‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 102 sur 155 · ATA · texte numérisé non relu

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quelquefois que des malheureux cherchèrent un refuge près des autels et dans les temples des Dieux 119 ; mais on serait embarrassé pour en citer beaucoup d’exemples. Quand, à la mort de César, le peuple décida que nulle violence ne serait faite à. ceux qui se placeraient sous la protection du temple élevé en l’honneur du dictateur, cette décision sembla tout à fait exceptionnelle; Dion Cassius déclare qu’il faut remonter jusqu’à Romulus pour trouver quelque chose d’analogue 12°.

Il est vrai que les historiens parlent souvent d’un asile qui aurait été établi par Romulus et auquel Dion Cassius fait sans doute allusion dans le passage qui précède.

« Romulus, dit Strabon, fit d’un bois situé entre la citadelle et le Capitole un lieu d’asile, et proclama citoyens romains tous les habitants des pays voisins qui s’y réfugieraient 141. » Mais en l'honneur de quel dieu cette àtwAîa fut-elle établie? Tite-Live ne prononce aucun nom ; Denys d’Halicarnasse déclare qu’il n’a obtenu aucun renseignement satisfaisant qu’il puisse communiquer à ses lecteurs; Plutarque parle d’un 6so? tkiAaTo;, qu’on ne peut prendre au sérieux; le grammairien Servius, d’un Lycoreus tout à fait inconnu 122. L’opinion qui semble prévaloir aujourd’hui est celle qui enseigne que le prétendu asile était le temple de Yeiovis, divinité dont le culte avait un caractère expiatoire et dont le sanctuaire était très-voisin du bois sacré 123. Nous ferons remarquer cependant que, d’après Dion Cassius ,2\ le lieu où se seraient rassemblés les premiers compagnons de Romulus fut si bien clos que personne ne fut admis plus tard à y pénétrer, tandis que le temple de Yeiovis était accessible 125.

Il est possible qu’il y eût à l’origine dans les bois du Capitole des chapelles expiatoires, dans lesquelles les criminels venaient chercher l’absolution de leurs fautes, et que Romulus ait recruté, pour sa nouvelle ville, les malheureux qui étaient dans ces chapelles. Mais la grande majorité des sujets du premier roi de Rome était certainement étrangère au refuge. On ne fonde pas, avec un ramassis de brigands, un État aussi bien ordonné que le fut dès le principe la République romaine.

Il faut donc écarter la légende de l’asile de Romulus. On ne doit pas attacher plus d’importance au passage dans lequel Denys d'Halicarnasse, parlant du temple de Diane sur l’Aventin, l’appelle îepov àWvov 126. Ce temple de Diane était, non pas un asile dans le sens propre du mot, mais un sanctuaire vénéré et respecté. E. Caillemer.

ATABYRIASTAI ( AxaSyptacrrou) . — Société de 1 île de Rhodes, dont l’organisation était celle des thiases [tiiiasos]. Elle tirait son nom de celui de la divinité qu’elle avait choisie comme protectrice, Jupiter Atabyrien, adoré sur le mont Atabyrion, le plus haut sommet de l’île. Le titre des membres de cette confrérie est Ato; ’ATaêupiasTal Lù-ppavopeioi ; ce dernier nom devait rappeler celui du fondateur’. P. Foucart.

119 Cic. Or. II, C. Bull, de leg. Agr. XIV, § 36. — 120 XLVII, 19. - 121 V, 3, 2 ; cf. Tit.-liv. 1,8,5; Dion. Halic. II, 15 ; Plut. Romul. 9. — 122 Ad Aeneid. II, 761. — 123 Hartung, Relig. der Borner, II, 55. — 12* XLVII, 19. — 123 Jaenisch, Z. c. p. 8. — 126 IV, 26. — BiBLiocitiPHiE. Helfrecht, I/istorische Abhandluug von den Asylen, Hof, 1801 ; Bach, Ueber die Beschaffenheit und den verscliiedenartigen Zweck der von den aellesten Voelkern bis in die Zeilen des Christenthums bestandenen Asyle, Glatz, 1827; Bringer, I)e asylorum origine, usu et abusa, Leyde, 1828 ; Wallon, Bu droit d’asile, Paris, 1837 ; Neu, De asylis , Goettingue, 1837 ; TopholljZte tutelo. quam Graecorum loca sacra et hominibus et rebus praestiterunt, Padcrborn, 1839- Foerster, De asylis Graecorum, Breslau, 1817; Jaenisch, De Graecorum asylis, Goettingue, 1868.

ATABYRIASTAI. 1 Ross, /user. Gr. inéd. n° 282 ; Ilevue archéol. déc. 1864.

ATALANTE, ’AtaXocwT). — Atalante, héroïne arcadienne, fille de Iasos, selon les traditions de ce pays , ou de Schoineus suivant celles qui avaient cours en Béotie. Les unes et les autres semblent avoir une origine commune ; elles ont été confondues dans les récits poétiques On disait que le père d’Atalante, ne voulant avoir que des fils, l’avait fait exposer après sa naissance dans les montagnes ; elle y fut allaitée par une ourse, élevée par des chasseurs et devint, ce qu’elle est restée dans la poésie et les représentations de l’art, un type de force et d’agilité infatigables 2. Toujours armée et chassant, solitaire, inaccessible à tout sentiment tendre, et redoutable même pour ceux qui entreprenaient de vaincre sa résistance3, elle fut cependant vaincue à la fin, avec l’aide de Yénus, par l’amour de Mélanion fils d’Athamas 4, et donna le jour à Parthénopée, l’un des sept chefs de la guerre contre Thèbes.

C’est ainsi que son nom a été introduit dans l’épopée thébaine. 11 a été rattaché aussi à l’expédition des Argonautes 5 : Atalante aurait pris part aux jeux funèbres en l’honneur de Pélias et y aurait été victorieuse de Pélée à la lutte. Elle a une grande place dans les récits de la chasse de Galydon [meleager]. Méléagre, épris de sa beauté, la fit admettre, contre le gré des autres chasseurs, parmi les héros qui prirent part à cette expédition ; ce fut elle qui porta au sanglier le premier coup mortel ; Méléagre lui en donna la dépouille et la jalousie qu’il excita par cette préférence fut la première cause de sa mort.

D’après la légende béotienne 6, Atalante vivait à l’écart dans les bois, fuyant le contact des hommes, parce qu’un oracle lui avait interdit le mariage ; elle défiait les prétendants à la course et ceux qu'elle avait vaincus recevaient la mort de sa main ; le vainqueur devait l’épouser. Hippomène (d’autres nomment Mélanion), témoin de la défaite d’un grand nombre de rivaux, osa pourtant disputer le prix. Prolégé par Vénus, qui lui fit présent de trois pommes d’or, il eut soin en courant de les laisser tomber: Atalante les ramassa et fut dépassée. Elle se réjouit de sa défaite, car Vénus l’avait rendue favorable aux vœux de son poursuivant ; mais elle négligea de témoigner à la déesse sa reconnaissance, et celle-ci abandonna les deux amants. Leurs transports leur firent oublier, dans un temple ou un bois consacré à Rhéa-Cybèle (ou à Jupiter), le respect dû à un lieu saint, et pour châtiment ils furent changés en lion et en lionne.

Atalante était figurée sur le coffre célèbre de Cypsélus 7, tenant un faon et ayant auprès d’elle Mélanion. Elle a été surtout représentée par les artistes comme compagne de Méléagre , dans de nombreux monuments où l’on voit les divers épisodes de l’histoire de ce héros et que nous n'avons pas à énumérer ici. Nous dirons seulement qu’elle y apparaît ordinairement dans le costume . des nymphes de Diane, vêtue d’une tunique courte, chaus-

ATALAÏMTE. 1 Apolloil. III, 9, 2 ; Aclian. Var. hist. XIII, 1 ; Hygin. Fab. 99 et 518 ; Theogn. 1287 et s.; Cïillim. In Dian. 216 ; Diod. IV, 34 ; cf. Eurip. Phoen. 150 et Schol.; Spanheim ad Callim. In Dian. 216; Heyne, Ad Apollod. p. 49, 269 ; O. Muller, Orchomen. p. 214; Welckcr, Gr. Trag. III, p. 1217. — - C'est le sens de son nom qui -vient de a privatif et -.alàu, ou, selon d’autres, de <ixàW,w, bondir ; Paus. III, 24, 2 ; voyez à ce sujet A. Maurv, Relig. de la Grèce, I, p. 154. — 3 Aclian. et Theogn. Z. Z — * Theogn. Z. L; Schol. Eur. Z. Z.; Musae. 153 ; Propert. I, 1, 9 et s.; Ovid. Ars am. II, 185 et s. — 5 Apoll. Rhod. I, 769 ; Apollod. 111, 9, 7 ; Diod. IV, 41, 48. — 6 Elle était connue d'Hésiode : Schol Iliad. II, 764 ; Eust. Ad II. XXIII, 683, Thcocr. III, 40 et Schol.; Theogn. Z. Z.; Apollod. 111, 9, 2; Hygin. Fab. 1S5; Ovid. Met. X, 560 ; Prob. Ad Virg. Ecl. VI, 51 ; Propert. I, 1, 20 ; Paus. VIII, 35, 8; Tzetz. Chil. XIII, 453. - 1 Paus. V, 19, 1.

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