchies huit ilarchies , seize épilhérarchies , trente-deux thérarchtes, commandées parles cêratarques ,éléphantarques , etc Un seul éléphant formait une zoarchie 133. On voit donc que l’éléphantarque n’était, à proprement parler, que le chef de seize éléphants, mais ce nom paraît s’être appliqué aussi, dans un sens plus large, au chef supérieur de tous ces animaux dans une armée 134. Chaque éléphant portait un nom, tel qu 'Ajax, P air ocle, Nikon , Nike, Sur us 13S. Appien 136 nous montre les Carthaginois au désespoir, parcourant les rues de leur ville et appelant par leurs noms les éléphants qu’ils avaient livrés aux Romains.
Il n’y avait aucune proportion fixe entre le nombre des troupes d’une armée et celui des éléphants. Dans les marches, ils figuraient à l’arrière-garde, mais on les plaçait en avant lorsqu’on était à proximité de l’ennemi. Le passage des rivières et des bras de mer par ces animaux offrait des difficultés qui furent habilement surmontées par L. Caecilius Métellus et par Annibal137. A cause de leur intelligence, les généraux les employaient quelquefois à rechercher les gués des rivières138; Perdiccas les fit placer en file dans la branche orientale du Nil pour rompre la force du courait m.
Sur le champ de bataille, les éléphants étaient rangés en une seule ligne, mais à une certaine distance en avant de l’armée, pour n’y point porter le désordre dans le cas où ds seraient mis en déroute par les projectiles de F ennemi. Un éléphant plus grand et plus fort que les autres était quelquefois placé en tête140. Des détachements de troupes légères étaient postés entre les éléphants pour repousser les tirailleurs ennemis141.
128 L>v. XXVII 40; Ammian. XXV, 3. Les cristae sont peut-être figurées sur
«:oma,;de.,;Ieucus,(f,s- 2626)- Armandi- °p- *• ** -
23 P I , /n h m Longperler a cru reconnaître des cornes de taureaux.
- Pol. I, 40, 15; III, 46, 7 et H ; XI, 1, 2 ; Liv. XXXVIII, 14, 2. On lui donne ussi es noms de Ç<i«?z«s, eiews (Aelian. Tact. 23 ; Asclepiod. Tact. 9), d’à,..,-
”"f1! ^ "S ' lSU Amm- ü’ *)> d’tllT“vTàY»r»î (Poil. I, 40). Les équivalents latins son rector, magxsteA moderator belluae. Les cornacs d’éléphants africains étaient q quefois des nègres (Mart. Epigr. I, 105). - 130 Cf. un éléphant cuirassé oute par un homme nu, figurine en plomb, dans Muselli, Antiquitatis reliquiae,
î ° ’inô XXV’ ’ UQe statuette en Plora,) du musée de Dresde, Rev. arch. 1887 , p. 103 ; Archæol. Anzeiger , 1889, p. 174. - 131 Aelian. Anim. XIII, 9; Sil!
UmC' ’ °r 2* 0n trouve aussi xaXaüpoJ/, Philostr. Vit. Apoll. II, 5. — 132 Mon naie e icee à l’effigie de Caracalla, Armandi, Op. I. fig. 6, et plus haut, fig. 2621. n con ucteur d éléphant tient à la main un stimulus nettement indiqué sur le 'Pjque de Basile, reproduit p. 276, fig. 2460; cf. Mütler, Numism. de VAnc.
I U'Ue' ’ P' 17 0t Supplém. p. 63 ; Montfaucon, Antiq. expi. Suppl, t. III BibTraiâ laCL 23 1 Asclepi0d- TacL 9' L«- Se- »p. Montfaucon;
anneié Z '• l °'ïb’ ’’ 40 îV- 82 ; Liv’ XXXVÜ’ 41 («“ l’éléphantarque est
ppelé magnter elephantorum)-, Appian. h. Sgriac. XXXIII; Macchab. II, 14- III 4. Cf. Armand,, Op. I p. 252. - 133 PUn. jj nat V1II) 5. cf. Armandi; p ’2S4;
Quand on n’avait qu’un petit nombre d’éléphants, on les employait à fortifier les ailes142 et à les protéger contre la cavalerie de l’adversaire; dans ce cas, on les disposait parfois en forme de croissant, la convexité tournée du côté de l’ennemi143. Il est rare qu’on les plaçât immédiatement devant le corps de bataille, comme Darius le fit maladroitement à Arbèles Il arrivait aussi qu’un général, ayant très peu d’éléphants, les tenait tous en réserve pour les lancer au moment décisif, comme Antiochus dans la bataille contre les Galates et Pyrrhus à Héraclée145. A la bataille de Magnésie, en 191, Antiochus encadra ses éléphants dans les divisions de la phalange, mais cette disposition paraît avoir été exceptionnelle 146. En général, on chercha à tirer parti de l’impression de terreur que produisait la vue d’une longue file d’éléphants s’avançant sur l’ennemi pour l’écraser, impression qui les a fait comparer par les anciens à des forteresses ambulantes ou à des collines en marche147. Leur masse était si écrasante, si l’on ne parvenait à l’arrêter à temps, que la phalange même d’Alexandre dut s’ouvrir devant les éléphants de Porus148. Ils étaient dressés à faire un usage meurtrier de leurs défenses 143 et de leurs trompes, avec lesquelles ils saisissaient les ennemis et les lançaient au loin, ou bien les soulevaient au-dessus de leur tête pour les livrer à leurs conducteurs 1S0. D’autre part, ils produisaient un grand effet sur la cavalerie, parce que leur masse, leurs hurlements et l’odeur qu’ils exhalaient jetaient l'épouvante parmi les chevaux181. Quand les éléphants des deux armées en présence sé rencontraient, ils se livraient des combats terribles dont Polybe nous a laissé la description188. Pour exciter leur fureur, on leur donnait, au moment de l’action, des boissons enivrantes153, usage qui a subsisté au moyen âse en Orient 134.
Citadelles ambulantes, les éléphants furent employés quelquefois contre des palissades ou même des remparts, soit pour arracher les pieux avec leurs trompes, soit pour ébranler les murs par leur masse, à la façon de béliers155.
De là le nom poétique de rzi/oxattulÛTcii « destructeurs de murs », qui leur est donné par Ctésias 156.
Les anciens ne tardèrent pas à s’apercevoir des dangers que présentaient les éléphants pour l’armée qui s’avançait derrière eux. Il suffisait souvent, pour faire rebrousser chemin à toute la ligne, qu’un seul tombât blessé et se mît à pousser des cris de douleur. « Blessés et effrayés, dit Pline, ils reculent toujours, et alors c’est pour leur propre parti qu’ils sont dangereux167. «Aussi l’histoire militaire des éléphants est-elle pleine d’épisodes
- 136 Appian. B. Punie. 92. - 137 Front. Slratag. I, 7, 1 et 2 ; Polvb. III 46- Liv. XXI, 28. - 138 Plia. H. nat. VIII, 5. - 139 Diod. XVIII, 35. On attribuait la mime idée a Anmbal, Liv. XXI, 47. - H0 ■HYo4^.»os, Diod. XIX 4* Ht r,irt VÜI, 12; Liv. XXXVI, 18; Diod. XIX, 40. - H! Flor. II, s. K3 C’est ce que fii
emmène à la bataille de la Gabiène; cf. Armandi, Cp. I. p, 317. lu An-ian
Exp. Alex. III, 11. — 145 Armandi, Op. I. p. 318. — 146 Liv XXXVII m
- 147 Curt. VIII, 12; IX, 2; Sil. IX, 241 ; Liv. XXVIII, 14; Diod.' XVII, 87 ■ Pol lyaen. IV, 3, 22; Appian. B. Sgr. 32; Ammian. XXIV, 6, 8. On les compare aussi à des vaisseaux, Liv. XXVII, 48; Arrian. Exp. Alex. V, 17. 148 Arrian. Exe Alex V, 17. - 149 Ibid. V, 17. — 150 Diod. II, 16, 17, 18; XVII, 88; Curt VIII 14; Lucian. Zeuxis, éd. Teubner, t. I, p. 398. — 151 Flor. I, 18. 152 p0iyb v 8t. — 153 Aelian. Anim. XIII, 8; Macchab. I, 6; III, 4; Curt. VIII 13 - 154 Ar’ mandi, Op. I. p. 258. - 155 Arist. Hist. anim. IX, 10; Polvb. I, 74;’ Liv. XXVI 5 6; Appian. B. Punie. 126; Aelian. Anim. V, 55; XVII, 29; Pli’n. Vil!, lu; Diod.’ XVIII, 33, 34. Les éléphants ont été employés comme agents de démolition dani les armées d’Onent jusqu’au nVsiècle (Armandi, Op. I. p. 348) — 156 Ctesias an Phot. Biblioth. Cod. 72, p. 45, 32; Indie. 1. Un éléphant monté par un cornac et déracinant un arbre figure sur une pâte du cabinet de Berlin, Imhoof Blumer el Keller, Tier-und Pflanxenbilder, pi. xix, n° 42. — 167 pim, H. nat. VIII, 9. Cf Liv. XX VU, 14; Appian, Bell. Hisp. 46.
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ou ces animaux ne firent qu’écraser leurs maîtres 158. Asdrubal fut obligé de munir ses conducteurs d’éléphants dune sorte de poignard, avec lequel ils devaient tuer leur monture aussitôt qu’elle se retournerait vers l’armée carthaginoise ,o3. C’est sur ces inconvénients de l’emploi des éléphants, non moins prompts à ressentir qu’à inspirer a terreur, qu est fondée la tactique défensive qu’on leur opposa. Tantôt, comme au siège de Mégalopolis, on disposa sur le sol des herses dont les pointes leur blessaient les pieds 16°, tantôt on les fit attaquer par des frondeurs ,r’\ par des cavaliers ou des fantassins armés à la legere qui lançaient contre eux des javelots ou des traits enflammés 16J, par des soldats armés de haches qui cherchaient à couper leurs pieds, leurs jarrets ou leurs trompes 1G1. On profita aussi, dans quelques circonstances, de la lrayeur que causent à ces animaux les clameurs soudaines et aiguës, notamment le grognement du porc, dont les éléphants, au dire des anciens, ne pouvaient même pas supporter la vue1'*. On cherchait aussi naturellement à engager 1 action sur un terrain inégal, dont les aspérités devaient arrêter les éléphants plus aisément que la cavalerie, ou bien l’on suppléait à l’absence d’accidents naturels en creusant des fossés, en plantant dans le sol des pieux, des palissades, des chevaux de frise, des chaussetrapes, etc. 165. Les Romains, à l’imitation d’Alexandre 16G, eurent aussi recours à un procédé très ingénieux, consistant à ménager dans les lignes de leur infanteriedes sortes de couloirs (t me) où les éléphants venaient s’engager et se trouvaient cernés un moment après167. On essayait d ailleurs de familiariser les hommes et les chevaux avec I aspect des éléphants 1G8, et l’on y réussissait si bien que 1 histoire militaire compte de nombreux épisodes où un homme seul combattit avec succès contre l’un de ces énormes pachydermes. Il suffit de rappeler l’héroïque exploit d’un vétéran de la cinquième légion à la bataille de Thapsus 165. C’est le développement de la tactique défensive qui, au Ior siècle avant J.-C., fit renoncer les princes asiatiques eux-mêmes à l’emploi des éléphants de guerre, devenus impuissants contre des troupes aguerries.
Les éléphants ont rarement été employés pour la traction des fardeaux ; cependant nous savons qu’Hadrien fit déplacer par un attelage de vingt-quatre de ces animaux la statue colossale de Néron qu’il plaça près du Colisée no.
En général, on ne les attelait qu’à des chars de triomphe, usage qui remonte à l’époque d’Alexandre et se prolongea
158 Batailles de Gadamarta, de Bénéveut, de Palerme, d’Elinge, du Mctaure, etc.
Cf. Armandi, Op. I. p. 351 et s. — 169 Liï. XXVII, 49; cf. XXVII, 14. — 160 Diod. XV111, 71. — ICI Veg .Mil. 111, 24; SU. Punie. IX, 622; Auct. D. Afric. 83. — 162 Veg. Mil. III, 24; Sil. Punie. IV, 615; IX, 599; Flor. I, 18; Liv. XXIII, 29; XXVIll, i.j, Oros. IV, i. Végèce (III, 24) parle aussi de soldats cuirassés qui se mesuraient corps à corps avec les éléphants, de chars garnis de faux et de pointes d’acier, traînés par des chevaux bardés de fer et montés par des hommes armés de flèches et de longues piques, de traits incendiaires appelés malleoli et fularicæ (Armandi,
Op. I. p. 2 80 , 490). — 163 Curt. VIII, 14; Liv. XXVII. 42; rlin. H. nat. VIII, 7; Suidas, s. v. voie,;. — 16’* Pliu. H. nat. VIII, 9; Sen. De via. II, 12; Aelian. Anim.
XVI, 36; Polyaen. Stratag. IV, 6, 3; Flor. IV, 2, 67. Une pierre gravée du musée Britannique (Imhoof Blumer et Keller, O. c. pl. xix, n° 40) figure un éléphant traînant un porc dans une voiture; il y a là évidemmeut une intention comique.
— 165 Auct. Dell. Afric. 35; Polyaen. VIII, 16; Liv. XXX, 29; Appian. B. Punie.
39; Val. Max. III, 7; Polyb. XV, 5; Eutrop. III, 22; Diod. XIX, 83. Tous ces procédés défensifs ont été étudiés avec soiu par Armandi, Op. I. p. 283 et s.
— 166 Alexandre imagina cette manœuvre contre les chars à faux; Curt. IV, 13. 11 l’appliqua ensuite contre les éléphants de Porus; Aman. Exp. Alex. V, 17.
— 167 Veg. Mil. III, 24. C’est ce qui fit Scipion à Zama. — 168 Plin, H. nat. VIII,
6; Auct. Bell. Afric. 7 2; Dio, XL1II, I. Polyen raconte ( Stratag . IV, 20) que Persce fit construire un éléphant en charpente, mû par un mécanisme intérieur, pour habituer les chevaux à la vue des éléphants ; Diodore attribue le même artifice à la reiue Sémiramis (II, 16). — 169 Auct. Dell. Afric. 84. CL Sil. Punie. IX, 587 ;
pendant toute la durée de l’Empire. Il a déjà été question de la procession de Ptolémée Philadelphe 17). Antiochus Jîpiphane en organisa plus tard une semblable172, où des chars magnifiques étaient traînés par des éléphants richement parés. A Rome, les éléphants parurent d’abord dans des cortèges triomphaux après la défaite de Pyrrhus et la conquête de la Sicile17-1. Pompée voulut entrer dans Rome sur un char traîné par quatre éléphants et n en lut empêché que par l’étroitesse delà porte. Cn. Domitius, après sa victoire sur les Allobroges, parcourut sa province monté sur un éléphant ln, et l’on racontait que L. Cornificius, fier d’avoir sauvé une armée romaine en Sicile, rentrait chez lui à dos d’éléphant lorsqu il allait dîner dans quelque maison de Rome 17S. César montant au Capitole la nuit, fit éclairer la route par des éléphants porteurs de torches 17°, comme on en voit sur une monnaie d’Antiochus VI 177. ITéliogabale parut en public sur un char attelé de quatre éléphants qu’il conduisait lui-même178. Aurélien, le jour de son triomphe, monta avec vingt éléphants au Capitole 175. Les éléphants traînent aussi les statues d’empereurs divinisés, comme on le voit sur un médaillon de Tibère, où figure une statue assise d’Auguste dans un quadrige avec la légende DI V0 AUGUSTO SPQR 180 (flg. 2628).
Il s’agit donc d’un char d’honneur décerné à l’empereur déifié par le Sénat et le peuple. Le même honneur fut décerné à Livie, à Vespasien, à Julie, à Fausline Mère, à Pertinax 181 . Sur un médaillon de Marc-Aurèle, on voit un arc de triomphe, peut-être celui de
Domitien, surmonté d’un qua- Fig- 2628. charde triomphe drige d’éléphants 182 ; nous sa- aüele d'eléPhants-
vons que Domitien avait été représenté ainsi de son vivant même 183.
Cet usage de placer les dieux dans des chars traînés par des éléphants date de l’époque alexandrine, comme on le voit par des monnaies de Ptolémée Sôter et de Séleucus, où Jupiter et Pallas paraissent dans des chars de ce genre184.
Les éléphants attachés à des chars étaient quelquefois harnachés comme des chevaux ; on leur mettait un joug et l’on passait un mors dans leur bouche 185. En général,
Plin. //. nat. VIII, 7; Joseph. Ant. Jud. XII, 9; 9; Macchab. I, 6, 14; Diod. XVIII,
35; Lamprid. Commod. 13. — <70 Spart. Hadr. 19. — 171 Cf. plus haut, note 30.
<7- lolyb. XXXI, 3. 173 Plin. H. nat. VIII, 7. Un denier d’argent de la famille
Gaecilia représente Métellus dans un char traîné par dos éléphants et couronné par la Victoire (Duruy, Hist. des Boni. t. III, p. 364). — 174 Suet. Ner. 2. — 176 Dio, XLIX, 7. — 176 Suet. Div. Jul. 37. — 177 Armandi, Op. I. fig. 5, p. 378; Cuper,
De eleph, p. 73, 74 (grav.). — 178 Lamprid. Heliog. 23. — 179 Vopisc. Aurel. 33. Voir aussi une monnaie de Dioclétien et de Maximien, ayant au revers un char traîné par quatre éléphants, gravée dans Cuper, De eleph. p. 255. — «0 Froehncr, Médaillons de l'empire romain, p. 7 ; lmhoof-Blumer et Keller, O. c. pl. îv, n» 5; Eckhel, Doct. num. vet. t. VI, p. 128. Les cornacs qui conduisent l'attelage sont accroupis derrière des balustrades en osier. — 181 Cf. Suet. Claud. H ; Dio LXXIV,
4; Pliu. XXXIV, 10; Froehuer, Op. I. p. 8. Peut-être faut-il reconnaître un char d’éléphants portant la statue d'un empereur au cirque dans le bas-relief reproduit au mot circus, p. 1193, fig. 1528. Sur une pierre gravée du musée Britannique, deux éléphants montés par des cornacs traînent un char où l'on voit Faustine mère sous les traits de Cércs ; la même scène se retrouve sur les monnaies de consécration de Faustine (Imhoof Blumer et 0. Keller, O. c. pl. xix, n" 39). Dans le même recueil figure (pl. xix, n° 41) uue pute du cabinet de Berlin représentant deux éléphants tourrelés. Ou peut révoquer en doute l’authenticité de cette pierre. Voir aussi Ibid. pl. xix, n» 43; Gerhard, Ant. Bildw. pi. 311, 19, 22.
— 182 Froehuer, Op. I. p. 99. — 183 Mart. Epigr. VIII, 65. — 184 Armandi,
Op. L fig. I et 2. — 183 Oppiàn. De venat. II, 538; cf. Cuper, De eleph. p. 21.
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cependant, toute indication de ce genre manque sur les monuments180.
À 1 époque impériale, les éléphants servaient surtout aux jeux du cirque et de 1 amphithéâtre. Comme ces spectacles en consommaient un grand nombre il en existait des dépôts près de Rome, à Ardée et à Laurentum . Il y avuit a Rome des écoles pour le dressage de ces éléphants188. L’empereur seul avait le droit de posséder des éléphants189, mais cette règle n’était pas si absolue qu’elle ne souffrît parfois des exceptions ,9°.
Les éléphants parurent pour la première fois dans les jeux du cirque en l’an 586 de Rome191. On tua dans le cirque, à coups de javelots, ceux que L. Métellus avait pris en Sicile. Des combats d’éléphants eurent lieu en 655 de Rome et en 700, sous le second consulat de Pompée, où vingt éléphants furent percés de traits par des Gétules 132. Le massacre de ces éléphants, qui semblaient demander grâce au peuple, souleva des imprécations contre Pompée César en fit combattre contre des fantassins et des cavaliers lors de son troisième consulat194. Du temps d Auguste, on vit peut-être à Rome le premier éléphant blanc 19°. Les auteurs ont parlé [bestiae, p. 691] des danses et des pantomimes auxquelles se livrèrent des éléphants dressés, que l’on vit même marcher sur des cordes raides196; un chevalier romain monta sur l’un de ces éléphants funambules aux jeux donnés par Néron197. Le plus souvent, les éléphants combattaient contre des gladiateurs appelés bestiarn, ou des animaux tels que les taureaux et les tigres 198. Sous les règnes de Claude et de Néron, le dernier exploit des gladiateurs qui demandaient leur congé était de les combattre seul à seul199. Les jeux o ii Antonin le Pieux fit paraître des éléphants sont rappelés parles monnaies de ce prince 200. Commode descendit dans l’arène et tua lui-même un éléphant d’un coup de pique-01. Sur le revers d’un médaillon de Gordien III, on voit lampithéâtre du Colisée, où un éléphant monté par un cornac s’apprête à lutter contre un taureau 202. La même scène se voit sur un bas-relief inédit à Rome 203 ; un pavé en mosaïque, découvert au temple de Diane sur I Aventm, représente un éléphant abattu sur ses jambes de devant qui enlève un taureau avec sa trompe, tandis que celui-ci essaye de le percer de ses cornes 204.
Des monnaies de l’empereur Philippe, portant les egendes Aelernitas Augg., Aeternitas Imper., présentent un éléphant avec son cornac ou l’image du Soleil marchant. Les numismatistes ont voulu reconnaître dans ces figures un double symbole d’éternité 208, mais il est peut-elre plus naturel d’y voir une allusion aux jeux
3 ' Un olephant porte une sorte de collier sur une monnaie du roi indien Apolloote, Imhoof Blumer et Keller, O.c. pl. ,v, n» 7. —187 Juy. XII, 102 ; Crut. Inscr. p.39i) -, Araiaudp Op. I. p. 540. Armandi croit, d’après quelques témoignages assez agues (Mart. Epigr. IV, 62; VII, 12; VIII, 28; Sil. Punie. XII, 229: Prop. IV, 7, 81 qu i y avait à Tibur une sorte d’infirmerie pour les éléphants malades et que lès eaux qui y jaillissaient rendaient la blancheur à leurs cornes. — 188 Aelian. Anim. II il. unique 1 éléphant captif passe pour ne pas se reproduire, Élien parle d’éléphants K.w A°me qui figurèrent aux jeux de Germanieus ( loc . laud.). Cf. Colum De re
IDio X ’lY n T JuV’ ^ X"’ i06’ “ ,S° 11 1 déj;‘ élé c'uestion de Cornificius , ’ [' Aurelien> avant de monter sur le trône, fut également autorisé à
posséder un éléphant (Vopisc. Aurel. 5). - 131 Liv. XI.IV, 18. - 102 Plin H nat VU, 7 138 Plin, nid. ; Di„, XXXIX, 38 ; Cic. Ad fam. VII, 1. - .34 P1°a L “
Suet. Dit : Jul. 39; Dio. XLIII, 4; Appiau.B. civ. II, 103. - US Horace, Epist. Il, 1 1J6 parait y faire allusion. - 190 Aelian. Jnim. II, il ; Plin. H. nat. VIII 2 3
“ sm"; o'1 ?alb' 6‘ ' 181 Su,ît’ Ner- 11 ' Di0’ LXI- f7i Sen. Epist.' 85 ~ Mart- SPeciac- 17- 19 i Dio. LXXIX, 9. - 199 Plin. H. nat. VII I, 7. - 200 Eckhel ° VI1’ p’ 19’ ~ 201 ùamprid. Comm. 13. - 202 Eckhel. Doetr. num
r<r m ’ P' 31 9 i l roehner, Médaillons de l’empire romain, p. 188, avec gravure
‘ S/fCtaC- 19 1 Plin- VU., 7. - 203 Matz-Duhu, Dildw. in Itom. n» 2250
' ^ ouifaucon , Antiquité expliquée , t. II, pl. 16. - 206 Eckhel, Doctr. num. net
I sécuIaires célébrés par Philippe en 248, où l’on vit paraître trente-deux éléphants â la fois 200.
A Byzance, les empereurs recommencèrent à faire paraître des éléphants dans les jeux après la bataille de Mélitène (576), qui fit tomber vingt-quatre éléphants au pouvoir de l’armée byzantine. Au milieu du xie siècle, Constantin Monomaque eut encore des éléphants pour ses spectacles 207.
L emploi des éléphants pour le labourage n’est signalé par Pline que pour l’Inde 208, où il existe encore aujourd’hui. Perdiccas, Amilcar, Annibal et Paul Émile employèrent leurs éléphants comme exécuteurs des hautes œuvres, autre usage barbare que l’Inde moderne a conservé 209. La chair de l’éléphant servait do nourriture à certains troglodytes riverains du golfe arabique que l’on appelait éléphantophages 2U>. Avec la peau de cet animal, que Cassiodore qualifié d’ossea211, les Maures et les Numides fabriquaient des boucliers212; tel était celui de Massimssa213. Mêla vit à Tingis un bouclier fait de cuir d’éléphant, dune grandeur extraordinaire, que l’on croyait | avoir appartenu au géant Antée214. Il a été question ailleurs du parti que l’antiquité tout entière a tiré des défenses de l’éléphant [ebur], Pline dit aussi que 1 on se servait de crins d éléphant pour enfiler des pierres précieuses 218.
11 nous reste à dire quelques mots des représentations de 1 éléphant dans 1 art antique216 et du sens symbolique attaché à la tête de cet animal. On peignit des éléphants sur le char de parade destiné à transporter le corps d’Alexandre le Grand en Égypte217. Le second exemple fourni par l’art grec est l’éléphant élevé comme trophée par Antiochus, après sa victoire sur les Galates en 275 218. Auguste fit placer dans le temple de la Concorde des éléphants en obsidienne219. Sur l’arc de triomphe de Domitien, on avait placé deux chars attelés d’éléphants que semblait diriger une statue dorée de l’empereur. Le Sénat romain décerna àMaxime, àBalbin et àGordien des « statues avec des éléphants » (statuas cum elep/tanlis) -20. Ce sont peut-être les mêmes que les éléphants de bronze placés à Rome dans la voie sacrée, dont Cassiodore demandait la réparation221. Une tête d’éléphant colossale a été découverte sur le forum de Trajan, avec d’autres têtes d’animaux de très grandes dimensions222. Des têtes d’éléphants sculptées en relief décorent souvent les cuirasses des empereurs 223.
L’Afrique personnifiée [africa] porte sur la tête une dépouille d’éléphant, dontla trompe se recourbe enferme de cimier22'-; cette même coiffure est attribuée sur les mon-
t. VII, p. 328. Cette opinion est encore partagée par M. Imhoof-Blumer, Tier-und Pflansenbilder, 1889, p. 120. Sur la Iongcvilé attribuée par les anciens anx éléphants voir plus haut, note 21. -206 Jul. Capitol. Gord. 33. -207 Berger de Xivrey Tradi lions tératologiques , p. 499. - 208 piin. /f, naL V1II , Cf Solill. 6, 2’09 Cur(
X, 9 ; Diod. XXV, 3 ; H. nat. VIII, 7; Val. Max. II, 7,14. Cf. Armandi, Op. L p 241 210 Agatharch. Geogr. min. éd. Didot, t. I, p. 146.-211 Cassiod. Var. epist. X 30 Cf. Luc. Phars. VI, 209. - 212 strab. XVII, p. 828 ; Oros. V, 15. - 213 Appian. Pw> 4o’
- 214 Mel. I, 5. -21s Plin, H. nat. XXXVII, 78. - 21G On ne connaît pas une seulè figure d’élephant sur un vase peint, mais on a signalé, comme provenant de Vulci, un vase à couverte noire en forme deléphant ( Catal . Durand n» I33-) • Archaeoî Anzeiger. 1849, p. 99). - 217 Diod. XVIII, 27. - 218 Voir plus haèt, note iS.
— 219 Pim. H. nat. XXXVI, 67. — 220 Mart. Epigr. VIII, 65; J. Capit. Maxim,
duo, 23. - 221 Cassiod. Var. epist. X, 30. - 222 Aujourd’hui à Rome, au palais Valentim (Matz-Duhn, Antike Bildwerke , n« 1637). — 223 Ferrcro Atli délia Soc di Torino, t. I, pl. x™ ; Dü.schke, Antike BildJin Oberital ien, tV IV, n« 55 ; , V, n" 376’ 890 I Clarac’ P1- MO, n” 2412 A; Antolini, Le ravine di Yclleja,
Milano, 1819, pl ix, 5. — 224 Cuper, De elephantis, p. 121, 122; Mionnet, Descr. t. VI, nos 002, 610 ; Eckhel, Doetr. num. vet. t. I, p. 261 ; Millier, Numism. de fane. Afrique, t. III, p. 42, 95, loi et s. ; Froehner, Médaillons de l’empire romain, p. 130 ; Tissot, Gèogr. de la prov. rom. d'Afrique , t. T, p. 364, fig. 33, 34.
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«aies à des villes d’Afrique comme Alexandrie 225, et à différents personnages, entre autres Démétrius roi de Bactriane 226, Cléopâtre femme de Ptolémée VII 227, Alexandre II d’Ëpire 22S, Ptolémée IX 229, etc. La tête d’éléphant seule figure aussi sur quelques monnaies africaines et asiatiques230. Enfin, certaines pierres gravées, qu on a proposé d’appeler grylles 231, présentent des têtes d éléphants associées d'une façon bizarre à des têtes de philosophes ou à divers objets 232 . S. Riïinach.
ELEUS1INIA (’EXsuaîvia). ■ — - Les mystères d’Éleusis étaient les plus importants et les plus renommés parmi les mystères de la Grèce. Renvoyant à l’article mysteria ce qui touche au caractère général des institutions de cette nature dans la religion hellénique, à leur objet et à l’esprit qui y présidait, nous nous occuperons ici des Ëleusinies d’une manière tout à fait spéciale et exclusive, en nous attachant principalement aux données que l’on peut recueillir sur leur histoire, leur organisation et la manière dont on les célébrait. Nous n’essayerons pas d’en pénétrer le symbolisme, recherche qui nous entraînerait trop loin et qui demanderait à elle seule un gros livre, en même temps qu’elle sortirait du caractère précis et positif que doivent avoir les articles d’un dictionnaire.
1. Origine et histoire des mystères d'Éleusis. — La tradidition attribuait àEumolpe la fondation de ces mystères; la famille sacerdotale [eumolpidae] qui demeura, jusqu’à l’extinction du paganisme, en possession de l’office d’hiérophante à Ëleusis prétendait descendre de ce personnage héroïque. On faisait d’Eumolpe un Thrace1; la qualité de fils de Poséidon et de Chioné, c’est-à-dire de la mer et de la neige, ou bien de Borée, que lui donnent les mythographes postérieurs, se rapporte clairement à une contrée plus septentrionale que l’Attique, c’est-à-dire à la Thrace des premiers siècles de la Grèce, qui n’était pas celle des âges historiques, voisine de l’Hellespont, mais la Thessalie et la Piérie2 et même la Phocide et le nord de la Béotie. Il y a là sans doute le souvenir de la migration d’une de ces tribus tliraces qui exercèrent tant d’inlluence sur les origines religieuses de la Grèce, sous la conduite de chefs qui étaient en même temps pontifes et poètes sacrés (dotSot). Le nom même d’Eumolpe, comme celui de Musée, semble devoir faire reconnaître dans ce personnage une personnification des premiers aèdes3, dont on place toujours l’origine en Thrace. [C’est sans doute pour cette raison qu’un cygne est placé auprès d’Eumolpe, comme une allusion aux chants harmonieux de l’aède, dans la peinture d’une coupe attique signée par Hiéron, où l’on voit réunis et désignés par des inscriptions Ëleusis, personnifiée sous les traits
225 Eckhel, Op. I. t. IV, p. 41, t. VI, p. 489. — 226 Mionnet, Descr., Suppl. I. VIII, n° 473 ; Armandi, Op. I. fig. 3. — 227 Mionnet, Descr. t. VI, n° 26. — 228 Ibid. t. II, n° 66. — 229 Ibid. t. VI, n° 28 ; Armandi, Op. I. fig. 4. Cf. Cuper, De elephantis, p. 56, 58. — 230 Mionnet, Descr. t. V, n° 7 ; VI, n° 600; Supplém. t. VIII, n°*476, 485 ; Cuper, De eleph. p. 63, 77, 78. — 231 Chabouillet, Catal. des camées, p. 279.
— 232 Tète d’éléphant associée à des profils de philosophes, Cuper, /. Z. p. 89, 90. Tète d’éléphant sortant d’un coquillage, Imhoof Blumer et Keller, O. I. pl. xix, n° 45 (autres analogues, Ibid. p. 121). Cf. Mas. Odescalchi, pl. ni. Une tête d’éléphant seule, sur une belle pierre gravée du cabinet de France, Imhoof Blumer et Keller, pl. xix, n° 44. — Bibliographie. Armandi, Histoire militaire des éléphants jusqu’à l’invention des armes à feu, Paris, 1843 ; Cuper, De elephantis in numis obviis, dans le in° vol. du Novus Thésaurus de Sallengre, p. 18, 263; Noris, Spanheim et Pagi, De quadi'igiis elephantorum, ibid. p. 265-283 ; Scharff, De jiatura et usu elephantorum africanorum apud veteres, progr. Weimar, 1855; Gaidoz, Les Celtes et les éléphants, dans la Revue celtique, t. II, p. 486; Id. Les éléphants à la guerre, Revue des deux Monde, 1er août 1874; Tissot, Géographie comparée de la province romaine d’Afrique, Paris, 1884, p, 303; H. Droyseu,
dune femme, Déméter et sa fille avec Triptolème, Zeus, Dionysos, Poséidon et Amphitrite ‘. (fig. 2029).]
Il faut remarquer ici, conformément à ce qu’a déjà fait Oltfried Müller 5, que le nom d’Éleusis se retrouve, en même temps que celui d’Athènes et celui du fleuve Céphise, dans les plus vieilles traditions de la Béotie des bords du lac Copaïs6, c’est-à-dire d’un des cantons de la Thrace mythique; on y prétendait l’Éleusis béotienne, engloutie sous les eaux du lac, antérieure à l’Éleusis de l’Attique.
« S’il n’est pas possible, dit M. Maury7, d’assigner une personnalité distincte aux aèdes de l’époque qui a précédé Homère et Hésiode, l’existence d’aèdes qui avaient été, dans la Thessalie et la péninsule livadique, les pères de la religion hellénique et de la poésie théogonique, n’en demeure pas moins constatée 8. Il est vraisemblable que ces aèdes, prêtres d’Apollon, présidant aux purifications et aux expiations qui caractérisaient le culte de ce dieu, avaient composé des charmes et des rites expiatoires (tOstixI), qui furent l’origine des mystères. C’est donc à cette école sacerdotale qu’il faut rattacher l’institution des mystères d’Éleusis9. L’hymne homérique à Déméter, un des plus cqrieux monuments de cette poésie lyrique sacrée, sortie de l’école thrace, me paraît en être la preuve10. Un autre fait vient à l’appui de l’origine que j’attribue aux mystères éleusiniens; c’est que les mystères de Dionysos étaient aussi regardés comme ayant pour fondateur un Thrace, Orphée.»
Mais il est manifeste qu’en fondant cette institution, en la régularisant, en la développant et en lui donnant son caractère de mystères purificatoires, les aèdes thraces travaillèrent sur un fond antérieur, celui des croyances et du culte de la population pélasgique. Il y a quelque chose de vrai dans les théories d’Ottfried Müller et de Preller qui rapportent aux Pélasges, avant le triomphe des tribus proprement helléniques, la première origine des cultes mystiques. L’adoration des divinités chthoniennes et productrices est le fond de tous les mystères grecs, et en particulier de ceux d’Éleusis. C’était certainement la religion essentiellement propre aux Pélasges. Or ce culte avait généralement un caractère secret et quelque peu effrayant, qui devint naturellement le point de départ de formes mystérieuses. Déméter était une des plus vieilles divinités pélasgiques; il semble même que son adoration avait été précédée à Ëleusis par celle d’une autre personnification de la divinité féminine chthonienne, Daeira11, reléguée plus tard sur un plan tout à fait effacé [daeiritès]. Dans l’Arcadie, où la religion des Pélasges s’était conservée plus intacte que nulle part ailleurs en Grèce, avec ses formes primitives, le culte
Heerwesen und Kriegsführung der Gricchen, Fribourg, 1889, p. 136; Lennrmant, La Grande Grèce , 1881, t. I, p. 185 ; Pottier et Reinach, Nécropole de Myrina, 1887, p. 318; Imhoof- Blumer et O. Keller, Tier-und Pflanzenbilder auf Milnzen und Gemmen, Leipzig, 1889.
1SLEUSINIA. l Paus. I, 38, 2; Lucian. Dem. vit.% 34; Isocrat. Panath. p. 273, 193; Schol. ad Euripid. Phoen. 854 ; cf. Hygin. Fab. 46; Strab. VII, p. 321.
— 2 Voy. Ott. Müller, Gesch. der griech. Liler. I, p. 43 et s. — 3 William Mure,
A critical history of the language and literature of ancient Greeks, I, p. 160.
— Monumenti dell’ Inst. IX, pl. 43. — B Orchomcnos und die Minyer, p. 57.
— 6 Strab. IX, p. 407. — 7 Histoire des religions de la Grèce, II, p. 317.
— 8 Voy. sur ces aèdes le résumé de M. Maury, dans le même ouvrage, I, p. 236- 24G. — 9 Pour le développement de cette idée, voy. la note de M. Maury daus Guigniaut, Relig. de V antiquité, III, 3e part., p. 1131-1137. — 10 Sur cet hymne, voy. le mémoire de Guigniaut, Mém. de V Acad, des Inscr ., nouv. sér. XXI,
2® partie, p. 5 et s. — H Paus. I, 38, 7. Cf. Roscher, Lexikon der Mythologie, I, p. 933.. Son nom devient une épithète à Proserpiue, r/j xopri T/j Aaeipa, Corp. insc. att. II, 741.
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tout national de Déméter comprenait certains rites, entoures d un cuiaetere secret cjui en taisait de véritables mystères* . Pausanias13 dit quil n’était pas permis à ceux qui n’avaient point été initiés de savoir le nom de la fille que Déméter, transformée en cavale, avait eue de Poséidon . Le mythe avait un sens symbolique que l’on révélait sans doute dans les mystères; il rappelle beaucoup celui qui avait cours sur lamême déesse à Eleusis et qui servait de fondement au culte mystique u.
Ainsi que l’a montré O. Muller, la parenté
originaire entre le culte mystérieux de la Déméter d’Eleusis et celui de la Déméter Ërinnys^de l’Arcadie n’est pas seulement attestée par la ressemblance des fables. Elle ressort aussi des traditions relatives à Cercyon, l’un des ancêtres de Musée et l’un des héros autochlhones d’Eleusis ,s. De Poséidon et d’Alopé, fille de Cercyon, est né Hippothoon ,c, l’éponyme de la tribu Hippothoontide, de laquelledépendait la cité des mystères. Rapprochons de ces noms celui de Poséidon Hippios, époux de Déméter en Arcadie 11 et adoré aussi dans l'At-
Fig. 2629. - La Tille d’Éleusis el les principales divinités du culte éleusinien.
tique 1S. Quand nous voyons qu’au temps de Pausanias 19, Il y avait encore un temple de Poséidon Pater à Eleusis, on est induit à penser qu’il subsistait comme dernier vestige d’un temps primitif où le dieu des eaux avait eu dans les légendes éleusiniennes un rôle pareil à celui que lui donnaient les mythes arcadiens, rôle qu’il cessa de bonne heure d’avoir dans les fables sur lesquelles étaient fondés les mystères, car on n’en retrouve plus de trace à l’époque pleinement historique. [Remarquons encore que dans la peinture du vase précédemment cité (hg. 2029), Poséidon figure parmi les divinités spécialement attachées à la protection d’Eleusis.]
En somme, on ne doit sans doute attribuer aux aèdes venus de la Thrace à Eleusis et personnifiés par Eumolpe que la réglementation définitive d’un culte existant antérieurement et déjà marqué d’une tendance mystique, une organisation plus savante et l’institution de mysté-
VIII V/“ï'Maury ’ HisL des reliS ■ de la Grèce, II, p. 307. — 13 VIII, 25, 5. — H Paus.
, ’ 3> ~ v°y- Guigniaut, Relig. de l’antiq. III, 3= part. p. 1141. - 16 Paus. 1,
’ ’ . ’ ■ 39’ 3; Hygin.™. !87 ; Steph. Bvz. et Harpocr. s. v. \4Xdm] ; Etym. raagn.
• • ImtidSuv ; Euripid. Fragm. édit. Nauck, p. 23. — 17 Paus. VIII 10 2- »5 4
rieux rituels, faits qui ne durent, pas se produire sans une certaine fusion d’idées religieuses entre les nouveaux venus et les premiers occupants du sol20.
[M. Foucart est arrivé à des conclusions analogues en s appuyant sur l’étude des textes épigraphiques 51 . Il montre qu au début on entrevoit un culte antérieur à 1 organisation atlique de la religion éleusinienne, culte commun aux tribus ioniennes, peut-être, emprunté aux anciennes populations de la Carie, aux Lélèges et Pélasges. C’est le culte d’une divinité chthonienne double, qui réunissait en elle le principe mâle et le principe féminin comme beaucoup de divinités asiatiques; c est le dieu et la déesse, ô 0soÇ xal fi 0ed, sans épithètes, auxquels s adjoint bientôt une déesse fille. Cette triade est essentiellement agricole. Lorsque ces divinités commencent à être adorées à Eleusis, le rôle des deux déesses devient prédominant, la mère et la fille usurpent une
’ i iius. i, c(U, 4.