AUT
AUX
service militaire 7, pouvaient, sans s’exposer à aucune pénalité, aller librement de leur pays dans un autre8, même pendant des hostilités. Aussi les employait-on quelquefois pour entamer, sans compromettre l’amour-propre national par une démarche officielle, des négociations entre les belligérants. Ainsi, en 347 av. J. -G., les Athéniens chargèrent des acteurs, qui allaient en Macédoine à l’occasion d’une grande fête, de voir Philippe et de s’enquérir de ses dispositions à l’égard d’Athènes 9.
Quant aux esclaves, ils étaient le plus souvent étrangers aux intérêts du pays dans lequel ils servaient, et 1 espoir de rencontrer à l’étranger la liberté, ou au moins un traitement plus humain, devait exciter beaucoup d’entre eux à quitter la maison de leurs maîtres. C’était surtout en temps de guerre que ces désertions étaient à craindre; car les mécontents trouvaient alors plus d’occasions pour s’enfuir, et l’ennemiétait disposé aies accueillir plus favorablement, parce qu’ils pouvaient grossir le nombre des combattants. Aussi, pendant la durée des hostilités entre les Lacédémoniens et les Athéniens, il était défendu aux maîtres de châtier trop rigoureusement leurs esclaves 10. Si, malgré toutes les précautions, l’esclave s’échappait, il s’exposait à une pénalité effrayante pour le cas où il serait repris : l’esclave atjTÔg.oXo; était attaché à une roue et déchiré à coups de fouet11. E. Caillemer.
AUTONOMOI (Autovou-oi). — Ce nom, à ne consulter que son étymologie, ne devrait être donné qu’à des États complètement indépendants b Mais, à Athènes comme à Rome 2, il était employé dans une acception spéciale et quelque peu mensongère ( migatoria ). Les États autonomes (auTovoi-ioi) étaient des États qui reconnaissaient la suprématie de la république athénienne, et qui lui étaient attachés par une alliance obligatoire et permanente ; toute tentative faite par eux pour secouer le joug d’Athènes était sévèrement réprimée. Seulement ces États jouissaient de plusieurs faveurs refusées aux autres États alliés, appelés uTTijxooi, et, grâce à leurs privilèges, ils s’imaginaient avoir encore leur autonomie (se aÔTovotxiav adeptos pulant ).
Les petits États, alliés permanents d'Athènes, formaient, en effet, deux catégories; l’une comprenait les États dits autonomes, l’autre les États dits dépendants.
Les États dépendants étaient soumis à la juridiction d’Athènes ; toutes les affaires, soit criminelles, soit civiles, qui avaient un peu d’importance, devaient être jugées par les tribunaux athéniens. On comprend aisément tout ce que cette obligation avait de vexatoire et de blessant pour l’amour-propre des alliés. Elle les astreignait à des voyages fatigants et à des dépenses dont les Athéniens profitaient exclusivement ; elle ralentissait le cours de la justice ; elle était surtout le signe manifeste de la dépendance et presque de la servitude. Xénophon a pu dire que le peuple athénien, en obligeant les alliés à venir plaider devant lui, les avait faits ses esclaves (ot cuji-aa/oi SoüXot xoü o/jaou4); aussi y avait-il beaucoup de doléances. Isocrate, si jaloux cependant de l’honneur de son pays, était obligé d’avouer que les jugements rendus dans les procès des alliés n’étaient pas toujours à l’abri de la critique0. Les
7 Foucart, De collegiis scenic. artificum, p. 41 et s. — 8 Déni. De falsa leg. Argum. § 2, R. 334-— 9 Grote, Hist. de la Grèce, t. XVII, p. 214. — 10 Aristoph. Nub. C. 11 Aristoph. Pax, 431 et s.
* AUTONOMOI. 1 Xenoph. Hist. gr. V, 1, § 31 ; cf.Wachsmuth, Hellen. Alterthums- Icunde, 2e éd. I, p. 261. — 2 Cic. Ad Attic. VI, 1, § 15. — 3 Cic. I. c. — 4 De rep. Ath I 18. — “ Panath. § 63 et s. D. 158; cf. Thuc. III, 36, § -• * ie. I. (.
L Boeckh, Staatshausli. der Ath. 2- éd. I, p. 533. - 8 Harpocr. a. v. khn»»u
États qui avaient obtenu l’autonomie étaient exemptés de cette sujétion; ils avaient une juridiction propre. Première différence, à laquelle les Grecs attachaient un grand prix6.
Quand il y avait lieu d’entreprendre une guerre ou de conclure une paix, les États alliés qui jouissaient de l’autonomie étaient consultés et prenaient part aux délibérations, au moins pour la forme, tandis que les alliés dépendants (ümjxoot) étaient tenus de se conformer sans discussion à la résolution adoptée par les Athéniens7.
Dans les États dépendants, les Athéniens envoyaient des magistrats chargés de représenter la métropole, les eTucxoTTot ou (BuXaxEç 8 et les xpuTTxot 9. Rien n autorise a croiie qu’Athènes ait entretenu les mêmes fonctionnaires dans les États autonomes10.
On peut signaler, au moins en principe, une autre différence caractéristique. Les États autonomes fournissaient à la république des vaisseaux et des marins u, tandis que les États dépendants payaient un tribut, dont Athènes avait la libre disposition, et qui, au lieu d’être affecté à des préparatifs de défense, fut souvent employé à des travaux de construction et d’embellissement. Nous devons toutefois faire remarquer que l’autonomie exista quelquefois au profit d’États qui étaient obligés de payer un tribut12, et réciproquement il arriva souvent que les ûnv)xoot furent requis de fournir un service personnel 13. A ce point de vue, la distinction des États manquait parfois de netteté.
Le nombre des États aùxôvouot alla toujours en diminuant et presque tous devinrent ùmixooi. Les uns se lassaient de fournir des vaisseaux et des marins et aimaient mieux payer des redevances en argent. D autres s insurgeaient pour échapper à la domination d Athènes, et, quand leur révolte était comprimée, la république leur enlevait les privilèges dont ils avaient joui jusque-là. Au commencement de la guerre du Péloponèse, il n’y avait plus que trois alliés qui eussent conservé leur autonomie : Chios, Mytilène et Méthymne; Mytilène elle-même ne tarda pas à la perdre u. — On pourrait également citer des États qui, de dépendants, devinrent autonomes ,b ; mais cette transformation ne fut pas librement consentie pai les Athéniens ; elle leur fut imposée par les Spartiates.
En 405, la grande défaite d’Ægos-Potamos, qui anéantit l’empire athénien, fit disparaître l’intérêt qui s’attachait à la distinction en deux classes des alliés d’Athènes. E. Caillemer. AUTOPSIA [eleusinia].
AUXILIA, AUXiLiAïui, auxiliares. Troupes auxiliaires. Pour les Grecs voy. epikouroi, xenikon. — Sous la république, on vit rarement des étrangers dans les armées romaines ; néanmoins Polybe1 assigne aux auxiliaires un emplacement dans le camp, tout en disant que leur présence est exceptionnelle. Dans tous les cas, on avait la prudence de n’y installer qu’une très-petite quantité de ces troupes, et l’espace qu’on leur accordait était d autant plus restreint qu’elles étaient généralement composées de cavaliers. En effet, on ne leur destinait, de chaque côté du camp [castra], entre la cavalerie des extraordinaires, l’infanterie des extraordinaires, le chemin de ronde et la rue qui passait derrière le prétoire, qu’un
9 Bekker, Anecd. graeca, I, p. 273, 33.- 1» Rocckh, l. c. P- 534 - U Thuc. VII 57 § 4 • cf. VI, 85. — 12 Wachsrauth, l. c. I, p. 219. — 1 Thuc. VI, 43. ti Thuc VI 85 § 2. - 15 Boeckh, L c. p. 538 et s. - B.buocupu.c. O,, de Cuasco, Sopra Vautanomia de’ popoli dette città greche, dans ses Dissertations historiques, politiques et littéraires, Tournay, 1756 ; Schipper, Die Autonomie bel den alten Griechen , Munster, 1862.