‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 3)Chapitre 90 sur 111 · C. =9 avant J.-C. représente d’un côté f · texte numérisé non relu

C. =9 avant J.-C. représente d’un côté f

Auguste et sur l’autre le simpulum, le l |s à/ liluus, le trépied et la patère. C’est une allusion aux quatre sacerdoces exercés p.g 2708 Epulo par l’empereur 92. Au revers des deniers de C. Coelius Caldus, monétaire vers l’an 700 de Rome — 34 av. J.-C., on voit le père de ce personnage, L. Caldus, qui fut epulo, occupé des préparatifs du repas sacré (fig. 2708). Il est debout derrière une table ou autel dressé entre deux trophées et au devant duquel on lit ces mots : l. caldvs vu vie epvl93. G. Rloch.

EQUAR1US. — Celui qui garde ou qui soigne les chevaux [agaso, equiso].

EQUILE ('Ltirtov, înTOffTocuiov), écurie. — iTaegdç était chez les Grecs le terme général, par lequel ils désignaient toute enceinte où l’on entretient des animaux; par conséquent ce mot s’appliquait aussi aux écuries; Hwnov et l7T7tOGTC(G’lQV avaient une signification plus restreinte et plus précise. De même en latin stabulum s’employait dans le sens le plus large ; mais à l’époque classique equile était le mot propre dont on se servait quand on voulait distinguer l’écurie de l’étable1; c’est celui qu emploie par exemple Vitruve2, lorsque, traçant le plan dune. exploitation rurale, il indique comment il faut loger dans la ferme les chevaux et les bêtes de somme ; dans le même passage il réserve stabulum pour l’étable. Nous rapporterons donc ici tout ce qui concerne les écuries des Grecs et des Romains.

Xénophon recommande que l’écurie soit dans une partie de la maison que le maître puisse aisément surveiller; il doit pouvoir la visiter souvent pour s’assurer par lui-même qu’on ne lui dérobe pas son foin et que son cheval n’est pas malade. A côté il y aura une cour pour le pansage; on donnera au terrain une pente suffisante pour que l’humidité ne puisse s’y amasser; une partie sera pavée ; dans l’autre on répandra quatre ou cinq tombereaux de cailloux gros comme le poing afin de fortifier les pieds du cheval 3.

Dans les indications qu’il donne pour la construction de la maison de campagne, Vitruve prescrit4 de bâtir l’écurie dans le lieu le plus chaud de la maison; \arron 6 veut même que l’on y fasse du feu dans les journées les plus froides de l’hiver. Tous les auteurs latins qui ont traité de l’agriculture et de l’hippiatrique sont d’accord avec Xénophon sur ce point, qu’il faut surtout préserver l’écurie de l’humidité et y faciliter l’écoulement des liquides. Néanmoins dans une ferme, par exemple,

publicorum. >> — 92 Cohen, Monnaies impériales, I, p. 73, n°290 ; Borghesi, Œuvres. I, p. 547 et s. — 93 Cohen, Description des monnaies de la République romaine , pl. xin, Coelitt, n. 5-10; Babelon, Description des monnaies de la République romaine, I, p. 373. — Bibliographie. Marquardt, Rôm. Staatsverioaltung, Leipzig, 1878, III, p. 333-330.

l-.QUILE. 1 Cato, R. rust. 14; Vair. R. rust. II, vii, 15; Suet. Califj. 15. — 2 Vitr. VI, 6 (9). — 3 Xeuoph. ’lriux. 4; ’litzap*. 1. D'après Vitruve, VI, 10 (7), l’écurie chez les Grecs était placée près de Centrée, dans les maisons à péristyle (v. domus, p. 344). — 4 Vitr. VI, 6. — 3 L. I.

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elle ne devra pas être trop voisine de l’âtre, où' le feu est constamment allumé ; car la santé des chevaux en souffrirait. La meilleure exposition est celle du midi; mais il faut du côté du nord des fenêtres, que l’on puisse ouvrir pendant l’été pour rafraîchir l’atmosphère. De toute façon on laissera pénétrer abondamment la lumière. Le plancher sera de chêne et non d’un Lois mou et fiagile, on étendra à la surface une litière ( stramen ). A quelque distance de l’écurie il y aura une fosse ( fossa ) pour recevoir 1 urine, qui sera amenée par un canal (i cuniculus ). La mangeoire ( alveus , palena, praesepe ) sera toujours tenue avec la plus grande propreté ; qu’elle soit de marbre, de pierre ou de bois, elle sera divisée en autant de compartiments distincts ( loculi ) qu’il y aura de bêtes, afin qu elles ne puissent se disputer leur pitance. Le râtelier ((pa-wp crates, jacca) ne doit être placé ni trop haut, pour ne pas obliger les chevaux à un trop grand effort, ni trop bas, pour qu’ils ne puissent s’y heurter les yeux et la tête. Ils seront séparés les uns des autres par de longues perches ( longurii ), qui les empêcheront de se battre. Il est bon qu’il y ait près de l’écurie un espace libre, où ils puissent prendre leurs ébats et se vautrer à 1 aise quand on les mène boire6.

Au temps de l’Empire on voyait quelquefois, dans les écuries, des images de la déesse epona peintes sur le mur ou placées sous des édicules; on les ornait de fleurs les jours de fêtes7.

Appien cite comme un ouvrage remarquable les écuries que les Carthaginois, au temps des guerres puniques, avaient édifiées pour leurs montures de guerre. Elles étaient établies dans les casemates des remparts ; elles comprenaient deux étages; celui d’en bas renfermait trois cents éléphants, celui d’en haut quatre mille chevaux ; à toutes étaient joints des greniers pour les approvisionnements de fourrage8.

Jusqu’à la fin du ir siècle de notre ère l’usage des chevaux et des voitures à l’intérieur des villes fut interdit par les lois romaines ; les attelages nécessaires au commerce et au transport des matériaux de construction furents seuls tolérés, mais à la condition de ne pas paraître dans les rues en dehors de certaines heures, à moins qu’ils ne fussent destinés à des travaux d’utilité publique Par conséquent les écuries privées, dans l’enceinte des villes, durent être beaucoup plus rares qu’elles ne le sont aujourd’hui. Yitruve ne place les écuries, comme les boutiques, que dans les maisons où on fait le négoce ’°. En effet, il s’est rencontré à Pompéi, dans les maisons particulières, très peu de pièces que l’on puisse avec certitude considérer comme d’anciennes écuries; on a même, en général, trouvé dans les ruines de la ville fort peu de restes de harnais11. Cependant les personnes riches devaient avoir, au moins pour leurs voyages et pour leurs approvisionnements, des équipages tout prêts. Ainsi, à Pompéi, on a reconnu une écurie dans la maison de Pansa (fig. 2523, n° 16) ; il y en a une autre, mieux conservée encore, dans la maison de Popidius Secundus 12 ; elle comprend (fig. 2709) quatre stalles séparées les unes des autres par des cloisons en maçon-

G Varr. R. rust. II, vii, 10 et d5 ; Colum, R. rust. I, 6 et VI, 27, 29 à 31 ; Veget. Mulom. I, 56 et II, prolog. ; Pallad. R. rust . I, 21. — 7 Juven. VIII, 154; Apul. Metam. III, 27; Minuc. Fel. Oct. XXVIII, 7; Tertull. Apol. 10; Ad nat. I, 11.

— 8 App. Bell. Pun. 95. — 0 Friedlænder, Ueber den Gebrauch der Wagon in Rom , in Siltengeschichte Roms , 1&, p. 60 et s.; Marquardt, Privatleben do.r Roem. 112, p. 728. — 10 Vitr. VI* 5. — 11 Ovcrbeck, Pompeii, 4e éd l.eipz. 1SS1,

nerie; au-dessus s’étend une soupente, qui devait servir de grenier à foin. L’écurie est précédée d’une cour qui communique immédiatement avec la rue par une porte

cochère ; des traces de roues sont encore empreintes sur le sol en cet endroit. La porte est flanquée, des deux côtés, par les chambres des valets d’écurie.

Dans les maisons riches un nombreux personnel était affecté au service des chevaux et des voitures. Le soin de l’écurie regardait principalement l’esclave appelé agaso, Î7 nraxogoç (v. t. Ier, fig. 172) ou strator. Les palefreniers sont encore désignés sous le nom de (servi) a jumentis ou supra jumenta ; les inscriptions nous en font connaître plusieurs qui ont servi, au i8r siècle, dans d’illustres familles de Rome, telles que celles de T. Statilius Taurus Sisenna, de C. Annius Pollio, de C. Asinius Celer, etc.13.

Certains métiers ne pouvaient se passer du secours des bêtes de somme et ceux qui les exerçaient devaient nécessairement avoir des écuries dans leur demeure : tels étaient par exemple les boulangers; d’ordinaire ils taisaient tourner par un âne les lourdes meules avec lesquelles, suivant l’usage antique, ils écrasaient le grain à côté de leur four. Dans une boulangerie de Pompéi on voit une écurie attenante à la pièce même qui contient le four et les meules; une mangeoire en pierre est encore apparente contre la muraille; Mazois y trouva une mâchoire de l’âne auquel ce lieu était destiné1’'. L’écurie était encore indispensable, à l’intérieur des villes, dans les auberges ; on peut alléguer ici comme exemple celle qui se voit à Pompéi dans l’auberge de Vaius, près d’une inscription où est mentionné le collège des muletiers15. Mais c’était surtout en dehors et aux abords des portes des villes que les loueurs de voitures et les hôteliers avaient leurs écuries [caupona, p. 974] 16 ; on en peut observer une à Pompéi le long de la voie qui aboutit à la porte d’Herculanum 17. Toutes ces écuries, de dimensions plus ou moins grandes, devaient, quand elles étaient intactes, présenter beaucoup d’analogie avec celle qui a été dessinée par Houel, à la fin du siècle dernier, à Centorbi, en Sicile (fig. 2710) 18. L’édifice est voûté; il n’est point divisé en stalles ; mais chaque bête reçoit sa nourriture par un compartiment spécial pratiqué dans l’épaisseur du mur (loculus)-, c’est exactement la disposition que recommande Végèce19. La longe du cheval passait par une petite ouverture pratiquée au-devant de chaque mangeoire et était fixée à un billot de bois sur la partie opposée de la muraille dans le corridor qui longe l’écurie.

p. 459. — 12 Overbeck, Pompeii , p. 362, et p. 360, fig. 179, nos 25 à 30 du plan. — *3 Corp. inscr. lat. VI, 6352, 7409, 9486; Orelli-Heuzen, 6297. — 14 Mazois»

II, pl. xvm, fig. 1, n° 14 et p. 59; Overbeck p. 341, fig. 188. n° 16 du plau; cl. p. 343. — 16 Fiorclli, Descr. di Pomp. p. 77. — 16 Avec les notes 8, 21 et 26.

— 17 Fiorelli, p. 415. — 18 Houel, Voyages des iles de Sicile , Malte , etc., III pl* 161. — 10 Mulom. I, 56.

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M. de Vogüé a retrouvé à Mondeleia, en Syrie20, une habitation du ive ou du Ve siècle après Jésus-Christ, pourvue d’une écurie. « La partie inférieure, dit-il, a été taillée dans le roc vif, et les pierres extraites du sol

Fig. 2710. — Écurie à Centorbi en Sicile.

par ce travail d’évidement ont servi à construire la partie supérieure des murs, l’arc central et les murs qu il supportait. Les mangeoires sont creusées dans le roc; des anneaux évidés dans la pierre servaient à attacher les

Fig. 2711. — Écurie à Mondeleia en Syrie.

longes des chevaux (fig. 2711). Ailleurs, à Kokanaya21, on voit des écuries du même temps, où les auges servant de mangeoires sont placées entre les piliers qui soutiennent la voûte.

Les écuries de la poste [cursus publicus] 22 comptaient assurément parmi les plus vastes et les mieux montées; dans les stations importantes elles renfermaient parfois plus de quarante chevaux. Les écuries qui étaient comprises dans les dépendances des cirques [circus] méritent aussi une mention spéciale ; à Rome, celles du circus Flaminius couvraient une superficie étendue ; car elles sont signalées comme un des édifices les plus remarquables de la neuvième région23; Caligula, dans sa passion pour les courses, y faisait de longues visites et même y prenait ses repas24; Yitellius les reconstruisit-'’.

20 De Vogué, Syrie centrale, Paris, 1865-1877, 1, pl. 34. - 21 Ibid. pl. 98, 100.

— 22 Eu particulier les notes 295 à 297. — 23 Stabula III1 factionum VIII, Curiosum et Notitia, regio ix ; Becker, Topogr. d. Stadt Rom, p. 620. — 2» Suet. Caliq. 55. __ 25 Tac. Hist. Il, 94. — 26 Poulie, Mosaïque des bains de Pompeianus publiée par la Soc. archéol. de Constautine (1880), pl. ni. 27 Suet. Caliq. 55.

— 28 Corp. inscr. lut. VI, 8863, 8864 (cf. falsae, 909* et 2670*, souvent citées comme authentiques par les auteurs qui ont traité la question). — 20 Corp. tnscr. lat. VI, 4033 et 4888 ; Suet. Claud. 2; Spart. Carac. 7 ; Amm. XXX, 5. — 30 Cod.

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Nous reproduisons ailleurs [equitium] une mosaïque découverte en Afrique qui donne une idée très complété des écuries où on élevait les chevaux de course Enfin il y avait des écuries qui étaient la propriété particulière des empereurs; c’est là sans doute que fut logé le fameux cheval que Caligula nomma consul; les murs qui l’entouraient étaient de marbre et son râtelier était d’ivoire21. L’entretien des écuries formait un des grands services de la maison impériale, le service a jumentis-, il était placé sous la direction d’un intendant (, dispensator ) et d’un sous-intendant ( vicarius dispensatoris)2* ; au-dessous d’eux venait tout le personnel de palefreniers, qui était ordinaire même dans les maisons des riches particuliers23. Au début du ve siècle on voit apparaître à la cour une charge nouvelle, celle du comte des écuries ( cornes stabulï )30. Stilicon, entre autres, en fut revêtu31. C’est à la charge du cornes stabulï qu’il faut faire remonter l’origine de celle du connétable 32. G. Lafaye.

EQUIRRIA ou EQUIRIA. — Ce sont, avec les consualia, les jeux les plus anciennement célébrés à Rome. Les equiria , comme les consualia , sont mentionnés en gros caractères sur les calendriers qui nous sont parvenus.

Ils figuraient donc dans la rédaction primitive que M. Mommsen fait remonter à l’époque des décemvirs1. Les auteurs reportent l’institution des equiria à Romulus 2. Ces jeux consistaient, comme on le voit assez par leur nom, en courses de chevaux : « Ecuirria ab equorum cursu » dit Varron 3; Ovide parle de courses de chars4. À l’imitation de ce qui se passait dans les cirques, les chevaux avaient fini par être attelés, mais il est probable qu’ils avaient commencé par courir en liberté et sans être montés. Le carnaval romain pouvait encore, il y a une vingtaine d’années, donner une idée de ce genre de divertissement. Les courses avaient lieu, non dans un cirque, mais en plein air, sur un terrain gazonné, réservé à cet usage dans le Champ de Mars’, et non loin sans doute de l’ara Martis. Quelques inscriptions découvertes dans cette partie de Rome ont permis de fixer cet emplacement avec précision. Une inscription relative à un agitator factionis prasinae a été trouvée au palais de la Cancellaria 6, auprès de l’église San Lorenzo in Damaso, qui s’appelait aussi au moyen âge in Prasino. Le mot prasinus signifiait la couleur verte, emblème de l’une des factions des cochers du cirque. M. Otto Gilbert conclut de ce fait que les cochers avaient leur écurie là où s’éleva plus tard cette église. Un autre indice de même nature lui fait placer l’extrémité du champ de courses à l’église San Biagio. 11 suivrait de là qu’il allait parallèlement au cours du Tibre, parallèlement à la direction des porticus maximae et au sudouest de cette construction 7. On avait prévu le cas où les débordements du Tibre, si fréquents au printemps, dans la saison même où tombaient les courses, les auraient empêché d’avoir lieu sur le terrain qui leur était destiné. On les transportait alors sur le Caelius, dans

Theod. XI, 18 (an 409). — 31 Corp. inscr. lat. VI, 1731 (gravé entre 405 et 408).

— 32 Notitia dignitatum , VI, § 1 A,- 5 et 6; XIII, § 1, 4 et le commentaire de Boeeking, ad h. I.

EQUIRRIA. 1 Rœmische Forschungen, II, p. 47; Corp. inscr. lat. I, p. 361.

— 2 Festus, p. 81. — 3 De ling. lai. VI, 13. — 4 Fast. II, 858. — 5 Festus, l. c. ; Varro, l. c. ; Ovid. I. c. et III, 519 sqq. — 6 Corp. inscr. lat. VI, 1058. — 7 Voir Ott. Gilbert, Geschichte und Topographie der Stadt Rom im Alterth ., III, 1890, p. 146.

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un endroit appelé aussi campus martialis ». On voit par les détails qui précèdent que la fête était célébrée encore sous 1 Empire, mais elle n’avait alors qu’une importance bien secondaire auprès des jeux établis plus tard et qui la surpassaient de beaucoup en magnificence. Le nom meme de ludi avait fini par être exclusivement attribué à ces derniers 9. Ce qui la rendait encore vénérable pour tous et ce qui en faisait l’intérêt pour l’archéologue, c’étaient les souvenirs auxquels elle se rattachait. Elle appartenait au cycle le plus ancien des sacra romana. Elle était donnée en l’honneur d’une des plus vieilles divinités nabotes et latines, le dieu Mars10, dieu delà force virile, personnification de l’activité productrice dans la nature,' et dans l’homme de l’énergie guerrière. Les chevaux’ dont l’élève réussissait assez bien au centre de l’Italie’ dansées pâturages de la montagne, lui étaient consacrés 11 . En ce qui concerne spécialement les equiria , le choix seul du terrain où ils étaient célébrés, de cette vaste plaine à laquelle Mars avait donné son nom, suffirait pour démontrer leur rapport avec son culte.

Le choix du moment n’était pas moins significatif. Les equiria étaient au nombre des feriae stativae. Ils se plaçaient au commencement de l’année, dans cette période qui coïncidait avec le retour du printemps et qui, pour cette raison, était particulièrement vouée à ■Mars et toute remplie par les hommages rendus à sa divinité. Les cérémonies qui se succédaient durant le mensis Martius commençaient même dès la fin de février, après les purifications et les offrandes aux morts qui avaient occupé ce dernier mois de l’année écoulée 12. Elles débutaient précisément par les equiria, le 27 février. Les equiria étaient ensuite célébrés une seconde fois, le 14 mars. La participation des prêtres Saliens [salii] aux equiria n’est pas directement attestée par les textes, mais elle résulte du caractère de la fêle, analogue à celles qui, durant le mois de mars, mettaient en mouvement cette confrérie. Il y a d’ailleurs une cérémonie qui suppose nécessairement l’intervention des Saliens. A cette date du 14 mars, le mot mamuralia se substitue dans quelques calendriers à celui de equiria 13. Mamurius était ce forgeron qui, par les ordres de Numa, avait fabriqué onze boucliers ou ancilia exactement semblables à Yancile que le pieux roi avait reçu du ciel, de telle sorte qu on ne pût distinguer ni dérober de préférence ce dernier14. L’identité de cette figure avec Mars, Mamor, Mamers n’est pas douteuse 1S. Servius nous dit qu’on lui avait consacré un jour où l’on frappait avec des bâtons sur un bouclier, comme avec un marteau, de manière à imiter le travail de la forge 16. Ce jour ne peut être que le jour des mamuralia , jour des equiria dont cette cérémonie était sans doute un épisode ou un complément. Or, le culte de Mamurius était confié aux salii17. G. Bloch,

8 Ovid. Fast. III, 519 et s.; Paul. Oiac. p. 131. Sous Auguste ils eurent lieu une fois au Forum Augusti; Dio Cass. LVI, 27. — 9 Mommsen, Rœm. Forsch.

II, p. 43. — 10 Festus, p. 81 ; Ov. Fast. II, 858 sqq. — H Preller, Rœm. Mythol. éd. Jordan. I, p. 338 et circa. — 12 Ibid. p. 361, etc. — 13 Calend. Philocali ; cf. les Menologia rustica , Kal. rust. Farnes. — l'* Dionvs. Halic. Il, 70; Plut. Numa,

13; Ov. Fast. III, 373 ; Festus, p. 131; Lydus, De mens. III, 29; IV, 36; Servius,’

Ad Aen. VII, 188. — 1& Preller, O. c. p. 360; Marquardt, Staatsveru'altung, III, p. 412. — 16 L. c. Sur ce texte voir Marquardt, O. c. III, p. 416, note 8. Il y a une autre cérémonie en l’honneur de Mamurius le 15 mars. Voir Lydus, De mens. IV, 36 ; Preller, p. 359-360. — 17 On sait que l’histoire du culte romain primitif, étudié sur les différents points ou il s’est localisé, a été utilisée pour reconstituer l’histoire des origines romaines. En ce qui concerne les Equiria, nous renvoyons à la théorie de M. Otto Gilbert ( O . c. II, p. 74 etc.) qu’il serait trop long de développer ici et qui d’ailleurs est étrangère au sujet de

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EQUISO ( 'iTtTtoxôgoç). — Ce nom désignait à Rome tout homme attaché à l’écurie, au dressage ou au service des chevaux 1 [agaso].

On appelait aussi equisones nautici ceux qui tiraient eux-mêmes, au moyen de cordes, les bateaux, ou menaient les chevaux qui les tiraient2. R.

EQUITATIO, EQUITATUS (Wta, wrmjXewfa). - Légendes sur les origines. — Les Dioscures furent probablement les premiers qui passèrent chez les Grecs pour les inventeurs et les patrons de l’art du cavalier ; mais cette attribution ne leur fut dévolue qu’après Homère; dans les poésies homériques Castor est représenté simplement comme un « dompteur » de chevaux *; le plus ancien monument connu, où il figurât à cheval’ ainsi que son frère, est le trône de l’Apollon d’Amyclée 2,’ œuvre du vi6 siècle [dioscüri] 3. Quelquefois on a fait honneur de la même invention à Bellérophon 4 ; mais l’idée n’en est venue qu’après le temps d’Homère, puisque la fable même de Pégase est inconnue au vieux poète ' [bellerophon] 6. Une tradition, qui ne remonte pas au delà d’Hérodote, suppose que les Amazones combattaient à cheval [amazones] 7. Suivant d’autres, encore plus récentes, les temps mythiques auraient produit des écuyers consommés8, tels qu’Adraste [adrastus] oul’Arcadien Jasios, à qui Hercule avait décerné le prix de la course dans les jeux olympiques9. On imagina aussi que le centaure Chiron avait donné des leçons d'équitation à Achille en le faisant monter sur son dos10; on chercha même, dès 1 antiquité, à expliquer la légende des centaures [centauri] en supposant qu’il y avait eu réellement en Thessalie, à une époque reculée, une race de hardis cavaliers, qui avaient porté leur art à sa perfection11; cette hypothèse est née évidemment de l’évhémérisme; elle s est fait jour à une époque où des écrivains sceptiques s’efforcaient de détruire les vieilles fables et d’en donner une interprétation rationnelle; cette interprétation même est aujourd’hui repoussée par la science. Enfin, suivant une version reproduite par Virgile et par quelques auteurs latins, les Lapithes auraient eu les premiers l’idée de monter sur un cheval et de le faire évoluer à l’aide du frein12. Ainsi, comme on le voit, il n’y a pas une seule de ces légendes, relatives aux origines de 1 équitation, qui ne soit postérieure au temps d’Homère et d’Hésiode.

Histoire et bibliographie. — Aussi a-t-on été conduit à se demander jusqu à quel point l’usage de monter à cheval avait été répandu chez les Grecs à cette époque. Il est remarquable que les héros d’Homère, lorsqu’ils ne combattent pas à pied, vont toujours à l’ennemi sur des chars ; c’est à cet équipage que l’on reconnaît, au milieu de la bataille, les princes et les chefs de troupes ; il est en campagne 1 insigne de leur noblesse, comme le cheval

cet article. Cf. Bouché-Leclercq, Manuel des instit. romaines, p. 400-191.

EQUISO ‘ Varr. ap. Non. s. u. p. 4, 105; Val. Mai. VII, 3, ext. 2; Apul. Met. VII, p. 194. — 2 Varr. ap. Non. 100 et 451.

EQUITATIO, EQUITATUS. 1 'I II. III, 237; Od. XI, 300. Dans les Hymnes hom. XVI, 5 et XXXIII, 18, Castor et Pollui sont appelés U,64toP.{ ïnuwv , mais E it i S a i v t u 0 a t ïiticuv signifie toujours, chez Homère, monter sur* un char, v. II. V, 46; VIII, 129. Cf. VII, 15; XXIII. 518; XXIV, 702. — 2 paus. III.

18, 10. — 3 Eu particulier la note 103. — 4 Pind. Ol. XIII, 27; Hvg. Fab. 272, p. 108 (Scheff.); Plin. Hisl. nat. VII, 57; Paus. II, 4, 1. —6 V. U. VI, 145, 211.

— 0 Notes 5 et fl. — 7 Hcrod. IV, 1 10. — 8 Apollod. III, 6, 4. — 9 Paus. V, 8, 1 ;

VIII, 48, 1. V. encore ce qu'Ovide, Metam. VI, 222, rapporte des fds de Niobé.

— to Philostr. Imag. II, 2. - 11 Diod. IV, 70; Heraclit. 5; Eustath. ad Iliad. 268, p. 102, R; Tzetz. Vil, 450; IX, 400. — 12 Virg. Georg. III, 115; Luc. Phars. VI,

I 399 ; Plin. Hist. nat. VII. 57.

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de selle l'était pour les seigneurs du moyen âge. Tous les textes qui représentent des personnages des temps héroïques combattant à cheval sont d’une époque très postérieure à celle d’Homère; le poète ne fait pas même paraître le cheval monté (xéX tjç) dans les concours 13. Quoique ce trait de mœurs n’ait pas été observé par les auteurs plus récents, surtout par les poètes latins, qui ont rapporté les légendes de la Grèce primitive’4, il avait été noté, dans l’antiquité même, par les critiques ’6. Mais il ne suit pas de là qu’au temps d’Homère on ne montât jamais à cheval. Diomède et Ulysse, ayant pénétré de nuit dans le camp des Troyens, se préparent à ravir les chevaux de Rhésus; Diomède a eu un instant l’idée d’emmener aussi le char; mais rappelé à la prudence par Athéna, il renonce à ce projet; les deux compagnons sautent sur les chevaux et regagnent précipitamment le camp des Grecs’6. Ailleurs, dans une comparaison, Homère peint un habile cavalier poussant quatre chevaux de front, à travers la plaine, sur la voie publique qui mène à la ville ; tandis qu’ils courent, il saute légèrement de l’un à l’autre, à la grande admiration des passants ’7. Il faut donc conclure comme le fait un commentateur, qui probablement n’est autre qu’Aristarque'8 : au temps d’Homère, les guerriers ne montaient pas à cheval au milieu d’une expédition, sauf en cas de nécessité; le char alors était seul en usage dans les armées des Grecs, comme il l’était à la même époque dans toutes celles de l’Orient [currus]. Mais il en était tout autrement dans la vie civile et même il y avait déjà d’excellents écuyers capables de pratiquer la voltige *9. Néanmoins l’art de l'équitation, dans les lointaines origines de la Grèce20, dut se borner à fort peu de chose. Pour qu'il se perfectionnât il avait besoin d’un double secours qui lui manquait encore : il fallait qu’on le mît en honneur dans les jeux publics et dans les armées. Ces deux progrès se firent successivement et à un assez long intervalle. Il y eut un prix pour le cheval monté, à Olympie en 680, à Delphes en 586 21 ; peu à peu cette institution fut imitée dans la plupart des grands jeux de la Grèce et elle devint une des parties essentielles de l’àyùv nnttxd;. Au commencement du vi° siècle, le corps de cavalerie, que la constitution de Solon avait organisé à Athènes, ne comprenait pas cent chevaux 22 ; un siècle plus tard, l’armée qui défendit l’indépendance de la Grèce contre les Perses était presque totalement dépourvue de cavalerie montée. Vers 440, Périclès porta à mille hommes l’effectif du corps institué par Solon "3 ; c est alors seulement que l’on parait avoir donné quelque importance à la cavalerie montée, et ce fut vers le même temps que parut le premier traité d équitation qui ait été écrit en langue grecque, le IIspi de Simon 2\ Un

fragment de cet ouvrage a été découvert en 1853 par M. Daremberg dans un manuscrit de Cambridge"5. Sui-

13 V. le chant XXIII de l'Iliade. Il en était de même sur le fameux coffre de Cypsèlus (vu0 siècle); Paus. V, 17. — 14 Ainsi Virg. Aen. V, 545, 603 , VIII 585; Dio Cass. LIX, 7; XL1X, 43; Quint. Smyrn. IX, 127, 187; XI, 186, etc. Cf. huer. 1295. — 16 Le scoi. d'Homère dit. ad II. X, 513 (éd. Pierron) : « KO,„<r,v oiS’ iv ,0Tt 4ts„l, .!<,4T« zeo>|UvoUî. » Cf. Poilu K, I, 141; Jul. imp. De rebus gest. Consi. lib. 2 ; Palaephat. itiçf bsiesiev t<noç. 1. 1G D. X, 513. 17 II. XV,

679. — 18 Od. v, 370 avec la note de Pierron ad h. I. Les mots «An! et «sXïiTtÇ.iv sont déjà employés dans les deux épopées. — lfl Sur toute cette question, outre les ouvrages cités daus la bibliographie, à la fin de l'article, v. Welcker, lier epische Cyclus, II, p. 217. — 20 V. encore Hesiod. Scut. 285.— 21 Pausan. \, 8, 7; Corp. inscr. ait. II, 978 ; voy. Martin (Alb.) Les cavaliers athéniens, p. 100. — 22 Ibid. p. 107. — 23 Ibid. p. 121 et s. ; voy. soumis. — 2V Xenoph. Utji tau. I. I

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vaut toute apparence, Simon était d’Athènes; M. Helbig n’hésite pas à l'identifier avec un personnage de ce nom qui fut hipparque en 424, et même à retrouver son portrait sur un vase peint (voy. t. 1er, p. 1640, la fig. 2219) . Le sculpteur Démétrius avait fait une statue équestre de Simon, en bronze, qui avait été placée à Athènes près de l’Éleusinium ; le piédestal était orné de bas-reliefs dont les figures fournissaient l’application des principes exposés par Simon dans son ouvrage27. Cet écuyer célèbre avait certainement une connaissance approfondie de son sujet; car il relevait des fautes d observation dans les tableaux du peintre Micon, qui représentaient des chevaux28. A vrai dire, son livre était plutôt un traité complet d’hippologie ; Suidas le cite comme 1 auteur d un 'iTCTtouxoTttxdv 29, c’est-à-dire d’un écrit où il indiquait les caractères d’un bon cheval, qu’il importe à 1 acheteur de bien connaître pour ne pas se laisser duper. Les vétérinaires mentionnent son 'iTntotarp’.xôv 30. Enfin certains passages qui nous ont été conservés se rapportent manifestement à l’équitation proprement dite. Il est donc probable que ces titres s’appliquaient, non pas à des ouvrages distincts, mais aux grandes divisions d un ouvrage unique : la théorie de 1 équitation n en formait qu’une partie; peut-être même 1 auteur s occupait-il encore des manœuvres de la cavalerie. Le IUpc inmx.r\z de Xénophon est plus connu et nous a été conservé dans son intégrité31; on suppose qu’il fut écrit, ainsi que riTntapxtxdç, entre l’an 364 et l’an 361 32. L’auteur y a résumé toutes les connaissances que 1 on possédait de son temps sur le cheval, en y ajoutant ce qu il avait appris lui-même par une longue expérience, au cours d une brillante carrière militaire ; comme 1 ouvrage de Simon, c’est un véritable traité d’hippologie ; 1 équitation fait l’objet seulement des chapitres vii et vni; l’ouvrage de Simon ne nous étant parvenu qu’à l’état de fragment, il nous est impossible de déterminer ce qui fait la nouveauté de celui de Xénophon et en quoi il a pu, comme il l’espérait33, surpasser son devancier.

Les guerres d’Alexandre marquent le plus haut point de perfection où ait pu atteindre chez les Grecs 1 art de l’équitation : la cavalerie, qui, même depuis Périclès, n avait joué qu’un rôle secondaire sur les champs de bataille, devint, à la suite de la conquête macédonienne, un élément essentiel de toute armée bien organisée [équités]. Les Macédoniens étaient un peuple de cavaliers; leur goût pour le cheval, l’habileté avec laquelle ils le maniaient, se développèrent encore dans leur contact avec les Perses, qui de tout temps avaient excellé dans l’art de l’équitation et en avaient tiré une partie de leur force militaire 34. Il ne paraît pas qu’après la mort d’Alexandre les peuples classiques aient fait faire de véritables progrès à la science du cavalier.

Pline l’Ancien composa un traité « Sur la manière de

et 3 ; XI, 6; Plin, Bist. nat. XXXIV, 19, § 76; Pollux, I, 190-194-198-204; II, 69; Hierocl. Veterin. Prooem.-, Suit!. TptMu|. — 26 Daremberg, Notices et extraits des mss. médicaux, 1" part. p. 169; Lenormant (Ch.), Simon d'Athènes, dans les Mémde V Acad, des Inscr. t.XXI (1857), p. 138; Helbig (W.), Simon der Hippolog, dans l’Archaeolog.ZeUunq,XVm(m\), n° 151-153, p. 180; Blass (Frid.), dans le Liber miscell. edit. a. soc.philol. Bonn, p. 49-59 (1863). — 2G Contesté par Blass. — 27 Xen. Plin. Hierocl. Le. avec l'interprétation de Ch. Lenormant, p. 152. — 28 Ael. Nat. an. IV, 50; Hierocl. Veterin. p. 73 (éd. 1537); Pollnx, II, iv, 12. — 29 Suid. "Alsf-uo; et Klpuv. — 30 Suid. TçiW,t| ; Hierocl. h c. — 31 Pour le commentaire technique de cetouvrage, v. Paul-Louis Courier, Trad. div. Du command. de la rav. et de l’équit., deux livres de Xénophon traduits par un officier d'artillerie à cheval, Paris, 1807. — 32 Martin (Alh.), O. c., p. 265, note t. — 33 V, § 1. — 3> Martin, O. c. p. 443 et s.

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lancer le javelot à cheval » [de Jaculaiione equestri) 33 ; il fut officier de cavalerie et comme tel il prit part aux campagnes de (jermanie ; il avait donc enfermé dans cet ouvrage, aujoux-d’hui perdu, ses observations personnelles; mais il est impossible qu’il n’eût pas mis à profit ceux de Simon et de Xénophon, comme Pollux l’a fait après lui ; ce qui le prouve, c’est qu’il suivait le même plan ; les matières qu il avait traitées dépassaient de beaucoup son titre ; ainsi il dit lui-même qu’il avait exposé les caractères auxquels on reconnaissait un bon cheval ; c’est l’fotwoffxoïKxdv de ses devanciers. On a enfin dans les chapitres de Pollux36 un résumé qui reproduit non seulement les connaissances accumulées avant lui, mais même l’ordre traditionnel dans lequel elles avaient été exposées. Toutes ces études, entreprises par des hommes pleins d’expérience et de talent, témoignent de l’intérêt que les anciens attachaient à l’équitation. On ne peut pas plus, dit Plutarque, se passer de leçons pour monter à cheval que pour jouer de la flûte

La théorie. — Malgré les progrès que l’équitation dut faire au cours des siècles, .elle resta toujours, chez les anciens, différente, en un point essentiel, de ce qu’elle est aujourd hui : ils ne connurent jamais l’usage des étriers [equus]. Assurément il est bon de pouvoir s’en passer et c’est ce que l’on s’habitue à faire dans nos manèges à titre d’exercice; mais ils offrent un secours précieux au cavalier, surtout au cavalier armé, pour se mettre rapidement en selle et pour y conserver son assiette ; les écuyers de l’antiquité n’étaient peut-être pas moins agiles et moins souples que ceux de notre temps ; mais ils devaient être beaucoup moins maîtres de leurs montures. Si l’on ajoute que, jusque vers la fin du ve siècle, en Grèce, on monta le cheval à cru, que longtemps après, on se servit, non de selles proprement dites, mais de simples coussins dépourvus d'arçons [ephippium, sella] et que le ferrage ne fut que fort tard et exceptionnellement pratiqué [solea], on comprendra quels avantages les modernes ont sur les anciens. Supposons, comme le fait Xénophon38, que le commençant se trouve en présence d’un cheval tout dressé et qu’il n’a à faire que sa propre éducation ; supposons aussi que le cheval lui est amené tout harnaché par le palefrenier. Voici quelle sera la série des exercices (tTnnxofat).

1° Monter sur le cheval (àvaêa. fvstv, conscendere equum , ascendere in equum). En l’absence des étriers, on pouvait, pour monter sur le cheval, choisir entre deux procédés : se faire enlever par un valet, ou s’enlever soimême à la force des bras. Le premier convenait mieux aux gens déjà mûrs39; c’était celui qu’employaient chez les Orientaux, notamment chez les Perses, les hommes d’âge et d’un rang distingué40; Xénophon l’appelle nepcixbç Tpcbtoç ; il faut que le palefrenier soit dressé à enlever ainsi son maître (àvaëâXXetv, àvaêtëâÇstv) ; lorsque les cavaliers vont en troupe, ils doivent se rendre mutuellement cet office. Les jeunes gens doivent sauter d’un seul bond sur leur bête (àvair/jSàv) ; ils s’y exerceront tout seuls le plus longtemps possible ; mais il est bon aussi qu’ils aient quelqu’un pour leur montrer comment il

35 Plin. Bist. nat. VIII, 162; Plin. J. Epist. III, S, 1. — 36 Onom. I, 181 et s. — 37 De fortuna, 6. — 38 Xenoph. ’litmx. 2.— 39 Xenopli. ’lsiti*. VI, 12; 'Imtapg.

I, 17; ’Avaê. IV, 4, 4; Amm. XXII, 1; Eutrop. IX. — 49 Bill. Sept. Esther, VI, 9; Arrian. I, lo, 8. — 41 Xenoph. ’Itîicik. VI, 16 ; Pollux, I, 213. * 42 C. Robert,

Annali dell' Inst. 1874, p. 243 et s. pi. i; Archaeol. Zeit. 1878, pl. 22. Brunn, Archaeol , Zeit. 1881, p. 18 et s., cite deux autres monuments de signification douteuse :

laut s y prendre. Il y avait encore une autre ressource : on dressait les chevaux à abaisser leur croupe, au commandement, en écartant largement les jambes de devant des jambes de derrière ; le palefrenier devait prendre l’habitude de leur faire exécuter cette manœuvre; c'était ce qui s’appelait Û7toëtëâ^£(j0at tov Ï7t7iov41. Paul-Louis Courier assure avoir vu en Allemagne des chevaux à qui elle était familière : peut-être est-elle

représentée (fig. 2712) sur quelques monuments antiques42. Mais il va de soi quelle ne pouvait jamais être qu’une exception ; elle dépendait beaucoup de la docilité du cheval et de l’empire que le palefrenier avait sur lui. Aussi Xénophon engage le cavalier à ne pas compter qu’elle soit toujours possible. On cite des chevaux fameux qui avaient été accoutumés à s’agenouiller pour recevoir leur maître, comme on le voit faire dans nos cirques à des chevaux savants43. Mais le moyen le plus ordinaire consistait à se servir d’une borne ou de tout, autre marchepied. Lorsque C. Gracchus fit percer de nouvelles routes, on eut soin de placer de chaque côté, à des distances de moins d’un mille, des pierres uniquement destinées à cet usage pour les voyageurs qui n’avaient point d’écuyer avec eux [via]44. Quel que fût le secours dont on s’aidât, 'le principe classique de la mise en selle était le suivant. Le cavalier étant placé à gauche de sa monture, la main gauche saisissait une poignée de crins près des oreilles, en tenant la longe (^uTaycoyeû;) entortillée, mais assez lâche pour ne point tirer sur la bouche. La main droite saisissait à la fois les rênes (■fjviat) et une poignée de crins près du garot. Dans cette position le cavalier pouvait prendre son élan pour sauter, ce qu’il devait faire légèrement et d’un seul trait sans poser le genou sur sa monture46. Ainsi c’était unique ment en avant de Vephippium que ses mains devaient chercher leurs points d’appui, au lieu que l’équitation moderne enseigne au cavalier à fixer sa main droite sur la partie postérieure de la selle; des connaisseurs affirment qu’en certains cas la méthode antique peut avoir ses avantages46.

Dans le même endroit où Xénophon explique comment

un bas-relief romain du Louvre, Clarac, Mus. de sculpt. pl. 221, n° 313, et uné monnaie de Larisse en Thessalie, J. Friedlander, Sitzenberin/ite d. Berlin. A/cad. 1878, pl. n, 30, p. 453. — 43 Strab. III, 163 ; Curt. VI, 5; Sil. Ital. X, 465 ; Dio Cass. XLIX, 30, p. 591, 15. Cf. Stephani, Comptes rendus de la commiss. imp. archéol. 1864, p. 5 et 20. — 44 Plut. C. Gracch. 7. — 45 Xenoph. ’litmx. 7, avec les notes de P.-L. Courier. — 46 SchJieben, Die P fer de des Alterthums , p. 151, note 904.

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le cavalier doit s’élancer pour monter a cheval il ajoute qu’il peut s aider pour cela de la pique, avro oopaxoç 'Àvccttt- Sav Winckelmann48 a rapproché de ce passage unepierre gravée de la collection de Stosch, sur laquelle on voit (fig. 2713) un guerrier qui monte à cheval en mettant le pied droit sur une petite barre fixée au bas de sa pique. On a cherché encore une autre explication : le cavalier, dit-on, s’enlevait à l’aide de sa pique, comme on apprenait à le faire dans les gymnases au moyen d’une perche pour franchir un large espace [saltus]. Cet exercice est encore pratiqué de nos jours sous le nom de « saut de rivière ». Sur un vase peint du musée de Munich 49, on voit un jeune homme prêt à sauter ainsi en s’appuyant sur un longbâton ; on peut objecter que cette manière de s’enlever aurait eu pour inconvénient de rendre la chute du cavalier très pesante pour le cheval.

Une fois monté, le cavalier ne doit pas, dit Xénophon o0, se tenir assis comme sur un siège, mais droit, en écartant les jambes. Par ce moyen il étreindra plus fortement le cheval avec ses cuisses et, dans cette attitude droite, il aura plus de force, soit pour lancer le javelot, soit pour frapper de près. La jambe, depuis le genou, doit être, ainsi que le pied, pendante et libre ; car si l’on tient la jambe raide et qu’elle vienne à heurter, elle peut se casser; tandis que demeurant souple, si quelque chose vient à la heurter, elle cède sans déplacer la cuisse61. 11 faut encore que le cavalier s’habitue à avoir le haut du corps souple autant que possible : par là il sera plus libre pour agir et, qu’on le tire ou qu’on le pousse, on le fera difficilement tomber. Il doit tenir le bras gauche près du corps; c’est l’attitude la plus convenable et qui donne à la main le plus de fermeté.

2° Les allures ( gressus ). — Il n’y a pas lieu d’analyser ici en détail les conseils que donne Xénophon sur la position du cavalier (xb x<x0iÇe<j0at, in equo sedere) et sur la façon dont il doit passer d’une allure à l’autre. Les allures les plus ordinaires, le pas (xb j3a8x|v Tcopeuea-Sat, gradus), le trot (xb Biaxpo^âÇeiv, tolutim ire) et. le galop (xb Ê7rip«6Soçopstv, equo concitato vehi) sont de la part de Xénophon le sujet d’observations très justes ; mais comme elles ne diffèrent en rien, pour le fond, de celles qui sont encore appliquées aujourd’hui, il n’est pas nécessaire d’y insister. Il faut noter seulement que, pour lui, le pied gauche est dans le galop le bon pied, xb eûooxtpunxspov, tandis que l’opinion contraire domine aujourd’hui dans nos manèges 62. Les Grecs ne semblent pas avoir remarqué que le cheval pouvait aller l’amble ; ni Xénophon ni Aristote63 n’en parlent; peut-être jugeaient-ils cette allure défectueuse et contre nature. Mais elle est décrite par Pline l’Ancien ; c’est ce qu’il appelle, à défaut d’un terme technique, qui manquait à la langue latine, non vulgaris in cursu gradus, sed mollis alterna crurum expli-

1 47 ^en* c. Il emploie encore ailleurs le mot ùvaitiiêav, Anab. Vil, 2, 20. — 48 Winckelmanu, Descr. des pierres du baron de Stosch, 973, 974; Id. Monum. ined. II, -02. — 49 Juhn, Vasensammlung , n“ 515 ; Meier, Arch. Zeitung, 1885, pi. xi, p. 1 83. Ce vase est reproduit plus loin (fig'. 2718) V. aussi le vase de Camiros dont la peinture a été reproduite, t. Ier, p. 1079, où un homme se sert d'uue perche de la même manière. — EO VII, 5 et s. — El Pollux. I, 215, recommande d’éviter

de toucher les jambes ou les flancs du cheval. Sur l’usage del’éperon, voy. calcar. E- Xeuoph. 'Imux. VII, 11 ; Pollux, I, 220 ; Non. Marc. p. 4 et 17, s . v. gradarius

calu glomeratio. Et il ajoute que dans les manèges on s’exerçait à prendre cette allure; l’idée en serait venue lorsqu’on eut éprouvé combien elle était agréable dans les chevaux d’Espagne, qui s’y mettaient d’eux-mêmes plus volontiers que les autres 5t. Enfin les anciens ont fort bien connu l’art des courbettes ( minuti gressus) et le parti qu’on en peut tirer pour faire valoir surtout les chevaux de parade. Les écrivains spéciaux ont enregistré différents procédés qui étaient employés dans les manèges pour les forcer à s’enlever (p.£xscüpiÇsiv); le plus facile consistait à faire courir à côté du cavalier un écuyer à pied, qui donnait des coups de houssine sous les cuisses du cheval ; il le forçait ainsi à les fléchir sous le ventre et à s’enlever de l’avant-main. Mais Xénophon réprouve ce procédé comme trop brutal. Il veut (et il cite Simon à l’appui de son opinion) que le cheval soit amené à exécuter, comme de lui-même, les mouvements les plus brillants 66.

3° Les voltes (expoepat', gyri). — Les auteurs latins, aussi bien que les auteurs grecs, décrivent souvent cette partie essentielle des exercices équestres ; quelquefois même ils en font comme le symbole et le résumé de l’équitation tout entière. Virgile rapporte aux Lapithes l’honneur d avoir, en les imaginant les premiers, inventé du même coup toute la science de l’écuyer66. Ici l’important, ou plutôt le but même que l’on se propose, c’est de rendre le cheval docile aux changements de main ; c’est ce que Xénophon appelle tourner en tirant tantôt sur une barre, tantôt sur 1 autre : in apupoxlpaç xàç yW.0ouç axpÉcpea-Ga'.. A cet effet, il recommande surtout la volte qu’il appelle E entrave (ttéSitj) parce qu’elle décrivait sur le solia figure des entraves que l’on mettait aux deux pieds des prisonniers [compes] ; c’était exactement celle d’un 8. Cet exercice est encore universellement pratiqué aujourd’hui comme au temps de Xénophon ; il a en effet l’avantage de faire fréquemment alterner les deux mains dans un court espace de temps et de terrain. Mais Xénophon ajoute qu il préfère l’entrave ovale, Éxspop.7jx-r,<;, à l’entrave com.plétement circulaire, xuxXoxspijç, « parce que, dit-il, le cheval tourne plus volontiers après avoir couru en ligne droite et apprend ainsi en même temps à marcher droit et à se plier ».

4° Saut des obstacles (xb ota-TjBïv, exsultare). — Dans un pays aussi accidenté que la Grèce, on n’était point un bon écuyer, et surtout on ne pouvait s’exposer aux hasards des combats de cavalerie, si on n’était dès longtemps rompu aux difficultés des terrains les plus variés61. Quelques-uns craignaient de pousser leurs chevaux aux descentes ; Xénophon 68, fort de ce qu’il avait vu en Asie, veut qu’on soit sans inquiétude à cet égard : « Les Perses et les Odryses, qui font des courses de défi dans des pentes rapides, n estropient pas plus leurs chevaux que les Grecs. » Mais ce n’est pas assez; le cheval doit être enti ainé à sauter de haut A bas et de bas en haut, ainsi qu’à franchir les banquettes et les fossés. Xénophon enseigne par le menu les principes qu’il faut observer

et tolutim. — 53 De animal, inccssu , 14. — E4 pu0. m,t nat VIIIt 42 . c( Kôrte, Arch. Zeitung , 1830, p. 180, note 16. - 56 Xenoph. 'I™,,. XI; cl.' Veget. Mulom. I, 56; Pollux, I, 211; Hermann (God.) De verbis quibùs Graeci meessum equorum indicant Opuscul. I ; Genthe, Ueber den Passgang und Trab der Pferde des Alterthums, Sitz. d. Ver. fur Gesch. und Alterth. Kunde, Frank f Zeü 18 mai 1875, n- 138; K6rte, l. I. Voy. plusieurs figures de l'nrticle équités;

Virg. Georcj. III, 115 et 191. Ov. Ars am. III, 384; Tibull IV 1 91- etc - B7 V. Thucyd. VII, 27. S8 Xenoph. *1*™. § s.

Fig. 2713. — Cavalier s’aidant de sa pique pour monter.

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P< i ne pas peidie sou assiette dans ces exercices diffici es. Ün remarquera qu’il recommande de saisir la crinière quand le cheval s’enlève; il n’entend point par là que le cavalier doit se préserver des chutes, mais qu’il doit alléger la bouche de sa monture ,, pour ne pas ajouter la gêne du mors à la fatigue de l’action ». La chasse était considérée comme la meilleure école où l’on pût se perfectionner dans l’application de ces princfpes.

L équitation dans les armées. — C’est surtout au cavalier arme qu’était destiné le traité de Xénophon, aussi bien que ceux de Simon et de Pline l’Ancien. Sans parler ici de 1 exercice du javelot [jaculum] ni des manœuvres de la cavalerie [équités], il importe de noter ce qui s’ajoutait a la théorie générale de 1 équitation lorsqu’on 1 enseignait en vue du service militaire. Ainsi le soldat avait dans sa lance un secours précieux, soit qu’il mît en pratique, sur son cheval, les leçons qu’il avait reçues pour sauter à l’aide de la perche dans le gymnase; soit que la lance fût munie de cette saillie que Winckelmann a cru reconnaître sur une pierre gravée, comme on l’a dit plus haut, et qui devait permettre au cavalier d’y poser le pied; Paul-Louis Courier en nie l’existence et même la nécessité. La lance pouvait aussi bien servir à descendre qu’à monter69. Néanmoins ce secours ne supprimait pas toutes les difficultés pour le soldat; car il avait de plus que les autres cavaliers le poids de ses armes. Aussi exerçait-on fréquemment les soldats romains à sauter tout armés sur leur monture60. Une fois assis, le soldat devait faire passer sa lance de la main gauche dans la droite, qui nécessairement ne la quittait plus ; pour lui épargner ce mouvement long et malaisé, Xénophon recommande qu’il s’habitue à monter du côté droit, en procédant du reste exactement comme il l’eût fait du côté opposé; « ainsi il se trouve tout d’un coup assis et prêt a combattre immédiatement en cas de surprise 61 ». Ce précepte fut toujours suivi dans les armées romaines 6î. La partie inférieure de la lance servait encore au soldat pour toucher le flanc droit du cheval, en particulier lorsqu il voulait le faire passer du trot au galop sur le pied gauche °3. Ayant la lance dans la main droite, le cavalier était toujours obligé de tenir les rênes J avec la main gauche seulement. Quelques peuples étrangers, qui fournissaient aux Romains des corps de cavalerie, notamment les peuples de race africaine, tels que les Numides, avaient des chevaux si dociles et si bien dressés, qu’ils n’employaient même pas de mors pour les conduire; ils leur passaient simplement une longe, qu’ils laissaient flotter pendant la marche ; ils les contenaient par un coup de houssine donné sur le nez et les dirigeaient en leur touchant l’encolure à droite ou à gauche; quand ces animaux étaient lancés au galop, on les voyait courir le cou tendu et la tête en avant; le soldat montait absolument à poil, sans employer même la housse et le coussin, qui faisaient depuis Jongtemps partie du harnachement dans les armées des peuples classiques 6‘. Cette

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cavalerie africaine n'en était pas moins extrêmement redoutable et rendit de grands services aux Romains. Ceuxci, du reste, pratiquaient aussi la même méthode dans certaines occasions ; il arriva quelquefois que les officiers

au moment de charger l’ennemi, firent enlever la bride

seite «TStaUX C,h6VaUX P°Ur redoubler leur impétuosité En temps de paix, l'équitation tenait une grande

place dans les exercices des troupes romaines 60. La plupart des capitaines fameux de l’antiquité, Alexandre Pompee, Mithridate, César, furent des écuyers habiles • leur exemple fut suivi par tous les empereurs qui se pi-

querent de respecter les bonnes traditions de la vie militaire 67.

» . de la jeunesse. — Si les

Grecs n ont reconnu qu’assez tard l’importance que le cheval monte pouvait avoir dans les batailles, il n’en est pas moins vrai que l’équitation leur a toujours paru un exercice éminemment digne d’un homme libre, un des plus propres à entretenir la vigueur et la beauté du corps et, comme tel, un des plus utiles dans l’éducation de là jeunesse; c’est ainsi qu’en juge Platon69. Hippocrate a releve quelques-uns des inconvénients qui peuvent résulter de l’équitation pour la santé ; mais il ne parle que de 1 abus. En général, les médecins de l’antiquité étaient d accord pour déclarer que l’exercice du cheval avait une heureuse influence sur le développement des organes, sur celui de la poitrine en particulier69. Platon veut qu’on y soumette les enfants de très bonne heure70; Galien affirme qu’il peut leur convenir dès l’âge de sept ans71. On voit sur un vase peint un enfant de cet âge environ, qu’un maître aide à se hisser à cheval en le soutenant de la main (fîg. 2714) 72. Mais, en réalité, on devait

attendre qu’ils eussent un âge un peu plus avancé. Chez les Athénieiïs l’éphébie légale commençait à dix-huit ans; nous savons positivement que lorsque les adolescents y entraient, ils étaient déjà capables de diriger un cheval 7:1 ; en général c étaità 1 âge où ils suivaient l’enseignementdu pédotribe, c’est-à-dire entre quatorze et dix-huit ans, qu’ils recevaient pour la première fois les leçons d’un écuyer. Plusieurs peintures de vases74 représentent des jeunes gens qui prennent des leçons d’équitation ; l’un(fig. 2715) tire un cheval par sa longe en le menaçant d’une baguette pour le faire avancer ; l’autre s’apprête à sauter à l’aide d une perche sur un cheval entraîné par un camarade qui trotte à côté. Ailleurs on voit les cavaliers déjà lancés sur la piste, excitant leurs montures avec des

Fig. 2714. — Enfant montant à cheval.

69 Liv. IV, 19. — 60 Virg. R. mil. I, 18. V. encore Virg. Aen. XII, 287.

— 61 Xenoi-ih. Miritix. VII, 3. — 62 yeg. I. c. — 63 Xeuoph. Op. cit. V III, 11.

— 64 Strab. XVII, 3, p. 828 c;Liv. XXXV, U; Sil. Ital. XVII, 65; Claudiau. Dell. Gildon. 439. — 65 Liv. IV, 33; VIII, 30; Aurel. Vict. De vir. ill. 16.

— 66 Veg. I. c. ; Tibull. IV, 1, 91. — 67 Plutarch. Alex. 6; Suet. Caes. 57; Justin. XXXVII, 4; Vopisc. Tac. 4; Trebell. Poli. Tyraiin. 29; Amm. XXI, 16, 7; Claudian. Quart, cons. Hon. 539, 564. — 68 Lach. p. 182 a; Rep. V, p. 467 c; Alenon , XXXIII p. 94 6, c. Cf. Pollux, X, 53. — 69 Hippocr. De aere , loc. et aquis, c. Il, § 108; De diaet , II, 2. V. encore Coelius Aurelianus V, 1; Arist.

Problem. IV, 12; V, 13, 37; Pli,,, ffist. nat. IX, 3, XXVIII, 14; Antvllus ap. Oribas. VI, 24; Aelius, III, 7 ; Alex. Trall. XXVII, 7. Su,' cette question; v. Mercunalis, De arte gymnastica (1569), VI, 8, 292-291. — 70 Hep. V, 467 c, «,«6, Sa, T.'ov s,; vctaToe;. — 71 De val. tuend. I, 8, II, 9. - 72 lughirann, Vfl.u filtili pi. 275 ( = Pauofka, Dilder antiken Lebens, pl. i, 5). — 73 Télés ap. Stob. Florileg. 98, 72 ; cf. Pseudo-Luc. Amor. 45. Voy. Girard (Paul), L'éducation athénienne., p. 2I„. 74 Archaeolog. Zeit. XLIII, pl. 11. Voy. des peintures analogues dans

de Laborde, Vases de Lamberg, I, pl. xvui; Gerhard, Griech. Vasenbild. IV, pl. 293-294, I,”" 1 et 2, et les peintures indiquées plus bas, note 95.

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bâtons garnis de lanières. Leur maître est généralement représenté au milieu d’eux, vêtu d’un manteau et tenant un bâton à la main; on voit à son attitude qu’il leur donne des conseils et surveille leur tenue 75. Dans les grands jeux d’Olympie et, à Athènes, dans les Panathénées, il y avait un prix spécial destiné aux enfants pour la

course à cheval ; c’était le prix du n a?ç xeXv) tiÇcov [équités] 75 ; le concours où ils se le disputaient est souvent représenté sur les monuments77. Une fois qu'il était entré dans l’éphébie, le jeune homme, désormais astreint à un service militaire effectif, pouvait être classé dans la cavalerie et en ce cas il avait à perfectionner par un exer¬

cice journalier, en quelque lieu qu’il fût appelé pour la défense du pays, les connaissances qu’il avait acquises au manège 78. Il est probable que dans l’éphébie on lui enseignait surtout ce qui lui manquait encore, c’est-à-dire le maniement des armes à cheval. 11 était alors confié à un instructeur spécial, distinct des hipparques et des phylarques ’9. Les inscriptions de l’éphébie athénienne attestent que l’exercice du cheval n’y fut négligé à aucune époque 80, et ce sont probablement des éphèbes de la cavalerie qui figurent sur la fameuse frise du Parthénon 81 . Chez les Romains l’équitation fut aussi comprise, de bonne heure, dans le cercle des études auxquelles devaient se livrer les jeunes gens de condition noble; Caton l’Ancien voulut l’enseigner luimême à son fils82 ; c’est assez dire combien elle était en faveur auprès de ceux qui tenaient à la tradition nationale, au mos majorum. Lorsque, sous l’Empire, on vit des jeunes gens bien nés délaisser le cheval pour des jeux frivoles, ce fut aux yeux des bons citoyens un symptûme grave, qui n’annonçait rien moins que la décadence du peuple romain 83.

Les femmes. — - Il est douteux que l’usage du cheval ait jamais été fort répandu parmi les Grecques et les Romaines ; les auteurs classiques en font un des traits caractéristiques des souveraines étrangères, telles que Didon 84 ou Sémiramis 85. C’est sans doute à leur exemple que Caesonia, femme de Caligula, chevauchait devant les troupes à côté de son mari, revêtue d’un costume militaire 86. On raconte qu’une jeune fille nommée Cloelia s’échappa à cheval du camp de Porsenna, où elle était retenue comme otage, et rentra dans Rome après avoir traversé le Tibre avec sa monture ; pour perpétuer le souvenir de cet acte de courage, on lui éleva une statue

75 Sur ces maîtres d’équitation, v. Fiat. Theag. c. 7, p. 126, c. d. — 76 Paus. VI, 2, 4 ; VI; 12, 1, 13, 6; Plin. XXXiV, 19, 14, 16. — 77 Mon. dell’ Instit. di corr. arch. I, pi. 21, 9, b, et pl. 22 /. 3 b ; Bull, de coït. hellén.Wl; p. 436; Krause, Gymnastik , 1, p. 585; Grasberger, Ersiehung , III, p. 237-238. — 78 Girard (Paul), O. cil. p. 277 et s. — 79 C’est du moins ce qu’on peut conjecturer d’après Xenoph. ’IicSoiW. I, 17 (xbv JiSi;ovra rapproché de Mnésimaque

<lans Athen., IX, 67, p. 402 f. Voy. Martin (Alb.) O. c. p. 399-400. — 89 Corp. inscr. att. II, 478 t’r. a. b. ligues 20-21, i’r. c. ligne 9; 479 lignes 29-30; 482 ligue 21. — 81 pau| Girard, p. 279. — 82 plut. Cat. 20. — 83 Hor. Carm.

équestre au haut de la Voie Sacrée, près de la porte du Palatin. Mais c’est là un fait unique comme l'honneur qui en fut la récompense; la conduite de Cloelia fut admirée surtout parce qu’elle sembla plus digne d’un homme que d’une femme 87. Les Amazones de la légende sont toujours représentées jambe de-ci, jambe de-là (TieptëxÔTiv) (fig. 247 du tome Ier) et c’est encore ainsi que montent bien souvent les paysannes dans certaines contrées du Midi, surtout dans les montagnes, où les bêtes de somme prennent rarement les allures vives; mais si l’on excepte les Amazones, les femmes sont toujours figurées assises sur leur monture, les deux jambes pendantes du même côté; c’est l’attitude que les artistes ont donnée à Europe sur le taureau [europa], aux Néréides et à d’autres héroïnes de la fable qu’ils représentent portées par divers animaux 88 :

c’est ce qu’Ammien appelle muliebriter insedere". L’usage de la selle de femme fut connu, au moins en Asie, dès le ve siècle avant Jésus-Christ : sur le monument de Gjôl Bachi90, récemment découvert, une femme est assise sur un siège muni d’un dossier et d’un marchepied (fig. 2716) ;mais l’usage ne paraît pas s’en être répandu dans la Grèce propre.

III, 24, 54. V. encore Cai'm. I, 8, 6. III, 7, 25 et 12, 8 ; Stat. Silv. V, n, 113 ; Veg. R. mil. I, 18. — 84 Virg. Aen. IV, 135. — 83 Diod. II, 19. V. encore Tac. Ann. XII, 51 ; Arrian. Anab. VII, 13, 2 ; Philostr. Sen. Imag. II, 5. — 86 Suet. Caliy. 25. — 87 Liv. II, 13; Dion. Haï. V, 35; Plut. Popl. 19. — 83 Plin. Hist. nat. XXXIV, 13; Serv. Ad. Aen. VIII, 646; Senec. Consol. ad Marc. XVI; Val. Max. III, 2-2. Cf. Becker, Topogr. d. StadtRon i, p. 112. — 89 Amm.XXXI, 2-6; Achill. Tut. (I, 1) dit d’Europe sur le taureau : ’H iraçôïvoç ÈitexàÔTjTo... où irepi?à£r]v, àXlà. *a-tàlûeoçiav !n\ Sc£ià (rupiSàTa tio iïô£e. — 99 Benndorf, Bas Heroon von Gjôlbasc/ti, I in Jahrb. d. knnsthislor. Samml. d. Kaiserhauses , IX, Wicn, 1888.

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Certaines divinités féminines ont été associées au cheval, ce sont surtout sélénè et à une époque plus récente epona ; on trouve mention d’une Artémis et d’une Vénus équestres ; Euripide parle aussi d’une Aurore fjiovc>7rü>Aoç91. On a cru reconnaître ces diverses divinités, les unes avec raison, les autres à tort, sur un grand nombre de monuments où apparaissent des femmes àcheval92 ; elles y sont constamment représentées dans l’attitude de nos amazones modex-nes; il est bien vraisemblable que le modèle en a été pris dans la réalité et que, par conséquent, les Grecques et les Romaines, lorsqu’elles montaientàcheval,s’y tenaient comme lesfemmesdenos jours.

Le manège. —

Dans les pays du Midi, où les pluies sont rares, les leçons d’équitation se donnaient souvent en plein air.

Sur un va6e peint figuré plus haut (fig. 2715), qui représente des enfants apprenant à monter, on voit un arbre dans le champ de la composition. C’était généralement sur l’Agora, près des Hermès, que les Athéniens se livraient à cet exercice". A Rome, le Champ de Mars en était le théâtre ordinaire ; il devait y avoir là un espace circulaire, dont le sol bien battu était réservé aux cavaliers ; c’est ce qu’Ovide appelle certus orbis dans une description mythologique, où, pensant probablement au Champ de Mars, il dit :

Planus erat, lateque païens prope moenia campus ,

Assiduis pulsatus equis 94.

Cependant les anciens ont aussi connu les manèges; une peinture de vase nous montre des jeunes gens à cheval courant dans un édifice couvert, dont la toiture

91 Eur. Orest. 1005. — 92 Cette question est traitée eu détail parSalomon Reinach, Nécropole de Myrina, p. 402, pl. xxx, avec de copieux renvois aux sources.

On peut voir des femmes montées sur des ânes et autres bêtes de somme dans le Dictionnaire t. Ier, fig. 570 et 1187. Cf. Muselli, Antir/u. reliqu., tab. cxxy, Scblieben (p. 192, note 1180) cite un moulage du musée de Bonn (n° 386) qui représente une femme assise sur un cheval devant un homme, etc. — 93 Mnesimach. ap. Athen. IX, 67, p. 402 F. — 9i Ov. Metam. VI, 225; cf. Ars am. III, 384 ; Horat. Carm. I, 8, 5, III, 7, 25; Strab. V, 3, p. 361. Stat. Silv. V, 2, 113. Cf. Becker, Topogr. der Stadt Rom , p. 598. — 9o Monum. publiés par l' Associât, des études grecques , 11 (1885-1889), p. 10 et 11. Vov. aussi Jahrbuch des archüol. Instituts , IV, 1889, p. 29. — 96 'iTCZtx. VII, 19. — 97 Mem. III, 3,

£ — üs Vopisc. Aurelian. 49. — 99 Veg. R, mil. II, 23. -«■ 10° Corp. inscr. lut

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est supportée par des colonnes (fig. 2717) 9S. Ce lieu est appelé par Xénophon bcirocofa 96 ou ctpLfxoç, arène , parce qu’il était sablé97. Les portiques de longue étendue pouvaient aussi servir au même usage 9S. Les soldats de la cavalerie romaine s’exerçaient en plein ailpendant l’été ; mais, aux approches de l’hiver, on élevait près des camps des manèges, où ils pussent trouver un abri contre les intempéries de la saison; ce n’était

souvent que des constructions légères qu’on couvrait de roseaux, de chaume ou d’herbes de marais, si on n’avait pas de tuiles sous la main ; on les appelait porticus 99 ; mais on éleva aussi des édifices plus durables, comme on le voit par les inscriptions, où des manèges sont mentionnés sous le nom de basilica equestris ,0°. Non seulement les soldats y amenaient leurs montures ordinaires, mais ils y trouvaient des chevaux de bois, sur lesquels ils s’accoutumaient à sauter toutarmés, tantôt du côté gauche, tantôt du côté droit *01.

G. Lafaye.

EQUITES. — Grèce (oi btireïç). — La plus ancienne cavalerie que nous connaissions chez les Grecs est celle que nous montrent les poèmes homériques, la cavalerie des chars [currus]. La tactique à l’époque du char do guerre est toute aristocratique : il y a deux guerriers sur le char, l’^vtoyoç et le TcapaêctT7]ç ; ce sont ordinairement deux amis et ils appartiennent à la classe des nobles, des avaxrsç, des (BaatÀeïç ; sur le champ de bataille la foule du peuple les suit, sans avoir une grande influence sur le résultat de l’action ; des nobles seuls dépend la victoire parce qu’ils sont montés et bien armés. Cette importance

VU, 965 : a basilicam equestrem exercitatoriam jam pridem a solo coeptam ae* dificavit consumraavitque »; cf. Corp. inscr. lat. III, 6025; L. Renier, C. rendus de l’Acad. des inscr. 1869, p. 283. — 101 Veget. R. mil. I, 18. — Bibliographie. Fréret, Sur l'ancienneté et sur l'origine de l'art de l'équitation dans la Grèce, Mêm. de V Acad, des Inscr. (1730), t. X, p. 453; Fabricy (G.), Recherches sur l'époque de l' équitation et de l'usage des chars équestres chez les anciens, Rome, 1764; Hermann (G.), Opusc. I, p. 63-80; Haase (II.), Palaeologus, p. 53-75; Ancient horsemanship, dans le Classical Journal, t. XXXIV; Krause (J. -H.), Gymnasti/c und Agonistik der ffellenen, t. I, p. 582 et s. (1841) ; Scblieben, Die Pferde des Alterthums (1867), p. 169, chap. VII, Die Dressur ; Grasberger, Erziehung und Unterricht im klassischen Alterthum . III (1881),, p. 224 et s. § H, Der Unterricht in der Reitkunst.

Fig. 2717. — Le manège.

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de la cavalerie explique, d’après Aristote, pourquoi c’est le gouvernement de l’aristocratie qui a succédé à celui de la monarchie l. « Le premier gouvernement chez les Grecs, après la royauté, fut aux mains de ceux qui faisaient la guerre et tout d’abord aux mains des cavaliers ; c’est dans la cavalerie que reposait la puissance à la guerre, car il fallut un temps assez long à l’infanterie pour se discipliner et pour connaître sa force 2. » Dans un autre passage d’une portée plus générale, Aristote établit la corrélation qu’il y a entre la forme du gouvernement d’un pays et son organisation militaire : là où l’arme principale est la cavalerie ou la grosse infanterie des hoplites, le gouvernement est aristocratique ; là où c’est l’infanterie légère ou bien la marine, le gouvernement est démocratique3. On a dit 4 que, le sol de la Grèce n’étant pas en général propre à la cavalerie, ces observations d’Aristote ne s’appliquaient qu’à un nombre assez restreint de pays grecs, ceux qui possédaient ces grandes plaines nécessaires aux manœuvres de la cavalerie. Cependant il faut observer qu’à l’époque historique subsistaient encore sur divers points de la Grèce d’anciennes coutumes, d’anciennes dénominations, qui prouveraient qu’à l’époque héroïque l'usage du char de guerre était très répandu (on verra plus loin ce qui concerne Sparte, la Crète, la Béotie, Cyrène) ; on sait de plus que le char de cette époque était d’un maniement facile et pouvait être employé même sur un terrain accidenté. Quoi qu’il en soit, le rapport établi par Aristote entre la cavalerie et l’aristocratie est une vérité constante pour toute l’antiquité ; la cavalerie a toujours été un corps aristocratique et, quand on étudie l’histoire de cette arme dans un pays, ce n’est pas seulement l’histoire militaire de ce pays que l’on étudie, c’est aussi son histoire politique et sociale.

Athènes. — L’Attique n’est pas un pays favorable à la cavalerie 3 ; à l’exception des deux grandes plaines de Marathon et de Thria, le sol est rocailleux, montueux; il blesse et use très vite les pieds des chevaux6. Cependant le cheval occupe une grande place dans les légendes particulières de l’Attique; par exemple lalutte entre Poséidon et Athéna, l’histoire d’Erechthée, celle des Amazones et d’Hippolyte ; on connaît le culte de Poséidon Hippios à Colonne ; dans un passage de Y Iliade, qui paraît remonter tout au plus à l’époque de Solon ou de Pisistrate, nous trouvons rappelées les trois prétentions, qui ont toujours été les plus chères aux Athéniens, la protection d’Athéna, l’autochthonie etl’art de dresser les chevaux7; nous savons enfin que jusqu’à l’époque de Pisistrate, il n’y avait à la fête nationale du pays, les Panathénées, qu’une seule sorte de concours, les jeux équestres8. Tous ces faits indiquent que, dès une haute antiquité, l’aristocratie a été très puissante dans l’Attique et quelle avait un goût prononcé pour la cavalerie. Quelques savants9 ont voulu aller plus loin et ont cru qu’on pouvait reconnaître cette aristocratie dans la seconde des quatre tri-

EQÜITES. i Polit. IV, 10, 10 (1297 t, 6). — 2 Arlsiot. Polit. IV, 3, 2 (12S9 b, 36) et VI, 4, 3 (1321 a, 4). — 3 \V. Wachsmuth, Bell. Alt. I, 338; SchSmann, Griech. Alt. I, 135. — 4 Herodot. IX, 13. — 5 Heroci. VI, 102; Cratinus, fr. 346 de Kock. — 6 Thuc. VII, 27; Gust. Gilbert, Handbuch , I, p. 101; K. -F. Hermann, Griech. Prioatallerthümer , 3® éd. par Hugo Bliiraner, p. 112, n° 1. — 7 H, 546.

8 A. Mommsen, Heo rtologie, p. 81 et 117. — 9 F. Haase, Die Athenische Stammverfassung, Breslau, 1837 ; K.-F. Hermann, Slaatsalterthümer, 5° éd. § 95, 10.

10 F.-G. Kenyon, ’aOïivoûwv nolmia, Aristàtle on ilie constitution of At/iens , Londres, 1891. — 11 § 4, p. 9.-12 Soiolh 18.-13 Harpocr. s. v.W.-i;; s. u. *ev.a-

bus ioniennes, qui ont formé jusqu’à Clisthène la division administrative et religieuse de i’Attique, les Hoplôtes. Cette identification, qui prétend s’appuyer sur quelquesuns des traits de la légende de Xuthus et d’ion, ne peut être considérée que comme une hypothèse.

Le grand fragment de la n&XiTsta t&v ’AO-rivaiwv d’Aristote, qui vient d’être publié10, nous apporte quelques renseignements précieux sur la cavalerie athénienne; malheureusement, sur bien des points importants, cet ouvrage présente les difficultés les plus graves. Un des passages les plus embarrassants est celui qui concerne la législation de Dracon. Il résulterait de ce passage que la cavalerie existait déjà à l’époque de Dracon comme corps militaire et comme classe sociale. « Ce législateur, dit Aristote, constitua la cité avec ceux qui pouvaient se fournir l’armement; on choisissait les archontes et les trésoriers parmi ceux qui avaient une fortune, libre d’hypothèques, d’au moins dix mines ; pour les autres charges on prenait ceux qui avaient l’armure; quant aux stratèges et aux hipparques ils devaient prouver une fortune nette d’au moins cent mines et avoir des enfants légitimes âgés de plus de dix ans11. » Un peu plus loin, à propos de l’organisation du conseil des Quatre-Cent-Un, Aristote dit : « Si l’un des membres du Conseil, quand il y a séance du Conseil ou de l’Ecclésia, manque à la réunion, il est passible d'une amende qui est de trois drachmes pour le pentacosiomédimne, de deux drachmes pour le cavalier, d’une drachme pour le zeugite. »

Au milieu des obscurités qui couvrent l’histoire des origines de la constitution athénienne, s’il y avait un point qui parût clair, qui fût considéré comme bien certain et bien établi, c’est l’attribution des classes censitaires à Solon. Le témoignage de Plutarque est formel là-dessus12; et ce témoignage se trouve confirmé par celui de divers grammairiens 13 qui, en parlant de l’institution des classes, ne mentionnent que Solon, sans dire un mot de Dracon. Ce n’est pas là la seule difficulté. Sans entrer dans plus de détails, il nous est impossible de comprendre comment ce cens qui divise la cité en pentacosiomédimnes, en cavaliers, en zeugites, concorde avec le cens imposé aux archontes et aux trésoriers, aux stratèges et aux hipparques u. En présence de tous les embarras, et même des contradictions que se trouvent dans ce passage, quelques critiques ont exprimé l’avis qu’il était in terpolé et qu’on ne pouvait l’attribuer à Aristote15. Les arguments émis en faveur de cette explication nous paraissent avoir une force considérable, et nous n’hésitons pas à nous ranger à cette opinion. Quelque peu de confiance qu’on accorde à Plutarque et aux lexicographes, l’erreur commise ici par eux paraît un peu forte. Si, au contraire, on admet l’authenticité de ce passage, il n’y aurait, d’après nous, qu’une façon d’expliquer cette erreur, c’est de supposer que Plutarque et les lexicographes ont trop pris à la lettre ces mots d’Aristote :

xomo[xé$i(i.vov ; Phot. et Suid. s. v. luxa;. — H Le cens pour les archontes et pour les trésoriers est seulement de 1000 drachmes de capital, oûaia; les pentacosiomédimnes, a u contraire, doivent avoir 500 drachmes de revenu foncier (du temps de Solon la valeur d’un médimne de blé est évalué à une drachme, Plut. Solon , 23; Boeekh, StciatshaiLshalt. I, 117) ; cela nous parait bien difficile à combiner. — lo F. Cauer, Hat Aristoteles die Schrift vomStaate der Athener geschrieben'l Stuttgart, 1891, p. 70; Headlam, Classical Revint) , avril 1891, p. 166; Henri Weil, Journal des Savants, avril 1891, p. 197 ; enfin Th. Reinach, qui a résumé et complété la démonstration, Revue des éludes grecques , t. IV, 1891, p. 143.

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« Solon constitua un gouvernement et établit des lois différentes; on cessa de se servir des lois de Dracon, à l’exception des lois sur le meurtre16. »

Il ressort, en effet, de ce dernier passage que Solon a fait très probablement table rase de tout ce qui existait avant lui; il n a gardé de la législation draconienne que les lois sur le meurtre ; puis il a constitué l’État à nouveau ; mais dans cette constitution nouvelle il a fait entrer bien des éléments de l’ancienne; il a conservé les quatre tribus, les douze phratries avec les phylobasüeis, l’Aréopage, le Conseil des Quatre-Cents ; il aurait donc pu aussi emprunter à Dracon la division des classes censitaires. Mais si l’on admet cette explication, il nous semble qu’il faut admettre aussi non seulement qu’à 1 époque de Solon on a procédé à une évaluation nouvelle des fortunes, et, par conséquent, à une répartition nouvelle des citoyens dans les classes, mais aussi qu’à l’époque de Dracon, cette division en classes censitaires n’avait encore qu’une importance secondaire, tandis que l’ancienne division, en Eupatrides, Géomores, Démiurges, qu on attribuait à Thésée et qui était toute aristocratique tenait toujours le premier rang. On ne peut nier en tout cas que les détails, dans lesquels entre Aristote pour faire connaître la division des classes de Solon, n’indiquent chez lui l’intention de montrer dans cette partie de l’œuvre du législateur quelque chose de nouveau et qui lui appartient bien, en tout ou en partie : « Il divisa les fortunes en quatre classes, comme cela avait été fait auparavant 17 , pentacosiomédimnes, cavaliers, zeugites, tliètes. Il attribua les fonctions publiques aux pentacosiomédimnes, aux cavaliers, aux zeugites, c’est-à-dire les fonctions d’archontes, de trésoriers, de polètes, d’onze, de colacrètes, donnant à chacun un droit aux fonctions publiques en rapport avec sa fortune. Il n’accorda aux thètes que le droit de siéger à l’ecclésia et dans les tribunaux. Pour être pentacosiomédimne, il fallait recueillir de ses terres cinq cents mesures en denrées sèches ou liquides; pour être cavalier, il fallait en recueillir trois cents, ou, comme quelques-uns le disent, être en état de nourrir un cheval 18, et on donne comme preuve le nom de la charge dérivé de l’obligation imposée et les consécrations des anciens; en effet il y a sur l’Acropole une statue du (fils de) Diphilos, sur laquelle se trouve cette inscription : Anthémion, fils de Diphilos, a consacré cette statue aux dieux parce qu’il est passé de la classe des thètes dans celle des cavaliers. Et il a auprès de lui un cheval comme témoignage. Le cens des zeugites était de deux cents mesures19; tous les autres citoyens formaient les thètes et ne participaient à aucun emploi. »

Malheureusement le fragment d’Aristote, si explicite sur la formation de la classe sociale des cavaliers, n’apporte rien de nouveau sur la manière dont le corps militaire des cavaliers était organisé du temps de Dracon ou de Solon. Tout ce qu’il nous dit c’est que ce corps aurait existé puisqu’il y avait des hipparques dans Athènes au temps de Dracon; pour le reste nous en sommes toujours réduits au texte de Pollux 20 : « Les démarques sont

16 § 7, p. i6. — 17 Mots suspects, comme ledit déjà l’éditeur. — 18 llfautici citer les termes d’Aristote : 'Ii:i:âSa Si (£eî teXeïv) toù; xpiây.o<ria TCOioCfvta;, w; 5’evtoî ©a ai roùç îirjïOTpooeïv ^uvapivouç* — I9 Ce chiffre doit-il être considéré comme définitif? Boeckh et d’autres savants croyaient que le cens pour les zeugites était de 150 mesures; cf. A. Martin, Cau.Ath. p. 71, note 5. — 20 V J 1 1 , 108. — 21 On trouvera l’état de la question tel qu'il était avant la découverlede la noXrceia d’Aristote, dans nos Cav.

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les chefs des dèmes ; ils s’appelaient .autrefois naucrares, lorsque les dèmes s’appelaient naucraries. La naucrarie était la douzième partie de la tribu qui avait douze naucrares ; la trittys en avait quatre ; ils avaient à répartir les contributions entre les dèmes et à régler les dépenses particulières des dèmes. Chaque naucrarie fournissait deux cavaliers et un vaisseau; c’est de ce vaisseau qu’elle a peut-être tiré son nom. » S’il était vrai que la cavalerie athénienne existât déjà du temps de Dracon, la question des naucraries aurait perdu de son importance 21 ; mais, comme cette question reste encore douteuse, nous continuons à croire que le témoignage d’Hérodote relatif aux prytanes des naucrares est en contradiction avec ce que dit Thucydide, surtout avec ce que disent certains grammairiens qui attribuent à Solon l’institution des naucraries22. Le texte de Pollux est considéré comme une citation empruntée à la rioXnrei'a rwv ’AQï)vatcüv d’Aristote 23 ; le philosophe parlait donc, dans un autre passage de son livre, et des naucraries et des cavaliers; y avait-il dans ce passage des renseignements sur l’origine des naucraries? Peut-être une nouvelle découverte nous l’apprendra-t-elle; en attendant cette question, qui serait surtout intéressante pour 1 histoire de Solon et de sa législation, doit être réservée.

Quoi qu’il en soit, la constitution athénienne telle qu elle a été réglée par Solon repose sur deux grands principes: elle est militaire et timocratique; elle a pour objet de répartir les charges militaires entre les diverses parties de la population et de régler les rangs dans la cité d’après les charges imposées à chaque partie de la population. Les trois premières classes, qui seules supportent toutes les charges, qui seules sont soumises au service militaire, qui équipent la flotte, qui fournissent des cavaliers montés, ces classes sont payées de tous ces sacrifices par une série de privilèges qui sont une compensation de toutes ces charges ; et ces privilèges sont en proportion directe avec la fortune de chaque classe, c’est-à-dire avec les charges qui lui sont imposées; le témoignage d’Aristote est formel sur ce point24 ; en un moi, dans la constitution de Solon, les charges imposées à chaque citoyen sont en proportion de sa fortune, et ses privilèges sont en proportion des charges qu’il subit. C’était là une application de cette grande idée de la justice distributive, de la NégEo-tç, une des idées fondamentales qui ont réglé la conscience grecque depuis Hésiode jusqu’à Socrate et jusqu’aux sophistes 2S. Si à présent nous cherchons à voir comment était organisée l’armée athénienne à cette époque, nous voyons qu’elle comprend le corps des hoplites, les cavaliers, la flotte. Ces trois services sont répartis entre les trois premières classes, les seules qui soient appelées à former l’armée nationale. Il n’était pas nécessaire de fixer l’effectif du corps des hoplites ; cet effectif était indiqué parle chiffre de la population : tous les citoyens valides des trois premières classes sont tenus de se fournir l’armure complète et de servir comme hoplites. Pour la flotte et pour la cavalerie26 au contraire, il fallait indiquer quelle importance on entendait donner à cette partie de la puissance

alh. p. 79. — 22 Herod. V, 71 ; Tkuc. 1,126 ; Schol. Aristoph. Nub. 37 ; cf. Phot.s. v. Nauxpaçda ; Harpocr. s. v. Nauxçaoixà ; dans l’édition Kenyon il est question des Naucraries, § 8, p. 23. — 23 Cf. l'édition des fragments d’Aristote de Valentin Rose, n° 387, p. 2G4. — 24 Outre le passage que nous avons traduit, cf. encore dans le même ouvrage, § 26, p. 72. — 25 A. Martin, O. c . p. 106. — 26 Sur les traits communs que présente l'organisation de la Hotte et celle de la cavalerie, cf. nos Cav. Ath. p. 104.

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militaire d’Athènes; il fallait enfin répartir d’après la population et le territoire les charges qui en résultaient. L’ancienne division des quatre tribus et des douze phratries est conservée ; mais à côté de la phratrie, division qui est surtout religieuse, on place la trittys27, division purement administrative ; la trittys est enfin subdivisée en quatre parties appelées naucraries. On a donc quatre tribus, douze trittyes et quarante-huit naucraries; la répartition des vaisseaux et des cavaliers est faite sur les bases suivantes :

Chaque tribu fournit 12 vaisseaux, 24 cavaliers.

Chaque trittys » 4 » 8 »

Chaque naucrarie » 1 » 2 »

Ainsi l’armée athénienne comprend une flotte de quarante-huit vaisseaux, un escadron de quatre-vingt-seize cavaliers et un corps d’hoplites dont l’effectif n’est pas connu. On a jusqu’ici compris assez inexactement la façon dont les trois services de la flotte, de la cavalerie et des hoplites ont été répartis entre les trois classes qui servent à recruter l’armée. On croyait que la cavalerie ne pouvait être recrutée que dans la deuxième classe, celle des cavaliers, et alors on se heurtait à de nombreux témoignages attestant que les cavaliers peuvent appartenir à la première classe28. Voici, d’après nous29, le sens qu’il faut attribuer à la division des classes de Solon. Le timéma de la troisième classe, deux cents médimnes, indique la limite au-dessous de laquelle on ne peut plus être enrôlé comme hoplite ; celui de la deuxième classe, trois cents médimnes, indique la limite audessous de laquelle on ne peut plus être enrôlé comme cavalier ; le timéma de la première classe, cinq cents médimnes, indique la limite au-dessous de laquelle on ne peut plus être triérarque. Ce ne sont donc pas seulement les citoyens de la troisième classe qui sont hoplites, mais aussi tous ceux de la deuxième et de la première qui ne sont ni cavaliers ni triérarques; et, de la même manière, ce ne sont pas seulement les citoyens de la deuxième classe qui peuvent être enrôlés comme cavaliers, mais aussi tous ceux de la première classe qui ne sont pas triérarques. En un mot, les citoyens valides des trois premières classes sont astreints au service militaire dans le corps des hoplites; mais, en outre, pour recruter la cavalerie, on peut prendre tous les citoyens qui ont au moins le timéma de la deuxième classe, c’est-à-dire les citoyens de la première et de la deuxième classe ; et enfin pour la flotte, on peut prendre tous les citoyens qui ont le timéma de la première classe.

Cette explication rend compte des noms attribués aux quatre classes censitaires. Il ne faut pas croire, avec K. F. Hermann30, que cette division nouvelle u’est autre chose que l’ancienne division en trois classes de Thésée, à laquelle on aurait ajouté simplement une classe nouvelle, celle des pentacosiomédimnes ; il ne faut pas s’imaginer que les thètes ne sont autre chose que les démiurges de Thésée; que les zeugites ne sont autre chose que les anciens géomores, et qu’enfîn les ÎTnrijç ne sont autre chose que les eupatrides. Nous pensons, au

27 Quand et par qui la trittys a-t-elle été instituée? Nous savons aujourd’hui qu elle est antérieure à Clisthène et qu’elle doit remonter au moins à l’époque de Solon (Aristot. ’A3r,v. „oXi-c. § 21, p. 55). Sur cette question, cf. nos Cav. Ath. p. 93. — 28 Alcibiade a servi tantôt comme hoplite, tantôt comme cavalier ; Plutarch. Alcib. 7; Plat. Symp. 219 e-22i ô; autres exemples dans Dem. C. Mid. 162 et s. ; Isae. V, 42 ; VI, 5; Lysins, XIV, 10 ; XVI, 13. — 29 Cntt. Ath. p. 314. — 30 De equilibus Atticis, p. 11. — 31 Enréalité la nouvelle réforme ne dut

contraire, que s’il y a quelque chose de bien évident dans l’institution nouvelle, c’est le soin avec lequel on a évité de donner à aucune des classes un nom qui pût rappeler le privilège de la naissance. L’ancienne division attribuée à Thésée reposait véritablement sur ce caractère ; à ce système Solon (ou Dracon) en oppose un autre tout différent qui repose sur le privilège de la fortune31, et les noms qu’il donne aux nouvelles division du corps social n’ont trait qu’à la fortuue. Des noms comme les citoyens aux cinq cents mesures , les citoyens qui ont un attelage de bœufs , les mercenaires sont significatifs : à côté de termes si clairs, le mot brirEuç ne peut avoir d’autre signification que celle qu’il a généralement, un homme qui a un cheval ou qui monte à cheval. Ces noms des nouvelles classes ont un sens tout administratif, nous pourrions dire tout laïque, ils sont par là en parfaite corrélation avec les noms de naucraries et de trittys, et ils appartiennent très probablement au même système d’institution^.

Ainsi dès l’époque de Dracon, en tout cas dès l’époque de Solon, il y eut dans Athènes une classe sociale et un corps militaire de cavaliers. Les deux choses sont distinctes et portent des noms différents : l’expression ÎTnrâSa teXeiv32, avoir le cens équestre, ne s’applique qu’à la classe : pour le service militaire, l’expression usuelle est biTréa slvai. En effet, on peut être rangé dans l’une sans être incorporé dans l’autre, comme on peut appartenir à la première classe et n’ètre pas triérarque. Mais un lien étroit rattache le corps militaire à la classe sociale ; il n’y a pas, dans Athènes, une classe de chevaliers , et, en dehors de cette classe, un corps militaire de cavaliers; il y a une classe de cavaliers, et c’est le cens de cette classe qui détermine quels sont les citoyens qui peuvent servir dans la cavalerie ; tous ceux qui ont le cens de cette classe peuvent être enrôlésparl’hipparque.

Après Solon, il n’est plus question de la cavalerie athénienne jusqu’à l’époque où commence la guerre du Péloponnèse. Son effectif paraît avoir été porté de quatrevingt-seize à cent hommes, lors des réformes de Clisthène et de l’institution des dix tribus33. Il semble cependant que, peu après Solon, on se soit préoccupé d’avoir dans l’armée athénienne un bon corps de cavaliers. On peut attribuer à Pisistrate cette alliance avec la Thessalie31 qui a duré si longtemps et qui avait pour objet de donner une bonne et nombreuse cavalerie aux Athéniens. Les guerres Médiques montrèrent la supériorité de l’infanterie des Grecs sur celle des Perses ; mais ceux-ci possédaient une cavalerie nombreuse, qui fit souvent du mal à l’ennemi ; les Grecs n’avaient guère dans leur armée que quelques cavaliers, à peine en état de faire un service d’ordonnances38. Dans le contingent athénien, ces cavaliers faisaient très probablement partie du corps institué par Solon; l’anecdote, dans laquelle Plutarque montre Cimon allant déposer un frein de cheval aux pieds de la statue d’Athéna36, prouve qu’à cette époque la jeunesse aristocratique d’Athènes avait le goût qu’elle montrera toujours pour la cavalerie.

Les guerres Médiques avaient donc ouvert les yeux

pas amener de déplacement de pouvoir. — 32 Aristot. ’AO. § 7, p. 19-20 ; Polit.

II, 9, 4 (1274 a 21); Plut. Sol. 1S; Pollux, VIII, 130 et 131; Hesych. et Harpocr. s. v. ticicàï; Etym. magn. s. v. Zsuyl<r:ov; Harpocration renvoie à Isée, VII, 39; cf. Sauppe, Phlologus, XV, p. 73 ; Gilbert, ffandb. I, 348, note 3. — 33 Cleidemos ap. Phot. s. v. Nauxçapia. — 31 Uq des qis de Pisistrate est appelé Thessalos; l’alliance avec Hippias est incontestable, Herod. V, 63. — 35 Herod. IX, 54; 60. — 36 Cimon , 5.

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aux Grecs sur les services que la cavalerie peut rendre à la guerre. Si l’on en croit Andocide 37 et Eschine38, c’est par des accroissements successifs que les Athéniens auraient formé leur cavalerie. Après la paix de Cinquante ans en 452, ils auraient organisé pour la première fois un corps de trois cents cavaliers et acheté trois cents archers scythes; après la paix de Trente ans, en 445, ils auraient porté le corps des cavaliers à un effectif de douze cents hommes et acheté de nouveau trois cents archers scythes. Ces renseignements sont empruntés, dans les deux orateurs, à des passages où il est difficile de ne pas voir de purs développements oratoires. Aussi quelques savants39 ont-ils émis des doutes sur l’exactitude de ces témoignages. Le peu que nous savons des batailles de Tanagra en 457 et de Coronée en 447 semblerait leur donner raison. Un fait doit être relevé qui appartient à l’histoire de l’art. On admet généralement que la frise de la cella du Parthénon représente la grande procession des Panathénées ou les préparatifs de cette procession. Il y a bien des points obscurs pour nous dans cette représentation; nous ne comprenons pas, par exemple, pourquoi le corps des hoplites ne se trouve pas figuré sur la frise; leur présence à cette procession est un fait hors de toute contestation40. Les cavaliers, au contraire, occupent dans cette composition une place des plus considérables. Cela prouve sûrement qu’à l’époque où cette frise fut composée, la réorganisation de la cavalerie était un fait accompli; jamais sculpteur n’aurait donné une telle place dans son œuvre à ce corps s’il n’avait eu que l’ancien effectif de cent hommes; peut-être aussi cela nous indique-t-il que cette réorganisation était une œuvre assez récente. Ne peut-on pas supposer que l’artiste, en négligeant les hoplites pour donner une place plus grande aux cavaliers, a voulu faire ce que nous appelons une œuvre d’actualité? Nous serions donc tenté de croire, mais ceci n’est qu’une simple supposition, que la réorganisation de la cavalerie s’est faite en une seule fois, qu’elle est l’œuvre de Périclès et qu’elle doit être placée peu de temps avant l’année 438, époque où la statue chryséléphantine d’Athéna fut placée dans le Parthénon41.

Quoi qu’il en soit, en 431, au moment où commence la guerre du Péloponnèse, la cavalerie athénienne se trouvait portée au chiffre qui sera regardé comme son effectif normal, mille cavaliers citoyens et deux cents archers à cheval.

C’est au moment où la cavalerie athénienne est définitivement constituée qu’il convient d’étudier son organisation. Mais pour bien comprendre cette organisation, il est nécessaire de connaître tous les services qui étaient demandés à la cavalerie, et en particulier les services qu’elle avait à faire dans les fêtes religieuses.

Les cavaliers sont appelés à prendre part à deux des actes principaux d’une fête religieuse, la procession, 7to[AToj, et les jeux ou concours, àytovs ;.

Les grandes fêtes ayant pour objet de rendre hommage aux divinités nationales, on peut dire que c’est la cité

31 III, Be pace, 5 et 7. — 38 De fais. leg. 172 et 174. — 39 C. Waehsmutli, Die Stadl Athen im Alterthum , 1, p. 558, note ; Gilbert, Handb. I, p. 305, note 5; cf. encore E. Curtius, Hist. gr. II, 437. — 40 Thuc. VI, 56; Corp. iriser, att. II, 163, I. 13; Aristoph. Banae, 1036. — M Sur tonte cette question, Yoir nos Cav. Ath. I. I, part. III. M. P. Foucart rient de montrer (Bull, de cor. hall. XII, p. 177) que le Parthénon n’était pas encore terminé en 433-2; la statue de Phidias a été mise en place en 438, cela n’est pas contesté (Philochoros, fr. 97 de Muller); il nous semble que la frise de la cella doit être de la même époque. — 42 Sur le rôle des cavaliers dans les processions, voir A. Martin,

tout entière qui compose la procession42. Non seulement les prêtres et les magistrats, mais les hoplites, les cavaliers, les éphèbes, toute l’armée en un mot est tenue de figurer dans le cortège43. On pensait que ces parades étaient un bon moyen pour exercer les hoplites et les cavaliers 44. Les Athéniens se prétendaient le peuple le plus religieux de la Grèce parce qu’ils avaient plus de fêtes que les autres peuples 40. Les dépenses qu’occasionnaient ces fêtes étaient des plus considérables : Démosthène dit que pour les Panathénées et les Dionysies on dépensait plus que pour une expédition navale40. La présence

de la cavalerie aux processions nous est attestée d’une façon formelle par Démosthène ”, et surtout par Xénophon. Dans le livre qu’il a écrit sur les devoirs de l’hipparque, Xénophon recommande à cet officier de s’occuper avec le plus grand soin du rôle de la cavalerie dans ces cérémonies: les cavaliers doivent apprendre à conserver l’ordre qui rendra les processions que l’on fait aux dieux aussi belles que possible 48 ; il propose des évolutions nouvelles surl’Agora, devant les Hermès etl’Éleusinion49 ; il étudie la question de savoir quelle doit être la tenue des cavaliers, comment ils doivent porter la lance. Le nom de l’Agora revient assez souvent dans les textes qui rappellent le rôle des cavaliers dans les processions00; c’était là, pour les fêtes auxquelles la cavalerie prenait part, un point topographique important. Voici l’ordre dans lequel se faisait le défdé de la cavalerie. En tête marchaient les archers scythes à cheval, les tTnroToÇdTai61,

après eux seulement venaient les cavaliers : montés sur leur chevaux d’ordonnance, la tête ceinte de couronnes82,

Les cav. ath. ïiv. I, part. I. — 43 Voir plus loin ce que nous disons de la procession d’Érétrie. — 44 plat. Leg. VII, 6, p. 796 c; XII, p. 947 h et s. ; [Aristot.] Met. Alex. II, 6 (1423). — 45 [Xen.JjÆesp. Ath. III, 8; Fustel de Coulanges, Cité antique , p. 260; Schdmann, Gr. Alt. II, p. 43P ; K.-F. Hermann, Die gottesdienst. Alt. § 54.

— 46 Philip. I, 35. — 47 Philip. I. 26; C. Mid. 171 et 174; Theophr. Char. 21.

— 48 Hipparch. II, 1. — 49 Ibid. III, 1 et s. — 50 Outre le passage de Xéuophon, voir Dem. C. Mid. 171 ; Menanrl. ap. Phot. s. v. lî^xiteiv; Ilegesand. ap. Athen. IV, 64, p. 167 f. — 51 Xen. Memor. III, 3, 1.-52 Plut. Phoc. 27 Michaelis, Der Parthénon , p. 207.

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drons 63 ; en tete de chaque corps marchait l'hipparque, qui était peut-etre entouré des Tcpôopojjuot 84 ; et en tête de chaque escadron (fig. 2718), le phylarque 33. Beaucoup de ces officiers faisaient souvent aller leurs hommes au pas, afin de pouvoir eux-mêmes caracoler et se faire admirer de la foule. Xénophon blâme très vivement cette pratique, il trouve que les officiers s’occupent trop d’euxmêmes et pas assez de leurs hommes63; la vraie parure d’un commandant de cavalerie, c’est la bonne tenue de son escadron51. Le défilé de ces cavaliers, presque tous jeunes, presque tous des premières familles d’Athènes, était un des principaux ornements des processions et

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arrachait des cris d’admiration à tous les spectateurs63. Il faut cependant reconnaître que, si laprésence des cavaliers à la procession des grandes fêtes d’Athènes est attestée par des témoignages certains, il n’y a qu’une seule de ces fêtes qui soit nommée d’une façon précise dans nos textes, c’est la fête des Olympieia S9. Pour les autres, nous sommes guidés par l’analogie. Ainsi la procession des Ëleusinies est une Û7ta7tàvrifi(nç, et nous savons par Polybe 60 que la présence des cavaliers était de règle à ces sortes de processions. Quant aux Panathénées, nous avons pour preuve la frise de la cella du Parthénon (fig. 2719), si l’on admet que cette frise représente la procession et non les concours61. Quoi qu’il en soit de

Fig. 2719. — Procession des cavaliers aux Panathénées.

ces points particuliers, la présence des cavaliers à ces cérémonies est attestée d’une façon générale par des textes nombreux ; il nous semble donc qu’on peut en conclure que la cavalerie figurait à la TO[Mrrç des principales fêtes d’Athènes. Un fait important est à relever, c’est que cette participation des cavaliers aux processions est très ancienne; elle est attestée non-seulement pour l’époque de Démosthène et de Xénophon, mais aussi pour celle d’Aristophane, et même pour celle de Phidias.

Les jeux ou concours62 sont le complément, on peut dire nécessaire, de toute grande fête religieuse. Des trois sortes de concours, l’ccyoov [Aouatxdç, l’àyàv yujjmxdç et 1 àyàv iTttrixdç, ce dernier se distingue des deux premiers, en ce que, pour concourir, on n’a pas besoin de descendre soi-même dans l’arène ; ce n’est pas celui qui a dirigé le cheval ou le char victorieux, ce n’est pas l’écuyer ou le cocher qui est proclamé vainqueur (fig. 2720), mais le propriétaire du cheval ou du char ; la victoire n’est plus larécompense de la force ou du mérite personnel, comme dans les autres concours ; l’àyùv Î7C7tixdç est le privilège de la richesse ; quiconque veut faire montre de sa richesse n a pas de meilleur moyen que de faire courir aux jeux publics; les mots f7wcoTpoç(a, âpjxaT&Tpoyi'a servent pour désigner une grande richesse 63. Introduit relativement assez tard 64 dans le programme des concours, l’aycov tTmxô; leur donne peu à peu un caractère aristocratique qu’ils n’avaient point auparavant.

MXen- Hipparch. III, H; Pliot. s. «. [- 64 Cf. plu3 loin, p. 771.

— 66 Xen. De re eq. XI, 12; Schône, Griech. lieliefs, n" 79; (= Duruy, Hist. ,J'-s Gr. III, 55 ; Le Bas-Reinach, Voyage archéol ., mon. fig. 20). Le sujet de ce asi e I i °f, qui représente un défilé de cavaliers avec un officier en tète se rappoite très probablement à une voairrî ; la couronne qui est gravée sur le monument r.e peut, d’après nous, signifier qu’une chose : victoire d’une tribu de cavalieis à un concours d’uiavlpta, d’EùoirXta ou d’eûvaUa; voir plus loin. — 66 Xen. e re ef XI’ 12- - 57 Xen. Eipparch . 1, 22. - 68 Aristoph. Dan. 653. — 69 Plut, me. 2. . GO XVI, 25, 3 et s. — 61 Micliaelis, Parthénon , p. 203 et s. ; 0. Millier, 1 "lne Sohrift. Il, p, 559 ; J, Overbeck, Gesch. der griech. Plaetik, 3* éd. t. II,

A mesure qu’à partir du ve siècle l’opposition grandit contre les abus de la gymnastique, on voit les jeux équestres augmenter d’importance et devenir bientôt la partie la plus brillante de la fête; là du moins

Fig. 2720. — Proclamation du vainqueur aux jeux hippiques.

les riches, les nobles, les rois étaient sûrs de n’avoir que des rivaux dignes d’eux; ils n’étaient pas exposés à avoir à disputer le prix à des cuisiniers65 ou à des marchands de poisson 66. Nous avons vu que de bonne heure l’aristocratie athénienne y a montré une vive passion pour les chevaux; nous n’avons pas à parler ici des victoires que des citoyens athéniens ont remportées aux jeux équestres des grandes fêtes de la Grèce; il nous suffira de citer dans la liste des olympionices athéniens, les noms d’Alcméon, l’ami de

p. 138; M. ColligQOn, Manuel d' archéol. grecque, p. 164. La figure est faite d'après les moulages de l’École des Beaux-Arts. Il est singulier que les cavaliers ou au moins leurs officiers ne soient pas nommés dans la grande inscription, Corp. inscr. ait. I, 163, relative à la procession des Panathénées. — 62 Pour le rôle des cavaliers dans les concours, cf. A. Martin, Les cav. ath. liv. II, part. IL — 63 Herod. V, 36; VI, 125 ; Xen. De re eq. II, i ; Hieron, XI, 5 ; Oeconom. II, 6, 1 ; Aristot. Polit. IV, 3, i (1289 b, 33); VI, 4, 3 (1321 a, 10) ; Plat. Lysis , 285 c; Isocr. De bigtst 34, etc. — 64 A Olympie en 680, à Delphes en 536 ; cf. nos Cav. ath. p. 166, — 66 Coroibos, l’éponyme delai1’ olympiade, Athen. IX, 28, p. 382 b. — 66 Aristot. Ithet. 1, 7, 32 (1365 a, 26).

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Crésus67, de Cimon-Miltiade, trois fois vainqueur avec le même attelage68, enfin le nom d’Alcibiade. Rappelons maintenant que le fait d’entretenir des chevaux pour les concours s’appelle imtoxpoçta; que c’est là un des signes et aussi un des devoirs de la richesse; et que l’État, dans Athènes et dans toutes les cités grecques, encourage et récompense ceux qui font courir aux jeux publics69.

Les concours [certamina] comprennent deux catégories de prix : 1° les prix individuels; ils sont décernés à un seul individu à qui ils sont remis et dont ils deviennent la propriété ; 2° les prix collectifs ; ils sont décernés à un groupe d’hommes, à un corps, généralement une tribu, ils ne sont pas remis au vainqueur, mais déposés dans un temple et consacrés aux dieux70. Il semble que jusqu’au ive siècle, les prix collectifs avaient un nom particulier vixY|'njpta71 ; plus tard nous les trouvons appelés aOXa comme les autres prix 72.

Concours collectifs , auxquels prennent part les cavaliers : 1° les concours d’eùavSpi'a, d'sùo7rXta et d’eùtaiita. Le plus ancien de ces concours est celui d’sùavSpla pour les Panathénées; il est mentionné sur une inscription du ive siècle73; deux prix sont indiqués, et on peut affirmer qu’ils devaient être décernés, l’un à la cavalerie, l’autre à l’infanterie; en effet, les catalogues de Théseia nous font connaître au n° siècle trois catégories de concurrents pour les concours d’eùavopîa et d’sù&TtXîa, les fantassins, les étrangers, les cavaliers; or nous savons que les étrangers ne prenaient point part au concours d’eùavopta des Panathénées74; il ne reste donc comme concurrents que les fantassins et les cavaliers78. Deux prix seulement sont aussi indiqués pour le concours d’EÙxa^ta par une autre inscription 76, et la même explication est la seule probable. Cette dernière inscription nous fait connaître de plus que ces concours étaient l’objet d’une liturgie; dans la proclamation du prix, on nommait la tribu victorieuse, le nom du phylarque 77, quelquefois celui del’hipparque ’8, plus tard on trouve le tarentinarque nommé à la place du phylarque 79.

2° Le concours d’àv0t7ntaaîa 80. La cavalerie est divisée en deux corps de cinq escadrons, chaque corps est commandé par un hipparque; elle simule des charges et des poursuites 81 ; ce concours n’est pas nommé parmi les vixYjTijpia de 1 inscription du ive siècle citée plus haut, il avait donc lieu soit avant la procession “, soit après83; un concours d’àv0nt7ra<ria avait lieu au commencement du me siècle aux Panathénées et aux Ëleusinies84.

G, Herod. VI, 125. — 68 Herod. VI, 103. — »» Cf. pour Athènes, Corp. viser, att I 8, 1. 10; Plat. Apolog. XXVI, p. 36 d; Rep. V, 13, p. 465 d. — 70 Corp. mser. att. II, 444-446 et nos Car. Ath. p. 188. - 71 Corp. inscr. att II, 965 r. b, col. II, 1. 12; 652, 1. 36; 659, 1. 18; 660, I. 17; 667, 1. 13. — 72 Corp. mser. att. II, 444-446. — 73 Corp. inscr. att. II, 965, 2 b , col. II, p. 26 et s.; Aristote, ’ASr.v. ioTut. § 60, p. 149, nous apprend que le prix pour le concours d’e0avSp!a des Panathénées était un bouclier. — 7* Anecd. de Bekker, p. 253,

75 L’inscription est surmontée d’un bas-relief dont 1 interprétation est

restée obscure (Le Bas-Reinach, I, n» 37, II). Nous proposons l’explication suivante : la déesse "EiixaRa couronne un vainqueur au concours dV)vog(« des hoplites (le vainqueur a le bouclier) ; le personnage du milieu est le A>;po; athénien; cf. Ibid, n» 41. — 76 Corp. inscr. att. I, 172, 1. 5. — 77 Corp. tnscr. ait. II, 445, col. I, 1. 10. — 78 Corp. mser. ait. II, 445, col. I, 1. 15, et 446, col. II, 1. 54. — 79 Corp. inscr. att. II, 444, col. II, 1. 57. 80 Hesych. s. v<

’AvOuntvviEv; Suid. s. ». ’AvOiimairla et Atnreasfo ; Bekker, Anecd. 404, 2 ; U. Kübler, Mitth. d. deutsch. arch. Inst, in Athen , IX (1884), p. 48-53 ; A. Martin,

3° Les Lampadodromies85. Ces courses, à pied, sont très anciennes, mais c’est seulement du temps de Platon qu’on a commencé à les faire à cheval86. Vers l’an 150, sous l’archonte Phaidrias, les cavaliers font une lampadodromie aux Théseia87; mais bientôt après les tarentins sont substitués aux cavaliers 88 ; nous connaissons aussi une lampadodromie faite par les cavaliers à la fête des Panathénées vers le milieu du n° siècle après Jésus- Christ89 [lampadodromia].

Concours individuels. — Ils constituent ce qui est proprement 1 aycbv im uxôç. Nous connaissons exactement la composition de ce concours pour deux des grandes fêtes d’Athènes, les Théseia et les Panathénées.

1. Théseia 90. Nous avons sur cette fête [theseia] une dizaine d’inscriptions plus ou moins complètes91; trois sont datées de noms d’archontes qui se placent entre les années 165 et 156 avant Jésus-Christ, ce sont les inscriptions 444, 445 et 446. Toutes ces inscriptions, pour ce qui concerne Tàyàv iTntixcS;, peuvent se diviser en deux groupes ; le premier groupe comprenant les inscriptions 444 et 445, le second groupe comprenant les inscriptions 446 et suivantes. Dans le premier groupe, nous voyons trois catégories de concurrents faire trois sortes d’exercices °2.

1. Les phylarques (ex tùW tpuXâp^cov) font : le diaulos, soit en armes soit avec le cheval de guerre ; le diaulos simple; l’acampios simple.

2. Les cavaliers (êx t fiv 1717: éwv) font : le diaulos avec le cheval de guerre; le diaulos simple; l'acampios simple.

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