AIS
AJ A
qui figure dans les rites bachiques à côté de la purification par l’eau et de la purification par le feu s. Nous avons déjà remarqué que la légende n’a pas précédé le rite, mais lui doit au contraire son origine. 11 nous sera donc permis de proposer une autre explication. Conformément au caractère agricole de la fête entière 9, cette cérémonie devait être en rapport avec les espérances, que le cultivateur exprimait à cette occasion, d’obtenir une année fertile et une récolte abondante. L’arbre, dans la croyance des anciens, est le principal symbole de toute fertilité et la source de la vie en général. Il est donc probable que les aîwpat grecques, de même que cela est attesté pour les oscilla des Romains 10, se rattachaient à cette croyance, et qu’on leur attribuait une vertu fertilisante. Un fait vient peut-être confirmer cette remarque, c"est que la fête se terminait par un repas copieux, distribué surtout aux pauvres11, et cet usage la faisait appeler euSsitivo; ia. Une fête analogue était célébrée à Delphes13, elle se nommait charila. Honziker.
AISCHROLOGEIN (Ab/foXoYEÏv). — Le fait de tenir des propos licencieux ou des discours obscènes ne paraît pas avoir été réprimé à Athènes, si l’on en juge par le récit de ce banquet auquel assistait Socrate et dont Xénophon nous a laissé une peinture. La conversation dépassa plus d’une fois les limites des convenances, et Socrate lui-même ne craignit pas d’y prendre part dans des termes que notre langue française se refuserait presque à reproduire.
On peut être surpris de cette impunité, lorsqu’on voit qu’il existait à Athènes une classe spéciale de magistrats, les ctvoVrai, dont la fonction était principalement d’exercer une surveillance sur les excès qui pouvaient se commettie dans les festins. Or, il n’est pas douteux que l’on pouvait facilement faire rentrer parmi ces excès les danses, les conversations et les pantomimes que l’on rencontre dans le banquet de Callias1.
On trouve un exemple d’ata/po^oyeïv dans un fragment d’Hvpéride2. E. Caillemer.
AïSCIlROURGIA (Aîc/poupyta) . — Terme du droit attique, employé pour caractériser l’une des trois espèces d injures punies par les lois athéniennes : l’injure par paroles (Sêpt? otà Xo'ywv), l’injure par coups et voies de fait (îiêpt; Sià ^Tiywv) et l’injure par attentat à la pudeur (u6pi« St’cd^poupyi'ot;). Nous renvoyons pour les développements à l’article
HYBREOS GRAPHE. E. GaILLEMER.
AISÏTOI (’Aeigitoi ou ougitoi). — Dans les inscriptions athéniennes des premiers siècles de notre ère, on trouve souvent des listes de personnes groupées sous le titre générique de ocEi'ffiToc ou ÜffiToi. Ce sont des fonctionnaires d’un ordre subalterne ou des ministres du culte : aux premiers se rattachent 1° le héraut du sénat et du peuple (xîipuÇ xod SVjfxou) ; 2° le greffier du sénat et du peuple (W- 'uwteÙç 8. x. S.) ; 3° le contrôleur (àvTtypacpEdç) ; 4° le sousgreffier du sénat (uToyp-/(xu.aTEÙî (L); 5° le greffier de la prytanie (ô mpl xb pT^uc) ; 6° le préposé du tuolos (ô Itu
8 Serv. Ad Aen. VI, 141. — 9 Schümann, Antiq. juris publ. Graec. p. 88-89 Preller, Gr. Myth. 1. p. 418. — 19 Virg. Georg. H, 388-392. — 11 Cf. Plut. Quaest
Qr j2. 18 Ftym. M. p. 42; Hesych. I, p. 1494. — 13 Plut. Doc. cit.
AISCHROLOGEIN. 1 Cf. c. 2, c. 3, c. 9, Ps. Aristot. Polit. VII, c 15, § 7 Wachsmuth, Hellen. AUerthumskunde, § 117, 62, t. II, p. 391. - Orat. ait
DlllSITOIP 1 Bôêkh, Corp. insc. graec. n. 184 et suiv. -3 Poilu* IX, 40; cf. Lve C Leocrat. § 87, Didot, 16; Cic. De orat. I, 54, § 232. — 3 Pollux, L\, 40, He,;ch s ieîffiTo;, Alb. I, 108. - 4 C. Curtius, Dos Metroon inAthen, 1868, p. 14, note' 107 ; De Kampen, Ue parasitis apud Graecos, 1807, p. 10-11. - 5 Hermann Staalsaiterthümer, 1835, g 127, notes 16-17. - Bnm.oG.urm*. (.ors.m, Fast. AU.
SxiâSoç). Parmi les seconds se rangent l’hiérophante, l’hiérokéryx (ou héraut sacré), le dadouque (porte-flambeau), le Tiupcfidpoî ou tpwGtpdpoç (porte-feu), le joueur de flûte sacré (tEpauXr,;), l’ô lui pwptS), etc. Toutes ces personnes étaient nourries chaque jour aux frais du trésor public, et c’est pour cette raison qu’on les appelait asiaixot1.
On donnait également le nom d’asiGixoi aux citoyens qui obtenaient, comme récompense de services éminents rendus à l’État, le privilège d’être admis pendant toute leur vie aux festins que la république préparait quotidiennement pour les ambassadeurs des pays voisins ou pour les étrangers de distinction qui s’arrêtaient à Athènes2.
Les àEiGixoi qui avaient obtenu l’honneur de la 8v)p.oai'a Gix-rçir tç, les ambassadeurs, les hôtes d’Athènes prenaient leur repas dans le prytanée [prytaneion] 3. Sur ce point les témoignages sont formels. Mais il y a doute pour les autres aEiaixoï.
Nous sommes porté à croire que, à l’époque classique, les ministres du culte dînaient également dans le prytanée "; mais les agents auxiliaires du sénat et des prytanes devaient, comme les prytanes eux-mêmes, se tenir dans le tholos. Peu à peu la différence s’effaça, et, sous l’empire, on réunit à la même table tous les dUtsixoi cités dans les inscriptions, sans rechercher si leurs fonctions étaient religieuses ou civiles; et cette table fut dressee dans le
tholos 5. E. Caillemer.
AÏSYMNETES (Àîffuavv)X7iç). — Ce titre, que l’on trouve déjà dans Homère \ servit, en Grèce, à l’époque historique, pour désigner les magistrats suprêmes qui, dans les moments de crise, lorsqu’une guerre civile était imminente, étaient chargés de rétablir la paix entre les partis. Ils recevaient à cet effet les pouvoirs les plus étendus, soit pour toute leur vie, soit seulement pour un temps déterminé et jusqu’à ce qu’ils eussent atteint le but qui leur avait été indiqué. Cette forme de gouvernement, appelée aîcjuijiv-oxEi'a, et que les anciens qualifiaient volontiers de tyrannie élective (atpExij xupcomç) 3, offrait de très-grandes similitudes avec la monarchie ; elle s’en différenciait toutefois en ce que la monarchie était héréditaire, tandis que l’aîffU[Av»)XEÎa était personnelle. On l’a souvent comparée à la dictature des Romains; mais le dictateur n’avait pas le pouvoir législatif qui appartenait à lViGuav/jxr,; ; de plus, les fonctions du dictateur n’étaient pas, comme celles de l’atGupijxïiç, viagères, ni même conférées seulement pour un temps illimité. On peut citer, comme exemples d’aîauavvjxnç, Pittacus à Mitylène ", Tynnondas en Eubée %
Épiménès à Milet6, etc. t t
Quelques républiques grecques donnèrent le titre d «i- Gumnjxriç à des magistrats réguliers ; nous citerons notamment Téos 7 et Cyme\ A Chalcédoine, les présidents du sénat, renouvelables tous les mois, étaient appelés «îgujavtovxeç9. E. Caillemer.
aitiiousa [Domus].
AJAX (Ata;). — I. Ajax, fils d’Oïlée, roi de Locnde, et
, Il P. 145 et s. ; Meier, /le vita Lycurgi, p. *, et s. ; Preuner, Hestia-Vesta, p 95 et suiv. et les notes de Boekh sur les n. 184 et s. du Corp. msc. graec. t. I, p. 3,3
'‘liSVMNETES. 1 lliad. XXIV, 347; CW. VIII, 258. -3 Aristot. Polit, m, 9, S 3 vov aussi 10 g 10. - 3 Aristot. I. I. et III, 10, § 1 ; cf. Theoph. In Dionys.
Yy)5 - 4 Aristot. Polit. III, 9, g 5. 5 Plut. Solon, 14. - 6 Nicol. Damasc fr. 54; cf. Theodor. Metochita, Miscell. c. c, ; cet auteur s’est trompé envojant dans Périandre de Corinthe un almiivfaç. — 1 Corp. msc. graec. n.
8 Schol. in Eurip. Med. 19 ; Etymol. M. 39 ; Miller, Mélanges de ^
1803 p. 16. - 9 Corp. insc. graec. n. 3794; Schomann, Gnech. Alte, thûmer, 2» éd. I, p. 163 et suiv.; Westermann, in Paulv’s Real-Encyclop. 2» éd. I, P-
AJA
AKO
d’Ériopis ; un des héros de la guerre de Troie. LesLocriens Opontiens révéraient Ajax comme un héros national. Le guerrier qui ligure sur quelques monnaies de Locres1, nu, casqué, armé d’une épée et d’un bouclier, est le lils d’Oïlée.
Une de ces monnaies, qui porte le nom d’Ajax, appartenant au Cabinet des médailles (flg. 197), ne laisse aucun doute à cet égard. Sur les médaillons de Locres, Ajax est représenté imberbe. Plus ordinairement il était figuré, avec de la barbe : c’est ainsi que l’avait peint Polygnote 2 dans le Pœcile d’Athènes. Un groupe du sculpteur Ouatas3 à Olympie, lé montrait au moment où, désigné par le
sort, il se préparait à combattre Hector. On le voit dans une peinture d’un tombeau de Yulci 4 prenant part aux jeux funèbres en l’honneur de Patrocle. L’épisode de sa vie le plus souvent représenté est son attentat sur Cassandre après le sac de Troie [Cassandra].
II. Ajax, fils de Télamon et de Périboée,qui commanda devant Troie les troupes de Mégare et de Salamine. Une pierre gravée antique 5 montre Ajax blessant Hector en combat singulier; une autre, défendant avec Teucer les vaisseaux des Grecs 6 ; des peintures de vases, des pierres gravées le font voir combattant auprès du corps de Patrocle, protégeant Ulysse sous son bouclier, emportant Achille blessé, etc. Ce dernier sujet a été fréquemment représenté. Sans parler du fragment célèbre connu sous le nom de Pasquino à Rome et des groupes analogues qui sonl à Florence, dans lesquels7 les uns voient Ajax et Achille, d’autres Ménélas et Patrocle, divers monuments sur lesquels on lit les noms des deux premiers héros, ne sont sujets à aucun doute : tels sont un beau miroir gravé du musée deChiusi8 et la coupe du musée étrusque du Vatican 9 reproduite (fig. 198). Homère le représente comme le
plus vaillant des Grecs après Achille. Pline10 et quelques auteurs de l’antiquiét 11 parlent d’un concours qui réunit à Samos, du temps d’Alcibiade, les peintres les plus célèbres de la Grèce, concours dont le sujet était la dispute d’Ajax et d’Ulysse réclamant la possession des armes d’Achille. Timante l’emporta sur ses rivaux.
Un contemporain de César, rimomaque, peignit l’Ajax de Sophocle, qui songe à mourir après avoir massacré les troupeaux des Grecs 12. Ce tableau parait avoir été aussi célèbre que la Mêdêe du même artiste. Deux monuments rappellent le sujet traité par Timante : le premier est une coupe d’argent de la collection Strogonoff 13 ; le second un sarcophage trouvé à Ostie,
versi834u. Une cornaline de la collection du duc deBIacaslj, une sardoine 10 du musée de Rerlin, semblent un souvenir du tableau de Timomaque. La Table iliaque, une médaille de Prusia ad Olytnpum 17, un vase de Vulci, avec le nom d’Ajax en caractères étrusques, au Cabinet des antiques ,8. et plusieurs pierres gravées (flg. 199) ’9, nous montrent le fils de Télamon se perçant, ou prêt à se percer de son glaive. — Philostrate 20 dit que l’on reconnaissait Ajax à son air farouche (àrà xoü pXoffupoüj. Polygnote l’avait représenté dans la lesché de Delphes, avec la barbe 21 et, selon toute apparence , avec un caractère de virilité sauvage, et c'est ainsi qu’on le voit sur presque toutes les pierres gravées. Néanmoins,
r . , ° , . Fig. 199. Ajai, fils deTélatnon.
on est autorise a croire, d apres quelques monuments, qu’il était représenté parfois imberbe, et sous les formes élégantes d’Achille22. E. Vinet.
AKAINA (ïAxatv«). — Nom donné, chez les Grecs, au bâton
pointu ou aiguillon dont on se servait pour conduire les bestiaux ou pour piquer les bœufs au labourage1. On en fit une mesure de longueur, valant dix pieds grecs (pixpov Sexoctiouv) 2 ou 3,08œm. L’invention en était attribuée aux Thessaliens. E. S.
AKOEN MARTYRE IN (’Axorjv pwpxvpEtv). — Terme de procédure en usage à Athènes pour désigner l’acte du témoin qui déposait, non pas sur des faits dont il avait eu personnellement connaissance, mais seulement sur les faits qu’il avait appris de la bouche des témoins oculaires1.
La preuve par ouï-dire n’était admise comme probante devant les tribunaux que lorsque le témoin oculaire dont les propos étaient rapportés était actuellement décédé : àxov)v sîvac p.apxup£Ïv xeOvswxo;2. C’est pourquoi Isée dit qu’elle est surtout employée quand il s’agit d’établir des faits déjà anciens3. Lorsque le témoin oculaire existait encore, ne valait-il pas mieux faire appel à son propre témoignage que de se fier à la traduction plus ou moins exacte d’un tiers? Héraclite disait que les yeux sont des témoins plus exacts que les oreilles4. La prohibition de déposer sur le ouï-dire de personnes actuellement vivantes était générale et s’appliquait même aux procès les moins importants 5 . Lorsqu’un témoin oculaire, vivant, était empêché par la maladie ou l’éloignement de venir déposer en personne devant le magistrat, on avait recours à la procédure que nous exposerons sous le mot ekjiartyria g.
E. Caillemer.
AKOSMIA (’Axoo-fjita). — Les principaux magistrats de la république crétoise étaient les dixKOSMOi, dont les fonctions étaient annuelles *. Aristote nous apprend qu’il n’était pas rare de voir de simples particuliers user de leur pouvoir et de leur influence pour exciter des séditions et déposer les kosmoi; quelquefois même, ces magistrats, ne se sentant plus en harmonie avec la majorité de leurs concitoyens, se
AJAX. 1 Mionnet. Suppl. III, p. 469. — 2 Paus. I, 15. — 3 paus. y. 05, 5. 4 Monum. ded Inst. VI, tav. 31. — Slughirami, Gai. Orner. I, pl. 93. — 3/6. pl. 135, 138. 7 Launitz, üeber die Grvppe des Pasquino, Bonn, 1867 ; O. Donner,
iu Annal, dell’ Inst, nrch., 1870, p. 75. — 8 Gerhard, Etrüsk. Spieqet, I, pl. 193.
— 9 Mus. Gregoriano, II, tav. 67, 2. — 10 Bist. nat. XXXV, 39. — 11 Aelian. Var. hist. 1. IX, H; Athen. XII, p. 543. — 12 Plin, nist. mit. XXXV, 9; Philost. Apoll. Tyan. II, 25; Welcker, Ajax ; Meyer, Annal, dell’ Inst. Arch. 1836, p. 24.
— 13 Creuzer et Guigniaut, Del. de l’Ant. t. IV, pl. 246, n. 815. — H Mon. ined. dell' Inst. arch. II, tav. 21 ; cf. Ann. dell' Inst. 1 865, tav. d'agg. F. — <5 Annal, dell' Inst. arch. 1829, p. 246. - >6 Tôlcken, Geschn. Steine, p, 294. - i7 Mionnet,' Suppl, t. V, p. 229. — 18 Non. ined. de/!’ Inst. arch. t. I, tav. Mil — 19 Cha-
bouillet, Catal. des pierres grav., n. 1819; Gall. Orner. III, 81; Millin, Gai. myth. 172, 630, etc. — 20 Imag. II, c. -vu. — 21 Paus. X, 31.-22 jîeyer, Annal, dell’ Inst. arch. 1836, p. 30.
AKAINA. 1 Schol. Apoll. Rhod. III, 1 323 ; Hesych. s.v. — 2 Ib. et Ileron. Fr. II, 2, 17; Epiphan. ap. Le Moyne, Varia sacra, p. 500.— Bibliographie. Hultsch. Griech. und rûm. Métrologie, Berlin, 1862, p. 36.
AKOEN MARTYREIN. 1 Isae. De Philoct. hered. § 53, D. 281 ; De Cironis her. g 14, D. 292. — 2 Demosth. C. Stephan. Il, §§ 7-8, R. 1130-1131. — 3 isae. De Cir. hered. g 29, D. 295 ; cf. eod. loc. § 6, D. 291. — '• Polyb. XII, 27, § 1, D. p. 32?.
8 Dem. C. Eubul. § 4, R. 1300. — 6 Demosth. C. Stephanum , II, § 8, R. 1131.
AKOSMIA. 1 Polyb. VI, 46, § 4.
ALA
ALA
retiraient spontanément 2. 11 y avait, dans les deux cas, jusqu’au remplacement des magistrats déposés ou démissionnaires par de nouveaux magistrats, anarchie, et c’est cette anarchie que 1 on appelait àxocpfa. E. Gaillemer.
AKROPHYLAItES (’AxpocpuXaxe;). — Fonctionnaires athéniens d’un ordre inférieur, chargés de la garde de la citadelle [acropolis]. Ils sont mentionnés dans une inscription rapportée par M. Beulé L E. Caillemer.
ALA. — I. Aile de l’armée. Ce terme de la langue militaire des Romains a eu, sous la république, trois significations distinctes.
1° Dans l’armée romaine primitive, exclusivement composée de citoyens, le mot ala désigne les cavaliers placés sur les flancs de la légion pour la protéger *.
2° Lorsqu’un contingent militaire fut imposé aux socu, les soldats faisant partie de ce contingent furent placés sur les côtés de la légion et reçurent, à cause de cela, le nom d ’alarii, qui s’appliquait à l’infanterie aussi bien qu’à la cavalerie auxiliaire. On trouve dans Tite-Live 2 aluni équités et dans César 3 cohortes alariae. Il ne s’agit encore que d’auxiliaires latins ou italiens.
3° César, dans la guerre des Gaules, donna place à des étrangers à côté de ses légionnaires, lesquels n’étaient plus -.eulement des Romains, mais aussi des Latins et des Italiens. Ces auxiliaires étrangers reçurent également le nom d ’alarii, à cause de la place qu’ils occupaient dans le camp ou sur le champ de bataille \
Il y avait donc deux alae dans chaque armée, et elles étaient distinguées l’une de l’autre par un surnom tiré de leur position dans le camp ( ala dextra, ala sinistra ). Elles gardaient toujours ces surnoms, même quand, à la suite d’un mouvement, elles changeaient de place. Ainsi on lit dans Tite-Live 5 : dextrae alae sinistra subiit.
L 'ala de l’armée républicaine se divisait en turmae. Sous l’empire, le mot ala désigna uniquement et expressément la cavalerie auxiliaire recrutée par des engagements volontaires, soit parmi les citoyens romains, soit parmi les habitants non citoyens des provinces.
En considérant d'abord le nombre de cavaliers qui constituaient une ala, on est amené à distinguer Yala milliaria et Yala quingenaria 6. La première comprenait mille hommes. Elle était commandée par un praefectus et divisée en vingtquatre turmae ; en tête de chaque turma était un clecurio. On V trouvait aussi un duplicarius et un sesquiplicarius ayant rang d’officiers. Le décurion avait trois chevaux, les autres officiers en avaient chacun deux. L’aile entière comptait donc \ ,096 chevaux, sans compter ceux du praefectus. Valu quingenaria comprenait cinq cents hommes. Elle était divisée en seize turmae, organisées comme celles île Yala milliaria. Elle comptait donc 364 chevaux. Ces nombres sont empruntés à Hygin, qui écrivait sous Trajan, à qui il a dédié son livre de la Castramétation.
Les seuls officiers que nomme cet auteur sont le praefectus, les decuriones, les duplicarii et les sesquiplicarii, parce que ces officiers avaient plusieurs chevaux et qu il fallait leur réserver dans le camp plus de place qu aux simples cavaliers. Il faut chercher dans l’épigraphie un complément d’informations en ce qui concerne l'organisation des alae.
2 Polit. II, 7, § 7.
AKROP11VLAKES. 1 L'Acropole d'Athènes, t. 11, p. 351, n° 29; cl. Ross, Demen von Attiea, p. 35 et 36.
ALA. 1 Cincius, ap. A.-Gell. Noct. Attic. XVI, 4. — 2 Liv. X, 40 et 43; XL, 40. — 3 Caes. Dell. civ. I, 73. — 4 Caes. Bell. gall. I, 51 - 5T. Liv. XXVII, 2. —
Les inscriptions qui concernent ces corps de cavalerie nous font seulement connaître, en dehors des officiers que nous avons nommés, un exarchus 7 , dont le rang n’est pas encore bien déterminé dans la série des grades, et un praepositus 8. Ce terme, comme on le sait, ne désigne aucun grade particulier, mais un commandement temporaire exercé par un officier d’un autre corps pendant l’absence ou l’empêchement du commandant ordinaire. Nos renseignements se réduiraient donc à bien peu de chose si l’on ne rencontrait pas, dans les monuments relatifs aux équités singulares, un grand nombre de faits appartenant au sujet qui nous occupe. Le mémoire de M. Henzen sur ce corps spécial a été aussi utile pour la connaissance de la cavalerie auxiliaire que le travail de Kellermann sur les vigiles, pour celle des légions et des cohortes. Or les monuments épigraphiques des équités singulares nous font connaître les grades ou emplois de signifer (ou vexillarius), d ’armorum custos, d’immunis, de curator, de bénéficiai ius, de librarius , de buccinator et de tubicen. Il est évident que tous ces sousofficiers se retrouveraient dans le cadre complet d’une ala. A chaque ala était attaché un médecin [medicus] 10, prenant rang parmi les sous-officiers.
L’enseigne particulière aux alae était un vexillum de couleur pourpre, appelé fammula [signa militaria].
Pour une armée composée de trois légions, on comptait quatre ailes de mille hommes et cinq de cinq cents hommes “.
Les alae avaient leurs tentes dans la praetentura. [castra].
En dehors de leur service à la guerre, les cavaliers des alae prenaient part aux travaux publics comme les légionnaires, les fantassins auxiliaires et les classiarii. Ainsi les alae de la Germanie ont concouru à l’exploitation des carrières du Brohlthal 12.
Après vingt-cinq années de service, les cavaliers recevaient de la munificence impériale le droit de cité romaine et le droit de connubium [diploma]. Dans les actes officiels leur conférant ces droits, ils sont appelés tantôt équités, tantôt gregales.
Lorsqu’un corps de cavalerie s’était distingué par quelque action d’éclat, l’empereur lui accordait une décoration que portaient tous les cavaliers de ce corps : telles Yala Siliana torquata ciuium Romanorum, Yala Moesica felix torquata, Yala Petriana bis torquata13, dont tous les cavaliers portaient un torques. Chaque turma avait son génie [genius] u. On ne sait s’il y avait aussi un genius protecteur de chaque ala : l’affirmative est vraisemblable, puisqu’il y avait un genius pour chaque cohorte, et qu’on connaît d’ailleurs un aedituus de Yala II Flavia singularium. Chaque ala était désignée par un cognomen ou par plusieurs, choisis dans différents ordres d’idées. 1° Le plus souvent, ce cognomen est le nom du peuple chez lequel a été recruté le corps de cavalerie : ce nom est ordinairement au génitif pluriel. Voici l’énumération des alae connues par les inscriptions du haut empire 16 : Afrorum, Aravacorum, Asturum, Batavorum, Britannica, Britonurn, Campaconum, Connunefatum, Civium Romanorum, Colonorum ( Colonia en Arménie), Dacorum, Dardanorum, Gaetulorum, Gallorum ( Flaviana , Claudia, Sebosiana), Hispanorum Asturum, Campagonum, Vettonum ),
e Hvfin. Custram. 16, 23. — 7 llenzen, Inscr. lat. 6717. — 8 Henzen, 6522. — 9 Èqnit. sing. degl. imp. rom. 1850, et Annal, dell’ Jnst. di corrisp. arch. 1860, p. 71. — 10 Orelli, Inscr. lat. 3507. — " Hygin. Caslram. 30. — 12 Brambach, Corp. inscrip. rhénan. 660, 662. — *3 Henzen, 6856, 6,02 ; Orelli, 516.
14 Orelli, 3476. — 18 Orelli, 3510. — 16 Henzen, Index inscript, c. vin, p. 138.
ALA
ALA
Indiana, Huracorum, Sagittariorum, Maurorum, Mues ica, Noricorum , Numidum, Pannoniorum, Phrygien), Picenlianu- Querquernorum, Scubulorum, Tautorum, Thracum, Tungro, rum , Vallensium , Vocontiorum. — 2° Ou bien le surnom était tiré du gentilitium de l’empereur qui avait créé Valu ; Claudia, Flavia, Ulpia. D’autres fois le surnom en question est tiré du cognomen de l’empereur régnant, et alors il change à chaque empereur. Les inscriptions où \esalae on de tels surnoms portent donc avec elles leurs dates : Antotniniana, Alixandriana, Gordiana, Vespasiana, etc. — 3° D’autres fois le surnom dérive du gentilitium ou du cognomen d'un personnage inconnu, probablement le praefectus sous les ordres duquel Yala s’était illustrée, ou bien le légat de la province où elle avait été créée : Agrippiniana , Claudiana, Frontoniana, Gemelliana, Patrui, Petriana, Rusonia, Siliana, Sidpicia. — 4° Surnom tiré de l’armement : ala catafractorum — celerum — conlariorum. — 5° Surnoms divers : par exemple, Ala Augusta oh virtutem appellata.
Dans la première catégorie, on remarquera quelquefois des soldats étrangers au pays dont Yala porte le nom, par exemple un Batave, décurion dans une aile d’Ituréens. Mais ce cas est très-rare, et l’énumération que nous avons faite indique avec assez de précision dans quels pays se trouvaient, aux deux premiers siècles de notre ère, les meilleures races de chevaux et les plus habiles cavaliers. Pour le même motif, nous faisons connaître ci-dessous les a lac que mentionne la Notitia dignitaturn utriusque imperii.
Empire d’Orient. Alae : Ahasgorum, Ahydurn, Aegyptiorum, Alamannorurn, Dromedariorum, Arabum, Assyriorum, Rritonum , Carduenorum, Colonorum, Damascena , Foenicum, Francorum, Gallorum, Germanorum , Hiberorum, Juthungorum, Paflagorum, Palmyrenorum, Quadorum , Rhaetorurn, Sarmatarum, Saxonum, Sequanorum, Tingitana , Vandilorum. — Empire d’Occident. Alae: Asturum, Indiana, Maurorum, Pannoniorum, Phrygum.
Les alae singularium étaient des corps spéciaux formés par des cavaliers tirés de toutes les autres alae , et recevant une paye plus forte; mais ces corps étaient commandés par des praefecti, ce qui ne permet pas de les confondre avec les équités singulares imperatoris. G. de la Berge.