‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 50 sur 155 · BEE · texte numérisé non relu

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Fig. 233. Alphabet phrygien.

Martin l’objet d’une étude

monuments jusqu’à présent connus de l’alphabet phrygien sont en très-petit nombre, mais tous de date fort ancienne. Les principaux sont les inscriptions des sept tombes monumentales taillées dans les rochers de l’antique Prymnessus78 et dont la plus importante enfermait les restes d’un roi du nom de Midas. Ces inscriptions ont été successivement étudiées par Friedrich Osann 79 et par M. Lassen so, qui est parvenu à déterminer la famille de langues à laquelle appartenait le phrygien, à retrouver toutes les formes de la déclinaison de cette langue et à fixer d’une manière certaine la valeur des lettres.

L’alphabet phrygien, d’après les travaux de M. Lassen , est tel que nous le donnons dans la figure 233.

Alphabet lycien. — Les premiers monuments qui révélèrent à l’Europe savante l’existence de l’alphabet particulier à la Lycie furent deux inscriptions copiées par les voyageurs Cockerell et Beaufort 81 .

Elles furent de la part de l’orientaliste français Saintqui nécessairement , avec

aussi peu de moyens d’information, ne pouvait produire aucun résultat sérieux. Quelque temps après, le colonel Leake ayant rapporté les copies de quelques autres textes

épigraphiques de la même nature, Grotefend y consacra un mémoire 83 qui ne produisit guère plus de résultats que les recherches de Saint-Martin. Les richesses de l’épigraphie lycienne ne furent connues d une manière complète qu’à la suite des deux voyages de M. Charles Fellows, dont le compte-rendu fut publié, pour le premier en 1838 84 et pour le second en 1841 SB. Le premier volume du savant anglais contenait trois nouvelles inscriptions indigènes de la Lycie, le second en renferme vingt-trois, toutes assez courtes et de nature funéraire, dont trois bilingues, grecques et lyciennes. Mais la

78 Leake, Journal of a tour in Asia Minor, p. 21 ; Robert Stewart, Description of a icient monuments with inscriptions in Lydia and Phrxjgia, n. 1-7 ; Texier, Description de l’Asie Mineure, t. 1, pl. lvi et lix, p. 156. - 79 Midas oder Erklârungsversuck der erweislich attestai griechischen Inschrift, 183 0. — 80 Ueber die Sprachen Kleinasiens, dans la Zeitschr. der Deutsch. morgenl. Gesellsch. t. X, p. 371-376. — 81 Walpole, Travels in various countries of lhe East, p, 425 et 435.

plus belle conquête de son voyage était celle de l’obélisque de Xanthus, portant sur ses quatre faces un long texte historique dont 230 lignes subsistaient encore . Un moulage en plâtre de ce monument d’une incomparable importance se voit au Musée Britannique, et le fac-similé a été mis aux mains du public par M. Fellows, non-seulement dans une planche de son ouvrage, mais encore dans une publication séparée86. Une fois en possession de ces monuments, on reconnut que le même alphabet formait les légendes d’une nombreuse série de médailles demeurées jusqu’alors sans attribution et dont les échantillons se multipliaient dans une forte proportion par suite des découvertes des derniers voyageurs en Lycie 87.

Très-peu d’inscriptions lyciennes ont des dates certaines. On ne peut guère citer en ce genre que le décret bilingue de Pixodare, souverain de la Lycie comme de la Carie, et l’obélisque de Xanthus, qui, nous l’apprenons par les quelques lignes de texte grec qu’il renferme, a été destiné à célébrer les victoires de Kaias, descendant d’Harpagus et maître du pays sous la suzeraineté d’Artaxerxe Longue- Main, dont le nom se lit dans le texte lycien. Mais tout semble indiquer que ces inscriptions ne sortent pas d’une période qui va du vie au ive siècle avant l’ère chrétienne, de l’établissement de la dynastie d’Harpagus en Lycie à la conquête d’Alexandre. Les médailles à légendes lyciennes sont toutes aussi de la même période. Ainsi s’explique le peu de différences paléographiques qu’offrent entre elles les inscriptions lyciennes et la régularité du tracé de leurs lettres, qui sont à un état notablement moins ancien que les lettres phrygiennes dans ce que nous en possédons de monuments.

Un assez grand nombre de travaux ont été déjà consacrés à l’étude des inscriptions lyciennes, et il faut citer comme particulièrement importantes les recherches de M. Sharpe, de M. Lasser et de M. Schonborn. Mais la connaissance de la langue de ces inscriptions est encore dans l’enfance. On ne traduit guère, tant bien que mal, que les courtes inscriptions funéraires dont les formules sont constamment les mêmes, les noms propres changeant seuls. On ne parvient à analyser d’une manière régulière que les textes bilingues. L’idiome dont on obtient ainsi quelques fragments est d’une nature très à part. Il semble sans doute appartenir à la famille aryenne, mais sa place dans l’ensemble de cette famille et ses analogies les plus directes sont encore à trouver. En revanche, à part le système délicat et compliqué des voyelles sur lequel il reste encore des incertitudes, la lecture matérielle de l’alphabet est acquise.

Nous donnons dans la figure 234 l’alphabet lycien, avec ses valeurs telles quelles résultent des travaux de M. Lassen, ceux qui jusqu’à présent ont été poussés le plus loin pour la détermination des sons exacts des lettres 88.

Origine des deux alphabets phrygien et lycien. — En examinant la question de l’origine commune des deux alphabets phrygien et lycien, nous devons commencer par laisser entièrement de côté le système de vocalisation de cette dernière écriture, trop délicat et trop compliqué pour pouvoir remonter à une date ancienne et pour être considéré

— 8 1 Journal des savants, 1821 , p. 325 et suiv. — S3 Transact. of the roy. Asiat. Soc. t. III, p. 117 et suiv. — 84 Ajournai written during an excursion in Asia Minor, Londres, 1838. — 83 An account of discoveries in 'Lycia , Londres, 1841. — 86 The inscribed monuments at Xanthus, Londres, 1842. — 87 Fellows, Coins of ancient Lyeia before the reign of Alexander , Londres, 1855.— 8S Ueber die Lykischen Inschriften, dans la Zeitschr. der Dcutsch. morgenl. Gesellsch. t. X, p. 329-303.

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ALPHARET LYCIEN .

autrement que comme une addition postérieure au fond premier de l’alphabet, addition qui révèle dans la manière dont elle est combinée un haut degré de culture grammaticale, un raffinement remarquable dans l’étude du langage. La plupart des signes des voyelles dans le lycien, étant d’une nature toute particulière, ne sauraient se rattacher ni au grec ni au phénicien et ne peuvent être que le résultat de

combinaisonspurement artificielles. Dans ^ et

WouŸ on reconnaît bien que l’élément générateur est Y ou VL redoublé ou augmenté de différents appendices. Mais X I f )J( ne se rattachent à aucune lettre du reste de l’alphabet, et les éléments en sont purement de fantaisie.

Ces signes des voyelles une fois écartés comme d’invention postérieure, nous trouvons dans le lycien un fond ancien d’alphabet presque identiquement semblable au phrygien et n’offrant avec lui d’autres différences que celles produites par les trois siècles environ qui séparent la date des inscriptions phrygiennes relevées sur les rochers de Prymnessus des plus anciennes inscriptions lyciennes connues. Ainsi le tracé des lettres est plus régulier, leur assiette plus conforme à la perpendiculaire, enfin l’influence des mo¬

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difications de l’alphabet grec, si intimement ap-

Fig. 234. Alphabet lycien.

Le fond commun que nous constatons ainsi dans le phrygien et dans le lycien est évidemment d’origine grecque et non directement phénicienne, car il possède des lettres ajoutées par les Grecs au premier ensemble de vingt-deux caractères qu ils avaient reçu des fils de Chanaan, FOX. Les

J Secohi, Ballet, de l Inst. arch. 1846 , p. 7 ; Mommsen, Die unteritalischen Dialeklen. pl. I, col. 1 3 ; Nocl des Vergers, L'Étrurie et les Étrusques, pl. xl,co1. 1. — 90 epsius, De tabulis eugubinis, pl. xxvi, n. 33 ; Mommsen, Die unteritalischen Dialekten, pl. , col. 14.— 91 Gerhard, Neapds anti/ce Dtlduierke, pl. n jLepsius, De tab.

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deux alphabets de l’Asie Mineure, dans ce qu’ils ont de commun, dérivent d’un alphabet grec où l’on employait F et O ; où pour le son % les deux figures q, et X étaient également en usage; où, par contre, les trois lettres P] ? M sifflante ne servaient plus; où aucune distinction n’était en usage entre les deux sons o, long et bref; où enfin la figure de I s’était substituée de très-bonne heure à ^ pour rendre le son i. Or, de tous les alphabets grecs d’époque secondaire que nous avons étudiés un peu plus haut, un seul offre la réunion complète de ces diverses conditions; c’est le premier type de l’alphabet des îles. Ce type graphique, avons-nous dit, était en usage dans la Crète, à Naxos, et, ce qui est plus important pour nous ici, à Rhodes, c’est-àdire sur un point touchant exactement à l’Asie Mineure et, dans cette partie du monde antique, à l’une des contrées où l’alphabet que nous en croyons dérivé se montre à nos regards.

IV. L’alphabet étrusque. — Dès le xvic siècle la vue des nombreux monuments étrusques déjà recueillis à Florence inspira aux érudits le désir de tenter la lecture matérielle des inscriptions qui les décoraient. Mais c’est seulement en 1732 que le premier alphabet étrusque vraiment satisfaisant et obtenu par des procédés raisonnés d une manière scientifique fut publié par un Français, nommé Bourguet, dans le tome Ier des Dissertations de l'Académie de Cortone. Gori en 1737 et Maffei en 1739 le complétèrent et le corrigèrent sur plus d’un point. La détermination des valeurs des lettres étrusques donna même lieu entre ces deux illustres antiquaires à une polémique dont le résultat fut de permettre à Gori de dresser en 1742, dans sa Difesa dell’ alfabelo etrusco, un alphabet trèssupérieur à tous ceux que l’on avait donnés jusqu’alors.

Ce fut celui qu adopta l’abbé Amaduzzi dans sa remarquable dissertation sur la langue étrusque, et qu’en 1789 Lanzi, dans son Saggio di lingua etrusca, suivit aussi, en l’appuyant de nombreuses preuves, mais en même temps en le corrigeant en quelques endroits, en établissant par exemple la valeur de sifflante du signe pq, considéré jusqu alors comme un ni. Depuis Lanzi il n’y a plus été apporté de modifications que par le mémoire où M. Lepsius a assigné définitivement la valeur de z à la lettre La lecture de tous les signes de l’écriture étrusque peut être regardée comme désormais certaine et ne devant plus varier.

Plusieurs monuments nous font connaître l’ordre dans lequel les Étrusques rangeaient les lettres de leur alphabet.

Le plus important est celui qu’on appelle Y alphabet de Bomarzo, du nom de la localité où a été trouvé le vase de terre cuite sur le pied duquel il est tracé 89. Deux autres alphabets analogues, dont l’un paraît plus ancien que celui de Bomarzo 9U et l’autre environ contemporain 91 se lisent dans le fond de deux patères découvertes à Nola. Nous Doutons ensuite un syllabaire étrusque presque complet en même temps que l’alphabet grec éolo-dorien dont nous avons déjà parlé, sur le fameux vase Galassi découvert à Cæré 9- et un autre tracé sur les parois d’un tombeau de Colle, auprès de Sienne 95. Nous réunissons ces différents alphabets dans notre tableau (fig. 235) à ceux que l’on peut extraire de la grande inscription de Pérouse, des légendes

eugubin. pl. xxv., n. 34 ; Mommsen, Unterital. Dialekt. pl. ,, col. 15. - 92 Ann. de Inst. arch. t. VIII, pl. B; Franz, Elem. epigr. graec. p. 22 ; Mus. etrusc. Gregorian.

. I, pl. cm. — 3 Dempster, Etrur. régal, t. Il, pl. xcii , Lanzi Saggio di lingua e ruscap, II, p. 215, %<- édit. ; Hennis, Cil tes and cemeteries of Etruria, t. II, p. 137;

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des belles peintures historiques decouvertes par M. Noël Des Vergers dans un hypogée de Vulci, datant du iv° siècle av. J.-C. 9i, des miroirs étrusques publiés par M. Gerhard, enfin de la magnifique collection des inscriptions du musée de Florence, éditée avec tant de fidélité archéologique par M. le comte Conestabile. Le lecteur trouvera ainsi réunies dans notre tableau, toutes les principales variantes paléographiques de l’écriture étrusque.

Deux opinions se sont partagé les érudits au sujet de l’origine de l’écriture étrusque. Les uns supposent que les habitants de l’Étrurie reçurent directement des Phéniciens leur système graphique, les autres, comme Ottlried Millier et M. Mommsen, qu’ils le durent à l’intermédiaire de la Grèce.

Otlfried Müller nous paraît avoir parfaitement exposé les raisons, à nos yeux décisives, qui militent en faveur de la seconde opinion. « L’ecriture étrusque, dit-il, ne contient que fort peu de caractères qui ne se retrouvent pas également dans les inscriptions de la Grèce, et, d’autre part, plusieurs formes phéniciennes que les Grecs avaient conservées pendant une certaine période ne se rencontrent pas dans l’alphabet étrusque. Nous voyons de plus que des caractères essentiellement helléniques, et qui avaient été ajoutés par les Grecs à l’alphabet de la Phénicie, ont été usités chez les Toscans. Il me semble d’ailleurs que la comparaison des lettres phéniciennes avec les lettres de l’alphabet archaïque, grec ou étrusque, suffit à elle seule pour nous convaincre que la plus ancienne ecrituie de l’Étrurie a des rapports beaucoup plus frappants avec l’écriture primitive usitee en Grèce qn avec les anciens vestiges de l’écriture orientale, et que, par conséquent, les caractères n’ont pas pénétré directement d’Orient en Italie 95 . »

Si l’alphabet étrusque sortait directement du phénicien et non du grec, comment expliquerait-on la présence dans cet alphabet de lettres qui ne sont pas phéniciennes et que les Grecs ont inventées pour ajouter aux vingt-deux signes de la communication primitive des fils de Chanaan, telles que A, ® et vP? Les partisans de l’origine directement phénicienne sont obligés de supposer une influence grecque postérieure qui aurait produit l’addition de ces trois signes à la série première de caractères apportée de l’Asie. Mais on chercherait vainement une seule inscription étrusque, même parmi les plus anciennes, qui révèle 1 existence d’un alphabet privé de A, ® °u 4', et c est déjà un grand ébranlement pour leur système. L ordonnance de 1 alphabet étrusque est calquée sur l'ordonnance de l’alphabet grec, non sur celle de 1 alphabet phénicien. Les modifications fondamentales apportées par les Hellènes à cette dernière ordonnance, et qui leur sont exclusivement propres, la substitution du dérivé secondaire du ] , le digarnma, à la place de son premier et direct dérivé, le Y, qui est rejeté après le T, le passage du£, dérivé de D, au rang que tient le e? en phénicien, se retrouvent dans l’alphabet étrusque exactement reproduites, et marquent encore la Grèce comme la source d’où a découlé le système graphique du grand peuple de l’Italie centrale.

La seule lettre de l’étrusque qui ne se retrouve pas en grec et qui soit le produit d’une invention des habitants de l’Étrurie, le 8, n’a pas été tiré d’une lettre phénicienne, mais d une lettre grecque. Les plus anciens monuments de

94 Noël des Vergers , L’Étrurie et les Étrusques, pl. xxi-xm.~ 97 Die Etruslcer, 1. I, e vi g 1 ■ t. II, p. 290.—' 38 Die Urbewohner Jtaeliens,p. 12. — 97 Die unteritalischen

l’écriture étrusque, comme le vase Galassi, établissent que la distinction entre ® et 8, j oh et f, n’existait pas au début et que l’on se servait d’un seul caractère, ?, qui n’est autre qu’un cf grec. Ce fut seulement plus tard, lorsque l’emploi des noms de dieux et de héros empruntés au grec se multiplia dans de très-fortes proportions, que l’on sentit le besoin de distinguer la notation du p/i, fréquent dans ces noms, de celle du f, propre aux mots de la langue nationale. On prit alors pour le premier rôle la figure de ® , conservée sans modification telle qu’elle était venue de la Grèce, et pour rendre l’articulation de f, on doubla la figure au moyen d’un étranglement central qui lui donna

l’aspect du 8 de nos chiffres, 8-

Ce n’est pas tout. Comme l’a reconnu Ottfried Müller, les formes des lettres étrusques sont dans leur généralité plus voisines de celles des lettres grecques anciennes que des lettres phéniciennes. Toutes les fois qu’un signe de l’alphabet national de l’Étrurie est pareil au signe correspondant de l’alphabet archaïque de la Phénicie, c’est que les Hellènes ne lui ont pas fait subir de changements ; mais toutes les fois que le tracé d’une lettre phénicienne s est trouvé modifié en passant dans le grec, la modification se reproduit dans l’étrusque. Et ce qui achève la démonstration, c’est que le type d’écriture grecque dont l’alphabet étrusque se rapproche le plus est l’éolo-dorien, tel que nous l’offrent les inscriptions de tous les vases peints grecs d’ancien style découverts en Étrurie, tel par conséquent que les colonies grecques répandues au milieu des Etrusques en faisaient usage.

Reste cependant l’argument que les partisans de l’origine directement phénicienne de 1 alphabet étrusque puisent dans la faculté de suppression des voyelles, dont il est fait un très-fréquent usage dans cette dernière langue et qui paraît étranger aux Grecs, tandis qu on pourrait le rapprocher des habitudes sémitiques. Il est très-spécieux, mais malheureusement pour ceux qui s’en prévalent il est fort ébranlé par une ingénieuse observation de M. Steub et de M. Mommsen 97 . Ces deux savants ont en effet établi

que la suppression de certaines voyelles était un fait dont les plus anciennes inscriptions étrusques n’offraient aucune trace; qu’au contraire elles montraient une richesse de vocalisation qui contrastait avec la pauvreté des textes épigraphiques postérieurs sous ce rapport. C’est justement le contraire qu’il aurait fallu constater pour que l’omission de certaines voyelles dans l’orthographe des inscriptions étrusques pût être considérée comme un dernier vestige des habitudes de l’écriture phénicienne. La suppression de certaines voyelles dans l’étrusque n’a d’ailleurs en réalité rien de commun avec la non-expression des sons vocaux dans le phénicien et dans les différents systèmes graphiques du monde sémitique. M. Lepsius a formulé de Ta manière la plus précise et la plus certaine les causes et la loi de ce fait98. La suppression, dans les textes épi gi aphiques étrusques, ne porte que sur la voyelle brè\e e, dans les cas où elle précède une des quatre consonnes liquides l, m, n, r. Sa suppression tient donc à ce qu’on la considérait comme inhérente il ces lettres.

. ‘ Tacite 99 a donc eu raison d’affirmer que c’est des Grecs que les Étrusques reçurent l’usage de l’écriture ; car l’alphabet étrusque n’est en réalité que l’alphabet grec éolo-

DMekten p 1 8 - 99 Palaeographie ah Mittel filr die Sprachforschung zunrechls am

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dorien, appauvri par la suppression d’un grand nombre de lettres qui représentaient des articulations manquant à l’organe étrusque et enrichi par la création d’un seul signe nouveau, affecté à l’expression du son /'.Seulement

l’auteur des Annales s’est trompé lorsqu’il a nommé Démarate de Corinthe comme l’introducteur de l’alphabet grec en Étrurie. Démarate et sa colonie apportèrent avec eux l’alphabet corinthien, dont les vases peints les plus

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N» 1. GALASSI. DE BOMARZO. N° 2. GALASSI. DE PÉROUSE. ÉTRUSQUES. DS FLORENCE.

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