AES EQUESTRE
aes MANUARIUM. 1 A. Cell. XV1U, 13, 4. - 2 Suct. Oct. 7 .
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a Rome \ mais sans cloute après un âge déterminé. Ce fut là probablement une extension du tribut antérieurement établi par Tarquin et Servius sur les femmes veuves, sur les tilles non mariées et sur les orphelins non encore compris au cens [aes horde arium], et que Camille avait remis en vigueur®. D’après Plutarque, il voulut par son institution nouvelle déterminer les célibataires à épouser les veuves dont les guerres continuelles avaient fort augmenté le nombre. On ne sait pas à quelle époque Y aes uxonum cessa d’ètre perçu ; il n’arrêta pas l’accroissement du nombre des célibataires. G. Humbert.
AEST1MATIO LITIS [litis AESTiMATio].
AESTIMATUM. — Parmi les charges extraordinaires qui pesaient sur les provinces romaines pendant la republique, on comptait diverses réquisitions en nature, dont 1 indemnité était iixée par le sénat, destinées à l’entretien de la maison et de la cohorte du préteur ou gouverneur ( frumentum in cellarn) K Mais celui-ci, quand le blé était cher, pouvait exiger la différence en argent; c’est la somme ainsi fournie qu’on appelait aestimatum 2 ou frumentum aestimatum. En effet, il était de principe à Rome que les gouverneurs, qui ne recevaient point d’appointements du trésor public, fussent complètement équipés et entretenus, et ils 1 étaient ordinairement aux dépens de leurs provinces. Ces fournitures paraissent avoir été déterminées par une loi Porcia qu’on attribue à Porcius Cato, préteur de Sardaigne en 199 av. J.-C. ; elle est mentionnée dans le plebiscitum de t/iermensibus 4 ; mais, faute de garanties suffisantes en faveur des opprimés, elle ne fut point observée. L’appréciation de Y aestimatum se faisait de la manière la plus arbitraire. Aussi, voit-on que le sénat, en 173 av. J.-C., après la poursuite intentée contre M. Titinius,P. Furius Philuset M. Matienus par les Espagnols, décida que le magistrat romain n’aurait plus Yaestimatio frumenti, ni le droit de forcer les provinces à lui vendre leurs vingtièmes au prix fixé par lui, et d envoyer des préfets dans leurs villes pour y lever de l’argent °. Mais le procès de Verrès nous montre 1 excès des abus qui se perpétuèrent fi. La loi Julia de repetundis ou de provinciis [reretundae] 7 réglementa sévèrement cette matièie en .i.) av. J.-C. Sous l’empire, ces abus tendirent à se restreindre sous la surveillance impériale. Il y eut encore des réquisitions ou impôts en nature payés par les provinces, et nommés parfois aestimatum , mais on les désigne plus spécialement par l’expression annona. Nous renvoyons à cet article et à Tarticle adaeratio. G. Humbert.
AESCULAP1US, ’A(jxXti7uo; 1, Eseulape, le dieu de la médecine.
Rien ne prouve que le culte d’Esculape soit anterieur a l’extension des Hellènes Éoliens dans le nord de la Grèce. Il est douteux même qu’au temps d’Homère on le considctàt déjà comme un dieu 2. La mythologie en a fait un fils d Apollon3, à qui la religion des Grecs avait attribué antéiieurement le caractère de divinité médicale; elle lui donnait
pour mère Coronis, fille du roi des Lapithes, Phlégyas L A Épidaure, on racontait que Coronis, sa mère, 1 avait mis au monde dans cette contrée et l’avait exposé sur le mont Myrtion, qui fut depuis appelé Titthéion ; qu il y avait été nourri par une chèvre et gardé par le chien d un berger ; celui-ci le découvrit enfin et reconnut à un éclair son caractère divin. Ailleurs on disait qu’Apollon, dans un accès de fureur jalouse, avait fait périr Coronis, mais qu’il avait sauvé l’enfant qu’elle portait dans son sein et l’avait confié au centaure Chiron, qui lui enseigna la médecine. Eseulape, dépassant promptement son maître, devint capable nonseulement de guérir les vivants, mais de rappeler les moits 'à la vie. Pluton se plaignit au souverain des dieux de cette usurpation d’un mortel sur la puissance divine, et Jupitei la punit en foudroyant Eseulape. Apollon vengea la mort de son fils en tuant les cyclopes qui avaient forgé la foudre, et fut, pour ce fait, longtemps éloigné du ciel 8.
Tricca, dans les montagnes de la lhessalie, fut le beiceau de ces légendes et le point de départ du culte d Eseulape. Il y avait son plus ancien temple et un asile toujours ouveit aux malades 6 j comme il y en avait part out dans les dépendances des temples d’Esculape [asklepeion]. De Tricca, le culte d’Esculape fut porté à Gerenia, en Messénie7, etàEpidaure, dans l’Argolide, d’où il se répandit ensuite; dans tous les pays habités par des Grecs. Il est remarquable que presque tous les lieux consacrés à ce dieu, signalés par Pausaniasau deuxième siècle de l’ère chrétienne, appartiennent au Péloponèse 8.
Il nomme ceux de Sicyonc et de Titané, de Phlionte, d’Argos, d’Épidaure 9, dont le territoire était tout entier consacré à Eseulape et où se célébraient ses fêtes les plus renommées [asiclepiaia]. H nomme ensuite Égine , dans l’Achaïe ; à Aegium 11 , un temenos commun à Esculape et à Ilithye; à Aegire 12, il vit seulement une statue d’Esculape dans le temple d’Apollon. En dehors de cette zone, Pausanias, qui a soin de citer la tradition d après laquelle le dieu serait né dans le sud de la presqu’île, et aurait eu pour mère Arsinoé, tradition effacee par celle d Épidaure, signale pour le Péloponèse des autels à Lpidame- Limera, colonie d’Épidaure 13, une effigie à Olympie u, des temples aux ruines de Cyphantes, à Cyparisses, à Sparte, où Eseulape avait le surnom d’Agnitas, près d’Asopos, où on lui donnaiteelui de Philolaos15, et dans les villes relativement modernes de Messène et de Mégalopolis 1R. A Athènes, Eseulape avait un temple orné de statues et de peintures ; les Athéniens reconnaissaient que son culte venait d Épidaure 17. Dans la Grèce centrale, Pausanias mentionne seulement le temple de Tithorée, en Phocidc, près de Delphes **, et à Naupacte, les ruines d’un autre temple ,9. C’est d’Épidaure aussi que ce culte fut transporté en Asie Mineure, àPergame, d’où il passa à Smyrne 20 ; et c’est de là également qu’il parvint dans la Cyrénaïque et dans l’île de Crète 21. Il pénétra encore dans la Gilicie, en Macédoine, et jusque dans laChersonèse Tauri-
AES UXORIUM. 1 Valer. Maxim. II, 9, 1 ; Festus, s. v. Uxorium. - 2 Plut. Camill. 2. — Bibliographie. Lange, Rômische Alterthümer, Berlin, 2=éd. 1863, p. 4 18; Walter Geschichte des rômisch. Rechts, Bonn, 1860, §181, p. 272, et g 205, p. 30a.
AESTIMATUM. 1 Cic. In Verr. III, 5, 81 ; Ascon. In divin. 10, p. 113, ed. Orelli. 2 Cic jn yerr, ni, 5, 81. — 3 Laboulaye, Essai sur les lois crim. des Rom. p. 162. — <> Haubold, Monum legalia.p. 137, ed. Spangenberg, 1830 ; Egger, Latim sermoms reliquiae. Paris, 1813, p.278 etsuiv.sRudorlÇHôm.HecAtsÿ'escA.Leipz., 1859, 1, p. 213, 3 II, p. 389, rem. 1. — 5 Tit.Liv. XLII1.2. — 6 Cic. In Verr. II, 1, 38 ; II, 60 ; III, 77, 87 ; în Divin. 10, et Ascon .Ad h.l. Orelii, p. 113, 185; Laboulaye, l. L, Paris, 1815, p. 175, 194 303, et l’article Repetundae. — 7 cic. Ad Attic. V, 10, 16, 21. Bibliogra pmÉ. Bureau de la Malle, Écon. polit, des Rom. Paris, I 810, II, p. 429 ; Hoffmann, Hé prov. sumpta, Berlin, 1851 ; Waller, Gesch. des rom. Rechts. Bonn, 1860, 3= édit. I.
S “>41 P 354; Becker-Macquardt»5and6. der rbm. Alterthümer, III, 1, p. 296; 111, 2.
AESCULAPIUS ‘ Sur la formation de ce nom,Pott, Zeitschr. fur vcrgl. Sprach. forsch. VI, 401, sqq. ; Welcker, Gr. Myth. Il, 735. - » Panofka Askl. und die Asklcpiad. in Abhandl. der Berlin. Akad. 1845, p. 2,2; Welcker, l. I. p. 732. S Hesiod. ap. Schol. Pind. Pyth. III, 14 ; Apollod. III, 10. - 4 Hom. Hymn. 15 • Hesiod. ap. Strab. IX, p. *«. - 3 Diod. Sic. IV, 71 ; Tans. II, 26; Pind. Pythni’ 5-47 et Schol. Ad h. Z.; Apollod. III, 10, 3 ; Ovid. Met. II, 535, sqq. -6 Strab. IV p. 437; Panofka, l. I. p- 274, 282. - 7 Strab. VIII, p. 360. - 3 Pans. II, 10. tV 13 23 ; Panofka, l. I. p. 288-289 et 302-320. - « Pans, l. I. et 26 sq. - ’« ld. n'ao Il 1(1 VU, 23. - « Kl. VII, 26. - » Id. III, 23. - ‘4 Id. V, 20. - « ld. III, 24 ; IV, 26 ; cf. III, 14, 26. - 1« IV, 31 ; VIII, 32. - ‘7 Id., I, 21 ; II, 20. 18 ni. X, 32. — 19 Id- ib. '8. — 20 Id. II, 26. — 21 Id., X.
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que 22. La numismatique des villes grecques atteste d’autre part l’extension du culte d’Esculape. Ainsi l’on trouve sur des monnaies d’Épidaure la confirmation des récits qui y avaient cours sur son enfance23. La figure t60 qui le représente allaité par une chèvre et découvert par un berger reproduit une de ces monnaies, frappée sous Caracalla. Au revers d’une autre monnaie d’Épidaure 2,1 frappée sous Marc- Aurèle, on voit(üg. 161) Esculape assis sur un trône, tenant un sceptre et une coupe ; à côté de lui est un serpent : c’est probablement la représentation exacte de la statue d’or et d’argent, œuvre de Thrasymède, placée dans le plus fameux sanctuaire d’Esculape28; telle on la voit encore, et dans le temple même, et sur une autre monnaie de la même ville et du même empereur 26.
On peut de même se faire, à l’aide des monnaies, une idée plus ou moins juste des images du dieu dans quelques-uns de ses temples principaux, à Tricca 27, à Cos 28, à Messène 29, à Pergame 30, etc. Sur une belle monnaie de
cette dernière ville, du règne de Marc - Aurèle 31 , on voi t (fig. 162), comme aussi sur une monnaie d’Apamée 32, Eseulape formant un groupe avec Ilygie et Télesphore, dont il est souvent accompagné dans d’autres monuments.
En effet, la numismatique n’a pas seule conservé le souvenir de quelques-unes des images les plus renommées de ce dieu. Un certain nombre de statues qui ont été conservées, concordant avec les médailles, nous montrent Esculape 33 sous les traits d’un homme mûr, barbu, portant une chevelure abondante que ceint un bandeau. Le visage est doux et grave, et on a pu quelquefois le confondre avec celui de Jupiter 34. II avait aussi été représenté jeune et sans barbe, notamment par Calamis à Corinthe, par Scopas Gortyne38, et plusieurs des images qu’on possède encore36, sont conformes à ce type, qui paraît être le plus ancien. Presque toujours Esculape est figuré vêtu d’un manteau qui, laissant le bras droit et une partie du buste découverts, est ramené sur le bras gauche et enveloppe lesjambes à peu près entièrement. Il tient ordinairement le bâton du voyageur, autour duquel s’enroule un serpent, symbole de divination chez les Grecs et qui est l’acolyte de toutes les divinités médicales 37. Ses autres attributs les plus ordinaires sont une coupe, un rouleau ou une tablette pour écrire, l’omphalos de Delphes, le globe du monde. Nous
Fig. 162. Esculape avec Hygie et Télesphore.
Fig. 161. Esculape d’Épidaure.
Fig. 160. Enfance d'Esculape.
52 Panofka, p. 326. — 23 Id. pl. i, 1 et 2, et p. 278; Sestini, Descr. num. vt tab. XIII, 2 ; Avellino, in Mem. dell' Acad. d’Ercol. III ; Kekulè, Mem. dell' Lu II, tav. iv, 2 et p. 123. — 24 Mionnet, D. II, 70, p. 239 ; Panofka, pl. I, 7.-25 Pau II, 27. — 26 Sestini, Descr . d. mus. Fontana, p. 62 , n. 1 ; Panofka, pl. i, 9. . 27 Sestini, l. L II, pl. x, 11 ; Mionnet, D. II, 179, p. 23; Panofka, pl. i, 13. . 23 Panofka, pl. Il, Il et 12; cf. i, 6. — 29 Mionnet, D. II, 24, p. 211 ; Panofk pl. i, 11. - 30 Mionnet, S. V. 1058, p. 451 et 1111, p. 462 ; Panofka, pl. i, 3 et 8. l Choiseul-Gouffier, Voyage pitioresq. t. II, pl. v. — 32 Mionnet, D. IV, 267, p. 23 Panofka, pl. ii, 6. — 33 clarac, Mus. de sculpt. pl. 298, 1148, et pl. 545-55' Panofka, pl. ni ; Muller-Wieseler, Denkm. der ait. Iiunst, I, pl. xlviii, n. 219 » il, pl. LX, sq. ; Guiguiaut. Nom. Gai. myth. n. 307 sq. — U Descr. de la Mon
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l’avons déjà vu réuni à Ilygie [IIygieia], la Santé 3S, sa fille; à Telespiioros ou Akésios, le génie de la guérison 39 ; on plaçait encore auprès de lui Epione (llm'ovTj, celle qui adoucit les maux) dont on fit son épouse40; Panakeia, Iaso, Aiglé, qu’on lui donnait pour filles; le peintre Nicophanes les avait réunis à Hygie dans un tableau 41 ; et enfin ses fils laniskos, Alexanor, Aratos 42, dont les noms indiquent également des divinités secourables (eTnxotiptot), invoquées par le malade dans ses souffrances. Machaon et Podalire, les habiles médecins de la guerre de Troie, passaient aussi pour ses enfants.
On voit encore dans de nombreux bas-reliefs, la plupart votifs, Esculape accoudé sur un lit, ayant Hygie auprès de lui, et recevant les actions de grâces des personnes qu’il a secourues43; d’autres fois il est debout. Un remarquable bas-relief du musée Pio-Clémentin 44 le représente (fig. I6.'f) dans cette attitude : près de lui sont, d’un côté, un personnage
Fig. 163. Esculape et les Grâces.
agenouillé, conduit vers lui par Mercure ; de l’autre, les trois Grâces, ici assimilées à ses trois filles : la plus jeune, Aiglé, portait le nom de l’une d’entre elles 45.
Outre le serpent, qui manque rarement à côté de l’image d’Esculape, le chien lui était consacré, en mémoire de celui qui l’avait découvert sur le mont Titthéion, et la chèvre en souvenir de celle qui l’avait nourri ; mais, à cause de ce souvenir même, on s’abstenait en beaucoup de lieux de la sacrifier46. On offrait au dieu communément un coq 47.
Rome ne paraît avoir connu Esculape que dans les premières années du troisième siècle avant l’ère chrétienne. Pendant une peste terrible, en l’an 2'J1 av. J.-C., on décréta d’abord, sur l’avis des livres sybillins, un jour de supplications1'8; mais, dès l’année suivante, une ambassade fut envoyée à Épidaure. Elle en rapporta un des serpents familiers qu’on entretenait dans l’enceinte du temple. Les Romains, accoutumés à se représenter sous cette forme les génies de leur propre religion [genius], se persuadèrent aisément qu’ils voyaient le dieu lui-même 49. On disait qu’à l’arrivée, l’animal, quittant de lui-même le navire qui le portait, avait gagné en nageant l’île du Tibre ou île Sacrée, vis-à-vis "du mont Capitolin, et ce fut là en effet que l’on éleva le temple du nouveau dieu o0. Les Fastes d’Ovide ne mentionnent pas cette solennité, qui probablement avait alors peu de reten-
t. III, pl. XXIX. — 35 Paus. Il, 10, 3 ; VIII, 28, 1. — 36 Chirac, Mus. de sculpt. 545, 1145, et 549, 1139 ; Pauolka, pl. m, 3 et 7 ; v. 1 et 6 ; Lebas, Monum. de Morée, p. 117; cf. Gerhard, Griech. Myth.. 1, 50S — 37 A. Maurv, Itelig. de la Grèce, I, 451; Welcker, Gr. Myth. Il, 731. — 38 paus. j, 23, 5 ; II, 11, 6 ; VIII, 28, 1. — 39 paUs. n, il, 7. — 40 Paus. II, 27, 6 et 29, 1. — 41 plin. Eist. nat. XXXV, 137. —
Fans. II, 10, 3 et 11, 6-7. — 43 clarac, Mus. de sc. pl. 177 ; Panofka, pl. iv et r ; V elcker, Alte Denkm. II, p. 271. — 41 visconti, Mus. Pio Clem. I, 32 ; Guiguiaut, Aouv. Gai. myth. 313. — 45 Panofka, l. I. in fine, reclifie 1 opinion commune. — 46 l’aus. U, 26, 7; X, 32 , 8. — 47 plat. Phaed. p. 118*. — 48 jit. Liv. X, 47. — 40 Tit. Liv. Epit. XI ; cf. Preller, Rôm. Myth. p. 606, 2* éd.; Pausan. II, 28. — 80 Preller, l. I. ; Plut. Qu. rom. 94.
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tissement. Les Fastes dePraeneste indiquent, aux calendes de janvier, une « fête d’Esculape et de Vediovis dans l’île. » L’île fut consacrée tout entière au nouveau culte et prit le nom d’île d’Esculape.
A Rome, comme dans les temples de la Grèce, les malades étaient reçus dans une enceinte annexée au sanctuaire d’Esculape, pour obtenir pendant leur sommeil les avis du dieu 51, coutume que semblent rappeler quelques inscriptions grecques de Rome, du Latium ou de la Campanie 82, et aussi une inscription latine. Cette inscription trouvée en Gaule 53 mentionne, dans l’énumération des offrandes faites au dieu, un collier d'or formé de serpents et une statue du sommeil en bronze. D’autres inscriptions latines trouvées à Rome, à Tibur et jusqu’en Dacie, sont dédiées à Esculape et à la Santé, sous son nom grec d’IIygie 84.
Les rites du culte d’Esculape restèrent à Rome ce qu’ils étaient en Grèce. Les Romains conservèrent aussi aux images de ce dieu les attributs que lui avaient donnés les Grecs. Comme eux, ils plaçaient près de lui Télesphore, Hygie ou
leur déesse de la santé, salus. L’arrivée d’Esculape à Rome a laissé trace dans la numismatique romaine. Un médaillon de Commode (fig. 1 64) représente le dieu abordant l’île du Tibre sous la forme d’un serpent ss. Cavedoni 66 le reconnaît aussi dans le serpent qui s’enroule et dresse la tête au-dessus d’un autel, que porte une monnaie de la famille Rubria, à laquelle appartenait un des ambassadeurs envoyés à la recherche du dieu ; et aussi dans un temple distyle tiguré sur une monnaie de cette famille, qu’on peut rapprocher du médaillon de Commode et d’une monnaie d’Antonin87. Le serpent sur l’autel est également un type de la famille Eppia et se voit sur une de ses monnaies avec la tète de Janus, en souvenir de la dédicace du temple célébrée au 1er janvier. Félix Robiou.
AESTIVI, HIBERÎVI SALIES, ou Loca aestiva, hiberna , pâturages d’été et pâturages d’hiver1. — Les particuliers, surtout à l’époque du développement des grandes propriétés [latifundia], les cités 2 et l’État lui-même possédaient des pâturages ( pascua ) des deux côtés de l’Apennjm pour leurs, nombreux troupeaux. Le climat de l’Italie rend encore nécessaire aujourd’hui une émigration périodique ou transhumance 3. Ainsi les moutons de l’Apulie étaient conduits dans le Samniumpoury passer l’été; les mulets étaient chassés des prés de Rosea sur les montagnes des Gurgures; les moutons revenaient ensuite hiverner en Apulie, les bœufs et les chevaux avaient aussi trois stations4. Ce passage don-
51 Preller, l. I. p. 607 ; Paus. II, 27. — 52 Corp. insc. gr. III, 5974 et 5980.— 53 Orelli, 1572. — 54 Orelli, 1576, 15 79-81. — 55 Morelli, Méd. du roi, vi ; Pauofka, l. I. pl. ii, 3 ; Cohen , Monn. imp. Commode. — 56 Bull, dell Inst, urch. Ottob. 1858 ; cf. Pauofka, l. I. p. 320. — 57 Eckhel. D. Num. VII, p. 32-33; Mommsen, Gesch. des rôm. Mùnzwesen, Ruhria. — Bibliographie. Outre la dissertation de Panofka et les ouvrages généraux de mythologie cités plus haut, O. Muller, Handbuch der Arch., § 394 ; C. A. Bôttiger, Kleine Schriftcn, t. I, p. 93 sq. ; 112 sq. ; O. Jalin, Die Heilyôtter, in Annal, d. Ver. f. Nassau. Alt.
AIÎSTIVI, IIIBERNI SALTUS. 1 Varro, De re rust. II, 1, 16 ; De ling. lat., V, 36; Tit.-Liv., XXXIX, 29; Marcian., Fr. 67 Dig. De légat. 3»; Gerlach et Barhofeu, Gesch. der Borner, Bâlp, 1851, I, p. 41, 65. — 2 Fr.mtin, De controv. agror. p. 49, ed. Lacbniann. — 3 Dureau de la Malle, Écon.pol. des Bom. II, p. 142 et 1 43, 153, 168, 169. — 4 Varro, De re rust. II, 5, 11. — 8 Suet. Caes. 42. — 6 Varro, II, 10,
liait lieu pour l’État à la perception d’un impôt indirect appelé scriptura. Ces troupeaux étaient accompagnés de bergers B, ordinairement à cheval, et de femmes, esclaves pour la plupart, qui leur apprêtaient leurs repas6. Cet usage delà transhumance avait un double inconvénient : les troupeaux de passage dévastaient les propriétés voisines7; quelquefois ils étaient enlevés par les brigands ; enfin la vie errante des bergers les amenait trop souvent au brigandage [abigeatus]. En outre, dans les saltus mêmes, les taillis, les saussaies, etc., loués pour le pacage, étaient en peu de temps dénudés par les bestiaux. Ces saltus qu’on n’exploitait que six mois de l’année auraient été sujets à de trop faciles usurpations, si le propriétaire n’en avait pas été réputé conserver la possession par la seule intention ( animo solo)%\ aussi avait-on dérogé en cette matière tout d’abord à la rigueur des principes ordinaires du droit civil [possessio]. Les jurisconsultes admirent que le propriétaire qui occupait ainsi les saltus six mois de l’année (more solito), avait continué de posséder sans interruption. En conséquence, il obtenait du préteur l’interdit Uti possidctis9 (interdictum], tendant à faire maintenir sa possession contre tout usurpateur. Plus tard, cette même doctrine fut étendue à la possession de tout immeuble dont le possesseur s’était éloigné momentanément, et qu’un tiers avait occupé clandestinement. On appelait saltuarius le gardien d’un pâturage et de ses fruits. Quelquefois plusieurspropriétaires achetaient unfonds pour y pratiquer en commun le pacage de leurs troupeaux ( jus compascendi) 10.
On trouve le mot saltus appliqué parfois à des terres en culture 11 ; mais le plus souvent il désigne des pâturages 12 dans les bois ou dans les montagnes. On se réservait parfois l’usufruit d’un saltus; l’usufruitier, outre le droit de pacage, avait la faculté d’y chasser13. G. Humbert.
AETAS [infans, impubes].
AETERNITAS, l’Éternité. — Quoique de rares inscriptions latines 1 nomment un dieu éternel (deus aeternus), ce n’est point à ce dieu, ni à l’éternité considérée en général comme attribut de la Divinité, que se rapportent les figures qu’on voit accompagnées du mot aeternitas ou aeternitas augusta sur un assez grand nombre de monnaies impériales romaines. L’adulation qui avait divinisé les premiers césars personnifia bientôt la majesté, la providence, l’éternité de l’empereur2. L’Éternité est figurée sous les traits d’une femme debout, ou assise sur un globe semé d’étoiles ; quelquefois ayant une ou plusieurs étoiles au-dessus de sa tête ; elle tient un sceptre , ou un globe, ou un phénix : ces
7, H. — 7 Dureau de la Malle, l. I. p. 445. — s Paul. Sent, recept. V, 2, 4. — 9 Ulp. Fr. I, § 25 Dig. De vi, XLIII, 16; Papin. Fr. 44 à 46 Dig. Deadq. vel amitt. poss. XLI, 2. — 10 Scaevola, Fr. 20, § 1 Dig. Si servitus, VIII, 5. — H Fr. 25 Dig. XIII, 7. — « Fr. 8, § 1 Dig. XXXIII, 7 ; fr. 52 Dig. XIX, I ; fr. 19, § I Dig., XIX, 2; fr. 3ï Dig. VII, I, De usuf. — 13 Fr. 32 et 62 Dig. De usuf. VII, 1. — Bibliographie. Dureau de la Malle, Écon. polit, des Bom. Paris, 1840, II, p. 140 à 143; 445 446 ; Demangeat, Cours de droit rom. Paris, 1864, I, p. 442 ; Machelard, Des interdits, Paris, 1865, p. 277 à 289 ; Becker-Marquardt, Handbuch der rôm.Alterthümer, III, 2, p. 80, 122 et s. Leipz., 1850 ; Walter, Geschichte des rôm. Bechts, I,n»*18, 37, 182, 198, 238, 413, 3» éd. Bonn, 1860.
AETERNITAS. l Maffei, Mus. Veron. p. 178 ; Bertholdi, Antick. d’Aquileja, p. 329; Gruter, p. xvn, n. 8; Reinesii, Syntagm. p. 117; Mommsen, Insc. regni nenp. 1086, 1087 ; Bull, des antiq. de Fr. 1859, p. 81. — 2 Cf. Pliu. fïp. 10, 87 ; Imp. Const.
1 Cod. Il, 9, 2.
Fig. 164. Armée d Esculape dans l’île Sacrée.
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deux derniers emblèmes sont réunis sur un grand bronze de Faustine mère, reproduit (flg. 165) d’après un exemplaire du Cabinet de France 3. L'oiseau qui renaît de ses cendres est dans les monuments antiques un symbole de résurrection et d’apothéose [consecratio]. Ici la tête du phénix est entourée d’une auréole, qui est aussi la marque d’un caractère divin''. On voit sur des monnaies de Vespasien, de Titus, de Domitien, de Trajan, d’Hadrien, une femme voilée tenant dans sa main droite une tête entourée de rayons, image du soleil, et dans la gauche une tête surmontée d’un croissant qui désigne la lune. Ces deux astres réunis sont dans les monuments de toutes les périodes de l’antiquité des emblèmes de l’éternité 5. La figure 166 est gravée d’après une monnaie d’argent de Trajan, du Cabinet de France. D’autres monnaies encore offrent l’image de trois femmes, dont deux sont debout et la troisième, au milieu, assise avec la légende aeternitas aüg. 6, représentant ainsi le présent entre le passé et l’avenir 7. E. Saglio.
AETNAEA, Atrvatw. — Fête célébrée à Aetna, en Sicile, en l’honneur de Jupiter, adoré dans cette ville sous le nom de Zeùç Atxvato; *. E. S.
Fig. 160. L’Éternité.
AETOLICUM FOEDUS, Kotvov twv AîtwXiov, la ligue étolienne. — I. Les Étoliens habitaient une contrée montagneuse située au nord-ouest du golfe de Corinthe, au sud de l’Epire et de la Thessalie, parmi les dernières ramifications du Pinde et de l’Oeta, séparée de l’Acarnanie à l’occident par le fleuve Achéloüs, et arrosée par le fleuve Evenus. Ce pays ne présentait guère qu’une superficie de 3,000 kilomètres carrés; il était occupé par un peuple à demi barbare, dont Thucydide ne comprenait pas la langue *, et habitué à vivre de pillage ou de piraterie; en un mot les Etoliens, comme leurs voisins les Locriens Ozoles à l’orient et les Acarnaniens à l’occident, avaient conservé les mœurs des temps héroïques. Aussi n’eurent-ils guère de relations avec la Grèce proprement dite pendant la plus belle période de son histoire. Ils durent seulement repousser vigoureusement les attaques des Athéniens pendant la guerre du Péloponèse. Ce fut peut-être là l’origine première de la ligue dont l’organisation ne se manifeste que beaucoup plus tard comme une institution régulière et permanente. On la voit apparaître au siècle de Philippe, où les Étoliens prirent part à la guerre de Thèbes contre Alexandre 2. Ce dernier, après sa victoire, les organisa par clans (xaxa sOvv;); mais ils conservèrent leur indépendance de fait. Ils prirent une part active à la guerre Lamiaque contre Antipater 3. Malgré les obstacles que leur suscita 1 ancienne rix alité de leurs voisins les Acarnaniens, et, des luttes constantes contre la Macédoine et contre la ligue achéenne [aciiaïcum foedus], les Étoliens étendirent leui influence bien au delà de leurs anciennes limites, surtout après le départ des Gaulois, attribué à leur victoire aux Thermopyles; ils avaient fourni 10,000 hommes alors
, (,S,„C°Î!ein’ SIon7'u lmP • lr> Faustine. — 4 Bracci, Phoenix in num. et gemm. rom. ’ 7; Eckhel, Doct. num. VI, 441 ; Stephani, Nirnb. und Slrahlenkranz, p. 71 et
“ R- Rochette> Mém. dont, chrét. t. XIII, des Mém. de VAcad. des laser. ■ O. Jahn Arch. Beitrdge, p. 87. - 6 Tristan, Comm. hist. I, 609, et II, 63- Feirusi, Cesari, VII tab. 18; Cohen, l.l.-l Stephani, l. I. p. 71. - Bibliograru"!. O .en, <eber die Darstellung der Providentiel und Aeternitas auf rom. Munzen ; Eckhel, Doctr. num. VII, 144, 181 ; Rasche, Lexic. rei num. I, p. 161. AETNAEA. 1 Schol. Pitnl. Olymp. VI, 162.
A,h T//f,CUM. FOl;DlJS 1 Thl“=yd. 1, Set III, 94; Polyb.IV, 3, 1 et 16; Wachsmuth, Hellen. Alterthumsk. I, p. 127. -2 Arrian. I, 10. - 3 Diod. XVIII, 8 et 24 ;
qu’AUicnes n’avait pu en amener que 1,000 \ La période qui suivit pendant près d’un siècle, la plus brillante pour la confédération étolienne, est celle à laquelle il faut s’attacher pour étudier son organisation.
La ligue était constituée démocratiquement. Elle avait une assemblée générale, nommée ïlavatToAixov, qui se tenait annuellement à Thermum, à l’équinoxe d’automne, dans le temple d’Apollon 5. Elle pouvait aussi se réunir extraordinairement dans d’autres villes, comme à Naupacte, à Lamia, à Ifypaté, et même peut-être aux Thermopyles. Il est probable qu’on n’admettait à cette réunion que les hommes d’un âge mûr. On y choisissait les autorités de la confédération : un stratège qui pouvait être plusieurs fois élu 6, un hipparque et un secrétaire (ypap.p.aT£ij(;) 7. Le premier avait la puissance exécutive et le commandement de l’armée, outre la présidence de l’assemblée; le second était sans doute le chef de la cavalerie. Quant au yp*[zu-«tsui;, il jouait un rôle important, comme dans tous les nouveaux états helléniques8: il était chargé de l’expédition des affaires extérieures de la confédération et de la rédaction des décisions. Des synedroi paraissent avoir rempli les fonctions judiciaires 9. En outre, à côté de l’assemblée générale, existait un conseil permanent, que Tite- Live appelle sanctius concilium... ex delectis viris 10, et formé de députés de l’assemblée (à7:bxXy)Toi), plus nombreux que les démiurges des Achéens; on les nomme aussi parfois archontes u. Ils étaient chargés de veiller à l’exécution des décisions de l’assemblée générale, qui les choisissait sans doute parmi les principes 12. Cette assemblée générale décidait les questions de paix, de guerre et d’alliance, et traitait avec les puissances étrangères.
Les troupes étoliennes étaient braves, mais féroces et pillardes; la cavalerie surtout était excellente13. La confédération paraît avoir laissé une grande liberté d’action aux différents peuples, souvent assez éloignés, qni la composaient. Mais on manque de renseignements sur la condition relative des membres de la ligue, et sur celle des simples alliés ou des états protégés, comme Cysimachic sur l’Hellespont, Cios, etc. On sait seulement que chaque cité confédérée conservait ses magistrats municipaux et avait des magistrats particuliers appelés polémarques u. Les confédérations même agrégées à la ligue continuaient à nommer des chefs, comme par exemple la Locride, un agonothète 15. On attribue une nouvelle organisation de la ligue aux deux chefs Dorimachus et Scopas, en 217 av. J.-C. 16, du temps de Philippe V, roi de Macédoine. On avait vu ces deux chefs commencer contre les Messéniens alliés des Achéens, sans attendre l’assemblée ni consulter les magistrats, une lutte qui devint la guerre des deux ligues17. Leurs réformes prétendues ne semblent avoir été que le résultat de l’altération profonde amenée dans l’organisation de l’État par ses efforts contre le roi de Macédoine, qui pénétra deux fois au cœur du pays. Pour réparer leurs pertes, les Étoliens furent contraints de solliciter, en 211, l’intervention dangereuse des Romains18. Ils con-
•i uai in . aui, o; roiyD. JLY, 30.
v „ ,, rauauu. 1,4, A, 151, 1; 20, 22. — 5 Strab
u l’.eî P“lyb- v’ 6-1 0 Bückh> CorP- insc- «23 ; Hermann, Griech. Staatsalterth II, 8 184 ; Wachsmuth, Uel.len. Alterth. p. 311 ; Tittmann, Griech. W rf. 722 n 3» - 6 Insc. inéd. de Delphes. -7 Polyb. II, 2, et IV, 37. - 8 Polyb. XXIL 15 ’lo‘ Tit Liv. XXXVIII, 11. - 9 Bôckh, Corp. insc. II, 2352, 3016 ; cf. UssinS, 'insc meJ. p. 5. 10 XXXV, 34 ; Polyb. IV, 5, 9; XX, 10, 13. - H Polyb. XXI, 2, 7 Tit. Liv. XXXIII, 35; XXXVI, 23; XXXVIII, 3. — 13 Tit. Liv XXXIII l* ~ " Sch0>- Ajistoph. Vesp. 1042 ; Polyb. IV, 18, 2. - 15 Insc. inéd. de Dt p ‘eS- ~ Püh'b- XI1I» 1 i Exe. Vat. p. 405 ; cf. Wachsmuth, p. 311 . — n Polyb. IV, 12 ; Plut. Arat. 47. - 18 Tit. Liv. XXVI, 24 ; Polyb. XI, 6, 5.
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