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pétase complétaient leur accoutrement 113. C’est dans cette tenue d’ordonnance qu’ils sont souvent représentés sur les vases peints, comme on peut en juger par la figure 2680, empruntée à un lécythe d’Érétrie 1,r’. L’usage de la chlamyde sombre se continua jusqu’au temps de Marc-Aurèle ; Hérode Atticus la remplaça par une
chlamyde blanche 177 .
Nous ignorons si le contingent éphébique comportait des cavaliers et des fantassins, mais tout porte à croire que les éphèbes riches, ceux qui faisaient partie de cette aristocratie passionnée pour l’équitation et les courses de chevaux, formaient dans l’éphébie un corps de cavaliers qui partageaitle service avec „ lesfantassinséphèbes178.
Fig. 2(380. — Costume de leplièbe.
Leséphèbes,enpnncipe, ne sortaient pas de l’Attique179. 11 arrivait pourtant qu’on leur fit passer la frontière. En -458, ils combattent en Mégaride sous le commandement du stratège Myronidès 18C. En 425, ils contribuent, près de Corinthe, à la
victoire de Solygia181. En 394, ils guerroient de nouveau dans les mêmes parages182. On les traitait comme les citoyens de cinquante à soixante ans, qui ne devaient pas quitter les remparts, mais qu’on versait, en cas de nécessité urgente, dans l’armée active183. Tous les renseignements que nous possédons sur l’éphébie pour le ive siècle s’accordent, de même, à nous la montrer comme une institution exclusivement militaire184. Même au siècle suivant, alors que la durée en est réduite à une année et qu’elle n’est plus obligatoire, elle conserve ce caractère186. Les décrets immédiatement antérieurs à 1 ère chrétienne rappellent que les éphèbes se sont rendus, sous la conduite de leur cosmète, dans les cppoupta, qu’ils ont parcouru la contrée sans causer de dommage à personne (où6eva AuTioîîv'rEi; Tcôv è^ovtojv là -^ojpia), qu ils se sont poitcs en armes à la frontière 186. Ces expéditions ne sont plus, il est vrai, que de simples promenades, destinées à accoutumer les jeunes gens à la marche et à leur rendie familière la topographie de l’Attique ; ils y offrent des sacrifices dans les principaux sanctuaires; ils cherchent moins à y briller par leur vigueur et leur courage que par leur bonne conduite et leur exacte discipline. Cet usage n’en est pas moins une preuve curieuse de la persistance de l’esprit militaire dans l’éphébie et de la force qu’y gardaient encore, en pleine décadence, les ancien¬
nes traditions.
A ces devoirs militaires des éphèbes se rattachaient intimement certains devoirs religieux. C’était, chez les Athéniens, une ancienne coutume de mêler l’armée aux
cérémonies du culte. On sait le rôle qu’ils faisaient jouer à leur cavalerie dans les processions187. Ces déploiements de troupes rehaussaient l’éclat des fêtes publiques et le peuple y prenait un vif plaisir. 11 était naturel que les éphèbes y figurassent. De bonne heure, ils semblent avoir servi d’ornement aux solennités de la cité. Nous n’avons pas, cependant, d’indication à ce sujet avant 334-3. Une inscription d’Eleusis, relative aux éphèbes de l’Hippothontis inscrits cette année-là, laisse deviner leur participation à une cérémonie religieuse que l’état fruste du marbre ne permet pas de déterminer188. Plus tard, l’épigraphie nous montre les éphèbes félicités publiquement d’avoir suivi toutes les processions que les lois leur commandaient de suivre ; ils escortent la mgro/j en l’honneur d’Artémis Agrotéra; ils vont chercher les îepot à Eleusis et y accompagnent l’image d’Iacchos ; ils conduisent les victimes destinées aux Dionysies, aux Éleusinies; ils prennent surtout part à la célébration de cette dernière fête, qui comportait un plus magnifique appareil que les autres, et dans laquelle le trajet d’Athènes à Eleusis et le retour à Athènes se prêtaient à de brillantes exhibitions d’armes et de costumes 189. En dehors de ces figurations, ils accomplissaient eux-mêmes, collectivement, de nombreux actes religieux. Ils immolaient des bœufs aux déesses éleusiniennes, sacrifiaient des taureaux lors des Diogéneia, offraient des sacrifices à Ajax, à Zeus Tropaios, consacraient à Déméter et à Coré, ainsi qu’à la Mère des dieux, des phiales d’une grande valeur, etc.190. Il faut distinguer, parmi ces cérémonies, celles qui figuraient sur le calendrier liturgique de la cité et celles qui étaient plus spéciales au collège. Ainsi, les fêtes éleusiniennes et les fêtes dionysiaques étaient essentiellement des fêtes d’Athènes tout entière : il semble que la fête d’Artémis Agrotéra, celle des Dioscures et les Diogéneia aient été particulièrement des solennités éphébiques191. A ces fêtes toutes grecques, il faut ajouter les fêtes romaines, comme les 2uM.eïx, les ’AvTumrja, puis, sous 1 empire, les rEpgaviXEia, les ilnXaoÉXtûEia, les 'Aîpiaveta, les ’Avxivo'eta, etc. Je me borne à citer les principales de ces cérémonies, qu’un dépouillement minutieux du Corpus peut seul faire connaître192. On voit la place considérable que tenait la religion dans la vie des éphèbes. 11 est permis d'en conclure deux choses : d abord, les offrandes que consacrait le collège, les sacrifices qu’il offrait tout le long de l’année et que relatent complaisamment les décrets honorifiques, attestent sa richesse ou la richesse de' ceux qui le composaient193. D'autres dépenses pesaient sur lui, mais celles-ci sont particulièrement instructives : elles prouvent que l’éphébie est une aristocratie ; elles montrent la condition d’éphèbe devenue trop dispendieuse pour que tous puissent y aspirer, et cela confirme la théorie exposée plus haut. Ensuite, il faut remarquer que cette piété que l’État exigeait des jeunes gens avait un but : elle était, entre ses mains,
il» Poil. X, 164. — ns Studuiczka, Jahrb. des Icais. deutsch. arch. Inst. Il, D 163 1 177 Philostr. Vit. Soph. Il, 1, 8; Corp. inscr. ait. III, 1132. ns P. Girard, Op. c. p. 277 et s. - ™ Schol. Aesch. In Tim. 18; Id. In Ctes. 122. - 180 Thuc. I, 103, 4. — 181 Arisloph. Eq. 393 et s.; Thuc. I\ , 44, 1. C . P Girard Op C. p. 281 et s. — 182 C'est ce que semble attester le monument funèbre de’llexiléos, Corp. inscr. ait. II, 2084. Ce Dexiléos paraît bien être un èphèbe. - 183 Thuc. 1, 103, 4. — 18'» V. les notes 161, 162 et 179. Cf. les decrets relatifs aux éphèbes de 334-3 ; Aristot. Rep. Athen. 42; Ps. Plat. Axioch. p.SME, Tclesap. Stob. Floril. 98, 72. — «5 Corp. inscr. att. II, 316. - 186 Ibid. II, 40 ,
,. 22 et 83; 469, 1. 19 ; 470, 1. 13; 471, 1. 24 et 54; 480, 1. 14; 481, 1. 52; - 482, |. 45. 187 Martin, Op. c. p. 145 et s. — *88 ’Eo/jja. àç i • 1890, p» 91. 01 ■
inscr att. II, 466, 1. 5 et s. ; 467, 1. 8 et s. ; 468, 1. 6 et s. ; 469, 1. 7 et s. ; 470, . i et s • 471, 1. 8 et s. etc. Cf. Ibid. III, 5 et 1132. - «o V. notamment Corp. v, sciait. II 467. - ml Dumont, Op. c. I, p. 284 et s. Cf. Roscher, Lexikon, s. v. Artémis p. 581, 49 ; diana (IX), diogéneia, dioscdbi. — «2 Dumont, Op. c. I, p. 29 e ■
. ,, ;T AO.). III Indices IV 1 — 1“3 Cf. un intéressant
Cf. Corp. inscr. att. Il, 48J, 482, lit, matees, iv, i. ,
chapitre sur l'administration financière de l'éphébie et sur les di.Teren.s ou
disposait le collège dans Dumont, Op. c. I, p. 310 et s.
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un moyen d’éducation. Si les éphèbes prenaient part aux. grandes fêtes de la cité, sans doute, c’était en vertu de l’ancienne tradition qui associait l’armée au culte public; sans doute aussi, c’était par une imitation de ce qui se passait dans l’État : l’éphébie était pieuse comme le peuple athénien lui-même, dont elle représentait la fleur; la piété était un devoir pour les éphèbes comme elle en était un pour les autres citoyens m. Mais il y avait autre chose dans la piété éphébique : elle avait pour objet d’élever les âmes en mêlant l’un à l’autre, d’une façon touchante, le culte des dieux et le culte de la patrie. Cette intention est bien marquée par certaines fêtes d’un caractère très précis, comme celle, où le collège honorait les soldats morts à Marathon. Le Trophée qu’il visitait chaque, année et devant lequel il offrait des sacrifices, se trouvait à Salamine; c’était un souvenir de la victoire de Thémistocle. C’est à Salamine également qu’était célébrée la fête d’Ajax, qui se ratlachait au même événement. A Munychie avaient lieu des joûtes nautiques qui le rappelaient. Les éphèbes se rendaient encore aux éleuthéria de Platée, fête commémorative de la défaite de Mardonius. Enfin, c’est en mémoire de toute les gloires du passé qu’étaient célébrés les ÉPiTAPniA, dans lesquels ils jouaient un rôle important198. Ces anniversaires, ces pèlerinages patriotiques s’accordaient bien avec l’éducation civique qu’on s’efforcait de leur donner; ils entretenaient chez eux ce sentiment athénien par excellence, l’admiration des ancêtres.
Beaucoup de ces fêtes étaient accompagnées de concours ; cela nous amène à dire un mot des exercices gymnastiques pratiqués dans l’éphébie. De tout temps, la gymnastique avait été en faveur auprès de la jeunesse athénienne [educatio]. Le jeune homme, devenu éphèbe, ne la négligeait pas. L 'Axiochos nomme les gymnases où il se rendait, au iv° siècle, pour se livrer à l’entraînement, souvent laborieux, que lui imposaient les règlements : c’étaient le Lycée et l’Académie196. Plus tard, les inscriptions parlent simplement de Yupvdui a, sans spécifier. Un des gymnases favoris de l’éphébie était le Ptolémaion197. Sous l’empire, ce gymnase est remplacé sur les marbres par le Diogéneion, dont la fondation remontait aux temps macédoniens ;fin du iiic siècle av. J. -C.), et qui, bien que réservé aux futurs éphèbes, paraît, de bonne heure, avoir été fréquenté par leurs aînés198. Les éphèbes s’exerçaient aussi dans les stades, comme celui que construisit Hérode Atticus et avec lequel aucun théâtre ne pouvait ri valiser199. La gymnastique était donc une de leurs principales occupations ; les décrets honorifiques les louent du zèle dont ils y ont fait preuve 200. Les exercices auxquels on les soumettait étaient sans doute les mêmes que ceux auxquels étaient soumis les enfants dans les palestres. Il y en avait cependant qui leur étaient spéciaux et que les marbres mentionnent expressément, comme l’équitation201, les courses aux flambeaux (Xap- TtaSsç) ao2, les joûtes nautiques 203. Les courses avaient lieu de préférence aux théseia et aux épitapuia; les mar-
Dumont, Op. cit. I, p. 249 ets. — 105 V. notamment Corp. inscr. att. II, 471. Cf. —T™1' °P - C‘ *’ p’ 273 et S' — i8S Axioch-V- 366 E- — 197 Dumont, Op. c. I, p. 208.
Ce qui le prouve, c’est que, au i8r siècle, un cosmète en répare l’enceinte : v
inscr. au. 11, 470, 1. 41. 109 Philostr. Vit. Soph. II, 1,7. Cf. Dumont, Op. f ’sni 2V' ~ 200 CorP ■ inscr ■ att • D, *66, 1. 10; 480, 1. 13; 481, I. 19 et 49.
Ibid. II. 478 c, 1. 9; 479, 1. 20; 482, 1. 21. Cf. Grasberger, Erziehmg und
bres éphébiques les reproduisent quelquefois, en tête des catalogues (fig. 2681) *01. Les joutes faisaient partie des munychia et de la fête d’Ajax; les marbres en conservent également le souvenir, sous la forme de reliefs
Fig. 2681. — Exercices éphébiques.
plus ou moins finement exécutés (fig. 2682) 20S. Il est probable qu’à côté des concours publics, communs à toute la cité, il en existait d’autres auxquels les éphèbes seuls prenaient part. Une inscription paraît indiquer que,
tous les mois, on leur proposait des prix 206. Une autre nous les fait voir consacrant à Artémis Agrotéra les récompenses (àpnjTEÏa) qui leur ont été décernées dans certains concours spécialement institués pour eux 207. Un curieux fragment de poterie peinte, sur lequel on déchiflre ces mots : [... xo(T[av)]t£uovtoç EùpuxXst'Sou, semble avoir appartenu à un vase donné en prix dans des jeux présidés par le cosmète et où seul, par conséquent, le
Untcrrich \ III, p. 224 et s. — 202 Corp. inscr. att. II, 466, 1. 9; 467,1, 13 ; 468, 1. 9; 470, 1. 9; 471, 1. U et 78. — 203 Ibid. Il, 469, 1. 22 et 60; 470, 1. 40 et 54; 471, 1- 30 — 204 ’An- 1862, pl. 29. Cf. Corp. inscr. ait. 111, 1 160. — 205 Ibid. 1862, pl. 29. Cf. Corpus , même inscription. V., sur les fêtes ou figuraient des lampadodromies et des joutes nautiques, Dumont, Op. c. 1, p. 274 et s., 279 et s. — 206 Corp. inscr. att. Il, 465, 1. 5-6. — 207 Ibid. II, 470, 1. 7.
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collège avait le droit de figurer508. Les exercices du corps étaient si populaires dans l’éphébie, ils avaient une telle importance, que les dépenses qu’ils entraînaient étaient prévues et réglées avec le plus grand soin. Les dignitaires éphébiques, des étrangers, souvent les éphèbes eux-mêmes, se chargeaient tour à tour, pendant un mois, ou pendant une période d'une plus longue durée, des fondions de gymnasiarque [gymnasiarchia], c’est-à-dire du soin d’entretenir les gymnases d’huile et de toutes les choses nécessaires aux différentes luttes qu’on y pratiquait209. Les fonctions d'agonothète, remplies, elles aussi, assez fréquemment, par des éphèbes, étaient des fonctions analogues, qui concernaient les préparatifs des jeux, les frais qu’ils occasionnaient, etc. 210. Tout cela prouve, encore une fois, la vogue de la gymnastique dans les rangs de l’éphébie; on la voit, sous l’empire romain, reléguer au second rang les exercices purement militaires et absorber presque toute l’activité du collège2".
Pour compléter ce rapide tableau des travaux éphébiques, il reste à parler des exercices intellectuels. L’éphébie, telle qu’elle apparaît sur les marbres de basse époque, avait la prétention de former l’âme aussi bien que le corps. 11 n’en avait pas toujours été ainsi. On a vu de quelle façon les études littéraires y pénétrèrent. Elles y furent introduites par les éphèbes eux-mêmes qui, dès la fin du Ve siècle et surtout au siècle suivant, s’étaient faits spontanément les disciples des philosophes et des rhéteurs. Le jour où le collège devint un groupe aristocratique, les libres études qui y étaient cultivées depuis longtemps entrèrent naturellement dans le programme éphébique et furent exigées par l’État. Ce changement n’est sensible pour nous que dans les dernières années du 11e siècle avant notre ère, époque où les éphèbes, pour la première fois, enrichissent de cent volumes nouveaux leur bibliothèque du Ptolémaion212. Mais l’existence même, à ce moment, d’une bibliothèque éphébique autorise à faire remonter plus haut, pour les jeunes gens, l’habitude de se livrer à la culture des lettres. On se tromperait peu, croyons-nous, en reportant au 111e siècle et, pour plus de précision, au milieu de ce siècle, l’introduction régulière de la littérature dans le programme de l’éphébie. Les maîtres qui l’enseignaient étaient des philosophes, des rhéteurs, des grammairiens213. La présence des éphèbes à leurs leçons est désignée sur les marbres par le mot sbtp oâ<mç. On aimerait à connaître les noms de quelques-uns au moins de ces professeurs dont l’éloquence charmait la jeunesse athénienne. Les inscriptions, par malheur, n’en nomment aucun ; elles citent pourtant, par exception, un certain Zénodote, qu’il ne faut pas confondre avec le stoïcien de ce nom, le successeur de Diogène le Babylonien ; il enseignait, soixantedix ans environ avant notre ère, au Ptolémaion et au Lycée 21’\ D'autres philosophes, également suivis par les éphèbes, donnaient leur enseignement dans l’Académie210. Outre la philosophie et la rhétorique, les éphèbes étudiaient la littérature proprement dite sous la direction des YpafifAotTixoL Les ouvrages qu’on leur faisait lire étaient variés. On trouve sur un marbre la mention d’Eu-
208 Benndorf, Or. und sicil. Vasenb. pl. x. — 200 Corp. inscr. ait. III, 735, 739, 747, 1085, 1092, etc. Cf. 1108, 1 109, etc. (en tout une cinquantaine d’inscriptions). Cf. Dittenberger, Op. c. p. 41 et s. ; Dumont, Op. c. I, p. 219 et s. —210 Corp. inscr. att. 111, 52, 1108,1110, 1114, etc. (30 inscriptions). Cf. Dumont, Op. c. 1, p. 228 et s. ; V. Âgonothétès. - 211 Dumont, Op. c. I, p. 234 et s. - 2'2 Corp. inscr. att. II, 465, p 7 8. 213 Cf. note 33. — 214 Corp. inscr. att. II, 471, I. 19. Cf. Koehler, ad h.
ripide et celle de Y Iliade 21 6. Un fragment du catalogue de la bibliothèque éphébique, qui appartient au i" siècle avant J.-C., contient l’indication d’un certain nombre de tragédies d’Euripide et de comédies de Diphile, des titres de pièces difficiles à identifier, une allusion au cycle épique, les noms d’Eschyle, de Sophocle, d’Achaios d’Erétrie, de Cratès, d’Hellanicos de Milet, de Démosthène, d’Eschine211. Toutes ces œuvres étaient commentées aux jeunes gens ; on leur en expliquait la langue; peut-être en apprenaient-ils des passages par cœur. Quelques-uns des exercices littéraires auxquels on les astreignait nous sont d’ailleurs connus; nous savons qu’ils composaient des pièces de vers (noi-quaTa), des éloges en prose (eyxwpua). Ces épreuves donnaient lieu à des concours 218. Dans quelques occasions, ils prononçaient des Xdyoi TtpoTpeimxoi' 219. Aux fêtes de Platée, destinées à célébrer la victoire sur les Perses, deux éphèbes engageaient un colloque dans lequel ils exaltaient, semblet-il, la gloire des ancêtres 220.
Cette culture littéraire était complétée par l’étude de la musique. Parmi les professeurs attachés à l’éphébie, on a vu qu’il y avait un StSdaxoXo;, chargé de faire apprendre aux éphèbes certains chants. Sous Hadrien, il leur enseignait principalement les hymnes composés en l’honneur de l’empereur221. Les élèves du Diogéneion, qu’ils fussent éphèbes ou melléphèbes, étudiaient aussi la musique, en même temps que la littérature, la rhétorique et la géométrie 222. L’enseignement musical étant, chez les Grecs, la plus ancienne forme de l’éducation, on ne saurait s’étonner de le rencontrer dans l’éphébie, qui conservait pieusement tant d’usages appartenant au plus lointain passé.
11 faut remarquer que, si l’on excepte le StSoDxaXo; et, plus tard, le StSot’TxocXoç tojv asuocTtov 6eoü 'ASpiavoü, les maîtres dont les leçons s’adressaient à l’esprit n’avaient pas rang dans la hiérarchie éphébique. Les éphèbes assistaient à leurs cours, qui étaient pour eux obligatoires, mais aucun vote du peuple n’intervenait pour conférer à ces professeurs une autorité quelconque sur le collège; ils parlaient aussi bien pour les auditeurs bénévoles que pour les jeunes gens de l’éphébie; on ne saurait les assimiler au pédotribe et à ses collègues. C’est là une preuve remarquable de la persistance des traditions. Même sous l’empire romain, l’éphébie dégénérée reste foncièrement militaire ; elle vise avant tout à fortifier le corps, à l’assouplir, à l’aguerrir aux fatigues de la vie de soldat. Lesétudes littéraires, quiont tout envahi, demeurent, malgré leur importance, à l’arrière-plan. Capitales en fait, elles passent, en apparence, après les exercices qui rappellent la primitive destination du collège et, bien que ce soit l’affaiblissement de l’esprit militaire qui ait jadis causé, en grande partie, la décadence de l’institution, c’est ce même esprit qui semble la dominer encore, tant les anciens souvenirs sont longs à s’effacer.
Des différentes catégories d éphèbes . — On ne connaîtrait qu’imparfaitement l’éphébie athénienne, si 1 on ne se rendait compte des divers groupes qui la composaient. On ne peut considérer comme deux groupes distincts, au
tit. ; Dittenberger, Op. c. p. 53; Dumont, Op. c. p. 242. — 215 Corp. inscr. att. II. 471, 1. 20. — 216 Ibid. 11, 480, 1. 24. - 217 Ibid. 11,992.- 218 Ibid., III, 1096, 1129, 1147 1148. — 210 Ibid.. III, 52, 1147. Cf. 53, fragment (l’un curieux discours prononcé par un éphèbe devant l’Aréopage. - 220 Ibid. III, 1128, 113t. Suri éducation oratoire des éphèbes, v. Grasberger, Op. c. III, p. 353 et s. — 221 Corp. inscr. ait. 111, 1128. — 222 Plut. Sympos. IX, t, 1.
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ve et au ive siècle, les éphèbes de première année, et ceux de seconde ; les uns et les autres étaient astreints, comme on l'a vu, aux mêmes exercices, ou à peu près ; ils formaient un tout homogène. Mais, au 11e siècle avant notre ère, apparaissent les étrangers (Çévoi, plus tard inéyy payai)333. Leur origine n’est pas douteuse ; ce ne sont pas, comme on pourrait le croire, des fils de métèques : ce sont des jeunes gens venus du dehors pour jouir des bienfaits de l’éducation athénienne. Ce mouvement, qui amène à Athènes les jeunes étrangers, commence de bonne heure. Nous voyons déjà la grande réputation d'Isocrate attirer des contrées les plus diverses de nombreux jeunes gens qui se mettent à son école et se font les condisciples de ses élèves athéniens 324. Bien que les renseignements sur ce point nous fassent défaut, nous pouvons affirmer qu'il n’était point une exception, et que les plus célèbres d’entre les rhéteurs et les philosophes ses contemporains avaient de même pour auditeurs un nombre considérable d’étrangers. Avec le temps, ces jeunes gens finirent par être traités comme leurs camarades indigènes et l’éphébie leur ouvrit ses rangs. Ils y partageaient tous les travaux des Athéniens et recevaient, l’année accomplie, les mêmes récompenses. Mais leurs noms ne sont jamais mêlés, dans les inscriptions, à ceux deséphèbes d’Athènes. A l’époque romaine, les Milésiens, très nombreux dans l’éphébie, forment, sur quelques marbres, un groupe à part, avec la rubrique MstXilsiot 223. Les différentes provenances de ces étrangers sont intéressantes à étudier : elles permettent de constater l’immense prestige dont jouissait encore Athènes et font connaître les relations qu’elle entretenait avec les autres pays236.
Une question assez obscure est celle des subdivisions éphébiques indiquées sur les marbres par le mot toc£êiç. Ce terme répondait-il à une classification fondée sur la vigueur physique ou le degré d’instruction des jeunes gens? Toujours est-il que c’est dans les catalogues agonistiques qu il est employé. Par exemple, une inscription nous montre les éphèbes formant trois râÇeiç pour prendre part aux Antinoeia de la ville et d’Éleusis, aux Hadrianeia, aux Philadelphia, aux Théseia, auxCommodeia, aux Ëpinikia et à une autre fête dont le nom manque 237. Peut-être aussi faut-il voir là quelque dénomination militaire analogue aux noms modernes de bataillon et de compagnie. 11 y avait également des Txijsiç auDiogéneion 228.
Les suirrpeVp,aT« nous sont un peu mieux connus 229.
L étaient des groupes composés d’un petit nombre d’éphèbes ayant à leur tête un au<jTpsgp.aTapyv]ç330. Ce chef était lui-même éphèbe ; il conduisait ses camarades aux jeux publics et consacrait, à ses frais, des monuments commémoratifs de leurs victoires. Le chiffre des cuaxps'pt- V-ma variait tous les ans. Nous ignorons si ce groupement était imposé par l’État, comme cela semble avoir été le cas pour les TtÉÇeiç, ou s’il était dû à la seule initiative des adolescents. Ce qui est certain, c’est qu’il y avait,
223 Corp- in,cr- “«• IL «5, «7, 469, 470. Cf. Ibid. III, 1133, où ils atteigne pies i u double des éphèbes athéniens. A l’époque romaine, ceux-ci, inscrits t e es listes, sont quelquefois appelés TCpwtsVypasoi, par opposition aux Ir.issQav anÇPS : v’ Ibid • UI. 1092, 1 112, 1122. - 22V I50Cr. De antid. 224. Cf. ' Ibi ■ ° CorP- inscr ■ ait. III, 1091, 1096, 1098, 1232. — 226 Dumont, Op. c.
lie» V.*!- ~ f C°rp ■ inscr- alt IIL 1U7. Cf. Ibid. 768, 1113, 1146, 1148, 115 ’ . -38 Ll, 1184. Il ne semble pas qu’il faille assimiler les tù;i
a X lois catégories, fondées sur l’âge, que mentionnent certains catalogues a:
rieurs a ere chrétiennne : v. Corp. inscr. ait. 11,444-450, 452. Dans ces catal enfants U" ^ embaralssé le* érudits, les jeunes gens des trois classes sont d 7 111° 1t^wrr‘’’ ^£j'r£?a’> to£ty|$ fjAtx(aç). Ou ne doit considérer comn
dans 1 ephébie, de nombreuses associations amicales. Il était naturel que la vie en commun rapprochât les jeunes gens les uns des autres. On voit déjà, au temps d’Eschine, ces rapprochements se traduire par l’emploi du terme awiyrfioi, pour désigner les éphèbes d’une même année'”1. Ce mot continue à être d’un fréquent usage dans la langue éphébique, mais, à l’époque romaine, il est comme noyé au milieu d’une foule d’autres qui font aux relations qui unissent les éphèbes les allusions les plus variées. Les inscriptions nous révèlent l’existence de -.piXot, de cptXot yopyot, de GuvÉtpr,6ot xat auvxptxXtvot xat cptÀot, d’aSc-Xepot xcct auarctTai, etc. 233 Elles contiennent parfois des appellations plus ambitieuses comme celles de ©Tiasîê-u et d 'HpaxXeTSai qui marquent bien l’esprit aristocratique du collège -33. Tous ces groupes élèvent des monuments particuliers, font graver des dédicaces et forment dans 1 éphébie autant de petites républiques, qui ont leurs caisses à elles et leurs xaptat chargés de les administrer 234.
11 faut enfin signaler une catégorie de jeunes gens dont la condition est peu claire pour nous, celle des anciens éphèbes. Dans quelques catalogues antérieurs à notre ère et relatifs aux jeux Théséens, on trouve la mention de concurrents appelés oî êÇ ItrjSwv ou ot haï efvqêot -3 j . Ce sont, semble-t-il, des jeunes gens sortis de l’éphébie, qui se sont réunis en association privée pour continuer ensemble la vie éphébique. Des prix spéciaux leur sont réservés dans les concours, et la nature même de l’épreuve à laquelle ils se présentent trahit leur qualité d éphèbes émérites : ils courent la lampadodromie, la plus estimée des épreuves du collège. Je verrais également d anciens éphèbes dans les veavtcrxot que nomment les mêmes catalogues236. Eux aussi disputent le prix de la course aux flambeaux. Ils se subdivisaient en plusieurs groupes, ayant chacun son gymnase favori. Deux catalogues citent les vEavtcxot iy Aoxstou 237. Ils avaient, sous l’empire, leurs chefs particuliers, qui portaient le titre de v&xvicrxâpyai 23s. Peut-être les àvSpsç ly Auxei'ou 239 et, plus tard, les <Dstço'fXEvoi 340 formaient-ils encore d’autres corporations se rattachant plus ou moins directement à l’éphébie. Ces exemples d’associations où se perpétuaient les habitudes du collège, étaient naturellement suivis par les tout jeunes gens, par ceux qui aspiraient à devenir éphèbes. C’est ainsi qu’en dehors des élèves du Diogéneion, qui constituent pendant longtemps un groupe séparé, nous rencontrons, au Ier siècle avant notre ère, des i).tlléyrtëoi qui se préparent, au Pirée, à entrer dans 1 éphébie. Ils sont originaires de différents dèmes et comptent dans leurs rangs des étrangers. Ils consacrent aux Muses la statue ou le buste d’un de leurs maîtres ce qui indique nettement qu’ils forment une association ayant ses professeurs et ses enseignements propres241.
Telle était, dans ses grandes lignes, l’éphébie athénienne. Institution civique et militaire à l’origine, elle arrive rapidement à n’être plus qu’un jeu, mais ce jeu
des éphèbes que ceux des vainqueurs qui sont clairement désignés parle mot •
v. 445, col. 1, 1. 25 et col. 2, 1. 35 et 38, 446, col. 1, 1. 63 et col. 2, 1. 77; 467, 1. 20; 448, col. 1, 1. 28. — 229 Ibid. III, 1108, i i 16, 1129 — 230 Ibid. III, 744, 75$ 1139, 1145, 1155, 1159, etc.; ’AS^va.ov, VII, p. 390, n. 1. — 231 Aesch. De' male (lesta leg. 167. — 232 Corp. inscr. att. III, 758, 1078-1080, 1082, 1084 1087 1089 1095, 1097, 1105, 1111, 1136, 1150, 1181, 1272; ’EÎW. in. 1890, p. 1 15.’- 233 Corn, mser. att. III, 1147. — 23'. ’A^vaiov, VIII, p, 403, n. 7 et 404, n. 8 ; Bull, de corr. hell., VII, p. 77. — 235 Corp. inscr. att., II, 444, col. 1, 1. 64; 446, col". 1, 1. 63*.
- 236 Ibid. II, 447, 1. 23; 448, col. 1, 1. 31. — 237 Ibid. .11, 444, col. 1, 1 67- 446 col. 1, 1. 65. - 238 /6id. 111, 7 6 5, 10 9 8, 1162, 1193. - 239 Ibid. II, 445, col. 1,1, 27'.
— 2M Jbid. III, 739. — 211 Foucart, Bull, de corr. Iiell. VU, p. 75 et s.
EPH
EPI
est pris très au sérieux par ceux qui s’y livrent et par l’État qui l’encourage et le favorise de tout son pouvoir. Il reste, à travers les vicissitudes de la cité, le souci national par excellence ; il tient une place considérable dans les préoccupations du Conseil des Cinq-Cents, de l'Aréopage et de l’assemblée du peuple ; il est régi par de très anciennes lois (vouoi) dont on s’efforce d’assurer la scrupuleuse observation ; il est l'objet de décrets (i]>v)çî(ruaTa) qui montrent l’importance qu’y attachent les orateurs 243 ; il groupe autour de lui tout un monde de fonctionnaires appartenant aux premières familles et pour qui c’est un honneur d’y être mêlés. Cet intérêt, cette estime qu’on lui témoigne ne sont d’ailleurs nullement l’indice de regrets patriotiques ; il faut se garder d'y voir une sorte de retour mélancolique vers le passé. Les Athéniens du temps de l’empire ont pour leur éphébie autant d'admiration qu’en pouvaient avoir pour la leur les Athéniens du temps de Périclès; c’est ce qu’attestent les pompeux considérants des décrets313. Sous sa forme bâtarde, l’éphébie de l’époque romaine est donc une preuve touchante de l’optimisme athénien, des illusions qu’il garde, des chimères dont il vit : voilà surtout ce qui la rend intéressante; elle l’est encore par le sentiment tout atlique qui la domine, par l’enthousiasme qu’on y démêle pour cette jeunesse qui, de tout temps, a fait l’orgueil d’Athènes et sa parure, et que l’orateur Démade appelait poétiquementle « printemps dupeuple»244.
L’épuébie uors d’Atuènes. — H y aurait beaucoup à dire sur les collèges d’éphèbes qui existaient en dehors de l'Attique. Nous nous bornerons aux indications essentielles345. Voici les cités grecques dans lesquelles les textes ou les inscriptions nous font connaître des collèges de ce genre.
Mégaride : Aegosthène 246, Mégare 247.
Péloponnèse : Argos 248, Coroné 249, Pellène-J°, Sicyone 23i, Sparte 232, Thérapné(?)163, Thouria 234.
Béotie : Acraiphia 2SS, Copées266, Hyettos 257, Khorseia238, Lébadée 239, Orchomène 2G0, Platées361, Thèbes262, Thespies 2M.
242 Los orateurs d'Athènes et des dèmes qui nous sont signalés pur les textes ou les inscriptions comme ayant parlé sur les choses de l’éphébie, sont nombreux. M. Dumont en a composé la liste, Op. c. I,.p. 139. Elle s'est accrue depuis. La voici par ordre alphabétique, telle qu'ou peut la dresser à l'heure qu'il est. Pour plus de brièveté, je désignerai par C. le Corpus inscriptionum attiearum, et par B. le Bulletin de correspondance hellénique. ’Aptevwvufxo; ‘btxvioo ’Eleueivio; [C. il, 4,0), AçpoSuno; ’Açpoé.vlao 'A^vieC; (C- II, 471), Arqxii,; Ar.fUoa n«,«vui; (?) (Athen. III, p. 90 D), Auurxouptînî Aio<rxouf!iou «brpfanù; (C. II, 460, 467, 468), 'EΫ<S> ’E5«xSvm5 naVkr.vEÙ; (C. II, 465), ’Eitiyvvoî Acpr.vptoo nnpottiù; (C. 11, 470), 'Evixpiv/iî (Lyc. ap. Harp. S. U.), Ejçfovio; (B. XIII, p. 257), 'Hyipv/.o; X<tirf|u>vo; nEfidolir,; (B. XIII, p. 257), 0£oi„„; Aioitijou Envi»; (C. II, 470), e.oîupiSrj; ntiçmtù; (C. H, 465, 466), K«V î.ixfàv»,; AUiüveO; (B. XIII, p. 257), KnXXtxpivns Haiavue; [B. XII, p. 148),
Kçdtixao; QaoAimi... (C. II, 482), AOTcn; ’A exlr-iiSou •AXi|ti>W; (C. II, 482), Mr.TfOsivTiî-- (C. II, 480, 482), Mvctfftaç Mveeeesov BsotvixiSv,; (C. II, 481), Nixoerfavo; A,ii«piwu A«|ixtP«ùï (C. II, 467), nf»vi«s (B. XIII, p. 257), SaxfàTV,; ’Aç .eetIuvoî iï or«u (C. Il, 469), *.x«0ï Xçx'mvoî (C. II, 581), 4uWii; 'Hviixou n«vi|xi«; (C. II, 469) [...ejtocmn Muvviexo-J Ilt^av^Siv (C. Il, 316), [...«■ Jv ’Av«E(ro|PlM Eî.njuû; (C. II. 478), [o 8 eTv à VOS 8e TV,; S»«T].miv (C. Il, 33Ü). - 243 Corp. inscr. ait. Il, 465, 1. 45 ; 406, 1. 37; 467, 1. 42 et 93; 468, 1. 26; 469, 1. 30 et 63; 470, 1. 22 et 43; 471, I. 37, 52 et 88; 479, 1. 32 et 43; 480, 1. 33 ; 481, 1. 13, 44, 59 et 67; 482, 1. 39 et 58. J 244 Demad. ap. Athen. III, p. 99 D. — 2'*» En prenant pour principal guide l'ouvrage de M. Colliguon, Quid de collegiis epheborum apud Graecos, excepta Attica, ex tilulis epigraphicis commentari liceal. — 216 Le Bas et loucart, Mégaride et Péloponnèse 3-6, 7 a, 8-11 ; Bull, de corr. hell. IX, p. 321. — 2” Le Bas et Foucart, 34 a, 34 b, 31 c, 34 d, 34 e, 34 f. - 2« Ibid. 119. - 2‘» Ibid. 305. 230 Paus. VII, 27, 5. - S31 Id. II, 10, 7. — Corp. inscr. gr. 1239, 1255, 1256, 1359 1364, 1432, 1465; Le Bas et Foucart, 167 ; Bull, decorr . hell. I. P* 38l n. la; Kaib'el, Ep. gr. ex lap. conl.,949. - *»Paus. III, 20, 2. - 25'* Le Bas et Foucart, 301, 302, 303. — 255 Bull, de corr. hell. II, p. 507, u. 14; Mitth. d. deutsch. arch. Inst, in Athen , 111, p. 299. — 236 Corp. inscr. gr. 1 574 ; Keil, Syll. inscr. Boeot. IV ; Id. Zur Syll. XXXVI 4; lîangabé, Ant. hell. 1315; Le Bas et Foucart, 599, 600. — MTaOe.vee.ov, I, p. 490 et s., u. 1-12; Bull, de corr. hell. II, p. 492 et s., n. 1-10.
Locride Opontienne : N’arycé261.
Eubée : Ërétrie 263.
Thessalie : Phères3CG.
Macédoine et Thrace : Berrhée 367, Byzantion 2C8, Callipolis360, Célétron 21°, Derriopos211, Ëdessa 272, Odessos 31\ Périnthe 274, Philippopolis 275, Sestos 276, Thessalonique S17.
Iles : Chios 278, Chypre 279, Corcyre 280, Cos281, Délos3*5, Icaria 383, Naxos 384, Paros 383 , Rhodes 383, Samos'281, Ténos 288, Théra 389.
Asie Mineure : Acmonia 39°, Aphrodisias 391, Assos292, Bérytos 393, Byblos 294 , Cibyra 393, Colossées 396, Cymé 297, Cyzique 398 (?), Élaia 3", Éphèse 30°, Halicarnasse 3Û1, Ilium novum302, Lainpsaque 303, Métropolis 30 4, Pergame303, Philadelphie 300, Priène 307, Smyrne 308, Stratonicée 309, ïéos310, xotvov Tapgiaviov 3U.
Afrique : Cyrène313.
Sicile : Céphaloidion 313 , Haluntium 314 , Nétum 31S, Phinlias316, Soluntum317, Tauroménion318.
Gaule : Marseille 319.
Ce catalogue, qui n'a pas la prétention d'être complet, montre combien l’éphébie était générale 320. Les plus petites villes, comme les plus grandes, avaient leur collège, dans lequel les jeunes gens étaient enrégimentés pendant un certain temps, sous la surveillance immédiate de l'État. Par malheur, les documents qui nous renseignent sur ces différentes éphébies ne remontent pas, semble-t-il, au delà de la seconde moitié du me siècle avant notre ère; les plus récents descendent jusqu’à la fin du m0 siècle après J.-C. 32‘. On serait tenté d’en conclure que le grand éclat de l'éphébie athénienne na point été étranger à l’éclosion de toutes ces éphébies locales. Il est hors de doute que, sur plusieurs, son influence s’est fait sentir; il ne faudrait pas, cependant, l'exagérer. La diversité même des pays où l'on constate l’existence de pareils collèges, leur éloignement d’Athènes, la physionomie souvent très particulière qu’y prennent les règlements éphébiques, sont autant de preuves que nous avons affaire à une institution qui est dans le sang de la race grecque et qui n’a
238 Air, v«i'. v, IV, p. 215. -.- 230 Corp. inscr. gr. 1575 ; Le Bus et Foucart, 765 ; Knngabé, Op. c. 1309 b. — 260 Keil, Syll. Il ; ld. Zur Syll. XXXVIII a et 6; Raugabc, Op. c. 1305 et 1306 ; Le Eas et Foucart, 626. Cf. 624, 625 , 627. — 261 Keil, Syll. Vil 4.
— 252 Le Bas el Foucart, 491. — 2"J Bull, de corr. hell. III, p. 382, n. 28. — SB| Le Bas et Foucart, 1009. — W&Buil. de corr. hell. II. p. 277, n. 5. — 2CG Berl. pliilol . Wochenschr. IX, p. 1386. - 267 Le Bas, 1331. - 268 Mordtmann et Déthier, Epigr. von Byzantion. p. 73, n. 56. — 269 Dumont. Mil. d'arch. p. 435, n. 100 a?. — 210 Ducliesue et Rayet, Mission au mont Athos, p. 296, n. 134. — m navîiij*, 1870, n. -• CL ’E=W. vSv <tu).d|x., septembre 1864. — 272 Corp. inscr. gr. 1997 c ; Le Bas, 1316.
— 273 Mordtmann, Rev. arch. 1878, I, p. 110 et, s., n. 3, 5, 6. — 274 Dumont, Metarch. p. 397.il. 74 a 10. — 273 Id. Ibid., p. 336, n. 43.- 2761,1. Ibid. p. 451, n. III C 7. 277 Duchesne et Bayet, Op. c., p. 240, n. 60. — 278 Corp. inscr. gr. 2214.
— 279 Le Bus et Waddington, Inscr. d'Asie Mineure . 2756, 2773. — 28» Corp. inscr.
gr. 1883. 2ÏJ1 Rayet, Inscr. de l’ile de Kos. n- 6. — 232 Bull, de corr. hell. 111, p- 3 .6.
n. 16, 378, n. 16 iis. — '283 Colliguon, Op. c. Append. n. 3. — W*Corp. mscr. gr. 24)6. — 283 ’AOÉ.vaio», V, p. 27. — 286 Ross, Hellenica , p. 67, n. 3. — 281 Bull, de corr. hell. V, p. 480 et s. n. 3 et 4. — 2« Kaibel, Ep. gr., 948. — 289 Corp. mscr. nr 2448 2461. - 20° Le Bas et Waddington, 754. — 291 Ibid. 1618. — 292 Corp. inscr gr 3597. - 293 Perrot, Bev. arch. 1877, I, p. 61, n. 9. - 294 Renan, Mission de Phénicie, p. 184. - 206 Le Bas et Waddington, 1213. - 29G Ibid. 1693 4.
— 297 Corp. inscr. gr. 3 5 24. — 298 Ibid. 3665; Collignon, Op. c. Append. n. 1.
299 Colli'rnon, Op. c. Append. n. 2. — 300 Wood, Disc, al Ephesus , Inscr. fiom
the Aug n 4. - 301 Bull, de corr. hell. XIV, p. 103, n. 7. - 302 Corp. inscr. gr. 3620. - 303 Ibid. 3 0 44. - 304 Ibid. 3034. - 303 Ibid. 3538, 3567. - 306 Ibid. 3424 Le Bas et Waddington, 643. - 307 Corp. inscr. gr. 2906. - 308 Ibid. 3i85, 331 ■
— 309 Ibid. 2715 a; Le Bas et Waddington, 519, 520. — 310 Corp. inscr.. gr. -
3079, 30S5, 3086, 3098, 3101, 3112; Bull, de corr. hell. IV, p. 110 et s. — 3 “ ■
de corr. hell. X, p. 490, n. 3, 491 , n. 4. - 3.2 Steph. Byz. ap. Miller Md. de H ■ gr. p. 429. — 313 Kaibel, Inscr. gr. Sicil. et liai. 349. — 314 Ibul. 369. Cf. 3' ,
— 316 Ibid. 240. — 316 Ibid. 256. — 317 Ibid. 311. — 318 Ibid. 432. — " ■
2445. — 320 Cf. Dumont, Revue critique , i5 juiu 1878, p. 382. — 321 Co >gnou> Quid de colley iis, etc. p. 21.
EPH
EPII
besoin, pour naître et se développer, d'aucun modèle.
L’âge fixé, dans les divers États, pour devenir éplièbe, était variable. Nous avons là-dessus peu de lumières. Mais ce que nous savons, c’est que partout les éphèbes passaient par la Soxi^aai'a. Cela résulte des formules que donnent certains marbres. 01 IvxptOÉvreç Et; tou; Itp-qëou;, liton en tête de plusieurs listes 322. Les formalités de cette Soxtuau'a nous échappent. Nous ignorons de même si, dans toutes les cités, le stage éphébique durait le même temps. On a cru pouvoir établir que sa durée ordinaire était de deux années 323. 11 y avait des exceptions : à Chios, les éphèbes étaient répartis dans trois classes, veiitspot, jxÉffot et irpEŒÊuTêpoi Eïrjëoi324 ; l’éphébie, selon toute apparence, comprenait donc trois ans de stage. Elle n’avait pas partout le même caractère. Bien que partout destinée à former des soldats, il y avait des villes où elle faisait la place beaucoup plus grande à la gymnastique qu’aux exercices proprement militaires. Dans d’autres, en revanche, elle semble avoir gardé une conscience plus nette du véritable but auquel elle devait tendre. EnBéotie, par exemple, elle était purement guerrière, comme l’indiquent les catalogues trouvés çà et là, notamment sur l’emplacement de la petite cité d’Hyettos. Ces catalogues contiennent les noms des jeunes gens qui ont achevé leur stage en qualité d 'éphèbes et qui entrent dans le corps des peltophores 32S. Leur âge est spécifié : ilsont vingt ans (ftxoïTtfÉTiEç) 326. Pour être ainsi admis dans les rangs de l’armée, il faut qu’ils y aient été préparés par leur éducation antérieure. C’est pendant la période éphébique qu’a dû se faire cette préparation. D’autres, ailleurs, sont versés dans les hoplites, ou, selon l’expression plus vague de quelques marbres, dans les Taypaxa321.
Les fonctionnaires attachés aux différentes éphébies grecques portent souvent le même nom que les fonctionnaires athéniens. Le pédotribe, le StSaWXo; (?), le greffier, l’^yEpiiW, figurent sur des marbres de diverses provenances 328. D’autres ont des noms spéciaux; tels sont les (âtSuot ou piSsot de Sparte, qui semblent avoir joué un rôle analogue à celui des sophronistes d’Athènes, mais qui possédaient, en outre, certaines attributions religieuses [bidéoi] 329 ; le TrxXxnxp o^éXct!;, dont les fonctions paraissent avoir été assez humbles 330 ; le gymnasiarque, grand personnage, qui avait, dans beaucoup de villes, une autorité considérable sur la jeunesse; le pédonome, qui partageait quelquefois avec lui la direction des éphèbes331. Quelques titres, comme àp/É-pr,êo; , £p'6« pjfoç, uxscpv'ëotp^oç, se rapportent plutôt, selon toute vraisemblance, aux éphèbes eux-mêmes qu aux magistrats chargés de veiller sur eux ou de les instruire 332. Comme à Athènes, les éphèbes formaient, dans un grand nombre de cités, des associations amicales désignées par les motsoO.ot, cucxâxat, etc. Ils aimaient à se décorer ou à décorer leurs camarades d’appellations pompeuses. Un éphèbe Spartiate est surnommé par ses condisciples « nouvel Hermès » (veg; 'Eputei'a;) 333 ; le même
322 Collignon, Append. n. 2. — 323 Id. Ibid. p. 31. - 321 Corp. inscr. gr. 2214. 325 Bail, de coït. hell. 11, p. 492 et s. — 326 Ibid. p. 502, n. 10. — 327 Corp. inscr. gr. 1574 ; Le Bas et Foucart, 34 a, 34 b. — 32S Collignon, Op. c. p. 42 et s. — 323 Id. Ibid. p. 45 et s. — 330 Bull, de coït. hell. XIV, p. 488.
3,îi Ibid. 1 \ , p. no et s. — 332 Collignon, Op. c. p. 49 et s. — 333 Le Bas et Foucart, 167. Cf. Collignon, Op. c. p. 53 et s. — 33V Monatsberichte der le. Preuss. Alcad. der Wissensch. su Berlin, 1859, p. 736 et s.; lbwl. 1862, p. 72, n. 1 (Dittenberger, Syll. inscr. gr. 396); Bull, de coït. hell. V, p. 481, n. 4. - 335 Corp. ‘nscr. gr. 2214 (Dittenberger, Sglloge, 350); Bull, de coït. hell. IV, p. 110 et s. 1 itteaberger, 349). Cf. Scheffler, De rebus Teiorum. Leipzig, 1882, p. 66 et s.
marbre qualifie les jeunes gens de r.iUi; àvi/.axot, trOevapoi', xpxxEpot auvÉyvqëot. Ce dernier terme, si fréquent dans les inscriptions attiques, ne se rencontre d’ailleurs nulle part à l’étranger en dehors de Sparte.
L’éducation éphébique, dans les États autres qu’Athènes, avait de grandes ressemblances avec celle que recevaient les éphèbes athéniens. Elle était, comme celleci, religieuse par certains côtés, c’est-à-dire qu’elle faisait aux jeunes gens leur place dans les cultes de la cité ; elle comprenait, de plus, des exercices gymnastiques et militaires, et des exercices littéraires et musicaux. Les premiers ne ditTéraient guère de ceux qu’on pratiquait à Athènes : on y remarque la Oupeogay îa, ou le combat avec le bouclier long. Cette épreuve était particulièrement en usage à Samos 334. Les épreuves littéraires et musicales étaient très variées, notamment à Chios et à Téos335. Dans cette dernière ville, les éphèbes formaient trois classes, comme à Chios. Les exercices de la première classe sont désignés par les mots ünroëoÂri; àvxaTtoowa’.ç, àvdyv<»)<jiç ; ceux de la seconde, par Ono êoXiJ, àvâyvcoat;, 7:0iuuaOîa, tjwypapi'a ; ceux de la classe inférieure, par 677060 Xr', avxyvtijxtç, xaÀXtypa-pia, ^/ïXug';, xidapi<7U.oç, xiôaptpîhf, £u0uoypxpi'a, xMgcpoia, xpaywSi'a, fisXoypxcfi'x 336. Malgré les travaux dont a été l’objet cette éducation gymnastique et littéraire en dehors d’Athènes, une étude reste à faire sur la façon dont elle était comprise et les différentes formes quelle revêtait suivant les lieux.
Il convient d’ajouter que, dans un grand nombre de cités, on trouve, à côté des éphèbes, des associations de jeunes gens appelés néoi, qui ne se confondent pas avec eux 337. Il y a même des États qui semblent n’avoir connu que les vio t, mais on ne saurait douter qu’ils n’aient aussi possédé un collège éphébique, les véoi étant, selon toute probabilité, d’anciens éphèbes, analogues aux evoi £yï]ëot d’Athènes, et leur existence, partout où on la note, supposant celle de l’éphéhie 338. Ces véoi formaient des corporations ayant leurs statuts, leur organisation intérieure. Il existait à Pergame une (JouXt; et un S5jgo; des vÉot 339. Us correspondaient avec l’empereur et lui envoyaient des délégations 340. Un sénatus-consulte du temps d’Antonin le Pieux confirme, en tant qu’association, l’existence des véot de Cvzique341. Les véoi avaient leurs fonctionnaires à eux, un greffier, un épimélète, un IpyEitifftaxT); ou surveillant des travaux, quand le collège avait voté, en 1 honneur d un bienfaiteur, l érection d’une statue ou d’un monument 3 42. Ils avaient évidemment leur caisse spéciale. On voit, par ces détails, quelle était leur importance : si le problème de lephébie est intéressant, parce qu’il n’est autre chose, au fond, qu’un côté du problème de l’éducation chez les anciens, celui des véot ne l’est pas moins par les rapports qu’il a avec la grave question du droit d’association dans l’antiquité.
Les relations desvsot avec les éphèbes étaient fréquentes. Dans certaines villes, les deux collèges paraissent avoir été soumis à l’autorité du gymnasiarque 343. Les
— 336 Sur le seus de ces lermes, v. Boeckh, Corp. inscr. gr. ad til. 3088. Il n'est pas certain que tous les exercices qu’ils désignent aient été pratiqués par les éphèbes. — 337 Collignon, Les collèges de « Néoi » dans les cités grecques ( Annales de la faculté des lettres de Bordeaux, 11, p. 135 et s.). — 338 Id. Ibid. p. 137. il faudrait, d'après cela, ajouter aux villes qui possédaient l’ephébie, Érythrécs, Magnésie d'Ionie, Mastaura, Nvsn, Sérès, Thyatire, Tralies. Les collèges de vio, semblent avoir particulièrement fleuri en Orient. — 339 Bennes , 1873, p. 44, n. 14.
— 370 Ibid. 1873, n. II (Dittenberger, Sylloge, 283). Cf. Beurlier, Essai sur le culte rendu aux empereurs romains, p. 259. — 3V1 Ephem. epiyr. 1877, p. 156 et s.
— 3.2 Collignon, Op. c. p. 141. — 343 Id. Ibid. p. 143.
EPI1
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vio t prenaient part, comme les éphèbes, aux concours organisés par les cités. On trouve rarement, dans les inscriptions qui les concernent, la mention d’exercices militaires. Leurs travaux littéraires et musicaux nous sont de même très mal connus. Nous savons, cependant, qu'ils cultivaient la poésie et les lettres341.
11 est difficile de dire si les titres variés que nous voyons prendre à des associations du même genre sont l'indice de différences sensibles avec les collèges de vsot. Certains groupes, par exemple, portaient le nom de veavi'iïxot345. D’autres sont désignés par les mots ot ex rôti yuijEvaatou 340 ou àXstiiôgsvot 347. Il y avait en Locride des tpiXoYutivacTat qui décernaient des récompenses aux personnes qui avaient bien mérité d’eux 3l8. Nous avons constaté, dès le me siècle, à Athènes, l’existence de groupes analogues. Il n’est pas aisé d’en déterminer le caractère, mais ce qui résulte de tout cela, c’est le goût universel de la jeunesse grecque pour la vie en commun. Que l’association soit obligatoire ou libre, que l’Ëtat y intervienne ou qu’il la laisse se gouverner à sa guise, elle naît comme d elle-même dans toutes les cités, partout les jeunes gens se rapprochent pour célébrer ensemble certaines fêtes, pour se livrer aux plaisirs de la gymnastique, de la musique, de la littérature. Peu de faits font mieux comprendre l’esprit de sociabilité qui animait la race hellénique et le beau sens qui se cache sous ce mot de « philanthropie », que ses écrivains aiment à employer. P. Ctihard.
EPHEBOS. — Nom de vase [arysticiios].
EPH ED BIS. MOS (’E^Sfispo'i; *),. — Le nom seul de ce jeu, qui éveille l’idée d’une personne portée sur le dos d’une autre, suffit à en faire deviner la nature. Le texte le plus explicite à cet égard est celui de Pollux 2 : « On place une pierre debout à une certaine distance et on essaye de la renverser en la visant avec des balles ou d’autres pierres ; celui qui ne réussit pas porte sur son dos celui qui touche le but; ce dernier lui couvre les yeux de ses mains et il faut que le vaincu marche ainsi en portant le vainqueur jusqu’à ce qu’il arrive en tâtonnant à la pierre qui est appelée la pierre limite (o£opoç). » Hésychius3 nous apprend que le vaincu porte le vainqueur sur ses mains ramenées derrière son dos ; il ajoute que les Attiques donnent à ce jeu le nom A'enkotyU (lv xotuXv)) et que celui qui est porté par 1 autre s appelle ephedrister . Le nom d 'enkoUjlê s’explique par le sens primitif du mot xotÔXv] , qui signifie entr’autres le creux de la main 5. Hésychius, à l’article lv xotÛXy,, dit que le porteur ramène ses mains derrière son dos et que celui qui est porté y appuie ses genoux6. Le jeu de Lencotylé est aussi mentionné par Apollodore cité par Athenee : « On appelle enkotylé, dit-il, un certain jeu où les vaincus
311 Le Bas et Waddington, 161 S. - 3*5 Corp. inter- gr. 3602 3503 ; Keil, Sylloge,
XV 316 Corp. inscr. gr. 2140 a 1 ; Keil, Sylloge, X\. — 3*7 Bull, de cor, . heU. ,
n 480 n 3 — 318 P- Girard, De Locris Opuntiis. p. 37. — Bibliographie. Corp.
üiscL oUîCm H, h P- 141 et s. ; XII, 1, p. 32 et s., 154 et s. , 246 e^s* ’ ly^p^lS^et et V; Boeckh, De ephebia attica dissert. I et II ( K leme Schriften , IV, P- 37 et Heinrichs, De ephebia atlica, Berlin, 1851 ; A. Schaefer, Der Exntntt de Mündiqkeit naeh attischem Reeht ( Demosthenes and se, ne Zeit III, Bedagen, II, p 19 et s.) ; Uittenberger, De ephebis atticie, Goettingen, 1863 ; Neubauer, Commerdationes epigraphieae , Berlin, 1869; Dumont, Essai sur lephebie attique Paris 1870-76^ Collignon, Quid de coltegiis epheborum apud Graecos excepta Attica, ex titulis épigraphes commentari liceat, Paris, 1677; Id. Les colleges de Nèo'i » dans les cités grecques ( Annalee,de la faculté des lettres de o i eaux, H p. 135 et s.) ; Grasberger, Erziehung and Unterricht im klassischen ^lterth'"^ ,11 Wurzbourg, 1881 ; Mahaffy, OU greek éducation, 2' ed. Londres, 1883, p. et s • Ussin». Erziehung and Jugendunterricht bei dan Gnechen and Roemern,
reçoivent les genoux des vainqueurs sur le creux de leurs mains et les portent dans cette attitude. » Eustathe * dit en outre que le porteur place ses mains derrière son dos en entrelaçant ses doigts et qu’ensuite celui qui a été porté prend à son tour son partenaire sur son dos : c’est en cela, dit-il, que consiste le jeu de lencotylé. Ailleurs9 il donne une explication analogue qu il rapporte à Pausanias le lexicographe, puis il copie le passage d’Athénée relatif à l’encotylé sans citer la source. Dans aucun de ces textes, il n est lait mention de la pierre limite (oiopo;), que nomme Pollux, et Eustathe a certainement en vue une autre variante du jeu que Pollux lorsqu’il dit que chacun est tour à tour porté et porteur10. On a voulu conclure de là11 que ritpeSptopôç et l’Iv xoxuXr] étaient deux jeux différents et l’on s’est appuyé aussi sur le passage de Pollux qui fait suite à celui que nous avons cité, où le lexicographe s’exprime ainsi 12 : n Voici en quoi consiste l encotylé. L un des joueurs ramène ses mains derrière son dosetles croise; 1 autre, s agenouillant sur les mains du premier, presse ses deux mains sur les yeux de celui qui le porte. On appelle aussi ce jeu flippas et kybésis *3. » Comme, dans ce passage, Pollux ne dit pas que Lencotylé soit identique à l’éphédrismos, alors qu’il cite d’autres désignations synonymes du même jeu, on a été conduit à penser qu Hésychius avait fait erreur en disant que l’encotylé est le nom attique de l’éphédrismos. La différence entre les deux jeux serait celle-ci : dans Lencotylé, le fait de porter son partenaire ou d être porté par lui constituerait seul le jeu, tandis que dans l’éphédrismos cet amusement ou cette peine n’est que la sanction de l’adresse ou de la maladresse dans un jeu de boules. On a lait valoir aussi que les textes relatifs à Lencotylé mentionnent seuls le fait que les genoux de la personne portée reposent sur les mains du porteur et l’on a conclu de là que, dans l’éphédrismos, la position de la première était plutôt celle du cavalier, les jambes passées sur les épaules de la seconde. Ce sont là de véritables arguties. L’encotylé et l’éphédrismos désignent le même jeu : toute la différence, c’est que l’expression attique se rapporte à celui qui porte et l’autre à celui qui est porté. Il est évident que le motif de l’éphédrismos une fois introduit dans les divertissements de la jeunesse, il a pu en être fait mille applications différentes; la combinaison de l’éphédnsmos avec un jeu d’adresse devait tout naturellement si présenter14. L’erreur de Pollux s’explique facilement si l’on réfléchit que ce lexicographe puisait à des sources très diverses et qu’il devait souvent être tenté de juxtaposer des témoignages identiques en substance, sans soupçonner qu’il se répétait. Les historiens anciens ayant commis de pareilles erreurs, il serait singulier que
uv. éd. Berlin, 1885, p. 135 et s. ; P. Girard, L’éducation athénienne au V et au siècle au. J.-C., 2« éd. Paris, 1891, p. 42 et s., 271 et s.
ÎSPHEDKISMOS. 1 La forme loe$çia<rn<îç est incorrecte et a disparu de;- ex e>. Grasberger Erziehung und Unterricht im klassischen Alterthum, I, P- 106. 2 Poil. Onom. IX, 119. — 3 Hesych. s. o. içiîjtÇeiv. La fin du texte est corrome: la restitution de Kuster, SV*. o. Si ir»9.x»Sia» * «v«i|v xSv est a
ûlleure, quoiqu’en dise Grasberger qui en propose d'absurdes, Op. I. I, p- «*»■ \ Hesych. A - » Apoilod. ap. Atben. XI, 479 A ; Scho . Venet B
Il XXIII 34 — 6 Même texte dans Zenob., Paroemiogr. ed. Leutsch, 1, p. “■ -, Athen. XI, '479 A. - 8 Eustath. ad II. V, 306. - 3 Ibid. XXII. 494 - « Cl. ibert, Arch. Zeit. 1879, p. 79. - 11 Grasberger, Op. I. I, P- 106, a la suite e nusius ad Hesych. et de Hanse, Allgem. Encycl. de Ersch et Gruber, sect. III, ;„n 1X (1837) p 412. - *2 Poil- Onom. IX, 122. - '3 CL Hesych. s. ». xaSr,ai»S«; •asberger, Op. I. I, p. 111. - « CL Robert, Arch. Zeit. 1879, p. 80; Herma.miimner, Lehrb. der qrieeh. PricataUerth. p. 301
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les faiseurs de lexiques y eussent échappé K\ Le jeu de l’éphédrismos est très nettement figuré sur une oenochoé attique aujourd’hui au musée de Berlin (fig. 2683) 16. On voit à terre une pierre qui représente sans doute le but à atteindre et une autre pierre qui a été jetée par un des joueurs; à droite, un jeune homme accroupi surveille la scène; à gauche, un jeune homme croise ses mains sur les yeux de celui qui le porte et qui est au moment d’atteindre la pierre qui marquera le terme de sa corvée. Le porteur jette en avant son pied gauche, pour tâter le
terrain et reconnaître la pierre oiopoç ; un pas de plus et il 1 aura rencontrée. C’est là une illustration aussi exacte que spirituelle du texte de Pollux 17. Une scène analogue, mais où les personnages paraissent être un Satyre et deux Ménades, se voit sur une peinture de Pompei 18.
Là où le cavalier ne cache pas avec ses mains les yeux de son porteur, il n'y a pas, à proprement parler, d’encotylé ni d’éphédrismos, mais il est facile de comprendre que ce détail du jeu n’était pas essentiel et que, la conception première une fois admise, elle a pu, comme nous le disions plus haut, subir de nombreuses variantes nées de 1 esprit inventif des enfants. Hésychius cite encore un jeu nommé e-yxpijtâSstot 13 dans lequel les enfants se portaient 1 un l’autre et qu’il paraît identifier d’une part à l’sçsSpiapoç 20, de l’autre à l’Î7tisaç 21, alors que Pollux " fait de l’umtç un synonyme de l’Iv y.oru/.yi . On peut choisir à volonté entre ces différents noms pour désigner les groupes dont il nous reste à nous occuper.
Parmi les terres cuites de l’Italie méridionale, de la Cyrénaïque, de la Grèce propre et de Myrina, les archéologues ont signalé de nombreuses variantes d’un groupe qui représente généralement une femme en portant une autre sur son dos 23. Le costume féminin et le souci des convenances imposent nécessairement à celle-ci une altitude un peu différente de celle deséphèbes s-isSpiï’tîjpEç.
16 M- Ruljert a supposé, l ■ l; que la source de Pollux pour l’enkotylé est la que 0L‘He d Athénée, les ETu|AoXoyoûjj,EVa d’Apollodore, et que l’article P leu ismos dérive indirectement de la comédie de Philémon intitulé tveîoIÇovvE;
H V"'1' ^e*ne^e’ Eragm. com. gr. p. 816. — 16 Furtwaeugler, Vasensamml. erlm, n» 2417; Robert, Arch. Zeit. 1876, pl. 5; Th. Schreiber, Bilde- «p ,rthum' Ijl’ “»*. 8. - 17 Cf. Robert, Arch. Zeit. 1879, p. 81.
Hes Ch rt’ A.’Ch' AnS' 18?9’ P' °°- ~ 13 Hesïeh- 5- »■ - 20 Cf.
— Il U S" U" la phrase corrompue de la fin, et plus haut, note 3.
- 23 ,,esych' S’ *■ ; cf. Hor. Epod. XVII, 74. — 22 Poil. IV, 122.
- euzey, Gaz. des Beaux-Arts, 1875, II, p. 193; Figurines du Louvre,
et iT1', ayet’ ^lonum- l*e l'art antique, t. II, notice de la pl. 79; Pottier ■7 ’ ^ acropole de Myrina, p. 171, 359; Gartault, Collect. Lécuyer, mann (■*.., P ’ V Furtwa,îng'cc, Coll. Sabouro/f, pl. 81; Froehner, Coll. Hofî- U0, ‘)iq1U3ci v”° Jl3; L,ur,innt0n f,ne arls Club, catalogue of greek ceramic art,
’’ (authenticité à vérifier); Cnil. Castetlani, 1884, n°> 579. 646; Martha,
D’autres fois, mais, plus rarement, c’est une femme qui porte un Ëros24, un Silène qui porte une jeune fille25, Héraclès qui porte Omphale20, etc. Dans deux groupes, au Louvre et à Saint-Pétersbourg 27 (fig. 2684), la jeune fille portée tient une balle, qui a été prise aussi pour une grenade; dans un autre, appartenant à un amateur anglais, mais dont on peut suspecter l’authenticité, le même personnage tient un canlhare28. Aucun exemplaire à nous connu de ces groupes ne montre la femme portée croisant les mains sur les yeux de celle qui la porte. M. Heuzey a émis l’hypothèse29, reprise depuis par M. Froehner30, que ces groupes avaient pour prototype une composition en bronze de Praxitèle mentionnée par Pline dans la phrase obscure [fecit Proseirpinae raptum Item catagusam31 . Il a pensé que la culagusa désignait un groupe où Déméter ramenait, ou plutôt rapportait des enfers sa fille Coré 32. O. Ifayet, au contraire, voit dans ce groupe souvent figuré par les coroplastes une simple scène de genre, sans prototype dans la grande sculpture33, où il reconnaît après d’autres34 l’encotylé.
« Sur ce point, d’ailleurs, ni la nature humaine ni les usages n’ont changé; l’È^Spi su.ô; s’est conservé comme punition duperdant chez les gamins de la Grèce moderne et je l’ai moi-même vu pratiquer dans les rues d’Athènes35. Quant aux courses à califourchon sur le dos les uns des autres, quel est celui de nous qui ne se rappelle en avoir fait dans son enfance36? » Rayet conclut que « nos groupes de terre cuite représentent donc tout bonnement des scènes d'È'psîptcpo; ou le jeu de rticirâî. »
Que ces groupes représentent des scènes de ce genre, des scènes familières, c’est ce qui paraît incontestable ; mais on peut toujours se demander si leur prototype n’est pas une oeuvre de la grande sculpture, exactement comme le groupe de Léda avec le cygne, par exemple, est graduellement devenu, tant sur les vases que dans les terres cuites, une scène de genre sans prétentions mythologiques. La question ainsi posée, il est impossible de la résoudre ou de lui opposer une fin de non-recevoir; cependant la non-existence, dans nos musées, de répliques du même sujet traitées en marbre ou en bronze n’esl pas favorable à la thèse qu’O. Rayet a combattue.
Des groupes composés d’un personnage portant l’autre paraissent assez souvent sur les vases peints et d’autres
Calai, des figurines d’Athènes , n° 850; Reinach, Rev. archëol. 1887, I, p. 101; 1889, II, p. 86. — De Witte, Cabinet Janzé , pl. 26; Reinach, Rev. arch. 1887,
I, p. 101 ; Kekulé, Terracotten von Sicilien , pl. 4G. Nous connaissons deux groupes inédits, au musée Britannique et à Athènes, où une jeune fille porte sur ses épaules une figure ailée. — 23 Froehner, Coll. Castellani, 1884, n° 647; Martha, Catalogue, n° 851. — 26 Heuzev, Gaz. des Beaux-Arts, 1875, II, p. 207. — 27 Coll. Sabouroff . notice de la pl. 81. Le groupe de Saint-Pétersbourg est reproduit (fig. 2684) d’après E. Pottier, Les statuettes de terre cuite, fig. 34. — 28 Burlington fine arts club, n° 261. — 29 Heuzey, Gaz. des Beaux-Arts . 1875, II, p. 193. — 30 Annali delV Instituto , 1884, p. 218. — 31 Pim. Hist. nat. XXXIV, 69.— 32 M. Froehner, l. croit que Pline a écrit baslazusam, grec pao,TàÇo,j'îav ; pour les autres interprétations proposées, voir Pottier et Reinach, Nécrop. de Myrina, p. 360. — 33 Rayet, Monuments de l'art antique , t. II, notice de la pl. 79. — 3V Cf. Dilthev, Arch. Zeit. 1873, p. 74. — 3b Cf. Grasberger, Erziehung und Unterricht, I, p. 113. — 36 Rayet, Mon. de l’art ant notice de la pl. 79, p. G.
Fig. 2684. — L’éphédrismos.
Groupe de Tanagre.
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EPH
monuments37 (fig. 2683), mais on peut tout au plus y reconnaître comme un reflet du jeu familier de l’éphédrismos, toutes les fois que les personnages représentés appartiennent au cycle mythologique. Ces groupes viennent, dans une certaine mesure, à l’appui de l’hypothèse de M. Heuzey, en montrant qu’une attitude qui nous
Fig. 2085. — L'éphédrisnios, peinture de vase.
paraît enfantine ou bouffonne, contraire à la majesté divine, a fort bien pu être prêtée par l’art antique aux dieux et aux déesses de la Fable. S. Reinach.
EPIIEGES1S (’Esrjyr^i;). — Nom donné par les Athéniens à une forme de procédure criminelle qui paraît n’avoir été qu’une variété de I’apagogé. Nous avons fort peu de renseignements sur cette action1. L’accusateur qui ne peut exercer lui-même ràuxywyvj amène le magistrat au lieu du crime pour faire arrêter le coupable. Cette procédure est donc sans doute possible dans les mêmes cas que 1 ccira-pifo ; dans un discours de Démosthène2, elle s’exerce pour un vol; les grammairiens 3 l’appliquent contre ceux qui ontreçudes bannis revenus illégalement dans l’Attique, contre ceux qui possèdent en secret des biens de l’État. Dans un discours de Lysias 1 il y a une procédure analogue à celle de l’lv-iyr,ctç pour faire constater la destruction illégale d’un pied d’olivier ; mais c’est plutôt un genre particulier de œâacç. Sauf la différence dans le début de l’action, Flir^crt; ressemble sans doute entièrement à l’àmxYWY1!5- Ch. Liîcrivain.
EPHEMEKIS (’Eiïijjteptç). — Livre dans lequel sont consignés les événements de chaque jour. Cette définition, purement étymologique, est celle de Suidas1. Aulu-Gelle en donne une autre, plus explicative : écrire l’histoire, non par années, mais par jour, c’est faire ce que les Grecs appellent ÊiYiuspiç 2-
Parmi les des Grecs, celle qui est le plus sou¬
vent mentionnée par les auteurs est l’Év/it/.spi'; d’Alexandre le Grand, rédigée par son secrétaire Eumène de Cardium et par Diodote d’Érythrée3. Des extraits transmis par les auteurs qui y ont puisé on peut conclure que toutes les actions d’Alexandre, même les moins importantes, même les journées pendant lesquelles il dor¬
ai Caylus, Recueil, t. II, pl. 83,4; Monum. delV Mit. I, pi. 47 ;
Panofka, BUder ant. Leb., pl. », 4; Welcker, Allé üenkmt. II 1p. 3W MU, Peint de vases t II, pl. 10 (= Preller, Ber. der sticks. Gesellsch. ISoo, pl. n, 3).
L jeux des anciens, P. 129; British Muséum vases n- ! de Laborde Vas. Lambert,. 1, pl. 47 ; Jahrbuch Inst. 1888, p. -ai, n 10, IJ. A, ch. AH.eiger.im, p.S«-, John, Vasens. in München, n» 786. Sur ce dernier vase, une petite fille nue ailée précède deux jeunes femmes 1 une portant 1 autre.
fP,IÉG ÉS1S. 1 Meier, Schumann, Lipsius, Der atUsehe Process, I, Berl. 1883. P. «3-294. - * 22, 26. - 3 Etym . magn. 403 23 ; Suid a
3, où ü faut remplacer P"r ~ 7’ . , ’
! 6 Dans une inscription de Téos (Dittenberger, Syll. 340, 1. 54) il y a la “““ d’une citation en justice par contre les magistrats qu. fera.ent un emploi
illégal de sommes léguées i la ville. g Athen x xuv.
EPHÉMEIUS. 1 S. u. tçr,p.£e(;. — tvoct. aine.
4 Plutarch Alex, nxxvi, lxxvii ; Sympos. I, vi, I; Aman. • ,
26 ; Aelian. Hist. var. III, x*„i, éd. Didot. -ëLoc. cit. : » Cum vero non per annos,
niait après avoir bu, y étaient soigneusement notées1.
Le mot grec ne passa pas tout de suite dans la langue des Romains. Aulu-Gelle en donne la traduction latine, diarium, d’après l’historien Sempronius Asellio5. Plus tard, le mot epliemeris fut employé par les auteurs romains avec des sens différents que nous allons examiner successivement :
I. Registres oü étaient consignés les actes des empereurs. A la fin de la vie de Gallien, Trebellius Pollio renvoie aux éphémérides de cet empereur, rédigées par Palfurius Sura, les lecteurs curieux d’un récit plus détaillé c. Au début de sa Vie d’Aurélien , Flavius Yopiscus remercie le préfet de Rome, Junius Tiberanius, d’avoir mis à sa disposition les éphémérides d’Aurélien qui faisaient partie des libri lintei in quibus ipse (Aurelianus) quotidiana sua scribi praeceperat 1 . Ces livres, avec la bibliothèque Ulpia, où ils étaient conservés8, avaient été récemment transportés dans les Thermes de Dioclétien9. Le même auteur se servit, pour écrire la vie de l’empereur Probus, des éphémérides rédigées par Turdulus Gallicanus 10 . Ces livres étaient, au moins en partie, analogues aux livres désignés, à une époque plus ancienne, sous le nom de Comment arii principales , Commentarii diurni [commentarium, commentarius, § VIII, 2, 3, t. I, p. 1404-1-405].
Nous connaissons, par une inscription11, un affranchi de l’empereur Sévère Alexandre, qui a exercé les fonctions de procurator ab ephemeride. C’était un employé, probablement le cbef de cette section du secrétariat impérial.
II. Il est probable qu’on rédigeait aussi, sans s’attacher à l’histoire d’un seul personnage, des éphémérides contenant les événements de quelque importance. Vopiscus écrit 12 qu’il a lu dans une éphéméride que Carus, né à Milan, avait obtenu, par privilège, le droit de cité à Aquilée. L’expression in ephemeride quadam , employée par l’auteur, donne à penser, en effet, qu’il ne s’agit pas ici d’une éphéméride spécialement consacrée à l’histoire de cet empereur.
lit. Journal privé, rédigé par des particuliers, soit pour leur usage personnel13, soit pour tenir leurs amis au courant des événements qui pouvaient les intéresser11. Cicéron appelle f,gÉ()o)isYoov, mot synonyme d E^iu-spn;, un journal qu’il avait rédigé pour Atticus 1 '.
Pendant le repas de Trimalchion, l’esclave chargé de la rédaction des éphémérides du riche parvenu en lit un fragment devant les convives ir'. Dans ce sens, le mot ephemeris est synonyme de commentarium, commentarius (t. I, p. 1401, § III).