‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 117 sur 155 · livre 73, et quant à la valeur, elle était de 1 - denier ou · texte numérisé non relu

livre 73, et quant à la valeur, elle était de 1 - denier ou

5 sesterces n. Sous Caracalla, Macrin et Élagabale, la fabrication des deniers fut plus considérable que celle des antoniniani , et môme sous Alexandre Sévère et Maximin cette dernière monnaie disparut un instant. Mais sous Balbin, Pupien et Gordien III elle prit définitivement le dessus, et à dater des deux Philippes la taille du quinaire devint de la dernière rareté.

A dater du règne de Caracalla, la quantité de l’alliage joint à l’argent, qui dépassait déjà la moitié des pièces, augmenta dans une telle proportion qu’aucune loi ne put maintenir à l’antoninianus et au denier leur valeur nominale par rapport à l’aureus, et que sous Élagabale et Alexandre Sévère, pour établir quelque fixité dans les revenus publics, on dut décider que les paiements aux caisses de l’État se feraient désormais exclusivement en or75. Dès lors le taux réel et la valeur courante des monnaies de billon (car on ne peut plus à cette époque les appeler monnaies d’argent), descendirent avec une rapidité sans égale. Sous Claude le Gothiqueetdanslespremièresannées d’Aurélien, le rationalis Felicissimus, préposé à la fabrication des monnaies, porta la fraude et l’altération des espèces au delà de toutes les bornes 76. Le billon du commencement du règne de Claude donne en moyenne

à l’analyse :

Argent . 8

Cuivre . 80

Étain et plomb . 0

Celui de la fin du même règne 77 :

Argent . 2

Cuivre . 82

Étain et plomb . IG

Le numéraire de bronze subit aussi, de Caracalla à Aurélien, une très-grande diminution de poids. Le sesterce, qui était d’une once depuis Auguste, descendit sous Alexandre Sévère à | d’once, sous Trajan Dèce à et sous Trébonien Galle 78 à I. Le résultat de cet affaiblissement de poids coïncidant avec un affaiblissement de valeur, car le sesterce qui valait le quart du denier

M Mommsen, p. 782. — 70 Vopisc. Bonos. 15. — 71 Vopîsc. Prob. 4. 72 Vopisc. Aurelian. 9 et 12; cf. Mommsen, p. 783 , n° 142. — 73 Mommsen, p. 783. — 74 Hultsch, p. 242. — 7S Lampr. Al. Sev. 39. — 76 Vopisc. Aurelian. 38 ; Aur. Vict. 35 ; Eutrop. IX, 14 ; Suid. s. v. noviiàfwi.

suivait les variations du cours de cette monnaie, fut la suppression des tailles inférieures au sesterce. Le semis avait déjà cessé d’être frappé sous Caracalla et ne reparut qu’un instant sous Trajan Dèce ; la fabrication de l'as et du dupondius prit fin après cet empereur ; mais en même temps apparut une nouvelle coupe, double du sesterce, le quinaire de bronze, pièce de grand module qui pesa d’abord une once, puis ~ d’once à partir du règne

de Trébonien Galle 79. Les divisions de grand et de moyen module d’une monnaie aussi extraordinairement altérée que l’était le denier, ne pouvaient être ni en cuivre pur, ni en laiton de bonne qualité comme celui qui composait les sesterces et les dupondii du haut empire, car elles auraient eu la même valeur, sinon une plus grande. Aussi le bronze monnayé, d’Alexandre Sévère aux deux Philippes, était-il de mauvaise qualité, fortement mêlé de plomb. La moyenne des analyses chimiques de pièces de cette période fournit les données suivantes 80 :

Cuivre . 72

Zinc . 8

Étain . 7

Plomb . 13

Il est à remarquer, du reste, que pendant la période qui va de Caracalla à Aurélien, bien que le denier ne fût pas en plus mauvais métal que l’antoninianus, ni sa taille plus irrégulière, sa dépréciation suivit un cours beaucoup plus rapide. L’antoninianus, à l’origine, était, comme nous 1 avons déjà dit, de 1 | denier ou 5 sesterces. Il paraît ressortir d indications assez positives, que, sous Yalérien, la valeur de 2 deniers lui était attribuée dans les caisses publiques81. Sous Gallien il équivalait à 4 deniers et par suite s’appela momentanément quatermo , ainsi que le prouve l’antoninianus aux têtes de Yalérien et de Gallien (fig. 654) qui porte au revers, en légende, ce mot :

QVATERNIO 8â.

Non-seulement les monétaires , insuffisamment surveillés, exagéraient encore, par des opérations frauduleuses, les prescriptions gouvernemen-

— 77 Mommsen, p. 799. — 78 pigkerton, Essay on medals, t. I, p. 140; Mommsen, p. 797. — 79 Mommsen, p. 797. — 80 Mommsen, p. 798, note 206.

— 8t Vopisc. Bonos. 15; cf. Mommsen, p. 828. — 82 |)e Lagov, Jlev. numism. 1855, p. 392.

AU R

taies dans l’altération du titre et du taux des monnaies, mais, en dehors des émissions ordonnées par l’empereur, ils fabriquaient des monnaies pour leur propre compte, à titre de spéculation privée, ce que la loi romaine caractérisait comme un crime de péculat83. Aurélien voulut enfin mettre un terme à ces désordres coupables, ces altérations incessantes du numéraire, qui faisaient autant de tort à la fortune publique qu’à celle des particuliers. Devant les volontés de réforme de l’empereur, les monétaires se mirent en insurrection et groupèrent autour d’eux les nombreux éléments de sédition que la ville de Rome renfermait, comme toutes les grandes capitales. Il fallut pour les réduire une lutte sanglante, où 7, OOü hommes perdirent la vie 8\

Après sa victoire, Aurélien, malgré toutes ses bonnes intentions, ne put pas, tant l’altération était profonde et le désordre financier irrémédiable, rétablir l’ancienne monnaie d’argent. 11 n’alla pas môme, dans la voie de la réforme de cette partie du numéraire, aussi loin qu’avaient été en Gaule Postume et ses successeurs. Ceux-ci avaient fait fabriquer, en effet, à côté de l’ antoninianus et du denier de billon discrédités, un argenteus distinct de ces deux pièces, et bien évidemment d’une valeur supérieure, fait en véritable argent, bien qu’à un titre peu élevé, avec le poids du denier néronien de 96 à la livre 8o. Il est vrai que sous les empereurs gaulois eux-mêmes, la fabrication de ces argentei avait été fort restreinte encore, et les émissions mêlées de nombreuses pièces fourrées 80 [nummi mixti].

La réforme monétaire d’Aurélicn n’alla donc pas jusquelà. Elle se borna à établir une règle plus exacte et un métal meilleur pour la monnaie de billon, que Zozime8' appelle ipYuptov vsov et dont le titre fut fixé à 94 parties de cuivre et 6 d’argent, sans mélange de plomb ou d’étain 88. Une sauce d’argent fut passée sur Y antoninianus et le denier de billon, comme pour rappeler que ces monnaies avaient été d’argent dans l’origine, mais dès lors le denier fut officiellement considéré comme une pièce de faible valeur, que les rescrits d’Aurélien, comme ceux de Valérien, traitent d'aerea 89. L’ antoninianus reçut les chiffres XXI ou K A. (sur les pièces du seul atelier de Trêves XX 90), indiquant la valeur qu’on lui donnait,

de 21 as, un peu moins de 1 ^ denier91. Les divisions du denier continuèrent à être, sous le régime de cette réforme, le quinaire

Fig. 655. Antoninianus d’Aurélien, arec marque de sa jjg grjvnd module valeur en as. &

et le sesterce de moyen module, fabriqués avec le bronze à bas titre dont nous venons de parler.

Tacite s’était occupé de la question de la réforme des monnaies dès le temps où il était simple sénateur92. Élevé à l’empire, il rendit des décrets pour réprimer les fraudes dans le numéraire ; de plus, il paraît avoir fait fabri¬

quer, à côté du billon, un argenteus analogue à celui des empereurs gaulois, puisque Yopiscus 93 nous affirme qu il défendit même d’y mêler des pièces fourrées à âme de cuivre : cavitut si guis argenta publiée privatimque aes miscuisset 94 . . . . capital esset cum bonarum proscriptione. Mais aucune pièce de Tacite en vrai argent n’a encore été retrouvée. Quant au billon de cet empereur, antoninianus ou denier, l’analyse en donne les mêmes résultats que celle des pièces analogues d’Aurélien 95. Mais, immédiatement après lui, les fraudes réprimées sous Aurélien reprirent le même développement que sous l’administration deFelicissimus. A partir de Probus, le denier et l’antoninianus ne sont plus que des petits bronzes dans le métal desquels n’entre plus une parcelle d’argent; on leur donnait seulement une sauce de ce métal, si légère que, dans le plus grand nombre des exemplaires, elle a entièrement disparu. Il semble même que souvent on poussait la fraude jusqu’à saucer d’étain ces pièces, au lieu de les saucer d’argent. Cependant Probus a fait frapper, à côté de l’antoninianus et du denier, toujours ainsi de plus en plus abaissés, quelques bien rares argentei 96 ; mais il n’y en eut plus sous Carus, Carin et Numérien.

Dioclétien, nous l’avons vu par les pesées rapportées plus haut, avait accepté comme un fait accompli et sans y rien changer, la diminution que l’aureus avait subie dans l’espace d’une centaine d’années, depuis Caracalla. Mais, pour remédier au désordre qui avait perdu les finances de l'empire, il entreprit de réformer le monnayage de l’argent, du billon et du bronze. Réalisant enfin définitivement ce qu’avait déjà tenté Postume et, avec encore moins de succès, Tacite et Probus, il fit frapper de nouveau des pièces

en véritable argent 97 auxquelles il donna le taux de ^

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