‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 138 sur 155 · BID · texte numérisé non relu

BID

bliothecaM ou bibliothecarius 47, furent des esclaves ou des affranchis de la classe des librarii. De Néron à Trajan, un rhéteur alexandrin, Denys, fut directeur des bibliothèques de Rome 48 ; sous Hadrien, ce fut G. J ulius Y estinus, son ancien précepteur, son secrétaire ensuite, qui devint plus tar d administrateur du musée d’Alexandrie et grand prètie de

toute l’Égypte 49 . E. Saglio.

BIDENS. — I. Nom de tout instrument à deux dents, à deux lames ou à deux pointes S et plus particulièrement du raster bidens [raster], la houe à deux fourchons (en grec et <j|a.ivuy) 2) dont se servent les agriculteurs

pour défoncer et fouiller le sol, briser les mottes de terre retournées par la charrue, remuer la terre ou l’amonceler

autour des plants d’arbres , de vigne , etc. 3. Divers monuments représentent des paysans ou des esclaves travaillant aux champs et munis du bidens, comme ce-

Fig. 854. Paysan tenant un bidens. ^ quj egt jd flguré

d’après un tombeau romain '* (fig. 854) ; auprès de lui on

voit une serpe [falx] et une bêche munie d’une traverse [bipalium] . Les dents de son hoyau sont aiguës. Celles de l’outil que tient l’Amour enchaîné, dans la fig. 855, sont au contraire tranchantes.

Sur plusieurs pierres gravées, comme sur celle-ci, des personnages mythologiques, Saturne, Psyché, sont représentés tenant le bidens et quelquefois enchaînés, comme l’est ici l’Amour, pour

Fig. 855 . L’Amour appuyé sur un bidens. CQmprendre qu’üS sont

réduits à l’esclavage etcondamnés au travail des champs5.

II. Bidens est aussi le nom qu’on donnait à la victime d’un sacrifice expiatoire [bidental]. E. Saglio.

BIDENTAL. — Monument consacré par le sacrifice d’une jeune brebis, ou de toute autre victime, appelée bidens, soit parce qu’elle n’était âgée que de deux ans 1 , soit, d’après une autre explication, parce qu’elle ne pouvait être

immolée que si elle avait huit dents, parmi lesquelles les deuxplus fortes, qui ne paraissentqu’àladeuxièmeannée2.

Cette cérémonie avait lieu lorsque la foudre était tombée quelque part, en expiation du prodige [fulmen, pROdigium], et un bidental était élevé à l’endroit ainsi frappé, désormais tenu pour un locum religiosum , que l’on ne de¬

vait ni regarder ni fouler3. En conséquence on l’entourait d’un mur ou d’une clôture, n’ayant ni couverture ni fond, de manière à laisser à ciel ouvert la place que le feu céleste avait frappée 4. Ce petit monument ressemblait à. un cippe funéraire et portait l’inscription fulmen condition 3 , qui faisait connaître sa destination ; ou à un puits entouré de sa margelle, d’où le nom de puteal.

L’image du puteal Scribonianum ou Libonis, élevé à Rome sur le Forum ^ ^ piW de Libon.

nous a été conservée par une méi :ii fnmilla Sdrifinnia 6 ( fif. R5fi

A Pompéi, se voit un puteal semblable, posé sur une plate forme un peu au-dessus du sol, et entouré de huit colonnes doriques, qui lui donnent l’apparence d un petit temple circulaire. Tout cet ensemble constitue un bidental1 (fig. 857).

C’est aux pontifes [pontifex] quJil appartenait anciennement d’accomplir les cérémonies qui consacraient le bidental , mais il semble que plus tard le soin en ait été

confié aux haruspices [haruspes]8. Les personnages que l’on

trouve désignés sous le nom de bidentales étaient probablement chargés de la garde du bidental. E. Saglio.

BIDEOS (BtSeoç, [âfSuoç dans les inscriptions, ptStalo; dans Pausanias). — I. Titre d’une magistrature à Sparte. Les fonctions des pfSeot étaient annuelles. Au nombre de cinq, suivant Pausanias, de six dans quelques inscriptions, ils formaient un collège qui siégeait dans un édifice public, situé sur l’Agora; le premier d’entre eux portait le titre de Ttpécêuç. Ils étaient spécialement chargés de veiller sur les exercices et les combats des éphèbes L

IL Magistrat annuel, occupant le premier rang parmi les dignitaires d’une société religieuse de Sparte, consacrée au culte des Dioscures et d’Hélène2. P. Foucart.

46 Orelli, 40 , 41. — 47 Fronton. et M. Aurel. Ep. IV, 5; Isid. Gloss. — 48 Suid. s. v. Aiov6»os ’AXtÊavâpto; : « Twv DiSXioBiivtwv ■nçotiiir) » ; Egger, Mém. d hist. anc. p. 23/. — 49 Letronne, Insc. de l’Égypte, p. 251 ; C. inse. gr. 5900 ; Egger, l. I. p. 239. — Bibliogb ApniR. Just. Lipsius, De bibliothecis syntagma, in Oper. t. III; Petit-Radel, Recherches sur les bibl. anc. et modernes, Paris, 1819 ; Parthey, Ras Alexandrin. Muséum. Berlin, 1838 ; Ritschl, Die Alexandr. Bibliotheken , Breslau, 838 ; revu et réimpr. dans les Opuscula philologica du même, Lips. 1866 ; Giraud, Sur les livres dans l’antiquité, particulièrement chez les Romains, c. x, Paris, 1840 ; Becker, Gallus, II, p. 363 et s. 3e édit. rev. par Rein, Leipz. 1863 ; Becker et Teuffel, art. bibliothbca dans la Real-Encyclopàdie de Pauly, 2' édit. 1866 ; Egger, Callimaque et les origines de la bibliographie en Grèce, extrait de Y Annuaire de l’association pour l'encouragement des études grecques, 1876.

BIDENS. 1 Virg. Catal. 8 ; Id. Cir. 212 ; Plin. Hist. nat. VII, 56, 57 ; XVII,

9 6. 2 Xen. Cyr. VI, 2, 34 et 36 ; Aristoph. Nub. 1488, 1502 ; Av. 601 ; Plat. Rep.

p. 426 f ; Phrynich. Ecl. p. 302 Lobeck ; Édit de Dioclétien, XV, 35, 36. — 3 Virg. Georg. Il, 400; Ovid. Fast. IV, 927 ; Met. XI, 101 ; Lucret. V, 209; Colum. III, 13, 4; IV,’ 17, 8 ; Pallad. I, 43, 1 ; VIII, 5 ; Ulp. inDig. XXXIII, 7, 8; Geopon. V, 35, — 4 Fabretti, Inscr. ant. p. 574» — 5 Bracci, Memorie d. incisori, I, 33 ; Raspe,

Catal. de Tassie, 6988 ; Winckelmann, Descript. des pierres de Stosch, II, 820, 821 ; frontisp.; Indicaz. ant. per la villa Albani, 1875; Monum. ined. I, 34. Voyez encore Mongez, Mém. de l’Acad. des Inscr. Litt. et B, arts, III, p. 13 et 1 article raster.

BIDENTAL. l Bidennis pour biennis, Nigid. ap. Gell. XVI, 6 ; Non. Marc. s. v. p. 53 Mercier; Macrob. Sat. VII, 9 ; cf. O. Muller, Etruslc. II, p. 171. — 2 Hygin. ap. Gell. Macr. I. L; Serv. Ad Aen, IV. 57, et VI, 39 ; Isid. Orig. XII, 1 ; voy. aussi Paul et Diac. s. v. ambidens, bidentem et bideDtal. — 3 Schol. Persii, V, 27 ; Ammian. XXIII, 5 ; Apul. De deo Socr. p. 230 Bip. ; Artemid. Oneirocr. II, 9.

— 4 Varr. Ling. lat. V, 42 ; Fest. s. v. Scribonianum ; Sid. Ap. Carm. 9.-5 Yoy. sur

divers monuments de ce genre et les inscriptions : Mommsen, Berichte d. Sachs. Gesellschaft der Wissenschaflen, Phil. hist. Classe, 1849, p. 289 ; Saggi d. Acad, di Cortona, V, p. 160; sur un autre à Avignon, Gerhard, Arc h. Zeitung, 1853, p. 398. 6 Cohen, Monn. consul. Scribonia; Monn. d. Inst. arch. 1846, pl. xxxvi.

— 7 Mazois, Ruines de Pompéi, t. IV, pl. ii, m ; Rosini, Dissert. Isag. p. 87. — 8 Tit. Liv. I, 20; Acro ad Hor. Art.poet. 471 ; Schol. Pers. I. I. ; Schol. Juv. VI, 587

— 9 Gruter, p. 96, 5 et 6.

BIDEOS. l Paus. III, xi, 2; Corpus, inscr. gr. p. 609, n°« 1210, 1271, 1364.

— * Le Bas et Foucart, Inscr. du Péloponnèse, no 163 a.

Page 1