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Fig. 237. Alphabets de l’Italie septentrionale.
canton du Tessin, dans le Tyrol et dans la Styrie, ont été rassemblés dans la planche I du mémoire de M. Mommsen Sia' les alphabets nord- étrusques. Le signe de la voyelle a, de A devient ou en passant dans le rhétien. La perte de la tradition du cp grec, que maintenaient encore chez les Euganéens le voisinage et les rapports journaliers avec les Étrusques proprement dits, conduit le signe de l’articula-
109 liev. archéol. nour. sér. t. X, p. 453. — 110 Dev. nurmsm. 1861, p. 333-347, pl. xv. lit Die Etrusker, t. II, p. 312. — 112 De tab. eugubin. p. 23. — 113 Un-
tion th à une altération qui le rend exactement semblable un cp grec, <$> et <j>. Pour les lettres dont on constate dans l’euganéen deux formes, l’une presque semblable au prototype étrusque, l’autre s’en éloignant par un effet du temps, c’est toujours la seconde qui prédomine dans les monuments rhétiens; ainsi le s’ y est beaucoup plus fréquemment tx que M, et le t beaucoup plus habituellement X que \.
L’alphabet salasse est fourni par une précieuse inscription en langue celtique découverte dans le Novarais 109 et par les légendes des médailles que M. de Longpérier a restituées au peuple des Salasses, habitants de la chaîne des Alpes 110. Cet alphabet est le même que l’euganéen et le rhétien, mais appauvri par la suppression des aspirées h, th et ch, ainsi que du v. Pour s’ et t les formes secondaires et altérées M et X y sont seules en usage. Enfin l’a, devenant F, s’éloigne de sa figure primitive dans le salasse plus que dans les deux autres alphabets du même groupe.
YI. L’alphabet latin. Antiquité de l'écriture à Rome. — Ottfried Millier 1,1 et après lui M. Lepsius 112 ont essayé d’établir que c’était seulement 300 ans après la fondation de Rome, et lors de la rédaction de la loi des Douze Tables que le latin avait commencé à être une langue écrite et ;i posséder un alphabet propre. Mais cette manière de voir a été pleinement réfutée par M. Mommsen “3, qui a soutenu la haute antiquité de l’art d’écrire dans la cité de Romulus. Des monuments écrits appartenant à l’ère des rois subsistaient encore au temps des auteurs classiques. Tel était le traité entre Gabies et Rome, conclu par l’un des Tarquins, et non pas, à ce qu’il semble, par le dernier d’entre eux Denys d’Halicarnasse raconte avoir vu dans le temple de Diane Aventine, centre religieux de la confédération des Latins, la table de bronze sur laquelle était gravé l’acte d’alliance avec les villes du Latium, dressé sous Servius Tullius 115. Ce n’était, sans doute, qu’une copie transcrite au lendemain de l’incendie des Gaulois et d’après un exemplaire appartenant aux Latins, car, suivant la judicieuse remarque de M. Mommsen, « il parait difficile d admettre qu’au temps des rois on sût déjà graver de longues inscriptions sur le métal. » Mais le fait seul qu’elle était la reproduction d’un document écrit sous Servius Tullius suffit pour justifier la thèse que nous soutenons avec le savant historien de Rome.
Les mots de la langue latine qui servent h exprimer les idées de l’écriture et de son matériel, révèlent, comme l’a reconnu M. Mommsen, quels furent les premiers procédés «raphiques des Romains. On traçait les caractères à la pointe ( exarare , scribere, mot dérivé de la même racine que scrobes ), ou bien on les peignait ( linere , d’où littera ) sur des feuilles {folium), sur des morceaux d’écorce (liber), sur des tablettes de bois (tabula). Plus tard le cuir et la toile reçurent les caractères tracés à l’encre (atramentum), car il semble que le papyrus ne pénétrait guère en Ralie aux époques anciennes. Les titres sacrés des Samnites, ceux des prêtres d’Anagnia, étaient écrits sur des rouleaux de toile. R en était de même des listes des plus anciens magistrats de Rome, déposées dans le temple de Junon Moneta sur le- Capitole.
Veut-on d’autres preuves de l’ancienneté de l’écriture chez les Romains ? Nous rappellerons l’antique circonscrip-
terital. Dialelct. p. 27 ; fiômische Geschichte, 1. I, chap. xiv. — 111 Dionvs. Halicarn. IV 58. — H5 Ibid. IV, 26.
ALI’