‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 134 sur 155 · BAU · texte numérisé non relu

BAU

BAX

Fig. 807. Éprouvette.

tination. Pline dit aussi8 que l’on faisait l’essai des métaux sur des batilla en fer, ce qui peut s’entendre des pelles

dont il vient d’être parlé, ou encore d’une éprouvette comme celle qui est représentée (fig. 807) d’après un bas-relief où cet objet se trouve placé à côté d’un sac de monnaie. E. Saglio.

BAUBO (Bauëw). — Personnage du mythe éleusinien de Déméter, développé principalement sous l’influence de l’orphisme. Dans l’hymne homérique, quand Cérès est reçue chez Géléus, la servante Iambé parvient à là faire rire au milieu de sa tristesse, par des plaisanteries grossières, et la décide à rompre son jeûne en prenant le cyceon1. Le récit d’Apollodore 2 est le même [ceres]. Iambé dont le nom est en rapport avec les vers ïambiques, personnifiait l’élément comique qui se mêlait aux Éleusinies dans l’usage des gephyrismi. Plus tard, on lui substitua le personnage de Baubo, dont le nom est encore usité dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce pour désigner une vieille femme radoteuse 3. Dans cette nouvelle forme du récit, Baubo offre à la déesse le breuvage réparateur, que celle-ci repousse ; prenant son refus pour un acte de mépris, elle relève ses habits avec un geste obscène4. On ne peut méconnaître ici un emprunt fait à l’Orient 5. L’action de Baubo avait d’ailleurs une signification symbolique 6 et n’était autre que l’introduction dans le mythe éleusinien de l’acte sacramentel et emblématique des femmes égyptiennes dans les fêtes nocturnes de Bubastis 7.

C’est aux Orphiques que fut due cette addition à l’ancien fond de la légende d’Éleusis, qui avait un caractère beaucoup plus chaste. En effet, l’histoire de Baubo était racontée pour la première fois dans des vers attribués à Orphée, que cite Clément d’Alexandrie 8 et qu’Arnobe9 traduit d’après un texte assez différent. Mais il est positif que sous l’action prédominante de l’orphisme [eleusinia, sect. i ; orpuici] Baubo, dans son attitude caractéristique, finit par trouver place dans les représentations des nuits mystiques d’Éleusis10 [eleusinia, sect. vu].

Le type de Baubo sur les monuments de l’art a été déterminé par Millingen 11 d’après une curieuse terre cuite de travail grec (fig. 808), où elle est assise sur le porc sacré de Déméter12. Des représentations analogues, et auxquelles doit être appliqué le même nom, ne montrent pas cet animal 13. « La rareté des publications sur ce sujet, dit M. de Longpérier 14 , tient à la nature scabreuse de pareilles figures, qui ne manquent cependant pas

dans les musées. »

L’hymne orphique à Hécate, publié par M. Miller 1S d’après un papyrus de la Bibliothèque nationale de Paris, révèle les développements ultérieurs du mythe de Baubo. C’est Hécate elle-même qui y est appelée16 «Baubo, crapaud femelle, » (Bxuêw (ppouw)). Il est évident par là que les Orphiques, à cause de l’analogie de son des noms, avaient assimilé à Hécate la déesse égyptienne Heke-t, dont l’animal sacré est la grenouille, symbole de production 17 et de multiplication indéfinie18, et qui est quelquefois représentée sur les monuments avec une tête de grenouille 19. « Baubo, accroupie, avec les genoux relevés, remarque M. de Longpérier, offre une analogie assez frappante avec le crapaud femelle ou la grenouille. >< La part que les éléments égyptiens ont eue à ces combinaisons hybrides explique comment les figurines de Baubo, en terre cuite et en verre, se rencontrent surtout en Égypte, où elles ont été exécutées pendant les périodes grecque et romaine.

Le crapaud ou la grenouille, ainsi attribué à Hécate, devint un symbole de la lumière nocturne. C’est pour cela que sur certain nombre de lampes de terre, particulièrement en Égypte, on voit cet animal figuré 20. Il existe aussi des candélabres antiques dont les pieds portent sur des figures de grenouilles21. F. Lenormant.

BAUCALIS (BauxaXtç). — Vase à boire 1 et qui servait peutêtre aussi à rafraîchir le vin 2. On en faisait en verre dans les verreries célèbres d’Alexandrie [vitrum] : c’est au moins ce qui semble résulter du passage où Athénée 3, en mentionnant ce vase, rappelle l’habileté des Alexandrins à en varier les formes; il cite le poète Sopater, qui lui donne l’épithète de xsTpdxuxXoç (à quadruple cercle).

La baucalia (jkuxaXta), vase à boire nommé ailleurs 4, n’en doit peut-être pas être distingué. E. S.

BAUKIDES (BauxtSec). — Chaussure de femmes, très-élégante, de couleur jaune-safran1 ; le poète comique Alexis* parle en ces termes des mœurs des courtisanes : « L’une est-elle trop petite, elle met du liège dans ses baukides ; l’autre se trouve-t-elle trop grande, elle chausse un léger diabathrum. » Ch. Morel.

BAXAE ou BAXEAE *. — Sandales faites de feuilles ou d’écorces. On employa à cette fabrication le palmier 2, le papyrus 3, le saule 4, le jonc et le sparte 9, selon les pays. La découverte qu’on a faite dans les tombeaux égyptiens d’un grand nombre de chaussures semblables permet de mettre des exemples à côté des textes où il en est fait mention. Le premier de ceux que l’on voit ici (fig. 809) appartient au Musée Britannique : c’est une simple semelle de papyrus, imitant la forme du pied droit, auquel elle était

, ... o Fig. 809. Baxea.

destmee ; une feuille

non travaillée, passant, au milieu, entre le grand orteil et

8 Hisl. nat. XXXIII, 44, 1 ; XXXIV, 26, 2.

ISAUBD. 1 Homer. Hymn. in Cer. v. 202-204. — 2 I, 5, 1-3. 3 p. Lenormant, Mono tr aphte de laVoie sacrée Éleusinienne, 1. 1, p. 245 ; Politis, NtosIAijvuGi puOol.oyin, p. 55. — *Clem. Alex. Protrept. II, p. 1 7, édit. Potier. — &Comp. le passage de Plutarque {De virt. millier. 9) relatif aux femmes lvciennes, et de Justin (I, 6, 3) au sujet des lemmes perses. — 6 Voy. F. Lenormant, Voie sacrée, 1. 1, p. 273. — 7 Herodot. II, 60.

— 8 Loc. cit. — 9 Adv. gent. V, 26. — 10 Clem.Alex.f. c.; PsM. De opin. Graec. circa daemon. cité dans la 2e édit, de Sainte-Croix, Rech. sur les mystères, t. I, p. 374.

— Il Ann. de l’inst. arc.h. t. XV, p. 72-97. — 12 Ibid. pl. E. — 13 Description de l’ɬ

gypte, Antiquités, t. V, pl. lxxx ; Leemans, Musée des antiq. égypt. de Leyde, 2'part. pl. xxvii, nos 157-159 ; F. Lenormant, Catalogue Raifé , n“* 879 et 879 bù. — H Dans Miller, Mélanges de littérature grecque, p. 460 — 15 Ibid. 442 et s. 16 y, o, et

le remarquable commentaire de M. de Longpérier, Op. cit. p. 459 et s. n Horapoll.

Hieroglyphic. I, 25. — 18 Dans l’écriture hiéroglyphique, la figure d’une grenouille représente le nombre 100000. — 19 Wilkinson, Manners and customs of anc. Egypt. t. IV, pl. xxv, n“ 4. — 20 Descr. de l'Égypte, antiq. t. V,pl.Lxivm et lxxxvi ; Leemans, Mus. ég. de Leyde, 2* part. pl. lxxiii, nos 525-528. — 21 De Longpérier, l. c.

BAUCALIS 1 Athen.XI, 28, p. 784 c. — 2 Anth. pal. XI, 244. —3 L.c. — I> Achmet. Onirocr. 198.

BAUKIDES. 1 Pollux, VII, 94. — 2 Ap. Atheu. XIII, p. 568 b.

BAXAE oo BAXEAE. 1 Plaut. Menaechm. II, 3, 40, est le premier auteur qui les nomme. — 2 Apul. Met. II, 28. — 3 Wilkinson, Manners and customs of anc. Egypt. t. 111, p. 366. — ■* Isid. Orig. XXXIV, 6. Cet auteur nous apprend qu’on les appelait aussi calones. — 5 pR0. Hist. nat. XIX, 27 ; Col. XII, 19, 4.

BEB

Page 1