Tous (êx TtâvTfov) font : le diaulos; l’acampios
Les concours Ï-k-kio Xa|j.7ipù> et àcp îWou àxovn'Ç&vTt sont
aussi ouverts à tous, ils sont êx ttyvtcov, tout en étant plus particulièrement disputés par les cavaliers. Les jeux de l’année à laquelle appartient l’inscription 445 ont eu un grand éclat : il y eut alors un double concours des phylarques, et des courses avec le char 7roXe(j.K7T-/jpt(iv, ce qui est sans autre exemple aux Théseia d’après nos catalogues. Le rôle des cavaliers est ici considérable : sur dix exercices qui semblent constituer normalement les jeux équestres, six sont réservés aux cavaliers ou à leurs officiers, les phylarques ; sur les quatre autres, il y en a deux qui ne sont guère faits que par les cavaliers. Ainsi sur les dix concours équestres des Théseia, huit appartiennent aux cavaliers, six en droit, deux en fait.
Le second groupe nous apprend deux particularités importantes. L’inscription 446, la moins incomplète de ce groupe, nous montre qu’à cette époque le rôle des cavaliers a été très réduit : trois concours seulement leur sontréservés ; lescoursesde phylarques sont supprimées;
Les cav. ath. p. 196. On vient de découvrir, au N.-E. du Théseion, une inscription faisant connaître la victoire, à l’anthippasia, de trois phylarques du dême de Réanée. Le monument comprend aussi trois jolis bas-reliefs qui représentent uniformément un trépied et un cavalier barbu portant la chlamyde. Le nom du sculpteur est donné par l'inscription: c’est Brvaxis, l'élève et le collaborateur de Scopas, Rev. des ét. grecques, t. IV, 1891, p. 191. - 81 Xen. Hipparch. III, 6 et 10 et I, 20; V, 4; De re eq. VIII, 10. — 82 Kôhler, Op. I. — 83 A. Martin, Op. I
— 81 Insc. de Glaucon, Corp. inscr. att. II, 1291. — 85 N. Weeklein, Der Fackelwettlauf, dans Y Hermès, VII (1873), p. 437-452; G. Gilbert, Handb. I, p. 342; Thumser, De civium Athen. muneribus, p. 88 ; A. Martin, Les cav. ath. p. 199, et Notes sur l' héortologie athénienne, dans la Revue de Philol. 1886, p. J 1 ■
— 86 Plat. Resp. p. 328 a; Bull, de corr. hell, X, p. 443. — 87 Corp. inscr. att. II, 446, col. I, 1. 67. — 88 Ibid. 447, 1. 26. — 89 Cf. plus loin, Corp. inscr. att. U, 969 a. — 90 Sur le rôle des cavaliers aux Théseia, cf. nos Cav. ath. p. 211---a-
— 91 Corp. inscr. att. II, 44M52. — 92 Pour le sens des termes diaulos et acamplos , voy. cursus.
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et ce sont des tarentinarques qui sont nommés pour le concours d’éuorcXia ; en revanche il y a pour la première fois une lampadodromie éx t ffiv wncétov. Les inscriptions 447 et 448 indiquent que cette lampadodromie est faite par les tarentins. 11 semble donc qu’à l’époque des inscriptions 446, 449 et 448, c’est-à-dire vers l’an 150 avant Jésus-Christ, s’est opérée dans la cavalerie une réforme qui n’a d’abord porté que sur les cadres. Les phylarques sont remplacés par des tarentinarques; puis cette réforme s’est étendue au corps lui-même : les cavaliers sont remplacés, au moins dans une partie de leur service, par les tarentins.
L’importance qui était attribuée aux cavaliers venait de ce que les étrangers n’étaient pas admis à concourir à l’àyùv tmcixéç des Théseia ; nous en avons la preuve certaine; en effet, il y a bien une catégorie de concurrents désignés sous la rubrique ex 7iocvt(ov, mais les vainqueurs, qui sont toujours des Athéniens, sont désignés avec le nom de la tribu ; à l’àyùv yugvixô;, au contraire, où les étrangers sont admis à concourir, les vainqueurs des concours éx iràvTtüv sont désignés avec l’ethnique, ’A9ï|vat&ç, ’Apysîoç, etc. Ces concours éx iravrcov des jeux équestres des Théseia sont analogues, sous ce rapport, aux concours lx tSv noXtTffiv des jeux équestres des Panathénées.
2° Les Panathénées 93. Nous avons six inscriptions qui semblent toutes relatives aux jeux des Panathénées94 [panathenaia], La plus ancienne est du iv° siècle, c’est l’inscription 965 ; elle contient une liste des prix à décerner, avec l’indication de leur valeur ; les autres inscriptions sont des catalogues agonistiques et semblent toutes appartenir au milieu du n° siècle, elles sont à peu près contemporaines des inscriptions des Théseia. Yoici d’une façon générale ce qui ressort de l’examen de ces textes. Au ive siècle, les jeux équestres ne durent qu’un jour et se font au même endroit; ils comprennent deux sortes de concours, les uns réservés aux seuls citoyens d’Athènes, éx r Sv -xoàitéüv, les autres ouverts aussi aux étrangers, éx tovtüjv ; il y a quatre courses pour les deux sortes de concours 96 ; il n'est pas fait mention de courses faites par les cavaliers. L’àyùv éx 7tâvTtov n’est pas comme celui des Théseia, qui n’est en réalité qu’un àyùv éx tSv 7ro>.tT(3v ; il est ouvert à tous les Grecs ; les vainqueurs sont désignés par l’ethnique et le plus souvent il ne sont pas athéniens ; c’est ce concours que nous retrouvons à Olympie, Delphes, etc., et qui forme la partie la plus brillante des jeux; cet âyàv éx ■xâvT(üv,au moment de son complet développement, comprendra six courses : deux au cheval monté (xsXtjti maXixS et tsXeiü*), deux au char à quatre chevaux (app-a-n tuoXixS et TsXetüj) deux au char à deux chevaux (^uvuptSi TtoDXixvj et TeXeia). L’àyùv éx xfiv itoXiTÉuv a aussi aux Panathénées un caractère particulier : il est composé de courses avec les chars ■xoXep.nmfjpia et 7cop.7nx<x, et avec le cheval 7toXep.t<TTvj; ; ce sont là, comme le jeu de l’apobate, des exercices nationaux, très anciens96. Voilà quelle est la composition des jeux équestres des Panathénées, telle que nous la fait connaître l’inscription 965 qui est du commencement du ive siècle.
93 A. Martin, Les cav. ath. p. 226-258; riitiïo5go|Uci des Panathénées est mentionné par Aristote, -A8,v. i.l. §§ 60, p. 148 et 149. — 94 C. inscr. att. II, 965-970. — 95 Quatre courses sont indiquées pour le concours lx xSv iïoIitûv; pour le concours ïx ikàvTtüv l'inscription est mutilée et ne donne que deux courses; nous supposons que ce concours avait autant de courses aux Panathénées qu’aux jeux Olympiques
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Au milieu du u" siècle, à l'époque des inscriptions 966- 970, de grands changements se sont produits; les jeux durent à présent deux jours et se font sur deux emplacements différents, le premier jour à un endroit que nous ne connaissons pas, le second jour à l’Hippodrome. On a conservé pour le second jour les deux anciens concours éx 7tâvT(üv et éx tô5v TroXiTcüv ; chacun de ces concours est arrivé au chiffre de courses qui semble avoir été pendant longtemps le chiffre réglementaire ; six courses pour l’àytov éx TtâvxMv, huit pour l’àywv éx twv 7toXit(uv. Le premier jour ont lieu trois sortes de concours.
1. 'Ex twv TT&XtTwv i jeux de l’vjvtoj^oç et du icapaêaT tjç ; acampios et diaulos avec le char à quatre chevaux et avec le char à deux chevaux;
2. éx tSv cptAâpywv : le diaulos en armes avec le cheval de guerre, le diaulos avec le cheval de guerre, l’acampios ï-jnrco ;
3. éx -rùW Êrorécov : le diaulos avec le cheval de guerre, le diaulos, l’acampios.
Enfin plus tard (insc. 969 A) les jeux sont terminés ce jour-là par une lampadodromie qui est faite par les cavaliers.
On a donc ajouté à la fête une série de concours97 qui ont tous lieu le premier jour et dont l’ensemble constitue l’âyùv mmxôç de fêtes comme les Théseia, concours de citoyens athéniens, de phylarques, de cavaliers, avec cette différence qu’à cause de l’importance de la fête des Panathénées, les courses exécutées par les citoyens athéniens sont en grande partie des courses de char. Cette différence entre les deux fêtes n’est pas la seule, ni la plus importante. Ce qui distingue les jeux équestres des Panathénées de ceux des Théseia, ce sont les concours du second jour célébrés aux Panathénées dans l’Hippodrome : là en effet les concours éx -rôiv •xoXitwv ont un éclat particulier, ils sont exécutés avec les chars iroXejAKrrvjpca et 7r&|x.7ttxâ ; mais de plus c’est là qu’a lieu le grand àyàv éx xocvtüiv qui fait des jeux équestres des Panathénées une fête analogue aux grandes fêtes de la Grèce, c’est-à-dire une fête internationale à laquelle tous les Grecs sont appelés ; nos catalogues nous montrent parmi les vainqueurs des Grecs de tous les pays, et souvent ces vainqueurs sont les plus grands rois de l'époque98. Mais, par cela même, il en résultait qu’aux jeux des Panathénées, le rôle des cavaliers était bien moins important qu’à ceux des Théseia ; ils ne prenaient part qu’aux concours du premier jour, et là sur douze courses, ils n’en faisaient que six.
Un autre fait important nous est révélé par les inscriptions99. Il semble qu’on peut conclure de la comparaison de ces divers textes, que c’est entre la date de l’inscription 966 et celle de l’inscription 968, c’est-à-dire entre les années 191 et 168, que les cavaliers ont pris part pour la première fois aux concours. Ces indications, qui nous sont fournies par des textes malheureusement trop mutilés, seraient insuffisantes, si elles n’étaient confirmées par le témoignage des auteurs. En effet, il est facile de voir que Xénophon, chaque fois qu’il parle de ce que la cavalerie doit faire dans les fêtes, n’a en vue
à cette époque. — 96 Les chars Ro^eins-r^ift sont déjà mentionnés en 423 dans les Nuées d’Aristophane, v. 28. — 97 Les jeux de l’apobate font depuis longtemps partie de la fête [dbsültor]. — 98 Voir les catalogues 966, II; 968, 969, A; sont mentionnés les fils du roi Attale, Ptolémée Philométor, Antiochus Eupator, Mastanabal, fils de Massinissa, etc. — 99 A. Martin, Les eau. ath. p. 259.
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que la procession et non les concours100; il en est de même de Démosthène, quand il trouve que les officiers de la cavalerie sont trop des « poupées » de place publique 101, quand il attaque l’hipparque Midias102; bien plus, Xénophon, dans un de ces écrits, YHiéron 103, qui est environ de l’an 404, demande l’institution de quelques-uns des concours qui figureront plus tard dans les jeux. Tous ces témoignages nous portent donc à admettre que quelques-uns des prix collectifs, des vtx7;T7jpta, tels que les concours d’eùavBpfa, d’sùoTcXta, d’eùxaljia, tels que ràv0t7C7ta<7ta, ont été institués peu de temps après les réclamations de Xénophon, c’est-à-dire dans la première partie du iv° siècle, et que c’est seulement vers le milieu du 11e que les cavaliers ont pris part à ce qui était proprement l’àyiüv îimxcjç.
Enfin ces courses faites par les cavaliers et par leurs officiers, les courses èx xfiv mirécov, èx x(5v cpuXàp^oiv, se distinguent des autres courses, celles qui sont désignées sous les rubriques èx ttoîvxcov, èx tqW ttoXitùw, en ce que les cavaliers doivent courir eux-mêmes ; ils ne peuvent pas confier leur monture à un écuyer ; c’est en qualité de cavaliers, c’est en qualité de phylarques qu’ils concourent, ils doivent donc concourir en personne, et ils le font avec leur monture réglementaire, avec le cheval qui a été examiné par le conseil des Cinq-Cents. C’est la raison pour laquelle ils ne font pas de courses de char. Ils peuvent d’ailleurs, s’ils sont riches, faire courir aux concours èx TtâvTttiv, èx xûv 7toXtxffiv ; ainsi a fait Dionysios, fils d’Agathocle; il est vainqueur au diaulos des cavaliers et à l’acampios èx w.vxü>v104; dans cette dernière course, il a pu confier son cheval à un écuyer, il a peut-être couru lui-même ; mais dans la première, il a certainement couru lui-même.
A présent que nous connaissons l’origine de la cavalerie athénienne et les services qui lui étaient demandés, nous pouvons examiner l’organisation qui lui avait été donnée. Une première question se pose, c’est à savoir quelle espèce de liturgie acquitte le citoyen athénien qui sert dans la cavalerie i05.Ce point est resté jusqu’ici assez obscur, parce qu’il y avait là une équivoque . le mot employé pour désigner l’entretien des chevaux en vue des jeux, des concours, tTtxovpoçia, est le même qui sert pour désigner l’obligation à laquelle est soumis le cavalier d’entretenir un cheval pour le service de l’État101'. On a été ainsi amené à confondre les deux choses, ou, au moins, à rapporter à l’une des textes qui se rapportaient à l’autre. L’hippotrophie pour les concours èx ttovxwv, èx xffiv nol txffiv, est une véritable liturgie ; elle est imposée par la loi comme la chorégie, la gymnasiarchie107, etc.; mais on ne peut en dire autant de l’hippotrophie pour le service militaire. Si c’est une liturgie, elle est analogue à celle qu’acquitte aussi le citoyen qui sert dans le corps des hoplites ; on ne peut d’aucune façon assimiler cette prestation aux liturgies proprement dites comme la chorégie. K. F. Hermann, qui le fait, allait jusqu’à prétendre que les cavaliers jouissaient de l’immunité d’après laquelle on ne pouvait être soumis deux ans de suite à la même liturgie. C’est une erreur certaine; en effet,
100 Xen. Bipparch. i, 22 et tout le chap. m; De re eq. XI, 3. — 1° P/iiI«p.I,26. 102 § 171. —103 Cf. Letronne, Œuvres choisies, 1, p. 213.— 101 Corp. mscr. att. II, 446, col. II, 87 et 94. — 105 K. F. Hermann, De eq. aiticis, p. 24 et suiv. ; Balte, Mnémosyne, t. VIII (1859) p. 223 ; V. Tl.uroser, De civil, ath. mu»., p. 80; A. Martin Les cav. ath. p. 295. - 106 Le premier sens se trouve dans Platon, Lysis, p. 205, c ; Thuc. VI, 12, 2 ; Isocr. De bigis, 33, etc. ; le second dans Xen. Bipparch.
nous avons plusieurs exemples d’Athéniens n’ayant jamais servi que dans la cavalerie 108 ; si l’hypothèse d’Hermann était vraie, comme ces Athéniens n’ont jamais servi dans les hoplites, il en résulterait que, de deux ans l’un, ces Athéniens auraient été exemptés du service militaire, ce qui ne peut être admis d’aucune façon. Reste la question des concours particuliers à la cavalerie. Nous savons que les concours d’sùavBpîa, d’èuo7tUa, etc., fonctionnaient au moyen de liturgies, ainsi que les lampadodromies ; peut-être le même système a-t-il été appliqué aux concours èx xSv cptAâp^wv et èx xffiv ntTtètüv. Ces liturgies ne frappaient-elles que les cavaliers? C’est probable, mais nous ne pouvons pas l’affirmer. En tout cas, ces liturgies sont bien distinctes de cette prestation qui est le service militaire. Cette prestation, qui consiste à servir dans la cavalerie, se rapprocherait assez de la Hiérarchie; c’est une liturgie militaire; elle a pour objet un service qui concerne la défense nationale109. Mais, par d’autres côtés, elle diffère complètement de la triérarchie ; elle n’est pas une liturgie extraordinaire imposée seulement en temps de guerre; la prestation, qui est imposée au cavalier, l’entretien d’un cheval pour le service public, se combine avec l’obligation du service militaire qui pèse sur tous les citoyens. Le cavalier, en même temps qu’il est un citoyen qui acquitte une liturgie, est un soldat, et un soldat qui a besoin d’une longue instruction. De là, la nécessité du service permanent; ce service dure non-seulement toute l’année, mais il peut être imposé les années suivantes, il peut être imposé au cavalier tant qu’il a l’âge pour être soldat. Nous pensons donc que la prestation qui est acquittée par le cavalier est la même que celle qui est acquittée par l’hoplile, c’est aussi une liturgie militaire permanente; seulement le cavalier, outre l’obligation de se fournir une armure, doit encore entretenir un cheval et est tenu de continuer plus longtemps son instruction.
Chaque année, comme l’explique K. F. Hermann110, le corps des cavaliers est constitué à nouveau par les deux hipparques, quand ils entrent en charge. Ces officiers se servent presque toujours des éléments déjà existants ; ils n’ont qu’à rétablir dans leurs fonctions la majorité des cavaliers et à combler les vides qui se sont produits111. De cette façon, il peut arriver que des citoyens aient fait tout leur service militaire dans la cavalerie. Les hipparques doivent, d’après la loi, recruter les cavaliers parmi les citoyens les plus forts et les plus riches112; ils choisissent donc dans les citoyens des deux premières classes (voir plus haut). Xénophon conseille même à l’hipparque de commencer par enrôler les citovens les plus riches, afin d enlever toute excuse aux autres 113 ; il emploiera d’abord la persuasion ; il s’adressera de préférence aux jeunes gens ; il montrera les avantages que le service dans la cavalerie présente pour un jeune homme; si la persuasion ne réussit pas, il aura recours aux tribunaux. D’autres témoignages nous montrent que le corps était en grande partie compose de jeunes gens114; le mot vecmaxot est même souvent employé pour désigner les cavaliers115. Parmi les ci-
11- dans [Dem.] C.Phenipp. 24. Cf. encore Isae. V, 43; Ljsias XL , •
1 107 Xen. Oeconom. II, 6. - 108 Lysias, XIV, 10; Xen. Me,,,. III, 4, 1. etc -100 Isocr. VIII, 20; Thumser, Op. laud. p. 26. - no De eq. att. p. , ■ ,. Martin, Les cav. ath. p. 308. - m Xen. Bipparch. I, 2 et »• I Lïs‘ * ( 0 - 112 Xen. Hipp. I, 9. - «3 Ibid— «4 AristopU Av. I442;Isocr. Areop- ■ . nat. Lâchés, 182; Plut. Themist. 5.-UG Tuch. VIII, 92; Aristoph. Equxt- 731.
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toyens riches, ceux qui sont invalides sont tenus d’armer à leurs frais des citoyens pauvres qui peuvent être de bons cavaliers116.
Il ne suffit pas, pour être enrôlé dans la cavalerie, d’avoir été désigné par l’hipparque, il faut encore avoir subi un examen, une dokimasie , devant le conseil des Cinq-Cents 117. La loi était formelle ; elle interdisait d'entrer dans la cavalerie si l’on n’avait pas subi cet examen118; quiconque la violait pouvait être frappé d’atimie119. La conséquence légale de cet examen était de donner au cavalier l’assurance qu’il resterait toute l’année dans la cavalerie ; ni les stratèges, ni les hipparques n’avaient plus le droit de le faire servir dans les hoplites120. En quoi consistait cet examen? C’est l’hipparque qui recrute le corps, il choisit parmi les citoyens ceux qui doivent être enrôlés ; en cas de conflit, si le citoyen désigné par l’hipparque refuse d’obéir et prétend n’être pas dans les conditions légales pour servir dans la cavalerie, ce sont, nous l’avons vu, les tribunaux qui décident. L’examen du Conseil ne peut donc guère porter sur ces deux points; il semble au contraire que le Conseil devait examiner avec soin si le cavalier était valide, et surtout si son cheval était bon pour le service; le Conseil avait le droit de réformer les chevaux qui lui étaient présentés121 ; tout cheval faible ou épuisé était marqué à la mâchoire d’un signe particulier appelé rpu amTuov 122.
Voilà quel était l’état de la question au moment de la publication de l”A9-rjvaâüv mAiteia. Dans cet ouvrage,
Aristote nous donne quelques détails nouveaux et sur le mode de recrutement de la cavalerie et sur la dokimasie. Le Conseil, dit Aristote, examine les chevaux ; il réforme ceux qui ne peuvent pas courir ou qui ne savent pas se tenir en place123; on les marque alors d’une roue à la mâchoire; les cavaliers qui entretiennent mal leur monture sont punis par une retenue sur la solde, g-ïtoç m. Le Conseil examine aussi les coureurs, 7rpo8po[/.<H et les Spuirccoi125. Pour le recrutement des cavaliers, le peuple élit à main levée dix racoleurs, xaTa^oye?; ; ceux-ci dressent un catalogue qu’ils transmettent aux hipparques et aux phylarques ; ces officiers à leur tour apportent devant le Conseil le catalogue dressé par les dix racoleurs et le tableau sur lequel se trouve le rôle de la cavalerie126: ils déplient ce tableau et ils commencent par effacer tous ceux des anciens cavaliers qui jurent n’être plus en état de monter à cheval, ils appellent ensuite ceux que les racoleurs ont mis sur leur catalogue, et s’il y en a qui jurent n’avoir ni la force ni la fortune nécessaire pour être cavaliers, ils les laissent partir; celui qui ne jure pas est l’objet d’un vote du Conseil pour savoir s’il est propre ou non à servir dans la cavalerie ; si le vote est favorable, ils inscrivent son nom sur le tableau, dans le cas contraire ils le laissent partir. Le témoignage d’Aristote nous paraît confirmer l’explication de K. F. Hermann : chaque année le corps des cavaliers est reconstitué. Ce point acquis, il est étonnant que Xénophon n’ait point parlé de ces dix xa-aXoyeîç, qui sont élus par
le peuple pour dresser la liste de recrutement des cavaliers; d’après lui, c’est l'hipparque qui doit s’occuper de trouver les nouvelles recrues; il considère comme fréquent le cas où le citoyen capable d’être cavalier fera résistance et devra être traîné devant les tribunaux, seuls juges dans la question.
Dans Aristote, au contraire, il n’est pas question de l’intervention des tribunaux, le serment suffit pour faire effacer du rôle tout cavalier qui veut sortir du corps et pour empêcher l’inscription sur ce rôle de tout citoyen inscrit par les xxt aXoyeîç. Cela paraît vraiment
"6 Lys. XXXI, 15, et aussi XVI, U; XII, 20 ; Xea. Hipparch. IX, 5. — m A. Bieckh, Stantsh. 317; K. F. Hermann, De eq. ait. p. 28; Sfaatsalt. § 153, 23; H. Sauppe, Philologue , XV (1860), p. 71 ; G. Korte, Archâolog. Zeitung, XXXVIII (1881), p. 177-181 ; A. Martin, Les cav. ath. p. 326. — 118 Lys. XIV, 7, 8, 10, 11 ; X X • 6, 7, 1 1 ; XVI, 13 ; Xen. Oeconom. IX, 15 ; Hipparch . I, 8, 13 ; III, 0, — H 8 Lys. XIV, 8; cl. Thalheim, Da s attische Militârstrafgeeetx uni Lysias, dans les Neue Iahrb. f. Philol. CXV (1877), p. 269. — 120 Lys. XV, 7. — 121 Xen. Hipparch. I, 13. — 122 Cratès, fr. 30 de Kock; Eupolis, fr. 318; Poilus, VII, 186; Suid. s. v. ïnTuu, ; Eustat. Ad. Odys. IV. 762 ; Etym. s. v. ecualustiov, et surtout Hesych. Tçuffiitatov. — 123 Nous écrivons ;,r, Suvapcvoiç tçï/eiv; pour cette phrase et pour le
un peu trop simple ; il devait certainement se produire des cas de résistance. Xénophon l’affirme; nous avons peine à croire que, pour se dérober au service dans la cavalerie, il ait suffi de jurer qu’on n’avait ni la fortune ni la force physique nécessaires à ce service. Le Conseil, et le renseignement que nous donne ici Aristote est précieux, assiste aux opérations du recrutement; c’est devant lui qu’on apporte les rôles de la cavalerie et les listes dressées par les xaTaXoyeïç ; c’est devant lui que les citoyens portés sur ces listes prêtent serment ; c'est lui enfin dont le vote décide. Mais ce vote
sens de et de jusveiv cf. Xen. Mem. III, 3, 4; Hipparch. 1, 13, quoique
le sen5 de ce dernier passage soit encore obscur. — 121 Voir plus loin ce que nous disons du «tïto;, des rcçô^çopioi et des ajjuuiroi. — *25 Ceci, ù première vue, semble contraire à l’hypothèse de K. F. Hermann sur la reconstitution du corps des cavaliers faite chaque année par les nouveaux hipparques. Cependant on ne peut y voir une , réfutation formelle. — 126 Les expressions sont à noter : tbv ^rivaxa àvoi cavxe; et lv Ç •/.aTao‘£a,T|[i.a'TtAiva "à ôvôpiaTa; il y a peutêtre à rapprocher de ce dernier passage Lys. XXVI, 10; le mot àvot;av:t; indique-t-il qu’il s’agit de tablettes? Pourtant ce rôle est appelé par Lysias aavuSiov, XVI, 6 et 7.
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n’avait-il lieu que si le citoyen appelé ne recourait pas au serment? Si le Conseil pensait que tel citoyen, qui venait de jurer ne pouvoir servir dans les cavaliers, était, au contraire, dans les conditions voulues pour faire ce service, n'avait-il pas le droit de rechercher la vérité : ne pouvait-il pas ordonner une enquête? Et d’autre part, le vote du Conseil était-il sans appel? Le citoyen qui se jugeait enrôlé à tort dans la cavalerie, ne pouvait-il en appeler du jugement du Conseil? Xénophon dit que les juges en dernier ressort étaient les tribunaux, c’està-dire en réalité le peuple. Il nous semble, en combinant le témoignage d’Aristote avec celui de Xénophon, que le serment seul n’a pu suffire à un citoyen pour se dérober au service de cavalier, qu’en tout cas une enquête pouvait être ordonnée pour contrôler son serment et aussi que le citoyen, désigné par le vote du conseil pour servir dans la cavalerie, pouvait en appeler de ce jugement devant les tribunaux.
Ainsi, tous les ans, le Conseil pour constituer le corps des cavaliers passe une double inspection; il fait à la fois la dokimasie des hommes et des chevaux. Cette inspection était suivie très probablement d’un défilé de tout le corps devant le Conseil ; mais dans cette première dokimasie, l’inspection était la chose importante. Dans le courant de l’année avaient lieu d’autres dokimasies; cette fois, c’était le défilé qui était plus important que l’inspection127. La dokimasia est représentée sur une coupe attique 128 trouvée à Orvieto (fig. 2721).
Après cette dokimasie, le cavalier reoevait une indemnité appelée xaraaraat; i29. De toutes les questions relatives à la cavalerie athénienne, la plus obscure est peutêtre la question de la xaTdwrcatnç. Il semble, en fin de compte, que la xaT<x<rr<xffiç est quelque chose d’analogue à Vaes equestre , à cette somme d’argent que le cavalier romain recevait de l’État pour acheter son cheval; la différence est qu’à Rome l’aes equestre (10 000as=f. 1000) était donné au cavalier, tandis qu’à Athènes la xaTâaraaiç n’aurait guère été qu’une avance, un prêt que le cavalier devait restituer en sortant du service.
Si la xaTGtcn:a<7iç paraît analogue à l’aes equestre , la solde est analogue à Vaes hordearium ou indemnité donnée au cavalier romain pour l’entretien de son cheval130. La solde comprend deux parties, le salaire (gio-ôôç) et les subsistances (<t;tgç, <rirr|psa,tov, CTirdpxeta) les deux forment le (tïto; ou putrôoç IvreAv jç 131 , le « prêt franc » de nos troupiers, et étaient données en argent. Le <riTY|pÉ<jtov du cavalier est évalué par Démosthène à trente drachmes par mois, celle de l’hoplite à dix drachmes132. Dans le traité d’alliance conclu en 420 entre Athènes, Argos, Élis et Mantinée, nous trouvons trois oboles d’Éginc pour la solde de l’hoplite, six pour celle du cavalier133. Ce qui distingue ici le cavalier de l’hoplite, ce n est pas seulement
127 Sur les revues cf. Xen. Hipparch. III, 1, 9, 10 et 14; Frohberger, éd. de Lysias, II, p. S, note 39; G. Gilbert, Handb. I, p. 307. — 12S Arch. Zeitung, XXXVII, 1880, pl. XV ; Duruy, Hist. des Grecs, 11, p. 588. — — 129 Bœckh, Staatsh. 1, 319; K. F. Hermann, De eq. att. p. 31 ; Staatsalt. § 152, 23; Scheibe, Die OLigarc. Umwülzung zu Athen, p. 144; Balte, Mnemosyne, Mil, p- 217; II. Sauppe, Philologue, XV, p. 69; G. Gilbert, Beilrâge zur innern Gesch. der Ath. p. 141; Handb. p. 307; E. Curtius, Hist. Gr. IV, 139; Lejeune-Dirichlet, Deeq. att. p. 14; G. Schômann (Griech. Alt. I, p. 467) est très réservé ; A. Martin, Les eau. ath. p. 335. On a sur la vaTâtrzcdrtç un seul texte, Lysias, XVI, 6, avec une explication obscure de ce texte par Harpocratiou (s. v. rrairi;), qui cite un fragment d’Eupolis (Kock 268) où le mot de xn-tàirtatrts se trouve. — 130 Pour la solde, nous renverrons seulement à Bœckh ( Staatsh . I, 317 et 340; II, 2). - 131 Dem. Philipp. 1, 28 et suiv. — 132 lb. - 133 Thuc. V. 4, 9 ; Corp. inscr. att. IV, 40 b, 1. 22. • 131 Xen. Hipparch. I, 19. — 13b Corp. inscr. att. I, 1S8 ; cf.
ce fait que le premier reçoit une solde beaucoup plus élevée, c’est aussi qu’il touche une solde même en temps de paix13’*. La dépense qui en résultait pour le Trésor est portée par Xénophon à quarante talents par an. Une inscription des plus importantes fait connaître les sommes qui ont été dépensées pour le cjïtoç nnrotç pendant quatre prytanies 136 ; la dépense moyenne serait de quatre talents par prytanie, ce qui confirmerait le témoignage de Xénophon. Mais, puisque le amripéaiov du cavalier est d’une drachme par jour, comme le dit Démosthène, on est obligé d’admettre, avec le système de Bœckh, qu’au lieu de mille deux cents cavaliers présents au corps, il n’y en avait guère que la moitié; nous croirions plutôt que cette dépense de quarante talents par an ne concerne que les années où Xénophon a écrit VBipparchicos , années de faiblesse politique et de détresse financière; la cavalerie, comme nous allons le voir, n’a pas alors son effectif complet; quarante talents répartis entre des hommes qui reçoivent une drachme par jour indiqueraient seulement un nombre de six cent soixantesix cavaliers en activité de service. La question reste obscure.
L’effectif de la cavalerie était fixé parla loi, o xaxà tov vogov àpi0|2.b; 136, il était de mille cavaliers citoyens137; quand on parle de mille deux cents cavaliers, c’est qu’on ajoute aux mille cavaliers athéniens les deux cents archers à cheval, les nrjroToijbTai138. L’effectif normal n’était pas toujours au complet. Après la guerre du Péloponnèse, par exemple, le corps se trouva singulièrement réduit. Xénophon proposait d’y accepter des métèques 133 et même des mercenaires140. CetLe réforme, au moins pour ce qui regarde les mercenaires, était accomplie du temps de Démosthène141. L’armée athénienne comprend donc un corps de cavalerie de mille deux cents hommes et un corps de grosse infanterie de treize mille hommes; il y a donc un cavalier pour dix fantassins.
Dans Athènes, comme dans presque tous les états grecs à l’exception de Sparte, les divisions militaires correspondaient aux divisions civiles. Les dix tribus servaient de base à la formation de l’armée athénienne ; elles en marquaient aussi les divisions142; les hommes de chaque tribu sont incorporés tous ensemble; ils forment la tccû ; des hoplites sous les ordres d’un taxiarque, ou la (puAV) 143 des cavaliers sous les ordres d’un phylarque. U y avait donc dix régiments d’hoplites d’environ mille trois cents hommes et dix escadrons de cavaliers de cent hommes.
Les dix phylarques sont pris à raison de un par tribu144; ils sont élus à main levée146 et ont pour les cavaliers les mêmes attributions que les taxiarques pour les hoplites. Us assistent l’hipparque dans l’opération du recrutement; ils dressent le catalogue de leur esca-
Barthélemy, Mém. de l’Acad. des Inscr. XLVIII, p. 337; Bœckh, Staats. Il, p. 2; I, 317; Gilbert, Handb. I, 308. — 130 Xen. Hipp. I, 2. —137 Xen. Hipp. 9, 3; Dem. De sgram. 13 ; Philochoros, frag. 100 de Millier; Aristoph. Equit. 225. — 133 T bue. II, 13 ; Andoc. De myst. 7; Aesch. De falsa leg. 174 ; Arislot. ’A9>iv. nul. § 24, p. 68 ; Sch. Aristoph. Eq. 627 ; Foucart, Bull, de corr. hell. XIII, p. 265 ; P. Girard, Vèduc. ath. p. i74. — 139 Xen. Hipp. IX, 6; De vectig • II, 2 et 5. — no Hipp. IX, 3 et 4. —MM Cf. en particulier Philipp. I, 21. J 02 Xen. Hipp. II, 2 ; Hell. IV, 2, 19; Isœ., Il, 2; voir les autres textes dans G. èSlbert, Handb. 1, p. 304, note 4. — 1W Les ?u).at de la cavalerie sont désignées par Xen. Hipp. III, 11; Phot. s. v. •imtafjoi; Harpocr. Suid. s. v. •«.«?/«; Bekker, Anecd. 313, 32; Corp. inscr. att. II, partie 3, 1213. — U» XeU. Hipp. I, 8 . Aristot. ’AOnv. ni. §61, p. 152; Pollux VIII, 94; Bekker, Anecd. 313,32; Harpocr. s. v. ç«.w.<n; dans "les inscr. Corp. inscr. att. 11, 444 et 445, les phylarques appartiennent à la tribu dont ils commandent FeScadrou. — 146 Dem. Pb.il. p. L 23.
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dron sui' une petite planche 146 blanchie à la craie117 (<râvtç, uaviStov, Tuva?, mvâxtov) comme les taxiarques le font pour les hoplites, et ces catalogues réunis forment le rôle de l’armée athénienne. Pour les levées, ils dressent aussi le catalogue des cavaliers qui doivent partir, soit que l’on prenne des classes entières148, soit que l’on choisisse des hommes dans les diverses classes 449. Ils ont à ce moment un rôle très important, c’est sur eux et sur les taxiarques que les poètes comiques font retomber la responsabilité des illégalités fréquentes qui étaient commises : on les accuse d’inscrire plus souvent qu’à son tour le citoyen de la campagne pour ménager l’habitant de la ville150, et d’enrôler dans la cavalerie tel citoyen qui devait servir comme hoplite161. C’est parce qu’ils avaient à dresser et à conserver les rôles, que les phylarques furent chargés, après le rétablissement de la démocratie, de dresser la liste des cavaliers qui avaient servi sous les Trente et de remettre cette liste aux «rûvotxoi institués pour réclamer à ces cavaliers la xaxâffTacn; loî. Un des soins les plus importants des phylarques était l’instruction des cavaliers ; les exercices avaient lieu souventsur l’Agora, près des hermès163. Xénophon demande que ces officiers sachent tirer de l’arc et qu’ils forment leurs hommes à cet exercice154; ils doivent veiller à ce que les cavaliers aient l’équipement réglementaire 165, ils interviennent avec l’hipparque, pour faire payer la solde aux cavaliers. Nous avons vu enfin qu’ils avaient dans les processions et les concours un rôle important : c’est le phylarque qui est nommé avec la tribu, pour les victoires des concours que nous avons appelés collectifs ; pour les concours individuels, il y a une série de courses dites ix xffiv tpuXâpj£(ov. Le rôle de ces officiers devait être d’autant plus considérable qu’il n’y avait pas, à ce qu’il semble, de sous-officiers au moins dans la cavalerie ; en tout cas, s’il y en avait, leurs fonctions devaient être bien peu importantes, car il n'est jamais fait mention d’eux 156.
Le commandement supérieur de la cavalerie appartenait aux hipparques. Ils sont au nombre de deux157 et commandent chacun la moitié du corps, soit cinq escadrons168, <puX<xf; ils sont élus pour un an, à main levée, comme les stratèges, les taxiarques, les phylarques ; l’élection, pour eux comme pour les stratèges, a lieu à une époque indéterminée, la sixième prytanie après celle dans laquelle les augures ont été favorables 169 ; comme les stratèges et comme tous les magistrats militaires, ils peuvent être réélus indéfiniment 160 ; à l’époque des Quatre-Cents, il n’y eut plus qu’un hipparque ’61, qui était de droit membre du conseil ’62. Dans la hiérarchie des honneurs, ils viennent immédiatement après les stratèges; quand on veut parler des premiers emplois de la République, on cite les stratèges et les
146 Lys. XVI, 6 et s.; XXVI, 10; XVI, 13. — 147 Harpocr. AO.iuxw|AEva ypannaTEYa, S. U. E t ç rt e { a èv toTç litü>vü|jioiç. — 148 Expatela iv toTç tno>vû|ioi;, G. Gilbert, Beitrüge^ P* 51 ; Hanclb. p. 301; Aristot. ’AOtjv. tco'X. §53, p. 131. — 149 H-cçonEta vi xoTç jxÉpeatv, G. Gilbert, ibid. — iSOAristoph. Pax, 1172 etsuiv. ; Equit. 1369. — loi Lys. XV, 5.
— 162 LyS- XVI, 6. — 163 Xen. Hipp. I, 8, 21, 22, 25; Mnesimach. frag. 4 de Kock.
— 161 Hipp. î, 25. — 165 Ibid. 22 et 23. — 156 Dans Y Hipparch. II, 2, Xénophon propose la création de ces sous-officiers ; Schumann, Gr. Alt. I, 451, et G. Gilbert, Handb. p. 226, pensent au contraire que l’on peut conclure de ce passage que ces sous-officiers existaient dans la cavalerie. — 157 Dem. Philipp. I, 26 ; C. Mid. 171 et 173; Hyper. Pr. Lycop. 14; Xen. Memor. III, 3; Sympos , I, 4, et Hipparch. passim. ; Resp. I, 3 : Aesch. C. Clesiph. 13 ; Aristot. ’AOqv. xA. § 4, p. 11 ; § 61, p. 152; §43, p. HO ; Polit. 111, 2, 9; Aristoph. Au. 799; Pollux, VIII, 85, 94; Harpocr. s. v. wIituapyo; ; Pholius, s. v. ïiticaçyoï. — 158 Xen. Hipp • IG, 10; Arist. ’AQyjv,
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hipparques103, les deux charges sont considérées comme des fonctions aristocratiques; le peuple les laisse volontiers aux riches164. En temps de guerre, les hipparques sont sous les ordres des stratèges165. En temps de paix, ils paraissent avoir été plus indépendants ; ils règlent tout seuls les affaires qui sont de leur ressort, ils ne paraissent subordonnés qu’à une autorité, celle du Conseil. L’opération la plus importante qu’ils aient à faire, c’est de constituer à leur entrée en charge le corps des cavaliers, comme nous l’avons expliqué ; dans cette opération du recrutement, ainsi que dans tout ce qui concerne les levées, ils sont aidés par les phylarques. La charge de l’hipparque offre les caractères généraux des autres fonctions dans Athènes, c’est-à-dire le partage du pouvoir entre plusieurs citoyens, la courte durée, le contrôle; ce qu’il y a de particulier ici, c’est que le contrôle est exercé surtout par le Conseil ; nous pouvons affirmer enfin que les hipparques devaient rendre des * comptes quand ils sortaient de charge. Les fonctions de l’hipparque étaient souvent délicates : il avait surtout affaire avec les j eunes gens de l’aristocratie athénienne qui necraignaient pasd’afficher leuropposition et même leur mépris pour le gouvernement de leur pays; leur indiscipline est attestée par un partisan de l’aristocratie, Xénophon ,66. Il n’était pas facile d’obtenir de ces jeunes gens le respect des règlements; autant que possible les chefs qui les commandaient devaient éviter les conflits : Xénophon leur recommande de procéder surtout par la persuasion et la douceur107. D’après un passage de Démosthène168, les hipparques auraient eu le droit de faire pour la cavalerie des lois, véjxoi; il est probable qu’ils pouvaient porter devant le peuple des propositions touchantl’organisation delà cavalerie, etqu’ilsétaientresponsables du bon ou du mauvais résultat produit par ces règlements. Les hipparques représentaient naturellement la cavalerie, ils en défendaient les intérêts; une affaire dans laquelle ils interviennent fréquemment, c’est le règlement de la solde, dont le payement était souvent en retard ; quelquefois ils reçoivent de leurs hommes pour ce service des éloges et des couronnes169. Les hipparques pouvaient encore être envoyés hors d’Athènes170, dans les colonies appelées clérouquies ; ils ne gouvernaient pas ces colonies; ils étaient simplement chargés de protéger les colons athéniens; ils avaient sous leurs ordres un corps de troupes dont la solde était à la charge des colons. Nous avons des exemples d’hipparques envoyés à Samos, Lemnos, Eleusis. Enfin les hipparques étaient appelés avec les stratèges et les membres du Conseil, à confirmer par leur serment les traités qu’Athènes faisait avec les autres peuples171.
Quelquefois aussi, mais plus rarement c’est le corps des cavaliers tout entier qui prête serment pour sanc-
ito).. p. 152; Photius, l. c. ; Schol. Dem., dans le Bulletin de coït. hell. I, p. 16. — 169 Arist. ’AOr.v. r.ol. § 41, p. 116. — 160 Ibid. § 62, p. 156. — 161 Ibid. § 31» p. 87. — 162 Ibid. § 30, p. 83. — 163 Lysias, XVI, 8; XXVI, 20. — 164 Xen. Resp. I, 3. — 165 Dem. C. Mid. 164. — 166 Xen. Mem. III, 5, 18. — 167 Tout le ch. m du livre 111 des Mem. et Hipparch. I, 24, 25, 26 et tout le ch. vi. — 168 C. Mid. 174. — 169 Hyper. Pro Lycop. 13; Corp. inscr. att. II, 612. — 170 Dem. Philip. 1, 27 ; Hyper. Pro Lycop. 14; Aristot. ’AOr.v. -ko\. § 61, p. 152. P. Foucart, Mém. sur les colonies ath. au v° et au iv8 siècle , dans les Mém. présentés à l’Acad. des Inscr. lr0 série, t. IV, p. 369-371 ; U. Kôhler, Mitth. d. deut. arch. Inst. I, p. 256; IV, 217 ; IX, 117; Gilbert, Handb. p. 424. — 171 Corp. inscr. att. II, 12, 15 6, 19, 43, 52, 57 6, 90, 112, 212, 333; Dittenberger, 52, 85 ; cf. A. Martin, Quo modo Graeci ac peculiaritcr Athenienses foedera publica iureiurando sanxerint, Paris, 1886, p. 61.
lionner un traité112. Il n'est pas rare d’ailleurs de voir les cavaliers agir comme un corps délibérant : ils décernent des éloges, des statues 113, ils consacrent des monuments aux dieux111; les éloges et les statues sont le plus souvent dédiés à des phylarques ou à des hipparques 11b. Dans une inscription 176, les tapiai tyi? ôeoü sont associés aux hipparques, ils reçoivent des éloges et une couronne d’or pour avoir fait payer la solde aux cavaliers; il est dit que la résolution, le ijrrjtpicjAa, sera gravé sur une stèle de marbre et déposé à l’Acropole ; l’argent pour la pierre et la gravure sera fourni par les hipparques. Cette clause indique-t-elle que les cavaliers avaient une caisse commune, administrée par les hipparques? Après une campagne, chaque tribu faisait graver sur une stèle les noms de ses morts ; cette coutume pieuse était pratiquée non seulement par les hoplites, mais aussi par les cavaliers. Nous avons la liste des cavaliers qui sont morts dans la guerre de Corinthe en 394 : ces morts appartenaient probablement à une seule tribu; un d'entre eux est
ce Dexiléos, dont on a trouvé la stèle funéraire, ornée d’un beau bas-relief 117 (fig. 2722).
Une des conséquences du système de recrutement de la cavalerie athénienne était de donner à ce corps le même esprit politique. Les cavaliers sont choisis parmi les plus riches citoyens; ils appartiennent aux premières classes; ils sont, par conséquent, du parti de l’aristocratie; et, comme il y a beaucoup de jeunes gens dans le
172 Corp. inscr. a tt. il, 49; Dittenberger. 52, 85 ; A. Martin, Op. cil. p. 68.— 03 Corp. inscr. att. II, 962. — 17i Hyper. Pro Lycoph. 13; Corp. inscr. att. II, 1213, 1217, cf. aussi 1220, 1333. — 116 Corp. inscr. att. II, 612.— 176 Corp. inscr. att. II, 1673. — I77 Corp. inscr. att. II, 2084; Salinas, Monum. sepolcrali, Turin, 1863, p. 26, pi. u 1= Revue archéol. 1863, pl. xv; Duruy, Rist. des Grecs, II, p. 711). Voir une explication nouvelle du monument par A. Brueckuer, Eut Reilterdenhmal ans dem Pelop. Kriege, dans les Mitlheilungen, 1889, p. 398. V aussi sur le caractère gymnastique des exercices équestres, Ilolverda dans le ■’ahrbucb des arch. Instit. IV, 1889, p. 30. - 178 Plut. Cim. 5; Anstoph.£?««l. 580; Nul* 14- Lys XVI, 18. II faut cependant remarquer que, si les textes sont très 'affirmatifs sur ce point, les monuments nous montrent souvent des mata ayant les cheveux courts. - 179 Sch. Aristoph. Nub. 120 et 799. - 180 Plat. Gora 515 c — 181 L'explication du passage des Açharmens, v. 5 et s. nous parait avoir été donnée par H. Lübke, Observ. criticae in histor. vetens Graec.
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corps, ils ne font pas mystère de leurs opinions; ils les affichent ouvertement; par leur costume, par leurs goûts, par leurs habitudes, ils affectent de montrer leur sympathie pour le système politique qui est considéré comme le plus opposé à celui d'Athènes, pour l’aristocratie de Sparte. Comme les Spartiates, ils portent de longs cheveux178; ils pratiquent avec zèle les exercices de gymnastique 179 ; ils sont du parti de ceux qu’on appelle les hommes aux- oreilles meurtries180. Nous avons déjà en 424 une preuve de cette opposition des cavaliers au régime démocratique dans la pièce d’Aristophane intitulée les 'Ï7r7TY|ç ; le comique les prend comme auxiliaires dans la lutte contre Cléon et contre la démocratie181. A mesure que la guerre contre Sparte continue, cette opposition devient plus vive et plus violente ; les cavaliers prennent part à toutes les tentatives qui ont pour objet le renversement de la démocratie; ils sont compromis dans le coup d’État des Quatre-Cents 182 ; quand Athènes vaincue est livrée aux Trente, ils sont les partisans les plus dévoués des tyrans 183, ils prennent part à leurs actes les plus odieux, comme le massacre des habitants d’Éleusis et de Salamine181, et jusqu’au dernier moment ils restent les défenseurs les plus fidèles de cet atroce régime 185.
L’éducation du cavalier comprenait deux parties importantes : le maniement des armes et l’équitation. Cette éducation, comme on le peut voir ailleurs [equitatio], commençait à Athènes de bonne heure. L instruction des cavaliers présentait des difficultés particulières pour les anciens qui ne connaissaient ni l’étrier ni le ferrage; elles expliquent l’état d’infériorité dans lequel la cavalerie est restée si longtemps. Pendant des siècles, la cavalerie n’a eu véritablement d’action que contre la cavalerie, et cette action n’avait aucune influence sur le résultat final, qui était toujours entre les mains de l’infanterie ; tout ce que la cavalerie a pu faire pendant longtemps contre l’infanterie, c’est de tournoyer audevant des lignes en lançant des traits sans jamais les aborder par des charges à fond. Aussi attachait-on une grande importance186 à ce que les cavaliers fussent habiles dans l’exercice du javelot ; Xénophon veut que les hipparques le connaissent et y forment leurs hommes; mais il ne se flatte pas que tous acquièrent l’habileté nécessaire. Ici encore l’absence de 1 étrier rendait 1 exercice difficile; de plus, la cuirasse, quand le cavalier la portait, gênait par son poids le mouvement du bras. L’exercice du javelot était depuis longtemps aimé et pratiqué par les Athéniens ; Thémistocle l’avait appris à son fils181, et nous avons vu qu’au moins dès le commencement du iv” siècle, il y avait aux jeux des Pana thénées un concours àcp’ Ï7i7iou àxovnÇovxi 188. Xénophon propose au sujet du javelot une réformé qui nous fait
!0 moediae, Berlin, 1883; dans tout ce début des Acharniens, il n’est question me de faits concernant le théâtre et cette affaire des cinq talents « vomis » iar Cléon s’y rapporte aussi; c’est une fiction d’un poète comique, très prnbablenent d’Aristophane lui-mème. -182 Thuc. VIII, 92,7; cf. A. Martin, Les car. ith. p. 468. — 183 Xen. Bell. H, 4, 2 et suiv. ; Aristot. ’A0n». § 38, 69; L)io •
CIV, 32; Grote, Rist. gr. XII, 06; E. Curtius, Rist. gr. IV, p. 36; Scheibe, Die üiqarch. Umwâlz p. 108; A. Martin, Les cav. ath. p. 472. — '84 Xen. Re . ,
i 8 ■ Lvsias, XII, 52, XIII, 44; Diod. XIV, 32. - 186 Xen. Bell. Il, 4, 24. - Xen. Ùe ’re 'eq. XII, 13; VII, 5; Hipparcb. I, 6, 21,25; Mcm. 111,3, 7; Simon ans ’ollux, I, 213. Sur l’exercice du javelot, voir Krause, Die Gymnastik und AgomstiKp 465 ; Alb. Dumont, Essai sur l’ephébie, I, p. 189, et surtout Kuchly (20 re inion des philologues allemands, à Wurzbourg, résumé dans Guhl et KSner Lame intique, I, p. 343 de la trad. franç.); voy. l’art, ambntcm du Dictionnaire. ‘ •
Venon, 93 d ; Plut. Themist. 32. — l83 Sauppe, De inscr. panatli. p. 3, .
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connaître comment la cavalerie athénienne se servait de cette arme 189. Au lieu du long javelot ou lance (odpu) faite
avec une sorte de roseau (xcqj.dj) 190 et semblable à la lance de l’hoplite, que l’on voit figurée sur divers monuments191 (fig. 2723), Xénophon voudrait que le cavalier eût toujours deux javelots de cornouiller, xpavétva oüo TcaXva ; la longue lance est cassante et incommode, les javelots sont plus forts et plus maniables; le cavalier peut en lancer un et garder l’autre pour s’en servir comme d’une lance. Xénophon empruntait celte réforme à la cavalerie perse; il avait vu en Asie cette cavalerie, armée de javelots en cornouiller, faire éprouver un échec aux cavaliers d’Agésilas ,92. Le passage de Xénophon où est traitée cette réforme est très clair et ne soulève aucune objection dans son sens général. Comment expliquer alors que sur les peintures de vases, antérieures à
189 Ce re eq XII, 12. — 190 voir sur ce mot la note de Schneider au passage du De re eq. éd. Dindorf ; sa conclusion est : « de materia dubitatur ». Hésychius et le grand Etymol. comparent le au roseau. D’après Jacob, le S oçu aurait été en bois de sapin ou de pin; cf. Hans Droysen, Griech. Kriegsalt. p. 17, 2. — 191 Attische Gra breliefs, Berl. 1890, pl. xi; Monum. publ. par la soc. des études grecques, II, p. 11 ; Micali, Monum. per la storia di ant. popoli Italiani, Flor. 1832, pl. 8., 3, etc. et voy. t. I du Dictionnaire, fig. 16 3 7. — 192 Bell. III, 4, 14. — »3 Cav. Ath. p. 408, n. 4; Attische Grabreliefs, pl. ix, 1 ; Mus. etr. Gregoriano , pl. xiv, 2; L\ il, 2 ; LXXII, 1; Gerhard, Auserlesene Vas. I, 35; Etr. und Camp. Vas. pl . xn ; Arch. Zeitung , 1884, pl. xvi, 1 ; de Laborde, Vases de Lamberg, II, 6. “ ’9l Attiche Grabreliefs, pl. ix, t ; Tischbein, Vases d’Hamilton, II, 2, et
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Xénophon et même de fabrication atlique (1723), et sur le tombeau représenté (fig. 2724) on voie le cavalier souvent armé de deux lances ou javelots au lieu d un seul 1J3 ! Le cavalier avait encore une autre arme offensive : c est
le cji'ooç ou épée droite, généralement assez courte. C’est cette épée que nous voyons sur le même bas-relief attique (fig. 2724) et dans des peintures de vases191. Xénophon195 voudrait qu’ici encore on adoptât l’arme des Perses, le
sabre recourbé, la p-ctyaipoc ou la xom'ç [COPIS] 196 ,
parce que, dit-il, un coup de taille porté de la hauteur du cavalier vautmieux qu’un coup d’estoc. Sur un inventaire du iv° siècle, nous trouvons mentionnée une [xâ-
yOUpOC tTTTTlXT) .
La cavalerie macédonienne avait le odpu en bois de cornouiller 198 et le lâ'cpoç.
Sur un des tombeaux attiques qui sont figurés ici (fig. 2723), un cavalier est armé d’un petit bouclier rond. D’autres exemples encore sont fournis en grand nomhre par les monuments (fig. 2725) 199. Dans quelques circonstances les textes aussi nous montrent des cavaliers se
voy. t. I, p. 1251 , fig. 1640. — 195 Xen. De re eq. XII, 11. — 196 C’est avec la jxâya'.fa et la xoid; que les Grecs représentaient les Perses, comme le dit Xénophon, Cyrop. 1, 2, 13 (probablement sur le tableau du Pécile qui avait pour sujet la bataille de Marathon). Cf. Aesch. Pers. 56; Xen. Cyr. VI, 2, 10. Les Thraces sont aussi désignés sous le nom de |xa^aipooôpot ; Thuc. Il, 96, 2; VII, 27, 1. — 197 Corp. viser, ait. II, 735, 1 37. — 198 Arrian. Anab. 1, 15. 199 Gerhard, Etr. und. camp. Vas. pl. xii; voy. encore t. I, fig. 1637, 1640; Mus. etrusc. Gregoriano, pl. lxxi et lxxii; Gerhard, Auserlesene Vasenbilder, 191, 293; Micali, Op. I. pl. lxi; cf. Le Bas-Reinach, Voyage archéologique, pl. 101 (bas-relief d’Argos); Tischbein, l. I. ; Wiener Vorlegeblâtter 1889, pl. vi, 2.
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servant de boucliers500; mais ces circonstances sont tout à fait exceptionnelles, et alors les cavaliers ne font plus véritablement fonction de cavaliers, mais d’hoplites. On peut dire qu’au Ve et au ive siècle le bouclier ne fait pas régulièrement partie de l’armement du cavalier : aussi arrive-t-il que les hoplites sont désignés par le mot àa7:ioeç, comme si le bouclier était leur arme distinctive,
Fig. 27u26. — Cuirasse (le cavalier.
tandis que pour les cavaliers on se sert du mot nncoi201. Le cavalier a pour se défendre une cuirasse plus lourde que celle de l’hoplite502. Cette cuirasse, que Xénophon décrit203 en détail, doit défendre le cavalier sans le gêner, et pour cela il faut qu’elle porte sur tout le
corps ; trop large, les épaules seules en sont accablées ; trop étroite, c’est une prison et non pas une armure; celle qu’il préfère doit être munie d’une défense qui monte assez haut pour protéger le cou du cavalier et, quand il le veut, le bas du visage jusqu’au nez20'*. La cuirasse doit permettre au cavalier de s’asseoir, de se baisser, de remuer les bras et les jambes; elle était munie de pièces mobiles qui, d’après les monuments, paraissent faites de cuir couvert de métal. Ces pièces appelées itTÉpuye; doivent être assez longues et assez rapprochées pour protéger tout le bas -ventre (comme on le voit dans la fl g. 2726) ; on voit aussi que les épaules pouvaient être également couvertes par les nrepuyei; 20°. Xénophon donne d’autres indications sur la manière de construire la cuirasse, de façon que le bras puisse se lever et s’abaisser pour lancer le javelot ou frapper avec l’épée, et que dans ce mouvement les parties qui se découvrent ne soient pas sans défense. Il approuve comme une invention récente, utile pour défendre la main gauche qui tient la bride, une arme particulière à pièces mobiles appelée main, yzi 'p, qui couvrait 1 épaule, le bras, l’avant-bras et le poignet206. Le cheval lui aussi pouvait être cuirassé, au moins sur les parties où les blessures étaient le plus dangereuses ; Xénophon mentionne un poitrail TtpoaxspvtStov (fi g. 27 27) 20S, un chanfrein icpo[i.eW- Siov (fig. 27 28) 207. Ces deux figures reproduisent des armes grecques qui ont été conservées. Dans la figure 2729,
Fig. 2729. — Poitrail.
tirée d’un bas-relief de Pergame 20°, on voit parmi des armes, la plupart, il est vrai, moins grecques qu’asiatiques, une plaque de poitrail au bord de laquelle sont suspendues des mipny^ semblables à celles de la cui rasse. Un garde-flancs, wxpapjpîBtov , peut couvrir, en même temps que le cheval, les cuisses du cavalier. Pour les jambes et les pieds, il sera bon de les chausser de bottes de cuir (sur les vases peints on voit aussi des cnemides). Le ventre du cheval peut être défendu par la disposition donnée à Pephippiüm. Pour tout ce qui touche au costume, à l’armement du cavalier, il faut d ailleurs se souvenir que, les renseignements qui nous sontparvenus sont
assez rares. Tout prouve que des changements se sont produits avec le temps, mais nous ne pouvons pas toujours
„„Y Tt.ll III 4 24- IV 4, 10; Polyb. VI, 35. - 201 Xen. Bell. II, 3,
200 Xen. HM. M, 4, 24, IV, U, plut. Philop. 6.
4S ■ Plut Aristid. 21, etc. — Xen. jinau. m, , >
48, nui. i . • 204 Schneider dit qu il
203 ne re ea. XII; cf. Pollux, I, 133 et suiv. -
^ lroZ Lue part le nom qne l'on donnait à cette partie de la cuirasse. 203 La figure 2727 représente Alexandre, dans la grande mosmqne de Pnmp 1, . . . vm ni vvvvn • Niccolini, Case di Pompez, I, pl. vi. JNous
Soyons pno«r’ d'autre! exemples’ et pour plus de détails
- “ avant-',ra3 fai‘ 'Ie ff; T^'ritnstn'amaVd'armes de l'époque figure 1654, au mot clipeus, t. I, p. niais aaus u
3 quand et comment ces changements se sont produits, a tactique particulière à la cavalerie ne nous est nue que parce que disent les historiens, surtout Xéibon ; les auteurs de tactique doivent être consultes c réserve. L’unité tactique la plus faible est la tribu ts Athènes, ailleurs l’île ; la tribu devait être régulaient de cent hommes. Nous connaissons assez Tarent la profondeur des lignes ; à la bataille de Daski- ,n en 396,1a cavalerie forte de six cents hommes était quatre rangs 210 ; Polybe dit que de son temps on disait ordinairement la cavalerie sur huit rangs . es mations les plus usitées 2)2 sont en carré, en losange, coin • la première de ces dispositions est jugée peu pio : pour faire les conversions ; la forme en losange ou
due. Voy. aussi un brassard articulé, qui aurait été trouvé prés de ^
itct,cu, nccueil Italie
Z Je L CarUruhef ^Schumacher, BesCred.uno antik. Bron.n,
i. 4. Pour tout, les parti, -J*™ 'fi™*
L TTiLYTDS’ m" XII 18 3. - 2.2 voir* les tacticiens. Asclep. 7;
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rhomboïde, dont on attribuait l’invention à Jason, était la plus estimée. Dans ces diverses dispositions, chaque tribu ou chaque île était séparée 2,3 ; la formation sur un seul front èm cpxXayYo;, ètù [/.etoSttou, n’avait lieu qu’au moment de l’attaque. Nous trouvons d’ailleurs la terminologie suivante pour les évolutions de la cavalerie21'’ : s’il s’agit d’un seul cavalier, oblique à gauche, !<p’ vjvïav; à droite, km Sdpu; demi-tour, [XETaëoX^ ; tour, àva<rrp&cp7; ; pour une compagnie, les termes qui désignent l’oblique, le demi-tour et le tour sont È7ucrTpo<p7j, 7rspi!nta<7(jt.ôi; et Ijarspi<77ta<7(j.dç. Dans les marches les cavaliers descendaient tour à tour de cheval pour ne pas être trop raides et pour ménager leur monture. Dans les marches de nuit, ou près de l’ennemi, cela ne se faisait pas pour toutes les tribus ensemble : pendant que l’une allait à pied, l’autre était montée pour être prête en cas de besoin213.
Les Athéniens n’ont commencé à transporter de la cavalerie sur leur flotte que pendant la guerre du Péloponnèse 21°. C’est encore à Périclès que cette innovation est due; l’expédition qu’il conduisit en 430 contre les côtes du Péloponnèse, comprenait quatre mille hoplites et trois cents cavaliers dont les chevaux furent embarqués sur de vieux vaisseaux qu’on avait disposés à cet effet217. Sur ce point encore les Grecs avaient été devancés par les Perses, qui, depuis longtemps, avaient des vaisseaux de transport pour les chevaux218. Après430, il est souvent mention chez les Athéniens de vtie; nnaiyoi'219. Chaque vaisseau portait trente chevaux ; du moins c’est le chillre que nous trouvonsindiqué pour l’unique galère Onr^-for20 qui suivit l’armée envoyée en Sicile sous les ordres de Nicias, d’Alcibiade et de Lamachos. Ces galères étaient un peu différentes, au moins dans leur équipement, des galères ordinaires221; elles avaient soixante rameurs 222, tandis que les autres en avaient cent soixante-quatorze ; elles coûtaient un peu plus cher à équiper ; nous voyons que le triérarque d’une galère ordinaire paye cinq millé drachmes, tandis que, pour une galère l'TnrYiyôç, la somme indiquée est de cinq mille cinq cents drachmes.
Voilà ce que les renseignements dont nous disposons nous font connaître sur l’origine et l’organisation de la cavalerie athénienne; pour ce qui concerne les autres peuples, nos renseignements sont encore plus incomplets et c’est à peine si nous pouvons indiquer quelques faits certains.
A Sparte 223, il ne faut pas comprendre dans la cavalerie le corps des trois cents iniz eïç, troupe d’hoplites d’élite, qui était constituée tous les ans par les éphores et les iTtTiaypÉTai224. Ce corps existait dès une époque très ancienne ; quant à la cavalerie proprement dite, c’est seulement en 424 que les Spartiates entreprirent
213 Pol. XII, 18, 3. — 214 Passage important dans Polybe, X, 23. — 213 Xen. Hipp. IV, 1. — 216 Bœckh, Staalsh. I, 398; Urkunden ùber das Secwesen des attischen Staatcs, p. 124; A. Martin, Les cav. Ath. 362; Cùrp. vise. ait. II 807-809. 217 Thuc. II, 56. — 218 Ils en avaient au moins dès 490, lors do l’expédition dirigée par Datis et Artapherne ; Herod. VI, 48, 95, 101 et 102; pour Xerxès voir Herod. VII, 98. — 219 Par exemple pour l’expédition commandée par Nicias en 425 et qui eut pour résultat la victoire de Solygéia (Thuc. IV, 42), victoire qu’Aristophane a chantée dans les Equit., 595. — 220Thuc. VI. 43. Cf. A. Martin, O. cit. p. 3 6 4. — 221 C. ins. att. II, 808, col. 6, 1. 4 et s. ; Bœckh, Urkunden, 124. — 222 Bœckh, ibid. 124 et 226 ; C. ins. ait. Il, 808, col. c. I. 81. — 223 Pour la cavalerie Spartiate, nous renverrons a Stelfen, De Spartanorum re militari, Greifswald, 1881 ; Gust. Gilbert, Handb. 77 et 79; Ad. Bauer, Gricch. Kriegsalt. p. 250; H. Droysen, Griech. ICriegsalt. p. 70. — 221 Herod. VII. 205; VIII, 124; Thuc. V, 72; Strab. 481 et suiv. ; Hesych. s. v. Îniîayptta; ; Xen. Laced. Ltesp. IV, 1-4. — 22o Thuc. IV, 55, 2; V, 67. — 226 Xen. Hell. IV, 2, 16. — 227 Xen. Laced. resp. XI, 4;
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d’en former une 220 ; l effectif était de quatre cents hommes; il était de six cents hommes en 394, à la bataille de Némée 226. Ces six cents cavaliers étaient divisés en six |j.ôpat et chaque pApa en deux oùXap.01; il y avait une p.opa de cavaliers pour chacune des six g-opas d hoplites ;la jxdpœ des cavaliers était commandée par un t7rjtapp.otrrr'ç228 qui était sous les ordres du polémarque commandant la rnora d’hoplites229. Cette cavalerie était très mauvaise230; le mode de recrutement était des plus défectueux ; il y avait- bien à Sparte comme dans Athènes, la liturgie appelée nt7toTpo<pia ; mais, dans Athènes, cette liturgie frappait à la fois le corps et les biens : celui qui était chargé d’entretenir un cheval était aussi chargé de le monter en temps de guerre, et était tenu, en temps de paix, à des exercices en vue de former son instruction.
A Sparte, au contraire, la liturgie ne frappait que les biens ; les citoyens les plus riches étaient tenus en temps de paix d’entretenir un cheval; si une guerre éclatait, ces chevaux étaient donnés aux hommes qui n’étaient pas jugés assez forts et assez braves pour servir comme hoplites. On ne doit pas être étonné si un tel système n a donné que de mauvais résultats. Plus tard on forma une cavalerie de mercenaires dont on fut plus content231.
La cavalerie béotienne était considérée comme une des meilleures de la Grèce 232 ; c’était une arme véritable^ ment indigène. Il y avait, dans le corps des hoplites béotiens, un corps d’élite de trois cents hommes, organisé par couples ; les hommes de chaque couple s’appelaient l’un l’-q vtd/oç, l’autre le 7tapaêârr)ç 233. Les monuments funèbres de Béotie représentent souvent un cavalier 234. En 503, les Athéniens vainqueurs des Hippobotes de Chalcis et des Béotiens, deux peuples renommés par leur cavalerie, consacrèrent à Athéna, en souvenir de leur victoire, un quadrige sur l’Acropole 238, On était très probablement inscrit sur les rôles de la cavalerie, comme sur ceux de l’infanterie, à l’âge de vingt ans 236. Chaque ville de la confédération béotienne fournissait un corps de cavaliers commandé par un hipparque, qui avait sous ses ordres un ou plusieurs ’îXapyai, selon la force du contingent 237. Thucydide mentionne à la bataille de Mégare, en 424, l’hipparque des Béotiens, comme ayant sans doute le commandement en chef sur les hipparques de chacune des cités confédérées 238. Pour Thèbes, nous connaissons un hipparque de l’époque des guerres Médiques 239 ; entre 200 et 150 sont mentionnés quatre f.XapyÉovTE; et deux chefs de tarentins240. PourLébadée, nous connaissons un hipparque241, un ÎTtTcapy/tov, deux ftXapxïovTEç; entre 230 et 150, les cavaliers de Lébadée ont remporté le prix à la fête des Pamboiotia242. Nous avons l’inscription du monument que les cavaliers
Hell. IV, 5, il. I.e témoignage de Philostéphanos dans Plut. Lyc. 23, sur la création de deux nikapoi de 50 cavaliers par Lycurgue, est contesté. — 228 Xen. Hell. IV, 4, 10 ; 5, 12. — 229 Xen. ibid. IV, 5, Il et 12. — 23o Xen. ibid. IV, 4, 10
et n. 231 Xen. Hipparch. IX, 4. — 232 Voir G. Gilbert, Handb. II, p. 57 et
60; A. Bauer, Die griech. Kriegsalt. p. 296. — 233 Ce corps existait encore au temps de la bataille de Délion, Diod. XII, 70; cf. encore Plut. Pelopid. 18, 19.
23V Kôrte, Die anti/c. Sculpiuren aus Boeotien, dans les Mittheil. d. deutsch.
arch. Inst. III. p. 360 et s. 376 et s.; Duruy, Hist. des Grecs, 1887, t. II, p. 144.
— 235 Herod. V, 77 ; Corp. inscr. att. I, 334. — 23G JûxaxijÉTitç AveyçâkavOo. Inscriptions de Lébadée, n°! 67, 68 de W. Larfeld, Sylloge inscr. Boeoticarum. 1883.
— 237 Pour Thespies sont mentionnés des tmntu entre 350 et 250, n» 237 de Larfeld ; un Vit-«fx»î, Bull, de corr. hell. VIII, 413; pour Chéronée deux Iitsa;x(ovTci el probablement deux fO.af7.iowt;, Larfeld, 50 a.— 2381V, 72; pour les années 230- 221 , Polyb. XX, 5; l’hipparque Pompidas dans l’inscr. publiée par Wilamowitz- Môllendorff, Hermès, VIII. p. 431. - 239 Herod. VI, 69. — 2’*o Larfeld, n" 319.
— 2Vt Ibid. 68. — 212 Ibid. 66.
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d’Orchomène élevèrent à Zeus Soter, en 330-29, à leur retour d’Asie où ils avaient suivi Alexandre2'*3 : cette inscription donne le nom de vingt-trois cavaliers ; le total du contingent fourni par Orchomène en cavalerie était de trois cents hommes214. Pour ce qui concerne l’effectif total de la cavalerie béotienne, nous trouvons les indications suivantes; à Délion, en 424, mille cavaliers et dix mille hoplites245, à Némée,en 393, huit cents cavaliers et cinq mille hoplites, le contingent d’Orchomène n’étant pas compté 246. Il faut signaler dans l’armée béotienne l’emploi régulier des ajju7CTtoi (voir plus loin).
La cavalerie la plus célèbre de la Grèce était la cavalerie thessalienne. La Thessalie avait toujours gardé son organisation féodale; les nobles, qui avaient su conserver toujours leur haute situation, composaient cette cavalerie. L’alliance avec la Thessalie fut longtemps une des bases de la politique athénienne; elle fut conclue probablement par Pisistrate ; les Thessaliens fournirent à Hippias un corps de mille cavaliers qui repoussèrent une première fois l’invasion des Spartiates, à qui ils tuèrent même leur roi Anchimolios; mais lors d’une seconde invasion dirigée par Cléomène, les Thessaliens vaincus se retirèrent dans leur pays2*1. Un corps de cavaliers thessaliens était dans l’armée athénienne à la bataille de Tanagra, en 457, et fut cause de la défaite par sa défection 248. L’alliance rompue alors fut reprise plus tard, un contingent de cavaliers thessaliens se trouve de nouveau dans l’armée athénienne au commencement de la guerre du Péloponnèse249. Lorsque Jason de Phères eut réuni toute la Thessalie sous son pouvoir, les forces de ce pays s’élevaient à plus de dix mille hoplites et à six mille cavaliers250. Sur une monnaie de son successeur, Alexandre de Phères (fig. 2730) on voit un cavalier thessalien, coiffé d’un casque, couvert d’une cuirasse et brandissant une longue lance 251 . La cavalerie thessalienne était commandée par des hipparques 252 ; ces officiers furent quelquefois appelés, avec leurs hommes, à confirmer des traités par leur serment"'3.
Nous avons déjà parlé de la cavalerie des deux v il les de l’Eubée, Érétrie et Chalcis; Aristote les cite parmi les républiques dans lesquelles dominait une aristocratie de cavaliers 254. Dans la guerre que les deux villes se firent au milieu du viie siècle, la bataille principale fut livrée par la cavalerie 255 ; le nom donné à 1 aristocratie de Chalcis, les Hippobotes256, semble indiquer l’existence de la liturgie appelée î7t7r&Tpo<pta ; à Érétrie, la procession à Artémis comprenait trois mille hoplites, six mille cavaliers et soixante chars de guerre*51.
Parmi les autres villes dont la cavalerie nous est connue, il faut citer Tégée, où l’on trouve un hipparque
Fig. 2730. - Cavalier thessalien.
2M Ibid. 11. - SM Diod. XV, 79. - 2« Thuc. IV, 93, 3. - «s Xen. Bell. IV,
2 17. 217 Herod. V. 63 et suiv.; Aiist. ’AOv m\. § 19, p. 51. Sur la Thessalie,
voir G. Gilbert, Bandb.J 1, 5, surtout p. 12 et 16. - 2W Thuc. II. 107 et suiv. ; Dioil. XI 81 ; Plut. Cimon, 17 ; Paus. I, 27, 6 et suiv. ; C. ins. att. 441. L alliance d’Athènes avec la Thessalie, abandonnée après la chute d’Hippias, fut reprise lors de la rupture entre Athènes et Sparte en 461; Thuc. I, 102- - ’ 249 Thuc. II, 22 o- Paus I oo 6. - 230 Xen. Bell. VI, 1, 8. - 26! Exemplaire du Cabinet de France- voy. Barclay Head, Bistoria numorum, p. 261. - 252 Nous connaissons un hipparque pour Lamia (Cauer, Delectus inscr. 2» éd. 386), pour Cyreties (Ussing Insc ined. 12) ; pour le »,vi, des Magnétes, Bul. de cor hell. XIII, 273 ; Müthed XIV 53 ; pour Métropolis de Thessaliotide, Bull, de corr. e . , 4 • P°ur 1
ihid XIV 240. - 253 Traité avec Athènes de l’an 360, Dittenberger, Sylloge, Sa — 251 Polit. IV, 3, 2, (1289 b). — 236 G. Gilbert, Bandb. II, p- 65, note 2 ; E,
au rang des premiers magistrats 258 ; Syracuse, dont les cavaliers eurent un rôle très important lors du siège fait par les Athéniens 239 et où il y avait pour les cavaliers un tableau de discipline appelé l’tTnrâp^ou 7uva!j 260 ; Cyzique, où le magistrat éponyme était l’hipparque261 ; Magnésie du Méandre 262, Élis263, Phlionte 204, etc.
Parmi les peuples grecs dont il vient d’être question, quelques-uns é taient renommés par leur habileté comme cavaliers et avaient dans leur armée une cavalerie qui était renommée excellente; cependant aucun de ces peuples ne sut donner à cette arme la place qui devait lui appartenir. Un peuple qui pendant longtemps lut considéré comme appartenant non au monde grec, mais au monde barbare, le peuple macédonien, fit dans l’art militaire cette révolution.
Nous avons vu que les guerres Médiques révélèrent aux Grecs les services que la cavalerie pouvait rendre à la guerre. Ils furent cependant bien lents à tirer profit de l’expérience qu’ils avaient faite. Pendant presque tout le ve siècle, le sentiment des hommes de guerre est loin d’être favorable à la cavalerie 265. Les braves hoplites de cette époque n’avaient guère que du mépris pour ce guerrier, qui n’était pas même sûr de son assiette, qui avait toujours peur de tomber, qui ne pouvait frapper que de loin par des coups mal assurés, et qui tournait le dos dès qu’on l’attaquait 266. La guerre du Péloponnèse, si féconde en expériences, modifia sensiblement celte opinion. L’utilité des troupes légères fut démontrée à Sphactérie, où les premiers hoplites de la Grèce durent mettre bas les armes ; à Délion, la défaite ne fut si sanglante pour les Athéniens, que parce que 1 armée béotienne possédait un corps de mille cavaliers qui poursuivirent énergiquement les vaincus; en Sicile, une des causes de la ruine de l’armée athénienne fut que cette armée ne possédait qu’une très faible cavalerie “61. Pendant la guerre du Péloponnèse, une armée grecque ne comprend plus exclusivement un corps d hoplites, elle possède aussi des archers, des frondeurs et un corps de cavalerie ; elle a quelquefois de 1 infanterie légère, des |iXot. La cavalerie a pour mission de défendre le corps des hoplites contre la cavalerie et les troupes légères de l'ennemi. Dans un combat de cette époque, il y a en réalité deux engagements : les deux armées sont en présence, les hoplites au centre, les cavaliers avec les troupes légères aux deux ailes; c’est la disposition classique 268. L’action commence par un combat de cavalerie, les cavaliers et les troupes légères en viennent aux mains sur les deux ailes, ils combattent jusqu à ce qu un des deux partis soit mis en fuite, les vainqueurs restent sur le champ de bataille; mais cette action n’a pas grande influence sur le résultat final ; ce qui décide la victoire, c’est la lutte entre les deux corps d'hoplites, et dans cette lutte, la cavalerie n’intervient pas; seulement,
üurtius, But. gr. I, 295, 534. - 256 Herod. V, 77; Plut. Pend., 23 ; Strab. X, s47 257 Strab. X, 443. - 258 Cauer, Delectus , 461; Dittenberger, Syll- m- 250 Thuc. VI, 70 et suiv. ; Plutarch. Dion. 42, 44; pour la Sicile, cf. K. Bauer, Op. laud. p. 300. - 260 llesych. s. ». W.r.i.noo ictvaE. - 261 C. ins. gr. 3658; «»•
u'rhéol XXX, p. 93 ; liste d’hipparques éponymes, Bull, de corr. hell. . P- • T rn Aristot! Polit. IV, 3, 2. - 263 Xen. Bell. VII, 4, 16 et 19; Plut. Phüop. , Cauer, Débet. 264.- 261 Xen. Bell. VII, 2. - 265 Un brave Spartiate à qu » donne une troupe de cavaliers à conduire contre l'ennemi, ne trouve rien de mie à faire que d’ordonner à ses hommes de descendre de cheval et de charger hoplites, Xen Bell. IV, 4, 10. - 266 Passage caractéristique dans Xen. Anab. 1 , O 18 et suiv. - 267 Thuc. IV, 96. - 268 Thuc. IV, 93; V, 67, 2; Ans oph. Bq. Cao. 241, etc. Ce fut la disposition classique jusqu’à Frédéric et Napoléon, Thiers, Bist. du Consulat et de l’Empire, XX, p. 742 et suiv.
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quand l’affaire est décidée, quand un des deux partis est en fuite, la cavalerie peut être utile, soit pour protéger la retraite de l’infanterie en cas de défaite, soit pour rendre la poursuite plus terrible en cas de victoire.
Les années qui suivirent la guerre du Péloponnèse furent marquées par l’importance toujours plus grande que prirent les troupes mercenaires et par la création d’une infanterie légère, le corps des peltastes. Si la Grèce avait été un pays de cavaliers, c’est alors que les divers États auraient dû penser à constituer une forte et nombreuse cavalerie ; mais le rôle de l’infanterie avait été si considérable jusque-là, et les Grecs étaient si habitués à cette arme, que lorsqu’on eut constaté que la grosse infanterie ne pouvait plus se suffire à elle-même sur les champs de bataille, on ne trouva rien de mieux à faire que de créer l’infanterie légère : à l'hoplite l’Athénien Iphicrate opposa le peltaste. C’était là ne résoudre qu’une partie du problème. L’importance de la cavalerie devenait chaque jour plus grande. L'Athénien Xénophon fut un des hommes qui comprirent le mieux cette importance et qui essayèrent de la faire comprendre aux autres. Toute l’antiquité s’accorda à reconnaître dans Épaminondas une habileté jusqu’alors inconnue à se servir à propos sur le champ de bataille des diverses forces qui composaient alors une armée. Cependant la grande création du général thébain consiste dans une disposition nouvelle du corps des hoplites, dans la création de la cpaXay?. Pour la cavalerie, il ne
semble pas qu’il ait fait d’innovation bien importante. 11 faut signaler l’emploi des &[mxtcoi à Mantinée; quant à la disposition de la cavalerie en grandes masses, dans cette bataille, elle lui fut inspirée par l’exemple de l’ennemi 269, et même alors, si la cavalerie fut disposée différemment, son rôle fut à peu près le même ; elle ne fut appelée à agir que contre la cavalerie.
Avec Philippe et Alexandre, au contraire, s’opère une grande révolution dans l’art militaire. Les Macédodoniens210 n’avaient pas pour la cavalerie la répugnance des autres Grecs. Au commencement de la guerre du Péloponnèse, les rois de Macédoine ont une forte et nombreuse cavalerie211, armée de cuirasses 272 ; l’un d’eux, Arehélaos (413-393), opéra une réorganisation de l’infanterie et de la cavalerie, qui accrut d’une façon notable la force de ce pays213. Cette organisation fut reprise et complétée par Philippe. Nous n’avons à nous occuper que de ce qui concerne la cavalerie. Jusqu’ici l’effectif de la cavalerie dans les armées grecques avait été à l’effectif de l’infanterie dans le rapport de un à dix; dans l’armée de Philippe, il était dans le rapport de un à six. Ce résultat fut obtenu, à partir de 344, lorsque Philippe, maître de la Thessalie, put disposer de la cavalerie thessalienne, la meilleure de toute la Grèce. L’armée macédonienne comprend alors deux grands corps de cavalerie : la cavalerie macédonienne proprement dite et la cavalerie thessalienne. La eava-
269 Voir l’exposé de cette bataille dans Kôchly et Rustow, Op. laud. p. 176.
— 270 sur l’armée macédonienne, cf. Küchly et Rustow, Op. lavd. p. 232; J. -G. Droysen, Hist. de l'Hellénisme. I, p. 164; du même, Hermès , XII; Grote, Hist . gr. XV11I, 63; A. Bauer, Griech. Kriegsalt. p. 306; H. Droysen. Die griech. Kriegsalt. p. 107 ; du même, Untersuchmgen über Alexander des grossen Herwesen und Kriegfûhrung , 1885. — 271 Thucydide mentionne 600 cavaliers macédoniens, I, 61, 3; 1000, II, 80,4; IV, 124, 2. — 272 Thuc. II, 100, 4.
— 273 Thuc. II, 100. — 274 Pour la cavalerie nous connaissons les divisions territoriales suivantes : Apollonïa (Arrian. Anab. I, 12, 17), Anthémuse (II, 2, 3), Haute-Macédoine. Bottiaea, Ampliipolis (I, 2, 5), la Leugèenne (II, 2. 3). On ne
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lerie macédonienne est composée des nobles, êxaTooi, les Macédoniens libres, mais non nobles, forment la grosse infanterie, les ireÇÉTatpot ; il y a au moins sept divisions d’éraipot et de TreÇéraipot 274 ; pour les éxaipot, ces divisions s’appelaient tXo« ; il y a en outre, dans le corps des pezétaires, comme dans celui des hétaires, une troupe d’élite appelée rÿ.YT|g.!x; l’ayir||A(x des hétaires s appelait aussi 1 ”fXv) patnXix^, il était probablement composé d’hommes choisis dans toutes les autres divisions. L’effectif du corps des hétaires, comme celui des autres troupes macédoniennes n’est pas connu275; le total de l’armée organisée par Philippe s élevait, au moment où il mourut, à environ trente mille hommes. Alexandre compléta cette organisation si bien commencée : c’est probablement Alexandre qui eut le premier l’honneur de diriger, à Chéronée, une charge à fond de la cavalerie contre l’infanterie 27G. L’armée qu’il conduisit en Asie était forte de trente mille fantassins, et d’environ cinq mille cavaliers. Ce qui la distinguait, c’est la variété des forces qui la composaient. Il y avait d abord un corps de grosse infanterie, la phalange composée des divisions de TnÇÉTa'.p&i ; puis les hypaspistes, infanterie moins lourde se rapprochant des peltastes; enfin l’infanterie légère des Agriens, des archers, des acontistes. La grosse cavalerie était constituée par les îles macédoniennes augmentées de l’agéma, par la cavalerie thessalienne et par celle des contingents grecs 277 ; comme cavalerie légère, on avait les Thraces, les Péoniens, les Sarissophores 27S. Les dispositions générales, prises par Alexandre dans les trois batailles qui lui livrèrent l’empire des Perses, montrent la révolution qui s’était opérée dans l’art militaire et l’importance qu’avaît prise la cavalerie. A l’extrême droite est l’infanterie légère des Agriens, archers, acontistes; la droite est proprement constituée par les îles des hétaires avec l’agéma; à côté de cette grosse cavalerie, se trouve la cavalerie légère des Péoniens et des Sarissophores ; le centre est formé par la phalange des pezétaires soutenus parles hypaspistes; enfin l’aile gauche est formée par la cavalerie des contingents grecs, qui sont en contact avec les hypastistes et la cavalerie thessalienne ; à côté de cette grosse cavalerie, à l’extrême gauche, se trouve la cavalerie légère des Thraces, des Odryses, etc. Le roi, entouré de l’agéma, est à l’aile droite, qui a toujours été, dans les armées grecques, le poste d’honneur; dans toutes les batailles d’Alexandre, c’est l’aile droite qui seule a eu le rôle offensif : les hypaspistes, la phalange, la cavalerie de l’aile gauche s’avancent lentement, et seulement pour soutenir la charge à fond de la grosse cavalerie des hétaires; ces cavaliers, ayant le roi à leur tête, s’avancent comme un coin dans l’armée ennemie, la coupent, la mettent en désordre et la rejettent sur la phalange et la cavalerie de l’aile gauche. Le résultat de la manœuvre n’est pas seulement la victoire, mais la destruction presque complète de l’armée ennemie.
peut dire si ces divisions de la cavalerie correspondaient à celles de l’infanterie. Pour la bataille d’Arbelles sont mentionnés Yagéma sous les ordres de Clitus, puis les sept îles de Glaukias, Ariston, Sopolis, Héraclide, Démétrius, Méléagre, Flégélochus; toute cette cavalerie des hétaires est sous les ordres de Philotas (Arrian. Anab. III, 11,8). — 275 H. Droysen, Untersuch. p. 28. — 276 J. -G. Droysen, Hist. de l’Hellénisme , I, 176. — 277 Nous avons déjà parlé du contingent de cavaliers fourni par Orchomène et du monument que ces cavaliers élevèrent à leur retour d’Asie. — 278 Les Péoniens et les Sarissophores sont appelés également d’un nom qui montre bien leur rôle comme cavalerie légère, upô$çou.oi (Arrian. An. I, 14, 6; II, 9, 2; 111, 7, 7, etc.) Cf. Droysen, Untersuchungen , p. 26.
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Après Arbelles, des modifications furent apportées à l’organisation de la cavalerie. On n’avait plus à craindre la formation de grandes armées de la part des Perses; mais il fallait être en état de rayonner promptement de tous côtés sur les immenses territoires qu’on venait de conquérir. Un premier changement fut fait à Suse en 331; il eut pour résultat de diviser l'ile en deux Xo/oi, dont le commandement fut donné à des hétaires d’une valeur éprouvée 219; plus tard l’YXiq fut remplacée par l’wnüKp^fa; il y avait probablement huit hipparchies, sans compter l’agéma 280. Cette cavalerie des hétaires n’avait d’abord qu’un seul chef, Philotas. Mais après l’exécution de ce général, Alexandre ne voulut plus d’un chef unique: il divisa les hétaires en deux commandements, dont l’un fut donné à Clitus, l’autre à Héphestion 2S1. Enfin le contingent de la cavalerie légère, composée de barbares, fut notablement augmenté, quand la cavalerie thessalienneet celle des contingents grecs furent congédiées 382. Au moment de sa mort, Alexandre s’occupait d’une nouvelle disposition de son armée, mais ces réformes avaient surtout pour objet l’infanterie.
A l’époque des Épigones, la cavalerie continue à croître d’importance; depuis la campagne de l’Inde, elle est soutenue par les éléphants; et, à présent, en rase campagne, l’infanterie est impuissante à lui résister 283. Les généraux de cette époque continuent à pratiquer la méthode d’Alexandre, qui consiste à ne prendre l’offensive que sur une aile de l’armée ; seulement tandis qu'Alexandre prenait toujours l'offensive avec 1 aile droite, ils la prennent tantôt avec l’aile droite, tantôt avec 1 aile gauche, selon les circonstances ; l’aile qui a l’offensive est toujours formée par la grosse cavalerie ; c’est l’attaque de cette aile qui décide presque toujours du résultat de la journée. Les dispositions les plus intéressantes à étudier sont celles que prit Eumène à la bataille contre Antigone en 322, à la bataille dans le Paractacène en 317 et à celle dans la Gabiène.
Avec Pyrrhus commence une nouvelle transformation de l’art militaire ; la cavalerie perd peu à peu cette importance si considérable qu elle avait dans les armées depuis Alexandre. Déjà à Héraclée, la cavalerie de Pyrrhus est d’abord vaincue par la cavalerie romaine ; c’était cependant cette cavalerie thessalienne dont la renommée était si grande281. La phalange, armée à la manière macédonienne, c’est-à-dire portant la longue, sarisse, devient la force principale de l’armée ; ce n’est plus l'attaque de la cavalerie sur une des ailes, c est 1 attaque de la phalange au centre qui décide la victoire. Les armées de cette époque comprennent un nombre toujours plus grand d’armes différentes : pour la cavalerie, nous avons à signaler en particulier la formation de deux corps nouveaux, les tarentins et les cataphractes.
Nous avons déjà parlé des tarentins, à propos des concours des Théseia; nous avons vu que c’est dans la période qui sépare les inscriptions 444-44 3 du tome II du Corpus inscr. attic. des inscriptions 446-448, c’est-à-dire entre 160
279 Aman. A»ab. III, 16, H. - 283 Arriau. Anab. IV, 22, 7; 23, 1 ; cf. H. Droren, Ontersuc A. p. 21 et s. - *31 Arr. An. III, 27, 4. - « Son* mentionnes des hip^aeontistes (Aman. 111,24, 1), des (IV, 24, 1), des cavaliers
Bactriens sous Amyutas (IV, 17,3); des cavaliers arachosiens, parapomisades ^,
H, 3). scyll.es (V, 12,
f9iSf2.dl^ DÎod. ’xix, 29, 5. - » Diod. XIX. 39 2; 82, 2; Polyb IV, xi, 12, 6; 13, 1; XVI, 18, 7; Plut, fhilop. 10; Cleom. P; Polyen. III, .
et 130, que les tarentinarques d’abord, puis les tarentins remplacent les phylarques et les cavaliers dans les concours de cette fête. La première mention des tarentins se rapporte à la campagne d’Antigone contre Eumène dans la Gabiène, en 317 ; son armée se compose de vingthuit mille fantassins, dix mille quatre cents cavaliers et soixante-cinq éléphants ; parmi ces cavaliers, il y avait un corps de deux mille trois cents tarentins venus, dit Diodore 383, d’au delà des mers; un escadron de cent tarentins formait la garde du fils d’Antigone, Démétrius 286. A partir de cette époque, il est très souvent fait mention de ces cavaliers 287. L’expression Taoav-nvapyja se trouve dans les traités de tactique militaire et dans les lexiques; elle désigne une division tactique de cavalerie; la première division est l’YX'q qui comprend soixantequatre cavaliers, et qui est commandé par riXap^Tfjç ; audessus est l’ÈTuXapyta, qui comprend deux IXat, soit cent vingt-huit cavaliers; la Tapav-nvap^ta comprend deux ém- Xap/iai, soit deux cent cinquante-six cavaliers; l’iTnrapyta comprend deux Tapavxtvapyiat, soit cinq cent douze; 1 Icpntnapyta comprend deux cTrropyîat, soit mille vingt-quatre cavaliers, le téXo; comprend deux êipnntap/fat, soit deux mille quarante-huit cavaliers; enfin rêiriTayp.a comprend deux téXt|, soit quatre mille quatre-vingt-seize cavaliers288. Les tarentins avaient une façon particulière de combattre. Arrien 289 dit qu’il y a deux sortes de cavaliers tirailleurs : ceux qui se servent de javelots et ceux qui se servent des arcs; ceux-ci sont les archers à cheval; les autres au contraire sont les tarentins; et, même, parmi ces tarentins, les uns se contentent de lancer les traits et de tournoyer sur le front de l’ennemi sans l’attaquer, ceux-là sont proprement les tarentins; les autres, après avoir lancé leurs javelots, abordent l’ennemi soit avec la seule pique qu’ils ont conservé, soit avec l’épée droite, apTcot0"q ; ceux-ci sont appelés cavaliers légers. Nous voyons cependant que les tarentins de Philopémen, d’après Tite-Live, menaient avec eux deux chevaux 390 ; ils seraient donc ce qu’on a appelé les ajAcptonroi291, c’està-dire des cavaliers qui ont deux chevaux et qui sautent de l’un sur l’autre chaque fois que cela est nécessaire. 11 est difficile de se prononcer entre ces deux explications. Un cavalier armé est fréquemment figuré sur les monnaies de Tarente, quelquefois conduisant deux chevaux, ou bien comme celui qu’on voit ici (fig. 2731) s’apprêtant à sauter à bas ^ î73l>c„a. de celui qu’il monte, à la manière des apo- i,er tarentin. bâtes [desultor]. On peut y reconnaître un «(Kptmcoç, à moins que ces types ne fassent simplement allusion aux jeux célébrés à Tarente 292.
De ces âp.cpnnroi, il faut distinguer les cqxnnnJt. Les grammairiens293 ont donné de ce mot différentes explications la plupart erronées ; il faut s’en tenir, comme le veu t Paul- Louis Courier, à ce que disent les historiens 294. L’S[mimso« est un fantassin, armé à la légère, qui suitàpied le cavalier; quand l’occasion le demande, il monte à ses côtes
288 Aman. Tact. XVIII; cf. Suidas, iflm- - 289 T*ct;
,„;d s „ 290 XXXV, 28, 8; cf. ce que dit 1 éditeur Weisscnbo
, ce" passage. - IM Ilesych. c. T«e«v,T*o.; Pollux I, 131. 2j, £ B»«, 5riech. Kriegsalt. p. 298; II.Droysen, Gr. Knegsal . P- 34 * [
dead, mt. numorum, p. 46 et 50; Evans, iVunu.n
I, 131; Suid. *.n. AUS»., et ! *■"«>! E“stat' lL ^’ ^ Sui'tout Xen.
[IarpocratiüQ a le mieux compris la vente, s. v. ky-imu Hipparch. V, 13, et tiell. VII, 5, 23.
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sur le cheval ; il prend part au combat de cavalerie, soit en se tenant à distance et en faisant simplement usage de se, traits, soit en s’engageant dans la mêlée, en frappant les chevaux et les cavaliers ennemis; il peut aussi prendre part à l’action de l’infanterie légère, soit contre les 'jaW, soit contre les hoplites de l’ennemi. Xénophon 298 indique comme une excellente ruse de cacher ces fantassins derrière les cavaliers; arrivés près de l’ennemi, les ap.i7i7tot se découvrent aussitôt et marchent en bon ordre ; ils peuvent ainsi contribuer pour une grande part à la victoire. 11 y avait des ap.!H7roi dans la cavalerie athénienne à l’époque d’Aristote 296 ; ils étaient soumis comme toute la cavalerie à la dokimasie du Conseil ; si l’examen n’était pas favorable, l’agtTnro; cessait de recevoir la solde, TteTtcaixai ixurOûtpopÆv ; ces mots indiquent qu’il était mercenaire. Les Béotiens paraissent avoir pratiqué plus que les autres peuples l’usage de ces combattants ; Thucydide mentionne des agtTtTt&t à la bataille de Délion 297 ; à Manlinée, Épaminondas mêla des agtTntot dans les rangs de sa cavalerie, ce qui donna à celle-ci la supériorité sur la cavalerie ennemie qui était dépourvue de ce secours 29S. L’usage de ces agm-xoc se trouve encore chez d’autres peuples, par exemple chez les Germains d’Arioviste 2".
A l'époque de Xénophon et d’Aristote, il y avait dans la cavalerie athénienne un corps de Tipoopogot ; ils étaient soumis eux aussi à l’examen du Conseil; si le vote était défavorable, ils étaient réformés390. 11 est probable qu’ils étaient citoyens. Deux fonctions particulières leur sont attribuées : il forment l’escorte de l’hipparque 301 ; ils servent comme cavalerie légère pour faire des reconnaissances, pour fourrager, etc. 302 ; ils ne doivent pas être confondus avec les tVrcoTûljcfcac ; ils ne se servent pas de l’arc, mais de l’arme que Xénophon veut voir dans les mains des cavaliers athéniens, le javelot 303. Ils sont probablement, avons-nous dit, citoyens ; on peut le conclure aussi de ce que dit Aristote, que s’ils sont réformés par le Conseil, ils cessent de servir dans la cavalerie 304. Dans l’armée d’Alexandre, les 7rpdôp&g.ot formeront un corps de cavalerie indépendante 305.
Quant aux xxrotcppajcrot, on les trouve d abord dans les armées des Séleucides 306 ; les bas-reliefs de Pergame en donnent quelques représentations ; le cavalier et le cheval sont tous les deux cuirassés ; cette cuirasse n’aurait pas couvert, comme plus tard (voy. tome I, catapüracti, fig. 1232), tout le cheval, mais seulement, comme le dit Arrien307, les flancs et la tête.
Du temps de Polybe, la cavalerie grecque avait adopté le grand bouclier appelé Qûpeoç ; les Romains emprunts Xen. Bipparch. VIII, 19. — 206 ’a0„v. § 49, p. 1 22. — 237 V, 57.
— 298 Xeu. Hell. Vil, 5, 23. — 299 Bel. g ail. 1, 43. — 390 Arist. ’ABr.v. r.ol. § 49, 22. — 301 Xen. Bipparch. I, 25. — 393 Time. 11, 22, 2. — 393 Xen. I. c.
— 391 Aristot. I. c . — 393 Arrian. An. I, 12, 7; 111, 7, 7. • — 396 Polyb. XXXI, 3; Dind. XXXI, 8, 10; Tit. Liv. XXXVII, 40. — 3»7 Ars. tact. IV, 2.
— 393 VI, 25. — 309 Pour l'Égypte, voir Corp. inscr. gr. 287; J. -G. Droysen, he Lagidarum regno , 1831; Lumbroso, L’économie politique de l Égypte sous les Lapides. 1870, p. 224; du même, Egitto al tempo dei Greci e dei Romani , 1884, cb. Il ; H. Droysen, Op. I. p. 161; pour les autres pays, cf. ce dernier ouvrage, p. 165. — 310 J.-G. Droysen, Bût. de l' Relién. 111, passim. — 3H H. Droysen, Kriegsalterth. p. 168 ; Gilbert, Bandb. II, 21 et 101; M. Dubois, Les ligues étolienne et achéenne, p. 157 et 202. — BiBLioGssrniK. Simon 6 tccuri;, extraits de sou ouvrage sur l'équitation dans Pollux, I, 181-220; II, 69; dans le ms. de Cambridge, cl. Ch. Daremberg, Notices et extraits des mss. médiaux. Paris, 1853, p. 134; daus Fr. Blass, Liber miscel. edit. a Societate philol. Donnensi, 1863, p. 49-50, et dans Lud. Diadorf, Xenophontis opuscula polilica eguestria et oenatica, Oxford, 1866, pl. xs et s. de la préface; Xénophon,
P '«TtaoyLxoç et mp\ 'mu?;; ; pour ces deux traites, voir l’éd. L. Dindorf citéo
tèrent cette arme aux Grecs et la donnèrent à leurs cavaliers 308 ; Arrien mentionne parmi les cavaliers de son époque ceux qui sont armés de ce bouclier et qui sont appelés pour cela Oupeooopoi 309.
L’époque hellénistique est surtout l’histoire des grandes monarchies d’Égypte, de Syrie, de Pergame, de Macédoine, etc. La Grèce essaye à deux reprises de continuer une fédération qui assure son indépendance. Dans les deux ligues achéenne et étolienne, le chef de la cavalerie, l’hipparque, est un des premiers magistrats310; il vient encore immédiatement après le stratège. Nous avons quelques renseignements surla cavalerie achéenne JU. Recrutée en grande partie parmi les jeunes gens de la classe riche par voie d’engagements volontaires, elle était très indisciplinée; comme dans Athènes, 1 hipparque craint de sévir, il a peur de s’aliéner les membres des grandes familles; il voit des cavaliers vendre leurs chevaux et il ne dit rien. Avec la ligue, achéenne finit 1 histoire de la cavalerie grecque comme finit aussi le rôle militaire de la Grèce. Albert Martin.
Rome. — A Rome comme en Grèce, le mot équités a un double sens, celui de cavaliers, qui est le sens primitif, et celui de chevaliers, l’ordre des chevaliers ayant sa source dans l’organisation militaire des premiers temps. On s’adressa, à l’origine, pour faire le service de la cavalerie, plus coûteux que celui de l’infanterie, aux citoyens les plus aisés; en échange, on leur assura une position à part dans l’assemblée du peuple et une influence plus considérable. Peu à peu, ceux qui étaient appelés à ce service militaire spécial tendirent à former, avec ceux qui l’avaient accompli et ceux qui étaient aptes à 1 accomplir, une classe privilégiée qui avait pour elle la double puissance de la fortune et de la considération. Cette classe resta pour ainsi dire à l’état latent, tant que les membres qui la composaient continuèrent à servir comme soldats. Mais, à une certaine date, cette cavalerie devint insuffisante ; les cadres anciens n’étaient plus assez larges pour fournir l’effectif aux grandes armées de l’époque ; de plus, les guerres se faisant dans des provinces éloignées de l’Italie, on ne pouvait plus songer à envoyer ainsi, sur la terre étrangère et souvent pour une longue période, 1 élite de la jeunesse romaine. On renonça donc à recruter les cavaliers parmi les centuriaeequiium. Les chevaliers restèrent à Rome ou en Italie, se livrant au grand commerce ou à l’industrie; ceux qui allaient à l'armée y servaient comme officiers. De ce jour, il y eut des chevaliers et des cavaliers. Nous serons obligés de faire cette distinction dans notre article. Nous confondrons d’abord les deux termes pendant une
plus haut et celle de Paul-Louis Courier, Du commandement de la cavalerie et de l'équitation , etc., Paris, 1813; Fréret, Recherches sur l'ancienneté et l’origine de l’équitation dans la Grèce , dans les Mém. de l' Acad, des Inscr. t. Vil, 1733, p. 186-235; l'abbé GéJoyn, Recherches sur les courses de chevaux et les courses de chars aux jeux olympiques, ibid. t. IX, 1736, p. 360-375; Joly de Maizeroy, Tableau général de la cavalerie grecque, deux mémoires suivis de la trad. de riîîicaçxoT'C de Xenophou, ibid. t. XL1, 1780, p. 212-365; P .-11. Larcher, De l'ordre équestre chez les Grecs, ibid. t. XLV11I, 1808, p. 83-103; Barthélémy, \oyagedu jeune Anacharsis, ch. x; A. Boeckh, Oie Staatshaushaltung der Athener , 3® éd. Berlin, 1886, I, p. 317; G. -F. Schümuun, Griech. Alterlhümer , 3* éd. Berlin, 1879, 1, 299 et 450; G. Gilbert, Ilandbuch der griech. Stuatsalterth. I, Leipzig, 1881, p. 77 et 305; Westermann, dans la Real Encyclopédie de Pauly, t. III, p. 1316-1349; K. -Fr. Hermann, De equitibus atticis, Marbourg, 1835; G. Le,eune- Diiichlet, De equitibus atticis , Kônigsberg, 1822; Alb. Martin, Les cavaliers athéniens, Paris, 1886 ; W. Rustow et H. Kochly, Geschichte des Kriegswcsens, Aarau, 1852, passim ; Ad. Bauer, Die griech. Kriegsalterthüm. t. IV, p. 226-331 du manuel Iwan Millier ; H. Droysen, Die griech. Kriegsalterth. t. II. part. II de manuel K. -F. Hermann, Fribourg, 1888.
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certaine période, qui correspond à la plus grande partie de la république; nous prendrons comme date extrême de cette période, la fin de la guerre sociale, avec laquelle disparaît la cavalerie légionnaire ; mais il faut bien observer que c’est là une division qui, pour être commode et même nécessaire, ne répond pas absolument à la réalité ; car la distinction entre chevalier et cavalier s’est certainement introduite peuà peu dans les esprits, comme dans les mœurs. A partir de cette date, nous aurons à étudier séparément les egmies-chevaliers, c’est-à-dire l’ordre équestre, et les e^Mites-cavaliers, c’est-à-dire la cavalerie romaine.
I. Cavaliers-chevaliers. — On fait généralement remonter l’organisation complète des équités à Servius Tullius ; mais il faut peut-être en rechercher plus haut l’origine. Dès les temps les plus reculés, sous Romulus, il est question d’un corps de cavalerie divisé en trois centuries, qui correspondaient aux trois anciennes tribus ; ils auraient porté le nom de celeres31'. Les uns, par exemple M. Belot, ont fait de cette troupe une sorte de garde du corps, créée par Romulus et licenciée par Numa312. D’autres, comme M. Madvig313, identifient les celeres et les équités. Suivant cette théorie, les équités se seraient composés à l’origine de trois cents cavaliers, choisis dans les trois tribus, à raison de cent par tribu, et divisés en dix iurmae , chacune de trente hommes, dont dix de chaque tribu 31t.
Ce nombre aurait été par trois fois augmenté : d’abord sous Tullus Hostilius, après l’arrivée des Albains 316 ; le nombre des cavaliers aurait été dès lors de neuf cents; puis sous Tarquin l’Ancien, qui aurait doublé cet effectif316. Ces cavaliers auraient été répartis à ce moment en six centuries, deux de Ramnes ( Ramnes primi, Ramnes secundi), deux de Luceres et deux de Tities 311 . Ces six centuries étaient composées de patriciens 3!S.
La réforme de Servius Tullius vint modifier de nouveau l’organisation de la cavalerie. Les six centuries ancien¬
nes subsistèrent; elles furent composées de seniores ; ce sont celles que l’on nomme plus tard sex suffragia. Douze nouvelles centuries furent créées, composés de juniores, qui formaient la cavalerie active, les autres constituant la réserve319. Dès lors et jusqu’au temps de l’empire, il y aura dix-huit centuries d 'équités ; les modifications électorales apportées à l’institution n’ont changé ni leur nombre ni leur organisation 329.
La liste des cavaliers des dix-huit centuries était dressée, avant 311, par les consuls, qui avaient le cens dans leurs attributions, après cette date par les censeurs, qui furent créés à cet effet.
Cette cérémonie, recognitio equitum 321 , suivait le recensement général de tous les citoyens; elle se passait au forum 32a. Un héraut citait par tribu les équités des dixhuit centuries 323. Chaque cavalier, à l’appel de son nom, conduisait son cheval devant les censeurs m [censor]. Si ceux-ci le jugeaient digne d’être maintenu dans le corps, ils lui disaient : Traduc equum323 ; si, au contraire, ils pensaient devoir l’exclure, soit parce qu’il était impropre au service 326, soit pour cause d’indignité321, ils lui retiraient son privilège328 en lui disant: Vende equum. Ils complétaient alors la liste des chevaliers, en y insérant de nouveaux noms (i equum publicum assignare)323 , et donnaient lecture de la liste nouvelle des cavaliers 33°. Une monnaie de la gens Licinia (fig. 2732) nous représente, semble-t-il, un cavalier amenant ainsi son cheval devant les censeurs 3".
On devait pour pouvoir figurer, y satisfaire à certaines conditions :
1° Age. — On n’a point de texte relatif à l’âge où l’on pouvait prétendre à entrer dans la cavalerie, mais il paraît certain que le service à cheval n’était pas soumis, sous ce rapport, à d’autres règles que le service à pied . les pueri , c’est-à-dire les jeunes gens de moins de dix-
Fig. 5732. — Recognitio equitum.
311 Liv. 1, 13; Dion. Hal. II, 13; Festus, s. v. Celeres ; Plut. Romulus , 26; Plin. Bist. nat. XXXIII, 33. — 312 Belot, Bist. des chevaliers, I, p. 106 ; cf. 136 et (39, snr le témoignage de Plutarque ( Romulus , 26; Numa, 7). C’est l’opinion adoptée dans l’article celeres du Dictionnaire. — 313 Madvig, L'Étal romain, I, p. 170 et s. de la trad. fr. 11 fait remarquer que *Ar;; qui est peut-être 1 étymologie de celer, signifie cheval servant de monture, p. 170, note S. — 31* Cf. Varro, De linq lat. V, 91 (p. 26) et Festus. s. v. Turmae. Cf. Mommsen, Staatsrecht (trad. Girard), VI, 1, p. 118 et s. — 313 Liv. I, 30; Plutarque ( Romulus , 20) avance que le fait se produisit sous Tatius, après l’arrivée des Sabins. Cf. Belot, op. cit. p. 106. 316 Liv I 36; Cic. De Rep. II, 20. Voir au sujet de ces textes Mommsen, Slaalsrecht, VI, 1, P- 119, note 2 et 287, note 2. - 317 Voir dans Bouché-Leclercq (Op. cit. p. 206. note 3), le résumé des théories qui se sont produites à ce sujet. Les auteurs anciens ne s'entendant pas eux-mêmes sur cette question, c’est une chimere, pour les modernes, de vouloir arriver à une solution. - 318 Cf. Belot, op. cit.
,35 319 Liv 1 43, Duodecim ceteras equitum centuries scripsit Servius
ex prîmoribus civitatis ; Cic. De Rep. II, 22 : equitum centuriae cum sex suffraqiis Cf Festus, p. 334. Voir sur la question des sex suffragia : Iiubino, Zeitschrift für Alterthnmsw. 1846, n»> 27 à 30; Lange, Rom. Alterth. I, p. 445 et s.; cf 482 et s.; Th. Plüss, Jahrb. für Philo l. und Pâdag. LXXXXVUI, 8 et CXXI, ; Belot op. cit. I, p. 101, 133, 171 et s.; J.-J. Millier, Philologue, XXXIV, p. 126 et s.;’ Mommsen, Staatsrecht, VI, p. 119, note. M. Bouche-Leclercq a résumé ainsi la question dans son Manuel, p. 27, note 2 : « On sait par T.te-L.ve (I, 36) que depuis Tarquin l’Ancien, il y avait six centuries de chevaliers patriciens, et que Servius Tullius les avait couservées (I, 43), tout eu en créant douze autres. Cicéron [De Rep. II, 22), dressant le tableau des classes et centuries au temps te Servius Tullius, parle des equitum centuriae mm sex suffrages. H est naturel penser que ces setr suffragia sont les six anciennes centuries conservées par respect pour la coutume et couservées eu leur ancien état, c’est-a-dire reservees aux pa anciens. C'est l’opinion émise par Niebuhr et sun école. Ici intervien co e riva i, celle de Rubino et de Mommsen. Elle fait observer que, d’après Cicéron et meme d’après Tite-Live (I, 43), les sex suffragia viennent apres les douze centuries équestres; enfin que Festus (p. 334) dit les douze centuries instituées par Ta.q et les six autres adjectae ei numéro centuriarum. Rubiuo considérait les sex suffragia comme des centuries de censitaires sans service actif. D apres Plus s,
dix-huit centuries équestres ayant été réduites à douze en 241, amoindries dans leur effectif vers 129, ces douze centuries groupées deux à deux deviennent les sex suffragia. Belot et Bloch définissent les sex suffragia les « centuries sénatoriales » ; elles comprennent les sénateurs, même ayant passé l’âge du service actif et leur fils; elles sont restées patriciennes tant que le sénat a été patricien. Les sénateurs en furent expulsés vers 129 par le plebiscitum reddendurum equorvm (Cic. De Rep. IV, 2), mais leurs fils continuèrent à y former une sorte d’aristocratie. C’est un système bien construit, mais rempli de postulats. Cependant d contient en germe celui de J.-J. MiUler; car on y enseigne que les sex suffragia sont des centuries urbaines, sans service effectif, et qu’elles contiennent des senioies.
En écartant le lien artificiel qu’il établit entre ces centuries et le sénat, il reste des centuries de seniores qui sont urbaines, puisqu’elles représentent la cavalerie de a o-arnison de Rome, et sans service actif, puisque cette garnison n'a pas besoin e cavalerie. On comprend ainsi fort bien : 1° ce que deviennent les équités sortant des douze centuries actives; 2» le rôle effacé des six centuries qui ne comptent plus que dans les comices; 3- le sens du plébiscite de 129, par lequel les démocrates novam largitionem quaerunt plebiscito reddeniorum equorum. Les sénateurs sortant des six centuries de seniores, sous prétexte d'incompatibilité entre les digm es de sénateur et de chevalier, il y eut pour leurs remplaçants largitio d’honneur et peut-être d’argent si, ce qui est douteux, les dits chevaliers percevaient 1 aes equestre et l'aes hordearium. Enfin, 4» le système en question s’accorde avec la statistique, le nombre des seniores valides étant à celui des juniores comme un est à deux » Pour M. Mommsen ( Staatsrecht , VI, i, p. 287 et s.) les sex suffragia sont , des centuries de juniores, mais elles sont exclusivement patriciennes, au moins jusqu’à la réforme de l’organisation centuriate. - 320 Cic. De rep. . Equitatum ad hune morem constitué qui usque adhuc est retentus. recognoscere equitatum (Liv. XXXIX, 44) ou recensere équités (Ibid.XXXVm, - 322 Liv. I, 44; Dio. LV, 31. - 323 Liv. XXIX, 37; Val. Max. II, 9, 6 ; IV, , «0.
32V Plut Pomp. 22; Non. p. 6t G. — 326 Val. Max. IV, 1, 1° i P>o ’
48, 134. - 326 a. GeU. VI, 22. - 327 Liv. IV, 8; XXIV, 1 18 ; XXVII H ; XXM.
14, etc.; Cic. De oral. 11, 71, 287; A. GeU. IV, 12, etc. - 328 Liv. XXIX, 37 XL 15 ; Val. Max. Il, 9, 6 ; A. GeU. IV, 20. - 329 Liv. V, 7 ; XXXIX, 1 9 etc. - 330 Su . ■ Cal. 16. - 331 Coben, Mann, de la Rep., pi. XXIV, Licinia, 2; Mommsen ,Bs‘de la mon, 1. rom., UI, p. 512, 203 ; Babelou, Mo tu», de la Rep. rom., , P-
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sept ans y étaient regardés comme impropres au moins en fait332. Mais s’il y avait une limite inférieure, il n’y avait pas probablement de limite supérieure 333 : on laissait aux censeurs le soin de voir à quel âge ils entendaient libérer du service à cheval chaque homme isolé ; et cette libération devait arriver assez promptement, bien avant l’âge fixé pour les fantassins, le métier de cavalier demandant une plus grande vigueur que celui de fantassin 334. En réalité la cavalerie active ne devait contenir que la fleur de la jeunesse (juventus)3™ .
2° Aptitude physique. — Les cavaliers étaient naturellement soumis, sous ce rapport, à une sévère révision : les infirmes et les faibles de corps ne pouvaient faire partie de la cavalerie.
3° Honorabilité. — Les hommes dont l’honorabilité n’était pas suffisante ne devaient pas non plus figurer dans le corps d’élite des équités. Cette recherche de l'honorabilité faisait partie des fonctions attribuées aux censeurs [censor]* et les exemples sont nombreux de chevaliers dégradés pour cause d’indignité 336 .
4° Fortune. — Certains auteurs, s’appuyant surtout sur un texte de Tite-Live qui' conçoit le cens équestre comme établi par Servius Tullius331, ont émis l’idée que, sous la royauté et au début de la république, il y avait un minimum de fortune au-dessous duquel on ne pouvait prétendre au service dans la cavalerie 338. Mais les écrivains anciens autres que Tite-Live ne sont pas aussi affirmatifs. Cicéron dit que les centuries de cavaliers se composaient de ceux qui avaient la fortune la plus élevée ( censu maximo) 339 et Denys d’Halicarnasse s’exprime de même (ex twv I^ovtwv to Ti^g-a) 34°.
Aussi M. Mommsen n’hésite-t-il pas à avancer qu’il n’y avait, à ce moment, aucun cens propre à la cavalerie. La conception d’un cens équestre estinconciliable, d'après lui, avec l’établissement de l’aes equestre et de l’aes hordearium, dont il sera question plus loin. Si l’on donnait au cavalier l’argent nécessaire à l’achat et à l’entretien de son cheval, c’est précisément pour rendre le service dans la cavalerie accessible à tous. Les textes de Cicéron et de Denys d’Halicarnasse sont donc l’expression non d’une loi théorique, mais d’un fait : il est certain que les jeunes gens les plus riches ont toujours été pris de préférence pour ce service, parce qu’il était plus considéré et, par suite, plus recherché341. Ce cens fut pourtant introduit assez vite, ainsi que le prouvent le texte de Tite-Live auquel il a été fait allusion plus haut et un passage de Polybe. On le trouve établi vers le milieu du ive siècle312, au moment où l’on commence à recruter des cavaliers non seulement parmi les détenteurs du cheval public, mais encore parmi des volontaires, servant dans la cavalerie à leurs propres frais. On connaît mal, du reste, le montant de ce cens313. M. Mommsen pense que le chiffre de quatre cent mille sesterces, qui nous est seul connu et qui était spécifié dans la loi Ros-
332 Tubero, ap. Aul. Gell. X, 28. — 333 Mommsen, Staalsrecht (trad. Girard), VI,
1, p- 216 et 2, p. 94. — 334 On sait que le cavalier n’était tenu qu'à dix ans de service, le fantassin à seize ; Polyb. VI, 19. — 335 Liv. II, 19 ; IX, 14 ; Val. Max. H,
2, 9, etc. — 336 Liv. X LII, 10, .4 ; XLIV, 16, 8, etc. Voir plus haut notes 327 à 329.
— 337 Liv. III, 27, 1 et surtout V, 7, 5. — 338 par exemple Madvig, État romain (trad. Morel), I, p. 172. 339 Cic. fie rep. II, 22, 39. — 340 Dion. Hal. IV, 18.
— 3U Mommsen, Staatsrechl (trad. Girard). VI, 1, p. 289 et s. — 342 Polyb. VI, 42, 9. 343 Liv. V, 7, 3. — 344 Juven. Sat. XIV, 323 et s.; III, 155 et les scolies.
— 345 Mommsen, op. cil. VI, 2, p. 97. — 346 Mommsen, Op. cit. p. 97. Les textes sont surtout précis pour l’empire : Suet. Claud. 25 ; VitaAlex. 19; Dio, LXXVIII, 13 ; mais la loi devait, par cela même, être plus stricte encore sous la République.
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cia de 687 344, a été aussi seul en usage dès le principe, quoiqu’il n’ait été probablement sanctionné par la loi qu’à cette époque 3',s.
5° Naissance. — Le cavalier doit être de naissance libre ; les fils d’affranchis étaient exclus du service à cheval 34G. Mais c’est la seule condition absolue. A l’exception des sex suffragia qui étaient réservés aux patriciens, au moins à l’origine 347, la cavalerie était accessible même aux hommes de la plus basse naissance 348. Toutefois, il en était de cette disposition comme de celle qui ouvrait les rangs de la cavalerie aux gens sans fortune : elle n’était point observée en pratique, et les cavaliers étaient choisis de préférence parmi les hommes appartenant aux anciennes familles 349.
6° Rang. — Au début de la république, comme sous les rois, les cavaliers pouvaient appartenir soit au peuple (c’est une conséquence de ce qui a été dit dans les deux paragraphes précédents) soit au sénat. Mais, en fait, les gens du peuple servaient plutôt dans l'infanterie. Quant aux sénateurs, ils ne furent exclus des centuries équestres que par C. Gracchus 33°.
Celui qui remplissait les conditions énoncées ci-dessus pouvait donc être inscrit par les censeurs sur la liste des équités. Il lui fallait d’abord se procurer un cheval, sinon deux351 et en acheter l’équipement; car, dans l’organisation romaine républicaine, l’armement et l’entretien du soldat restent à ses frais. Mais afin de diminuer autant que possible les frais occasionnés de ce chef au cavalier, il lui était alloué une indemnité d’entrée au service, connue sous le nom d’aes equestre [aes equestre] et une indemnité annuelle de nourriture pour son cheval, connue sous le nom d’aes hordearium [aes hordearium] . L’aes equestre se montait à mille as ou cent deniers (87f,50) 352, et l’aes hordearium à deux mille as ou deux cents deniers par an (17o fr.) 363. Cet argent était accordé par les censeurs, suivant que le permettaient les ressources du budget334 et fourni à l’État par un impôt prélevé sur les viduae et les orbi 355. Si le cheval venait à être victime d’un accident, la perte en était, paraît-il, supportée par le cavalier356 ; s’il lui était retiré par une décision des censeurs, il est probable que l’argent d’achat devait être restitué à l'État, en tout ou en partie, puisqu’en ce cas, le chevalier le vendait 331 ; mais on n’a à ce sujet aucun texte positif; il devait en être de même, quand le cavalier, son temps de service terminé, était rayé des cadres de l’armée. Le fait d’être inscrit par le censeur sur la liste des équités et d’avoir reçu de l’État une somme nécessaire à l’acquisition du cheval explique l’expression par laquelle on désignait le chevaliercavalier de l’époque républicaine : eques romanus equo publico 338.
Tous ceux qui avaient droit à ce titre étaient appelés chaque année à figurer dans une procession solennelle que l’on appelait transvectio equitum. Cette cérémonie
— 347 Mommsen, Op. cit. VI, 1, p. 288, note 2. — 348 Juven. III, 153 et s. ; Val. Max* IV, 7, 5. — 349 Liv. I, 43 ; Dion. Hal. IV, 18 ; Dio. Cass. LII, 23; LIX, 9. — 350 Voir plus bas, p. 777. — 351 Festus, p. 221 ; Licinianus, p. 4. Ce second cheval était sans doute destiné à être monté par l’esclave qui faisait office d'écuyer, en même temps qu’à fournir une bète de rechange dans le combat au cavalier démonté. — 352 Liv 1, 43, 9.
853 Ibid. — 354 Il y avait un budget limité, puisque à une certaine date Caton
présenta au peuple ou au sénat une loi tendant à augmenter le corps ( ut aéra equestria plura fièrent). Friscian. p. 750 ; Cato, fragm. (éd. Jordan), p. 66. — 355 Liv* ib.; Tlut. Cam. 2; Cic. De Rep. II, 20, 36. — 356 Mommsen, Staatsrecht (trad. Girard), VI, p. 291. — 337 On sait que le censeur se servait, en pareil cas, de l’expression; Vende equum. — 358 Cic. Phil. VI, 5, 13. Cf. Mommsen, op. c. VI, 2, p. 75, note 5*
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avail lieu le 15 juillet, pour fêter l’anniversaire de la bataille du lac Régille, où le dictateur Postumius avait fait vœu, s’il était vainqueur, d’instituer à cette date des jeux magnifiques qui seraient célébrés tous les ans 369. Le succès ayant été décidé en cette occasion par le courage de la cavalerie 36°, il était naturel que les équités prissent part à la cérémonie commémorative361. Après les sacrifices et les jeux, les équités se réunissaient sur la voie Appienne, en dehors de la porte Capène, entre les temples de Mars et de l’Honneur. Ils traversaient à cheval le Grand cirque et le Forum, en ordre de bataille 362, couronnés d’olivier et revêtus de ces robes brodées de bandes rouges qu’on appelait trabea. La richesse de leur costume était rehaussée encore par l’éclat des décorations militaires qu’ils avaient obtenues dans les combats. C’était, dit Denys d’Halicarnasse qui l’avait vue et y avait compté cinq mille cavaliers, une solennité magnifique et digne de la grandeur de Rome. Aussi les empereurs eurent-ils grand soin d’en maintenir la tradition, comme on le verra plus loin : au moment où l’ordre équestre était déjà presque entièrement disparu, sous Constantin, la transvectio equitum se célébrait encore régulièrement tous les ans 363.
Dans les institutions serviennes, que nous avons examinées jusqu’ici, il n’y avait pas d’autres équités que les dix huit cents équités des centuries, auxquels l’État donnait un « cheval public », et dont le nombre est resté le même jusqu’à la fin de la république. Mais on comprend que cette troupe, suffisante pour les besoins de la guerre au début, devint bientôt trop faible, surtout lorsque les batailles furent livrées en dehors de l’Italie. On commença par remédier à cet inconvénient en diminuant le nombre des cavaliers affectés à chaque légion, et en les réduisant de trois cents à deux cents31” ; ce qui permettait de trouver l’effectif de cavaliers nécessaires à huit légions au lieu de quatre ; mais ce n’était là qu’un subterfuge et il fallut aviser à un autre moyen d’assurer le service de la cavalerie. Pour y arriver on pouvait faire appel, au moment de la levée des troupes, soit à des cavaliers dont le temps de service était fini, soit au contraire à des individus astreints au service, mais non encore exercés; les deux combinaisons offraient des inconvénients, la seconde, peut-être encore plus que la première; car il fallait alors improviser à la fois la monture et le cavalier. Aussi l’on se décida à adjoindre à la cavalerie réglementaire des équités equo publico, un certain nombre de cavaliers sachant déjà monter à cheval et ayant des chevaux; c’est ce qu’on appelle les
369 Dion. Haï. VI, 10 à 13. - 360 Liv. Il, 20. - 361 Liv. IX, 46; Aur. Victor 32; Val. Max. Il, 2, 9; Dion. Hal. VI, 13; Plin. Bi.it. nat. XV, 4, 19; Tac. But. H, 83- Ulp Diq H, 4, 2. — 362 Le texte de Denys porte xati eoU; -t *«' Wy.ou;
iv.i'. Le 'terme fvMi qui signifie tribu ne se comprend pas ici. .Pour se tirer de cette dilficulté les uns prennent dans le sens de turma (H.rschfe d, mm. Verwaltungschichte, p. 243, note 1) ce qui n’est pas sans offrir de» difficultés, les autres corrigent «»U; eu (Willamowitz dans Mommsen StmU-
redit (trad. Girard), VI, 2, p. 124, note 4). D'après Mommsen (loc. cit.) les chevaliers dans cette cérémonie auraient été rangés par lurme et par decuries
Ui \ — 303 Zosirn. II, 20. — 304 Le chiffre normal était 300 : Polyb. 1, 16, 2, I 24 3 et VI 20, 9. Tite-Live, cependant, donne le nombre de 200 comme reglem eu ta ire (Liv.’xLU, 31, 2), mais, au temps de la guerre d'Annibal la légion n’avait communément que 200 cavaliers. Cf. Marquardt, Slaatsvermaltung V, p. 334 et 333. 305 La question des équités equo privato est uue de celles qui ont donné lieu, parmi les savants qui se sont occupés de l'histoire des chevaliers aux discussions les plus vives. MM. Marquardt, dans son Histoire des cheval, e, s, ZumpL Mommsen, en Allemagne, Belot en France admettent leur M Geratbewohl (Die Ileiter und die centuriae equitum ) ne croit pas a la po^.b hte d'autres équités que ceux des 18 centuries. M. Mispoulet (Rev. de ph./olog.c , 186a.
équités equo privato36*. L’existence de ces cavaliers supplémentaires ne peut être mise en doute, en présence des textes formels qui l’attestent366 ; toute la question est de savoir si ce mode de recruter la cavalerie en dehors des centuries équestres n’a été qu’extraordinaire et employé pour faire face à des difficultés temporaires, comme le pensent quelques-uns, ou si, au contraire, il faut le considérer avec d’autres comme une institution habituelle, postérieurement à l’année 400 avant Jésus-Christ. Les textes que l’on peut citer ne sont pas suffisamment précis pour résoudre la question sans conteste, et, naturellement, chacun apporte à l’appui de sa thèse des arguments plausibles. La vérité pourrait bien n’ètre ni d’un côté ni de l’autre, ou plutôt des deux côtés à la fois.
Tite-Live raconte que cette création des équités equo privato remonte au siège de Véies, où des particuliers offrirent de servir à leurs frais dans la cavalerie 367 . Ce témoignage ne doit sans doute pas êtr^. accepté sans restriction, un changement dans les institutions militaires de la république, ne pouvant être, comme on 1 a fort bien remarqué 368, le résultat de l’initiative privée. 11 est probable que la première tentative, faite à cette date, a été suivie d’autres, qui auront prouvé l’excellence du système et auront amené postérieurement une réforme définitive. Elle aboutit à rendre obligatoire, pour tous les Romains dont le cens était estimé supérieur à une certaine somme, le service à cheval soit comme équités equo publico , soit comme équités equo privato 36°. Ceux donc à qui le censeur n’avait pas attribué un cheval public pouvaient être pris par les généraux pour augmenter l’effectif de la cavalerie, au moment d’une entrée en campagne. M. Mommsen estime que cette réforme était déjà appliquée avant la deuxième guerre Punique310.
Pour exposer les faits qu’il nous reste à signaler à propos des équités antérieurs à la suppression de la cavalerie légionnaire, il nous faut distinguer nettement entre les deux sens du mot et étudier successivement la cavalerie attachée aux armées romaines jusqu’à la fin de la guerre sociale et la chevalerie jusqu’à cette époque.
1° Cavalerie romaine jusqu'à la fin de la guerre sociale. — Tant qu’il n’y eut pas d’autres cavaliers que les cavaliers légionnaires, ceux-ci furent pris exclusivement parmi les dix-huit centuries équestres, ainsi qu’il a été expliqué plus haut.
Contrairement à ce qui arrivait pour 1 inlanterie, la cavalerie légionnaire à Rome était permanente, puisque tous les cavaliers étaient choisis à chaque lustre par les censeurs et portés sur une liste qu’on ne modifiait pas
p. 177 u 186) suppose qu'à côté des équités equo publico il a existé de simples cavaliers, dépourvus du cens équestre, soldés et équipes par 1 État, théorie qui ne repose pas sur des textes précis. Enfin MM. Madrigal Marquardt (Staatsverwaltung. Il, p. 333, note 1) veulent voir dans cette conception une tentative faite pour lu première fois au siège de Veies et renouvelée peut-être dans la suite, mais non une institution durable. - 360 Le plus important est un passage de Tite-Live (V. 0 ainsi conçu (à propos des évènements qui se passèrent lors du siège de Veies) : „ Quibus ceusus equester erat, equi publici non eraut adsiguati, concilie pru.s inter se habito, senatum adeunt factaque dicendi potestate equis sms se stipendia factures promittunt... Tum primum equis suis merere équités coeperunt » (U est a noter que le dernier suis manque dans les mss. de Tite-Live et ne se trouve que dans VEnitome-, le palimpseste de Vérone donne : squissu/is). Pour confirmer ce passage on cite d'autres textes (Liv. IX, 38, XXI, 59, etc.), qui, à vrai dire, ne sont pas suffisamment concluants. - 367 V. la note precedente. - 368 Mommsen, Staatsredit (trad. Girard), VI, 2, p. 71, note 1. Néanmoins M. assez disposé à rapporter cette réforme à Camille. - 4M Liv. XXV II, H. Ce te
prouve que le service à cheval était une obligation generale, qui s imposait a tau ceux qui y étaient aptes légalement. - 370 Staatsredit (trad. Girard), VI, .9, p. 71, d'après le texte precedent.
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pendant cinq ans, quoi qu'il arrivât, La conséquence de cet état de choses est que, lorsqu’on voulait composer l’armée pour entreprendre une expédition, on ne procédait pas pour la cavalerie comme pour l’infanterie [dilec- Tcs]. On se contentait, une fois la liste des fantassins dressée, de prendre dans les dix-huit centuries équestres le nombre de cavaliers nécessaire pour compléter l’effectif légionnaire371.
Postérieurement, après l’établissement des équités equo privato, il devint nécessaire d’agir autrement. On choisit dès lors, avant toute opération de recrutement, dans l’ensemble des juniores , ceux qui pouvaient légalement servir à cheval. Le censeur intervenait dans le recrutement des cavaliers, parce qu’il s’agissait de constater le cens des équités; mais toute la partie militaire de ce recrutement appartenait certainement au consul, général en chef, ou à celui qui le remplaçait 372.
Les cavaliers étaient répartis, en vue du service militaire, par turmes de trente hommes,- et chaque turme se composait de trois décuries de dix hommes 373. A la tête de chaque décurie était un décurion qui commandait à ses neuf 374 compagnons. Le premier décurion nommé conduisait la turme ; en son absence, le deuxième prenait le commandement 376. Les décurions étaient, suivant M. Mommsen 376, nommés par les censeurs; mais le général n’en avait pas moins le droit de modifier ces nominations, si bon lui semblait, au moment de la mobilisation. Chaque décurie avait de plus un option choisi par le décurion 377.
Au début de l’État romain, le cavalier ne recevait pas plus de solde que le fantassin, mais il avait droit, comme nous l’avons expliqué plus haut, à cause des frais qu entraînait le service à cheval, à une indemnité de nourriture pour son cheval ( aes hordearium). Les choses changèrent lorsque Camille eut introduit l’usage de payer les troupes 378. Les cavaliers qui avaient reçu Vequus publions furent admis à bénéficier de cette faveur, aussi bien que les autres 379 ; mais comme ils recevaient déjà des indemnités, la solde fut, pour eux, déduite de la somme à laquelle ils pouvaient prétendre pour la nourriture de leur cheval 38°. Cette solde, au temps de Polybe, équivalait à une fois et demie la solde du centurion381 et à trois fois celle du fantassin 382, c’est-à-dire à six cents soixante deniers (310 fr.) 3S3. De même ils recevaient, dans les distributions d’argent, le double38* et plus souvent le triple 385 des pedites , et dans les distributions de terre une part beaucoup plus considérable que les autres 386. Si donc leur service était plus dispendieux, les bénéfices étaient plus considérables, ce qui rétablissait quelque peu l’équilibre.
Al’époque primitive, les cavaliers combattaient, comme le firent plus tard, ceux du moyen âge : ils engageaient avec leurs ennemis des duels précédés de défis et divisés parfois en plusieurs passes, comme les tournois381 ; ils amenaient même sur le champ de bataille deux chevaux,
371 Polyb. VI, 20. — 372 Polyb. Ibid. Cf. Klopsch, Der dilectus in Rom , p. 15; Mommsen, Staatsrecht (trad. Girnrd), VI, 2, p. 73 et 80. 373 Polyb. VI, 25, 1 ,
Varro, De ling. lat. V, 91. — 374 Le décurion est le dixième et non le onzième homme de la décurie. Cf. Mommsen, Staatsrecht (trad. Girard), VI, 1, p. 295, note 2. — 376 [polyb. VI, 25, t. — 376 Mommsen, Ibid. — 377 Varr. loc. cit.
— 373 Liv. IV, 59 et 60; V, 4 et 7 ; VIII, 8; DioJ. XIV, 10. — 379 Narquardt, Staatsverwaltung , II, p. 333 et note 1; Lange, Rom. Alterth I, 3° édit. p. 151.
— 380 Liv. VII, 41, 8. — 381 Polyb. VI, 39, 12. — 382 Ibid. Cf. Liv. VII, 1, 8, XXIX, 15, 7. — 383 Polyb. VI, 39, 12. — 381 Liv. X, 46, 16; XXXIII, 23, 7.
— 383 Liv. XXXIV 40, 3; XXXVI, 40, 13; XXXVII. 59. 6. etc. — 386 par
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afin de trouver, après en avoir fini avec un adversaire, une monture fraîche pour courir à un second combat38*. Les luttes comme celles de Brutus et d’Aruns 389, de Cornélius Cossus et de Lars Tolumnius 370 et d autres encore 391 donnaient aux champions 1 occasion de déployer leur valeur et d’augmenter l’éclat de la cavalerie romaine. Sur une monnaie de la gens Servilia392, on voitM. Servilius Pulex Geminus, consul en 552 de Rome, courant, la lance en avant, contre son ennemi (fîg. 2733).
C’était un des plus vaillants cavaliers de l’armée à cette époque; il avait provoqué vingt-trois fois l’ennemi en combat singu- Fig. 2733. lier, et était toujours sorti vainqueur de la lutte 393. Mais les équités combattaient aussi en masse. Dans ce cas tantôt ils ouvraient la bataille, chargeaient l’ennemi et en enfonçaient les rangs, laissant à 1 inlanterie le soin d’achever la victoire 394 ; tantôt, au contraire ils ne donnaient que dans les moments critiques. Il leur arrivait alors de descendre de cheval et de combattre comme des fantassins. C’est ainsi qu’ils décidèrent le gain de la bataille du lac Régille 395 et que Sex. Tempanius sauva le consul Sempronius en faisant donner les cavaliers démontés 396. En pareil cas, lorsqu ils avaient rétabli la bataille, ils remontaient à cheval et chargeaient l’ennemi pour décider la déroute 397. Pour la charge, la cavalerie se rangeait en files serrées ; on enlevait le mors du cheval et on le conduisait au combat à coups deperon 398.
Si cette manœuvre assurait la victoire dans certaines occasions, dans d’autres elle amenait un désastre. Au Tésin 399 elle jeta le désordre dans les rangs des Romains; à Cannes 400 elle coûta la plus grande partie des équités. Aussi, postérieurement à la seconde guerre Punique, la tactique fut-elle modifiée : les cavaliers restèrent toujours à cheval dans le combat et le rôle d’enlever les positions à l’arme blanche fut dévolu aux vélites qu’ils prenaient en croupe avec eux et qu’ils lançaient au moment décisif contre l’ennemi.
Par suite l’armement des cavaliers fut différent aux deux périodes, plus léger au début, plus lourd ensuite et adapté au rôle de la grosse cavalerie. Polybe nous a gardé à ce sujet des détails d’autant plus précieux, que nous n’avons de cette époque aucune représentation figurée : « Aujourd’hui, dit-il401, l’armure des cavaliers est semblable à celle des Grecs ; mais autrefois ils n’avaient pas de cuirasse et n’étaient couverts que d’un vêtement serré à la ceinture, ce qui leur permettait de sauter de cheval et d’y remonter aisément; mais [aussi, dans la mêlée, ils étaient fort exposés, dénués qu ils étaient d’armes défensives. De plus, les lances anciennes étaient défectueuses pour deux raisons : d’abord elles étaient minces et trop légères; elles ne pouvaient donc atteindre le but et avant de pénétrer, elles se cassaient, rompues parle seul mouvement des chevaux; ensuite, comme elles étaient dégarnies de fer en bas, on ne pouvait frap-
exemple cent quarante jugera , contre cent donnés aux centurions et cinquante aux fantassins : Liv. XL, 34, 2 ; soixante-dix jugera, contre cinquante aux simples j soldats ; Liv. XXXVII, 57, S, etc. — 387 Liv. VIII, 7. — 383 Festus, p. 221; Granius Liciniauus, p. 4. - 339 Liv. II, 6. - 390 Liv. IV, 19 ; Val. Max. III, 2, 4. — 391 Liv. V, 36, 7; VU, 10; VII, 26, VIII, 7, etc. — 392 Cohen, Mann, de la Rép., pi. XXXVII, Servilia, 2; Babelon, Mon. de la Républ. II, p. 447, Servilia, 6 ; Borghesi, Œuvres , I, p. 441 et suiv. — 393 Liv. XLV, 30, 16. — 30V Liv. 1, 3 ; I II, 31, 2; IV, 70, 4; IV, 47, 2, etc. — 395 Liv. II, 20. — 396 Liv. IV, 38, 39. 1 — 397 Liv. Il’ 20; III, 63. — 398 Liv. IV, 33; VIII, 30; XL, 40; Sali. Jug. 101.
I - 399 Liv. XXI, 46. — *00 Liv. XXII, 49. — ‘01 Polyb. VI. 25.
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per qu’un seul coup avec la pointe ; brisées, elles étaient sans utilité comme sans effet entre les mains du soldat. Enfin autrefois le bouclier était fait de peau de bœuf et semblable à ces gâteaux bombés que l’on offre dans les sacrifices; son peu de solidité le rendait incapable de résister aux coups de l'ennemi, et dès que la pluie l’avait détrempé et amolli, il n’était plus d’aucun usage. Aussi emprunta-t-on aux Grecs leur armement : la lance des Grecs, étant plus solide et plus ferme, est susceptible de frapper avec justesse et précision, et le second bout étant ferré, on peut porter des coups aussi certains et aussi forts d’un côté que de l’autre. Il en est de même du bouclier, qui est également disposé pour combattre de loin ou corps à corps. » Ces détails sont à compléter par ce qu’on sait de l’armement de la cavalerie grecque (voir plus haut pages 765-766), et par les quelques détails pris dans les auteurs sur celui des équités romains 402. On peut donc penser que la cavalerie légionnaire à l’époque de Polybe avait une cuirasse, des jambières, un casque, un bouclier, une lance avec pointe de fer, et une longue épée. Le cheval était sans doute aussi bardé de pièces garantissant la tète, la poitrine et les côtés 403.
Cette cavalerie suffit aux Romains tantqu’ils n’eurent à combattre que des peuples aussi médiocres qu’eux comme cavaliers. Mais ils ne tardèrent pas à éprouver à leurs dépens que la cavalerie est un élément indispensable pour le gain d’une bataille. C’est ainsi que, à Héraclée et à Bénévent, la victoire de Pyrrhus fut due surtout aux charges qu’il fit exécuter à ses nombreux cavaliers. 11 devint donc nécessaire au succès des armes romaines de réformer la cavalerie et d’adjoindre aux cavaliers légionnaires un effectif supplémentaire. On le demanda d’abord aux Latins. La cavalerie ainsi levée dans les cités unies à Rome par un traité d’alliance 404 était divisée entrois parties ; deux étaient affectées au service légionnaire et formaient l’aile gauche et l'aile droite de l’armée [ala], l’autre à la constitution d’une troupe d’élite, qui portait le nom de extraor dinariiWi .
Le nombre de ces cavaliers supplémentaires nous est connu par certains textes d’auteurs. Le plus intéressant est un document fourni par le naturaliste Fabius 406, qui se rapporte à Tannée 529 de Rome (225 av. J.-C.) c’est-à-dire au début de la deuxième guerre Punique. Ce document, analysé par Marquardt 407, donne pour l’effectif de cavalerie dont disposait Rome à cette date le tableau suivant :
1° Troupes civiques.
Cavalerie de quatre légions de campagne. 1.200
— deux légions en Sicile . 400
Réserve à Rome . 1.500
Disponibles, mais non levés . 23 -MO
En tout . 20.000 cavaliers civiques.
2° Troupes alliées.
Cavalerie des quatre légions .
— des légions de Sicile. . . .
Réserve à Rome .
Cavalerie des Sabins et Étrusques, au moins
des Ombriens et des Sarsinates.
— des Vénètes et Cénomans .
— disponible, mais non levée :
Latins .
Saranites .
Iapyges et Thessaliens .
Lucaniens .
Marses .
Marrucins .
Frentans .
Yestins .
en tout, au moins 43 000 cavaliers alliés : ce qui représente un effectif assez important.
La cavalerie des alliés ne formait pas un corps indépendant408 : elle n’a rien de commun avec les alae de l’époque impériale, dont il sera question plus loin ; elle représente une partie de l’armée légionnaire, qui pouvait, pour les besoins de la bataille, être réunie à la cavalerie des légions 409 ou être groupée à part en un seul tout410, sous le commandement d’un chef temporaire411. Elle se divisait en turmes de soixante hommes chacune412, suivant le calcul de Marquardt410. Les officiers inférieurs étaient de même nationalité que les simples cavaliers414, les officiers plus élevés, nommés praefecti sociorum, qui étaient communs à l’infanterie en même temps qu’à la cavalerie, étaient Romains416 et nommés par les consuls [praefecti]416.
Après la seconde guerre Punique, une nouvelle modification se produit encore dans l’organisation de la cavalerie romaine417. A la suite des défaites éprouvées par Rome et dont une des causes était l’infériorité de la cavalerie, on commença à employer, outre des cavaliers italiens, des cavaliers auxiliaires que Ton recrutait chez les peuples soumis, chez ceux surtout qui avaient le plus l'habitude du cheval, les Numides et les Maures418, les Étoliens et les Thessaliens 41°, les Pergaméniens 420, les Thraces421, etc. Leur nombre, d’abord assez restreint et proportionné aux besoins du moment, s’augmenta peu à peu; c’est l’origine de la cavalerie auxiliaire [auxilia], qui joua un si grand rôle à l’époque de César et subsista presque seule sous l’empire : il en sera longuement question plus loin.
2e Chevalerie jusqu’à la fin de la guerre sociale. De même que les cavaliers, dans l’ancienne tactique, commençaient le combat, de même ils étaient appelés à voter les premiers 422.
Pour le vote, les équités étaient organisés autrement que pour la bataille : en centuries. Ils gardaient ainsi le groupement antique qu’ils avaient reçu, suivant la
402 Dion. Haï. VUI, 67; Liv. XXXI, 34. — 403 L’assertion de Polybe relative à l’absence de cuirasse dans l’armement primitif est assez étonnante, la cuirasse existant chez certains peuples italiens, ainsi que le prouvent les monuments figurés. Nous ne nous occupons ici que des Romains, les notions sont trop insuffisantes sur la cavalerie des peuples voisins. — 404 Liv. XXVII, 9; Polyb. VI, 21. Cf. Dôbbelin, De auxiliis socium ac laiini nominis, fasc. I, Berlin, 1851. — 40o Polyb. VI 26 — *06 Dans Polyb. II, 24; Diod. (éd. Dindorf) XXV, 13; Liv. Epit. 20; Eutrop. III, 5 ; Oros. IV, 13; Plin. Dût. nat. 111, 138. Cf. Marquardt, Staatsverw., Il p 393 et notes. —407 Ibid. — 408 Voir, par exemple, Liv. VIII, 4, où les Latins se plaignent de ce’fait. - 400 Polyb. III, 65; Liv. XXIV, 7; XXVII, 48 ; XXVIII, 33, etc. M0 Polyb. III, 113; Liv. XXII, 45 ; XXVI, 5 ; XXXIII, 36. - 4H Consul (Plut. Marc. VI, 4); propréteur (Polyb. III, 86; Liv. XXII. 8); légat (Liv. XXXI,
21); tribun (Liv. XXVII, 41). — Cf. E. Marcks, De alis quelles in exercitu romano tempore liberae reip. fuerint ( Jarbûcher far e.lass. Philologie , 1886, p. 3 et suiv.). — 413 Staatsverw ., II, p. 400, 67; Liv. XXIII, 36; XLIV, 40. e nombre 00 résulte de la description du camp de Polybe (VI, 27-32) [castra].
414 Polyb. VI, 21. Les auteurs parlent surtout de ces officiers pour l’infanterie;
Liv. XXIII, 19; XXV, 14, etc. - «5 Liv. XXIII, 7 ; XXV, 1 ; XXXII, 26 ; XXXIII, 36 ete. 416 polyb. VI, 26. — 417 Frôlich, Die Bedeutmg des zweitens pùnischen Krieges fur die Entwicklung des rôm. Heerioesens, p. 4-17; du même, Beitrâge zur Geschichte der Kriegführung und Kriegskunst der Bômer sur ne der Repubük , p. 61. -418 Liv. XXX, 33 et 35; Cic .Adfam. X, 30;App.an B.C. V 98. Cf. Frülich, Op. ait. p. 15 et suiv. — 419 Cf. Frdlich, o p. ci . p- • 490 Liv. XXXVII, 41 à 43 ; Appiau. Syr. 34. — 421 Sallust. Jug. 38. — 1Vl » 4 *
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tradition, de Romulus423. On appelait, ces centuries équestres praerogativae^ , à cause du privilège qu’elles avaient de déposer ainsi leurs votes avant les autres.
Ce système fut réformé au commencement duvie siècle de Rome [comitia]. La tribu devint la base de la division du peuple en centuries, et non plus la fortune. Il n’y eut plus lieu dès lors de concéder aux centuries équestres le droit de voter les premières; mais comme, aux yeux des Romains, ce droit n’était pas sans importance [omen], on décida qu’il n’y aurait plus qu’une seule centurie prérogative, désignée par le sort dans les centuries de la première classe. Les chevaliers votaient immédiatement après cette centurie 425. Il est bien entendu que par ce mot de chevalier il faut entendre seulement les équités equo publico; les autres appartenaient à la première classe, mais non aux centuries équestres.
Cette position privilégiée à l’assemblée était pour les équités une cause d’influence très sérieuse ; mais ce n’était pas la seule. Les sénateurs étaient exclus légalement de la ferme des revenus publics et de tout trafic, même pour des fournitures à faire à l’État ; c’était là une règle générale et qui ne souffrait que de rares exceptions426. Par suite, les opérations de cette espèce ne pouvaient être faites que par des citoyens qui ne fussent pas au Sénat, mais qui possédassent en même temps un cens élevé, c’est-à-dire par les chevaliers 427. La classe despublicains se recrutait donc surtout parmi les équités , ce qui ajoutait à leur pouvoir dans l’assemblée celui que donne la fortune toujours grandissante. C’est là l’origine véritable de l’ordre équestre, que C. Gracchus trouva tout formé en réalité, mais à qui il donna une vie officielle et dont il fit un instrument politique.
Pour bien comprendre les réformes qui sont attachées à son nom, il est nécessaire de rappeler tout d’abord, et comme complément de ce qui vient d’être dit, que les équités comprenaient à ce moment même des sénateurs, ceux qui, après avoir été équités equo publico , obtenaient des honneurs donnant entrée au Sénat sans renoncer pour cela au « cheval public »; on peut citer comme exemple les deux censeurs de l’année 550 de Rome, M. Livius Salinator et C. Claudius Nero428. M. Mommsen suppose même que, par une disposition exceptionnelle de la loi, le sénateur qui avait revêtu une fonction curule, pouvait conserver le « cheval public » aussi longtemps qu’il le voulait 429, et cela précisément pour lui permettre
423 Liv. I, 13. — 42; Ibid. Cf. Festus, p. 249. — 425 M. Mommsen ( Staats recht , trad. Girard, VF, 1, p. 331) émet l’idée que les six centuries patriciennes (= les sex suffragia , d’après son système) votaient entre la première et la seconde classe; cf. la note 4 de cette page. Sur la nouvelle manière de voter des dix-huit centuries équestres, voir aussi Belot, Op. cil. p. 375 et suiv. et les textes cités par lui, surtout Cic. De repub. II, 22. — 426 Asconius, In tog. cand. p. 94; Dio, LV, 10. Cette incapacité des sénateurs a même passé dans les statuts des villes grecques rédigés sous l’inlluence de Rome (Cic. Verr. II, 49). — 427 Les affranchis seuls qui auraient pu disputer aux équités ce privilège commercial étaient également tenus en dehors de ces spéculations (Mommsen, Staatsrecht, trad. Girard, VI, 2, p. 14 et 15). — 428 Liv. XXIX, 37. Cf. Val. Max. II, 9, 6 ; voir aussi Liv. XXXIV, 44. — 429 Staatsrecht , VI, 2 (trad. Girard), p. 104 et note 2. Les textes cités dans cette note sont : Liv. XXVI, 36; Cic. De Rep. b, 2. Le passage de Denys (X, 10) qui parait contradictoire n’est vrai que pour un temps postérieur, qui est celui où vivait l’historien. — 430 Mommsen, Rôm . Geschichte, II, p. 108 et suiv. ; Duruy, Hist. des Romains (in 4°) II, p. 418 et suiv. — 431 Mommsen, Staatsrecht (trad. Girard), VI, 2, p. 105 et note 2. — 432 Appian. Del. civ. II,
22, Ta Sixaffrijçia à^o^ouwa lui 5wço&oxiatç Iç toù; tu ut a; àub t<ov potAtuxiov |/.tTtotpE. V arro ap. Non. p. 454 : « Iniquius equestri ordini judicia tradidit ac bicipitem civitatem fecit, discordiarum civilium f'ontem. » Cf. Diodor. XXXIV, 48 ; Cic. in Divin., I, 13, § 38 ; Pseudo. Ascon. in Verr. 145; in Divin. 103; Vell. Paterc. II, 6, 32; Florus, III, 13, 17; Tac. Ann. XII, 60. Plutarque ( C . Gracchus, 5; Tib. Grac. 16) prétend au contraire que cette loi institua un jury mixte de 300 sénateurs et
de profiter de la situation privilégiée faite aux équités dans les comices. Pour atteindre son but, qui était d’opposer les chevaliers à l’aristocratie de naissance 43°, C. Gracchus dut faire cesser cet état de choses ; de là la loi qu’il proposa ou fît proposer pour écarter des centuries équestres les membres du Sénat, sous le prétexte qu’ils prenaient la place de chevaliers, désireux d’obtenir à leur tour Vequus publicus 43), en réalité pour n’avoir pas à les admettre, même à titre de chevaliers, dans les jurys. C’est là, en effet, la réforme capitale de C. Gracchus, celle qui, en créant l’ordre équestre, en fit du même coup le rival du Sénat : par sa loi judiciaire, il enleva aux sénateurs le privilège d’être inscrit sur Yalbum judicum et le transféra aux équités âgés de trente ans et à ceux qui avaient le cens delà première classe 432 [judices]. Cette réforme n’était, en somme, pour C. Gracchus qu’un moyen de faire passer sa loi agraire, malgré l’opposition des riches; il jugea que, pour y parvenir, le plus simple était de couper en deux cette classe des riches et de donner ample satisfaction à la portion la plus nombreuse; l’autre, restant en minorité, ne pouvait plus faire échec au tribun. La loi judiciaire fut le salaire dont C. Gracchus paya la connivence de l’ordre équestre.
11 ne s’en tint pas là, il donna à cet ordre équestre des privilèges honorifiques qui le rehaussèrent aux yeux du peuple et qui l’égalèrent par certains côtés à l’ordre sénatorial. En premier lieu, il fit accorder à ses membres le droit de porter l’anneau d’or, qui était réservé jusque-là aux sénateurs 433, et qui devint dès lors commun aux deux ordres 434 ; puis il leur concéda au théâtre des places particulières 435. Cette dernière faveur fut supprimée par Sylla, puis rétablie, en 687, par un plébiscite proposé par le tribun du peuple L. Roscius Otho 436 ; enfin Auguste l’étendit, non pas seulement comme auparavant aux spectacles dramatiques, mais aussi auxjeuxdu cirque 437.
Par contre, on décida que la bande de pourpre, qui était la même jusque-là pour les deux ordres, par le fait que des sénateurs étaient équités , serait désormais un signe de distinction entre eux : les sénateurs eurent le droit d’en avoir une plus large ( laiiclavus ), les chevaliers durent la porter plus étroite ( angusti clavus) 438 [clavus].
Ayant ainsi reçu une consécration officielle par les lois Semproniennes 439, l’ordre équestre devint une puissance avec laquelle il fallut désormais compter; c’est ce
de 300 chevaliers. Les uns comme Belot (II, p. 233) récusent le témoignage de Plutarque ; les autres essayent de différentes combinaisons pour concilier ces textes. M. Mommsen suppose que ce fut une première tentative destinée à accomplir moins violemment la réforme judiciaire (Staatsrecht, trad. Girard, VI, 2, p. 133, note 25), et que celte tentative, la seule que connaisse Plutarque, ayant été repoussée, on en fit une autre plus radicale l'année suivante qui réussit; c’est celle dont nous parlent les autres auteurs. — 433 Mommsen, ibid. p. 117. Le témoignage de Tite-Live (XXIII, 12), confirmé par Valère Maxime (VII, 2, 16), d’après lequel on aurait ramassé, après la bataille de Cannes, un boisseau d’anneaux d’or, ne suffit pas à prouver que les chevaliers avaient le jus anuli aurei avant les Gracques. Ün a fait remarquer (Mommsen, ibid. note 2) que les sénateurs, à ce moment, faisaient encore partie des équités et qu’ils fournissaient l’armée d’officiers supérieurs ; cela suffit pour qu’il soit resté sur le champ de bataille des anneaux d’or qui aurait servi de base au récit. —43+ Dio, XLV11I, 45; Plin. Hist. nat. XXXIII, 1, 29. — 435 Mommsen, ibid. p. 122. — 436 Liv. Epit. 99; Velleius, II, 32; Cic. Pro Murena, 40 (ces deux derniers textes se servent du mot restituit qui indique une loi déjà existante mais supprimée); Asconius, In Cornet, p. 79 ; Dion. XXXVI, 25; Plut. Cic. 13. — 437 Plin. Hist. nat. XXXIII, 2; Dion. LV, 22; Tac. Ann. XV, 32; Suet’. Ner. II; Plin. Hist. nat. VIII, 7, 21. Corp. inscr. lat. VI, 1796. — 438 pijn. Hist. nat. XXXIII, l, 27. — 439 Les équités acquirent par ces lois le droit de juger non seulement dans les causes publiques, mais même dans les causes privées ; Ortolan. Expi. hist. des Instit. I, p. 221; Belot, Hist. des chevaliers, II, p. 204 et suiv* [recupbuàtobes] .
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que montre clairement le rôle qu’il joua dans les luttes qui marquèrent la fin de la République.
II. Les chevaliers depuis la fin de la guerre sociale440, jusqu’à DIOCLÉTIEN. — La querelle du Sénat et de l’ordre équestre n’était au fond que la lutte de la plèbe contre la noblesse ; c’est ce qui l'explique et en fait comprendre l'acharnement. A peine dépouillés du droit de juger, les sénateurs ne songèrent qu’à s’en emparer de nouveau; une tentative faite en ce sens, en 106 avant Jésus-Christ, par Q. Servilius Caepio paraît avoir réussi 44i, mais pour quelque temps seulement, car, par une loi contraire, Servilius Glaucia, en l’an 104, rendit aux chevaliers ce qui leur avait été enlevé442. Quelques années plus tard une nouvelle tentative, fut faite par Livius Drusus pour restituer la judicature au Sénat, et la loi qu’il proposait passa, grâce à des actes de violence et contre toutes les règles 443, ce qui amena son abolition, votée par le Sénat lui-même. Quand Sylla fut devenu tout-puissant il donna satisfaction à la noblesse sur ce point, comme sur bien d’autres : sa lex Cornelia rendit les tribunaux politiques aux sénateurs à l’exclusion des chevaliers 444, mais, en même temps, il fit entrer au Sénat trois cents chevaliers, des plus distingués et des plus influents, qu’il voulait détacher par là de leur parti445. Ce fut aussi lui qui supprima la censure en l’an 86. Cette mesure frappa, par contre-coup, l’ordre équestre, puisque, ainsi que nous l’avons vu plus haut, les censeurs étaient chargés de conférer Yequus publicus. M. Mommsen admet que, dès lors, « l’acquisition du cheval public, et par suite de la place dans les centuries équestres, fut liée, de même que celle de sénateur l’était à la gestion de la questure, à quelque, condition légale qui ne demandait pas l’intervention des censeurs »; il suppose donc que, depuis cette époque, les fils de sénateurs furent chevaliers de naissance, et que cette mesure ne remonte pas, comme on le pensait, à Auguste. Par là, ajoute-t-il, les centuries de chevaliers étaient sous la puissance directe du Sénat, ce qui est parfaitement d’accord avec la politique de Sylla 44G. Cette double mesure, qui eut naturellement pour conséquence de supprimer tous les contrôles gênants pour le Sénat, devait faire naître une réaction. A la chute du gouvernement aristocratique de Sylla, les sénateurs perdirent le droit exclusif de siéger dans les tribunaux politiques ; la censure avait été rétablie déjà depuis quelque temps par Pompée 447. Dès lors les chevaliers reprirent place dans les jurys, mais, cette fois, à côté des sénateurs et d’une classe inférieure de citoyens, les tribuni aerarii 448. Ceux-ci, pourtant, ayant sinon Yequus publicus , au moins le cens équestre, c’était en réalité l’ordre équestre qui avait la majorité dans les tribunaux.
440 Afin de ne pas interrompre l’histoire de la chevalerie romaine, contrairement à ce qui a été fait pour la première période de l’histoire des équités, nous parlerons d’abord des chevaliers, et nous ne nous occuperons qu’ensuite de la cavalerie à l’époque impériale. — 441 Tac. Ann. Xlf, 60; Jut. Obsequens, De prodigiis, 101. —442 Cic. Pro Scauro, fragm. 1. Cf. Asconius, ad. h. l.\ Pro Eonteio, 10 et 11; Val. Max. VIII, 5, 2; cf. Drumann, Geschichte Rom, IV, p. 61. Les auteurs qui sont du parti des chevaliers comme Cicéron ignorent cette interruption dans la judicature des chevaliers (cf. Pseudo Ascouius). — 443 App. Del. civ. I, 35 à 37; Aur. Vict. Vita Drusi; Cic. Pro Cornel, 1; Pro domo, 16, 10 et 20; in M. Anton. V, 3. — 444 Velleius, 11, 32, Tac. Ann. XJ, 2; Cic. In Ver. act. I, 13 , 37- — 445 App. Bel. civ. I, 100, Liv. Epit. 80. — 446 Staatsrecht (trad. Girard), VI, 2, P- 81. — *47 App. Bel. civ. 1, 100 et 101 ; Liv. Epit. 89. — *48 Sur la loi de L. Aurelius Cotta de l’an 70 qui rendit les jurys aux chevaliers, voir Asconius, p. 16. — *49 Plut. Pomp. 23et 30.— *60 Cic. Ad. Atlic. 1,18.-451 Caes. Bel. civ. I, 12 et 13; Cic. Ad Attic. VII, 7 ; VIII, 7 ; Tac. Ann. XII, 60. — 4=2 Cic, In AI. Antonium , VII, 8. — *53 Wilmauns, Exempta, n°! 92, 104, 115, 293, 664, 665,
Cette époque marque la grande puissance de l’ordre équestre, celle où il fait décerner à Pompée, son idole, le commandement des guerres contre les pirates et contre Mithridate 449, celle où Cicéron rêve d’en faire, grâce à son union avec le Sénat, le parti de la liberté menacée 450, où il consacre le succès de César en épousant sa cause451, où on le voit se soulever contre Antoine, à 1a. parole de Cicéron452, et où il se prépare dans l’État la place importante que l’Empire lui accordera.
Auguste et ses successeurs, en effet, suivant encore en cela l’exemple de César, comprirent quel parti ils pouvaient tirer de l’ordre équestre, en face du Sénat que l’Empire ne pouvait supprimer, mais auquel il ne voulait pas rendre la prépondérance passée ; il en fit donc sa noblesse et lui confia de nombreuses fonctions, sinon très brillantes au moins très importantes, surtout assez grassement rémunérées. Tout d’abord il fallait l’organiser d’une façon définitive. Sous la République, l’ordre équestre comprenait en fait, sinon en théorie, non seulement les équités equo publico , mais aussi ceux qui étaient aptes à le devenir, ou ceux qui avaient cessé de l’être. Sous l’Empire, il n’en fut plus de même. Il n’y a plus d’autre eques qu eYeques equo publico, que l’on trouve désigné sous les titres de eques romanus m , ou plus rarement eques romanus equo publico 454, très souvent equo publico tout court 456, equo publico honoratus , ornatus, exornaius 455 , equum publicurn habens 457 (en grec t7T7ceù; 'Pa^aioi;) 458. Cette conception n’a pas été approuvée par tous les auteurs qui se sont occupés de la question. M. Belot, par exemple, admet 459 qu’il n’en a été ainsi que depuis Hadrien, tandis que M. Madvig pense 460 que l’ordre équestre comprenait non seulement tous les équités equo publico, qui composaient en même temps les turmae equitum , mais encore les chevaliers en expectative. M. Mommsen461, au contraire, ne veut faire aucune distinction entre les équités equo publico , Yordo equester et les membres des turmae equitum, à l’époque impériale. Cette théorie, qui paraît plus simple et plus vraisemblable que les autres, sera ici adoptée.
Pour pouvoir prétendre au titre d 'eques equo publico, il fallait, comme sous la République, satisfaire àdifférentes conditions de naissance, de cens, d’âge, d’honorabilité.
1° Naissance. — Quand on était de famille sénatoriale, si l’on n’était pas encore entré au Sénat, on était, de droit, chevalier ; c’est cette catégorie d 'équités que l’on trouve désignés sous le nom d 'équités illustres 4G2. Autrement, il fallait, pour arriver à l’ordre équestre, être ingénu et fils d’ingénu 463. On ne naît pas chevalier, comme on naît sénateur 46\
2° Cens. — Le cens exigé pour l’entrée dans l’ordre
688, 1024, etc. Cf. Indices, p. 540. — 454 Wilmanos, Op. cil. 2178, 2182.
— 455 Wilmanns, Op. cit. 669, 690, 694, 773, 1278, 1417, 1418, 1639, 1723, etc.
— 466 WilmaDus, Op. cit. 244, 1200, 1273, 2208, 2245, etc. — *57 Wilmanns, 1311,
2388. — *58 Corp. inscr. gr. 1436, 1017, 6189 b, 6548; Corp. inscr. ait. III, 768a; Bull, de corr. hetl. 1886, p. 456. — *69 Uist. des chevaliers, III, p 393 et suiv.
— *60 L’État romain, I, p. 189. — *61 Staatsrecht (trad. Girard), VI, 2, p. 79.
— 462 plin. Hist. nat. XXX111, 2, 32; Isid. Orig. 9, 4, 12 : Quaravis senatoria quisque origine actate esset, usque ad légitimas annos eques romanus erat. Voy. Corp. inscr. lat. V, 5729; VIII, 11810. Cf. Tac. Ann. VI, 59. — *63 Suet. Claud. 25 ; Vita Alexandri, 19. — 46* Les deux inscriptions qu’on a quelquefois citées pour prouver que l'on liait chevalier, n’out pas la portée qu'on leur attribue (Corp. inscr. lat. W. 1632; X. 3674). Cf. Mommsen. Staatsrecht (trad. Girard), VI, 2, p. 98, uote 3- Mais comme ou donnait de préférence Veguus publicus aux fils de bonne famille, il se forma une sorte d’hérédité du titre, sinon en principe, du moins en fait . Cic. Pro Planco, 13, 32; Coru. Nep. Attic. 1; Corp. inscr. lat. IX, 3160, 1540; VI, 1616.
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était de quatre cent mille sesterces U8. La perte de ce cens entraînait la perte du rang équestre 460.
30 Age. — 11 en a été question plus haut à propos des chevaliers de l’époque républicaine. Sous l’Empire, le principe ne fut pas modifié; mais, en réalité, on n’en tenait pascompte. On trouve des chevaliers de quinze ans467, de douze ans 468, même de huit 469 et de quatre ans 470.
4° Honorabilité. — L’honorabilité parfaite était exigée pour ceux qui se destinaient à la carrière équestre; il semble même que certains empereurs se soient montrés particulièrement difficiles surles questionsde moralité471.
Quand on possédait toutes les qualités requises pour obtenir Vequus publicus , on se mettait sur les rangs; mais, à l’époque impériale, la recognitio equiluni quinquennale faite par les censeurs n’existait plus ; elle était remplacée par une cérémonie appelée probatio 472. L’examen de la capacité des candidats était conduit alors par les empereurs, en tant que censeurs, ou successeurs des censeurs, avec l’aide des anciens agents censoriaux, par exemple le nomenclator censorius, que l’on trouve cité dans des inscriptions473. A partir du règne d’Hadrien, toute cette besogne se faisait dans des bureaux du ministère d’État; le chef de cette division se nommait praepositus a censibus 474 ou ad census equitum romanorum 47 6 . Ce bureau fut réuni, au moins temporairement, au bureau a libellis, où se concentraient toutes les demandes relatives à l’obtention de Vequus publicus, puisque nous trouvons des fonctionnaires qui portent le titre de a libellis et censibus [a censibus] 47S.
Quand le travail était ainsi préparé et la liste dressée
à la chancellerie impériale, il y avait proclamation du résultat dans une cérémonie solennelle. Les auteurs nous apprennent qu elle avait lieu à l’occasion de la transvectio du 1S juillet 477, bien qu’elle pût, en théorie tout au moins, être renouvelée plus souvent et à une date quelconque 478. Nous avons déjà décrit plus haut cette cérémonie. Les chevaliers y figuraient divisés en turmes479, xav' tXa; 480 xe xai xaxà xexo<jp](/.évo[, dit Denys d’Halicarnasse 481 . Ces turmes étaient au nombre de six ; on les trouve toutes mentionnées dans les inscriptions 4S. Elles étaient commandées par des seviri equitum romanorum , dont les textes épigraphiques nous ont conservé de nombreux exemples ; c’étaient surtout des personnages d’ordre sénatorial qui étaient appelés à cette fonction avant ou après leur questure 483 ; rarement on trouve parmi eux des membres 484 de l’ordre équestre ’8°. Ils
466 Schol. Juven. III, 155; Plin. Hist. nul. XXIII, 2, 32; Suet. Caes. 83, etc.
- 466 Martial, V, 38. - 467 Corp. iriser. Ht. X, 3924. - 468 Ibid. 7285. - 469 Corp. inscr. lat. III, 4 3 27. — 470 Corp. inscr. lat. VI, 1595. Marc-Aurèle fut chevalier à sis ans : Vita Marti , 4. - 471 Suet. Aug. 38; Calig. 16; Vita Alcxandri , 16.
— 472 Suet. Aug. 37 et 38; Calig. 16; Vita A lexandri, 15. — 473 Corp. inscr. lat.
VI, 1967, 1968, 1833 a. — 474 Corp. inscr. lat. V, 8659 ; Corp. inscr. gr. 3497, 3751 ; Aib TÙV Et6«<rroù, Corp. inscr. gr. 1813 6. — 47o Corp. inscr. lat. X,
6 6 57. - 476 Orelli-Heuzen, 6518 , 6929 , 6047. - 477 Dio Cass. LUI, 13. Il appelle cette cérémonie Ufrur*. Cf. Corp. inscr. Ht. XI, 3024, où il est question d'un enfant de seize ans qui equopublico transvectus est. — *73 Suet. Aug. 38 : Equitum turmas fréquenter recognovit; Ibid, ad respondeudum quotiens citarentur ; Ibid. 37 : quotiens opus esset. - *79 Tac. Hist. II, 83. - *30 Cette leçon (!').«; au lieu de .uXi,) est celle qu’adopte M. Mommsen d’après une conjecture de M. Willamowitz (Slaatsrechu trad. Girard, VI, 2, p. 124, note 4). Elle se fonde sur ce que le même auteur pailant plus loin du jeu troyen, où les combattants étaient aussi divisés en turmes (Suet. Caes. 39 ; Virg. Aen. V, 560). emploie l’expression *«t’ U.,t, »«, loypos. Si l’on garde le mot eeM, (tribu ou centurie) on est obligé de bâtir toute une théorie, comme Belot (II. p. 401] qui est réduit à défalquer des dix huit ceuluries équestres d'autrefois uue chevalerie sénatoriale qui n a plus 1 equus publi eus; restent douze centuries qu’il fait entrer dans les six turmes; ou comme Hirschfeld ( Yerwaltungsgeschichte, p. 243, note 1) qui considère les six turmes comme la continuation des sex suffragia ; à côté des six turmes il y aurait alors douze
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élaient nommés par l’empereur lui-même *81’ et ne gardaient cet honneur que pendant l’année 487 où ils avaient à préparer la célébration des ludi sevirales ’3S. Leur nombre total était de six, un par turme 489. Il n était pas rare que les princes de la famille impériale lussent honorés de cette fonction 490 ; mais il ne faudrait pas croire qu’en pareil cas ils prissent le titre de princeps juventutis et fussent supérieurs aux autres seviri, comme on 1 a dit quelquefois 491 [princeps juventutis]. On ne sait pas qui commandait l’ensemble du corps équestre dans les cérémonies où il paraissait en public; on peut croire ou que c’était le sévir de la première turme, ou que c’étaient ceux des sévirs qui figurent dans les inscriplions sous le titre de sévir equitum romanorum, sans que le numéro de la turme soit mentionné 492, ou même, et c’est peutêtre la meilleure solution à adopter, qu il n y avait pas de commandant suprême. Chaque turme était divisée, à son tour, en décuries 493.
Cette organisation de la chevalerie en faisait une sorte de corporation; aussi la voit-on élever des statues à des personnages illustres 494, décerner des titres, celui de pater patriae à Auguste 493, des dons honorifiques, bouclier et lance, aux princes de la famille impériale ; c’est un fait de cette nalure que rappellent un grand bronze de Néron (fig. 2734) et différentes monnaies du même empereur496. Elle offre des ex-voto à des divinités 497, envoie des députations aux empereurs 498, et prend part en armes, aux cérémonies officielles et aux jeux solennels qui se célèbrent à la mort de certains em- Fig. 273L
pereurs 498 [apoteeosis, decur-
sxo]. Mais il faut observer avec M. Mommsen 500 que cette corporation n’était pas reconnue officiellement comme telle par les empereurs, quelle n’avait pas de fondement légal, et que, si la politique impériale se servit, des chevaliers pour les opposer aux sénateurs, elle së garda bien d’opposer en même temps l’ordre équestre au Sénat; on ne reconnaît toujours que deux parties dans 1 Etat, le Sénat et le peuple.
Il ne faudrait pas croire cependant qu’à l’époque impériale, il n’y eût parmi les équités romani que des fils de famille sénatoriale ou de famille équestre. Les em-
centuries dont on ne parle pas. En corrigeant çuXà; en "Va; on supprime toutes ces difficultés. Voir pourtant une phrase de Zonaras (X, 35) qui parlant d'un seoir equitum le nomme iXctçgoc çuXîjî. — Dion. Haï, VI, 13. 482 La quatrième seule ne
s’est pas encore rencontrée; la cinquième est citée daus cinq textes [Corp. inscr. lat, III, 2830; V, G360, 6419, 1383 ; XI, 2106); la sixième dans un seul (Corp. inscr. lat. V, 7447). Jamais il n’est question d’une septième turme. — 483 Corp. inscr. lat. X, 6659. —484 Wilmanns, 1168. — 485 Corp. inscr. lat. XI, 1331. — 486 Zooaras, X, 35; Vita Marti, 6. — 487 Dio, LV, 10 : xiv iXaç^oûvtwv. — 488 Vita Marti, 6. — 489 C’est le svstème adopté en dernier lieu par M. Mommsen (Staatsrecht, trad. Girard, p. 127, note 8). Il avait précédemment émis un avis différent (Hist. rom. trad. fr. IV, p. 51), et fies gestae Divi Augusti, III, 5. — 490 Zonaras, X, 35; Vita Marti , 6. — 491 Mispoulet, Institutions politiques des Romains , 11, p. 203 ; Bouché- Leclercq, Manuel des Institutions romaines , p. 338. Cf. Koch, De principe juventutis, (Leipzig, 1 883) et Mommsen, Staatsrecht , 11, p. 800 et III, p. 523. — 492 C’e^t l’opinion de M. Hirschfeld ( Verwaltungsgeschichie , p. 243, note 1 ). —493 Dio, VI, 13; cl’. VII, 72 : xa-c’ ïXa ;•« xa\ Xô/ou;. Cf. Mommsen, Staatsrecht, 111, p. 124, note 4 — 49V Cic. Phil. VI, 5, 13; Dio, LVilI,2. — Wà fiés gestue Dioi Aug. VI. 24; Eckhel. Doct. num., VI, 126. — 496 J(es gestae Dioi Aug . 111, 4; Frœhner, Médaillons d -? L'Empire romain, p. 11 ; Cohen, Monnaies impériales, I, p. 286 n“* 96 et 97 ; Tac. Ann. II, 83; Corp. inscr. lat. VI, 912. — 497 Tac. Ann. 111, 7t. — 498 Suet. Claude ; Dio Cass. L1X, 6. — 499 Auguste (Dio, LVI, 42), Drusilla (Dio, LIX, 11), Pertiuax, (Dio, LXX1V, 5). — 500 Staatsrecht, III, p. 525 et suiv.
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pereurs avaient intérêt à admettre dans l’ordre des chevaliers l’élite des provinciaux et d’en faire une noblesse inférieure, ouverte à ceux qui avaient rendu des services à l’État, soit comme militaires, soit comme magistrats municipaux ; ils avaient intérêt surtout à employer comme procurateurs ceux qui s’étaient distingués, dans quelque partie de l’empire que ce fût, parleurs qualités. Aussi accordaient-ils Vequus publiais à d’anciens soldats, surtout à des primipiles 601 , à des personnages qui avaient géré les plus hautes fonctions dans leur ville 50:1 ou dans leur province 60S, pourvu qu’ils satisfissent, comme les autres, aux conditions exigées pour l'admission parmi les chevaliers 604. Il y avait plus. Les empereurs pouvaient faire pénétrer dans l’ordre équestre, contrairement aux lois, les affranchis eux-mêmes. Pour cela, au début de l’empire, il suffisait qu’ils leur accordassent l’anneau d’or qui en faisait des ingénus et des chevaliers. C’est ainsi qu’ Auguste agit pour Ménas605 et pour Antonius Musa606, Galba pour Icelus 601 , Vitellius pour Asiaticus 608, et d’autres empereurs à leur exemple. Postérieurement, lorsque l’anneau d’or ne fut plus le signe de la dignité équestre, mais simplement celui de l’ingénuité [anulus aureus], c’est-à-dire à partir du règne d’Hadrien, il fallut une double opération : 1° celle par laquelle l’affranchi re- ’ cevait l’ingénuité fictive ( natalium restitutio), qui seule le dégageait des biens qui l’unissaient à son patron, le droit de porter l’anneau d’or, d’après les jurisconsultes 609, le rendant ingénu mais salvo jure patroni et la restitutio natalium étant l’apanage de l’empereur610; 2° celle par laquelle on lui conférait Vequus publicus, ainsi que cela se faisait pour tous ceux qui remplissaient les conditions énoncées plus haut 61 *. Dans l’un comme dans l’autre cas, l’affranchi devenait l’égal des autres chevaliers et pouvait arriver aux mêmes honneurs 612 et aux mêmes prérogatives.
Le costume équestre se composait de latrabée [trabea], vêtement de dessus bordé d’une étroite bande de pourpre613. En costume civil, les chevaliers se distinguaient par cette même bande des sénateurs qui en portaient une plus large [clavüs] 614 et de ceux qui, n’étant ni sénateurs ni chevaliers, n’en portaient aucune. L’anneau d’or, ainsi qu’il a été expliqué quelques lignes plus haut, ne peut être considéré comme un des insignes de l’ordre équestre, d’autant plus qu’il lui a été commun avec l’ordre sénatorial.
50i Wilmanns, Exempta , 1589; Orelli, 3018. Voir plus loin ce qui sera dit des milices équestres. — 502 De Boissieu, Ins c. de Lyon, p. 260; Corp. inscr . lat. XII, 3274, etc. — 503 Corp . inscr. lat. II, 4225 « 4226 ; XII, 3275, etc. — 604 M. Mispoulet, Études d’institutions romaines , p. 220, pense qu’eu pareil cas le cens équestre n’était pas exigible. Les textes qu’il apporte à l’appui de son opinion ne sont pas concluants. — 605 Dion (XLVIII, 65) dit qu’il lui accorda l'anneau d’or, et Suétone (Aug. 74) qu’il lui donna l’ingénuité ( adserto in ingenuitatem). — 606 Dio, LUI, 30. — 607 Tac. Eist. I, 13; XIV, 42. — 608 Ibid. 11, 57. — 509 2%. XL, 10, 6 (Rescrit d’Hadrien). Cf. II, 4, 10 § 3; XXIX, 5, 10, § 1; XXXVIII, 2, 3, pr. Voir à ce sujet Lemonnier, Condition privée des affranchis , p. 239 et suiv. ; Dàhne, De jure anulorum aureorum et natalium restitutione , Halle, 1863. — 610 Dig. II, 4, 10, § 3: Sed si jus anulorum accepitputo eum reverentiam patrono exhibere debere, quamvis omnia ingenuitatis munia habet ; aliud, si natalibus sit restitutus; nam princepsingenuum l'acit. — 611 Tel est le cas par exemple deM. Aurelius Menophilus à qui l’empereur Septime Sévère donna le rang équestre {Corp. inscr. lat. V, 27 : ornatus judicio ejus equo publico ). — 512 Tac. Ann. XI, 29 à 38 : Décréta Narcisso quaestoria insignia. Suet. Galba , 14 : Libertus Icelus... jam summae equestris gradus oandidatus. — 513 Suet. Domit. 14; Tac. Ann. III, 1 ; Stat. Silv. IV, 2,32; — 614 Plia. Eist. nat. IX, 60. — 616 Dio, LV, 22; LX, 7; Tac. Ann. XV, 32; Suet. Ner. 11. — 516 Liv. XCIX ; Vell. II, 32. Cf. Cic. Pro Murena, 19, 40; Dio, XXXVI, 25, etc. On s’est demandé si ce n’était pas là le rétablissement d’une mesure prise antérieurement et momentanément supprimée; cl', sur ce détail Belot. Op. cit. I, p. 356.
617 Porphyr. ad. Hor. Ep. IV ; Ovid. East. IV, 383; Martial. III, 195. — 618 Tac.
Ann. II, 83 : Cuneum Germanici appellavilqui juniorum dicebatur. — 619 Corp. inscr.
Les chevaliers avaient droit à des places spéciales dans toutes les solennités616. Cette faveur leur fut accordée dès l’an 07, pour les représentations théâtrales, par le tribun L. Roscius Otho. La loi qu’il fit passer réservait à l’ordre équestre les quatorze rangées situées derrière l’orchestre du théâtre616. Les deux premières étaient destinées à ceux qui avaient exercé le vigintivirat ou le tribunat militaire517. Il devait y avoir aussi certaines places attribuées aux vieillards et d’autres aux jeunes chevaliers 618. Cet usage passa même dans les villes municipales. On a retrouvé sur les gradins de certains théâtres ou amphithéâtres, à l’imitation de ce qui existait au Colisée 619, des marques quiprouventqu’ilsétaientréservés au xequites™.
Il faut ajouter encore que, comme les autres honestiores, les chevaliers avaient l’exemption de certaines pénalités réservées aux humiliores 621 .
Mais les prérogatives les plus importantes des chevaliers étaient de pouvoir arriver, à l’exclusion des membres de l’ordre sénatorial, à un grand nombre de positions financières ou administratives fort bien rétribuées, et dont quelques-unes donnaient une immense influence. Ces positions, propres à l’ordre équestre, sont trop nombreuses pour que la liste puisse en être donnée ici; il suffira d’indiquer les traits généraux de la carrière 622.
Sous le principat les sénateurs furent exclus des places d’officiers inférieurs, sauf du tribunat légionnaire : c’est l’ordre équestre qui en hérita; telle est même, militairement, à cette époque, la seule utilité de la chevalerie. Au début de la carrière, il fallait, au moins depuis Claude 523, exercer une ou plusieurs des charges, dites milices équestres 624, c’est-à-dire la préfecture ou le tribunat d’une cohorte auxiliaire, le tribunat légionnaire (angusticlave) et la préfecture d’une aile de cavalerie. L’ordre qui vient d’être énoncé, et qui est l’ordre hiérarchique, était plus ou moins strictement observé 625 ; tantôt une de ces fonctions était substituée à une autre E2“, tantôt la même était gérée plusieurs fois de suite 627, tantôt enfin on était dispensé d’un ou même de deux de ces commandements 628, et cela, même après que les milices équestres eurent été régularisées au 11e siècle, sous Trajan ou même postérieurement 629. Après Septime Sévère, le nombre des milices fut porté à quatre par l’adjonction du centurionat, que les apprentis chevaliers obtenaient au début de leur carrière, une ou plusieurs fois de suite 63°. Dès lors, l’expression a militiis ou a tri-
lat. VI, 1796. — 620 Ibid. XII, 1221 (à Orange). Cf. Cic. ad Fam. X, 32, 2(à propos de Gades). — 521 Dig. XLV11, 18, 1, § 2; XLVIII, 19,28, § 2; 38, § 3; Paul. Sent. I, 31, § 4. Cf. Duruy, Eist. rom. (in-4°), VI, p. 629 et s. — 622Sur la carrière équestre, voir surtout Hirschfeld, Verwaltungsgeschichte, p.240 et s.; G. Liebenam, (Juaest. epigr. de imperii romani administrât ione capita selecta, Bonn, 1882, et Beitrüge zur Verwaltungsgeschichte desrôm. Kaiserreichs, I, Iéna, 1880 ; Mommsen, Staatsrecht (trad. Girard), VI, 2, p 169; R. Cagnat, Cours dépigraphie latine , p. 109 ejt s. — 623 Suet. Claud. 25. Sous Auguste ou trouve déjà quelques exemples de chevaliers appelés à des milices équestres ;Suet. Vesp. 1 ; cf. Hirschfeld, Verwaltungsgeschichte , p. 247. — 624 Sur les milices équestres, voir Renier, Mélanges d’épigraphie, p. 203 à 244;Henzen, Bullett. 1873, p. 135 et les sources citées à la note 526. — 526 L’ordre que Suétone indique comme habituel et réglementaire du temps de Claude {Claud. 25); Equestres militiasita ordinavit utpost cohortem alam, post alam tribunatum legionis daret, n’est suivi que sur une seule inscription (Orelli, 125). — 626 Corp. inscr. gr. 3497 (deux préfectures de cohortes, pas de tribunat militaire) ; Wilmanns, 1-74 (trois tribunats de cohortes); Corp. inscr. lat. V, 867 (id.); Corp. inscr. lat. VIH, 10500 (trois tribunats légionnaires), etc. — 627 Corp. inscr. lat. V, 875 (trois préfectures de cohorte) ; Corp. inscr. lat. VIII, 9358 (deux préfectures de cohortes). 528 Corp. inscr. lat. III, 388 (pas de préfecture decohorte) ; Corp. inscr. Za£. VIII, 9045 (ni préfecture d’aile, ni tribunat légionnaire); Notizie de. scavi , 1888, p. 236 (pas de préfecture d’aile). — 629 Hirschfeld, Op. cit. p. 248 et notes; Corp. inscr. lat. H, 484: III, 1919; VI, 1645; VIII, 2732 (An 211 -212) ; Orelli 378 (An 247-248) ; Corp. inscr. gr. 44S8 ; Cf. Dio, LII, 25. — 630 Corp. inscr. lat. III, 1181, 1486, 5652, 6055 ; VI, 3494, 3495, 3497, 3498, 3500 ; VIII, 5276, 9047, 9048, etc.; Corp.inscr. gr. 3844 A, 3497.
tJUS militiis (àuô (jxpaxeiffiv, ànô Tptffiv y '.ÀtapyiÆv) fit place à l’expression a quatuor militiis 631 . Ordinairement, et c’est ce qui rendait précieux les services des officiers de l’ordre équestre, les jeunes chevaliers restaient employés dans l’armée pendant plusieurs années consécutives 632. Naturellement l’empereur, chef de l’armée, avait le privilège de nommer aux différentes charges dites milices équestres.
Plus tard, le titre de a militiis devint purement honorifique; il fut accordé à ceux qui n’avaient exercé qu’une seule milice équestre ou même à ceux qui n’en avaient exercé aucune 533 ; c’est ce que prouverait le fait qu’un certain nombre de ceux qui ont obtenu ce titre n’arrivent ensuite à aucune autre fonction équestre 634.
A la place de ces fonctions militaires, ou à côté d’elles et comme préparation à la carrière équestre, on autorisa, depuis Hadrien, quelques jeunes gens à exercer certains emplois civils, comme celle d’avocat du fisc ou certaines charges administratives inférieures 636.
La carrière des chevaliers se continuait alors par la gestion d’un grand nombre de fonctions ou procuratèles [procurator], qui en faisaient tour à tour des agents financiers du prince ; les chefs de plusieurs grands services administratifs intéressant Rome et tout l’empire, comme celui de l’annone ou des finances générales; des commandants militaires (préfet du prétoire, préfet des vigiles); des gouverneurs civils et militaires dans certaines provinces; des officiers de la maison impériale. Toutes ces procuratèles, dont la liste a été dressée 630, n’étaient point également importantes : il existait entre elles une hiérarchie qui, pour ne point être absolue, se laisse néanmoins reconnaître 537 .
Cette hiérarchie se traduisait surtout par des différences de traitements 638. Les procurateurs inférieurs étaient payés soixante mille sesterces par an ; la classe immédiatement supérieure était de cent mille sesterces, et la classe la plus élevée de deux cent mille. M. Hirschfeld pense qu’au Ier siècle, ces deux dernières seules existaient ; sous Hadrien seulement, les trois degrés financiers de la carrière procuratoriale auraient été nettement établis 539. On pouvait, d’ailleurs, être promu à une classe plus élevée tout en étant maintenu dans le même poste 640 ; la classe était donc attachée au fonctionnaire, non à la fonction. Les termes sexagenarius (= ad HS LX milia nummum), centenarius {ad HS C ) ducenarius {ad HS CC), sont employés à partir de la fin du iie siècle, pour désigner les différentes sortes de procurateurs dans les inscriptions °41. A partir du me siècle, on créa une ou plusieurs classes de procurateurs auxquelles était affecté un traitement supérieur à deux cent
s>3l Corp. inscr. lat. V], 3499; VIII, 2732 ; Orelli-Henzen, 3178, 6827.
— "32 Corp. inscr. lat. III, 399. — 633 Hirschfeld, Verwaltungsgeschichte, p. 250. — 534 Voip la liste de ceux qui, portant le titre de a militiis, ne sont arrivés à aucune l'onction dans Liebenam, Quaest. epigr. etc., p. 24 et 25.
— 835 Hirschfeld, Op. cit. p. 255 ; Mommsen, Staatsrecht (trad. Girard), VI, 2, p. 171. — 536 Liebenam, Beitrüge sur Verwaltungsgeschichte, p. 15 à 135.
— 637 /ji( 633 Rio, LII, 25. — 639 Op. cit. p. 258. — 840 Corp. inscr. lat. VIII, 11174 et 1175; X, 7580. — 641 Corp. inscr. lat. III, 1919, 1985; VI, 1640; X, 4721, 5330, 0662, etc. — 542 Corp. inscr. lat. X, 6569, — 653 Corp. inscr. lat. VI, 1640. Mais l’inscription n'est connue que par une copie insuffisante; M. Hirschfeld nie avec raison qu’elle soit concluante (Op. cit. p. 259, note 1). — 544 Hirschfeld, Op. cit. p. 275. La plus ancienne mention du perfectissimat est de 201 (Corp. inscr. lat. VI, 1603), mais le titre A' eminentissimus remonte au moins jusqu’à 168 (Corp. inscr. lat. IX, 243S). M. Mommsen attribue la création de ces termes honorifiques à Marc-Aurèle (Staatsrecht, trad. Girard, VI, 2, p. 62 fit 176. Cf. Hirschfeld, Wiener Studien, VI, p. 23). — 645 Corp. inscr. lat. V, 532 l, 28. — 640 Cela ressort du fait que le même personnage est appelé dans une ins-
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mille sesterces ; il est question de trois cent mille sesterces dans un texte épigraphique 542 et peut-être même de cinq cent mille dans un autre 643.
11 existait encore une autre division des personnages de l’ordre équestre. On les distinguait, suivant leur importance, en viri eminentissimi (préfets du prétoire), vin perfectissimi (les autres préfets depuis le préfet de la flotte jusqu’au préfet de l’annone, les chefs de division des finances et du secrétariat) 544 et enfin les viri egregii dont la première mention remonte au règne d’Antonin le Pieux 345. Ce titre était donné en droit à tous les procurateurs 64\ et passait, par imitation de ce qui avait lieu dans l’ordre sénatorial, aux femmes 547 et aux enfants 548. Au-dessous des viri egregii , il n’y a plus que des équités romani, sans aucune distinction officielle 549. Les deux premières catégories de chevaliers avaient droit à certains privilèges juridiques, dont profitaient aussi leurs enfants 550.
En dehors des charges financières et administratives dont il a été question plus haut, les chevaliers avaient accès, à l’exclusion des sénateurs, comme des plébéiens, à certaines fonctions religieuses et judiciaires. Si les pontifes, les augures, les quindécemvirs sacris faciundis, les septemvirs epulons, les grands curions, les fétiaux, les Saliens continuent, sous l’empire, à être pris parmi les hommes de rang sénatorial 661 ; si les curions sont tantôt des sénateurs 632, tantôt des chevaliers 663, l’ordre équestre fournit seul au recrutement des Gamines mineurs654, des pontifes mineurs 665 des tubicines 566 , des prêtres officiels latins, surtout ceux d’Albe, d’Aricie, de Caenina, de Lavinium et de Tusculum 657. Les luperci sont aussi, la plupart du temps, des chevaliers 658. Ces sacerdoces procuraient certaines immunités à ceux qui en étaient revêtus 669.
Les fonctions judiciaires réservées aux chevaliers étaient plus importantes encore. Il a été dit plus haut qu’Aurelius Cotta, en 686 de Rome, partagea les places des jurés [judices] entre les sénateurs, les chevaliers et les tribuni aerarii. Lorsque César eut écarté les tribuni aerarii des tribunaux 56°, les chevaliers formèrent les deux tiers de ceux qui étaient appelés à prononcer les sentences à Rome. Auguste compléta la réforme de César en dispensant, au moins dans certaines limites501, les sénateurs de cette besogne, qu’ils trouvaient du reste assez lourde 662. Dès lors les chevaliers restèrent en fait, sinon en droit, presque seuls maîtres des tribunaux. En même temps l’empereur créa une quatrième décurie, pour les affaires de moindre importance, qu’il composa de personnages ayant un cens inférieur, deux cent mille sesterces303 : d’où le nom de ducenarii donné à ces judices 604. Après lui Caligula fit appel à ceux qui n’avaient que la
cription procurator {Corp. inscr. lat. III, 6054) et dans une autre vir egregius {Ibid. 244). — 547 Kça-c{<rcïi : Corp. inscr. gr. 4346, 2891 6, addit.
— 548 P{uer) e{gregius) : Corp. inscr. lat. VI, 1631. — 549 Le titre de splendidus egues romanus se rencontre dans certaines inscriptions italiennes. Il semble avoir été pris par les plus haut placés des chevaliers, qui n’avaient pas le droit à la dénomination officielle de vir egregius ). Mommsen, Staatsrecht (trad. Girard) VI, 20, p. 176, note 3). — 550 Cod. Just. IX, 41, 11.
— 551 Mommsen, Staatsrecht (trad. Girard), VI, p.2, 117 et suiv. — 552 Corp.
insci'. lat. 2101; XII, 4354.— 553 Corp. insûr „ lat. VIII, 1174. — 554 Corp.
inscr. lat. VI, 3720 ; VIII, 10500; IX, 705.— 555 Corp. inscr. lat. VI, 1598, 1607, 1620, 16256; X, 3901, 5393; XIV, 2922. — 556 Corp. inscr. lat. IX, 3609, 5 3 93 , 6 1 01. — 557 Marquardt, Le culte (trad. Brissaud), II, p. 235 et suiv.
— 558 Corp. inscr. lat. VI, 1851, 2160; VIII, 9405, 9406, etc. - 559 Corp.
inscr. lat. X, 3704; Ulpian. Fragm. vat. 173 (a); Cod. Theod. VIII, 5, 46.
— 560 Suet. Caes. 41. — 561 Mommsen, Staatsrecht (trad. Girard), VI, 2, p. 489, note. — 562 Suet. Aug. 32 ; Gaius, 16. — 563 Suet. Aug. 32. — 564 Suet. Calig. 16 Plin. Hist. nat . XXXIII, 23.
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moitié du cens équestre et en créa une cinquième centurie scs. Les hommes que l’on trouve désignés sur les inscriptions sous le titre de judices ex quinque decuriis 666 ou judices quadringenarii (CCCC) sont des chevaliers ; les juges des deux dernières décuries ne spécifient pas leur qualité. Ces différents judices étaient ceux que l’on appelait à Rome pour y prononcer la sentence dans les procès engagés; ils n’ont rien de commun avec les juges qui composent les tribunaux d’Ëtat ou les tribunaux municipaux en Italie et dans les provinces 667. Les judices des trois premières décuries, les seuls dont nous ayons à nous occuper ici, puisque ce sont les seuls qui fassent partie de l’ordre équestre, étaient désignés sur la liste des chevaliers chaque fois que celle-ci était établie : les deux opérations étaient d’ordinaire liées ensemble : après avoir complété la liste des équités on complétait celle des judices . De même on en était rayé, comme aussi de celle des membres de l’ordre équestre, pour cause d’indignité ou de conduite scandaleuse669. La procédure par jury, ayant fait place, au ni0 siècle, à la cognitio exiraordinaria , on ne trouve plus de judices, ni par conséquent de chevaliers jurés, à partir de cette date 61°.
Toutes les fonctions dont nous venons de faire l’énumération suffisaient à remplir la vie des personnages de l’ordre équestre et à rendre enviable l’entrée dans la carrière ; ce n’étaient pourtant pas les seules que le régime impérial confiât aux chevaliers. Ce fut une de ses principales préoccupations que d’opposer toujours l’ordre équestre à l’ordre sénatorial et de diminuer le second au profit du premier. Mais comme certains honneurs ne pouvaient guère être enlevés aux sénateurs, les empereurs s’avisèrent de faire arriver dans le Sénat des chevaliers éprouvés, afin de le peupler sinon de créatures, au moins de membres favorables à leur politique et de diminuer par là l’opposition qu’ils croyaient avoir à redouter. C’est en ce sens que l’on a pu dire de l’ordre équestre, qu’il était la pépinière du Sénat571. Par suite, on établit certaines équivalences entre les différents degrés de la carrière équestre et des degrés correspondants de la carrière sénatoriale 672. Arrivés à un certain point d’avancement les chevaliers pouvaient devenir sénateurs par allection impériale, soit inter tribunicios , ce qui est rare573, soit inter praetorios&li , soit même inter consu- /ares575. Ils étaient aussi appelés, mais tout à fait par exception, à entrer au Sénat non point par allection, mais par la gestion même d’une magistrature 676.
Le passage du rang de chevalier à celui de sénateur était un des moyens les plus honorables de sortir de l’ordre équestre ; mais il en existait d’autres encore. Ceux qui préféraient servir dans l’armée d’une façon perma-
566 Cf. par exemple, Wilmanns, Indices , p. 540. — 566 Corp. inscr. lat.W , 2600; X, 5107, 7507, etc. — 667 Corp. inscr. lut. V, 1. 33 ; Bull, decorr. hell. 1SSG, p. 456. 568 Tac. Ann. III, 30; Dio, LIX, 9; Suet. Tib. 41. — 660 Suet. Domit. 8; Claud. 15. — 670 Le dernier texte connu remonte au règne do Septime Sévère (Corp. inscr. lat. XI, 1836). — 671 Vita Alex. 19. — 572 Cf. Bloch, De decretis functorum magistratum ornanientis , Paris, 1883. — 573 Corp. inscr. lat. II, 4114; Vita Pertinacis , -. ■ — 674 Corp. inscr. lat. VI, 1359, 1449; Dio, LXXVIII, 13. Cf. Hirschfeld, Verwaltungsgeschichte , p. 245, note 3. — 675 Dio, Ep. LXXII, 5. C’est le cas ordinaire pour les préfets du prétoire. Cf. Hirschfeld, Ibid. p. 246, note 2. - 676 Corp. inscr. lat. Vf, 1523 ; Orelli, 3 100. — 677 Corp. inscr. lat. 1480 ; V, 506, 7865, 7866; VI, 3584 ; Corp. inscr. gr. 2803, etc. — 678 Aiusi un certain Sex. Pilonius Modestus, qui a quitté l’ordre équestre à 18 ans. sert dix-neuf ans comme centurion et n’arrive, à 37 ans, qu’au grade de III hastatus postcrior (Corp. inscr. lat. III, 1480). Voir un autre exemple aussi concluant. Eph. epit/r. V, 506. — 579 Cf. Mommsen, Slastsrecht (trad. Girard), VI, 2, p. 103, note 2. — *0 Martial. V, 38; VIII, 5. — 581 Plia. Hist. nat. XXXIII, 152; Dio, LUI, 17 ; Suet. Calig 16:
nente et autrement que dans les milices équestres pouvaient « vendre le cheval » et se faire nommer centurions. Cette permutation se produit assez fréquemment à partir du règne de Trajan. Les centurions, anciens chevaliers, ont soin de prendre dans les textes épigraphiques le titre de ex équité 617. Ces textes nous prouvent qu’ils n’étaient pas classés tout de suite parmi les centurions les plus élevés 678 ; mais cette considération ne les arrêtait point ; il leur suffisait de participer aux avantages pécuniaires attachés à cette position et de savoir qu’ils pourraient arriver en quelques années au grade de primipile, le plus lucratif de tous 579.
Enfin on était obligé de quitter l’ordre équestre si, par suite d’un événement malheureux, on ne satisfaisait plus aux conditions de fortune ou d’honorabilité exigées pour y entrer, si l’on venait à perdre le cens de quatre cent mille sesterces 580, ou si l’on faisait quelque faute qui entraînait déshonneur ou bien condamnation681.
IV. Cavaliers depuis la fin de la guerre sociale jusqu’à Dioclétien. — Nous avons expliqué plus haut comment on avait été amené peu à peu, pour renforcer la cavalerie légionnaire, à lever des cavaliers auxiliaires chez les peuples soumis. La fin de la guerre sociale amena le développement de cette institution. En effet, à partir de cette époque, les alliés italiques ayant obtenu le droit de cité, cessèrent de former, comme auparavant, des corps distincts et furent versés dans les légions. Dès lors il n’y eut plus que deux sortes de soldats, les légionnaires et des auxiliaires. Mais la cavalerie légionnaire était très insuffisante ; on n'hésita pas à ne plus y faire appel 682. Les équités romani furent réservés pour former les contubernales du général et pour les postes d’officiers 683 ; on n’employa plus comme cavaliers que des auxiliaires. La composition et l’organisation de la cavalerie jusqu’à l’époque de César nous sont mal connues dans le détail ; à partir de cette date, au contraire, et grâce aux nombreux récits de guerre qu’il nous a laissés, on peut apporter des faits précis681. La cavalerie se composait alors de trois éléments distincts : 1° celle que les Romains levaient chez les peuples étrangers et qu’ils prenaient à leur solde : c’est César qui le premier expérimenta ce système 685 ; 2° celle qu’on tirait dès provinces soumises 686 ; 3° celle qu’on enrôlait dans le pays même où se faisait la guerre 687. Nous voyons la cavalerie soldée par Rome souvent attachée aux légions, près desquelles elle tenait la place de l’ancienne cavalerie légionnaire et cela non seulement dans l’armée de César 688, mais dans celle d’autres généraux, Pompée, par exemple 689, ou Lucullus 690 ; en pareil cas le nombre des chevaux affectés à une légion variait entre deux
Vita. Alex. 16. — 582 Marquar.lt, Staatsoerwaltung , II, p. 440. L’époque où se produit cette réforme, certainement accomplie, au temps de César [Bel. gai. I, 42) est peu connue. Il y avait encore des cavaliers dans la guerre contre Numance et peut-être dans celle qui fut dirigée contre Jugurtha. Cf. Madvig, Kleine philo l. Schriften, p. 501 à 505; L'État romain , IV, p. 172, note 75 : Mommsen, Staatsrecht (trad. Girard), VI, 2, p. 147 et notes; Rom. Geschickte (8e éd.) II, p. 193. — 583 Cic. Pro Plancio, II; Pro Caelio , 30; Pro Ligario, 7. Cf. Mommsen, Staatsrecht, trad. Girard, VI, 2, p. 147 et suiv. — 58V Cf. L. Muller, De re militari Romanorvm qua°dam a Caesaris commentariis excerpta (Kiel, 1844, in-4°), p. 15 et suiv. ; Schambacli, Die Rciterei beiCaesar ; Fr. Frolieh, Dus Kriegwesen Caesars, Zurich, 1889, p. 37 et s. — 583 Mommsen, Rom. Gesch. (8° éd.) p. 499. — 586 Caes. Bel. civ. III, 31; Bel. Alex. 50. — 587 Marcks, De alis (J ahr bûcher für class. Philologie , 1887), p. 42. — 588 Schamlmch, Op. cit. p. 9 à 15. D’après M. Marcks, loc. cit., p. 40, César aurait voulu adjoindre à chaque légion le nombre de cavaliers auxiliaires qu’elle avait avaut la réforme contemporaine de la fin de la guerre sociale. — 589 Appian. Dell. civ. II, 49. — 590 Appian. Bell. Mithrid. 84.
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cents et trois cents591. On pourrait donc presque dire que la cavalerie légionnaire ne disparut pas complètement avec la fin de la guerre sociale; elle fut seulement autrement composée.
Cette cavalerie formait la partie la plus solide des effectifs montés ; elle était permanente et tenait la campagne hiver et été, comme les légions 692 ; tandis que la cavalerie auxiliaire, celle qu’on levait dans les provinces mêmes, était renvoyée dans ses foyers après la campagne d’été, quand les pâturages se faisaient rares 593. Naturellement il n’y avait pas, pour cette dernière, de règle numérale. On en levait plus ou moins suivant les circonstances ou
la nécessité. Pen- Fig. 2735. — Bas-relief de l'arc do triomphe d'Orange.
dant la guerre des
Gaules, César avait avec lui tantôt quatre mille cavaliers de cette sorte, ce qui paraît avoir été le chiffre le plus commun 594’, tantôt cinq mille 595.
Les peuples auxquels on s’adressait de préférence pour leur demander des contingents soldés étaient ceux qui étaient les plus fameux comme cavaliers : les Gaulois, les Germains, les Rhètes, les Numides, les Espagnols596 ; les Germains et les Gaulois étaient de beaucoup les plus appréciés; César les utilisa plus que tous les autres, dans les circonstances difficiles 597 ; et c’est pour cela que la cavalerie, même légionnaire, de l'époque impériale est toute imbue des traditions militaires celtiques et que les termes mêmes dont on se sert pour désigner les manœuvres sont celtiques 59S.
Comme précédemment, l'unité lactique de la cavalerie était la turme de dix hommes 599 ayant à sa tête un préfet600 et divisée en décuries avec des décurions601. Les turmes sont quelquefois réunies en alae 602 ; c’est le commencement de l’organisation que nous étudierons plus loin à propos de l’époque impériale.
Les officiers supérieurs de cavalerie se nomment praefecti equitum. Sous ce nom on trouve désignés dans César603: 1° les chefs des contingents indigènes surtout gaulois 601 ; 2° les légats ou les questeurs investis du commandement de corps de cavalerie 605. Ils diffèrent donc des préfets de cavalerie de l’époque impériale en ce qu’ils
591 Schambach, Op. cit. p. 11 et s. — 592 Caes. Bel. Gai. III, i ; V, 25, 46, etc.
— M3 Frôlich, Op. cit. p. 39. — 891 Caes. Bel. Gai. I, 15; V, 5, etc. — 898 Ibid. IV, 12. — 636 Schambach, Op. cit. p. 24; Frôlich, p. 40. — 697 Caes. Bel. Gai. VII, 13 , 67 , 70 , 80. — 698 Arr. Ars tact. 33, 44. — 699 Caes. Bel. Gai. IV, 33; VI, 8; VU, 45, 80, 88, etc. — 609 Caes. Bel. Hisp. 26. — 601 Id. Bel. Afric. XXIX, 3. — 602 Bel Afric. XXIX, 5; LXXVIII, 7. — 603 Frôlich. op. cit. p. 41.
— 601 Caes. Bel. Gai. Vil, 67 ; VIII, 12, etc. — 606 Bel. Gai. III, 26 ; VIII, 28, 48 ; Bel. Civ. II, 42 ; III, 37, 48, CO.-- 606 Suet. Aug. 38. — 607 lac. cit. — 608 Caes. Bel. Gai. II, 11; Bel. Afric. III, 711, 86, etc. — 609 Bel. Gai. I, 79; V, 48.
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peuvent appartenir à l’ordre sénatorial ; il en était encore ainsi sous Auguste 606. M. Frôlich fait observer ',u' que lorsque toute la cavalerie était réunie sous les ordres d’un ou de deux officiers, ceux-ci ne prenaient pas le titre de préfets, mais de légats 608.
Les cavaliers, dans cette période, étaient armés d'une
lance légère ( tra gula), dont ils pouvaient se servir soit comme lance 609 [iiasta], soit comme javelot610; la tragula étaitgénéralement munie d’une courroie qui perme t tait d’en augmenter la
pOrtée[AMENTUM]611.
Comme bouclier, ils avaient la parma 612 [clipeus] ; comme casque, la cassis613qui semble avoir été plus massive que la galea des fantassins 6H.
Différents monuments figurés, antérieurs à l’empire 615 , nous les montrent revêtus d’une cuirasse.
Les choses restèrent en cet état pendant toute la période qui s’écoula entre César et les réformes d’Auguste.
Mais celui-ci fit subir à l’armée, comme à toutes les autres branches de l’organisation romaine, de profonds changements.
En premier lieu, il reconstitua, suivant toute vraisemblance, la cavalerie de la légion616, qui persista pendant ! tout l’empire jusqu’à Dioclétien environ ; car on trouve mentionnés des équités legionani dans les textes littéraires ou épigraphiques datés à partir du début du
— 610 Ibid. VIII, 48; — 611 Caes. Bel. Gai. V, 48. — 612 Panna equestris (Sali. Hist. fragra. daasNonius, 554, 23). — 613 Caes. Bel. Gai. VII, 45; Bel. Afr. XVI, 3, LXXVIII, 10. — 614 Cf. Frôlich, Op. cit. p. 68. — 615 Ce sont surtout les basreliefs de l’arc d'Orange (fig. 2735) et ceux du tombeau des Jules à Saint-Remy (fig. 2736). Malheureusement il est impossible de savoir quelle catégorie de cavaliers romains ces bas-reliefs nous représentent. — 616 Sur les équités legionarii , cf. surtout Marquardt, Staatsverwallung , II (2e édit.) p. 456 et s.; Ur=in. De astris Hygini qui fertur quaestiones , UelsingTorsi, 1881, p. 20 et s.; Dehuer 1 Badriani reliquiae , Bouu, 1883, p. 26 et s.
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icr siècle jusqu'au ivc siècle617. 11 faut remarquer pourtant que l’on n’en a pas encore, appartenant à la période qui s’écoule entre Vespasien et Hadrien, ni à celle qui suit l’année 240 et qui embrasse un nombre d’années que l’on ne peut déterminer. Aussi certains auteurs ontils supposé que la cavalerie légionnaire avait été supprimée pendant ces périodes618. Son rétablissement au ii° siècle serait donc le fait d’Hadrien qui, on le sait, apporta dans l’organisation militaire de l’empire de nombreuses réformes 619. Mais une telle supposition, qui se base seulement sur l’absence de documents postérieurs à Vespasien et antérieurs à Hadrien, n’a qu’une valeur provisoire.
Le nombre des cavaliers légionnaires est indiqué par l’historien Josèphe ; il était de cent vingt à son époque 62°.
On croit que l’empereur Hadrien en augmenta le nombre ; mais il ne l’aurait pas élevé au delà de trois cents. M. Dehner qui a soutenu cette opinion 621 contre MM. Lange 622 et Fcerster 623, partisans deVégèce, l’appuie sur le témoignage d’Arrien, qui parle des cavaliers légionnaires comme d’une quantité négligeable 621 et surtout sur une inscription de Mésie 625, où l’on trouve une liste de vétérans; les cavaliers y figurent dans la proportion de un pour quinze fantassins; par suite, la proportion devant être à peu près la même entre les cavaliers et les fantassins en activité, on peut croire qu’il y avait 4500 : 15, ou environ trois cents cavaliers par légion. D’autres, au contraire, ajoutant foi aux paroles de Végèce, qui prétend donner des renseignements sur la légion telle qu’elle existait bien avant lui ( antiqua ordinatio)m , admettent le total considérable de sept cent trente cavaliers 627. De toutes façons on croit que le nombre des cavaliers de la première cohorte était double de celui des cavaliers affectés aux neuf autres. Tout cela présente beaucoup d’obscurités. Quant à la répartition des cavaliers entre les différentes cohortes légionnaires, elle est confirmée par les inscriptions, particulièrement par les listes légionnaires, qui nous présentent l’effectif de la légion par cohortes 628, ainsi qu’on le faisait sur les registres matricules de l’armée.
Il paraît certain, d’autre part, que les cavaliers légionnaires étaient divisés par turmes 629, chacune d’elles comprenant, ainsi qu’il a déjà été expliqué plus haut, trente cavaliers. On dit d’habitude que ces turmes étaient au nombre de quatre 63°, ce qui peut être vrai du temps de Josèphe, mais ne l’est certainement plus à partir de l’époque où les cavaliers sont inscrits dans les cohortes
617 Voici la liste de tous les textes datés : Corp. inscr. lat. V, 3334 (époque d’Auguste); Tac. Ann. IV, 73 (an. 28); Corp. inscr. lat. II, 1681 (avant 43);
Corp. inscr. lat. III, 6416 (avant 70); Corp. inscr. lat. Il l, 4838 (avant 47); Brambach, Corp. inscr. rh. (avant 47-71); Corp. inscr. lat. III, 1814, 3162 (en 42-74); Tac. Rat. I. 57 (an. 69); Corp. inscr, lat. V, 6879 (môme date); Joseph. Bel. Jud. III, 6, 2 (même date); Corp. inscr. lat. III, 4001 (i" siècle);
Corp. inscr. lat. V, 1882 (id.) ; Brambach, Corp. inscr. rh. 1196 (avant 92) ; Corp. inscr. lat. VIII, 2532 (an 129) ; Corp. inscr. lat. III, 6178 (vers 134) ; Arr., "ExvaÇiç, § 4 (an 136) ; Eph. epigr. IV, p. 525 (an 155) ; Corp. inscr. lat. III, 6179,
6180 (il* siècle); Corp. inscr. lat. VIII, 3163 (180/192); ibid. 2550 (an 198); ibid.
2618 (211/212); Corp. inscr. lat. III, 4172, 4173 (193/218); Corp. inscr. lat. VI,
3409 (an 213); Corp. inscr. lat. II, 2663 (an 210); Vita Caracallae , 6 (an 217);
Corp. inscr. lat. III, 4480 (an 212/218); Corp. inscr. lat. VIII, 3164 (id.),; Corp. inscr. lat. III, 1200 (au 222/235); Brambach, Corp. inscr. rh. 1034 (an 231);
Corp. inscr. lat. III, 5942 (an 240); Corp. inscr. lat. V, 898 (iv siècle); Hermès , 1889, p. 230, note 1 (du temps de Dioclétien). — 018 Marquurdt, op. cit. p. 456, note I ; Droysen, Rhein. Muséum, XXX, p. 469, Domaszewski, Bygini liber de munitionibus castrorum, p. 70. — 019 Sur ces réformes voir Plew, Quellenuntersuchungen sur Gcsch. des Kaisers Uadrian , Strasbourg, 1890, p. 61 et s. — 020 Joseph. Bell. Jud. III, 6, 2. — 021 Op. cit.
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et où leur nombre est augmenté, toutes modifications que l’on rapporte aussi à Hadrien. A partir de cette époque, il faut croire qu’il y eut au moins dix turmes par légion, une par cohorte. Si l’on admet les chiffres de Yégèce, on sera conduit à supposer deux turmes par cohorte, et quatre turmes ou deux turmes doubles pour la première cohorte. On a avancé aussi que les cavaliers légionnaires étaient répartis dans les centuries 631 ; mais le seul texte sur lequel on s’appuie n’est peut-être pas correct 632.
A la tête de chaque turme était un décurion 633, qui avait pour lieutenant un option631. Comme officiers on rencontre encore un vexillaire 635, ce qui indique une séparation entre l’infanterie qui a des signa et la cavalerie à laquelle est réservé le vexillum 636. Cette séparation n’était pas cependant administrative : la cavalerie légionnaire, comme l’infanterie, dépendait administrativement du princeps praetorii631 . Végèce mentionne aussi le daplarius et le sesquiplicarius 638, qui ont dû toujours exister; et une inscription fait connaître un exercitator (instructeur) 639.
Nous savons, par Josèphe 640, que les cavaliers légionnairesportaientun large glaive ducôté droit, et unelongue lance [contvs] dans la main droite; un bouclier était suspendu obliquement sur le flanc du cheval ; ils avaient dans un carquois trois javelots ou plus même, à fortes pointes, presque aussi grands que des lances. Leur casque et leur cuirasse étaient semblables à ceux des fantassins. Arrien 641 de son côté s’exprime ainsi : « Les cavaliers romains portent les uns le contus, les autres des lances ordinaires. Un glaive large et épais est suspendu à leurs épaules; ils ont de grands boucliers, un casque de fer, une cotte de mailles et de petits brodequins. Leurs lances leur servent à deux fins et pour tuer de loin comme avec un javelot et pour combattre de près ; le glaive leur sert dans les combats corps à corps. Ils portent aussi de petites masses, garnies de pointes tout autour. » Les représentations certaines de cavaliers légionnaires que nous possédons confirment en partie ces renseignements.
La plus intéressante et surtout la mieux conservée a été trouvée à Bonn, où elle existe encore aujourd’hui (fig. 2737) : elle est sculptée sur la tombe d’un Caius Marius, de la légion première ( Germanica ) qui fut licenciée par Vespasien : elle remonte donc tout à fait au début de l’empire. On y voit un cavalier galopant à droite. Son costume se compose d’une tunique, d’une cuirasse en cuir converte de décorations militaires [phalerae],
p. 35 et suiv. — 622 Bist. mutât, rei milit. p. 85 et s. — 623 De fide Flavii Vegetii , p. 9 et s. — 62V "Errat-i;, § 4. — 625 Corp. inscr. lat. III, 6178. — 626 Veget. II, 6 et 14. — 627 Lange et Fœrster (loc. cit.). — 628 Corp.. inscr. lat. III, 6178; VIII, 2576. — 629 Veget. loc. cit.; Marquardt, Op. cit. p. 457, note 1. — 630 Marquardt, ibid. — 631 Fœrster, loc. cit. ; A. Millier, Philologus , 1882, p. 500 et 501.
— 632 Corp. inscr. lat. VIII, 2593. Ou lit : Aelius Severuscq. leg. Ill Aug. c(enturia), Iuli Candidi. Mais la sigle qui indique la centurie (7) semble avoir été gravée après coup; en tout cas, elle est en marge du texte et non dans le corps de l’inscription. M. Dehner croit, non sans vraisemblance, à une faute du graveur qui aurait écrit centuria au lieu de decuria. Ce qui confirme cette supposition, c’est que l’on a trouvé dans une inscription la mention d’un décurion légionnaire du temps d’Antonin le Pieux : Eph. epigr. IV, p. 524. Un décurion suppose une turme. Cf. sur ce sujet, et contre l’opinion de M. Foerster, Plew, Quellenuntersuchungen zur Geschichte des Kaisers ffadrian, Strasbourg, 1890, p. 70. — 633 Corp. inscr. lat. II, 1681; Eph. epigr. IV, p. 525, etc.- — 63V Corp. inscr. lat. Vlll, 2568.
— 635 Corp. inscr. lat. 111, 4061 ; VIII, 10629, etc. Cf. Caver, Eph.epigr. p. 364.
— 636 Domaszewski, Die Fàhner in rom. Heerey p. 24 et s. — 637 Corp. inscr. lat. III, 1590 a. — 638 Veget. loc. cit. Cf. peut-être Arrian. "Ex-cai-i;, c. 42. — 639 Orelli, 3499. Mais l’inscription n'est vraisemblablement pas bonne. — 6V0 Joseph. Bell Jud. III, 5, 5. — 6V1 Tact. IV, 7, 8 et 9.
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d’une culotte ou braie et de brodequins; ses armes sont un javelot et un bouclier hexagonal. La figure n’a pas de casque G42.
A côté de la cavalerie légionnaire, on rencontre, sous l’Empire, deux sortes d’auxiliaires montés : ceux qui faisaient partie des ailes [a la], et ceux qui appartenaient aux cohortes mixtes, dites equitatae [cohoks]. L’organisation de ces différents corps a été expliquée dans les
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Fig. 2737. — Cavalier légionnaire.
articles spéciaux qui les concernent; nous n’y reviendrons pas ici. Une liste des ailes principales a été également donnée dans ce dictionnaire [ala] ; on la complétera aisément en se reportant à un travail récent de M. Mommsen013. Nous insérerons seulement ici une liste des cohortes auxiliaires connues qui paraissent avoir renfermé un effectif monté :
Coh. I Alpinorum6U (en Pannonie inférieure).
Coh. II Alpinorum 640 (en Ulyricum, l’année 60). Cohortes Datavorum 046 (en Germanie, Rétie, Bretagne). Coh. I Belgarum 047 (en Ulyricum).
Coh. VII Breucovum civium Romanorumw (à Chypre). Coh. I Chnlcidenorum 649 (en Afrique à partir de 164). Coh. I Flavia Cilicum 080 (en Égypte).
6V2 D’après une photographie. Cf. FrenHenberg, Bonne v Jahrb ., 1873, p. 177, pl, v ; Liodenschmit, Tracht und Bewa/fnung des rom. Heeres. p. 22, pi. vu, 1, etc.
— 0V3 Eph. epigr. V, p. 164 et s. — 611 -Dipl. mil . XI, XII, XXVI, XLII, XLIII, LXXIV ; Oester. Miltheil. 1881, p. 203; Corp. viser, lat. III, 3315, 3316, 3317.
— 6VB Dipl. 11 ; Corp. inscr. lat. III, 3646. — 640 Hartung, Rôm. Auxiliarlruppen
am Bhein, p. 15; Stille, Hist. legionum auxiliorumque , p. 135. — OU Oester. Mittheil. 1878, p. 94. — 0’>8 C. inscr. lat. III, 215. — GW Cagnat, Explorations en Tunisie , III, p. 80 et s. — 660 C. inscr. gr. 4713, 51 ; Dipl. LXXVIII ; Corp. inscr. lat. 111, 60 23. — 261 C. inscr. lat. VI. 35 20. — 662 Eph. epigr.V, 761; IX, 2958; Brambach, 676. — GB3 c. inscr. lat. IX, 2938. — 254 C. inscr. lat. VIII, 2532; Eph. epigr. V, 1043. — 6GB Arrian. 1. — 666 C. inscr. lat. III, 6450. — 687 C.
inscr. lat. VII, 388. — 663 C. inscr. lat. III, 1577 — - 669 C. inscr. lat. VIII, 9377, 9384. — 660 Eph. epigr. VII, 516. -- 661 Brambach, 1412. — 062 Jbid. 645.— 663 C. inscr. lat. II, 3230. — 664 C. inscr. lat. VII, 1001; X, 4873. — 666 C. inscr. lat.
Coh. 1 Civium Romanorum 031 (Germanie inférieure). Coh. II Civium Romanorum 662 (Germanie).
Coh. Claudia 633 (Cappadoce).
Coh. VI Commagenorum 654 (Afrique).
Coh. Cyrenaïca 065 (Cappadoce).
Coh. Il Augusla Dacorum veterana miliaria GS6 (Pannonie).
Coli. I Delmatarum 667 (Bretagne).
Coll. III Delmatarum civium Romanorum 638 (Dacie).
Coli. VI Delmatarum 039.
Coli. VII Delmatarum 66°.
Coh. I Flavia Damascenorum miliaria sagittariorum 601 (Germanie).
Coh. I Flavia 662 (Germanie).
Coh. II Gallorum 603 (Dacie).
Coh. III Gallorum 064 (Bretagne).
Coh. Hispanorum 063 (Afrique).
Coh. I Flavia Hispanorum miliaria 00°.
Coh. Aelia Hispanorum miliaria 601 (Bretagne).
Coh. 1 Hispanorum 06S.
Coh. II Hispanorum 009 (Ulyricum, puis Pannonie, Afrique ?).
Coh. IV Hispanorum 670 (Dacie).
Coh. Italica 671 (Cappadoce).
Coh. Ilyraeorum 012 (Cappadoce).
Coh. III Lusitanorum 673.
Coh. VII Lusitanorum 074 (Afrique).
Coh. miliaria Maurorum 673 (Pannonie inférieure).
Coh. I Pannoniorum et Delmatarum civium Romanorum 07 s .
Coh. VII Raetorum (Germanie) °'7.
Coh. I Aelia sagittariorum miliaria (Noricum) °78.
Coh. I Sequanorum et Rauricorum (bermanie) 0,9 .
Coh. I Thebaeorum 080 (Égypte).
Coh. I Tliracum 081 (Pannonie, Arabie).
Coh. I Tliracum Syriaca (Médie) 683.
Coh. II Tliracum (Bretagne) °83.
Coh. III Augusta Tliracum 684.
Coh. IV Thracum 085 (Germanie).
Coh. VI Thracum 680 (Bretagne).
Coh. Ubiorum (Dalmatie, Mésie inférieure)087.
Coh. I Fida Vardullorum civium Romanorum (Bretagne) °88.
Nous avons conservé, sur des monuments funéraires, un certain nombre de représentations relatives à des cavaliers auxiliaires. Nous en avons choisi quelques-unes parmi les mieux conservées, pour les reproduire ici.
Le premier589, qui vient de Châlons-sur-Marne, montre (fig. 2738) un cavalier de l’aile des Astures, tête nue, monté sur un grand et beau cheval, dont le harnachement est remarquable ; il est vêtu d’une tunique courte et tient du bras gauche un bouclier malheureusement assez
VIII, 2226. — 6G0 C. inscr. lat. X, 6426. — 607 C. inscr. lat. XII, 9 64, 9 65. — 668 Eph . epigr. II, 577. — 6G9 Dipl. II, XI, XII, LXXIV ; Wilraanns, 1140 ; Eph. epigr. V, 59 ; C. inscr. lat. IX, 5066. — 670 C. inscr. lat. III, 946, 947, 948. — 671 Arrian. "ExraÇiî, 9, 13. — 672 Ibid. 1. — 673 C . inscr. lat. II, 432. — 674 C. inscr. lat. VIII, 3147.
— 675 C. inscr. lat. III, 3444, 3542, 3545 ; Eph. epigr. III, 625. — 676 Corp. inscr. lat. X, 5S29. — 677 C. inscr. lat. II, 3237. — 678 C. inscr. lat. III, 5645, 5646, 5647.
— 679 Brambach, 1740 ; Korrespondenzblatt d. Wcstd. Zeitschrift , 1884, n° 7.
— 680 C. inscr. gr. 5054, 5117. — 681 C. inscr. lat. III, p. 20 ; Dipl. XXXVI, XLII,
XLIII; C. inscr. taf.IIl, 4326; V, 4957; Eph. epigr. IV, 563.- 682 Oester. Mittheil.. 1884, p. 84. 683 C. inscr. lat. VII, 364; Dipl. XIV, XXI; Eph. epigr. VII, 967.
— 684 C. inscr. lat. X, 6100. — 685 Brambach, 1290, 1522; C. inscr. lat. II, 4212.
— 686 C. viser, lat. VIL 67, 158 ; Brambach, 99 0. — 687 C. inscr. lat.X , 4862 ; Oester . Mittheil. 1880. p. 84. — 688 C. i. lat. VII, 435, 440, etc. — 689 D’après une photographie. De Gaumont, Bullet. monumental , 1859, p. 185; Canal, Insc. de Chàlont p. 33.
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effacé; à son côté droit, pend un large glaive. Les pieds
Fig. 2738. — Cavalier de l’aile des Astures.
sont chaussés d’une semelle qui est retenue au pied par un système de courroies.
Le second 090 nous montre (fig. 2739) un cavalier de l’aile des Norici, au galop, terrassant un ennemi; son casque
à larges couvre-joues,sa cuirasse et son épée sontcaracté-
COOLindenscUinidt, Alterth. unscr. heidn. Vorzeil, III, yii 4.— COI D’après uncpho-
ristiques; il tient en main un javelot; et un valet, placé
Fig, 2740. — Tombe d’un cavalier auxiliaire.
Fig. 2741. — Cavalier dalmate.
relatif à un cavalier de la même aile (fig. 2740) nous met
tograpliie. Cf. Houben, Denkmüler von Castra Veto-a,pl.xuv,p. 65 ;Bramljacli, I8T.
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en présence du défunt en costume civil étendu sur un lit ; dans le registre inférieur un valet nu armé de la lance mène par la bride son cheval recouvert d’une longue housse. L’ riginal du monument est à Trêves.
Nous possédons aussi quelques tombes de cavaliers appartenant à des cohortes auxiliaires. Ainsi, sur un basrelief de Cherchell 632, qui représente un cavalier dalmate(fîg. 2741), le personnage est figuré à cheval terrassantnin ennemi comme le cavalier Asture de la figure 2738 (c’est d’ailleurs là un type fréquent) et revêtu de la cuirasse imbriquée. Il tient de la main gauche un long bouclier, et de la droite une lance semblable à celle dont étaient armés les cavaliers des ailes. Un glaive pend du côté droit, attaché à sa ceinture.
La cavalerie des légions, des ailes et des cohortes, formait au Ier siècle et constitua pendant tout le hautempire la cavalerie romaine réglementaire. Pour la compléter, on faisait appel aux éléments indigènes que renfermait le pays où se faisait la guerre ou que les rois des contrées voisines de l’empire pouvaient fournir. A cette dernière catégorie appartenaient, par exemple, les cavaliers maures que Lusius Quietus, à l’époque de Trajan, emmena avec lui à la guerre de Dacie693 et qui sont figurés sur la colonne Trajane (fig. 2742) habillés comme des Arabes d’aujourd’hui ; leurs petits chevaux ne portent
ni frein ni selle ; les seules armes dont ils se servent sont un petit bouclier et une lance ou un javelot. Telles sont encore les troupes qu’Arrien tira de la Petite-Arménie, de Trébizonde, de Colchide, quand il marcha avec l’armée de Cappadoce contre les Alans 634. La première catégorie comprend les différents corps, mentionnés par les inscriptions, qui, comme les exploratores Pomarienses d’Afrique633, portent le nom du pays qu’ils étaient chargés d’occuper militairement. Ces corps étaient distingués
652 D’après une photographie. Voy. un autre cavalier dalmale du musée de Cherchell, Rev. archéol., XIV, 1857, p. 305. — 693 Dio, LXVIII, 32; Themistius, p. 250 (éd. Dindorf). Frôhner, Col. Traj ., pl. 86-87. — 69+ "E-xxaçt;, 7, — 69b C. inscr. lot. VIII, 9906, 9907. — 696 "Ex-ta^iç, 2; C. i. lat. VII, 218. Cf. sur ces corps, Mommsen. Hermès, XIX, p. 219 et s., 228. — 697 Us gardaient même leurs signa nationaux. Cf. Domaszewsky, Die Fahnen in rôm. Heere , p. 75 et fig. 90.
698 C. i. lat. II, 4200. — 699 C. i. lat. XII, 5899. — 700 Wilraanus, 1753. — 701 Arrian. "Ex-aÇi;, 2. — 702 C. inscr. lat. VII, 425; Eph. epigr. III, p. 310;
par la désignation de numeri, ou plus spécialement de vexillaüones au u° siècle et de cunei au me siècle : ils devinrent de plus en plus nombreux dans l’armée romaine et finirent par constituer, au iv° et au Ve siècle, la partie la plus importante des effectifs montés. Ils se distinguent des corps réguliers de toutes façons; leurs chefs, qui étaient souvent des officiers détachés d’autres corps, légions ou troupes auxiliaires, s’appelaient praepositi ; leur effectif était variable 690 ; enfin et surtout ils gardaient le costume et l’armement de la nation à laquelle ils appartenaient 697. Les Maures de Lusius Quietus.
Il est assez difficile de dresser une liste des corps de cavalerie de cette espèce, car la plupart d’entre eux n’étaient pas permanents ; de plus, par cela même qu'ils n’étaient point régulièrement organisés ni composés de Romains, ils ont laissé peu de souvenirs dans les inscriptions. Le dépouillement des textes épigraphiques antérieurs à la fin du ni0 siècle ne m’a donné que les noms suivants :
E quiles Alabenses 698 ; Equités auxiliaires 639 ; Equités Braucones 700 ; Equités Celtae 701 (Cappadoce); Cuneus Frisionum Verlutionensium (Bretagne)709; Equités Illy rici 703 (Dacie); Equités Mauri 704 (Afrique); Vexillalio militum Maurorum Caesariensium 705 (Afrique) ; Equités Pannonici1M ; Exploratores Pomarienses 707 (Afrique); Equités Sarmatae Bremetenniacenses (Bretagne) 708 ; Equités Stratoniciani ( Bretagne)703;
A Rome même, il y avait comme troupes de cavalerie les équités singulares de l’empereur, dont il sera parlé dans un article spécial [équités singulares] et les cavaliers prétoriens. Ceuxci étaient répartis en turmes, une par centurie, à ce que l’on suppose710, ce qui explique pourquoi ils mentionnent, sur les inscriptions, la centurie à laquelle ils appartiennent711. On croit que chaque cohorte comprenait dix turmes. Les cavaliers prétoriens étaient assimilés comme rang aux principales, mais à ceux de la dernière classe712; c’était un avancement pour eux de devenir tesserarius 7,s.
Comme officiers inférieurs on rencontre des options714 et des exercitatores equitum 71S. Les speculalores attachés aux cohortes prétoriennes, et dont il est fait sou-
BitU. epigr. 1884, p. 50. — 703 Dipl. XXXIII. — 704 C. i. lat. VIII, 8796, 9045, 9046 ; R. Caguat, Ann. êpigr. 1889, n» 187. — 705 C. i. I. VIII, 2716. — 70S c. i. I. XII, 3185. — 707 C. i. I. VIII, 9906, 9907. — 708 C. i. I. VII, 218; cf. Dio, LXXI, 16. — 709 Eph. epigr. III, 86. — 710 Tac. Ann. I, 24; XII, 56; Marquardt, Slaatsverw. IL p. 477. Cf. Mommsen, Eph. epigr. IV, p. 241. — 711 C. i. I. VI, 100, 2591, 2695, etc. — 712 Corp. inscr. lat. VI. 2601 ; Wilmanns, 1598. — 713 Wilmanns, Ibid. — 714 Wilmanns, 1567 ; Corp. inscr. lat. VI, 2440. — 715 Corp. inscr. lat. VI, 2464; Wilmanns, 1617.
AVRSAT VRN 1 N O EQCOHVin PB^'V VERJSSlMIQViMIUTAVITINtB^E CVN DA ITAUC A-TE5SERARMSANNV I aV!-VIXlTAN-XXVIII-AVR.OPTATlANV5 1 EQTRATRl-BENEMFRENTl-POSVIT-
Fig. 2743. — Cavalier prétorien.
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vent mention 716, étaient naturellement des cavaliers'117.
Le costume des cavaliers prétoriens est assez mal connu. Les pierres funéraires nous les montrent avec la tunique118 ou le sagum719, la lance en main, le glaive au côté, conduisant un cheval qui porte leur bouclier; tel est le type que l’on remarque sur le monument de Rome reproduit ici (fig. 2743) 72°. Les auteurs nous apprennent de plus, qu’ils portaient une cuirasse faite de lamelles de fer superposées à la- façon des écailles de poisson [lorica]721. Ils sont aussi certainement représentés sur des monuments plus importants, la colonne Trajane,
par exemple (fig. 2744), ou la colonne Antonine ; mais il est très difficile de les y distinguer des équités singulares 722 .
IV. Cuevaliers nu bas-empire. — Le règne de Dioclétien est le moment où l’ordre équestre atteint à sa plus grande puissance. Depuis le jour où, par une réforme attribuée à Gallien 723, les sénateurs ont été exclus des armées, les commandants en chef {duces) aussi bien que les commandants de légions ( praefecli ) ne sont plus que des chevaliers ; la séparation du pouvoir civil et du pouvoir militaire 724 leur a mis également entre les mains le gouvernement deâ provinces [praesides] ; ils ont, nous l’avons expliqué plus haut, les plus hauts offices financiers et administratifs à Rome et dans le monde romain; enfin, ils peuvent être introduits dans l’ordre sénatorial et prétendre, à ce titre, aux rares fonctions qui sont réservées encore aux sénateurs. Cette fortune ne prend pas fin avec Dioclétien ; nous possédons des inscriptions du début du iv° siècle qui nous montrent encore des chevaliers appelés à fournir une brillante carrière 725. Avec Constantin, au contraire, se produit un changement radical. L’ordre équestre cesse d’être le second ordre de l’État 726. Sans doute, il y a encore des équités romani soumis à une probatio, comme antérieurement 72\ et qui prennent part, au 15 juillet, à une procession
116 Tac. Hist. II, 11; c. i. lat. VI, 2561, 2607, 2660. — 7” Wilmanns, 1617.
718 Q I iat 2519. — 71» C. i. I. VI, 2572. — 720 Au palais Casetti. D'a¬
près une "photographie. Cf. C. i. I. VI, 2672.- 721 Dio, LXXXIII, 37. - 722Fr6hner, Col. Traj., pi. 67. Cf. sur le costume des prétoriens A. Muller, dans Baumeister, Denkmdler d. class. Alterlhums, s. v. Wallen. — 723 Aur. Vict. Caes. 33 et 34.
72V Lamprid. Seo. Alex. 24 ; Borghesi, Oeuv. III, p. 277 ; V, p. 397 et 405 . — 72» La
plu» fameuse est celle de C. Caelius Saturninus commentée par M. Mommsen (Memorie dell htitulo. 1865, p. 17 et s.). - 726 Le texte le plus concluant est celui du Code Tbeod. (VI, 32) : Equités romani quos secundi gradus in Urbe omnium obtinere
solennelle 728 ; il est même encore question de l’ordre équestre, comme ayant un rang immédiatement inférieur à l’ordre sénatorial723 ; mais l’ordre équestre est devenu, dans les deux capitales, une institution municipale privilégiée 73°, soumise à la juridiction du préfet des vigiles 731. En dehors de Rome, il n’y a plus d 'équités romani. Les anciens fonctionnaires de rang équestre, les anciens viri egregii sont dès lors perfectissimi et bientôt ils se changeront en clarissimi , le titre d ’egregius et de perfectissimus passant peu à peu à des hommes de condition inférieure 732. On a voulu voir dans cette révolution une réaction contre la politique inaugurée par les empereurs du Ier siècle et continuée par leurs successeurs; on pourrait y voir aussi bien les dernières conséquences do cette politique même et l’absorption définitive de l’ordre sénatorial par l’ordre équestre qui y pénètre tout entier en s’en appropriant même le nom. Quoi qu’il en soit, l’histoire de l’ordre équestre cesse en réalité avec Constantin. Celle des équités municipaux, qui en sont les épaves, n’existe pas.
Y. Cavaliers du bas-empire. — La cavalerie légionnaire dura encore quelque temps à partir de Dioclétien. On a la preuve qu’elle existait à son époque, au moins dans les légions palatines 733 ; mais il est possible que son importance fût déjà très diminuée, puisque cet empereur se crut obligé d’accroître considérablement les effectifs montés de l’armée734. Postérieurement à ce prince, sous Constantin sans doute733, se produisit une séparation complète des deux armes, qui correspondit à la séparation du commandement entre un magister peditum et un magisler equitum. Dès lors, la cavalerie se composa de quatre sortes de corps : les vexillationes, les équités, 'les cunei equitum et les alae.
Vexillationes. — Les vexillationes représentent l’effectif monté de l’armée romaine mobile, c’est-à-dire de celle qui était répartie dans l’intérieur des provinces et en Italie, toujours à la disposition de l’empereur pour le suivre dans ses voyages ou à la guerre ( palatini , comitatenses). La liste de toutes ces vexillationes est donnée par la Notice des Dignités 736 ; les inscriptions en ont fait connaître deux qui n’y figurent pas, la vexillatio equitum Dalmatarum comitatensis Anchialitana 737 et la vexillatio Mothanorum 7S8. La cavalerie des armées des confins se composait, au contraire, de trois autres catégories.
Equités. Cunei equitum. — Les corps de cavalerie ainsi nommés remplaçaient, auprès des légions des confins, l’ancienne cavalerie légionnaire; ce qui caractérisait les équités , c’est qu’ils étaient organisés à la romaine 733, tandis que l’organisation des cunei, successeurs des numeri du haut-empire, était conforme aux habitudes barbares et surtout aux usages germains740.
Les alae , à cette époque, tiennent dans l’ensemble du corps d’armée la place qu’occupaient les alae avant Dioclétien. La liste est donnée par la Notice 741.
Les vexillationes se composaient de cinq cents hom-
volumus dignitatem. — 727 Calendrier de Philocalus, de 448 (C. i. lat. I, p. 397) au 15 juillet ; Jul. Paris, Addit. ad Val. Max. II, 2,9.— 728Soxim. II, 29. - 729Cod. Tbeod. VI, 32 (an 364); Cod. Just. XIII, 32. — 730 Ibid. — 731 Cod. Tbeod. II, 17 , 732 Cf. sur cette question Lécrivaiu, Le sénat romain depuis Dioclétien, p. M et s. Pour cet auteur le perfectissimat est le successeur de l'ordre équestre. A 733 R. Cagnat, Ann. épigr. 1889, n» 76. — 734 Mommsen, Hermès, XXII, p. 210. - 735 Mommsen, Ibid. p. 231. - 73S Cf. l'édition Seeck {Indices, p. 316 et s.). 737 C. i. I. III, 405. — 738 VVaddington, Insc. de Syrie, 2037. — 739 Mommsen, l. c. p. 208. - 740 Ib. — 7« Ed. Seeck, Indices, p. 311.
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mes742, de même sans doute que les cunei et les équités 713 ; les alàe , de six cents 744 ou quelquefois de cinq cents hommes748.
Les commandants de ces différents corps portaient te nom de praefectus ou de tribunus. Le premier titre était celui des chefs d’ailes748, le second était pris par les commandants de vexillation 747. Au-dessous venaient dans l’ordre descendant, suivant saint Jérôme, les grades de primicerius , senator , duccnarius , biarchus , circUorv‘s ; ce dernier titre, en réalité, ne correspondaitpas à un poste d'officier, et répondait au nom usité autrefois de duph- Cariusw. Les inscriptions font connaître encore d’autres titres : celui de ccnienarius 750 et celui d 'hexarchus ni; mais on ne saurait dire quelle était leur valeur70'.
Il ne nous est parvenu de cette époque qu’un très petit nombre de représentations figurées; celles que nous avons conservées sont pour la plupart grossières et par suite peu instructives. On doit faire exception pourtant pour un monument funéraire du musée de Lyon1'3, qui est malheureusement assez fruste (fig. 2745). Il représente, comme nous l’apprend l’inscription qu’il porte, un centenarius de la vcxillatio des cataphractarii seniores. Le cavalier cas-
Fig. 2745. — Centenarius des cataphractarii.
qué, vêtu d’une tunique qui semble serrée à la taille, les jambes protégées par des jambières et armé d’une lance,
742 Lydus, De magist. I, 46. — 743 Mommsen, loc. cit. p. 255. — 744 Lydus, loc. cit. — 745 Jbid. Cf. Mommsen, loc. cit. p. 256 et note 1. — 746 Not. Dign. (Occ.), XXVI, 13; XXXV, 25. — 747 Hermès , XIX, p. 418; Ammian. XXI, 11, 2; XXV, 1, 8; C. i. lat. III, 88, etc. — 748 Hieronym. Contra Joh. Hierosol. 19.
— 749 Cf. Godefroy, ad Cod. Theod. VII, 22, 2. - 750 C. i. I. V, 8758; Rev. épigr. du midi de la France , 1885, p. 89. — 751 C. i. I. III, 405, 4832; V, 4376; Ilenzen, 6788. — 752 Cf. Mommsen, C. i. I. V, p. 1059. — 753 D’après une photographie. Catalogue sommaire des musées de Lyon , p. 105, n° 81. — 754 Hist. arc. 14. — 756 Ammian. XX, 8, 13; XXXI, 10, 3. — 756 Cod. Theod. XIV, 17, 9.,
— 757 Notit. dignit. (Or.) XI, 7. — 758 Mommsen, Hermès, XXII, p. 224 et note 1.
— 769 Ibid. — 760 Cod. Theod. VI, 13, I ; Nov. Theod. 21 ; Constant. Porphyrog. I, 91. —761 Not. Dignit. (Or.) XI; (Oc.) IX. — 762 Voy. sur ce corps Jullian, De protectoribus et domesticis Augustorum , et Notes sur Varmée romaine au iv° siècle [Ann. de la Faculté des lettres de Bordeaux , 1884, p. 59à 85); Mommsen, Eph. epigr. 1884, p. 121 et s. ; cf. 647 et 648; M. Jullian admet que les domestici sont la garde à cheval. — Bibliograpuie (Voy. pour les Grecs, p. 771). 1° Chevalerie. Madvig, De loco Ciceronis in libro IV de Republica ad ordinis equestris instituta sppctante (Op. Acad. III, i, p. 72), Hauniae, 1843 ; Muhlert, De equitibus Romanis, 1834 ; Zumpt, Ueber die rômischen Ritter und den Ritterstand in Rom [ Abhandlungen der Berliner Akad. 1839, p. 65 sq.) ; Marquardt, Historia equitum romanorum. Berlin, 1840 ; Rein, art. Equités dans Pauly, Realencyclopüclie, t. III. p 209, 1844; Ihne, Ueber die Ritter, dans ses Forschungen auf dem Gebiele der rômischen Verfassungsgeschichte , p. 117 sq. Francfort-sur-le-Mein, 1847 ; Niemeyer, De equitibus Romanis , Greiswald, 1851; Gomont, Les chevaliers Romains , Paris, 1854; Naudet, De la noblesse d honneur
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est le centenarius. A côté de lui on voit deux servants couverts l’un d’un vêtement qui paraît s enrouler autour de son corps, et l’autre d’une courte tunique Le premier tient à la main un glaive, le second une lance et un bouclier.
Scholares. — Les différentes troupes de cavaliers dont il vient d’être question constitùaient la cavalerie active de l’armée. Il nous reste à parler d’un corps particulièrement attaché à la personne de l’empereur, des scholares. Leur office propre était de monter la garde dans le palais . (jxpGcnüjTat o i âv TtaXaxicp cppoupav eyovxsç £v ty| |3a<TtA£to> c.ov., dit Procope 754. On choisissait pour composer ce corps.comme on le faisait au haut-empire pour les équités singulares , des hommes de confiance, surtout des Germains705; ils étaient répartis en scholae [scuola] qui se distinguaient par un nom particulier, emprunté la plupart du temps à l’armement des cavaliers ; c’est ainsi que 1 on reconnaissait des scutarii , des scutarii clibanarii ,aG, des scutarii ^ sagittarii 737, etc. Chaque schola comptait cinq cents hommes 758 et était commandée par un tribun, personnage considéré 759 , ayant rang de cornes prinii ordinis 760 , elles étaient soumises au magister officiorum1*’' .
Au-dessus de cette garde impériale étaient les protectores et les domestici, garde d’honneur certainement montée en partie 762, mais fort peu nombreuse, et qui ne doit être rappelée ici que pour mention [protectores], R. Cagnat.
EQUITES SINGULARES. — Les généraux romains ont toujours eu auprès d’eux une garde d honneur [couors praetoria] qui donna naissance aux cohortes prétoriennes impériales ; mais, à partir de Sylla, ils s’entouraient, de plus, d’esclaves ou d’affranchis barbares, sur la fidélité desquels ils croyaient pouvoir compter entièrement1. Telle est l’origine des Germains d’Auguste et des empereurs suivants'2 [germani]. Cette troupe, composée de cavaliers 3, subsista sous Tibère, Caligula, Claude, Néron 4 ; mais Galba la licencia5 et depuis, il n’en est plus jamais question, ce qui permet de penser que ses successeurs ne se décidèrent pas à la rétablir.
A la place de la garde germaine, on créa un corps de cavalerie composé à peu près des mêmes éléments, les équités singulares Augusli. L’institution de cette troupe remonte peut-être aux Flaviens8, peut-être seulement à Trajan7; en tout cas, elle est certainement antérieure à Hadrien8, puisque le nom de Trajan figure sur un
chez les RomafPis, p. 16 à 37, 47 à 61; Belot, Histoire des chevaliers romains, Paris, 1866; Lange, Rôm. Alterthümer , II, p. 15 et s.; O. Hirschfeld, Untersuchungen auf dem Gebiete der rôm. Verwaltungsgeschichte. Berlin, 1877, in-8° ; Gerathewohl, Die Reiter und die Centuriae equitum zur Zeit der rômischen Republi/c (Munich, 1883); A. Lécrivain, Le sénat après Dioclétien, ch. m, § 1; Mommsen, Staatsrecht, III, p. 476 et s. (t. VI, 2e partie, p. 69 et suiv. de la trad. Girard); Madvig, L’État romain (trad. Morel, I, p. 169 et s.) ; Mispoulet, Institutions publiques des Romains, II, p. 194.et s.; Bouché-Leclercq, Manuel des Institutions romaines, p. 356 et s. ; Willems, Le Droit public romain, (68 édit.), p. 117 et s. — 2° Cavalerie. Le Beau, De l’origine de la cavallerie légionaire et de l’état dans lequel elle subsista jusqu’au temps des Gracques ( Mém de l’Acad. des Inscr. et Belles- Lettres , XXVIII, p. 1 et s.); De l’état de la cavallerie légionaire après les Gracques [Ibid. p. 35); Des diverses parties de la cavallerie légionaire [Ibid. XXXII, p, 309) ; De V équipement du cavalier légionaire [Ibid. XXXIX, p. 509); Scharabach, Die Reiterei bei Caesar, Mulhiiusen in Thüringen, 1881; Vaders, De alis exercitus romani quales erant imperatorum tempo ribus, Halle, 1833; Marcks, De alis romanis, Leipzig, 1S86.
EQUITES SINGULARES. 1 Appian. Bel. civ. I, 100. — 2 Sur cette troupe, voir Henzen, Bullett. 1856, p. 104; C. Jullian, Les gardes du corps des premiers Césars (dans- le Bull, cpiljr. 1883, p. 61 et s.) — 3 Dio, LV, 24. — 4 Tac. Ann. I, 24; XIII, 18; XV, 58; Suet. Calig. 43; Ner, 34; Joseph. Ant. Jud. XIX, 1, 15; Corp. inscr. lat. VI, 4341, 4345, 8804, 8807, 8809, 8810, 8811, etc. — 5 Suet. Galb. 12. — 6 Henzen, Annali, 1850, p. 14 et s., 1885, p. 238. — 7 Ibid 1885, p. “J37. — 8 M. Mommsen rapportait leur création à cet empereur [Hermès, XVI, p. 458).
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texte épigraphique relatif à un eques singularisé et que, parmi ces soldats, on rencontre un certain nombre de Coccei, ce qui semble les désigner comme des contemporains de Nerva 10.
Le recrutement des équités singulares se faisait de deux façons : soit directement dans les provinces que l’on considérait comme particulièrement favorables à alimenter le corps : Pannonie, Rétie, Noricum, Thrace, Dacie, Mésie, Germanie 11 ; soit indirectement, en faisant entrer dans cette garde des soldats déjà enrôlés dans la cavalerie auxiliaire'2. Le premier procédé fut surtout usité au début de 1 institution 13 ; à partir d’Hadrien, au contraire, on employa de préférence le second. C’est ce que prouvent les nombreuses inscriptions où il est question des singulares Augusti u. Dans l’un comme dans l’autre cas, les soldats, en entrant dans ce corps, recevaient, avec le nom de l’empereur régnant18, le droit latin16 qui leur donnait une position intermédiaire entre les légionnaires et les prétoriens, d’une part, entre les simples pérégrins de l’autre: c’était toute la faveur que l’on pouvait accorder à des soldats qui n’étaient pas citoyens romains.
La durée légale du service pour les équités singulares était non pas de vingt-cinq ans, comme pour les autres troupes, mais de vingt-sept ans, au début tout au moins; il fut réduit à vingt-cinq ans, vers 139 ”, et un diplôme militaire de l’an 230 18 prouve qu’à cette époque le chiffre normal n’avait pas changé.
Le commandant en chef des équités singul'ares était le préfet du prétoire19. Sous ses ordres, à la tête du corps était un tribun 20 et depuis Septime-Sévère deux tribuns21, le nombre des cavaliers ayant été augmenté22, sans que pour cela la troupe ait été dédoublée23. Chaque turme, (on ne sait pas au juste combien il y en avait 2l), était commandée par un décurion 2S. Au-dessous on rencontre tous les genres de principales qui existaient dans les autres corps de troupes, duplarius, sesquiplicarius , signifer , armorum custos , librarius , etc. 26 Les seuls sur lesquels il convienne d’appeler l’attention sont le hastiliarius 27 , le turmarius 28 , le 1ector~° et le tablifer 30, dont il est assez difficile, d’ailleurs, de fixer la fonction précise et le rang.
Le corps des équités singulares subsista pendant toute la durée de l’empire.
M . Henzen a supposé qu'ils disparurent avec Constantin , lequel supprima, comme on le sait, les cohortesprétoriennes [praetoriani milites] ; M. Jullian, au con^-aire, pense qu’ils avaient cessé d’exister longtemps avant Carin31. En fait, le dernier texte daté remonte à Gordien32, et le dernier empereur dont le gentilice ait passé à des équités singulares est Maximin33. L’époque qui vit disparaître ce corps ne saurait donc être établie que par conjecture.
9 Annali, 1885, p. 238, n° 2. — 10 Ibid. n° 4 d , ligne 9 et 10; 5 b, ligne 13; li c, lignes 8 et 11. — H Voir le relevé des nationalités dans Henzen, Annali , 1885, p. 269, et Mommsen, Eph. epiyr. V, p. 233 à 235. Sous Trajan et Hadrien les équités singulares paraissent avoir été recrutés surtout parmi les Thraces (Henzen, Z. Z.). — 12 Exemples : Ala Illyricorum ( Corp . inscr. lat. VI, 3234); Ala Gallomim (3191); Ala Flauia (3255). Cf. Mommsen, Hermès, loc. cit. p. 462. — 13 Henzen, loc. cit. p. 267. — 14 Ibid. p. 268. — 13 La liste des gentilices impériaux portés parles équités signalés a été dressée par Heuzen, loc. cit. p. 265. — 10 Mommsen, Hernies , p. 467, a remarqué qu’ils ne mentionnent, dans les inscriptions, leurs pères que très rarement et jamais un nom de tribu. De plus, dans les diplômes militaires {Dipl. LI) , il s sont assimilés aux troupes auxiliaires. — 17 Les vétérans libérés en 132 avaient servi 28 et 29 ans; ceux qui furent libérés en 133 comptaient 27 et 28 ans; en 134, 27 ans; en 135, 27 ans ; eu 136, 27 ans; en 138, 27 ans ; en 139, 25 ans. — 18 Dipl. LL — 19 Corp. inscr. lat. VI, 224, 227, 228; Henzen, Annali, 1885, n°* 11, 14,15, p. 250 et s. — 20 /ô. n°*ll, 14, 15. — 21 Corp. inscr. lat. VI, 224 , 226, 228, — 22 Castra priora {C. i. lat. VI,
790 — EQU
On possède de nombreux monuments figurés relatifs
Fig. 2746. — Eques singularis.
aux équités singulares 3V. Ils se divisent en deux groupes
principaux. Sur les représentations qui appartiennent au
3183 1391, 3196, 3236, 3241, etc.); caslranova ou Severiana (C. i. lat. VI, 3217, 3234; Dipl. LI). Sur ces deux casernes, cf. Jordan, Topographie , II, p. 373.
13 Corp. inscr. lat. VI, 224; c’est un ex-voto où il est question des deux tribuns
et qui est pourtant consacré ob reditum numeri. — 24 On sait seulement que le corps était très nombreux. Ilygin (De mun. castror. 7 et 8) cite jusqu'à 900 cavaliers. — 26 C. i. lat. VI, 225. — 26 Cf. Henzen, Annali, 1850, p. 44, 1885, p. 281 et s- 27 C. i ■ lat. VI, 3192, 3226; Annali, 1885, p. 250 et s., n°» 11, 12, 13, 14,
28 Ibid. nos 14, 26. Cf. Godefroy ad Cod. Theod. VIII, 13, 9. — 29 Bullelt.
comunale, 1889, p. 145. — 3° 1 Votizie degli Scavi, 1891, p. 126 et 127. — 31 Heuzen, Annali, 1850, p. 52; Jullian, De protectoribus, p. 7. — 32 Bullett. comunale,
1885, p. 155, n" 1084. 33 Jullian, loc. cit. Le texte que Henzen croit pouvoir
rapporter à l’epoque de Trebonianus Gallus {p. 51) est non pas faux, mais mal copié. Le gentilice des équités qui y sont mentionnés est non Vibius comme il le croyait, mais Ulpius. Le document est donc du ii* siècle. Voir à ce sujet, Bullelt. comun. 1885, p. 137 et suiv. — 34 Sur ces monuments voir Henzen, Annali, 1850, p. 50; A, Millier, Philologue, 1881, p. 257 et s.
premier groupe, on voit le cavalier, à la chasse, poursuivant un sanglier; nous en donnons ici 33 un spécimen
(fig. 2746). Sur celles du second groupe, Veques singularis ou un valet tient à la main un cheval (fig. 2747) 36 . La comparaison de ces différents bas-reliefs permet d’établir que l’armement des équités singulares se composait d’un casque, d’un bouclier oblong avec ornements figurés , d’un glaive et d’une lance. Ils étaient sans doute aussi couverts, si ce sont eux qui figurent sur la colonne Trajane dans la suite de l’empereur37 (fig. 2748 et 2749) d’un justaucorps en cuir dentelé, d’une culotte de cheval et de brodequins. Il semble aussi que la housse de leurs chevaux
Fig. 2749. — Equités singulares.
fût garnie d’une frange plus riche que celle des autres cavaliers.
On a retrouvé assez récemment l'une des casernes36, qui leur était assignée, la plus ancienne, sans doute, puisqu’on y a découvert des inscriptions antérieures à Septime-Sévère. Elle était située non loin de la « Scala Santa ». Les fouilles ont mis au jour les différentes parties subsistantes de la caserne et notamment une
3& D’après une photographie. Cf. C. insc. lat., VI, 3202. — D'après une photo* graphie, C. insc. lat., VI, 2 6 72. — 37 Frohner, Colonne Trajane, p. 60, 61, 80, etc. — 36 Sur ces casernes, voir quelques mots dans Jordan, Topographie der[Stadt Rom, 1871, p. 12 et 13. — 37 Bullett. commun. 1885, p. 137 et s. — 38 Ibid. 1886, p. 125. — 39 C. i. I. VI, 2382, 2634; Orelli-Henzen, 6771. — 40 Tous les textes relatifs aux équités singulares de cette espèce ont été rassemblés par M. Cauer, Eph. epig. IV, p. 401 et s. — 41 Lydus, De mag. III, 7. — 42 Corp.inscr. lat. III, 93 : Equités singulares exercitus arabici. Cf. Cauer, i. c. et les additions de Mommsen. — 43 Brambacli, 914: « Miles coh. I Fl. Damascenorum pedes singularis »; Corp. inscr. lat. III, 5938 : Decurio alae I Fl. singularium. antoninianae sing . cos. — 44 L’explication que donne Lydus (l. c.) du terme singularis n’est pas admissible. —45 C. i. I. VIII, 3050. Le monument est dans la prison de Lambèse ou il est impossible de le photographier. — Bibliographie. Frickius, De equitibus Augusti singularibus (Acta
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longue muraille avec niches, contre laquelle étaient adossés des piédestaux ; on y lit toute une suite d exvoto consacrés par les équités singulares aux divinités de leur patrie, Epona, Matres Sulevae, Hercules Magusanus, Deus Sabadius, Jupiter Beellefanus, etc. 3'
Leur cimetière commun se trouvait sur la voie Labicane 38 ; c’est de là que proviennent les monuments qui les représentent et auxquels il a été fait allusion quelques lignes plus haut.
A côté des équités singulares Augusti , qui formaient, ainsi qu’il vient d’être dit, la garde des empereurs, les textes épigraphiques font connaître des équités singulares dans la suite des préfets du prétoire 39 et des gouverneurs de province40. C’étaient des ordonnances de condition supérieure, toujours aux ordres du commandant en chef, • avopeç iv-pey EÏç, dit Lydus41, km vàç â-7tap^taç 8t)|jW(ov ’évsxa y pstüiv àrtoGTsXXôjAevot. Ils constituaient, avec les pedites singulares , un petit corps particulier, un numerus mixte, autour du général42. Ils étaient empruntés aux différents corps qui constituaient l’armée d’occupation du pays *3, et détachés de là auprès du commandant en chef, d’où leur nom de singularis , qui équivaut à notre terme militaire d’ « isolés »44.
On ne possède qu’une seule représentation figurée de ce genre d ’eques singularis : c’est celle d’un soldat du corps d’armée de Numidie45. R. Cagnat.
EQUITIUM1 ('Enrocpopêiov \ JmsoTpoçsîov) 3, troupeau de chevaux4, haras.
Dès une haute antiquité, lorsque les Grecs menaient encore la vie pastorale, il dut y avoir chez eux des pâturages, entourés de clôtures, où l’on pourvoyait à la reproduction des chevaux et où on les laissait errer dans un état de demi liberté. Chez Homère nous voyons un cheval, s’échappant de l’écurie où on l’avait enfermé pour l’isoler de ses compagnons (ararô; Ïtctto;) prendre sa course vers les pacages et les cours d’eau qui lui sont familiers : c’est ce que le poète appelle vopdoç ïnnw °. Plus tard certaines peuplades barbares, qui avaient conservé les mœurs primitives, par exemple les Scythes, laissaient encore leurs chevaux en plein air toute l’année 6. En général ceux que les Grecs et les Romains nourrissaient à la campagne étaient retenus à l’écurie pendant la mauvaise saison ; certains propriétaires ruraux, ayant voulu imiter la coutume barbare, s’en étaient, paraît-il, mal trouvés; Végèce les blâme d’avoir soumis à cette épreuve des animaux dont la race était depuis longtemps habituée à un régime plus doux7.
Des haras spacieux et bien entretenus devinrent chaque jour plus nécessaires en raison des progrès de la civilisation grecque, lorsque le goût du luxe et des voyages se répandit, lorsque la cavalerie montée fut appelée à jouer un rôle dans les batailles, enfin lorsque d’un bout à l’autre du monde antique on se passionna pour les
societalis Ienensis , V, p. 191 et s.); Henzen, Annali, 1850, p. 5 ets. ; 1 885, p. 235 et s. Cf. Bullett. communale di Roma, 1885, p. 137 ets. ; 1886, p. 124 et s.; Notizie degli scavi, 1886, p. 13 ; Mommsen, Schweizer Nachstudien [Hermès, 1881, p. 445 et s.).
EQUITIUM. 1 Ce mot n’apparaît que dans un petit nombre de textes du temps de l'empire. Colum. VI, 27, 1. Ulp. Dig. VI, 1, 1 ; VII, 8, 12; Comparez avitium, Apul. Florid. sub fi . Equitium est plus commun au moyen âge : Ducange, Gtoss. med.. et infim. latin, s. v. — 2 Herod. IV, 110; Xen. Hellen IV, 6, 6; Schol. Hom. II. II, 474; Eur. El. 623 ; Aristot. Hist. anim. VI, 22; Plut. Vit. Eumen. 8; Philo, vol. II, p. 307, 38. — 3 Strab. V, p. 212 ; XVI, p. 752; Schol. Pind. Nom. I, 1. — 4 Equitium, <juviinc{a, ïicnwv, Gloss, lat. gr. — 5 Hom. 11. VI, 506 avec le commentaire d’Eustathe; cf. IV, 500, et Eust. ad. I. — 6 Herod. IV, 1 10 ; Paus. I, 21, 8; Justin. 11,2. — 7 Veg. Mulom. II , prolog . : « Nostrajumenta et mollioris generis sunt et teclis frequentioribus assueta , calidissimis etiam stabulis imbula. »
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courses ; l’élevage des chevaux, l’iirirorpoffita, devint alors une des charges principales et en même temps une des distractions favorites de l’aristocratie ; noble et hruo- ■cpicDoç sont désormais synonymes [équités]. Tous ces besoins nouveaux supposent des haras considérables établis dans les domaines des riches particuliers ; à plus forte raison y en eut-il aussi dans ceux des États ou des souverains. Après une expédition heureuse en Scythie, Philippe enleva à l’ennemi vingt mille juments de belle
race et il les envoya en Macédoine pour les accoupler aux chevaux indigènes, dont les formes étaient un peu plus lourdes8. Plutarque cite des haras royaux, pauiXtxi ÎTTTiocfdpëtx, établis, au temps d’Alexandre, près du mont Ida en Asie ; ils étaient surveillés par des intendants responsables (êmg.EX-rjTai) qui devaient fournir au monarque des comptes d’administration et ne pouvaient laisser sortir, à moins d'avoir reçu un ordre écrit, une seule bête qui ne fût pas destinée à son service 9. Vers le même
temps, et plus tard encore sous les Séleucides, Apamée en Syrie possédait un haras royal, qui contenait plus de trente mille juments, avec trois cents étalons au moins 10. D’autres établissements semblables ont encore été signalés par les historiens en Médie; au témoignage de Polybe ils étaient assez florissants pour pouvoir suffire à la remonte de toutes les provinces asiatiques de l’empire d’Alexandre; ils devaient cette richesse à la fertilité exceptionnelle du pays11. La Thessalie, la Sicile, l’Espagne, l’Afrique, en un mot toutes les contrées qui étaient fières de leurs races de chevaux, eurent aussi des haras renommés12. Ainsi nous voyons Symmaque, dans ses
8 Justin. IX, 2, 16. — 9 Plutarch. Vit. Eumen. 8. — *0 Strab. XVI, p. 527. — 11 Polyb. V, 44; X, 27; cf. Diod. XIX, 20. — 12 Elles sont iTiro- Toôtpot ày aOaî, comme un auteur le dit de la plaiue de Thèbes (Dicaearcb
lettres, s’adresser à différents propriétaires d'Espagne, qui possédaient des greges equorum , pour négocier avec eux l’achat des chevaux destinés à figurer dans des jeux publics; certains de ces animaux devaient être transportés par mer jusqu’à Antioche13. Les haras de l’Asie cependant conservèrent jusqu’au bout leur antique réputation; quelques-uns étaient exploités directement par les empereurs d’Orient, notamment en Phrygie et en Cappadoce ; ils faisaient partie de ce qu’on appelait les greges dominici et la direction en ôtait confiée à des praeposili placés sous les ordres du cornes rerum privatarum'1* . Deux des haras de l’Asie ont laissé un souvenir prédo-
I, 13). - 13 Symmach. Ep. IV, 6, 02, 63; V, 56, 82; VII, 48, 105; IX, 18, 20, 22. 23. — 14 Cod. Tbeod. X, 6, De grege dominico (an 395) ; Notit. dignit. Or. XIV, 6.
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minant dans les écrits du bas-empire. Au temps de l’emreur Valérius (233-260) il y avait à Césarée un propriétaire nommé Palmatius, qui possédait un haras magnifique près de Tyane, à l’endroit que les itinéraires appellent Andavilis ; ses biens ayant été confisqués, cet établissement passa avec le reste de sa fortune dans le domaine impérial et les chevaux qui en provenaient continuèrent longtemps encore après sa mort à s’appeler equi Palmatii. L’autre haras est celui d'un certain Hermogénès, que Godefroy identifie avec un préfet du prétoire tué à Constantinople au milieu d’une sédition en 373- Nous ne savons par suite de quelle circonstance ses chevaux devinrent la propriété des empereurs. Mais
prescription, renouvelée sans doute de celles qui avaient été établies bien des siècles auparavant par les rois de Perse15, nous explique pourquoi les magistrats d’Antioche, ayant à donner des jeux, faisaient venir des chevaux d’Espagne 15 : les haras d’Asie leur étaient fermés : tous les animaux qu’on y élevait étaient réservés au chef de l’État ; ils étaient dits sacra ou divina, comme tout ce qui lui appartenait 1T. Jusqu’au temps de Grégoire le Grand, l’Église romaine posséda en Sicile des haras immenses qu’elle avait évidemment hérités des empereurs; par ordre de ce pape on vendit tous les chevaux sauf un petit nombre ; « on ne garda plus que quatre cents juments18 ». On peut juger par là de ce qu’é-
18 Plut. Vit. Eumen.S; v. plus haut la notefl. — 10 Symmach. Ëp. IV, 59 à 64. — 17 Coil. Theocl. I. c. etXV, 10, avec le commentaire de Godefroy; Hesych. Miles, fragm. 1 dans Hist. gr.fragm. éd. Caroi. Muller (Didot), t. IV, p. 145 ; Itin. Anton. p. 145; Itin. Hierosot. p. 577 (Wesseling); Tab. Peutinger (Desjardins) Segm.IX, A; Hamilton, Ro.search.es in Asia Minor, II, p. 297. Cf. Nemesian. Cyneg. 240 ; Claudian. Laud. Seren. 100 ; De equo Honor. LXXIIt, 4; In Rufin. 2, 30-31; Opp. Cyneg. I, 197; Veg. Vetcrin. IV, 6;Soliu. XLV, 5, p. 192; Basil. Uomil. in Psahn. 48, p, 285 ;
au ive siècle les equi H ermogeniani sont cités avant tous les autres, à côté des Palmatii , comme les plus fins et les plus beaux que l’on puisse donner en spectacle au peuple. Les poètes les célèbrent à l’envi; seuls parmi tous leurs concurrents ils continuent à être entretenus aux frais du fisc, quand l’âge, une maladie ou un accident les a mis hors de service ; même alors il est interdit aux agents de les vendre, comme ils le font par exemple pour les chevaux d’Espagne, cependant très estimés aussi. Personne dans l’empire, si ce n’est l’empereur luimême, ne peut s’en servir, sous peine de payer une amende, qui est deux fois plus forte que si le délit a été commis dans quelqu'autre des haras impériaux. Cette
taient ces établissements au temps de leur splendeur.
Parmi les auteurs anciens qui nous sont parvenus, plusieurs ont exposé les principes de l’élevage des chevaux; on peut voir dans leurs écrits comment on entendait les soins qu’exigent les étalons (ô/sûtt,;, è^sïov, equus admissarius) et les juments (iWoç 0-qAsïoc, equa ) au mo • ment de la reproduction19. Columelle définit ainsi la situation qui convient à un haras : « Il faut choisir des pâturages étendus, marécageux et sans accidents de terrain; ils devront être toujours bien arrosés, plutôt découverts que coupés par des arbres, et produire en abondance des herbes plus flexibles que hautes. »
La figure 2730 reproduit une mosaïque romaine trouvée
Junior philos. Orbis descr. 40 ( Geogr . gr. minor. éd. Carol. Müller, Didot, II, p. 521), etc. Sur les equi Palmatii nous reproduisons l’opinion de Godefroy; elle a été contestée par Wernsdorf, Excurs. III ad Nemesian. Cyneg. 241 ; mais la grande majorité des savants l’accepte comme certaine; v. de Vit, Lexicon, s. v. Palmatius. — 18 Greg. mngn. Epist. II, 32. — 10 Aristot. Hist. anim. VI, 22; Varr. De ré rust. 11, 7; Virg. Georg. III, 72; Colum. VI, 27 ; Pallad. IV, 13. Pour plus de details, v. Schlieben, Op. c., II, m, Die Zuc.ht (1er Pferde.
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en Afrique, que l’on peut sans invraisemblance considérer comme la représentation d’un de ces haras privés, où les éleveurs entretenaient des troupeaux de chevaux, spécialement pour les besoins des jeux publics; les édifices qu’on observe au dernier plan donnent l’idée d’un établissement bien plus considérable qu’une simple écurie20. Une autre mosaïque récemmentmise aujoursur le territoire de l’ancienne Hadrumète (fig. 2751)représenle aussi des juments errant en liberté avec leurs poulains au milieu d’un paysage semé de bouquets d’arbres ; au fond apparaît une tour de garde, et à côté un bâtiment plus vaste qui doit être l'écurie21. Enfin sur une troisième mosaïque de même provenance l’artiste a figuré des chevaux, parés des attributs du cirque, qui semblent avoir appartenu à un certain Sobothius ; une inscription nous fait connaître le nom du domaine où ils sont nourris : Campus diledus, et aussi celui du chef du haras : Pairicius ipparchus 22.
On appelait equitiarius tout employé d’un haras23.
G. Lafaye.
EQUULEUS ou ECULEUS. — Chevalet, instrument de torture dont on se servait pour punir les esclaves ou pour leur arracher des aveux quand ils étaient mis à la question1. On en fit ensuite un supplice même pour des hommes libres 2 ; Vequuleus est fréquemment nommé dans les récits des persécutions des chrétiens3.
Il ne nous en reste aucune description; nous pouvons seulement nous en faire une idée d’après les expressions employées dans les textes anciens. Ce fut sans doute à l’origine un appareil formé de pièces de bois assemblées sous un angle à la façon d un tréteau et ayant ainsi quelque chose de la forme d’un cheval : c’est ce que paraît indiquer le nom ( equulcus , un petit cheval, un poulain4) et l’on peut ajouter que le chevalet sous cette forme est resté un moyen de châtiment ou de torture jusqu’aux temps modernes: le patient était placé à cheval sur l’angle aigu de la traverse supérieure, ou même assis sur une véritable pointe, avec des poids aux pieds et aux mains, de manière à augmenter la piession naturelle du corps B. Mais ce n est pas au chevalet ainsi construit que s’appliquent la plupart des termes qu on trouve chez les anciens.
De ce qu’ils disent on peut inférer que Vequuleus était, au moins au temps de l’Empire6, un poteau dressé [ stipes , lignum) 1 auquel le supplicié était suspendu , les
20 Poulie, Mosaïque des bains de Pompeianus publiée par la Société archéologique de Constantine (1880), pl. Ch. Tissot, La province romaine d’Afrique ,
j 361 pi , 21 De la Blanchère, Collections du musée Alaom, 1" sérié (1890),
Mosaïque d' Hadrumète, p. 21. - » OU. P - 25. - 23 Firmic Muteru Mathes VIII, 13; Gloss, lut. gr. s. v. — Bibliographie. Godefroy ad üod. Theod. X, 6 et XV, 10- Schlieben (Ad.), Die Pferde des Alterthums, Leipzig, 1867, p. 115 et 128; (Droysen, dans Hermann, Lehrb. d. griech. Ant. Kriegsalt, 1888, p. 29-30, n» 1 ; Friedlænder, Sittengeschichte Roms, 113, p. 301-305 ; Id., dansMarquardt, Handbuch d. rôm. Alterthümer, V12, Die Spiele, p. 523, n. 4.
EQUULEUS ou ECULEUS. 1 Cicer. Pro rege Dejot. I, 3 ; Pro Al tlone, XXI, 57 , Ouintil. Decl. XIX, 12: « Quaestio... qualis vernilibus corporibus adbibetur » ; cf. Ib. XVIII, il. — 2 Cod. Theod. VIII, 1, 4, De numerariis-, IX, 16, 6, De maleficiis.
3 Voy les nombreux exemples réunis par Gallonius, De martyr, cruciatibus ;
Ruiuart", Acta martyr, sincera, et par M. Le Blaut, Les actes des martyrs, Supplém aux Acta sincera, dans les Mém. de VAcai. des Disc-., 1883. “ * aveC signification qu'il est employé parPomponius (ap. Nomum, p. 4, et lOo Mercier , 4 e 188 Ouicherat), dans un passage qui a été amené à tort dans la discussion^- a Voy. les gravures ajoutées à la Bu de la dissertation de Magius, dans le Thésaurus de Sallen°re II p. 1232, représentant ce supplice, tel qu’il était subi a la Mirando e, dans le nord de l’Italie, au xvn- siècle. C'est une de ces gravures qu'a empruntée Kich, Dict. des antiq. au mot equuleus. - 6 II parait n’avoir pas été inconnu des Grecs Voy. Val. Max. III, 3 [tormextum]. - 7 Prudent. Pensteph. X, 114 ; Paulin. Aq. Vit. S. Martini, 2; S. Hiero a.Epist. adlnnoc. 49;daus le récit délai Maxime, III, 3, il ne semble pas qu'il s'agisse encore d un haut gi )c . ' u
mains attachées derrière le dos9 ; etcelafait supposerque les bras relevés passaient par-dessus une barre transversale ( patibulum ) placée au haut du gibet, semblable à celle sur laquelle étaient fixées les mains des condamnés que l’on crucifiait [crux]. Les bras et les jambes étaient serrés par des cordes {fîmes, fidiculae) 10 tendues au moyen de roues et de manivelles11, qui tiraient les membres en sens opposés jusqu’à les disloquer et à faire craquer les os12. E. Saglio.
EQUUS. — On compte généralement1 aujourd’hui huit races chevalines qui ont été domestiquées dans leurs aires géographiques naturelles: deux dans l’Asie centrale et six dans l’Europe occidentale. Les six races européennes ont été désignées, d’après leur patrie, sous les noms de germanique, frisonne, belge, britannique, irlandaise et séquanaise. Les hommes de l’âge de la pierre taillée ou de la période paléolithique chassèrent le cheval, et firent de sa chair une des parties principales de leur alimentation 2. Les hommes peut-être dès l’âge de la pierre polie, ou période néolithique, domestiquèrent le cheval 3 ; cette domestication semble avoir été faite surtout par d’antiques émigrants, qui introduisirent en Occident l’agriculture, l’usage des dolmens et des armes en pierre polie. Ces émigrants étaient probablement aryens ; ils précédèrent en Occident les Aryens aux armes de bronze; ils connaissaient déjà ce métal, mais l’usage qu’ils eu faisaient était très restreint. Il est probable que c’est aussi à l’époque néolithique que le cheval a dû être utilisé comme moteur. Sans doute on n’a trouvé j usqu’ici que des mors en bronze \ et ces mors appartiennent à la période suivante, à l’âge dit du bronze; mais rien ne prouve que, primitivement, on ne s’est pas servi de mors en bois ; il y a eu, même à 1 époque historique, des peuples qui ont conduit leurs chevaux avec de simples cordes ou des baguettes b. Des six races européennes, deux seulement ont dépassé les limites de leur patrie respective : la race germanique qui s’est solidement établie en Normandie et dans la Lombardie, et dont bon nombre de représentants se maintiennent dans le midi de la France, dans la péninsule hispanique et dans les États barbaresques ; la race belge, qui compte une notable quantité de représentants en Italie.
Les deux races asiatiques se distinguent au contraire par une grande facilité à émigrer et une aptitude parti-
voy. les textes réunis par M. Le Blant, O. c. p. 102. - 9 Euscb. Hist. eccl. VIII, 10; Prud. Perist. V, 109 et X, 491; S. tlierou. I. I. — Quintil. I. I. ; Scnec. De ira, 111, 3; Val. Max. I. c.; Ruiiiart, Acta, 517; Adon. xmJanuar; S. Hierou. /. i — 11 Trocleis , Ruinart, l. I ; inty.yàwi;, Euseb. I. I . — 12 Trud. /. I. V, 100 , Senec. Ep. 67; Quint. /. I. ; SU. Ital. 1,177; Paulin. Aq. V, 263 ; Le Blant, 1. I. — Bibliographie. Gatloni, De martyrum cruciatibus, c. m, Rome 1591 et lo94, Paris 1659- Oct. Ferrari, Electa, 1, 5 ; Magius, De equuleo, llanovr. 1608 et Amsterd. 1664, ’et dans le Thésaurus de Sallengre, t. Il, p. 1200; Pitiscus, I.exic. antiquit. roman, s. o. equuleus; Ward, dans les Philosoph. Transactions, XXXVI, Londres (1729-1730), p. 231 et s.
EQUUS. 1 Sanson, Traité de zootechnie ou économie du bétail, 2" 6cl. caris,
1874-1878 • G. -A. Piètrement, Les cheoaux dans les temps préhistoriques et historiques, Paris, 1883 ; Ad. Schlieben, Die Pferde des Alterthums , Neuwied et Leipzig, 1867; voy. la bibliographie de l’article équités. — 2 Dupont, l’Homme pendant les âges de la pierre, <D éd. P. 224. - 3 Toussaint et Ducrost, Du cheval dans la station préhist. de Solutrc ( Associai . franc, pour l’avancement des sciences, 1873.) — * La plupart de cos mors ont été trouvés dans les cites lacustres de la Suisse et dans de très aucienuos sépultures en Italie, en Frauce, e“ Allemagne et en Russie; cf. Piètrement, p. 574. - 6 Les Hindous (Strah. XV, ) et Iles Numides (Strah. XVII, m; cf. Schlieben, p. 143 ; Ch. Tissot, La provin romaine d’Afrique, L p. 357-359); d’après Piètrement, p. 193, ce sont 1*6 qui ont appris aux Hindous l'usage du mors, le mot hhalma ne se trouverai q dans les textes sanscrits postérieurs à la conquête d’Alexandre et ne serait qu un traduction du mot grec y«7.ivi;, qui lui-même dériverait du mot *»«.»».
culière à s’acclimater dans presque tous les pays. Les représentants de ces deux races occupent une aire géographique immense qui s’étend de la mer du Japon jusqu’à l’océan Atlantique ; et ils ont même été transportés en Amérique et en Australie depuis la découverte de ces deux continents. On peut dire qu’ils occupent à eux seuls toute l’Asie, la Grèce, la vallée du Danube, la Russie, la presqu’île armoricaine, toute la partie de la France située au sud de la Loire, la péninsule hispanique et tout le nord de l'Afrique. Ils ont donc envahi toute la partie civilisée de l’ancien continent, sauf les aires géographiques relativement restreintes des races chevalines propres à l’Europe occidentale. Dans toute l’étendue de leur aire géographique actuelle, les deux races chevalines asiatiques vivent côte à côte, dans une complète promiscuité. Elles forment, dans les diverses localités, une population composée de métis tenant plus ou moins de l’une ou de l’autre, et d’un nombre plus ou moins grand de sujets purs.
Ces deux races sont constituées par le cheval aryen et le cheval mongolique 6. Le premier a le front large et plat, suivi sans aucune inflexion par un chanfrein droit, ce qui donne un profil rectiligne à sa tête, sauf que les apophyses orbitaires ou arcades sourcilières, qui sont très saillantes, dépassent de beaucoup le plan du front ; aussi l’orbite est-il grand et l’œil très expressif. En raison de la longueur du crâne, les oreilles sont très éloignées à la base ; elles sont courtes, fines et droites. La poitrine est large à côtes arrondies ; la croupe est aussi large et arrondie, se rapprochant de l’horizontale, et la queue est portée loin du corps.
Le cheval mongolique a le front bombé en segment de sphère et la partie inférieure du chanfrein légèrement convexe, ce qui lui donne une tête sensiblement busquée ou moutonnée. Ses arcades sourcilières sont peu saillantes. Les oreilles sont moins écartées à la base et plus longues que celle du cheval aryen ; son corps est moins ample, sa poitrine moins large, ses côtes moins incurvées; sa croupe, plus étroite, est tranchante et rappelle celle du mulet ; sa queue est portée près du corps, et ses cuisses sont toujours un peu grêles. Enfin le cheval mongolique est moins près de terre, c’est-à-dire qu il a les membres plus longs, et il atteint, dans les mêmes conditions, une taille plus élevée que le cheval aryen.
Le cheval aryen a été introduit le premier en Europe ; il y aurait été amené par les hommes des dolmens, si 1 on admet du moins que ces hommes des dolmens sont de race aryenne et que la race aryenne vient réellement de l’Asie. Le nom qui désigne le cheval est le même dans les diverses familles de la race indo-européenne7; cela semble indiquer que le cheval avait déjà été domestiqué par cette race, avant qu’elle se fût séparée dans les diverses familles qui nous sont connues. Les hommes des dolmens ont été, vraisemblablement, à de nombreuses reprises, les précurseurs des peuples aryens importateurs du bronze, auxquels ils ont ouvert les chemins de l’Occident. Tous ces immigrants emmenaient avec eux leurs chevaux; et ainsi, à chaque migration aryenne, le
8 M. Sanson appelle le premier de ces doux chevaux asiatique et le second africain. — 7 Sur le nom du cheval dans les diverses langues indo-européennes, cl. Jac. Grimm, Geschichte der deulschen Sprar.he , 4" éd. (1880), p. 21 ; Bopp, Grammaire comparée des langues indo-europ. trad. M. Bréal, t. I, p. 57. — 8 ha question est longuement traitée par Schlieben.p. 45, et Piètrement, p. 241-317. — 911 n'est question que de la
contingent des chevaux aryens se trouvait renforcé.
Deux voies s’ouvraient aux immigrants pour arriver dans l’Europe centrale; la voie de terre, en suivant la vallée du Danube, la voie de mer, en suivant les côtes.
Le premier pays qu’ils rencontraient, en traversant la mer, était la Grèce. Ils pouvaient y arriver, soit par le nord, où ils n’avaient qu’à franchir un détroit, soit par l’est, où les Cyclades leur rendaient la traversée facile. Par laquelle de ces deux voies le cheval a-t-il été introduit en Grèce ? On a cru qu’on pouvait conclure de certains mythes, par exemple les mythes de Pégase, de Bellérophon, de Persée, d’Erichthonios, de Poséidon et de sa lutte avec Athéna, que le cheval était venu en Grèce par mer, et on a indiqué tour à tour comme lieu de provenance la Libye, l’Égypte, la Phénicie, Cypre, l'Asie Mineure8; mais, d’autre part, le mythe des Centaures3, localisé en Thessalie, semble plutôt indiquer qu’il est venu par le nord, et les renseignements qu’on pourrait tirer de ce mythe se trouvent confirmés par ce que nous savons de l'histoire et des mœurs des Thessaliens et des Scythes. Si l’on prend d’ailleurs celui de ces mythes qui semble au premier abord le plus clair, le mythe de Poséidon, on voitqu’aujourd’hui, pour les mythographes les plus compétents, le cheval, dans la religion de Poséidon, paraît être simplement « l’image des vagues bondissantes de la mer et des sources qui jaillissent du sol 10 » . D’autres mythes, celui de Pégase, s’expliquent naturellement par la comparaison du navire avec le cheval, sans qu il soit nécessaire d’y ajouter 1 idée d une migration. Le surnom d’ïxrctoç, nous le verrons, n’est point particulier à Poséidon ; il appartient aussi à un grand nombre de divinités. On ne peut donc tirer de toutes ces légendes aucune conclusion, qui soit même simplement probable, pour la question qui nous occupe. Un fait seul semble devoir être accepté, au moins pour le moment, c’est que le cheval a été réellement importé en Grèce11. Pour la plupart des anciens, des mythes comme celui de la dispute entre Poséidon et Athéna indiquaient que le cheval était né du sol sur quelque point de la Grèce. Cependant Pline avait déjà observé que les Grecs n’ont point parlé des chevaux sauvages, et il avait très justement expliqué ce silence en disant que cette contrée ne produit pas de tels chevaux u. La Grèce, en effet, est un des pays de l’Europe où l’on n’a pas constaté l'existence d’une race indigène de chevaux ; jusqu’ici on n’a trouvé aucun débris de cheval fossile en Grèce13. On est donc aujourd’hui autorisé à supposer que le cheval a été importé dans ce pays par des immigrants, sans qu’on puisse rien affirmer sur la route que ces immigrants ont suivie ; et même encore, sur cette question de l’importation du cheval en Grèce, convient-il d’être très réservé ; car, si l’on n’a pas jusqu'à présent trouvé dans ce pays de débris de cheval fossile, rien ne prouve qu’on n’en trouvera pas.
Les deux grands peuples, qui se sont disputé si longtemps l’empire de l’Asie, les Assyriens et les Égyptiens, ont dû être les maîtres des Grecs dans l’art de se servir du cheval pour la guerre. Les Assyriens, dès une haute antiquité, sont en possession du cheval; non seulement
localisation île ce mythe eu Thessalie; quant à sa signification, on sait que les Centaures sont considérés aujourd’hui comme des personnifications des vents et des tempêtes; cl. Decharme, Myth. gr.SOl. — 10Prcller-Plew, Griech. Mythol. 1, 178 et 482; 1’. Decharme, Op. laud. p. 327. — 11 D'après Piètrement, p. 315, il aurait été importé eu tirècc par les Pélasges. — '2 Hist. liai. XXVII, 45. — 13 Piètrement, p. 1 15 et 315.
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ils l'emploient à traîner le char de guerre, mais ils savent déjà le monter1’’. Quant aux Égyptiens, on a dit qu'ils n’avaient connu le cheval qu’à l’époque de l’invasion des Hyksos15 ; en effet, on n'a pas encore trouvé de reproduction du cheval sur les monuments de l’ancien empire et tout ce que les monuments nous apprennent sur l’armée égyptienne à cette époque n’a trait qu’à l’infanterie.
A l’époque homérique, le cheval est depuis longtemps domestiqué en Asie Mineure et en Grèce 10. C est un animal noble entre tous, le compagnon et l’ami de l’homme dans les travaux de la guerre, et c’est pour ces travaux seuls qu’il est réservé ; il s’intéresse à ce qui touche son maître, il pleure sur ses infortunes17. Les princes troyens sont renommés pour la beauté de leurs chevaux. Erichthonios, fils de Dardanos, possédait sur les pentes de l’Ida trois mille juments : quelques-unes, disait-on, avaient été fécondées par le vent Borée et elles avaient entanté une race d’une légèreté surnaturelle18. Tros avait reçu de Zeus un attelage de coursiers immortels19. Les pâturages où Priam nourrissait ses chevaux s’étendaient sur le rivage del’Hellespont, vers Abydos20. Plusieurs des chevaux qui appartiennent aux héros grecs ont aussi une origine divine ; les chevaux d’Achille, Xanthos et Balios, sont nés d’une Harpye et de Zéphire 21 ; le cheval Arion est né de Neptune22, d’autres chevaux sont nés de Borée23. Les dieux ont des chevaux comme les hommes; on connaît le magnifique quadrige du Soleil; Zeus, Poséidon, Arès, Athéna ont aussi des chars et des chevaux.
Comme les Assyriens, les Grecs de 1 époque homérique n’emploient le cheval qu’à la guerre ou à la chasse ; mais les Assyriens paraissent avoir monté le cheval plus volontiers que les Grecs. On ne trouve dans les deux poèmes d’Homère que trois passages24 dans lesquels il soit question de Vliatoi; xéXtiç ou cheval monté, et dans ces trois passages on peut voir qu en réalité le cheval n’est monté que dans des circonstances tout à lait exceptionnelles. Partout ailleurs, dans Homère, le cheval n’est employé qu’à traîner le char de guerre des héros.
Pour l’Italie, il faut d’abord observer que, contrairement à ce qui est arrivé en Grèce, on a trouvé des débris de chevaux fossiles à l’époque quaternaire ; dans ce pays comme en France, en Allemagne, en Russie, il y a donc eu une race de chevaux antérieure à l’introduction des deux races aryenne et mongolique25. Les légendes italiennes, bien moins riches que les légendes grecques, ne mentionnent que rarement le cheval. D’après Elien 20, les Centaures auraient existé aussi en Italie, où aurait vécu un certain Marès qui était moitié homme moitié cheval ; Ovide dit que Picus, fils de Saturne ou de Faunus, se servait déjà de chevaux pour la guerre et pour la chasse27.
HSchlieben, p. 31; Piètrement, p. 300 ; G. Rawlinson, The. fine gréai monarchies t II, p. 231-303 ; Laynrd, Monum. of Niniveh , t. II, pl. 20, 43, 46, “ 54 67- voy aussi des chars attelés, t. I, pl. 12, 13, 27, 28; cl. Place, Niniv'eet V Assyrie, pl. 7, 52, 53 ; voy. coaacs, flg 2199. - « Sur cette question très controversée, cf. Prisse d'Aveunes, Des chevaux chez les anciens Egyptiens, publié dans l'introduction que Perron a mise à sa traduction de Le Ndcen, ou La Perfection des deux arts, traité d'hippiatrie, par Abou-Bekrihn-Bedr, Paris, 1852-1860- F. I.enormant, Premières civilisations, p. 299-305 ; Chabas, Etudes sur l’antiquité historique, 2» éd„ 1873, p. 421 ; Lefébure {Sur l’ancienneté du cheval en Égypte, dans l 'Annuaire de la Fac. des lettres de Lyon, 2« année, n. |-11) pense au contraire que les Égyptiens ont pu connaître le cheval dès 1 ancien empire — ls Cf. Helbig, Bas homerische Epos , 2" éd., p. 12a; E. Buchholz, Die homerischn Realien, I, 2« Abth. p. 188 et s., Leipzig, 1873. - » II. XVII, 426. 18 n xx 2‘>1 et s 19 II. V, 265. Anchise croise ses juments avec les chevaux de 1 comédon ~ II. V,’ 268 et s. - 20 II. IV, 500. Voy. sur les chevaux élevés dans la Haute-Asie Ilehn, Culturpflanzen und Bausthiere, *• éd Berb 1874 p. 34; sur ceux du Phase, Aristoph. Nub. 109 et Schol. ad h. I. - 21 II. XVI, 150. - II.
Denys d’Halicarnasse attribue à l’Arcadien Ëvandre la fondation, sur le Palatin, d’un temple à Neptunus equeslris et l’institution delafète des Conswa/ia [consus], à laquelle on faisait participer primitivement les chevaux et les mules que l’on couvrait de couronnes; plus tard, la fête fut célébrée par des courses équestres au Circus Maximus28. Virgile suit sur ce point les traditions grecques : Ërechthée est le premier qui ait attelé les chevaux à un char, les Lapithes ont inventé le frein29, Neptune a fait sortir le cheval en frappant le sol de son trident30; les héros de VÉnéide combattent sur des chars comme ceux de Y Iliade ; mais Virgile les fait aussi monter le cheval31. Avec les trois cents celeres, commence véritablement la cavalerie romaine [celeres, équités].
Nous avons indiqué la division des races chevalines qui est aujourd’hui acceptée par la science; les anciens avaient, eux aussi, distingué diverses races, mais sans chercher à les classer. Voici les principales de ces races.
1. Chevaux niséens et perses. Les premiers étaient ainsi nommés de la plaine niséenne, NtWov, dont l’emplacement est contesté 32 : tous les chevaux élevés dans cette plaine appartenaient au grand roi. A l’époque d’Alexandre 33 , il y en avait cinquante mille : auparavant il y en avait eu cent cinquante mille; encore du temps d’Oppien 34, au n” siècle après Jésus-Christ, etdu tempsd’AmmienMarcellin35, au ive siècle, les chevaux de cette plaine avaient conservé leur ancienne réputation de force, de grandeur et de beauté. Dans l’armée de Xerxès, le char de Zeus était précédé de dix chevaux niséens très richement équipés, et celui du roi était attelé de chevaux de même race30; Masistios, le chef de la cavalerie de l’armée de Mardonius, montait un cheval qui était aussi très richement orné 37.
Sous le nom de chevaux perses 38 sont compris les
chevaux cappadociens39, arméniens40, phrygiens41, perses
dans le sens propre du mot42, arabes43, phéniciens44 et autres. Les plus renommés étaient les chevaux cappadociens qui étaient estimés surtout pour le trait. Les Romains les dressèrent pour le cirque45, et, à cause de leurs nombreuses victoires, ils étaient tous marqués d une palme, d’où le nom sous lequel ils sont souvent désignés, Palmatii 40. Les chevaux arméniens étaient aussi très renommés. Les chevaux perses luttèrent en Grèce contre les chevaux thessaliens, estimés les meilleurs de ce pays, et furent vainqueurs47 ; c’est avec eux que les Parthes formèrent leur cavalerie.
2. Chevaux scythes. Ils étaient distincts des chevaux grecs et macédoniens, puisque Philippe fit amener en Macédoine vingt mille juments de choix pour y taire élever cette race 48 : ces chevaux étaient petits et laids,
XX11I 346. - 23 11. XX, 223. - 24 II. X, 513; XV, 679; Od. V, 371.- 23 Piètrement,’ 114, 574. — 26 Bist. Var. IX, 16. — 27 Metam. XIV, 320 et 363. — 2» Ant. rom.’l, 31 et 33; II, 31. — 29 Georg. III, 113; cf. Lucan. Pharsal. VI, 399.
— 30 Georg. 1, 10. — 31 Cf. entre autres, Aen. IV, 125 et tout l'épisode; VII, 624, 804, etc. — 32 Herod. VII, 40 ; Arriun. Anab. VII, 13 ; Strab. p. 525 ; Diod. XV II, 110; Schol. Lucian. Adv. indoct. 5; voir la note de Stoin au passage d'Hérodote ; cf. Q. Curt. III, 3; Aelian. Bist. an. III, 2. - 33 Arrian. t. c. — 34 Cyneg. 311- 315 3b XXIII, 6, 30; Veget. VI, 5. V. aussi Eust. ad Dionys. Perieg. V, 103 r.
- 36 Herod. VII, 40. — 37 llerod. IX, 20. - 33 Strab. XI, 13, 7, p. 525, c; Veget. VI, 56; Apsyrtus, Bipp. 1, 113. Voy. Flandin et Coste, La Perse anc. et moderne, t I, pl. 8 12, 23; t. II, pl. 193 et s., 106,109 ; voy. aussi les monumeuts assyriens cites plus haut, note 14.-39 Solin. 45, 5 ; Oppian. 1, 170, 19 ; Comm. ad Gratii Cyneg. 505. et Nernes. 241 et s. —40 Xen. Anab. IV, 5, 34; Strab. I. c. ; Friedliinder, Sitteng. Roms, II, p. 304; Id. Denomin. equor. cire. Kiinigsb. 1875. — 41 Claudian. Lan ■ ser. req. 192. —42 Veget. Mulom. VI, 6.-43 Amm. Marcel. XIV, 4, 3; Zosim.IV, o- 44 Virg. Aeneid. V, 57t. — 46 Veget. Alulom. VI, 6 ; lui. Capitol. Vit. Gord. a. 40 Nemes. Cyneg. 241. — 47 Herod. VII, 190. — 48 Justin. IX, 2.
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mais très rapides et très robustes'*9; ils étaient habitués à camper en plein air, hiver et été 60. On voit des chevaux scythes parfaitement observés, figurés sur un vase d’argent de travail grec, trouvé en Crimée, actuellement au Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg (voy. plus loin fig. 2760) 61 .
3 Chevaux grecs. Les meilleurs étaient ceux de la Thessalie, en y adjoignant la Thrace, l’Épire et l’Acarnànie62, et ceux du Péloponnèse. Les chevaux thraces sont toujours décrits par les poètes grecs et latins comme étant de couleur blanche ou tachetée 63 . Les beaux chevaux blancs de Rhésus étaient de Thrace 54 ; Xénophon parle avec éloge des chevaux des Odryses55. Les chevaux d’Achille peuvent être regardés comme des chevaux thessaliens56 ; le Bucéphale d’Alexandre sortait du haras du Thessalien Philonicos57; on estimait aussi les chevaux thessaliens pour le trait". Un proverbe grec disait que les plus belles femmes étaient à Lacédémone, les plus beaux chevaux en Thessalie 59. Phidias, dans la cavalcade de la cella du Parthénon (voy. équités, fig. 2719), aurait pris pour modèles les chevaux thessaliens ; on peut comparer ces chevaux montés parles cavaliers Athéniens à ceux qu’on voit figurés sur les monnaies de Larissa (fig. 2752, 2753) et d’autres villes de
Fig. 275Î. Fig. 2753. Fig. 2754. - Monnaie
Monnaies de Larissa. de Philippe de Macédoine.
rois de Macédoine (fig. 27 5 4) 80. On estimait aussi beaucoup les chevaux du Péloponnèse : Homère loue les chevaux d’Argos et d’Ëlis01; Strabon, ceux de l’Arcadie, de l’Argolide et de l’Épidaurie62; ceux d’Élis sont aussi loués par Platon63, Virgile 6\ Horace 6% Oppien 68 ; Gratis dit que les meilleurs chevaux pour l’hippodrome sont ceux de Thessalie et de Mycènes 6\ et le cheval que Seius vendit à Dolabella était dArgos68. L élevage des chevaux fut aussi prospère dès un temps très ancien en Béotie69 et dans l’île d’Eubée70, où les propriétaires des terres appelés iViroëiîTai formèrent une oligarchie au vm'siècle avant Jésus-Christ.
4. Chevaux libyens. Ceux de Cyrène et de Barca sont renommés pour leurs victoires olympiques71, ce qui prouve qu’ils pouvaient lutter avec les meilleures races ,
10 Strab. p. 307 c. et 312 c.; Aman. Cyneg. 23; Propert. V, 3, 36. — 5» Oppian. Cyneg. 1, 302; Herod. I, 215-216; IV, 46, 60-62, 71-72, 129. - « Compt. rendu de la Commise. arch. de Saint-Pétersbourg pour 1864, p. 15, et atlas, pl.m. — 52 Hom. 11. 11, 763 et Schol. ad. I. ; XXIII, 375. V. aussi XIV, 227 ; Herod. VII, 196 ; Varro, R. rust. II, 7, 6 ; Strab. VIII, p. 388 ; Virg. Georg. 1, 59 ; III, 121; Xenoph.ffeH. IV ,6,6; Stat. AchiU. I, 420; voy. Saumaise ad Treb. Poil. VU. Claud. II, p. 364, 5, Pans, 1820. — 63 Virg. Aen. V, 565 ; IX, 49. — 51 Hom. 11. X, 436 ; Eur. Rhes. 616 et 303; Xen. Anab. VII, 326. — 66 De eq. VIII, 6; cf. Thuc. II, 98; Diod. XII, 50.
— 66 Hom. II. XVI, 148 ; cf. II, 7 6 5. — 67 Plut. Alex. 6 ; Plin. Hist. nat. VIII, 64 (154). — 68 Theocr. XVIII, 30. — 69 Strab. X, p. 449 ; Athenae. VII, p. 278, D ; Suid.et Phot. s. v. TpEt; J> ME-fajEt;. Au lieu des chevaux Thessaliens, le scholiaste de Théocrite (XIV, 48), en répétant le proverbe, nomme les chevaux de Thrace.
— 60 Voy. plus loin, fig. 2758 et Imhof-Blumer et Keller, Tliier und Pflanzenbilder
auf Mûnzen und Gemmen, Leipz. 1889, pl. 19-23; Barclay-Head, Hist. numorum , p. 254 et s. ; cf. Sehol. ad Lucian. Adv. indoct. 5 ; Cramer, Anecd. Ox on. IV, 257. — 61 II. Il, 287 ; Od. IV, 635 ; XXI, 3 47. — 62 Strab. VIII, 7 ; Makarios, 303. Le cheval de Xénophon était d'Épidaure; Ael. II. car. III, 24. 6:1 Hipp.
Maj. p. 19. — 64 Georg. III, 44 et 121. — 65 Od. I, 7, 9. — 66 Cyneg. I, 300.
— W Cyn. 407-506. - 68 Aul. Gell. III, 9. - 69 Die. I, 13 ; O. Muller, Orchomer.os, p. 77 et 400, Breslau, 1844. — ’O Herod. V, 77; Aristot. Pol. VI (IV), 3.
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on dit qu’Hamilcar72 envoya à Carthage beaucoup de chevaux espagnols afin d’améliorer la race africaine.
5. Chevaux siciliens. Leur rapidité est louée par Virgile73, Appien74 et Gratius75; ils n’étaient pas beaux70, ils se rapprochaient sous ce rapport des chevaux vénètes, les XuxcWSe;77, dont Denys fit amener un assez grand nombre en Sicile pour l’amélioration de la race , les plus beaux chevaux siciliens étaient ceux dAgrigente7 , les plus forts ceux de Syracuse79. L’élève des chevaux était florissante en Sicile80; dans beaucoup de villes8 , il \ avait des jeux équestres ; il y a dans la liste des vainqueuis d’Olympie de nombreux Siciliens82; la richesse de certaines villes siciliennes en chevaux était extraordinaire83.
6. Les chevaux vénètes, les XuxddTiaSe;, chantés par Euripide84, descendaient, d’après le Scholiaste, des chevaux vénètes de Cappadoce et de Paphlagonie ; ils remportèrent souvent des victoires olympiques. Du temps de Strabon, leur renommée avait baissé 8S. En Italie, Varron et Oppien86 signalent l’élève des chevaux en Lucanie, en Apulie, à Rosée, dans l’Étrurie ; Horace87 parle des chevaux saturéiens, près de Tarente ; d après Tite-Live, Hannibal aurait, dans l’Apulie seule, levé quatre mille chevaux 8S.
7. En Espagne, il y avait une race particulière estimée pour sa rapidité et sa finesse, et c est là qu a été inventée l’allure de manège appelée le pas espagnol. Végèce 89 recommande le cheval espagnol, avec celui de Cappadoce et de Sicile, pour les courses de char. Au iv° siècle après Jésus-Christ, ils jouirent d’une très grande vogue 90. Les Lusitaniens avaient aussi une belle race de chevaux : plusieurs auteurs ont écrit qu’en Lusitanie, sur les bords du Tage, le vent féconde les cavales91; cette fable est née de la fécondité des juments, de la multitude des chevaux de la Galice et de la Lusitanie, où leur merveilleuse légèreté a pu faire supposer que le vent leur avait donné naissance.
8. Les chevaux des Gaulois étaient très estimés, surtout les chevaux des Belges, qui étaient considérés comme les meilleurs cavaliers de la Gaule 92. Après la conquête romaine, le cheval belge fut introduit en Italie et c est le type de ce cheval qui dominerait sur les monnaies et sur les monuments romains de l’époque impériale93. Les chevaux germains ne sont remarquables, dit Tacite94, ni par la forme, ni par la vitesse ; c’est aussi le jugement de César95, qui ajoute qu’en exerçant ces chevaux tous les jours les Germains les rendaient infatigables. Il y avait enfin en Bretagne une race de chevaux, semblable à celle des chevaux germains96.
71 Diod. XI, 84 ; cf. Steph. Byz. s. v. Baçzaloi; o/oiç ; Pind. Pyth. IV. — 72 Aelian.
Hist. an. III, 2; XIV, 10; XII, 44. Sur les chevaux d’Afrique, voy. Ch. Tissot, La province 'romaine d'Afrique , I, p. 354-363.- 73 Aen. III, 704. - 74 I, 276-290.
— 75 325-538. — 76 Hist. Att. XVII, 24, 23; Strab. p. 212 et 215; Geopou. 16 Toutefois les chevaux figurés par des artistes grecs sur les monnaies de Sicile ne le cèdent il aucun autre en beauté. — 77 Plat. Phaedr. p. 253 ; Ael. XVI, 24.
— 78 Grat. 527 ; Virg. Aen. III, 704. — 79 Isid. Orig. XIV, 6 , 33. — 80 strab. VI, p. 273; Opp. I, 272; Cic. In Verr. II, 1, 10. — 81 Diod. XVI, 90; XIII, 82.
— 82 Diod! XIV, 109. —«3 Diod. XI, 53; XIII, 84; XVI, 77; Cic. In Verr. II, 2, 20. - 84 Eurip. Hippol. 231 et Schol. ad h. I. ; cf. aussi v. 1131. — 85 Strab. I, p/212 et 215; Plut. Conv. 2. — 86 De re rust. II, 7, 1 et 6, et 10, 11; 0pp. Cyneg. I, 170, 300; Vopisc. V. Firmi. 6; Tit. Liv. I, 35. — 87 S ai . I, 6, 59 ; Stat. Th. VI,
32g, 88 XXIV, 20. — 89 Mum. VI, 6. Voy. aussi Plin. Hist. nat. VIII, 166; Auc.
ad Herenn. p. 50 ; Opp. I, 282 et s. ; Senec. Epist. 87 ; Grat. Cyn. 514 et comment. ; Just. XLIV, 3, 1. — 90 Symmach. Ep. IV, 62, 58, 63; IX, 18, 20, 24; VII, 48; Amm. Marc. XX, 21 ; Tac. Ann. II; 5. —91 Varr. De re rust. II, 1, 19; Justin. LL; Colum. VI, 27,7. — 92 Strab. IV, 4, 2, 3 ; Plin. XI, 109 ; Caes. Bel. Gai. IV, 2; V, 3 : Tit. Liv.’ X, 2S-29 ; XLIV, 26 ; Pol. V, 77 ; Paus. X, 19. — 93 Sanson, Zootechnie. III, p. 93 ; Piètrement, 584. — 9’> De mor. Germ. 6 ; cf. 14, 18, 30, 32, 35 ; Hist. IV, 12. 95 Bel. Gai. IV, 2; cf. I, 48 ; VII, 65. — 96 Ibid. IV, 33 ; V, 19.
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Les anciens nous ont laissé d’assez nombreuses descriptions du cheval et nous pouvons voir ainsi les qualités qu’ils demandaient à un bon et beau cheval. Deux de ces descriptions surtout sont importantes : l’une est de Xénophon, l’autre de Virgile. Xénophon97 avait sous les yeux la description remarquable qu’avait déjà faite du cheval Simon l’hippologue 98 ; Virgile99 avait eu pour devancier Varron100. Tous les auteurs qui ont depuis voulu décrire le cheval n’ont fait que suivre Xénophon et Virgile : c’est Pollux101, Columelle102, Crescentius103, Végèce 104, Oppien 10S, Pline106, Calpurnius 107, l’auteur des Géopomquesi0>, Nemesianus i09, Palladius "°, etc. A ces auteurs on peut encore ajouter Platon et Horace111. De toutes ces descriptions il ressort que lus anciens prisaient surtout le cheval qui présentait les caractères suivants : tête petite et bien droite, de façon que le cou soit bien devant les yeux du cavalier 112 ; front large et oreilles petites 113 ; reins doubles, c’est-à-dire larges, ce qui est plus agréable pour le cavalier qu’une épine saillante ; ventre maigre114; poitrail large, poitrine large aussi et charnue 115. Les plus importants de ces caractères, la finesse de la tète, la largeur du front, auxquels il faut ajouter le profil rectiligne de la tête, nous les retrouvons dans les plus belles des reproductions artistiques que l'antiquité nous a laissées du cheval et notamment dans celles
Fig. 2755. — Tète de cheval du Parthénon. Fronton oriental.
dont Phidias a orné les frontons 116 et la frise de la cclla du Parthénon (fîg. 2755, et voy. équités, fig. 2719).
Nous voyons ainsi que le cheval dont les Grecs se sont le plus servis et qu’ils ont le plus admiré, appartient à cette race aryenne, dont nous avons indiqué plus haut les traits caractéristiques. Sans doute, les anciens, les Romains surtout, ont connu le cheval mongolique; il fut amené en Europe par des Aryens venus d’Asie postérieurement au croisement des deux races aryenne et mongolique, et aussi par les Phéniciens qui se répan-
97 De re eq. I. — 93 Sur Simoa, cf. 1’nrticle equitatio, p. 747. — 99 Georg. III, 72 et s. — IM R. rust. II, 7. — 101 I, 181 et s. ; 11,47 et s. — K» VI, 28. — <03 IX, 10; XI, 54. - 101 Mulom. IV, 6. — 100 Cyneg. I, 176-104. — 100 H. nat. VIII, 42,
63.’ ’i07 VI, 52. — 108 XVI, Cil. 1 et 2. — 100 P. 240 et s. — HO IV, 13 ; cf. Isid.
Orig. XII, 1,45-47. — H! Plat. Phaedr. p. 233, comparaison du cheval de race et du cheval vicieux ; Hor. Sat. I, h. S6 ; cf. encore Ovid. Met. II, 1 19 et 155.
112 Xen. De re eq. I, 8 ; Pollux, I, 188 ; Virg. Georg. III, 80 : ardua cervix argutumqueeaput. — HSXen. 2b. il ; Poil. I, 218. — Ht Xen. Jb.il et 12; Virg. Georg. 111, 87: duplex spina. — HS Xen. 2b. 13 et s.; Virg. Georg. 80-81 ; cf. Cramer, Anecd. Oxon. IV, p. 527. — HO La figure 2756 est faite d'après un moulage ; Duruy, Hist. des Grecs, 1888, II, p. 587. Cf. ltulil, Pferdebildung ant. Plasti/c, p. 23; Michaelis, Parthénon , p. 161, 178. — H7 Ant. Denlemdler d. arch. Inst. I, pl. 42, 43. — 118 Art.
dirent sur toutes les côtes de la Méditerranée. Les chevaux que les Romains semblent avoir préférés étaient grands et gros, et ce sont ceux sans doute que l’I lalie produisait : tels paraissent du moins ceux que l’on rencontre ordinairement sur leurs monuments [voy. équités, 2e partie, Rome], Il y en a cependant, comme les grands médaillons de l’arc de Constantin, exécutés au temps de Trajan117, où l’on voit, employés pour la chasse, des chevaux longs. Ils ont, comme on l’a remarqué118, la tête et l’encolure légère, les oreilles très petites, et les crins coupés courts.
Un point délicat à déterminer est la différence que les anciens établissaient entre l’ÏTnroç TtoXspuarTTjç et 1 nnro;7rou.t u.xdç ou Xap.7tpdç 119. L’t7T7coç 7to(junxdç est bien ce que nous entendons par cheval de parade, mais HW; TroîUiJ.urrvjç ne l’est pas moins. Xénophon 12°, dans la description qu’il fait de ce cheval, se préoccupe surtout des moyens à prendre pour lui donner une bonne prestance; il insiste en particulier sur la façon dont il faut s’y prendre pour l’habituer à relever le cou en ramenant la tête121 ; aussi Photius122 a-t-il pu affirmer que c’est moins un cheval de guerre qu’un cheval de parade. Tout ce qu’on peut dire, c’est que l’nnroç 7to[j.7tixdç était peut-être plus brillant, plus souple, plus propre à exécuter des mouvements difficiles, et que Ponto? TtoXsjjucT-ijç était plus fort, plus solide, et avait surtout l’allure plus martiale.
Pour ce qui concerne la reproduction du cheval, nous voyons que les anciens pensaient qu’on doit tenir compte presque autant de la bonté de la jument que de la bonté de l’étalon 123. Celui-ci ne doit pas être trop vieux, car il produirait un poulain faible de jambes 121 ; on le nourrissait abondamment, il devait être fort et gras ; la jument au contraire, quand elle lui était présentée, devait être maigrie par le jeûne et fatiguée par la course 12\ D’ailleurs, à côté de procédés justes et bons, il en était d’autres qui n’étaient que de pures recettes d’empiriques126.
L’usage de couper le cheval paraît avoir été connu assez tard des Grecs. Hésiode, en indiquant les animaux que l’on peut couper tel jour de la semaine, ne parle pas du cheval 127. Xénophon connaît déjà cette coutume et l’approuve, mais on peut voir, par son propre témoignage, qu’elle n’était pas encore bien répandue128. Aristote n’en dit rien. Cet usage paraît d’origine scythique; les Quades, les Sarmates et presque tous les peuples scythes le pratiquaient afin d’avoir des chevaux plus dociles 129. Végèce recommande cette opération contre la podagra130. Les Romains appelaient le cheval hongre canlerius 13f.
Quand on doit acheter un cheval, deux choses surtout sont importantes à connaître, son âge et son origine. Pour l’âge, les anciens ne paraissent avoir connu qu’un seul moyen, la présence ou l’absence des premières dents ; c’est le seul procédé que nous trouvions indiqué
cheval, du Dict. de P Acad, des B. -Arts. — H9 A. Martin, Cav. Ath. 206. - 1" Xénophou a décrit l’tcxo; uoUjuvrij; dans le ch. x, du De re eq. et l'ïmos «imhcôî Jalli le ch. xi ; cf. encore III, 7; Pollux, 1, 211, d'après Simon. — 121 De re eq. X, 17.
— 122 Lcxicon, nsAipnrtr;; itn;. Cf. Aristoph. Nub. 28 ; le scholiaste n'a pas compris de quoi il s'agissait. — 123 Virg. Georg. III, 49; Coluni. III, 9, 5; Strub. 1. p. 215 c. — 121 Virg. O. I. 93-100; Ovid. Trist. IV, 8, 19; Ael. Hist. var. XV, 25.
— 126 Virg. I. I. 123-137; Colum. VI, 27. — 126 Emploi de la musique, Plut. Qu. conv. VII, 56; Eurip. Aie. 593 ; Ael. H. an. XII, 44; cf. Colum. VI, 27, rtc. Voir Schlieben, Op. I. p. 113. — 127 Op. et d. 7S3-791. — 128 Cyrop. VII, 5, 02; Hipparch. I, 4 ; De reeq. I, 15. — 120 Strab. VIII, 4, p. 312 c; Varr. R. rust. II, 7; Amm. Marc. XVII, 23. — «0 Mulom. H, 53; cf. Pallad. IV, 13. — 131 Varr. H. rust. Il, 7, 15; cf. P. Diac. p. 36 Lind.
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quelquefois justement, d’autres fois, au contraire, à faux132. Ce procédé est manifestement insuffisant, on le sait, car il ne fait connaître l’âge du cheval que jusqu’à sept ans. Quanta la question de provenance, nous savons qu’au moins à partir du Ier siècle on tenait l’arbre généalogique des chevaux de race ; on indiquait les pères, les aïeux, etc. 133 Homère se contentait, nous l’avons vu, de faire remonter aux dieux, surtout à Poséidon, à Borée, à Zéphyre, aux Harpyes, l’origine des chevaux des héros.
On se préoccupait surtout, en achetant un cheval, de la bonté de la corne et de la solidité de ses jambes. D’après Horace 134 les riches acheteurs se faisaient montrer le cheval couvert afin de n’être pas séduits parla vue de sa croupe arrondie, de sa tête effilée et de ne s’occuper que de ses jambes et de sa corne. On savait d’ailleurs que le poulain qui, en naissant, a les jambes longues, sera un jour très grand 138.
La coutume de donner des noms aux chevaux est très ancienne ; on la trouve déjà dans Homère. Ces noms sont intéressants pour nous, car ils indiquent presque toujours une des qualités, un des caractères du cheval. Grâce à ces noms nous pouvons attester l’existence des quatre sortes de robes, blanche, noire, rouge et jaune, et cette constatation suffit pour indiquer qu’il y avait chez les chevaux des temps héroïques de la Grèce et de l’Asie Mineure une aussi grande variété de robes que chez nos chevaux actuels136. Les trois chevaux d’Achille 137 s’appellent Sâvô&ç, BjcXioç, Il7]oct(7oç ; les quatre chevaux d Hector138 s’appellent Sàv0o ç, HoBapyo;, AÏ0cov, AâgTt&ç. Si nous laissons de côté les noms qui ont trait à la rapidité du cheval tel que Il7]8<xc7o;, le fougueux, le bondissant, IIc- Sapy&ç, le cheval aux pieds blancs ou aux pieds rapides, nous avons des noms comme 3âv0o; qui peuvent ici désigner à la fois le cheval bai clair ou alezan clair, car il est douteux que les anciens Grecs aient distingué, comme nous, les chevaux de nuance rouge d’après la couleur de leurs crins et de leurs extrémités. Le mot Àï0iov qui signifie ardent désigne très probablement un cheval rouge ; un des chevaux du Soleil s’appelle aussi AÏ0tov 139 ; cette couleur se trouve d’ailleurs indiquée par l’épithète cpotvtÇ, dont le poète désigne un cheval de Diomède140. De même le mot xuavo^airr] désignera un cheval bai141; d’ailleurs l’existence des chevaux noirs serait suffisamment attestée par le nom Mélanippe qui revient souvent dans Y Iliade 142 ; comme le nom de Leucippe143 atteste
l’existence des chevaux blancs, et le nom de Chrysippe ’*4 l’existence des chevaux jaunes, fauves ou isabel. Le nom du cheval d’Alexandre, Bucéphale, pourrait indiquer cette largeur du front qui est un des traits caractéristiques de la race chevaline aryenne145; mais Pline et le Scholiaste d'Aristophane nous apprennent qu’ilyavaitune classe de chevaux ainsi nommés à cause de la marque d'une tête de bœuf, qu'ils portaient imprimée sur la cuisse146. D’autres noms de chevaux, qui se rapportent, en général, soit à leur couleur, soit aux qualités qu’on leur attribuait, se lisent sur des vases peints 147 . La passion que les Romains avaient pour les chevaux et pour les jeux du cirque nous en a conservé, dans un autre temps, un trèsgrand nombre, par des inscriptions placées sur des tombeaux, dans des mosaïques et d’autres monuments de toute espèce, où les chevaux sonteux-mèmes représentés. Nous renvoyons à ce qui a été dit à l’article circus et aux figures de l’article equitium148. Ces noms, chez les Romains, sont extrêmement variés et ne sont pas exclusivement tirés de l’extérieur du cheval ou de ses mérites. Nous rappelons simplement pour mémoire le nom de ce cheval de Caligula,Incitatus, qui fut honoré du consulat149, celui de Borysthène, le cheval d’Hadrien150, ainsi que le nom du cheval de Valentinien, Phosphorus, qui a été chanté par Ausone151.
D’après les passages de Ylliade que nous avons cités plus haut, il semble que les chevaux rouges étaient très estimés au temps d’Homère. Nous voyons cependant dès une époque très ancienne que les chevaux blancs sont considérés comme le symbole du luxe, de la puissance et de la grandeur152. Pour les Romains, deux divinités ont en particulier le privilège d’avoir leur char traîné par des chevaux blancs, c’est Jupiter et le Soleil. Aussi, comme dans le triomphe le général victorieux est identifié avec Jupiter dont il porte le costume, son char est-il souvent traîné par des chevaux blancs153. Chez les Grecs aussi le Soleil avait un attelage blanc134; dix chevaux blancs traînaient le char de Zeus dans l’armée de Xerxès 153 ; d’après Diodore, certaines processions à Agrigente comprenaient un défilé de trois cents chars attelés de deux chevaux blancs 136 ; c’est sur un semblable attelage que Denys alla au-devant de Platon157. Pour la guerre, Homère vante la beauté des chevaux de Rhésus et ces chevaux sont blancs158; il en est de même pour les chevaux que Virgile donne à Turnus159. Cependant cette
EJ 2 Arist. Hist. an. VI, 22, 2 et s. ; Varr. De remet. II, 7 ; Geopon. XVI, 1 ; Cresccutius, IX, H, 45 ; Veget. Mulom. IV, 5 ; Colutn. VI, 29 : Pallad. IV, 13, 9. — 133 Martial. III, 63, 12 ; Stat. Sylo.V,2, 21 ; S. Cyprian. De spect. p. 611, 5; J. Chrysost. Homel. XVII, éd. Ét. V, p. 217. — 13'. Sat. I, n, 83. — 135 Xen. De re eq. I, 16. — 136 Piètrement, p. 264; Schlieben, p. 119. — 137 11. XVI, 149. Noms des chevaux d’Achille et d’autres héros sur la pyxis de Charès; Rev. Arch. N. Ser. VIII, p. 273 ; Arch. Zeitung, 1864, p. 153, pl. 184. — 138 II. VIII, 185. — 139 Ov. Met. II, 153; Hygin. Fab. 183; Sch. ad Eur. Phoen. 3. Agamemnon a une jument qui s’appelle AiOyj, Jl. XX11I, 295. At'Owv est encore le nom d’un cheval de l’Aurore (Scrv. ad Aen. XI, 9ü), d’un cheval de Mars (Quint. Smyrn. VIH, 242), d’un cheval de Pluton (Claud. Rapt. Pros. I, 282). On voit aussi le nom A?QaX-q; au-dessus d un cheval sur une pierre gravée, Winckelmann, Pierres de Stoscli , p. 543; Panofka, Gemmen mit Inschriften, pl. i, n. 41. — 140 II. XXIII, 454; le Sch. : 4>oivtxo5; tb y fû|j.a, 3 \ij xt Trupçô;. tfroïviî; et Koça£ sont les noms de chevaux vainqueurs a Olvmpie, Paus. VI, 10, 2. — 141 Hesiod. Sent. Hcrc. 120. — 142 VIII, 276 ; XV, 547; XVI, 695; XIX, 240. — 143 Hom. In Cer. 418; Piud. Pyth. IV, 117; Paus. VIII, 20, etc. — 144 Paii*. VI, 20, 7; Thuc. I, 9. — 145 Strab. XV, 29. Ce nom se trouve employé comme épithète, cl. Aristoph. Fragm. éd. Koch, 42. — 146 Plin. Hist. nat. VIII, 42 (64); Schol. Arist. Nub. 23; 8 tv. tb outw xxyaçâyjlai, olo; olp-cu xa\ 'A7.s-àv$Çou TOÙ MaxeSdvo;*, cf. Arrian. Exp. Al. V, 19. — 147 SâvOo,-, sur deux hydries, l’une au musée de Munich (O. Jahn, Vasensammlung, n. 130), l’autre, collection Gréau ( Catalog . 1891, n. 60) où d’autres chevaux sont nommés: DLwv et Eaxxâ-, Ko ça; et Ktaviç, ( Monum . de l'Inst. 1855, pl. xx; Annal, p. 67 ; De Witte,
Etudes sur les vases peints , p. 12 et 45) ; 4>àXio; sur deux vases d’Exékias, (Gerhard, Auserles. Vasenbilder, pl. 107; E truste, u. I camp . Vas. pl. xii; Furt- •wângler, Vasensammlung,n. 1720), un autre cheval sur ce dernier vase est appelé Kakiooçà;. Sur un autre vase d’Exékias, KaTasoçàç, Ka'Xixdae et Iluçoxd;*.E,
Wiener Vorlegeblàtter 1888, pl. vi (= de Witte, Cabinet Durand , n. 296). On lit aussi les noms Ka/açoçà; et Eîj|*o; sur une plaque de terre cuite peinte venant d’Athènes, (Furtwangler, l. I. n. 1820); sur une plaque peinte votive de Corinthe üuçfd; et Tay/j$çdno; ( Antike Dentcmâler, 1886, pl. vin, 10; Furtwangler, n. 565); <î>aî9wv et Aâ|Aiïo; ( Elite des mon. céram. pl. exix A.) Sur les noms de chevaux, voy. surtout le commentaire du Corp. inscr., 7379, et Dumont, Céramiq. de la Gr., t. i, p. 232, 234, 236, 250, 251, 252, 253, 255, 278, 336. — 148 Voy. aussi Camerarius, De nominibus equestribus coll. in Gronovii Thesaiir. XI; Friedlander, De nomin. equorum circensium , • Kônigsberg, 1875, et les recueils épigraphiques.
— 149 Suet. Calig. 55. — 150 Dio Cass. XLIX, 10, 14; Epilaph. Phosph. 35. Voir encore d’autres noms de chevaux, Plut. Artax. 9; Paus. VI, 14. — 151 p. 84, XXXIII, de l’éd. R. Peiper. — 152 Luciau. Timo, 20; Philostr. Vit. Apoll. VIII, 6, 1; Herod. III, 90; cf. Curt. III, 7. — 153 Tit. Liv. V, 23; Plut. Camil. 7. De ces passages on peut conclure que l’usage de faire traîner le char du vainqueur par des chevaux blancs dans le triomphe n’existait pas encore à l’époque de Camille. — 154 Propert. III, 7 (XV), 32; Aesch. Pers. 386; Soph. Ajax , 671.
— 155 Heroil. VII, 40. — 156 XI II, 82. — 157 Aelian. Hist. var. IV, 18 ; Plin. Hist. nat., VII, 30, 31. — 158 11. X, 436, 558 ; Eur. Rhésus, 3 0 4, 6 1 7. — 159 Aen. X, 84.
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couleur n’était pas toujours préférée pour tous les usages ; ainsi le même Virgile dit que les étalons blancs sont les plus mauvais 10°.
On aimait en général à atteler à un char des chevaux de môme couleur; c’est ainsi qu’Homère représente le char d’Eumélos i#l, mais Euripide attribue au même héros un attelage de couleur variée’82; les chevaux d'Achille, non plus, n’étaient pas de la même couleur, et nous savons que ce fait se produisait souvent aux courses des grands jeux’63.
Les anciens pratiquaient aussi la coutume de marquer au fer rouge les chevaux. Dans Athènes, on marquait d’un signe particulier les chevaux qui étaient réformés dans l’inspection que passait le Conseil des Cinq-Cents [dokimasia, EQUITES]. D’autres fois les marques (lyxaôfvaTa, 7tüptva ^apclygara) avaient pour objet d’indiquer la provenance des chevaux de race ; on employait deux lettres de l'ancien alphabet grec, le coppa et le sampi ; les chevaux marqués de l’une de ces deux lettres s appelaient xoTntaxtat OU x&Ttiracpopoi, aajxtpdpat ou aaucpdpot 16 On n est pas bien fixé sur la signification qu’avaient ici ces deux signes ; d'après Bottiger, les chevaux xon itaxfat provenaient de Corinthe, les coqicpôpai de Sicyone‘r'J. D autres, marqués d’une tête de bœuf, étaient appelés pouxécpaXot. Nous voyons sur des vases peints des signes analogues tels que celui-ci : X (v°y- E P- -430) 1C\ ou
une croix enfermée dans un cercle 1G7, ou bien une marque qui ressemble au coppa, mais avec une croix au lieu d’un simple trait au-dessus ,C8. Sur un vase où est représenté le combat de Bellérophon contre la Chimère, un serpent est dessiné (fig. 2756) sur la croupe de Pégase160. Sur une monnaie de Pausanias de Macédoine , un cheval est marqué d’un caducée (fig. 2757). On rencontre assez fréquemment une
Chevaux marqués au fer chaud.
palme ou une couronne 170 figurée sur la cuisse des chevaux des jeux publics, quelquefois une feuille cordiforme 1 ‘\ un monogramme i7\ ou le nom entier du cheval ou de son maître ’73. On rencontre les traces du même usage jusqu’à la fin de l’antiquité. Une épitaphe chrétienne est accompagnée de la figure d’un cheval portant imprimé de la même manière (fig. 2758) le monogramme du Christ174.
160 Georg III 82; Au!. Gell. II, 26. Palladius (IV. 13) et Isidore tflrig. XII, 1, 48-55) donnent la liste des couleurs que préféraient les anciens pour la robe du cheVal 161 Hom. II. II, 765. - 162 Iph. Aid., 221. - 163 Les chevaux de Cléosthène d'Épidamne, Paus. VI, 10, 7. - 16V Anacr. frag. 28 de Bcrgk ; Ar.stoph Eauit 607- Nub. 23, 122, 437 et Schol.; frag. 41 et 42; Lucian. Adv. mdoct. o et Schol.' ad h. I. ; Suid. ,. u. «««.via, ; Eckl.el, Doct. nam. IV p. 390 ; BOtUgcr, Vasengemâlde, I, 122 et s.; Raoul-Rochette, Mém. de P Acad, des mscr. XVI, p. 314 et s. C'est sans doute la marque que porte un cheval sur un vase d Exékias au Louvre, Wiener VorlegebUUt. 1888, pl. v, 1. - 165 Kleme Schnften, II, P- 16- 166 D'Hancarville, Vases d’Hamilton. 1, pl. 130 (= Duhots-Mu.sonneuv , Introd. à l'étude des vases, pl. m; Gerhard, Alcad. Abhandl. pl. x,n) - ® M.llingen, Vases grecs , pl. 36. Voy. la même marque sur un vase de la collection cofhiù, au mot cibquluu, p. 1.77, fig. 1483. - 166 Grill, Monum. di C*-e pL m C- Mus Greqor. I, pl. uni.; R. Rochette, O. cil., pl. 31). - Tischbem, v'aicx d'Hamilton, pl. ., 1. - ™ Voy. c.acus, fig. 1520,1536; Boldeth, Osservasioni sopra i cimileri, etc., Rome, 1720, p. 215; Winckelmaun , Pierres gravées de Stosch p 543 ; Panofka, Gemmen mit Inschrift. pl. ■, 41; Rev ml, Mem. de VA cad du Gard, 1871 ; Blaochet, Rev. de mtmism. 1800, p. 480 - V. circüs, at C Robert, Études sur les méd. contorniatcs, Rev. belge de nurnism.
J"*'*, pl. i, 4 ; Btanchet, Kévoil, I. c. - 1» V. c.acus, fig. 1532-.536 ; Gor„ 1 kc.
Nous avons assez peu de renseignements sur le prix des chevaux. Ce prix pouvait être très élevé selon la bonté du cheval ou le caprice de l’acheteur. On dit, par exemple, que Bucéphale, le cheval d’Alexandre, avaitcoûté seize talents175 ; Dolabellapaya cent mille sesterces le cheval de Seius 17°. Mais Fig. 275S. -Cheval marqué dumonogramme
, , , . , , . , du christ.
c étaient la des prix extrêmes. Pheidippide, dans les Nuées d’Aristophane, paie douze mines un bon cheval, un coppalias11 1 ; ce même prix est aussi indiqué par Lysias178 pour un cheval de la campagne. Isée n’indique même que trois mines 17°. Xénophon, après la retraite des Dix-Mille, vendit à Lampsaque 180 son cheval pour trente dariques ou six cents drachmes. A Rome, I’aes equestre, que le cavalier recevait pour acheter deux chevaux, était do dix mille as = mille francs ; cela donnerait cinq cents francs par cheval ; c’était peut-être là le prix moyen.
Le cheval acheté, il s’agit de l’élever et de le nourrir. Primitivement on se contentait de garder le cheval en plein air toute l’année ; c’est ainsi qu’agissaient les Scythes 181 et c’est ainsi qu’on agit encore aujourd’hui dans le sud de la Russie. Les Grecs et les Romains ne laissaient les chevaux en plein air que pendant l’été ; l’hiver ils les enfermaient182. Nous connaissons les écuries des anciens par ce que nous en ont dit Xénophon, Varron, Végèce et autres [equile].
La principale nourriture du cheval était, comme encore aujourd’hui en Orient, l’orge183, déjà nommé par Homère (xpiOvp xpi) 184 ; il mentionne en outre le froment (irupdç) 185, la Çeiâ et l’dÀupa i86, qui paraissent être deux sortes d’épeautre, et plusieurs herbes, le Xioxd; (trèfle de lotus, mélilot), le déXtvov (ache)elle xuirepov (souche t) 181 . La luzerne, medica, fut importée en Grèce par Xerxès188; c était un aliment de choix. Le foin est déjà mentionné par Hésiode180; l'avoine paraît avoir été moins donnée qu’aujourd’hui, il en est peut-être ainsi de la paille, qui n est guère nommée que par Pline100; l’avoine le plus souvent était donnée verte191. Citons enfin la farrago , sorte de mélange d’herbes vertes où l’orge entraitpourune grande part102. Comme boisson, on donnait naturellement de l’eau ; Homère fait donner du vin aux chevaux d’Hector 103, et le mélange de l’eau et du vin est indiqué par Végèce comme un remède pour certaines maladies 1 . H est aussi question dans les auteurs d aliments extraoi-
,aur. diptychar. II, pi. xv., p. 26 et 84; Blanche!, I. I. Sur la croupe d un petit cheval en bronze, Caylus, Rec. d’antiq. V, pl. 83, 3, les trois lettres xfe. - Voy. cacus, fig. 1520 et p. 1198, note 119; la fig. 2752 au mot ïQOItium et Héron do Wnel’osse, Mosaïques découvertes en Afrique, 1887, p. il et s. — m But!. arc i. crist. 1873, p. 132; Garucci, Storia d. arte crist. VI, pl. 487, 23. — n° f’hn. Hist. nat. VIII, 64. Pour le prix des chevaux voir Letronne, Mém. de C Acad, des mscr. t. VII, p. 202; Schliebeu, p. 127; J. Bliimner, dans Hermann, Lehrbuch d. gnech. Privàt-allerth. p. 113, n. 2; Büchsenschütz, Besitz und Erwerb. p. 216 cl s. ; Bœckh, Staalshaus. I, p. 92; Tissot, Prov. rom. d Afrique, I, p. 30 -36.- 176 Gell. III, 9. - 177 Nub. 23. - 178 VIII, 10.- 17» Her. Dicaeog. (V), 43. 180 Anab. VII, 8. — m Virg. Georg. III, 340 et s. ; Justin. H, 2 ; Paus. I, 21, 6. 182 Moro. II. VI, 500 , Aristot. Hist. an. VI, 18 ; Veget. Mulom. II, prol. - 18» Blumner, Op. cil., p. 101, n. 2; Colum. II, 9; Poil. VII, 24; Neraes. 193; Xen. De reeq- IV, 2; Juv. Sat. VIII, 154. -184/1. V.196 ; Od. IV, 41 et 604. - «»// X.568, M , 188; Od. IV, 003 et sqq. - «6 Od. I. I. ; Il V, 156; MH, 660. '
188 Herod. Vil, 40 ; Virg. Georg. I, 21d ; Varr. R. rust. I, i0 , Cal. 41 , ■
nat. XVIII, 16; Dioscorid. II, 161; Colum. II, 11,7.-18» Op. et d. Mb. - » • nat XVIII, 30, 72. - 191 Colum. II, H. - Nemes. 283-295; Varr R. ’ust.l,
3l 5 II, 7, 13; Virg. Georg. III, 205 ; Plin. Hist. nat. XVIII, 16; Col. H, ■
— m II VIII, 189. — 194 Mal. IV, 28; autre mélange, Ib. I, 58; cf. Colum. ,
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dinaires pour les chevaux; on nous dit par exemple que les Odrises, les Péoniens, les Macédoniens, les Celtes, etc., nourrissaient leurs chevaux de poisson103; d'autres fois ces aliments extraordinaires ne sont qu’un fait exceptionnel imposé par la nécessité 0 .
Les habitants de l’Asie avaient alors comme aujourd’hui l’habitude d’attacher les pieds des chevaux en cam¬
pagne107; c’est ce qu’on voit faire également (fig. 2739) aux Scythes sur un vase déjà cité108; les Grecs et les Romains se servaient eux aussi des entraves109; dans Homère, au contraire, les chevaux sont simplement attachés près des vaisseaux, il n’est question d’entraves que dans un passage qui paraît d’époque récente200 Xénophon recommande expressément au palefrenier de mettre toujours la muselière au cheval quand il le conduit au pansage 201 ; la muselière [x-r|[j.ôç, cpc(j.dç, capistrum] permet au cheval de respirer, elle l’empêche de mordre (fig. 27 60)202 ; on dirait, d’après divers témoignages 203, que les chevaux des anciens étaient plus portés à mordre que ceux d’aujourd’hui. Le pansage du cheval est décrit en détail par Xénophon204. « Il faut commencer, dit-il, par la tête et la crinière ; on passe ensuite au reste du corps, en relevant le poil avec tous les instruments de pansage et en abattant la poussière à contre-sens ; le poil des reins seul ne doit être touché avec aucun instrument, mais frotté et lissé avec la main dans le sens naturel ; de cette façon on ne risquera pas de blesser la place où s’assied le cavalier. La tête doit être lavée :
193 Herod. V, IC ; Arrian. Indica, 29, 13; Aelian. Hist. var. XV, 23 ; Allien. p. 345 e. — 1% Caes. Dell. Afric. p. 538; Jul. Capit. Vit. Veri, 6; Plin. Hist. nat. XXV, 8; Ael. Hist. var. XV, 25. — vu Xen. Cyr. III, 3. 26; VIII, 5, 9. — '9« Voy. note 51. — 199 Virg. Aen. IX, 353; Hor. Sat. I, 5, 19.— 2" II. VUI, 544; X, 473; Oi. IV, 40. — 201 De re eq. V, 3 ; Poilus, I, 148 et 202.— 202 Gerhard, Auserles. Vasenb. IV, pl. 272; cF. Jahrbuch des deut. Inst., 1889, pl. il). — 203 Herod. V. 111; Oppian. Cyneg. 1, 228; Xen. An. III, 2, 18. — 204 De re eq. V et VI; Poilus,
I, 199-203. — 205 Voy. un vase de la collection d'Hamilton (Tischbein, I, pl. i). Voy. encore aus mots ampys, fig. 298, 299; cuhrus, fig. 2216; desultor, fig. 2333. Les chevaux attelés aus chars des dieux aussi bien que celui que monte Troile sur le vase François sont ainsi coifTés ; Monum. de VInst. arch. V, pl. 54-58 ; entre autres exemples nous citerons une peinture de Mycènes, Kphemer. arc/iuiol. 1887, pl. xi ; Gerhard, Berlin. Campan. Vasenbilder, pl. xx; Bullet. Napolit. 1816, pl. u; Antich. d’Ercolano.Vl, pl. lxv, etc. —200 Xen. De re eq V, 6, 9; cf. Hora.
II. V, 323, VI, 509; VIII, 503 ; XIII, 819; XVII, 504; Virg. Aen. XI, 496. — 207 Les
comme cette partie est toute osseuse, si on la nettoyait avec du fer ou du bois, on ferait mal au cheval. 11 laut mouiller le toupet : la longueur des crins ne gêne pas la vue et sert à écarter de l’œil les objets qui pourraient 1 offenser ». Il faut noter en particulier la recommandation de supprimer le lavage des jambes et du dessous du ventre , ce lavage peut nuire à la corne et il chagrine le cheval, il est d’ailleurs inutile, car le cheval n’est pas plus tôt sorti de l’écurie qu’il ressemble bien vite à ceux qu on n’a pas nettoyés. Les instruments de pansage étaient l’étrille, l’éponge, la brosse. On voit par les passages cités plus haut que Xénophon veut qu’on laisse croître le toupet et la crinière : les chevaux du Parthénon portent la crinière longue. Dans les monuments, le toupet tantôt retombe sur le front, tantôt est détaché du reste de la crinière et soigneusement noué205 ; ou au contraire, l’un et l’autre sont coupés court (fig. 2760). La crinière, quand on la laissait pousser200, était, à en juger par les monuments, indifféremment rejetée à droite ou à gauche , quelquefois, si elle était bien fournie, on la partageait sur les deux côtés 208. La queue, qu on laissait volontiers longue et flottante 20°, pouvait être ramassée et nouée 21°. On voit aussi par quelques monuments que, en lui laissant toute sa longueur, on coupait quelquefois les crins de la partie supérieure : tel est, par exemple, le cheval figuré plus loin (fig.
2762) d’après un bronze du musée de Naples, dans lequel on a voulu reconnaître l’image d’Alexandre211. L’acte de couper la crinière et la queue était considéré par les Grecs et par les Perses comme un signe de deuil et de tristesse; on a vu plus d’une fois des armées entières pratiquer cette coutume pour montrer leur douleur de la mort d’un chef regretté 212.
Pour ce qui concerne l’équipement du cheval, nous renvoyons aux articles spéciaux [ephippium, frenum, frontale, HABENAE, SELLA, STRAGULUM, etc.].
On peut considérer comme certain que les anciens ne connaissaient pas l’étrier, et que, à l’exception des Gaulois, ils ne pratiquèrent pas le ferrage du cheval213. C’était là une cause de graves difficultés. Dans les soins à donner au cheval, un des plus importants concernait la corne214.
poètes latins indiquent de préférence le côté droit; Virg. Georg. III, 86; Ovid. Metam. II, 674; Propert. V, 4, 38; Stat. Theb. IX, 687; cf. Varr. R. rust. II, 7; Colum. VI, 29. — 208 Hom. II. VI, 509 ; XV, 266; cf. Claudian. Cons. Honor. IV, 549. — 209 Xen. V, 6-9. — 210 Annal, de VDistit. de coi'resp. archéol. 1808, pl. D. — 211 Antich. d'Ereolano, VI, pl. lxh; de même pl. lxv. Voy. encore Micali, Mon. p. servir, a la stor. de popol. ital. Flor. 1852, pl. lxxxvii, 3. — 212 Herod. IX, 24; Eurip. Aie. 429; Plut. Pelop. 34; Ai'ist. 14 ; Alex. 72; Suet. Calig. 5. — 213 pour cette question assez compliquée du ferrage chez les anciens, voy. solea; nous renvoyons provisoirement à P. Nicard, Mém. des antiq. de France , 1866, p. 64 et s.; Bouley, Nouv. dict. de mêd. et de chirurg. vétérinaires , art. Ferrure , et J. Quicherat, La question du ferrage des chevaux en Gaule , dans la Revue des Sociétés savantes , VI, 1873. Voy. un cheval ferré, sur uu monument gallo-romain, au mot carhdca, fig. 1197. — 214 Divers procédés pour durcir la corne dans Veget. Mulom. I, 56; II, 55, 58; 111, 3 ; Cat. De re rust. 72; Plin. H. nat. 31 2, 8 ; Colum. VI, 15; Varr. De re rust. II, 7.
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C'est une des grandes préoccupations de Xénophon que de chercher comment on pourra fortifier les pieds du cheval et durcir la sole ; il a là-dessus des idées personnelles ; il connaît des procédés nouveaux qu’il a éprouvés et dont il atteste les bons effets215. Ces procédés consistaient surtout à habituer le cheval à marcher et à piétiner sur un terrain couvert de pierres rondes assemblées dans un cercle de fer et ne pouvant par conséquent se disjoindre. Ce procédé fut mis en pratique par Paul-Louis Courier quand il était en garnison à Naples; il donna de bons résultats pour un cheval jeune et qui n’avait pas encore été ferré; les résultats furent moins bons pour des chevaux plus âgés216. Xénophon dit qu’il est très important que le cheval ait toujours le pied sec à l’écurie. On devait veiller à ce que le pied fût toujours nettoyé après chaque marche (fig. 2761) et tenu sain pour l’application des remèdes s’il y avait lieu217. La taille de la corne, quand elle se desséchait ou quand se produisait un allongement, était aussi Fi» 9701 pratiquée par les anciens, et l’instrument Monnaie de Tarente. appelé boutoir, qui sert à cette opération, leur était connu [mulomedicus] 218. Tous ces soins étaient délicats et bien souvent on les négligeait, surtout dans les pays où l’équitation n’était pas un exercice national ; aussi arrivait -il souvent qu’en campagne les chevaux étaient vite estropiés ou épuisés219. Cependant on avait essayé de bonne heure de protéger la corne du cheval. 11 semble que le cheval porte parfois une espèce de chaussure [solea] : les Arméniens en mettaient à leurs chevaux pour les empêcher de s’enfoncer dans la neige 22°, comme aujourd’hui les Norvégiens ; les Romains employèrent de bonne heure les soleae qui étaient souvent en métal 221 ; Néron en voulut avoir en argent et Poppée, sa femme, en or 222.
Quand les Romains eurent conquis les .Gaules, ils employèrent en même temps les hipposandales italiennes et le ferrage tel qu’on le pratiquait en Gaule, mais, même dans ce dernier pays, le ferrage ne prit pas d’abord une grande extension.
Le dressage du cheval regardait généralement le palefrenier; Xénophon engage le cavalier âne pas se charger lui-même de ce soin 223. Virgile veut que l’on commence par habituer le jeune poulain au bruit des armes et des chariots 224. Dans certains pays, on exerçait le poulain dès l’âge de trois ans à porter des enfants, mais généra-
lementle véritable dressage ne commençait qu’à quatre 228.
Aristote 226, Pollux221 et Pline 228 fixent le terme de la croissance à cinq ans pour la cavale, à six pour le cheval. Le dressage comprend surtout deux opérations : habituer le cheval à recevoir la bride, l’habituer à recevoir le cavalier. Pour la première de ces opérations, Xénophon recommande de ne pas mettre le frein trop près des molaires, car alors il durcit la bouche et la rend insen-
210 Bipparcli. 1, 6; surtout De re eq., tout le chap. îv. — 216 Courier, O. I. note 2 de la p. 53. — 217 Veget. II, 56 et 58. La fig. 2761 reproduit une monnaie de Tarente, Carelli, Bal. num. CXIV, 317, 18; Barclay-Head, Bist. num. p. 5t.
218 Ch. Robert, Beo. archéol. 1876, p. 17 et s. — 219 Diod. XMl, 94; Thuc. VII,
27; App. Bell. Mithrid. 7b; Veget. 11, 55; IV, 4; Apul. Met. IV, 4. — 220 Xen. Anab. IV, 5,36. — 221 Cutul. XVII, 26; Colum. IV, 12, 3; Veget. Mulom. I, 26, 3; II, 45, 3, 58; III, 18 ; Suet. Vespas. 23. — 222 Suet. Nero , 30; Plin. H. n al. 33, H, 49. — 223 De re eq. V, 1. Voir sur le dressage, Varr. De re rust. II, 7; Colum. VI, 29; Apsyrtus, Geopon. XVI, 1, 11. — 221 Georg. III, 182. 225 \ arr.
/. c.; Apsyrt. XVI, 111. Cf. Virg. Georg. III, 190. - 225 Bist. an. VI, 22, 3. — 227 I, 182. — 228 Bist. nat. VIII, 42, 65. — 229 De re eq. VI, 7-11. — 230 Ibid.
sible, ni trop bas, carie cheval peut alors le prendre aux dents et ne plus obéir ; la façon de présenter le mors, de le mettre dans la bouche, de placer la couverture sur la tête est décrite très en détail229. 11 ne veut pas qu’on mène le cheval par la bride ce qui lui gâte la bouche230 ; pour mener un cheval en main, il ne faut le faire marcher ni derrière soi, ni devant soi, il faut marcher à ses côtés 231 .
Pour la manière de monter, de se tenir sur le cheval et de le faire manœuvrer voy. equitatio.
Chez certains peuples, le dressage était porté plus loin ; on raconte qu’à Sybaris et à Cardia les chevaux étaient dressés à danser au son de la flûte, en s’appuyant sur le train de derrière pendant que les pieds de devant, qui étaient levés, marquaient la mesure 232. Des chevaux de guerre étaient exercés à prendre véritablement part au combat, en frappant ou en mordant les ennemis, par exemple le cheval du Perse Artibios 233, les chevaux de peuples comme les Scythes234 et les Chaldéens 233.
Au manège, on tenait habituellement les rênes avecles deux mains; à la guerre au contraire, à la chasse et en voyage, on ne les tenait plus que de la main gauche 536, la xXnrîç âtp’Tjvtav désigne le mouvement vers la gauche 237. On voit même très souvent, sur les monuments 238, les rênes reposer librement sur le cou du cheval ; c’est là que le cavalier les prenait tantôt de la main droite, tantôt de la main gauche ; le cavalier devait avoir les mains libres pour tirer de l’arc, pour tenir le bouclier de la main gauche, la lance ou le javelot de la main droite ; il était donc nécessaire d’habituer le cheval à prendre facilement la direction qu’on voulait239. Certains peuples même se passaient débridé; ainsi les Numides, les Maurusiens2*'1. Les cavaliers numides étaient célèbres211 dans toute l’antiquité, et cette célébrité ils la devaient aux charges terribles qu’ils dirigeaient contre l’ennemi avec leurs chevaux sans bride; les cavaliers romains ont fait eux aussi des charges semblables, mais rarement et seulement pour se sauver du milieu d’un désastre 242.
Dans tout le dressage, il y a un personnage qui joue un rôle important, c’est le palefrenier ou écuyer, m7roxô[Ao; [equiso], c’est à lui le plus souvent que s’adresse Xénophon; tout homme qui s’occupe d’équitation, dit-il, doit avoir un écuyer qui connaisse son métier213. C’est lui qui doit s’occuper de tout ce qui concerne l’élevage et le dressage du cheval ; il panse le cheval, il le bride et il le présente à son maître; il aide son maître dans l’opération, toujours difficile pour un ancien, de la mise en selle ; il l’enlève à la mode perse, si c’est nécessaire [equitatio]. Quand le cavalier revient de la promenade ou de l’exercice, l’écuyer prend le cheval, il le fait rouler dans la poussière pour essuyer la sueur244, il le panse et il l’emmène à l’écurie. Le citoyen enrôlé dans la cavalerie avait un nntoxô|Ao;,- qui le suivait en campagne, ' portant ses vivres, ses bagages et ses armes. Les écuyers se levaient de bon matin pour panser
VI, 4-7; cf. Pollux X, 55. — 231 Sur la façon de conduire le cheval par la brnio et sur la bride, voir Kœrte, Dokimasie der ait. Reiterer, p. 179, et Gerhard, Auserl Vas. IV, 290, 292 , 29 3. — 232 Athen. XII, 19, p. 520; Frag. Bist. Gr. Charon, 9 éd. Muller. — 233 Herod. V, 111. — 23'. Plin. Bist. nat. VIII, 42, 64. — 235 Haliakuli, I, 8. — 236 Xen. Dere eq. VU, 8-9; Poli. I, 208; Diod. XVIII, 31. — 2:" Tact. 19-
238 Ginzrot, Wagen und Fnhrwerke, pl. 80,. 1-4; 69 , 2. — 239 Poil. I, 21 •
210 Opp. Cyn. IV, 45-55; Nemes. De ven. 250-268; Herodian. VII. 9, 1 ; Frontin. Strat. I, 5, 216 ; Lucan. IV, 677, 631. - SW Tit. Liv. XXXV, 67.-2»2/d. IV, 33 ; VIII, 30. — 243 Xen. De re eq. V, — 24 Œcon. XI, 18; De re eq. • > Aristoph. Nub. 32; Poil. I, 183 et 202; Theoph. Char. 21 ; Veget. praef. 1; . 30-61 ; Boeckh, Slaatsthaus. I, 339; A. Martin, Les Cav. at/i. p. 409.
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les chevaux; ils le faisaient avec grand bruit, ce qui a permis plusieurs fois à l’ennemi d’arriver sur le camp sans être entendu et de le prendre à l’improviste 246. Les écuyers étaient montés comme leur maître, ils marchaient en dehors de la colonne; Xénophon propose de les accepter quelquefois dans la colonne afin de la faire paraître plus forte245. Peut-être est-ce auprès d’Agésilas qu’il avait appris ce stratagème2".
Les chevaux étaient employés à la chasse et à la guerre [équités] et aux travaux de la vie ordinaire. En général cependant c’est surtout pour la chasse et pour la guerre que le cheval est réservé. Pour traîner la charrue, on emploie plutôt les bœufs 248 [voy. les figures de l’art, aratrum] et les mules [t. I, fig. 285] 249 ; pour les voyages, pour les transports on emploie les mules, les bœufs et surtout les ânes260. Il n’est pas rare cependant devoir des chevaux attelés à des chars de voyage 261 . Dans les divers pays où la poste fut instituée on préféra se servir du cheval à cause de sa rapidité [cursus publicus]. Enfin le perfectionnement de la race était assuré par la grande institution des jeux publics et des concours dont le programme était bien mieux entendu pour cet objet que celui de nos courses [eouites]. On sait de quel éclat était entourée une victoire aux grands jeux de la Grèce ; une partie de cet éclat rejaillissait sur les chevaux qui avaient remporté la victoire : à Agrigente, les chevaux vainqueurs à Olympie étaient enterrés avec de grands honneurs262 ; les chevaux du père de Miltiade, Cimon Coalêmos, qui remportèrent trois fois le prix à Olympie, furent enterrés près du monument de la famille Cimon-Miltiade 253. Les auteurs qui rapportent ce fai L racontent la même chose des chevaux du Lacédémonien Évagoras.On a une épitaphe consacrée à un cheval vainqueur dans de nombreux concours264.
Le cheval était quelquefois offert en sacrifice aux dieux. Dans Homère, les Troyens offrent des bœufs et des chevaux au Scamandre et les jettent vivants dans ce fleuve 266 ; il n’y a pas, dans le même poète, d’exemple de ce sacrifice chez les Grecs. Mithridate, en commençant la guerre contre les Romains, fit jeter dans la mer un attelage de chevaux blancs en l’honneur de Poséidon 256. Sextus Pompée en fit autant261; nous savons que les Argiens faisaient de semblables sacrifices en l’honneur de Poséidon 268 et les Rhodiens en l’honneur d’Hélios 269. L'immolation du cheval dans le sacrifice se rencontre moins rarement. Achille immole aux mânes de Patrocle douze hommes et quatre chevaux 250 ; les Spartiates du
2V5 Xcn. Hell. II, 4, 6. — 2V6 Hipparch. V, 6. — 247 Un tel stratagème est attribué à Agésilas par Polyen. II, 1, 17. — 248 Voir le vers caractéristique d’Hésiode, Op. et d. 405; cf. Hermann-Blümner, Griech. Privatalt. p. 112; Biichsenschütz, Besitz und Erwerb. p. 218. — 249 Hom. 11. 10, 351; Varr. De re rust. II, 0; Hermann-Blümaer, op. I. p. 114; Hehn, Culturpflanzen und Hausthiere, p. 114 et 504; Magersledt, Bilder aus der rom. Landwirthschaft , III, p. 168. — 230 Hom. 11. XXIII, 121 ; XXIV, 266, 277-282; Odys. VI, 72. — 251 Odyss. III, 478; cf. Gerhard, Auserles. Vasenb. pl. 217 (= Duruv, ffist. des Grecs , p. 732). Des chevaux sont attelés à des chars funèbres sur des vases très anciens d’Athènes, Mon. de l'Inst. IX, pl. xxxix. — 252 Diodor. XIII, 82. —253 Herod. VI, 103 ; Aelian. De nat. an. XII, 40. — 254 Kaibel, Epigr. qr. ex lap. col. 625 : cf. aussi 329, *332, 626, 627. Dans les fouilles opérées près de Kertch, on a trouvé souvent des tombes de chevaux; C. rendu de la commiss. arch. Saint-Pétersbourg, 1861, p. x; *862, p. xiv ; 1866, p. xvm, etc. ; des restes de chevaux se rencontrent aussi dans d anciennes tombes en Italie, Gozzadini, De quelques mors de chev. Boulog. 1875.
2oo pi XXI, 132. Sur les sacrifices des chevaux aux Fleuves, voy. Stengel dans les Neue Jahrb. fur PAU. 1882, p. 733 et dans le Philologus, 1879, p. 182; cf. Gottir, g. Gelehr. Anzeiq. 1884, p. 159 et Roscher, Berlin, phil. Wochenschrift , tSS.j, p. 165. Sacrifice d’Alexandre sur le bord de l’Indus, Arr. Anab. VI, 19, 5. — 24jG App. Bell. AJithr. 70, p. 480. — 257 Dio. Cass. XLVI1I, 48. — 258 Paus. ^HI, 7, 2, — 259 Festus, s. v. October equus; cf. Decharme, Myth. Gr. p. 241. ~ 260 11. XXIII, 171-175. — 261 paus. III, 20, 4; Schumann, Gr. Alt. II, 232 ;
temps de Pausanias immolaient des chevaux à Poséidon sur le Taygète 251 ; Pélopidas immole une cavale alezane, au lieu d’une jeune fille que demandait l’oracle20" ; les Athéniens sacrifiaient un cheval blanc sur le tombeau du héros Toxaris, IjÉvoç laTpôç, qui les avait secourus pendant la peste 263. Quand l’armée de Xerxès arriva près duStrymon,les mages sacrifièrent, selon l’usage perse26', des chevaux blancs en signe d’heureux présage 255 ; chez les Scythes, chez les Gaulois et chez les Germains, il était d’usage d’immoler des chevaux en temps de guerre, pour obtenir la victoire 266. Les Romains sacrifiaient tous les ans un cheval à Mars261 et à d’autres divinités. Ce lut une croyance très répandue chez les anciens que 1 homme continuait à mener dans le tombeau le genre de vie qu il avait mené sur la terre; de là chez certains peuples l’usage de sacrifier sur la tombe du mort les êtres qu il avait aimés ou dont il avait besoin, afin qu il pût les retrouver dans la vie du tombeau ; le cheval était souvent immolé sur le tombeau de son maître 258.
Le cheval occupe une place très importante dans l’histoire de l’art grec269 ; cela tient sans doute aux qualités plastiques que les artistes de tous les pays ont aimées dans le cheval ; cela tient aussi à ce que le cheval a figuré dans les concours. L’agonistique a été un élément d’une importance capitale dans le développement de 1 art et surtout de la statuaire en Grèce. L’usage se répandit de bonne heure d’honorer les vainqueurs des grands concours par des statues élevées auprès du temple du dieu sous la protection duquel était le concours. On commença naturellement par de simples statues en pied ; mais bientôt les artistes se sentirent assez forts pour tenter de figurer des groupes dans lesquels devaient se trouver des hommes et des animaux; le cheval, par le rôle qu’il avait dans les concours et par la beauté de ses formes, s’imposa aussitôt à l’étude des statuaires.
Les plus anciennes statues équestres que l’on trouve mentionnées sont celles de Castor et Pollux, que Pausanias vit à Argos, œuvres de Dipoenos etScyllis, exécutées vers 580 avant Jésus-Christ210. Dès la fin du vie siècle, les écoles d’Égine, de Sicyone et d’Argos avaient acquis dans ce genre de travaux une renommée qui s’étendait dans tout le monde grec; elles possédaient de vastes ateliers pour les monuments commémoratifs des victoires; on y exécuta des chevaux de course avec une vérité étonnante. L’école argienne atteignit son apogée avec Agéladas211, comme l’école éginétique avec Onatas212 et
Decharme, foc. cit. — 202 Plut. Pelop. 22. — 263 Lucian. Scyth. 2. — 261 Herod. VII, 113. - 265 Xen. Cyr. VIII, 3, 12; Anab. IV, 5, 35; Paus. III, 20, 4; Justin. I, 10, 5; Philostr. Vita Apoll. I, 31; Tacit. Ami. VI, 37. — 266 Herod. I, 216; IV, 71-72; Strab. III, 3, p. 155, c; XI, 8, p. 513, c; Herod. IV, 1 5, 2. Cf. Stangel, l. I. — 261 Propert. V, 1, 20. — 268 Herod. IV, 71. — 269 D’après Schlieben, qui a repris la thèse de l’abbé du Bos, Réflexions critiques sur la poésie et sur la peinture, I, sect. 39, p. 413, les anciens auraient été inférieurs aux modernes dans les reproductions artistiques du cheval (v. p. 82) ; on peut voir ce qu'ont dit au contraire WinckelmaDu, Hist. de l'Art, I, 4, 556, p. 490, de la trad. franç., Paris, 1790 ; Goethe, Kunst und Allerthum, II, 2; Ruhl, Ueber die Au/fassung der iVatur in der Pferdebildung antiker Plastik, Cass. 1846; (E. Guillaume), art. cheval, dans le Dict. de l'Acad. des Beaux-Arts, le colonel Duhousset, Le cheval dans l'art, dans la lias, des Beaux-Arts, XXVIII (1883), p. 407 ; G. Kürte, Dokimasie der attisch. Reiterei-, A. Martin, Les Cav. ath. p. 481. Nous n'insisterons un peu que sur la période qui s'étend jusqu'à Phidias; nous laissons naturellement de côté ce qui concerne les concours.
270 Paus. 11, 22, 5; Clem. Alex. Protrep. IV, 42. Potter. — 271 11 exécute le
monument de Cléosthéne d’Ëpidaure, vainqueur à la course des chars eu 516; Paus. VI, 10, 6; cf. Overbeck, Gesch. der. griech. Plastik, 3' édit. p. 106. — 272 Monument d'Hiéron de Syracuse (Paus. VIII, 42, 8 ; Overbeck, Op. laud. p. 113) et celui des Tarcntins, vainqueurs des Feucètiens, combat équestre, Paus. X, 13, 10.
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Glaukias 273 . Il semble que l'étude et la représentation des animaux ont été une des traditions de l'école attique. Les monuments hippiques étaient très nombreux sur l’Acropole. Sans parler de ces petits piédestaux carrés, sur lesquels sont sculptés des chars traînés par deux chevaux, qui ont été trouvés entre l’Érechthéion et les Propylées, il faut citer le quadrige élevé en l’honneur de la Victoire sur les Hippobotes 274 de Chalcis en 505, le Aoôptoç Vtthoç du sculpteur Strongylion 276, les monuments de Callias, de Diophanès, d’Hégestratos, vainqueurs aux grands jeux 276. Parmi les sculpteurs nous citerons Hégésias ou Hégias, l’auteur des celetizontes pueri ‘7, Calamis sans rival, d’après Pline, dans les figures de chevaux 278 , Démétrius qui avait fait le cheval en airain consacré par Simon l’Hippologe 279, Strongylion l’auteur du Aoûpioç tTtTtoç 28°. On le voit, le représentant le plus illustre de l’époque attique, Phidias restait fidèle à une des traditions de l’art national, lorsqu’au Parthénon, sur les frontons et sur la frise de la cella, il multipliait 1 image du cheval.
A l’époque macédonienne, les statues équestres sont particulièrement en faveur. Alexandre fit faire par Lysippe les statues de ses vingt-cinq hétaires tués à la bataille du Granique; la petite statue en bronze, trouvée à Herculanum 281 et dans laquelle on a voulu voir l’image d’Alexandre lui-même, est probablement une copie d’une
de ces statues (fig. 2762). Un cheval de bronze trouvé à Rome en 1849, actuellement au musée du Capitole, peut encore mieux donner l’idée des ouvrages de cette période. On attribue aussi à Lysippe les chevaux qui sont aujourd’hui à l’église Saint-Marc à Venise, mais ils sont probablement d’un temps un peu postérieur.
273 Monument de Gélon à Olympie, Paus. VI, 9, 4; Inscr. graec. antiquiss. de Roehl, n° 559. — 214 Herod. V, 77 ; Corp. inscr. att. I, 334; Xen. De re eq. I, I ; Plin Hist. nat. 34, 19, 15; Overbeck, Gesch. d. gr. PI. I, 383; Schriftq. p. 160. 273 Aristoph. Ares. 1128; Paus. I, 23, 10; E. Loewy, Inschr. gr. Büdhmer, 50 ■ C ins att. I, 406. - 276 Le Bas, Attique, 590. - 277 Plin. Hist. nat. 34, 78; o”vèrbeck, Gesch. d. gr. PL I, 117 ; Schriftquellen, p. 85 ; Loewy, n° 332. -278 Plin. Hist. nat. XXXIV, 71 ; Overbeck, Gesch. d. gr. PI. I, 217 ; Schnftq. p. 95. - 279 V. p 747 note 27. — 280 Paus. IX, 30, 1; Overbeck, Gesch. d. gr. PL I, 377.
281 Ant. d'Krcol. VI, pi. xu, xlu. - 232 Plut. Public. 13 ; Fest. s. v. Ralumcnac ;
Pour l’époque romaine, nous rappellerons que dès le temps de Tarquin le Superbe, le temple du Capitole fut orné de quadriges en terre cuite et dorée, que le témoignage des auteurs anciens s’accorde à attribuer à l’art étrusque 282, et que ce genre de décoration se perpétua particulièrement pour le couronnement des arcs de triomphe283. Nous citerons encore la statue de Marc-Aurèle qui est sur la place du Capitole à Rome m, les chevaux de la place du Quirinal et les statues des Balbus qui ont été trouvées à Pompéi, actuellement au musée de Naples.
Parmi les peintres, dont on a vanté l’habileté à peindre le cheval, il faut citer en première ligne Polygnote et Micon qui avaient représenté à la Stoa Poikilé le combat entre les Athéniens et les Amazones 283, celles-ci étaient représentées à cheval, les Athéniens à pied 286 ; Pauson se rendit célèbre par le tableau dans lequel il avait peint un cheval qui se roule dans la poussière 281 ; Euphranor de Corinthe peignit, au Céramique d’Athènes, l’engagement de la cavalerie athénienne contre la cavalerie thébaine à la bataille de Mantinée 288.
Les chevaux ont aussi été reproduits avec un art admirable dans les ouvrages de la numismatique et de la
glyptique. Il suffit de rappeler ici les belles monnaies de Syracuse (fig. 2763, 2764), d’Agrigente (fig. 2763), de Géla, de Catane et des autres villes de Sicile, où sont représentés des chars attelés de chevaux vainqueurs dans les grands jeux, celles aussi que des artistes grecs ont gravées pour les Carthaginois dans cette île, les monnaies de Tarente où l’on voit les Dioscures, Taras ou
d autres cavaliers, celles de la p;g 2765, Monnaie d'Agrigente. Thessalie et de la Macédoine où
le cheval, soit en liberté, soit monté, sert si souvent d’emblème à ces pays dont les chevaux étaient renommés (voy. plus haut fig. 2731, 2732, 2733, 2734, 2761), etc. 289. L’art de la gravure en pierres fines s'est développé parallèlement à celui de la gravure en médailles et a produit des œuvres qui ne sont pas moins remarquables. Les cabinets de Paris, Londres, Berlin, Vienne, etc., possèdent des pierres où des chevaux ont été dessinés avec une grande perfection 290
Delïefsen, De arte Rom. ant. I, p. 8. — 283 Vov. aecus et les monnaies réunies dans Bellori et Bartoli, Arcus triumphales, pl. 52. — 28i V. Falconet, Sur la statue d< Marc Aurèle, Amst. 1781; Winckelmnnn, Hist. de l'art, trad. fr. 1790, I, p- 491; et l'art, cheval du Dict. de l’Ac. des Beaux-Arts. — 283 Overbeck, Schriftq. p. 200 ; C. ins. ait. I, 418, 419 ; Loewy, 41 et 42. — 286 Aristoph. Lysistrala, 678. —287 Luc. Demoslh. encom. 24. — 288 paus. 1, 3, 4; Plut. De glor. Ath. 2.— 289 V. les monnaies de ces villes ou pays dans les recueils de numismatique et le choix fait par MM. ImholT-Elumer et Keller, Thier und P flanzenbilder auf Mtuizcnmd Gemment Leipz. 1889* pl. h. — 200 ImhofF-Blumer et Keller, Op. laud. pl. xvl.
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ERANARCHES [eranos].