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Fig. 850. Perroquet.
beau où son corps fut déposé au milieu des plus suaves parfums. L’éloge du perroquet devint un lieu commun d’exercices scolastiques ; c’est à une composition de ce genre qu’appartient le fragment qui se trouve dans les Fiorides d’Apulée. Au dire de Philostrate 35\ Dion Chiysostome avait écrit un éloge du perroquet.
Il existe quelques représentations antiques du perroquet. La figure 850 est tirée d’une des peintures récemment découvertes à Rome dans la maison de Livie, où l’on voit un de ces oiseaux perché sur un cippe, à l’intérieur d’un enclos consacré [sacellum] 38S. Sur une pierre gravée 386, on voit un perroquet avec un collier, et tenant au bec deux têtes de pavot. Dans une peinture d’Herculanum 367, un perroquet attelé à un petit .char est conduit par un grillon, qui tient les rênes dans sa bouche 388.
Éducation des oiseaux parleurs. — Cette éducation était longue et difficile 389 ; ce n’est donc que par licence poétique que Stace 36°, en invitant les oiseaux parleurs aux funérailles du perroquet de Melior, les appelle « ces oiseaux savants à qui la nature accorde le noble privilège de la parole. » Un autre poète, Manilius 361, dit avec plus de raison qu’on leur enseigne à faire de leur langue un usage que leur a interdit la nature. Cet art demandait des soins infinis et une patience extrême qui n’excluait pas une sorte de violence 362. Ainsi quand on dresse le perroquet à parler, on le frappe sur la tête avec une petite verge de fer (radiio ferreo 36\ clavicula ferrea 364) ; encore faut-ilqu’il soit tout jeune quand on commence son éducation. S il a plus de deux ans, elle devient presque impossible : il est indocile, oublieux. Une épigramme attribuée à Pétrone 36°, donne pourtant à entendre que quelquefois les perroquets qu’on apportait de l’Inde savaient déjà parler, et qu’ils remplaçaient le langage barbare par des mots latins. Pline avait observé, relativement aux pies, que celles-là seules apprennent à parler qui se nourrissent de glands. Apulée, copiant maladroitement cette observation, l’applique au perroquet avec l’erreur ajoutée par Pline, que la pie à cinq doigts a plus de facilité pour apprendre à parler 366. Pour instruire ces animaux, on les enfermait dans un lieu retiré, où nulle autre voix ne pouvait se mêler à celle de leur maître, et lui, assis auprès d’eux, répétait souvent les mots qu’il voulait leur faire retenir : il les caressait en leur donnant à manger. On se servait aussi d’un miroir, et un homme caché derrière prononçait les mots que l’oiseau devait apprendre. Celui-ci, en voyant son image, croyait entendre un autre oiseau, et par émulation il répétait les mots qui frappaient son oreille 367.
354 Sophist. I, 7, 2. — 355 Annal, de l’Inst. arch. 1875, p. 210, pl. l. — 336 Winckelmann, Pierres de Stosch, p. 567, n. 175, 176. — 351 Pitt. dErcol. I, pl. 47, p. 247. — 338 Voy. encore Antiq. du Bosphore , pl. LXI1I n, 5 ; C. rendus de la comm. arch. 1870, p. 8. Dans le bas-relief de Naples où 1 ou a vu un perroquet perché sur la main d’une jeune femme, nous croyons qu’il faut plutôt reconnaître une colombe, Mus. Borb. VI, pl. x; Millier- Wicseler, Denkm. d. alten Kunst, II, 261. - 339 philostr. Apollon. VI, 36. — 363 Stat. Silo. II, 4. — 361 Manil. Astron. V, 378 et s.; cf. Philostr. — 362 Firmic. VIII, 14. — 363 pli,,. Eist. nat. X, lviii, 42.
364 Apul. Florid. XII. — 363 Anthol. lat. Burm. V, 148. — 366 plia. Apul. I. I.
. — 367 Greg. Naz. cité par Casaub. Ad Pers. Prolog. — 368 Theocr. 1, 52 ; Longus,
Insectes. — La cigale (rérrt?, cicada ), etla sauterelle (axptç, locusta ), ne doivent pas être oubliées ici, car elles ont été mises par les anciens à côté des oiseaux chanteurs 388 ; ils les aimaient et les traitaient comme des oiseaux, à cause de leur chant, les enfermaient quelquefois dans de petites cages de jonc, et élevaient à celles qui les avaient charmés, de petits tombeaux avec de poétiques épitaphes 369.
Nommons encore un insecte, le hanneton ([z.rjXoXov6y), scarabaeus), qui n’était point sans doute recherché pour son chant, mais que les enfants, anciennement comme de nos jours, poursuivaient pour le faire voler, après 1 a\oii attaché à un fil 37#. E. Cougny. E. Saglio.
IîESTIAUII (©Yipiofjwcxot), bestiaires. — On appelait ainsi, à Rome, des hommes qui combattaient dans le cirque contre les bêtes, soit qu ils y eussent été condamnés comme criminels ou comme prisonniers de guerre, soit qu’ils fissent volontairement ce métier, pour un salaire [auctoramentum] ou par goût. Ceux qui étaient dans ce dernier cas, bien exercés et diversement armés, selon le genre de combat qu’ils avaient à soutenir, s appelaient proprement venatores et se distinguaient entre eux par d’autres noms particuliers [venatio] ; les véritables bestiani étaient ceux1 qu’on forçait de combattre sans armure défensive, ou vêtus d’une simple tunique ; ils avaient le bras gauche quelquefois protégé par une pièce d’étoffe et les jambes par des bandages enroulés tout autour [fasciae], et tenaient dans la main droite, quand on leur donnait une arme, une lance ou un glaive : c’est ainsi qu’on voit dans les bas-reliefs d’un tombeau de Pompéi, aujourd’hui détruit, mais dont les dessins nous ont été conservés 2, la représentation d’une venatio (fig. 851) ; des hommes vêtus
Fig. 851. Bestiaires.
comme nous venons de le dire, d’autres entièrement nus courant au milieu d’animaux de toute espèce, combattant ou fuyant ; l’un de ceux-ci est terrassé. Bien que ces malheureux fussent inférieurs aux derniers des gladiateurs, les Romains prenaient plaisir au spectacle de leur supplice ; il y en avait, comme l’empereur Claude, qui ne pouvaient s’en rassasier 4. E. Saglio.
BIAION D1KÈ (Btouwv S£xy|). — Si l’on s’attachait seulement au nom donné à cette action, on serait tenté de dire qu’elle était destinée à réprimer toute espèce de violence, et l’on pourrait invoquer à l’appui de cette idée deux graves autorités. Platon déclare qu il y a (h'ouov toutes les
Past.l, 14; Anth. pal. VII, 199-202. 213, 364; Plin. Hist. nat. XXXIV, 19, 8 ; Winckelmann, Pierres de Stosch, p. 147, n. 815. — 369 Aristoph. Nub. 76i et Schol. Vesp. 1342 ; Poil. IX, 124; Eustath. p. 1329, 25 ; Arch. Zeitung, 1867, p. 126, — 370 Heydemann, Griech. Vns. pli x, 3 et pl. supplém. (Hilftafel).
BESTIAIUI. 1 Cic. Pro Sesti 64 ; Sen. De benef . U, 19 ; Ep. LXX, 17. 2 Mazois,
Ruines de Pompéi, t. I, pl. xxxm ; -voy. encore Henzen, Atti d. Academ. pontifie, di archeolA. XII, pl- vi; Bullet. Napolit. IV, pl. îv (de l’atlas) et l’article vexatio.
3 petron. Sat. 45. — 4 guet. Claud. 34. — Bibliographie. Henzen, Atti dell’
Academia pontificale di archeologia, t. XII ; Friedlânder, Darstellungen aus der Sittengeschichte Bonis , t, II, p. 367 et 523, 3e édit. Leipz. 1874.