à 11S. Le 42° de la livre romaine était de 76r,800, et
c’est en effet le poids moyen que fournissent les aurei d’Auguste (fig. 636), dont les plus anciens sont cependant moins éloignés du taux de Y aureus de César. Sous Tibère, Caligula, Claude et pendant les premières années de Néron, le poids du denier d’or resta le même13. Sous le règne du dernier de ces princes, en 60 de l’ère chrétienne, il subit un abaissement soudain et 7gr,600, puis à 7gr,400
Fig. 636. Aureus d’Auguste.
descendit à
2 Hor. Sat. II, 8, 54 ; Val. Max. et Prop. 1.1. — 3 Puus. V, 12, 2.
AURARIA FUNCTIO. 1 C. 20 Cod. Thcod. XIII, 1. — 2 Cod. Tlieod. XIII. I.
3 Evagrius, Hist. eccles. III, 39; Zonaras, XIV, 3. — Bibliographie. Gotho-
f redus. Ad Codic. Theodosian. XIII, I ; Baudi de Vesme, Des impositions de la Gaule, trad. en franç. dans la Revue historique, Paris, 1861, p. 394 et s.; Serrigny, Dissertation sur l’impôt des patentes, dans la Revue critique de législ. et de jurisprud. Taris, 1862 ; Walter, Geschichte des rom. Rechls, 3r éd ., Bonn, 1860, 1, n° 410 ; Kühn, Die Stâdtische und bürg. Verfassung des rômischen Rechts, Leipzig, 1 862, 1, V, p. 286. AURUUS. t Cic. Philipp. XII, 8, 20; Plin. Hist. nat. XXXIII, 3, 47. — 2 plin.
XXXIII, 3, 42 ; XXXIV, 7, 37 ; Petron. 33. — 3 Voy. Mommsen, Gesch. der rôm. M&nswesens, p. 750. — 4 Letronne, Eval. des monnaies, p. 75 et s.; Mommsen, p. 40G et s. — 5 Mommsen, p. 407. — 6 Cohen, Descr. des monn. consul, p. xvm ; Mommsen, p. 389. — 7 Mommsen, p. 650-653 et 756. — 8 Mommsen, p. 652 et 653.
— 9Sucton. Otho, 4 ; cf. Tacit. Hist. I, 24 ; Lucian. Pseudol. 30 ; Dio Cass. LV, 12 ; Priscian. De fig.num. p. 1351 ; Zonar. X, 36, p. 640 B. — 10 Eckhel, Doclr. num. vet. 1. 1, p. l; t.VI, p. 1 16 ; Mommsen, p. 750.— 1 1 De la Nauze, Mdm. de V Acad, des Inscr. t. XXX, p. 385; Mommsen, p. 752. — 12 Hultsch, Griech. und rôm. Métrologie, p. 231.
— 13 Mommsen, p. 753 ; Hultsch, p. 232. — 14 Mommsen, p. 753 ; Hultsch, p. 233.
AUR
AUR
M. de Longpérier a publié 13 un poids fait de 50 aurez, d’origine alexandrins, portant la date de l’an 9 de Néron
(GO ap. J. -G.), qui coïncide avec le premier abaissement de la pièce d’or à 7gr,G00, puisqu’il est marqué comme étant d’une livre,, deux onces, un scrupule et une sextula, ce qu’il pèse effectivement. Pline16 prétend même
que Néron réduisit Yau-
reus jusqu’à^ de la livre ;
mais ce serait un poids de 7?r,280, et aucune pièce d’or connue de cet empereur ne descend aussi bas.
Vainement Galba tenta, dès le moment de son avénement, de faire revenir l 'aureus à - de la livre17; il dut lui-
même, par la force des choses, adopter le poids néronien, que conservèrent ses successeurs jusqu’à la fin du règne de Titus18. Domitien débuta par ramener la monnaie d’or au taux de 7gr,800 : mais elle s’affaiblit graduellement pendant son pouvoir, et à la fin du règne de ce prince elle était descendue au-dessous de 7gr,00019. Néron et Trajan, dans les premières années, relevèrent le poids de V aureus au-dessus de 7gr,400so. Dans la seconde partie du règne de
Trajan, sous Hadrien et sous Antonin le Pieux, 7gr,400 fut, au contraire , un maximum que l’on ne dépassa pas et au-dessous duquel Fig. 639. Aureus de Trajan. on se maintint sou¬
vent 21. Sous Marc- Aurèle, l’aarewsfut réduit à un taux inférieur à 7gr,300, en moyenne à 7gr,25022. Il demeura ainsi jusqu’au règne de Garacalla, qui, après avoir commencé par frapper des pièces de 7gr,230, fit subitement, en 215 de notre ère, descendre le taux du denier d’or à 6gr,550 ou ^ de la livre23.
Cet affaiblissement progressif du poids de Y aureus a été déjà constaté par la Nauze24, Letronne25, Dureau de la Malle26, MM. Pinder et Friedlænder27, Cohen28, Vasquez Queipo29 et Mommsen30. Il coïncide avec une diminution de la bonté du titre. Sous Auguste la loi Julia31, renouvelant les dispositions de la loi Cornelia portée par Sylla32, fixa la proportion d’alliage de l’or et de l’argent et édicta des peines très-sévères contre l’altération des espèces monétaires. Depuis ce prince jusqu’à Vespasien, les monnaies d'or romaines, d’après les analyses de Darcet33, sont de 0,998 à 0,991 de fin. Après Vespasien, l’analyse ne fournit plus que 0,958 de fin34, et le titre s’abaisse encore notablement vers le temps de Septime-Sévère.
Les monnaies d’argent de l’époque impériale sont le denier et le quinaire; cette dernière taille est assez peu mul-
15 Journ. des sav. 1873, p. 751 et s. — 16 XXXIII, 3, 4. — 17 Vasquez Queipo, Syst. métr. et monét. tables, p. 428. — 18 Mommsen, p. 753 ; Hultsch, p. 233.
— 19 Vasquez Queipo, tables, p. 431. — 20 De la Nauze, Mém. cité , p. 391.
— 21 Mommsen, p. 753 ; Queipo, p. 432-438 ; Hultsch, p. 233. — 22 Mommsen, p. 754 ; Queipo, p. 438-443 ; Hultsch, p. 233. — 23 De la Nauze, p. 392. — 2i Ibid. p. 385-392. — 28 Êval. des monn. p. 82 et s. — 26 Êcon. pol. des Rom. t. I, p. 43.
27 Beilràge zur ait . Münzkunde , 1. 1, p. 12. — 28 Descr. des monn. de l’emp . rom. t. I, p. xv et s. — 29 Syst. métr. et monét., tables, p. 426 et s.— 30 p. 750-755.
tipliée35. Sous Auguste et ses premiers successeurs le denier (fig. 640) se maintint au pied dej(de la livre ou 3gr,900
comme sous la république 36. Mais Néron , en môme temps qu’il affaiblit le poids de Y aureus, décida que l’on taillerait dorénavant 96 deniers dans la livre d’argent37, ce qui réduisit le poids de cette monnaie à 3gr,410 comme taux normal 38. L’affaiblissement du denier était sans proportions avec celui de Y aureus, qui continuait cependant à valoir 25 deniers d’argent. Aussi, à partir de ce moment, l’argent devint-il , comme le bronze l’était devenu déjà sous la république, une simple monnaie d’appoint et de compte à la valeur purement, conventionnelle, avec laquelle on ne s’attachait plus à mettre en rapport la valeur réelle des pièces. Le poids des deniers d’argent depuis Néron jusqu’à Septime-Sévère offre des variations assez exactement parallèles à celles du denier d’or, d’abord un affaiblissement graduel jusqu’à la fin de la domination des empereurs Flaviens, un rétablissement de l’ancienne valeur sous Nerva, puis un nouvel affaiblissement progressif sous les Antonins, une diminution brusque et considérable pendant le règne de Commode, diminution sur laquelle Septime-Sévère essaya de revenir. La moyenne des pesées est, en effet, sous Galba 3gr,300, sous Othon 3gr,340, sous Vitellius 3gr,300, sous Vespasien 3gr,270, sous Titus et Domitien 3gr,300, sous Nerva 3gr,390, sous Trajan 3gr,307, sous Hadrien 3gr, 3 40, sous Antonin le Pieux 3gr,370, sous Marc-Aurèle 3gr,300, sous Commode 3gr,140 et sous Septime Sévère 3gr,220 39.
Mais si l’on ne remarque pas, en somme, pendant cette période, d’affaiblissement du poids des deniers assez grand pour justifier complètement l’assertion que nous venons d’émettre, l’abaissement du titre de la monnaie d’argent suit dans la même époque une progression énorme, de telle façon que la quantité de l’alliage réduit chaque pièce à ne représenter en métal fin qu’une très-faible partie de sa valeur nominale. Sous Auguste jusqu’à Néron la proportion de l’alliage était entre 1 et 5 0/0; après Néron, elle fut de 5 à 10 0/0 ; sous Trajan, vers la dernière année du Ier siècle, elle atteignit 15 0/0 ; augmentant toujours, elle fut sous Hadrien d’environ 20 0/0, sous Marc-Aurèle de 25 0/0, sous Commode de 30 0/0; enfin, sous Septime-Sévère, elle arriva au chiffre effrayant de 50 à 60 O/O40. On a peine à comprendre que les deniers aient pu circuler pendant près d’un siècle sans perdre leur valeur du 25° de Y aureus quand ils ne contenaient plus de métal fin que J, 1 et enfin -, de cette
31 Dig. XLYIII, 13, 1. — 32 Dig. XLVIII, 10, 9. — 33 Letronne, Éual. des monn. p. 84. — 3V Dureau de la Malle, Écon. pol. des Rom. t. I, p. 17. — 33 Mommsen, p. 756. — 36 Mommsen, p. 756 ; Hultsch, p. 235. — 37 Galen. De compos. med. 5,’ p. 813 ; Anonym. Alex. 18 ; Cleopatr. p. 767 ; Dioscorid. p. 775 ; Isid. Orig. XVI, 25, 13. 38 Akermann, Catal. of roman coins, t. I, p. xv ; Mommsen, p. 756.
— 39 Akerman, Ib.; Hultsch, p.235. — *0 Rauch, Mittheil. der numism. Gesellschaft. part. III, p. 296 et s.; Akermann, /. Z.p.xiv; Sabatier, Product. de l‘or, de l’argent et du cuivre chez les anciens. St-Pétersb. 1 850 ; Mommsen, p. 756-758.
AUR
AUR
valeur. Mais à ce momentles idées économiques sur la nature des espèces monétaires, fort bien comprises par les Grecs, s’étaient complètement oblitérées [moneta, 6° section] , la loi défendait sous des peines sévères de refuser la monnaie otlicielle à 1 effigie du prince, quel qu’en fût le titre41; en même temps le numéraire d’argent étant réduit au rôle de monnaie de compte ou d’appoint, le régulateur réel de la valeur des choses étant l’or, il était moins nécessaire que les pièces d’argent conservassent l’exactitude de leur poids et la justesse de leur titre.
Quant à la monnaie de bronze, que l’on avait complètement cessé de frapper à Rome vers l’an 84 avant notre ère, elle fut reprise sous le triumvirat, mais d’après une nouvelle réduction dont les plus anciens exemples sont fournis par la numismatique des préfets de la ilotte de Marc-Antoine. L’as n’y pèse plus qu’un quart d’once, et la série de ses divisions et de ses multiples se compose ainsi :
4 sestertius 42 ou nummus 4ï, en grec TETpaac-oc-
ptov44 .
2 dupondius^, en grec àaaapta ôuco46 .
1 «s47, en grec àacaptov48 .
~ semis 49, en grec •/jg.tairtrapiov .
- quadrans 50, en grec xouaopavTïiçoiixoSpavTYjç51,
Outre la nouvelle réduction de l’as, trois choses sont à noter dans cette réforme du monnayage de bronze, l’introduction de la taille du sesterce ou pièce de 4 as dans ce métal, en même temps qu’elle cesse de nouveau de se trouver dans l’argent ; la réapparition du dupondius, hors d'usage depuis la loi Flaminia, enfin la suppression des tailles inférieures au quadrans, qui auraient constitué des pièces de trop petit module et de faible valeur.
En confiant au sénat la fabrication du bronze, pendant qu’il se réservait celle de l’or et de l’argent, Auguste établit pour règle de cette monnaie le système qui avait fait sa première apparition sous le triumvirat. Les marques indicatives de la valeur, constamment en usage sous la république et conservées pendant le triumvirat, disparurent alors des pièces de bronze. On ne distingua plus leurs diverses valeurs qu’au poids, moyen bien douteux, car on ne s’astreignait pour ces monnaies d’appoint à aucune
Fig. 642. Sesterce de laiton de Tibère restitué par Titus.
exactitude de taille53, ni surtout au module. Les sesterces constituent ce que les amateurs de numismatique appel-
Poids.
1 once.
lent les « grands bronzes », les dupondii et les as les « moyens bronzes » , enfin les semis et les quadrans les
Fig. 643. Dupondius de laiton d’Auguste.
« petits bronzes ». Un autre moyen de distinction entre les différentes espèces de monnaies de cuivre, inconnu
sous la république, fut introduit sous Auguste : ce fut la nature et par suite la couleur du métal 54.
Les sesterces et les dupondii lurent frappés dans un laiton f 2
compose de ^ de cui-
MC, Un peu moins Fig. 64b. Semis d’Auguste.
de - de zinc et quel-
ques parties très-minimes d’étain et de plomb, les as en cuivre pur55. On n’a jusqu’à présent analysé ni semis, ni quadrans impériaux.
Néron tenta un moment de rétablir l’ancienne méthode d’indication des valeurs, en plaçant sur quelques dupondii, as et semis les vieilles marques 11,1, S56.
Mais cette tentative n’eut pas même la durée de son règne, et il essaya d’un autre mode de distinction en faisant figurer sa tête radiée sur le dupondius et laurée sur l’as 57. Ses successeurs n’imitèrent pas sur ce point son exemple.
Le quadrans cessa d’être fabriqué sous Trajan”8 et le semis sous Antonin Caracalla 59, à partir duquel on ne rencontre plus que des sesterces, des dupondii et des as, ou, comme on dit vulgairement, des grands et des moyens bronzes.
Le iii° siècle de l’ère chrétienne, époque de convulsions
Fig. 646. As de Néron avec marque de la valeur.
41 Arrian, Epictet. diss. III, 1; Dig.Y, 25, 1. — 42 plin. XXXIV, 2,4; Cod Just. VIII, 54, 37. — 43 Plin. XXXIV, 2; Her. Alex. p. 51, Letronne ; Cod. Just l . c. 44 Arrian, l. c. IV, 5. — 45 plin. XXXIV, 2, 4 ; Senec. Epist. XVIII, 5 Petron. p. 74; Gai, Inst. I, 122; Schol. ad Pers .Satyr. II, 59; Isid. Orig. XVI
25. 46 Luc. Evang. XII, 6, et sur les bronzes de Chios. — 47 plin. XIX, 4, 19
Tacit. Annal. I, 17; Plin. II, Epist. 20; Martial. I, Epigr. 104; Juven. Satyr
XX. 145. 48 Sur ce mot, voy. Cavedoni, Numism. bibl. p. 109. — 49 Mart. XI, 105
50 juv. Vit, 3; Mart. II, 44. — 8) Plut. Cic. 29; Marc. Evang. XII, 42
F.uthym. ad h. L — 33 Sur ce système et ses vicissitudes, voy. Borghesi dans la Numism. biblica de Cavedoni, p. 111-136 ; Mommsen, p. 763 ; F. Lenormant, Org. de la monnaie dans l’antig. p. 147 et s. — 53 pinkerton, Essay on medals , t. 1, p. 46 et s.; Mommsen, p. 763. — 54 plin. XXXIII, 2, 4. — 55 Phillips, London chem. soc. journal, t. IV, p. A 5 et s. ; Wœhler, Ann. der Chem. t. I.XXXI, p. 206 et s.; Mommsen, p. 763. — 56 Mommsen, p. 762; Cohen, Descr. des monn. de l’emp. rom. t. I, p. xm. — 57 Mommsen, p. 762. — 88 Cavedoni, Op. e. p. 134. — 59 Ib. p. 136.
AUR
politiques incessantes dans l’empire romain, fut aussi le temps d’un désordre financier et d’une altération des espèces monétaires qui n’a de comparable que ce qui s’est passé en France dans le xiv° siècle et dans l’empire turc depuis 200 ans. Le métal régulateur, l’or, fut frappé sur un pied toujours plus faible et plus irrégulier. L’argent, altéré de plus en plus dans son titre, finit par être remplacé par du cuivre saucé, De cette manière le système, monétaire perdit toute fixité et toute base, et pendant près d’un siècle l’État vécut en pleine banqueroute, jusqu’au moment où Dioclétien d’abord, puis Constantin entreprirent la réforme des monnaies.
Le premier signal de ces désordres fut donné par la réduction de Yaureus à A de la livre, sous le règne de Cara-
Pig, 047, Aureus Antoninianiis de Caracalla.
calla. Cette monnaie (flg. G47) reçut de son inventeur le nom d 'aureus Antoninianus60. Macrin, un moment, tenta d’en
revenir à la taille de 7gr,400 ou à Vaureus du temps des Antonins. Mais Élagabale reprit le système de Caracalla61. Si l’on en croit Lampride62, ce prince inventa des multiples de V aureus, inconnus jusqu’alors, valant 2, 3, 4, 40 et 400 de ces pièces, et par conséquent pesant A, A, ^ 1 de la livre d’or et 2 livres ; ces pièces,
dues à une simple fantaisie du jeune insensé qui portait la couronne des Césars, furent démonétisées et fondues par les ordres d’Alexandre Sévère. A dater de ce dernier prince, sous lequel le quinaire d’or prit le nom de semis
aureus™, l’irrégularité des tailles devient extrême et leur abaissement suit une progression rapide. Les aurei d'Alexandre Sévère varient entre 0gr,600 audessus et 0gr,500 au-dessous du poids normal de 6sr,55 ; ceux de Maximin entre 6gr,0U0 et 4gr,650; ceux de Gordien III offrent les poids de 5gr,560 à 4sr,590. Sous les deux Philippes le taux de Vaureus varie entre 4gr,530 et 4gr,250; sous Trajan Dèce entre 4gr,980 et 3gr,950; sous Trébonien Galle et Volusien entre Ggr,40 et 3gr,40. Les règnes de Valérien et de Gallien sont marqués par l’introduction de nouvelles coupes monétaires consistant en pièces de 3 et 2 aurei, appelées terniones
Fig. 648. Serais de Gordien le Pieux.
(fig. 649) et biniones™ . C’est à la même époque que les monuments placent l’établissement, attribué inexactement par Lampride à Alexandre Sévère, de la nouvelle division de l 'aureus par tiers, tandis qu’il était divisé précédem-
ment par moitiés. La pièce de'r d’aureus s’appelait triens
Fig. 650. Treraissis de Gallien.
ou tremissis™ et aussi triens Saloninianus w, en l’honneur de Salonine, femme de Gallien; on en fabriquait des doubles et des quadruples. Le quadruple s’appelait aureus Valerianus™ .
J^es terniones de Valérien et Gallien pèsent 45gr,240, ce qui donne une unité de 5gr,080, les biniones de llgr,890 à 4 l8r,440, poids dont l’unité varie entre 5gr,945 et58r,570; les aurei de ces princes ont un taux flottant entre Ggr,030 etoer,150; les doubles trientes varient de 4gr,760à 3gr,000, enfin les simples trientes de 2gr,380 à igr,000. Postume, en Gaule, releva le poids de V aureus au-dessus de78r,000, mais il retomba bien vite sous ses successeurs Lélien, Marius , Victorin et Tétricus. A Rome, sous Claude le Gothique, le taux était environ de 5gI,5Ô0 ; sous Aurélien
nous rencontrons des pièces de 4 trientes ou 1 ^ aureus
pesant de 8gr,100 à 7gr,91, des aurei de 7gr,000 à 5gr,240 et des doubles trientes de 4tr,700 ; sous Tacite un aureus de 7gr,000, et des doubles trientes de 4gr,7o0 à 4gr.360; sous Probus des quadruples trientes de 8gr,700 à 8gr,500, et des aurei de 6gr,600 à 4gr,970; sous Carus, Carin et Numérien des aurei de 6gr,330 à 4gr,850, et des doubles trientes de 4gr,770 à 4gr,050; sous Dioclétien et ses collègues des pièces de 40 aurei de 33gr,670 à 52gr,820, des pièces de 4 aurei de 20gr,773, des quadruples trientes de 6gr,980 à 6gr,74, des aurei de 5gr,93 à 4gr,830, des doubles trientes de 4sr,7 10 à 4gr,390, enfin des trientes de 2gr,090.
Il est facile de comprendre quel désordre dans les fortunes et dans toutes les transactions devaient causer des irrégularités de taille aussi considérables dans l’unité monétaire du métal régulateur, et dans un métal comme l’or, où les moindres coupures ont une valeur appréciable. Aussi en arriva-t-on à ce que M. Mommsen61' a appelé « la démonétisation virtuelle de l’or ». La monnaie d’or cess# d’être considérée comme une vraie monnaie ; les pièces n’étaient plus regardées que comme des fragments de lingots, estampillés à l’effigie impériale, et ne pouvaient être acceptées dans le commerce que la balance à la main.
L’irrégularité et l’altération des monnaies d’or n’étaient cependant rien à côté de ce qui se passait pour les monnaies d’argent. Nous avons fait voir tout à l’heure que le denier d’argent de 96 à la livre, inventé sous Néron, s’était conservé avec peu de changement dans son poids jusque sous Septime-Sévère, mais que le titre s’en était altéré de telle façon que les deniers de cet empereur ne contenaient plus que de 30 à 40 p. 100 de fin. Caracalla, dans la même année 213 de l’ère chrétienne, où il réduisit V aureus au taux du 50° de la livre, établit une nouvelle
Fig. 651. Argenteus Antoninianus de Caracalla.
monnaie d’argent, plus forte que le denier, et qui s’en distinguait à première vue (fig. 651) en ce que le buste de
60 Vopisc. Prob. 4. — 61 Sur le poids des monnaies d’or depuis Caracalla jusqu’à Dioclétien, voy.Vasquez Queipo, tables, p. 443-448 ; Mommsen, p. 848-852. — 62 Alex.
Sev. 39. — 63 Ibid. — 64 Mommsen, p. 776, note 115. — 63 Lampr. I. c. — 66 Treb. Poil. Claud. 14 et 17. — 67 Treb. Poil. Cland. 17. —68 p. 778.
AUR
AUR
l’empereur y était toujours radié et celui de l’impératrice porté sur un croissant69. D’après les noms officiels de Caracalla, M. Aurelius Antoninus, cette monnaie fut appelée argenteus Antonvnanus 70 ou argenteus Aurclianus 71 , tandis que le denier (lig. 652), d'un poids plus faible, était désigné comme argenteus minutulus |S. Au milieu de l’irrégularité sans limites de la taille des monnaies d’argent pendant tout le inc siècle, il est presque impossible de déterminer le poids normal de l’ar^enteus Antoninianus. 11 semble cependant que ce poids de- Fig. 652. Argenteus minutulus de vait flotter entre -- et — de la caiacaiia.