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aUX Gaulois. En tous cas, le jour où Bologne, qu’ils occupaient et qui, par sa position dans la vallée du Reno, (,tait cornme la clef de l’Apennin, leur fut enlevée, le che in in de la Toscane s’ouvrit aux envahisseurs qui s’y précipitèrent au début du iv° siècle81. Et ce fut peut-être la nécessité où se trouvèrent les Étrusques toscans de l'aire face à cette invasion celtique qui les empêcha de tourner toutes leurs forces au sud contre les Romains et qui amena la chute de Veies.
Tandis que, dans Tltalie septentrionale, les Étrusques reculaient devant les Gaulois, ils avaient à soutenir en Campanie les assauts des Grecs et des Samnites.
Les relations des Grecs et des Étrusques remontaient à une haute antiquité, à l’époque des premières expéditions chalcidiennes en Occident, au temps de la fondation de Eûmes, c’est-à-dire, selon toute probabilité, au vmc siècle83; c’est à ce moment que l’art de l’écriture avait été apporté en Toscane. Mais ces relations, d’abord commerciales et pacifiques, avaient à la longue dégénéré en rivalité. Tandis que se développait sur terre et sur mer la puissance de la nation étrusque, les colonies grecques de l’Italie méridionale se multipliaient et prospéraient. Il vint un jour où le monde étrusque se sentit atteint par les progrès extraordinaires et l’ambition de ces marchands helléniques, qui tenaient en quelque sorte les portes de la Péninsule et prétendaient régner seuls le long des côtes de la merTyrrhénienne. Fort de l’appui des Carthaginois qui, pour sauver leur prépondérance commerciale et maritime en Occident, avaient recherché son alliance aG, il entra en lutte ouverte avec le monde grec. En 536 une bataille navale fut livrée par les Étrusques et les Carthaginois contre les Phocéens dans les eaux de la Corse87. En 524 une grande expédition d’Étrusques et d’Ombriens se jeta sur la ville de Cumes que sauva le futur tyran Aristodémos Malachos88. En 479 une flotte étrusco-carthaginoise fît sur la même ville de Cumes une nouvelle tentative, qui cette fois fut repoussée par Hiéron de Syracuse80. Cet événement parait être le dernier acte de la longue lutte soutenue par les Étrusques contre les Grecs. A partir de ce moment la puissance étrusque recule sans avoir réussi à entamer l’hellénisme.
Quarante ou cinquante ans plus tard, une grande invasion samnite bouleverse la Campanie00. Un partage se fait d’abord entre les Étrusques et les envahisseurs, mais peu à peu l’élément samnite prend le dessus01 ; Capoue, la capitale étrusque, est enlevée en 423 ; et la Campanie presque tout entière échappe à la domination de l’Étrurie92.
Le vu siècle marque la tin de la grandeur des Étrusques. A ce moment un ennemi redoutable entre en scène qui achèvera la ruine commencée par les Gaulois, les Grecs et les Samnites. Étrusques et Romains sont depuis longtemps déjà en lutte presque continuelle. L histoire des rois est remplie d’expéditions contre les Étrusques. Rome obéit pendant quelque temps à des princes d origine
81 Tit. Liv. V, 33. — 83 Martha, Art étr. p. 1 17. Sur la date controversée de la fondation de Cumes, voir Annali. 1876, p. 23t. — 86 Arist. Polit. III, 6. 8, Ile
rod. I, 166, 167. — 88 Diou. Hat. VII, 3. — 80 Diod. XI, SI; Pind. Pyth. I, 72; Corp. inscr. gr. n» 16. — 00 Tit. Liv. IV, 37; Diod. XII, 31; Strabon, V, 4, 3, P- 242. — 01 Tit. Liv. X, 38. — 02 Id. IV, 37 ; VII, 38 ; XXVIII, 28. - »3 Tout ce TuL dans l’histoire romaine, se rapporte à l'Etrurie a été recueilli dans le II volume de Noël des Vergers. — a’» Voir O. Millier, Etr. I, p. 118 et s. —06 Sur la condition de l’Étrurie après la conquête romaine, voir Noël des Vergers, II, p - 267 et s. JG O- Millier, Etrusker, I, p. 67, 68. — 07 Selou Muller ( Etrusker , I, p. 84), le nom de
étrusque et quand ils sont chassés, en 510 avant Jésus Christ, une partie de l’Etrurie se lève avec Forsenna poulies ramener. Mais la plupart de ces gueires ne sont guère que des querelles de voisinage. Le duel entre les deux peuples ne devient critique que vers 1 époque de l’invasion gauloise. Je n’ai pas ici à raconter la guerre de Veies ni toute la série des luttes qui suivirent. On en trouvera le récit dans toutes les histoires romaines”. Dès lors l’Étrurie perd successivement la plupart de ses places fortes, qui deviennent des colonies romaines0’. En vain elle essaye de sauver sou indépendance à la fin du vie siècle en s’alliant aux Gaulois et aux Samnites. Les coalisés succombent à la bataille du lac Aadimon et la défaite des Gaulois à Sentinum (243 av. J.-C.) anéantit les dernières espérances toscanes. A partir de ce moment l’Étrurie, en tant qu’ expression politique, n’existe plus et son histoire se confond avec celle des provinces romaines03.
Institutions politiques des Étrusques. Les Étrusques ont eu de bonne heure une organisation politique, qui explique du reste le développement de leur puissance en Italie. A en croire le peu qui nous reste de leurs légendes nationales, c’est en Toscane que cette organisation a pris naissance, et dans la partie de la Toscane le plus voisine de la mer et du Tibre, sur le territoire de Tarquinii qui semble avoir été une sorte de métropole . On en attribuait la paternité au héros éponyme de cette ville, à Tarchon, frère ou fils de Tyrrhénos07. Un jour qu’il labourait, un génie, le génie Tagès,lui était apparu sortant d’un sillon sous la figure d’un enfant et lui avait révélé les principes de la discipline sacrée et la science des haruspices98. Inspiré par cette sagesse surnaturelle, il avait donné à l’Etrurie sa constitution religieuse et du même coup sa constitution politique, puisque pour les anciens la politique et la religion ne faisaient qu’un.
Pour bien connaître cette constitution politique il faudrait avoir les rituales libri des Étrusques, qui contenaient, entre autres choses, l’ensemble des prescriptions relatives à la distribution des habitants par tribus, curies et centuries, à l’organisation de l’armée, à toutes les choses de la guerre et de la paix00. Ces livres malheureusement n’ont laissé dans la mémoire des anciens que des souvenirs confus et décousus. En rassemblant cependant quelques rares données éparses dans les auteurs, on peut entrevoir sur quels principes était fondée la société étrusque et comment elle se gouvernait.
Cette société était essentiellement aristocratique. Le terme de principes revient à chaque instant dans les textes quand il est question de l’Étrurie100. Ce terme est l’équivalent d’un mot étrusque (radical : lauym ou luym) que les Latins transcrivent par lucumo ou lucmo et les Grecs par Aoxôfjuovou Aouxoéjjuov101. Les lucumons avaient un double caractère, à la fois politique et religieux. C’étaient des prêtres en même temps que des chefs : cela résulte clairement d’un texte de Censorinus disant
Tarchon pourrait bien n’ être qu’un doublet étrusque de Tyrrhénos. — 98 Lvdus, De Ostent. p. 6 (éd. Hase). Cf. Cicer. De divin. II, 23; Strab. "V, 2, p. 182. Sur ces dillerents textes, qui ne sout pas tout à fait d’accord, mais dont le sens général coïncide, voir Noël de Vergers, I, p- 150 et s. — 99 Fest. s. v. rituales : « Rituales nominantur Etruscorum libri in quibus praescriptum est, quo ritu condantur urbes, arae, aedes sacrentur, qua sanctitate mûri, quo jure portae, quo modo tribus, curiae, centuriae distribuautur, exercitus constituantur, ordinentur, ceteraque ejusmodi ad bellum ac paeem pertinentia. » — * *90 Tit. Liv. II, 44, 8 ; VI, 2, 2 ; IX, 36, 5 ; X, 13, 3; 16, 3. — *01 Textes dansMüller, Etrusker , I, p. 337, note 18.