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(/.on allolie au bétail envoyé dans les pâtures [scrictura ll6] les mots d’invocation par lesquels commence tout discours au Sénat, Patres conscripti, les vieux livres des oracles, les registres généalogiques, enfin les anciens calendriers de Rome et d’Albe. La tradition, dès le temps de l’expulsion des rois, parle des loges du forum, où les fils et les lillcs des patriciens allaient apprendre à lire et à écrire.
C est là une fable peut-être, mais ce n’en est point une nécessairement. Comme l’a dit M. Mommsen, « si les antiquités de l’histoire romaine nous échappent, ce n’est ni à l’absence de l’écriture, ni à celle des monuments qu’il convient peut-être de s’en prendre. Il faut en accuser les historiens qui, lorsqu’ils reçurent mission de fouiller les annales de Rome, se montrèrent absolument incapables d’en débrouiller les archives et qui prirent la tradition à rebours, y allant chercher des récits de batailles et de révolutions; qui, fermant les yeux à la lumière, ne virent pas ou ne voulurent pas voir ce que les monuments ne manquent jamais de révéler à tout investigateur impartial et séi’ieux. »
Entre 1 âge des rois et celui de la loi des Douze Tables on nous signale encore quelques monuments écrits qui avaient été préservés jusqu’aux siècles classiques. Tel était le traité d’alliance offensive et défensive contre les Èques et les Volsques, conclu avec les villes latines par les soins de Spurius Cassius. On l’avait considéré comme si important que la table de bronze sur laquelle il était gravé avait été placée derrière la tribune aux harangues. Cicéron 117 dit se souvenir de l’avoir vue; elle avait donc subsisté jusqu’à son époque, où une circonstance que l’on ignore l’avait fait disparaître. Une autre table de bronze, conservée celle-là dans le temple de Jupiter Capitolin, portait le texte du premier traité de commerce entre Rome et Carthage, I gravé en l’an 245 de la fondation de Rome (510 av. J.-C.). Polybe 18 dit l’avoir vu lui-même et raconte que la langue en était si différente de celle de son époque que les archéologues romains dès lors parvenaient à peine à entendre ce texte.
Monuments anciens de l'alphabet latin parvenus jusqu'à nous. - — Malheureusement aucun monument écrit d’origine romaine remontant jusqu’à une aussi haute antiquité n’est parvenu jusqu’à nous. Les monuments mêmes actuellement conservés ne nous reportent pas, tant s’en faut, au temps de la loi des Douze Tables; aucun ne date d’avant la seconde moitié du ive siècle de Rome.
La série complète des inscriptions latines archaïques subsistantes, jadis dispersées dans un grandnombre de recueils et d’ouvrages où il était assez difficile d’aller les chercher, a été rassemblée, avec un soin qu’égalent seulement le luxe des reproductions et la solidité des commentaires, par les soins de l’Académie de Berlin. Cette collection remplit le premier volume du Corpus inscriptionum latinarum, œuvre magistrale de M. Mommsen, et le magnifique atlas de fac simile exécuté sous la direction de M. Ritschl, qui y a été joint sous le titre de Priscae latinitatis monumenta epigraphica . Les monuments contenus dans ce recueil nous ont fourni les éléments de notre tableau (fig. 238), dont la première colonne contient les signes empruntés aux inscriptions anterieures au dernier quart du v° siècle de Rome, la seconde ceux que fournissent les textes gravés entre cette époque et la (in du vie siècle, époque où la forme des caractères se fixa
U6 Cic. II, De leg. agrar. 14 ; Pro Manil. 6 ; Plaut. True. I, sa. 2, y. 4i. — 117 Pro
définitivement, précédant la fixation de l’orthographe, qui ne fut complète que vers le temps d’Auguste ; la troisième colonne contient ces types définitifs.
Une tendance tout à fait propre au latin archaïque est celle qui consiste à détacher les uns des autres les différents traits d une lettre et à leur donner en même temps autant que possible une direction de bas en haut. C’est cette tendance qui amène les changements de A en A, de E en II, de F en I1. C est elle qui, se prononçant encore plus dans le latin cursif des graffiti de Pompéi, y conduit le M et le N à être tracés, l’un par quatre, l’autre par trois traits verticaux, Mil et III. C’est également cette ten-