‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 42 sur 155 · ALL · texte numérisé non relu

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mêmes ce soin, comme on le voit dans beaucoup de monuments figurés. Ceux qui représentent des aliptes dans l’exercice de leurs fonctions sont plus rares. On en voit un

dans la figure 222 tirée d’une ciste gravée du musée Grégorien 1 : il frotte un pugiliste, tandis que celui-ci tient une fiole, d’où l’huile se répand sur son corps.

L’utilité des onctions et des frictions pour les luttes du gymnase et de la palestre est expliquée par Lucien dans un dialogue 2 où Solon en expose les raisons au Scythe Anacharsis. Elles donnaient à la peau plus de souplesse, aux muscles plus d’élasticité; le corps, que l’huile rendait glissant, devenait plus difficile à saisir et à soulever; afin que les lutteurs ne pussent pas cependant se dérober, lorsqu’ils étaient aux prises, ils répandaient sur leurs membres ainsi enduits, de la poussière ou du sable fin 3; cette dernière opération avait aussi pour but d’arrêter la sueur trop abondante et de ménager les forces en garantissant contre l’impression de l’air, dangereuse dans un moment où tous les pores sont ouverts.

Il y avait un art des frictions. Les aliptes devaient être habiles à faire entrer l’huile dans la peau en faisant respirer les athlètes de manière à favoriser cette pénétration 4; l’expérience leur donnait une connaissance pratique du corps et des moyens que pouvaient employer, pour conserver ou augmenter leurs forces, ceux qui se confiaient à leurs soins; ils réglaient le régime des athlètes, et principalement leur alimentation s. Il y avait dans les gymnases des grandes villes des salles particulières (àXenrrrçpia), qui étaient même quelquefois de somptueux édifices, où les jeunes gens se préparaient aux exercices 6. On voit que les fonctions des aliptes, comme celles des gymnastae, avec qui ils ont été quelquefois confondus, n’étaient pas sans rapport avec celles des médecins ; surtout sous les empereurs romains, quand leur profession, d’abord fort inférieure, eut été relevée par des hommes tels que Herodicus de Sélymbrie. C’est de celuici que Pline 7 date le commencement de l’iatraliptique. Les aliptes prirent alors en effet le nom de îaTpaXenrrriç ou ?a- TpoaXefTcxrjç. Cicéron et saint Clément d’Alexandrie établissent entre la médecine et l’aliptique ou iatraliptique cette différence, que la première a pour objet le fond de la santé, tandis que la seconde s’occupe de la mine, du teint et de la vigueur apparente du corps 8.

Ces aliptes des gymnases et des palestres ne doivent pas être confondus avec les employés infimes du même nom,

Fig. 222. Alipte et pugiliste.

AI-IPTES ou ALIPTA. 1 Mus.Greg. I, tav. 37 , Gerhard, Etr. Spiegel, taf. vi.- 8 Lueian. Anach. 24, 28 et sq. — 3 Sur les diverses sortes de poussière en usage, Phi loslr. De gymn. p. 16 ; Calen. De san. tu. V, 3, t. YI, p. 328; Krause, Gymn. un, Agon.p. 192. 4 Plut. San. tu.praec. 15 ; Galen. Musc. mot. II, 9, t. IV, p. 461

Oribas. ed. Daremb. p. 484 et not. ; Krause, l. I. — 6 Aristot. Eth. Nie. Il, 6, 7 Plut. De adul. et am., 59 ; Arrian. Epict. III, 10, 1.— « Poil. VII, 166 ; Suid. s.'u. Corp. insc. gr. 3148 ; C. Curtius, in Hermès, t. VII, p. 43. — 7 Hist. nat.XXlX, 11— 8 Cic" Ad fam- !> 9 i Clem. Al. Strom. VI, p. 294, ed. Sylb. ; cf. Tels. 1, 1. — 9 juv VI, 422 ; Mart. VII, 326 ; Sen. Ep. 56. — 10 Poil. VII, 17. — H Ficoroni, La bollt d'oro, p. 45. — 12 Bockh. Corp. insc. gr. n. 418 ; Gruter, p. 581, n. H ; et p 785 n. 5 ; Reines, class. 9, n. 80 ; Murat, p. S91, n. 3. - Bibliographie. Wvtteub a<

ordinairement des esclaves, qui, dans les bains, faisaient aussi des frictions, des massages, des onctions 9. Les «Xet- 7TTpiai étaient des femmes chargées du même office 10. On en voit une (fig. 223) qui s’en acquitte, en enlevant la sueur avec un strigile, d’après une peinture d’un tombeau de la voie Appienne , découverte au siècle dernier11.

Le nom le plus ordinaire de ces serviteurs des bains, chez les Romains , étaient unctor et unctrix. Un certain nombre d’inscriptions font connaître des personnes attachées , pour ce service, à la maison des Fig. 223. Alipte des bains.

empereurs, des impératrices et de leurs enfants ls.

A. C. Bussemaker, E. Saglio.

ALKATIIOJA (’AXxaôota). — Fête célébrée à Mégare en l’honneur du héros Alcathoüs, fils de Pélops, qui avait bâti, avec Apollon, les murs de la ville1. Le temple d’Alcathoüs servait de dépôt aux archives publiques 2. Hunzjker.

ALLEX ou ALLIX (yAXX7)?,vAXX[$). — Sorte de chlamyde [chlamts] particulièrement en usage chez les Thessaliens

ALLIGATI. — Le soldat romain portait toujours une chaîne pourvue d’une menotte à chaque extrémité1. Quand il faisait un prisonnier , il employait l’une des menottes pour lui fixer les mains derrière le dos et se passait l’autre au bras gauche : c’est le groupe ainsi formé qu’on appelait alligati; on en voit un représenté sur l’arc de triomphe de Septime Sévère2. Ainsi, comme le disait Sénèque3, ceux qui avaient enchaîné étaient enchaînés euxmêmes. — On donnait le même nom aux esclaves indociles qui, pour cette raison, étaient mis aux fers 4 [servi, ergastülum], Masquelez.

ALLOCUTIO [adlocutio].

ALLUYIO. — Accroissement insensible ( incrementum latens) qui se fait aux rives des lleuves et rivières, soit par un apport de terre qui vient s’y déposer, soit par un retrait des eaux1. La question juridique qui s’élève à cet égard est de savoir à qui appartiendra cet accroissement. Elle se décide conformément aux principes généraux. Le fleuve lui-même est public, mais son lit, suivant le jurisconsulte Pomponius, appartient aux riverains. Les riverains profite-

-ww/ . woo u, p. oau ; tvrausc

> '-Tyr'cnusiiK una Agonisti/c, I, p. 225 ; Petersen, Das Gymnas. der Gricchen, Hamb. 1S58, not. 11 et 15 ; Grasberger, Erziehung und Untemcht un klassisehen AUcrthum, Wiirzburg, 1866, I, p. 341 et 375 ALKATIIOLY. 1 Pind. Isthm. VIII (VII), 67 ; Schol. Nem. Y, S4 ; Fans. I, }’ V 42’ *> 7- 2 Fais. I, 43, 4. — Bibliographie. De Villoison, Mém. de VAcad.

des Inscript. XXVIII, p. 337 ; Bockh. Expi. Pind. p. 176.

ALLES, ou ALLIX. t Hesych. et Suid. s. t>. StttE et a/.VM.

ALLIGATI. l Jos. Bell. Jud. III, a. — 2 Beliori, Yeteres arcus Aug. tav. xxi. — d De tranq. anim. 10. — 4 Col. I 9.

ALLUVIO. 1 Gains, Comm. II, 70 ; Instit. Just. Il, 1, 20; Gains, fr. 7, §§ 1-7, Dig. De adquir. rer. dom. XLI, 1.

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