‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 15 sur 155 · AC R · texte numérisé non relu

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en quelque circonstance qu’elle fût exécutée, (le concert que représente une peinture bien connue d’Herculanum ici reproduite(/i'ÿ.66), est un acroama 45); aux plaisanteries d un parasite [parasitus], aux lectures ou récitations que l’on se faisait faire au bain, au lit, à la promenade, et pour lesquelles des esclaves étaient instruits avec soin ( literati servi , anagnostes, lector] 46. Auguste en avait près de lui pour occuper ses nuits sans sommeil 47. D’autres fois il jouait avec de jeunes enfants, ou se laissait distraire par leur babil. Livie, sa femme, avait de semblables pages (pueri minuti, deliciœ, -jnOupoç) 48 dès avant son mariage ; ils furent très à la mode sous l’Empire 49. Recherchés pour leur grâce, leur esprit, leur langage piquant ou naïf, on les faisait venir des pays les plus éloignes, de la Syrie notamment et de 1 Égypte 60.

Nous pouvons encore ranger parmi les personnes qui servaient aux grands et aux riches d 'acroamata ces Grecs faméliques ( Grœculi ), rhéteurs, grammairiens, philosophes, qui pullulaient à Rome sous l’Empire, et se trouvaient heureux quelquefois de s'enchaîner volontairement au service d’un maître ou d'une maîtresse qui faisaient d’eux leur jouet51. E. Saglio.

ACROASIS (’Axpoafftç). — Mot grec qui a passé dans l’usage des Romains et signifie tantôt un discours public, une lecture, une leçon, ce que nous appelons une conférence; tantôt le lieu où se rassemble l’auditoire [recitatio, declamatiO, schola]. E. Saglio.

ACROLITHUS(’AxpôXiôov ayaXu a, ;o'avov). — Statue dont le visage, les mains, les pieds étaient de pierre ou de marbre, tandis que le reste du corps était d’une autre matière et le plus souvent caché par des draperies. Pausanias, qui vit un certain nombre de ces statues dans les temples de la Grèce, a eu soin de dire l, toutes les fois qu’il a pu s’en assurer, que le corps était de bois sculpté, ordinairement doré ou peint quand il n’était pas dissimulé sous des vêtements, et que le visage (-jrpô(TW7tov) et les extrémités (ystpeç àxpou, axpoi 7tô§£ç, àxpo7toSeç) étaient de marbre (Xtôou Xeuxoîi, Xi'6ou 7iapiou, 7ï£VTeX7]<nou). Dans les expressions qu’il emploie on reconnaît ies termes dont est formé le mot àxpoXtÔoç, mais ce mot lui-même ne se rencontre pas une fois dans tout son récit. On le trouve dans un petit poème de l’Anthologie2, puis dans un écrivain latin, Vitruve3, qui, parlant de la statue colossale de Mars placée par le roi Mausole dans l’acropole d’Halicarnasse, se sert du mot écrit en lettres grecques(sto<wa colossica àxpdXiôoç). A défaut de textes on ne peut savoir si le mot ainsi composé fut aussi anciennement usité que la chose qu’il exprimait. Au côté extérieur d’une coupe de Yolci, actuellement au Musée de Berlin4, on voit une idole de Bacchus, entourée de Ménades, et devant laquelle un autel est placé. Elle n’a pas de bras, et sous le riche manteau brodé qui la couvre on ne sent pas les contours d’un corps; mais la tête sculptée et sans doute aussi peinte a toute la vérité de la nature ; au bas, la forme d’un pied est imparfaitement indiquée. C’est là vraisemblable-

Petron. Sat. 46 ; Piin. Ep. III, 5; Orelli, 28 7 2. — 47 Suet. Aug. 78. — 48 d;0 Cass. XLVIII, 44; Gori, Mon. Lie. Aug. p. 73.— 49 Senec. Ad Serenum,Xl, 3 ; Dio Cass. XLVII. 15; I, 17, 3 ; Herodian, I. 17, 3; Casaubon ad Suet. Aug. 83. — 30 stat. Silv. V, 6, 66 ; Suet. I. I.— SI Lueian. De merc. cond. 4, 17, 23, 25, 27, 36. — Bibliographie. Bulengerus, De convioiis, dans le Trésor des antiq. de Grævius, XII, p. 19 i ; Hermann, PrivataltherthUmer, § 53 ; Becker, Charikles.il, p. 289 (2* éd.) ; Becker, Gallus, II, p. 261 ; Becki r-Marquardt, BOmische Alterthümer ,V , l«Abth., p. 156, 348; Friedlænder, Sittengeseliichte Bonis, I, p. 231 (2' édit., 1865 ; 3e édit., 1369, p. 331).

AGROLITHUS. 1 Paus. II, 4, 1 ; VI, 24, 5 ; VI, 25, 4; VII, 21, 4 ; VII, 23, 5; VIII, 25, 4 ; VI I, 31. 1 et 3 ; IX, 4, l. — *Anth. pal. XII, 40. — 3 II, 8, II. —4 Gerhard, Trinkschalen des Muséums zu Berlin, pl. IV, p. 5.

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ment la représentation d’une statue acrolithe (fig. G 7). On peut encore comparer d’autres figures de divinités très-anciennes réunies aux mots sculptura, xoanon, et que nous

ne reproduisons pas ici : rien ne prouve avec certitude qu’aucune d’elles fût acrolithe, c’est-à-dire eût des extié-

mités de pierre ou de marbre.

11 est facile de s’expliquer comment cette pratique s introduisit dans l’art. Quand, grâce aux progrès de la sculpture, on put songer à substituer aux idoles primitives de bois grossièrement taillées, des images plus conformes à la nature, on n’osa pas le plus souvent remplacer les antiques objets de la vénération populaire; mais sous les draperies et les ornements dont ceux-ci étaient chargés, la tête, les mains, les pieds, quelquefois la face seulement paraissaient. Le vêtement était souvent renouvelé ; on ne crut pas davantage être sacrilège en adaptant au corps ancien s un visage, des pieds ou des mains en marbre et imitant mieux la nature. Comment se faisait cette adaptation, c est ce que n’explique aucun écrivain ; mais on a reconnu parmi les ruines du temple d’Apollon à Bassæ, en Arcadie 6, les restes en marbre de Paros de la statue colossale du dieu : un pied coupé droit un peu au-dessus de la naissance des doigts et auquel était encore fixé le tenon qui l’attachait à la statue, et les mains traversées par une ouverture dans laquelle devait pénétrer un tenon semblable 7. Ces fragments si nettement séparés ont seuls été retrouvés, ce qui donne à supposer que le reste de la statue devait être en bois et a péri. Cet exemple appartient à une période d’art avancé. En effet, l’habitude de sculpter des statues entières en marbre ou de remplacer cette matière par l’ivoire pour figurer les nus [ebur, sculptura], ne fit pas abandonner les statues acrolithes. Elles durent être souvent préférées aux colosses d’or et d’ivoire par un motif d’économie. Phidias avait proposé d’exécuter en marbre les nus de l’Atbénè du Parthénon, qu’il fit ensuite en ivoire 8. Il sculpta pour les Platéens une statue de la même déesse dont le corps était de bois doré, la tête, les mains et les pieds de marbre pentélique9. Le Messénien Damophon fit, environ

5 Pans. III, 16, 1. -« Stackelberg, Ber Apcllotempel zu Bassæ, p. 98 et pL XX 1( f. Paus. VIII, 31), 2. -8 Val. Ma*. IV, 6. - 9 l'aus. IX, +, , i.- 10 «I. «,

5 il Treb. Poil. XXXiyrann. 30. - 12 Serrad)falco, Antich. délia Siciha, II,

Hittorf, Archit. de. la Sicile, IV lir. - 13 Clarac , Mus. de Sculpt. , pl. -0 .

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370 ans avant Jésus-Christ, pour la ville d’Ægium en Achaïe, une statue acrolithe d’Ilithye 10. Nous avons déjà cité la statue de Mars à Halicarnasse, œuvre de Léocharès, qui vécut au temps d’Alexandre. Bien des siècles après on voit le mot acrolithus reparaître dans un écrivain latin u, parlant de la statue de Calpurnie, femme de Titus, un des trente tyrans.

A côté de ces statues acrolithes, dont les extrémités seules étaient de pierre ou de marbre, il faut placer (bien que le nom ne s’applique qu’improprement en ce cas) des ouvrages de sculpture où sont assemblés des pierres ou des marbres de différentes sortes. Ainsi les métopes d’un des tem- • pies de Sélinonte, en Sicile, sont taillées dans la pierre qm a servi à la construction du monument ; mais les têtes, les bras, les pieds des figures de femmes sont rapportés en marbre 12. La figure 68 est empruntée à un de ces bas-reliefs représentant Artémis et Actéon.

Beaucoup d’ouvrages appartenant à d’autres temps et à l'art, le plus raffiné sont composés de matières diverses plus ou moins heureusement combinées, comme la statue d adorante de l’ancienne collection Borghèse, actuellement au Louvre13, aui est ici dessinée (fig. G9). Le corps est de por-

Fig. 68 et 69. — Statues pseudo-acrolilhes.

pbyre rouge et les extrémités rapportées sont en marbre blanc. On en trouve d’autres exemples dans beaucoup de musées. E. Saglio.

4CROPODIUM. — La formation de ce mot est grecque (ixpoç toBç), mais il n’existe, comme désignation architecturale, dans aucun auteur grec, et on ne le trouve qu’une seule fois dans un auteur latin, Hyginus1, sous la forme que nous donnons ici. Nous citerons ce passage unique : (Radium de vagina ei extraxit Pelopia, etrediens in templum si, b acropodio Minervœ abscondit.

La première explication qui se présente est que 1 acropodium était un piédestal élevé, sur lequel la statue était posée. Rich 2 y voit la base même, la plinthe carrée de la statue. Le Thésaurus 3 rejette ces deux interprétations. Elles sont acceptables cependant, et nous les croyons vraies, si on suppose une plinthe ou un piédestal non pas massif, mais reposant sur des pieds, sur des griffes, de manière qu’on puisse cacher, dans l’espace resté vide au-dessous, un glaive, comme le dit notre texte. 11 existe des exemples de

n» 6943. - Bibliographie. Wmckelmann, Storia delV arte, 1. I, c. II; Quatremère de Quincv Jupiter Olympien. 333 , Schubart, Rheinisch. Muséum, 1860 p .92. ACR O PODIUM. 1 H v gin., Fab. 88.-2 Dictionnaire des antiquités, s. *.-3 Voce

’Axç>oitô$iov.

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pareils piédestaux ques. Ceux qu’on

ou bases, surtout parmi les bronzes antivoit (fig. 70 et 71), sont des copies de

deux bronzes du Musée de Naples. Le troisième exemple (fig. 72) est un piédestal en marbre appartenant au même

Fis- 7t. Socle en bronze.

Musée.

Le Thésaurus , qui repousse l’idée de base ou de piédestal ,

veut qu’on traduise sub acropodio par ces mots : sous l’extrémité du pied. Il reproduit la phrase citée plus haut, et pour la faire entendre, il en rapproche deux exemples grecs où le mot en question doit se rendre par : le bout du pied. Ces

deux exemples sont empruntés à des traités d’astronomie , science familière à Hyginus, qui a pu avoir ici l’idée de latiniser le mot. Il faudrait, dans ce cas, admettre d’abord que la statue de Minerve était colossale, et lui supposer ensuite un pied avançant hors de la plinthe, ou bien encore reposant sur le bout des doigts, comme le pied droit de la Diane chasseresse, de façon que, dans l’un comme dans l’autre cas, il y eût, sous la partie du pied qui n’appuyait pas sur la base, une place suffisante pour y cacher une épée. En. Guillaume.

Fig. 72. Pi estai eu marbre.

ACROPOLIS (’Axoô-rccûti;). — A l’origine des civilisalions, les villes furent généralement fondées sur des hauteurs plus ou moins escarpées ; elles étaient ainsi plus faciles à défendre. Quand la sécurité devint plus grande et que la population, en s’agglomérant et se multipliant, se fut étendue hors de l’enceinte qui couronnait originairement la hauteur, le nom de noXii;, affecté d’abord à la ville primitive 1, fit place à celui de dcxpo'mAtç, haute ville, c’est-àdire la partie la plus élevée de la ville, par opposition à celle qui se trouvait dans la plaine, au bord de la mer ou sur les lianes de la hauteur (&itd7toXt<;). L’acropole, berceau de la ville, resta la citadelle, l’endroit fortifié, le refuge où l’on

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devait se maintenir malgré les invasions, où se retiraient les prêtres et les magistrats au moment du danger ; ce u aussi l’enceinte qui devait protéger les temples des divinités tutélaires, le trésor * et tout ce qu’une ville avait de plus précieux et de plus sacré.

On voit, par cette définition, que le nombre des acropoles devait’ être très-grand, presque égal à celui des villes d’origine ancienne; on désigne pourtant plus particulièrement par ce nom l’acropole d’Athènes, la plus belle, la plus riche en monuments de toute sorte, celle à laquelle se rattachent le plus de souvenirs et de traditions, en un mot l’acropole par excellence 3. Elle est aussi, heureusement, restée la plus complète.

Fortifiées naturellement, les acropoles n'avaient le plus souvent qu’un besoin partiel du secours de l’art; une muraille suivait le bord de l’éminence dans ses contours plus ou moins irréguliers, et la partie accessible, 1 entrée, seule, était parfois protégée par des tours.

Dans un grand nombre d’acropoles, on constate encore aujourd’hui qu’une partie ou même l’ensemble des murs appartient aux constructions dites pélasgiques ; plusieurs offrent aussi des galeries d’une structure analogue. Les anciens attribuaient ces constructions aux Cyclopes \ ce qui montre de quelle époque reculée dataient déjà pour eux ces premiers centres de civilisation. Les acropoles de Mycènes et de Tirynthe, dont nous voyons encore les restes, étaient déjà détruites au Ve siècle avant Jésus- Christ. A côté des ruines des temples, des autels et des ouvrages de fortification, on trouve, dans certaines acropoles, des abris, tels que les galeries dont il vient d’être parlé ; des citernes et des silos, comme à Rhamnus, à Sunium, à Argos, à Ferentino, etc.; des sépultures comme à Troie; des inscriptions, des monuments honorifiques, des objets d'art, des offrandes, peintures, statues ou bas-reliefs, comme à Athènes.

Avant de décrire l’acropole d’Athènes, qui présente le type le plus parfait, le plus complet et le mieux conservé, nous allons énumérer brièvement les principales acropoles de la Grèce, de la Sicile, de l’Asie Mineure et de la partie centrale de Tltalie, dont il reste encore des vestiges plus ou moins importants, en renvoyant aux ouvrages qui les font connaître en détail.

Les acropoles de la Grèce dont on a pu retrouver des vestiges sont nombreuses. Nous citerons d’abord Lycosure, en Arcadie ; suivant Pausanias 5, elle passait pour la plus ancienne cité que le soleil eût vu construire et celle à l’exemple de laquelle les hommes ont appris à bâtir des villes. De son temps, les murs de Lycosure ne renfermaient déjà plus qu’un petit nombre d’habitants. Découverte par Dodwell sur le mont Lycée 6, dessinée par W. Gell 7, cette acropole a été mesurée par Blouet 8. En Arcadie se trouvent aussi les acropoles de Mantinée 9, de Gortys 10, de Phigalie u, d’Aléa 12, de Stymphalus 13 et d’Orchomène1*. Au sujet de cette dernière, qui existait déjà du temps d’Homère, Pausanias écrivait au IIe siècle après Jésus- Christ : « L’ancienne Orchomène était sur le sommet de la montagne où il reste encore des ruines des murs et de la place publique. La ville actuelle est au-dessous de l'ancienne enceinte. »

ACROPOLIS. 1 Pausan. I, 26 ; Thuc. II, 15. — 2 D'où l’expression tYftfpaujiivoi O àxpoxo>.ei, laquelle servait à désigner, à Athènes, les débiteurs de l'État ; leurs noms étaient en effet inscrits sur des tableaux conservés à l’acropole avec le trésor. Voy. Bœckh, Stdatshaush. der Athen., III, 13. — o U àxpôitoLtç ou t| hôLiç dans les écrivains attiques. Thuc. II, 15 ; Aristoph. Nub. 69. — » Paus. II, 16 ; II, 25 ; — B paus. Vlll, 38. — 6 Dodwell, A classical tour through Greece, t. II, p. 394. 7 W. Gell,

Argolis, p. 44, pl. 14 ; et Rhangabé, il/em. de l’Académie des Inscriptions (Recueil des savants étrangers), 1851, pl. VII, 5. — » Blouet, Expédition de Murée, t. II, p. 40, pl. 35. — 9 Blouet, t. 11, p. 85, pl. 53 et 44; Pouqueville, Voyooe de la Grèce, t. V, p. 287. — 10 Paus. VIII, c. 28 ; Blouet, t. II, p. 34, pl. 31 ; Rhangabé, l. c. pl. VI, 2. — ’1 Paus. VIII, 39 ; Blouet, t. U, p. 3, pl. 1 . — 12 Rhangabé, l. c. pl. 11. — 13 Id. pl. 12. — 14 Paus. VIII, 13.

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On retrouve dans l’Argolide les acropoles de Tirynthe 15, d’Argos 16, de Mycènes 17, et celle de Corinthe 18, ou Acrocorinthe, dont le nom antique, ’Axpoxo'pivQoç (haute Corinthe), confirme le sens que nous avons donné, en commençant cet article, au mot acropolis. Tirynthe et Mycènes, dont parle Homère, nous offrent encore aujourd’hui à peu près les mêmes ruines que Pausanias a décrites. Ces acropoles appartiennent, comme celle d’Argos, à l’état de civilisation primitif des Grecs. A Argos, la citadelle s’appelait Larissa, nom qui appartient à beaucoup de villes d’origine ancienne, et qui paraît avoir été le nom commun des acropoles pélasgiques 19. Pausanias vit sur son sommet le temple de Jupiter Larisséen et un temple de Minerve. On n’y voit plus aujourd’hui que quatre belles citernes antiques, taillées dans le roc et revêtues de ciment. En montant à l’Acrocorinthe on rencontrait, d’après la description de Pausanias, plusieurs enceintes dédiées à Isis et à Sérapis, des autels au Soleil, à la Force et à la Nécessité, un temple des Parques, un autre de Junon; enfin on trouvait au sommet le temple de Vénus, derrière lequel était une fontaine. De tout cela il ne reste aujourd’hui que quelques blocs pélasgiques, quelques colonnes et la fontaine antique.

En Messénie existent encore les acropoles d’Ira 20, de Cyparissia21, de Pylos 22, de Messène 23. Celle-ci était sur le mont Ithome, au pied duquel s’étaient développées la ville et son immense enceinte, que Pausanias admire, en la comparant aux enceintes de Babylone et de Suze et en la déclarant plus forte que les murailles d’Ambryssa en Phocide, de Byzance et de Rhodes qui passaient pour les villes les mieux fortifiées.

La Laconie conserve quelques restes de l’acropole de Sparte 24. Pausanias nous dit que « la citadelle de Lacédémone n’était pas une colline remarquable par sa hauteur, comme la Cadmée des Thébains et la Larisse des Argiens. Mais il y a dans la ville, ajoute-t-il, plusieurs collines, et la plus élevée porte le nom d 'acropolis. On y voit, dit-il, le temple de Minerve, un autre temple de Minerve Ergané, un portique, le temple de Jupiter Cosmètus, un temple dédié aux Muses, etc. » Il est difficile aujourd’hui de trouver les traces de tous ces édifices et même de reconnaître positivement la place qu’occupait l’acropole.

En Triphylie, nous pouvons citer l’acropole de Samicum25, dont les fortifications offrent une grande analogie avec celles de Tirynthe, et l’acropole de Lépreum 26.

Si nous sortons du Péloponèse, nous trouvons dans l’Attique les acropoles de Sunium 21, que couronne encore le temple de Minerve Suniade ; de Rhamnus 2\ dont les murailles de marbre renferment plusieurs puits taillés dans le roc et de nombreuses ruines d’édifices, et celle d’Éleu-

15 Paus. II. 25 ; Blouet, t. II, p. 155, pt. 72 et 73. — 16 Paus. II, “4 ; Blouet, t. II, p. 91, pl. LVI et LVII. — U Paus. II. 16 ; Blouet, t. II, p. 148, pl. 63. — 18 Paus. II, 4; Blouet, t. III, p. 36, pl. 76 ; Beul é, Histoire de l’art grec avant Pêriclès, p. 57.-19 strab. IX, p. 440 ; XIII, p. 621 ; Dionys. Halic. Ant. Rom. I, p. 17 ; Steph. Bvz. s. Aâpuzaa. — -6 Paus. IV, 18, 19, 20 et 21 ; Blouet, t.II, p. 39, pl. 35. -il "paus. IV, 36 ; Blouet, t. I, p. 48 et 49, pl. 49. — W Paus. IV, 36 ; Blouet, t. I, p. 4 et 5, pl. 5 et 6. — 23 Paus. IV, 31 ; Blouet, t. I, p. 24, 25, pl. XXII. —2'* Paus. III, 17 et 18 ; Blouet, t. II, p. 64, pl. 46 ; Mézières, Fragments d'un voyage dans le Péloponèse, dans les Archives des missions scient., P" série, t. III. p. 339, 2S paus. V, 36 ; Blouet, t. I, p. 53, pl. 53 ; Boutan, Mémoire sur la Triphylie, Arch. des miss, scient. 2" série, t. I, p. 221 . — 56 Paus.V, 5 ; Blouet, t. I, p. 51,52, pl. 50, 51,52 ; Boutan, Mém. cité, p. 202. — *7 Terrier, Mémoire sur les ruines de Sunium,' Archives des missions scient., 2« série, t. III, p. 79 et suiv. — 28 Uned. antiq. of Attira, trad. fr. de Hittorf, p. 45. — 29 ph. Le Bas, Voyage archéolog. en Grèce et en Asie Mineure ; Itinéraire, pl. 9 et 10. — 30 Paus. IX, 8. — 61 Paus. IX, 39; Dodwell, A classic. Tour, t. I, p. 210. — 33 id. ihid. , p. 229 ; Leake, North. Greece, II, p. 14 4; Ulrichs, Reisen in Griechenland, I, p.58; Brandis, Mittheil. über Griechenl. I, 241 ; Forchammer, Hellenika, p. 173 ; Mayas, pitlo-

thères29, sur les confins de la Béotie. L’acropole d’Athènes comme nous avons dit, mérite une description toute spéciale. La Béotie possède l’acropole de Thèbes ,0, appelée la Cadmée, du nom de Cadmus son fondateur, celle de Lébadée 81, celle d’Orchomène des Myniens 32, ruinée au ive siècle avant Jésus-Christ et celle de Chéronée 33. Au temps de Pausanias, le nom de Thèbes était déjà restreint à la citadelle seule et à un petit nombre d’habitants. La Phocide nous montre aussi deux acropoles, celle d’Élatée 34 et celle dJAmbryssa35. Enfin, si nous remontons jusqu’à l’extrémité occidentale de la Grèce propre, nous pourrons citer encore les acropoles de Limnæa 36 et de Palæros 37. La première offre un exemple curieux et bien conservé de longs murs (axéXr,) reliant une acropole au rivage de la mer et à une ville maritime.

Parmi les acropoles remontant aux âges antéhistoriques nous indiquerons celles de la partie centrale de l’Italie, où dut séjourner un peuple d’origine pélasgique, auquel ont succédé les Èques, les Herniques, les Volsques, etc. Ce sont les acropoles de Norba38, deCora39, d’Atina40, d’Arpinum41, de Signia42, de Ferentinum 43, d’Alatri 44 , de Tusculum45 et de Præneste 46. La plupart de ces villes ont conservé leurs murailles pélasgiques presque entières. Dans les unes l’acropole est seulement reliée à ces murailles, qu’elle domine; dans les autres, elle forme une seconde enceinte, une citadelle intérieure. Nous citerons encore, en Italie, quelques acropoles étrusques, celle de Veïes 47 qui tint en échec pendant dix ans Camille et les Romains; il n’en reste plus guère aujourd’hui que l’emplacement sur la colline de l’isola Farnèse ; et celle de Fiesole 4S, aux portes de Florence, qui a conservé ses anciens murs; les restes de l’acropole subsistent sous un couvent de Franciscains.

La Sicile, où pénétrèrent également les Pélasges et où se fixèrent plus tard de nombreuses colonies grecques, avait aussi un sol montueux propre à la construction des acropoles. Nous y trouvons les acropoles d’Agrigente 49, de Sélinonte 50, où subsistent les restes de trois temples, de Tauromenium 51 et de Cephalædis 32, qui montre encore des restes importants de constructions pélasgiques.

Nous indiquerons en Afrique une seule acropole, celle de Carthage. Elle forma la ville primitive fondée par les Phéniciens, on l’appelait Byrsa; autour d’elle l’immense ville se développa, les quartiers s’élevèrent et les ports furent creusés. Depuis longtemps les ruines mêmes de la rivale de Rome avaient disparu, les études et les fouilles de M. Beulé, faites en 1859 et 1 860, nous les ont fait connaître et nous en ont montré la topographie, appuyée sur les textes des auteurs anciens 33.

L’Asie Mineure contient un grand nombre d’acropoles

resq. 1854, p. 232. - — 33 Paus. IX, 40 et 41 ; Dodwell, A classical tour, t. I, p. 220.

— 34 paus. X, 34. — 33 Paus. X, 36. — 36 l. Heuzey, le Mont Olympe et l'Acarnanie, p. 320, pl. V. — 37 Ibid. p. 390, pl. X. — 38 Petit-Radel, Recherches sur les monum. cyclopcens ou pèla giq. p. 188; Monumenti ineditl del, Inst. arch. t. I, pl. 1 et 2 ; Canina, Architettura romuna, pl. IV. — 39 Petit-Radel. Rechereh. p. 136; Nibby, Dintorni di R cnn a, p. 505. — 40 Annali dell’ Institut, archeol. t. 111, p. 412. — 41 I h . p. 157 ; Dionigi, Viaggi in alcune cittd del Lazio, p. 47 à 53. pl. 16 à 54. — 42 Petit-Radel, p. 174 à 185 ; Annali del. Inst. arch. 1834, p. 143, 353, 36 1 , Mon. ined. pl. I et II. — 43 Petit-Radel, p. 172 ; Dionigi, p. 1 à 14, pl. 1 à ,5. — 44 Petit-Radel, p. 161 ; Dionigi, p. 25 à 42, pl. 26 à 42. — 45 Canina, Desenzione dell’ antico Tusculo, p.. 73, pl. 6 et 7. — 46 Nibbv, Dintorni di Itorna, t 11, p. 494, 511. — 47 Canina, L’antica Etruria marittima, t. I, p. 103, pl. 2i ; Nibby, Dintorni di Roma, t. 111, p. 330, p. 425 ; W. Ge I, Topography of Rome end its vicinity, t. Il, p. 30 t. — 48 Annali dell’ Inst. arch. 1835, p. 1 1. — 49 Sorradifalco, Le antichità délia Sicilia, t. lit, p. 21, pl. R. — '-0 /£. t p |o; p[, |j

— 31 Ib. t. Y, p. 36, pl. XIX. — 52 Annali dell’ Institut, arch. t. 111, p. 270 ; Monumenti inediti del. Inst., pl. 28 et 29. — 33 Beulé, Fouilles à Carthage, p. 3, 6, 15, 26.

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appartenant à differents âges et à différentes civilisations. Nous citerons en Bithynie l’acropole de Nicomédie' , dont on peut encore admirer les belles murailles helléniques, celle de Prusa (adOlympum)*, et celle de Cius 86, dont les murailles, de construction polygonale ou pélasgique, sont remarquables. La Mysie nous offre 1 acropole de Gyzique et celle d’Assos 58, une des plus intéressantes par sa disposition, par la construction de ses murs, partie en appareil polygonal, partie à assises régulières, remarquable aussi par son état de conservation et par le curieux temple dorique dont les bas-reliefs ont été transportés au Musée du Louvre. L’acropole de Pergame 59, également en Mysie, mérite aussi d’être signalée particulièrement. La capitale de l’antique Mæonie, Tantalis 60, détruite très-anciennement par un tremblement de terre, nous offre encore sur le mont Sipyle une acropole très-intéressante. L’Ionie possède l’acropole de Smyrne “, sur le mont Pagus, et celle de Priène 62. La Lydie n’a conservé que les restes de l’acropole de Sardes 63. Dans la Carie nous pouvons indiquer les acropoles de Cnide ^ et d’Halicarnasse 65. La Lycie nous montre celles de Telmissus 66 etd’Antiphellus 67, et la Pamphylie celle de Perga 68. Si nous quittons le littoral pour l’intérieur de la grande presqu’île, nous signalerons en Phrygie l’acropole de Kotiaïon 69 ; en Galatie, celle de Pessinunte 10, et en Cappadoce celle de Ptérium 71 , l’ancienne capitale de la Ptérie, détruite par Crésus. On voit en effet, dans l’enceinte de cette dernière ville, plusieurs acropoles établies sur des rochers isolés : leurs murailles, comme celles qui forment l’enceinte, sont presque entièrement d’appareil polygonal ou pélasgique, et l’on y remarque plusieurs galeries souterraines, très- longues, tout à fait semblables à celles de Tirynthe et de Délos. Le royaume de Pont nous montre aussi, à Amasia72,une acropole dont les restes, de construction hellénique, sont d’une admirable exécution.

Les îles de la mer Égée possèdent aussi plusieurs acropoles. Nous indiquerons celle de Mitylène 73, dans l’île de Lesbos ; celles de Samothrace n. de Patrnos 75, de Samos76, et enfin celle de Délos 77, au sommet du mont Cynthus. Celle-ci contient une galerie couverte, disposée et construite comme les galeries de Tirynthe. Ses murs d’enceinte en granit, à assises régulières, renferment encore des vestiges d’édifices en marbre.

Il nous reste à parler de ce merveilleux rocher qui fut le berceau de la vieille Athènes et de sa religion, et qui devint le digne piédestal des plus nobles et des plus parfaits monuments que les hommes aient construits. Escarpé de toutes parts, sauf à l’occident, il offre un plateau de forme allongée, assez irrégulière, de 300 mètres environ sur 150. Sa hauteur au-dessus de la plaine est de 50 mètres environ.

Teiier, Description de l’Asie Mineure, t. I, p. 1 S ; Id. Univers pittoresque , Asie Min. p. 61 ; Perrot et Guillaume, Explorât, archéol. de la Galatie et de la Bithynie, p. 2. - 85 Texier, Univ. pitt. p. 115. — 66 1,1 . p. i13. perrot et Guillaume, Explor. archéol. p. 12. — 67 perrot et Guillaume, Explor. archéol. p. 72 et 73, pl. III. — 58 Texier, Descrip. de l’Asie Min. t. II, p. 197, pl. )08 ; lil. Univ. pitt. p. 202 et 203. — 89 Texier, Descrip. de l’Asie Min. t. II, p. 221, pl. 122; Id. Univ. pitt. p. 213. — 60 Texier, Descrip. de l’Asie Min. t. II, p. 254, 255, pl. 129. — 61 Texier, Descrip. de l’Asie Min. t. 11, p. 296 ; Univ. pitt. p. 303 et 304. — 62 Texier, Univ. pitt. p. 344. — 63 Texier, ib. p. 252 ; Descript. de l’Asie Min. t. III, p. 18.— 64 Texier, ib. p. 174, pl. 1 59; Newton, Halicarnass. Cnide and the Brandades, pl. 73. - 65 Texier, ib. t. III, p. 121 ; Newton, op. I— 66 Texier

t. III, p. 188, pl. 166 et 167. — 67 Texier, ib. t. III, p. 2t0, pl. 211.

68 Texier, ib. p. 211 ; Univ. pitt. p. 711. — 69 Texier, Univ. pitt. Asie Min. p. 394. o Texier, Descrip. de l’Asie Min. t. I, p. 166, pl. 62 ; Perrot et Guillaume, Explor. arch. p. 212. - 71 Texier, ib. t. I, p. 212, 213, pl. 73 et 71 ; Perrot et Guillaume, Explor. arch. pl. 3i. — 72 Texier, Univ. rtitt. Asie Min. p. 605 et 6 60;

C’est là qu’une colonie fut, dit-on, conduite par Cécrops, qui donna son nom à la ville naissante 78 . Plus tard, Thésée réunit les bourgades qui s’étaient groupées autour de Cécropie (KsxpoTtfa) et forme la cité 19, qui prend alors le nom de sa divinité protectrice, Athéné. Une colonie de Pélasges vient ensuite, environ un siècle après la guerre de Troie ; chassée de la Béotie, elle est accueillie dans l’Attique 80. Ces Pélasges qui fortifient l’acropole, jusqu’alors enclose seulement d’une palissade 81 , l’entourent de murs formés de quartiers de roche et nivellent le plateau supérieur. Us défendent le côté occidental, seul accessible, par une série de murailles percées de neuf portes (de là les noms de rUXaffytxov et ’EwsaTtuXov donnés à cet ouvrage 82). Expulsés peu après d’Athènes, leur souvenir s’y conserve, et Pausanias, douze siècles plus tard, nous parle d’un quartier qui porte encore leur nom sous le mur septentrional de la citadelle ; il cite même les noms d’Agrolas et d’Hyperbius qui avaient dirigé leurs travaux 83. Nous décrirons plus loin les vestiges de ces imposantes murailles qui ont subsisté jusqu’à nos jours.

Au ve siècle avant Jésus-Christ, Xerxès s’empare d’Athènes 8\ dévaste l’acropole et brûle les temples, pour la plupart élevés ou déjà reconstruits par Pisistrate et ses fils. Ainsi s’achève la première période historique de l’acropole.

Ap rès sa victoire à Salamine, Thémistocle rebâtit en hâte le mur du nord, il y emploie les colonnes et l’entablement du vieux Parthénon, détruit par les Perses RS; ainsi exposés à tous les yeux, ils doivent raviver sans cesse la haine des Athéniens contre les Barbares. Cimon, avec plus de soin et de temps, réédifie le mur du sud, dont nous pouvons encore apprécier le bel appareil et la parfaite exécution, en même temps que le bastion carré qui le fortifie à l’ouest et que les Athéniens appelaient ô Ttupyo? 86. Le temple de la Victoire- Aptère, placé au-dessus de ce bastion et qui domine encore aujourd’hui, sorti de ses ruines, l’entrée de l’acropole, est du même temps ou un peu postérieur 87. Périclès enfin, aidé d’Ictinus, de Callicrates et de Phidias, reconstruit un Parthénon plus pur, plus grand, plus beau que celui qu’avait renversé Xerxès; avec Mnésiclès il substitue à l’Ennéapyle ces magnifiques Propylées et ce majestueux escalier, digne entrée d’un pareil sanctuaire, dont les débris seront toujours un objet d’étude et d’admiration. Il dut élever aussi des tours en pierre qui, semblables à celles de Mycènes, défendaient l’entrée principale, et dont M. Beulé, par ses heureuses fouilles, nous a rendu les restes 88.

Les siècles suivants continuent d’enrichir à l’envi l’acropole, devenue une citadelle intérieure depuis que des murailles ont entouré la ville nouvelle et l’ont reliée au port du Pirée par les longs murs (cxéXt), ptoexpà tsi'/yi). C’est le temple d'Érechthée où l’ornementation et l’élégance de l’ordre

Perrot et Guillaume, Explor. archéol. de la Galat. et de la Bithynie. pl. 70 et 71

73 Boutan, Topog. et hist. de l île de Lesbos, Archiv. des missions scient. l’e série, t. V. p. 273. 74 g. Deville et E. Coquart, Mission dans l’ile de Samothrace , Archiv .

des missions scient. 2* série, t. IV, p. 254, p. 268. — 75 Guérin, Description de l’ile de Patmos et de l’ile de Samos, p. H. —76 i,|. ib. p. 192. — 77 Blouet, Expéd. scient, de Marée, t. III, p. 4 et 5, pl. I, II et XI. — 78 Plin. Hist. Nat’. VU, 56; strab. IX, p. 397; Eustath. in Dionys. ; Pausan. I, 26, loc. cit — 79 Beulé, l'Acropole d’Athènes, 1« édit. t. I, p. 22. — 80 Raoul Rochette, Hist. des colonies grecques, II, 6 ; V, 3.— 81 Herod. VII, 142. — 8î strab. IX ; Herod. VI, 137 ; Schol. Soph. CEd. Colon. 439 ; Suidas, s. y. ’at.-A* ■ Dionys. Halic. Ant. rom. I, 28 ; Welker, Abhandl. der Berlin. Akad. 1852, p. 309;Bursian, Philologus, IX, p. 631.-83 f>aasan. I, 28 ; Plin. Hist. Nat. VII, 194. — 84 Herod. VIII, 52 et 53. — 83 Thuc. I, 90 et sq. — 86 plutarch. Cim. 13; Pausan. I, 28; Corn. Nep. Cim. 2 ; Beulé, VAcrop. d Athènes, I, p. 227 ; Bursian, Bhein. AIus. nouv. série, X, p. 511; Michaëlis, Arch. Zeitung, 1862, n» 162 A et B; Bôtticher, Philologus, XXI, p. 41. — 87 plularcli. Perict. 13; llarpocr. itjoiràTaia — gg Beulé, l. I., t. I, c. 4, § 3.

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ionique atteignent le suprême degré; ce sont des statues, des groupes, des inscriptions, des offrandes de toute sorte et en nombre infini, qui viennent orner et enrichir encore cette enceinte déjà si riche et si belle.

Avec la conquête romaine commence la troisième période de l’acropole, celle de la décadence et de la destruction, période qui s’est continuée presque jusqu’à nos jours. Sylla fait démanteler la ville et l’entrée de la citadelle; cependant il arrête le pillage, « voulant, dit-il, accorder aux morts la grâce des vivants 89. » Athènes, où les Romains venaient dans leur jeunesse étudier les arts et les lettres, fut longtemps épargnée par eux. Sous Auguste l’acropole voit s’élever un de ces temples, si nombreux alors, dédiés à la déesse Rome et à César-Auguste90; celui-ci était circulaire. Devant les Propylées un piédestal colossal, disproportionné, est érigé pour recevoir la statue d'Agrippa 91. Néron, le premier, fit dépouiller l’acropole d’une partie de ses statues, après avoir enlevé celles de Delphes et d’Olvmpie, pour orner son vaste palais, la Maison Dorée. Il ne parvient pas cependant à l’ appauvrir, car, plus tard, Strabon et Pausanias y retrouvent encore, comme nous le verrons plus loin, les statues les plus belles et les plus célèbres et renoncent à décrire, tant elles sont nombreuses, toutes les merveilles de l’acropole. Ce qu’elles devinrent, nous 1 ignorons; transportées à Constantinople, elles furent probablement détruites par les Barbares ou par les chrétiens. Sous Yalérien, la terreur causée par les premières invasions lit relever à la hâte les murs de l’acropole. Alaric, à la tête de ses Goths, franchissant les Propylées pour piller les trésors de l’enceinte sacrée, fut arrêté, dit-on, par l’effroi que lui causa la Minerve colossale, dite Athéné Promachos, œuvre de Phidias 92.

Au viic siècle, le Parthénon, l’Érechthéion sont transformés en églises byzantines et plus ou moins défigurés. Au temps des croisades, les ducs d’Athènes établissent leur demeure dans les Propylées et font élever sur l’aile droite la tour féodale qui subsiste encore(üg. 73). Sous les Turcs,

* arrivés en vainqueurs, un aga succède dans les Propylées aux ducs d’Athènes, le Parthénon devient une mosquée, l’Érechthéion un harem, le temple de la Victoire-Aptère est renversé pour faire place à une batterie de canons et l’acropole reprend l’aspect d’une petite ville en se couvrant de masures turques. Son entrée disparaît sous un énorme bastion qui ensevelit les tours et les murailles antiques93. En 1656, malheur irréparable! un dépôt de poudre fait explosion par accident et détruit une partie des Propylées. Peu après, en 1674, arrivent d’Occident les premiers voyageurs qui nous laissent sur l’acropole des documents sérieux. C’est le marquis de Nointel, ambassadeur de France à Constantinople, accompagné du peintre Jacques Carrey, élève de Lebrun; ils s’arrêtent à Athènes, et Carrey dessine pendant deux mois toutes les sculptures du Parthénon : dessins précieux aujourd’hui, malgré leur imperfection de style, puisqu’ils reproduisent des chefsd’œuvre en partie disparus94. Notre ambassadeur est suivi, en 1676, par Spon et Wheeler, l’un Anglais, l’autre Français, qui nous ont laissé une relation du plus grand intérêt, car ils ont pu voir encore les Propylées surmontés de frontons et le Parthénon presque intact. En J687, les Vénitiens, maîtres de la Morée, viennent assiéger Athènes

et l’acropol,e; ils s’en emparent, et une de leurs bombes fait éclater une poudrière contenue dans le Parthénon. Ce-

Fig. 73. Entrée de l’Acropole (état actuel).

lui-ci est éventré, coupé en deux et les condottieri s’en partagent les plus beaux fragments. Des morceaux de sculpture provenant des frontons sont emportés jusqu’en Danemark. Ainsi, en peu d’années, tous ces monuments, ces œuvres parfaites des plus grands artistes grecs, debout encore après tant de siècles et auxquels était réservé un long avenir, sont défigurés et mutilés.

Nous renvoyons aux ouvrages indiqués à la bibliographie pour toute l’histoire de l’acropole au moyen âge et dans les temps modernes, aussi bien que pour les études et les restaurations entreprises depuis l’ouvrage de Stuart et Revett, les Antiquités d’Athènes , publié de 1750 à 1755, source unique pendant longtemps des études sur l’architecture grecque, jusqu’aux travaux plus sérieux et plus complets des architectes pensionnaires de l’Académie de France, qui se sont succédé à 1 acropole depuis 1846, et en ont dessiné les monuments avec un soin religieux. Ces travaux sont conservés dans la bibliothèque de l’École des Beaux-Arts.

Nous allons maintenant réunir les renseignements que fournissent sur les monuments de l’acropole les auteurs anciens, et à l’aide de la Description de la Grèce par Pausanias, écrite au IIe siècle après Jésus-Christ, essayer de nous la représenter telle qu’elle était au temps de sa splendeur. C’est l’itinéraire même indiqué par le voyageur que nous allons suivre.

Après avoir visité la ville presque entière, Pausanias 93 quitte le théâtre de Bacchus, situé sous l’acropole, au sudest (A, voyez le plan fig. 74), et arrive à la citadelle en longeant le pied des rochers, au bas de la muraille du sud. Il aperçoit sur cette muraille l’Égide d’or, avec la tête de Méduse, offrande d’Antiochus 96. Au-dessus du théâtre, dans les rochers qui forment la base du mur (B), s’ouvre une

89 Plut. Sylla, 32.— 90 Corp. însc. gr.n. 478.-91 Corp. hnrr.gr. 309.— 9?. Ileulé, l'Acrop. d’Athènes, t. I, p. dS. — »» Stuart et ltevett. Anlitj. d'Athènes, plan de l’ucropole eu 1753, t. II. pl. 2. — « Tes devins sont actuellement au cabinet dos

estampes de la Biblioth. imp., et on les trouve reproduits en fac-similé dans l’ouvrage de L. de Laborde, le Parthénon, \, pl. 3 et 4. — 9b i; 20 et sq. — 95 Paus. Y, 12, 4, llesyclf U?, 5. V.

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grotte que décore le monument choragique de Ihrasyllus , et des colonnes s’élèvent portant aussi des trépieds choragiques. Ces colonnes existent encore.

Il laisse à sa gauche le théâtre construit par Hérode Atticus (C). Diverses sépultures se succèdent ensuite, puis il rencontre les temples d’Esculape et d’Apollon, celui de la Terre nourricière (Hi xouporpocpo;), et celui de Cérès ver¬

doyante (At) p y\6-r\). On a voulu voir ces deux derniers sanctuaires dans les niches qui se trouvent sous la terrasse du temple de la Victoire (D); mais cette opinion a été justement combattue ". Ces deux temples, d’après les ternies employés par Pausanias, devaient être en dehors de l’enceinte. Dès qu’il l’a franchie, sans nous parler du magnifique escalier qu’il dut gravir pour arriver aux Propylées,

Fig. 74. Plan de l’Acropole d'Athènes.

notre guide est frappé de la grandeur et de la beauté de cet édifice, supérieur, dit-il, à tout autre du même genre. Ici se présentent des statues de cavaliers qu’il croit représenter les fils de Xénophon ", puis à droite s’élève le temple de la Victoire-Aptère (D), et auprès une statue d’Hécate, œuvre d’Alcamène 10°. Pénétrant dans le majestueux vestibule, il nous indique, à gauche des Propylées, une salle contenant des peintures, en partie déjà détruites par le temps et qu’il décrit ; il attribue deux d’entre elles à Polygnote. Le vestibule dépassé, un groupe des Grâces et un Mercure, surnommé Propylée, s’offrent à sa vue; ils sont, lui dit-on, de Socrate le philosophe101; plus loin, c’est la lionne en bronze érigée par les Athéniens pour rappeler le nom et l’héroïsme de la courtisane Leæna 102, et plusieurs statues, qu’il décrit, laissant de côté, comme il a soin de nous en avertir, les moins importantes. Cependant il convient de nommer, d’après d’autres témoignages 103, la Minerve porte-clef, de Phidias. Voici ensuite la pierre sur laquelle Silène s’assit quand

97 La grotte subsiste, le monument a disparu ; on le retrouve dans l’ouvrage de Stuart et Revett, qui ont pu le mesurer avant sa destruction : Antiq. d'Athènes, t. II, pl. xsxvii et xxxviii. — 98 Ross, Hansen et Schaubert, Die Akropolis, p. 4 ; Raoul Rochette, Journ. des savants, 2 mai 1845 ; Pittakis, V Ancienne Athènes, p. 230; Beulé,

. I. I, IX. — 99 Diog. Laert. II, 52 ; Eustath. ad Odyss. XI, 299. — 100 paus. II 30, 2. — 101 Paus. IX) 35, 3 et 7 ; Plin. Hist. Nat. XXXV I, 32; Cf. Jahrb. fur Phüoî. t. LXXIX, p. 243; Arch. zeitung, 1809, p. 55, pl. xxii. — 102 plut. De garrul. 8;' Pim. I. I. XXX, 72. — '03 Aristoph. Thesmoph. 1136, 1142; Plin. Hist. Nat. XXXV,

Bacchus vint dans l’Attique, et la statue de Minerve Hygiée m, dont le piédestal au moins nous est resté. A l’entrée du péribole de Diane Brauronia (K), une statue d’enfant, en bronze, tenant le vase d’eau lustrale 103, et une statue de Persée 106, œuvres de Myron, frappent d’abord les yeux. La statue de la déesse, placée dans le temple, est de Praxitèle. Entre autres œuvres remarquables il faut citer ici le cheval Durien d’où sortent les Grecs qui vont saccager Troie, ouvrage en bronze de Strongylion 107 ; plus loin, vers l’enceinte de Minerve Ergané (L), se trouvent Minerve et Marsyas 10S, le combat de Thésée et du Minotaure, et en avançant vers le Parthénon, la Terre implorant Jupiter pour qu’il lui envoie la pluie, d’autres groupes et statues, parmi lesquels Minerve faisant paraître l’olivier et Neptune un flot de la mer, et enfin l’image que Léocharès avait faite de Jupiter protecteur de l’acropole (Zeùç noMeu;)109.

Le Parthénon (M)110 occupe peu de place dans la description de Pausanias. Il parle du fronton principal, représentant la naissance de Minerve, du fronton postérieur où est figu-

10* P'*11' Sist. Bat. XXXIV, 44 et 80; Plut. Pericl. 13 ; cf. Ross, Archâolog. Aufsâtze, p. 189, et O. Jahn, Berichte der Leipz. Gesellschaft der Wissenschaft. 1838, p. 109. — 105 plut. I. I. Plin. Hist. Nat.; XXXIV, 19, 31. — 106 Id. XXXIV, 7®' 107 1(1 • XXXIV, 57; Paus. VIII, 46, 3. — 108 Paus. IX, 30, 1; Schol. Aristoph.

Aves, 1128; Hesyeh. s. v. Aoùçioc ; Rhangabé, Antiquités Helléniques, I, n. 41. — 109 Plin. Hist. Nat. XXXIV, 57. — 110 paus. VIII, 41, 9; Dicaearch. p. 140, ed. Fuhr; Plut. Pericl. 13; Slrab. IX, p. 395 ; Harpocrates et Hesychius s. v. 'EkoltoimkSoî ; Bekker, Anecdota, p. 247, 24.

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rée la dispute de Minerve et de Neptune; il décrit dans i l’intérieur de la cella la fameuse statue chryséléphantine, chef-d’œuvre de Phidias, et son piédestal in. Mais c’est là tout, et, en tournant la tête, il ne trouve guère plus à contempler que le portrait de l’empereur Adrien et celui d’Iphicrates us. A sa sortie, il cite une statue en bronze d’Apollon Parnopius, attribuée à Phidias, et d’autres statues;

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i puis il arrive prèsdumurduMidi(N),où se dressent une série de statues, plus petites que nature, représentant la guerre des Géants, le combat des Amazones, la bataille de Marathon et la défaite des Gaulois en Mysie. Toutes ces sculptures, dominant le théâtre de Bacchus, furent données et dédiées par Attale, roi de Pergame m.

L’Érechthéion (P) attire enfin notre voyageur. 11 noussi-

Fig. 75. Vue de l’acropole d’Athènes (côté du midi).

gnale au-devant de l’entrée l’autel de Jupiter Très-haut111 (Zsùç utoxtoc) ; dans l’intérieur, plusieurs autels, celui de Neptune, sur lequel on sacrifie à Érechthée 11S, celui du héros Butes, premier prêtre de Minerve et de Neptune, et celui de Vulcain. Sur les parois sont des peintures représentant des membres de la famille de Butés, où le sacerdoce était devenu héréditaire 116. Il voit ensuite à l’un des angles intérieurs du portique précédant l’entrée du Pandrosion, le puits d’eau marine, et les trous dans lesquels on reconnaissait l’empreinte du trident de Neptune 11T. Dans le temple de Minerve Poliade reposait le palladium, statue de Minerve, en bois d’olivier, tombée du ciel 118 ; au milieu de la cella brûle nuit et jour la lampe d’or, œuvre de Callimaque, dont il suffit de renouveler l’huile une fois par an 119. Là encore se voyaient un Mercure en bois, don de Cécrops, le siège pliant attribué à Dédale, les dépouilles des Mèdes, recueillies à Platée 12°, l’olivier sacré, planté par Minerve, et qui, brûlé par les Perses, repoussa le jour même de deux pieds m.ll était dans l’enceinte consacrée à Pandrose. Pausanias ajoute que ce sanctuaire était contigu à celui de Minerve, sans autre explication sur la disposition de ce groupe d’édifices dont le plan savant et compliqué a tant occupé la critique moderne 122.

En parcourant le péribole on remarquait parmi d’autres objets la statue de Démétrius, le portrait de Lysimachè, prêtresse de Minerve123, de grandes statues de bronze qui repré- ■ sentaient le combatd’Eumolpeetd’Erechthée, plusieurs statues très-anciennes de Minerve, en bronze, retrouvées après l’incendie de Xerxès, encore noircies parla fumée et deve-

111 Paus. I, 17, 2; V, 11, 10; IX, 26, 2; X, 34, 8; Thuc. Il, 13; Plato, Hipp. maj. p. 290 b; Schol. Aristoph. Pax, 605; Schol. Demosth. c. Androt. l3; Plut. I. I. 13 et 31 ; Id. De vit. œre al. 2 ; id. De Is. et Os. 76 ; Diod. Sic. XII, 40 ; Plin. Hist. Nat. XXXIV, 54; XXXVI, 18 ; Valer. Max. VIII, 14, 13; Aristot. De mundo, 6, p. 399 b ; Arrian. Diss. Epict. II, 8 ; Maxim. Tyr. XIV ; Themistius, Or. 25, p. 309 d j Corp. insc. gr. 130, 18 ; 150, 39, et ap. Boeckh, Staatshaush. II, p. 288. — 112 Paus. I, 1, 2; 1, 37, 1. — l'3 Plut. Anton. 60. — 114 Pans. VIII, 2, 3. — 115 Herod. V, 82 ; Plut. Symp. IX, 6 ; Decem orat. Schol. Aristid. Or. 18, p. 63 d ; Athenag. Leg. 1 ; Hesych. s. x. ; Ross, Arch. Aufsâtze, p. 123. — "• Apollod.

nues fragiles; enfin le groupe de Thésée sacrifiant le taureau de Marathon.

En commençant son 28e chapitre Pausanias semble sortir de l’enceinte de Minerve Poliade; il nous montre la statue en bronze de Cylon et la statue colossale, également en bronze, de Minerve Promachos, œuvre de Phidias, dîme du butin conquis à Marathon offerte à la déesse par les Athéniens m. Du cap Sunium les navigateurs apercevaient la pointe de sa lance et le cimier de son casque. Cette statue est représentée dominant le Parthénon (fig. 76 et 77)

Fig. 76 et 77. L’acropole sur des monnaies d’Athènes.

sur des bronzes d’Athènes, de l’époque impériale. 11 reste encore des vestiges de son piédestal (Q). Près de là était le quadrige en bronze, provenant de la rançon des Chalcidiens et des Béotiens, offert à Minerve par les Athéniens victorieux. Hérodote 125 nous dit aussi qu’on voyait ce quadrige à gauche, après avoir franchi les Propylées.

Périclès devait avoir sa place dans l’acropole; sa statue s’y trouvait, voisine de celle de la Minerve Lemnienne, offrande des habitants de Lemnos, l’œuvre de Phidias la plus digne d’être vue 126. Là s’arrête l’exploration de Pausanias : il descend de la citadelle, non jusqu’à la ville basse,

111,15, 1; Le Bas, Voyage en Grèce , Inscr. pl. vin, 5, 6 ; Corp. inscr. gr. 468. — 117 Paus. VIII, 10, 4; ApoIIoil. III, 14, I ; Strab. IX, p. 346; Tetai, Rev. archéol. 1851. — U8 Apollod. III, 14, 6; Plut. De Doed. 10; Tertull. Apolog. 16. — H8 Strab. IX ; Plut. Sylla, 13. — >20 Demosth. c. Timocr. 129 ; Harpocr. et Suid. s. v. ’Apyupoitoj; Sitppo;. — 121 Herodot. VIII, 55; Apollod. III, 14,1. Cf. Dion, llalic. De Dinarch. 13. — 122 Voy. la bibliographie à la suite des notes de cet article. — 123 Plin. Bist. Nat. XXXIV, 19, 26 ; Plut. De vit. pud. 14. — t24 Dem. De fais. leg. 105; Zosim. V, 6. — 128 Herod. V, 77. — 126 plin. Hist. Nat. XXXIV, 51; Lucian. Imag. 4.

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mais après avoir traversé les Propylées il se détourne du côté des Longs Rochers (Maxpcn), vers le nord, et descend par un escalier jusqu’à la fontaine Clepsydre (G ) 1 auPr^ de laquelle il rencontre une grotte consacrée à Apollon 128 et à Pan 129 (H), également représentée sur les bronzes d’Athènes, dont on voit ici le dessin (fig. 76 et 77). On y remarque même le dieu Pan, assis dans la grotte et jouant de la llûte. Puis il quitte l’acropole et se dirige vers la colline de l’Aréopage. Entré par le sud, à l’extrémité occidentale de l’acropole, Pausanias sort donc sur la face nord de cette même extrémité, par l’escalier de Pan.

11 ne nous reste plus maintenant qu’à décrire ce qui subsiste aujourd’hui de tant d’admirables édifices; c’est ce que nous allons faire en reprenant le chemin que nous avons suivi avec Pausanias. Nous verrons ainsi divers points négligés par le périégète et que le temps et les hommes ont épargnés, nous en verrons d’autres que les fouilles nous ont rendus et qu’il a lui-même ignorés.

En effet, en pénétrant dans renceinte(üg. 73) nous retrouvons au pied de la terrasse qui porte le temple de la Victoire Aptère, sur le roc mis à nu, le sentier qui pendant des siècles conduisit les populations primitives jusqu’à l’antique Cécropie ; les pas des animaux ont creusé leur trace dans le dur rocher, comme dans les chemins de montagne. Tout cela, au temps de Périclès, était recouvert de marbre, comme le palier, encore existant en partie, qui divisait en deux le grand escalier montant aux Propylées. En descendant de ce point vers la partie inférieure, voici, dans l’axe même, les restes d’un mur pélasgique, dérasé suivant la pente de l’escalier et qui sans doute a fait partie de l’Ennéapyle. Au bas de la pente se retrouve, sur le rocher, la trace des marches de ce grand escalier qui occupait toute la largeur des Propylées; des degrés en marbre sont encore en place. Deux tours, de belle construction grecque, contemporaines très-probablement de Périclès, sont là, parfaitement rattachées à l’axe et au parallélisme des Propylées ; l’entrée qu’elles protégeaient fut détruite par les soldats de Sylla ; nous la voyons telle qu’elle fut rétablie, avec des fragments d’autres édifices, sous la menace des invasions barbares, à l’époque de Valérien. Toute cette partie si intéressante de l’acropole est due aux heureuses fouilles exécutées sous la direction de M. Beulé en 4 853.

Si nous revenons au large palier qui divisait le grand escalier, nous retrouvons à notre gauche la fon taine Clepsydre, aujourd’hui souterraine, et les traces de l’escalier qui conduisait à la grotte de Pan. Le gigantesque piédestal qui portait la statue d’Agrippa(G) est là aussi, légèrement soulevé et dévié de sa verticale par l’explosion de la mine et par le choc des boulets. Devant nous, dans le milieu de la parlie supérieure de l’escalier, se trouvent les restes en marbre du chemin en pente douce, strié, qui permettait aux animaux destinés aux sacrifices de gravir jusqu’au plateau de l’acropole. Sur la gauche serpente le sentier pélasgique, taillé dans le rocher et qui va se perdre à droite sous la terrasse où se dresse le petit temple de la Victoire Aptère relevé de ses ruines.

A l’ouest de cette terrasse se trouve un mur de construction pélasgique, dirigé obliquement, et dont les blocs, d’assez grand appareil, furent tirés du rocher même de Tarn Schol. Aristoph. Lys. 911, 913 ; Av. 1694 ; Hesvch. s. v. KnJmSja ; Id. s. v. IUÎi ; Id. s. v. KU^pnov üSuç.— 129 Eurip. Ion, 10 et sq., 282 et sq., 1432 et sq. ; Philologus, VIII, p. 1 70 ; XXII, p. 69 ; Beulé, Monn. d’Athènes, p. 394. — 129 Herodot. VI, 105; Luciam. Bis accus. 9 ; Aristoph. Lys. 120; Eurip. Ion, 192; Michaëlis, Ann’.

cropole. A ce mur se rattachent des constructions postérieures, sans doute contemporaines des Pisistrates et que Mnésiclès a laissées subsister, en tant qu’elles ne gênaient point l’établissement de ses Propylées.

Si nous entrons sous le vestibule, nous voyons les colonnes ioniques intérieures en grande partie ruinées, il ne reste en place que la base et une partie des fûts; plusieurs colonnes doriques sur les façades sont encore entières et couronnées de leurs chapiteaux. Ce vaste portique, aujourd’hui transformé en musée découvert, se relie à celui de l’aile gauche, de proportion moindre, et qui sert de vestibule à une salle éclairée par deux petites fenêtres et qu’on a appelée la Pinacothèque. Les chapiteaux d’ante de ces fenêtres ont conservé presque intacts leurs ornements peints. L’aile droite, non tout à fait symétrique de la précédente, a été englobée en grande partie, au moyen âge, dans la construction de la tour féodale. Cette haute tour, construite tout entière en blocs de marbre provenant des édifices, doit recéler dans ses murailles de nombreux fragments d’architecture, de sculpture, et probablement aussi des inscriptions.

Au fond du vestibule des Propylées s’ouvrent cinq portes, encore intactes et de grandeurs différentes. Sous la grande porte principale passe le chemin que suivaient les victimes destinées aux sacrifices; parles autres portes, après avoir franchi cinq degrés, on arrive sous le portique intérieur : on est dans l’acropole. Les colonnes sont debout, mais les colossales architraves gisent sur le sol.

Entre le mur nord du grand vestibule et le mur ouest de la Pinacothèque (H') une grande salle exista, ou au moins fut projetée, car les Propylées ne furent pas complètement terminés. En effet, on retrouve sur ces deux murs, mais à une plus grande hauteur, un bandeau dont le profil est semblable à celui qui, dans la Pinacothèque, a dû soutenir le plafond ; de plus, sur le mur Nord la pente du toit de cette salle est indiquée 13°. C’est sur cet emplacement que fut démolie, il y a peu d’années, la chapelle byzantine des ducs d’Athènes. Dans cette salle dont nous parlons étaient peutêtre les peintures de Polygnote décrites par Pausanias, et placées suivant lui dans une salle située à gauche des Propylées. Il semble que ces peintures auraient été très-mal éclairées dans celle qu’on appelle aujourd’hui la Pinacothèque ; celle-ci (F) conviendrait mieux pour y placer la Chalcothèque, dont une inscription récemment retrouvée a fait connaître l’existence, et qui paraît avoir servi de dépôt pour les objets divers employés aux pompes des Panathénées m.

Les Propylées étant franchis, voici sur la droite les piédestaux de plusieurs des statues citées par Pausanias, les traces des stèles nombreuses, jadis incrustées ou scellées au rocher ; voici le mur de soutènement (I) du péribole (K) de Diane Brauronia. Ge péribole est littéralement couvert de blocs et de débris de marbre dont la plupart appartiennent aux Propylées. Vient ensuite une autre enceinte (L) que Ton attribue à Minerve Ergané et qui confine par des degrés taillés dans le roc à celle du Parthénon 132.

Sur la route qui nous conduit à ce dernier sanctuaire (M) devaient s élever des pyramides sur lesquelles étaient gravés les noms des peuples tributaires d’Athènes, et dont on a retrouvé de très-nombreux fragments.

Du temple de Minerve, coupé en deux par l’explosion, les

del, Inst. arch. 1863, p. 309. — 130 Stuart et Revett. Antiq. of Atliens, II, ch. 5. pl. V. — 131 Philologus, 1860, p. 402. — 132 uhichs, Abhandl. der Münch. Akad. Ihilol. IUasse, 111, 3, p. 627; Raoul Rochette, Journ. des savants. 1851; Beulh, l'Acropole d'Athènes, I, 12.

frontons ont à peu près disparu ; des colonnes de l’opisfhodome et de la cella il ne reste que les traces retrouvées par M. Paccard. Malgré ces ravages, un volume suffirait à peine à l’étude des perfections encore appréciables dans ce qui subsiste aujourd’hui du Parthénon d’Ictinus et de Phidias.

Le sol qui l’environne, surtout vers le sud, est couvert de grands blocs projetés, entassés par l’explosion. Au-dessous d’eux le sol est formé par d’énormes tambours, à l’état brut, destinés aux colonnes de l’édifice et mis au rebut pour quelque défaut; au-dessous encore vient une couche d’éclats de marbre, résultant du travail des ouvriers pendant la construction de l’édifice. Enfin, les fouilles ont fait retrouver une troisième couche formée des débris de l’ancien Parthénon et d’autres édifices brûlés et détruits par les Perses. Ce sont des fragments de chéneaux en terre cuite peinte, des cendres, des charbons, mêlés à des débris de vases, de statuettes, et à des morceaux de plomb, de bronze, etc. Tous ces objets sont conservés dans les casemates de l’acropole et dans des baraques en bois, qui seront prochainement remplacées, nous l’espérons, par un musée plus digne de ces précieux fragments.

Des sculptures offertes par Attale, il ne reste pas trace, non plus que des stylobates qui ont dû les porter.

En nous dirigeant versl’Érechthéion nous ne rencontrerons guère que les fragments hors-œuvre du temple circulaire de Rome et d’Auguste (O). Du temple d’Erechthée et de Minerve Poliade (P), chef-d’œuvre de grâce, d’élégance et de richesse, il ne reste guère que les murs et les portiques. Sa transformation en église, en harem, les ravages de lord Elgin et ceux des tremblements de terre ont fait disparaître les distributions intérieures et même une partie des points d’appui extérieurs. On reconnaît encore une partie du péribole et dans cette enceinte s'ouvre la fissure du rocher, communiquant à la grotte d’Agraule, par laquelle les Perses s’introduisirent dans l’acropole 13\ Ici ont été retrouvés, en partie, les bas-reliefs qui se détachaient sur la frise en marbre noir d’Eleusis, du portique nord, et des stèles précieuses qui nous ont fait connaître les comptes des dépenses faites pour l’achèvement du temple, les sommes consacrées à la sculpture, à la peinture et à la dorure de ses différentes parties.

Enfin, si nous revenons vers les Propylées, nous observerons les vestiges du piédestal de la Minerve Promachos (Q) et sur le rocher en pente, les stries transversales qui démontrent que le roc nt fut jamais, sur le plateau, recouvert d'un dallage. Nous pourrons ensuite, comme Pausanias, quitter l’acropole, n’ayant, comme lui aussi, qu’esquissé le long et difficile travail qu’exigerait une description complète d’un tel lieu, unique au monde.

133 Flerodot. VIII, 53. Cf. Paus. I, 18, 2. — Bibliographie. Outre les ouvrages cités dans les notesau sujet des nombreuses acropoles nommées dans l’article, voyez pour l'acropole d’Athènes : Stuart et Revett, The Antiquités of Athens, Lond. 1761 et suiv. ; Leake, Topngraphy of Athens, Lond. 1821; 2« éd. 1841 ; Forchammer, Topographie von Athen, Kiel, 1341 ; Brûndsted, Voyage et Recherches en Grèce, Paris, 1840; Ross, Hansen et Schaubert,Æie Akropolisvon Athen. Berlin, 1839 ; Raoul Rochette, Journal des savants, 1851; Penrose, An Investigation of thoprinciples of Athen archit. Lond. 1851 ; Beulé, l'Acropole d’Athènes, Paris, 1854; 2® éd. 1862 ; E. Curtius, Attische Studien, Gôtting. 1 852 ; id. SiPhen Karten znr Topogr. Athens, mit erlaüterndem Text, 1868 ; Ross, Archaeolog. Au/sôlze. Leipz. 1855 ; Michaëlis, Ueher denjetz. Zustand der Akropol, in Rhein. Muséum, Nouv. série, t. XVI ; Bursian, Géographie von Griechenland, 1862 ; E. Bretos, Athènes décrite et dessinée, Paris, 1S62; L. de Laborde,.4lAè/u?s aux xv“, xvic et xvn" siècles, Paris, 1854; C. Bc'itticher, Dericht überdie Untersuchungen auf der Akropolisvon Athen im Frühjahre 1862, Berlin, 1863 ; O. Muller, MinervaePoliadis sacra et aedes, 1820 ; L. de Laborde,/e Parthénon, documents, Paris, 1 848 ; Tetaz, Mémoire explicatif de la restaurât, de l’Erechthéion. Rev. archéol. t. VIII ; Jn wood, the Ercchtheion, Lond. 1827 ; Von Quast, das Erechtheion zu Athen, Potsdam, 1S43 ;

Nous avons été puissamment aidé dans cette étude par l’ouvrage si complet publié par M. Beulé en 1854. Nous renvoyons à ces consciencieuses recherches et aux autres ouvrages mentionnés dans la bibliographie de cet article les personnes qui désireraient plus de détails sur l’acropole d’Athènes. Ed. Guillaume.

ACROTERIUM ( AxpwT/jptov), acrotère. — Ce mot, dans son acception la plus générale, signifie l’extrémité ou le sommet d’un corps ou d’un objet quelconque1 : ainsi les extrémités du corps humain, les ailes d’une statue, la proue d’un navire ou l’éperon dont il est armé, la cime d’une montagne, un cap ou promontoire, les créneaux d’une muraille, le faîte et les amortissements d’un édifice.

Vilruve s’en sert d’une manière plus spéciale 2 pour désigner les socles qui, disposés aux extrémités et au sommet d’un fronton, servaient de supports horizontaux à des vases, à des trépieds, à des sphinx, à des aigles ou à des triions, à des statues, à des Victoires, à des groupes et même à des quadriges. Il prescrit les proportions qu’ils doivent avoir et donne aux acrotères des angles ( acroteria angularia ) la hauteur du milieu du tympan, et à celui du sommet ( media num) un huitième de cette hauteur en plus. La même dénomination fut souvent appliquée à l’ensemble du socle et de l’objet porté par lui. Plutarque nomme acrotère (oUptorïiptov) la surélévation décorative que le sénat fit placer, comme marque d’honneur, sur la maison de César 3. La nature de cette surélévation ne nous est pas autrement connue.

Les Grecs sont les inventeurs de l’acrotère; ce rappel heureux de la ligne horizontale, qui semble donner aux angles du fronton plus de stabilité, devait être inventé par eux. Cependant, beaucoup de temples grecs en sont dépourvus. Nous les trouvons au Parthénon \ au temple de la Victoire Aptère 5, au temple de Némésis à Ilhamnus 6, au temple de Diane à Eleusis 7 et au portique de l’Agora d’Athènes, que nous reproduisons (tig. 78) 8.

Au temple d’Égine on a retrouvé non-seulement les socles, mais encore des fragments des sphinx ou des griffons qui étaient placés aux angles et le fleuron flanqué de deux

Thierscli, Ueher das Erechtheion, etc. Abhandl. der bayrisch. Akad. (Philo!. Classe), 1319; id. Epikrisis der neuesten Untersuchungen über das Erechtheion ; ibid. 1857. C. Bütticher, Der Poliastempel aïs Wohnhaus des Kônigs Erechtheus. Berlin, 1851 ; id. Ueher die letzte bauliche Untersuchungen des Erechtheion, in Erbkams, Zeitschrift fur Bauwesen. Berlin, 1859 ; Choisy, Courbure dissymétrique des degrés qui limitent au couchant la plate-forme du Parthénon, dans Comptes rendus des séances de l’Acad. des Inscr., 1865, p. 413. — Les personnes qui voudront étudier de près les monuments de l’acropole auront recours aux études des architectes pensionnaires de l’Académie de France déposées à la bibliothèque de l’Ecole des Beaux- Arts. Elles consulteront, en particulier pour le Parthénon, la Restauration de M. Paccard (1846 et 1817); pour l’Erechthéion, celle de M. Tetaz (1847 et 1848); pour les Propylées, celles de M. Desbuisson (1848) et de M. Boitte (1866).

ACROTEMUM. t Voy. le Thésaurus de Henri Étienne, s. v. — 2 m, 3. 3 Plut. Caes. LXIIL — 4 Stuart et Revett, Antiq. d’Athènes, 11, pl. vi. — S Ph. Le Bas et Landron, Voyage archéol. en Grèce, pl. 11. — 6 The unedited Antiq. of Attica, c. 6, pl. 11. — 7 Ibid. c. 5, pl. 11. — 8 Stuart et Revett, Antiq. d’Athènes, c. 1, pl. iv.

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petites figures cle femmes drapées, qui couronnaient la pointe du fronton. La figure 79 montre ce lieuron et ces

deux statuettes, tels qu’ils furent dessinés au moment de leur découverte 9. Le beau fleuron triangulaire qui couronne encore le monument choragique de Lysicrate, à Athènes, est aussi un acrotère (fig. 80); ce fleuron servait

Fig. 80. Fleuron du monument de Lysicrate, à Athènes.

de support à un trépied 10. 11 existait aussi des acrotère sur un grand nombre d’édifices disparus, mais qui nous son rappelés par les auteurs. Pausanias nous décrit un templ d’Esculape, à Titané, où l’on voyait la statue d’Hercule su le fronton et des Victoires aux deux angles 11 ; il nous di qu au temple de Jupiter, à Olympie, il y avait un vase dor sur chacun des angles du fronton, et sur le sommet un Victoire, également dorée, au-dessous de laquelle étai représentée, sur un bouclier d'or, la Gorgone Méduse n.

Il n existe plus de temples étrusques, mais on peut ima gmer quelle était la décoration des frontons de ces temples d’après des tombeaux qui subsistent à Norchia 13 et qui pa

J Bionet, Expédit. de Marée, IH, pl. 1HI, Lv et lv, ; Garnier, Tien, archïol 1854

AV Kmnard, Suppl, aux Antiq. d'AtK. de Stuart, Monum. fan. p. 14. Co,ke J

Jour n. o f science and art, t. VT ni , ,, i0 c* , t ^ \ ’ ^ockerel

Pl. n„ et xxnc. - 1. P^nsan. n c. 1 "LT/t/v ‘ *AtM™

1, pl. lxvi. — 13 Mon. ined. dcl ïustarch T l ’ > ll,ouet> Axped. de More,

nea. acl. Inst, a, ch. I, pl. XLV1II . DenniSj md ^

raissent en reproduire la disposition extérieure. Ces tombeaux sont surmontés de frontons accompagnés d’acrotèrcs (fig. 81).

Les Romains ont employé les acrotères avec plus de profusion que les Grecs ; il n’est guère de médaille romaine

représentant des monuments où l’on ne voie le couronnement des édifices, le fronton des temples chargés de palmettes, de statues, de groupes, etc. Nous donnons ici comme exemples un grand bronze de Caligula (fig. 82) et un autre (fig. 83) de Faustine la jeune “.

Les textes aussi nous démontrent l’existence très-fréquente, sur les monuments romains, d’acrotères, indispensables pour faire porter sur les pentes des frontons des objets quelconques. Pline nous parle de statues placées sur le li on Ion ( in fastigio ) du temple d’Apollon 15 ; d’un char à quatre chevaux, avec Apollon Palatin et Diane, d’un seul bloc, place dans un edicule orne de colonnes, sur un arc dédié par Auguste à son père Octave 16; du temple de Jupiter Capitolin dont le fronton était surmonté d’un quadrige 17 ; du Panthéon d’Agrippa enfin, décoré par le sculpteur Diogène, d’Athènes, dont les statues posées sur le faîte {sicutin fastigio posita signa), étaient moins appréciées, dit-il,

à cause de la hauteur où elles étaient placées 18. Tite-Live

nous raconte que la foudre frappa la statue de la Victoire, élevée au sommet du temple de la Concorde 19.

Dans les monuments romains qui existent encore nous trouvons des acrotères au Panthéon de Rome 20. Un trèsbeau spécimen d’acrotère angulaire existe encore sur le Quirinal dans les jardins du palais Colonna, parmi les énormes débris du temple du Soleil «. Celui-ci est décoré, à sa partie supérieure, de moulures qui se prolongent jusqu’à la rencontre de la pente du fronton.

Autant que nous en pouvons juger par les exemples subsistants, les Grecs donnaient aux acrotères des extrémités des frontons moins d’élévation que n’ont fait les Romains;

te/ ICO

u/ juiruria,

rlrj, — ».onen, Æ/onn. imp. Caligula. 18 ; Monum. ined.

del. Inst. arch. 183*, tav. ?4. - H Plin. Hist. Nat. XXXVI , 4. - 16 Id XXXVI 4

- XXXV, 4, 5. - 18 ,d. XXXVI, 4. - .9 TU. Liv. XXVI, ,3. - *'££!£

et a‘ltiqUeS de Iioms‘ P1' et 1V- ~ sl Canina, Architetlura romana, pl. «

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en revanche, ils les plaçaient plus près du bord delà corniche, à plomb du larmier. Quoique plus haut que ceux des monuments grecs, l’acrotère du jardin Colonna est loin de correspondre à la proportion recommandée par Vitruve. Il est beaucoup moins élevé que la moitié du tympan renfermé par le fronton dont il a fait partie.

Au petit temple situé près du stade de Messène on peut voir des acrotères d’angle d’une forme particulière, dans lesquels le plan horizontal supérieur n’est pas prolongé jusqu'au rampant du fronton et se trouve arrêté par un plan vertical 22. Les bas-reliefs et les peintures antiques fournissent aussi des indications nombreuses et très-variées d acrotères. En. Guillaume.

ACTA. — Ce mot était employé chez les Romains dans trois acceptions principales, indépendamment des modifications que chacune d’elles était susceptible de recevoir par l’addition d’une épithète. M. C. Hiibner, dans son excellente dissertation sur les acta1, que nous n’aurons le plus souvent qu’à analyser, a très-bien mis en lumière ces diverses significations d’après leur origine.

I. D’abord, au point de vue du droit public, actum (de agere) indique un acte accompli par un magistrat supérieur ayant le jus agendi cum populo, en vertu de son imperium, et dans l’exercice de ses fonctions civiles 2. Cette notion dut naturellement s’appliquer, sous l’Empire, aux actes du prince par lesquels s’établit 1 usage de prêter seiment (jurnre in acta principum ) 8 [acta principis].

II. Ôn nommait encore acta , la relation écrite des actes, non-seulement des magistrats, mais encore du sénat, des corporations et collèges, dont la désignation plus exacte serait actorum commentarii (cnto;i.v/i(j.aTa) \ 11 existait a Rome, comme on le voit par beaucoup d’inscriptions, un grand nombre de corps constitués, qui avaient l’habitude de consigner par écrit leurs actes principaux. Ces écrits ne doivent pas être confondus avec certains livres de comptes nommés libri commentarii , tabulae, rationes , à la rédaction desquels étaient attachés les scribae librarii a commentants [commentarii, scribæ], ou les commentarienses a rationibus, ou rationales; tandis que les acta, lorsqu’ils eurent des rédacteurs spéciaux et officiels, furent tenus par des employés nommés ab actis [actis (ab)], quelquefois actuarii ou uctani , ensuite notarii et censuales.

III. Nous trouvons plus tard le mot acta employé pour désigner les procès-verbaux constatant les actes judiciaires accomplis devant les tribunaux de Rome ou des municipes 6 [acta forensia]. Cet usage paraît n’avoir pas existé encore du temps de la République, nonobstant 1 argument tiré d’un passage de Cicéron6. On peut admettre en effet, avec Dureau de la Malle 7 et M. Hiibner, et malgré l’autorité de Le Clerc8 et de Turnèbe, qu’il s’agit là des registres privés, codices accepti et expensi, ou des écrits produits devant les censeurs, et non pas d’ACTA judiciorum ; nous renvoyons de même à des articles spéciaux pour les actes privés ou acta forensia, etpourles actamilitaria9. Disons seulementqu’à la fin de l’Empire, les particuliers faisaient constater cer-

22 Blouet, Expéd. de Morée, I, pl. xxxm et xxxi.

ACTA. 1 De senatus populique romani actis, Lipsiæ, 1858. — 2 App. Bell. civ. V, 73- Cic. Phil. 7 à 10. — 3 Marquardt, Rôm. Alterth. II, 3, p. 211, 213, 224.

4 Cic. Ad Att.’ll, 1, 12; App. Bell. civ. II, 125; Tacit. Annal. XV, 74.— 3 Savigny, ma. du droit rom. au moyen âge, I, p. 107, 2« éd.; Spangenberg, Juris rom. tabul. ne- <iüt. solen ■ p- 48, 298; Hiibner, op. laud. p. 6.— 3 Cic. De legibus, III, 4.-7 Écon. j.olit. des Rom. I, p. 162, note 2. — 3 Des journaux chez les Romains, p. 203. — 9 Voyez aussi actuarii. — 1» Vatic. fragm. 112, 317 ; Gaius, IV, 83, 81, Institut. f. 21; Dig. Deauct. tut or. XXVI, 8; RudoilT, Rcchtsgesch. II, p. 232, 254.— U Cod.

tains actes de la juridiction volontaire par-devant le magistrat, afin de leur assurer l’authenticité 10. Dans différents cas, cette solennité était même exigée par les principes du droit [donatio, procurator]. Quant à la sentence, sous la procédure extraordinaire, elle devait toujours être rédigée en minute, et insérée sur un registre ad hoc , dont extrait pouvait être délivré aux parties u.

11 importe de ne pas confondre les acta senatus, pas plus que les acta populi ou acta diurna, avec les annales maximi. G. Humbert.

ACTA FORENSIA, ACTA JUDICIORUM. — On entendait par acta forensia, dans la langue du droit romain, les écrits privés destinés à constater les faits juridiques investitifs ou privatifs de droits ; on y comprit encore, sous le Bas-Empire, les acta judiciorum, qui avaient pour objet de mentionner des faits dépendants de la juridiction volontaire ou contentieuse des tribunaux. On traitera successivement ici ces deux points.

I. Indépendamment des registres brouillons appelés adversaria, où les citoyens romains avaient 1 habitude de consigner les faits intéressant leur fortune, et du codex accei’ti ETDErENSi1, où ils reportaient régulièrement ces mentions, à la fin de chaque mois, on tirait souvent de 1 écriture une preuve préconstituée [cautio. instrumentum], des faits juridiques de quelque importance. Le prêt de consommation ou mutuum, comme la libération per aes et libram, et le contrat verbal de stipulatio [obligationes], se constataient habituellement par une mention faite au codex du créancier avec le consentement du débiteur, et ordinairement contrôlée par une mention semblable sur le registre de celui-ci \ Cette mention s’appelait arcarium nomen 3, preuve invocable même contre les peregrini. Ceux-ci (probablement les Grecs) introduisirent aussi l’usage de simples écrits appelés chirographa ou syngrapha, suivant qu’ils étaient signés d’une seule des parties ou de toutes deux [chirogramum]. La rédaction de ces écrits avait, pour les peregrini, la force obligatoire d’un contrat litteris * ; mais entre Romains, elle servait seulement, longtemps avant Justinien 8, de simple moyen de preuve, et ne se confondait pas avec la solennité littérale des nomina transcriptitia dont la mention sur le codex était, par elle-même, une cause efficiente ( causa civilis) d’obligation. Mais, avec le temps, les nomina transcriptitia tendirent à disparaître et ne furent guère plus en usage que chez les banquiers [argentarii]. D’un autre côté, l’usage des chirographa ou syngrapha, devenu fréquent chez les Romains, finit par se confondre complètement avec celui des simples cautiones, dont l’effet probatif ressemblait beaucoup, dans la pratique, à la force obligatoire des chirographa chez les peregrini. C’est ce qui facilita la fusion opérée ensuite par Justinien entre ces deux espèces d’actes 6, à l’occasion de l’exception non numeratae pecuniae. On employait d’ordinaire des témoins pararii pour attester l’authenticité de l’écriture des actes privés [testis] 7. La forme des testaments était soumise à des règles spéciales pour lesquelles nous renvoyons

Just. De sententiis, VII, 44; Lydus , De magistrat. III, H.— Bibliographie. Jiist. Lips. ad Tacit. Annal, excurs. A ; et Annal. XV, 53 ; Becker, Rômische Alterthümer, 1,31 ; Il 2, p. 455; Hübner, oper. laud. et les auteurs cités par lui, p. 3 à 5 ; V. Le (1ère, Des journaux chez les Romains. Paris, 1838.

ACTA FORENSIA, ACTA JUDICIORUM. 1 Cic. De legib. III, 4.-2 Ortolan, Jnstit. de Just. titre XXI du livre III. — 3 Gaius, Inst. III, 131, 132. — 4 Gaius, ibid. 134. - 5 Instit. III, 21; cf. fr. 47, § I. Dig. De p actis, II, 14 ; fr. 41, § 2. Dig. De I vsur- xxn, l. — « Instit. III, 21 ; Cod. C. 14. De non num. pec. IV,. 30, et C. 17. De fide instr. IV, 21. — 1 Senec. De benef. II, 23.

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à l’article testamentum ; il en fut de môme des donations [donatio] sous Constantin. Le jurisconsulte Paul nous a conservé dans ses Sentences 8 une partie d’un sénatus-consulte rendu sous Néron9, et prescrivant des mesures générales pour la forme des instruments ( tabulae)qm contenaient la preuve littérale des contrats publics ou privés. Gomme l’écriture des Romains ne ressemblait en rien à notre écriture cursive, il était difficile de distinguer la main ou la signature d’une personne : de là l’usage des cachets, des témoins, de Yannotatio,àe la subscriptio, etc., dans les actes instrumentaires. D’après le sénatus-consulte qui vient d’être cité, l’écrit devait être percé en haut de la marge et au milieu de l’acte et lié par un fil passé trois fois dans les ouvertures; puis la cire apposée sur ce triple lien devait recevoir les cachets de l’auteur et des témoins, pour garantir l’immutabilité de la charle intérieure. Rudorff 10 signale trois monuments semblables récemment découverts. Le même auteur a rassemblé, dans son excellente Histoire du droit romain , les indications de monuments diplomatiques, ou actes privés, qui sont parvenus jusqu’à nous11 : dédicaces de temples, donations, sollicitations, ventes et traditions, emphytéoses, testaments et codicilles, etc.

Sous le Bas-Empire, lorsque la procédure extraordinaire succéda à la procédure par formules, l’usage de la preuve écrite ayant prévalu devant les tribunaux, les actes privés devinrent d’autant plus fréquents, comme le prouvent plusieurs lois spéciales relatives à la vérification d’écriture 12. En effet, pour la rédaction des actes, on avait l’habitude d’employer des tabellions [tabellio] qui occupaient des bureaux ( stationes ) établis sur la voie publique. Ils formaient une communauté spéciale 13. Justinien exigea 14 pour la validité des actes privés qu’ils fussent revêtus de la subscriptio des parties, même lorsqu’ils étaient rédigés par un tabellion. Dans ce dernier cas, l’authenticité des instruments publics devait être attestée par la présence et la subscription de trois témoins, comme s’il s’agissait d’actes privés ordinaires15, auparavant, lorsque la sincérité d’un écrit était mise en question, 1 usage était de la faire affirmer par les sept témoins que 1 on avait fait intervenir pour y apposer leur subscription 16. Quant à la production des titres en justice et à 1 ordre dans lequel tes preuves devaient être faites soit par le demandeur pour son action, soit par le défendeur en ce qui concernait ses exceptions ou défenses, nous renvoyons aux articles spéciaux sur ces matières [actio, probatio] 17.

IL Les acta judiciorum avaient plus spécialement pour I objet de constater les actes relatifs à la juridiction gracieuse ou contentieuse des magistrats.

A. Les actes de juridiction volontaire ou gracieuse 18 ne supposent pas un litige, bien qu’ils doivent être accomplis solennellement devant un magistrat du peuple romain, ou

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