‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 38 sur 155 · AIO · texte numérisé non relu

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actuellement au musée de Berlin ’. Au-dessus de la jeune fille qui se balance, on lit dans la peinture originale a au, commencement du mot aaiitis. Le satyre qui pousse la balançoire caractérise la fête bachique comme dans beaucoup de représentations analogues. Les bandelettes dont sa

tète est ceinte et les feuillages disposés en couronne radiée, sont des attributs religieux. Voici comment on explique l’origine de cette singulière cérémonie. Icaros, le héros du dème attique Icaria, avait reçu chez lui, sans le connaître, le dieu Dionysos ; celui-ci en partant, pour récompenser son hospitalité, lui enseigna la culture de la vigne. Icaros donna à goûter du vin nouveau à ses voisins, qui, ressentant l’effet violent de la boisson, se crurent empoisonnés, et dans leur fureur assommèrent Icaros. Sa fille Érigone, qui est aussi quelquefois appelée Alêtis (l’errante), après avoir longtemps cherché son père, rencontra enfin son cadavre, et, dans l’excès de sa douleur, se pendit à un arbre. Dionysos, pour punir les Icariens, les affligea d’une folie endémique, et un grand nombre d’entre eux se pendirent. L’oracle, ayant été alors consulté, ordonna d’expier la mort d’Icaros et d’Érigone en instituant la fête dont nous parlons \ D’après une autre tradition 5, Érigone était la fille d’Égisthe et de Clytemnestre, venue à Athènes pour demander vengeance du meurtre de son père : elle se serait pendue après l’acquittement d’Oreste par l’aréopage. Selon d’autres encore elle était la fille du Tyrrhénien xMaleos 6. Comme on le voit, il n’y a que le nom d’Érigone qui soit constant. Le reste de la légende varie ou est incertain. Érigone veut dire fille du printemps ; on trouve aussi dans la mythologie grecque un fils d’Érigone et de Dionysos appelé Staphylos (raisin) . Érigone n’est donc autre chose que la personnification de la vigne elle-même au moment de sa première pousse, et la fête célébrée en son honneur se range parmi les nombreuses fêtes dionysiaques et agricoles. L’habitude, d’où elle a pris son nom, de suspendre à des balançoires des poupées que le vent agitait, ou de se balancer soi-même, a sans doute été l’origine de la légende que nous avons rapportée. Quant à la véritable signification de cet usage, la plupart des auteurs 7 d’accord en cela avec la tradition légendaire, croient y reconnaître un rite expiatoire qui a remplacé des sacrifices sanglants, peut-être humains. C’est la purification par l’air

• îj euit. p. 6-9

AIORA. 1 Osann, Verhandl. der 6*. philol. Versamml. in Cassel, 1843 'p 2--> - Hygin A.fron II 4 ; Hesych, s. ». «U.fa; Poil. IV, 7, 55.-3 Gerhard, Trinksckal.

Zd“t7' P51t ~ “ygm- L0C- CÜ-! AP°1)od- «h '4, 7; Nonn. Dwnys. XLVII, 2.0. - Etym. M. p. 42. - 6 Hesych. ; R. Rochette, Mon. inéd. p 181

~^Jlltm^a’Gûttesdienst- AUerthümer, § 27,16; 62, 39; Gerhard, Gr.Afvth. § 453, 2 ; Welcker, Satyrspxel, 224 ; Schwenck, Etym. myth. Andeutungen, 153; Botticher, Baumkult. p. 87.

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