‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 43 sur 155 · A LO · texte numérisé non relu

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ront donc de l’alluvion qui ne fait que metttre leur sol à découvert, et par la même raison ils auront droit aux îles qui se forment dans le lleuve, et à son lit s’il vient à sécher. 11 en serait autrement si la violence du courant avait détaché un champ tout entier et l’avait transporté contre ma rive. Ce champ ainsi déplacé, mais parfaitement reconnaissable, l'este à son ancien propriétaire, par opposition ;\ la terre qui, dans l’alluvion, se détache et se dépose grain à grain, sans qu’on puisse reconnaître à qui elle avait appartenu. Si cependant les arbres que ce fragment de champ a entraînés avec lui reprennent racine contre ma rive, et entrent ainsi dans mon terrain, ils m’appartiendront, et peut-être le champ avec2. Mais quand le fleuve, après avoir abandonné son ancien lit et s’en être creusé un nouveau, l’abandonne à son tour, à qui appartiendra le nouveau lit abandonné ? Ce cas n’était pas sans exemple dans les fleuves torrentiels de l’Italie. Nul doute, s’il ne s’agit que d’une simple inondation3. Cet événement purement accidentel ne change rien à l’état des propriétés tel qu’il existait auparavant. Mais si les choses ont duré assez longtemps pour qu’il y ait eu vraiment nouveau lit du fleuve, les droits des anciens propriétaires sont effacés, et l’on applique au partage de ce nouveau lit abandonné les droits purs et simples des riverains. Peut-être cette méconnaissance des anciens droits tient-elle aux difficultés pratiques qu’on aurait trouvées à les rétablir. En tout cas, en exposant ce système, Gaius4 avoue qu’il est fort contesté (vix est ut id obtineat ), et le système contraire est soutenu par Pomponius 8.

Nous avons exposé cette matière conformément aux idées de M. Ducaurroy6. Suivant M. Ortolan7 et la plupart des commentateurs, tout serait ici le résultat de l’accession et du principe que l’accessoire suit le principal.

Les droits des riverains se limitent entre eux, pour les riverains opposés, par la ligne médiane du lit du fleuve, et pour les voisins du même côté, par des perpendiculaires tirées du point de rencontre de leurs propriétés à la rive sur la ligne médiane déjà indiquée.

Les règles que nous venons d’indiquer s’appliquaient aux terres nommées agri arcifinii, c’est-à-dire dont la contenance était déterminée, non par une mesure fixe, mais par des limites naturelles ou artificielles. Ager arcifinius, dit Aggenus Urbicus8, qui nullamensura continetur, sed finitur aut montibus aut viis, aut aquarum devergiis, aut notabilibus locorum naturis , dut arbonbus, aut fossis.. ... Au contraire.» les terres concédées par le peuple avec une contenance fixe (agri limitatî) n’avaient rien à gagner aux alluvions, formations d’îles, abandons de lit qui avaient lieu à côté d’elles, et qui, dans ce cas, appartenaient au premier occupant 9. Quelquefois cependant les concessions de terre étaient faites par l’État, non à la mesure, mais en indiquant des limites more arcifinio, suivant l’expression de Hygin10 qui exerça les fonctions d’AGRiMENSOR.

Les affaires concernant les alluvions et circumluvions11 appartenaient au jugement des centumvirs. F . Baudry.

: Inst. Just. 1, § 20; cf. 1, 7, g 1, De adquir. rer. dom. XLI, D. 1. — 3 Gaius, fr. 7, § 6, De adquir. rer. dom. Dig. XLI, 1. — ^ L. 7, § 5, eod. 8 L. 30, g 3 e0‘d. 6 N. 351-7. — 7 §§ 20-4 Instit. II, I. — 8 In Frontin. comment. n. 72, éd. Lachm.; cf. Isidor. Orig. XV, 13; on nommait aussi ces champs occupatorii; Flaccus, De cond. agr. p. 138, in Rei agrar. script, ed. RudoriT et Lachmaon, Berlin, 1848-1852. — 9 L. 16, De adquir. rer. dom.; L. 1, §§ 6, 7, De flumin. XLIII, D. 12. — 1° De limit. constituend. p. 160 , m Rei agrar. script, éd. Goes. et Rigalt., Amsterdam, 1074, in-4. — n Cic. De orat. I, 3S. — BiuLiooiuruiE. Die rômische Feldmesser, éd. Lachmacn ; Re.n, Privatrecht

ALOA [haloa].

ALOADAE OU ALOIDAE (’AXwaSat, ’AXwtaSat et ’AXwetSat). — Otos (’ütoç) et Ephialtès (’EcptaÀTvi;), géants ou héros, dont le nom est le patronymique de Aloëus, fils de Poséidon. On attribuait leur naissance soit à ce héros1, soit à ce dieu2. Leur mère était Iphimedeia. Suivant la tradition la plus constante, la Terre les aurait nourris. On les croyait aussi nés d’elle3.

L’imagination était frappée de leur taille gigantesque et de leurs audacieuses entreprises. Dès l’âge de neuf ans, ils avaient neuf coudées de grosseur et neuf brasses de hauteur 4 ; ils croissaient chaque année d’une coudée et d’une brasse, et, par mois, de neuf doigts8. Lorsqu’on retrouva le corps d’Otos, il mesurait quarante-six coudées6.

Ils tentèrent d’escalader le ciel , en entassant l’Ossa sur l’Olympe et le Pélion sur l’Ossa ; retinrent Arès enfermé durant treize mois dans une prison d’airain et osèrent prétendre à l’union de Hèra et d’Artémis 7. Ils trouvèrent la mort dans ces attentats ; selon les uns, ils auraient péri dans leur attaque contre les dieux olympiens; selon les autres, Apollon ou Artémis ou les deux enfants de Lèto les auraient frappés de leurs flèches divines 8. Aux Enfers, ils étaient fixés à une colonne, dos à dos, et attachés avec des serpents9.

Il semble que ces naturels farouches se soient quelquefois adoucis : ils ont, les premiers, sacrifié aux Muses sur l’Hélicon et consacré la montagne à ces divinités10. D’ailleurs, les anciens ne se les figuraient pas sous des traits repoussants ou simplement gigantesques, ils admiraient leur beauté, surtout les proportions harmonieuses de leur taille11. Les monuments consacrés aux Aloades, dont le souvenir nous est parvenu, sont au nombre de deux. Pausanias 12 cite leurs tombeaux, en Béotie, à Anthèdon. On a retrouvé à Naxos une inscription qui indiquait les confins dubois sacré dépendant du temple d’Otos et d’Ephialtès13.

Une des métopes d’un temple de Sélinonte14 nous offre le combat d’Artémis contre Otos, d’après l’interprétation de Gerhard15 et de Raoul Rochette16. Ce dernier archéologue remarque que les Aloades sont toujours représentés avec la forme humaine sur d’autres monuments d’une belle époque de l’art, qu’on peut croire produits sous l’influence des modèles attiques; tandis que sur des sculptures postérieures, les géants qui combattirent contre les dieux sont ordinairement figurés, conformément aux descriptions des poètes, ayant, à la place des jambes, le corps erminé par des serpents.

Ce sont surtout quelques vases peints qui ont conservé le premier type. Un des plus remarquables est une coupe de Yulci, au musée de Berlin, représentant une gigantomachie. Au fond, on voit Poséidon vainqueur dePolybotès; sur un côte, combattent /eus, Athéna et Artémis, sur l’autre, Apollon, Arès et Hèra : Apollon lutte avec une épée contre le géant Ephialtès, qui tient un arc au repos dans la main;gauche. Les noms des divinités et des géants ainsi que ceux du potier Erginos et du peintre Aristopha-

der Rômer, p. 282-6 ; Cancrin, Abhandlung von dem Wasserrechte, Halle,

ALOADAE. 1 II. V, 385. — 2 Od. XI, 305 ; Apollod. I, 7, .4. - 3 Eratosth. ap. Sch. in Apoll. Rh. I, 482.-» Diod. IV, 85. -5 Hyg. Fab. 28. - 6 Plin. Hist. nat. y; |6 l — 7 Sch. B. Ad II. V, 385. — « Apollod. I. c.; Hyg. Le.— * Hyg. I. c. —’iO Paus IX 29, 1. — 11 Eust. Ad. II. V, 385. — »2 Paus. IX, 22, 5. — D'après Villoi'son.' Mém. de VAcad. des Inscr. t. XLVII (1787), p. 313. - »'• Serradifalco, Antich. délia Sicilia, t. II, tav. xxix, p. 58-63. — 13 Gerhard, Auserl. Vasenbild. — M Journ. des Sav. 1841, p. 649.

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