BIS
Bacchus lui-même \ Yulcain la porte aussi dans un certain nombre de peintures où il se trouve mêlé aux personnages de ce cycle, par exemple dans celle5 d’où est tirée la
figure 860, qui représente ce dieu ramené par Bacchus dans l’Olympe6. Au lieu du marteau et des pinces, outils ordinaires de l’ouvrier qui travaille les métaux, Vulcain est ici armé de la hache double ; un satyre porte derrière lui le marteau et un soufflet fait d’une peau de bouc. Les coupants de la hache sont soigneusement indiqués, comme sur d’autres monuments, par une flexion vers le tranchant ; de même sur les monnaies de Ténédos (fig. 861), où à côté d’elle on voit une grappe
de raisin, quelquefois une lyre 7, elle est un symbole non douteux du culte de Bacchus et une allusion aux sacrifices sanglants par lesquels on honorait ce dieu : Simomde l’appelait 8 : Atwvuaoto avoocroç (ioucpovov 0epa-
7IOVTOC.
La bipenne fut donc , en même temps qu’une arme redoutable, l’in-
Fig. 861. Monnaie de Ténédos. , . -, -o • •, ■.
strument de sacrifice qui servait a abattre le taureau ou les autres victimes qui remplacèrent les victimes humaines des agrionia primitives. On peut par des raisons analogues s’expliquer pourquoi elle est dans la main de Yulcain, dans les compositions où ce dieu est représenté à côté de Jupiter et prêt à lui ouvrir le crâne, d’où Minerve va sortir tout armée [minerva], et dans celles où on voit les Paliques, au moment où ils frappent la tête gigantesque qui se dresse au-dessus du sol [palici].
La hache à deux tranchants remplissait comme outil le même office que la doloire9 ; elle est souvent désignée sous le nom plus général de TtéXexuç ou, en latin, securis.
E. Saglio.
BIREMIS. — Ce mot désigne tantôt une embarcation à deux avirons \ tantôt un navire à deux rangs de rames (oiïipyiç SixpoToç, des Grecs) dont l’invention était attribuée aux habitants d’Erythrée en Ionie 2. La liburna des Illyriens était une birème.
Suivant M. Graser3, la Sir) prie était montée par 112 rameurs, représentant une force de 15 à 16 chevaux [remigium]. C. de la Berge.
B1RRUS ou BYRRUS. — Vêtement dont le nom 1 indique la couleur rousse, qui était sans doute celle de la laine
grossière dont il était fait; notre mot bure en vient. On sait d’ailleurs par des témoignages positifs que l’étoffe en était rude, épaisse et velue 2 ; et c’est par là que le birrus, introduit tard à Rome, sous l’empire, différa d’abord de la lacerna ; les deux noms ont été quelquefois employés l’un pour l’autre et quelquefois aussi opposés l'un à l’au¬
tre 3. Tous deux désignent un pardessus, une capote que l’on mettait par les mauvais temps et, à cause de cela, pourvue d’un capuchon 4 [cucullus] ; mais la lacerna pouvait être un vêtement souple, léger, quelquefois élégant et riche ; tandis que le birrus resta un vêtement grossier, au moins pendant fort longtemps 8 ; on finit cependant par en faire aussi en laine plus fine et de fabrication plus soignée : par exemple, dans le nord de la Gaule, chez les Atrébates et les Nerviens, à Laodicée de Phrygie et ailleurs6. Les produits des fabriques que nous venons de nommer sont mentionnés au ive siècle comme des objets de luxe 7. E. Saglio.
BISACCIUM. — Double sac, bissac1 [saccus].
BISBAIA (Btffêata). — Fête des Messapiens, mentionnée par Hésychius ‘. On pense que le nom de cette fête vient de jâi'aëT), qui signifie une serpette, et qu’on la célébrait dans le temps où l’on taille la vigne ; c’est la même que l’on appelait ailleurs KXaSeuxripi'a. E. S.
BISELLIUM (Ai'cpfoç). — Siège où deux personnes pouvaient prendre place *. Tel est celui qui est ici représenté d’après une peinture de Pompéi (fig. 862) 2.
Ce nom est particulièrement employé pour désigner un siège honorifique, sorte de subsellium, accordé dans les municipes à certains personnages, comme insigne de leurs fonctions ou récompense de services rendus 3 de même qu’à Rome des sièges particuliers, sella ou subsellium, étaient attribués aux magistrats. La forme de ce siège est connue par les sculptures que l’on voit (fig. 863) sur des
Fig. 862. Siège à deux places.
tombeaux dePompéi, accompagnées d’une inscription qui fait connaître que l’honneur du bisellium a été accordé au défunt par les décurions avec le consentement du peuple
(DECVRIONVM DECRETO ET POFVLI CONSENSV BISELLI HONOR DATVS
est) 4. Cette distinction était encore appelée biselliatus 5 ; celui qui l’obtenait biselliariuse. E. Saglio.
* Fiorelli, Vasi Cumani, 1, 2; Stephani, l. I. — 6 Monurn. de l’Inst. archéol. V, xxxy. — 6 Stephani, l. I. p. 130,voitdans la plupart de ces compositions, non Vulcain, mais Lycurgue réconcilié. — I Eckhel, Doct. num. II, p. 488; Stephani, l. I. p. 125 et s. — 8 Ap. Athen. X, p. 456 e. — 9 Hor. Od. IV, 5, 57.
BIREMIS. 1 Hor. Od. 3, 29, 62. — 2 p]in. Hist. nat. VIT, 56, 57. — 3 De veterum re navali, p. 34, en note.
BIRRUS on BYRRUS. 1 S’il vient, comme on le croit, de mp$os,burrus : Paul. Diac. s. v. Burrum, p. 26 Lind; Schol. Juv. Sat. III, 283 ; Cic. Orat. 48, 160; Saumaise, Ad Vopisc. Carin. 20, p. 514, Paris, 1620. — 2 Sulp. Sev. Dial. I, 14; Éucheriae Epigr., in Anth. Burmann, 1.1, II, p. 407 ; Saumaise ad Tertull. De pallio, p. 23, édit. 1622. — 3 Schol. Pers. Sat. I, 54; Sulp. Sev. I. I. ; Eucher. Ep. I. l.;
Augustin. Serm. 1161, § 10; Acta S. Cyprian. ap. lluinart, Acta primor. mari. p. 218. — * Schol. Juv. VIII, 145; Cod. Theod. XIV, 10, 1. — 5 Cod. Theod. I. I. 6 Suid. ; Édit de Dioclet. XVI, 11 et s. et les comment, de M. AVaddington. - 7 Hieronym. Adv. Jovinian. II, 21 ; Vopisc. Carin. 20 ; Waddington, l. I. p. 30. BISACCIUM. 1 Petr. Sat. 31.
BISBAIA. 1 Hesych. ». V. BioSiiv.
BISELLIUM. 1 Varro, Ling. lat. V, 128. — 2 Zahn, Schônste Gemüldein Pompei, x; 70. 3 chimentelli, De honore bisellii, Bat. 1666 ; Orelli, 4044, 4046 et s.; H. de Longpérier, Jteu. archéol. N. S. XVIII, p. 69. — 4 Millin, Tomb. de Pompèi, Napl. 1813, p. 75, pl. iv-vn ; Mus. Borb. XV, pl. li-liii ; Orelli, l. I. ; Mazois, Ruines de Pompèi , I, pl. xxiii, xxiV. — 8 Orelli, 4043. — 8 Id. 4055.