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borne pas à la description des objets. A Pylos, l’ouvrier qui travaille l’or (ypu<7o-/doç), mandé par Nestor, vient portant dans ses mains les instruments de son art, l’enclume, le marteau, la tenaille ; le roi lui donne de l’or qu’il applique autour des cornes d’une génisse destinée au sacrilice3. Ces outils, cette opération qui consiste à envelopper les cornes de la victime, probablement d’une feuille d’or battu, ce sont bien ceux de l’art primitif; et il n’est pas nécessaire d'en supposer d’autres dans les endroits nombreux où il est question de meubles recouverts d’or ou d’argent par la main de celui qui les a construits, ou même d’or superposé à de l’argent. Des pièces d’une exécution plus difficile, comme le bouclier d’Achille et les autres chefs-d’œuvre attribués à l’industrie de Vulcain, paraissent avoir été imaginés d’après les types que fournissait l’Orient4. Peut-être, pour achever les ouvrages qui leur avaient servi de modèle, des moyens plus perfectionnés avaient-ils été nécessaires; mais Homère ne paraît pas en avoir connu d’autres5 que le battage et l’étirage de l'or au marteau, le placage et le repoussé, le découpage et l’assemblage mécanique sans soudure.
Sans entrer dans aucun détail au sujet de ces procédés, qui seront expliqués ailleurs, ni énumérer la variété trèsgrande des objets ainsi fabriqués6, nous rappellerons quelques faits qui semblent bien témoigner de l’influence que les contrées riches en or de l'Asie eurent sur les commencements et les progrès de l’orfèvrerie de la Grèce : C’est à Samos, où l’on fut de bonne heure habile dans le travail de tous les métaux, que nous voyons surtout ces progrès s’accomplir, dans l’atelier des Théodoros7. Un artiste de ce nom est particulièrement célèbre : on citait de lui un cratère en argent de la contenance de 6Ü0 amphores, qui fut consacré dans le temple de Delphes par Crésus; un autre cratère en or conservé dans les appartements des rois de Perse8 avec un platane et une vigne également en or, dont les fruits étaient imités en pierres précieuses ; ces ouvrages ne devaient pas être sans ressemblance avec d’autres dont, avant Crésus, les rois de Phrygie et de Lydie, Midas et Gygès, avaient fait présent il Apollon de Delphes, et ils n’étaient pas moins admirés9.
Ce Théodoros vivait vers le milieu du vie siècle av. J.-C. ; mais dès le vin0, il Samos, les hommes aussi bien que les femmes portaient, suivant la mode asiatique, des boucles d’oreilles, des colliers et d’autres parures en or. Comment ne pas admettre qu’il y eût dès lors d’habiles orfèvres dans cette île, et dans toute l’Ionie, qui avait adopté les mêmes usages10?
L’empreinte orientale est profondément marquée à l’origine dans les ouvrages en or trouvés, non-seulement en Asie et dans les îles voisines11, mais dans la Grèce même12 et en Italie, particulièrement en Étrurie. Et c’est sans doute parce qu’ils possédaient les traditions d’une industrie déjcà perfectionnée, que les orfèvres de
3 Odyss. IU,42bets.; et aussi Iliad. X, 294. — ?> Yoy. à ce sujet, Boulé, Hist.de l'art ÿrec avant Përiclès, p. 357 ; Brunn, Lie Iiunst bei Homer ( Abhandl . d. bayer. Alcad.), 1 SCS, p. 7 et s.; Biedenauer, Handwerlc in homer. Zeiten, p. 119 et s. — 5 Quatremère de Quincy, Jupiter Olympien , 2e et 3e partie; O. Millier, Handb. d. Archüol. § 59; Biedenauer, l. I. — 6 Vov. aurum, caelatura et les articles spéciaux relatifs aux bijoux et autres objets en or. —10. Miiller, Handb. § 60 ; Brunn, Geschichte der griech. Künstln -, T, p. 29, 31 et s.; Urlichs, in Rhein. Muséum, t. x', 1856, p. 1 et s.; Bursian, in Jahns Jahrb. 1856, I, p. 599; Overbcck, Geschichte i. griech. PlastUc, p. 76 et s. — 8 Hcrod. VII, 27 ; Plin. Hist. nat. XXXIII, 15 ; Athen. Xll, p. 514 à 539. — 9 Herod. I, 14, 51 et 92 ; V, 36 ; VIII, 35. — 1» Athen.’ XII, p. 525 e; Alcman. Frag. 30 (39 Bcrgk); Thuc. I, 6; Xenoph. Anab. III, 1,31; Dio Chrys. XXXII, 3 ; Lucian. Liai, meretr. VII, 1. — U Vov. particulièrement sur les bijoux trouvés à amiros dans l’ile de Rhodes, Rev. archéol. 1861, 2? part p 470
ces pays atteignirent presque du premier coup h une habileté qui n’a pas été dépassée. Un de leurs modernes successeurs, le plus compétent pour les juger, s’est exprimé à ce sujet en des termes qui méritent d’être rapportés13 : « Nous voyons, dit- il, sortir aujourd’hui des nécropoles oubliées de l’Étrurie ou de la Grèce, l’or travaillé avec une perfection que tous les raffinements de notre civilisation non-seulement ne peuvent imiter, mais dont ils ne sauraient même expliquer théoriquement la méthode. Il semble que les Grecs et les Étrusques aient reçu pour ainsi dire dans son entier et à son plus haut degré de perfection l’ensemble des connaissances pratiques à l’aide desquelles les plus anciens peuples de l'Orient travaillaient les métaux précieux. »
Cependant l’art de l’orfévre ne resta pas en Grèce, non plus qu’en Étrurie, tributaire de l’Asie. Parmi les ouvages en or qui nous restent de l’antiquité, il en est assez qui appartiennent en propre à ces pays pour nous mettre à même de juger la part qui revient à leurs artistes. Quoique de rares bijoux, dispersés dans les collections, quelques pièces d’ornement , des vases en petit nombre, soient, même si l’on y ajoute l’argenterie dont le travail appartient au même art, de bien faibles débris de la richesse que nous révèlent les descriptions des auteurs, il est facile devoir d’après ces exemples14 comment les Grecs transformèrent ce qu’ils avaient reçu : en ceci comme en d’autres choses c’est parle goût qu’ils furent originaux.
11 suffirait de rappeler pour la Grèce en général combien, dans l’antiquité de même que dans notre moyen âge, l’art de l’orfèvrerie fut étroitement uni à celui de la statuaire, et que les plus fameux chefs-d’œuvre de Phidias, de Polyclète et d’autres célèbres sculpteurs de la Grèce étaient des assemblages d’or et d’ivoire. Plusieurs d’entre eux, à côté des colosses qui ont fait leur plus grande gloire, ont exécuté en or, dans de petites dimensions, des ouvrages également vantés comme des merveilles [caelatura, sculptura]. A Athènes, au temps de sa plus grande prospérité, le travail de l’or tenait une place considérable. Plutarque15 nomme des orfèvres parmi les artistes et artisans de tout genre occupés par Périclès. Démosthène, dans son plaidoyer contre Midias 16, appelle en témoignage l’orfévre qui préparait la couronne d’or et les costumes du chœur qu’il s’était chargé d’équiper : cet orfèvre avait vu sa boutique (^puffo/oeTov), située sur l’Agora, violemment envahie. C’étaient des ouvriers d’Athènes, citoyens, métèques ou esclaves [artifices!, qui fabriquaient les couronnes d’ordonnées en récompense par des décrets publics [corona], et sans doute aussi les Victoires, les vases et la plupart des objets d’or et d’argent si nombreux dans le trésor du Parthénon17, les bijoux dont les femmes, les jeunes filles surtout, séparaient18, ou les pièces de vaisselle d’or et d’argent que possédaient les familles aisées19 [aurum, argentum]. Platon évaluait à 50 mines ce que Deinomaché, la mère d’Alcibiade, possédait
— I- Yoy. à l’art, inaüris, des boucles d’oreilles trouvées à Mégare ; cf. F. Lenormaut. Premières civilisations, U, p. 383. — 13 A. Castellani, Mém. lu à l'Acad. des inscr. le 20 déc. 1 860. — l’» Vov. principalement Arneth, Gold und Silbermonum. des Anti/c. Cabinets in Wien, 1850; Antiq. du Bosphore cimmèrien au musée de l’Ermitage : Dubois de Montpéreux, Voyage au Caucase, pl. xx et s.; Comptes rendus de la Commiss.arçh. de St-Pétersb., Atlas; Catalog. des bijoux du musée Napol.III, Paris, 1862 ; Chabouillet, Calai, des camées et antiques de la Bibliothèque imp. Paris, 1858 ; Gerhard et Panofka, Neapels anti/ce Bildwerke, p. 436 et s.; O. Miiller, Handbuch d. Archüol. g 311 ; Marquardt, /fera. Privatalterth. II, p. 289, et les ouvrages indiqués à la note 33 pour les Étrusques. — 1 $ Pericl. 12 : yp.aoü p.aXaxvxpt;. — 16 C. Mid. 22.
— U Voy. NichaëWs, Ler Partheuon, Leipz. 1871, p. 288 et s., où sont résumés les travaux antérieurs. — 18 Aristoph. Au. 670 ; Lys. 408 ; Aelian. Hist. var. I, 18. — 19 Plaute ( Tria . Il, 1, 252) parle d'un esclave (auri custos ), préposé à la garde des objets en or.
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d'or pour sa parure ; Démosthène, à la même somme (ce qui faisait peu près le septième de tout son héritage), celui qui appartenait à sa propre mère, en y ajoutant les vases a boire-0. La possession de mines d’argent dans l’Àttique même dut contribuer ;\ développer à Athènes l’industrie de ceux qui travaillaient les métaux précieux.
11 est permis de croire que dans les autres villes grecques renommées pour le travail des métaux, telles que Corinthe, Délos, Sicyone, Égine, etc., il y eut aussi d’habiles orfèvres. Toutes envoyaient aux principaux sanctuaires des couronnes, des cratères, des ustensiles sacrés et quelquefois des statues d’or ou dorées [DONARiAj.Dèsle milieu du vu0 siècle, Cypsélus, tyran de Corinthe(ou sonfilsPériandre), avait consacré dans l’Heraeum d’Olympie une image colossale de Jupiter, faite en or battu au marteau 41 . Le coffre célèbre qui portait le nom de Cypsélus était orné de figures appliquées d’or et d’ivoire23. Sicyone fut longtemps le foyer de toutes les industries qui mettent en œuvre les métaux23. Sparte eut aussi, au moins parmi ses périèques, des artistes habiles au travail de l’or 24. Peut-être les premiers, ceux, par exemple, qui exécutèrent la statue d’Apollon à Amyclée avec l’or envoyé par Crœsus23, étaient-ils venus de Chios, de Samos ou de Magnésie : Bathyclès était Magnésien ; mais Dontas fit, pour le trésor des Mégariens à Olympie, des sculptures en bois de cèdre rehaussé d’or, et pour celui des Épidamniens des statues d’or et d'ivoire26. Ces ouvrages appartiennent au temps où Sparte affectait le dédain des métaux précieux : aussi avaient-ils une destination religieuse; mais, comme on sait, le luxe ne lui demeura pas toujours étranger, et même on vit par la suite un Lacédémonien, Callicratès, devenu célèbre par l’adresse avec laquelle il ciselait des objets de fantaisie, vrais joujoux dont le principal mérite consistait dans leur extraordinaire petitesse27. Des vases d’or, désignés sous le nom de laconiens, figurent, à côté d’autres ciselés à Corinthe28, dans la pompe bachique de Ptolémée Philadelphe, dont la description montre par un exemple frappant la profusion des œuvres d’orfèvrerie à la cour des successeurs d’Alexandre29.
C’est par la Grande-Grèce que l’influence hellénique pénétra en Italie. Il suffit de rappeler avec quel art exquis furent gravées les monnaies des villes grecques de l’Italie méridionale et de la Sicile, et la quantité de chefs-d’œuvre d’orfèvrerie qui s’y trouvaient encore après la conquête des Romains 30, pour faire comprendre quelle importance cet art dut longtemps y avoir et combien furent nombreux les artistes qui s’y employaient. Plusieurs , et non des moins renommés, vécurent encore à la fin de la république romaine et dans les premiers temps de l’empire 31.
Mais avant même que les modèles de cet art eussent pu pénétrer dans l’Italie centrale, les Étrusques y étaient passés maîtres. Leurs productions furent recherchées dans
20 Plat. Alcib. I, p. 123 c ; Dem. C.Aphob. I, 13; cf. C.Spud. 27. — 21 Suid. et Phot. Kutj/tXiiav 4vàew« ; Strab. VIII, p. 353 et 378 ; Paus. V. 2, 3 ; Diog. Laert. I, 96.- 22 Pans.
V 17 5 et s. — 23 Hist. nat. XXXVI, 4,9 : « Quae diu fuit officinarum omnium metallorum patria. » — 24 O. Millier, Dorier, II, p. 24, 2* édit. ; cf. Grote, Hist. de la Grèce , t III p* 287 et s. de la trad. franc. — 23 Herod. I, 69. — 26 Paus. V, 17, 1 ; 3 I, 19, ,‘2> ! n plin. Hist. nat. VII, 21, 85 ; XXXVI, 4, 43 ; Aelian. Var. hist. I, 17 ; Athen. XI p. 782 b ; Plut. Adv. stoîc. XLIV, 5 ; Bekker, Anecd.gr. II, p. 651, 30.— 28 Athen.
Y ’29 p 199 e. — 29 Athen. I. I. et 22, 23, 194, 195, voy. aussi IV, 29, 147 ; Tit. Liv. XXXV 23; XL1I, 6; XXXVII, 59; Plut. Anton. 28; BOckh, Corp. insc. gr. 2852. — 30Cic. In Verr. IV, 1, 21, 46; 24, 54 et passim; voy. aussi Thuc. VI, 46.— 31 Plin. Hist. nat. XXXIII, 156. — 32 Athen. I, p. 288; XV, 700 c. — 33 Voy. principalement O. Millier, Etrüsker, II, 253 ; Id. Handb. d. Arch., § 173 ; Grill, Monum,di Cere anica, Rome' 1841. Abeken, Mittelitalien cor rôm. Herrschaft, Stuttg. et Tiibing. 1843,
la Grèce même, au temps des Myron, des Mentor et des Mys32. Tous les procédés de l’orfèvrerie et de la bijouterie paraissent leur avoir été familiers et ils en possédaient, comme on l'a déjà dit, qui sont restés jusqu’à présent inimitables. Les témoignages que nous ont laissés les anciens à cet égard ont été confirmés par la découverte d’un grand nombre d’objets en or dans les nécropoles de l’Étrurie33. Le goût de ce peuple pour les bijoux de toute espèce nous est, en outre, attesté par beaucoup de monuments représentant des femmes ou même des hommes qui en sont chargés avec profusion.
Il communiqua ce goût aux peuples plus pauvres qui l’entouraient, aux durs Sabins et à Rome naissante34. Les Romains prirent des Étrusques la coutume de déposer dans les tombeaux des objets d’or, et il fallut en réprimer l’abus par la loi des Douze-Tables. Ils reçurent d’eux aussi l’usage des couronnes d’or ( coronae etruscac) et des autres ornements du triomphe [corona, triumpiius], des bulles d’or [bulla] portées par les jeunes garçons, des anneaux d’or [anulus] et probablement des bracelets, des colliers et des autres bijoux qui furent portés par les Romaines dès un temps fort ancien et auxquels elles ne renoncèrent plus désormais. Dans les plus grandes calamités des guerres puniques, quand chacun dut porter au trésor public l’or et l’argent qu’il possédait, les sénateurs réservèrent l’anneau d’or pour eux-mêmes, la bulle pour leurs enfants et une once d’or pour la parure de leurs femmes et de leurs filles 33. Ce luxe s’accrut graduellement à mesure que la conquête rendit les Romains maîtres de nouveaux pays et de nouvelles richesses. Les prescriptions de la loi Oppia (215 av. J.-C.), qui interdisait aux femmes d'avoir sur elles plus d’une demi-once d’or, en suspendit à peine les progrès pendant quelques années. Il n’eut plus de bornes dès la fin de la république et grandit encore sous les empereurs. On vit l'or et l’argent employés dans la parure, la vaisselle 36 et l’ameublement ; servant à la décoration intérieure des appartements et même au revêtement des murailles et des toits ; rehaussant l’éclat des tissus ou en formant la trame [vestis, mantele, tares] ; ornant les armes et l’équipement des soldats, les chars, les harnais des chevaux, etc. [aurum, argentum].
Quels étaient les ouvriers qui travaillaient pour suffire aux besoins de ce luxe? On les trouve désignés dans les textes et les inscriptions non-seulement par les dénominations générales de aurifices , de ciurarii et argentarii fabri, mais par d’autres encore qui précisent davantage le genre de travail auquel l’un ou l’autre était plus particulièrement adonné, depuis le batteur d’or, bractearius ou bracteator (TtExaÀoupyoc, 7iîTa^o7rotdç) , qui le réduisait en feuilles 37 [bractea] propres à l’ornement ou à la dorure, jusqu’au sertisseur qui montait en or les pierres précieuses 3S. Un bas-relief du musée du Vati-
p. 374, 392 et s. ; Dennis, Cities and cerne teries of Etruria, Lond. 1848, index ; Micali, Monum. ined. a illustra z. d. ant. popoli italiani , Firenze, 1844; Museo etr. Gregoriano. Rome, 1842, I, pl. lxxvi et s ; Catalog. des bijoux du musée Napol. III, Paris, 1862; X. Desvergers, l’Étrurie et les Étrusques, Paris, 1862, 1. 1, p. 311, atlas, et 1 ellépertoire des Annal, de l'Instit. arc/iéol. de Home. — 34 Dion. Hal. Il, 38 ; cf. III, 41 ; Ampère, L‘ hist. rom. à Home, I, p. 386. — 3ô Tit. Liv. XXVI, 36. — 36 Les empereurs seuls toutefois eurent de la vaisselle de table en or depuis Tibère jusqu’à Aurélien, qui en permit l’usage aux particuliers : Tac. Ann. II, 33 ; Vopisc. Aurelian. 16. — 37 Doni, VIII, 19, et IX, 1; Visconti, Op. varie, I, p. 76, 5; Gruter, 1074, 12 ; Orelli, 4067, 4153 ; Plin. XXXIII, 19, 3 ; Lucian. Philops. 19 ; Amm. Marc. XIV, 6, 8 ; XVII, 4,15; Firmic. Mat. IV, 15 ; VIII, 16 et 26 ; Sid. Apoll. Epist. II, 10 ; VIII, 8 et interp. ; O. Jahn, in Berichte der Sachs. Gesellsch. 1862, p. 807. — 38 Hieronvm. In Jerem. V, 24 : «.înclusor auri et gemmarum.
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can 39 , au-dessous duquel on lit l’inscription avrifex biivttiai’, représente (fig. 659) un batteur d’or occupé à amincir une feuille d’or sur une enclume, à l’aide d’un maillet; auprès de lui on voit une pile de lingots , des balances sont suspendues audessus de sa tète.
On retrouve , les balances (fig. 660) sur le tombeau d’un esclave nommé Hilarus que son inscription ne désigne que sous l’appellation générale d 'aurifex 40 ; mais le compas et le burin placés à côté, avec des lingots, indiquent les travaux plus fins de la ciselure ou de la bijouterie. Dans une peinture de Pompéi, qui représente rhctis chez A ulcain 41 et dont un morceau est ici re-
Flj>. Geo- Emblèmes gravés sur le tombeau d'un orfèvre.
produit (fig. 661), on voit un ouvrier travaillant à l’aide d'un ciselet, à 1 ornement d’un casque; auprès de lui, avec des
F’S* 661. Ouvrier ciselant des ornements dorés.
marteaux de différentes formes, sont les autres pièces de
39 Gall. delle Statue, n. 262; Serkhte d. Sachs. Gesellsch. 1862, pl. vu, 2. Ainaduzzi, Anecd. litt. I, p. 476, 139; O. Jahn, Specimen epigpraph. Kicl, 18ol, p. 80. 41 Helbig, Wandgemàlde der verschütt. Stàdte , n. 1318 c,
pl. WH. — 42 c. insc. gr. I, 124; Treb. Poil. Claud. 14, 5; O. Muller, Handb. ' ' Arch • § 311> 3- ~ 43 Orelli, 1614, 4067, 4201 ; Firm. Mat. 4, 15; Cod. Just. X, 6r, 1. On trouve aussi 1 expression aura inluminare dans les inscriptions: Orelli MOd; Le Bas, Voyage arch. (Syrie), 1881; Henzen, 6140; L. Renier, Insc. de (jène, 1891. ff Panofka, Bilder anti/c. Lebens, pl. vin, 7; cf. Y11I, G; Ü. Jahn, l. c.; Mariette, Pierres gravées; Caylus, liée, de trois cents têtes 224- Grivaud de la Vincclle, Arts et métiers, 63. - 48 Cic. In Yen-, IV, 24, 54-’ Die! XIX, 5, 202 ; XXXIV, 2, 39; XLIV, 7, 61, pr.; Spon, Mise. ant. erud. p. 66; Marini,
I armure d or d’Achille. Si l’on ne fabriquait pas, dans la iéalité, des armes d’or, on en faisait qui étaient dorées, inci ustées d or 42 ou damasquinées : c’était l’ouvrage de la ciiat soGRAPiiiA.Pour I explication de ce mot, pour l’industrie des barbaricarii et pour toutes les dénominations qui s’appliquent a quelque partie, non de 1 orfèvrerie seulement, mais du travail des métaux en général, tels que ceux du fondeur ( fuso? • et statuanus ), du modeleur (figvrator), du sculpteur, du graveur, du ciseleur, du brunisseur {scalptor, cnelator, crustarius, anaglyptarius, excuser, Iritor , samiator) , etc., nous renvoyons aux articles spéciaux [caelatura, sculptura, statüaria ars]. Les doreurs s’appelaient deaur a tores ou inauratores 43 ; les fabricants de vases, vusculani. On voit (fig. 662) sur une pierre gravée 44 , un de ces derniers occupé à ciseler l’anse d’un cratère; d’autres pierres représentent, à ce qu’il semble, des sujets semblables, il est toutefois malaisé de distinguer dans Fig. 66î. 0rfévre.
les images qui y sont gravées si c’est à un ouvrage de métal ou de marbre que l’ouvrier donne ses soins. Quant au nom même de vascularius, il n’est pas moins difficile, le plus souvent, de deviner, dans les textes ou les inscriptions40, s’il s’applique à celui qui fabriquait des vases ou à celui qui les faisait faire et qui les vendait. Ce dernier est quelquefois plus clairement désigné sous le nom de negotiator vascularius 46 [negotiatûr].
II est probable que de bonne heure les banquiers [argentarii], détenteurs des métaux précieux, en fournirent à la fabrication ou se firent eux-mêmes entrepreneurs, en faisant travailler des ouvriers libres ou surtout esclaves.
Il y avait, il est vrai, à Rome, des orfèvres libres et citoyens : ils formaient un corps de métier dont l’existence îemontait jusqu au temps des rois, et on peut encore en constater 1 existence sous l’empire47. Leurs boutiques (offtetnae, tabernae) paraissent avoir été groupées dans le voisinage du Forum et de la voie Sacrée et autour de la basilica argentana ,s. Il y avait, à côté de ces artisans romains, soit a Itome, soit dans les villes de l’Italie et des prov inces, des étrangers exerçant la même profession 49 ; mais, citoyens ou étrangers, ils étaient en général misérables50, faute d un capital considérable qui leur eût été d’abord nécessaire et sans lequel leur industrie ne pouvait rester lucrative tandis que le luxe s’accroissait avec la richesse : c est ce qu on peut induire non-seulement de la valeur de
1 or et de 1 argent et de l’élévation des prix en général, mais plus particulièrement du prix qu’on donnait des ouvrages des ciseleurs fameux [argentum] ou même d’un modèle en plâtre destiné à être reproduit en métal31. Les grands propriétaires, les grands trafiquants et leurs affranchis se trouvèrent seuls en possession d’un tel capital. Les artisans libres ne purent lutter que bien inégalement contre la concurrence ruineuse des esclaves qui travaillaient dans les ateliers des empereurs ou des riches parti-
7î «M™!' 2i9; Gl'Uter’ p- 643’ 4*5, 6; Orelli-Henzen, 4147, 7217,
“7^^ llC B°1SSieU’ IllSCr- de L’J°n> P- 199 ; O. Jahn, l. c.
48 Grutcr 638% rU er’ P< 258> 7’ 63S> 9 ; Doilati, P- 225, 2; Marini, L l.
G.uter, 638, 7 ; Mommsen, Insc. r. neap. 6852 ; Henzen 218 • Marini / / . „r
4144 Mommsen, Insc. r. nean tan 07s< . n ■
’ , , 1 oSU> 37S4i C. vise. lat. IV, 710; VII. 265- C insr
rjr — • ™“~. 41. - .. ai ri nL ,
; °f C ,/• ta 'Cr',0S a,que il,am omnem fcecem civitatum » ; Dion. Hal ,/ o8 . Nauclet, Mera. de VAcad. desinser. N. s. ,. XIII. ,» partie. - 5. Le modèle en pi (1 uii cratère fut pavé un talent fs sen r l
eullus (p| in. XXX, 45). P Arcésilaus» ^
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Fig- 663. Trousse de toi lette.
Fig. 664.
Cure-oreille.
culiers ou qui faisaient partie de leur domesticité 52 [artifices, servi]. E. Saglio.
AURIGA, aurigator, aurigarius ('Hviôÿjoç) — Cocher, conducteur de char [currus, véhicula, circus].
AURISCALPIUM (SItoy^u^î;). — Cure-oreille1, et aussi sonde de chirurgien pour l'oreille s. On possède encore dans les collections un assez grand nombre de ces petits instruments en os, en ivoire, en ar- ' gent ou en or ; le côté opposé à la sonde est ordinairement terminé par une pointe pouvant servir de cure-dents ou de cure-ongles. Quelques-uns ont été confondus avec des styles [stylus], mais leur emploi ne peut être douteux lorsqu'on les rencontre réunis à d’autres objets servant à la toilette, comme dans une ciste du musée étrusque du Vatican ®, ou même formant une petite trousse, comme celle4 qu’on voit (flg. 663). Aux exemples que nous venons de citer, appartenant, l’un à l’Italie ancienne, l'autre à un établissement romain de l’empire5, nous en joindrons un troisième (flg. 664) purement grec, trouvé en Crimée6; il est en or et très-élégant, et peut avoir été fabriqué au IVe siècle av. J.-C. E. Saglio.
AURORA (Hwç), l’Aurore. — I. Fille d’Hypérion et de Theia ou d’Eurypbaessa 1 ou de Pallas 2 , sœur d’Hélios et de Séléné3, c’est-à dire du Soleil et de la Lune , l’Aurore personniüait les roses clartés du matin : aussi Homère la nommet-il la déesse aux doigts de rose (£oôoSaxruXo; ’Hioç) 4 .
Chaque matin, quittant la couche de Tithon , son époux , et
montée sur un char traîné par deux chevaux rapides, dont les noms, Lampus et Phaéton (de Xap/rcw et Ww), rappelaient l’idée d’éclat et de lumière, l’Aurore sortait de l’Océan et s’élevait dans les airs, précédant Hélios dans sa
course à travers le ciel5. Les anciens poètes grecs ne virent point en elle seulement la déesse de l’heure matinale : chez Homère, elle personnifie également le milieu du jour ou tout simplement le jour6. Les tragiques donnèrent le nom d’Héméra à l’Aurore. Un des personnages de la tragédie des Perses7 désigne l’Aurore par ces mots : XsuxÔTtwXo; 'llpipoc, le Jour aux chevaux blancs. Dans Hésiode8, Héméra n’est pas sœur du Soleil et de la Lune, mais fille de l’Érèbe et de la Nuit.
L’Aurore nous est représentée comme une jeune et vive déesse, éprise de tout ce qui est comme elle jeune et vaillant. On disait que Vénus, jalouse de ce qu’elle s’était donnée à Mars 9, l’avait rendue amoureuse des jeunes et beaux mortels qu’elle enleva : Orion, tils de la Terre 10, Clitus, fils de Mantius11, Tithon, qu’elle transporta en Éthiopie et dont elle eut Memnon et Émathion12. En obtenant de Jupiter que Tithon fût immortel, elle n’avait point songé à demander que sa jeunesse fût également prolongée; Tithon, réduit par une vieillesse qui n’avait pas de terme à n’être plus que l’ombre de lui-même 13, fut changé en cigale par l’Aurore dégoûtée de ce triste époux n. Céphale 1S, qu’elle enleva sur le sommet de l’Hymette 16, la rendit mère de Phaéton 17. On disait aussi qu’elle avait enfanté avec Astrée les Étoiles et les Vents18.
La tradition homérique représentait l’Aurore sur un char traîné par deux chevaux. Dans Virgile 19 nous la voyons tantôt sur un bige, tantôt sur un quadrige. D’autres nous montrent l’Aurore montée sur Pégase, présent
de Jupiter ou l’attelant à son char20. E.Vlvet.
IL Quoique les poètes romains n’aient fait que développeren apparence les idées que les Grecs s’étaient faites de l’Aurore, ils ne s’écartaient pas, en les suivant, des traditions nationales. Celles des deux peuples avaient une origine commune ;
elles se confondent quand on remonte jusqu’à un passé lointain. C’est ce qu’indique l’étymologie des noms étrusque et sabin de l’Aurore21. D’anciens chants faisaient d’elle la fille du Soleil 22, et, comme on le verra aussi,
52 Bianchini, Caméra, p. 67, n. 220 ; Gruter, p. 31, 11 ; Orelli, 2785, 4146, 6 04 ; Henzen, 7352; Jahn, Specim. epigraph. p. 80; Cic. In Verr. 1Y, 24, 57; Schol. Juven. IX, 145. — BiblioOrapüie. Gori, Columbarium libertorum et seroorum Liviae , Flor. 1727, n" 114 et s ; Quatremère de Quincv, Le Jupiter Olympien, Paris, 1815, 2* et 3e parties ; Ottfried Millier, Handbuch der Archàologie der Kunst , §§ 38 et suiv. 71, 307, 311, 3* édit., Breslau, 1848; Abeken, Miltelitalien vor den Zcitcn rômisch. Herrschaft, Stuttg. et Tiibing. 1843, p. 374 et s. ; Arneth, Gold uad Silbermonumente des Antiken Cabinets in Wien, 1850 ; IÂrause, Angeiologie, Halle, 1854, p. 47-100 ; Brunn, Gescliichte der griech. Künstler, Stuttg. 185/, p. 397 ; O. Jahn, iti Berichte der Sàchsischm Gesellschaft der Wissenschaften (philol. hist. Classe!, 1862; Marquardt, IlOmische Privatalterthümer, II, p 285,290, Leipe. 1867; ISiichsénschütz, Besitz un lErwerb im griech. Alterthume, p. 232 et s., Halle, 1869; Id.lhe Hauptstdtten des Geüierb/leisses im Alterthume, c. îv, Leipz. 1869 ; H. Blumner, Die gewerbliche Thatiglceitde'rVôlkerdes klassischenAUerthums, Leipz-1869; Riedenauer, Handwerk und Handuierker in den homerischenZeiten, p. 117 etsuiv. Erlangen, 18,3.
ABRISCAUPIUM. 1 Mart. XIV, 23. — 2 Scribon. CompOs. 230. — 3 Mon. d. Inst. arch. 1 855, pi. x, m; - * MïttheUüng. d. Antig. Gesellsch. in Zilrich, XV; pb xt,
32. 5 Yoy. aussi Caylus, Bec. d! antig. t. VI, pl. exxx, 5; Boldetti, Osserv. sopra
i cimiteri, VI, p. 511. — 6 Antig. du Bosphore au musée de l’Ermitage, pl. xxx,8ct 9.
AURORA. 1 Hesiod. Theog. 371.— 2 Ovid. Met. IX, 420; Fast. IV, 373. - »Hom. Hymn. in Sol. 6 ; Hesiod. I. c. — 4 Hom. II. I, 477 et Schol. — 5 Hom. Od. V, 1 ; XXI 1 1, 243 ; II- XI, 1 ; II, 48 ; Virg. Aen. IV, 129 ; Georg. I, 446 ; Hom. II. in Merc. 184. — «Hom. II. V, 390 ; VII, 458; X, 144 ; Od. X, 190 ; XIII, 794; XIX, 571 ; Strab. p. 455 ; Paus.1,3, 1. — 7 Aeschvl. Pers. 423; cf. Eurip. Troad. 848. — 8 Theog. 124; cf. 748. — 9 Apollod. I, 4. — 10 Hom. Od. V, 121. — 11 Hom. Od. XV, 250.
— 12 Hes. Theog. 984; Apollod. III, 124. — 13 Hom. Hymn. in Ven. IV, 218-238 ;
— 14 Serv. Ad Georg. I, 447. — 16 Hes. Theog. 984. — 15 Ovid. Met. VII, 703.
— 17 Apollod. III, 143 ; Paus. I, 3, 1.— 18 Hes. Theog. 378 ; cf. Theophr. De vent. 15. 19 Aen. VI, 535 ; VII, 26 ; XII, 77 ; Lycophr. 16. — 20 Eurip. Orest. 1004 et Schol. ; Schol. Ad Iliad. VI, 155 ; Lycophr. 15 et Sch. ; Etym. M. ’ALiiiov ; Eust. Ad II.
p. 826, 24. 21 Usil, ausel, dérivant comme ILL du sanscrit us h ; Pott, Etym.
Forsch. I, p. 138 ; Curtius, Gr. Etym. I, 367 ; Ar. Fabretti, Glossar. ital. col. 2017 Hesych. ’AwilXos ‘Eci>; Irai Tujîpïjvüv : cf. Forchammer, Hellenika, p. 82 ; Max Muller, Mythol. conïpar. p. 52, 60, 62. trad. G. Perrot. — 22 Fcst. p. 193 Lind.
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AUR
les monuments où elle est figurée, qui appartiennent à l’Italie, ne diffèrent par rien d’essentiel de ceux qui ont une origine purement hellénique.
On ne trouve chez les Grecs ni chez les Romains aucune trace, sinon très-douteuse 21 , d’un culte de l’Aurore. Divinisée comme le furent à l’origine tant de phénomènes naturels, la brillante apparition qui précède le lever du soleil fut d’abord séparée de celui-ci, et sa personnification fut de bonne heure très- complète ; si bien que les plus anciens poètes n’ont pour ainsi dire rien laissé à ajouter à ceux qui sont venus après eux, et que les artistes à leur tour n’ont eu qu’à suivre les descriptions des poètes.
Sur les vases peints, qui sont les plus anciens monu¬
musée de Berlin 27 ; un globe au-dessus delà tête de l’Aurore indique seul la venue prochaine du Soleil encore sans rayons. Une remarquable composition (fig. G6G) décorant un cratère de la collection de Blacas 28 réunit les figures qui personnifient les épisodes successifs du lever du jour : le
char du Soleil sort des flots de la mer, où se plongent les étoiles, représentées par de jeunes garçons ; Sélénô ou la Lune , sous les traits d'une femme voilée, s’éloigne , portée par un cheval ; entre l’astre de la nuit et celui du jour, l’Aurore ailée poursuit Géphale sur le sommet des montagnes 29.
D’assez nombreuses peintures de vases 30 offrent l’image de la déesse s’efforçant d’atteindre Céphale, Orion, Tithon ou Clitus; d’autres, plus rares, la montrent puisant de l’eau à une fontaine 31 ou la répandant en rosée sur la -
i3 Ovid. Met. XIII, 588 ; Polemon. Frag.; Schoemann, Op. acad. II, p. 380, note.
— Millin, Tombeaux de Canosa, pl. v ; Inghirami, Va si fittili, pl. cccxciv ; Gerhard. Lichtgoltheit. in Alcadem. Abhandlung. pl. vii, I ; Guigniaut, lîelig. de l’antiq. pl. cxlix >er, n° 555 b; O. Jahn, Vasensamml. in München, n. S49. — -5 Voy. aussi Monum. d. Inst. arch. II, 30-32 ; Annal. 1864, pl. S. — 26 Millin, Vases, I, 55 ; II, 37 ; Id. Galerie myth. pl. xxx, n° 93 ; clkix, n» G 1 1 ; Guigniaut, Op. I. pl. i.xxxi, n° 335 ; lxxxviii, 335 a ; Gerhard, Op. I. pl. vi, 4 ; vu, 4 et 5 ; Monum. d. Inst. [V, 16. — 27 Gerhard, Lichtgottheiten, in Alcad. Abh. pl. vin, 3 ; ld. Trinkschalen, pl. vin, 2 ; Lenormant et De AVitt e, Élite des monum. céram. t. II, pl. cxvii et aussi pl. cix et cxvii. — 28 Panofka, Mus. Blacas, pl. xvii ; R. Rochette, Monum. inéd. pl. lxxiii ; Élite céramogr. II, pl. exi cxn ; Gerhard, l. I. pl. v, 2; Welcker, Alte
ments où nous trouvons l’Aurore représentée, on la voit conduisant un char attelé de deux ou de quatre chevaux, tantôt seule, tantôt précédant celui du Soleil, ou volant ou marchant devant les chevaux et les tenant par la bride. Un des plus beaux exemples est celui d'un vase trouvé à Canosa 2\ où l’Aurore est peinte debout sur son char, s’élevant au-dessus de la mer (fig. GG3) ; un génie ailé, au front rayonnant, Phosporos, l’étoile du matin, vole devant elle; le Soleil, qui dirige comme elle un quadrige, la suit de près. L’Aurore n'est pas ordinairement figurée avec le nimbe entouré de rayons 25 . Souvent elle est ailée 26 ; ou bien ce sont ses chevaux qui sont pourvus d’ailes, comme on le voit dans le fond d'une coupe du
terre 3Î, tandis qu’elle vole à travers les airs (fig. 667).
Nous avons déjà remarqué que les œuvres grecques représentant l’Aurore diffèrent peu de celles qui appartiennent en propre à l’Italie. On la voit sur les miroirs
Fig. 668. L'Aurore sortant de l'Ocêau.
étrusques conduisant son char 33 ou poursuivant Céphale et l’emportant dans ses bras Sur un vase trouvé et certainement aussi fabriqué en Etrurie, qui reproduit le
Denhn. 111, pl. ix, p. 54. — 29 C'est là sans doute le vrai sens du nom Kéya.\o; ; selon d'autres il vient de xv£=a.;, et signifie l’obscurité : AA'clcker, 1. 1. p. 55. — 3° Tischbein, Vases d' Hamilton, II, 61 ; Guigniaut, pl. lxxxviii, n° 335 a; O. Jahn, Arch. Beitrâge, p. 93; Gerhard, Auserles. Vasenbilder, III, 39 ; Roulez, Vases de Leyde, pl. vi ; Monum. d. Inst. arch. 1840, pl. xxm. — 5* Heydemann, Griech. Vasenb. 1870, pl. v, 2. — 32 La lig. 664, d’après un vase du Louvre : Millingen, Uned. monum., pl. vi; Élite céram. II, pl. cvm A; Gerhard, l. I. pl. vin, 9. Voy. aussi lien, archéol. N. S. XVII, p. 351. — M R. Rochette, Monum. inéd. pl. lxxii A, I; Gerhard, Etr. Spiegel, pl. lxxiii ; Id. Akad . Abhandl. pl. vin, 2. — 3:* Gerhard, Etr. Spiegel, pl. clxxix, clxxx; Mus. etr. Gregor.l, 32; Mon. d. Inst. III, pl. xxm; Annal. XII, p. 149 ; Abekcn, Mittelitalien, pl. vii.
Fig. 666. L’Aurore et Céphale. Le lever du jour.
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même sujet85, elle a quatre ailes. La figure 668, d’après un bas-relief d'une urne en albâtre trouvée à Volterre 86, la montre s élevant de la mer entre quatre chevaux qui sans doute sont ceux du Soleil. On peut en rapprocher un denier d argent de la famille Plautia 3T, au revers duquel 1 Aurore s avance les ailes ouvertes, conduisant quatre chevaux fougueux (fig. 669) et tenant un rameau avec lequel elle répand la rosée sur la terre 3S. On la voit aussi sur une monnaie d’Antioche frappée sous .
Lucius Verus 39, un flambeau allumé dans une main, de l’autre saisissant un cheval par la bride; un voile entoure sa tête comme une auréole. Telle à peu près encore elle figure, enveloppée d’un voile et portant un flambeau, dans un groupe sculpté sur la cuirasse de la belle statue d’Auguste découverte il y a peu d’années et actuellement au Vatican 40 : Hersé vole à côté d’elle et verse la rosée, et toutes deux
devancent le char de Phœbus. Comme sur d’autres monuments, l’Aurore et le Soleil levant sont destinés à rappeler ici des souvenirs glorieux de l’Orient M. On voit, en effet, au-dessous du groupe ici reproduit (fig. 670', Auguste recevant les enseignes reconquises sur les Parthes.
On indiquera dans les articles spéciaux les monuments où l’Aurore est figurée à côté de memnon, de Tithon [tituonus] ou d’autres personnages. E. Saglio.
AURUM (Xpuffoç), l’or. — La découverte et le travail de l’or remontent aux origines de la civilisation, bien qu’on ne croie plus aujourd’hui, comme le croyaient les anciens, que le premier âge fut un âge d’or ‘. Les Egyptiens, les Chaldéens, les Babyloniens, les Lydiens, les Étrusques ont connu et travaillé Tor. Il fut longtemps rare en Grèce et ne paraît y être devenu vraiment abondant qu’aprèsles
35 Au Louvre: cf. Helbig, Alloue mem. del. Inst. arch. 186a, p. 433, pl. xv. — 36 Inghirami, Monum. etr. I, 1, pl. vu ; Micali, l’Italia av. domin. d. Rom. pl. xxv ; Guigniaut, pl. clv, n. 589. — 37 Eckhel, Doclr. num. V, p. 275 ; VI, p. 442 ; lticcio, Med. di ont. fam. d. Roma , p. 1 34; Cavedoni, Saggio di osserv. suite med. di fam. rom. p. 112; Append. al Saggio, p. 144, et Ragguaglio dei ripostigli, p. 116 ; cf. Nuove mem. d. Inst. Arch. 1865, p. 52 ; Guigniaut, lxviii, 335 b; Cohen, Med. consul, pl. xxxm, Plautia 7 ; Panofka, Zur Erlclàr. des Plinius, p. la, fig. 8. Une pierre gravée du Musée britannique offre une représentation presque entièrement semblable. — 38 oie. De divin. I, 8; Ovid. Ad Liv. Aug. 282; Sil. I, 576. 39 Eckhel, Descr. num. Anlioch. pl. vu, 2; Gerhard, Abhandl. pl. vm, 7 ; Panofka, l. I. p. 17, fig. 10.— Bull. d. Inst. 1860, p. 75 ; 1863, p. 175, 243 ; Mon.d. Inst. VIII, pl. lxxxiv ; Garrucci, Dissert, di var. argom. I, 6 ; Cavedoni, in Nuove mem. del. Inst. 1865, p. 52. — 41 Preller, Rom. Myth. p. 289, 2» éd.— Bibliogiupuie. O. Miiller, Handbuch der Archâologie, § 400, 3, 2e éd. 1848 ; Gerhard, Leber die Lichtgottheiten, in Abhandl . d. Berlin . Alcademie, 1838, ou Akadem. Abhandlungen ,
victoires d’Alexandre4. Athénée cite à l’appui de cette assertion des fables et quelques faits historiques. Ainsi, la fameuse brebis d’or dérobée par Thyeste à Alrée3, cette cause fatale de tant de tragédies, n’aurait été qu’une coupe d’argent au centre de laquelle une brebis d’or était figurée. Ce fut, dit-il encore, pour un collier d’or qu Ériphyle trahit son mari Dans les temps historiques les Lacédémoniens, ne pouvant trouver assez d’or en Grèce pour dorer une statue d’Apollon, durent en acheter de Crésus, roi de Lydie, et Hiéron Ier, tyran de Syracuse, voulant consacrer dans le temple de Delphes une A ictoire et un trépied d’or, ne trouva qu’à grand peine le métal nécessaire chez un Corinthien qui l’avait amassé par petites quantités5. Au temps de Philippe, père d’Alexandre le Grand, l’or était encore assez rare en Macédoine pour que ce prince prît le soin de cacher la nuit sous son oreiller une coupe d’or du poids de cinquante drachmes qu’il possédait6. On verra plus loin que l’or était cependant dès lors assez commun à Athènes. 11 avait été de tout temps plus abondant en Asie.
Il semble que l’imagination grecque s’animait à l’idée des trésors de l’Orient. L’or joue, avec l’orichalque [oriciialcum], un rôle important et mystérieux dans les anciennes fables. Il suffira de rappeler ce que raconte Hérodote des trésors de l’Inde et de ces fourmis merveilleuses, plus grandes que des renards, qui soulevaient des sables d’or dans le désert 1 . Les légendes sur les griffons, gardiens de l’or, et les Arimaspes qui le leur dérobaient [arimaspi, grypiius], dans lepaysdesHyperboréens, ne sontpas moins fameuses 8. Le mythe de la toison d’or , symbole des richesses minérales de la Colehide9, se lie à la première grande expédition maritime des Grecs et ne marque pas dans leur histoire une date moins importante que celle de la guerre de Troie10 [argonautae, jason].
Des faits réels se cachent derrière ces légendes poétiques. Les Arimaspes à un seul œil devaient être les mineurs de l’Oural, qui transmettaient leurs métaux précieux aux Argippéens, tribu d'un caractère sacré, à laquelle semble avoir appartenu le privilège de fournir les chamans de leurs voisins de même race. Colomb trouva de même, chez certaines peuplades sauvages du nouveau monde, la recherche de l’or entourée de pratiques superstitieuses auxquelles lui-même aurait voulu, par un respect religieux pour les trésors cachés de la terre, voir se conformer les Espagnols11. Les Grecs des colonies milésiennes recevaient l’or des Argippéens et des Issédons, autre peuple scythe, habitant de la Sibérie méridionale. Ces derniers tiraient l’or des gisements de l’Oural ou de l’Altaï la. Une route tracée par les caravanes au nord du Pont- Euxin et de la mer Caspienne mettait ces pays en rapport avec la colonie milésienne d’Olbia, située à l’embou-
Berl. 1866, 1, p. 143 et s.; Schwenck, in Philologue, XV, 1860, p. 577 ; Preller, tiriech. Mythologie, I, p. 359, 3° éd. 1872 ; Id. Rom. Mythol. p. 287, 289, 2e éd. 1S65; Welcker, Griech. Gôtterlehre, I, p. 681 et s., Gütting. 1857; Stoll, in Paulv's Realencyclopüdie, 1, p. 2176, 2e ed.
ALBUM. 1 Hcsiod. Op. et di. 109 sqq. ; Ovid. Metam. I, 89. — - Arrian. 111, 18 ; Diod. Sic. XVII, 70; Q. Curt. V, 6 ; Plut. Alex. 35-37; Atheu. VI, p. 231. — 3 Eurip. Orest. 812 ; Iphig. Taur. 196. — 4 Hom. Od. XI, 326. — B Athen. VI, p. 332 ■ Interp. Herod. I, 69 ; Bückh, Staatshaushalt. d. Athener, II, p. 7, 2“ édit. Le duc de Luvnes remarque ( Nouv . annal, de l’Inst. arch. Il, p. 257) au sujet de Hiéron, que l'on ne possède pas de médailles d’or siciliennes que l’on puisse rapporter à sou temps. — 6 Athen. IV, p. 155 d ; VI, p. 231 b ; Plin. Hist. nat. XXXIII, 3,14.— 7 Herod. III, 102, 106. — 8 Id. III, 116 ; IV, 13, 27 ; Pausan. I, 24, 6. — ’à Strab. XI, 2, 19. — 10 Vivien St-Martin, Hist. de la géogr., p. 42. — U Washington Irving, Vie de Colomb, trad. fr. t. III, p. 116. — 12 Hiillmann, Handelsgeschichte der Griechen, Boun, 1839, p. 151 ; F. Lenormaut, Premières civilisations, I, p. 116, 117.
Fig. 669. Monnaie de la famille Plautia.
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chure de l’IJypanis. A l’est du Pont-Euxin était la Colehide, terre classique de l’or dans l’antiquité, avec laquelle la Grèce entretint très-anciennement des relations commerciales 13, et où se rendit l’expédition maritime partie d’Iolchos en Thessalie et conduite par Jason. Les torrents de ce pays roulaient, disait-on, des paillettes d’or que les habitants recueillaient à l’aide de vans percés de trous et de toisons longue laine : de là vint ce mythe d’une toison divine d’où l’or pendait en franges brillantes, si l’on adopte l’explication de Strabon14. L’Arménie avait la mine d’or de Sambana dans la Syspirilide, dont les habitants défendirent la possession contre les soldats d’Alexandre, qui voulaient s’en emparer15. Le sud avait également ses richesses minérales. On place dans l’Arabie méridionale 15 le mystérieux pays d’Ophir, où les Phéniciens allaient chercher de Cor qu’ils colportaient avec d’autres marchandises précieuses. Diodore de Sicile décrit une région aurifère au sud de l’Égypte, entre les confins de l’Arabie et de l’Éthiopie17.
Plus près de la Grèce étaient la Mysie18, la Phrygie et la Lydie, où se placent, avec la fable de Midas, les récits qu'on faisait du Pactole19 et des trésors de Crésus. Euripide appelle riches en or les champs de la Lydie20.
La Grèce pauvre en or, on l’a dit, en tira cependant une grande quantité de l'île de Siphnos, laquelle fut, pendant tout le vi° siècle av. J.-C., au nombre des plus importantes communautés helléniques et possédait à Delphes un trésor remarquable par ses richesses votives 21 . Ce qui dut contribuer davantage à répandre l’or en Grèce, ce fut l’ouverture de mines en Thrace, en Épire, dans quelques parties de la Thessalie22, et surtout en Macédoine : le mont Pangée fut exploité à partir du ve siècle ; toute la contrée au delà comme en deçà du Strymon jusqu’à la Péonie, recélait de l'or, et Strabon nous apprend que, de son temps, la charrue y rencontrait encore souvent des pépites23. L’ile de Thasos, l’ancienne Chrysè, possédait des mines d’or, dont l’exploitation avait été commencée, puis abandonnée par des colons phéniciens 24.
L’Europe occidentale avait, d’autre part, ses mines d'or d’où les Romains, après les Phéniciens, tirèrent de grandes richesses. Toutes les parties de lTbérie étaient riches en mines, mais particulièrement la Turdétanie, où l’on trouvait l’or et d’autres métaux à l’état natif, dans des conditions toutes spéciales d’abondance et de pureté 25 . Pour ce qui est de l’or, on ne l’extrayait pas seulement des mines, mais aussi du lit des rivières et des sables aurifères. Il en était de même en Lusitanie26. Les richesses de l’ihérie avaient excité l’enthousiasme de Posidonius, à qui Strabon paraît avoir emprunté les détails qu’il nous donne sur ces mines célèbres. En Gaule, il y avait de nombreuses mines d’or dans le pays des Tectosages. On y conservait l'or en barre dans des étangs sacrés où les Romains le trouvèrent27. Mais les mines d’or les plus importantes de la Gaule étaient chez les Tarbelli, sur
les bords du golfe Galatique; on l’y recueillait tantôt sous la forme de paillettes ou de pépites, tantôt sous celle de lames d’or, grosses comme le poing, qu’on obtenait en creusant des puits à une faible profondeur28. Comme, en général, tous les peuples barbares, les Gaulois avaient le goût des bijoux d’or29. Les préfets romains faisaient frapperà Lugdunum de la monnaie d’or et d’argent30. Dans la Gaule cisalpine, les Romains trouvèrent sur le territoire des Salasses des mines d’or dont ils eurent soin de s’emparer 31. Ils se rendirent maîtres également des gîtes aurifères découverts chez les Taurisques Noriques, aux environs d’Aquilée, et jusqu’en Helvélie, en Dacie, en Rretagne 32.
Pour le mode d’exploitation de ces mines et l’affinage de l’or, nous renvoyons à l’article metalla. L’or vierge s’appelait en grec /puardç aTiupoç, or sans feu 33 ; celui qui avait passé par le feu était nommé /pucd; àTrscpO oç*\ Ce dernier est Yaurum obryzum de Pline.
II. Nousn’avonspas à parler ici de l’or monnayé 35; mais les Grecs ne possédaient pas l’or seulement sous cette forme : leurs bijoux et leur vaisselle d’or étaient pour eux une richesse dont ils pouvaient disposer au besoin, à l’exemple des rois d’Asie, qui conservaient dans leur trésor des pierreries, des bijoux et des étoffes précieuses. On en peut juger par ce que les historiens rapportent du trésor de Crésus 36. Les victoires de Cyrus le rendirent possesseur de 34,000 livres d’or, sans compter l’or travaillé ( aurnm factum), consistant en vases et en divers ouvrages précieux37.
Dès le temps d Homère, il était d'usage de consacrer l’or aux dieux, de le suspendre aux autels38. On lit dans Hérodote l’énumération des offrandes faites par Crésus aux divers sanctuaires de la Grèce, particulièrement à celui de Delphes, et qui se conservaient dans les trésors des temples; offrandes consistant en lingots, statues, vases, armes, trépieds, colonnes. Dans un temple de la Grande-Grèce, voisin de Crotone, la richesse du temple avait pris la forme d’une colonne d’or massif. Cette colonne, qui représentait la somme des revenus tirés des troupeaux sacrés, rendit le temple aussi célèbre par sa richesse qu’il l’était par sa sainteté39.
Les trésors des temples, les pieuses offrandes entassées dans les sanctuaires [thésaurus, donaria] faisaient ainsi partie de la richesse publique et formaient comme une réserve sacree à laquelle on pouvait avoir recours en des circonstances extrêmes, à la condition de remplacer plus tard ce qu’on avait pris par un poids égal. C’est peut-être en restitution des statues réduites en monnaies que l’orateur Lycurgue, lorsqu’il fut intendant du trésor, fit faire les Victoires d’or dont parlent Plutarque et Pausanias 40. Périclès, à la veille de l’invasion de l’Attique par les Péloponésiens, énumérant les ressources d'Athènes, avait fait aussi entrer en ligne de compte, avec l’or et l’argent monnayés, les vases d’or contenus en si
'3 Hiillmann, Ilandelsgeschichte der Griechen, Bonn, 1 S39, p. 151 ; F. Lenormant, Premières civilisations, I, p. 116, 117. — H Pind. Pyth. IV, 411; Strab. XI, 2, 19. - 13 Strab.XI, 14,9. — 16 Vivien St-Martin, Hist. de la géogr. p. 26. — n III, 1-2. — 18 Xen. Hellen. IV, 8, 37; Strab. XIII, p. 591; XIV, 680 ; cf. Plin. Hist. nat. XXXVII, 11 et Polyaen. II, 1, 26. — 19 Plin. Hist. nat. XXXIII, 21, 66; Strab. XIII, p. 626. - 2" Bacch. 13. - 21 Hcrod. III, 57 ; Paus. X, 11, 2; Suid. s. v. ïlsvw; ; Grote, Ilist. de la Grèce, trad. franç. t. III, p. 125. — 22 Hcrod. IX, 75; Strab. VII, fr. 36 et 37 ; Lucian. De sacr. 11. — 23 vil fr. 37; Herodot. VII, 112; Thuc. I, 100 et 101 ; IV, 105; Diod. XVI, 8; Appian. Dell. civ. IV, 106 ; Heuzev, Mission de Macédoine, p. 2 et s. ; et p. 55. — n Herodot. VI, 46, 47 ; Grote. p. 126; Heuzev, p. 4; Beulé, Fouilles et découvertes.
t. I, p. 161. - 23 strab. III, 2, 8 et s. Diod. Sic. V, 36 'et s. 26 P|in H, st. nat. XXXIII, 21, 66; Justin. XL1V, 3. -27 strab. IV, 1, 13- A. Gel!
III, 9; Oros. 1,15; Am. Thierry, Hist. des Gaulois, t. II p. 1» 5e éd -L»8«rr.,i
IV, 2, 1. 29 Id. IV, 4, 5. 30 Id. IV, 3, 2. - 3, Id ^V, ’6, 7. 3~. ,S‘
XXXIV, 10; Strab. IV, p. 199 et 208 ; V, p. 214; Athen. VI, p. 323 d.; Flor. iv 12 ; Gruter, 28, S. 33 Bangabé, Antiq. helléniques, t. II, p. 503, 544. — 31 jjlsf nat.XXUU, 3, 19; Thuc. II, ,3; Hcrod. I, 50. - 33 Vov. moneta et les articles relatifs aux diverses monnaies d'or. - 36 Piut. SoL ,7 Herod yj 37 .
Hist. nat. XXXIII, 3, 15. - 38 Odyss. III, 27 1. - 39 Tit. Liï. XXIV, 3 40
VU dec orat. -J; Paus. I, 29, 16; Aristot. ap. Hurpocration, s. v. .'
Kohler, dans 1 Hernies , t. Il, p. 24 et s,
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grand nombre dans le trésor de l’acropole 41 et jusqu’aux ornements de la statue d'Athéné Parthénos, qu’on pourrait utiliser en cas de nécessité 4a. Le cas se présenta vers la fin de cette même guerre duPéloponèse : Athènes, épuisée de ressources, fit fondre un certain nombre de Victoires d'or pour frapper de la monnaie. Le fait, attesté par le sclioliaste d’Aristophane, d’après Philochore, eut lieu sous l’archontat d’Antigène, l’an -407 av. J. -G. 43.
En l’an 365, les Arpadiens mirent la main sur le trésor d’Olympie pour subvenir l'entretien de leurs troupes 44 . Plus tard, les Phocéens pillèrent celui de Delphes; ils en tirèrent 4,000 talents d'or, sans compter l’argent 4S.
De même, chez les Romains, il y avait dans le trésor public, à côté des espèces monnayées, des lingots d’or et d’argent; Piine distingue le métal compté (in numerato ) du métal pesé ( pondo ) 46. La rançon que Rome avait dû payer aux Gaulois, sous la dictature de Camille, était de mille livres d'or ( mille pondo auri pretium) et fut pesée dans une balance 47. César, à sa première entrée dans Rome pendant la guerre civile, tira du trésor quinze mille lingots d’or ( laterorum anreorum XVM.) 48 . On conservait aussi l’or sous forme de vases dont la valeur était dans leur poids. Pendant la guerre d’Annibal, comme on croyait en Italie Rome épuisée de ressources par la lutte contre Carthage, des villes offrirent au sénat romain des patères d'or, magni ponderis, et Hiéron lui envoya de Syracuse une Victoire d’or du poids de 320 livres49. A l’exemple des Grecs 50, les Romains offraient aux dieux, sous forme de lingots ou de vases d’or, la dîme du butin fait sur l’ennemi ou le produit de confiscations 31 .
Les tombeaux étaient encore des sortes de trésors où la piété des anciens déposait des vêtements, des armes, des meubles, des monnaies, des bijoux, des vases, des ustensiles sacrés et domestiques, et des objets de tout genre pareils à ceux dont se servaient les vivants. On y a souvent trouvé des objets d'or ; les fouilles faites dans les nécropoles de la Crimée et de l'Étrurie en ont offert de riches collections. Le corps d'un tombeau de Cerveteri était recouvert d’un vêtement d’or d’une telle ténuité qu'il paraissait doré lui-même . « Il semble , dit à ce propos Raoul Rochette 8a, que l’or ait été pour l’antiquité un moyen d’effectuer l'apothéose, ou du moins d’en produire l’apparence. » Ces bijoux funèbres, y ^compris les couronnes, consistaient toujours en feuilles si minces, avec les empreintes exécutées au repoussé, qu’il est évident que tout ce luxe de la tombe n’avait jamais pu être a l’usage des vivants °3.
III. Le palais de Ménélas décrit par Homère étincelait d’or, d’argent et d’électrum 84. Virgile parle de portes sculptées en or et en ivoire 5S. Tite-Live a fait mention d’un temple construit par Antiochus Épiphane, dont non-seulement les lambris étaient d or, mais dont les murailles étaient revêtues de lames de ce métal 56. Selon Pline, les lambris ne furent dorés au Capitole que sous la censure de L. Mummius , et Catulus fit dorer les
41 Bockh Corp.Insc.gr. 170 et s. ; Id. Staatshausha.lt. der Ath. U, X-XIV ; Le Bas Voyage archéol. vise. I; Rangabé, Anliq. hellén. 90 et 3, 8-22 et s.; et les travaux indiqués et résumés par Michaëlis, Der Parthenon, Leipz. 18/1, p. 28
. 1,2 Thuc. II 13- — 43 Schol. Aristoph. Dan. 720; Michaëlis, Op. c. p. 291, 4.
lûxen .Hell. VII, 4, 33; Diod. XV, 82. - 45 Diod. XVI 56 ; Athen VI p a31 d. 46 Bist. nat. XXXIII, 3, 17. - 47 Tit. L.v. V, 48. - 48 Pl.n. l.l. ÎL 49 Tit. Liv. XXII, 32, 36, 37. — 50 Herod. I, 50, 51, 52, 92. — Tit. Lit. v Kn v 93 • XXI 6» — 52 Mém. de l'Acad. des insc. t. XIII, 1832, p. 64/.
kVeM; comp. Beulé, Mann. d'Ath. p. 63; Catalog. des bijoux du musée Napol. II I, p. 3 et s. - 54 Odyss. IV, 73. - 55 Georg. III, 26. - 56 T-t.
tuiles de bronze du même temple, luxe qui fut blâmé quoique réservé à Jupiter. Les portes aussi furent revêtues de lames d’or 67. Plus tard on en vint à dorer les lambris et jusqu’aux murailles, « comme on dorait des
vases » 88 .
Les meubles des habitations décrites par Homère sont déjà incrustés d’or, d’argent et d’ivoire: ainsi était décoré le lit d’Ulysse 59. Le poète parle fréquemment de sièges et d’autres meubles à clous dorés. Nous rappellerons seulement encore pour les temps postérieurs le fameux coffre des Cypsélides, qui joue un rôle dans la légende grecque, et qui tient une place non moins importante dans l’histoire de l’art. Ce coffre, dont Pausanias nous a laissé la description, était un ouvrage de l’art chrysélép h an tin 60 .
Des étoffes furent tissées en or [vestis, tapes], brodées avec de petites plaques d’or et d’argent [bractea].
On connaît la description du bouclier d’Achille dans l’Iliade 61 et celle du bouclier d’Hercule dans le poème d’Hésiode 62 : l’or s’y mêlait à d’autres métaux pour la représentation de sujets variés [caelatura]. Le bouclier de Nestor était couvert d’or, aussi bien que les armes de Glaucus le Lycien et du Thrace Rhésus. Les armes étaient souvent, en effet, des objets de luxe et de parure. L’usage ancien de les consacrer dans les temples existait aussi dès le temps d’Homère 6S. 11 est question dans Pausanias de boucliers d’or qu’on croit avoir décoré l’architrave du Parthénon et qu’emporta dans sa fuite le tyran Lacharès avec d’autres ornements précieux du temple d’Athéné 64. Une lance et des boucliers d’or figurent parmi les dons faits par Crésus aux sanctuaires de la Grèce 68 . Si les Romains dédaignèrent longtemps de se parer d’armes brillantes, ils en trouvèrent chez leurs ennemis, qui devinrent leur butin. Telles étaient celles du Gaulois vaincu par Manlius Torquatus (ref'ulgens pictis et ciuro caelatis armis) 6C. Les Samnites avaient des boucliers décorés d’or et d’argent 67.
On trouve de fréquentes mentions de vases d’or dans les temps anciens. Homère parle des vases à parfum en or de Nausicaa. Il décrit la coupe de Nestor dont les anses portaient des colombes en or, et d’autres encore. Un cratère d’or figure parmi les présents de Crésus au temple de Delphes 68. Lors de l’expédition des Athéniens en Sicile, dans laquelle fut déployé un grand luxe, après l’embarquement des troupes, des libations furent faites par les chefs et les soldats avec des coupes (iy.tuoy.aci) d’or et d’argent69. Non-seulement il y avait alors à Athènes une riche vaisselle d’or et d’argent appartenant à la république, laquelle servait dans les cérémonies sacrées 70, mais on en trouvait aussi chez des particuliers opulents 71 . Dans la fameuse pompe d’Antiochus IY, on vit figurer six cents enfants portant des vases d’or72. Le même prince fit don au prytanée de Cyzique d’un service en vaisselle d’or 73. Il est souvent question de patères d’or dans Tite-Live ,4. Il y avait aussi des coupes d’argent avec des ornements
Liv XLI 20 : « Non laqueatum auro tantum, sed parietibus totis lamina inauratum. » 57 zosim. V, 31. — 58 Plin. Bist. nat. XXXIII, 3, 18. — 59 Odyss. XXIII, 200.
60 Paus. V 17, 13 et 19; Quatremère de Quincy, Jupiter Olympien, p. 124.
— 61 XVIII, 474 et s. — 62 Scut. Herc. 139 et s. — 63 Iliad. VII, 82 ; cf. Plin. Bist. nat. XXXV 3, 3. — Paus. I, 25, 7, 29 ; 16 ; Beulé, L’Acropole d’Athènes, t. II, p. 28*. — 65 Herod. I, 52, 92. — 66 Tit. Liv. VII, 10. — «7 IX, 40 ; Iliad. XI, 632; Odi/ss. I 137, etc. — 68 Herod. I, 51. — 69 Thuc. VI, 32. — 70 plut. Alcib. 13; Andocid. ' C. Alcib. 29. — 71 Demosth. C. Aphob. I, 10; Plut. Alcib. 4; Athen. XI, p. 465 d. - 72 Athen. V, 4. - 73 Tit. Liv. XLI, 20. - P VI, 4 ; X, 23 ; XXII,
32 et 36.
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d'or et des ornements d’argent sur fond d’or 7b [caelaturaJ.
Chez les Grecs et chez les Romains, des couronnes d’or étaient offertes aux dieux ou décernées comme récompense [corona]. Les Romains avaient pris des Etrusques la coutume de tenir une couronne d’or au-dessus de la tête du triomphateur [triumi>uus1 76. C’est des Etrusques* encore que venaient les autres ornements en or du triomphe et aussi les bulles d’or [bulla], les anneaux d’or [anulus] et probablement beaucoup de sortes de bijoux dont de nombreux exemplaires ont été retrouvés dans les tombeaux de l’Étrurie 77. Les hommes mêmes de cette nation s’en paraient avec profusion.
Sans parler des ornements d’or que portent, dans les poèmes d’Homère des Asiatiques, tels qu’Euphorbe et Antimachus, on y voit Ulysse attacher son manteau à l’aide d’une fibule d’or [fibula]. On sait par Thucydide78 que certains vieillards, à Athènes, conservaient l’usage de relever avec des cigales d’or les nœuds de leur chevelure. Dans les pays Ioniens, les hommes paraissent avoir porté des bijoux d’or aussi bien que les femmes 79.
Quant aux bijoux d’or portés par les femmes grecques et romaines, il en est fait souvent mention dans les auteurs, et ils se trouvent en assez grand nombre dans les collections d’antiquités. Nous renvoyons aux articles spéciaux pour les explications relatives à ceux de chaque espèce. Homère, Aristophane, Élien nous sont témoins du luxe des femmes grecques, particulièrement des Athéniennes 80, Pline, à son tour, dit en parlant des Romaines qu’elles « chargeaient d’or leurs bras, leurs doigts, leur cou, leurs oreilles; que des chaînes d’or serpentaient autour de leurs flancs... faut-il encore, ajoute-t-il, que l’or orne leurs pieds81? » Ces derniers mots doivent avoir rapport à ce qu’on appelait des periscelides ou anneaux des chevilles. Dans la famille des Quinctius, les femmes se distinguaient en ne portant jamais d’or 82.
Les législateurs antiques, à commencer par Solon 83 et Zaleucus 84, se sont préoccupés souvent de mettre des bornes au luxe féminin. A Rome, la loi Oppia, décrétée sur la proposition du tribun Oppius, pendant la seconde guerre punique, portait, entre autres défenses faites aux femmes, celle d'avoir sur elles plus d’une demi-once d’or; mais en l’an de Rome 560, on vit une émeute de femmes réclamer au Capitole l’abrogation de la loi, laquelle fut abrogée en effet, vingt ans après sa promulgation, sur la proposition du tribun L. Valerius, et malgré l’opposition de P. Caton, alors consul 8S. La loi des Douze-Tables, qui défendait de donner aux morts ou de déposer sur leur bière des ornements d’or 86, est un autre exemple d’efforts plus ou moins heureux du législateur pour s’opposer à l’envahissement du luxe.
IV. Si l’on en croit Pline, la plus ancienne statue d’or massif fut faite avant qu’il en existât de ce genre en bronze ; elle était placée dans le temple d’Anaïtis, la Vénus arménienne. Elle fut mise en pièces lors de l’expédition d’Antoine chez les Parthes 87. Cette statue était du genre appelé holosphy raton, travaillée au marteau et « sans au-
18 Hom. Odyss. IV, 61b, C 1 6 ; Atlieu. VI, 4; C.ic. In Yerr. IV, 24. — 16 Juven. X, 39; Plin. XXXIII, 1, 4; Tertull. De corona, 13. — 11 Voy. principalement O. Millier, Die Etrüsker, t. II, 233 ; Mus. etr. gregor., Rome, 1842 ; Micali, Mon. ined. ad illustr. d. ant.popoli ital. ; Flor. 1844; Catal. des bijoux du musée JSapol. III, Paris, 1862 ; et le Repertorio universale dette opéré del. Instit. archeol. — 18 I, 6. — 19 Athen. XII, p. 525 e. — 80 Hom. Iliad. XIV, 184; Od. XVIII, 297 ; Hxjmn. in Yen. 88 ; Hesiod. Op. et di. 73 ; Aristoph. Lys. 408 ; Aelian. Hist. var. I, 18. — 81 Hist. nat. XXXIII, 3, 12. — 82 /*. I, fi. 83 plut. Soi. 20.
cun vide. » C’est, comme le fait remarquer Quatremère de Quincy, l’enfance de l’art 88. Hérodote parle d’une autre statue colossale de Zeus, en or, qu’on voyait dans un temple de Babylone (aya)u.a jj-eya ypuaeov). Le trône, le marchepied, ainsi qu’une table placée devant la statue, étaient également d’or, et le tout représentait une valeur de huit cents talents d’or qu’on y avait employés. Dans le même temple était une autre statue d’or d’une hauteur de douze coudées. Hérodote se sert pour caractériser cette dernière statue des mots /puaeoç aTspeoç, qui indiquent une statue massive; mais il est bon de remarquer qu’il n’avait pas vu lui-même ces ouvrages et qu’il n’en parlait que d’après les récits des Chaldéens 89 . Diodore de Sicile, parlant des statues colossales qui étaient placées, au nombre de trois, sur le faîte du temple de Bel, dans cette même ville de Babylone, dit qu’elles étaient d’or, travaillées au marteau (<xY<xXu.aTa -/pueaaaupTiXaTa), et qu’elles pesaient les unes mille et l’autre huit cents talents babyloniens 90. Il en donne la description, ainsi que des accessoires, table, vases à parfums, cratères, également d’or. Lors de la conquête du Pérou par les Espagnols, on trouva dans le temple du Soleil, à Cuzco, de pareilles magnificences barbares 91 .
En Grèce, les statues colossales des divinités étaient d’or et d'ivoire. On connaît les merveilles de la sculpture chryséléphantine ; il en sera question ailleurs [sculptura]. Cependant il y eut aussi des statues d’or, témoin le Zeus colossal en or martelé (<7cfup7iXaToç àvSpia? EÙaêyÉOr^),
offert à Olympie par Cypsélus, tyran de Corinthe92. Il est aussi question, entre autres exemples, de Victoires d’or commandées par l’orateur Lycurgue93. Parmi les merveilles qu’on admirait dans le temple d’Apollon à Delphes, Pausanias fait mention d’une statue d’or du dieu, placée dans le lieu le plus secret du temple, et que les privilégiés étaient seuls admis à visiter94. L’or paraît avoir été consacré cà Apollon, comme dieu du soleil, d’une manière spéciale. N’oublions pas que Solon, après l'achèvement de ses lois, fit jurer aux Thesmothètes que celui d’entre eux qui y contreviendrait consacrerait, en amende, une statue d’or de son poids dans le temple de Delphes95. H est bon de remarquer toutefois que certaines statues qu’on disait d’or étaient seulement recouvertes d’or. 11 en était ainsi, selon Pausanias96, de la célèbre statue (ÈTu/puffo; eixojv), d’or massif selon Pline (auream statuam et solidani), que le rhéteur Gorgias avait consacrée à Delphes et qui le représentait lui-même 97 ; et aussi, d’après le même témoignage98, de la statue non moins fameuse érigée à Phryné dans le même temple.
11 est probable que les Grecs, à l’exemple des Égyptiens qui, suivant M. Chabas, donnaient, dans les inscriptions hiéroglyphiques, le nom de statues d’or à des statues simplement dorées, ne se faisaient pas faute de pareilles exagérations poétiques, de même qu’ils appelaient statues d’or massif des statues creuses dont le métal était plus ou moins épais. Outre les statues d’or du genre holosphyraton (de oXcç, entier, et crcpïïpa, marteau)
81- Diod. Sic. XII, 21. — 85 Tit. Liv. XXXIV, 1-8. — 86 Mommsen, Hist. rom.
trad. fr. t. II, p. 276. — 87 Hist. nat. XXXIII, 4, 24. — 88 JUp. Olymp. p. 143.
89 Herod. I, 183. — 90 n, 9. — 91 Prescott, Hist. de la conq. du Pérou, trad.
fr. t. I, p. 106, 107. — 92 strab. VIII, 3 , 30. — 93 plut. Vif. dec. orat. Vil; Paus. I, 29 16. — 95 ld. X, 24, a. — 93 plut. Sol. 25. — 96 x, 18, 7. — 97 Hist. nat. XXX11I, 4, 24 ; cf. Val. Max. VIII, 15, externis 2 ; Athen. XI, 21 ; Cic .De or. III, 32.
98 paus. X, 14, 7 ; cf. Plut. Cur Pythia non redd. 15; voy. sur cette statue
de Phryné Filleul, Hist. du siècle de Périclès, t. I. p. 385.
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dont Pline a cité un exemple, il y en avait du genre appelé sphyrélaton, «KpupvftocTov (de «rpûpa, et IXauvw, frapper), construites par le procédé déjà employé pour la statue de Zeus par Léarque de Rhegium, à Lacédémone (la plus ancienne statue de bronze selon Pausanias"), c’est-à-dire cju elles étaient formées de pièces travaillées au marteau. Tels étaient le Zeus consacré par Cypsélus à Olympie et les colosses de Babylone décrits par Diodore. Le sphyrélaton correspond au repoussé et au travail par retreint de notre temps [statuaria ars]. Ce procédé appartient plus particulièrement aux premiers siècles de l’art; néanmoins on le trouve plus ou moins en usage à toutes les époques, surtout dans les statues colossales100. 11 y avait aussi des statues de métal fondu suivant le procédé inventé par Théodore et Rhœcus de Samos, les unes en métal plein quand le moule était sans noyau, les autres en métal plus ou moins épais, fondu dans un moule à noyau101. On distingue encore les statues plaquées et celles qui sont simplement dorées102. La première espèce est caractérisée en grec par l’épithète d’È7ifypu<ro;, inauratus , la seconde par le mot x<xto(-/gucfo;, qu’on traduit en latin par subauratusm. Nous savons que les statues de bronze, tant en Grèce qu’à Rome, étaient quelquefois dorées104, et l’on a même prétendu que l'usage général de l’antiquité était de dorer toutes les statues, non-seulement de bronze et de marbre, mais de bois et de plâtre105. On a trouvé des traces de dorure sur plusieurs ouvrages de bronze antiques, sur la statue équestre de Marc-Aurèle, sur les débris des quatre chevaux et du char placés au fronton du théâtre d’Herculanum, sur les quatre chevaux de Yenise, sur l’Hercule du Capitole, etc. 106. Un autre Hercule colossal, retrouvé en 1864, au théâtre de Pompée, à Rome, est entièrement doré 107. On a aussi découvert dans un tombeau les restes d’un bas-relief en terre cuite dorée dont un fragment a été publié par M. Raoul Rochette108.
V. 11 reste à dire quelques mots des fêtes et des cérémonies publiques où l’or était répandu à profusion et où s’égarèrent les arts, condamnés à satisfaire, par des créations brillantes et passagères, le goût d’ostentation des villes ou les caprices de maîtres blasés 109. Aux funérailles d’Alexandre, dont Diodore nous a laissé la description, le char qui portait le cercueil en or, était lui-même tout éclatant d’or et de pourpre : une voûte d’or abritait un trône d’or et était ornée aux quatre angles de Victoires d’or; cette voûte était portée par des colonnes ioniques dont les intervalles éLaient remplis par des acanthes d’or; au sommet de la voûte, une couronne d’olivier en or étincelait au soleil. Les roues étaient dorées, et les mulets, au nombre de soixante-quatre, qui traînaient le char, avaient chacun une couronne d’or110. C’est en cet appareil que le corps fut transporté de Babylone à Alexan-
99 III, 17, 6. — 190 Quatremère de Quincy, Jup. Olymp. p. 156. — 101 Ib. p. 144. — 10î Ib. — 103 O. Muller, Handb. d. Archàol. § 307, 3, 3e édit. 1848.
— 104 poliaen. Stratag. VII, 5. — ,03 Buonarotti, Sopr. aie. medaglie, p. 370 ; Quatremère de Quincy, Jup. Olxjmp. p. 162. — 106 Winckelmann, Hist. de l'art, 1. IV, ch. 7; O. Millier, Handb. § 307, 3 ; 310, 5; G. Schlegel, Sur les chevaux de Venise, dans ses OEuvres françaises, t. II, p. 35 ; Quatremère de Quincy, Jup. Olymp. p. 162. — 197 Bullet. d. Inst. arch. 1864, p. 227 ; De Witte, Disc, lu au Capitole le 26 août 18 67. — 108 Mémoires de l’Acad. des Inscript, t. XIII, 1832, p 552 ; Mon. ined. d’antiq. fig. Achilléide, p. 48, vignette. — 1°3 O. Millier, Handb. § 148. — H» Diod. XVIII, 26, 27. — 111 XXXI, fr. 3. — H* V, 4.
— 113 xheocr. XV, 112 sqq. ; Athen. V, 5. — 114 Plut. Paul. Aem. 33. — U® Plin. XXXIII, 3, 16. — 116 Ib. — Bibliographie. Ameilhon, Métallurgie des anciens, dans les Mémoires de l’Acad. des Inscriptions, 1777, t. XLV1 ; Clavier, Ib. N. S. t. III ; Quatremère de Quincy, le Jupiter Olympien, c. in, Paris, 1815 ; Millin, Minéralogie homérique , 2e éd. Paris, 1816. — Muller, Handb. der Archàol. er Kunst,
drie. Dans la pompe d’Antiochus IV, roi de Syrie, décrite par Polybe 111 et par Athénée lls, on porta, au milieu d’une multitude de vases et de couronnes d’or, un nombre incalculable de statues dorées ou revêtues de robes de drap d’or, lesquelles représentaient, avec les attributs, tous les dieux, démons ou héros connus par des traditions diverses. Non moins brillantes d’or, d’ivoire, d’ébène et d’étoffes précieuses, furent les fêtes données à Alexandrie par Ptolémée II 11S. On peut leur comparer, à Rome, le triomphe où Paul-Émile parut avec une robe de pourpre brodée d’or, entouré des dépouilles de la Macédoine, des richesses de Persée, dont on portait la vaisselle d’or, et des quatre cents couronnes d’or offertes par les villes au triomphateur 114. On vit figurer au triomphe de Claude une couronne d’or de sept cents livres et une autre de neuf cents livres, dons de l’Espagne et de la Gaule à l’empereur 11S. Néron dépassa toutes ces magnificences par l’extravagance de son luxe. Afin d’éblouir Tiridate, roi d’Arménie, il couvrit d’or, pour un seul jour, le théâtre de Pompée, et, dit Pline, qu’était-ce que cela auprès du palais d’or, lequel contenait une ville entière 116.
Pour le travail de l’or et les personnes qui y étaient occupées, voyez encore les articles aurifex, caelatura, bractea, etc., et ceux où sont décrits les ouvrages exécutés en cette matière. L. de Ronchaud.
AURUMAD RESPONSUM. — La Notifia dignitatuin Orienté 1 mentionne parmi les bureaux du ministre des finances de Constantinople (officium comités sacrarum largitionum ), un bureau qui porte le titre de scrinium auri ad responsum . Les savants ne sont pas bien d’accord sur la nature des fonctions de cet office. Pancirole pense qu’il s’agit de l’or à envoyer en province sur le mandat du prince, ou aux rationales délégués par les praefecti militum près des armées, pour entendre leurs réclamations relatives à la solde ou aux fournitures [annona militaris]. Bôcking 2 croit qu’il s’agit plutôt de l’or apporté par les députés des villes, en certaines occasions sollennelles [aurum coronariüm]. G. Humbert.
AURUM CORONARIUM. — I. Il arrivait souvent sous la république romaine que les alliés de Rome, ou que les peuples vaincus eux-mêmes, en reconnaissance de la clémence d’un vainqueur, décernaient aux généraux romains des couronnes d’or destinées à orner leur triomphe1. Quelquefois même le proconsul taxait les provinciaux, pour faire bâtir en son honneur un monument ou une statue 2. Au fond, il y avait là une abondante source d’exactions au profit des gouverneurs de province 3. César, après avoir terminé la guerre civile, se fit offrir par les rois et les princes alliés, et même par les citoyens de Rome, des couronnes d’or qui n’étaient qu’un impôt déguisé et rendu nécessaire par la pénurie du trésor 4.
§§ 58 et s. ; 307, 3 H, 3» édit. Breslau, 1848 ; Bockh, Die Staatshaushaltung der Alhener, II, p. 7 et s. 2“ édit. Berl. 1851 ; Sabatier, Production de l'or et de l’argent chez les anciens. St-Pétersb.,1850; Bekker,dans Xalteal-Encyclopâdie de Paulv, I, p. 2178, ic édit. ; Mommsen, Hist. de la monnaie rom. t. II, c. mii, p. 108 de la trad. franc. Paris, 1868 ; Marquardt, Bômische Privatalterthümer, II, p. 263 et s. Leipz. 1867 ; Biichsenschütz, Besitz und Erwerb. p. 231 et s. Halle, 1869; ld. Die Hauptstâlten des Gewerbfleisses in klassischen Alterthume, c. iv, Leipz. 1869 ; H. Blümner, Die gewerbliche Thàtigkeit der Yôlker, des klassischen Alterthums, Leipz. 1869.
aurum AD RESPONSUM. 1 XII, § 2, p. 42, éd. Bôcking. — 2 P. 255 et 256. Bibliographie. E. Bôcking, Nolilia dignitatum imperii , Bonn, 1836-1853, p. 255 et s.
AURUM CORONARIUM. 1 raul. Diac. p. 367, éd. Müller; Serv. Ad Aen. VIII, 721; Tit.-Liv. XXXIV, 52 ; XXXVIII, 37; XXXIX, 7; A. Gell. Noct. att. V, 6. ï'cic. Ad Quint, fr. I, 1, 9 ; Ad Attic. V, 21 ; Ad. fam. III, 7, 9 ; VIII, 6 ; In Verr. II, 21. — 3 Cic. In Pison. 37, 90 ; De lege agr. II, 22, 59 ; Dio Cass. XLIi , 48. Dio — 4 Cass. XLII, 49, 50.
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II. Les villes d’Italie décernèrent à Auguste des couronnes d’or5; en 29 av. J.-C., il leur fit remise à ce titre de 35,000 livres d’or, ainsi que l’atteste son testament, conservé en partie parle monument d’Ancyre6; mais il reçut 1 ' aurum coronarium des provinces7. C’était une des ressources extraordinaires du fisc ou trésor des princes [fiscusI. 11 devint d’usage d’exiger cet impôt à l’occasion de l’avénement de l’empereur, d’une victoire, ou de tout autre événement heureux pour l’empire. Caracalla imagina des triomphes sur les Germains pour se faire décerner des couronnes d’or qui dès lors étaient payées en deniers comptants 8. Il est encore question de X aurum coronarium sous l’empereur Claude9, et sous plusieurs autres empereurs 10. Tertullien mentionne aussi les coronae provinciales'1, et Godefroy, dans ses paratitles sur le code Théodosien, a rassemblé de nombreux exemples de pareils dons à une époque postérieure12. Le plus souvent c’était un impôt forcé, comme le prouve une constitution de Julien 13, qui défend de l’exiger à ce titre des sénateurs et de tous autres. Cependant, pour les sénateurs, il s’établit ensuite un impôt analogue appelé aurum oblatitium.
L 'aurum coronarium se transforma vers la fin du ive siècle en une contribution spéciale sur les curiales ou décurions 14 des villes municipales, exigée dans des circonstances consacrées par un usage traditionnel. Des legati étaient envoyés à l’empereur pour lui porter X aurum coronarium 15 des cités.
On appelait encore aurum coronarium , un impôt que les Juifs 16, après la chute de Jérusalem, payaient à leur patriarche universel indépendamment du didrachme (SfSpa^ov) qu’ils devaient à l’empereur, pour être autori sés à vivre sous leurs propres lois. Après que les patriarches eurent cessé d’être nommés, Valentinien III contraignit en 426 les Juifs à payer au trésor X aurum coronarium, sous le titre de canon anniversarius. G. Humbert.
AURUM LUSTRALE.— C’estun des noms de l’impôt sur les marchands établi pendant le bas-empire, et qui s’appelle aussi 1 AURARIA FUNCTIO , LUSTRALIS COLLATIO, OU depensio, Collatioauriet argentiet chrysargyrum. On le nommait aurum lustrale parce qu’il se payait tous les cinq ans, probablement lors des quinquennalia de l’empereur. G. Humbert.
AURUM NEGOTIATORIUM. — Impôt sur les négociants *, introduit par Caligula au profit, non du trésor impérial [fiscus], mais du trésor public [aerarium]2. Les artisans furent également soumis à un impôt, accru plus tard par l’empereur Alexandre Sévère3. L 'aurum negotiatorium paraît avoir été aboli, sans doute sur les plaintes du commerce.
8 Dio Cass. XLVIII, 4. — 8 IV, 26 et s.; Dio Cass. U, 2t. — 7 Dio Cass. XLVJ1I 42.— » Dio Cass. LXXVII, 9.-9 Plin. Hist. nat. XXXIII, 3, 16, 54. — 10 Spart. Hudr. 6; Capit. Ant. Pius 4; Lamprid. Al. Sev. 32; Vopisc. Prob. 15. —11 De coron. 13. —12 Ad Cod. Theod. XII, 13, 1. Ils étaient décernés par les sujets, rebus prospéré gestis, ou in indulgentiarum laetitia, ou amore proprio, comme munus, collalio, oblatio. — 13 C. 1 Cod. Theod. XII, 13. — 14 c. 2 et 3 Cod. Theod. XII, 13 ; C. unie. Cod. Justin. X, 74. — *6 C. 15 Cod. Theod. Légat. XII, 12.
— 18 Baudi de Vesme, Des impositions de la Gaule , dans la Rev. hist. de droit, p. 395 ; c. 17 Cod Justin. De Judacis, I, 9 ; c. 14, 17, 29 C. Theod. XVI, 9.
— Bibliographie. Walter, Geschichte des rômischen Rechts, 3» éd. Bonn, 1860 I nos 332, 410 ; Becker-Marquardt, Handbuch der rômisch. Alterthümer, III, 2, p. 211 et s. Leipz. 1853 ; üureau de la Malle, Économie politique des Domains, II c. 8 p. 362 et s. Paris, 1840 ; ltupcrti, Handbuch der rômisch. Alterth. II, p. 861. Haunover, 1843 ; Baudi de Vesme, Des impositions de la Gaule dans les derniers temps de l’empire romain, trad. par E. Laboulaye, Revue bretonne, 1840, et Revue historique de droit, Paris, 1861, p. 394, 395 et 396 ; Serrigny, Droit public romain n°* 270, 900, 901, Paris, 1862.
AURUM LUSTRALE. 1 C. 14 Cod. Theod. 1, 6 ; c. 11, 17 et 20 Cod. Theod. XIU,
1 ; Zosim. II, 38 ; Orelli-Henzen, 6507. — Bibliographie. Gothofredus, Comment, ad Cod. Theod. XIII, 1, et les ouvrages indiqués à la fin de l’article suivant.
AURUM NEGOTIATORUM. 1 Lampr. Al. Sev. 32. — 2 Suet. Cal. XL,XL1 ; Dio Cass. LIX, 26. — 3 Lampr. AL SeV- 2}- 4 Zosim jj 3g . ZonaraSi Xlv ^
Mais onle vit reparaître à l’époque de Constantin4, sous un autre nom, celui d 'auraria collatio, ou lustralis collatio \ ou d c aurum c/uod negotiatoribus indicitur, etc., puis aboli sous Anastase. L’ancien aurum negotiatorium était perçu sur les valeurs engagées dans le commerce6, sur les navires des armateurs ; caron voitque, surlesplaintesdu négoce, Néron décida que désormais ces vaisseaux ne seraient point compris dans le cens de leurs biens et assujettis au tribut7.
G. Humbert.
AURUM OBLATITIUM. — Impôt spécial que les sénateurs devaient payer à l’empereur dans certaines occasions solennelles déterminées par un usage traditionnel ’. Ce fut, au bas-empire, une transformation de I’aurum coronarium. Ce cadeau forcé était indépendant de la votorum oblatio, présent d’étrennes dû au nouvel an, et de l’impôt direct foncier des sénateurs, collatio ou illatio glebalis, ou fulhs ou gleba senatoria. L’ aurum ohlatitium était offert (promiss is, sponsio ), à l’empereur lors de son avènement, ainsi qu’à chaque cinquième, dixième ou quinzième anniversaire. Tous les sénateurs, à l’exception des professeurs d’arts libéraux et des proximi sacrorom scriniorum , élevés à cette dignité, devaient fournir leur contingent de la somme votée par le sénat. En une occasion semblable, Symmaque 2 nous apprend qu’on offrit à Théodose 1,600 livres d’or ou 1 15,200 solidi (1 ,645,640 fr.), un peu plus que les sommes offertes précédemment. Le recouvrement de la cote des sénateurs avait lieu par l’intermédiaire des censuales 3, pour les contribuables domiciliés en province ; plus tard, on chargea aussi de ce soin les magistrats ordinaires ( ordinariis judicibus). G. Humbert.
AURUM TIRONICUM. — L’exonération de l’impôt du recrutement qui pesait sur certains fonctionnaires, sur les sénateurs et sur les propriétaires tenus *, sous le bas-empire, de fournir leurs colons [coloni] à farinée romaine, était quelquefois admise sous le nom d 'adacratio tironum. La somme à payer aux exacteurs capitularii ou temonariiî se nommait aurum tironicum, du nom des recrues [tirones] ainsi rachetées. Le prix du rachat variait de 20 à 36 aurei 3, suivant une détermination faite par l’empereur d’après les circonstances. Soux'ent lWcreraGo était imposée à certaines provinces à raison du défaut de qualité de leurs habitants pour le service militaire, plus souvent à raison de la pénurie du trésor. Certaines personnes, comme les sénateurs, avaient l’option de fournir des hommes ou de l’argent \ Ce système d’exonération tendait à faire accroître le taux fixé pour le rachat et à recruter l’armée avec des
5 C. 4, § 1 ; c. 9 Cod. Theod. XIII, 1. — 6Huschke, Ueber den Census, p. 181. — 7 Tacit. Ann. XIII, 51. — Bibliographie. Savigny, Vermischte Schriften, II, p. 67-215 ; Huschke, Ueber den Census und die Steuerverfassung der frùher. Kaiser zeit, Berlin, 1847, p. 181 et s.; Walter, G eschichte des rômischen Rechts, 3e éd. Bonn, 1860, I,
§ 329, p. 49S ; Becker-Marquardt, Handbuch der rômischen Alterthümer, III, 2, p. ISS; Kuhn, Die stâdtische und bûrgerliche Verfassung des Rôm. Reichs, 1, p. : 86, Leipz. 1864.
AURUM OBLATITIUM. > Cod. Theod. c. 5, 11, et 14, 15, 20, VI, t. 11, De senatorib. de glebali, vel follium, septumve solidorum collatione et de auro oblatitio.
- 2 EV. X, 33, 35, 50, 66, 67 ; U, 57. — 3 C. II et 15 Cod. Theod. VI, 2. — Bibliographie. Gothofredus, Ad Codic. Theod. VII, 2; Walter, Geschichte des rôm. Rechts, 3e éd. Bonn, 1860, I, n° 373 : Becker-Marquardt, Handbuch der rômisch. Alterthümer, III, 2, p. 212, Leipz. 1853 ; Kuhn, Die stâdtische und bûrgerliche Verfassung des Rôm. Reichs , I, p. 216. Leipz., 1864; Baudi de Vesme, Des impositions dans la Guide, trad. par Laboulaye, dans la Revue historique de droit, Paris, IS61, p. 393 ; Serrigny, Droit public romain, n»» 40, 904, Paris 1S62.
AURUM TIRONICUM. I C. 7, 13, 14, 15, 18, 20 Cod. Theod. De tiron. VII, 13.
- C. 14, 15, 18 Cod. Theod. De extraord. sive sordidis millier. XI, 16; c. 3 end.
Cod. De des. VII, 18. — 3 C. 13, 14, 20 Cod. Theod. De tiron. VII, 13 ; 300 à 540 fr. suivant M. Baudi de Vesme. — 4 C. 7 et 13 Cod. Theod., eod. Nov. Valentin. III, titre 4 I, De tiron . c. 3 ; Svnesius, Ep. LXXIX ad Anastas. — Bibliographie. Walter, Geschichte des rôm. Rechts, 3e éd. Bonn, 1860, I, n°417 ; Baudi de Vesme, Des impo-
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barbares achetés à prix d or. Comme le recrutement pesait sur les propriétés qui devaient fournir tant d’hommes par millena ou caput, celui qui ne possédait pas la quantité déterrés suffisantes, était associé au nombre de ses voisins nécessaire pour obtenir l’unité qui devait un soldat. En cas d adaeratio, il payait sa part proportionnelle. G. Humbert.
AURUM A ICESIMARIUM. — Impôt romain sur les affranchissements, nommé aussi, pour cette çaison, vicesima manumissionum, qu'il ne faut pas confondre avec l’impôt du vingtième sur les successions et legs testamentaires [vicesima hereditatum]. Le premier fut établi sous la république en 397 de Rome (337 av. J.-C.) ‘, par un plébiscite proposé, dans le camp de Sutrium, aux soldats assemblés par tribus, parle consul Cnaeus Manlius Capitolinus. C’était un impôt indirect [vectigal] et somptuaire qui dedevait être perçu au profit du trésor, lors de chaque affranchissement, au taux du vingtième (3 0/0) de la valeur vénale de l’esclave affranchi. Régulièrement, c’était à ce dernier à supporter cette contribution sur son pécule. Comme le trésor n’était pas riche et que le produit d’un nouvel impôt devait être assez considérable, le sénat ratifia ce plébiscite. Il est probable d’ailleurs qu’on commençait à se plaindre de la grande multitude d’affranchis qui envahissaient la cité. Les ressources considérables fournies parla vicesima manumissionum furent destinées à former un fonds de réserve placé dans I’aerarium sanctius, c’est-à-dire dans le trésor extraordinaire, établi dans la partie la plus reculée du temple de Saturne, poulies besoins urgents de l’Etat. On admet généralement que cet impôt devait être acquitté en or, soit à cause de son nom, soit à raison d’un passage de Tite-Live 2 rapportant qu’en 342 de Rome (212 av. J.-C.), la neuvième année de la seconde guerre punique, douze colonies sur trente ayant refusé leur contingent en hommes et en argent, le sénat, à bout de ressources, fit retirer par les consuls, de Yaerarium sanctius, Yaurum vicesimarium, mis en réserve chaque année pour ne s’en servir que dans les dernières extrémités; or, on en tira 4,000 livres pesant d’or, probablement la somme totale produite par l’impôt depuis 143 ans 3, évaluée à environ 4,496,200 fr. de notre monnaie. Il n’y avait pas de monnaie d’or romaine à l’époque où fut rendue la loi Manlia; mais il devait nécessairement exister un rapport légal entre l’or et l’argent; ce qui permettait aux affranchis de payer l’impôt en lingots, ou aux questeurs de Yaerarium de convertir en lingots le produit de l’impôt, avant de le placer dans les caveaux de Yaerarium sanctiusK. Cette contribution subsista pendant toute la durée de la république, avec sa destination spéciale, et Cicéron en fait encore mention dans ses lettres à Atticus, vers 692 de Rome (62 av. J.-C.). L 'aurum vicesimarium fut-il supprimé entre les
sitions dans la Gaule , trad. par Laboulave, dans la Revue hist. de droit, Parla, 1801, p. 380 et s.; Serrigny , Du régime militaire sous l’empire, dans la Ilevue hist, de droit . 1362, p. 301 et s.; Droit pub. rom., n°s 38, 385 et s. ;Gothofredus, Ad codic. Theod, VII, 13 ; E. Kuhn, Die bürg. und stüdt. Verfass. des rôm. Reichs. I, p. 50, Leipz. 1 864.
AURUM VICESIMARIUM. 1 Tit. Liv. VII, 16; Rudorff, Geschichte des riim. Rechts, I, g 26, p. 60. — 2 XXVII, 10. — 3 Dureau de la Malle, Écon. polit, des Rom. I, p. 290 et s., évalue le nombre total des affranchissements à 200,000, ou 13.80 par année, d'après le prix moyen de l’esclave dans cette période. — '» Becker-Marquardt, Handb. der rôm. Alterthi III, 2, p. 124 ; Mommsen, Yerfall des rom. Al iinzwesen s, p. 184. Léipz. 1851 ; Hist. de la monn. rom. trad. de Blacas, t. II, p. 108 et s. Paris, 1868. — 3 Écon. polit. II, p. 466 et s. ; Cic. Ad Attic. II, 16. — 6 Rio Cass. LV, 31. — 7 Dio Cass. LXXY1I, 9 ; LXXVIII, 12. Macrin le remit sur son ancien pied — 8 Voy. Hudorff, Zeitschrift fur gesch. Rechtswiss. XII, 3,p. 301 et s., et Laboulave, Revue de législ. Paris, juillet 1845. — 3 Orelli, Inscr. 3333. — 10 1b. 3339 ; Mommsen,
années 693 et 760 de Rome, comme l’a conjecturé seul Dureau de la Malle5? Gela n’est pas probable, car le texte de Dion sur lequel il s'appuie ne parle que de rétablissement par Auguste de l’nnpôt du cinquantième sur la vente des esclaves, quinquagesima , et non pas sur l'affranchissement. Il est donc à présumer que le vingtième avait continué d’exister sans interruption 6.
Il fut plus tard élevé 7 à 10 0/0, c’est-à-dire doublé momentanément par Caracalla, en même temps que la vicesima haereditatum 8. Le recouvrement de cet impôt était affermé à des publicains ( publicani libertatis) 9, qui se formaient ordinairement en société pour ce bail et son exploitation 10, sous le nom de Socii vicesimae libertatis. Il paraît cependant qu’il s’établit plus tard une régie ou administration financière spéciale de vicesimarii chargés de percevoir directement cet impôt; elle était organisée en Italie par régions u, et au dehors par provinces 12, avec un centre à Rome, sous le nom de fiscus libertatis et peculiorum. En effet, on trouve dans une circonscription un tabularius appartenant à cette caisse 13. L’affranchi était tenu de payer Yaurum vicesimarium , mais ordinairement le patron complétait son bienfait par cette libéralité accessoire. Lorsque la liberté était donnée par testament, souvent le testateur léguait à l’affranchi la libération de cette dette, ou bien léguait la somme au fisc lui-même, ou enfin chargeait par legs ou ftdéicommis ses héritiers de l’acquitter u. Alors il y avait ce qu’on appelait gratuita libertas. On en voit un exemple remarquable dans le testamen t de Dasumius t5. Parfois aussi l’esclave auquel le maître abandonnait son peculium, rationibus redditis, devait payer les droits sur ce pécule 16. Enfin, le maître se faisait souvent acheter la manumission au prix du sacrifice de tout ou partie du pécule, et Tacite nous rapporte l’exemple de Pedanius Secundus, préfet de la Ville, assassiné par un esclave auquel il avait refusé sa liberté, après être convenu du prix avec lui 17. Du reste, Yaurum vicesimarium n’était dû que par l’esclave qui, par son affranchissement, acquérait la cité romaine; il en était autrement lorsqu’il était affranchi par un mode privé; 18 car, dans l’origine, le propriétaire pouvait toujours lui retirer cet avantage imparfait ,9. Plus tard, lorsque les lois Junia Norbana et Aelia Sentia eurent créé deux classes d’affranchis on ne voit pas
que ces derniers aient été assujettis au vingtième. Enfin, le droit n’était pas dû non plus par les affranchis d’un maître peregrinus lui-même.
Cet impôt disparut sous le bas-empire avec la plupart des autres contributions indirectes 20 du premier empire.
G. Humbert.
AUSPICIA (Oîtüvot), — Dans le sens restreint et historique du mot, signes envoyés par Jupiter aux magistrats romains pour garantir au préalable la validité et l’utilité
Inscr. r. Néap. Il0 3674 ; Petrotl. Fl'agm. trag. 03. — 11 Orelli, 3340, où il est fait mention d'une famllla vicesiniae Itbertalis regionis transpadanae, et d'un arlcarius. — 12 Gruter, 402, 4; 591, 4 ; Fabréttî, p. 35, 173 ; Orelli, 3337 ; Hagenbuh, Epist. epigr. p. 505. — 13 Orelli, n° 3335 ; Becker-Marquardt, Handb. d. rôm. Alt. III, 2, p. 210 et 211. — U Petron. 71 ; Suet. Vesp-. 16 ; Fest. s. v. Manumetti, puri ; Plaut. Rud. III, 32 ; Afridn. Diss. Epict. II, I, 3 ; III, 26. — 13 Hudorff et Laboulave, l. L - 16 Senec, Ep. LXXX ; Plin. Hist. nat. VII, 40. — 17 Ann. XIV, 42. — 18 Cid. Ad Attic. VII, 2. — 1® Cela fut défendu ensuite par le préteur, v, Gaius, I, 26 ; III, 56. — 20 Baudi de Vesme, Intposit. de la Gaule, dans la Revue histor. de droit , Paris, 1801, p. 369. — Bibliographie. Dureau de la Malle, Economie poli des Rom. Paris, 1840, 1, p. 290 et s. ; II, p. 469 et s. ; Walter, Geschichte des rôiil. Rechts, 3e édit. Bonn, 1860, 1, n°» 183, 329 ; Becker-Marquardt, Handbuch. der riim. Alterthilm. III, 2, p. 124, 210 et suiv. Leipz. 1853 ; Burmanli, Vectigalia populi rordanl, Leid. 1734, p. 65 et s.; E. Laboulave, Testament de Dasumius, Paris, 1845, p. 33 ; Lange, Rôm. Alterthûmer, I, p. 171 ; II, 24, 25, 2° éd. Berl. 1 863.
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de leurs actes publics 1 : et, par extension, droit d’observer ces signes, droit que l’on désigne d’une manière plus précise, dans son application, par le terme de spectio 2.
Cette définition exclut à dessein les auspices privés {anspicia privata :)), sur lesquels nous'savons d’ailleurs peu de chose et qui tombèrent de bonne heure en désuétude [augures]. Il y a entre les auspices privés et les auspices publics une différence de valeur, mais non de nature. La famille, prototype delà cité, avait pour intermédiaire, entre elle et Jupiter, son chef, le père de famille. Les auspices privés étaient interprétés au besoin par des Augures privés comme les auspices publics par des Augures publics. Le parallèle est exact de tout point; il n’y a pas lieu d’y revenir.
Les auspices privés comptaient pour beaucoup à l’origine dans l’organisation sociale, puisque leur possession était la condition préalable du droit d’auspices publics (i auspicia pubhca populi Romani 4). Selon l’idée qu’on se fait de la société romaine à l’origine, on peut dériver le droit d’auspices publics de l’approbation première donnée à Jupiter par Romulus 5 ou le considérer comme la résultante des auspices privés 6.
Quoi qu’il en soit, les auspices étaient à Rome la base et la consécration de l’autorité publique. Ils ne peuvent être un seul instant absents de la société ; ils se transmettent régulièrement de magistrat en magistrat, et si la cité se trouve accidentellement dépourvue de magistrats, les auspices « reviennent 7 » à leur point de départ, à la communauté patricienne {auspicia patrum ) 8 représentée par son Sénat, et le Sénat délègue l’exercice du droit collectif à un Interroi. Ce reflux des auspices vers leur source s’appelait venovatio auspiciorum 9.
L Classification quantitative des auspices (maxima, minora, aliéna). — Sous le régime monarchique, le roi était l’unique détenteur du droit d’auspices et le possédait dans toute sa plénitude, le déléguant au besoin sans 1 aliéner ni 1 amoindrir. Mais le système républicain compliqua la théorie et la pratique des auspices. D’abord, les auspices furent confiés à deux magistrats qui y avaient un droit égal. En outre, les consuls n’ayant plus de caractère sacerdotal, il fallut accorder au Pontifex maximus le droit d inaugurer, avec auspices, les ministres du culte public [fontifices, augures]. Lorsque les plébéiens, dépourvus d’auspices privés 10, réclamèrent l’éligibilité au consulat et qu on leur opposa des raisons théologiques u, il faut bien que, dans la transaction qui créa pour un temps (444-367) des tribuns militaires à puissance consulaire, on ait fait quelque différence entre1 les auspices des tribuns patriciens et ceux qu’on ne put refuser à leurs collègues plébéiens 12. La transformation de la questure en magistrature (447), l’institution de la censure (443), de la préture et de 1 edilité curule ^366), la création de magistrats extraordinaires, depuis les dictateurs jusqu’aux collèges de Ilvirs, Illvirs, Vvirs, Vllvirs, Xvirs, XXvirs chargés de dédier des édifices, de fonder des colonies ou de parta-
AUSPICÏA. 1 Serv. Aen. III, 374 ; Nonius, p. SU. — 2 Cic. Phil. II, 3-2 ; pes1 p. 333, s.v. Spectio. — 3 Cic. Divin. 1,16; II, 36; Fest. p. 234, s.v. Prohibere ; Lh IV, 2. — 4 Cic. Pro domo, 14 ; Nat. Deor. II, 4 ; Liv. IV, 2. - 8 Rubino, Untcr suchungen, I, p. 82; Th. Mommsen, Rom. Staatsrecht I, p. 16. — «Cette théorie s’ac corde mieux avec la renovatio auspiciorum et explique pourquoi Tite-Live dit que le patriciens «privatim auspicia habent. » (Liv. VI, 41).—' 7 Cic. Ad Brut. I, 5; Liv. I a-' ~ 8 c'°- Leg. III,. 4. 9 Cic. Pro domo, 14; Liv. V, 17, 31, 52 ; VI, 5 • cl
VI, I ; VIII, 17; IX, 7. - 10 Liv. IV, 6 ; VI, 41 ; X, 8.- U Liv. IV, 3 ; VII, 6; cf. V 14 ; VI, 41 ; Dion. XI, 50. - 12 Lange, R(jm. Alt. 2« éd. I, p, 563. — 1» (jell. XIII lo — U LiV. XXII, 30; XXVIII, 27; XXIX, 27; XL, 52; XL1, 28 ; C. I, L- I, 541 ; Tlaul Antphilr. 196 \ al. Max. II, 8, 2. — 18 Lange, Boni. Alt. I, pp. 295, 696, ; 112, pp. 52
ger des terres, de surveiller Vannona, etc., enfin, la prorogation des magistratures ordinaires, en répartissant le droit d’auspices entre plusieurs dépositaires, rendirent. indispensable un remaniement de la théorie. Il fallut, en prévision de conflits inévitables, déterminer la valeur relative des auspices aux mains des divers magistrats.
On divisa donc les magistrats et leurs auspices en majeurs {auspicia maxima ) et mineurs {minora) 13. Les auspices majeurs rendent aptes à Yimperium et sont souvent confondus bu associés avec lui dans le langage ordinaire u.
Furent considérés comme ayant les auspices majeurs, les consuls (ou tribuns consulaires) et les préteurs : parmi les magistrats extraordinaires et prorogés, les dictateurs, proconsuls et propréteurs et peut-être les maîtres de la cavalerie. Les censeurs, dépourvus de Y imperium, ont des auspices pour lesquels le titre de majeurs est purement honorifique. Les édiles curules et les questeurs eurent les auspices mineurs.
Il y avait impossibilité théorique et danger pratique à accorder les auspices aux magistratures plébéiennes qui ne procédaient point du pouvoir traditionnel et s’étaient fondées en dehors des auspices ; mais il y avait aussi avantage en ce sens que les actes des magistrats plébéiens tomberaient par là sous la dépendance des règles augurales. La collation des auspices aux tribuns et aux édiles de la plèbe paraît avoir été décidée par la loi Publilia Philonis (339) 15. En fait, sinon en théorie, les édiles eurent les auspices mineurs et les tribuns donnèrent aux leurs une force égale à celle des auspices majeurs. Pour exécuter la loi Publilia, il suffit de faire présider les comices qui élurent les magistrats plébéiens par un magistrat investi du droit d’auspices.
A côté des auspices majeurs et mineurs se placent des auspices délégués par un magistrat à son subordonné et dont celui-ci use pour le compte et sous la responsabilité du mandant ( auspicia aliéna). Sous le régime monarchique, il ne pouvait y avoir, en dehors des auspices royaux, que des auspicia aliéna. Jusqu’en 447, les questeurs n’avaient pu avoir que des auspicia aliéna, délégués soit par les rois, soit par les consuls : après 447, ils eurent encore besoin d’une délégation d’auspices lorsque, chargés par les consuls ou les préteurs de poursuivre un procès en matière capitale, ils devaient convoquer les centuries, ce qui ne pouvait se faire sans les auspicia maxima. Le cas se présentait bien plus souvent à la guerre. Le triomphe ne pouvait être décerné qu’à celui qui combattait sous ses propres auspices : les succès remportés avec des auspicia aliéna étaient attribués à celui qui les avait délégués 16.
Qu’il lut entier, amoindri ou délégué, le droit d’auspices autorisait à user de tous les modes réguliers d’auspication ; car la différence entre les auspices majeurs et mineurs n’était pas dans la nature des signes observés, mais dans l’emploi qu’on en pouvait faire 17.
Cette classification des auspices était insuffisante pour
4*4, sqq. 16 Le triomphe dd Pompée en 80 était, pour cette raison comme pour hien d autres, tout à lait irrégulier. — 17 Comme la confusion tend à s’accroître dans les questions complexes, les auteurs appliquent parfois les qualifications de maxima et de minora aux auspices obtenus par des modes de divination plus ou moins solennels, ou même par divers agents dans un mode donné. Ainsi, par rapport aux autres signes, l’éclair est Vauspicium maximum (Dio Cass. XXXVIII, 13 ; Serv. Aen* II, 693 ; Cf. Senec. Quaest. nat • II, 34) et l’appétit des poulets un ausp. minus (Serv. Aen . III, 375) : dans les auspices ex avibus, le pivert fournira des auspices mineurs ou de moindre conséquence que l’aigle (Serv. Aen. III, 374 ; Cf. Scncc. Quaest. Aat. II, 32), de sorte qu’eu faisant la récapitulation, on accordera à ces derniers plus de créance qu’aux premiers (Serv. Eclog. IX, 13).
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Prévenir les conflits. 11 fallut graduer l’effet réel des auspices d après la dignité relative des magistratures et mettre les auspices du dictateur au-dessus de ceux des consuls, et ceux des consuls au-dessus de ceux des préteurs. Lorsque deux consuls ou deux préteurs commandaient une armée, ou que les censeurs procédaient au cens, il était nécessaire que 1 un des collègues eût un droit supérieur. On combina cette inégalité indispensable avec l’égalité théorique en faisant alterner les faisceaux et les auspices. Dans les camps, les magistrats collègues se transmettaient chaque jour de l'un à l'autre le commandement en chef18. 11 est probable, du moins pour les premiers siècles de la république, que les auspices alternaient également à Rome où les consuls se transmettaient de mois en mois la présidence du collège et les faisceaux.
IL Collision des auspices (obnuntiatio). — Ces précautions ne suffirent pas, en définitive, à écarter toute collision des auspices. On avait bien empêché deux magistrats de poser la môme question il Jupiter, mais il pouvait se faire que, deux magistrats le consultant pour des raisons différentes, 1 un d’eux observât un de ces signes négatifs qui équivalaient à une interdiction générale, au moins pour une journée (diem vitiare)™, de certains actes garantis par les auspices. Tels étaient l’éclair ou le tonnerre qui prohibaient la tenue des comices, et, en général, les dirae [augures].
Dans ces cas, la puissance des signes négatifs était telle que, dignes d’attention quand ils étaient annoncés par un simple particulier, ordinairement obéis quand ce particulier était un Augure [augures], ils s’imposaient lorsqu’ils avaient apparu au moindre des magistrats. La notification officielle de ces signes fâcheux, appelée nuntiatio quand elle émanait d’un particulier, était désignée, quand elle émanait d'un magistrat, par le terme à’ obnuntiatio à cause de sa force prohibitive.
A part Y obnuntiatio dirarum , par laquelle le tribun C. Ateius essaya de retenir Crassus partant pour l’Orient (33 av. J.-C.)'21 et de l’opposition faite au cens de 55 22 et de 65 23, tous les exemples historiques d’obnuntiation ont trait à la tenue des comices. Elle consiste alors simplement en la notification, faite au magistrat président par le magistrat opposant en personne 24, qu’un éclair a été aperçu.
Pour se garantir de X obnuntiatio , les magistrats supérieurs défendaient aux inférieurs d’observer le ciel le jour où ils tenaient les comices {ne quis magistratus minor de coelo servare relit n). Mais, comme il n’y avait pas de hiérarchie réelle, leur défense pouvait ne pas être respectée ; et, quelle que fût la sanction de cette désobéissance, il est à croire que les signes négatifs n’en étaient pas moins obligatoires pour avoir été observés subrepticement. Nous ne savons si Y obnuntiatio a jamais été employée de bonne foi ; en tous cas, on comprit qu’il était impossible de supprimer l’obnuntiation de mauvaise foi, et on se décida à en réglementer l'usage, au risque d’avouer par là combien la religion tenait peu de place dans ces manœuvres politiques.
Cette question fut une de celles que réglèrent les lois
18 Le collègue momentanément inférieur pouvait encore prendre les auspices, mais les siens n’avaient plus force obligatoire (Liv. XXII, 42; XXVIII, 9).— 19 Cic. Att. LX, 1.
— 20 Cette distinction doit être maintenue, malgré la confusion que fait Donat (Ad Tcrent. Andr. IV, 2, 9). V. Grosser, De spectione et nuntiatione dissertatio. Breslau,
1 852. — 21 Cic. Divin. 1,1 6 ; Dion. II, 6 ; Tell. II, 46 ; Flor. 1,45 ; Lucan. III, 126 ; Appian. Dell.civ. II, 18 ; Plut. Cross. 16 ; Dio Cass. XXXIX, 39.-22 cic. Att. IV, 9.-23 Dj0 Cass. XXXVII, 9 — 24 Th. Mommsen, Dôm. Staatsrecht, I, p. 34. — 25 Gell. XIII, 15.
— 26 l. Lange, De legibus Aelia et Fufia. Gissac, 1861 ; Dora. Alterth. 1, p. 295,
Aelta et Fufia (vers 151 av. J. -G.), portées pour définir la part de liberté que le calendrier pontifical et la théologie augurale laissaient encore à l’exercice de la souveraineté populaire dans les comices26. Autant qu’on peut le conjecturer d’après des faits postérieurs, ces lois reconnurent au consul le droit A' obnuntiatio vis-à-vis de son collègue27 et du P. M. présidant les comices curiates28 : aux tribuns le même droit vis-à-vis des consuls 29 et des censeurs 30, à charge de réciprocité, et déclarèrent toute autre immixtion non recevable. L’obnuntiation n’était acceptée par le président des comices que si elle lui était notifiée avant le commencement du vote 81 . Elle exerçait son effet suspensif également sur les comices centuriates et sur les comices par tribus, mais seulement en tant qu’assemblées législatives. En effet, Lange croit, pour de bonnes raisons, que les lois dont s’agit avaient fait une exception pour les comices électoraux32 ; quant aux comices judiciaires, on ne pouvait admettre, ne fût-ce que pour la forme, qu’un acte de justice, supposé impartial, pût être arrêté par ordre céleste.
Les lois Aelia et Fufia, pour lesquelles Cicéron et les conservateurs de son temps n’avaient pas assez d’éloges33, n’accordaient aux tribuns qu’un avantage illusoire contre une véritable diminution d’autorité, car ils possédaient déjà sous forme à' intercession un véto plus puissant que l’obnuntiation, tandis que les consuls eurent sur les comices tribunitiens un droit de véto que la loi ne leur reconnaissait pas jusque-là. Aussi, un siècle après, P. Clodius abrogea ces dispositions par la loi Clodia (58) qui abolit l’obnuntiation [ne quis obnuntiaret 34). Cette loi, d’une légalité très-contes tée et aussi souvent violée qu’observée, ne laissait plus subsister que la nuntiatio des Augures.
Du reste, les auspices n’étaient plus pris au sérieux par personne. A peu près délaissés par les généraux, proconsuls et propréteurs 35, ils n’étaient plus, à Rome même, qu’une pure formalité. Les magistrats déclaraient parfois d’avance que, tel jour, ils feraient usage de l’obnuntiation, ou même, comme Milon, qu’ils s’en serviraient pour tous les jours comitiaux 36 : aussi ne faut-il pas s’étonner que la force ait été parfois employée pour détourner la menace, en empêchant l’opposant de parvenir jusqu’au président des comices. Le consul Bibulus usa en pareil cas (59)de l’obnuntiation par édit 37 , mais on ne voit pas qu’elle ait été respectée sous cette forme anormale. Il n’est plus question de l’obnuntiation sous l’empire : la suppression des comices par Tibère lui enleva toute raison d’être.
111. Classification qualitative des auspices (aushcia urbana, bellica). — 11 n’a été question jusqu’ici que des auspices consultés dans Rome et pour des actes accomplis au sein de la ville même, de Yurbs;&n un mot, des auspicia urbana. Les auspices urbains sont les plus importants de tous, tant à cause du rôle important qu’ils jouent dans la vie politique du peuple romain, que parce qu’ils sont la condition essentielle et la base des auspices militaires. Nul ne peut posséder en propre les auspicia bellica (nulitaria) 38, s’il ne possède déjà les auspices urbains du degré supérieur
616; U, p. 297, 447, 487, '2= éd.— 27 Suet. Jul. 20.— 28 Cic. Pro domo, 15 \Har. resp. 23 ; Prov. Cons. 19 ; Att. Il, lï. — 29 Cic. Pro Sest. 37,38 ; Att. IV, 3 ; Ad Q. fr. III,
3 ; Phil. II, 38; App. Bell. cio. III, 7. — 30 Cic. Att. IV, 9; Dio Cass. XXXVII, 9.—
31 Cic. Phil. II, 32. — 32 Lange, Dôm. Alt. U, pp. 447 , 48 7. — 33 cic. Har. resp. 27; Pro Sest. 15, 53 ; In Vatin. 2, 7, 9 ; Prov. cons. 19 ; Att. 11,9 ; IV, 16 ; In Pison. 5 ; Ascon. Ibid. — 34 cic. Pro Sest. 15, 26 ; Post. red. in sen.S, etc., v. supra. — 35 cic.
1, 15; Nat. Deor. II, 3; Dion. II, 6.— 38 cic. Alt. IV, 3.-37 cic. Pro domo, 15^ Har. resp. 28; Att. II, 16; Suet. Jul. 20. — 38 cic; Divin. II, 36.