‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 118 sur 155 · Argenteus minutulus de Dioclétien · texte numérisé non relu

Argenteus minutulus de Dioclétien

de la livre, adopté par Néron pour le denier 98. Ces pièces reçurent le nom d 'argentei ou argentei minutuli ", et sur un grand nombre d’entre elles on marqua les chiffres xevi , indiquant le rapport de cette monnaie avec la livre d’argent 10°.

Le rétablissement de Yargenteus, d’après les indications des monuments eux-mêmes, doit être placé vers l’an 292 après Jésus-Christ 101 .

Pour ce qui est de la monnaie d’appoint, Dioclétien et ses collègues commencèrent, comme leurs compétiteurs, par frapper un billon aussi mauvais que celui qui avait été introduit sous Gallien 102. Mais entre 296 et 301, une réforme complète fut introduite. L’antoninianus disparut absolument. On frappa, dans un billon composé de la manière suivante :

Argent .

Cuivre .

Étain .

Zinc .

et dont quelques pièces portent encore les traces d’une

83 Dig. XLYIU, 13, 6. — 8V Vopisc. Aurelian. 38. — 83 Sur l’existence de monnaies en -véritable argent de Postume, Victorin et Tétricus, voy. Mommsen, p. 793, et surtout la note de M. de Witte dans la trad. de 1 ’Hist. de la monn. rom. de Mommsen par le duc de fllacas, t. III, p. 87. — 86 pe VV'itte, Rev. numism. 1808, p. 184. — 87 Hist. I, 61. — 88 Mommsen, p. 800. — 89 Vopisc. Aurelian. 9, 12 et 15. — 90 Mommsen, p. 829. — 91 Hultsch, Metrol. p. 242, note 7 ; F. Lenormant, Org. de la monn. dans Vtmtiq. p. 158. — 92 Vopisc. Tacit. 11. — 93 Tacit.

9. — 91 Nous expliquons le sens précis et coustant du verbe miscere en matière monétaire, à l’article nummi mixti. — 93 Mommsen, p. 800. — 96 Cohen, Dcscr. des monn. de l’emp. rom. t. V, Probus, n°» 116 et 326. — 97 Mommsen, p. 794.

— 98 Mommsen, p. 785. — 99 Mommsen, p. 783 et 790. — 100 Cavedoni, Bull, de l’Inst. arch. 1815, p. 197; Sparkcs, Nutn. chronicle, t. XI, p. 119; Pinder et Friedlander, Bcitrâge sur dit. Milnskunde, t. I, p. 21 et s. — loi Mommsen, p. 785.

— 102 Mommsen, p. 800, note 214.

AUR

AUR

sauce d’argent 10S, deux espèces de monnaies, l’une de 10 grammes environ, et l’autre de 2gr,500104. Quelquesunes des plus grosses de ces monnaies portent les chiffres xxi ’05, qui doivent désigner une valeur de 21 sesterces ou 5 deniers 1/4 et non plus de 21 as comme les mêmes chiffres sur les antoniniani d’Aurélien, frappés à Trêves 106.

La plus forte taille (fig. 657) se nommait pecunia major

Fig. 658. Numnius contcnionalis de Dioclétien.

ou majortna l07, le mot pecunia ayant pris dès lors le sens spécial de monnaie de bronze 108 ; l’inférieure était appelée nummus centenionalis ou communia 109. La première avait,

comme on vient de le voir, quatre fois seulement le poids de la seconde ; mais il s’agissait de monnaies d’appoint, pour lesquelles la valeur de circulation n’est jamais exactement conforme à la valeur métallique ; aussi, dans la réalité, elle la valait o fois et quart; 4 des grosses pièces s’échangeaient contre 21 des plus petites.

En effet, nous ne croyons pas qu’il soit possible d’hésiter à admettre, avecBorghesi etM.Waddington, que lamoindrc des pièces de bronze saucé et légèrement allié d’argent de Dioclétien soit le denier avec lequel sont exprimés tous les prix du tarif du fameux édit de maximum de cet empereur uo. Nous ne croyons pas toutefois que l’étoile qui se présente souvent à l’exergue ou dans le champ de ces monnaies soit un signe indiquant la valeur du denier; c’est un simple différent monétaire qui n’a rien à voir avec une indication de valeur, car on le trouve aussi souvent sur la pecunia majortna et sur les pièces d’or. Mais il est évident qu'il s’agit dans l’édit de Dioclétien d’une monnaie réelle et de celle des monnaies alors frappées qui avait la moindre valeur. D’ailleurs on n’a d’exemples du nom de nummus centenionalis ou commutas , que du milieu du iv° siècle, et il est très-admissible que ce soit seulement lors de la réforme monétaire de Constantin [solidus] que ce nom ait pris la place de celui de denarius, usité sous Dioclétien.

Quant à la détermination de la valeur effective de ce denier de Dioclétien, il est évident qu’il nefautpas chercher une indication dans la glose grecque m, disant qu’une livre et un quart de cuivre valait un argenteus de 96 à la livre.

103 pinkerton, Essay on medals, t. I, p. 144; Dureau de la Malle, Écon. pol, des Rom. t. I, p. 117; Soret, Mém. de la Soc. de Genève, t. I, p. 241. — 104 Momtnseh, p. 801. — 10° Ramus, Catalog. numor. vet. Reg. Lan. Maxim. Herc. n°» 49 et 50 ; Constant. Chlor. n» 29 ; Galcr. Maxim. n° 11. — ‘06 Hultsch, Metrol. p. 242, note 7. — 107 Cod. Thcod. IX, 21, G; IX, 23, 1. — 103 Mommsen, p. 808, note 243. — ,09 Cod. Theod. IX, 23, 1 et 2. — HO Mommsen, Uebcr das Edict Diocletian’s de pretiis rerum venalium, dans les Berichle der süchs. Gc- Sellsch. t. III, 1851, p. 55 et s.; Waddington, Édit de Dioclétien établissant le maximum dans l'empire romain, Paris, 1864; Corp. insc. lat. t. III, p. 801-841. 111 Mommsen, Münzw. p. 834, note 348. — H» Hist. arc. 25. — Bibliographie. De la Nauze Dissert, sur le poids de l'ancienne livre romaine, déterminée par la comparaison de quelques autorités de Pline avec le poids des plus anciennes médailles ‘romaines en or, dans le t. XXX des anciens Mémoires de l’Acàd. des Inscriptions ;

11 s’agit en effet de la valeur commerciale du cuivre pur et non ouvré, non de la valeur monétaire d’une pièce de cuivre allié d’argent. M. Mommsen, dans son mémoire sur l’édit de Dioclétien, paraît avoir raison quand il s’appuie sur un passage de Procope112, et sur la différence probable du cours des monnaies des différents métaux entre l’époque de Justinien et celle de Dioclétien, pour conclure que, sous ce dernier empereur, l’aureus valait 144 des plus grosses pièces de bronze ou pecuniae majorinae. Le denarius, ayant

5 fois et un quart moins de valeur, représentait donc A,

de l’aureus. La moyenne des aurei de Dioclétien, étant o8r,4o, au prix de 3tr,30 le gramme d’or fin, donne pour cette pièce une valeur en poids de 17£r,78 ; le 756° en est -c, 35, c’est-à-dire un peu moins de 2 centimes et demi. Que l'on se reporte au prix attribué aux denrées de première nécessité dans l’édit De pretiis rerum venalium , et 1 on constatera que cette valeur donnée au denier qui y est employé est de toutes celles que l’on a proposées la plus convenable, si l’on tient compte du pouvoir, plus grand que de nos jours, qu’avaient les métaux précieux dans l’antiquité. F. Lenormant.

AURICHALCUM [oriciialcum].

AURIFEX ou AURARIUS (Xpooyooç). — I. L’or, àcause de son éclat, de sa pureté inaltérable, de la facilité avec laquelle on le découvre ou on l’extrait, dans les contrées où il est naturellement répandu, de sa malléabilité qui le rend propre à être travaillé sans beaucoup de peine, est vraisemblablement le premier métal dont les hommes aient fabriqué ou orné des objets à leur usage. C’est ce qu’attestent la découverte de quelques-uns de ces objets mêmes ayant appartenu aux plus anciens peuples, ou la mention que nous en trouvons faite à une époque trèsreculée de leur histoire [aurum].

La Grèce reçut sans doute de l’Asie, avec l’or lui-même et les premiers objets de cette matière, les procédés de l’orfèvrerie. Homère parle de vases et de bijoux d’or, de meubles, d’armes, etc. . qui en sont ornés. Il décrit même de grandes figures en or imitant la nature : tels sont les chiens, ouvrage de Vulcain, qui étaient placés des deux côtés de la porte (également en or) du palais d’Alcinoüs, et les porteurs de torches qui y éclairaient les convives pendant la nuit1. De pareilles productions ne peuvent appartenir qu’à un art avancé, et, s’il faut y voir autre chose qu’une pure création de l’imagination poétique, ce ne peut être qu’une réminiscence d'œuvres dont la Grèce européenne ne possédait encore ni la matière ni les modèles. Le luxe de l’âge héroïque dépeint par Homère est tout asiatique, et il est à remarquer que pendant bien des siècles après lui les Grecs furent en réalité moins riches en or, qu’ils ne semblent être dans ses poèmes2. Il faut observer aussi combien sont simples les procédés indiqués par le poète, dans les rares passages où il ne se

Pinkerton, Essay on medals, t. I ; Dureau de la Malle, Economie politique des Romains, t. I ; Letronnc, Considër. générales sur l’évaluation des monnaies grecques et romaines, Paris, 1817 ; Cavedotii, Numismatica biblica, Modèné, 1850, et surtout l’importante lettre de Dorglicsi qui y est publiée; Vasquez Queipo, EsSai sur les systèmes métriques et monétaires des anciens peuples, t. II; tables I, II; H. Cohen, Descr. historique des monnaies frappées sous l'empire romain, Paris, 1859-1862 ; Mommsen, Geschickte der rômischen Münzwescns, Berlin, 1860; Hultsch, Grièch. und rômische Métrologie, Berlin, 1862 ; Fr. Lenormant, Essai sur l'organisation politique et économique de la monnaie dans l'antiquité, Paris, 1863 ; Mommsen, Histoire de la monnaie romaine, traduite par le duc de Blacas, t. III.

AUIUFKX. — 1 Od. VII, 91 ; voy. aussi Iliad. XY1II, 418, les servantes d’urdéVul-

cain. 2 Athen. AU, p. 231 c. C’est ce que fait aussi observer Millin, Minéralogie

homérique, p. 169.

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