‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 3)Chapitre 77 sur 111 · E P II · texte numérisé non relu

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fin de leur existence ils continuent à se recruter dans les anciennes familles nobles.

Voyons d’abord leur rôle dans les quatre tribunaux. Au Prytaneion, les éphètes ne remplissent qu'une simple formalité ; ils y jugent l’auteur inconnu d’un meurtre et les objets inanimés et les animaux qui ont causé la mort d’un homme 32 . Le tribunal est présidé par l’archonte-roi ; l’objet condamné est jeté hors des frontières par les quatre tpAoêasiMî. Pausanias attribue l’établissement de cette peine à Dracon33; mais il cite lui-même une tradition plus ancienne conservée dans la cérémonie des Buphonies (fSouçdvta) à la fête annuelle de Zeus Polieus [dipoleiaj ; le premier prêtre, qui aurait tué le bœuf sur l’autel de Zeus, le premier (ï&uœovo;, se serait entui et la hache, instrument du sacrifice, aurait été absoute3*.

A Phréattys, petit golfe sur le Pirée, les éphètes jugent l’auteur d’un meurtre involontaire qui, avant le terme du bannissement prononcé contre lui, a commis un second meurtre volontaire; ne pouvant rentrer impunément devant le pays, il plaide sa cause sur un vaisseau devant les juges qui siègent sur la cote. S il est convaincu du second crime, il est condamné à mort, s il est acquitté, il attend la fin de son exil à 1 étranger ce cas ne devait pas se présenter souvent 3C. Pausanias 31 indique l’origine légendaire de ce tribunal. C est Teukros qui aurait été ainsi jugé le premier.

Au Delphinion, vieux temple d’Apollon Delphinios, situé à l’est de la ville, en dehors des murailles, on juge le meurtre excusable («jôvoç ôîxaioç) 38 ; le code de Dracon, dont plusieurs dispositions sont conservées dans Démosthène, énumérait les excuses légales39 : le cas de légitime défense pourvu que la menace fût sérieuse40; le meurtre involontaire d’un adversaire dans un jeu , le meurtre dans un combat d’un concitoyen pris pour un ennemi ; le meurtre de celui qu’on a surpris auprès de sa femme ou de sa mère ou de sa sœur ou de sa fille, ou de sa concubine 41 . Puis on étendit 1 excuse légale à beaucoup d’autres cas : au meurtre de l’individu surpris auprès d’un enfant libre42, du voleur de nuit, du voleur de grande route43 ; à la mort d’un malade, causée involontairement par le médecin44. Platon excuse egalement le meurtrier qui a pris la défense d un membre de sa famille (et cela paraît conforme au droit existant ’“), et celui qui dans une révolte tue par nécessité une autre personne, même son frère46. Enfin l’excuse légale fut accordée, par raison d'État, à beaucoup de meurtres politiques. Andocide cite une loi de Solon qui autorise le meurtre de celui qui accepte une magistrature dans le nouveau régime après le renversement de la démocratie et qui donne ses biens au meurtrier47. On ne sait si cette loi est de Solon, mais il est fort probable qu’il y a eu de bonne heure des dispositions de ce genre dans la législation athénienne; le décret du peuple proposé par

32 Déni. 23, TC, d'où Harpocr. 1*1 Poil. 8, 120; Keseb.C.Ctes.îii,

Aristot le 57. - 33 6, 11, 6. - 34 1, 28, 10 ; 1, 24, 4. - 35 Dem. 23, 77

d’ou Harpocr. tvopeaTToï; Aristot. Z. C. 57, Poil. 8, Uü. y ..

conserver un tribunal de ce genre (Pol. 6, 16, -, p. 1300 ). > > ’

38 Dem. 23, 74; Harpocr. 1*1 Atifivliji. — 39 Dem. 20, la8. — u ip . e ra . 3 4 7 ■ Dem 03 60, confirmé par Corp. inscr. ait. I, 61, 1. 37-38 ; les fragments conservés de la ligne 34 confirment la formule des orateurs : ï«

„lfSv «Six». XT.IV,. Il faut une menace seneusc (Dem. -1, 73). Ljs i

31 • Dem 23, 53. Quel est le sens exact du mot *«M.«xVi*en)ploy ans ces ex .

n s’agU sans doute de toute concubine libre ; l'esclave seule est exceptée. Cf. Anstot. ns ag sansdou ^ ^ ^ p 874 B. 43 Dem. 24 113 : P at. Ley

g74 B - 44 Antiph. Tetrai. 3, 3, 5 ; Plat. Ug. 865 B. - « Ug 874 c. Cela parai, confirmé par les termes très généraux dont se sert Demosthene, 23. 56.

Démophantos en 410, après la chute des Quatre-Cents, autorisait certainement le meurtre de quiconque tenterait de renverser la démocratie48 ; il y eut les mêmes dispositions dans une loi votée après la chute des Trente '*“.

Pausanias indique l’origine légendaire du Delphinion; Thésée y aurait été jugé le premier après avoir tué les Pallantides rebelles30. Le Delphinion est compétent quand l’accusé allègue l’excuse; mais ce n’est pas une pure formalité ; le tribunal doit vérifier l’excuse, comme dans l’affaire du meurtre d’Eratosthène et peut, si elle ne lui parait pas fondée, condamner l’accusé à mort51. Le jugement n’est qu’une simple formalité, suivie des cérémonies de l’expiation, s’il n’y a pas contestation de la part de l’accusateur. C’est donc à 1 archonte-roi à voir devant quel tribunal doit être portée l’affaire, selon la vraisemblance des allégations des parties. Il a le choix entre l’Aréopage et le Delphinion. L’Aréopage peut sans doute aussi admettre l’excuse et absoudre52.

Le quatrième tribunal siège au Palladion, vieux sanctuaire de Zeus et d’Athéna, situé, comme le Delphinion, à l’est de la ville, en dehors des murailles63. Il y avait, sur l’origine de ce tribunal, une double légende; dans Kleidémos34, Démophon enlève le Palladion aux Argiens qui venaient avec Agamemnon d’ilion à Athènes et en tue un grand nombre : il est jugé par un tribunal de cinquante Athéniens et de cinquante Argiens. La légende est plus complète dans Phanodémos63 : les Athéniens tuent quelques Argiens sans savoir qui ils sont et par conséquent sans le vouloir; dans Pausanias**6, Démophon est jugé, selon les uns, pour avoir tué les Argiens sans les connaître; selon les autres, pour avoir renversé et tué sans le vouloir un Athénien ; toutes ces légendes ont pour but d’expliquer la juridiction de ce tribunal, consacré aux meurtres involontaires. L’archonteroi examine l’intention pour choisir entre l’Aréopage et le Palladion; il renvoie au Palladion quand il n y a pas eu intention de donner la mort (itpôvoia) B1. Quant à la fUXwtrtç, c’est-à-dire au crime commis par celui qui pousse une personne à en frapper une autre, nos renseignements sont contradictoires: d’après Harpocration 8, Isée et Aristote tenaient pour le Palladion, Démarque pour l’Aréopage. On a essayé de concilier ces témoignages en distinguant deux sortes de poôXeutrt; d’après le résultat: la potiXeuctî suivie de mort serait allée devant l’Aréopage ; non suivie de mort, devant le Palladion , mais cette distinction est impossible, car, généralement, on n’envisage pas le résultat pour déterminer le tribunal compétent. 11 se peut qu’Harpocration ait mal compris Dinarque 60, mais, d’autre part, il est assez étrange que la [ioûXeuatç, avec l’intention de donner la mort, puisse aller devant un tribunal réservé en principe aux meurtres involontaires. Il est donc difficile de se prononcer . Peut-être faut-il admettre que la potlXeuat; avec 1 mten-

46 Un. 869 0. - 47 Andocid. 1, 05. - 48 Même ea n’acceptant pas comme autbentiqne le texte du décret ; qui est da« Audonde, lierai.

p. 59 et s. - ZTl *) -’ 33 mnodeTnos, fr.l* (éd.

64 Kleidemos, fr. 12 (ed. Muller, Frag. hut. </» ■ • „ Dem. „ 72;

Mimer,; Poil. ^ fasse ce choix de concert

fvTc les éphètes* il y aurait une Fiable

(Jahrb. f. cl PIM. 1876, p. 12). “ ; *p ®49" 60 C’est ce qui ressort

a / c 57. — 59 Schoemaan, Cniech. Alt, p. • ,

Anstot. I. c. ai. 43.44 61 0u ne volt pas bieu de quels

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